Carnet de voyage

All In Family

55 étapes
351 commentaires
163 abonnés
Dernière étape postée il y a 348 jours
Bienvenue sur le blog de All In Family
Août 2018
360 jours
Partager ce carnet de voyage
1
1
Publié le 30 juillet 2018

Il y a quelques mois rien ne prédisait ce voyage. C'est un soir de novembre en discutant de ce que pourrait être mon activité professionnelle future (Clem) que Cédric me dit : "Donnons- nous des idées en voyageant!" Et toute la soirée nous nous sommes mis à en rêver... Quelques jours plus tard, nous rencontrions en Thaïlande une Singapourienne et une Chinoise, elles-mêmes en train de faire le tour du monde, qui nous ont mis au défi de faire "All In" (tapis au poker) selon leurs mots et voilà... il faut pas nous chercher! Nous avons donc décidé de relever le défi et de nous jeter à l'eau avec l'idée de vivre une expérience inoubliable en famille (All in Family).


Cadeau de le fête des pères 😍
On peut aussi nous appeler la famille Toc Toc 🙃
2
2
Publié le 31 juillet 2018

Salut a tous,

Le jour J approche! Nous sommes dans les starting blocks. Toutes les démarches administratives sont bouclées, maison quittée 😓, matériel acheté, aurevoirs commencés 😢!

Voici un rapide aperçu de notre périple pré-tour du monde qui nous a permis de passer de merveilleux moments avec nos amis et famille (malgré quelques changements de programme malheureux)

3

Les derniers aurevoirs ont été difficiles à la fin de cette jolie journée du 15 août passée entre amis et famille!! L'émotion monte avec la perspective d'être loin de nos proches pendant 1 an...

Et le lendemain nous voilà a l'aéroport, prêts et heureux de vivre cette belle aventure...

4

Nous arrivons à Dubaï a 1h du matin le jeudi 16 août pour passer 2j chez Ghita, Ben et Jad. Ben nous attend a l'aéroport et nous accueille avec joie. Nous rejoignons rapidement Ghita et entamons ce week end sous de bons auspices avec une coupe de champagne que nous savourons en nous disant qu' il s agit de la derniere car avant logtemps. Ghita et Ben ont quitté Paris quasiment en même temps que nous en 2013 pour s'installer à Dubaï. Ils ont donné naissance il y a 2 ans et demi à Jad, un merveilleux bout en train et donc bon compagnon d'Arthur!

Cette période de l'année est assez hostile à Dubaï, la chaleur est écrasante et l'humidité de 100% la rend encore plus intenable. Nous renonçons au désert et optons donc pour des visites en intérieur et profitons de la piscine (Arthur fait ses premières brasses coulées sans brassard). Nous sommes surtout là pour passer du temps avec nos amis que nous ne voyons qu'une fois par an.

Nous connaissons tous les deux déjà Dubaï mais sommes encore une fois marqués par son multiculturalisme et la cohabitation plutôt réussie entre toutes ces cultures aux croyances si divergentes. Nous sommes frappés de sortir d'un bar jamaïcain où l'alcool coule à flot avec des filles faisant des démonstrations de daggering (je vous laisse regarder sur YouTube pour ceux qui veulent rigoler 🤣) et de tomber nez a nez sur un groupe de femmes en niqab.

Nous avons passé 2 jours merveilleux entre amis et avons pris une bonne dose de bonheur et de convivialité avant de partir dans l'inconnu. Ce week-end end a également été l occasion de discussions intimes qui nous ont fait du bien à tous.

Avant de nous envoler pour Kuala Lumpur, Ghita nous transmet une courte vidéo de Mo Gawdat (l ancien directeur de Google X en charge du labo des projets secrets de Google) qui a découvert l équation du bonheur. Une vidéo a méditer et qui nous dit en substance que plus notre niveau d attente est bas, plus notre bonheur sera élevé. (https://www.dailymotion.com/video/x6gnkb6)

5

Nous ne sommes pas forcément adeptes des grandes villes mais 2j à Kuala Lumpur nous ont semblé être le minimum avant de commencer notre trip pour s'adapter au décalage horaire, climat, nourriture...surtout pour Arthur! Enfin ça c'est ce qu'on disait au début parce finalement c'est moi (Clem) qui souffre le plus du décalage horaire et de la chaleur. Arthur se révèle être un super globe trotteur, il dort quand on lui dit de dormir, marche quand il faut, commence à goûter quelques plats locaux même épicés, est toujours de bonne humeur (sauf quand il s agit de faire des photos...😀), joue avec les petits Malais, et s'emerveille de tout! Bref une tres grande capacite d'adaptation! C'est un vrai bonheur de vivre tout cela avec lui!

Pendant ces deux jours nous avons eu l'occasion de visiter differents quartiers de la ville dont China town, d'aller flâner au parc aux oiseaux, et de se laisser impressionner par les petronas tower. Nous avons beaucoup apprécié le parc aux oiseaux (plus grand parc au monde avec une immense volière de plusieurs ha), surtout parce que c'est un bonheur de voir Arthur découvrir ce petit paradis avec beaucoup d'enthousiasme et observer avec attention les différentes espèces d'oiseaux et les singes faisant des acrobaties avec des lianes. Nous avons été un peu déçus par China town qui est en fait un espèce de marché géant de toutes les babioles chinoises en plastique bas de gamme malgré la présence de quelques temples.

La visite des tours Petronas nous a également beaucoup impressionné par leur grandeur mais aussi leur architecture. L'architecte César Pelli a pris du temps pour comprendre la culture malaise avant de dessiner les tours qui sont devenues le symbole de la Malaisie et de KL. Il a compris rapidement que ce qui impregnait cette culture était l'islam. Il a donc dessiné des tours qui évoque l'islam: le plan du rez-de-chaussée basé sur une étoile à 8 branches rappelle les arabesques et la division en cinq parties des tours représentant les 5 piliers de l'islam. Les tours font 452 m de haut et sont reliées par un pont à 170 mètres. c'étaient les plus hautes tours du monde jusqu'en 2004. Nous nous sommes promenés dans le grand parc qui se trouve aux pieds des tours et Arthur s'est baigné dans la piscine du parc et a pu jouer avec des Malais de son âge.

Nous avons découvert la délicieuse cuisine Malaise qui ressemble quelque peu à la cuisine thaïlandaise. Nous avons également mangé chinois puisque 43% de la population de Kuala est chinoise (contre 45% de Malais).

Pour finir nous avons visité un temple Bouddhiste et Taoiste (en meme temps!) a l'extérieur de la ville, le temple Thean Hou. Ce temple est apparement le plus extravagant de la Malaisie par son architecture. C'est d ailleurs à l'occasion de cette visite qu'Arthur nous a annoncé :"moi je crois en Bouddha!" 😂 La Malaisie est majoritairement musulmane, comptant un peu plus de 60% de musulman et 20% de bouddhiste.

Kuala Lumpur est une grande ville de 1,8 million d'habitants construite par les britanniques sur une jungle. Le developpement industriel de la ville dans les nouvelles technologies et la finance a conduit a une croissance extrêmement rapide de la ville depuis les années 80. C'est a ce moment que la ville a vu pousser des tours (dont les tours petronas de la société Petronas) constituant des quartiers d'affaires. Cependant l'urbanisation s'est faite tout en conservant beaucoup de végétation au coeur de la ville, ce qui la rend assez verte et agreable.

Bref un séjour très agréable à KL et de très bonne augure pour la suite du voyage.

6
6
Publié le 27 août 2018

Après 4 heures de bus un peu mouvementé et 70 km de routes de montagne très sinueuses, nous voilà arrivés sur le plateau montagneux appelé "Cameron Highlands" dans la petite ville de Brinchang, au nord de Kuala.

Si vous prévoyez un voyage en Malaisie nous vous conseillons l'AUTRE bourgade, Tanah Rata. Pour avoir épluché les blogs, Brinchang était notre second choix (mais plus de logement dans le 1er choix 😢 )et nous confirmons ce que nous avions lu : c'est une petite ville aujourd'hui dédiée aux touristes chinois. Bon, Arthur était heureux, lui, car il s'y donnait à coeur joie dans toutes les échoppes de merdouilles chinoises! Mais nous avons été un peu déçus à notre arrivée en pensant trouver une montagne préservée et en nous apercevant que le tourisme régnait ici en maître sur la nature.

La déception passe dès le lendemain avec une journée de visite organisée avec un guide local. Je suis à l'arrière de la jeep avec 6 autres touristos pendant que Ced et Arthur sont à l'avant et peuvent ainsi profiter des explications du guide!

Il nous conduit d'abord dans une ferme à papillon un peu attrape touriste mais on se dit qu'Arthur sera content. Effectivement Arthur se régale, et nous aussi, de la découverte non seulement des papillons mais de toutes sortes d'animaux représentatifs de l'éco système local.

La journée se poursuit avec une balade dans la mossy forest qui porte bien son nom car il y pleut quasi tous les jours, à 2000m d'altitude même quand il fait beau en bas au village. Nous vivons avec Arthur sa première expérience dans la jungle sous la bruine et dans le vent! 😅 Il est super à l'aise pour la marche et l'escalade entre les racines des arbres! Les gens que nous croisons l'appelle Mowgli et il joue à chercher Shere Khan.

Le lieu est surréaliste, de la mousse pendant des arbres, des troncs énormes, des racines folles, des lianes partout, de la brume venant caresser la cime des arbres...une ambiance magique!

Sur le retour notre guide nous arrête dans une plantation de thé. L'endroit est bondé car les plantations de thé sont l'attraction principale de cette région et que ce sont les vacances de l'Aid pour les habitants de Kuala qui viennent prendre le frais en montagne.

Les paysages de ces collines verdoyantes recouvertes de buissons de théiers sont incroyables. Ils sont atypiques pour nous car au lieu de créer des restanques comme chez nous dans le sud, les théiers sont ici plantés en pente, dessinant de belles courbes sur le relief.

Dans les plantations nous croisons d'autres visiteurs surtout asiatiques qui font d'Arthur une mascotte, ils le touchent, veulent des photos, veulent lui taper dans la main...il est au début un peu sceptique de ce succès inattendu mais finalement se prend au jeu et finit même par envoyer un baiser volant à une jeune Thaïlandaise qui le prend en photo 😂😍

Le lendemain nous poursuivons notre séjour par une randonnée dans la forêt sur un sentier balisé au dessus de la ville. Arthur fait encore preuve de ténacité, de courage et d'endurance.

Puis retour rapide a l'hôtel pour prendre notre paquetage avant d'aller prendre notre bus pour Georgetown, 7h de bus à venir...😣

Conclusion de cette étape, nous avons découvert une très belle région montagneuse et également fait de superbes rencontres avec des Malaisiens notamment une famille nous ayant pris en stop.

7
7
Publié le 1er septembre 2018

Nous voilà à George town pour 3j dans le Nord de la Malaisie, pas très loin de la Thaïlande. Nous pensions avoir réservé un hôtel charmant dans une bâtisse coloniale et finalement nous sommes dans l'arrière cour du musée du chocolat. Notre chambre donne sur le karaoké chinois en plein air où tous les soirs jusqu a 1h du mat se succèdent les starlettes en robe a paillettes et les ladyboy venus vivre leur instant de gloire. Ayant moi-même un penchant pour les karaokés (Mes comparses se reconnaîtront 😎 bises à Dany Brillant 😂 ) je suis indulgente mais là nous n'en pouvons plus du Beyoncé et Rihanna a la sauce chinoise! De plus nos fenêtres sont aveugles car obstruees par des panneaux publicitaires et la salle de bain est commune à tout l'hôtel 🤔 Nous apprenons donc a nos dépends qu'il ne faut pas faire confiance aux photos sur booking...

Heureusement la ville est tres agreable et nous passons toutes nos journées à nous promener dans les rues et à visiter des lieux de culte dont la concentration est très importante (mosquée temple hindouiste, temple bouddhiste et église parfois dans la même rue). C'est une ville coloniale britannique, créé par la Compagnie anglaise des indes orientales en 1786, ancien pôle commercial du détroit de Malacca. C'est une ville cosmopolite et multiculturelle imprégnée d'influences chinoise, indienne et britannique, entre autres. Les constructions coloniales britanniques se trouvent être plutôt les grands bâtiments officiels. Les maisons coloniales qui font l'architecture principale de la ville sont chinoises, construites par les nombreux négociants chinois installés sur l'île. L'immigration importante de Chinois depuis le 19e fait de George town une ville majoritairement chinoise. Nous y avons donc visité ces maisons coloniales, les Khoo Kongsi qui sont des édifices où se regroupaient les clans chinois et les Clan jetties qui sont là même chose mais sur pilotis ... un peu comme les Gros Buaux ou la Gueriniere pour ceux qui connaissent ahah, peut être que dans plusieurs siècles les gens viendront visiter nos paradis avec curiosité.

La ville est également réputée pour sa cuisine succulente et le street art. Concernant la cuisine, George town (appelé aussi Penang, du nom de l'île) est considérée comme la capitale culinaire pour sa cuisine de rue. Nous y avons effectivement découvert de bons plats notamment du porc grillé (Loh bak), des beignets de crevettes, des nouilles sautées en tout genre et le Laksa. Nous avons dégusté notre Laksa, non pas dans un stand de rue, mais dans un restaurant très cosy au sein d'une ancienne maison coloniale très bien restaurée qui est devenue notre repaire et notre havre de paix dans cette ville agitée. Le coin était idéal car nous profitions d'un peu de fraîcheur loves dans des grands poufs au sol pendant qu'Arthur se régalait de jeux pour enfants mis à disposition. Revenons-en au Laksa! Le Laksa est une soupe de nouilles et de poisson au lait de coco relevée à souhait et parfumée de coriandre et citronnelle....un délice! Bon visiblement plus pour mon palais que pour mon ventre mais c'est le métier qui rentre 😁

Le Laksa  


La ville a voulu encourager des artistes de rue à venir peindre et a lancé des concours plusieurs années de suite, Miroirs de Georgetown. De nombreux artistes dont le lituanien Ernest Zacharevic sont venus parsemer la ville de leurs peintures. Les oeuvres de celui-ci sont particulièrement originales car elles interagissent avec du mobilier urbain. Ce sont celles que nous avons préféré même si certains disent qu'elles ont mal vieilli, je trouve que la décrépitude de leur environnement leur donne du charme. Les asiatiques défilent pour s'inserer dans le tableau et se prendre en photo. Nous arpentons la ville a l'affût du moindre petit dessin.

Notre 3e jour à été dédié à la visite du Kek Lok Si, le plus grand temple bouddhiste de l'Asie du sud. Ce temple est notable par sa pagode de 30m et sa gigantesque statue de la déesse de la miséricorde et ses 10000 statuettes de Bouddha.

Cette ville a été une bonne trouvaille dans notre séjour. Nous avons apprécié le fait de déambuler dans la ville historique, classée au patrimoine mondial de l'Unesco et l'ambiance agréable des ruelles entre street art, groupe de musique et marchands ambulants. Et maintenant une nuit dans le bus direction les îles Perhentian 🏖

8
8

Après un long voyage en bus, une arrivée à 4h du matin sur un parking où nous devons attendre un autre bus qui nous amènera à l'embarcadère puis encore un bateau, nous arrivons enfin à 8h du matin aux îles Perhentian. Le bateau dépose les quelques touristes directement sur la plage de leur hôtel.

Ces deux îles voisines, à la végétation luxuriante, sont constituées de quelques plages chacune et sur chaque plage se trouvent quelques hôtels, pour la plupart des petites cabanes en bois. Il n'y a aucun moyen de locomotion sur les îles! A notre plus grand bonheur tout se fait à pied et même pieds nus sauf les quelques chemins dans la jungle qui permettent de rejoindre certaines plages. Nous rejoignons notre hôtel et découvrons que notre chambre est une de ces cabanes, nichée au milieu des arbres et surplombant la mer! 🌴 Ces îles sont magnifiques, l'eau y est limpide avec une visibilité exceptionnelle et les fonds marins sont riches en variétés de coraux et poissons tropicaux. Elles sont à totalement recouvertes de jungle et il y a relativement peu de touristes même si nous tombons le week end de l'independance day. Elles sont moins majestueuses que les îles de Thaïlande avec leurs formations karstiques à couper le souffle mais le fait qu'elles soient encore préservées du tourisme de masse en fait un petit paradis incontestable, sans compter que le sable blanc glisse entre les doigts de pied... A peine sa valise posée, Ced fonce faire sa première baignade et se retrouve nez a nez avec un petit requin à pointes noires...aucun risque Maman et Elisabeth, ils sont inoffensifs! Nous comprenons tout se suite que cette île a tout pour nous plaire, d'ailleurs nous y passons finalement 6j au lieu de 3.

Au programme de ces 6 jours : bateau ou rando pour aller de plage en plage, snorkeling au milieu de poissons multicolores, de tortues et de requins, quelques magnifiques plongées, châteaux de sable, sauts de la jetee, jeux de ballons et repos! Oui le farniente ne fait pas partie de nos activités habituellement mais l'un des buts de notre voyage est d'apprendre à prendre le temps et voici donc notre première expérience de glandouille! Et je dois dire que nous apprenons vite! (Même si j'ai quand même dû reprendre Cédric qui me dit un midi :" mais on a rien prévu cet après midi?") Nous avons adoré faire découvrir à Arthur la faune marine et terrestre. Il se débrouille maintenant bien avec ses lunettes de natation et commence à respirer avec le tuba, il nage même avec nous sur 150 m pour voir les tortues en pleine mer. Sur la terre aussi le spectacle est impressionnant entre les gros varans, les ballets de chauve souris à la tombée de la nuit, les écureuils volants (écureuils ayant une sorte de membrane leur permettant de planer et qui nous font le show a la tombée de la nuit) et les gros singes noirs à lèvres blanches. Nous réalisons tout de même pendant ces quelques jours que nous ne pouvons pas faire autant de chose que nous le souhaiterions et que nous ferions en vacances "normales", pour cause de budget. En temps normal nous aurions fait de la plongée tous les jours dans un endroit pareil mais il se trouve que nous devons tenir un an! C'est la première fois que nous ressentons une petite frustration depuis notre départ. Cédric se paie quand même 2j de plongée et je décide de me réserver pour l'Indonésie. Allez il faut quitter ce petit coin de paradis et continuer notre route, la prochaine étape sera un peu moins reposante!

9
9
Publié le 11 septembre 2018

Nouvelle étape en Malaisie dans le parc qui s'appelle le Taman negara, jungle de 4000 kilomètres carrés au nord de Kuala Lumpur. Cette jungle est considérée comme l'une des plus vieilles jungles au monde datant de 130 millions d'années.

Nous y logeons dans un hôtel très joli tenu par un ancien commandant de la Navy malaisienne reconverti. Il a visiblement gardé de son ancien job la rigueur qui lui permet d'avoir une pelouse parfaite digne d'un terrain de de foot. Nous sommes ravis de cet hôtel bien négocié par Ced où nous avons une très grande chambre avec vue et un petit dej qui fait du bien après 2 semaines de mauvais pain de mie ou même de riz 😥 on se régale de pancakes avec chocolat fondu maison, gâteaux, pain perdu... À tel point que nous avons payé le petit dej d'Arthur qui était censé être gratuit mais nous nous sommes sentis obligés étant donné qu'il a mangé comme 2 adultes.


Nous passons seulement 2j à Taman Negara mais c'est suffisant pour faire les quelques activités proposées dans le parc. Nous faisons de belles balades accompagnées d'un guide qui nous montre la flore locale, nous donne quelques conseils de médecine ancestrale et nous parle des populations indigènes vivant encore dans cette jungle. Les treks sont très agréables et nous aimons encore une fois passer du temps au milieu de cette végétation luxuriante et des bruits de la jungle notamment ceux d'un insecte mystérieux qu'ils appellent Cigale.

Nous faisons également la Canopy Walk, plus long parcours au monde de ponts suspendus dans les arbres à 40m de haut permettant de fréquenter la cime des arbres. Nous nous arrêtons pour tremper nos pieds dans la rivière mais sans grande conviction car l'eau est très trouble et la jungle est connue pour les sangsues qui se régalent du sang des toutistes. Effectivement une de ces charmantes petites bêtes s'est offert un festin sur ma cheville, sans que je m'en aperçoive. Je l'ai enlevé rapidement mais elle avait eu le temps de m'injecter de l'anti coagulant qui m'a fait saigner encore quelques temps après.

Le lendemain nous faisons un tour en bateau sur la rivière Tambing pour aller dans un village rencontrer des Orang Asli, peuple indigène plus ou moins nomade vivant encore dans cette jungle, déplacés parfois au gré des plantations de palmiers à huile. Malheureusement cet après midi dans le village s'est avéré être assez désagréable pour nous. Nous avons l'impression d'être comme dans un zoo à épier des gens dans leur intimité. Il y a plusieurs groupes de touristes qui arpentent le village et prennent des photos des gens dans leur quotidien sans leur demander quoi que ce soit ni leur adresser la parole. Nous restons donc discret dans un coin, sans sortir nos appareils photo et assistons juste à la démonstration de chasse à la sarbacane et aux explications du guide sur leur mode de vie, en particulier sur leur rapport à la mort. Heureusement qu'Arthur créé un peu de lien en allant jouer avec les enfants du village, mais notre présence nous paraît tellement intrusive que nous n'arrivons même pas entrer en contact avec les adultes.

Nous retournons en bateau à la petite ville où nous logions pour un repas sur un des restaurants flottants sur la rivière puis départ en bus pour Kuala Lumpur prendre un vol le lendemain matin pour Borneo...😀

10
10

Après un vol de 2h depuis KL nous voilà à Kuching, capitale de l'état du Sarawak a Borneo (partie Malaisienne). Borneo est la 4e plus grande île au monde. Cedric rêvait depuis longtemps de venir ici et j'avoue que j'avais une petite appréhension quant à la complexité du voyage avec Arthur. Il faut dire que j'avais une image de Borneo totalement erronée. Je m'attendais à arriver au milieu de papous en étui penien et finalement nous arrivons dans un aéroport ultra moderne où nous prenons un Uber pour rejoindre notre hôtel en passant devant un Mac Do et un starbucks 😝

Kuching est donc une ville moderne mais je suis rassurée plus tard en comprenant que l'état du Sarawak est en grande partie recouverte de jungle et de mangrove. Le Sarawak est à 30% peuplé d'Iban, tribu indigène que nous irons rencontrer plus tard.

Nous commençons à nous renseigner sur la multitude de possibilités qu'offre la région et nous sommes ravis d'avoir 13j pour en profiter. Ici il y a peu de touristes car généralement ils s'arrêtent a la Malaisie peninsulaire, plus accessible et moins chère.


1. Le Semmengoh wildlife Center pour voir les Orang Outans

Nous passons notre 1ere journée au centre de réhabilitation des Orang Outans où nous pouvons admirer ces animaux en liberté. Ce centre récupère des Orang Outans blessés ou en captivité illégale. Ils sont soignés puis remis en liberté. Le centre leur met à disposition de la nourriture 2 fois par jour et libre à eux de venir ou non, certains ne sont jamais revenus d'autres viennent quelques fois par mois quand ce n'est pas la saison des fruits et d'autres viennent tous les jours. Nous avons la chance d'en voir 6 dont 1 maman avec son bébé. Nous admirons le spectacle et la souplesse hallucinante de ces animaux qui se contorsionnent autour d'une corde ou d'une branche. Ces grands singes sont en voie de disparition à cause de la destruction de leur habitat naturel au profit des plantations de palmiers à huile comme expliqué dans mon précédent post.

2. Sarawak Cultural Village

Nous passons notre 2e journée dans un "musée vivant" présentant les cultures et les traditions des différents groupes ethniques de Borneo. Il s'agit en fait d'un bout de jungle dans laquelle sont présentés les habitats, la cuisine, l'artisanat, les danses et les instruments de musique de chaque ethnie. Nous nous promenons ainsi dans les différents maisons communautaires pour nous immerger l'espace d'un instant dans ces modes de vie "hors du temps".

Arthur est très impressionné par les chasseurs de la tribu des Iban, vêtus de bouts de tissu qui cachent leur intimité et de plumes sur la tête. Ils font des démonstrations de force et de tir à la sarbacane. Ils font des danses pendant lesquelles ils soulèvent avec leur mâchoire des objets en bois pesant jusqu'à 20kg. Ils nous expliquent après qu'il suffit d'avoir un peu d'entraînement et de faire preuve de spiritualité. On va s'entraîner!

La plupart de ces tribues indigènes vivent dans des maisons communautaires appelées Longhouses pour leur forme. Ce sont de longues maisons sur plusieurs étages et sur pilotis dans les arbres, les femmes dormants dans les étages supérieurs et les hommes dans les étages inférieurs pour protéger la maison.


3.Tour en bateau dans la wetland pour voir les dauphins, crocodiles et singes nasiques

A force de parler à tout le monde et d'essayer d'avoir des bons plans pour faire des visites hors des sentiers battus, nous finissons par avoir le numéro de Tom, un guide Malaisien Chinois qui nous organise un tour en bateau dans la wetland, zones humides composées de Mangroves. Il nous précise bien qu'il faudra de la chance pour voir des animaux et que rien n'est assuré...cest justement cela qui nous plaît! Bon nous sommes assez sereins car il se trouve que nous avons toujours une chance incroyable pour voir les animaux même quand la probabilité est faible!

Nous retrouvons Tom dans un hangar a bateau un peu pommé et c'est parti pour 3h30 d'observation.

Nous visons d'abord la pleine mer à la recherche de nos amis les dauphins. Et voila que nous apercevons un aileron dorsal. Il s'agit en fait d'une maman et son bébé que nous suivons quelques temps pour assister aux sorties furtives de leurs ailerons et leurs queues.Satisfaits nous nous rapprochons de la côte pour retourner dans la mangrove à la recherche des crocodiles 😨

Tom nous montre quelques traces dans la vase et nous parcourons une longue distance bredouille. Le bateau fait demi tour nous pensons qu'il abandonné mais en fait Tom avait aperçu un petit crocodile entre les racines! Nous nous approchons pour l'observer (aucun risque nous sommes sur le bateau), nous sommes à 3m quand il prend peur et se jette dans l'eau juste à côté du bateau! Tom nous rassure en expliquant qu'il n'avait aucune chance qu'il saute dans le bateau, Arthur rit jaune et Ced et moi sommes ravis.

On continue notre chemin le long de la côte pour espère voir une espèce de singe complètement insolite.

Je vous présente les nasiques.

Ici on les appelle les Hollandais a cause de leur gros nez et leur gros ventre mais nous préférons les comparer à Depardieu.

Nous les apercevons entre les feuilles. Il y en a tout un groupe en face de nous mais j'avoue ne pas avoir bien pu distinguer leur gros pif entre les feuilles, en plus Arthur commence un peu à s'agiter après 3h sur le bateau et je passe mon temps à l'occuper. Pas grave car le lendemain nous allons au Bako National Park spécifiquement pour côtoyer la star du cinéma francais.

Carton plein! Nous avons vu les 3 espèces d'animaux que nous espérions voir.

Retour à la jetée, il est 20h il commence à pleuvoir nous sommes à 45 min de Kuching et aucun moyen de transport pour rentrer. Heureusement le pilote du bateau propose gentilement de nous ramener à l'hôtel. Décidément tout se goupille bien! Nous restons en contact avec Tom que nous avons lancé sur l'organisation d'une visite de l'île aux tortues.

11
11


4. Bako National Park

Le lendemain direction le Bako National Park pour voir les fameux nasiques encore et de plus près si possible. En attendant le bateau pour y aller nous discutons avec une famille de Français vivant à Kuala Lumpur en expatriation, lui travaillant pour Nestle. Bonne aubaine ils ont 2 enfants, Pierre 5 ans et Olivia 7 ans et ça fait un moment que nous cherchons un copain français pour qu'Arthur puisse enfin jouer dans sa langue.

Les 2 garçons accrochent tout de suite et nous sympathisons rapidement avec Olivier et Stéphanie, les parents. Nous passons donc toute la journée ensemble à faire de belles ballades dans ce parc national au bord de l'eau et à observer cette fois de près ces singes complètement hallucinant! Fou rire garanti au pied des arbres en les regardant avec leur gros nez, gros ventre et petit....😶

Non la taille du nez ne présage de rien...😂

5. Nous rappelons Tom pour savoir s'il à réussi à avoir au téléphone le propriétaire de l'île aux tortues. Tom lui a bien parlé et nous a organisé 2j sur l'ile de Satang Island pour le lendemain. Cette île a été donnée en concession à une famille de Kuching qui s'occupe aujourd'hui d un programme de sauvegarde et réhabilitation des tortues. Leur principale préoccupation est de protéger l'ile, C est pourquoi ils n' accueillent pas de touristes via les agences. Pour pouvoir y venir il faut être "invité" par le propriétaire. Nous avons donc cette chance par l'intermédiaire de Tom!

Les tortues sont une espèce menacée car dans ce coin sur 1000 oeufs seulement 1 tortue arrive à l'âge adulte à cause du grand nombre de prédateur, dont l'homme pendant longtemps. Il y a donc plusieurs centres de réhabilitation comme celui ci en Malaisie où les oeufs pondus sur la plage sont protégés par un petit grillage puis une fois les bébés sortis de l'oeuf les equipes relâchent les bébés près de l'eau. on trouve tout de même un peu étrange d intervenir autant dans le processus mais n'y connaissant rien et ayant vu cela dans plusieurs centres nous faisons confiance à la démarche.

Nous espérons donc assister à la ponte des oeufs et à l'éclosion d'autres oeufs pondus environ 45j avant. Ces 2 opérations ont lieu la nuit, le ranger faisant des rondes et réveillant les gens qui sont sur place si jamais cela arrivait.

Nous arrivons sur l'ile le matin vers 10h. Nous sommes accueillis par Tipa, un petit bout de femme ne mesurant pas plus d'1m10 hyper souriante et chaleureuse. Je me sens un peu vaseuse à cause du trajet en bateau, je m'allonge donc dans la chambre sommaire que Tipa nous met à disposition et il se trouve que je dors 3h...Pendant ce temps Cédric et Arthur constatant qu'il y a des déchets sur la plage (visiblement brassés par la mer suite à l'orage de la veille) décident d'organiser une opération de nettoyage de l'île 😍. ils entraînent avec eux la petite famille de Malaisien qui est sur l'ile en même temps que nous et remplissent 9 sacs poubelles entiers. Et oui en Malaisie la gestion des déchets est un problème, surtout à cause du manque d'éducation sur ce sujet.

La belle équipe! 

Nous passons le reste de la journée à glandouiller sur la plage, à faire du cerf volant, se baigner et faire des châteaux de sable.

En fin d'après midi nous partons au bout de l'île voir le couché de soleil et en revenant notre hôte nous appelle en criant : 3 bébés tortues viennent de sortir de l'oeuf !

Nous sommes tous les 3 super excités et émus de voir ces petites créatures toutes frêles. Tipa propose à Arthur de les sortir et de les mettre dans un sceau pour aller les poser dans le sable près de la mer. Arthur prend son rôle très à coeur et nous assistons, émus, à leurs premières brasses fébriles.

Nous retournons à nos occupations quand 15 minutes plus tard de nouveaux cris de Tipa, 4 nouveaux bébés sont en train de sortir. Nous renouvelons donc l'opération avec satisfaction de vivre cette expérience, sachant que la plupart des nids avaient déjà vu leurs oeufs eclorent et que nous ne savions pas vraiment quelle était notre probabilité.

La soirée continue avec un délicieux repas confectionné par Tipa dont du poulet au gingembre 😋😀. Nous couchons Arthur et nous nous apprêtons à le rejoindre peu de temps après. Cédric va faire un tour sur la plage avant de se coucher et va voir la "nurserie" avec sa lampe frontale, il revient en hurlant comme un fou...65 bébés tortues viennent de voir le jour! 😃

Incroyable! Dans un nid il peut y avoir jusqu a 80 ou 100 oeufs et quand ils éclosent c'est tous en même temps. Voilà donc que nous devons remettre à l'eau les 65 en même temps. Nous amenons le sceau sur le sable près de l'eau et devons avec une lampe leur indiquer le chemin de l'eau, car elle suivent les lumières. Le problème est qu'une fois le sceau renversé, une partie des tortues suivent la lumière et les autres partent dans tous les sens formant une joyeuse pagaille entre nos pieds. Dans la nuit noire impossible de bouger sans risquer d'en écraser une, nous restons donc immobiles dans le noir pendant bien 20 minutes le temps que Tipa s'assure qu'elles soient toutes à l'eau.

Nous allons ensuite nous coucher, comblés d'avoir assisté aux premiers minutes de vie des baby tortues qui reviendront sûrement ici dans une trentaine d'années pondre à leur tour.

Le lendemain glandouille à la plage après une nuit difficile à cause du vacarme de la pluie sur le toit de notre cabane. Retour à la civilisation à Kuching pour 1 nuit avant de repartir le lendemain pour 3j dans une tribu indigène.

12
12

Voilà enfin le moment que nous attendions avec impatience, aller passer quelques jours dans une maison traditionnelle de la tribu des Iban, anciens coupeurs de têtes 🤔

Nous avons dû passer par une agence qui organise le trajet, dépêche un guide/interprète et organise le séjour de 3j.

Nous voilà donc partis avec Mr. Ben, notre guide et interprète, lui même Iban.

4h de route avec une escale dans un marché pour acheter les provisions des 3j et des cadeaux pour nos hôtes puis 1h de bateau sur un lac et une rivière sinueuse pour s'enfoncer encore un peu plus dans la jungle.

Dans la voiture nous mitraillons déjà notre guide de milliers de questions sur les Ibans, leur histoire, leurs coutumes, leurs croyances. Il nous explique entre autres que les Ibans étaient donc avant une ethnie guerrière connue pour la chasse aux têtes mais que cette pratique est interdite depuis le milieu du 19e siècle. Certains l'ont quand même pratiqué discrètement jusqu'a la 2e guerre mondiale mais la christianisation grandissante des Ibans l'a complètement stoppé. Aujourd'hui ils sont donc majoritairement chrétiens et les autres sont animistes. Dans notre longhouse visiblement c' est moitié-moitié, notre guide lui est animiste et il nous explique qu'il sent les esprits autour de nous, les bons comme les maléfiques et qu'ils cherchent à changer de corps physique la nuit...huuummm voila de quoi passer une bonne nuit! 😓

Nous arrivons enfin à un petit embarcadère en bois où à peine sortis du bateau quelques enfants qui pechaient nous approchent et nous accompagnent à la Longhouse. Ils sont contents de nous voir et surtout de voir un enfant, chose apparemment très rare chez les touristes!

Nous arrivons à la longhouse, fameuse maison traditionnelle sur pilotis dans laquelle vit une communauté. Ces longhouses sont composées d'une sorte de grand couloir qui est en fait l'espace commun et qui dessert les "appartements" de chaque famille. La nôtre comporte 24 "appartements" et doit être longue d'une centaine de mètres.

Un appartement nous est mis à disposition et nous y dormons avec Mr. Ben. L'appartement est en fait une immense pièce avec un matelas pour nous, un pour Ben, une grande table à manger, une cuisine, toilettes et douches rudimentaires isolés du reste par des bouts de tôle et se vidant directement sous la maison 😋

Pas d'intimité donc mais de toute façon c est ainsi dans la longhouse : les portes ne sont pas fermées et tout le monde entre et sort comme bon lui semble même au milieu de la nuit (y compris les animaux). Pour une bonne nuit ça sera plus tard!

Nous passons un bon moment à déambuler dans le couloir longeant les appartements pour se présenter et rencontrer les habitants. Notre interprete nous ayant un peu abandonné, nous essayons du mieux possible d'échanger avec chacun. Ils sont très souriants et accueillants et le chef de la maison nous demande de considérer que nous sommes chez nous. Arthur a bien compris le concept et c est tout de suite senti à l'aise ! on ne l'a pas vu de la soirée il allait chez les uns les autres jouer et manger tout ce qu'on lui proposait. Pendant ce temps nous étions avec quelques uns assis par terre dans la cuisine devant un feu de bois en train de prendre l'apéro composé de poissons de la rivière frits et d'alcool de riz! La tradition étant de servir aux visiteurs beaucoup d'alcool de riz (pouvant aller jusqu'à 40 degrés ) et de trinquer en criant 3 fois ooohhhhaaahhh et recommencer encore et encore...🤣

La soirée s est poursuivi par un délicieux dîner, des démonstrations de musique et danses traditionnelles et encore de l'alcool à volonté, surtout pour notre guide qui buvait des moitiés de bouteilles cul-secs apparemment pour oublier une déception amoureuse.

Reveil matinal apres une mauvaise nuit car les coqs ont commencé à chanter à 2h20 du matin, Arthur qui dort avec nous bouge beaucoup, et visiblement dès 5h30 du matin tout le monde s'active déjà dans la maison ! 😣 Maman j ai trouvé ton paradis!

Dans la partie commune certains reprisent les filets de pêche pendant que d'autres tressent des paniers en palme. La plupart des hommes sont déjà aux champs, parcelles de terre brûlée puis cultivée de riz, poivre ou..., l'après midi ils iront à la pêche sur la rivière.

Nous partons pour une journée en bateau, balade dans la forêt pour rejoindre une cascade, pêche à l épervier pour le repas de midi, pique-nique au bord de la rivière puis visite d'une longhouse voisine.

L'ambiance est super bonne avec notre guide, Gary le pilote du bateau, Coco un accompagnateur et Vincent-David 😂 un copain d'Arthur à qui nous avons proposé de venir. Le repas de midi se fait au bord de la rivière nous allumons un feu et préparons le riz et le poulet à cuire dans des bambous coupés à la machette par Gary qui manie la machette comme personne. C 'est la cuisson traditionnelle à l'étouffee dans du bambou et c'est très bon!

On rigole bien, on boit beaucoup d'alcool de riz (enfin surtout eux parce que nous on redoute le retour de bâton ) et les paysages sont très jolis! On en apprend encore beaucoup sur leur communauté.

Lors de la visite de l'autre longhouse nous réalisons qu'ils ont été envahi par la technologie. L'autre longhouse qui se trouve au bord d'un lac est beaucoup plus touristique que la notre et donc beaucoup plus riche, ils ont donc la télé dans la plupart des appartements, frigidaires et machine à laver🤔.

Retour à la longhouse le soir, nous sommes crevés! On sort le jeu de Mistigri d'Arthur pour faire jouer les enfants qui sont super contents. Nous dinons encore avec quelques habitants et allons dormir.

Le lendemain nous achetons quelques babioles en bois fabriquées par les femmes de la communauté dont une sarbacane et un bouclier pour Arthur. Nous assistons à un combat de coq et à une séance de tir à la sarbacane et nous devons déjà reprendre la route pour rentrer à Kuching.

Le séjour à été court mais très intense et pleins de belles rencontres.

Notamment le chef de la communauté, un jeune (fils de l'ancien chef) élu pour 4 ans qui parlait très bien anglais et a pu nous expliquer le fonctionnement de la communaute. Il avait constitué des équipes pour traiter les différents sujets de la communauté comme par exemple: le bien être des femmes (😍 à retenir!), l'économie, la maintenance de la maison...et le chaman qui s'occupe des sujets de santé!

La communauté dans laquelle nous sommes allés est encore préservée de la modernité et de la technologie. Il n'y a pas l'électricité, ils ont juste un groupe électrogène qui fonctionne quelques heures le soir sinon ils s'eclairent à la lampe à huile et ils cuisinent au feu de bois ou au réchaud à gaz. Pour l'instant, ils vivent encore selon les traditions mais les jeunes qui vont à l'école dans un village à une heure de bateau (et dorment là bas la semaine) commencent à aspirer à l'éducation et à la civilisation. Pour l'instant la moitié des jeunes générations reste pour cultiver la terre et l'autre va travailler à Kuching et rapporte de l'argent à la communauté.

13
13

Pour finir notre séjour en Malaisie, nous passons 3j à Borneo à la campagne chez l'habitant pour se reposer avant de partir en Indonésie. Nous nous retrouvons chez Roger et Ren, 2 retraités qui se font un plaisir d'accueillir de temps en temps des gens chez eux et de leur proposer des parties de pêches et des barbecue!

Quelques photos en vrac de Borneo et des 3 derniers jours...

Voila maintenant un peu plus d'un mois que nous sommes partis. Nous avons beaucoup aimé notre découverte de la Malaisie qui est un pays très varié permettant de vivre de belles aventures. La Malaisie est un pays très développé où il est très facile de voyager et les gens y sont très accueillants et agreables.

Nous avons trouvé notre rythme de voyage et pris nos habitudes. L'heure est venue de poursuivre notre périple direction l'Indonésie.

14

Après 3 vols différents dont un petit coucou à hélice, nous arrivons sur l'île de Florès en Indonésie. Cette île est une des îles de la Sonde à l'est de l'Indonésie, à l'est de Bali et Lombok, bien plus touristiques. Vous connaissez peut-être Florès à travers les dragons de Komodo. Florès est très près des toutes petites îles de Rinca et Komodo, habitées principalement par des dragons et quelques animaux sauvages, on y accède en bateau depuis Flores. Comme les milliers d'îles qui composent l'Indonésie, Florès est une île volcanique qui regorgent de joyaux. L'île est à 90% catholique, reste de l'installation au 16e siècle d'une mission de domicain sous colonie portugaise (ce qui n'empêche pas le muezzin de nous réveiller tous les matins à 5h 😓). Nous arrivons donc dans le tout petit aéroport de Labuan Bajo, tout à l'ouest de Florès. Labuan Bajo est le point de départ des bateaux pour le parc national de Komodo, maritime et terrestre. C'était un village de pêcheurs avant de se développer autour du tourisme. Cette ville n'est en fait qu'une ville dortoir pour touristes avant ou après leurs "croisières". Elle n'a aucun charme, c'est en fait une rue principale où l'on trouve les hôtels, restaurants, les centres de plongée et les agences de croisières et autour une sorte de chaos. Tout y est cher car ici le tourisme n'est pas encore très développé et reste exclusif. Le 1er jour nous pensions pouvoir nous poser un peu à la plage mais apprenons que les premières plages sont éloignées de la ville et qu'elles sont privatisées par des hôtels. On ne se démonte pas, on loue un scooter et nous voilà partis tous les 3 à la recherche d'une plage...(Oh les mauvais parents qui mettent leur fils de 3 ans sur un scooter! 😋) Nous découvrons des alentours de la ville très vallonnés et une jolie côte sauvage. Et puis avec un peu de négociation on arrive toujours à se faire ouvrir les barrières des hôtels 😎! Au retour nous assistons à un magnifique couché de soleil depuis le sommet d'une colline puis nous consacrons notre soirée à faire le tour des agences pour organiser notre croisière à Komodo et nos plongées.


Le lendemain nous partons donc pour 2 jours sur un beau bateau de bois à destination du parc de Komodo. J'avoue que j'appréhende un petit peu ce séjour avec Arthur, qui a été agité pendant nos deux jours de trajet en avion jusqu'à Florès. En plus il faut dire que nous avons choisi la version cheap avec couchage sur le pont 😅 ( dédicace à Alex oui là j'ai flippé!) Installation matinale sur le bateau, où nous partageons le pont avec 8 autres personnes, direction l'île de Rinca, celle où nous avons le plus de chance de voir les fameux dragons. Le dragon de Komodo est le plus gros lézard du monde pouvant atteindre 3m de long et peser 150 kg, rescapé de l'ère préhistorique. Il est carnivore, cannibale et très bon chasseur, il se nourrit de biches, de cerfs, de macaques, de buffles et même de ses propres bébés. Nous naviguons pendant 2h dans un paysage à couper le souffle au milieu d'une multitude de petites îles très découpées et sauvages. Nous accostons sur l'île avec tout notre groupe et nous nous voyons attribuer 2 Rangers , un qui ouvrira la marche et un qui la fermera, tous les deux équipés de fourche en bois pour pouvoir repousser le prédateur. L'un d'eux nous explique plus tard que l'année dernière encore un touriste imprudent a été mordu par un dragon et que malgré les soins qu'il a reçu en urgence à Bali il est décédé 2 jours après la morsure. En effet leur salive est mortelle due à la présence de bactérie injectées lors de la morsure. Nous sommes donc très prudents lors de notre promenade sur l'île. À chaque fois que nous en croisons un notre guide détermine un périmètre de sécurité et les rangers restent devant nous. Nous en croisons une dizaine lors de notre promenade d'environ une heure et demie sur l'île. Nous découvrons aussi de magnifiques paysages et d'autres animaux tels que des macaques, des biches et des cerfs voués à être mangé par les dragons... C'est la fin de la saison sèche et l'archipel est particulièrement aride, il n'y a presque aucune végétation à part quelques petits arbustes très secs. On dirait une végétation de savane mais sur une île vallonnée et bordée de plages de sable blanc. Nous ressentons une impression de bout du monde ou alors d'avoir été projeté dans le passé, un peu la même sensation que quand nous étions aux Galapagos. Retour au bateau et après le déjeuner direction l'île de Komodo. Les deux îles se ressemblent beaucoup et finalement Komodo étant beaucoup plus grande pour une population de dragon moins importante, nous en voyons moins mais le fait d'avoir à plus les chercher procure aussi plus d'excitation! Notre ranger nous entraîne notamment dans une course poursuite entre les broussailles pour voir un dragon. Nous rejoignons le bateau pour ensuite aller se baigner à Pink Beach sur une autre île. Nous arrivons sur une plage magnifique de sable rose dû au corail rouge/rose qui s'y trouve. Le contraste entre le rose du sable et le bleu cristallin de l'eau est magnifique, sans parler du superbe couché de soleil auquel nous assistons. Apres un superbe snorkelling, nous remontons sur le bateau et prenons la mer avec les derniers rayons rouges du soleil couchant, le capitaine met la musique a fond et nous dansons sur le pont en maillot de bain avec Arthur qui danse comme un fou et fait rire tout l'équipage! Nous vivons là un des meilleurs moments de notre voyage. Nous allons ensuite mouiller dans une petite crique pour y passer la nuit, courte puisque réveil à 5h du matin pour monter voir le levé du soleil depuis un sommet. Je passe une très mauvaise nuit pendant que tout le monde s'écrase sur le pont. Arthur dort comme un loir malgré les brassards que nous lui avons laissé pour la nuit, par crainte d'un réveil nocturne😅Je me réveille toutes les 15 minutes pour vérifier s'il va bien et je finis même par l'accrocher à Cédric avec un lacet de chaussure pour être sûre qu'il ne finisse pas à l'eau au milieu de la nuit 😂😂😂 Il est 5h du matin le réveil est difficile et nous devons partir à jeun pour 45 minutes d'ascension. Cedric porte Arthur et nous montons au pas de course car le bateau à traîné à nous déposer sur la plage. Nous sommes en haut en 25minutes finalement. Nous avons droit à un levé de soleil somptueux depuis un sommet qui nous offre une vue à 360 avec d'un côté la miriade d'île du parc de Komodo et de l'autre la découpe de l'île sur laquelle nous sommes formant une sorte d'étoile. Nous passons là 2h subjugués par la vue et les couleurs incroyables. Retour au bateau pour un bon petit déjeuné appréciable après une petite baignade matinale. Nous passons la 2e journée à naviguer entre les îles et à s'arrêter pour faire du snorkeling et admirer les fonds marins. La visibilité est très bonne et les coraux sont magnifiques, attirants une multitudes de poissons de toutes les couleurs. On se régale encore de cette journée et Arthur s'éclate à sauter du bateau et faire marrer l'équipage. Un des spots de snorkeling aurait dû être Manta Point. Nous commençons à nous mettre a la recherche de ses majestueuses bestioles depuis le bateau, surexcités, prêts à sauter, quand un bateau de la "police maritime" nous arrête pour nous contrôler. Visiblement ils décrètent que le bateau est illégal dans cette zone et veulent faire payer au touristes une grosse amende. Les soit disant flics prétextent la sauvegarde de l'environnement mais jettent en même temps leurs cigarettes a l'eau. Nous trouvons cela très louche et pensons que c'est au bateau de payer! Bref on refuse de participer à cette arnaque et d'alimenter un système de corruption très développé en Indonésie. Nous quittons donc la zone sans payer et sans avoir vu les raies manta. En fin de journée nous rentrons au port de Labuan Bajo. Nous sommes enchantés de nos 2j dans le parc de Komodo, des paysages, de l'expérience avec Arthur qui a été adorable sur le bateau, de l'ambiance et de cette parenthèse hors du temps.

15
15
Publié le 3 octobre 2018

Suite à nos deux jours sur le bateau nous passons une journée tranquille à Labuan Bajo avec baignade dans une grotte uniquement accessible en bateau après être passé dans un petit village de pêcheurs où apparement ils ne voient pas souvent de touristes. Nous nous reposons un peu avant de repartir pour une journée de plongée!

Le parc de Komodo est un des spots de plongée les plus réputés au monde. Les îles de Komodo forment un entonnoir entre l’Océan Indien et la mer de Chine. Cela crée de forts courants riches en nutriment attirant une vie sous marine exceptionnelle. L’eau est souvent très claire permettant une visibilité rare. Attention par contre il s'agit de plongées très techniques exigeants au moins l'open water avec extension deep dive. Les courants sont très dangereux et peuvent rapidement vous éloigner de votre palanquée à la moindre inattention. Il faut être capable d'une bonne gestion de sa flottabilite et de son air et d'une bonne condition physique pour palmer à contre courant. Je n'ai jamais été aussi essoufflée sous l'eau! Ces plongées font partie de notre top 3 des plongées les plus impressionnantes et belles. Nous avons trouvé un super club de plongées nous offrant la possibilité d'avoir un babysitter sur le bateau pour Arthur. Nous avons tout de suite accepté car nous voulions vraiment pouvoir plonger ensemble Cédric et moi. Arthur était donc avec nous sur le bateau et avec le babysitt quand nous étions sous l'eau. Il a pu lui aussi mettre palmes et masques et admirer les fonds. Il s'est régalé! Nous avons fait 3 sites : l'un sur un tombant de corail, l'autre à Manta Point (vengeance sur la police corrompue) et le dernier dans un coin à tortues. Je laisse les photos parler d'elles-même (la plupart piquées à un autre plongeur qui avait un bon appareil, la gopro étant sympa pour les films mais pas trop pour les macros).

16
16
Publié le 9 octobre 2018

Il est temps de prendre la route pour visiter Florès. Florès est une île longue de 700km traversée d'est en ouest par une seule route qui s'appelle la Transflores, mais appelée par tout le monde le plat de spaghetti. Cette route est terriblement sinueuse. En voici un aperçu 😣

Il y a peu de moyen de transport, les locaux utilisent les "Bemos", petit bus rigolos joliment décorés de toutes les couleurs avec la musique à fond. Sans Arthur nous aurions pris ces bus mais le problème est qu'ils sont bondés et qu'il est impossible de demander au chauffeur de s'arrêter si Arthur est malade.

Nous quittons donc Labuan Bajo avec une voiture "partagée" mais dans laquelle nous sommes finalement seuls, il faut dire qu'on ne croise pas beaucoup de touristes une fois sortis de Komodo.

Nous constatons vite que Labuan Bajo est la seule ville qui s'est un tout petit peu "développée" autour du tourisme, le reste de l'île est très rural et pauvre. Les gens logent dans des cabanes en bambou et vivent de leurs petites plantations de riz, café et cacao, de quelques vaches et poulets. Très peu de personnes parlent anglais et voyager à Flores relève de l'aventure. Nous adorons ce style de voyage où l'on vit différemment de chez nous, ce qui n'était pas vraiment le cas en Malaisie. Les quelques touristes croisés sont plutôt roots et initiés aux voyages.

Heureusement que nous sommes seuls dans la voiture car Arthur est malade pendant les 4h de route vers Ruteng, notre ville étape. Nous nous arrêtons toutes les demies heures en plus des étapes prévues initialement pour qu'Arthur se soulage.

Sur la route nous faisons un arrêt dans un joli canyon et nous nous baignons dans une cascade impressionnante formant 2 arches dans le canyon.

Nous nous arrêtons également au sommet d'une colline pour admirer les rizières en forme de toiles d' araignées, forme expliquée par la répartition des terres agricoles entre les familles. La vue surplombant les rizières est très belle et nous restons un long moment à regarder les couleurs changeantes au grès des rayons de soleil qui daignent transpercer les nuages.

Nous arrivons à Ruteng, la ville n'est pas très jolie mais les alentours verdoyants. La ville étant à un peu plus de 1000m d'altitude nous profitons d'un peu de fraicheur, qui fait du bien après les journées étouffantes. Le soir en revenant du restaurant nous sommes accostés par un groupe de lycéens, étudiants au lycée technique option tourisme, qui veulent absolument pratiquer leur anglais avec nous et nous emmener dans leur classe le lendemain! Ok rdv à 9h devant notre auberge.

Le lendemain 3 lycéens nous attendent bien devant la porte à 9h et nous voilà partis pour le lycée à pieds, 30 minutes de marche en passant par quelques endroits qu'ils veulent nous faire visiter dont l'église. Nous passons devant une école maternelle et Arthur veut s'arrêter alors nous appelons à la grille et quelqu'un vient nous ouvrir. C'est l'heure de la récréation ça tombe bien! Arthur veut qu'on reste "jusqu'au soir pour apprendre des choses".

Après ses 5 minutes habituelles de timidité, il se deride et joue comme un fou avec ses copains. Le corps enseignant est très accueillant et heureux de nous expliquer leur pédagogie. Tout le monde rit aux éclats de voir Arthur s'amuser au milieu de tout les petits indonésiens en uniforme.

Les petits commencent une partie de foot acharnée jusqu'à ce qu'Arthur s'étale de tout son long la tête la première dans la terre! Il pleure à chaude larme et veut rentrer à l'hôtel, comme il est plutôt fatigué ces derniers temps je lui epargne l'étape du lycée et je rentre avec lui. Cedric va donc tout seul au lycée où il devient une star l'espace d'une matinée. Il passe 3h a faire le tour des classes, à répondre à toutes les questions des étudiants et à faire des selfies avec des étudiantes en furie 😅

Ils veulent savoir d'où nous venons, pourquoi nous sommes là, ce qui nous intéresse à Florès...etc

L'expérience est sympa et les étudiants sont hyper motivés et intéressés!

Le reste de la journée malheureusement est gâchée par une pluie battante, nous ne verrons donc pas plus les alentours car nous reprenons une voiture le lendemain.

17
17
Publié le 11 octobre 2018

Nous partons pour 4h de route vers Bajawa, la route est pire que tout et le médicament donné à Arthur ne fait pas effet tout de suite, il souffre à chaque virage. Les arrêts sont donc très fréquents et nous finissons par atteindre laborieusement notre destination en début d'après midi.

Bajawa est une toute petite ville, plus mignonne que Ruteng, même si honnêtement ces nouvelles villes n' ont aucun charme. Mais la montagne est magnifique et Bajawa est au pied du volcan Inerie et en s'enfoncant un peu dans la montagne on peut visiter des villages traditionnels.

Nous louons un scooter et partons découvrir la montagne alentour. Nous nous perdons complètement dans des tout petits chemins entre les plantations de café. La végétation est superbe et variée entre bambous géants, mimosas, palmiers, bananiers, cafeiers, bougainvilliers, hibiscus...et diverses fleurs, on comprend pourquoi les portugais ont appelé cette île Florès.

En marchant entre les plantations nous faisons une belle rencontre, celle d'un couple de fermier qui finit sa journée de cueillette. La femme porte sur sa tête un panier rempli de fruits de la passion et l'homme porte sur le dos des espèces de racine dont on ne connaît pas le nom. Ils ne parlent pas anglais, comme la plupart des gens ici, mais on communique en langue des signes. Ils insistent pour partager avec nous leur récolte de fruits de la passion. Nous sommes gênés mais il parait qu'on ne refuse pas les cadeaux...et surtout quand ce sont des fruits de la passion 😋!

Un peu plus tard nous arrivons au sommet d'une petite colline de laquelle nous assistons à un beau coucher de soleil face au volcan Inerie. On déguste quelques fruits de la passion face à cette vue incroyable.

Le lendemain nous partons explorer les fameux villages traditionnels dans la montagne. Nous arrivons à Bena, le plus proche. La légende dit que le village de Bena a été créé il y a 1200 ans par 10 hommes et 8 femmes, c'est pourquoi il y avait initialement 18 maisons. Le village est construit selon un plan très codifié, rien n'est laissé au hasard. Il est composé d'une allée centrale bordée de part et d'autres de maisons qui se font face. Les maisons sont en bois, bambou et toits de chaume. Chaque clan possède devant la maison deux constructions permettant la réalisation de rites animistes, l'un ayant la forme d’un parasol et l'autre d’une mini maison. Celui qui ressemble à un parasol avec une figurine guerrière au sommet, le Ngadhu, symbolise le monde masculin, "féroce et virile". La maison miniature, le Bhaga, represente la sphère féminine. Dans cette petite hutte une ou deux personnes peuvent prendre place pour exercer des rituels.

Ces deux édifices obéissent à un même objectif, assurer le lien entre les ancêtres et le monde des vivants. On voit aussi dans l'allée centrale des autels servant aux sacrifices de buffles et porcs lors des cérémonies ou rites. Les maisons sont ornées de frises sculptées et peintes dans le bois. Des crânes et mâchoires sont exposés devant les maisons en l'honneur des ancêtres du clan.

Nous arrivons dans le village alors q'une cérémonie est en cours pour fêter la fin de construction d'une maison, ils sont en train de cuire le porc qu'ils ont sacrifié le matin même. Ils sont tous très souriants et charmants. Nous adorons ce moment passé avec ces gens qui semblent vivre dans une autre époque et semblent si heureux.

Nous continuons notre route, passons par un autre village et finissons la journée dans des sources d'eau chaude dans la montagne près du volcan. Il y a en fait 2 rivières, une froide et une chaude a 60°C, qui se rejoignent en un point, et c'est à cette intersection qu'on se baigne. La rivière formant une sorte de piscine naturelle dans laquelle se jettent les deux affluents, l'eau va du glacé au brûlant selon l'endroit où l'on se met dans la piscine l'eau. Arthur s'éclate à passer du chaud au froid et à éclabousser les indonésiens qui sont là en rond autour de nous. Il fait encore une fois l'attraction et tout le monde semble prendre du plaisir à le voir jouer. On nous offre des bananes frites et des noix de coco que l'on savoure en se baignant. Les habitants du coin utilisent eux cette source chaude pour prendre leur douche et faire leur lessive.

Nous passons un super moment de détente jusqu'au moment où en rangeant les affaires sur un rocher juste à côté de la rivière le téléphone glisse du rocher et tombe dans l'eau...celle à 60°C! Il dégringole entre les rochers, impossible de le voir dans le tumulte du courant, plusieurs hommes bravent la chaleur et plongent leurs bras en essayant de sentir le téléphone du bout des doigts. Au bout de quelques minutes nous commençons à admettre l'idée que le téléphone est perdu quand soudain l'un des hommes crie et me tend le téléphone! Nous rentrons à l'hôtel pour sécher l'appareil et le mettre dans un sachet de riz. Je peux vous dire a l'heure où j'écris que le téléphone marche encore! En fait nous nous sommes rendus compte en cherchant sur internet comment le démonter que ce modèle ne se démonte pas car il est water resistant!!! Ouf!!

Nous allons au lit tôt car Cédric se lève à 2h du matin pour gravir le volcan Inerie et être au sommet pour le lever du soleil.

A 2h du matin voilà donc Cédric avalant quelques bananes séchées pour prendre des forces en vue des 3h d'ascension. Il prend le scooter mais celui-ci ne démarre pas. A cette heure ci coup de chance un camion s'arrête, l'aide à démarrer et il part dans la nuit noire sur un chemin vaguement indiqué la veille pour trouver le point de départ du trek.

Je dois préciser que pendant tout ce temps je dors bien au chaud mais pas vraiment sur mes deux oreilles car évidement Cédric n'a pas voulu suivre les recommandations de prendre un guide.

De son côté Cédric arrive à un endroit qui pourrait ressembler au point de départ et là deuxième coup de chance deux personnes arrivent, un guide local et un touriste anglais. Les trois lascars entament donc leur ascension de 3h à pic tout droit sur le volcan avec quelques passages périlleux sur l'arrête du cratère. Ils sont au sommet vers 5h30 pour admirer la luminosité naissante. Ils passent 2h à admirer, méditer, rigoler et entament ensuite leur descente. Le guide les fait passer sur un versant du volcan fait de sable et poussière et ils descendent en courant et glissant cimme des gamins .

Après un bon petit dej avec ses compagnons, Cédric me rejoint, enfin me voilà rassurée.

Je lui laisse prendre une douche et nous repartons pour un autre volcan..ca va une balade de 2h seulement! 😅

Nous allons voir un petit volcan dont le fond forme un lac en saison des pluies, mais pas de bol nous sommes en saison sèche! Bon la balade est quand même très jolie et nous fait passer sur la crête d'un ancien volcan endormi.

Je suis impressionnée par la force physique et mentale de Cédric qui porte Arthur qui s'est endormi dans ses bras.

Nous revenons chercher le scooter et croisons les gens qui habitent juste à côté. Ils nous invitent chez eux pour prendre un café. Nous entrons dans une maison traditionnelle en bois et palme, sol en terre, très sombre, sans ouverture à part la porte et enfumée par le feu qui trône au milieu de la pièce à vivre. Nous sommes accueillis à bras ouverts par un couple et deux femmes qui nous offrent café, maïs grillés et bananes. Nous passons un moment très agréable avec eux, à échanger quelques mots et surtout des sourires. Encore un exemple de la générosité et de la gentillesse dont font preuve les indonésiens. En partant nous en profitons pour en tirer une leçon à Arthur.

18
18
Publié le 14 octobre 2018

Arrivée à Riung où on nous a conseillé des huttes chez l'habitant sur la plage dans un coin reculé et idyllique, situé à 18km de la ville. De là nous pourrons faire une journée en bateau dans les 17 îles qui lui font face. Nous arrivons chez Philippe qui a créé un petit paradis appelé Eco Eden. Philippe a une forte sensibilité environnementale et à pensé ce lieu pour avoir le moins d'impact possible. Il vit pieds nus et nous explique que chez lui nous devons nous relaxer! C'est effectivement le lieu idéal pour cela. Le problème est que malheureusement je suis extrêmement stressée par le tsunami qui a eu lieu la veille aux Célèbes et par les 2 tremblements de terre à moins de 200km de nous en 2j. J'ai du mal à me détendre et à profiter pleinement de la beauté des lieux. Ma première nuit chez Philippe est catastrophique je passe la nuit à écouter les vagues pour surveiller le tsunami 😣 Nous décidons donc d'ecourter notre séjour et de remonter en altitude rapidement. Nous faisons quand même la journée en bateau pour aller d'île en île. Il y a 17 petites îles, toutes sauvages, bordées de plages de sable blanc et d'eaux cristallines. Vers 12h nous croisons en mer un pêcheur qui a fait une pêche miraculeuse, un thon d'une quinzaine de kilos. Philippe l'achète et nous le fait griller sur la plage. C'est un festin! Dans l'après midi nous passons en bateau près d'une zone de mangrove où logent des milliers de chauves souris géantes. Elles font environ 1m d'envergure. Nous arrivons à l'heure où elles prennent leur envol pour aller se nourrir. L'envol est impressionnant. La journée se finit par un coucher de soleil et encore un barbecue de poisson chez Philippe. Le jour d'après nous partons pour remonter en altitude et ainsi se mettre à l'abri du risque de tsunamis.

5h de route après nous sommes à Moni, petit village d'altitude point de départ pour les excursions au Volcan Kelimutu. Le lendemain nous montons au volcan en scooter sur une route aujourd'hui très chaotique mais complètement en rénovation. Nous voyons que l'île commence à investir dans les infrastructures lui permettant d'accueillir des touristes. En effet l'île veut devenir la prochaine destination touristique et espère concurrencer Bali. Nous apprenons que Bali, Lombok et Florès sont en concurrence, à tel point que Lombok aurait envoyé dans le parc national de Komodo un bateau contenant plusieurs centaines de chiens enragés afin de faire fuire les touristes. Arrivés au bout de la route nous faisons la balade autour des 3 cratères formant des lacs. Un lac plutôt noir et deux lacs acides bleus turquoises. Les deux lacs acides changent de couleur en fonction de leur composition chimique. Il paraît que parfois l'un est même carrément rouge. Le spectacle est époustouflant. Nous sommes complètement seuls, nous passons un très long moment à contempler. En descendant nous nous arrêtons au milieu des rizières dans une source d'eau chaude pour se baigner en même temps qu'une famille qui vient faire sa lessive 😅

En rentrant à l'hôtel nous réussissons enfin à avoir une petite connexion Internet et à nous mettre d'accord sur l'achat de billets pour quitter l'Indonésie. Nous raccourcissons donc notre séjour de 15j à cause des risques de tremblement et tsunamis. Il y en a tous les jours en Indonésie et le village juste en dessous de Moni sur la plage a été évacué le matin même car la marée basse était tellement loin que tout le monde a cru au recul de la mer avant un tsunami. Tout le monde parle du tsunami et tous les habitants ont une histoire flippante à raconter. Je ne souhaite pas passer encore 15j avec la boule au ventre. Cédric lui serait bien resté plus longtemps et a du mal à accepter de ne pas profiter encore de cette île incroyable mais il accepte mon choix pour ma tranquillité. Nous aurons donc un vol 2j après pour la Birmanie avec une escale à Bali. Nous devons donc nous diriger vers Maumere pour prendre notre vol.

Pour notre avant dernier trajet nous prenons enfin le fameu Bemo. Super experience pour Arthur de voyager avec une poule et un cochon 😂 Sur la route nous nous arrêtons un jour et une nuit à Koka Beach, très belle plage de sable blanc. Nous dormons chez Ricky Cowboy (contact donné par Philippe notre hôte à Riung) à 3km de la plage sur les hauteurs. Ricky est un ancien espion de l'armée indonésienne reconverti en fermier qui a construit 2 huttes chez lui au milieu de plants de cacao. Il dit qu'il était en danger au sein de l'armée, bon comme il dit aussi qu'il a vu 7 fois des aliens on ne sait pas trop 😂👽 Quoi qu'il en soit il est très gentil, nous accueille à bras ouvert, nous fait visiter sa ferme, fabrique pour Arthur un cheval et un fusil en bananier, nois confectionne des colliers en coquillage et nous prépare des petits gâteaux à la noix de coco. Il vit seul dans une cabane de 2m2, cuisine et salle de bain en plein air. Chez lui quasi tout est naturel, poubelle tressée en palme, pot de fleur en noix de coco... Le séjour est très agréable, nous passons une super soirée à manger de la noix de coco du jardin et bananes grillées au feu de bois. Arthur et lui forment un super groupe de cow boy et jouent ukulélé et armonica au coin du feu. Le lendemain nous allons à Maumere prendre notre vol pour Bali, où nous passons 24h avant de quitter l'Indonésie. La petite escale à Bali fait du bien à tout le monde. Arthur est hilare dans les vagues sur son body board et Ced et moi surfons quelques vagues. On en profite pour manger un petit burger au passage! Et oui on ne se refait pas! Il faut dire que Florès a beaucoup de qualités mais pas la bonne bouffe malheureusement. Nous sautons donc sur le premier plat qui nous change du riz ou des nouilles.

19
19
Publié le 16 octobre 2018

Nous arrivons donc au Myanmar avec 12j d'avance par rapport à notre programme. Mes parents viennent nous rejoindre à partir du 21 octobre pour 15j. Nous avons donc 12j pour faire un petit tour avant de les retrouver à Rangoun 😀. Nous décidons de nous octroyer un petit repos à Rangoun puis de partir vers le Sud Est près de la frontière avec la Thaïlande . Nous prenons un hôtel dans un quartier tranquille de Rangoun, loin de tout mais avec une piscine! L'objectif étant de se REPOSER! Les 3 semaines à Florès ont été crevantes car Arthur se lève à 6h tous les matins 😣( et oui on est revenu malheureusement sur un rythme un peu trop matinal), car les conditions de voyage à Flores étaient très sommaires et qu'avec mon stress j'ai mal dormi. Nous avons tous besoin d'un peu de confort et de calme. Nous passons donc 2j et demi à la piscine à glander 😊 Dès la première matinée dans la piscine Arthur veut aller sans ses brassards au petit bassin et là..surprise! Il sait nager!!!! Je ne vous cache pas la fierté des parents 😍 Petit clin d'oeil à tata Kronembourg qui sait à quel point je suis fan de mon fils 😉 les journées à la piscine seront donc un plaisir pour Arthur qui découvre les joies du crawl, brasse coulée, sauts...il veut rapidement aller dans le grand bassin et descendre même toucher le fond avec ses mains. Un vrai poisson! A nous les nuits sur des bateaux et sans lacet 😂 Nous occupons nos journées à batifoler dans l'eau, à lire et à regarder un groupe de birmans de la jeunesse dorée venir picoler au bord de la piscine. Ils enchaînent pendant 2j les bouteilles de wisky à une vitesse hallucinante, les garçons forcent les filles à boire en leur versant le whisky directement au fond de la gorge. Ils répondent à peine à nos bonjours et sifflent le personnel comme on appelle des chiens. Premier contact avec les birmans pas très concluant! 🤔

😍😍😍

Nous profitons de ce temps pour lire sur le Myanmar, l'histoire, le Bouddhisme, le radicalisme religieux, la crise des Rohingya, la position du gouvernement, l'influence militaire toujours très forte... Cedric essaie d'ailleurs d'aborder la question des Rohingya dans la piscine avec un birman qui lui laisse entendre qu il est delicat d exprimer ouvertement une position différente de celle du gouvernement et que les birmans, dans leur majorite, sont d'accord avec la position du gouvernement qui ne les reconnaît pas comme Birmans. Il précise que c'est un peu comme en Europe avec la question des immigrés clandestins. La différence c'est que les Rohingya sont là depuis des décennies, le gouvernement dit que leur arrivée remonte à la décision de l'empire britannique d'installer des Bengalis dans le nord du pays à la fin du 19e mais d'autres sources disent qu'ils sont autochtones de cette région. Quoi qu'il en soit cette minorité est exterminée pour sa religion. La situation est catastrophique, les membres de l’ethnie sont privés de nationalité et victimes de violences et de restrictions de leurs libertés. Ils seraient plus de 700 000 a s'être réfugiés au Bengladesh pour fuir les persécutions, ce qui en fait une des communautés les plus persécutées au monde (ONU). En février, l’ONU qualifiait une répression « généralisée et systématique » ayant abouti à un « nettoyage ethnique » et a fait état de meurtres de masse, de viols et « probablement » de crimes contre l’humanité dans une « politique de terreur calculée » contre cette minorité. La dame de Rangoun, Aung San Suu Kyi , prix Nobel de la paix en 1991 pour son combat pour la démocratie, à une position aujourd'hui très décevante à ce sujet. Elle a été longtemps muette malgré les appels de la communauté internationale et aujourd'hui elle fait des déclarations très controversées. Apparement le jeu de pouvoir entre la junte birmane, les bouddhistes radicaux, le gouvernement et quelques riches civils influants est très complexe. Le champ d’action d'Aung San Qui Kyi est en fait limité par la Constitution, qui donne à l’armée le contrôle de trois ministères clés en matière de sécurité : les ministères de la Défense, des Frontières et des Affaires intérieures. Sergio Pinheiro, l'ancien rapporteur spécial du Conseil des droits de l'Homme pour la Birmanie dit très clairement : « Si vous croyez aux lutins, aux elfes et aux trolls, alors vous pouvez croire qu'il y a un processus de démocratisation en cours en Birmanie. » En fait depuis que La Ligue Nationale pour la démocratie (parti d' Aung San Suu Kyi) a remporté les élections en 2015, les droits humains ne sont pas améliorés. Le Bouddhisme radical a pris de l'essor avec a sa tête le moine Ashin Wirathu qui prêche ouvertement la haine envers les musulmans : "Comme les poissons-chats en Afrique, ils se reproduisent très vite et se mangent entre eux." Le bouddhisme ? "Une armée dont naissent des combattants. Il doit agir comme un rempart contre l'islam." a t il répondu à une journaliste de Géo. Aujourd hui 1/5e de la population adhère à ce discours haineux. (Très bon article et reportages d'ailleurs https://www.google.com/amp/s/www.geo.fr/voyage/birmanie-quand-le-bouddhisme-preche-la-haine-ashin-wirathu-venerable-w-barbet-schroeder-birmanie-rohingya-175024%3famp ). Les conflits armés s'amplifient dans certaines régions du pays. Le gouvernement a durci les conditions d'accès aux aides humanitaires et la liberté d'expression reste encore largement entravée.

L'espoir que l'élection de 2015 avait fait naître est finalement aujourd'hui presque anéanti. De nombreux touristes boycottent la visite du Myanmar, refusant ainsi de financer le gouvernement. Pour notre part nous essaierons autant que possible d'être des touristes responsables en allant dans des auberges et petits hôtels (non gouvernementaux), en diversifiant nos prestataires, en passant directement par des prestataires indépendants et non pas des agences...mais malheureusement nous ne pourrons pas éviter de donner de l'argent au gouvernement. Bon, il faut relativiser en se disant qu'aujourd'hui on irait nulle part si on boycottait tous les pays dont on est pas d'accord avec le gouvernement. 🤨

20
20
Publié le 21 octobre 2018

Notre première étape au Myanmar est Kinpun, à 3h à l'est de Rangoun pour visiter le Rocher d'or, haut lieu de pèlerinage des bouddhistes birmans. C est un rocher de 6m de haut qui tient en équilibre posé sur un autre rocher à 1200m d altitude. La légende dit que c'est un cheveu de Bouddha qui le fait tenir. Il est recouvert de feuilles d'or et d' un stupa. Les stupa sont des éléments architecturaux representant Bouddha ou commémorant sa mort. Pour monter au rocher d'or nous prenons comme tout le monde un camion aménagé en bus dans lequel nous sommes entassés comme des sardines et qui roulent à toute allure sur la route de montagne pendant 45 minutes. On se croirait dans les montagnes russes et tout le monde crie à chaque virage. Rien que ça ca vaut le coup! Les pèlerins affluent près du Rocher pour venir prier et coller quelques feuilles d'or. Enfin uniquement des hommes puisque les femmes n'ont pas le droit d'approcher le rocher de très près. Je dois donc rester derrière des barrières un peu plus loin et regarder Arthur et Cédric coller leurs feuilles. Je suis surprise de découvrir qu'outre les valeurs d'amour, de tolérance...etc le Bouddhisme comporte également certaines règles qui restreignent les libertés des femmes dans la pratique religieuse et dans leur vie quotidienne. Le Bouddhisme Theravada (pratiqué entre autre en Birmanie) accorde aux hommes une supériorité expliquée par une qualité dont les femmes seraient privées, le "phon" traduit par "gloire" : qui se définit comme leur droiture, leur honnêteté et leur capacité à contrôler leurs désirs 🤔😂 Les femmes, "considérées comme des êtres vils car ancrées dans la chair", doivent protéger le phon de leurs maris, de leurs fils ou de leurs pères. Pour cela les restrictions sont multiples : une femme ne doit jamais laver ses sous-vêtements en la présence d un homme, une épouse doit veiller à ne jamais se placer physiquement au-dessus de son mari ou l’humilier publiquement, les femmes doivent être modestes et respecter l’autorité et le pouvoir des hommes. 🙄 Les femmes sont également placées sous les hommes dans la hiérarchie de la réincarnation. Pour atteindre le nirvana les hommes doivent devenir moines alors que pour atteindre le nirvana les femmes devront d'abord passer par la case "homme". Bref je suis restée derrière la barrière avec les autres êtres vils puis nous avons fait une jolie balade au sommet de la colline pour profitrr de la vue aux alentours. Retour à l'hotel en camion avec Arthur pendant que Ced se fait les 3h de retour à pieds pour voir la campagne Birmane.


Le jour suivant nous prenons un bus pour Hpa An, petite ville au bord du fleuve Salouen qui se jette plus au sud en mer d'Andaman. Hpa An se trouve au milieu des rizières et des formations karstiques. Nous passons ici deux jours à arpenter la campagne pour découvrir les temples logés dans des grottes ou sur des pitons rocheux. Nous faisons pres de 200km en 2 jours avec des passages assez mémorables sur des chemins en terre rouge ocre ou sur des ponts étroits. Les temples sont tous plus kitchs les uns que les autres mais dans des cadres enchanteurs. L'un des temples datant du 7e siècle après JC se démarque des autres par la présence de mini statuettes de Bouddha par milliers sculptées directement dans la roche et formant des dessins. Il y a souvent des piscines naturelles ou se baigner proches des grottes et tant mieux car la chaleur est accablante. L'un des temples est même bordé d'une source d'au chaude aménagé en piscine, enfin seulement pour les hommes! Alors que je m'apprêtais à rentrer un homme me montre un vulgaire bassin boueux en retrait et me fait comprendre que pour les femmes c est là-bas...😤 hors de question que je me baigne près des poubelles! J ai les boules de voir Arthur et Cédric s'éclater dans l eau chaude! 😞 Nous finissons notre journée (comme la veille d'ailleurs ) au night market où des dizaines de marchands ambulants proposent des mets délicieux préparés sous nos yeux. On se régale!

Les paysages autour de Hpa An sont vraiment magiques et l'ambiance si apaisante. Nous nous perdons volontairement dans les rizières pour aller à la rencontre des pêcheurs et des planteurs de riz. Nous entrons dans une exploitation d'Hevea pour voir la récolte et la fabrication du caoutchouc. Nous tombons aussi sur une petite fabrique de tissage dont les gérants sont heureux d'offrir à Arthur un sac tissé. Nous finissons en beauté notre 2e journée à Hpa An par l'ascension du mont Zwegabin au sommet duquel se trouve un monastère. On nous dit qu'il faut 2 ou 3h pour monter, considérant que nous avons Arthur nous tablons plutôt sur 3h. Souhaitant y être avant le couché de soleil nous partons à 14h. Il fait pas loin de 40 degrés à l'ombre mais nous entamons les 700m de dénivelé dans la bonne humeur. Nous mettons finalement 1h50 pour arriver au sommet. Cedric a porté Arthur sur ses épaules tout le long. La haut la vue est à couper le souffle sur le fleuve, la plaine, les lacs, les rizières et les formations karstiques. Nous faisons le tour du monastère, discutons avec quelques jeunes moines qui nous préparent un délicieux dîner avec des aubergines confites, puis nous assistons au superbe couché de soleil. La descente de nuit à la frontale dans la forêt et les marches très abruptes avec Arthur sur les épaules est un peu périlleuse mais nous sommes tres heureux de notre expérience. Arthur a encore été adorable aujourd'hui. Après une période à la fin de Florès un peu difficile avec lui, sûrement parce qu'il sentait mon angoisse, il est redevenu charmant, obéissant, attentionné et tendre... un vrai plaisir!


21