Du Mont-Luc au Péloponnèse par les pistes balkanaises, avec en entrée, le rassemblement annuel des "Petits Gros" à Flaucourt, puis cap plein Est vers les Balkans. La suite à découvrir ensemble...
Du 28 mai au 15 septembre 2019
111 jours
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Salut les amis ! Ca y est, nous voilà partis après quelques péripéties mécaniques qui sont a priori réglées. Nous avons rejoint le rassemblement des P'tits Gros 2019 à Flaucourt où nous échangeons avec d'autres voyageurs : c'est très sympa et ça donne des idées pour la suite...

Le rassemblement des P'tits Gros : notre point de départ

Tout d'abord pour les non-initiés, un P'tit Gros est un véhicule tout terrain, petit ou gros, destiné au voyage, ça va du petit unimog au gros camion MAN (ex-militaire ou non) bref un véhicule qui donne la bougeotte quelle que soit la piste !

Pour la 12ème année consécutive, les abonnés au forum se retrouvent. Cette année c'est à Flaucourt en Normandie. Ils échangent sur leurs voyages, l'aménagement des camions, les combines mécaniques et autres trucs de baroudeurs autour de tables conviviales. Photo de groupe, assemblée générale et repas en commun avant de se quitter jusqu'à l'année prochaine...

Notre P'tit Gros : un IVECO Daily 4x4 de 2000 aménagé et préparé "maison"

L'équipage : 1 pilote titulaire : Gégé + 1 co-pilote/navigatrice : Anne + 1 gardienne : Moky

Vous savez tout. Au revoir les P'tits Gros 2019 : en route pour l'aventure !

A suivre : le parcours vers Trieste en Croatie...

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Salut les amis !

Nous voilà déjà à 2 264 km de la maison ! Nous avons traversé l’est de la France assez rapidement… l’appel de la piste sans doute. Nous nous sommes quand même arrêtés visiter le mémorial de Verdun qui ne nous a pas laissé indifférents… A la recherche du bivouac, la rencontre d’un chercheur de « trésors » de guerre nous a permis de voir concrètement quelques restes de munitions trouvés avec son détecteur de métaux : balles, goupilles de grenades… Il nous en offre mais on ne les garde toutefois pas au cas où on se ferait fouiller le camion à une frontière…


Juste à la frontière allemande, on s’est arrêté voir le passage de grosses péniches dans l’écluse de Marckolsheim : ce n’est pas vraiment comme l’écluse d’Arzal !!! Les volumes des bassins et des bateaux sont impressionnants et, heureusement, tout est réglé comme du papier à musique : vive l’électronique et les propulseurs !

Dès les premiers tours de roue en Allemagne, on s’aperçoit que la quasi-totalité du réseau routier est doublé d’un réseau cyclable. Puis, on constate que TOUS les chemins sont interdits à la circulation des véhicules à moteur…ça promet pour les bivouacs ! Tout ça nous incite à tailler la route dans un intense flot de camions. Le bivouac trouvé « à l’arrache » dans un chemin en cul de sac fera l’affaire : à 20 h 30, on ne fait pas les difficiles…

Le lendemain, une pancarte semble (mon allemand est extrêmement limité !) indiquer un point d’eau pour camping-car : en fait, pas du tout : on arrive chez de jeunes allemands qui aménagent un « gros gros » (en référence au p’tit gros pour ceux qui suivent…). C’est un MAN XXXL ! On a droit à une visite guidée : au moins 5 places à l’avant, une super chambre à l’arrière et un carré spacieux au milieu : Gégé kiffe !!! Ils acceptent très gentiment de remplir notre réservoir d’eau gratuitement. Un paquet de St Michel en remerciement et nous voilà repartis.


Direction l’Autriche où la température baisse rapidement et nous oblige à changer les shorts contre les jeans avec chaussettes et chaussures fermées. On aperçoit les cimes des Alpes bien enneigées : c’est le pays des marcheurs et des VTtistes à la belle saison et des skieurs en hiver. Les maisons et chalets aux volets décorés sont nombreux. C’est typique mais c’est tellement bien entretenu (limite aseptisé) que ça ne fait pas naturel.

Anne la vignette à la main ...                                                                                                    ...


Malgré notre vitesse de pointe à 90 km/h, on prend l’autoroute après avoir acheté la vignette obligatoire (9 € pour 1 jour). On prend notre place dans le trafic de camions toujours aussi intense. On croit passer en Italie (???)… On sort pour la recherche du bivouac ou du camping et on s’aperçoit qu’on est dans la province autonome du Tyrol : tout est indiqué en autrichien et en italien : vise l’embrouille pour les touristes que nous sommes ! On trouve un espace de réserves de bois (homme blanc coupe beaucoup de bois par ici, hiver très très rigoureux ! J). Quelques courses le lendemain dans le village de Niederolang et c’est reparti vers l’Italie.

Aussi bizarre que ça puisse paraître, on n’a pas vu la frontière italienne. On se dirige vers la baie de Trieste pour un nouveau bivouac où nous sommes accueillis par les moustiques ! Le dîner après un passage à la plage et un bain de pieds (seulement 10 cm d’eau à 2 km à la ronde !) sera donc dans le camion.

Retour à la civilisation : notre tentative de visite du port de Trieste s’avère infructueuse : impossible de stationner ! Des paquebots de croisière déversent des flots de touristes… Ils ont raison de notre peu de patience pour toute cette effervescence. Direction la Slovénie : achat de la vignette obligatoire (15 € pour une semaine), bouchons sur l’autoroute en plein soleil : une traversée « éclair » vers la Croatie où nous tentons la visite de Koper : idem Trieste, les croisiéristes en moins… Nous ne nous sentons vraiment pas à notre place et ça fait « quelque peu » monter la tension, proportionnellement à la température : 30 ° Il nous faut nous éloigner de la côte, au moins momentanément, pour se poser et retrouver le calme. Ce n’est pas facile, beaucoup de petites routes étant ici aussi réservées aux vélos ! Méfiants par rapport à l’interdiction de bivouaquer, je me renseigne auprès d’habitants. A priori pas de problème pour passer la nuit à l’entrée d’une piste. Un croate nous dit beaucoup aimé la France notamment pour sa culture et son système démocratique. On comprend malgré qu’il ne parle que croate qu’il se sent « muselé », que les croates sont tristes et renfermés à cause du régime politique. L’échange s’arrête là malheureusement.

La nuit calme nous a permis de faire le point : malgré qu’on soit dimanche, on décide de rejoindre le point de départ du roadbook sur la « magistrale », route côtière de l’Adriatique vers Crikvenica. Premiers tours de roue sur le roadbook, toujours sur le goudron…

En résumé : Le voyage jusqu’ici s’est bien déroulé même s’il peut paraitre rapide. Notre p’tit gros va bien (moyenne de 11 l/100). Moky est très sage, mais malgré tout, il nous tarde de trouver les pistes. Une halte de décompression : baignades, siestes, lessive, blog… dans le camping de Kosica en bord d’Adriatique (glacée !) avant une suite prometteuse…


Prochain épisode : le parcours de Crikvenica à Bihac

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Le p’tit gros est désormais vraiment dans les Balkans : on oublie toutes les interdictions de l’Allemagne, de l’Autriche et de la Slovénie pour « plonger » en Croatie.

Bon, côté sauvage, ce n’est pas vraiment ça : comme on nous l’avait dit, la côte est plutôt touristique. Ce n’est pas La Baule mais la « Magistrale », comme ils appellent la route côtière ici, n’est pas aussi magistrale que ça : elle est belle mais ne permet que très peu d’accès à l’Adriatique, ce qui est assez frustrant. La chaleur rend le paysage laiteux mais laisse quand même paraître tous les ilôts de la côte. Par contre, l’eau est d’un bleu harpic WC (pour citer Dany Boon !) et d’une transparence incomparable !


Une halte de 2 nuits dans le camping de Kosica et nous voilà fins prêts pour poursuivre le roadbook. On quitte la « Magistrale » pour attaquer les pistes croates vers le Mont Vélébit. En altitude, on apprécie tout de suite la baisse de la température. Le paysage est rude : des roches grises très abrasives et une végétation rabougrie : très belle piste où tout est redevenu très calme. On traverse bientôt de belles forêts de sapins. Le bivouac étant interdit, on redescend la montagne. Un petit chemin, une entrée de champ et la toile d’ombrage sur l’Ivéco en guise de camouflage et l’installation nocturne est terminée.

Levés très tôt (courageux mais pas téméraires !), nous approchons de la frontière de la Bosnie et remarquons de plus en plus de stigmates de la guerre : des maisons éventrées, de multiples ruines, des panneaux prévenant la présence de bombes… tout ça plombant quelque peu l’ambiance…

Le passage en douane est aussi rapide que l’éclair ! On est tous seuls et les douaniers ne procèdent à aucun enregistrement, juste un rapide coup d’œil sur les passeports et nous voilà en Bosnie. Même constat de désolation de ce côté, en encore plus intense… Pour en rajouter une petite couche, on double un groupe de réfugiés sous garde policière…

Attention Christophe, CA VA PETER !!! 

Direction le parc national de la Una qui est une important rivière de la région et dont la principale curiosité est une magnifique et très large cascade qui vaut à elle seule le détour. Evidemment pas la queue d’un loup et encore moins celle d’un ours ! Par contre, de nombreuses femmes en bourka : on se croirait à Doubaï (bien qu’on n’y soit jamais allés !).

La piste devient une suite de nids de poule que les suspensions de l’Ivéco nous font bien ressentir. On se contentera d’une aire de picnic avec moustiques, taons et compagnie pour passer la nuit.

La suite du roadbook passe sur un pont effondré et remplacé par un pont de l’armée limité à 5 tonnes (pas pour les gros gros !) vers Dvar, également impressionnante par le nombre très important de maisons et d’immeubles détruits par la guerre.

la mosquée flambant neuve tranche avec les maisons en ruine                                        Un havre de fraicheur          ...

De retour dans la nature, on se dirige vers le plateau aux chevaux. Le roadbook en annonce 200 mais ils ont du se reproduire car on s’est arrêté de compter à plus de 300 (et on n’est pas de Marseille !). Au début un peu farouches, ils se sont vite familiarisés et devenus bien curieux, limite collants, allant jusqu’à vouloir goûter la peinture de l’Ivéco, renifler Moky qui n’a pas bronché… On aurait pu se croire dans une tribu indienne, les plumes en moins. Un petit poulain à la patte cassée a terni la soirée nous rappelant la dure réalité de la sélection naturelle.








Dans la ville de Livno, on ne rentre pas à la banque avec son colt ! Bon, ça va mieux en le disant, n’est-ce pas ? On trouve de bonnes fraises et autres légumes au marché. Côté viennoiseries, les bosniaques ont quelques cours à prendre, par exemple en France…

Ancien cimetière musulman aux colonnes enturbannées                                                                               ...

Une imprécision dans le roadbook (à moins que ce soit la concentration de la navigatrice qui se relâche…) nous mène à un « caffe » on ne peut plus minimaliste tenu par un vieil homme : un échange très sympa avec quelques locaux dont un garçon parlant anglais. On commence à apprendre le bosniaque : santé ! se dit couts-couts.

 les bogomiles  : kesaco ?                                                                                                     

La ballade se poursuit vers le lac de Rama où des pêcheurs se croient obligés de faire l’animation musicale avec des tubes bosniaques style années 60.

Malgré la chaleur, on plie les gaules pour remonter en altitude (1 500 m) par des pistes toujours très caillouteuses et poussiéreuses, à la limite trialisantes par endroit. Heureusement, le bivouac est facile à trouver.

Les cimes encore enneigées                                                                      Bronze de la vierge à l'oeil crevé

La descente vers Mostar est un peu plus agréable, bétonnée partiellement. A mi-chemin, quelques habitations (fermes ?) et quelques vaches. Une femme très enthousiaste nous invite chez elle pour le café. Elle ne parle pas un mot de français ni d’anglais mais déploie des efforts incroyables pour échanger avec nous. Dessins et écritures sur le carnet de bord nous permettent de nous comprendre et d’apprendre un tout petit peu de vocabulaire. Prise de photos, échanges d’adresses : c’était génial ! Ca nous a rappelé les rencontres dans le Haut Atlas au Maroc.

Découverte de Mostar vue du dessus : c’est une grande ville aux nombreux immeubles, grands boulevards… On envisagera la visite plus tard. On va d’abord se poser dans un camping avec la wifi pour pouvoir vous donner des nouvelles.

Prochain épisode : la ballade Mostar - Sarajevo

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A la queue leu leu dans le petit camping de Baga, juste à côté de Mostar : à peine 10 emplacements, juste en face une pisciculture, un peu bruyant à cause des chutes d’eau, et avec la wifi, ce pourquoi on est venu. Une fois le blog mis à jour, direction Mostar, non sans une certaine appréhension, connaissant notre appétence pour les endroits touristiques…

Comme aperçu la veille, les quartiers de la nouvelle ville sont très européanisés, et donc sans surprise. A l’approche du Stari Most, on comprend vite qu’on est touristes parmi les touristes : parking imposé, tarif non négociable (20 km = 10 € en illimité), des hordes de touristes partout : on rentre dans le flot d’asiatiques, de musulmanes en boukha, de français, … Le moindre cm2 de la rue étroite qui mène au pont est occupé par une échoppe remplie de bijoux, de gadgets, de vêtements dont l’origine locale reste à vérifier… Le business à 200 % !!! On aimerait que cette économie profite effectivement à tous les habitants de Mostar et des environs mais, à voir, par exemple, la défaillance des services de collecte des ordures, on peut avoir des doutes… Arrivés sur le pont Stari Most, comme tout le monde, on attend qu’un habitué ou qu’un touriste camicase se risque à sauter dans la Neretva : mieux vaut ne pas se rater !

Cette ambiance mercantile ne nous enchantant guère, nous tentons de découvrir d’autres curiosités mais à part un musée de la guerre et du génocide et celui des hamams, on est bredouilles : pas doués et surtout incapables de faire abstraction de ce qui nous déplait. On déjeune dans un resto avec vue sur le pont : grillades variées avec crudités et légumes braisés, le tout arrosé d’une bière pour Gégé et un verre de vin blanc local pour moi pour 25 € et une petite fiole de liqueur de framboise savamment vendue par le serveur pour 5 €. Retour au camion où il fait une « douce » chaleur (38°), écriture des cartes postales, modification du parcours pour tirer plus directement vers le Monténégro (on se laisse le temps de la réflexion pour Sarajevo…).

Le roadbook nous remmène rapidement dans la montagne (alt 1000 m) par une piste étroite et bien entamée côté ravin. La vue sur le lac Borackojez nous rassure pour le bivouac. C’était sans compter sur la route à péage d’une éco-taxe (2,50 €) et du prix du camping obligatoire payable uniquement en cash (28 €) que nous n’avons plus.

Retour sur la route où nous trouverons un havre de calme au bord de la Neretva. Le coin est tellement sympa qu’on décide d’y rester 2 jours : l’eau bouillonnante est tellement attirante que, malgré sa température glaciale, je réussis à baigner : effet « glaçon » assuré ! Lessive, picnic au bord de l’eau : la détente quoi ! Jusqu’à ce que l’orage nous oblige à nous abriter dans le 4X4 où nous remarquons quelques « manques » d’étanchéité (prise d’eau à la porte latérale et gros goutte à goutte en haut du parebrise).

Nous repartons vers le Monténégro sur ce qu’on croyait être de la route mais qui est en fait une succession de pistes assez bonnes pour certaines, très dégradées pour d’autres. On se demande comment les voitures locales (très peu de 4X4 à part des Lada (presque tous couleur prune) peuvent circuler dans de telles conditions). A noter l’omniprésence de Golf rouges (ils ont dû avoir un prix…)



Quelques courses à Kalinovik et déjeuner dans un resto où le portrait de Poutine trône au-dessus du bar : on ne s’est pourtant pas égarés à ce point ! Au moment de payer, gros problème, le distributeur de billets étant vide !!! On s’en sort en ajoutant KM et en raclant les fonds de tiroirs où nos derniers euros feront le joint : ce n’est pas ici qu’on fera la vaisselle…

De nombreux camps se préparent à recevoir les amateurs de rafting.

Encore quelques kilomètres, la route sinueuse devenant de plus en plus étroite nous fait craindre de finir en piste mais non. Le poste frontière est minuscule mais ça n’empêche pas d’énormes semis de l’emprunter. Vérification des passeports seulement côté bosniaque et vérification et scan des passeports et des papiers du véhicule côté monténégrin. Je propose le passeport de Moky mais le douanier n’en veut pas. D’ailleurs, nous n’avons jamais été contrôlés pour Moky depuis que nous sommes partis.Nous nous engageons sur la « route aux cent tunnels » qui longe la Piva dont l’eau est vert émeraude : c’est magnifique ! Le bivouac le sera tout autant, la piste nous ayant conduit brutalement dans le Durmitor.

On s’installe à la croisée de 2 pistes où quelques autochtones nous saluent très amicalement, petits coups de klaxon à l’appui : l’ambiance a vraiment changée, le souvenir de la guerre s’étant presque totalement estompé.

La brume matinale dissipée, nous longeons une énorme faille dont on ne peut pas apercevoir le fond !

On la traverse sur un pont militaire : impressionnant !


La retenue du barrage de Ridani nous invite à nous installer quelques temps…

C’est le coin des pêcheurs qui est également très propice à la baignade. 4 h 50 : le soleil n’est pas encore levé mais Gégé est déjà dans l’eau et je ne tarde pas à le rejoindre : c’est génial ! Le reste de la journée et le lendemain c’est bulles, baignades, re-bulles…

Il faut quand même repartir pour avoir quelques choses à raconter dans le blog !!! La piste n’est pas facile à trouver : présente sur la carte mais pas sur la tablette… Nous demandons à des jeunes femmes qui jardinent. Aussitôt, nous sommes invités à boire de l’eau fraîche citronnée en entendant le café turc. Après avoir échangé sur notre parcours et sur les immanquables monténégrins et albanais, nous voilà repartis, contraints de reprendre le goudron. De nouveau, une route très étroite sur laquelle il reste un peu de goudron nous amène en direction de la baie de Kotor.

Halte au kafana de Cevo où nous dégustons une « raclette » monténégrine : c’est pareil que chez nous sauf qu’il n’y a qu’une sorte de jambon, du sir (non fondu) à la place de la raclette et du pain à la place des patates : c’est très bon quand même. Après avoir critiqué la nourriture, je me dois de faire une mention spéciale au vin local, un Vranac de 2015 très agréable, pouvant largement égaler quelques crus français (on ne citera pas de nom…)

On serre toujours les fesses sur le petit ruban goudronneux qui devient de plus en plus fréquenté à l’approche de la baie de Kotor. C’est très beau vu d’en-haut et surtout très spectaculaire du fait des innombrables ilôts et presqu’îlots qui se découpent sur l’Adriatique : splendide !!!

L’effet « toutou » est inversement proportionnel au caractère exceptionnel du site : plus on descend, plus…. moins … ça nous donne chaud, très chaud… Vous en jugerez sur les photos. Bref, chacun ses goûts !

Ensuite, la succession de plages privées où les touristes sont alignés sur des transats, payants bien sûr, nous complique encore la recherche du bivouac, d’autant que la nature est tellement sèche qu’il faut aussi trouver un endroit sécurisé sur le plan « incendie ».

On s’engage dans un cul de sac à la pointe Platamon : un excellent bivouac d’urgence ! On n’en croit pas nos yeux ! Seuls, quelques pêcheurs très matinaux feront réagir Moky.

Encore réveillés de très bonne heure, nous nous dirigeons vers le lac Skadarsko par une toute petite route très sinueuse où on ne peut pas se croiser s’en se ranger dans les élargissements heureusement prévus. Il fait toujours très chaud (35 °) et nous décidons de descendre au camping de Donji d’où je rédige ce nouvel épisode.

Prochain épisode : au revoir le Monténégro et bonjour l’Albanie

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Le camping de Donji : tout petit, tenu par une famille (3 générations) dont les enfants se sont expatriés aux USA, comme de nombreux albanais. Le site est somptueux, le lac et ses innombrables ilôts et presqu’îlots, une eau presque chaude et transparente (avec quelques serpents mais, bon, il fait trop chaud pour que ça nous empêche de nous baigner, d’ailleurs, on ne sait même pas s’ils sont méchants…) Moky nage toujours aussi bien. Elle a droit à un bon toilettage et ce n’est pas du luxe ! Re-baignades, tentative de sieste (trop chaud…) Une mini excursion au village au-dessus du camping : rien d’intéressant si ce n’est les chèvres intriguées par Moky.

Lac Skadarsko 
Lac Skadarsko  

Le lendemain, réveil à 6h30 : parfait pour partir à la fraîche.

Nous découvrons les plantations de tabac, les énormes châtaigniers (je n’ai pas les bras assez longs pour « embrasser l’arbre » (les amateurs de méditation, yoga, qi gong et autres disciplines chinoises apprécieront…).

Oups ! Attention aux tortues qui traversent sans regarder !

Une pensée pour les fans de tortues 

Nous voilà à la frontière : passage en ½ h les deux postes n’en faisant qu’un. A noter l’absence d’enregistrement ni de document du ministère des finances pourtant bien spécifié dans les sites officiels.

Arrivés à Shkodër, ville moyenne, nous sommes choqués par ses contrastes : beaucoup de voitures de luxe (BMW, Mercédes, gros 4X4 de frime neufs, décapotables rutilantes…) à côté d’engins bricolés en tout genre et des bidons-ville où la misère est totale !

Quartier commerçant de  Shkodër 

A noter un réseau électrique absolument halLucinant ! Un petit tour au marché où je dépense nos premiers leks albanais pour quelques fruits, légumes, des galettes de viande (porc sans doute, il n’y a presque que ça et du poulet, la découpe du bœuf ne faisant vraiment pas envie).

Il est l’heure de bivouaquer : la terrasse d’un resto abandonné fera l’affaire (nuit à la belle étoile pour moi : super ciel étoilé mais c’était sans compter sur les insectes…)

Laurent, Cédric ; une bonne occaze à saisir (pas chère !) 

Reprise rapide de la route vers le village natale de Mère Thérésa (à vérifier) Vau Dejes : elle y a sa statue et son portrait dans l’église très moderne.

La piste est magnifique le long de la rivière Gjäder, où l’Iveco franchit avec bonheur les nombreux gués et ponts dont certains bien vieillissants …

Gros gros s'abstenir ! 
Dieu nous garde ! 

Une cascade nous attire pour camper. A peine installés, on est invité par un voisin qui ne parle pas un mot ni d’anglais et encore moins de français : le carnet de bord est de sortie pour écrire et dessiner. On goûte son vin (une piquette de chez piquette !!!) et son raki (meilleur).

Le coin est tellement sympa (voir les photos de la thalasso) qu’on décide d’y rester une nuit de plus, plan modifié par l’invitation d’un autre voisin : on bivouaquera devant sa maison et profiterons d’un dîner dont on se souviendra longtemps : Pachk, sa femme et sa nièce qui parle espagnol, nous préparent des œufs durs, du travers de porc, des frites, de la feta, du yaourt à boire, bref, ils ne savent pas quoi faire pour nous faire plaisir. Pourtant, ils n’ont rien que de quoi survivre au quotidien et 15 € par mois… Un petit Bergerac de la cave de l’Iveco arrosera ce super moment d’échange.

Bienvenue chez Calisseo !!! 
Chez Pachk et Gjyste 

La route qu’on reprend en direction d’Ulcinje est complètement défoncée, l’asphalte ayant disparu provoquant des trous et des marches d’au moins 20 cm : la conduite de jour étant déjà « space », elle est tout à fait déconseillée la nuit !

Direction la montagne Mali Lopës par une superbe piste : fleurs, papillons, fontaines : un vrai parc !

On y voit aussi des ruines de bâtiments collectifs de l’ère communiste détruits par le nouveau régime.

Les restes de l'ère communiste 

Pour les initiés, la piste est tellement trialisante que les vitesses courtes (et encore, la 2 et la 3 seulement) sont utiles…

                                                                                                       A nous "les petites" !!! 

Pause wifi à Kuçöve pour l’envoi de ce nouvel épisode.

Prochain épisode : la suite de l'Albanie vers le sud

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Bérat, la « cité aux milles fenêtres » est spectaculaire par la similitude de ses maisons accrochées au flanc de la montagne, le long de la rivière Osumit.

Bérat, la cité aux miles fenêtres 

L’Iveco a tenté une excursion dans les minuscules ruelles escarpées mais le petit gros a dû faire demi-tour (trop gros !). Retour sur les grands boulevards aux multiples échoppes, plus ou moins européanisées. La misère est sur le pont où les albanais tentent de vendre la moindre tomate ou autres légumes qui poussent dans son jardin : ici c’est la débrouille mais toujours dans la dignité : aucune mendicité et compte tenu des conditions de vie c’est remarquable.

De retour sur la piste.

Grands espaces pour petites et grandes tortues 

Une erreur de navigation nous conduit chez Angélina et Tomor où nous sommes immédiatement invités au café.

Chez Tomor et Angélica 


A la proposition de prendre une douche, je préfère « faire une machine » et pendant que le linge sèche, Angélina prépare le pain et moi le reste du déjeuner.

Des spaghetti au menu 

Avec eux, on ne peut pas parler de barrage de la langue tellement les échanges sont simples et drôles ! On tombe bien car Tomor doit faire le miel avec son frère. C’est l’occasion pour nous de voir comment on fait. Pour l’anecdote, on a un voisin à 100 m de la maison qui en fait mais c’est sûrement mieux à 3 100 km…

Le miel, cest du boulot ! 

La nièce de Tomor parle anglais ce qui me permet d’échanger sur l’état d’esprit des albanais : ils semblent résignés, écrasés par le système politique qui les taxe sans contrepartie. Mis à part un mouvement d’étudiants pour faire baisser le coût des études, Léda pense que les Albanais n’ont pas la niaque pour exiger de meilleures conditions de vie. L’unique candidat aux très récentes élections est en place pour 4 ans alors… Le miel extrait et le linge sec, nous repartons avec un pot qui concrétise encore une fois un moment de partage inoubliable. L’émotion est plus que palpable…

Dernière étape : le filtrage 

La reprise de la piste est une fois de plus sévère, les trous et autres ornières demandant la plus grande attention.

Lors du bivouac suivant, les rôles sont inversés : d’habitude c’est nous qui faisons les curieux mais cette fois, ce sont les fermiers, qui après nous avoir invités au café (et oui, Gégé se met au café et à n’importe quelle heure !!!), viennent nous observer jusque tard le soir et de très bonne heure le lendemain matin.

L'arrière cuisine...                          Moky au taquet devant les moutons 

Les enfants commencent à apprendre l’anglais et nous montrent leur cahier.

English lesson 

Avant d’entrer dans le parc national Bredhi I Hotovës, on s’arrête à Permët, petite ville sans grand intérêt sauf celui de faire graisser les croisillons de l’Iveco et diminuer la pression des pneus (1 000 lek 8,30 €).

Nous entrons dans le parc en fin d’après-midi sur une piste de plus en plus défoncée et étroite, et ça ne fait que commencer…

Des petites cascades, on passe au grand barrage. Evidemment, la recherche du bivouac s’avère vaine. La piste se rétrécie presque autant que le soleil descend… Enfin un grand plateau herbeux pour s’arrêter.

Toute ressemblance avec une personne connue est fortuite !                                                                        

C’est un tout petit troupeau de vaches qui nous réveille. Il faut dire qu’ici, on ne voit que de tout petit troupeau : pas d’élevage intensif, pas plus d’agriculture intensive : tout est à la mesure d’une poignée d’âmes qui bossent dur pour survivre.

A noter, la tradition d’accrocher une peluche ou une poupée sur sa maison ou sur sa vigne comme porte-bonheur…

La beauté du parc et sa tranquillité nous incite à traîner dans le coin.

Un détour aux mausolées d’Odriçan : des constructions apparemment récentes qui abritent les tombeaux de la famille Baba (mais non pas la famille de Babar !) : une acoustique d’une pureté exceptionnelle, jamais testée auparavant.

Les mausolées d'Odriçan 

Encore quelques tours de roue et nous voilà en Grèce, le passage de frontière n’étant qu’une formalité (scan des passeports et des papiers du véhicule, le passeport de Moky étant encore une fois inutile).

L’arrivée en Grèce par la vallée de Sarandaporos est grandiose.

Le splendide réseau routier nous fait revenir assez brutalement à la réalité européenne, mis à part les innombrables minis chapelles qui bordent les routes et une signalisation plutôt olé-olé !

De retour sur de plus petites routes ? pistes ?, on serpente jusqu’au début du roadbook de la Grèce à Perdica.

Prochain épisode : la côte Grèque : Igoumisa -> Patra

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Le parvis (juste à côté) accueillant d’une petite chapelle nous a offert un bivouac tranquille. C’est dimanche alors elle est ouverte : une visite s’impose…

Le roadbook nous fait monter assez vite dans la montagne. La piste serpente sur les hauts plateaux, entre les pâturages, la mer est partout à l’horizon.

La mer : de ce côté, c’est la mer ionnienne : pas très différente de la Méditerranée à vrai dire, peut-être un peu plus salée, en tout cas nous l’apprécions tant nous avons besoin de nous rafraîchir (toujours aux alentours de 36 °). Le petit « remblai » de Vrachos bordé de cafés, restaurants, et autres fast food est très animé. Quant à la plage, il faut prendre son ticket ! Et encore de bonne heure si l’on veut avoir la chance de voir la mer sous son parasol !!! bref, tout ce qu’on aime !!!

Heureusement, Gégé nous déniche une petite piste débouchant sur une plage déserte : le rêve…… de loin car de près, elle est couverte de tous les déchets rejetés par la mer, les oursins en plus… On se console en profitant quand même du très beau paysage et de la tranquillité du coin.

Le rêve !  
la réalité ... 
Une pensée à notre club préféré 

Nous profitons très souvent des cours d’eau, cascades et autres piscines naturelles qui sont autant de récréations rafraichissantes…

Entreprise de TP Blanchet... certains apprécieront !                  Un Land en difficulté ! 

La région est boisée de platanes dont la taille et l’usage n’ont pas fini de nous impressionner (suspens…). Sans surprise, les animaux sont essentiellement des chèvres, des moutons, et un peu plus rarement des vaches.

Curiosité grecque : les routes et les pistes sont, sans aucune exception, bordées de mini chapelles, plus ou moins élaborées, rappelant le souvenir d’un mort par accident de la route, c’est du moins ce qu’on nous a dit mais il y en a tellement qu’on a un doute… Pour clore la page macabre, les grecs placardent aussi les avis de décès un peu partout…

Allez, en route pour le Péloponnèse : le pont à haubans Trikoupis se voit de loin. Long de 3 km, c’est un bon raccourci pour aller découvrir le sud de la Grèce.

Notre parcours nous mène dans les hauteurs des Monts Panahaïko, jusqu’à 1 828 m ...

Des cailloux, des trous... la piste quoi !

Le petit gros est tant qu’assez gros pour la largeur des pistes et son pilote apprécie son excellent rayon de braquage ! (la navigatrice aussi ;-)) On se rappellera du bivouac dans le parc d’éoliennes : la tempête a bien fait bouger le petit gros !

Les éoliennes dans les nuages 

La présence de la religion est omniprésente : chapelles, églises, monastères, Hermitages jalonnent les pistes.

Parmi tous, le lieu qui nous a le plus impressionné est le village de Platanotissia : c’est un tout petit village qui possède la plus curieuse des chapelles : une chapelle dédiée à la vierge du platane : l’histoire serait trop longue à raconter en entier mais en bref, au 4ème siècle, 2 frères, Théodore et Siméon, partent en pèlerinage, voient en songe la vierge qui leur ordonne de trouver son icône réalisée par l’apôtre Luc, ce qu’ils font. Pour échapper à sa destruction par l’hérésie des iconoclastes, des moines l’emportent en procession de villages en villages jusqu’au jour où ils se reposent sous 3 platanes qui s’unissent par miracle pour former l’édifice actuel : absolument exceptionnel ! La petite église juste à côté possède également des trésors remarquables.

A l'intérieur du tronc 
                                                                                           L'empreinte de l'icône dans le bois 
La petite église à côté 

Au risque d’une transition un peu brutale, on peut aussi dire qu’on est dans la région de la production des raisins de Corynthes (bon, pour ce qui est du bio, on repassera…) et qu’à l’instar de la Bosnie avec ses Golf rouges, le nord du Péloponnèse est le pays des pickups de toutes générations !

                                                               Des pickups, des pickups encore des pickups ! 
Va comprendre Charles ? !!! 

Prochaine

Promis, je vais me mettre au grec mais toujours avec un super stylo... 

Prochaine étape : Olympe et cap plein sud

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On reprend de l'altitude  avant Olympe                                  Les petits villages sont souvent très étroits et escarpés
Produits frais pour une bonne poêlée de légumes !!! 

Impossible de passer à 17 km de la ville où ont été créés les JO sans s’y arrêter. On quitte donc le roadbook pour aller à Olympe par la route. On quitte aussi la chaîne de montagnes boisées et descendons vers la ville aux aspects très touristiques : magasins, restos et un camping a priori tranquille. Pour changer du thon et des sardines en boîte, on choisit une « taberna » qui cuisine du poisson frais : c’est bon et abordable (20 €/pers, vin blanc grec compris).

Repas léger pour les visites de demain ....  

Si le camping est calme, ce n’est pas grâce à son voisin coq qui s’est cru obligé de réveiller toute la ville avant le 1er rayon de soleil… Nous voilà donc fin prêts pour la visite d’Olympe. Afin de mieux comprendre l’organisation du site des jeux olympiques, nous choisissons de commencer par la visite du musée de l’histoire des jeux.

Créé au début du 20ème siècle, il renferme de multiples objets remarquablement conservés qui permettent, grâce à une présentation très claire et des explications pertinentes en français, de retracer l’organisation des JO à leur origine. On y découvre comment les concurrents étaient sélectionnés, le déroulement des épreuves, les attributs utilisés, … Outre les épreuves sportives, on imagine toute l’imposante logistique nécessaire pour accueillir des milliers de sportifs, organisateurs, spectateurs. Le stadium agrandi au fur et à mesure des années pouvaient contenir jusqu’à 45 000 personnes ! Au scandale, les femmes n’étaient pas admises ! Celles qui s’y risquaient étaient châtiées sur le champ et jetées du haut d’une falaise avoisinante… Elles ont donc dû créer leurs propres épreuves et ne furent admises dans le stadium que beaucoup plus tard (oups ! je n’ai pas retenu la date…)La visite du stadium est intéressante mais moins impressionnante qu’on pensait. C’est sans doute le fait qu’il regroupe d’innombrables vestiges de bâtiments divers dont on ne comprend pas l’usage (un guide aurait pu sans doute nous éclairer).

La piste mythique des premier jeux olympiques il y a 776 siècles av JC 

On quitte Olympe sous la pluie (et oui, ça arrive qu’il pleuve aussi en Grèce) pour reprendre une jolie piste bordée de pins. Une rivière a creusé la roche formant de belles petites piscines.

Le roadbook nous emmène sur la route des monastères suspendus et de nombreux sites archéologiques.

Les efforts déployés pour visiter celui de Prodomos ne seront pas récompensés, les horaires d’ouverture et l’orage rendant la visite incompatible (1h30 de marche dans un sentier « casse gueule » pour ne voir qu’une cascade).

Monastère de Prodomos                                                              La fameuse cascade (bof !) 

Les trombes d’eau remplaceront efficacement la douche quotidienne…C’est là qu’on apprécie de se mettre au sec et au chaud dans le camion… Reste à faire sécher, ce qui est un peu plus compliqué.

Un moment de réconfort dans notre petit gros... 


Le ciel continue à déverser tout ce qu’il contient d’eau et d’électricité : les routes et les pistes se transforment en ruisseaux avec parfois certains obstacles, heureusement contournables !

Encore un coup de Zeus !!! 

Mais nous bravons quand même les éléments jusqu’au bivouac d’Orion, un site de fouilles très actif.

Le site est une fois de plus splendide : Orion n’avait pas choisi son bivouac au hasard lui ! (pas comme nous ;-))

Pour le plaisir des yeux 

La faune étant particulièrement pauvre dans le coin, on s’attarde sur la tonte très originale des chèvres péloponnésiennes : très classe non ?

A noter que certaines posent comme de vraies stars pendant plusieurs minutes, à peu près comme sur le tapis rouge du festival de Cannes !

On aperçoit de très loin le vélum qui protège le chantier titanesque du temple d’Apollon.

Là encore une visite s’impose. L’état de conservation des colonnes est impressionnant mais il reste encore « un peu de boulot »…

Dans le genre préhistorique, le camion de pompier est bien dans le ton !

La reprise de la piste nous a fait remonter en altitude (environ 1 000 m) d’où on aperçoit la mer ionnienne.

                                                                                   Après Zeus, merci Ra 

La nature nous offre quelques clichés insolites...

Notre parcours nous mène jusqu'à la chapelle de Sainte Théodora. Selon la légende, ses cheveux se sont transformés en 17 arbres qui, fait inexplicable, n'ont aucune racine visible…

On redescend en bord de mer...

pour un nouveau bivouac au clair de lune à Messini…

Notre curiosité nous pousse ensuite vers le cap Akritas.

La toute petite piste hyper pentue et sinueuse nous dépose sur une plage presque idyllique : il manque juste le sable fin, ou au moins, un accès à la mer pourtant si attirante par sa transparence !


On vous envoie cette nouvelle page de blog du camping de la petite crique de Tsapi (passage hors roadbook).

Prochain épisode : de Tsapi au Cap Ténaro

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En route pour les pointes sud du Péloponèse.

Nous traversons les petits ports de Méthoni et de Pylos très prisés des touristes.

La piste qui nous amène à la porte d’Arcadie. Notre petit gros s’y gare le temps de faire quelques photos et d’apprendre que cette porte et sa forteresse protégeaient la route vers Messine.

Le site archéologique de Messine comprend entre autres, un théâtre et une agora au sol décoré de mosaïques encore bien conservées.

La piste sillonne ensuite à travers d’innombrables champs d’oliviers puis une nature plus que piquante, un brin monotone…

Nous ne rencontrons pas plus de grecs que d’habitude malgré la traversée de petits villages typiques mais quasi déserts.

Tout ceci nous décide à shunter la partie de roadbook des Monts Taygetos que nous apercevrons en prenant l’assaut de la forteresse de Mistras.

Retour dans les oliviers puis les orangeraies ...

Les bivouacs de rêve ne sont pas toujours au rendez-vous, comme vous pouvez le constater sur ces photos de bivouacs d'urgence...


Que dire de la route et de ses surprises !

De nouveau en bord de la mer où le petit port d’Elea abrite des petits bateaux de pêche typiques.

Encore quelques kilomètres avant de découvrir la pointe la plus au sud : le Cap Malaé.

Le paysage est spectaculaire : le gris et route des falaises, le noir de certains rochers, le vert presque fluo de la végétation et le bleu outre-mer si intense de la mer : c’est magnifique ! Le vent souffle en fortes rafales : ça décoiffe ! La piste s’arrête pour les véhicules et compte tenu de la chaleur, on ne continuera pas à pied…

Vous voulez la preuve que la Grèce et l’Afrique du nord ne formait qu’une seule terre ? Et bien la voilà : la forêt pétrifiée. Ok, les arbres ne ressemblent plus vraiment à des arbres mais pourtant ce sont bien leur tronc qui sont pétrifiés, fossilisés, et comme par hasard il y a les mêmes sur la côte libyenne.

Une nouvelle halte dans le tout petit port de Porfilis Ilias

un bivouac en surplomb de la côte : idéal pour la baignade et un camping 4 étoiles, d’autant qu’un splendide voilier vient mouiller juste devant nous et que des paquebots de croisière nous organisent un ballet à la nuit tombée !

Nous voilà repartis sur la côte est de la pointe Malaé vers Néapoli .

Un petit tour au marché aux poissons de Néa Kios : les pêcheurs acostent leur embarcation juste derrière leur étale : plus circuit court que ça, tu meurs !

Changement de décor : on va visiter le site archéologique d’Epidaure (40 ° = chèche mouillé et chapeau obligatoires). Parmi ses différents vestiges (temple, fondations de monuments funéraires, de bains), le plus spectaculaire est très certainement son théâtre. Malgré les nombreux touristes et l’installation de la logistique d’un festival, le lieu en impose ! Qu’on soit en bas ou tout en haut des gradins, on est très impressionné par sa grandeur et l’harmonie de ses proportions : phénoménal ! A côté, le pauvre Asclépios fait un peu pâle figure avec son serpent pourtant rendu célèbre puisqu’il est le symbole de nombreuses pharmacies !

Nous allons clore notre visite du Péloponèse par le canal de Corinthe. Percé entre 1881 et 1893, il relie le golfe de Corinthe au golfe saronique. Long de 6 km, il est creusé à 26 pieds dans une falaise d’environ 60 m de haut pour une largeur de seulement 25 m ! Le plus original reste quand même le pont immergeable. A la demande des skippers et autres commandants de bord, le lamaneur actionne le système hydraulique qui fait descendre le tablier du pont à 10 m de fond !

La suite du roadbook nous fait traverser une immense pinède incendiée : c’est macâbre. Encore une bonne raison pour écourter cette partie. Nous prenons la route vers un autre site archéologique : Delphes.

En plongée pour éplucher les oignons                     Des chaussettes pour éviter une heure de toilettage 
Une grosse bête                           ma fête      et le géant de Roiyal de Grèce !!! 


Prochain épisode : Delphes vers Karpenisi

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C’est avec une certaine lassitude des sites antiques que nous quittons Delphes sans visiter les ruines pourtant très prisées des touristes…

Non, non on n'est pas à Marakech mais seulement à la sortie de Delphes... 

La piste caillouteuse grimpe rapidement vers un spectacle de désolation, la forêt de pins ayant brûlé sur plusieurs versants.

Nous décidons donc de quitter ce paysage lugubre par la route menant vers une immense vallée cultivée : un vrai patchwork !

Les pisteurs que nous sommes n’ont pas dit leur dernier mot en Grèce : nous reprenons le roadbook et sommes au combien récompensés par un très beau parcours de haute montagne, une belle piste dans les sapins qui débouche sur de splendides panoramas dont le Mont Parnasse.

Un nouveau bestiaire grec... et sans retouche s'il vous plait !

C’est auprès d’Héraclès, du moins à côté de son sanctuaire, que nous trouverons refuge pour un bivouac hyper calme. C’est un berger du coin qui nous fait une visite inopinée des restes largement pillés du sanctuaire et nous fait admirer les monts du Parc national d’Itis.

Un p'tit déj complet (pour une fois !)                                          Le guide du sanctuaire d'Héracles 

La piste rocailleuse reprend de plus belle pour finir par un nouveau bivouac d’urgence en bordure de rivière.

La piste rocailleuse reprend de plus belle pour finir par un nouveau bivouac d’urgence en bordure de rivière.

A notre grande surprise, la route du lendemain, pourtant large et belle, s’avère rapidement un chantier de grande envergure où notre petit gros se fraie un chemin entre pelleteuses et bulldozers impressionnants. Malgré les efforts des TP grecs, il y a encore du boulot !

Toujours plus haut !

Nous voilà avec une vue panoramique à 360 ° : wahooouuu !

La descente nous conduit vers le pont de Pily, monument historique classé construit en 1514.

Un bivouac un peu plus loin dans le lit de la rivière pour repartir de bonne heure le lendemain vers un autre lieu incontournable de la Grèce…

Les Météores : de fabuleux rochers aux formes fantastiques, aux parois lisses et vertigineuses dressées vers le ciel, mystères de la nature ! Depuis le 11ème siècle, les moines et nones y ont élus domicile dans une vingtaine de monastères dont il n’en reste aujourd’hui plus que 6. L’ensemble de ce site est purement exceptionnel !

Toutefois, nous ne pouvons pas passer outre l’aspect mercantile des visites organisées par les religieux eux-mêmes. Qu’on soit croyant ou non, l’image donnée par ce business est choquant. Le décalage entre l’esprit de ces lieux de culte retranché et la manne qu’ils procurent est déroutant et nous laisse dubitatif… On garde à l’esprit une cinquantaine de touristes entassés dans la petite église écoutant trois guides qui commentent chacun dans une langue différentes les fresques et autres ornements pendant qu’une religieuse leur fait signe de faire moins de bruit : no comment !

C'est BEAU  

Allez, reprenons de la hauteur vers la région montagneuse de l’Epire pour finir la journée sur les bords du lac d’Aoos Spring.

Bivouac au bord du lac 
Espace de zénitude... 

On contourne le Mont Tsouka Rossa pour se poser au refuge Valia Calda proche de Vovousa, petite ville typique des Zagourias.

Presque le même qu'à Pily sans la reconnaissance UNESCO et sans les touristes ! 

C’est dans cette petite ville, pour la 1ère fois depuis qu’on est en Grèce, qu’un vieux monsieur nous invite chez lui. Il est fier de nous montrer des photos de sa famille et surtout des photos de lui en costume folklorique. Il nous offre un café frappé dans le bar tenu par son petit-fils. On n’a malheureusement pas pu échanger autant qu’on aurait voulu : il ne parle que grec et a une très mauvaise vue (pas de dessin ni écriture possible).

Pause lessive, blog, ... au camping nature de Vovousa 
Les mules grecques souffrent beaucoup et se font abandonner sans aucun égard... 


A l’approche de la frontière et après ces 29 jours passés en Grèce, nous nous permettons un petit bilan tout à fait personnel. On retient que c’est un très beau pays pour ses paysages, ses mers chaudes, ses sites antiques remarquables et ses très belles pistes montagneuses. On y a également apprécié la liberté de s’y déplacer et l’absence d’interdictions qu’on connait trop chez nous. Mais, car il y a toujours un mais, les grecs n’ont rien à faire des touristes (à quelques exceptions près), on y mange le plus souvent mal, même au resto. En conclusion, nous sommes contents de l’avoir visité mais ça ne nous donne pas vraiment envie d’y revenir.

Prochaine épisode : De retour en Albanie !

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Notre dernière ligne droite en Grèce est passée par Vovouza, avec le défilé de Miss Oie 2019 : Moky a bien tenté de faire sa sélection mais son maître ne l’a pas laissé faire…

Concours Miss Oie 2019 

Une visite des Gorges de Vicos et la « forêt de pierres » et en route pour la frontière albanaise.

                                                                                                     Gorges de Vicos 
La forêt de pierres                                                                         et les toits en pierre (lause) 

. Nous re-voilà en Albanie où nous renouons aussitôt avec les signes amicaux, les petits coups de klaxon et autres attentions sympathiques. C’est ainsi qu’à Ersekë, un patron de bar nous installe pour la rédaction et l’envoi de la dernière page de ce blog.

En contrepartie, il veut seulement être « ami » sur facebook pour se faire un peu de pub avec des français.

Un souvenir toujours bien présent... 

De ce côté de la chaîne des Monts Dhëmbel (dans le sud-est de l’Albanie), les pistes sont bien rocailleuses et poussiéreuses.

On n’est pas toujours très confiants d’empreinter certains ponts dont les clous semblent vouloir prendre « la poudre d’escampette » mais jusque-là, ça l’a fait…

Le parcours préparé par Gégé sur la tablette ne reflète pas toujours la réalité du terrain : l’aide des autochtones qui n’hésitent pas à nous montrer le chemin, même à pied et sous la chaleur, est précieuse.

Suivez le guide...                                                                           ... dans la jungle albanaise ! 

Encore un beau bivouac sur les bords du lac Ujëbardhë où nous ne verrons que des chèvres et leur berger.

La région de Korcë regorge de chapelles, d’églises et de monastères. Peu sont ouverts mais ceux qui le sont nous offrent leurs trésors de peintures murales et autres icônes réalisés par de nombreux peintres vénétiens et albanais aux alentours de 1770.

De retour sur la piste vers Lekas, notre petit gros grimpe doucement mais sûrement franchissant de profondes ornières malgré la pente de plus en plus prononcée.

Les bivouacs « de rêve » sont les bienvenus…

Dîner au soleil couchant 

La vallée de la rivière Devoll, pourtant bien prometteuse nous a réservé quelque surprise : après avoir bien peiné à trouver notre chemin pendant 5 h, il faut se rendre à l’évidence : les travaux du futur barrage ont modifié très sensiblement le tracé des pistes. Nous atterrissons dans le chantier où les ouvriers sont formels : il faut faire demi-tour. Pour ceux qui connaissent le pilote, vous savez combien ce mot est insupportable ! Mais bon, impossible d’y échapper : re-direction Korcë. Ca veut dire environ 5 nouvelles heures de pistes défoncées par les engins de chantier, par 35 °, avec le moral dans les sandales, les chaussettes n’étant pas de mise ;-).

Dans l'incertitude, Gégé va reconnaître à pied 


Le bivouac d’urgence après 10 h de piste n’est plus un bivouac d’urgence, c’est une bouée de sauvetage !!!

Après la galère poussiéreuse de la veille, notre petit gros se rafraichit les crampons la piste remontant un petit cours d’eau : ça faisait longtemps !

Tiens, un bourbier, ça aussi ça faisait longtemps…. Peut-être trop d’ailleurs car la profondeur des ornières aura raison de la garde au sol de l’Ivéco ! Il fallait bien au moins un plantage pendant le voyage, et bien c’est fait ! Inutile de tenter de passer en force, le pont est posé sur une grosse pierre qui n’a pas l’intention de bouger, même pour un p'tit gros.

Le treuillage s’avère indispensable pour avancer l'Iveco afin de glisser quelques pierres derrière les roues.

Deux albanais viennent à la rescousse alors que deux mulets klaxonnent derrière… Ils n’attendront pas longtemps car la manœuvre s’avère efficace du 1er coup : ouf !

Un petit nettoyage (lavazh en albanais) sur place et c’est reparti……….. en sens inverse, les albanais nous ayant formellement déconseillé de poursuivre dans ce sens. On hésite mais on est seuls et loin de la maison, alors la prudence veut qu’on leur fasse confiance : demi-tour !

La route vers le lac de Progradec est jalonnée de vendeurs d’oignons, d’haricots secs et de patates. On se demande bien comment ils s’en sortent avec une telle concurrence !

Une pose au camping du lac pour un instant wifi vraiment trop pourri pour communiquer… mais surprenante quant aux découvertes dans les eaux calmes du lac : un obus de 39/45 à 4 m du rivage ! Alerté par Gégé, le patron du camping appelle la police : on ne sait jamais…

Sur les conseils du Petit futé, on pousse jusqu’au petit village de pêcheurs, Lin. On aurait pu croire à son authenticité mais il s’est avéré un beau piège à touristes : hôtels, restos, boutique de souvenirs… La rue hyper étroite pour le petit gros se termine devant la maison d’un « pêcheur » qui propose des ballades en barque pour ne rien voir de plus qu’à terre, sauf des albanaises lavant leur linge pour la photo ! Et oui, on s’est fait mener en bateau… Personne n’est parfait ;-)

La touriste dans toute sa splendeur !  

Mis à part les chapelles, églises et monastères, les alentours de Korcë c’est aussi de très nombreux vestiges de l’aire communiste dont certains ont pris des couleurs… pour devenir repère de coccinelles : c’est original et, comme de toute façon, l’économie albanaise n’a pas les moyens de les faire disparaître entièrement…

A nouveau sur la route/piste truffée de nids de poule pour 45 km (+ 3 h) : autant les partager avec des jeunes stoppeurs polonais : Ola et Yarek seront du voyage jusqu’à Boçove où ils se prépareront pour l’ascension du plus haut sommet d’Albanie, le mont Gramë (2 344 m).

Hommage à un poète victime du régime communiste 


La redescente vers Peshkopi longe la rivière Zerkjani où nous rencontrons un jeune albanais parlant bien français. On échange longuement au café du coin sur le pays, ses problèmes, l’avenir de ses jeunes, etc… Il nous propose de nous faire découvrir la cuisine traditionnelle. Nous acceptons avec plaisir et allons nous poser au camping de Peshkopi pour une soirée on ne peut plus sympathique. Luli et son ami Elian se livrent très ouvertement sur leur quotidien et leurs perspectives d’avenir (ou non perspective, c’est selon…).

Un moment convivial  avec des jeunes super sympas 

Prochain épisode : la remontée vers l’est du Monténégro

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C’est sous une chaleur écrasante approchant dangereusement les 50 ° que nous terminons notre voyage en Albanie.

Préparation du blog à Peshkopi  sous la toile d'ombrage vivement conseillée

Un passage par le pont médiéval de Mes avant un bivouac hyper chaud dans la banlieue de Skodër.

Nous retrouvons sur la route nos stoppeurs polonais pour, à nouveau, quelques kilomètres avant de rejoindre la région de Skodër.


Notre p’tit gros a cru bon de ralentir le rythme de la remontée : crevaison heureusement côté ombre ! Et oui, par 30 ° dès 10 h le matin, c’est un « détail » qui compte ! Pas de problème pour trouver un « gomist », il y en a à tous les coins de rue en Albanie et Skodër ne fait pas exception. La réparation est un peu plus compliquée que prévue puisque, pour la 2ème fois, c’est la gente qui est fendue.

Le gomist a évidemment un collègue qui va arranger ça de suite : un bon brasage recto/verso et c’est réglé ! C’est Bouziniac (fabriquant de gentes angevin) qui va être content…

Nous retrouvons Skodër, chaude et grouillante de voitures, camions et ses vélos de transport familial ou avec ombrelle, c’est selon…

Un petit nettoyage rafraîchissant à l'occasion d'un plein d'eau du réservoir du 4X4. Moky bénéficie d'une prestation particulière devant des employés bien amusés.

Pour un lavazh spécial, c'en est un bon ! 

Notre sortie d’Albanie se fait par une toute petite route bordée de murets (un peu comme dans la Creuse pour ceux qui connaissent) et dont la largeur nous fait douter qu’elle aille à la frontière.

Elle y va effectivement mais parce qu’elle se termine en une superbe route toute neuve qui nous offre un paysage magnifique sur la vallée de Lumi i Cemit , comme une récompense avant de se quitter…

Le passage de la douane albanaise est une formalité (10 mn parce qu’il y a 4 voitures devant nous). C’est juste un peu plus long au Monténégro (30 mn parce que le douanier est au tél.)

La belle route se prolonge au Monténégro mais nous tentons une incursion sur un réseau beaucoup plus intime : le petit ruban d’asphalte est si étroit que deux véhicules ne peuvent pas se croiser : éprouvant pour le pilote ! On passera donc la frontière serbe par une plus grosse route.

C’est sous une grosse pluie d’orage qu’on roule en direction du Pont de Durdevika (construit en 1940, 365 m de long et 372 m au-dessus de la rivière Tara) et du monastère de Milesevo : cette vallée très encaissée est superbe.

Nous voilà dans les hauteurs serbes. Le réseau routier est en pleine évolution, notamment pour favoriser le tourisme et entre autres, les sports d’hiver.

Une future route...                                                   ...et un futur tunnel 

L’affluence dans la station de Zlatibor nous fait renoncer à nous arrêter, sauf pour prendre des photos de gros-gros allemands.

La circulation est relativement intense sur les pistes et demande toujours beaucoup d’attention. Et quand on se pousse un peu trop pour laisser passer, on s’embourbe bien comme il faut… Heureusement entre « gros », on est solidaire ! Un énorme camion transportant des grumes de pins sortira notre p’tit gros sans aucune difficulté de son mauvais pas.

Les anciennes petites maisons typiques sont fréquemment restaurées pour accueillir les touristes.

Une erreur de casting !!!

On poursuit vers Mokra Gora, petit village redynamisé par le cinéaste serbe Kusta. La petite gare et les trains restaurés font le bonheur des touristes asiatiques.

Tout au long de la route, de nombreux « igloos » en briques nous intriguent.

Renseignements pris, il s’agit de fours à charbon de bois : le bois y est entassé au 2/3, brûlé pendant 10 à 12 jours, refroidi pendant 5/6 jours et ensuite concassé pour arriver dans nos barbecues.

La région est également la région de la culture de fruits rouges et surtout de mûres. Les rangées de mûriers occupent la majorité des espaces cultivables. Dommage, elles sont loin d’être aussi goûtées que les mûres sauvages.

La recherche de bivouac est bien compliquée dans cette région de petites montagnes, l’étroitesse, l’inclinaison des pistes et l’absence de chemins obligent à monter jusqu’au sommet pour pouvoir se poser (exemple : 12 km de piste trialisante passé 19 h, après le monastère de Studeni)

Monastère de Studeni 
Bivouac tranquille jusqu'au passage à 6 h 30 du tracteur au moteur très cahotique... 

La suite du roadbook devait nous amener sur l’autoroute : notre p’tit gros n’aime pas l’autoroute, d’autant qu’il est considéré comme un camion… alors décision est prise d’abandonner le roadbook, au moins momentanément.

A chacun sa compréhension du panneau... A méditer pour les randonneurs français...

Changement de décor : nous voilà dans la zone dunaire de Deliblato. Cette zone de sable formée à l’ère glaciaire est une zone naturelle ressemblant à la savane : il ne manque plus que les lions, les girafes et les éléphants ! Les pistes y sont très étroites et très rayantes, la carrosserie de l’Ivéco s’en souvient…

En direction de Belgrade, les champs de maïs et de tournesols s’étendent à perte de vue (la Bauce serbe !). Le p’tit gros empreinte des chemins de traverse au plus près de la capitale serbe.

Tu es sûr que c'est par là ?  La piste semble très peu empreintée !

Quelques traces du passé communiste sur le pont et tombes anciennes de soldats serbes.

Belgrade est une petite capitale qui est en pleine évolution : construction de buildings, arrivée prochaine d’un tram moderne,…

Pour nous, son intérêt majeur réside dans sa situation : la rencontre de la Save et du Danube, dominée par une imposante forteresse. Les kilomètres de promenades aménagées le long des fleuves permettent d’en profiter.

La forteresse est bien gardée des envahisseurs de l'époque jurassique rôdant aux alentours !
Eglise orthodoxe                    Les parapluies de......Belgrade ! 

Ce sera la dernière étape avant la Croatie.

Prochain épisode : direction Zagreb

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Pour parler franchement, la fin du roadbook des Balkans de Vibraction n’est pas passionnante et comporte une proportion de route prépondérante (85 % d’asphalte pour 15 % de pistes).

Il nous permet quand même de découvrir quelques villages typiques comme Stara Kapela, où les maisons de briques sont restaurées par une association qui lutte contre l’abandon de cet habitat bien spécifique dans les environs.

Autre spécificité régionale : les chevaux du haras de Lipik. Remis à l'honneur par le sculpteur croate Hrvoje Dumancic, le haras a été construit en 1843 sous l'empire austro-hongrois et accueille encore aujourd'hui de nombreux étalons faisant de Lipik un "Saumur croate".

Le souvenir de la récente guerre encore bien présent 

A notre grande surprise, la route de Zagreb traverse une zone de forage pétrolier en activité : malheureusement pas de possibilité de faire le plein en direct !

                                                                          Quand rezéens et stéphanois se rencontrent en Serbie... 

Nouveau chapitre sur l’habitat : les serbes apprécient particulièrement les enduits très colorés, un peu comme dans certains petits ports bretons… tous les goûts sont dans la nature !

A chacun sa couleur en toute liberté 

Lors d’une pose picnic dans le parc naturel de Lonjsko Polje, nous pouvons observer les chevaux posalina, une race en voie d’extinction. Ces petits chevaux très paisibles se laissent aisément prendre en photo.

Dernier épisode « maisons typiques » : dans de nombreux villages, des maisons de bois sont pour certaines très bien restaurées et toujours habitées telles que dans les villages de Krapje, Puka ou encore de Cigog.

On change de style avec Zagreb que nous visitons après un très fort orage et une pluie torrentielle.

La ville est percée de longs boulevards agrémentés d’espaces verts, de kiosques et jets d’eau très rafraîchissants. Les immeubles de style austro-hongrois sont en majorité bien conservés. Le vieux quartier de la cathédrale est aussi plein de charme.

Les meilleures choses ayant une fin, nous voilà dans la dernière case du roadbook : une belle piste bien roulante et boisée comme on les aime ! Une photo souvenir et nous voilà repartis vers la frontière slovène.

La chapelle Godina Gradnje et ses gardiens 

Mais avant, un petit tour au circuit de vitesse de Grobnik où se déroulent des qualifications de courses de motos (300, 600 et 1000 cm3)

Un petit clin d'oeil aux passionnés  

et le championnat du monde de side-car : ça décoiffe !

Le calme d'un lac après l'agitation de la compétition


A voir les nombreuses petites Fiat restaurées ou en cours de restauration, on devine qu’il y a quelques passionnés dans le coin…

Les 30 km de route en Slovénie, la pluie et la grêle ne nous laisseront pas le loisir de vous faire des photos. Nous voilà rendus en Italie sans nous en être rendu compte, l’absence de formalité étant totale.

Pour continuer la journée « passion véhicules », nous faisons un petit arrêt à Trieste pour fêter les 30 ans du club italien de Vespa : encore une belle brochette de passionnés de leur deux roues !

Rassemblement super cool 
Deux belles lutteuses italiennes en pleine ville                                    Sur une base Ivéco, le camion de ses rêves... 

Côté tourisme, la région regorge de villes toutes plus intéressantes les unes que les autres : Venise, Milan, Parme… mais c’est Vérone que nous choisissons de visiter pour ce premier passage italien. La rivière Adige sépare le vieux quartier de la citadelle et on l’a franchi sur de nombreux ponts médiévaux. La citadelle renferme les arènes et des vestiges de l’époque romaine. C'est évidemment aussi le cadre de la tragédie de Roméo et Juliette.

La grande Piazza Brà ressemblerait presque à la place Jemaa El Fna de Marrakech, les peintures murales des immeubles en plus ! Business is business ici aussi…

Enfin, pour le fun, voilà de quoi réviser votre code de la route : voici un florilège de panneaux rencontrés au cours de notre voyage : attention, interrogation écrite à la rentrée !




 Bonus hors série 

Prochain épisode : traversée de la France vers l'ouest

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Et voilà le P’tit gros de retour au pays ! L’arrivée par le col du Petit St-Bernard a été saluée par une pluie torrentielle et un violent orage : ce n’est pas grave, l’Ivéco est presque étanche…

Le temps menace...                                                                     La chapelle du col du petit St-Bernard

Sans le vouloir, nous sommes aux premières loges pour encourager les participants du trail UTMB Mont Blanc dont nous verrons l’arrivée d’une étape à Bourg St-Maurice. Pour les amateurs, les distances proposées sont entre 15 et 300 km : ça laisse rêveur…

A la recherche d’un petit coin tranquille pour se reposer du voyage, nous nous sommes dirigés vers Chambéry. C’était sans compter sur toutes les interdictions à la française (après celles de l’Italie…). Du coup, on roule plus que prévu, d’un bivouac à l’autre, empruntant une petite route surplombant le lac du Bourget, découvrant les magnifiques paysages du Bugey,

et déambulant dans le jardin insolite de la Chartreuse d’Arvières.

Encore quelques tours de roue pour traverser la région des Dombes, et nous voilà dans les coteaux du Beaujolais et ses imposants châteaux et domaines.

Ayant besoin de remplacer mon Laguyole cassé, l’occasion était trop belle pour ne pas s’arrêter faire des emplettes à Thiers, capitale de la coutellerie. Les artisans ne sont pas à court d’imagination pour créer des couteaux de toutes sortes, dans des matières très traditionnelles comme le bois ou, au contraire, très innovantes telles que le plexiglass ou la lave, avec des noms bien trempés : le trappeur grand cru, le mi-jo, le compagnon… Le choix en est d’autant plus compliqué !

                                                                                           Un coutelier d'acier qui donne l'heure 


Quoi faire un dimanche après-midi à Clermont-Ferrand ? Une visite au musée Michelin évidemment ! La notoriété de Michelin à Clermont-Ferrand et les environs est omniprésente. Le musée retrace tout le parcours de cette dynastie au combien innovante et attentive à la population clermontoise. La rétrospective de toutes les innovations du groupe Michelin fondé par André et Edouard en 1889 est impressionnante.

Parmi les véhicules exposés, le « Mille-pattes » a retenu notre attention. Au début des années 1970, les performances des camions et des autocars augmentent. Afin d’adapter ses produits, Michelin construit ce prototype pour tester des pneus de poids-lourds à grande vitesse. Il pèse 9 tonnes, possède 2 moteurs Chevrolet V8 de 350 chevaux pour atteindre une vitesse de pointe de 160 km/h ! La roue à tester est positionnée au centre du véhicule et contrainte par un vérin hydraulique pouvant lui appliquer une charge de 3 500 kg. Le Mille-pattes a encore une petite ressemblance avec la DS.

Pour la petite histoire, c’est Edouard Michelin, en apercevant une pile de pneus installée à l’entrée du stand de l’exposition universelle de Lyon en 1894, qui a dit : « regardes, avec des bras, cela ferait un bonhomme ». C’est seulement en 1898 que le dessinateur "O’ Galop" lui a donné vie. Depuis, ce sympathique bonhomme n’a pas pris une ride !!!

De musée en musée, nous voilà dans le musée Baster à Riom, la caverne d’Ali-Baba des fanas de deux roues ! Des vélos, des motos, des scooters et une collection impressionnante de side-cars dont certains avec remorques : une collection on ne peut plus riche qui ravit ses visiteurs !

De retour dans la nature, nous prenons de la hauteur dans la chaîne des Puys et monts d’Auvergne par un temps très clément.

L’envie d’un bol d’air pur nous pousse à grimper en haut du Puy de Dômes.

Nous découvrons avec surprise le chantier de restauration du sanctuaire de Mercure : ça nous rappelle la Grèce en beaucoup plus frais !

Ce n’est pas le tout mais nous n’avons pas encore trouvé notre havre de repos : direction St-Nectaire où certains quatre-quatreux ont déjà testé un camping sympa.

Les cascades du Saut du loup, de Queureuilh et du Rossignolet 

Prochain épisode : le retour à la maison. Ce retour approchant, nous vous proposerons un dernier épisode de ce blog qui sera un modeste bilan de notre périple.

A très bientôt à Saint-Etienne-de- Montluc !

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Une pause dans la chaîne des puys : voilà un endroit idéal pour délaisser son p’tit gros et randonner à pied. On a l’embarras du choix pour la couleur des pistes. Les courbes et les couleurs pastel des paysages sont on ne peut plus reposants.

De petites routes en petites routes, nous voilà dans le Limousin puis dans le Poitou. Encore quelques bivouacs au clair de lune…

Impossible de passer sans s’arrêter au garage Pezeaud où le père et le fils entretiennent une collection de véhicules de pompiers impressionnante !

Encore quelques kilomètres et la boucle des Balkans est bouclée !

Et pour finir, quelques mots sur cette belle aventure :

Après 116 jours de voyage, nous voilà de retour à la maison. C’est donc le moment de faire un petit bilan de notre parcours.


Côté P’tit gros, après un départ incertain, aucune fausse note pour la mécanique…jusqu’à environ 30 km de la maison : notre P’tit gros refoule de l’huile par le reniflard ! Le pré-diagnostic balance entre un problème avec la pompe à vide et un segment. Ouf, il nous a quand même ramenés à la maison après 12620 km !

On affinera le diagnostic la semaine prochaine. Une seule crevaison due à une gente fendue rapidement mais très grossièrement ressoudée en Albanie.


Côté parcours, notre préférence va sans la moindre hésitation à l’Albanie : c’est dans ce pays qu’on a trouvé le dépaysement que nous cherchions et que nous avons fait les plus belles rencontres : la tradition de l’accueil de l’étranger y est toujours bien réelle.


Nous n’avons pas retrouvé cette ambiance ni en Croatie ni en Grèce, les croates et les grecs étant déjà trop habitués à voir des touristes et à profiter de leurs passages.


Nous avons été impressionnés par le contexte d’après-guerre encore très marqué en Bosnie.


Le Monténégro offre de splendides paysages montagneux où la nature, encore très préservée, nous a séduits.


Quant à la Serbie, elle nous laisse le pâle souvenir d’un pays triste où tout semble ordinaire, sans caractère pittoresque, mise à part la production de charbon de bois dans les "igloos" et la capitale Zagreb.


Côté roadbook, la partie Nord/Sud de la boucle de la Croatie, la Bosnie et de la Serbie présente un intérêt à la fois pour la variété des pistes et les sites de visites. A l’inverse le parcours en Serbie et au nord de la Croatie est beaucoup trop roulant. Le roadbook de la Grèce permet une bonne découverte de la partie continentale exceptée le Nord/Est.


Côté conduite automobile, on tient à attribuer une mention spéciale aux pilotes albanais : de nombreux fougueux totalement inconscients ! Les grecs en paraissent d’autant plus cools !


Côté nourriture, au risque de paraître chauvin, c’est le zéro pointé ! Heureusement que les poules pondent des œufs, qu’il y a de la viande hachée et des saucisses et que les fruits et les légumes poussent aussi dans les Balkans ! Inutile de parler de pain ni de vin sauf au Monténégro où nous avons apprécié le Vranac !


En conclusion, si nous devions ne garder qu’une image, pour Gégé ce serait la plaine aux chevaux en Bosnie, et pour moi, tous les bons moments passés avec les gens qui nous ont ouvert leur porte ou pris le temps de nous faire connaître leur quotidien.


Certes, nous n’avons sûrement pas tout vu. Peut-être sommes-nous passé à côté de choses dites "incontournables", ou faisons-nous une analyse trop sévère de certains aspects de ce voyage. Nous sommes déjà prêts à revoir notre copie lors d’un prochain voyage !

Nous tenons à vous remercie tous de nous avoir suivi et de tous les petits messages de sympathie que vous nous avez envoyés durant ces trois mois et demi. A très bientôt par tous les moyens de communication, y compris nos P’tits gros sur les pistes !