Carnet de voyage

Les fabuleuses aventures de deux pampa boys

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Dernière étape postée il y a 8 heures
Notre devise : à chaque jour suffit sa paillette
Février 2017
52 semaines
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2
sept

Après notre retour à la terre ferme, nous passons une courte nuit à Lagunas, ce petit village posé au dessus du grand fleuve. Courte car le bateau « rapide » doit arriver vers 5h30 du matin pour filer ensuite jusqu’à Iquitos. Avec deux heures de retard nous embarquons sur un bateau surchargé, où nous trouvons à peine deux places bien serrées. Nous arriverons à être un peu mieux assis plus tard, à la faveur d’un petit déchargement. Mais au bout des 10h de bateau, notre lassitude est particulièrement grande, et nous avons hâte, la faim au ventre, d’arriver.

Oui mais voilà en fait le bateau ne va pas jusqu’à Iquitos, il s’arrête un peu avant, à 4h de lancha de là, parce qu’une route a été construite et qu’on peut alors rejoindre la grande ville en une heure et demi. Rien de bien fameux à signaler, sauf peut-être au loin, un très beau ciel zébré d’éclair, particulièrement bien dessiné.

La ville d’Iquitos est avec Manaus, une des plus grandes villes amazonienne. Ici peu de voiture, elles n’aurait pas vraiment d’endroit où aller. Mais une multitude de moto ratones, ces tuk tuk qui vous prennent et vous déposent où vous souhaitez. Des deux jours sur place, plutôt dédiée au repos, une mention spéciale revient au marché de Bélem. Installé à même les rues d’un quartier plutôt pauvre, on trouve ici tout ce que la zone offre en terme de fruits les plus exotiques, mais surtout de poissons issus du fleuve. Et pas que des poissons, pourtant déjà si impressionnants. Ici on mange de la tortue et de l’alligator.

on vous épargne la vue des tortues déjà découpée, c’est assez insoutenable 

On comprend aussi pourquoi il devient urgent de protéger les œufs de tortues, ici c’est une petite douceur. On trouve de par les rues, des dizaines de vendeurs d’œufs, déjà cuit, à gober sur place avec une petite sauce plus ou moins pimentée. Ca crie, ça mange, ça démarche dans tous les sens. Les joyeuses ambiances du marché.

une rue a pour spécialité la vente de feuille de bananier, très utilisé comme emballage alimentaire 

Il faut signaler également la petite promenade duquel on aperçoit au loin le fleuve Maranon qui ici vient se jeter dans l’amazone. Les belles maisons de la ville ont été construites ici, avec comme spécificité ces façades en azuleros, plutôt jolie.

En contrebas, une grande plaine verdoyante qui à la saison des pluies doit être totalement inondée. En témoin de cette variation des pluies, un ancien cargo, vient s’accrocher à la colline, échoué là, formant un paysage très fitzcaraldien.


Mais voilà qu’il est déjà temps de repartir, et de clore cet intermède amazonien qui ne nous aura pas déçu. Un avion pour cuzco doit nous permettre d’arriver à temps pour accueillir Emeline et Erwan qui viennent nous rendre visite pour un mois. L’arrivée de l’avion sur Cuzco un peu chahuté par le vent, nous laisse peu de doute sur notre destination et notre altitude. Les vertes étendues planes ont laissé la place à des paysage montagneux, particulièrement arides, aux teintes jaunes et marrons. Nous avons retrouvés les 3500 mètres d’altitude, le cœur des Andes et sa fraîcheur nocturne.

depuis la terrasse de notre petit hotel très simple, une très belle vue sur la ville

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29
août
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août
reserva nacional picaya samiria

A hauteur de pirogue (4)

Publié le 20 octobre 2017

Un peu éreinté après cette dernière nuit, réveillé par l’orage puis par le coq, c’est la tête pas tout à fait sortie des brumes que nous partons à trois pour une première promenade en forêt. Fini la position de pacha, négligemment allongés sur sa pirogue, à observer des abords sans prendre le risque de poser le pied. Il faudra faire preuve de dextérité. Car dés notre arrivée sur la berge, nous devons traverser un petit ruisseau, en passant sur un tronc suspendu à 4 mètres du sol. Petit moment de bravoure dans cet environnement hostile, où personne, mais alors vraiment personne n’a envie de se casser une jambe. La simple idée d’un retour en pirogue de 2 jours, à souffrir le martyr, vous fait vous sentir aussi agile qu’un trapéziste.

Une fois cette épreuve initiatique passée, la promenade sur un chemin humide et boueux, couvert d’une épaisse couche de végétaux en décomposition, s’avère assez laborieuse. La vue est nettement moins dégagée, encombrée par l’embrouillamini de lianes et de troncs cherchant à se faire une petite place au soleil.

Tout en haut sur la canopée, les singes s’amusent. C’est de là que nous pouvons voir d’assez près les singes les plus imposants de la région. Ils sont plusieurs à nous observer d’en haut, puis par le truchement de quelques lianes à s’éloigner.

La encore les capacités de Mario à nous guider dans ce dédale végétal est tout à fait saisissant. On comprend néanmoins que pour bien sécuriser le trajet de retour, il pratique très régulièrement de petites entailles dans les arbres alentours. Autant de petits cailloux pour un petit poucet à machette ! Nous croisons sur notre chemin une termitière, que Mario s’amuse à légèrement abimer. Il est assez frappant de constater 10 min après, au retour que les petits trous réalisés sont déjà refermés.

Bien sûr nous restons proprement coi devant le gigantisme de certains des grands arbres que l’on observait depuis la pirogue. Incapable de s’accrocher en profondeur dans une terre imbibée d’eau et donc mouvant, l’arbre déploie alors ses racines en surface comme autant de contrepoids, lorsque le vent souffle. Ces méandres de racines, aussi larges que des troncs, sur des dizaines de mètres forment un lacis mystérieux, mais dont on comprend, au nombre d’arbres à terre qu’il ne suffit pas à garantir une longévité centennale.

Un peu plus loin, Mario découpe un gros fruit, assez dur, entièrement percé de petites alvéoles. A l’intérieur une graisse végétale proche de la noix de coco, constitue la nourriture privilégiée de grosses larves blanches qui s’y développent à l’abri des prédateurs. Hop en bouche, notre première larve, étrange sensation, que ce corps mou qui éclate en bouche, et qui laisse un petit gout coco ! miam miam

Au retour, face au courant, Mario a besoin d’un peu d’aide. Simon remplace donc Magali, restée au campement pour préparer le petit...

Nous tenterons une promenade en forêt, mais de nuit, sans photo cette fois. Beaucoup de grosses araignées ayant étendues leurs toiles, souvent au milieu du chemin. Peu de bêtes, pas de serpent, rien, le calme plat, jusqu’à ce que nous arrivions à un petit marais, au clair de lune. Des dizaines de petits yeux nous entourent, alors que nous tenons dans un fragile équilibre sur un gros tronc d’arbre. Nous prenons le temps de regarder quelques petits singes nocturnes qui s’amusent à voir nos petites lumières.

Et puis soudainement, dans le silence relatif de la jungle nocturne, un énorme bruit, de fond de gorge et de bulles d’eau. Quelque chose de massif et de relativement proche. Nous regardons Mario, un poil surpris, avant d’être inquiet quand il nous explique qu’il s’agit d’une Maman crocodile, et qu’il ne faut pas trainer. Contrairement à ses petits qui dépassent rarement les 70 cm de long, on parle là d’une bête de 3 à 4 mètres, capables de se cacher dans l’eau, et de nager à toutes vitesse, comme de courir sur la terre ferme. Bref un vrai prédateur qu’il ne faut pas tenter. Nous ne verrons rien de la bête, mais le pouvoir de suggestion de ce bruit, très distinctement entendu, aura fait son œuvre. Nous ne trainerons pas !

Les promenades sur la terre ferme n’ont pas vraiment les mêmes charmes, soyons honnêtes que la visite à hauteur de pirogue, et pas seulement parce qu’elles nécessitent un poil plus d’énergie !


Il est déjà temps de remonter le fleuve, pour retrouver le chemin de la civilisation. Encore l’occasion de profiter de quelques merveilles de la faune. Arrivés dans un petit lac, deux petits dauphins d’eau douce, passent à proximité. Ce sont des dauphins gris, pas des roses, qu’on ne peut voir qu’un peu plus haut dans la réserve. Nous avons déjà de la chance que l’eau ait un peu monté ces derniers jours, permettant aux dauphins de remonter jusqu’au lac, qui dispose d’assez de profondeur pour les accueillir. Un très gros plouf ! c’est un paixé, le plus grand poisson d’eau douce, jusqu’à 2 mètres et plusieurs centaines de kg qui vient de sauter. Délicieux paraît-il, même si sa pèche est prohibée.

Un peu plus loin encore un envol de papagayo nous émerveille à nouveau

Mais pas autant que ces deux loups de rivières, de grosses loutres, qui entrent et sortent de leur terrier et s’amusent de voir quelques touristes. Elles crachent et nous jaugent avec leur bouille si mignonne. Pas de quoi s’attendrir outre mesure, quand on les sait capables d’attaquer et de tuer un dauphin !

Dans toutes ces pérégrinations nous n’aurons pas la chance d’observer d’Anaconda. C’est une question de chance. Quelques touristes nous ayant précédé, ont pu en admirer une, se réchauffant au soleil. Au nombre de trou qu’elles font le long des berges, en fonction de la hauteur de l’eau, on les imagine très nombreuses, jaunes ou noires, tapies au fond de l’eau. Ce sera pour une prochaine fois

Dernière nuit à Gloria, le premier refuge. Comme un lent retour à la civilisation, après ces 4 jours avec nos 2 guides. Une très chouette soirée avec deux chiliens et deux catalanes, absolument hilarantes. Un excellent moment à la lumière de la bougie !

28
août
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août
Reserva Nacional Pacaya Samiria

A hauteur de pirogue (3)

Publié le 18 octobre 2017

Nous sommes toujours sur le fleuve – surprise !- et admirons de nouveaux animaux. Cette fois c’est le tour des Arras, des jaunes (les plus basiques) mais aussi des rouges (plus rares). Mario est aux anges c’est son animal préféré. Il finit de confirmer nos doutes concernant une greffe d’yeux de lynx quand il repère des paresseux ! Il faut vraiment avoir l’œil, leur immobilité et leur couleur de mousse, conjugués au contre jour le rendent particulièrement difficile à repérer !

Le carnaval des animaux de Saint Saëns fait pâle figure face au défilé devant lequel nous sommes. Nous voyons au loin de nombreuses tortues, se chauffer la couenne au soleil, perchées sur leurs troncs. Pas folles les tortues, elles se méfient des humains qui les chassent encore trop, tant pour leur chair que pour leur carapace. Au moindre bruit, elles se jettent à l’eau si bien que souvent nous ne voyons que les éclaboussures qu’elles soulèvent alors que nous passons un méandre. Mais les reflexes aiguisés de Simon ont permis quelques clichés.

Les farouches et rapides tortues ! 

Alors que le soleil baisse à l’horizon et que la chaleur se fait plus supportable nous remarquons les papillons qui se pressent autour de nous. Entre la terre de nos chaussures et notre transpiration il y a là plein de sels minéraux dont ils raffolent. Le moment parfait pour qu’Alexandre fasse preuve de ses talents de princesse Disney, admirez avec quelle facilité il attrape une fois encore les lépidoptères !

Cette mariposa a beau nous danser tout autour, elle ne perd pas ses couleurs ! 

Enfin nous arrivons en vu de notre campement pour la nuit. En raison d’une sombre histoire de vol de touristes il y a quelques semaines, nous ne pouvons dormir à l’intérieur. Nous passerons donc la nuit sous le bâtiment, à l’abri dans la moustiquaire fourni par l’agence et sur un matelas des plus mince. Confort sommaire mais confort tout de même. Nous partageons les espaces communs, mais pas la cuisine déjà utilisée, avec un des surveillants du parc et une famille de passage. Les locaux traversent encore le parc en pirogue pour livrer ou aller chercher des marchandises.

Sachez que chaque guide officiant dans le parc est tenu d’assurer, par roulement, une semaine de surveillance dans un des points de contrôle du parc. Mario nous raconte quelques histoires parfois sordides. Il y a de ça à peine quelques années, ils ont faillit en venir aux armes face à un groupe de braconniers tronçonnant et arrachant des essences protégées. Dans les années 90 ce sont trois guides qui furent tués par des braconniers. Les animaux aussi sont parfois la cible de ces "amoureux" de la nature et surtout de ses richesses. Le métier de guide n’est décidément pas sans risques…

Quelques pirogues bien plus chargées que la notre 

Mais place à la poésie, sur les berges c’est une nuée de papillons qui nous attend ! Un nuage jaune et or qui s’envole alors que nous approchons. Ce qu’on peut voir dans les films romantiques ? La même chose mais en mieux. Pour vos beaux yeux nous avons réussi à capturer un des plus beau spécimen des environs, un papillon énorme, à peu près la taille de la main, aux couleurs chatoyantes au possible, si quelqu’un connaît son nom dites le nous !

Alors que nous béatifions devant les merveilles de la nature, Mario toujours aussi efficace prépare le feu pour que nous puissions cuisiner et manger nos derniers piranhas. En quelques minutes il coupe du bois humide pour en sortir des copeaux bien fins et bien secs, de quoi enflammer rapidement et efficacement du petit bois et quelques bûchettes plus sèches issues des sous bois. Il n’y a pas à dire, faire du feu ça s’apprend, et quand on sait le faire, ça s’enflamme en un rien de temps.

le feu préparé, et quelques minutes plus tard, le thé à l'ananas (écorce plongée dans l'eau bouillante) est en préparation 

Mais peut-être avez vous remarqué l’enclos étrange, plein de sables et aux multiples bosses juste en face de la cabane ? Figurez-vous qu’il s’agit d’une couveuse à tortues ! L’espèce étant en danger, tant du fait de la chasse que de ses prédateurs naturels, un grand plan de sauvegarde est en place. Chaque point de contrôle possède sa couveuse, charge aux guides de récolter des œufs au cours de leurs pérégrinations et de les ramener. Ici, elles seront à l’abri jusqu’à leur éclosion sous l’œil attentif et bienveillant des touristes et des gardes parc. Nous sommes arrivés trop tôt pour les voir éclore, il leur manque encore quelques semaines avant qu’elles n’agitent leurs petites pattes en direction de l’eau.

Le soleil couché, et nos ventres remplis il est temps de faire un brin de toilette avant d’aller dormir, nous décidons d’imiter nos guides et d’aller nous laver à la bassine avec l’eau du fleuve. Emotions fortes garanties… entre le noir, le tronc glissant pour s’avancer dans l’eau, les yeux rouges flottants à quelques mètres de là et la peur de mettre le pied sur une raie ou une anguille en cas de glissade, il est difficile de ne pas se torde d’un rire nerveux en permanence. La glissade de Simon à se casser le coccyx avant d’entrer d’en l’eau n’a rien arrangé, même si j’étais un peu plus seul à rire comme une baleine. Mais au final la fraicheur de l’eau et cette communion avec la nature n’a fait que nous revigorer et nous fouetter les sangs, en plus de nous nettoyer bien sûr.


La communion avec mère nature connaitra sa limite quand le lendemain aux alentours de 6h les poules se mettront à chanter à quelques mètres de nos têtes. De quoi assurer un réveil matinal et de bonne humeur… !

27
août
27
août
Publié le 17 octobre 2017

Première nuit dans la jungle au campement de Gloria, le plus aménagé de tout ceux que nous verrons. En effet nous avons droit à un lit avec une jolie moustiquaire déjà en place, il y a un espace douche / toilettes un peu plus loin et les différentes chambres sont séparées par des palissades jusqu’à hauteur de tête, ambiance openspace dans l’amazonie.

C’est le moment de papoter avec d’autres visiteurs, pendant que Magalie s’occupe de la cuisine, tout au feu de bois ! Au menu : riz, œufs, patacon et légumes. Le tout accompagné de quelques boissons chaudes pour nous requinquer.

Il est bientôt 22h, le soleil est couché depuis longtemps et nous ne tardons pas à faire de même. Le temps de déballer nos petites affaires et faire la chasse aux quelques insectes, arthropodes et autres arachnides empêtrés entre le matelas et la moustiquaire, ou plus simplement posés sur les palissades. La phase de mithridatisation à l’égard des araignées est officiellement commencée. Sachez que souffler sur une araignée la fait fuir immédiatement, le seul problème est que la direction est plutôt aléatoire. Au final nulle autre solution que de cohabiter tant bien que mal avec elles.

elle n’est pas si grosse que ça en fait, à peine deux phalanges pour le corps !

Réveil difficile aux alentours de 6h30. Le soleil est déjà levé, les oiseaux chantent, les singes crient. Tous s’agitent, et il est temps de prendre un petit déjeuner rapide avant d’embarquer, il nous reste encore beaucoup de fleuve à parcourir avant le campement du midi.

On range tout et hop à bord de la pirogue ! Nous prenons le rythme, et nous nous contentons d’admirer le paysage, pendant que nous avançons rapidement toujours au fil du courant. Déjà nous sentons que nous avançons plus loin dans le parc, les oiseaux sont plus nombreux que ce soit les rapaces (aigle et autres vautours), des espèces semblables à des cigognes au long coup graciles ou encore d’autres proches du martin pécheur, aux couleurs légèrement différentes.

Des oiseaux, encore des oiseaux. Qui aurait cru voir des rapaces en pleine jungle ?

Mais surtout nous voyons nos premiers singes. Mono negro, mono rojo, mono fraile, c'est une vraie parade !

Nous ne cesserons d’en voir et d’en entendre tout au long de ces quelques jours. Les plus facilement visibles sont aussi les plus petits : les mono frailes (singes moines, surement en raison de leur crâne chauve...), sachez qu’ils vivent en colonie et forment des alliances avec des groupes de mono negros. Ceux-ci plus gros, mais d’un naturel moins curieux et moins joueur restent plus à l’intérieur et sont moins facilement visibles. Ils suivent donc les groupes de mono frailes qui trouvent avec plus d’aisance de la nourriture, en échange ils les protègent contre d’éventuels prédateurs et notamment les mono rojo, eux aussi plus imposants. On les appelles aussi singes hurleurs, et c’est le soir et au matin qu’on les entends le plus.

Il y a aussi quelques singes araignées, à la queue longue, fine et très agile, de vrais acrobates ! 

L’heure tourne et alors que nous avançons, Mario nous propose de tenter de pécher pour agrémenter notre déjeuner, et nous allons pécher du piranha ! Il faut d’abord trouver de quoi les attirer, Mario se penche donc alors que nous longeons les rives à la recherche d’un poisson innocent et apte à nous fournir la chair propre à éveiller l’appétit de nos petits charognards. C’est alors que nous croisons les filets d’un pêcheur, apparemment habitué et connu de nos guides, dans ses rets s’est retrouvée bloquée une raie de belle taille. L’occasion pour Mario de nous déconseiller fortement de nous baigner dans l’eau, entre les raies aux aiguillons empoissonnés, les anguilles électriques et autres poissons curieux de leurs dents, la baignade n’est pas forcément de tout repos. Honnêtement, l’idée ne nous serait pas venue à l’esprit…

La raie prise dans les filets, au moins elle aura échappée au harpon...

Toujours est-il qu’il finit par harponner la victime idéale pour nous servir d’appât. Quelques coups sur le plat bord pour l’assommer et voici le poisson proprement écaillé et découpé en petits morceaux, prêts à être enfilés sur nos hameçons. Point de matériel technique ici, un bout de bois fin et long, du fil de pêche incassable, et un hameçon des plus basiques, avec pour le plus recherché quelques barbillons, suffisent à notre affaire. Il faut dire que le piranha n’est pas le plus fin des poissons à défaut d’être terriblement vorace. Nous perdons quelques morceaux de viande le temps de comprendre la technique, et ensuite nous faisons nos premières prises ! Grande découverte pour nous : les poissons font du bruit, et pas qu’un peu ! De plus ils mettent un temps fou à cesser de gigoter dans tous les sens, gare aux doigts, ils mordent et pas qu’un peu ! Pendant près de 15 minutes après la prise, même quand ils ne bougent plus du tout, le réflexe de morsure reste présent. Notre pauvre sac orange en aura fait les frais, et nous avons désormais un joli trou de piranha dessus.

Cette espèce a un joli ventre rouge, comme dans la BD ! 

Nous arrivons enfin au campement du déjeuner armés de nos piranhas. Ce lieu nous servira de refuge pour la nuit du lendemain lorsque nous serons sur le retour. Mais nous voulons surtout déguster nos prises ! Et hop du piranha à la estufada, préparé une fois encore au feu par Magalie. Autant le dire tout de suite, le poisson en lui-même est plutôt décevant. Le goût n’est pas très prononcé, et le pauvre n’a que la peau sur les écailles. On comprend pourquoi le Marsupilami en mange autant pour être rassasié ! Mais l’expérience est tout de même amusante, et vient donner un peu de relief au riz et au sempiternel patacon.

Une cuisine avec tout le matériel et confort moderne !

Nous profitons du temps du déjeuner pour nous reposer un peu, oui même ne rien faire est épuisant sur une pirogue, avant de reprendre le fleuve en direction du campement pour la deuxième nuit.

26
août
26
août
Publié le 14 octobre 2017

Une grande camionnette tirée par une moto peine à nous contenir tous les quatre avec l’équipement qui nous accompagne dans la réserve. Notre sac personnel est, lui, réduit au minimum, nous allons passer 5 jours dans la jungle, loin du monde, nous ne conservons que l’essentiel, à savoir quelques vêtements et la trousse médicale au complet. La nourriture ainsi que l’eau nous ont suivi depuis Yurimagas dans la lancha rapida. A cela s’ajoute un bon paquetage pour faire la cuisine, ainsi qu’un petit matelas et des draps.

Nous avançons depuis le village jusqu’au point d’entrée de la réserve Picaya Samiria. Il est déjà assez tard, la lancha nous a déposé vers 13h, le temps de se rafraichir, de manger et de préparer le paquetage, nous arrivons à l’embarcadère vers 15h30. Le temps de s’enregistrer, le garde nous explique que la réserve fait près de 2 millions de Km2 et qu’elle dispose de 5 points d’entrée officiels. Celui que nous empruntons est l’un moins empruntés. Ici passe par mois autant de touristes qu’il n’en entre du côté d’Iquitos chaque jour.

Nous découvrons alors notre embarcation, une longue pirogue à peine large de 70 cm et longue de presque 8 mètres. Un tapi de bambou offre un sol solide. Après avoir rempli la pirogue, au milieu d’une nuée de papillon jaune et orange, Mario à l’avant et Magali à l’arrière nous montons, l’un après l’autre sur le frêle esquif. L’ensemble se révèle plus stable qu’il n’y paraît. Et une fois les premiers coups de rames donnés à l’avant par Mario, nous partons pour de bon.

Nous empruntons un petit ruisseau à peine large d’un mètre et demi. La végétation particulièrement dense s’échappe depuis les rives et grimpe à l’assaut du ciel dans un fatras de branches et de feuilles. C’est un monde sans repère qui s’ouvre à nos yeux. Croire à la terre ferme des bords que nous pouvons encore toucher est illusion. Tout ici est fonction des caprices des cieux. Le niveau de l’eau varie très fortement, selon que la pluie venue des Andes s’est déversée plus fortement les jours passées. D’un jour à l’autre nous voyons l’eau varier, monter pour ce qui nous concerne. En saison des pluies, il faut rajouter 3 à 6 mètres d’eau au dessus de notre niveau actuel. On comprend alors que l’idée de toute terre immergée est relative et chimérique. Et que toute la nature, faune et flore est habituée à ces variations s’adaptant au gré des flots.

Le courant assez fort nous emporte patiemment. Il faut 5 heures environ pour arriver à un premier refuge appelé Gloria. Il faut toute l’endurance de nos deux pagailleurs et la dextérité de Mario pour se faufiler ainsi au travers des lacis et méandres du fleuve qui s’élargit peu à peu. Le rio est jonché de troncs qui doivent être évités pour ne pas risquer le pire, être renversés. On comprend tout le sel de se déplacer à hauteur de pirogue, au bruit de la pagaie, à entendre ainsi le murmure de la forêt que les dernières heures du jour amplifient.

Un son particulier nous arrête un peu plus loin, le son ralenti d’une grenouille nous parvient d’un peu plus haut dans le fourré, à plusieurs mètres au dessus du sol. L’œil perçant de Mario nous indique qu’il s’agit d’un serpent arboricole qui a attrapé une grenouille, qui tente désespérément de s’échapper. Mais on comprend que le venin a déjà commencé son œuvre et que la pauvre bête, malgré ses efforts pour se dégager, tenue fermement par une pâte, ne passera pas la nuit.

Les premiers morphos, ces immenses papillons bleus apparaissent. Ils volètent nous dépassant rapidement pour aller se poser sur une grande branche et y passer la nuit. Ces immenses ocelles sont autant d’yeux qui vous observent pour effrayer les éventuels prédateurs. Là encore Mario nous épate, à la fois concentré sur le cheminement de la pirogue et sur la nature alentour, il fait pivoter la pirogue pour nous faire observer notre première tarentule. Le séjour ne fait que commencer.

Les insectes sont nos amis, lalala....

Alors que nous approchons du camp Gloria le crépuscule nous rattrape. Nos lampes de poche peuvent enfin libérer toute leur puissance, mais elles restent bien pâlottes face à la torche surpuissante de Mario. Nous fendons les eaux au seul bruit des rames, le chant de la forêt se modifie au soir tombant et se fait plus calme. Les animaux diurnes se préparent à dormir tandis que les nocturnes ne sont pas encore tout à fait réveillés. C’est alors que nous apercevons des leurs rouges au ras de l’eau, toujours pas paire. Il s’agit des yeux des caïmans nous renvoyant la lumière de nos torches ! Rassurez-vous, dans la zone où nous sommes seuls croisent les plus jeunes, le faible tirant d’eau gêne les adultes, plus grand, qui restent dans les profondeurs du parc à plusieurs jours de barque. Du moins le croyions nous…

Pour ravir nos yeux de touristes, et satisfaire notre soif de sensations fortes, Mario toujours plein de ressources, décide d’en attraper un pour que nous l’admirions de plus près. Il faut dire ce qui est, même petit, ils restent impressionnants, si ils ont le ventre aussi doux que leurs cousins sans pattes, la peau de leur dos est en revanche déjà dure et rugueuse, de vraies machines à tuer. Une certaine émotion a saisi Simon quand Mario lui a tendu la bête, en lui disant de serrer très fort ! Petit frisson.

Excusez la piètre qualité de la photo, de nuit, sur une barque avec l’émotion la mise au point est difficile
24
août
24
août
Publié le 13 octobre 2017

Après Kuelap et les cimes ennuagées, nous nous dirigeons enfin vers des altitudes moindres pour atteindre Yurimaguas, petite ville portuaire située sur le fleuve Huallaga, un des nombreux affluents de l’Amazone.

Le trajet est des plus impressionnants, nous descendons les Andes sur des routes escarpées en lacets infinies, et soudain sans que l’on s’en soit rendu compte le climat change. L’air se fait plus chaud, moins sec et la végétation évolue. Au milieu des broussailles et des cactus apparaissent d’autres essences, bananier et autres plantes tropicales aux fleurs multicolores font leur apparition. C’est proprement stupéfiant, de voir un tel mélange de plantes qui dans notre imaginaire correspondent à des zones géographiques et climatiques totalement distinctes, inimaginable en France.

Au fil de notre trajet, alors que nos mini-van s’arrête pour déposer et rembarquer de nouveaux passagers - le moment où nous prendrons 4 musiciens avec leurs instruments alors qu’il n’y a plus de place sur le toit, et que 3 sièges libres reste dans nos mémoires, il fait déjà chaud atrocement chaud dans le véhicule…- le relief s’amenuisent, nous roulons dans des territoires mamelonnés et soudain : la perspective s’ouvre totalement, nous sommes sur le dernier relief et devant s’étendent des plaines à perte de vue avec au loin le doux miroitement émeraude de la jungle. C’est officiel nous sommes sortis des Andes, et dans quelques heures nous pénètrerons dans l’Enfer vert.

et donc moi je suis assis derrière ces deux personnes avec 3 autres passagers à ma gauche 😉

Nous passons la nuit à Yurimaguas et sur les conseils de l’hôtelier de Chachapoyas nous nous dirigeons vers un petit hôtel situé au bord du fleuve, les pilotis s’enfoncent dans l’eau, tenu par Winston. Cliché du Péruvien tirant son épingle du jeu, il est énorme et bien entendu un fieffé roublard. Il nous propose bien vite de faire un tour dans la jungle en passant par son agence alors même que nous avons réservé pour un tour depuis Iquitos. Mais ses arguments sont chocs : nous deux seuls avec notre guide, un tour en pirogue, un peu moins cher que la concurrence et surtout directement dans la réserve de Picaya Samiria. Forcément, après d’âpres négociations nous cédons.

Notre tour booké, nous pouvons profiter des hamacs, de la chaleur, de la vue sur le fleuve avec les pirogues et autres navires qui passent et des moustiques qui font leur retour en fanfare.

La vue depuis le balcon, plutôt sympa pour y bouquiner dans la moiteur du soir tombant

C’est impressionnant, le fleuve est large, rapide, chargé de débris végétaux arrachés par les pluies en amont et l’eau est d’un marron impénétrable. On imagine sans peine des hordes de poissons tous plus étranges folâtrer dans les flots. A la nuit tombée ce sont les chauves souris qui font leur entrée, profitant des appâts à moustiques que nous sommes, pour se rassasier.

Que dire de Yurimaguas ? C’est une ville de moyenne importance, surtout lieu de transit vers le reste de l’Amazonie. On y découvre le rythme de la jungle. Dès 9/10h tout ralentit à cause de la chaleur et du soleil écrasant. Ici point de voiture, il y a trop peu de routes, tout se fait en moto et motoratones ou en embarcations.

Quelques moto-ratones à l'angle de la place et une des nombreuses cuisinières de rue, un bonheur pour notre cholestérol. 

C’est d’ailleurs dans ce qui tient lieu de port, à l’aube, que nous embarquons sur la « lancha rapida » - comprenez rapide par rapport au ferry qui fait le trajet jusqu’à Iquitos en 3 jours. Nous voilà en direction de Lagunas, le point de départ de notre trekk en forêt. C’est parti pour 4 heures dans ce qui est tout simplement une pirogue boostée aux stéroïdes. Une grosse centaine de passager peuvent monter à bord, dans des sièges de récupération, le tout fait à peu près 2,5 / 3 mètres pour une longueur qu’on estime à environ 50 mètres. L’embarcation est bien entendu surchargée tant de passagers, que de marchandises. Le fleuve étant la seule voie d’accès tant pour les passagers que pour l’approvisionnement.

Une autre lancha rapida croisée sur le fleuve 

Alors que le soleil éveille au long de sa course des milliers de reflets sur les eaux turbides du fleuve, nous avançons à bon rythme en suivant le courant, nous arrêtant régulièrement pour desservir les nombreux hameaux sur les rives. Nos zigzags à travers le fleuve nous laissent supposer l’existence de multiples hauts-fonds et autres bancs de sable. Information confirmée quelques jours plus tard par un couple de touristes. Leur barque s’est échouée sur l’un d’eux et ils y sont restés bloqués deux nuits en attendant qu’un autre bateau ne vienne les récupérer. D’autres français nous feront le récit de leur accident, leur lancha en percutant une autre en plein milieu de la nuit. Les passagers furent contraints de se masser à l’arrière du véhicule, afin d’éviter que l’eau ne rentre par l’avant embouti. De quoi nous conforter dans notre idée de ne voyager que de jour…

Nous arrivons enfin à Lagunas, pour y rencontrer Mario et Magali nos guides pour les 4 jours à venir. Ni une, ni deux nous partons vers l’entrée du parc pour récupérer la pirogue et enfin nous aventurer dans la sombre masse de la jungle Amazonienne…

23
août
23
août

Le lendemain de notre escapade nature aux gorges de Gocta, nous décidons de nous diriger vers Kuelap. Joyau archéologique de la zone, on nous annonce une ancienne cité fondée bien avant l’arrivée des incas par les Chachapoyas. Ce peuple puissant installé au nord du Pérou, à cheval sur les Andes et les franges de l’Amazonie a connu son heure de gloire entre le Xème et XVème siècle de notre ère. Les incas mettront des années à les intégrer à l’empire, faisant face à une résistance acharnée. Redoutables combattants, leur nom en langue Quechua signifie « guerrier des nuages ».

la vue depuis les cimes, derrière nous, la ville  

Ils avaient en effet l’habitude de construire leurs cités en haut de promontoires, à des altitudes élevées. Kuelap fait partie de ces citées. Elle sera retrouvée très tardivement, explorée et fera l’objet de fouilles archéologiques à partir des années 1930 seulement. On comprend qu’elle ait pu disparaître des radars, tant elle échappe aux regards du haut de ses 3000 mètres et tant il faudra faire preuve d’endurance pour aller la visiter. Jusqu’à peu seul un chemin caillouteux, grimpant en lacets sur près de 1200 mètres de dénivelés permettait de l’atteindre.

Pour valoriser le site, et développer le tourisme dans cette partie du pays, un téléférique vient d’être achevé. Flambant neuf, il franchit une vallée vertigineuse et remonte ensuite pendant presque 20 min, la montagne sur laquelle les Chachapoyas ont bâti leur ville. A la vue du petit chemin en contrebas, on est heureux de l’investissement réalisé.

Arrivée tout en haut, la vue sur les vallées environnantes est époustouflante. On saisit alors en partie la portée symbolique et religieuse de la ville, qui est improprement qualifiée de forteresse. Il ne s’agissait pas d’une garnison, visant à défendre et guetter l’envahisseur, mais d’une ville, où un culte important devait être pratiqué et drainait d’importants échanges avec d’autres citées voisines. L’immense mur d’enceinte fait penser à une fortification, de même que les rares accès très étroits assurant un contrôle étroit des entrées. Mais l’enceinte aurait surtout permis à constituer une immense terrasse plane propice à la construction des habitations et maîtriser ainsi un relief accidenté.

Une fois passés l’une des portes, nous arrivons dans la partie basse de la ville en contrebas de la zone noble et du temple. La culture Chachapoyas affiche sa singularité par l’édification d’habitations parfaitement circulaires, à la différence des incas qui privilégient le rectangle. Il ne reste bien entendu que les fondations de ces habitations, mais l’œil néophyte comprend leur agencement, à l’œil nu, le long de rues sinueuses.

sur la photo de droite, le bâtiment conique n'est autre que le temple de la ville

Le site reste relativement peu connu, nous y étions à peine 15 ou 20, et nécessite encore un travail de valorisation. Dans une volonté évidente d’équilibrer reconstitution et conservation du site tel qu’il a été découvert, une grande partie des arbres qui devaient envahir les lieux ont été conservés. Si bien qu’à la vue des lamas qui paissent tranquillement au milieu des pierres, se dégage de l’ensemble quelque chose de furieusement romantique.

22
août
22
août

Pour nous rendre au Pérou, nous optons pour un trajet bien long mais nous amenant directement jusqu'à Chiclayo, temps de trajet : 15 heures. En prenant en compte le passage de la frontière, où nous sommes restés bloqués pas loin de 3 heures, entre la douane et l’immigration. Il semblerait que tous les bus arrivent à peu près au même moment, aux environs de deux heures du matin, forcément avec seulement deux employés d’immigration présents, ça bouchonne.

Bref nous arrivons à Chiclayo. Seul événement notable, notre rencontre avec une française ostéopathe fort sympathique, sur la fin de son voyage. Une soirée amusante passée sur un banc de la place faute de bar où se poser. Le lendemain nous tentons d’aller visiter un musée seul point d’intérêt des environs : manque de chance, c’est le jour de fermeture. Chiclayo n’aura décidément été qu’une simple étape sur notre route en direction de Chachapoyas

Un bus de nuit plus tard nous atteignons Chachapoyas au petit matin. Petite ville coloniale, le centre historique est charmant avec ses bâtiments chaulés arborant des balcons et encorbellements tout de bois.

La lumière jaune ne rend pas hommage aux murs blanchis... 

Aussitôt arrivés nous bookons un tour vers les cataractes de Gocta, un des principaux site des environs. Nous avons juste le temps de trouver un hôtel et d’avaler un petit déjeuner avant de sauter dans un mini van en direction de Cocachimba. C’est parti pour deux bonnes heures et demi de marche dans un paysage de vallées couvertes de végétations, où les nuages s’accrochent paresseusement aux cimes.

Nous suivons le flanc de la montagne, pour nous approcher petite à petit de la chute. Le groupe formé au départ, ne tarde pas à éclater, chacun marchant à son propre rythme. Il n’y a pas à dire, c’est vert. Nous ne cessons de croiser, ruisseaux et petites cascades, qui vont se jeter en contrebas jusqu’à rejoindre le Río Uctubamba.

Après avoir manqué de glisser sur la roche rendue glissante par l'eau et la boue, nous arrivons enfin au pied de la cascade. Malgré le peu enthousiasme de Simon nous nous approchons au plus près. C'est impressionnant, au pied l'eau ne forme plus un flux continue mais un immense nuage. Les millions de gouttelettes en suspension viennent s'écraser sur nous, il souffle un vent perpétuel généré par le mouvement de l'eau , et de temps en temps de grandes bandes remontent les parois adjacentes. Une vraie fabrique à nuage !

Puisqu'on est pas des feignasses nous repartons d'un bon pas en sens inverse. Cette fois, une grâce divine semble s'emparer de moi puisque nous allons faire le trajet en a peu près 1h30 ! Rendez-vous compte, j'en suis venu à presser Simon. Le pied léger et le pas rapide nous remontons pentes et escarpements, sans une seconde de pause. C'est une véritable épiphanie, je confesse à Simon avec surprise, que finalement marcher n'est pas si atroce que ça, c'est presque plaisant. Il faut dire que comparé au Quilotoa tout cela ressemble à une balade de santé, mais serait-ce là le signe annonciateur d'une transformation plus profonde ?

Pour ne pas changer nos habitudes de vie saine, juste avant de revenir à Cocachimba, nous nous arrêtons pour profiter d'un verre de jus d'orange frais et pour gouter un fruit nouveau et intriguant le Pitajaya. Sachez que c'est un fruit de cactus qui ne se récolte donc qu'une fois l'an. La chair est douce, sucrée et fondante. Un vrai délice !

C'est le fruit jaune dans la coupe, attention il peut encore avoir des épines ! 

Un déjeuner roboratif sur place et nous voici de retour à Chachapoyas, prêt à planifier notre excursion du lendemain. Direction : Les ruines de Kuelap !

18
août
18
août
Publié le 30 septembre 2017

Après l’éprouvante balade qu’Alex vous a raconté, nous trouvâmes un peu de repos dans la ville de Baños. Puis sans tarder nous partîmes pour Cuenca, dernière étape au sud de l’Équateur, avant de rejoindre le Pérou. Ces trois jours passés dans cette grande ville, industrieuse et prospère furent placée sous le signe du contraste.

Si la ville, installée à des altitudes enfin raisonnables, ne nous a pas particulièrement enchanté, elle fut le point de départ pour découvrir enfin l’écosystème si particulier du Paramo, dont nous entendions parler depuis la Colombie.


Notre expérience de Cuenca fut fortement influencée par l’accueil très médiocre de l’auberge de jeunesse où nous avons trouvé refuge. Ouverte au 4 vents, dortoirs trop peu aérés, lit superposés trop peu ferme, cuisine non équipée… bref un certain déplaisir nous a saisi. Surtout le soir, où désirant cuire notre petite préparation, pfffiut plus de gaz ! et pas de deuxième bouteille pour remplacer la première. Nom de Zeus.

La ville n’est en soi pas désagréable, mais l’absence de soleil, et puis peut-être aussi une certaine lassitude des villes en damiers d’origine coloniale, n’ont pas réussis à nous la rendre aimable. Certaines maisons sont pourtant soignées, et la brique fait pour la première fois son apparition. Mais globalement la protection du patrimoine, à l’exception notable des édifices religieux ne constitue pas réellement une priorité. Mais peut-on les en blâmer ?

La cathédrale arbore également une série de coupole tout à fait intéressante.

Nous décidons donc d’aller chercher la nouveauté ailleurs. Nous reprenons la route et nous nous arrêtons dans un parc naturel installé à 4 000 m d’altitude pour découvrir le Paramo. Cet écosystème unique, présent seulement en Colombie et en Équateur constitue un défi aux dures lois des climats glacés. En effet, malgré cette altitude qui interdit partout ailleurs dans le monde à toute végétation de pousser, une nature riche et variée parvient à se développer dans une certaine exubérance.

Les plantes et arbres que l’on y trouve sont capables de survivre à des températures extrêmes et résister aux vents glacés des cimes. Plantes grasses proches des agaves, arbres torturés faisant naître des ambiances mystérieuses, mousses formant un sol spongieux, la balade offre d’innombrables découvertes.

Mais c’est bien l’eau qui constitue ici la clé de cet ensemble si particulier. Apportée par les pluies nombreuses ou le simple dépôt d’un léger crachin que le nuage dépose lorsqu’il vient buter sur les hauteurs, elle trouve dans cette végétation un sanctuaire. Tout est fait pour retenir la précieuse ressource, ici au creux d’une feuille, là dans les alvéoles de mousses spongieuses. Splotch splotch, pas de doute, le sol est détrempé.

Un cactus en fleur 

Cette nature si particulière conserve la vie liquide et la libère goutte à goutte. Si bien que ces hauteurs, relativement petites en terme de surface représentent 40 à 50% des réserves aquifères de ces pays. Le lent filtrage assuré par la végétation rend cette eau cristalline et prête à consommer.

La faune n’est elle-même pas en reste. Les grenouilles pullulent et on trouve même un petit colibri, de couleur sombre qui réside malgré cet environnement d’apparence inhospitalier. Il y a quelque chose de tout à fait fascinant dans ces paysages, un peu irréels, rappelant quelques choses des landes des îles britanniques, ou le centre Bretagne les jours de brouillard et de pluie. De quoi s’évader.

Voici que déjà s’achève notre rapide traversée de l’Équateur. Demain nous partons pour le Pérou, traversons une nouvelle frontière, prêts pour de nouvelles aventures.

14
août
14
août

Après Quito et le tourisme de ville, retour à la nature, nous décidons de descendre par la vallée des volcans. Comprenez un axe Nord Sur traversant la quasi totalité de l’équateur, constitué d’une flopée de volcans, qui éteints, qui toujours en activité.

Un des nombreux volcans de la région, plutôt rare celui-ci est enneigé 

Notre destination ? Le Quilotoa, volcan éteint, dont le cratère après s’être effondré, s’est peu à peu rempli d’eau jusqu’à former un lac. Notre arrivée nocturne, malgré le vent et le froid ne permet pas de prendre la pleine mesure du lieu. Il nous faudra atteindre le lendemain pour pleinement realisé l’abime au bord duquel nous nous sommes tenus.

Le couché de soleil entre les sommets et les nuages, on se croirait à Laputa 

Nous nous rendons donc à un hôtel situé juste en face du mirador, en prévision de la longue journée de marche qui nous attend. Nous passerons la soirée avec deux jeunes Equatoriennes avec qui nous échangeons récit de voyage et folles parties de cartes (depuis ce moment Simon refuse de jouer à la bataille corse avec moi, terrible injustice !).

Nous prévoyons pour le lendemain de faire une descente au fond du cratère, puis le chemin de crête, avant de partir à pied le lendemain vers un autre village située à une grosse quinzaine de kilomètres de là. Nous n’étions que de jeunes insensés à ce moment.

Le réveil, et la vue avec lumière du lac, ne suffit pourtant pas à calmer nos ardeurs !

Notez qu’une seule photo ne suffit pas pour en faire le tour !

Frais comme des gardons nous commençons comme prévu par descendre au fond du cratère. Petite descente plutôt tranquille, malgré la caillasse et la poussière, on ne glisse pas trop, et il est encore suffisamment tôt pour que le soleil éclatant ne nous écrase de ses rayons. En quelques 40 minutes nous voici donc rendus au fond.

Le mode panoramique aussi n'est pas suffisant pour tout saisir d'un coup !

Les reflets du soleil sur le lac sont éblouissants, et les lumières éclatantes. Il faut se rendre à l’évidence, le lieu est magnifique, les couleurs tranchantes et l’instant magique.

Sacrés verts ! Sachez qu'en plus le lac est assez profond, environ 250m 

Mais il faut remonter, d’abord pour sustenter nos ventres qui crient famine et aussi pour attaquer le chemin de crête ! La remontée est un peu plus longue mais guère plus. Au final le tout nous aura pris un peu plus de 2 heures. Nous nous précipitons, sur notre déjeuner avant de se laisser un petit temps de repos et de digestion. Un peu moins lourds et vaguement reposés nous nous attaquons au chemin de crête, temps de marche prévu : 4/5 heures.

Vu d'ici, ça ne parait pas si atroce.... Hahaha haha ha....

Le sentier commence tranquillement, panorama incroyable sur les vallées et autres sommets environnants, nous voyons de verts paturages aux fleurs nombreuses et colorés. Le soleil toujours au rendez-vous, compense la morsure du vent qui ne cesse souffler - crête oblige- et baigne le paysage de lumière. De quoi nous conforter dans notre idée.

Ce petit chemin, qui sent la noiseeette, lilalala...

Très vite je déchante, je commence à comprendre le sens du mot crête. C'est donc bien un sentier abrupte, bordé de chaque côté par une pente plus ou moins vertigineuse, qui ne cesse de monter puis de descendre violemment, avec le vent qui vous pousse d'un côté puis de l'autre. Vous l'aurez compris, pour moi commence l'enfer. Au bout d'une heure je suis épuisé, sans souffle, franchement flippé par le vide de chaque côté et donc avançant horriblement lentement. La vue sur le lac est époustouflante, mais me rappelle en permanence que nous (je) n’avançons pas. Il faut dire que l'ensemble de la randonnée est à plus de 3.800m, ce qui explique surement le manque de force et de souffle.

Le lac avec à gauche le sentier suivit le matin, et le précipice en contrebas.

Qu'à cela ne tienne, Simon m'attend et m'encourage patiemment, tandis que les heures passent. Nous finissons par atteindre le point le plus haut de la randonnée à près de 3.930 mètres. Nous ne sommes toujours pas à la moitié de la randonnée...

C.R.E.T.E. je vis ton nom !

Nous continuons à avancer, montée après descente, pied après pied et enfin nous atteignons la moitié du sentier ! Vu d'en face cela parait tout petit.

Le petit panneau c'est le point le plus haut, encore 3 bonnes heures de marche depuis ce point... 

Encore plusieurs heures de marche, tandis que le soleil tombe doucement. Cela fait bien longtemps que nous n'avons plus croisé le moindre randonneur. Le paysage reste incroyable tandis que nous bouclons lentement le tour du lac. Nous croisons quelques chevaux et mules qui paissent et se reposent après une dure journée passée à monter et descendre des touristes au fond du cratère. Nous finissons par atteindre le croisement qui doit nous amener le lendemain vers la prochaine ville, quelques fractions de secondes plus tard nous décidons d'un commun accord de changer nos plans pour continuer en bus vers le sud et plus tranquillement. Tandis que nous venons chatouiller la cinquième heure de marche et que nous approchons de la fin, le froid se fait cruellement sentir alors que le soleil est presque couché.

Voyez les ombres qui s'avancent inexorablement.

C'est dans la crépuscule tombant que nous finissons harassés par revenir à notre point de départ, soit le mirador en face de l'hôtel. Le combo froid, effort intense et altitude ont raison de moi, et c'est grelottant de froid que je vais me coucher le diner à peine entamé (c'est bien le signe que ça ne va pas bien). Heureusement les chambres sont équipées de poêles à bois, et la flambée que nous faisons transforme vite notre chambre en vrai fournaise, de quoi réchauffer nos corps transis. C'est dans les draps surchauffés et épuisés que nous nous endormons, fiers tout de même d'avoir autant marché et des paysages incroyables pleins les yeux.

Notre géhenne personnelle
10
août

Quito appartient au club des grandes capitales installées à plus de 3000 mètres d’altitude. Mais à la différence de la Paz enserrée de tout côté par le relief, laissant peu d’échappatoire au regard en mal de liberté, la capitale de l’Equateur est plus adaptée aux claustrophobes. Elle s’étend le long d’un corridor formé par deux chaines de montagne, formant sur plusieurs dizaines de kilomètres une vallée relativement plane. La ville est tellement étendue du nord au sud que deux terminaux de transports pour les longues distances sont installés au nord et au sud et séparés chacun de près de 25 km.


Une myriade de quartiers s’étend le long de trois axes principaux, parallèles, sur lesquels est installé le système de bus rapide le plus perfectionné que nous ayons rencontrés jusqu’ici, pour un prix modique, bien entendu.

bâtiments autour de la place centrale, néo classique, éclectisme petit pot pourri architectural 


Nous avons passés ces trois jours à Quito dans une relative lenteur, et une certaine mollesse, parvenant difficilement à quitter l’auberge de jeunesse avant 14h. L’heure tardive du petit déjeuner jusqu’à 11h n’invitait pas au dynamisme matinal. De même que l’ambiance de l’auberge, construite comme un véritable cocon moderne (billard, très bon petit déjeuner, grand espace salon télé…), semblait idéale pour se remettre de la longue épopée colombienne.

un super chouette endroit, avec des dortoirs à lit double ! 


Le centre historique se limite à un gros quadrilatère installé sur une petite colline, dont émerge essentiellement depuis la période coloniale, un nombre impressionnant d’édifices religieux, typique de cette architecture coloniale baroque. Il ne reste quasiment rien des demeures coloniales de l’époque. Les immeubles sans grand charme les ont depuis longtemps remplacées.


Nous avons cependant la chance de pouvoir nous trouver là pendant un long week-end ponctué par la fête de l’indépendance nationale célébrée dans la ville par une fête des lumières, directement issue du concept lyonnais, vendu chèrement à d’autres villes dans le monde. A la nuit tombée nous avons pu déambuler dans la ville, entourés d’une foule très conséquente, et semble-t-il ravie de ces spectacles sons et lumières qui lui était offert. Cette fête populaire par nature nous a emporté dans son sillage, au gré des rues et des bâtiments soudainement transfigurés par la magie de la lumière.


Sur l’insistance d’Alex, nous nous sommes rendus le lendemain à la Mitad del mundo. C’est à cet emplacement précis qu’une équipe française géodésique, composée de physiciens, mathématiciens, géographes, emmenés par Charles de la Condamine et Pierre Bouguer déterminent l’emplacement précis de l’Equateur. Initialement ces expéditions géodésiques françaises sont organisées par l’Académie des sciences dans la première moitié du 18ème siècle, sous le règne de Louis XV pour confirmer et infirmer la théorie de Newton affirmant que la terre ressemble à une sphère aplanie au niveau des pôles. Deux expéditions, une au pôle nord et une en Equateur sont organisées. Cette partie de l’empire espagnol est choisie en raison de son climat, jugé plus clément que celui de l’Afrique Equatorial.


L’équipe sera en partie décimée (maladie, accident, embuscades), mais les conclusions des relevés géodésiques et astronomiques viennent finalement confirmer la théorie newtonienne. De plus, c’est en définissant précisément que la ligne séparant la terre en deux demi sphère égale passe par cette région de l’empire espagnol, que les républicains, lors de l’indépendance en 1809 décident de prendre le nom d’Ecuador.


La ligne est aujourd’hui tracée à quelques 50 km du centre de Quito. Les relevés de l’époque se révélèrent très précis, puisque la ligne imaginaire définie par les scientifiques français il y a 3 siècles se trouve seulement à 200 mètres au sud du tracé que le GPS moderne désigne comme étant l’équateur. Un monument célèbre le travail des français. Arrivé un peu tard sur zone, enveloppé dans la brume et les nuages, nous prenons le temps de lire tranquillement toutes les explications sur le lieu.

A cheval sur le monde !


Nous nous arrêtons devant une balance qui nous rappelle que notre poids varie selon que l’on se trouve sur un pôle ou sur l’équateur. En effet, le poids traduit la force de la pesanteur terrestre sur une masse (ma graisse, qui elle ne varie pas !). Or cette force de la pesanteur diminue à l’équateur car la distance au centre de la terre est plus grande, si bien que sur ma balance installée en France je pèse 78 kg, mais à Quito je ne pèse que 77,750… génial non !


Fort de cette conclusion heureuse, nous rentrons sur Quito sans tarder, pour aller nous régaler d’un repas chinois abondant. Une importante communauté taiwanaise s’y est installée après la fin de la seconde guerre mondiale.

9
août
9
août

Nous sommes désormais rendus à la mi-aout, et nous nous rendons compte avec horreur que nous devons retrouver Emeline et Erwan aux alentours du 3/4 septembre à Cuzco. Soit près de 3 700 km en 15 jours. Ça fait tourner la tête. Ni une ni deux, nous sortons nos guides et concoctons un itinéraire aux petits oignons dans le but de nous faire traverser l’Équateur et le nord Pérou en un temps record.

Pour descendre rapidement nous visons Quito à près de 710km de Cali, en faisant étape par Popayan puis San Juan de Pasto, nous préférons éviter de croiser cette frontière de nuit puis-qu’aucun bus ne permet de trajet direct.

Après quelques heures de bus -nous finissons par êtres habitués- nous voici à Popayan. Petite ville charmante mais dont nous ne pouvons pas dire grand chose, nous n’avons pas le temps d’y faire grand chose si ce n’est déambuler dans ses rues le temps d’une journée de repos.

C’est une ville tranquille, au centre historique charmant. Les maisons toutes blanchies lui donnent une cohérence et un aspect lisse comme on a rarement pu le voir. Nous avons l’impression d’une charmante ville de province où il fait bon vivre, au rythme plutôt détendu. Popayan s’est autoproclamé ville la plus belle de sa région, on y croit facilement.


Seul événement notable une expérience culinaire dans une boutique spécialisé dans le quinoa, nous testons des jus/desserts à base de la fameuse céréale. C’est un échec. On peut faire plein de choses avec c’est une évidence, mais les desserts ce n’est pas trop ça…

Mais nous repartons aussi sec cette fois en direction de San Juan de Pasto, on tourne autour des 6h de bus. On pensait pouvoir visiter un peu mais finalement nous arrivons trop tard pour faire quoi que ce soit. La journée du lendemain sera entièrement consacrée à la traversée de la frontière Équatorienne.

Car sachez que ce n’est pas simple, nous devons prendre un bus jusque Ipiales. De là prendre un mini collectivo jusqu’au point frontière. On tamponne la sortie côté Colombien, on traverse le pont au dessus de la gorge puis l’on tente de faire tamponner l’entrée côté Équatorien. Ici commence la rigolade : on nous somme de déposer nos sacs et bagages dehors, près de la porte du bâtiment. Vous vous en doutez, nous voilà déjà moyennement rassurés, surtout que le vigile en poste semble manquer de vigilance… Bref, nous faisons la queue pendant près de 45 min, nous assistons atterré au balais des employés qui passent d’un poste à un autre pour se parler un peu, tapoter quelques petites choses sur leur clavier, pointer avec leur badge … puis repartir dans ce que nous supposons être une sorte de salle commune. Autant dire qu’avec seulement 2/3 employés grand maximum qui travaillent en même temps sur la demi-douzaine de présent, ça n’avance pas vite. Surtout que si vous avez le malheur de sortir votre téléphone, vous vous faites engueuler par les vigiles, ambiance (ça explique l’absence de photos).

Le Pont de la rivière Kwaï, ou presque 

Le clou du spectacle reste le moment où une des agents vient prendre en photo le bureau. Nous voyons donc hallucinés plusieurs employés sortir de leur salle pour prendre place derrière un guichet pendant qu’on fait avancer la file pour qu’il y ait une personne devant chaque. Hop hop on prend 3/4 clichés pour montrer que tout fonctionne bien et qu’on est assidus au travail et aussi sec tout le monde retourne dans la salle à l’arrière pendant qu’on nous renvoie dans la file d’attente… Totalement hallucinant.

Bref, notre passeport est visé et nous retrouvons nos sacs rapidement pour tenter de poursuivre le voyage. Du poste frontière, il nous faut prendre un autre collectivo direction Tulcàn quelques kilomètres plus loin. De là, nous pouvons enfin prendre un bus en direction de Quito.

Cette épopée de seulement 300 km nous aura pris la journée entière. C’est dans ces moments-là que l’on regrette l’UE, Schengen et nos facilités de transport. C’est quand même bien pratique quand on n’a pas besoin de s’arrêter pour traverser une frontière.

3
août

La saison de la reproduction des baleines sur la côte pacifique débute en juillet. Quand nous prenons la route de Buenaventura, seul grand port colombien sur la côte pacifique, nous espérons fortement que nous pourrons observer ces fascinants cétacés. Si elles seront bien au rendez-vous c’est surtout cette côte absolument magnifique qui aura marqué nos esprits.

Tenter l’aventure sur la côte pacifique ne fait pas partie des sentiers balisés des tours opérateurs. Buenaventura est connu pour rester une des agglomérations les plus dangereuses de la Colombie. Trafic de drogue, grande pauvreté, un certain enclavement, tout concourt à ce qu’il ne faille point trainer ses guêtres dans les environs. Guide et amis nous l’ont répété, on ne sort pas des environs du quai touristique. Nous n’en avions, de toute façon, pas l’intention. En arrivant sur la ville, constatant effectivement le caractère interlope des lieux, nous nous en sommes tenus à chercher sans attendre les bateaux pouvant nous emmener à proximité de la baie de Malaga, sanctuaire naturel pour toutes les grandes et petites bêtes de l’immensité bleue.

Des contrastes, encore des contrastes 

Deux villages installés à l’entrée de l’immense baie, Juanchaco et Ladrerillos, sont les deux refuges dans lesquels les touristes aventuriers peuvent se rendre. Une lancha rapide vous y mène en moins de deux heures. Nos couchsurfer de Cali nous avait prévenu du risque de se faire littéralement tremper, et donc de protéger tout ce qui était potentiellement fragile. Bien mal m’en a pris, parce que, non seulement aucune goute d’eau ne m’aura effleurée, mais j’ai surtout manqué de photographier la côte que nous avons longée. La lumière dorée de la fin d’après midi était juste époustouflante. Elle illuminait les falaises, au bord desquelles une nature incroyablement luxuriante manquait de tomber dans le vide.

Malgré le temps parfait, les plantes semblent avoir des tendances suicidaires. L'appel du vide ?

Arrivés sur Ladrerillos, nous demandons à une épicière où se trouve tel hôtel, conseillé par le guide. Elle me promet de me montrer l’endroit, mais à la condition que nous considérions les petites cabanes qu’elle possède elle même ! Encore une qui a le sens des affaires. Après quelques minutes de négociation, et une baisse du prix, déjà modique, nous finissons par accepter. Juste avant que le soleil ne se couche nous filons vers la plage, installée plein ouest pour profiter du coucher de soleil, pour se baigner et nous rafraîchir de l’ambiance particulièrement moite du pacifique équatorial.

l'embarcadère de Juanchaco, à l'entrée de la baie de Malaga

Après une bonne nuit, cap sur la baie de Malaga, particulièrement profonde et donc propice à la reproduction des baleines à bosses. Cette immense baie est devenue récemment une réserve protégée quand le projet d’y créer un port en eau profonde (plus adapté que celui de buenaventura) a été mis sur la table. Les quelques habitants du coin se sont organisés et demandés à l’État la création d’une réserve naturelle pour préserver l’endroit. Réussite pour l’instant.

camaïeux de verts sous un soleil de plomb 

Les baleines viennent se reproduire ici, et après les 12/13 mois de gestation, reviennent sur le lieu de l’accouplement, pour mettre au monde leur petit. C’est d’ailleurs grâce aux baleineaux, dont le système respiratoire n’est pas encore très développé que nous pouvons les repérer. Ils doivent rester à proximité de la surface pour pouvoir respirer. La maman, elle, veille au grain en dessous, et ne remonte que toutes les 20 à 30 minutes. Nous avons eu la chance de les voir de très près. C’est assez impressionnant quand l’immense masse sombre (la mère) remonte à la surface et finit par sortir. C’est moby dick sous les tropiques ! Le petit nous a même fait le plaisir de sauter une ou deux fois et de sortir le museau pendant quelques secondes. Trop rapide néanmoins pour mon appareil photo !

Forcément un animal marin vu depuis la surface, est peu visible... 

et Maman ! autrement plus massive

Nous sommes partis ensuite tout l’après midi avec deux, trois autres personnes au fin fond de la baie pour allez voir plusieurs cascades où nous avons pu nager et sauter, pour finir sur une plage de sable blanc, la seule du coin, où le sable est plutôt noir. En revenant nous avons eu la chance de voir quelques dauphins qui nous ont accompagné au loin quelques minutes.

Au niveau des cascades curieux mélange de température et de salinité des eaux que semblent apprécier les nombreux crabes  

Pour nous reposer de nos aventures, nous avons fini sur la plage de ladrerillos à boire un coco loco (la noix de coco qui rend fou !), une coco fraiche dans laquelle Fernando a versé moult rhum et sirop de sucre, pour être sûr que ça vous pose pour l’heure à venir, dans une position béate, devant la beauté du couché de soleil ! inoubliable, on vous dit !

26
juil

Autant Medellin nous aura irrémédiablement rebuté, autant Cali aura su déployer sous nos yeux d’innombrables charmes. La 3ème grande ville du pays, réputée pour son métissage et la proportion plus importante de population noire, est un bouillon de culture. Installée au pied des derniers contreforts andins avant le pacifique, la ville profite d’un climat que nous qualifierons de parfait. Estival toute l’année, les températures dépassent rarement les 35° et ne baissent que très exceptionnellement en dessous des 20°. La fraicheur nocturne agit comme un idéal contrepoint à la chaleur relative de la journée.

C’est dans cette ambiance que la ville s’est développée, traversée par pas moins de 8 cours d’eau, de petite taille, mais qui apportent à l’organisation urbaine, l’occasion de souffler un peu, et de ménager de grands espaces arborés.

C'est beau, non ?

Cali est une ville de mélange à tous niveaux. C’est une des rares agglomérations que nous traversons où nous pouvons voir des quartiers aux buildings impressionnants, côtoyer des églises vieilles de plusieurs siècles, tandis que quelques rues plus loin vous avez le choix entre les maisons classique de l’Amérique du sud en briques rouges d’un ou deux étages à l’aspect non fini ou recouvert de fresques, et des demeures de type plus coloniale, colorée et mieux entretenues. Il y en a pour tous les goûts.

Les bâtiments officiels de style colonial ont toujours du cachet 

Pour profiter au mieux du panorama de la ville nous décidons de monter jusqu’à Tres Cruces, colline dominant Cali sur laquelle trônent trois énormes croix (le nom a du vous mettre sur la piste), ainsi que des antennes de communication et télévision, un parc sportif et une base militaire. Eh oui, on ose tous les mélanges à Cali ! Tout le monde nous explique qu’il faut partir tôt le matin, à cause de la chaleur. En regardant furtivement la dite colline, notre courage s’est un peu rétrécis et nous privilégions donc le taxi. Une fois en haut, après une montée d’une bonne vingtaine de minutes, le panorama est tout à fait superbe. Le soleil se couche déjà derrière les autres montagnes avoisinantes et nous redescendons.

Ça ne se voit pas, mais il y a des néons bleu flashy sur les croix, ambiance disco-techno 

C’est alors que nous observons que la voiture devant nous s’est arrêtée un peu brutalement. En s’approchant, nous comprenons par les échanges entre conducteurs, qu’il y aurait plus bas des coupeurs de route armés. Il s’agit généralement d’un duo installé sur une moto qui bloquent les véhicules pour braquer les occupants, arme à la main. L’atmosphère c’est d’un seul coup légèrement refroidi. Nous qui nous réjouissions d’être parvenu à faire mentir tous les clichés de violence avec nos deux amies, voilà que le sort nous jouerait un mauvais tour. Pour bien nous faire comprendre que l’on ne rigole, mais alors plus du tout, le chauffeur nous demande de remonter illico les fenêtres et de verrouiller les portes. Apparemment la police ou les militaires ont été prévenus et devraient arriver, on nous explique que c’est en raison de braquages répétés que la base militaire a été installée.


Finalement après plusieurs minutes d’attente et alors que nous sommes rejoint par une troisième voiture, nous nous élançons sur la piste à un rythme soutenu pour sortir de la zone à risque. Au final nuls coupeurs de routes, même si quelques mètres plus loin, le chauffeur nous montre deux gars, assis près d’une moto, semblant deviser paisiblement. Menace réelle ou coup de flip, le simple réflexe de nos chauffeurs est en soi significatif du climat pesant et dangereux qui a existé des années auparavant. A Santa Marta, les motos taxi ont interdiction de prendre des hommes en selles, trop synonyme des années noires et des règlements de compte à moto. Toujours est-il que nous n’avons rien vu et que la société fait tout pour éviter aux touristes de mauvaises rencontres.

Cali, s'étend au pied des montagnes et s'élance au loin vers les fleuves nourris par leurs eaux.

La vue depuis ces hauteurs ne donne néanmoins qu’une idée très partielle de l’ambiance de la ville. Car comment parler de Cali sans parler de la salsa ? C’en est un des berceaux, sans doute le plus célèbre, qui a fondé sa renommé sur un style bien à part, qualifié de salsa pegada (collé serré). Comprenez une salsa survoltée, plus rapide qu’une salsa classique, qui se danse dans un corps à corps sensuel. C’est sur les conseils de Viviana (Caleña de naissance, que nous avions rencontré à Riohacha) avec qui nous avons passé notre première soirée dans un bar historique et des plus typiques, que nous allons le lendemain trémousser nos hanches au Tin Tin Deo, temple local de la danse. Le début de soirée est des plus tranquilles, ce qui nous permet d’observer les quelques couples déjà sur la piste. Tentatives d’analyses et d’apprentissages des pas, pendant que nous sirotons un cocktail.


On en profite pour faire une rapide sociologie de la salsa, n’importe qui peut danser avec n’importe qui, il semble plus que malpolie de refuser une invitation à danser. Si l’on danse serrés l’un à l’autre ce n’est pas pour autant qu’il y a « contact » ou une intimité partagée. Entre danseurs qui ne se connaissent pas c’est à peine si les regards se croisent, chacun fait ses pas, et dès que la musique s’arrête on se sépare en échangeant à peine quelques mots. Du côté des couples officiels, c’est bien plus intéressant. On voit certains danseurs le sourire aux lèvres se donner à fond, et là on a vraiment envie de pouvoir faire pareil. Une remarque en passant, qui vaut pour pas mal d’autres endroits de Cali que nous avons pu arpenter, on observe une assez bonne mixité entre caleños et touristes, un bon 60/40, avec des Gringos qui s’essaient à la danse le tout dans une bonne ambiance. Après deux bonnes heures et vu notre incapacité à danser nous décidons de rentrer, surtout que la rencontre avec des jeunes française de notre hostel nous pousse à fuir. Dieux qu’elles étaient bêtes !


Quelques mots sur l’hostel : un lieu très clairement pour des jeunes qui veulent avant tout faire la fête, draguer et conclure de préférence entre touristes. Des touristes qui considèrent comme une bonne aventure de se faire arrêter par la police alors qu’ils sont en possession de drogues et d’avoir à acheter les policiers pour ne pas se faire embarquer. Autant dire que nous n’avions que peu d’atomes crochus avec les personnes ici présentes, a priori plus intéressées par la bronzette en bord de piscine que par la ville elle-même…

La piscine, ou "grill à gringos"

Toujours est-il qu’il est temps pour Julia et Laetita de repartir, pour une chose atroce appelée « travail ». On ne peut que frissonner pour elles en imaginant les horreurs qui les attendent. De notre côté, nous poursuivons à Cali mais cette fois en Couchsurfing histoire d’économiser un peu. Nous atterrissons donc chez des jumeaux habitants dans le sud de Cali près des universités. L’occasion d’échanger avec des locaux sur l’éducation, l’économie, la politique etc. Nous fûmes reçu comme des rois, chambre à part, nourris, logés et blanchis aux frais de la princesse, nous nous sentions obligés de montrer nos talents de cuisinier pour remercier nos logeurs. Nous avons donc pu les ébahir avec un bœuf bourguignon et une tarte au citron meringuée. Comme quoi le soft power de la gastronomie française reste puissant.

Excusez la qualité, la photo n'est bien évidement pas de nous. 

Profitant de nos charmants guides nous arpentons la ville et d’autres quartiers inconnus, certains bars, le campus de leur université (à 30 ans ils sont toujours étudiants ! Le système Colombien semble obscur, cher et complexe) ou nous faisons gouzi gouzi avec les iguanes intéressés par notre repas. Mais surtout nous avons fait une sortie jusqu’au rio pancé, petite rivière d’eau claire, idéale pour accueillir nos bavardages. L’eau de montagne est fraiche… de quoi raffermir nos chairs.

On a du se battre avec l'iguane pour pouvoir manger, les shoushou et autres pristou ne furent pas d'une grande efficacité... 

En somme Cali est une ville vraiment agréable, dynamique et accueillante où il fait bon vivre. Ce qui explique pourquoi nous y avons passé tant de temps. Mais son magnétisme ne nous a pas empêché de faire une dernière virée colombienne avant de partir en direction de l’Equateur, une bordée vers la côte et ses baleines !

24
juil
24
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Publié le 5 septembre 2017

Nous savions que pour rejoindre Manizales depuis Jardin, au moins 5h allaient être nécessaires. Vu les montagnes qui nous environnaient, nous pouvions même nous douter qu’il allait y avoir grimpette, virages et peut-être même quelques précipices. Nous n’avions pas relevé le terme qu’avait utilisé Gladys le matin même, pour parler du Bus qui ferait le trajet. J’avais compris le terme de « chiva » mais je ne voyais pas bien ce que la divinité indoue pouvait bien avoir à faire dans cette galère.

Il aurait fallu nous prendre en photo quand nous avons vu arriver ça :

un carnaval 

Ce mastodonte que nous avions déjà vu circuler dans la ville semblait convenir davantage pour visiter une ville comme tous les bus touristiques panoramique, ouverts aux 4 vents. Eh bien non, il s’agissait bien de notre mode de transport tout terrain pour les 4 heures à venir. Regardez comme on sourit.

voyez tout le monde sourit, même le garçon qui fait du photo bombing en arrière plan ! 

C’était avant que la piste remplace l’asphalte. Comme toujours dans ces moments là, où l’on ressent comme un léger décalage culturel, lorsque l’incrédulité le dispute à la révolte, on observe autour de nous, nos compagnons de route, stoïques, heureux, semble-t-il, de voyager au grand air. Alex et Julia discutèrent assez longtemps avec leur jeune voisin qui expliqua qu’il voyageait ainsi régulièrement avec sa tribu, pour visiter les grands parents installés à Jardin. Et alors on relativise, on se dit qu’ici c’est normal.

évidemment plus on monte, plus la vue est engageante ! 

Enfin Manizales s’offrait à nous. Perché à plus de 2 000 mètres d’altitude, cette grande ville riche, dotée d’une immense mairie (collectivité territoriale quand tu nous tiens) règne sur la région du café. Après avoir pris possession de nos quartiers dans une belle auberge de jeunesse, bien équipée et confortable, et avec la perspective d’y rester trois nuits (une éternité), nous nous précipitons dans une finca, exploitation de café.

paysage escarpé, les pentes sont recouvertes de caféiers. 

Le climat de la région, à la fois chaud (mais pas trop), humide (mais pas trop) convient apparemment très bien à ces arbustes aux feuilles vernissés, couverts de petites boules plus ou moins rouges. Il faut deux ans pour qu’un arbuste, issu d’une graine de café vienne à maturité et offre sa première récolte. Il sera très productif pendant 5 ans, mais comme il pousse un peu trop vite, il devient trop grand, et ne convient plus à une récolte à hauteur d’homme. On le coupe alors, 10 cm au dessus de la racine, jusqu’à ce qu’il repousse selon le même cycle. Au delà de 21 ans on le coupe définitivement en raison de l’épuisement progressif de la plante.

Nous nous essayons à la cueillette, au milieu d’arbustes déjà âgés, dépassant les 2m. On comprend alors facilement le calvaire de ce métier de peine, que des saisonniers viennent accomplir lors des deux récoltes que la vigueur de la plante et le climat autorisent. Il faut s’enfoncer dans le bosquet, se frayer un chemin au milieu des branches qui vous giflent, sur des pentes extrêmement forte, et sans assurance de ne pas se faire piquer par un serpent. Le tout sans perdre jamais la cargaison de petites boules rouges dont vous remplissez un petit panier tressé. Les cueilleurs sont payés 500 COP par kilo ramassé (environ 13 centimes d’euros), les plus vaillants parvenant à dépasser les 200 kg ramassés par jour !

notre cueilleuse qui n'a pas encore atteint son objectif de 200kg 

La fleur blanche du caféier dégage un léger parfum, proche du jasmin, et une fois la première et épaisse peau enlevée, on avale la gousse entourée d’une fine pulpe, légèrement sucrée. Une fois récoltée, la peau des gousses est enlevée mécaniquement, on sépare les bons des mauvais grains selon qu’ils flottent ou non dans l’eau. Les premiers, lourds, au fond du bassin constitueront la première qualité, promise à l’exportation. Les deuxièmes, allégés par les petits trous réalisés par des insectes, serviront à préparer du café instantané. Je vous passe les autres étapes, jusqu’au séchage, dans un grand four, duquel sortira les gains, presque comme nous les connaissons, il ne restera plus qu’à enlever la petite peau, jaune, tirant sur le vers, selon l’humidité de la graine.

Nous avons enfin droit à un cours de dégustation. On y apprit notamment que l’arôme du café dans une machine à espresso différera très fortement selon la durée qu’on prendra à faire couler l’eau par le percolateur, en raison de l’augmentation progressive de la température d’une part et le volume d’eau passé par le café moulu. Si vous avez un percolateur à la maison, je vous invite à faire l’expérience. Otez d’abord votre tasse 12 secondes après avoir commencé de faire couler l’eau. Faîtes la même expérience en laissant couler l’eau 6 secondes de plus et comparez. De même si on laisse couler le café 6 secondes avant de mettre sa tasse, on constatera encore que le café a un autre gout. Ça vous en bouche un coin… et puis saviez vous que la petite mousse que nous aimons tant au sommet de notre tasse n’existe que grâce à la torréfaction, qui consiste avec faire toaster les grains avec du sucre… et moi qui croyait que mon café n’était calorique qu’à cause des deux sucres que j’y adjoint invariablement ! La torréfaction est d’ailleurs semble-t-il une spécialité française, italienne et en partie espagnole. Ailleurs on ne fait que le toaster, sans additif…

on est fiers avec nos diplômes ! 

Mais Manizales nous réserva d’autres découvertes. Vous l’avez sans doute perçu, c’est moins la ville assez moderne, sans cachet que la nature environnante qui mérite attention. Plusieurs parcs naturels, à la lisière de l’agglomération sont particulièrement prisés par les promeneurs du dimanche. Nous jetons notre dévolu sur le Recinto del Pensamiento. Nous sommes accueillis par un guide charmant, qui nous promènera dans le parc près de 2 heures. C’est surtout sur les orchidées que nous nous arrêterons. De toute taille, couleur, elles pullulent sur les lieux. Les épiphytes, accrochés aux arbres sont mes préférés.

Mais Manizales brille aussi par la variété de sa faune, notamment par les milliers de Colibris qui s’ébattent au milieu des fleurs. Ce petit oiseau qui dépasse rarement les 10 cm de longueur a le cœur suffisamment solide pour battre jusqu’à 1200 battements par minute et sans extasy ! Ses ailes sont alors si rapides qu’elles lui permettent un vol stationnaire, comme un hélicoptère, bien pratique pour plonger sa longue trompe et récupérer le délicieux suc caché au creux des fleurs.

Nous finirons notre journée par un passage dans les thermes, alimentés en eau soufrée dont regorge cette terre volcanique. Un petit moment de détente bien mérité, n’est-il pas ?

22
juil
22
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Publié le 1er septembre 2017

Nous quittons Medellín soulagés, pour le premier long trajet en bus de nos comparses : c'est parti pour 5 petites heures à travers la montagne, les arrêts à tout bout de champ et les armées de vendeurs ambulants. On regretterait presque la SNCF...

Une légère grogne s’élevant dans les rangs, rien de telle qu’une arrivée à Jardin sous un orage avec sons, lumières et trombes d’eau pour nous calmer. Les grandes eaux de Versailles font pâles figures en comparaison. Nous fonçons nous réfugier dans un bar, une bière saura nous remettre d'aplomb. Une fois n'est pas coutume, notre logement est à l'extérieur de la ville, à quelques bons 10 minutes en moto-ratones le tuktuk local. Mais sans l’effet de surprise le trajet est plutôt agréable, assis sans risque de chute on profite du vent dans les cheveux.

La montagne triangle, elle semble prête à déchirer le ciel.

Nous arrivons donc chez notre logeuse Gladys. Charmante sexagénaire, dont la beauté légèrement fanée laisse supposer une sacrée croqueuse d'hommes, ou de femmes, en son temps. Sa maison de type ecolodge est ouverte aux quatre vents, on vous a dit qu'elle était un peu hippie sur les bords ? Ce premier soir il fait un peu frisquet, nous allons donc nous coucher après un dîner frugal et un cocktail maison à base de rhum, maracuya et piña. On combat le coup de froid avec des remèdes locaux !


Et au matin, stupeur et ébahissement. Le simili dortoir où nous sommes ouvre sur deux terrasses de chaque cote de la demeure avec une vue magnifique sur les montagnes et la forêt. La salle de bain donne du même coté et on peut se doucher au bruit des oiseaux et du torrent qui passe plusieurs mètres plus bas, tout en contemplant la vallée et sa végétation.

A droite c'est le lit où nous avons dormi ! Bon soyons honnêtes, les matelas étaient pourris.

Nous descendons dans la cuisine pour un petit déjeuner bien riche, avec café maison - enfin ! La porte ouvre sur le jardin potager, ou mûrissent bananes et autres fruits exotiques, pendant que les abeilles butinent et que les oiseaux chantent. Un vrai coin de paradis !

Il est mignon ce petit potager face à la forêt hein ? 

Glawdys, accompagnée de son neveu et de sa belle nièce nous apprennent que nous tombons en plein pendant le festival de cinéma de Jardin, 2e édition. Ceci explique la pénurie de logement en centre ville, tant mieux pour nous ! Nous en profitons pour nous renseigner sur les activités du coin. Choix est fait, ce sera une journée de balade !

Direction une petite cascade un peu plus bas dans la vallée, sans être incroyable elle fait son petit effet. Surtout les deux jeunes demoiselles qui se prennent pour des ondines en plein shooting photo, il se peut que nous ayons gloussé un peu méchamment à leur vue. Mais pas le temps d’écrire une satyre sur la société du paraître, nous revenons sur nos pas direction un Christ Roi ! En effet, tout village digne de ce nom se doit de planter des croix ou/et des christ sur les sommets environnants.

Simon prend des photos comme un vrai voyeur, caché dans les feuilles. Nos ondines sont bien plus belles !

Nous marchons donc à travers de verts paysages, succession de forêt type tropical et pâturages digne de la Normandie, mêmes les vaches sont de la partie. Quelques oiseaux volent de ci de là, notamment des vautours assez imposants, mais rien qui puisse ternir cette belle journée. Nous croisons des cyclistes… a pied. Il faut dire que ça commence à monter, bon ce sont surtout des feignasses, quelques mètres plus loin nous en croisons d autre alors qu'ils arrivent au sommet d’une sacrée cote, geignant et suant à grosse gouttes. Ça c'est du sport et l’esprit du Tour de France – dont d’ailleurs les colombiens semblent fans ! Après quelques encouragements, nous descendons guilleret et le pied léger cette fameuse côte direction le Christ. Sur place déception : ce n'est pas un christ mais une simple croix... le christianisme se perd.

Pour nous remettre de nos émotions et avant d’attaquer la descente vers Jardin – descente à pied ! Le téléphérique est en panne ou fermé pour une raison obscure – nous nous arrêtons le temps de profiter d’un jus de fruit frais, avec vue sur la vallée, la ville et son église imposante.

C’est parti pour une rapide descente, le long d’une crête en longeant champs de café, plants de bananes et une charmante rivière, le tout accompagné d’un chien de passage.

Arrivée en ville, nous voyons tout de suite le changement d’ambiance : la place centrale est noire de monde, les bars et restaurants ont prit d’assaut le moindre espace libre quand ce ne sont pas des vendeurs de nourritures et autres spécialités locales qui sont installés. La foule est des plus hétérogènes, famille locales, familles riches de Medellín en villégiature, festivalier de tous âges et étudiants en cinéma aux looks plus « grunge ». Le temps d’un week-end Jardin devient « the place to be» où il faut voir et être vu.

A l'heure de l’apéro, c'est noir de monde ! 

Étant donné que nous ne nous sentons pas d’aller voir du cinéma plus ou moins indépendant colombien tout en espagnol, nous optons pour un tour en ville. Bonne idée, celle-ci est charmante. Les maisons blanches ont toutes une bande de couleur avec ou sans motifs sur la partie basse des murs. Celles à étage colorent les boiseries des balcons.


Nos déambulations finissent par nous amener devant la médiathèque de la ville, qui abrite une exposition temporaire centrée sur Richard Evans Schultes. Sachez que le bonhomme a passé près de 40 ans à sillonner les jungles et forêts de Colombie, recensant des milliers d’espèces tant animales que végétales. Il fera notamment connaître le páramo, cette forêt d’altitude particulière des Andes, mais nous vous en reparlerons plus tard. C’est donc une succession de clichés tant sur les populations des zones qu’il étudiât que de plantes emblématiques, et dudit Richard dans ses diverses explorations, ca ne se voit pas bien mais il était plutôt bel homme. Le pauvre succombera à une maladie due à une carence en vitamine B.

Fort de ce moment culturel intense, nous rentrons de nuit chez notre logeuse mais cette fois à pied ! Les 25 petites minutes se transforment assez logiquement en près de 50 minutes, nous commençons à nous habituer à la méthode très colombienne de calculer le temps de trajet…

Une dernière nuit à taper le carton dans ce coin de paradis, où tant la nature que la ville est belle, avant de reprendre la route en direction de Manizales, toujours plus loin vers le sud.


20
juil
20
juil

Changement d’ambiance radical : nous quittons la côte direction la montagne, le but étant de s'approcher de la région caféière.

Que dire de Medellín ? Disons que le coup de foudre n'est pas au rendez-vous. Medellín est une grande ville, une ville dynamique, de commerce. Les gens vont vite, la circulation est dense comme l'urbanisme, les bâtiments sont gris, fiers blocs de bétons dressés. C'est une ville dure à l'image de ses habitants, il faut s'accrocher et serrer les dents si on ne veut pas se retrouver sur le carreau. Sûrement une ville trop dure après nos quelques jours dans la belle et calme Carthagene...

impérieuse citée au fond de sa vallée

Pour tâcher de nous acclimater à la ville, petite balade dans son centre et notamment vers la place Botero (du nom de l'artiste, celui qui peint/sculpte de gros personnages). Outre les sculptures, l'immense Palacio de la Cultura Rafael Uribe Uribe impose sa présence, tout de noir et de blanc.

Le tout pourrait être agréable entre les arbres et les sculptures, mais les divers vendeurs plutôt agressifs et passants à l'air drogués et/ou alcoolisés ne rendent pas les lieux très accueillants. On ne se sent pas à l'aise, sentiment global dans cette ville. Heureusement, alors que nous allions quitter la place, une chorale de jeunes et moins jeunes s’installe sur les marches du Museo d'Antioquia. C'est parti pour une heure de chant, avec une flopée de classique de la musique latine, pour être honnête nous n'avons absolument rien reconnu. Enfin un peu de douceur dans cette ville qui va à cent a l’heure.

Puisque la ville ne nous réussit pas, nous visons la nature. Direction le Parque Arvi, situé à quelques kilomètres au nord de la ville. Occasion pour nous de prendre le fameux métro aérien de la ville, des plus modernes, pour enchaîner sur un téléférique, de loin notre mode de transport préféré.

L’occasion de voir défiler d’autres quartiers de Medellín, malheureusement la majorité ressemble à un bidonville amélioré, de loin en tout cas. Il est évident que la richesse de Medellín deuxième centre économique du pays, notamment par son industrie textile, ne profite pas à tout le monde. Alors que les nombreux junkies, très présents, semblent préférer, seringue a la main, l’héroïne a la cocaïne, on se demande à peine, à quel point la ville porte encore les stigmates des guerres des narcotrafiquants et des violences de Pablo Escobar alors que cette histoire a déjà plus de 25 ans...

Toujours est-il que nous montons encore et toujours pour sortir de la vallée et avancer vers le cœur du parc. Un repas un peu lourd dans l’estomac comme savent les faire les Colombiens et nous voici sur les chemins sans aucun balisage du parc. Nous voici donc à errer entre diverses routes et sentiers sans noms, espérant vainement finir par trouver la balade qui nous intéresse. Il est évident que le parc est davantage destiné au citadin motorisé, qu'à celui qui préfère ses petons. Alors que nous avions enfin trouvé balade à notre gout, nous nous retrouvons, sans prévenir, hors de la piste sans aucune idée de la direction à suivre. Les autochtones semblent s'amuser à nous donner des informations contradictoires et ce n'est qu’après plus de 4 heures de marche, alors que nous étions partis pour une balade d'une petite heure, que nous nous retrouvons enfin à notre point de départ à cote de la télécabine. Cette balade nous aura amené dans des zones du parc rarement explorées, et si le ciel fut souvent couvert au moins n’avons-nous pas reçu des trombes d’eau sur la tête. Il faut positiver...

peu de photos, car ciel gris et pas de paysage inoubliable 

Pour nous remettre de nos émotions, nous faisons une virée au Versalles (rien à voir avec notre merveille architecturale, notre franco-centrisme en prend un coup) pour nous empiffrer de pâtisseries. Surprise à notre sortie, sur la place située à quelques pas, stationnaient un nombre inquiétant de policiers nous faisant craindre le pire. Benêts que nous étions ! Ils étaient en fait réunis pour répéter leur parade du lendemain, jour de la fête nationale Colombienne ! Nous avons pu les voir faire des tours de place aux premières loges : sachez que les pompiers ne savent pas marcher au pas, que les xylophones portables font un bruit ahurissants et que leurs instrumentistes ne sont pas des rigolos.

Pour notre troisième jour nous tentons une approche mixte, à savoir une sortie au Cerro Nutibara, un des nombreux mamelons, transformé en îlot de verdure et de culture au centre de la ville. Pour le côté culturel, plusieurs options. Un petit musée dédié à la ville, présentant une expo temporaire sur l’art urbain ou les tags pour être plus clair. Pour plus de pittoresque, la reproduction d’un ancien village antioqueño, rien de bien folichon mais le soleil aidant les couleurs sont plutôt sympathiques. Sinon plusieurs itinéraires thématiques sur les versants du mont, nature, art, sport il n’y a qu’à faire son choix.

Ce qui vaut vraiment le coup d’œil c’est le panorama. Tout d’un coup s’étend à nos pieds la ville, immense, trépidante, bruyante et grouillante. Les buildings s'échouent vague après vagues sur les versants de la vallée, l’image d’une ville pleinement lancée dans la course au développement, quitte a laissé se noyer une partie des concurrents.

Medellín a la nuit tombée, vision d'artiste !
16
juil

La réputation de la grande Carthagène des indes n’est pas usurpée. Principal comptoir colonial sur la côte caraïbe, la ville est installée sur une presqu’île, protégeant la baie où s’installera le port, par lequel le royaume d’Espagne écoule toutes les marchandises et minerais issus de l’arrière pays. L’opulence de la ville enceinte de haut rempart pour résister au harcèlement des flibustiers anglais apparaît intact encore aujourd’hui. C’est bien la première fois dans notre voyage que nous pouvons observer la préservation d’un tel héritage culturel sur un aussi grand périmètre.


On plonge immédiatement dans l’ambiance si particulière d’une ville coloniale, aux maisons colorées et aux balcons fleuris. L’influence européenne est directement sensible au travers du nombre de places, généralement arborées pour apporter un peu d’ombre à ceux qui s’y retrouvent.

Nous arrivons un dimanche, si bien qu’un certain calme réside sur la ville. Mais sur la place de la Aduana, autrefois dédié au contrôle des marchandises et au paiement d’une taxe commerciale, un attroupement surprenant attire l’œil. Des dizaines de personnes attendent, semble-t-il pour voter. Nous apprenons alors que c’est le jour du référendum organisé par l’opposition vénézuélienne, appelant à mettre fin à la répression politique et refusant l’élection d’une assemblée constituante, perçue comme le préalable à une dictature qui ne dit pas son nom. Il y a un certain télescopage entre la tranquillité de cette ville, installée depuis des siècles, offerte à l’œil paisible de touristes et l’urgence de tous ces vénézuéliens contraints à l’expatriation qui craignent pour leurs proches restés sur place.

1 million de vénézuéliens vivent en Colombie et des centaines traversent tous les jours la frontière

L’ensemble du voyage sera l’occasion de ce rappel à la réalité brutale de la violence politique. Il n’est qu’à voir le nombre de jeunes vénézuéliens, sans le sous, déambulant dans les transports publics à la recherche d’une obole, ou d’autres encore, installés aux carrefours routiers pour retirer de leurs talents d’acrobates de quoi survivre.

Passé ce rassemblement, nous poursuivons notre déambulation au hasard des rues, remarquablement conservées et entretenues. Chaque grande demeure, centenaire, cherche à se distinguer, ici par l’éclat des pigments de son crépi, là par la beauté des montants et du linteau en pierre des immenses portes, ou par la finesse des balcon de bois chantournés, toutes cherchant à affirmer, « c’est moi la plus belle ! ».

La lumière des tropiques écrase à peine les coloris d’un nuancier d’une grande variété. On a d’ailleurs pas peur des associations de couleurs que l’on pourrait qualifier d’osées. Ici le contraste fait loi.

Autre signe du raffinement et de la recherche d’ostentation, les heurtoirs en bronze rivalisent de finesse, s’inspirant parfois de la faune locale, parfois moins !

Nous tombons en fin de journée sur une procession à la vierge, rassemblant une grande foule. Heureuse de retrouver là les traditions corses (!) Laetitia nous invite à suivre le cortège, composé de familles, et marqué par la présence de beaucoup d’enfants très jeunes, spécialement habillés pour l’occasion. Notre experte es bondieuserie en déduit qu’il doit s’agir d’une fête dédiée à la protection des enfants. Nous finissons par siroter une bière à la terrasse d’un café, pour finir de voir passer le fameux défilé.

Du haut du rempart ouest, alors que le soleil se couche sur la mer des caraïbes, nous sommes pris dans les récits plus ou moins heureux de la conquista, fascinés par la richesse de la ville, assise sur la montagne d’or que le lucratif commerce entre l’empire et la métropole peut générer.

Les rues principales bruissent du flux des touristes du monde entier venus profiter d'un petit voyage dans l'imaginaire colonial, trop heureux de pouvoir enfin revêtir le complet en lin blanc chèrement acquis.

Une bulle où le temps, soudainement s'est figé.

14
juil
14
juil

Lorsque nous étions à Cabo de la Vella, dans l’un des nombreux minibus de transport nous avions échangés avec de jeunes néerlandais, notamment à propos de Taganga, gros village à une encablure au Nord de Santa Marta, juste à la limite sud du Parc Tayrona, spécialisé dans la plongé.

Il n’en fallait pas plus pour que les yeux d’Alexandre se mettent à briller d’une lueur inquiétante. Les deux semaines suivantes furent mises à dispositions pour égrener arguments subtils et insistances lourdes sur l’incroyable opportunité de passer notre certificat Open Water à Taganga. Les prix sont en effet moitié moins cher qu’en France, et étant à proximité du parc, il est possible de plonger dans des zones protégées avec quelques récifs coralliens.

Le groupe entier fini par céder et nous arrivâmes à Taganga avec un Alexandre souriant benoitement et de bien trop bonne humeur pour être honnête.

Il faut avouer que l’hostel sélectionné était effectivement de qualité, surtout que le combo plongée + hostel nous offrait une réduction toujours agréable. Nous voici donc au Divanga Hostel, lieu charmant reparti autour d’un patio occupée par une piscine. De chaque côté un toit terrasse, l’un tenant lieu de cuisine, l’autre de bar avec billard. La cuisine de l’hôtel, inspirée de recettes françaises (la propriétaire vient de chez nous) est de bonne qualité sans s’enflammer sur les prix. Quand a nous, lit en dortoir mais sans personne d’autre pour venir nous embêter. En somme des conditions royales !

Elle est pas belle notre piscine ? 

Que dire de Taganga, lui même, c’est un village sans grand intérêt autre que la plongée. Les bâtiments ne sont pas spécialement beaux, les routes non goudronnées, pas franchement animé et le guide met en garde contre l’insécurité qui peut y régner le soir. Un cadre pas franchement idyllique. De quoi justifier que nous passions nos journées dans l’eau et à l’hôtel. Selon Lonely planet, c’est l’exemple type de l’agglomération mangée par un tourisme non contrôlé et de masse, qui vient déséquilibrer la dynamique d’un village, transformant un petit paradis en un lieu un peu glauque. Bon une fois sur place, il faut franchement relativiser la question de l’insécurité. Sans remettre en doute le fait que le tourisme a dû enrichir une petite partie de la population, on peut difficilement croire qu’il s’agissait il y a quelques années encore d’un « petit paradis ». On peut plutôt penser qu’il s’agissait d’un petit village complétement dans l’ombre de Santa Marta, ni riche ni entretenu, qui ne doit d’être connu qu’à la manne du tourisme de plongée.

Mais concentrons nous sur le cœur du sujet : la plongée !

Bien entendu Alexandre excité comme une puce à cette idée avait piqué un manuel PADI Open Water à Riohacha pour potasser en avance. Le tout sera d’un intérêt plutôt maigre puisque nous passons par l’organisme SDI pour passer notre certificat. Au cas ou vous vous poseriez la question la plupart des organismes délivrant des diplômes de plongée sont en réalité de qualité équivalente, pour être habilités, ils doivent répondre de normes précises fixées par le Conseil International de la Plongée (ou un nom approchant). En somme de l’un à l’autre c’est bonnet blanc et blanc bonnet, question de préférence personnelle et de budget (PADI est beaucoup plus cher que SDI et consorts, quel que soit le pays).

Nous entamons notre stage par le visionnage d’une vidéo hautement éducative le tout en anglais. Nous sentons un léger flottement du côté de la gente féminine, l’idée de devoir travailler en vacances, et en plus en anglais... Heureusement au bout de 40 minutes à peine c’est terminé, rendez vous est pris pour notre baptême de plongé l’après midi à quelques mètres de la plage.

Admirez la flopée de gilets de sauvetage au séchage !

La première séance n’est pas des plus amusantes, loin s’en faut. Il faut apprendre à manier le matériel, porter bouteille, gilet, respirateur, masque, tuba et palmes jusqu’à la plage et le tout doit bien peser dans les 27 Kg ! Alexandre profite de son hernie pour se faire porter son matériel… l’hernie à bon dos comme dirait l’autre.

Voici ce à quoi nous ressemblons (avec le même air) quand nous portons tout le bardat, plutôt comique non ?

Bref nous voici à l’eau pour toute une série d’exercice, apprendre à rattraper son respirateur si on le perd, partager son air avec son « buddie » (son partenaire) en cas d’avarie quelconque, maitriser sa flottabilité (Buoyancie en anglais) et donc sa profondeur, enlever son gilet/bouteille et le renfiler, idem avec les poids. Bref on travaille on travaille, le tout dans une eau très sablonneuse.

Tout cela est bien plus dur qu'il n'y parait...

Une fois de retour au centre, surprise ! Nous avons du travail pour la maison, à savoir tout un questionnaire technique visant à prouver que nous maitrisons les principaux concepts de la plongée. A ce moment, nous sentons une franche indifférence pour les devoirs de vacances de la part de Laetitia, tout absorbée qu’elle est par la relecture de 100 ans de solitude de Garcia Marquez, lui même originaire de la région et qui s’en serait largement inspiré pour camper le célèbre village de Macondo…

Le malecon, obligatoire quand on est au bord de l'eau 

Heureusement dès le lendemain nous ferons deux plongées par jour, et dans des lieux à l’eau bien plus claire et riche en poissons ! C’est parti pour l’aventure !

Chaque plongée dure environ 40 minutes. Le premier jour nous évoluons aux alentours de 10-12 mètres de profondeur. De quoi aller observer quelques formations de corail et tenter d’observer de plus près les poissons. Nous ressentons enfin les sensations de la plongée, cette forme d’apesanteur, le bruit omniprésent sous l’eau, le sentiment de la pression sur le masque et les oreilles, cette respiration un peu forcée et lente. Étonnamment dès lors que nous sommes sous l’eau avec des mouvements lents, les poissons sont beaucoup moins farouches, il devient possible de venir les observer de très près, toujours hors de portée des doigts mais à peine.

Saurez vous nous reconnaitre uniquement à la coupe de cheveux ?

Alors que nous faisons une petite pause snack entre les deux plongées sur une minuscule plage de galets, un groupe d’iguane vient nous rendre visite. Ils semblent savoir à quel moment venir grappiller de la nourriture. Pas farouches pour un sou ils s’approchent à nos pieds pour quémander des bouts de sandwich, voire s’avancent dans la glacière pour se servir tous seuls. C’est la première fois que nous voyons des iguanes de cette taille d’aussi prêt, la bestiole est impressionnante…

Le retour en surface est toujours un peu frustrant
Haha, Cousteau n'a qu'à bien se tenir !

Le deuxième jour nous nous aventurons plus loin dans les profondeurs marines, soit aux alentours de 18m. Cette fois nous allons longer deux récifs, et qui dit récif dit plus de poissons ! C’est un véritable festival, de toutes les couleurs, de toutes les tailles, même un poisson vraiment gros, suffisamment pour que sa silhouette devienne vaguement inquiétante. Une palanquée de murènes plus ou moins enfoncées dans leurs trous, des petites seiches adorables et quelques hippocampes minuscules. Bien mieux que d’aller à l’aquarium, on vous le dit !

Le grand bleu prend tout son sens 

A la fin de ce dernier jour, nous rendons nos questionnaires, Laetitia, pour rattraper son retard, s’est efforcée de s’inspirer de nos réponses, oui on balance ! grâce à quoi nous recevons nos magnifiques cartes/certificat de plongeur en eaux libres.

Il est clair, après cette expérience, que nous recommencerons, quitte à passer quelques certifications supplémentaires pour plonger plus loin et plus longtemps !

On est beaux comme des maquereaux ! (et Juju avec son chapeau regarde ailleurs !)
10
juil

Notre soif de folles aventures et de virées dans des milieux toujours plus extrêmes nous pousse tout naturellement vers le parc de Tayrona. Situé au nord de Santa Marta, il longe la côte Atlantique sur près de 20 hectares.

Nous prévoyions d’y passer 2 jours et une nuit, malheureusement notre force mentale ne fut pas suffisante pour permettre un départ aussi matinal que nous l’espérions. Retrait d’argent, envoie d’un Poncho pour les 3 ans de Rose, notre lenteur naturelle que Julia et Laetitia n’avait pas encore tout à fait analysé comme une donnée structurelle du voyage à venir… Ajoutez à cela un trajet plutôt long en bus et nous n’arrivâmes que sur les coups de 16h à l’entrée du parc. Pour ne rien arranger le système high-tech de billetterie du parc était plus ou moins en panne, de quoi encore nous retarder.

La tension montait un peu, car nous avions lu qu’il nous fallait absolument arriver à notre campement, avant la nuit. Le parc étant suffisamment sauvage pour que les méchantes bêtes y vivant puisse à mieux nous faire peur, au pire nous menacer franchement. Heureusement une navette nous amène au point de départ des chemins.

C’est parti pour une grosse heure de marche, sans trainailler, dans la jungle, la plus épaisse qui soit, en direction d’Arrecifes, où se trouve notre camping pour la nuit. Pour le coup, l’aménagement du parc est impressionnant, pontons et routes clairement tracées, il est difficile de perdre son chemin. Chanceux que nous sommes au bout de quelques minutes nous croisons un groupe de singes jouant dans les hauteurs. Première confrontation avec la richesse biologique du parc. Mais le temps tourne et nous reprenons la route à un rythme soutenu, heureusement que nous avons laissé les sacs à Santa Marta, le terrain est inégal, ça monte et ça descend sans cesse pour contourner les formations rocheuses. Et la chaleur, eh bien, le climat tropical humide prend là tout son sens. Ca colle, ça sue, ça dégouline, autant dire qu’il faut renoncer à avoir une apparence bourgeoise !

Après plusieurs minutes en pleine jungle, dans une certaine pénombre, le ressac de la mer, une légère brise vient parfois nous rafraichir, autant d’indices que les flots s’approchent. Et puis elle apparaît souveraine et impérieuse. Se fracassant sur les rochers sans ménagement, sur des plages de sable presque blanc, bordées de palmier.

La plage abandonnée, vierge, inhospitalière, brute, un paysage furieusement romantique apparaît et ne nous quittera pas pendant ces deux jours. Les drapeaux rouges et panneaux annonçant que sur cette plage les 100 derniers nageurs sont portés disparus n’en font pas trop pour nous avertir des dangers de flots.

Nous arrivons enfin à destination, largement avant la nuit, ce qui nous laisse le temps de faire une trempette, dans une des rares baies cernées par une barrière de rocher, et dès lors sans danger. Le temps de siroter une bière et le ciel s’assombrit dangereusement. Et sous des vrombissements de plus plus menaçants nous décidons de partir à la recherche du camping, caché un peu plus loin dans la jungle.

Au milieu d’une clairière plantée de palmier, des tentes, un dortoir de hamacs, et une petite maisonnette font office d’hébergements. Nous mangeons enfin en regardant tomber une pluie battante.

Les couchages sont plus que sommaires, mais la fatigue fait fort de nous endormir sans attendre.

Nous poursuivrons le lendemain, à la recherche d’autres plages, un peu plus loin sur le sentier côtier. D’autres baies toutes plus belles les unes que les autres, où l’eau claire et délicieuse nous rafraîchit quelques instants.

Tayrona est sans doute un des parcs qui réussit le mieux l’association entre tourisme de masse et protection. En concentrant fortement le trafic sur quelques tronçons, par une pédagogie très présente sur les risques de contamination et enfin par cette décision salutaire de fermer le parc plusieurs mois de l’année pour permettre à la nature de se reposer.

Nous ne verrons pas tant d’animaux, mais la végétation, elle, est magnifique, luxuriante à souhait. Des arbres aux ramures gigantesques sont parcourus par des forêts de fourmis rouges, à la recherche de morceau de feuille pour nourrir la colonie. Elles organisent de véritables autoroutes où se croisent les fourmis chargées de branchages et celles qui sont à vide.


8
juil

Nos aventures se corsent à présent, fini la solitude, grâce à Julia et Laetitia, venu passer quelques jours de vacances en Colombie. Nous leur donnons RDV à Santa Marta 2ème grande ville de la côte Caraïbe après Cartagène. Les voilà donc débarquée de leur avion après presque « 24h de voyage » (enfin d’après les savants calculs de Laetitia), bien fatiguées autant par le voyage que par cette affreuse occupation qui occupe beaucoup de leur temps à Paris et que l’on appelle travail.

Visite de la ville, nature et détente sont au programme. Juste avant leur arrivée, nous avions trouvé quelques stands de street food, vendant toute sorte de préparation, et notamment de fabuleux jus de fruits. Rien de tel pour garantir le dépaysement qu’un jus de mangue et de fruit de la passion pour éveiller les sens au petit déjeuner.

mangue verte avec citron et sel, jus de pastèque... qui dit mieux 

Notre visite de la ville ne laissera pas de trace mémorable, nous sommes dimanche, les rues peu animées. Santa Marta, bien que première ville coloniale installée sur le continent par la Espagnols, fait pâle figure à côté de la merveilleuse Carthagène. Il y a bien quelques restes au centre ville, de maisons colorées aux encadrements et balcons de bois, mais le tout manque un peu d’entretien. La ville n’en est pas moins un lieu de villégiature très apprécié des colombiens.

c'est autour du parque de los novios que tous les bars de la ville se rassemblent, pas très loin de la cathédrale

Placé au pied de la sierra névada de santa Marta, elle offre une très grande variété de sorties, entre mer et montagne. Si bien que de l’autre coté de la Sierra qui vient littéralement s’enfoncer dans la mer par le biais d’une longue arrête, une sorte de ville nouvelle s’est construite pour accueillir les milliers de touristes qui viennent profiter des plages de sable doré. Dans cette partie de la ville, éloignée du grand port de marchandise, l’eau est nettement plus claire et propre, que dans la baie originelle dans laquelle la ville a été installée. Après une rapide trempette dans les eaux, pas toujours propres de la baie, nous partons pour la montagne pour chercher la fraîcheur et la tranquillité.

Nous partons donc à l’assaut de la montagne dans un de ces taxis jaunes qui fourmillent dans la ville. Alex a dégoté en surplomb du petit village de Minca une pension, à quelques mètres de la cascade de Pozo Azul, un joli hôtel restaurant. Impatient de nous y installer, alors que la nuit tombe nous expliquons à notre chauffeur qu’il faut nous emmener au delà de Minca. Je ne peux pas, nous répond-il, il n’y a pas de route… Mumm c’est à dire ? Nous comprenons alors que le goudron s’arrête à Minca et que, seuls, les taxis moto empruntent le chemin de terre défoncé qui peut nous mener à notre hébergement.

A cette nouvelle, les mines jusqu’alors réjouies des filles s’assombrissent un peu. Encore convaincue qu’elles finiront par se faire étriper à un moment de leur voyage, l’idée de se retrouver sur une moto, en pleine forêt, de nuit, accroché à un bonhomme qu’elles ne connaissent ni d’Eve ni d’Adam, le sac sur le dos, comment dire… c’est une aventure qu’elles auraient préférée garder pour un peu plus tard dans le voyage.

Rassemblant notre courage nous enfourchons donc les pétrolettes que des messieurs plus où moins jeunes conduisent avec agilité. Nous voilà parti, en pleine ascension dans un chemin plein de boue, entouré par la forêt qui commence à projeter ses ombres inquiétantes à la faveur de la lune. Nous finissons par arriver 10 min plus loin, au lieu dit, dans un lieu tout sombre, entouré de végétation, et au milieu du grondement d’un ruisseau de montagne. Notre hôte vient à notre rencontre, une torche à la main… et nous explique que la ligne électrique a été coupé dans l’après midi par une chute d’arbre.

La plongée en monde hostile se poursuivait et j’admirais alors le sens de résilience de nos deux copines, déjà certaines de pouvoir se qualifier de survivantes après la montée en moto. Elles arborèrent une mou dubitative quand il fut question des douches, qui probablement continuaient à avoir de l’eau chaude (grâce au générateur) mais qu’il faudrait prendre dans le noir complet. Dieu merci (il était temps d’invoquer les divinités supérieures) le restaurant proposait une carte italienne, et nous nous régalâmes de spaghettis absolument délicieux. Nous avions le ventre plein l’essentiel était sauf.


Au réveil, la chaleur environnante, le léger bruit des colibris autour de la maison, l’apparition des papillons, tout participa à nous faire démarrer la journée du bon pied. Nous partîmes en balade au travers de paysages et de végétations tropicaux.

Rencontre avec les fleurs et petites bêtes qui fourmillent dans le coin. Mention spéciales à ces petites chenilles vertes suspendues à leur fil, et qui attendent que les étourdis leur fonce dedans pour pouvoir entamer un nouveau voyage. et tant d'autres papillons sous extasy, impossible à prendre en photo !

Ici un scolopendre qui était attaqué par de petites fourmis rouges, et qui avait l’air de passer un sale quart d’heure.

décidés et conquérants, n'est-il pas !

Sous un ciel plutôt couvert mais sec, nous poursuivîmes notre montée au travers de la végétation luxuriante, des forêts de bambou, des fleurs de paradis.

Jusqu'à une petite propriété cultivant du café et abritant également une brasserie artisanale.

Pour finir la balade, aspirant à un peu de fraîcheur, nous nous sommes baignés dans une petite cascade. L’eau fraîche à souhait et le courant assez fort en firent un moment revigorant.

2
juil
2
juil
Publié le 10 août 2017

Puisque nos quelques jours de travail à Riohacha nous ont épuisés, nous décidons pour notre week-end de partir à Cabo de la Vella et Punta Gallinas – en vrai c’est la seule chose à faire dans les environs soyons honnêtes.

Nous partons en groupe avec 3 autres clients de l’hostel. Cela nous évitera de devoir chercher du monde pour combler la jeep nécessaire au trajet (1h30 pour faire Riohacha – Uribia puis à peu près 2h pour faire Uribia – Cabo de la Vella).

Nous vous passons les détails de ces trajets, à part les barrages de polices et autres contrôles de routine rien de bien passionnant ne vient briser la monotonie de la route et des paysages. L’on se rend compte soudain que nous avons troqué l’exubérance verte des environs de Riohacha pour une sorte de steppe semi désertique peuplée ici ou là de quelques arbustes ou taillis d’arbres secs et noueux, le tout sur une route qui, passé Uribia, devient une piste tracée dans le désert.

Nous sommes désormais en plein cœur du territoire Wayuu. C’est une des zones les plus pauvres et les plus « à part » de la Colombie. Comprenez que cette communauté est globalement oublié du gouvernement, et suffisamment accrochée à ses us et coutumes pour ne pas toujours voir d'un bon oeil les investissements de l'Etat. Nous allons passer 3 jours à enchainer les visites de lieux magnifiques à côté desquels sont installés des villages et hameaux à la limite de l'indigence. C’est une zone sans ressources, sans eau, sans verdure. Si aujourd’hui le tourisme est une source de revenus on a du mal à comprendre ce qui a pu pousser une population à s’installer ici en premier lieu.

Heureusement les paysages sont effectivement impressionnants 

Pour notre premier jour, notre chauffeur de Jeep qui sera notre « guide » pour tout notre périple, nous amène à Cabo de la Vella, haut lieu de kite surf et planche à voile. L’eau est chaude et peu profonde, le vent constant quoique changeant, et la baie s’étire sur des kilomètres permettant de tirer des bords à n’en plus finir. N’étant pas des fans de ces sports extrêmes, nous filons à la playa Arco Iris (plage arc-en-ciel pour les moins perspicaces d’entre vous). Ici les vagues viennent s’écraser sur les parois rocheuses qui ne s’élèvent que de deux trois mètres au dessus des flots. Avec le vent qui disperse les embruns et le soleil souvent présent, vous avez toutes les conditions réunies pour produire des arcs-en-ciel. En toute franchise, ceux-ci ne sont pas si fréquents, et l’on s’amuse surtout de se faire mouiller par l’écume, après la chaleur écrasante de la Jeep et le soleil bien trop puissant.

Le soleil ne va pas tarder à se coucher alors en route pour un autre point de vue ! Comme nous allons nous en rendre compte ici le vent souffle en permanence et souvent avec force. Idéal pour produire de jolies vagues et rendre la baignade plus amusante. Tout cela rend aussi la grimpette sur les promontoires quelque peu vacillante, frisson garanti. Mais le panorama qui s’ouvre alors est incroyable, le regard porte loin tant sur la mer que vers l’intérieur, et la saline se dévoile enfin à nos yeux.

à droite le petit groupe , un peu échevelé
Les conditions météos difficiles ne nous sont pas favorables.

Nous quittons cette zone pour aller près du « phare » et admirer le coucher de soleil. Probable épiphanie pour Simon, je le soupçonne de vouloir capturer l’essence même de l’astre solaire… Vous n’avez pas fini de voir des couchers de soleil…

Ce n'est qu'une "petite" sélection de l'ensemble de clichés solaires...

Ou alors était-ce un moyen d’éviter de trop parler avec les colombiennes qu’il avait enfermé dehors quelques jours plus tôt, et qui se trouvaient au même endroit ?

Coïncidence ? Je ne pense pas

Heureusement Simon n’est pas sectaire et s’intéresse aussi aux levers de soleil !

Il faut avouer que ces tons de rose sur Cabo de la Vella alors que nous nous levons aux aurores après une nuit en chinchorro ont quelque chose de fantasmagoriques.

Quand voir la vie en rose prend tout son sens 

Nous voici partis pour plusieurs heures de routes, pardon de piste cahoteuse et chaotique, de bon matin en direction de Punta Gallinas. Il vaut mieux partir tôt, des pirates de la route semblent sévir ces derniers jours mais plutôt à partir de la mi-journée. Rien qui puisse inquiéter notre conducteur qui connaît son métier. Bref nous traversons le désert, des hameaux par-ci par-là, un nombre incalculable de péages sauvages sans vraiment nous arrêter (encore une fois, on ne la fait pas à notre guide), et enfin nous arrivons à proximité de Punta. Ici commence une zone de mangrove, lieu improbable où ciel, terre et mer partent à l’assaut les uns des autres. Il nous faut traverser un bras de mer pour atteindre le pied de la falaise en haut de laquelle se trouve « l’hôtel » où nous allons passer la nuit, une fois encore en Chinchorro à l’air libre.

Notre "hôtel" à Punta Gallinas

Pour vous donner une idée, ici il n’y a pas d’eau douce, les habitants boivent une eau semi saumâtre tirée de puits, c’est évidemment aussi l’eau utilisée pour se laver (sans grand succès donc). Pendant ce temps un porc plutôt impressionnant rode autour des chinchorros et dévalise les sacs des imprudents n’ayant pas pris de Tupperware pour leur nourriture. Les déchets non comestibles seront emportés par le vent jusqu’à se planter sur le cactée le plus proche à moins qu’un des nombreux chiens errants ne les attrape.

Le plateau de Punta Gallinas s’ouvre devant nous, pelé, désertique alors que quelques mètres plus bas la mangrove verte s’étend. 

Ni une, ni deux, nous voici en route pour Punta Gallinas même, soit le site le plus septentrional de l’Amérique du Sud. Nous voyons les vagues de l’atlantique s’écraser depuis notre droite, alors que sur la gauche commence la mer des caraïbes. Un nombre impressionnant de cairns parsèment le lieux, probablement un truc de semi hippie hipster tendance zenisante… Ce n’est pas aussi laid qu’un tag mais tout aussi fât…

Alex plus préoccupé par les crabes que le cap en lui-même

Nous continuons en direction de lagune. Nous restons sur les hauteurs, actuellement en saison sèche la lagune au premier plan est basse mais on devine le niveau qu’elle peut atteindre lors des pluies. Toujours ce mélange des éléments sous ce soleil de plomb.

Deuxième jour de sel, mer, soleil. C’est de pire en pire…

Nous continuons notre visite jusqu’à atteindre une grande dune au nom si mystérieux que nous ne nous en souvenons plus, ce sera donc la dune du Pila bis, mais bien moins grande, dixit Simon. Ca reste très impressionnant, cela ne se voit pas forcément sur les photos, mais la pente est très raide, c’est vertigineux sur la zone la plus abrupte. Le sable semble se jeter dans la mer.

C’est probablement la baignade la plus intéressante du séjour. Les vagues sont fortes, les rouleaux puissants, il faut nager vite et bien passer en dessous pour passer derrière la zone de turbulences. Derrière, la houle nous soulève de plusieurs mètres, pendant quelques secondes on a pied, et puis nous sommes soulevés au point d’avoir 3 mètres sous les pieds. La sortie s’avère tout aussi difficile que l’entrée, l’impression de passer par une machine à laver et malgré nos talents de nageurs nous sommes franchement chahutés par les vagues. Notre troisième baignade sera écourtée, la mer devenant agitée et commençant à tirer vers le large. Comme la plupart des plages de la zone, la mer est forte et violente. On peut facilement se faire emporter si l’on ne fait pas attention. On comprend pourquoi il y a peu de baigneurs dans l'eau si près du bord.

Nous nous rendons à une dernière plage pour voir le coucher de soleil, où Simon peut s’en donner à cœur joie. Ici encore des cairns sont présents, mais plus élevés que précédemment.

Alex chasse encore les crabes 

Toujours à ses expérimentations Simon rend hommage à Okusaï, admirez plutôt

Le final, grandiose de ce coucher de soleil

Retour à l’hôtel dans le crépuscule tombant. Notre groupe rira bien lorsque perdant légèrement notre piste nous traversons une zone boueuse. Ma flip flop décida de rester dans la boue, manquant de peu de me faire tomber dans la vase salée. Heureusement seul pied et mains seront touchés. La sensation de cette boue chaude, épaisse, collante et salée sur tout le trajet retour, aura ravi mes sens, j’espère encore que celle-ci avait quelques vertus curatives…

Après une courte nuit un peu trop fraiche à nos gouts, nous nous levons à l’aube pour rentrer à Riohacha, il faut une fois encore éviter les potentiels malfrat de grand chemin. Nous sommes impressionnés par le sens de l’orientation de notre chauffeur. Ici tout se ressemble pour nous, le paysage est lunaire, la végétation malingre, les pistes nombreuses ne cessent de s’entrecroiser pour aller se perdre à l’horizon. Heureusement que nous sommes en saison sèche, les traces dans le sol nous laissent imaginer l’enfer que cela doit devenir lorsque l’ensemble se transforme en une immense zone de boue.

Nous rentrons à Riohacha épuisés mais les yeux encore pleins de cette lumière et des paysages incroyables traversés. Nous comprenons, enfin, pourquoi tant de touristes viennent se perdre ici.

1
juil

Nous n'avons pas vécu à Riohacha en touriste, petite exception pendant ces premiers mois de voyage. La ville n'est d'ailleurs pas de celles qui attirent l’œil. Plutôt discrète, installée au nord de la Colombie, à quelques encablures de la frontière vénézuélienne, son existence tient surtout à son rôle administratif de capitale de l'état de la Guajira, qui forme cette péninsule à l'extrême nord est de la Colombie. La ville est à l'image de la pauvreté des populations qui habitent ces terres quasi désertiques. Le niveau de développement y reste très sommaire.

Mais voilà notre quinzaine de travail à l’hôtel Bona Vida nous a amené dans ce petit bout de Colombie. La ville dispose de trois cœurs battants, autour desquels la vie locale s’organise. Le Malecon d’abord, cette grande rue en bord de mer accueille l’essentiel de la vie touristique de la ville.

C’est là que nous invitions nos « guests » à aller se promener le soir, pour manger un ceviche colombien (curieuse préparation qui ajoute aux ingrédients péruviens un mélange de sauce ketchup formant un ensemble sucré acide assez ecoeurant) ou pour profiter de la fraicheur du soir. La plage elle même a du charme avec tous ses palmiers, aux troncs peints, même si l’eau brouillée par l’eau limoneuse du fleuve peut décourager quelques uns. Pourtant l’eau est particulièrement chaude, dans cet enfer paradisiaque où le feu du soleil écrase tout.

L’autre lieu emblématique se trouve autour du vieux marché. Assemblage bordelique d’étals de fruits et de légumes, de viande et de poissons, exposés aux quatre vents, dans la touffeur ambiante. Âmes sensibles, s’abstenir. C’est ici que l’on trouve les meilleurs fruits et légumes exotiques, dont nous nous sommes régalés. Des goyaves, du Gayanaba, un gros fruit vert avec des piques, dont l’intérieur blanc, ressemble une fois mixé à un yaourt citronné.

Les mangues enfin, toutes petites, sont sans doute les plus savoureuses. Elles se dévorent de deux coups de cuillères. J’allais oublier l’ananas, jaune foncé, tellement sucré qu’on oublie qu’il puisse être acide. Nous avons régulièrement profité du mixeur de l’hôtel pour nous rafraîchir pendant ces longues après midi à attendre que le backpackers passe le pas de porte.


Il faut enfin parler du marché nouveau, marché comme en voit dans tous les pays d’Amérique latine, foutraque, dédale d’allées et de contre allées, où se succèdent tout type d’artisan. Mais ici, les couleurs chatoyantes des sacs wayu apportent une touche d’exotisme.

Dans cette région, une communauté indigène installée depuis la nuit des temps a développé de fabuleux talents de tisserands. Les femmes Wayu crochètent tout le jour des sacs splendides et les fameux chinchoros. Ce sont des hamacs très larges qui permettent de se recouvrir entièrement quand le vent souffle trop fort. Il ne s’agit pas d’une curiosité touristique, mais d’un bien de première consommation. Chaque individu qui se respecte, se doit de posséder au minimum 3 chinchoros, un pour sa chambre à coucher (concept très ethnocentré, dans la mesure, où les familles dorment généralement dans une pièce commune où les hamacs sont disposés les uns à coté des autres) un second pour voyager, et enfin un troisième pour orner son devant de porte. Ce dernier se doit bien entendu d’être particulièrement beau.

explosion de couleurs et motifs uniques pour chacun

Les sacs quant à eux sont de vraies merveilles de tissage, aux motifs géométrisants, et aux associations de couleurs, disons toniques ! Nous avons rencontré à l’hôtel une jeune française, styliste, venu plusieurs semaines pour travailler sur un projet de fabrication et d’exportation des sacs Wayu en France. Jeanne, après avoir passé plusieurs mois dans toute l’Amérique Latine s’est arrêté devant la finesse et la qualité stylistique de ces sacs. Pensé dans une optique de développement « fair trade », l’idée est d’offrir aux femmes Wayu un débouché nettement plus rentable sur les marchés européens, en limitant au maximum l’existence d’intermédiaire. Le projet est avancé, et nous ne doutons pas que le prochain accessoire de mode parisien, tendance ethnic branché soit un sac Wahu. Si vous êtes intéressées et pour tout connaître du projet, retrouvez Jeanne sur son site (cliquez ici), et sur Facebook (cliquez ).

Mention spéciale pour cette mer, seul véritable horizon pour les habitants de Riohacha, mère nourricière… elle nous a permis de nous régaler de langoustes ! Leiner le seul employé de l’hôtel nous a fait profiter de ses talents de cuistot en préparant des langoustes d’une fraicheur fabuleuse.

27
juin
27
juin
Publié le 16 juillet 2017

Après la fraicheur de l'altitude, direction la chaleur de la côte caribéenne.

changement de décor ! 

En attendant de retrouver quelques amies en Colombie, nous avons décidé de faire deux semaines de volontariat près de la côté, histoire de réduire nos frais tout en profitant de la mer et du soleil. Petit coup de promo mais si vous souhaitez voyager pour pas cher, allez faire tour sur WorkAway ou les sites de Woofing. Vous troquez 4/5 heures de travail par jour contre le logement et de la nourriture en plus ou moins grande quantité. Le bon plan si vous voyagez longtemps avec un budget serré.

Toujours est-il qu'après plusieurs envois de mails de candidatures pour des lieux et projets plus ou moins sérieux - mention spéciale pour la rénovation d'un bateau pour en faire une station mobile d'éco-recherche sur la faune et flore marine, passé notre scepticisme sur la véracité de la finalité du projet, l'idée de naviguer deux semaines dans les iles des caraïbes nous bottait au plus haut point - nous avons finalement atterrit à Riohacha au Bona Vida Hostel.

Cet hostel destiné en premier lieu aux Backpapers et autres touristes faisant étape à Riohacha avant d'aller visiter Cabo de la Vella et Punta Gallenas est tenu par un jeune couple Austro-colombien. C'est moche à dire mais on sent tout de suite l'influence des modèles marketing et managériaux des écoles européennes. C'est propre, plutôt bien aménagé, équipements simples mais efficaces, les équipes travaillent avec plus de sérieux que dans d'autres lieux visités et ça porte ses fruits.

Concernant le travail lui même, ça ne casse pas trois pattes à un canard. On fait l'accueil des clients, check-in et out, on encaisse, on vend des boissons, on vérifie que tout tourne rond et on renseigne sur les différentes activités et restaurants des alentours. Le job n'est pas particulièrement passionnant en soi, il faut aimer le contact avec les touristes et l'idée de tout faire pour rendre leur séjour agréable, seule vague source de nouveautés dans le train train des shifts.

Adelaïde au desk pendant le shift du matin

Bien sûr les autres volontaires assurent un peu de continuité dans cet univers ou les gens restent rarement plus de 3 jours. On se heurte à la jeunesse de nos compagnons.

Comme Adélaïde, jeune Australienne de parents français, qui voyage un peu partout dans le monde à l'âge de 18 ans. Le genre de truc qui ne me serait jamais venu à l'esprit. Il n'y a pas à dire les jeunes d'aujourd'hui sont bien plus entreprenants que moi à leur âge, coup de vieux puissance mille... Ou encore Robin notre Allemand, terriblement jeune et naïf, l'impression de voir un chiot fou, enthousiaste et découvrant la vie à chaque instant, fier et maladroit à la fois. Son incapacité à ouvrir les serrures un peu vieilles de l'hôtel reste une source d'amusement perpétuel, il ne pourra jamais faire Passe Partout à Fort Boyard c'est une évidence.

 Simon n'est pas sur la photo par qu'il était en train de s'occuper d'un guest qui voulait envoyer son linge à la blanchisserie  


exemple de chambre, avec la chaleur les ventilateurs personnels sont indispensables

Retour sur les propriétaires. Malheureusement nous n'avons pas grand chose à en dire, si nous vivons dans leur appartement dans notre dortoir à nous, nous ne les avons que peu fréquenté. D'abord parce qu'ils étaient en vacances dans les Iles de San Andres (celles ou nous voulions aller à la base...) ne revenant que le 1er juillet au soir, la veille de notre week-end de 3 jours à Cabo de la Vella. Ensuite parce que nos shifts ne se chevauchaient pas, et que nous avons un peu abandonné l'appartement à leur retour. L'impression de vivre chez quelqu'un d'autre alors que l'on ne le connait pas, sans espace privé ni personnel n'est pas forcément des plus agréables.

on aperçoit sur le desk la feuille pour que les guests choisissent entre pancakes et oeufs brouillés pour leur petit déjeuner

Ce sont bien là les limites de ce type de volontariat. Il est évident que pour ce genre d'endroit nous sommes avant tout une main d’œuvre multilingue, gratuite et généralement laborieuse puisque WorkAway incorpore un système de commentaires qui pousse les volontaires à dépasser leurs "engagements" dans l'objectif d'être bien vus et de trouver d'autre WorkAway plus facilement. L'échange qui est à la base du concept de WorkAway, semble un peu se noyer dans la masse, nous n'aurons pas appris grand chose des méthodes de gestion et de management de ce type d'auberges. La construction du modèle financier et les objectifs de rentabilité à plus ou moins long termes qui m’intéressaient ne pourront pas être abordés, la gestion financière étant apparemment totalement externalisé.

Ça sent le pipeau à plein nez, difficile de croire que des gérants puissent piloter leur structure sans avoir une vision claire et en temps réel de leurs finances. Sans doute ne veut-on pas que l'on regarde trop précisément comment la boutique est profitable, alors que probablement l'afflux constant de volontaires permet de la faire tenir debout.

Finalement c'est davantage le contact avec les "guests" (on ne dit pas client !) qui aura donné du sel à l'aventure, avec quelques rencontres sympas, Carmen et Santiago, Felipe et Viviana et quelques autres. J'aurai finalement pris du plaisir à être en situation de gérer la petite boutique, de s'assurer que tout se passe bien, d'avoir des échanges avec les touristes, d'imaginer comment améliorer les choses, guetter les commentaires. Je crois que Simon est un peu plus mitigé. Mais l'impact sur nos dépenses est direct et nous résorbons peu à peu le trop de dépenses du début du voyage.

21
juin
21
juin

Cette cité perdue dans les sables du plateau andin, à quelques encablures du lac Titicaca n'a pas encore, loin s'en faut, dévoilé tous ses mystères. La ville de Tihuanacu (Tiwanacu selon les orthographes) constitue un des seuls vestiges d'ampleur de cette civilisation qui aurait occupé les territoires andins, du Chili au Pérou du 15ème avant JC jusqu'au 11ème siècle de notre ère. On sait, semble-t-il, bien peu de chose sur ces peuples, jusqu'au nom qu'ils se donnaient. Aujourd'hui on les désigne du nom de la ville, peut-être capitale, que nous avons visité.

Au cœur d'une vallée aride, aux couleurs ocres et rouges, la ville a sans doute constitué un centre religieux et politique important, à proximité et peut être même au bord du Titicaca, dont le niveau pourrait avoir été plus haut ces siècles passés. Le lac nourricier apparaît plus que jamais comme l'épicentre de la vie de cette région confronté aux duretés des hautes altitudes.

Le complexe rassemble plusieurs édifices à vocation religieuse, temples, lieu de prière et de sacrifice, pyramides disséminés sur plusieurs hectares. Il ne faut pas manquer d'imagination pour se représenter la vie de la cité et l'organisation du site, qui n'a pas fait l'objet d'une valorisation archéologique telle qu'on les connait en Europe. On trouve sur le site, un très grand temple (photo ci-dessous), composé de murailles monumentales et de plusieurs bâtiments organisés à l'intérieur du périmètre. A coté de celui-ci un plus petit temple semi enterré constitue probablement la partie la mieux conservée et la plus suggestive de l'ensemble. Au delà de ces deux bâtiments principaux, les autres sites laissent apparaître au mieux une enceinte dont on devine les fondations, au pire un chaos de pierre, visiblement sculptés mais dont on peine à deviner leur agencement initial.

Grand temple en arrière plan, temple semi enterré au premier.

Ce peuple a abrité des bâtisseurs de grand talent. Le gigantisme des bâtiments, l'agencement des pierres, la recherche de symétrie et de perspectives témoignent d'un véritable raffinement architectural. On apprend notamment que les pierres ne sont pas simplement juxtaposées, elles sont finement taillées pour s'encastrer parfaitement entre elles, comme un travail d'ébéniste. Plus encore, les blocs sont accrochés entre eux par des charnières de bronze coulés dans des galeries creusés dans la pierre, véritable système de jointure en trois dimensions.

Le raffinement se poursuit du côté de la construction des parois, avec la juxtaposition d'immenses monolithes et de pierres de petites tailles. Rôle seulement esthétique ou place spécifique dans les représentations symboliques... nous en restons à des suppositions, mais il y a bien une recherche de gigantisme.

Plus curieux encore, la présence sur le site de maquette de pierre pour des batiments dont on ne sait pas si ils ont été construits, témoigne, là encore, du travail architectural poussé de cette civilisation.

3 volées de marches miniatures, une grande cour semi enterrée... 

Non content d'être des bâtisseurs, le raffinement artistique est aussi de mise. On a retrouvé sur le site une série de statues géantes aux visages mi humain mi divin. Elles sont toutes très finement décorées, avec des représentations stylisées d'animaux (guépard, serpents, condors), mais aussi des dessins de textiles.

balèze les statues

Dans le temple semi enterré, des têtes de pierre sont enserrées tout au long de la parois. Ancètres, quidams, personnages importants, ou simple représentation de l'humanité, on ne sait ...

175 têtes au total, parfois ça fait un peu peur

La pièce maitresse du site est la du soleil. La première est incontestablement la plus impressionnante. Elle est installé dans l'axe du levé du soleil, le jour du solstice d'été, jour qui chaque année rassemble une grande fête, sur le site, où des lamas sont sacrifiés lorsque les premiers rayons apparaissent et pénètre l'immense porte de pierre. Mais vous verrez, cette porte nous est familière, d'une manière assez surprenante...

Et oui, Tintin est passé par là ! la représentation du soleil rayonnant que l'on trouve dans les deux albums d'Hergé, les sept boules de cristal et le temple du soleil, ne sont pas empruntés de la culture inca (comme le raconte l'histoire), mais viennent de Tihuanacu qui offre la seule représentation de ce type, qu'Hergé aura contribué à très largement populariser.


Ainsi la cité d'Ocre reste emprunte de mystère, partagé entre la beauté et le raffinement artistique et architectural à l’œuvre, et la quasi absence de traces permettant de décrire plus précisément les us et coutumes de cette civilisation. De vraies questionnements subsistent sur les outils et techniques, permettant de transporter ces immenses monolithes, d'assurer un coupe aussi précise des blocs de pierres. Ces mystères offrent un éventail d'hypothèses les plus folles dont internet regorge. Car oui, chers amis, cette avancée technologique plus que mystérieuse en devient même suspecte (ethnocentrisme occidental quand tu nous tiens)... si bien que peut être qu'on ne nous dit pas tout, et que les extraterrestres seraient en fait les véritables bâtisseurs de ces merveilles...

Convaincant non?

21
juin
21
juin
Publié le 8 juillet 2017

En bon touristes respectables nous avons bien entendu tentés de visiter quelques musées et autres lieux d'intérêts historiques.

Sans parler d’échec critique, on ne peut pas parler non plus de réussite...

Deux musées sont dignes d’intérêt : le musée ethnologique, malheureusement il faut payer un surcout pour avoir le droit de prendre des photos, de quoi refroidir nos ardeurs de reporteurs de l'extrême, c'est tristement une pratique répandue dans les musées boliviens. Néanmoins sachez qu'il présente une jolie collection de pièces d’orfèvrerie, de plumes des différentes espèces de Bolivie, une salle entièrement consacrée aux textiles (ponchos, bonnet, évolution des méthodes de tissage, impact culturel des vagues de colonisation sur les modes), une autre aux métaux et leurs méthodes de fonderie. Le tout est plutôt intéressant, et bon point un guide gratuit vous propose une visite de l'ensemble. De loin le plus instructif et le mieux construit en terme de muséographie.

Photos prises dans le patio, seul endroit photographiable sans autorisation, on retrouve les motifs floraux

De l'autre côté, nous avons un musée privée entièrement consacrée à la musique. Fondé par l'artiste de Charango mondialement connu Ernesto Cavour - oui oui, si vous ne connaissez pas c'est que vous êtes de sombres ignorants terriblement européocentrés. Blague à part, il est vraiment extrêmement connu dans le milieu, il a joué partout dans le monde, fait des partenariats en tous sens, reçu des tonnes de médailles et de prix, notamment pour son travail de promotion et de sauvegarde de la culture Bolivienne.

Le musée est simple et sans prise de tête, une accumulation d'instruments en tous genres histoire de se faire une idée de la richesse de l'artisanat musical, et des zones où l'on peut jouer avec des instruments étranges. Si le lieu ne brille pas par ses explications, il a l'atout d'être ludique et amusant à visiter pour les petits et les grands.

Les dernières salles consacrées à la "culture Charango" nous font voir l'importance de cette musique en Bolivie. Une petite salle abrite régulièrement des concerts, et enfin nous finissons par celle contenant les archives d'Ernesto. Le terme célébrité internationale prend alors tout son sens, entre les affiches de concert, les médailles de mérite, les premiers prix divers, les photos d'archives avec des artistes du monde entier...

Notez la harpe tatou, le it accessoire dans votre salon de lecture 

On a notamment l'occasion de découvrir de multiples Charango (l'instrument que nous avons déjà vu à Torotoro), notamment quelques exemplaires fait à base de carapace de tatou ou de tortue.

Une fois passé par ces deux musées, notre guide nous conseille d'enchainer quatre musées situées dans une même rue, accessibles via un unique billet groupé. Et là, la qualité des collections et la muséographie s'effondre. Bienvenue aux royaumes des reconstitution en cartons pâtes sans aucune explication, accumulation d'objets en très mauvais états, bien malin celui qui saurait en expliquer l'utilité. Quelques scènes historiques peintes à différentes époques, on a du mal à saisir en quoi l'évènement à été si marquant. Bref on traverse les musées au pas de courses, tout en essayant de sortir de la masse d'un groupe de scolaire en vadrouille. Seul le musée des métaux précieux se dégage un peu grâce à sa salle sur l'Or et sa grooooooosse porte blindée. Sinon le musée de la Marine Bolivienne, nous fait bien comprendre que la perte de l'accès à la mer lors de la guerre contre le Chili est une blessure toujours vive dans l'esprit et la culture Bolivienne.

Au final on est plus intéressé par l'architecture de la rue et des bâtiments que par leur contenu...

De jolies maisons coloniales connectés par des cours et des patios  

Mention spéciale pour premier musée dont le thème(les coutumes et usages apparemment) nous reste obscur, mais dedans nous avons pu admirer une exposition temporaire consacrée aux ... Playmobils. Donc le Playmobil est un élément très important de la culture Bolivienne, déroutant.

spéciale dédicace bateau pirate

Retour dans la rue, pour une dernière volée architecturale.

Notez le Simon tentant d'échapper à mon objectif impitoyable

L’honnêteté journalistique nous pousse à confesser qu'il se peut que ce soient nos choix de visites qui soient à blâmer plus que l'approche de l'objet culturel et muséal bolivien, le musée national des art ou celui de la Coca sont surement plus travaillés. Mais quand même...

20
juin
20
juin
Publié le 6 juillet 2017

Après nos aventures sur l'isla del Sol, son air pur et les cimes enneigées et immaculées direction La Paz.

Arrivée en bus, la première image n'est clairement pas celle d'une belle ville. Si Nuestra Señora de La Paz à connu son apogée à une époque, cela remonte à plusieurs décades au bas mot. L'urbanisme est anarchique, et les projets de rénovation plus que rares, autant chercher une licorne. Quelques bâtiments échappent à la désolation, par on ne sait quel miracle.

Mais la ville frappe surtout de par sa topographie. Créée en 1548 au fond d'une cuvette mais néanmoins carrefour commercial, elle ne cesse de partir à l'assaut de ces flancs. Sachez que le point le plus bas est tout de même à près de 3.200m d'altitude et que le tout culmine à 4.000m, notamment pour le quartier bien nommé del Alto. Sachez qu'à l'inverse des villes Européennes mais comme d'autres villes d’Amérique du sud, les quartiers riches sont à basse altitude. Plus on monte, plus on s'approche des banlieues pauvres et autres "favelas". Ça donne tout de même l'occasion de voir un bout de montagne pointer son nez de temps en temps, et surtout d'attraper des vues magnifiques sur toute l'agglomération.

La vue sur les flancs de nuit est incroyable.

Et pour aller dans les hauteurs admirer le panorama, rien de tel que de prendre le téléphérique. Grand projet du président Evo Morales (dont les slogans et appels aux votes recouvrent tant les murs en villes, que les flancs de montagnes en campagne), c'est surement un des marqueurs les plus visibles de sa politique à La Paz. Non content de permettre des points de vue incroyables sur la ville, il a surtout permis de donner un peu d'air, plus que nécessaires, aux axes routiers surchargés. D'ailleurs les poumons le sentent, nous étions bien plus essoufflés ici que sur la Isla del Sol pourtant bien plus haute. Prenez un peu trop de temps pour inspirer et vous aurez le souffle court même sans faire d'effort...

Les différentes lignes - actuellement 3 sont en service, il est en prévu d'en construire 4 de plus- permettent de rejoindre les hauteurs et de traverser la ville en un temps record. C'est clairement le métro aérien de la ville.

Le dernier tronçon monte vraiment très sec, c'est un petit bijou de technologie ! Si un pro passe par là, on a des questions...

D'ici quelques nouveaux panoramas sur la ville, avec toujours en fond le Huayna Potosi qui dépasse les nuages à 6 088 mètres ou le Nevado Illimani à 6 460 mètres(je ne sais pas trop lequel on voit sur les photos...).

Mais que serait une ville Bolivienne, serait-ce la capitale, sans ses marchés ? Comme toujours les commerces, de prime abord concentrés sur des places pour faire de grands marchés labyrinthiques, finissent par essaimer un peu partout dans la ville, recouvrant trottoirs et chaussées. Le tout dans un joyeux bordel de sons, de couleurs, de senteurs et de coups de klaxons. Autant les fruits et légumes font envie, autant la viande et les poissons ont fait frémir nos cœurs d'européens hygiénistes. Ici la chaine du froid on connait pas.

Ici, il y a du pain. Et du bon ! la boulangère se repose un peu sur ses lauriers.

Là où nous avons été surpris c'est au niveau du marché aux sorcières. Ici vous pouvez tout acheter, la poudre pour attirer l'argent et la réussite, des épices étranges, des pilules pour la virilité et "durer" toute la nuit, d'étranges offrandes pour les morts et les divinités ou encore des fœtus de Lama, le nec plus ultra pour assurer à une maisonnée prospérité. Ils sont le plus souvent enterrés sous les bâtiments, tandis qu'on en sacrifie d'autres au même moment. Âmes sensibles, s'abstenir !

Ça vous pose une ambiance immédiatement ! 

Ils ont du en enterrer un bon paquet au niveau des sièges du gouvernement, puisque ce sont les bâtiments les plus beaux et en meilleur état. N'y voyons bien sûr aucun signe de la corruption et de l'intérêt plus que ciblé des élites dirigeantes du pays... Même si l'église et la banque centrale sont en plutôt bon état eux aussi...

regardez l'horloge, elle tourne en sens inverse des aiguilles d'une montre ! pied de nez de Morales à l'égard des normes occidenta...

Juste en face sur la place, les ornithophobes ou autres traumatisés par Hitchcock ne font pas les malins. C'est terriblement impressionnant un envol de pigeons qui se mettent à tournoyer au dessus de vos têtes.

"Deux penns - pour nourrir les ptits oiseaux"

Enfin pour vous donner un aperçu du quartier où nous avons posé nos pénates, sachez que nous étions à deux cuadras vers le haut après la Cathédrale San Fernando et sa jolie place. Elle est célèbre pour les motifs végétaux qui couvrent sa façade, marque architectural des Ethnies indigènes allègrement réquisitionnées pour fournir la main d’œuvre.

Chanceux que nous étions juste a côté se trouvait aussi une sorte de galerie marchande/supermarché. Selon l'étage les échoppes changent de spécialité, on passe du marché de produit frais, aux vendeurs de DVD pirates et autres jouets, livres neufs ou d'occasion, jus de fruits frais et cafés et enfin restaurants. Comme toujours le meilleur endroit pour manger à bas prix tout en se remplissant la panse et découvrir des plats étranges.

et oui c'est une pâtoune de gallinacée qui surnage dans le potage ! miam 

En bref La Paz est une ville étonnante, pleine de contrastes, fourmillantes et débordante de vie. Une ville peu touristique en réalité, une ville vivante tout simplement, située entre les nuages et les sommets éternellement enneigées.

18
juin

Après s'être amplement nourris de truite, nous prenons le chemin de la Isla del sol. A quelques encablures de Copacabana, 1h30 env en bateau, cette petite île de 11km de long abrite le berceau des différents cultes andins pour l'astre soleil.

arrivée en bateau en passant par un chapelet d'îles. Sur celle de droite on commence à apercevoir les lignes ondulées de l'île 

Devenu lieu sacré inca, la légende raconte que l'île et le lac titicaca sont les berceaux de la civilisation. Le soleil y serait né, comme la lune, et les hommes mêmes. Le lieu emprunte incontestablement au mythe et au sacré par la splendeur inégalée du paysage qui vous entoure. La lumière y est d'une densité que je n'avais jamais observé jusqu'alors. Aucun nuage ne vient jamais gêner un soleil qui règne sans partage dans le ciel d'un bleu profond. La cordillère des Andes et notamment l'Illampu domine avec ses neiges éternelles, à plus de 6400 mètres.

Le paysage de l'île est tout en rondeur. A 4075 mètres d'altitude, les collines de l'île culminent à presque 300 mètres au dessus du lac. Un vrai petit challenge pour vos petits poumons, qui se trouvent tout essoufflés à chaque pas.

Les pentes sont abruptes et ont du être stabilisées par des terrasses toujours utilisées par les agriculteurs. On y fait pousser de l'orge, mais aussi beaucoup de fèves, du blé, des pommes de terres et des ocas. On imagine que le travail de la terre est particulièrement fatiguant entre la chaleur de la journée, les pentes à affronter... Heureusement tout un petit bestiaire est là pour vous aider.

Les ânes d'abord, très nombreux, rompent fréquemment le silence de leurs braiments intempestifs. Véritable bêtes de sommes, ils sont en permanence en train de faire des allers retour entre les pontons du lac et le sommet du village. C'est grâce à eux que les touristes boivent cocas et bières.

a la montée et à la descente

Mais les lamas et alpacas sont aussi de la partie pour aider au transport de lourdes charges. Ils sont nombreux, haut sur pâtes et long de cou, et vous observent d'un œil fier.

Nous avons bien essayé de leur faire guiliguili comme le capitaine haddock mais nous n'avons pas eu la chance d'avoir la même réaction. Point de crachat pour le moment.

Les promenades sont nombreuses sur l'îles, parcourue de chemins en tous sens, le long de la côte, ou par les crètes. Plusieurs communautés vivent ici. Nous nous étions installé dans un très joli village construit sur une crête, entre deux collines, organisé en de petites rues plus ou moins pavés, enserrées par des murets de pierres sèches.

Malheureusement depuis quelques mois, seule la partie sud de l'île, siège de la communauté Yumanis, est accessible aux touristes. Nous ne sommes pas arrivée à bien comprendre pourquoi la partie nord avait été fermée. Plusieurs hypothèses possible : à l'entrée de la partie nord, des hommes en interdisant l'accès nous ont expliqué que des touristes avaient commis des dégradations... mais on suppute aussi un conflit entre communauté. Bref la visite de l'île en est largement réduite.

L'ile est truffée de différents sites archéologiques, essentiellement d'origine inca, datant du 15ème siècle. Les incas ont fait de l'île un lieu consacré au culte du soleil, avec notamment des temples tenues par des sortes de vestales. L'inca lui même disposait d'un palais, dont nous avons pu voir quelques ruines bien conservées.

une succession de pièces, et de petites cours privatives, sur plusieurs niveaux

La fuente del Inca est aussi un des beaux restes à admirer dès l'arrivée sur l'île. Il s'agit d'une source, en haut d'un bel escalier, dont les vertus pour la santé et la longévité auraient fait leur preuve. La force de la source intrigue et fait penser que le sous sol doit être truffé de galeries et de réservoirs d'eau.

Nous avons donc passé deux nuits sur place. Dans un petit hôtel pas cher du tout. Les chambres étaient minuscules, mais la vue sur l'illampu et le lac était magnifique. Après les 25° du jour, la nuit est glaciale, il gèle quotidiennement. Or les chambres n'ont ni chauffage ni isolation. Bref ça vous pénètre jusqu'au os. Mais le point d'observation était parfait pour profiter des levers de soleil, aux alentours de 7h du matin.

Car les variations de lumières rendent grâce au paysage et le magnifie à chaque heure.

Du matin :

Jusqu'au soir :

Bref sans doute un des plus bel endroit que j'ai jamais vu. A bon entendeur...

Une dernière pour la route

16
juin

Après notre première soirée à Copacabana, direction le petit village de Sawiña. Une association de guide communautaire, propose de petites visites de la communauté, par les habitants eux même. A 1h de marche de la ville, se trouve le petit village, sur une petite colline donnant sur le lac. C'est le dernier village avant la frontière péruvienne, dont on aperçoit les montagnes, sur l'autre rive.

la légende dit, qu'ici repose le grand serpent, tué par l'Inca descendu de sa montagne bolivienne  

Nous y retrouvons la Doña Anna, qui tient la petite boulangerie du village, mais ferme sa boutique pour faire découvrir aux touristes la culture de son village.

Petit bout de femme, Chulita en diable, avec ses jupes épaisses, riches en jupons, deux couettes et son petit chapeau, elle s'emploie d'abord à nous faire découvrir plusieurs plantes endémiques, notamment toutes celles qui servent à teindre la laine d'alpaca. Du jaune, du rouge, du vert chlorophylle, et enfin couleur café. Mais la nature ici regorge aussi de plusieurs plantes médicinales, notamment la mouña, gorgée de menthol. Ça pousse comme du chien dent, c'est bon pour le mal de l'altitude, on en fait un maté aux vertus antiinflammatoire.

Les bateaux des pécheurs attendent sur le bord, avant que leur propriétaire ne se glisse dans la coque et parte en milieu d'après midi pour rejoindre le lointain. Ils pèchent une première fois à la tombée de la nuit, puis s'endorment dans le bateau, et reprennent leur pèche au petit matin avant de revenir. Vu la fraîcheur ambiante, le travail doit être particulièrement difficile.

C'est parti pour un tour de barque. Doña Anna vide le bateau plein d'eau. Y a un trou? que je lui demande, mais non c'est pour être sûr que le bois gonfle et que la coque soit étanche !

D'un bras énergique, la voilà qui nous dirige en direction des viviers de truites, à quelques encablures.

Pour nous expliquer que le vivier contient des truites américaines reproductrices et tous leurs petits avant d'être libérés.

Direction ensuite une petite plateforme flottante que les guides du village ont construit pour pouvoir observer la faune et la flore environnante. Le sol est couvert des roseaux qui poussent sur les bords du lac, qui longtemps ont servi à construire les barques des pécheurs.

Quand le commandant Cousteau s'est aventuré dans les profondeurs du lac, il y a découvert une espèce de grenouille de belle taille.

elles sont belles et charnues 

Alex a eu la chance d'apprendre la danse locale qui nécessite un costume... regardez

Le voilà prêt, à former un joli couple de danse avec Anna !

y a une vidéo, mais la pudeur m'invite à vous épargner !

Un dernier tour de piste en barque pour observer les quelques oiseaux du lac, quelques canards, un oiseau aux 7 couleurs, qui niche au cœur des roseaux. Mais la petite bête c'est un peu le météofrance du titicaca. Quand une grosse pluie s'annonce, il installe son nid, habituellement à hauteur d'eau, plus haut dans les roseaux. Forme de Baromètre du niveau du lac.

Après nous avoir montré à quoi ressemblait la plante de quinoa, nous sommes tranquillement rentré dans nos pénates.

15
juin
15
juin

Une fois revenu de Torotoro, nous avons fait route depuis Cochabamba en direction de La Paz. Cette fois-ci nous avons choisi le nec plus ultra du bus, couchette quasi intégrale, ce qui a grandement facilité le sommeil tout au long des 8 heures de trajet. Arrivés à La Paz à l’aube, nous décidons de ne pas mollir et de nous diriger sans tarder vers le lac Titicaca.

Nous prenons alors conscience, dans le bus qui monte lentement, des altitudes vertigineuses dans lesquelles la ville s’est construite. Le terminal de bus proche du centre est déjà à 3200 m d’altitude. Or la ville s’élance à l’assaut des montagnes alentours pour atteindre le plateau, et le plus grand quartier de la Paz, El Alto le bien nommé, puisque ici on dépasse légèrement les 4000 m d’altitude. Autant dire qu’à 7h30 du matin, il fait très froid.


Mais déjà quelque chose a changé, la lumière du soleil levant est comme incandescente dans ce ciel d’un bleu profond, sans nuage. Le contraste est d’autant plus fort qu’une fois les quelques km de faubourg dépassés, nous parcourons une vaste plaine aride, rouge et ocre, qui ne semble être que poussière, délimitée au nord-est par la cordillère royale, majestueuse chaîne de montagne, venant avec ses sommets éternellement enneigés, atténuer la monotonie du paysage.

Et puis soudain, apparaît l’eau du lac, d’un bleu encore plus profond que celui du ciel. Le bus s’arrête alors et nous comprenons que nous allons emprunter un bac. La principale ville bolivienne du lac, Copacabana, se trouve sur une presqu’île seulement rattachée territorialement avec le Pérou. Nous descendons du bus, sans tout à fait comprendre pourquoi nous ne passons pas sur le bras du lac dans le bus.

frêles esquifs ! 

Et nous saisissons sans peine qu’il vaut mieux prendre un petit bateau en parallèle du bus. Car les bacs en question, faits d’immenses coupes de bois, ne paraissent pas d’une solidité à toute épreuve.


Après quelques minutes nous arrivons à Copacabana, posée sur les bords du lacs entre deux pains de sucre. Le nom de la ville, qui sonne un peu brésilien à nos oreilles est portant à l’origine de la célèbre plage de Rio de Janeiro. Un des prêtres franciscain installé sur le Titicaca, se trouvant en perdition au large du Brésil à proximité de la baie carioca dédie alors toutes ses prières à la vierge de Copacabana, patronne des bords du lac Titicaca.


La ville est d’ailleurs célèbre pour sa cathédrale fondée par les franciscains, devant laquelle les voitures de toute la région sont baptisées ! et oui même la mécanique ne risque plus les affres de l’enfer ou du purgatoire. C’est là qu’on est content d’être un piston ou un joint de culasse.

Les abords de la belle cathédrale toute blanche sont par ailleurs complètement envahis par les villageois qui composent de géants cartouches de fleurs à même le sol.

Nous ne sommes pas tout à fait sûrs de la signification de l’événement. Les formes constituées par les fleurs sont indiscutablement d’ordre religieuse, croix, colombes, calices ont la part belle. Mais nous avons pu observer sur certains cartouches le nom d’un commerce, une boulangerie par exemple. L’intention serait donc d’attirer la protection divine sur le commerce ou la famille à l’œuvre pour réaliser ces dessins.

Le paysage ne serait pas complet, si on omettait de parler des chulitas. Les femmes boliviennes sont de vraies icones, avec leurs formes généreuses, leurs deux longues tresses, les couleurs de leurs robes et chargement, et enfin leur petit chapeau melon, qui tient imperturbablement sur leur tête.

Ce sont, elles, également qui se chargent de préparer les repas dans les marchés, véritables cafétérias populaires, les Comedors. A Cochabamba la spécialité c’est la truite du lac. Un régal

14
juin
14
juin
Publié le 22 juin 2017

Après une folle journée de marche dans les canyons, nous nous sommes forcements couchés très tôt. Moralité le lendemain, pour la première fois depuis des éons (surtout pour alex), nous nous sommes levés aux aurores.

Pratique, nous avons pu arriver assez tôt au bureau des guides pour notre deuxième journée de visite. Notre réveil matinal n’aura été que d’une utilité toute relative. Nous avons en effet passé un certain temps à gérer la constitution du groupe de visite.

Pour planter le décor, nous sommes arrivé déjà à quatre (avec les deux québécois). Sur place attendent déjà : une française qui souhaite aller voir la cité d’Ita mais doit rentrer tôt pour une sombre histoire de bus, 2 uruguayens et un argentin qui veulent faire le pack complet Ita et Umajalante comme nous. Sachant que le bus est prévu pour emporter six touristes, comment régler cette situation où tout le monde veut partir en même temps ? Plus le groupe est grand plus le tarif par personne baisse, c’est assez logique.

Après diverses tractations en tous sens, nous sommes finalement partis à huit dans le mini van, aussi serrés que des sardines au fond d’une boite, avec la perspective pour la jeune française d’être récupérée en moto, après la première visite. Une grosse heure de route de montagne montant à coup de lacets, offrant des vues époustouflantes sur la vallée de Torotoro et celle voisine, finit par nous amener aux abords de Ciudad Ita aux environs de 4.200m (si vous avez suivis ont vient de grimper plus de 1.000 mètres en une heure).

Dès le départ la vue est incroyable, on domine la vallée et le regard se perd dans de lointains contreforts. Mais il ne faut pas lambiner, il y a une petite trotte jusqu’au grottes de Ciudad Ita. Nous crapahutons donc entre les rochers, on monte, on descend, on enjambe pour passer un premier pic rocheux nous bloquant la route. Nouvelle zone de « plat » avec quelques particularités géologiques amusantes. D’un côté un amas ressemble à un iguane, de l’autre ce sont des tortues marines que l’on voit, plus tard un éléphant et encore des tortues mais terrestres cette fois.

En terme d’animaux vivants, il faut dire ce qui est, on en verra peu. Quelques condors passent au loin (les petits V noirs sur les photos), des insectes et les traces du passage de brebis et de vaches. Notre guide nous apprend qu’il y a aussi dans ces montagnes des renards et des mouflettes, qu’on aperçoit rarement.

Allez je vous aide, la tortue est à gauche, le condor sur celle du milieu

Nous continuons le chemin pour nous approcher d’une sorte de mini canyon. Une petite descente sportive plus tard nous nous trouvons à l’intérieur. Il y a de cela encore quelques décennies ce lieu était utilisé comme cache à vache par les voleurs de bétail des environs. Vous avez bien lu : cache à vache. En effet le canyon est complètement invisible, ses entrées quasi impossibles à déceler et une source à l’intérieur permet à la végétation de pousser avec plus de vigueur qu’ailleurs et de désaltérer les ovins. Depuis que les touristes viennent visiter le lieu, plus de secret, le trafic de vache s’est vu ralenti…

On peut aujourd’hui admirer les quelques bizarreries de ce mini canyon comme cet arbre 3m plus haut dont les racines ont percé la pierre pour venir chercher l’eau, cette caverne qui vu sous le bon angle ressemble à des narines ou encore une des espèces de chauve souris locale en train de dormir.

La belle narine !
Notre groupe de grands aventuriers, et ce qui semble être une chauve-souris, une espèce solitaire nous précise le guide.

On sort de ce canyon par le passage emprunté par les vaches, on se retourne et effectivement l’entrée est indécelable, cachée derrière des arbustes, une dirait une simple faille dans la muraille de roche qui nous surplombe. Bref nous continuons en direction d’Ita avec des vus toujours imprenables sur les formations géologiques des environs.

Ce qu'il faut regarder c'est la tête de l'éléphant, et pas le couple qui s'embrasse, espèce de sale voyeur !

Nous arrivons enfin près des premières grottes d’Ita. Il faut savoir qu’il ne s’agit pas réellement d’une cité, en tout cas les grottes ne furent jamais utilisées comme telle. Elles se sont formés il y a plusieurs milliers d’années par l’érosion ! A cette époque toute la zone était au niveau de la mer. Etonnant de voir ce type de formation à plus de 4.000m. La première zone est appelée la cathédrale de par ces dimensions, on voit qu’une des flèches est tombée formant désormais un toit, d’ici quelques siècles elle ira surement combler la grotte. Une formation de trois pics est appelée le gouvernement, et une grande salle ronde, avec une pierre au centre sur laquelle pousse un arbre est appelée le tribunal.

On sorts de cette zone pour recroiser les allemands ! Décidément ils sont partout…

Plutôt que d’emprunter le même chemin qu’à l’aller, nous allons passer au dessus de tout ce que nous venons de traverser !

Ça grimpe, ça monte, il faut emprunter des échelles non fixées aux parois ! Grimper à l’aide de cordes ! Et frôler de terribles précipices ! Pour ceux qui ont déjà vu Alex grimper sur des cailloux, c’est assez drôle. Il faut avouer que le bureau des guides ne prévient pas trop de ce type de petites aventures…

Alex est content de faire de la grimpette 

Ça grimpe doucement mais en continue jusqu’à nous ramener aux abords de notre point de départ, les uruguayens sont à la traine, étonnant surtout que ce sont de futurs professeurs de sport ! (Vous pouvez insérer ici un rire moqueur). Nous retournons au mini van direction la caverne d’Umajalanta !


Pour cette étape point de photo, nous avons laissé le sac et l’appareil photo dans les casiers avant d’enfiler notre superbe casque de chantier avec une frontale. Car nous allons nous enfoncer dans les profondeurs insondables de la terre ! Histoire de nous rassurer dès le début on nous demande si il y a des claustrophobes, il va falloir ramper sur à peu près 10 mètres de boyaux environ à mi-chemin. Le claustrophobe léger du groupe déglutit avec peine avant de sourire doucement et annoncer avec courage la mâchoire bloquée que ça devrait aller.

C’est donc parti pour deux bonnes heures de spéléologie à voir les formations rocheuses, stalactites et stalagmites assez classiques, une formation appelée l’arbre d’Umajalanta qui pour le coup est plutôt inhabituelle. On rampe dans la boue, on glisse sur des toboggans et on finit par arriver aux fameux boyaux !

Au final en à peine 10 minutes tout le monde est passé, sachant qu’il y a 3 itinéraires possibles plus ou moins étroits et difficiles à passer. Dans la bonne humeur et une ambiance de jeu pour enfant (vous savez les piscine à boules et les châteaux avec des tuyaux) tout le monde rampe sans aucun problème, on se retrouve dans la salle suivante pour féliciter notre ami à l’accent prononcé.

Toujours est-il que nous reprenons la route en direction du système aquifère de la caverne, un grand bassin, une eau cristalline, des poissons blancs et aveugles, une cascade au fond qui glougloute. Les poncifs de la spéléo sont remplis nous sommes satisfaits, il ne nous reste plus qu’à remonter.

C’est reparti pour de la grimpette, des glissades, des sauts, des descentes ou remontées en rappel. On passe dans une zone pleine de « chaudrons » où l’eau descend tranquillement de bassins en bassins.

Nous finissons par remonter à la surface, heureux de retrouver la lumière du soleil tombant, fourbus mais heureux de cet exploit sportif.

En vrai c'est tout petit, la photo est trompeuse...
12
juin

Première journée, première balade. Le parc national de Torotoro propose plusieurs sentiers, mais impose la présence d’un guide. On arrive le matin à leur guitoune et on attend d’être suffisamment nombreux pour former un groupe conséquent, heureusement avec les Québécois rencontrés sur la route de Torotoro nous n'avons pas à attendre.

C’est le grand Canyon associé à la grande cascade que nous souhaitons voir. 3 circuits différents sont possibles de 5, 6 ou 8h de marche. Première sortie sportive pour le dos d’Alex, pas question de forcer. Un jeune garçon appelé Nikanor nous accueille et nous guidera pendant toute la balade. C’est parti pour une jolie randonnée sous un beau soleil, dans un ciel sans nuage d’un bleu intense. Nous entamons la balade par le lit d’une petite rivière asséchée à cette saison qui par l’érosion a créé de grands affaissements formant des paliers successifs.

A gauche le lit d'une cascade, à droite le pont des amoureux. Interdit de monter dessus risque d'écroulement.
les BG du jour 

Nikanor, nous donne quelques explications sur la faune, la flore, nous montre notamment cet arbre, grâce auquel on fabrique le Charango, l’instrument traditionnel bolivien, d’un son proche du Yukulélé, souvent accompagné d’une guitare sèche en seconde voix.

noueux et très solide, c'est de ce bois que sort le meilleur son 

Nous arrivons alors au grand Canyon, qui apparaît, immense. J’ai oublié ses dimensions, mais il se prolonge sur plusieurs kilomètres. La photo parle d’elle même.

mais que c'est haut 

Nous descendons ensuite tout en bas pour rejoindre le ruisseau et atteindre la cascade. Une fois au fond nous poursuivons un petit moment le cours de l’eau cristalline et froide. Jusqu’à un virage d’où l’on aperçoit la jolie cascade du Vergel. Le paysage tranche alors fortement avec ce que nous avons vu jusqu’à présent, très largement aride. L’eau jaillit de la montage de deux trous, appelé la « nariz de la vaca » (narine de la vache). L’endroit constitue la halte / pause déjeuner des différents groupes qui s’y retrouvent, on croise un couple d'allemands qui nous accompagnaient sur la route de Torotoro. Au fond du canyon, le soleil chauffe bien.

Quelques uns tentent la baignade, que les jeunes du coin semblent plébisciter. La lecture du routard nous ayant renseigné sur cette perspective, nous avions les maillots de bain dans le sac. Ni une ni deux, nous fonçons à l’eau, pour nous rafraîchir. Nous serons servis. Oui l’eau qui ruisselle au fond du canyon, comme toute eau courante de montagne reste si fraîche, qu’au lieu de l’habituelle sensation de fraicheur, c’est plutôt une sensation de brulure qui vous parcourt sur tout le corps. A côté la cascade paraît chaude.

là dans le petit bassin sur la photo de gauche, l'eau est presque glacée 

Après notre petit casse croute, nous repartons et nous comprenons alors, comme devant, que c’est la remonté du canyon qui nous attend. Mais pas par l’escalier de l’aller, relativement bien construit et régulier. Non, nous remontons lentement la gorge, passant de rocher en rocher, aussi agiles que des boucs !

pierres glissantes, précipices à enjamber, escalade sur deux trois rochers... rien ne nous est épargné 

Enfin, on accuse quand même le coup, au moment de remonter par un petit sentier de terre plutôt abrupte.

À mesure que la lumière de la fin d’après midi s’installe, les couleurs du canyon ressortent d’autant. Enfin nous sortons de cette gorge profonde, la surface paraît proche, au cœur d’une nature qui ressemble fort à une garrigue. Encore quelques centaines de mètres de rocailles dans le lit du ruisseau à sec et nous voilà de retour au village, avec cette sensation de fatigue physique que notre longue halte à Buenos aires nous avait presque fait oublié.

11
juin
11
juin
Publié le 20 juin 2017

! La véracité scientifique de ce que nous racontons est sujette à caution, c’est de mémoire et depuis un espagnol plutôt approximatif !


La village de Torotoro est bien plus grand qu’il n’y paraît, il compte près de 4000 familles soit potentiellement 20.000 habitants. L’essentiel de l’activité est le tourisme, forcément le parc avec ses diverses merveilles naturelles attire les touristes en nombre. Celui-ci est surtout réputé pour les traces de dinosaures que l’on retrouve un peu partout dans les environs. Anciennement au niveau de la mer, avec de grandes zones boueuses, le soulèvement de toute la région et les empilements sédimentaires ont permis de conserver ces empreintes boueuses aujourd’hui devenu pierres bien solides.

Ça ne se voit pas toujours très bien, mais ce sont bien des traces de dinosaures ! 

Nous croisons donc de ci de là des traces de bestioles en tous genres (oui nous avons complétement oublié les noms). On trouve principalement des grosses pattes d’herbivore immenses (dans les 15m de longueur) genre les parents de petit-pieds pour ceux qui ont vu le petit dinosaure, un autre herbivore moins grand mais tout aussi massif tout caparaçonné (celui avec une sorte de masse au bout de sa queue) et des plus petits sur deux pattes, carnivores essayant de manger les précédents.

A défaut d’être forcément très vrai scientifiquement parlant, ça permet de donner une identité forte à la ville. Notamment la place centrale, totalement « jurassic park » ! J’avoue avoir eu un gros coup de cœur sur les bancs, ici vous ne voyez que le dossier, mais les reposes bras en fer représentent des fougères et autres plantes archaïques et se terminent par des têtes de dinosaures, les pieds sont tout simplement des pattes de dinosaures. C’est kitsch et absolument fantastique. Même la salle des fêtes ou Colisée du village, porte sur son fronton une sorte de tyrannosaure déchirant la façade. On sent que Georges Lucas à fait des émules.

Ils sont pas beaux ces bancs ?

Au delà de cet aspect parc d’attraction, Toro Toro reste avant tout un village de montagne, pittoresque à souhait. En journée vous mourez de chaud sous un soleil de plomb sans aucun nuage, et lorsque le soleil se couche les températures ne tardent pas à chuter tout aussi vite. Pour se réchauffer et sustenter le corps après une folle journée de marche, rien de tel que d’aller casser la croute au Comedor comunitario.

Cela ressemble à une petite halle de marché, au centre de longues tables séparées par une travée centrale filent jusqu’au fond, sur les côtés des plans de travail sont délimités et permettent aux cuisinières de stocker tout leur attirail et leurs ingrédients. Nous n’avons jamais vu plus de 3 stands ouverts en même temps. Les locaux viennent manger ici, avec des menus à 13 Bs, pour une soupe et un plat, toujours accompagné de la sauce piquante, du piment mixé ou écrasé. C’est simple mais gouteux et roboratif.

Sinon le plus sympathique est encore de tomber sur un trio de ptit vieux sur leurs banc, occupés à jouer du charango (l’instrument typique de la Bolivie, croisement entre le ukulélé et le banjo, initialement fabriqué avec une carapace de tatou) tout en buvant de la chicha. C’est un alcool de maïs, de couleur jaune orangé, légèrement pétillant, ce n’est pas sans rappeler le cidre brut, légèrement amer. Stocké dans un sceau ou jerrican, on en sert quelques gorgés dans une coupelle de bois que l’on se fait passer.


Le dernier et principal atout de Toro Toro, reste la vue incroyable que l’on a quasiment en permanence sur les montagnes qui l’entourent. On voit les plissements de terrains, les pics et cols nous séparant de la vallée voisine, les champs en étages des environs, et la nuit les étoiles magnifiques et lumineuses comme on peut rarement les admirer en France.

En somme un village où il fait bon vivre, et où nous serions bien restés plus longtemps.

Les fameuses collines plissées
10
juin
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juin
Publié le 19 juin 2017

On nous avait parlé d’un endroit sauvage, un bout du monde au cœur des montagnes, où quelques dinosaures avaient laissé leurs traces. Ce bout du monde portait le nom chantant de Torotoro.

Nous avons donc emprunté un de ces petits taxis collectifs, genre combi volkswagen, réaménagé pour mettre près de 12 personnes chauffeur compris. Ces taxis là ne commencent leur trajet qu’une fois plein. Après une attente de plus d’une heure, enfin le convoi s’ébranla. Une vingtaine de minutes sont nécessaires pour sortir de la ville en direction de l’Est, un paysage particulièrement aride nous accompagnant.

Après une bonne heure nous bifurquons vers le sud, au milieu d’une grande plaine, couverte de petites parcelles plantées d’orge et de blé principalement. La route asphaltée s’arrête et nous poursuivons sur une route empierrée de façon très régulière, une vraie petite œuvre d’art comme il doit en exister en France sous les couches de bitumes. Nous nous engageons enfin dans les montagnes, un peu bousculés par le cahot du véhicule

Nous traversons alors une série de paysage très divers, au fur et à mesure que nous progressons, et franchissons des cols.

D’abord des zones agraires, assez aride, aux teintes jaunes et marrons. Nous passons devant plusieurs groupes de paysans en train de battre le blé au bâton. Globalement, à l’exception d’un ou deux tracteurs, rien n’est mécanisé. Les maisons sont principalement construites en torchis, des briques de terre et de pailles sèchent au soleil.

de la vaste plaine aux collines, sur une route de pierres magnifique
beaucoup d'ovins, gardés par leur berger, souvent des femmes avec leur petit chapeau rond et leur fardeau multicolore

Après avoir dépassé le dernier gros village avant Torotoro, les montagnes deviennent d’abords plus abruptes, et progressivement, une plaine s’ouvre devant nos yeux. Les tons rouges de terres ferrugineuses et verts des arbustes deviennent dominants.

Changement de décors 
la plaine, totalement inondable en saison des pluies qui laisse la place à un petit ruisseau en saison sèche 

La nuit tombe alors. Cela fait maintenant plus de 3h30 que nous roulons. De très rares lumières signalent au loin quelques habitations. Commence alors une longue montée en lacets, de près de 1500 mètres de dénivelés. Tout en haut, un ciel d’encre laisse apparaître des milliers d’étoiles. Toujours rien à l’horizon. Un virage encore, et soudain, notre regard un peu soulagé et ébahi se pose sur un gros village au creux d’une petite vallée quelques mètres en contrebas.

Le temps de trouver un petit hôtel, de négocier le prix de la chambre, accompagné d’un jeune couple de canadiens, nous nous installons, mangeons un petit bout et allons nous coucher, dans un froid relatif. Quand le soleil disparaît la fraîcheur des montagnes prend le dessus.

9
juin
9
juin
Publié le 17 juin 2017

Pour économiser nos anatomies fragiles, nous avons préféré l’avion au bus. Quelques trois heures de vol pour relier Buenos Aires à Santa Cruz de la tierra, où la chaleur et l’humidité de la foret font un sacré choc après la fraicheur automnale de Buenos Aires. De là un saut de puce d’à peine une heure pour nous rendre à Cochabamba, grand centre urbain de la région des vallées, situé entre l’Amazonie et l’altiplano. Comprenez qu’il s’agit d’une région montagneuse mais de moindre envergure puisque la ville n’est situé qu’à 2.500m.

Après quelques déboires pour retirer nos bolivianos - sachez qu’en Bolivie on est tatillon à l’excès sur les preuves d’identité, renseignez TOUS vos prénoms sous peine de vous voir refuser moult opérations bancaires – nous pouvons enfin explorer la ville.


Ce qui nous a frappé c’est le changement radical de la ville entre le jour et la nuit. Nous sommes arrivés en soirée vers 22h, et la ville était totalement vide. Tout est fermé, il n’y pas âme qui vive, une vraie ville fantôme. Le lendemain fut un vrai choc puisqu’en journée, la ville bouillonne. Les rues sont bondées, des étals occupent les trottoirs en tous sens, les véhicules se frayent des chemins en klaxonnant. D’ailleurs gardez les yeux ouverts, si brusquement un bouchon se forme sur le trottoir entre deux étals, c’est probablement qu’un ou deux voleurs vont essayer de vous faire les poches, bloquez en l’accès et forcez le passage en poussant le malotru, ce désagréable moment est passé sans perte ni tracas. En somme, c’est bruyant, coloré et vivant, mais rien de comparable avec les multiples marchés de la ville !

Une ambiance foutraque à souhait, le mélimélo de câbles est impressionnant, surtout ceux qui pendent au sol dénudés 

Ici ce sont de véritables labyrinthes où le touriste ne peut que se perdre. Parfois un panneau pendouille penaud pour indiquer le nom d’une travée et sa spécialité, mais il faut en majorité se fier à son flair pour ne pas y errer éternellement.

Si à première vue l’ensemble parait totalement chaotique, on finit par comprendre que les métiers se regroupent plus ou moins. Ainsi vous trouverez une zone de type parapharmacie/produits de beauté, une autre ou les tissus se vendent au mètre, un bloc encore où ce sont les cordonniers qui se sont rassemblés, la classique sone des bouchers toute carrelée et des zones plus improbables telles ces travées où se vendent tout le matériel électronique imaginable.

De longues allées sans fin, des étals pleins à ras bord... 

Les quelques places de la ville, en font le contrepoint. Lieux certes de rendez-vous, où selon les heures il est impossible de trouver à s’asseoir, mais surtout lieux de calme et de verdure au milieu de ces montagnes aux teintes ocre et pelées.

Ce n’est qu’autour de ces places qu’il est possible de voir l’architecture d’origine de Cochabamba, ou du moins ses vestiges coloniaux. Le triste béton et les bâtiments en brique ont poussés partout ailleurs. La plaza 14 de septiembre est de loin la plus belle, avec son pourtour de vieux bâtiments abritant commerces et institutions sous le couvert de leurs arcades. Si vous avez l’œil vous aurez aperçu quelques petites structures de bois mesurant dans les 1m50. Si au soir elles sont totalement repliées en journées elles se déplient pour permettre au clients de s’asseoir et aux cireurs de chaussures de cirer. Il doit y en avoir une bonne vingtaine si ce n’est plus sur toute la place.

jolie place,... la seule !  

Enfin le point important pour nous, c’est bien sûr la cuisine. Comme dans beaucoup de pays il vaut mieux se méfier de l’eau pour ne pas passer plusieurs jours « empêchés ». Mais concernant la nourriture vous pouvez foncer, même dans le plus petites gargottes. En général près des marchés vous verrez des flopés de « foodtruck » en moins bobo que par chez nous. Ca sent les graillons, les patates sont coupées sur votre nez avant d’être stockés dans d’immenses sceaux, la viande cuit dans un bain d’huile. Autant vous dire qu’après une journée de balade ca vous attire, surtout que les serveuses sont des alpagueuses de premier ordre ! Si vous passez dans un rayon de 10 mètres soyez sur de vous faire accoster, une description du menu est de mise alors qu’on vous sort tabouret et table pliante pour vous y asseoir avant même que vous n’ayez compris ce qu’il se passe.

Mais n’ayez crainte, c’est dans ces endroits et leurs équivalents dans les marchés que l’on mange le mieux, des produits frais, de qualité et surtout peu cher. La cuisine est simple, souvent une soupe en entrée qu’elle soit de maïs, de blé ou de quinoa, avec un morceau de viande pour donner du goût et des herbes aux saveurs surprenantes. Ensuite vient le plat, surtout de la viande (bœuf ou poulet) frit, en milanesa, en sauce… le tout sur un lit de riz, une ou deux patates, quelques légumes pour faire bonne figure, et selon la cuisinière d’autres tubercules au formes et goûts étranges. N’oubliez surtout pas la sauce piquante ! Tout simplement des piments verts ou rouges passés au mixeur, là encore selon l’endroit ça pique légèrement ou bien ça vous arrache gentiment la glotte.

c'est la seule photo de nourriture que nous avons, quand nous pensons à photographier, le plat est déjà fini !

Après deux jours à Cochabamba nous pouvons reprendre la route. Eh oui Cochabamba ne brille pas par son charme, c’est avant tout une capitale économique et un lieu de transit en direction de sites bien plus beau. Notamment Torotoro : le parc des fossiles et ses dinosaures notre prochaine étape, lieu de toutes les aventures !

7
mai
7
mai
Publié le 16 juin 2017


Une cure de silence… comme le président de la République, nous avons décidé après notre retour d’Iguazu de vous épargner la longue litanie de nos aventures, afin de créer une légère attente et d’instiller un peu de suspence, un positionnement presque jupitérien dirons nous !

Mais diable qu’ont-ils donc fait depuis ce 5 mai, 5 semaines quand même.

Nous vous devons la vérité. Si vous êtes assidus, vous vous souvenez qu’à Uspallata, à deux pas du plus grand sommet des Amériques, Alex s’était blessé au dos, à la suite d’un saut malheureux. Eh bien lors de notre petit tour uruguayen et brésilien, la douleur qui d’abord s’était atténuée, et revenue en force, jusqu’à ce que l’impétrant se retrouve presque incapable de marcher, tant la douleur au niveau du bas du dos, de la fesse gauche et de la jambe était intense.


Bigre, me direz vous, quel mal s’était donc insinué insidieusement, et par quel biais ? Notre station plus longue que prévue au Brésil fût imposée par le besoin d’un repos complet. La séance d’ostéopathie à Florianopolis a atténué la douleur, mais nous étions un peu comme le lait sur le feu, et jusqu’à notre retour début mai à Buenos Aires, Alex ne pouvait marcher sans boiter.

Les examens médicaux, radios et IRM ont finalement montré que le garçon avait une belle hernie discale entre les deux derniers disques de la colonne. La grosse tuile !

Non content de la nouvelle, déjà délicate à aborder, le spécialiste argentin nous a alors vivement conseillé d’opérer, au risque d’une « progressive paralysie de la jambe gauche ». Diantre, ça n’était pas tout à fait le programme que nous avions imaginé. Heureusement, nos médecins français, à qui nous avons demandé conseil, nous ont tous expliqué qu’à ce jour en France, on n’opérait plus les hernies discales, sauf situations très particulières. Après avoir envisagé différentes hypothèses, dont le retour anticipé, nous avons préféré laisser une chance au repos et à un traitement ostéopathique soutenu.


C’est pourquoi nous sommes restés sur Buenos aires, deux semaines de plus que nous ne l’avions imaginé. Rester plus longtemps tout en essayant de compenser les nouvelles dépenses médicales, dont nous venions d’apprendre qu’elles ne seraient pas prises en charge par l’assurance médicale que nous avions souscrite… et oui les affections lombalgiques étaient exclues du contrat. Nous avions bien lu le contrat, mais nous ne soupçonnions pas qu’une petite hernie se cachait, tapie dans l’ombre, jusqu’à la traversée d’un petit ruisseau, à priori indolore.


Dès lors, comme deux moines franciscains, faisant vœux de frugalité, nous nous sommes réfugiés chez une amie généreuse qui nous offrait le gite, en échange de quelques menus travaux d’entretiens. Les jours passés furent paisibles et sans étincelle particulière justifiant de nouveaux billets de voyage. Nous nous sommes concentrés sur notre intérieur, mobilisé par la nécessité de nourrir notre jeune collocataire, 20 ans à peine, maîtrisant sans problème les secrets du shaker, mais ayant les plus grandes réticences devant une batterie de casserole.

Elles sont pas belles mes miches ? 

Nous nous sommes alors lancés dans quelques aventures culinaires, pour satisfaire l’appétit de la demoiselle et le notre conjointement. J’ai fait mes premiers pains, en élevant mon propre levain. Nous avons testé le ceviche péruvien, ou encore peaufiné la recette du cheesecake. Pour compenser une vie un peu terne, nous nous sommes réfugiés dans le sucre. Alex excelle désormais dans la fabrication du caramel beurre salé. Ça allait très bien avec le pain.

Le Ceviche : c'est sain, c'est frais, et c'est vachement bon !

Au fur à mesure qu’Alexandre retrouvait une démarche normale et indolore, nous nous sommes entichés de ces fameux cours en ligne, les MOOC (pour massively online open courses), histoire de stimuler notre appétit intellectuel. De la fantasy, au smartgrids en passant par « qu’est-ce que c’est que l’économie », ou encore la comptabilité analytique… que des sujets fun qui ont grandement distrait notre attention.


Enfin, à l’issue de ce court purgatoire, nous avons pu envisagé de reprendre la route, direction la Bolivie.

2
mai
2
mai
Publié le 11 mai 2017

Après avoir vu les litres d'eau d'Iguazù et les merveilles de la nature l'étape suivante se voulait plus humaine et spirituel avec les vestiges des missions Jésuites présentes dans la région de "Missiones".

Ne voulant pas perdre une minute de notre précieux temps nous avions préparé un parcours chronométré à coup de bus de nuit en tous sens pour atteindre Buenos Aires le 5 mai, date à laquelle une chambre se libérait chez notre logeuse attitrée. En plus d'être chronométré, le trajet se devait d'être économique, si bien que nous devions privilégier les trajets de nuit, et faire de nos sièges des lits de fortune.

Premier trajet : le soir de notre journée au parc Argentin d'Iguazù, départ à 1h du matin en direction donc de San Ignacio. Nous avons passé le temps en picolant et mangeant des pizzas à notre Hostel en compagnie d'un couple de français qui allaient visiter les chutes le lendemain. Nous nous trouvions donc bien grisés et claqués au moment d'embarquer. Nous comptions sur pas moins de 5/6 heures de sommeil pour se refaire. Or à 4h du matin, après 3 heures de conduites à tombeau ouvert (dixit Simon, le cocktail doliprane et vin m'ont fait pioncer comme un enfant), nous fûmes réveillés par les autres passagers du bus nous annonçant que nous étions à destination et qu'il fallait dégager le terrain. Nous voici donc à San Ignacio, au terminal de bus, à 4h du matin, dans le froid du petit matin, après trois petites heures de sommeil avec la perspective d'attendre encore jusque 9h que le site ouvre...

Notre esprit toujours positif ne s'est pas laissé abattre, bien entendu. Nous nous sommes donc lancés hardiment à pied vers le centre ville. Une placette aux bancs presque confortables (!) ont abrités nos siestes éclairs alors que la brume envahissait de ses gouttelettes l'air environnant, drapant d'un voile laiteux l'ensemble de la ville, jusqu'à ce que le soleil daigne enfin se lever accompagnant les écoliers sur le chemin des classes. Pendant ce temps nous étions blottis sur notre banc, enrobé dans un sac de couchage la mine un peu défaite et l'air hagard. Une image des plus pittoresques à n'en pas douter. Une fois l'heure de l'ouverture passée, nous avons pu enfin nous élancer et réchauffer nos corps transis par quelques minutes de marche pour arriver enfin à San Ignacio Mini, les ruines de la missions jésuite fondée au XVIIe siècle par le père Roque González de Santa Cruz.

Tu te sens un peu comme Indiana Jones 

Les missions jésuites sont alors le fer de lance de l’évangélisation dans cette zone, mais avec un idéal humaniste fort. Pour s'installer, les Jésuites obtiennent de la couronne d'Espagne la création d'un état jésuite de part et d'autre du fleuve Parana. Le roi d'Espagne cherche alors à contrebalancer la montée en puissance des portugais d'une part et des propriétaires terriens d'autre part. Les ecclésiastiques se voient alors attribué une partie du territoire et y fondent une organisation urbaine et sociale nouvelle. En effet, la colonisation est d'abord fondé sur une économie de prédation où les populations autochtones sont esclavagisées. Si vous achetez ou vous proclamez propriétaire d'un terrain, vous devenez automatiquement propriétaire des autochtones y vivant. Pratique n'est-ce pas ? Les missions sont fondées sur une logique contraire, où les populations locales sont libres, éduquées et armées pour défendre ces espaces. Les trafiquants d'humains et autres propriétaires terriens avides de mains d’œuvre pas chère n'y ont aucun droit et se font chasser manu militari.

 Habitation prolongée par une avancée soutenue par des colonnes carrées, simple et élégant 

Les Jésuites ont une vision en avance sur leur temps, ils apprennent la langue des Indiens natifs et s’intègrent au sein de leurs communautés, faisant appels à des sortes de conseils des anciens pour assurer l'interface entre eux et le reste de la société civile. L'ensemble se construit sur des bases égalitaires et presque de relativisme culturel. Ces endroits deviennent des havres de paix ou l'éducation est gratuite tout comme les repas, les biens de première nécessité et les soins. La majeure partie de la population partage son temps entre travail des champs et autres activités pour la communauté (en moyenne 6 heures de travail par jour), la prière et les pratiques spirituelles et enfin les pratiques artistiques et artisanales. L'artisanat et les œuvres ici produites sont réputées et exportées autant sur le reste du continent que vers l'Espagne, assurant un revenu complémentaire aux missions pour l'achat de matériel impossibles à créer sur place.

Entrée de l'église, avec un portail principal et deux portes latérales 

Tout ne se passe pas sans heurs bien entendu... on trouve une prison dans chaque mission ! Et des frictions apparaissent régulièrement entre les différentes ethnies non habituées à vivre dans ce type de communauté si grande et en proximité permanente les unes aux autres alors qu'elles vivaient jusqu'alors de façon indépendante. Il n'empêche que le bilan global de ses missions laisse un goût d'utopie.

les clairs obscurs du matin, sur la pierre ferrugineuse : contraste assuré

On se sent bizarrement apaisé lorsqu'on déambule dans les différents quartiers et les ruines de cette ville. Les bas reliefs restaurés, et les multiples gravures et enjolivures présent partout nous donnent un mince aperçu de la magnificence et de l'importance des arts dans ces communautés. On imagine qu'il devait y faire bon vivre, en tout cas bien plus que dans nombre d'autres lieux à cette époque. Le soleil encore bas sur l'horizon, sa lumière rasante se reflétant milles fois sur les gouttes de rosée partout présentes ajoute à la magie du lieu.

Nous fuyons finalement ce havre de paix alors qu'une horde de touriste s'approche de nous. Il est temps de reprendre la route, notre trajet est Chronométré on vous à dit !

Toujours cette nature qui vous surprend  
tout est raffiné, même les carreaux du sol 

Nous voici donc de retour au terminal de bus direction Concordia, ville à la frontière de l'Uruguay puisque nous avons décidés d'aller faire un saut aux nombreuses Thermes de la région de Salto. C'est donc après une heure d'attente à San Ignacio que nous embarquons en direction de Posada. Une fois rendus il nous faut attendre le bus de 22h direction Concordia. Nous folâtrons donc autour de la gare et du centre commercial proche pour récupérer de quoi remplir nos estomac tristement vides. Une sieste sur les pâquerettes et quelques heures d'ennui plus tard nous pouvons enfin embarquer. O joie !

Nous arrivons donc vers 6h du matin à Concordia et sa charmante gare routière (!), sitôt arrivés nous nous élançons vers les guichets pour enfin atteindre Salto ! Pas de bus avant 11h... Qu'à cela ne tienne, le kiosco planté au milieu du hall d'attente fait office de café, au moins n'aurons nous pas froid. Quelques cafés plus tard nous pouvons enfin avancer en direction de Salto.

Un dernier bus pour nous rendre aux thermes de Dayman et enfin notre périple s'achève, au moins pour 48 heures, nous laissant perclus de fatigue, le corps endoloris et l'esprit fiévreux, si si, parfaitement mût pour se plonger dans l'eau chaude des thermes en plein air de cette toute petite bourgade.

2
mai
2
mai
Publié le 10 mai 2017

Bon on a un peu parlé des gens que nous avions croisé, mais pour l'instant, pas un seul mot sur les animaux et les plantes qui accompagnent ce voyage. Or il y a presque de quoi remplir une arche de Noé entière. Cette rencontre avec le monde animal et végétal m'a d'ailleurs fait prendre conscience de la quasi fascination d'Alex pour les bêtes. Ces petits et gros êtres font naître chez lui toute une série d'onomatopée et rictus divers plein de bienveillance à l'exception notoire de ces petites et charmantes araignées. Pour ma part, sans verser dans une totale indifférence, j'avoue que j'éprouve plus de plaisir à dévisager les autochtones.

Quoi qu'il en soit, notre voyage s'apparente à un court abécédaire du protozoaire (dixit alex) !

Parlons tout d'abord de la papillonacée, foisonnante en ces contrées, depuis les zones tempérées de Buenos aires, jusqu'à la luxuriance des tropiques.

woogodi woup woup fait la chenille en shakant son bootie ! 
petits et grands

Alex fut suffisamment patient pour attendre que de petits papillons veuillent bien se poser sur son petit doigt. Une extase pour lui, disant, qu'enfin, il ressemblait à une princesse disney - sic. Certains jours, j'avoue mon inquiétude.

(Je tiens à dire que Simon aussi à patienté jusqu'à avoir son papillon sur le doigt, et il était super ému...) 

Les plus gros volent un peu trop vite pour mon petit appareil, mais disons que l'on se rince l’œil avec bonheur.

Du côté des mammifères, vous avez déjà pu observer les petits coatis, pas si gentil. Nous n'avons pour l'instant pas vu de baleine, ni de dauphins mais ça ne saurait tarder.

Pardon, j'ai failli oublier de vous montrer cette drôle de vache, croisée avec un dromadaire. Comme quoi, on ne nous dit pas tout !

A Barra de lagoa, Alex a immédiatement repéré le refuge des tortues. Impensable de passer à côté. De très belles bêtes, même si l'on pouvait regretter les biens petits bassins dans lesquelles elles pouvaient évoluer.

tortue corail et tortue olive. SI vous avez bien suivi vous reconnaitrez à gauche le matériau pour les anciens peignes des dames.
la force tranquille, comme dirait l'autre

C'est sans doute au rayon volatils et autre plumitif que le festival fût le plus impressionnant.

En bord de mer, les grosses bêtes (droite) sont impressionnantes par leur envergure, clairement apparenté au charognard

et celui là, il est pas mignon, lui qui regarde les vagues d'un air presque étonné ?

A Iguazu, ça vole dans tous les sens, beaucoup de geais blancs ou jaunes sur le ventre, bleu nuit sur le dessus.

Le Geai volontaire pour défendre son district ! 

Une réserve entière d'oiseau se situe juste à côté de la partie brésilienne des chutes. L'intérêt de l'endroit est de pouvoir pénétrer dans d'immenses volières et de se trouver ainsi tout près des oiseaux petits et gros qui les peuplent. Mais tous ne sont pas enfermés et sont juste attirés par la nourriture qui leur est offerte. Un festival de couleurs

Petits perroquets
ou perruches multicolores 

c'est un peu la fête du Toucan, tout à fait majestueux

à l'intérieur des volières
au cœur du parc d'Iguazu le lendemain, en pleine liberté, vous les voyez sur les branches

Il y avait aussi des dizaines d'aras, absolument splendides, majestueux

et bam ! 

A ce bestiaire ne manque plus que les animaux à sang froid. Un petit iguane/lézard qui passait par là dans la réserve écologique de Buenos aires

et même ...

je n'en menais pas super large quand je l'ai vu s'avancer juste devant moi

Tout ça pour vous dire que l'on vit dangereusement mais avec prudence aux côtés de nos 30 millions d'amis !

30
avr
30
avr

Après Florianopolis, l’île verte au milieu des flots, direction Iguazu et la puissance déchainée de ses cataractes.

Puisque nous approchons de l’est nous commençons par le côté Brésilien, après la traversée éclair au petit matin de Foz de Iguazu la ville construite aux abords, franchement quelconque.

Nous nous frottons pour la première fois à un grand parc / réserve naturelle en Amérique du Sud, et on peut dire que leur approche est assez étonnante.

L’impression la plus proche serait celle d’un parc d’attraction type DisneyLand. L’attente et les files m’ont transportées immédiatement dans la queue de SpaceMountain (j'en ai profité pour expliquer ce que c'était que Space montain à Simon qui ne connaissait pas...) . Alors qu’on s’attend à visiter un parc dans le silence et la calme tranquillité de la nature, le choc est violent. C’est exactement la même approche que l’on retrouve du côté Argentin, grands espaces d’accueil pour gérer et diriger les flux de visiteurs. Il est évident que le patrimoine naturel, et plus encore les chutes d’Igazu sont une source de revenus importants, ces espaces sont d’ailleurs gérés par des concessionnaires privés.

Et ce n'est que la plus petite des queues ! 

Ceci explique en partie le prix des billets. Comptez 150 real pour deux entrées plus la consigne des sacs contre 1000 pesos argentins pour deux entrées uniquement. Outre le différentiel de prix (grosso modo du simple au double en argentine), ça pique quand on le découvre. Heureusement les infrastructures sont à la hauteur du prix payé. Côté Brésilien après les caisses, des bus vous emmènent au plus près des chutes après une route d’environ 5 km, desservant au passages les divers treks et balades en zodiac/4x4/kayak/trekk possibles en « extra ».

Côté brésilien un seul parcours est possible le long d’escaliers creusés sur le flanc d’une des falaises bordant le fleuve. Profitant des trouées dans la verdure pour voir de plus en plus près et de mieux en mieux le corps principal des chutes, nous nous approchons doucement. En chemin nous croisons moults animaux, et notamment les coatis. Ces mammifères font penser à des ratons laveurs, tant par leur taille, que leurs couleurs et leur comportement. Ce sont des voleurs de nourriture invétérés, limite agressifs, et potentiellement porteurs de la rage. Comprenez qu’il ne faut pas trop s’en approcher, ne pas laisser trainer de nourriture, ni même laisser pendre votre sac contenant la nourriture si celle-ci est trop accessible. Ils n’hésiteront pas à sauter sur le sac pour vous voler votre repas. De sales bêtes, véritable fléau qui sévit des deux côtés.

Certes, ils sont plutôt mignons. Mais un fléau on vous dit ! on dirait un peu les shingouz dans Valérian

En à peu près une heure nous sommes rendus au pied de la chute principale, appelée la « Garganta del diablo », ici nous la voyons du dessous. Il faut aller du côté argentin pour la voir depuis le dessus. Dans notre grandeur d’âme voici les deux versions immédiatement.

d'un coup le sol s'effondre... 
Il faisait meilleur le premier jour

Sachez que l'on compte selon la saison jusqu’à 275 chutes, pour un débit allant d'environ à six millions de litres par seconde lors des grandes eaux, et un débit moyen de 1,5 million de litre à la seconde en étiage normal. Grâce à quelques calculs savants et sans grosse erreur de ma part comptez 37 heures en débit moyen pour passer la consommation annuelle de paris (200 milliards de litres d’eau). Ca fait beaucoup d’eau on est d’accord, et le bruit qui va avec est tout aussi impressionnant. D'ailleurs les indiens ne s'étaient pas trompé, parce qu'Iguazu veut dire "grande eau".

De quoi réveiller les morts et camoufler les rires du dieu serpent. Allez donc googleliser la légende des chutes !

Cette violence est d’autant plus surprenante lorsqu’on approche des chutes par le haut. Toute la zone qui précède est quasi placide, l’eau coule entre les multiples rochers et végétaux qui poussent en tous sens. Les oiseaux sèchent au soleil ou plongent à la recherche de poissons. Et tout d’un coup vous êtes au bord, l’horizon bascule, une soudaine bourrasque de vent s’engouffrant dans la gorge fait remonter un nuage de millions de gouttelettes et vous plonge au cœur du brouillard. Si vous êtes chanceux le soleil pointe alors le bout de son nez et des arc-en-ciels apparaissent en tous endroits.

Des arcs-en-ciels !! Pleins d'arcs-en-ciels !!!! 

La Magie du lieu fait son effet, on est bluffés, stupéfaits par la violence des éléments et la beauté qui en résulte. On ne peut que se sentir petit dans un tel lieu. Ce qui n’empêche pas des connards en tous genres de jeter leurs détritus absolument partout, ma conscience écologique à véritablement hurlé devant un tel saccage et manque de respect. C’est bête à pleurer d’avoir un panorama époustouflant gâché par des emballages plastiques, des bouteilles vides et autres déchets souvent totalement hors d’atteinte et bloqués surement pour des mois ou des années. On en conclura que le plus gros point négatif de ces parcs c’est bien les autres visiteurs. Outre le fait que les plateformes sont vites saturées, surtout du côté brésilien d’ailleurs, les hordes d’apprentis photographes bloquant la vue pendant 10 minutes obnubilés qu’ils sont par la recherche du selfie parfait donnent envie de donner des baffes. Au risque de passer pour des vieux cons, si on comprend l’envie de prendre des photos pour fixer le souvenir, on en vient à se demander à quel moment ces personnes regardent véritablement ce qu’elles ont sous les yeux. A peine sont-ils sûrs d’avoir eu le cliché parfait, ou du moins leur meilleur profil, qu’ils repartent sans daigner jeter un œil à ce qui se trouve derrière. C’était franchement triste à voir. Sur la même lancée, de chaque côté, un hôtel proprement hideux se dresse pour accueillir les visiteurs souhaitant passer quelques nuits sur le site même. Voici celui côté Argentin, où l’apologie du béton conquérant dans la nature dominée. Le Brésilien est un peu moins laid, mais à peine.

Les gens ! Et un truc gris moche... 

C’est côté argentin que nous apprenons que les chutes n’ont pas toujours eu cette couleur rouge, il s’agit du triste résultat de la déforestation en amont. Les sols non stabilisés sont emportés par le courant. Il y a quelques décennies les eaux étaient encore transparentes comme le cristal…

Pour en revenir au parcs, le côté Argentin est beaucoup plus grand que le côté Brésilien. Nous avons arpenté une vingtaine de kilomètres de sentiers balisés et de passerelles métalliques sans encore tout parcourir. On prend mieux conscience de ce côté, qu’il s’agit d’un système de chutes avec un front de près de 3km, à chaque tours et détours on voit une cascade, qu’elle soit majestueuse ou simple filet d’eau.

San Martin, ca en jette !
De l'eau, de l'eau et encore de l'eau

Après la contemplation de toute cette eau et des heures de balade, nous optons pour un retour à l’entrée du parc en marchant et non en prenant le petit train qui relie les différents points de départs de balade, côté argentin. C’était ce qu’il nous manquait, une petite marche au milieu des arbres, loin du fracas de l’eau qui tombe et du babillage incessants des touristes. Un pur moment de tranquillité.


Nous étions prêts à enchainer sur la suite du périple où le mot tranquillité ne serait plus d’une grande utilité...

Allez encore un peu d'eau pour la route 
20
avr

Il nous aura fallu 24h au total de Punte Del Diablo jusqu'à Florianopolis, dans un bus "conventionnel". C'est à dire que nous n'avions pas choisi l'option lit intégral, ou intermédiaire mais avec tout de même une bonne inclinaison. De quoi dormir quelques heures mais pas d'éviter le tassement intégral de la colonne. Autant dire que nous nous sentions un peu vermoulu le lendemain, lorsque vers 7h du matin, nous avons posés nos sacs sur les trottoirs de la station de bus internationale de Florianopolis... ou Floripa, ça fait plus chic.

Une pluie fine et dense nous attendait à Florianopolis. Une fois le jour tout à fait levé, nous nous sommes dirigés vers le marché central installé à quelques mètres de la station de Bus. Après les constructions foutraques de Punte del Diablo, ou l’aspect abandonné de Montévideo, tout cela nous paraît très propret. Poissonneries richement fournies, magasins de légumes et de légumineuses, petit café où les fruits exotiques se transforment en smoothie du matin, l’endroit respire une abondance heureuse.

deux ailes latérales, une cour centrale pour accueillir les cafés, un vrai lieu populaire



Nous faisons quelques pas, un petit déjeuner rapide, et nous sommes attirés par un vendeur ambulant, qui affiche sur son barnum Caldo de Cana. De la canne pressée à froid, directement servie dans votre gobelet. Légèrement sucré et acidulé grâce à l’ajout d’un demi citron vert, un élixir de jouvence pour se débarrasser du masque de la fatigue nocturne.

Un des nombreux vendeur de Caldo de Cana



Une fois quelques infos glanées à une jeune fille qui tient le centre d’info touristique, nous prenons le chemin des bus qui parcourent l’île… Car nous nous trouvons sur une île, très proche du continent, et rattachée par deux ponts. Elle s’étire sur 60km environ parallèlement à la côte continentale, sur une largeur d’à peine 10 km. Sur ce petit morceau de terre s’est développé la ville capitale de l’Etat de San Catarina, posée sur la colline sur lesquels les portugais heureux de découvrir ainsi un espace bien protégé des tempêtes océaniques, ont fondé la ville. Aujourd’hui les deux rives se faisant face sont pareillement urbanisée, si bien que l’ensemble a pris l’allure d’une presqu’île…



Car dès que nous quittons la ville pour rejoindre la côte atlantique, nous traversons des terres très vallonnées, où s’est développé une nature tropicale unique, très peu urbanisée dans sa partie sud. L’eau accumulée sur ces parties hautes est venue alimenter deux grandes lagunes, des lacs d’eau douce encadrée d’une part par les vallons, et de l’autre part, côté atlantique par une grande dune de sable qui les sépare de l’océan. Se succèdent donc des paysages magnifiques, à la fois maritime et montagneux, tropicaux et insulaires. Un petit paradis, tout simplement.

vers le nord, à perte de vue 

Après un peu de repos nous avons repris la marche. Promenade sur les bords de Barra de Lagoa, petite station balnéaire tranquille, essentiellement peuplée de surfeurs qui s'ébattent dans les vagues puissantes qui déferlent sans discontinuer.

Flanqué sur les bords de la rivière qui relie le lac à mer, une station envahie par une humidité nébuleuse le soir venu

Nous voulons prendre un peu de hauteur pour profiter de la beauté du lieu... et nous somme servis.

on distingue bien la mer à gauche, et le Lagoa de Conceiçao à droite 

Arrivés plus au sud, la nuit tombée dans un petit village de pécheur, appelé Armaçao. Les douleurs après la balade se réveillent, un peu de repos s'impose. La baignade est délicieuse, un peu fraîche quand même. La plage très en pente est littéralemment giflée par les vagues. Dur dur de sortir de l'eau, tellement le reflux de la vague vous aspire avant de vous projeter contre le sable. Le sport de la journée... faut pas pousser !

au soir couchant... époustouflant 

L'endroit est si beau que nous décidons de rester plus longtemps que prévu. Mais nous changeons d'endroit, car le camping où nous avons échoué le premier soir est un peu lugubre, vieux hippies sur le retour... en état de délabrement avancé ! On trouve un hostel très propret, calme, bien tenu, à peine plus au nord à Campeche.

il n'y a pas photo

Quiétude, balade sur la plage et lectures. Baignade dans la mer et au Lagoa de Peri, dans une eau douce délicieuse. Presque dix jours sur place, un très bon moment.

23
avr
23
avr
Publié le 27 avril 2017

Oui oui, je sais nous avons été quelques peu silencieux. Plusieurs jours de camping et un repos bien mérité nous ont éloigné du clavier. Mais n'ayez crainte, au total 3 billets sont en préparation pour une publication imminente.

Nous n'avons jusqu'ici pas pris le temps de vous parler de LA boisson de l'Amérique atlantique du Brésil à l'Argentine en passant par l'Uruguay... (et même d'(ailleurs mais on a pas encore vu)... le maté. Il s'agit d'une préparation à base de plante sèche qui se boit dans une calebasse. Un phénomène plus culturel que gustatif qui mérite votre attention.


Le Maté à proprement parler correspond à la calebasse dans laquelle la plante infuse. Le nom est lui-même dérivé du mot quechua qui désigne une calebasse. De forme ronde, coupée en son extrémité supérieure, la cavité ainsi formée accueille l'herbe à maté qui infusera dans de l'eau chaude. Un artisanat riche propose ainsi toute sorte de Maté, gravé, cerclé de fer blanc ou sans oripeaux aucun.

A ce premier ustensile, s'ajoute la Bombilla (dire bombicha en langue portègne) une petite pipette en métal, de forme cylindrique, ressemblant à un bec de aubois, au bout duquel se trouve une boule aplatie trouée de plusieurs orifice de petite dimension, de nature à filtrer l'herbe et ne laisser passer que l'eau infusée.

Venons en à la fameuse herbe ! la Yerba Maté aussi appelé thé des jésuites, ou thé du Brésil, est issue d'arbustes de la famille du houx, qui ressemble fortement à des plantations de thé. Chargée de caféine, de théine et d'autres molécules en -ine, il se boit néanmoins à toute heure de la journée. Infusée dans une eau à 70° maximum (les bouilloires phillips ont même un bouton qui permet de faire l'eau à la bonne température), la plante dégage une amertume agréable, progressivement libérée à mesure qu'elle infuse dans de l'eau que l'on rajoute, dès que l'eau versée à été bue.

Boire du maté obéît à un rituel très codifié, qui semble différer légèrement selon le pays. Pour le besoin de la démonstration nous parlerons de la situation en argentine.

Sachez qu'il faut remplir le maté au 3/4 maximum de Yerba. Prenez ensuite le maté d'une main en bouchant l'ouverture de l'autre. Il vous faut désormais retourner le maté et l'agiter légèrement, sans tout renverser. Le but est de récupérer la poussière de Yerba sur votre paume et l'extraire du maté. Repartissez ensuite la Yerba pour faire une pente ou talus le long d'un bord du maté et plantez votre bombilla à sa base. Attention ici la manœuvre se complique, il faut maintenant verser un peu d'eau froide pour faire la "pré-trempe" de la yerba (oui oui c'est aussi compliqué que la forge). Laissez infuser quelques minutes et enfin nous pouvons commencer à verser de l'eau chaude pour déguster la boisson, en veillant à ne pas détruire le talus. Il faut donc verser l'eau le long de la paille, et petit à petit faire infuser de plus en plus de Yerba pour conserver le goût.

ça se sirote tranquillement

Sachez que c'est le toujours le préparateur qui versera de l'eau dans le maté. Puisque c'est lui qui l'a préparé ses invités sont priés de se conformer à sa manière de le boire. Il faut toujours finir le maté une fois qu'on a commencé à boire dedans, il est hautement impoli de le transmettre à quelqu'un alors que l'on n'a pas tout bu. De même, sous aucun prétexte n'essayez de touiller ! C'est un acte sacrilège qui pourrait attirer la colère des esprits sur votre descendance. Une fois le maté consommé, rendez la calebasse au préparateur/propriétaire afin qu'il la remplisse pour lui-même ou un autre des invités. Si vous ne souhaitez plus en boire il suffira de dire merci lorsque vous recevez le maté, le préparateur retiendra qu'il ne doit plus vous en proposer. Vous en déduirez donc aisément qu'on ne dit habituellement pas merci lorsqu'on nous tend le maté (décidément Sherlock peut se rhabiller face à votre puissance de déduction).

Une fois le divin (?!) nectar consommé, fort logiquement il faut vider et racler le maté pour enlever toute la Yerba, laissez sécher afin d'éviter que la calebasse ne pourrisse et vous voila prêt à recommencer. Vous voilà prêt à affronter cette cérémonie, qui n'a rien a envié à celle des japonais, avec assurance et dignité.


Vous l'aurez compris, cette tradition a vite fait d'attiser notre curiosité, enfin surtout celle d'Alexandre. Nous nous sommes donc affublé de la totalité du kit à Maté, afin de goûter bien évidemment, mais aussi pour nous fondre bien plus facilement dans le paysage ! Rien de plus local que se balader son maté à la main, le thermos sous le bras (pas encombrant du tout !). Preuve à la Criolla del Prado, une foire populaire à Montevideo, dont nous n'avons pas parlé...

vous les repérez? thermos, Maté et Bombillas?
là c'est mieux, heureusement que les paparazzis de Gala sont là pour vous révéler les secrets les mieux gardés ! 

Malheureusement rien n'est jamais simple, et l'achat du Thermos fut le début d'une suite terrible de déconvenues.

Car le choix du thermos est une question sensible, cruciale même. Signe de l'importance donné à l'ustensile, on le trouve dans tout magasin, avec une gamme des plus diverses. Les pouvoirs du marketing se sont emparés de l'objet presque devenu objet de mode. C'est un peu le sac à main de tout un chacun. En haut de la gamme, on trouve le thermos Stanley, le thermos qu'on garde toute sa vie ! garanti antifuite et incassable. Il faut compter 3000 pesos uruguayens, la bagatelle de 100€. Tout à côté, on trouve le plus bas de gamme, version pique nique du dimanche coque en plastique souple, bouchon enfoncé sans assurance d'être hermétique, mais 10 fois moins cher. Bref ça faisait 10 jours qu'Alex me faisait des yeux doux, pour que nous entamions notre fragile budget et que achetions l'équipement complet. Nous avions déjà acheté maté et bombilla à Montevideo, restait le thermos.

A Punte del Diablo, j'ai fini par craqué et acheté, en lui faisant la petite surprise, le thermos, mais bas de gamme (le seul que le petit supermarché proposait). Funeste erreur ! l'objet n'avait absolument rien d'hermétique, il s'ouvrait tout simplement sous l'effet de la chaleur (pratique pour un thermos, non?). Pmpossible donc de le tenir autrement que droit (pratique avec des sacs à dos qu'on ne cesse de bouger dans tous les sens...). Autre infortune avec le fameux récipient, j'ai un jour trop rempli la chose, si bien qu'en le fermant, je me suis brulé une partie de la main !! Le jour de notre départ d'Uruguay, Alexandre avait insisté sur la nécessité d'avoir de l'eau chaude pour le long voyage jusqu'à Porto Alegre... Excellente idée, je ne sais plus par quel hasard, le thermos se retrouve le long de mon sac à dos, si bien qu'une fois dans la cale du Bus, mon sac est copieusement arrosé !

Vous comprendrez que j'ai commencé à accumuler du ressentiment. Je gardais le sac de la petite troupe dans la gare routière de Porto Alegre, quand par mégarde, l'objet se trouvant à mes côtés, fut brutalement renversé par un coup de coude malheureux... Papa Freud dirait que c'est un acte manqué. Peut-être même un peu plus...

Vive le Maté ... à la maison

14
avr
14
avr

Nous quittons Montevideo fort des récits de voyages de nos comparses de chambrée, tout cela sent bon l’aventure et les hippies (soyons honnêtes).

Nous décidons donc de commencer à nous lancer dans l’aventure des déplacements en stop, nouvelle stratégie pour économiser quelques deniers. Mais nous commençons en douceur puisqu’une partie du trajet sera effectuée en bus de manière à sortir de la grande ville et de nous trouver sur la bonne route. Notre premier convoyeur s’appelle Nestor et nous explique qu’il a appris le français à la fac dans ces jeunes années. Il nous amène jusqu’à San Carlos et nous laisse poursuivre alors que la nuit tombe.

C’est ainsi que nous nous retrouvons en ce premier soir d’autonomie, à planter la tente sur une petite route parallèle à la grande route 9 qui relie Montevideo à toutes les villes de la cote est (punta del Este, Cabo Polonio, Punta del Diablo, Chuy, etc). Fort de notre grande expérience nous savons cumuler les erreurs : faire le repérage et premier montage de tente dans le noir. Heureusement pour nous, il ne pleuvait pas, mais nous réaliserons au matin que nous avons loupé un point stratégique du montage qui nous valu un peu de fraicheur au niveau des pieds…

jolis bateaux de pêcheurs, et maisons bringuebalantes (on vous a mis la plus neuve)  

Nous repartons le lendemain et finissons après une longue heure de marche, le pouce levé, à faire suffisamment envie, ou pitié à Johanna et à son fils qui nous amènent jusqu’à notre premier objectif : Rocha. Cependant nous manquons l’embranchement pour La Paloma, première station balnéaire un peu familiale. Plutôt que de nous laisser sur le bord de la route, elle nous propose finalement de nous emmener à la Punte del Diablo à l’extrême nord est de l’Uruguay, ancien village de pêcheur, installé sur une côte de grands blocs de granit majestueux. Les joies de l’héliotropisme océanique n’ont pas défiguré l’endroit, fait de briques et de broques, dans des assemblages douteux.

Arrivée à Punte del Diablo, on va voir les cailloux et les vagues, je découvre que Simon A-DO-RE les cailloux.

Un peu plus malins que précédemment nous n’attendons pas la nuit tombée pour aller chercher le lieu adéquat pour notre campement. Nous filons le long de la plage en direction d’un cap rocheux situé un peu plus au nord, surmonté de dunes couvertes de végétation, le lieu semble parfait. Nous sommes proches de la mer, mais protégés du vent, et cachés des regards indiscrets.

C'est impressionnant ces grandes dunes couvertes de végétation

Seul bémol, le terrain pour notre premier choix est un peu pentu, dès le lendemain nous monterons plus haut jusqu’à trouver notre have de paix pour les prochaines nuit. A l’abri entre des bosquets, de l’herbe entre les pieds, et une vue sur l’enchainement des baies au nord jusqu’à la frontière Brésilienne.

Campement bis, on commence à gérer
Dans le fond ce qu'on suppose être la frontière, la nuit des lumières rouges dessinent une grande ligne 

Nous nous habituons rapidement à notre vie en tente, nous profitons des levers de soleil sur la mer et des nuits étoilés loin des lumières de la ville. Le jour, nous descendons d’un côté ou de l’autre de la pointe du diable, pour nous balader et parfois piquer une tête dans l’océan, qui est plutôt frais. Il y a comme un petit côté breton à tout ça. On soupçonne les eaux d’abriter une vie riche vu le nombre de pécheurs dans les environs, à plusieurs reprises nous voyons une forme sombre percer la surface de l’eau pour quelques secondes avant de disparaître, il s’agit de tortues ! Sur un registre plus glauque le nombre d’animaux échoués sur la plage (gros poissons que je ne saurais identifier et phoques) finit de nous renseigner sur la faune environnante.

Balade dans la première des deux baies vues plus haut 

Après quatre nuits en pleine nature, le besoin de se laver avec de l’eau douce et du savon se fait ressentir. Surtout que nous prévoyons de partir sous peu en direction de Florianópolis, ce qui représente à peu près 16/17 heures de bus, sans compter les temps d’escale. Nous démontons donc la tente et rangeons notre campement, bien proprement, pas question de laisser trainer nos déchets! Après plusieurs tours et détours dans la ville – on ne cesse de nous indiquer des hostels à quelques cuadras de là, si si un peu plus loin sur la gauche, puis à droite, sautez trois fois et vous y êtes ! – nous finissons par revenir à quelques mètres de notre point de départ à l’hostel el diablo tranquillo. On comprend rapidement que le tranquillo s’applique moins au lieu ou à l’ambiance qu’au staff… On suspecte une armée de volontaires troquant leur séjour contre quelques heures de travail par jour. Malgré leur grand nombre – je crois bien qu’à certains moments, ils furent plus nombreux que les clients – le lieu nécessite de nombreuses menues réparations qui semblent trainer depuis un bon moment.

Encore des cailloux, et une vierge au milieu des cailloux. 

Quoi qu’il en soit nous y passons la nuit, heureux de retrouver quelques personnes rencontrées quelques jours plus tôt à Montevideo. Suite à des problèmes d’horaires de bus et de manque de clarté quand aux informations concernant les heures d’ouverture de l’agence de bus, nous préferons éviter de partir au soir en direction de Chuy. L’idée de rester bloqués toute la nuit dans cette ville frontière ne nous enchante guère. Nous partirons finalement lendemain matin avec nos amis retrouvés, qui font le même trajet que nous.

Après man vs wild, man loves Wild 

Notre passage par Chuy confirmera nos craintes. La distance entre notre point d’arrivée et le point de départ du prochain bus est assez grande, et la ville franchement pas accueillante. On se croirait dans un centre commercial à ciel ouvert, ou margoulins et revendeurs de marchandise louche pullulent. Le bâtiment dans lequel se trouve le guichet est a moitié délabré, et le vendeur nous apprend de mauvaise grâce qu’il ne prend pas la carte bleue, ni aucune devise étrangère et qu’il faut donc retourner vers le centre pour aller retirer des UR$.

Je vous passe les détails de nos folles aventures à quelques minutes du départ, lorsque nous constatons qu’il nous manque 100 UR$ pour payer le trajet. Quand on n’a pas de tête, on a des jambes !

là il est 6h30 du matin. on est tombé du matelas gonflable !

Après toutes ces émotions nous voici enfin dans le bus en direction de Porto Alegre, escale rapide sur notre route en direction de Florianopolis. Nous y arrivons à la nuit tombée. Le temps d’un petit repas dans l’immense gare routière, bien tenue, sillonnée de policiers harnachés. Nous imaginons un instant aller trouver mangeaille à quelques cuadras de la gare, mais les abords peu ragoutants nous invitent à la prudence. Nous mangerons dans la gare. Vers minuit et demi, nous embarquons et rejoignons Florianopolis le temps d’une courte nuit qui nous laissera fourbue à l’arrivée.

Bam lever de soleil !
10
avr
10
avr
Publié le 17 avril 2017

Après la tourmente à Colonia, nous voici à Montevideo. La capitale de l'Uruguay, du haut de ces 1,5 millions d'habitant pour 3,5 millions pour la totalité du pays centralise l'essentiel de l'activité du pays.


Nous trépignions donc d'impatience à l'idée d'une ville cosmopolite et dynamique lors de notre trajet en bus. Le débarquement au terminal de bus, situé à l'intérieur de centre commercial et quasi bondé semblait nous donner raison. Jusqu'à notre arrivée à l'office de tourisme...

Là, le charmant agent nous refroidit immédiatement. Nous arrivons juste avant le début de la semaine du tourisme, "semaine sainte" jusqu'à la séparation de l'Etat et de l'Eglise. L'évènement ne commence réellement que Jeudi pour un long week-end de 4 jours. Mais au lieu d'être un moment de festivité, figurez-vous que le pays entier s'arrête. Nous sommes lundi et la moitié des commerces sont déjà fermés, nous ne parlons pas des musées et autres lieux culturels, même pas la peine d'essayer avant une bonne semaine ! (en fait on a pas vraiment essayé). Ceci explique nos déconvenues des jours précédents pour retirer des fonds, ainsi que les bus anormalement fréquentés.

Qu'a cela ne tienne, rien ne saurait refroidir les ardeurs de nos deux explorateurs, ils se contenteront de prendre le pouls de la ville en déambulant dans ses rues ! Mais aussi fougueux que puissions être, il nous fallait reposer nos corps endoloris et nos esprits las après de telles aventures (cf la terrible tormenta à Colonia). Nous cheminons en direction de notre hostel, refuge et plus encore pour les prochains jour : Le Compay Hostel Montevideo. (le même nom de quartier qu'à Buenos Aires !)

Mais avant de s'étendre sur notre hostel parlons un peu plus de la ville. Pour le dire crûment Montevideo n'est pas particulièrement marquante. Pourtant la ville ne manque pas de charme, c'est surtout son ouverture sur la mer qui nous surprend, l'urbanisme est diamétralement opposé à celui de Buenos Aires qui semble tourner le dos à son littoral. Ici, le bord de mer est aménagé, les plages plus ou moins sauvages accessibles et il est évident que la majorité de la ville vient faire ici son footing ou sa séance de kite-surf de la semaine. De fait, les plus grands parc de la ville sont situés sur la côté au sud et à l’est, le long de la côté et des caps.

Dans le cœur de ville, c'est assez étrange… Il y a des bâtiments magnifiques dans le centre historique, datant pour la plupart des années 1920 à 1935. Mais l'ensemble dégage une impression d'abandon, la ville parait désertée, vaguement décrépite. Nous n'arriverons pas à savoir s'il s'agit des contres coups des différentes crises économiques qui ont secouées le pays et dont il se remet à peine, où s'il faut simplement blâmer la semaine de fête avec son cortège de commerces fermées et d'habitant partis en vacances. Probablement le cumul des deux…

Mon petit chouchou est le Palacio Salvo, j’aime ce débordement de béton, avec ses corniches et ses tourelles, qui n’adhérerait pas ? Dans la catégorie lourdingue, essayez le mausolée en l’honneur de José Gervasio Artigas, militaire et libérateur du pays, fervent défenseur des libertés, de la démocratie et de l’égalité. On saisira la douce ironie,de voir ce monument érigé par la féroce dictature militaire entamée en 1973 …

A gauche le palacio Salvo, c'est beeeaaaaauuuu

Notre tour de la ville était censé se conclure en beauté par le Mercado del Puerto (marché du port pour les Germanistes LV2). Pour l’atteindre nous finissons de traverser le cœur historique de la ville qui est totalement déserté, heureusement que ca n’empêche pas certaines rues d’être mignonnes. Toujours est-il que nous arrivons sur le marché, et là, cruelle déception. Ce n’est rien de plus qu’un immonde nid à touriste avec tout ce que cela suppose. Le marché n’a plus rien d’un marché, ce n’est rien de plus qu’une halle concentrant une floppée de restaurants aux décos du plus mauvais goût. Les serveurs nous hèlent et vous poursuivent pour vous attirer sur l’une de leurs tables. C’est étouffant, bruyant, surchargée, je crois que nous avons eu un aperçu d’un des cercles de l’enfer. Nous nous échappons au plus vite de cet endroit des plus désagréables, en comprenant ce qui a tué petit à petit le quartier.

Tristesse face à un quartier pas laid, mais totalement mort

Finalement, le point le plus agréable de ce séjour à Montevideo, outre ces parcs et bords de mer, sera surement le temps passé à l’Hostel. Nous avons compris ce que pouvait une auberge de jeunesse internationale. Un lieu tranquille et en même temps extrêmement vivant. Malgré nos changements de chambre quotidien tout se passe dans une bonne ambiance et un rythme décontracté des plus joviaux. Nous avons fini tous les soirs dans le patio de l’auberge à parler tant espagnol, qu’allemand, anglais ou français. Chaque soir apporte de nouvelles têtes, de nouveaux récits de voyages, d’inattendues suggestions d’étapes, le tout dans les vapeurs d’alcool et de Marijuana qui est ici légale. Tout cela s’accompagne bien entendu de promesses de nouvelles et de visites qui pour la plupart ne seront bien évidemment jamais tenus, mais qui s’en préoccupe vraiment ? Dans ce lieu se tissent des amitiés légères et éphémères. Exactement ce que l’on cherche lorsqu’on ne fait que passer et que d’ici quelques heures ou quelques jours, nous retournerons sur les routes de l’aventure.

11
avr
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Publié le 17 avril 2017

Notre expérience à Mendoza et à l’Aconcagua nous a fait prendre conscience, qu’en Argentine du moins, nous aurions du mal à tenir notre budget de 60€ par jour pour deux, à moins de ne se nourrir que de pâtes. Nos estomacs respectifs exprimant leur profond désaccord, nous avons donc trouvé une première parade, se doter d’une tente.

A notre retour, dans les quelques jours qui nous séparaient de notre voyage en Uruguay nous nous mîmes en quête d’une tente assez polyvalente pour assurer notre survie dans les divers environnements hostiles que nous aurions à fréquenter, de la moyenne montagne, aux plateaux et autres déserts, jusqu’aux chaudes plaines littorales. Nous avons donc répertorié près d’une 20aine de magasins sur Buenos aires. Notre petite épopée nous a amené à croiser sur notre route toutes sortes de boutiques, et c’est donc presque une sociologie du campeur professionnel que nous vous livrons ici.

C’est d’abord le vendeur professionnel de la marque Montaña qui nous montra l’étendue de son art. Regard sympathique, prévenance à tous égards, renseignements précis sur les caractéristiques techniques. Nous avons même pu ouvrir la tente en plein magasin ! Bref sans jamais être abusif, un vendeur qui éveille en vous le plaisir de l’achat… quel que soit l’achat.

Autre élément de la typologie, le passionné bougon. Il a du matériel à foison, mais ne s’intéresse pas vraiment à vous. Les codes barres et les commandes l’occupent davantage que le plaisir de vous renseigner. On range ici autant la catégorie des entreprises familiales, où l’on sent que le fiston n’est pas tout à fait épanoui et aurait du dire « non Papa, moi je veux devenir … fonctionnaire » ! Mais on trouve aussi les magasins de démarques, qui ont récupéré plusieurs stocks de l’armée et vous proposent un séjour en mode furtif avec jeep et corvée « d’épluchaille » ! Très peu pour nous.

La catégorie chasseur pêcheur est aussi très représentée dans la ville. Les tentes proposées sont souvent de tailles imposantes et ne connaissent pas la définition de poids plume. Cette vision du camping repose sur un transport motorisé, avec point de ralliement au campement, barbecue et glacière à binouze. C’est une manière de revivre le plaisir communautaire, dans la case mate pour 10, 15, 20 personnes, où il est presque possible d’installer des lits superposés. De retour au magasin, on comprend, au vu du nombre d’objets tranchants, d’armes diverses et variées, que l’objet de la promenade est bien de faire disparaître tout être vivant qui s’aventurerait à proximité. S’ensuit un léger malaise. Comment ?! Tous les campeurs ne sont pas de farouches écolos #amisdesbêtes #fondationbrigittebardot ?

Et puis finalement, dans la dernière boutique, nous trouvons notre bonheur. Une dame d’une cinquantaine d’année tient un petit magasin, plein du sol au plafond. En quelques mots, elle saisit votre projet et vous conseille en sortant de ses étagères quelques articles qui correspondent à vos besoins. Ici pas de débauche de matériel, seuls quelques produits de qualité, bien choisis. Nous poursuivons la discussion enthousiaste, jusqu’à ce qu’elle pousse la curiosité pour savoir si Alex et moi sommes… comment dire… très proches ? Les yeux pétillent lorsque nous lui disons que nous sommes pacsés. Là avec une fierté évidente, elle nous montre son alliance, « elle aussi nous dit-elle depuis 5 ans avec Daniella, et nous avons le même prénom toutes les deux». D&D avait manifestement trouvées dans la marche et le camping un point commun qui les avait amené l’an dernier à réaliser un beau trek en direction du Machu pichu. Elle fut presque étonnée que nous ne soyons pas monté tout en haut de l’Aconcagua !

Après ce tour de ville du campeur professionnel, nous avions enfin trouvé notre bonheur. Une tente de fabrication argentine (pas possible de trouver une européenne) faîte pour la moyenne montagne, dotée d’une bonne imperméabilité, et raisonnablement légère avec ses 2,6 kg, sans grever notre fragile budget. La voici !

Les trois premières nuits en tente, à quelques mètres de la mer ont fini de nous convaincre de notre achat. Que l’aventure se poursuive.

9
avr
9
avr

Suite à notre merveilleuse nuit les pieds dans l'eau et l'estomac plein de pizzas, nous entamons la première grande "boucle" de notre voyage. Nous sommes maintenant bien mieux équipés et parés à toutes les situations - un billet absolument incroyable, mi benchmark mi tranche de vie sur les boutiques de camping à BA est en préparation...

Bref, Le dimanche 9 à 18h nous embarquons sur le magnifique Hydroptère qui va nous permettre de traverser le Rio del Plata en 55 min, à peine le temps de faire la sieste ! Nous aurions aimé prendre de magnifiques photos de la traversée, mais la tempête faisait toujours rage, à part des camaïeux de gris embués à travers la fenêtre on ne voyait pas grand chose...

Admirez l'adéquation entre la forme du mollet et celle du sac ! / Gris sur gris, contour gris 50x100 (SB) / Dormeur réveillé (SB)

Toujours est-il que nous arrivons au port de Colonia, changement d'ambiance radical quand l'on vient de Buenos Aires. Ici la vie est plus lente, les infrastructure bien plus petites, les rues chichement éclairées dès que l'on sort des deux grands axes, les chiens errants sympathiques. Mais surtout le moment où l'on sent que l'on a changé de pays : les voitures s'arrêtent pour nous laisser passer aux passages piétons !

Nous cheminons tranquillement dans les rues en direction de l'auberge de jeunesse que nous avions repérés. Finalement nous logerons dans l'Hostel Celestino, croisé en cours de route et bien moins chère. Nous faisons la connaissance d'un allemand apparemment en manque de communication vu la façon dont il nous saute dessus (verbalement parlant). Sitôt nos affaires posées nous partons en quête d'un lieu où ripailler et faire un repérage de la ville. Le tout sous la pluie/ crachin qui ne cesse de tomber, mais cela ne nous empêchera pas de manger en terrasse nom de Zeus !

Notre have de paix pour la nuit. Animation garantie avec ce jeux de chiens à l'entrée !

Lors de notre balade, nous sommes entourés de touristes issus du monde entier, venus passer l'après-midi à Colonia. Il n'y a pas besoin d'y passer beaucoup plus de temps. Le tour de la ville se fait rapidement, on visite vite le peu de bâtiments et musés . Si vous le souhaitez vous pouvez monter au sommet du phare, ou faire un saut à l'aquarium local (autant vous le dire, c'est plus que décevant. J'ai cramé mon joker "visite d'aquarium" assez bêtement). Les quelques boutiques qui émaillent le centre, sentent l'attrape touriste à plein nez, avec de l'"artisanat" local qui semble made in China au vue de la qualité des produits.

L'ancienne gare désaffectée, et sa vue sur le Rio de la Plata.  Le phare plutôt mignon.

Au matin nous réalisons à quel point Colonia est une toute petite ville, aux pavés de guingois et glissants, très glissants. Le cœur historique est charmant ,bien que minuscule, les petites rues circulent entre des bâtiments bas aux couleurs plus ou moins riantes et joyeuses.

En bas à droite, la "descente de la mort". Pavés inégaux et lisses + pluie + herbacés = glissades cocasses 

Pour votre culture historique sachez que Colonia a été fondée par un Portugais. Rapidement le port situé en face de Buenos Aires se spécialise dans la contrebande, meilleur moyen pour concurrencer les espagnols. Il va sans dire, ils ne verront jamais ce port d'un bon œil. S'en suivront conflits militaires et diplomatiques conduisant à des changements de propriétaires à répétition, la ville change de drapeau près de 7 fois avant de devenir définitivement territoire espagnol, le tout sur près de 200 ans. A ce moment la contrebande s'arrête, et le port périclitera doucement. Ce qui explique l'atmosphère surannée et l'état de conservation des bâtiments, la ville est restée dans son jus, cela se voit et se sent.

Parfois, il doit faire beau vu les arbres en fleurs magnifiques

Notre tour de la ville effectué, constat fait de la fermeture pour une raisons inconnue de la très grande majorité des commerces (dont la banque HSBC sur laquelle nous contions...) et face à la tempête qui une fois encore s'abattait sur nous; nous nous sommes carapatés avec grâce et panache en direction de Montevideo.

Man Vs Wild, "heu on s'en va là, non ?" 
8
avr

Nous vous avions abandonné à Uspallata, alors que notre fier à bras avait chu lors du passage d'un ruisseau. Nous sommes rentrés en bus comme à l'aller, sous une belle pluie si bien qu'à l'aube nous n'avons pas pu nous faire une bonne idée de la fameuse Pampa ! La semaine à Buenos Aires a vite passé, le temps de penser les plaies, de faire le tour des potes, de sortir à des heures indues, de préparer la suite du voyage. Samedi, déjà, s'annonçait.

Ce devait être notre dernière et paisible soirée avec les colocs dans notre maison de Buenos aires. Le bateau pour l'Uruguay nous attendais dimanche 09 à 18h.

Une perturbation venant de l'ouest s'est annoncé aux alentours de 14h. La pluie a démarré doucement, jusqu'à ce que de belles trombes d'eau finissent par se déverser dans les rues. Alors qu'Alex préparait la pâte des pizzas du soir, c'est à peine si l'on pouvait s'entendre sous le fracas des flots.

Jennifer sort alors de sa chambre, encore endormie de sa sieste, cherchant le repos après sa trop courte nuit de la veille ! Elle nous appelle en disant qu'il pleut chez elle. Lors d'une de ces pluies orageuse de la fin de l'été, nous avions déjà constaté que le toit avait besoin d'une petite révision. Lili devait s'en être chargée, cela ne s'était pas reproduit... Jen occupe la chambre mitoyenne de la notre et nous partageons la salle de bain. Nous arrivons pour voir, et alors que nous nous attendions à quelques gouttes, c'est plutôt un petit ruisseau d'eau qui se déverse le long de la lampe suspendue. Rien n'arrête l'eau qui tombe en plusieurs endroits du plafond.

rien de tel qu'un petit seau pour recueillir l'eau du plafonnier

Nous allons dans notre chambre et constatons également qu'il pleut un peu à proximité du mur mitoyen, assez loin de nos affaires et du lit. Pourtant la pluie ne cesse pas, et s'accroît même. Les trombes d'eau finissent par noyer complètement la petite chambre. La moquette a fini d'absorber, et le trop plein passe par la salle de bain. Dans celle ci, l'eau coule directement du plafonnier dans le lavabo juste en dessous, pratique ! L'électricité saute alors. On comprend pourquoi. La chambre de Jen est perdue, nous l'aidons à sortir toutes ses affaires, le matelas, qui a déjà bu un peu d'eau de pluie qui continue de se déverser sans discontinuer.

Nous tentons d'amener l'eau à se déverser dans la salle de bain qui dispose d'une évacuation reliée au tout à l'égout. Un bruit sourd mais violent se fait entendre, à coté, chez Jennifer. Le plafond de plâtre commence à tomber, petit à petit, jusqu'à s'effondrer sur un bon quart de sa surface. Bagdad après un ouragan. L'eau est partout, dans l'entrée, la chambre de Jen, la salle de bain... heureusement l'essentiel de notre chambre est un peu épargnée.

non non c'est pas une fissure, non ça ne gondole pas, le plafond s'écroule

La pluie se calmera 5h après avoir commencé. Le moment fut assez impressionnant, stupéfiant. Le ciel nous est tombé sur la tête et le toit aussi !

Rien n'arrête Laura qui a trouvé une des seules prises qui marche encore pour faire un petit Houmous, miam ! 

L'évènement n'enleva rien à notre ardeur, nous avons cuisiné les meilleurs pizzas de notre vie, et passé un bon dernier moment, un peu humide avec les colocs. Hasta luego Buenos Aires, vamos a viajar en Uruguay.

31
mars

Nous retrouvons enfin des niveaux d'oxygène satisfaisants. Le soleil ne tape plus, la route descend. Cette première aventure prend fin. Pour nous reconstituer, après tant d'efforts (si si, puisqu'on vous le dit), nous choisissons de nous arrêter dans cette petite bourgade que nous avons croisée en montant. La fameuse et mystérieuse Uspallata.

la route 07 jusqu'à Santiago 

Après l'âpreté des montagnes, la ville nous fait l'effet d'un refuge de verdure, une oasis en plein désert, une cité illuminée après les maigres refuges de contrées inhabitées. Pour dire vrai, Uspallata ne rassemble pas plus de 3000 habitants et ferme au sud la très grande plaine qui s'étend au cœur des Andes sur près de 300 km. Après la grisaille de Mendoza, l'endroit a quelque chose d'envoutant.

Monnet n'est pas loin 

Plus encore, telle une oasis moderne au cœur de la caravane des Andes, la ville est la dernière étape avant la traversée pour atteindre Santiago du Chili. Autant vous dire que la route est un peu empruntée par les semi-remorques. D'ailleurs un très grand parking à l'Ouest de la ville accueille les poids lourds en très grand nombre. On pourrait donc s'attendre à un lieu un peu glauque et sans charme (oui j'ai des préjugés sur les chauffeurs routiers, c'est vrai), il a au contraire un peu de poésie.

il s'agit de la douane

Nous trouvons un petit hôtel familial, sans vrai charme mais qui a l'avantage de nous avoir pour seuls clients, la saison est finie depuis longtemps. Les boutiques de souvenirs, où l'on trouve bonnets andins, calebasse de maté en plastique (aussi moche les unes que les autres), pull en alpagua, sont certes ouvertes, mais ce n'est pas la foule des grands jours. Nous nous réjouissons de marcher sur le plat, de profiter de la douceur du soir et de sa fraicheur, après le soleil étincelant de la journée. Nous nous dirigeons vers le fleuve facilement repérable, tant les arbres qui l'entourent sont les seuls visibles dans la vallée.

pâturages et roseaux 

Un cadre idyllique dans lequel, pourtant, se produisit un terrible accident. Nous nous promenions donc sur les bords du rio mendoza, qui ressemble plus à ruisseau qu'au Styx déchaîné - saison oblige -, la lumière était douce, le soir tombant. De magnifiques chevaux paissent tranquillement, quelques couples regardes l'eau et la chaîne de montagne découpée en contre jour par un soleil de feu. L'endroit enjoint à l'apaisement, et c'est alors que le sort frappe. Oui, ici, point de falaise vertigineuse, de sol glissant, d'animaux venimeux, de fauve vorace... non rien de tout cela et pourtant...

Nous voulions contourner deux garçons qui fumaient tranquillement à l'abri de roseaux, nous les regardions d'un œil bienveillant et paternaliste. Ces moments là sont sacrés pour cette jeunesse adolescente pleine de doute et de recherche. Nous les contournions donc, et nous voilà devant un petit bras du ruisseau, entouré de roseaux. Pas de passage, il nous faut traverser sinon nous gênerions immanquablement ces deux garçons. Un canal assez large, et doté d'un petit dénivelé, un petit mètre au moins. Les abords paraissent stables mais la distance est trompeuse. Je saute, le sol est moins souple qu'attendu, la réception est brutale, la colonne le ressent. Au second de s'élancer, fièrement, non sans une légère crainte. un bruit déchire le ciel, les oiseaux s'envolent... Oui mes amis, le choc fut impitoyable, à deux pieds, ... ma foi, un saut un peu gourd pourrait-on dire. Les conséquences sont là, immédiates, le bas du dos est vrillé. L'homme, jusqu'alors souverain, se retrouve courbé, plié, le haut de son fondement fait mal.

Du munch... après le cri, la souffrance 

Nous comprenons alors que nos récents exercices, un peu paresseux, de renforcement musculaires étaient insuffisants. Il paraît clair alors pour la suite du voyage, la préparation physique sera indispensable, incontournable... et que d'ici là, la convalescence s'impose !

30
mars
30
mars
Publié le 5 avril 2017

Nous vous avions laissé, haletant d'excitation quand à la suite de notre périple, au moment du petit déjeuner fort fameux de l'Hostel El Nico. D'ailleurs, vous a-t-on précisé qu'il faisait office de poste ? Il est maintenant temps de partir vers l'Aconcagua, qui n'est rien moins que le plus haut sommet des Amériques, culminant à près de 6 962 mètres, manque d'oxygène garanti !

Le couple de français Jacques et Pascale que nous avons rencontré la veille, nous proposent de nous prendre dans leur voiture jusqu'à l'entrée du parc puisqu'ils y montent aussi. Bien entendu nous acceptons, et grand bien nous a pris puisque nous ferons finalement tout le trek en leur agréable compagnie.

Après une dizaine de minutes en voiture nous arrivons à l'entrée du parc. On abandonne le véhicule, on prend nos sacs, on s'équipe et direction la guitoune des gardiens. Il est temps de sortir papiers d'identité et argent pour obtenir notre "visa" montagne. On nous donne en même temps un sac plastique numéroté qui sera notre poubelle. Attention si vous revenez avec une poubelle vide, vous risquez une amende ! On partira du principe que vous avez jeté vos détritus dans la nature, sale barbare que vous êtes ! Avec nos visas montagnes en poches, dernière pose pipi, on remplit toutes les bouteilles d'eau et hop on s'y met. La vue à ce niveau est déjà impressionnante !

même vue, matin et soir... au retour avec plus de lumière, c'est plus impressionnant.

On attaque par une montée sur une route en béton, qui nous permet d'arriver jusqu'à Harcones (on se demande où sont les Atréïdes #référencelittéraire#dune). C'est la partie la plus basse du parc pour pas cher du tout, zone de lacs peu profonds aux eaux cristallines habitée par quelques canards. Nous ne nous y attardons pas à l'aller, le temps passe et nous traversons en coupant en ligne presque droite en direction des sommets. Jacques avait envie de sortir des sentiers battus, au grand dam de Pascale ! foin de la route, nous prenons les raidillons.

Il est encore tôt, et le paysage sera bien plus beau une fois le soleil haut dans le ciel. Vu qu'on vous aime on vous montre de suite à quoi ça ressemblera.

"No moleste los patos" restera dans les mémoires, l'or des herbes ondulant au gré des bourrasques aussi, on dirait du Miyazaki. 
ne les moleste pas, on te dit, ils dorment 

Nous dépassons donc les quelques lacs pour arriver au bout d'une heure environ au pont qui marque la fin de cette zone, et le début du chemin vers Confluencia (saurez-vous découvrir la raison de ce nom ?). Le pont à un petit air à la Indiana Jones, ça tremble, rebondit et balance dans tous les sens. Au passage de celui-ci, le garde en faction nous demande si nous allons jusqu'à Confluencia, après confirmation de notre part le voici qui prend son sac sur le dos et s'élance au pas de courses. Il faut qu'il y soit avant nous pour nous accueillir, facile, il a de l'entrainement !

L'Aconcagua dans le lointain, et au centre de l'image si vous zoomez vous verrez le pont et les gardes, petites tâches rouges

Après le pont, c'est parti pour près de 2h de marche à un bon pas. L'air de rien on monte, on monte. Nous cheminons sur les pentes, dans le lit du glacier qui s’étendait là il y a quelques siècles ou milliers d'années. On suit la rivière, qui bien qu'à débit réduit reste impressionnante. L'altitude en tant que telle ne se fait pas tellement sentir, l'air est vif et pur, le ciel au dessus de nous est entièrement dégagé, d'un bleu terriblement profond. C'est seulement après la montée la plus raide, qui dure bien 20 minutes que nous faisons une pause, le temps de reprendre notre souffle.

Les paysages sont magnifiques, les couleurs tranchent. L'ocre et le beige des pentes minérales, l'or et le vert des quelques plantes qui y poussent, le bleu profond du ciel, le blanc éclatant des cimes enneigées. On en prend plein la vue et dès que l'on sort de l'ombre, la température monte en flèche.

Ca grimpe mais on est super heureux d'être contents !

Nous arrivons enfin en vue de Confluencia, le terrain s'aplatit, nous avançons dans le lit de rocailles. Le guide que nous avions croisé précédemment nous accueille en récupérant nos visa montagne pour les tamponner, il nous les rendra quand nous repartirons pour la descente. Il faut savoir qu'à ce moment, nous n'avons croisé personnes, il n'y a pas davantage de gens plus haut sur le trek de 3 jours. On comprend mieux pourquoi le camp est vide et les tentes démontées, d'ici 2/3 semaines le chemin sera complétement fermé à cause de la neige et des températures trop basses. Il nous explique que nous pouvons monter sur un promontoire pour avoir une meilleur vue, mais absolument interdit d'aller plus loin ! On ne rigole pas ici avec le règlement, une sévère amende refroidit les contrevenants !

Pour ne pas perdre le rythme nous grimpons sur la colline, bien raide. Là nous avons une vue grandiose sur une partie du chemin parcouru et sur l'Aconcagua qui se dresse, inaccessible et solitaire. On aperçoit les deux vallées et leurs rivières respectives qui se rejoignent... d'où le nom de confluencia. Vous aviez compris !!!

forme géodésique, qui accueille une grosse toile en été pour abriter les campeurs sur des lits superposés

Il est l'heure bien méritée du déjeuner ! On bluffe nos camarades avec notre super salade de lentilles aux légumes. L'esprit de solidarité montagnarde nous habite, nous partageons tous nos diverses victuailles. On remercie les précédents piques niqueurs d'avoir laissé des cailloux sur la table, un vent violent se lève et tout à tendance à se faire la malle. On ne voudrait pas salir ni polluer les environs !

Il est maintenant temps de redescendre et d'un bon pas. Il nous faudra un peu plus de 2 heures pour faire le trajet inverse, en tâchant de ne pas trop nous moquer des grimpeurs que nous croisons et qui nous demande l'air effaré, combien de temps il leur reste avant d'atteindre le camp. Il faut dire qu'il est bientôt 14h et le soleil tape dur, heureusement le vent s'est levé et nous rafraichit autant qu'il nous pousse.

Petit panoramique avec en bonus le bruit du vent, à te décorner un boeuf

Nous retraversons rapidement le pont, et cette fois prenons un peu plus de temps pour admirer les lacs et lagunes d'Harcones. Enfin nous retournons à l'entrée du parc, un coup de tampon sur nos visas et nous jetons nos poubelles sous le regard attentif des sentinelles. Nous disons au revoir à nos compagnons alors qu'ils repartent en vitesse sur Mendoza puis sur Buenos Aires, non sans leur avoir donné quelques conseils sur la capitale et ses quartiers .

Vus lors de la descente, et demi-tour pour admirer une dernière fois les sommets 

Nous nous posons quelques minutes devant le centre des visiteurs, histoire de se rafraichir et faire le plein d'eau, et parfaire notre bronzage !

l'Homme vainqueur de son combat contre la nature, quoiqu'un peu naze et assoiffé

Il est temps de redescendre à pied en direction de Puente del Inca pour prendre le bus vers Uspallata. En chemin nous rencontrons une allemande avec qui nous ferons une partie de la route, le temps d'une folle discussion sur l'art, les voyages et la situation politique en Europe de l'Ouest.

Ce qu'il reste de notre permiso/visa montagne après notre folle ascension

L'aventure continue, prochain épisode : Uspallata, au cœur de la vallée fertile !

29
mars

Overdose de béton, la montagne nous appelle.

Sans plus attendre, quelques réminiscence de malbec dans le sang, nous prenons la route pour la alta montana, comprenez au dessus de 3 000 mètres ! Nous empruntons alors la route nationale 7 qui poursuit jusqu'à Santiago du Chili, route mythique car c'est par ces cols et vallées flanquées de reliefs majestueux que le Général San Martin mena l'armée des Andes qui libéra l'Argentine de la domination espagnole.

crachin et brouillard dans la plaine, la montée débute

Il est assez curieux de s'engager sur cette route finalement peu escarpée, dans une vallée large, que le rio Mendoza a patiemment creusé. Les eaux sont basses en plein automne, mais la vigueur de la rivière laisse présager de torrents sans pitiés, quand la débâcle s'annonce.

Curieux encore comment le climat se transforme. Après la grisaille de Mendoza, couverte de nuages bloqués par le relief, très vite le ciel se dégage et laisse place à un soleil radieux qui fait exploser les couleurs des sols environnants. Peu familier des alpes, et des hauts reliefs, je suis très impressionné par la hauteur de ces montagnes. C'est grandiose et se dégage un sentiment d'implacable majesté.

Jeu d'ombres et de lumières sur les premiers sommets 

Après plus de 2h de route, la vallée s'élargit et laisse apparaître une vaste plaine, entouré à l'ouest et à l'est de contreforts arides. Au nord, rien n'arrête le regard ébloui par le soleil. Une grande bande d'arbres et de végétation, rares depuis le début de la montée, témoigne de la proximité du cours d'eau. Un oasis au cœur de montagnes arides balayé par les vents violents.

Observez le futur théâtre d'un terrible drame ...

Nous croisons Uspallata, bourgade carrefour, étape de la caravane des andes, où nous viendrons nous poser après avoir tutoyé les cimes. Nous poursuivons, quittons la jolie plaine et nous enfonçons dans une nouvelle vallée, dont les flancs deviennent toujours plus vertigineux... Les baraquements de militaires et de gendarmes se multiplient, la frontière se rapproche.

Nous voilà arrivés à bon port, à Puente del inca, célèbre pour sa proximité avec l'entrée principale du parc de l'Aconcagua, mais aussi pour ses sources chaudes, qui ont conduit à l'apparition d'une arche naturelle faite de concrétions soufrée.

Les restes de l'hôtel thermal, emporté par une avalanche 

Les 4 heures de route, nous ont fait perdre près de 15 degrés. Le vent est très fort et le soleil se couche. Vite au refuge.

Nous faisons la connaissance de César, homme du cru, ancien gardien du Parc, qui tient désormais 5 à 6 mois de l'année ce petit refuge fait de briques et de brocs, aux couleurs vives, pouvant contenir à peine 12 / 15 personnes. Accueillant, il nous montre la petite cuisine et la salle à manger, où les marcheurs se retrouvent pour partager le repas qu'ils ont préparé. Ce soir, pâtes au fromage et oignons pour préparer la grimpette du lendemain. Il y a là des luxembourgeois, des allemands (profs de géographie de la fac d'hambourg), un espagnol, et un autre couple de français, Jacques et Pascale, auprès de qui nous nous asseyons pour dévorer notre festin. Cesar fait la conversation avec les uns et avec les autres. L'ambiance est bon enfant, chaleureuse. Chacun raconte son parcours des derniers jours et son programme du lendemain. Quelque chose rapproche les êtres dans ces pièces confinées et étroites, la discussion est facile, chacun est disponible. Une communauté spontanée et insouciante rassemblée par la beauté de la montagne.

Un moment très agréable, si ce n'est cette difficile négociation avec la jeune allemande, presque indignée que je ne comprenne pas la nécessité d'ouvrir la fenêtre de notre dortoir à huit, alors qu'il allait faire à peine 3/4° au cours de la nuit. Ces gens !!! Il a fallu faire retraite devant la tyrannie de l'adage "de l'air pur pour la nuit saine" et s'emmitoufler dans les épaisses couvertures pour éviter l'éternuement. Ceux qui connaissent ma frilosité comprendront mon appréhension.

Pour témoigner de mon mécontentement nous sommes sortis admirer les étoiles, une infusion à la main. On comprend pourquoi cette région du monde concentre autant d'observatoires, le ciel est limpide, les étoiles lumineuses et scintillantes comme rarement on a pu les voir. Aucune constellation familière, pas de doute nous sommes de l'autre côté du monde.

La nuit passa d'un trait, à 7h le petit déj nous attendait. Il faut croire que les montagnes ont un certain pouvoir car je n'ai même pas eu besoin de secouer Alex. Cela a un nom... le miracle des cimes !

Et surprise, qui voyons nous débarquer dans la salle à manger ?! Nos deux américains de l'avant veille ! Les pauvres s'était vus refroidis dans leur désir d'ascension par le prix plus qu’élevé du trek de 3 jours. Nous n'en avions pas encore fini avec eux...

28
mars
28
mars
Publié le 3 avril 2017

Salut fidèles lecteurs !

Vous ne l'avez peut-être pas remarqué mais en ce moment il y a un super concours sur MyAtlas, avec ça on peut quelques trucs sympas notamment l'impression de notre carnet ou une batterie solaire (Ça fait vibrer mon âme technophile comme pas deux !). Donc surtout n'hésitez pas à cliquer sur le petit bouton de vote tout en haut de notre carnet, ca nous fera plaisir et ça nous motivera à vous faire d'encore plus belles photos et notes.

Ça dure jusqu'au 13 avril, donc lâchez-vous.

La suite du récit des Andes dès qu'on atteint les 20 votes ! (Haha non en vrai ça vient demain)

28
mars
28
mars

Frais et fringants nous voici enfin arrivés à Mendoza, ville du vin au pied des Andes.

Autant le dire tout de suite, Mendoza ne nous a pas frappée par son charme. On retrouve un urbanisme proche de celui de Buenos Aires, avec des rues et avenues rectilignes formant un quadrillage de Quadras. Des arbres partout le long des voies, des places arborées en nombre et un parc immense à l'ouest de la ville lui assure une bonne dose de verdure. Cependant tout cela manque de hauteur, les bâtiments sont assez tristes, peu de couleurs, peu d'ornements. On confond facilement la banlieue avec le centre ville.

Ce qui vient sauver la ville de son manque d'identité architecturale c'est l'omniprésence de l'eau. On ne sait pas trop d'où elle vient, probablement des nombreux ruisseaux de montagne et du Rio Mendoza, toujours est-il que la ville est traversé par des canaux où l'eau s'écoule avec plus ou moins de débit.

"Ceci est un message sponsorisé par Bon Aqua, pour une eau Pure et Fraiche où qu'on soit"

Pour la défense de la ville, nous admettrons que le temps maussade et gris n'aidait pas à la mettre en valeur, et nous ajouterons que nous logions dans une auberge de jeunesse située juste en face de la gare. Pour le charme et le pittoresque on repassera.

Point amusant, en arrivant nous rencontrons un couple d'américain, qui se sont levés le lendemain vers 5h du matin pour partir à l'assaut de l'Aconcagua. Nous n'avons vraiment pas la même approche de l'aventure...

Le parc à l'ouest de la ville est accueillant malgré le temps couvert, tellement grand que des rues le traversent en tous sens

Quoi qu'il en soit, et vu que rien ne nous arrête, malgré la fatigue et nos corps fourbus par le trajet, sitôt arrivés nous voici en route vers Lujan de Cuyo, banlieue Sud-Ouest de Mendoza, qui avec Maipù forme le centre viticole de la région. Car que l'on soit sensible ou non au charme de Mendoza, le principal attrait de la région sont bien les vignes et les bodegas !

Après quelques tours et détours de bus, un passage par la mairie pour se faire conseiller quelques bodegas, et quelques kilomètres, nous voici enfin face à une bodega ouverte à la visite et prête à nous accueillir : La Bodega Bonfanti. C'est la doyenne de la famille (dont le nom à sombré dans l'oubli des vapeurs d'alcool) qui nous fait l'honneur de nous guider et de nous expliquer par le menu l'histoire de la bodega, le processus de vinification, les méthodes de plantation et finalement nous faire goûter la production locale - ne rêvons pas tout cela se fait moyennant finance bien évidemment.

La campagne, ses canaux, ses oliviers...

Apprenez donc qu'ici ce qu'on produit c'est le Malbec. Affaibli par la météo et les diverses épidémies, il disparait en France début XXème et par contre s'implante très largement dans la région de Mendoza. Il fait d'ailleurs son come-back en France, qui est cité, à ce jour comme le deuxième producteur mondial. C'est un cépage qui a besoin de sécheresse, au pied des Andes, il est servi ! A Lujan de Cuyo, la fierté des Bonfanti est palpable à la description passionnée qui nous est faite de cette entreprise familiale, à laquelle tout le monde vient mettre la patte. Ici on fait modeste, 50 000 bouteilles par an, quand les plus gros propriétaires inondent le marché de 50 millions de bouteilles chacun !

Dans la propriété Bonfanti, on a poursuivi la tradition italienne de faire pousser les oliviers au milieu des vignes

Ici le vin est bon, capiteux, à la fois tannique et surprenant. On privilégie le mono cépage plutôt que les assemblages, la simplicité à l'alchimie des goûts. Le soir venu, quand finit de crépiter la viande sur la braise, les papilles se délectent du soyeux liquide et attendent impatiemment le mariage des deux tons de rouge. Point de doute, malbec et biftec sont faits pour s'entendre. A votre santé !

27
mars
27
mars
Publié le 31 mars 2017

Hola todos,

Ça y est, les vacances, c'est fini, on part en exploration dans les confins de l'Amérique du Sud.

Les pampa boys sont prêt pour l'aventure, rien ne les arrête ! ni les centaines de milliers de kms qui nous attendent, ni les sommets enneigés qui cachent encore le temple du soleil...


Eh oui c'est un bus, avec un peu de cuir (Alex aime ça !) Et surtout des dossiers qui s'inclinent plus ou moins selon combien tu payes ! On a choisi la classe business, parce qu'on aime le confort mais qu'on a pas d'argent !

Aussi véloce qu'un RER de la ligne B un jour de grève, aussi rapide qu'un transatlantique face à l'iceberg, aussi vif qu'un B52 sans kérosène, il nous a mené tout droit à Mendoza en 17 heures à peine. Speedy Gonzales !

Et non ça n'est pas une motocycletta, elle est belle la vie sur la pampa ?
21
mars

Salut à tous,

Après plusieurs jours sans nouvelles nous voici de retour ! Nous faisions un jeûne détox, loin des vicissitudes et des besoins matérialistes de ce monde, d'où notre absence des réseaux de l'information.

Un court billet pour vous montrer qu'à BA tout le monde danse, quel que soit l'âge, le sexe, la provenance ou la classe sociale.

Un bel exemple du pas de base, tachez de le retenir.
La piste va se remplir au fur et à mesure, pas de panique, car la nuit est longue

Ici ça se passe à la Glorieta, petit kiosque en plein milieu d'un parc dans le quartier de Belgrano. Tous les soirs à partir de 20/21h les danseurs se retrouvent pour danser jusque 1/2h du matin, plus peut-être même. Comme vous le voyez la spécialité de ce kiosque c'est le tango. Quand nous sommes arrivés sur les coups de 20h30 la piste n'était pas encore très pleine, avec surtout des couples agés, mais le temps passant la piste s'est remplie et la moyenne d'âge a bien baissé. C'était assez amusant de voir tout ce petit monde danser tranquillement, chacun ayant son niveau, allant du débutant au plus que confirmé. On sentait que c'était un moment de réunion tant pour les afficionados de tango, que pour les habitants du quartier venant juste profiter du spectacle et de la bonne ambiance.

Entre deux danses on se pose, on remercie et on reprend son souffle. Puis hop ! on repart avec la musique. 

Quelques jours plus tard changement de lieu, pour voir du Swing cette fois ! J'en connais quelques uns parmi vous que ça intéresse. Nous sommes au parc du Centenaire, juste à côté de l’Amphithéâtre où nous avions vu l’orchestre symphonique du théâtre Colon.

L'ambiance était un peu plus folle, musique oblige, mais aussi et surtout grâce à l'orchestre live. Tout de suite ça donne du rythme. La piste était llena (pleine) comme on dit, comme toujours dans un joyeux mix des classes et des âges.

Ça nous a donné envie de nous y mettre. A notre retour, si vous êtes branchés par des cours de salsa y tango (surtout Simon) ou de Swing (surtout Alex) faites nous signe !


Ah, petit teasing, dans quelques jours on part à Mendoza, voir les vignobles et surtout l'Aconcagua (alias le plus haut sommet des Amériques). J'ai comme l'impression qu'on va vous ramener de sacrées photos !

17
mars
17
mars
Publié le 17 mars 2017

Dans le cadre de notre grande étude de l'Amérique latine, nous allons bien entendu vous faire un reportage précis et détaillé de son biotope. Ecolos convaincus que nous sommes, nous ne pouvons manquer de vous montrer sa faune et sa flore dans toute sa richesse, sa majestueuse abondance et ses fastes couleurs.

En voici un premier exemple, avec l'animal le plus imposant et princier de nos environs :

Ce noble et bel animal, sans loi ni maitre (un peu comme nous), se pavane fier comme Artaban en ses domaines jardiniers. Chasseur inné, dès qu'une libellule pointe le bout de ses écailles iridescentes il l'a poursuit avec acharnement, les papillons aux couleurs flamboyantes ne font pas plus les malins face à lui.

Il a le regard un peu vague, comme un monarque à l'esprit perdu dans des réminiscences de conquêtes. Il n'a malheureusement pas eu la chance de bénéficier des soins d'un oculiste, car le voilà atteint d'un lourd strabisme. Le roi de notre Quadra louche, qu'on le sache. Mais prenez garde de ne pas le lui faire remarquer, il pourrait vous le faire regretter.

Prendre en photo les yeux bleu, d'un chat blanc avec les yeux à demi clos, c'est c'est un défi pour le photographe 
11
mars
11
mars
Publié le 13 mars 2017

Ca y est ! Nous sortons de Buenos Aires. adieux tours, voitures et populace, nous partons, l'espace de quelques heures pour la campagne ! Depuis la gare de Retiro, nous prenons un train des plus modernes, direction nord ouest, le long de l'estuaire des fleuves de la rivière Uruguay et de celle du Parana, qui viennent former cet immense étendue d'eau douce, le Rio de la Plata. Quand on vous dit qu'il y a de l'eau, dans le coin :

Sur la photo prise du nord ouest, la tache grise à droite de l'estuaire c'est Buenos aires, plus loin à gauche : Montevideo 

De fait, depuis la terre ferme, l'étendue est immense, et l'eau particulièrement boueuse :

En face l'Uruguay à quelques 50 km de là, invisible à l'oeil nu

point de vue qui permet de prendre conscience que la ville de Buenos aires dispose d'une agréable Skyline :

Nous avons continué notre route jusqu'à Tigre, là où les fleuves constituent un immense delta. Plus de voiture, mais des bateaux, à moteur et rames pour rejoindre son chez soi. Haut lieu de villégiature Portegnos, toutes les grandes familles ont des maisons superbes cachée depuis la ville, et accessibles par ces petits bateaux privés, ou publics :

Ici la société d'immigration reprend ses droits, et invite ses participants à se souvenir, le temps de siroter un campari orange, de l'origine de ses ancêtres :

ah les charmes de l'entre soi !

Le tout dans la fraicheur, de l'automne naissant. Un endroit tout à fait plaisant.

Principal bras d'eau au cœur de Tigre

La bise

5
mars
5
mars
Publié le 8 mars 2017

Après s'être contentés de pâtes et de salade de riz une semaine durant, pour garantir la soutenabilité financière de ce voyage, nous avons décidé, au vu de l'amas de pesos économisés que nous pouvions faire un écart.

Dimanche dernier, pour ce jour de repos, que nous avons pourtant les pires difficultés à différencier des autres depuis notre arrivée à Buenos Aires (mais on insiste pas), nous avons vécu un dimanche typiquement Portenos.

Nous avons commencé par aller manger à la Cabrera, une des meilleures parilla de la ville (dixit plein de guides et de portègnes eux mêmes). Une parilla, mes amis, c'est le barbecue version Rabelais : viande en quantité, légumes, frites, vins... bref de quoi sortir repu, la panse pesante :

un festin démesuré, une viande cuite à point accompagnée de mille sauces

Il faut alors aux novices que nous sommes, faire preuve de gourmandise ...

mumm laquelle je prends... toutes bien sûr !

et même une certaine concentration, que dis-je, de la grandeur d'âme pour aller au bout de l'épreuve :

et oui, ça vous pose un homme 

Après cette aventure, culinaire, que je ne décris point davantage, pour vous inviter à venir l'expérimenter par vous même, une balade s'impose. Nous nous sommes donc promenés au Parque de los bosquetes de Palermo, où une bonne partie de la ville se retrouve pour une balade, sportive ou digestive... choisissez votre camp !

C'est très charmant !

Attendre patiemment que le soleil ne se couche (c'est à dire qu'on s'est pas levé à 6h du mat non plus) sur la ville encore active.

Quels camaïeux ! 

Bref un beau dimanche de fin d'été à Buenos Aires...

1
mars


Coucou les loulous,

Nous avons, mardi dernier, découvert le quartier de Récolata. Le même que le cimetière dont nous vous parlions plus haut (c'est pour voir si vous suivez). C'est le quartier chic et cher à proximité du centre ville. Toujours arborées, ses grandes avenues accueillent les principales ambassade, dont l'ambassade de France :

elle paraît presque modeste ! 

Oui modeste, à côté de la très très belle demeure, IIIème république, qui abrite aujourd'hui le ministère des affaires étrangères de l'argentine, place san martin :

juste grand comme il faut, ce petit palais 

La république devenue richissime à la fin du 19ème et début 20ème, s'inspire très directement de Paris pour bâtir ses nouveaux quartiers cossus.

Dans ce quartier, nous avons visité un petit musée, absolument charmant, présentant de nombreux témoignage de la conquête espagnole et de la naissance d'une société sud américaine, sur le plan religieux, décoratif et artistique :

peigne en écaille de tortue, raffiné n'est-ce pas

On perçoit aussi clairement, dans l'art religieux du 16ème, 17ème et 18ème, les suites du concile de Trente (je l'ai appris en lisant les cartouches en espagnol), avec la volonté d'une offensive massive de l'église catholique, en privilégiant tous les supports qui permettent de valoriser la figure sainte, mariale ou christique.

oh la la oui, ils souffrent 
il se demande bien ce qui pourrait lui tomber sur la tête 

Bref un très joli musée, pour une très jolie journée, qui s'est achevée au cinéma, où nous avons vu Moonlight. Pour ceux qui n'ont pas encore vu l'oscar du meilleur film 2017, précipitez vous, c'est un des plus beaux films que j'ai vu depuis longtemps.

la bise

25
fév

Dans un souci d’honnêteté intellectuelle et de respect pour la profession de reporter nous devons avouer que nos billets sont publiés avec un léger retard. Que voulez-vous notre vie est trépidante, il est bien compliqué de trouver le temps de tout coucher sur les bits.

Figurez vous donc que non content de cuisiner des empanadas de folies, nous sommes sortis pour aller voir un des évènements du carnaval de Buenos Aires (au même moment que le Carnaval de Rio, un peu la même idée mais avec beaucoup moins de jolies demoiselles légèrement vétues de plumes et de paillettes), à savoir les Murgas.

Je vous entends déjà chuchoter devant votre clavier "mais qu'est ce que c'est-y donc que ces murgas ? Le suspens est insoutenable !". Du calme mes braves, asseyez vous calmement et regardez donc ces quelques vidéos !

Le barrio 25 présent en force 

Chaque quartier de Buenos Aires a son équipe de danseur, acrobates, chanteurs et musiciens qui vient faire son show. On appelle cette équipe Murga. On est arrivé en cours de route mais à priori ça dure au moins une heure pour chaque