Carnet de voyage

Mauritanie janvier 2020

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12 jours de road trip. En van VW
Janvier 2020
12 jours
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Publié le 23 janvier 2020

Le passage de la frontière Mauritanie Maroc reste un grand moment. 😀

La sortie du Maroc se fait rapidement.

Puis on doit traverser un no men 's land de 3-4,km, sur un parcours dont seule une moitié est bitumée.

Cette moitié ci est encombrée de poids lourds et de bazars divers et l autre moitié est "nature", tout aussi encombrée, a la sauvage....on cherche son chemin dans la rocaille, parmi les pneus crevés et les carcasses de voiture ou d objets ménagers rouillés.

Ce lamentable spectacle est du à l impossibilité qu ont eu le Maroc et la Mauritanie à s entendre sur le tracé de la frontière, le front polisario s en mêlant également.

Tout le monde se rejette la responsabilité et tous incriminent l ONU.

aucune police n intervient dans cette zone de non droits, lieu de tous les trafics.

Entree en Mairitanie : comptez entre deux et trois heures de formalités avec notre van VW.

Une ou deux heures si on est "à pied".

Visa 55 euros une entrée 30 jours.

Contrairement à ce qu on peut lire ici pu là, il n est nul besoin de payer un "facilitateur" pour passer cette frontière. Il faut juste ne pas se laisser impressionner par le désarmant aspect des lieux, la poussière ou le sable, la chaleur, les papiers gras sur les ordinateurs, les petites siestes des employés des douanes ect...

En fait c'est simple et on vous indique très bien la marche a suivre.

Les facilitateurs ne vous éviteront pas l attente, ils sont là pour gagner quelques sous, encouragés par l l'étonnement des touristes se demandant où ils sont tombés, et par l l'évidente collusion des autorités mauritanienne. Rien de tel du côté marocain.

6 passages de cette frontière. En 5 ans, aucun changement.

Attention, elle ferme la nuit et entre 12 et 15 heures.

Go !

La zone frontière

Pour franchir le no man s land, allez y très très doucement sortis du bitume, évitez les plaques de sable on peut s enliser (on trouvera tjrs qq pour aider à en sortir, mais bon ...), attention si vous avez une garde basse.

Essayer de suivre une voiture qui connait le passage (des locaux, quoi).

Là aussi vous aurez des propositions pour vous guider. Il en coûtera 20 euros.

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Publié le 23 janvier 2020

Une des deux grosses villes de Mauritanie.

Lorsque Odette de Puigaudeau y débarque de son bateau au début des années 30, il n y a à cet endroit qu un petit poste militaire français et quelques tentes. C est "Port Étienne", et j ai entendu des anciens nommer encore ainsi cette ville..Le centre ville est hypercharge le soir mais sinon c est assez zen.

A voir : son port, ses quartiers périphériques mi ville mi campagne mi bidonville, (1/3 devrais je dire), le littoral très beau, la cité minière de Cansado, le Cap Blanc ses phoques moines si on a de la chance, les vautours fauves de ses falaises.

Nuit chez Ali camping de la Baie du Levrier. On y est tranquille.

Roots, mais pas cher du tout. On peut y faire sa cuisine.

On peut aller acheter du poisson à la criée du port.

Belle soirée de rencontre avec un grand voyageur breton avec qui nous avons partagé le bar acheté à la criée du port le matin même.

Prenez votre douche le soir car le matin Ali fait un gros dodo et oublie de mettre en route l eau chaude. En janvier ça craint. 😀

  Chez Ali

Une balade étonnante : le port des pêcheurs de poulpes.

Les poulpes sont trappees dans des pots noirs accroches le long de fils de traine. Tous les 5 m, un long filon est attaché à ce fil de traine. Il descend jusqu'à plus de 100m. Avec des pots accrochés tous les 10 m. Les poulpes prennent les pots noirs pour des refuges.


On pêche aussi le mulet, dont les œufs sont vendus pour fabriquer de la poutargue. J ai rencontré chez Ali un acheteur français qui passait à Nouadhibou toutes les saisons du mulet



Pour se sustenter : on peut faire sa cuisine chez Ali. Restau chinois (cuisine africaine) à 100m

N oubliez pas le stock de "fiches" ... Photocopies du passeport . Juste à côté de l entrée de chez Ali ou partout en ville.

Le trajet frontière-frontière sur ce trajet nous aura demandé à chacun 80 fiches. Pour un peu moins de 3000 km...

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Publié le 23 janvier 2020

Grosse ville dont le centre étouffe. Le soir évitez l heure des courses car en voiture c est infernal.

Dans les rues du marché de gros on progresse centimètre par centimètres. On challenge avec les 35 tonnes d oignons ou de tomates, d oranges, et les carrioles à ânes.

Mais c est l Afrique quelque part. Un peu folle, un peu débridée, et finalement personne ne perd son sourire.

A voir...ses grandes mosquées, son musée national, en la frôlant : sa palmeraie (qui meurt sous les détritus) , son beau littoral (à faire à pied) et surtout son port aux barques sénégalaises (décorées multicolores) sa criée aux capitaines (thiofs) géants.

On a loge au camping hôtel ÀKWA.

Un peu cher tout de même pour les prestations mais bien placé sur la route qui vient de Nouadhibou.

Bon repas au double du prix habituel. On peut aller mangér pour trois fois moins tout autour. Mais on était vannés. La route est très très longue car pas très bonne.

Une bonne surprise dans cet hôtel camping. Il est tenue par une femme. Elle reçoit la clientèle, commande les repas et bavarde avec nous. Son mari semble fort affairé ailleurs. Mais lorsqu'il rentre, c est lui qui débarrasse la table et joue la fée du logis de manière tres à l aise pendant que madame papote sur le divan. La petite de 12 ans nous tient un langage très féministe sur son droit de ne pas porter le mehalfa. Encouragée par sa mère. Elle veut devenir cardiologue car "il n y que trois cardiologues dans le pays, j y aurais ma place", là encore encouragée par sa maman... bonne chance à toi petite fille.


Entrée ds Nouakchott
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Publié le 23 janvier 2020

Atar n à pas vraiment de charme et ne vaut que pour son entrée dans l Adrar.

Nous logeons à l auberge Inimi. Chez Sid Ahmed. Très sympa et bon accueil. Simple et pas cher.

A voir : la batha (lit de l oued à sec que l on peut remettre remonter à pied de l auberge à la vieille ville ), le vieux village, le petit centre avec le souk.

Sid Ahmed organise treks et meharees et circuit en 4x4, et tous les mix possibles véhicule /animaux.

C est mon second passage chez lui et j en aime bien l ambiance simple décontractée et heureuse. Cool.

La grosse déception : la route pour Chinguetti est impraticable pour le van. 90 km de tôle ondulée.

J y étais allée l année précédente en pick up et j espérais faire découvrir cette ville charmante et chargée d Histoire à Alain...

Dommage 😦

Tour de même balades a

- Terjit

- azougui

Deux oasis proches.

Ces deux oasis sont en majorité de leur territoire des villages désert de tikkits traditionnels en paille, qui ne vivent que l été au moment des guetnas, cueillette des dattes, qui voient alors affluer les propriétaires des palmeraies. Ceux ci peuvent venir de tour le pays.


Le reste de l année y vivent quelques familles chargées de l entretien.

Les guetnas...

http://www.lestoilesmaures.net/en-attendant-la-guetna.html

Une histoire qui commence en janvier avec l harmatan "le vent des dattes" qui provoque la fecondation

A quelques km en allant à Terjit : un lac de retenue de barrage hydro électrique. Joli


Terjit
Tikkits d Azougui et barrage près d ATAR
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Publié le 23 janvier 2020

La route qui y mène depuis ATAR est très bonne et les paysages sont magnifiques.

Des dunes immenses et des zones de barkhanes, (des regs immenses sur lesquels sont disposées des centaines, des milliers, de géantes bananes de sable), des vallons ou dorment des villages aux couleurs de sucre d orge... Un enchantement.

Tour au long de la route des animaux : ânes en liberté, beaucoup de dromadaires.

Beaucoup de campements de nomades également.

La route s ensable pas mal par endroits mais les pelleteuses sont à la manœuvre.



Nous passerons la nuit à Tidjikja à l auberge "phare du desert". Ambiance famille. Simple et sympa. Très bon repas.

Un jeune de la maison nous guidera vers la tombe de Xavier Coppolani, dont la carrière décrite par Wikipedia montre comment des pays ont été créés de toute pièce par le colonialisme (ici français)...


Tombe de Coppolani

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Xavier_Coppolani

Édifiant à la lueur de l histoire contemporaine de la region.

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Publié le 23 janvier 2020

"Kiffa vit du commerce et de l'agriculture[4]. Comme la localité se trouve dans une zone agropastorale, elle accueille un important marché aux bestiaux.

La ville est traversée par le plus important axe routier du sud, la Route de l'Espoir" wiki

On croise sur la route de très nombreux troupeaux bovins, ovins, caprins. Parfois seuls, parfois avec leurs bergers.

Maison de l hôte

Grosse colère au sujet des sanitaires réservés aux campeurs. Une honte. Du coup on nous a ouvert ceux d une chambre. Le folklore avec le filet d eau...

Cette étape entre Tidjikja et Kiffa aura été épique. :

Harmattan et harmattan et encore Harmattan.... Pas de visibilité. On roule dans la purée de pois.

On veut aller à Selibaly en passant par Kankossa... A Kankossa fin brutale de la route. Piste impraticable. Grosse possibilité d ensablement. D où on remonte alors à Sangrafa puis Kiffa toujours dans la purée.

Montagnes fantomatiques, silhouettes humaines aussi avec voiles ou boubous volant au vent. Grande force poétique de ces paysages et silhouettes entrevues.

C est fatiguant fatiguant. Mais infiniment beau. Nulle photo d amateur ne saurait décrire cette poésie.

Malgré tout et dans les. Accalmies relatives :

Beaucoup de troupeaux de bovins

Beaucoup de cadavres de bovins desséchés le long de la route. Certains ont l air récents. Très récents. La sécheresse ne désarme pas dans cette région.

De la bonne route néanmoins.

Des arbustes : pommiers de sodome que nos légionnaires ont baptisés avec poésie "arbres à couilles"... Amis de la poésie nos légionnaires

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Publié le 23 janvier 2020

Auberge de l espoir

Très bien. Très gentil accueil

En plein travaux de rénovation

La chambre est chère (avec sanitaires a 1000) mais le repas à 200 et la gratuite pour le van. Cour en mauvais état en raison des travaux.

Aussi bien Aleg que Kiffa ou Boutillimit sont des villes sans grand charme. Beaucoup de parpaings... Une route principale, une ou deux routes transversales bitumées, et des rues en sables.

Mais elles sont vivantes, très peuplées.

Tout le long de la rue principale on trouve, alignés des deux côtés, des apatams bas sur leurs "pilotis". Meublés de tapis , de divans et de coussins, Ils permettent de se reposer, de manger, de boire un thé, de dormir.

A côté des apatams on voit souvent, fraîchement tués et dépecés des moutons fixés tels quels en plein soleil, en croix sur deux perches.. Ici on se fait griller la viande à la demande, on choisit son morceau.

Sous les apatams pleine journée on voit des hommes et des femmes (elles sont juste derrière les apatams dans une salle en dur mais grande ouverte), allongés ou carrément endormis.

Nous y passerons du temps en sirotant à chaque fois les 3 thés rituels.

He n ai qu une envie ... y revenir et prendre mon temps.

Y rester qqn jours (on peut dormir sous les apatams).

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Publié le 23 janvier 2020

Nouakchott de nouveau

Puis direct la frontière

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Publié le 23 janvier 2020

Nous pensions passer beaucoup plus de temps en Mauritanie.

L impasse sur beaucoup de lieux est due à notre véhicule. En grande partie.

Sur il faudrait revenir avec un 4x4 ou prendre le parti de trajets négociés en taxi collectifs pick up 4.4.

A notre véhicule mais pas que.

A notre vitesse

NOUS AVONS ÉTÉ BEAUCOUP TROP VITE.

IL FAUT VOYAGER AU RYTHME DE LA VIE MAURITANIENNE NE POUR AVOIR UNE CHANCE DE LA DÉCOUVRIR.

PRENDRE SON TEMPS

Se poser qq jours ds une petite ville ou dans une oasis. Attendre. Se balader ' il se passera bien des choses.

Dommage

Mais moi qui connaissais DÉJÀ les grandes villes ainsi qu' Atar et Chinguetti j aurais découvert les splendides paysages du centre, ses villages et petites villes. C est magnifique.

En préparant un tel voyage il ne faut pas négliger la longueur des trajets entre les principales villes ou localités. Elles sont énormes. Entre 300 et 500 km. Avec la chaleur, les vents de sable, l ensablement des routes, les bas côtés rongés et les trous, les animaux errants.... Ça devient parfois très très très long et usant. Faut le savoir.

Attention aux pleins de carburants et aux DAB Pour retraits d argent. Ni l un ni l'autre ne courent les rues.

Parfois 400km sans rien ou presque.

Les Mauritaniens sont gentils. On a été très bien accueillis à peu près partout.

Il ne faut pas être pressé. Nulle part. Il faut toujours garder son fair play.

La vie y est plus chère qu au Maroc.

L absence de tourisme pendant des années à fait faire faillite à de nombreux établissements hôteliers et ceux que nous avons vu ont l air de végéter. Du moins dans le Tagant et le long de la route de l espoir.

L Adrar, du moins ATAR et Chinguetti, à l air un peu plus gâtée. A confirmer. Du moins sur ouadane.

On a tous les jours pris des gens en auto-stop. Se déplacer n à pas l air simple pour une partie de la population.

Préparez vos "fiches" '... J en aurais utilisée 80...

Pour les enfants le soir à l hébergement : des ballons de baudruche. De quoi donner à s'amuser sans faire la charité.

Quant aux demandes de "petit cadeau pour la gendarmerie (ou pour la police) " nous les avons poliment écartées. Non nous n avions plus de stylos, pas de casquette de rab ni de lunettes de soleil en supplément. Ha on est désolés.

Regret aussi d avoir laissé de côté l est : Nema mais surtout Oualata.

Ne pas avoir été sur le banc d Arguin me chagrine moins

😀


Conclusion

J y reviendrais par mes propres moyens. Et je prendrais mon temps.

Chaque voyage en appelle un autre. Du moins pour moi.

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Publié le 25 janvier 2020

Sur la route du retour nous avons logé dans le petit hôtel de la station Gazprom tout au bout du village, ignorant le barbas.

Accueil simple et sympa.

Chambres avec douches et toilettes 150 dh. Les chambres à 100 très roots. Sans aucun drap et sanitaires collectifs peu engageants.

Pour se restaurer Dîner et petits dej en bas dans le petit café. Y a aussi à droite des grillades possibles.

Ravito à la petite épicerie. Commerces tenus par deux jeunes gens dynamiques et joyeux. De bons moments.

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Publié le 29 janvier 2020


Un chouia long mais très complet.

Sur la situation linguistique, sociale, économique, de la Mauritanie des années 80.

On peut y lire beaucoup d éléments qui aident à comprendre un peu ce que l on voit sur place.

https://books.openedition.org/iremam/1238?lang=fr


Je chercherais des publications plus récentes.

Pour ceux que cela intéresse, je signale la grande richesse du fond ancien de la bibliothèque de l institut français de Nouakchott. J y ai passé des heures passionnantes en 2014. En plus on y est au frais d une bonne clim durant les heures chaudes. 😀


Aussi l article récent de Wikipedia centre sur l économie du pays

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/%C3%89conomie_de_la_Mauritanie



Autre étude recentre

https://www.populationdata.net/pays/mauritanie/


Mauvaise gestion de l eau

Mauvaises gestion des terres

Désintérêt des "élites" pour mmlba