Carnet de voyage

Le Périgord

Dernière étape postée il y a 70 jours
Le Périgord est une région riche d'une longue histoire humaine
Octobre 2021
2 jours
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Publié le 12 janvier 2022

Le Périgord correspond au département de la Dordogne de la région de la Nouvelle Aquitaine. Nous allons découvrir lors de plusieurs séjours, ce département divisé en 4 territoires (le Périgord blanc, le Périgord noir, le Périgord vert et le Périgord pourpre) .

Le Périgord est une région riche d'une longue histoire humaine. Nous pourrons y voir des châteaux, des abbayes, des bastides, des sites troglodytiques, des grottes, des jardins et des musées.

En octobre 2021, nous sommes allés à Périgueux, dans les vallées de la Vézère et de l'Auvezère

En février 2022, nous avons découvert le Périgord vert et la vallée de la Dordogne lors d'un déplacement vers Blagnac.

En avril 2022, nous avons complété notre découverte du Périgord vert.

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En octobre 2021, en rejoignant le Périgord, nous nous sommes arrêtés à Aubeterre sur Dronne.

Aubeterre sur Dronne

Situé au sud du département de la Charente et à la frontière du département de la Dordogne, Aubeterre sur Dronne possède un patrimoine exceptionnel.

Nous nous stationnons sur le parking visiteurs au dessus du village. Le bourg est construit au niveau de la falaise qui domine la Dronne. Les habitations s’étagent du haut de la falaise à la vallée de la Dronne.

Aubeterre sur Dronne 

Nous descendons vers l’église souterraine Saint Jean. Cette église taillée dans la roche est une véritable curiosité. C’est l’une des plus vastes d’Europe. La voute creusée dans le calcaire s’élève à 17 m. Des escaliers taillés dans la roche permettent d’accéder à la galerie haute qui entoure l’église sur 3 côtés. C’est de cet endroit que les seigneurs assistaient aux offices. L’église souterraine a été creusée dans la falaise où se dresse le château qui ne se visite pas. Elle a été creusée à partir du 8ème siècle puis agrandie au 12ème siècle selon un plan rectangulaire sans transept.

La nef , la piscine baptismale et le sanctuaire 

Au niveau de la nef, il a été découvert de nombreuses tombes ainsi qu’une excavation à fond cruciforme qui pourrait être une piscine baptismale ou une fosse à reliques. Dans le sanctuaire, se trouve un reliquaire hexagonal de 6 m de hauteur et de 3 m de diamètre taillée dans un seul bloc de roche. A l’opposé, il y a l’ancien vestibule d’entrée où se trouve une nécropole de 170 tombes rupestres.

L'ancien vestibule d'entrée et ses tombes rupestres 
Vues de la galerie haute

A l’emplacement de l’entrée actuelle, se trouvait le chœur dans le prolongement de la nef principale, disparu suite à un effondrement. Par contre, sous cet emplacement, il a été découvert il y a peu de temps une crypte où se réunissaient les religieux. La place de l’église souterraine Saint Jean se trouve sur l’emplacement de l’ancien couvent des bénédictins détruit lors des guerres de religions.

L'entrée
La crypte
 La place St jean

Nous partons ensuite à la découverte du bourg où en flânant dans les rues pentues nous passons devant le lavoir et les maisons à balcons en bois. En montant quelques escaliers, nous longeons l’ancien hôpital Saint François et enfin après avoir passé un porche nous apercevons l’église St Jacques. C’est une église romane. La collégiale Saint Jacques, édifié au 12ème siècle a été construite pour répondre à l’afflux de pèlerins en route vers Compostelle. Il ne reste de cette époque que la façade qui compte 2 niveaux d’arcades. Le 3ème niveau a quasiment disparu. Il comporte les vestiges d’une statue de cavaliers. La nef d’origine, le chœur et le clocher furent entièrement détruits au 16ème siècle lors des guerres de religion.

Ancien hôpital St François
Le bourg
L'église St Jacques

A proximité, on peut voir le couvent des clarisses installé dans un ancien bastion avec sa poterne d’entrée carrée surmontée de mâchicoulis. De l’autre côté de l’église, la tour des apôtres pourrait être une partie du logis du prieur de la collégiale St Sauveur (St Jacques). Il subsiste au niveau de cette tour, un escalier à vis qui desservait le bâtiment aujourd’hui disparu et une pièce carrée au dernier étage. Un peu plus haut le couvent des Minimes avec sa chapelle et son cloitre est aujourd’hui une maison de retraite. Fondé au 17ème siècle, les bâtiments furent dévastés durant la Révolution. Il reste quelques salles notamment la salle capitulaire avec sa voute en berceau où se trouve aujourd’hui le restaurant et le salon de la maison de retraite. Au début du 20ème siècle, la mairie, la gendarmerie et la justice se partageaient les locaux avant que le couvent soit transformé en hospice.

La tour des apôtres  

Sur les hauteurs, nous avons quelques points de vue sur les vestiges du château. Il ne reste aujourd’hui que le châtelet d’entrée et quelques soubassements.

En quittant Aubeterre sur Dronne par la D2, nous passons sur la Dronne et juste après le pont, il y a une base de loisirs où il est possible de se stationner pour les camping-cars.

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Publié le 12 janvier 2022

D'aubeterre sur Dronne, nous prenons la direction de Périgueux.

Le Périgord Blanc comprend la région de Périgueux et la vallée de l'Isle, une partie de la vallée de l'Auvezère, un affluent de l'Isle.

Périgueux

Nous nous installons sur l’aire de camping-car payant situé à proximité de la rivière l’Isle.

De bon matin, nous partons visiter Périgueux. De l’aire de camping-car, nous longeons l’Isle que nous traversons au pont des Barris. Puis nous remontons l’avenue Daumenil et nous passons au pied de la Cathédrale Saint Front qui domine le quartier. Elle est remarquable par sa taille mais surtout par son architecture byzantine.

Vues du pont des Barris 

Après renseignements auprès de l'office de tourisme, nous commençons par le circuit du quartier romain Vesunna situé au cœur d’un méandre de l’Isle.

La riche histoire de Périgueux

Un siècle avant notre ère, le peuple gaulois « les Pétrucores » s’installent sur les collines au sud du méandre de l’Isle. 50 ans plus tard lorsque la Gaule est conquise par Jules César, la ville est protégée par des remparts de terre et des fossés. Ces collines seront habitées jusqu’à ce que la ville romaine Vesunna soit aménagée dans la plaine à l’intérieur du méandre au début de notre ère, période où l’empereur Auguste accorde le rang de cité aux Pétrucores au sein de la grande province d’Aquitaine. Elle atteint son plus grand développement au 2ème siècle avec au centre le forum et le temple de la déesse Vesunna entourés par les grandes demeures des puissantes familles. Vesunna est une déesse celte.

Une maquette de la  ville romaine au 2ème siècle

Au 4ème siècle, après un siècle de déclin, la ville se transforme. Les grands édifices sont démontés et les gros blocs de pierre servent à construire un imposant rempart circulaire comprenant 23 tours et 4 portes. L’amphithéatre est intégré. C’est le seul monument antique conservé et fortifié. La ville s’appelle désormais la cité des Pétrucores. Elle conserve son prestige. Elle abrite le siège de l’évêque et la cathédrale dans une Aquitaine devenue chrétienne depuis l’an 350.

Au moyen âge, les grandes familles du Périgord construisent sur la fortification, leurs demeures urbaines. C’est le cas du château Barrières ou de la Maison d’Angoulême. Au 5ème siècle, les comtes du Périgord exercent le pouvoir civil dans le royaume des Visigoths puis des Francs. Vers l’an 1000, l’évêque fonde un monastère à l’extérieur de la cité sur la colline du Puy. Les reliques de Saint Front y sont transférées. Un bourg se développe autour de l’abbaye et son église reconstruite au 12ème siècle rivalise avec la cathédrale de la Cité. Au 13ème siècle, les bourgeois du Puy obtiennent du roi de France le droit de fortifier leur ville et d’élire des consuls pour gérer la ville.

Au 17ème siècle, l’église du Puy devient la cathédrale Saint Front à la place de celle de la Cité. Au 19ème siècle, l’environnement de la tour de Vesonne est bouleversé. La tranchée de la ligne de chemin de fer traverse la cour du sanctuaire sans aucune considération pour les vestiges détruits. En 2003, c’est la création du musée Vesunna.

L’amphithéâtre et les anciennes fortifications

Le circuit nous fait passer au niveau du jardin des arènes où nous pouvons voir les vestiges de l’amphithéâtre romain. La ville acquiert le monument au 15ème siècle, il sert de carrière de pierre pour y construire un couvent, des chapelles sont aménagées dans les anciennes voutes ruinées. Au 18ème siècle, les amateurs d’antiquités reconnaissent la forme de l’amphithéâtre et crée sous les voutes les mieux conservées le premier musée de Périgueux avec les blocs sculptés collectés dans la ville. Au début du 19ème siècle, les vestiges de l’amphithéâtre sont couverts de constructions. Elles ont été démontées lors de la création du jardin public en 1875. La plus grande partie de l’édifice se trouve à 7 m sous le sol du jardin.

Une représentation du site avant l'aménagement du jardin 
 Les vestiges  de l'amphithéatre
Des maquettes de l'amphithéatre 

L’amphithéâtre construit au 1er siècle de notre ère pouvait recevoir 18 000 spectateurs. L’arène accueille des chasses d’animaux sauvages et des combats de gladiateurs. Sa construction est inspirée par celui de Saintes alors capitale de la province d’Aquitaine. Au 4ème siècle, la ville se protège derrière des fortifications et intègre l’amphithéâtre qui contribue par sa structure haute à compléter la ligne de protection. Il suffisait juste à l’aménager. Les gros blocs des monuments antiques ont été réutilisés pour construire la muraille. Les romains ont apporté en Gaule le goût des spectacles et des divertissements violents en même temps que les monuments conçus pour les accueillir. C’est l’un des plus vastes de la Gaule.

Au 12ème siècle, au cours du Moyen Age, le comte de Périgord établit son château sur les restes de l’amphithéâtre. Il est entouré de maisons de familles nobles qui s’installent sur les anciennes fortifications. On retrouve les gros blocs de pierre de la muraille dans les fondations des résidences.

En rejoignant le musée de Vesunna, nous passons le long des fortifications et nous pouvons voir les vestiges des maisons nobles. Le château Barrières du 12ème siècle est la résidence la mieux conservée. Un peu plus loin, c’est la maison d’Angoulême. Au niveau du musée, on peut observer plusieurs constructions sur les vestiges des fortifications.

Le château Barrières
La maison d'Angoulême
Les vestiges des maisons nobles sur les anciennes fortifications 

Le musée Vesunna

L'intérieur du musée  sur le site de la Domus

Le musée abrite la Domus découverte en 1959 lors de fouilles. Rien en surface ne laissait supposer l’existence des vestiges de cette vaste maison richement décorée de peinture murale. Occupée du 1er au 3ème siècle, elle présente les caractéristiques des demeures urbaines. Il faut distinguer les Domus et les villas. Les villas sont de grandes demeures situées à l’extérieur de la ville, dans la campagne. Il faut cependant distinguer la villa de plaisance et la villa liée à l’exploitation agricole.

Quelques panneaux présentent le mode de vie au temps des romains et nous arrivons au niveau d’une mezzanine qui permet de voir les vestiges de la Domus de haut. Au niveau de cette mezzanine des panneaux d’informations ainsi que des sculptures présentent les différents édifices de la cité.

Le forum romain était au centre des affaires publiques et privées. Généralement situé au cœur de la ville, elle est entourée de bâtiments abritant les fonctions administratives, judiciaires et religieuses.

Le temple de Vesunna se situe à côté du forum. Il ne reste aujourd’hui que le cœur sacré du temple, la tour de Vesonne.

La maquette et les vestiges du temple de Vesunna 

L’eau dans la ville : la civilisation romaine a également apporté la domestication de l’eau. Elle était présente partout dans les monuments publics (thermes, fontaines, aqueducs) et dans les maisons riches (puits, bassin, thermes privés). L’aqueduc de Grand Font prenait sa source à 7 km du lieu dit Grand Font.

Le décor architectural : les monuments de Vesunna ont été construits avec le calcaire local. Le répertoire ornemental en Aquitaine se développe de manière autonome dès la fin du 1er siècle. Les sculpteurs de Saintes se déplacent vers Vesunna. Les pièces conservées attestent la maîtrise technique des sculpteurs avec un répertoire cohérent et original confirmant l’existence de l’école d’Aquitaine.

Le rempart du Bas-Empire à la fin du 3ème siècle avec ses 3 portes imposantes (Romaine, Normande et Mars) constituaient l’essentiel de la parure monumentale de la ville. Il n’y a plus de monuments prestigieux.

Le monde funéraire : Jusqu’au milieu du 3ème siècle, la pratique funéraire la plus courante était l’incinération. Ce n’est que plus tard que l’inhumation est revenue à la mode. Le type de sépultures était fonction des conditions sociales. Les plus pauvres étaient enterrés en pleine terre dans l’anonymat. D’autres disposaient de tombes avec des stèles. Les familles les plus fortunées se faisaient construire de véritables mausolées en bordure de route pour être bien visible.

Quelques éléments du monde funéraire 

La Domus

Nous descendons au niveau de la Domus. Elle a connu deux phases de constructions mais rien ne permet d’expliquer pourquoi au milieu du 2ème siècle, cette maison fut remblayée sur environ un mètre à l’exception du jardin et des pièces chauffées par le sol et considérablement embellie. Ces travaux lui donnèrent un aspect monumental.

La Domus de Vesunna doit sa renommée aux très nombreux décors peints qui y ont été découverts sur les murs ou à l’état fragmentaire dans les remblais. Dans le monde romain, tous les murs sont enduits et peints. Les peintures trouvées en place sur les murs lors des fouilles sont presque toutes celles de la première construction. Elles ont été enfouies lors du remblaiement ce qui a du les protéger. Les autres ont été trouvées sous forme de fragments.

Quelques exemples de peintures murales 

Nous passons plusieurs pièces où l’on peut voir différentes peintures murales. Certaines pièces étaient chauffées par hypocauste. Nous terminons en faisant le tour du grand péristyle situé au cœur de la Domus. Il s’agit d’un jardin entouré d’une galerie à colonnade. A l’origine, sa superficie faisait 970 m² et la construction n’avait que 2 ailes mais il fut réduit à 460 m² par la création d’ailes supplémentaires. La peinture aux poissons décorait le mur extérieur du terre-plein du jardin. L’eau était utilisé pour se désaltérer, se laver ou pour se délasser. Elle faisait partie de l’univers quotidien de la maison. L’eau claire des puits servait pour l’alimentation et la toilette. L’eau usagée était évacuée par des canalisations. Une pompe à eau fut trouvée en 1975. Son principe de fonctionnement invente au 1er siècle avant J.C. fut utilisé jusqu’au début du 20ème siècle pour les pompes à incendie.

Nous rejoignons le centre de la cité fortifié au 4ème siècle, la religion chrétienne se répand en Aquitaine et c’est ici que se situait la première cathédrale à l’emplacement actuelle de l’église St Etienne bâtie au 11ème siècle. C’est la plus ancienne des églises à coupoles du Sud Ouest de l’Aquitaine. Durant les guerres de religion un partie de l’église est pillée et incendiée. Le clocher et une partie de nef est détruit. Au 17ème siècle, elle perd son rang de cathédrale St Etienne de la Cité au profit de la collégiale Saint Front dans le 2ème centre urbain de Périgueux qui s’est développé depuis le 13ème siècle.

 L'église St Etienne

Nous rejoignons ensuite le circuit de la partie médiévale de la ville de Périgueux. Nous passons au pied de la Tour Mataguerre, dernier bastion de l’enceinte médiévale. Au hasard des rues, nous découvrons la maison des Dames de la Foi situé dans un des quartiers les plus anciens au Moyen Age. C’est une architecture civile du 12ème siècle transformé au 17ème siècle en couvent. La façade est romane. Nous poursuivons vers l’hôtel Abzac de Ladouze, hôtel particulier édifié entre le 13ème et le 16ème siècle rue Aubergerie. Dans cette même rue se trouve l’Hôtel Sallegourde édifié au 15ème siècle. Sa haute tour et son haut pignon correspondent aux ambitions de son propriétaire. Cet hôtel présente un escalier avec tourelle et un chemin de ronde sur machicoulis.

La Tour Mataguerre et  la maison des Dames de la Foi 
Maison à pan de bois
L’hôtel Abzac de Ladouze et l’Hôtel Sallegourde

Nous empruntons la rue calvaire jusqu’à la place de la clautre où nous avons une belle vue sur la cathédrale Saint Front.

En remontant la rue du Calvaire 
Vue de la Cathédrale Saint Front de la place de Clautre 

La cathédrale Saint Front a été au 5ème siècle une église puis une abbaye avant de devenir une cathédrale au 16ème siècle suite à la destruction d’une partie de la cathédrale St Etienne de la Cité par les Huguenots. Restaurée au 19ème siècle, elle a un plan en forme de croix et 5 coupoles qui lui donnent son allure byzantine.

L'intérieure de la cathédrale Saint Front 

Le cloître n’est pas de construction uniforme, il a connu quelques remaniements au 14 et 15ème siècle. La galerie Nord du 10ème siècle et la galerie Est du 12ème siècle sont les parties les plus anciennes. Les galeries Sud et Ouest datent du 14ème et 15ème siècle. On peut y observer la croix de consécration. Le rituel de consécration effectué par l’évêque marque la véritable naissance d’un bâtiment religieux. On les trouve principalement dans les églises romanes.

Le cloitre 

Nous poursuivons le circuit de découverte en passons notamment par la place St Louis où il y a une belle maison et continuons vers de petites rues où se trouvent des maisons à l’architecture remarquable.

Quelques maisons remarquables 

Nous revenons vers les quais où se trouvent un grenier et les maisons dites des quais. Il y a l’hôtel Salleton de la fin de la renaissance, la maison dites des consuls.

Un grenier et les maisons dites des quais 

La vallée de l'Auvezère

En remontant la vallée de l'Auvézère à partir de la vallée de l'Isle, nous découvrons les forges d'Ans.

Les forges d’Ans

Nous suivons un circuit Terra Aventura. Du parking de la Mairie, nous remontons la route des canons puis le chemin, nous rejoignons par un autre chemin le village de la Gilardie pour suivre une petite route dans la vallée du Blâme qui alimentait en eau la forge. Au niveau du village, le Blâme rejoint l’Auvézère en petites cascades et c’est le retour vers le parking de la mairie en passant devant les vestiges de la forge et de ses hauts fourneaux en restauration. La maison de maître est encore en bon état.

Sur les chemins entre le Blame et l'Isle 
Le haut fourneau et la maison de maître  

Au fil du chemin, des panneaux présentent des informations sur l’activité de la forge qui fabriquait des canons. Des milliers de canons de différentes sortes furent coulés dans les hauts fourneaux de la forge d’Ans de 1691 à 1830 environ. Ces canons destinés à la marine étaient transportés par la route sur des charrettes ou des triqueballes tirées par des bœufs ou des chevaux jusqu’au port du Moustier sur la Vézère. De là, des bateaux à font plat les emmenaient jusqu’à Bordeaux où ils étaient chargés sur des gros navires vers les arsenaux qui équipaient les vaisseaux de la marine.

Pour la fabrication, on utilisait du charbon de bois pour faire fondre et mouler le métal. La quantité de bois utilisé pendant plus d’un siècle était tellement importante que les collines de l’Auvézère seront mises à nu. Le blâme a joué un rôle important dans le fonctionnement de la forge. L’eau était la principale source d’énergie pour le fonctionnement des moteurs. On parle alors de moteur hydraulique.

Pour un canon de 36 (soit 3 426 kg pour 3,08 m de long) il faudra 5000 kg de fonte soit 12 500 km de minerai, 1 500 kg de castine (pierre calcaire), 6 000 kg de charbon de bois qui proviennent de 74 m3 de bois.

Le village de la forge d’Ans au 19ème siècle les bâtiments industriels de la forge, une carderie, une filature et une minoterie, toutes ses activités profitaient de la force motrice du Blâme.

La forge (1690 – 1870) située à la confluence de l’Auvézère et du Blâme fut l’une des plus importantes du Périgord. Elle connaitra une grande activité et fournira de nombreux canons de fonte pour la marine pour la royauté, la République puis pour l’Empire. Le site classé aux Monuments Historiques en 2018 fait aujourd’hui l’objet de restauration. Des fouilles sont menées pour retrouver les vestiges des outils et des bâtiments. En effet, il ne reste à ce jour que les hauts fourneaux, la maison d’habitation bâtie entre 1791 et 1810 avec son escalier monumental, les bâtiments de la moulerie et une petite centrale électrique pour produire de l’électricité grâce aux installations hydrauliques de l’ancienne forge alors qu’il y avait une forerie, les logements des ouvriers, une affinerie, une roue et un soufflet, une zone de transformation de la fonte en fer, un bocard qui sert à casser le minerai, des ateliers et une grue.

Tourtoirac

Toujours en remontant l'Auvezère, nous arrivons à Tourtoirac où nous suivrons un autre circuit Terra Aventura. Nous découvrirons, les bâtiments de la tannerie, la fontaine de la Clautre, l’église de l’abbaye St Pierre, l’étrange histoire d’Antoine Tounens, roi d’Araucanie, un four banal, un lavoir, les bords de l’Auvézère, le palais abbatial et les vestiges du cloître. Ce village possède un patrimoine qui révèle un riche passé mais aujourd’hui il se dépeuple.

A l’est du village, la source de la Clautre au pied de la roche a attiré les hommes. Il y a 45 000 ans, des hommes préhistoriques se sont installés au pied des falaises près de la source. Il a été découvert de nombreux outils. A cet époque, le climat est froid et sec, il n’y a pas de forêt mais la faune est très importante sur les bords de la rivière bordée de hautes herbes offrant ainsi de belles opportunités pour la chasse. La fontaine de la Clautre proche de l’abbaye a été l’élément fondateur du village. Elle a fournit l’eau potable du village jusqu’en l’an 2000 date à laquelle la municipalité entreprendra l’aménagement de la grotte de Tourtoirac. La fontaine est, en effet, la résurgence de la rivière souterraine.

C’est de cet endroit que le spéléologue plongeur Jean Luc Siriex a découvert les merveilles de la rivière souterraine. Pour y accéder, il a du passer par un siphon qui lui a été fatale lors de sa deuxième expédition en 1995.

L’église abbatiale St Pierre de style roman et l’abbaye de Tourtoirac fondée au 11ème siècle sur le bord de l’Auvézère dans le creux d’une vallée était entourée d’eau, de bois et de collines afin d’assurer une autonomie à la communauté. Il ne reste de cette importante abbaye bénédictine que les vestiges des remparts, la chapelle prieurale utilisée par les moines pour les chants liturgiques, le fournil appuyé le long des remparts, la salle capitulaire et ses chapitaux. L’ensemble a subi plusieurs destructions et reconstructions suite aux guerres de cent ans et de religions et à la Révolution française. Après les guerres de religions, le monastère est détruit et les moines dispersés. Il ne reste aujourd’hui que l’église qui a été dégradée, remaniée et restaurée au fil des siècles. La façade de cette église est sobre et d’architecture romane. Le chevet de l’église construit entre le 11ème et 13ème siècle est l’une des rares parties de l’abbaye à avoir été peu remaniée. Une des 3 absides manque, elle a été démolie vers 1850. On peut ainsi voir un chapiteau de l’ancien transept représentant un ornement végétal très fréquent dans l’art roman. Le palais abbatial bâti au 18ème siècle à l’emplacement de l’ancien réfectoire servait de lieu d’habitation aux différents abbés commendataires (nommé par le roi).

Le palais abbatiale
L’église abbatiale St Pierre   
Le vestige de la salle capitulaire
Les remparts et la chapelle
La chapelle et le fournil
 Les vestiges de l'Abbaye
L'isle 

A côté de l’église, on peut voir le buste d’Antoine de Tounens né dans la région en 1825 et décédé à Tourtoirac en 1878. Son histoire est originale : ce juriste du Périgord monte une expédition en 1858 entre Chili et Argentine chez les Mapuches. Il réussit à convaincre les Mapuches appelés Araucans à regrouper les différentes tribus dans une grande confédération et à créer une monarchie constitutionnelle alliée de la France de Napoléon III. En novembre 1860, il promulgue la constitution et se proclame roi d’Araucanie et de Patagonie sous le nom Orélie-Antoine 1er. Son règne ne durera qu’une année. En janvier 1962, l’armée chilienne le fait prisonnier et la justice le déclare fou et l’interne jusqu’à ce que la diplomatie française parvienne à le faire libérer.

Il ne s’avoue pas vaincu et il monte à 3 reprises des nouvelles expéditions vers l’Amérique latine mais il est vite arrêté et reconduit vers la France.

La grotte de Tourtoirac

Nous rejoignons la grotte de Tourtoirac pour suivre une rivière souterraine. La particularité de cette visite est que nous descendons seul équipé d’un audio guide. Nous cheminons sur un parcours d’environ 600 m aller et retour. Dans cette semi-obscurité, nous entendons l’écoulement de la rivière souterraine que nous apercevons par moment à travers de gros blocs de rochers effondrés. C’est très agréable. Il fait frais et l’atmosphère est très humide. Nous pouvons aller à notre rythme pour observer les concrétions de toutes sortes : des stalactites, des stalagmites, des piliers, des fistuleuses, des excentriques, des draperies, des aragonites, des gours…. C’est une belle visite.

La grotte de Tourtoirac  

Savignac les Eglises

En février 2022, nous avons rejoint Savignac les Eglises situé sur le territoire du Périgord Blanc dans la vallée de l'Isle. Nous souhaitons faire le parcours d’art de Savignac. Le parking de départ se situe en pleine nature dans un paysage caussenard. Cela nous plait bien pour y passer la nuit en espérant que demain, nous pourrons cheminer sans trop de pluie. La nuit en pleine nature fut bien agréable. Pas de bruit, pas de lumière…

Au réveil, le temps est encore humide avec seulement de la bruine. Nous partons faire le petit circuit d’art de Savignac. C’est surtout une petite promenade matinale dans une ambiance caussenarde. Les créations artistiques sont très hétéroclites et primaires. Nous suivons des chemins délimités par des murets de pierre plus ou moins en bon état, parfois il faut les deviner. Le circuit se déroule en sous bois où l’on peut voir quelques cazelles. Nous coupons des murets de pierre. L’un d’eux était très large et comportait un petit abri.

 Les cazelles et 2 oeuvres artistiques

Cette zone au sol aride, déserté par l’activité agricole a servi de terrain militaire avant de revenir aux collectivités locales. Aujourd’hui, cette zone est dédié aux loisirs (VTT, randonnée, sport de santé…)

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Publié le 16 janvier 2022

Le Périgord noir correspond à la région de Sarlat, aux vallées de la Vézère et de la Dordogne allant de Hautefort à Villefranche du Périgord.

Le château de Hautefort

De loin, par la route touristique D62, nous avons de belles vues sur le château sur son éperon rocheux. Il domine le paysage et le bourg de Hautefort. Construit par la famille de Hautefort, à la fin du 16ème siècle, début 17ème siècle sur les bases d’un ancien château fort, son architecture évoque les châteaux de la Loire. La tour de Bretagne est le dernier vestige existant des anciennes fortifications. Sa charpente a été complètement refaite au 17ème siècle dans le style de l’ensemble de la construction. Le château est entouré de jardin à la française. De l’autre côté du pont d’accès, c’est un jardin anglais où il est agréable d’aller marcher. La famille bien que proche du roi, est très appréciée des populations locales pour sa générosité envers les pauvres. Le marquis Jacques-François de Hautefort fera édifier un hospice dans le village dans le même style que le château. A la Révolution française, le château et la famille Hautefort seront protégé par le village.

A la fin du 19ème siècle, le château est vendu faute de descendant. Il est vendu à des marchands de biens. Il est dépecé de tous ses biens. Et en 1929, lorsque le baron et la baronne de Bastard achète le château il est en piteux état. Ils vont le restaurer. En 1965, les toitures sont refaites, les travaux de restauration terminés et il est remeublé. En 1968, un incendie détruit la partie centrale du château restauré. La baronne de Bastard décide de le restaurer à nouveau. Elle mobilise la famille, l’Etat, la Région et le grand public. Une fondation est créée. Les pièces que nous visitons sont celles qui ont été restaurées à ce jour. Le 2ème et le 3ème étage ne sont pas encore restaurés.

Nous entrons par le pont levis qui arrive sur la cour d’honneur. Mais le circuit fait passer par les souterrains avec des décorations d’Halloween avant de revenir vers la cour d’honneur. De là, nous visitons la chapelle puis nous descendons en dessous au niveau du four banal et du bucher (salle circulaire située sous la tour, le bucher servait à entreposer le bois). Le four était mis à la disposition des villageois moyennant une taxe le « ban ». Une porte donne au niveau des jardins. Cet accès sur l’esplanade permettait de rentrer le bois et c’était un accès au village.

La cour d'honneur
La chapelle
Le château vue du jardin  

Nous remontons et découvrons le bel escalier qui nous amène au 1er étage où nous pouvons voir la grande antichambre ou vestibule d’entrée qui permet de relier le grand escalier à la salle seigneuriale.

L'accès au 1er étage  

Cette salle permettait aux visiteurs d’attendre leur tour pour être reçu par le seigneur. De cet emplacement, nous pouvons voir un long alignement qui dessert plusieurs pièces. La salle des cheminées, c’est la salle seigneuriale, la salle de réception mais aussi salle de justice. La chambre de Monsieur, cette petite pièce peu éclairée n’était pas une chambre à coucher mais plutôt un cabinet de travail. Le 1er vestibule des appartements a la même fonction que l’antichambre de la salle des cheminées mais il était destiné uniquement à la vie de famille. Le 2ème vestibule correspond à un bel escalier à vis destiné à la famille. Nous arrivons au niveau du grand salon, anciennement une chambre avec à côté du cabinet de travail ou de toilette et nous terminons pour cet étage par la chambre de Madame.

La salle des cheminées
L'escalier privé
le 1er étage  

Nous descendons au RDC avec la salle à manger, la chambre d’honneur et la salle des tapisseries ouverte sur la galerie de la cour d’honneur. Ces salles ont été peu touchées par l’incendie. Dès la renaissance, les châteaux se dotent d’une chambre d’honneur réservé à un royal invité. La décoration est riche et soignée comte tenu du rang de son hôte potentiel. La salle des tapisseries est une ancienne salle de gardes. Au RDC, nous découvrons une grande salle où il y a une exposition photo Résonnance de Pierrot Men sur Madagascar. Une autre partie de cette expo se situe en haut de la tour de Bretagne. Nous passons devant la salle de projection du documentaire sur le château avant d’arriver au niveau du studio. Cet espace aménagé en 2015 pour le tournage du film « la mort de Louis XIV ». En fait, la présence de salles vides et bétonnées suite à l’incendie a permis l’installation de ce studio.

La salle des Gardes
La salle d'exposition
Au Rez de Chaussée 

Nous terminons la visite par la tour de Bretagne.

 Au niveau de la Tour de Bretagne 
Le jardin et le parc  

Nous passons la nuit sur le parking derrière la mairie de Hautefort. Nous sommes bordure d’une belle prairie.

Le village d’Hautefort

Le lendemain matin, avec le soleil, nous avons une belle vue sur la prairie et ses habitantes. Avant de quitter Hautefort, nous partons à la découverte du bourg en contre bas du château. Nous suivons le circuit Terra Aventura.

 A l'arrière de l'Hôtel de ville 

De la mairie un chemin piétonnier nous invite à découvrir des sculptures en bronze d’Yvonne Clergerie que nous trouverons d’ailleurs tout au long de notre parcours. Ces sculptures sont très harmonieuses.

 Quelques sculptures en bronze d’Yvonne Clergerie 

Ce circuit nous fera passer devant l’ancien hôpital, dans des petites rues, sur la place Eugène Le Roy où quelques panneaux présentent cet écrivain natif de Hautefort. Il a écrit le célèbre roman « Jacquou le croquant ». Nous avons pu voir également deux superbes puits réalisés par un compagnon du devoir. Les puits avec dôme et campanile inspiré par la tour de Bretagne du château ont été réalisé par un compagnon du devoir Jean Risso.

Hôtel de ville
Hôtel de ville
En sillonnant dans le bourg 

L’ancien hôpital ou Hôtel Dieu fondé au 17ème siècle par le marquis de Hautefort sous l’ordonnance du roi a été construit à partir d’une église en croix. C’est au centre de la croix que se trouve l’autel sous un dôme de 35 m. La branche principale orientée vers l’ouest est la nef de l’église. Les 3 autres branches étaient des salles pour les malades. L’édifice était destiné aux pauvres.

Eugène Le Roy né à Hautefort en 1836 fut un écrivain périgourdin engagé. Il fut un défenseur de la République et de ses valeurs « Liberté, Egalité, Fraternité » et jusqu’à sa mort en 1907 il témoignera d’une aversion profonde pour l’intolérance. Pour lui, La laïcité est un principe, socle du pacte républicain, indissociable des valeurs républicaines. La laïcité repose sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat. L’école de la République est aussi le combat d’Eugène Le Roy qui préconise l’instruction gratuite et laïque. Chacun doit pouvoir être en mesure d’affecter aux croyances et aux savoirs la place respective qui leur revient. La laïcité respecte la liberté de conscience et le libre exercice du culte.

Retour vers l'Hôtel de ville.

Vues de l'Hôtel de ville  

La vallée de la Vézère

Montignac

De Perigueux, nous rejoignons Montignac et la vallée de la Vézère. Nous nous installons sur l’aire de camping-car du mini-golf avant l’entrée du bourg de Montignac. C’est une aire spacieuse, agréable avec tous les services et notamment l’électricité. En soirée, il a beaucoup plu.

Au lever du jour, le brouillard a envahi la vallée. Nous partons tardivement pour le parking de Lascaux IV d’où nous voulons suivre un circuit de randonnée à la découverte de la colline de Lascaux. Les brumes s’évaporent au moment où nous démarrons la marche. Le circuit passe au dessus de Lascaux IV. Globalement nous suivons des sentiers en sous-bois et nous arrivons à une petite route où se trouve le gisement préhistorique du Régourdou. Puis nous suivons un chemin bitumé piétonnier qui passe devant le site de la grotte de Lascaux puis devant le site de Lascaux II. De là, nous revenons vers Lascaux IV.

Le gisement de Régourdou

C’est en 1954 que Roger Constant commença des fouilles sur son terrain, sa ferme étant proche du site de Lascaux (800 m environ), il espérait trouver l’entrée originelle de la grotte. Il découvrit un gisement moustérien (la fabrication à grande échelle d’objet en pierre). En 1957, il découvre une mandibule d’un homme de Neandertal. Le site fait alors l’objet de fouilles sur plusieurs années par des archéologues qui découvrirent une tombe aménagée dans laquelle reposait un néandertalien ainsi que le squelette d’un ours brun. Le squelette du néandertalien est aujourd’hui le plus complet et le mieux conservé au monde. Cette sépulture datée de 80 à 90 000 ans est actuellement la plus ancienne d’Europe. Cette découverte a permis de voir l’homme de Neandertal autrement que comme un être bestial et primitif. La tombe était construite en pierre sèche et refermée par une dalle funéraire de 850 kg. Il s’agit de la plus vieille tombe avec coffrage en pierre.

La présence sur le site de très nombreux ossements d’ours dans des fosses ou sous des tas de pierres a pu faire penser à des sépultures et à un rite dédié à cet animal. Roger Constant continua ses fouilles à côté de ce gisement classé monument historique. Il a mis à jour un gouffre où il découvrit des fossiles marins et un important gisement d’ocre. En 1988, Roger Constant décida de réintroduire l’ours brun en Périgord. Il construisit un parc et acheta 3 ours.

Le site fut réinvesti en 2013 – 2014 pour compléter les analyses et il ressort que la forte présence d’ossement d’ours brun n’est pas due à l’action humaine mais plutôt naturelle. La cavité étant un lieu d’hibernation des ours. Néanmoins, l’homme de Neandertal a laissé des traces de stries de découpe sur les ossements d’ours. Les analyses ont du être interrompues en 2015 pour cause de sécurité mais il reste encore beaucoup de question en suspens.

La maison de Mr Constant fut transformée en musée où sont exposées ses fouilles. Il s’est battu pour conserver son indépendance. La gestion du site est familiale. Après sa mort en 2002, c’est sa nièce qui accueille et propose des visites guidées.

La grotte de Lascaux et ses fac-similés

La grotte de Lascaux est une grotte préhistorique découverte en 1940 par 4 adolescents à Montignac en Dordogne dans la Vallée de la Vézère. Les salles de la grotte présentent plus de 2000 représentations d’animaux de très grande qualité artistique.

Dès 1948, le site est ouvert au public. Malheureusement, son exploitation touristique intensive cause des dégradations irréversibles et le site doit fermer en 1963.

En 1983, un fac-similé Lascaux II de la grotte de Lascaux est ouvert au public. Il se situe à 200 m de la grotte originelle. Ce site reproduit la salle des taureaux et le diverticule axial. Ce site est toujours ouvert à la visite.

Lascaux III, le fac-similé nomade permet, depuis 2012, de transmettre à travers le monde la connaissance de Lascaux.

Depuis 2016, le centre d’interprétation de l’art pariétal ou Lascaux IV propose une réplique complète et inédite de la grotte originelle de Lascaux. Grâce à de nouvelles technologies, Lascaux 4 reproduit la grotte originelle à 100 %, à échelle réelle et dans ses moindres détails : « Ses dimensions, le relief du sol, ses pentes... tout est à l'identique ».

Lascaux IV

A l’extérieur, c’est un très grand bâtiment moderne constitué de béton et de verre construit au pied de la colline de Lascaux. La présentation est intéressante. Elle retrace la découverte de la grotte en 1940 par 4 jeunes de Montignac. Un petit film permet de voir la colline, il y a 20 000 ans. Ce n’était pas boisé comme aujourd’hui et nous découvrons le site aux 4 saisons avec les animaux de l’époque.

Le site de Lascaux IV le matin et en soirée 

Nous descendons ensuite dans la grotte reconstituée à l’identique tant au niveau de l’aspect des parois de la grotte avec le relief des roches qu’au niveau des peintures et des gravures. C’est un voyage dans le temps extraordinaire. La qualité des peintures réalisées par les hommes de Cro-Magnon est remarquable. C’est de l’art mais pas que cela, d’après le guide, il y aurait un message plus abstrait. Il y a la présence de symboles comme des traits, des points, des blasons à côté de certains animaux. Par ailleurs, il y a des scénographies qui se répètent : des taureaux, accompagnés de chevaux. Nous traversons la vaste salle des taureaux et le diverticule axial (appelé la chapelle Sixtine de la préhistoire) où il y a de nombreuses représentations de chevaux, de cerfs et de taureaux. Une galerie basse appelé le passage s’ouvre à partir de la salle des taureaux avant le diverticule axial. C’est une zone basse peu accessible. Dans la reconstitution, l’aménagement a été modifié pour permettre de découvrir cette partie debout en conservant l’aspect réel des parois. C’est une partie où l’érosion naturelle a beaucoup estompé les peintures. Toutefois, cette partie présente des peintures et des gravures parfois en superposition. Au niveau de cette partie, il y a un puits au fond duquel se trouvent également des peintures dont celui d’un homme à tête d’oiseau, un rhinocéros laineux, un bison blessé et un oiseau perché, peintures que nous verrons au niveau de l’atelier. Au dessus de ce puits, la coupole naturelle de la roche est couverte de peintures et de gravures qui se superposent. Il y aurait plus de 1000 représentations. Nous poursuivons jusqu’à la nef, une galerie haute et spacieuse où l’on peut observer une frise de rennes nageant, une grande vache noire, des bisons dos à dos. Puis la galerie se rétrécit et devient trop étroite pour continuer. C’est le cabinet des félins, animaux dangereux à l’époque de Cro-Magnon. Et c’est là que nous terminons notre visite de la grotte.

Une salle, l’atelier, permet de voir l’envers du décor de cette reconstitution. Certaines scènes sont mises en avant comme celles de la coupole où il y a une superposition de tracés indéchiffrables. Un nombre limité de tracés sont représentés pour faciliter la lecture. Nous pouvons aussi voir les peintures représentées au fond du puits.

Nous terminons la visite avec les photos des découvreurs de la grotte.

Nous quittons Montignac en descendant la vallée de la Vézère.

Nous longeons le Vézère par la D65 d’où nous avons pu voir le château de La Fosse ouvert au public. Nous rejoignons la D706 à Thonac pour accéder au château mais il est fermé. Nous poursuivons sur la D706 où nous sommes attirés par un panneau annonçant le fort et la cité troglodytique de La Roque St Christophe. Nous prenons la D66 à St Léon sur Vézère où nous passons devant le manoir et le donjon de La Salle qui nous donne envie de le visiter.

Le château de La Fosse

La cité troglodytique de la Roque St Christophe

Nous poursuivons vers le site de La Roque St Christophe. C’est le plus grand site troglodytique d’Europe. Nous sommes enchantés par cette visite à flanc de falaise. Ce mur de calcaire long d’un kilomètre et haut de 80 m s’est creusé d’une centaine d’abris sous roche avec de longues terrasses aériennes. Ces cavités naturelles ont été occupées par l’homme à la préhistoire. Elles ont été ensuite modifiées pour devenir un fort et une cité du Moyen Age à la Renaissance.

Il n’y a plus de constructions mais seulement les traces des constructions du Moyen Age laissées sur les parois. La falaise a été aménagée sur 5 niveaux, nous circulerons sur 3 niveaux. Les maisons adossées à la falaise étaient construites en torchis puis en pierre. Plus haut dans les parois, des saignées horizontales sont utilisées pour canaliser l’eau de pluie.

Au niveau du panneau sur l’étable, cet abri naturel a été occupé à la préhistoire il y a 20 000 ans. Des fouilles ont mis à jour des silex taillés. Par la suite il a été transformé en étable. En cas de conflit, on montait les animaux importants. Une maquette représente une partie du village placé sous la protection du fort. Il pouvait abriter environ un millier de personnes. La maquette a été faîtes à partir des archives et de l’étude d’aménagement des parois. Elle correspond à la période qui a précédé la destruction de la cité au 16ème siècle. Il y avait également une église. On peut remarquer sur le site des croix gravées, des fonds baptismaux et 6 tombes.

Un panneau présente la naissance de la pensée religieuse. Le Neandertal est le premier à enterrer ses morts. Les sépultures découvertes attestent des préoccupations spirituelles et symboliques. C’est l’homme de Cro-Magnon que nous devons les magnifiques grottes et abris ornés que sont Lascaux, Font de Gaume, Combarelles, Cap Blanc Castel merle, Bara-Bahau…. L’antiquité voit le développement du polythéisme puis au 3 et 4ème siècle le christianisme se répand.

Un film en réalité virtuelle fort intéressant est présenté sous un de ces abris sous roche. Il raconte l’évolution de l’habitat. La situation de la cité était en soi une forteresse, renforcée par quelques constructions pour faire face aux attaques vikings mais par la suite pour faire face à la guerre de 100 ans et aux guerres de religion qui seront finalement fatales à la cité. Elle sera entièrement détruite en 1588. Le site sombrera dans l’oubli et sera pris par la végétation.

En poursuivant le long de la falaise, on peut voir plusieurs systèmes de treuil. Il y a le treuil des puits utilisé pour récupérer l’eau, le treuil à tambour pour lever de lourdes charges jusqu'à 7 fois son poids, le treuil horizontal permettant de relever des charges de 150 kg sans effort, la grue à balancier pour déplacer des charges par pivotement à 360° et le cabestan pour déplacer des charges. C’était utile pour remonter les produits et matériaux nécessaires à la vie quotidienne voire les animaux en cas d’attaque.

Si à la préhistoire, la falaise servait d’abri, au Moyen Age c’était un site stratégique et défensif. Il n’y avait qu’une porte d’accès au niveau du fort. A la fin du premier millénaire, les vikings et les Normands constituent des menaces permanentes (prise de Périgueux en 849). De plus, la disparition des derniers rois carolingiens laisse place à la féodalité et aux guerres entre seigneurs. C’est dans ce contexte trouble qu’en 976, l’Evêque de Périgueux décide la construction de 5 forts défensifs contrôlant l’accès aux principales vallées du Périgord : Bassillac, Agonac, Corgnac, Auberoche et la Roque St Christophe.

De 841 jusqu’en 1017, date du dernier raid sur le royaume franc, il y aura 2 grandes invasions vikings (841 et 877). En 841, les vikings remontent la seine et prenne Paris. En 844, ils remontent la Garonne, Agen est prise et ils atteignent Toulouse. En 848, ils s’emparent de Bordeaux et en 849 de Périgueux. En 911, un traité est signé et c’est la naissance de la Normandie. En 982, les Normands remontent l’Adour, ravage Bayonne, Dax, Bazas et Condom. En 987, c’est la fin de la dynastie carolingienne avec la mort de Louis V.

Il a été découvert un système de guet soit 22 relais le long de la Vézère pour prévenir de l’arrivée d’éventuels ennemis.

Nous revenons sur nos pas et remontons vers le fort, nous étions passé au niveau inférieur à l’aller. Nous passons devant un bel escalier taillé dans la roche. Au niveau du fort, nous sommes accueillis par le cachot et la salle d’armes. Nous arrivons à une reconstitution d’une cuisine médiévale. Pour cette dernière partie, on peut voir une reconstitution des murs en torchis.

Nous terminons par une sépulture de l’âge de bronze. Elle a été découverte au pied de la falaise en 1913. Et c’est l’occasion de revenir aux premiers habitants du site, l’homme de Neandertal. Au 19ème siècle, lors de la découverte des premiers fossiles humains, l’idée d’un homme archaïque ayant vécu avant le déluge biblique se heurte à la tradition religieuse. Neandertal n’était qu’une créature aux allures de singes. Il faudra attendre la seconde partie du 20ème siècle pour voir évoluer l’image de Neandertal et accepter qu’il disposait de bonnes capacités intellectuelles et qu’ils étaient préoccupés par des questions métaphysiques.

La Vézère
La cité troglodytique de la Roque St Christophe vue de la vallée de la Vézère

St Léon sur Vézère

Nous faisons demi-tour sur cette route pour revenir à St Léon sur Vézère. Edifié dans un cingle de la Vézère, ce charmant village conserve un caractère médiéval mais le site a des origines antiques et même préhistoriques. Il s’est surtout développé au 19ème siècle avec l’essor de la batellerie. En amont de St Léon sur Vézère, le niveau d’eau de la Vézère était trop bas une partie de l’année. Aussi le port de St Léon était l’un des principaux ports de commerce sur la Vézère jusqu’à la fin du 19ème siècle. Son activité décline avec l’arrivée du chemin de fer.

Nous visitons le manoir et donjon de la Salle. Le donjon date du 12ème siècle partiellement détruit à la fin de la guerre de cent ans et reconstruit à la fin du 14ème siècle.

Le manoir a été édifié au 15ème siècle. Il se prolongeait à l’origine pour rejoindre le donjon. Une autre partie était construite de l’autre côté de la tour carrée. Nous passons la grande salle de vie. La remarquable cheminée a vu se succéder 25 générations. Nous arrivons ensuite au grand salon, salle de détente et de réception. Puis nous passons dans la chambre de parement médiéval qui était un lieu public où l’on recevait des invités. Vient ensuite le cabinet, transformé en hommage à Joseph Kessel. Il a fréquenté le manoir en 1960. L’escalier du manoir est un escalier à vis. Les marches sont taillées d’un seul bloc. L’intérieur de la tour est circulaire alors que l’extérieur est carré. Nous terminons la visite du manoir par la salle sous les toits. Cet espace présente les animaux fantastiques : l’amphisbène, serpent à 2 têtes, le basilic, la vouivre, serpent ailé, l’hydre, le montre à 7 têtes, le dragon, l’huppogriffe, l’alliance de l’aigle et du cheval, l’éale, mélange d’hippopotame et d’éléphant, le phénix, l’oiseau de feu, la licorne, le sirène, envoutante musicienne des mers, le griffon, mi-aigle mi-lion.

Le manoir 

Le donjon était à la fois un lieu d’habitation et de défense. Le dernier étage de la tour est exclusivement consacré à la défense avec un chemin de ronde équipé de mâchicoulis et d’archères. La solide charpente en chêne est recouverte de lauzes. On estime le poids des lauzes à 850 kg au m² soit 90 tonnes pour l’ensemble. Il a fallu une véritable forêt de chêne pour la fabriquer. Le bois a été abattu entre 1494 et 1506, période de reconstruction de la tour et du manoir. En dessous se trouve la salle de justice. A l’étage inférieur, nous découvrons une belle herboristerie. Elle nous rappelle l’importance des plantes médicinales. C’était le seul moyen de se soigner. Et en dessous c’est la chambre du maître avec sa grande cheminée. C’était le lieu de vie du seigneur, on y mangeait et on y dormait. Il ya 150 ans, une baie a été ouverte pour accéder au jardin. Nous terminons par la cave.

 Vue du côté jardin

Nous partons ensuite à la découverte du village. Il y a une belle église romane sur le bord de la Vézère. L’église est construite sur les vestiges d’une villa gallo-romaine. L’édifice actuel date du 11 et 12ème siècle. La peinture de la coupole a été réalisé au 14 et 15ème siècle. Sa toiture est recouverte de lauzes.

En longeant la Vézère, nous apercevons le château de Clérans du 16ème siècle. Il remplace une maison noble du 12ème siècle. Ce logis possède une belle tour d’escalier qui dessert un logis carré doté de tourelles d’angles et percés de fenêtres à meneaux. On recherche à cette époque davantage l’élégance et le confort et les éléments défensifs sont souvent qu’un décor.

Le site de la Madeleine

Nous passons la nuit sur le parking du site de la Madeleine. Ce site a été habité depuis la nuit des temps.

C’est en 1863 que l’abri sous roche est découvert. C’est un vaste abri sous roche de 250 m de long, orienté plein sud sur la rive droite de la Vézère en bordure d’une boucle de la rivière au pied d’une falaise de 45 m de haut. Les fouilles entre 1863 et 1980 ont révélé au total plus de 22 000 objets : armes, outils, gravures, sculptures, ossements humains…. Cet abri a donné son nom à la civilisation magdalénienne (- 17 000 à - 12 000) suite à la découverte du gisement d’objets préhistoriques.

la vallée de la Vézère sur le site de la Madeleine

Au Moyen Age, le site a continué à être habité. Le village que nous découvrons a été reconstitué à partir des vestiges du village troglodytique. Il se situe à une quinzaine de mètres au dessus de la Vézère. Il a servi de protection aux paysans du 10ème au 19ème siècle.

Au niveau, du village, nous passons une zone de carrière, nous pouvons ensuite voir le squelette d’une maison et notamment sa jonction avec la falaise pour éviter les infiltrations d’eau. Nous passons une forge. Puis nous arrivons au niveau d’un abri sous roche où un fournil a été installé. Les magdaléniens contrairement au médiévaux n’intervenaient pas sur la falaise. Ils se contentent du refuge naturel. Au Moyen Age, des murets pour délimiter des pièces ont été construits. A cet endroit un fournil et son four banal a été reconstitué. En poursuivant nous arrivons au niveau du potager d’où nous apercevons le château en ruine au dessus du village et la chapelle dans le prolongement du village.

Au Moyen Age, le potager compte 4 secteurs, une partie pour les plantes médicinales, une pour le potager, une autre pour le verger et enfin une pour le plaisir avec les fleurs.

Peu après, un pan coupé de la falaise équipée d’une passerelle à bascule permettait de se protéger des agresseurs. La construction troglodytique s’est développée au Moyen Age pour sa fonction de protection contre les barbares normands, les pillards, les guerres de cent ans et de religions.

Nous arrivons à un autre abri doté d’une mezzanine à l’étage faisant office d’une chambre à coucher équipée d’un escalier taillé dans la roche. A l’étage, c’est le dortoir et le rez-de-chaussée est pour les animaux, le matériel, les niches et les placards. L’habitat médiéval de la Madeleine est une illustration du degré d’aménagement de ces abris sous roche. L’habitat se structure. La maitrise du travail de la pierre et des métaux permet l’arasement des voutes, le percement de baies, la séparation des espaces par des cloisons et la spécialisation des espaces en fonction des activités (fours, cheminées…).

La rue principale dessert l’ensemble du village, voie de communication et d’assainissement avec la présence d’un caniveau. Nous passons ensuite la maison des tisserands au niveau d’un petit tunnel. Au dessus c’est la chapelle. De dimensions modestes sur des bases romanes, la chapelle est accrochée sur la falaise. Construite au 12ème puis remaniée au 15ème siècle, ses proportions constituent un petit chef d’œuvre.

Au bout du parcours, nous pouvons voir le mode de charpente avec les boulins, les creusements de cavités dans la roche pour différents usages. Nous arrivons au niveau de l’accès au site du gisement préhistorique situé en contre bas mais fermé au public.

Nous montons ensuite au niveau du château fort du Petit Marsac à partir du potager. Ce château du 13ème siècle est construit sur une base rocheuse. Il sera le lieu d’affrontement entre anglais et les familles du Périgord au cours du 14ème siècle. Il sera abandonné au 17ème siècle suite à un incendie en 1620.

La Vézère est une rivière qui fait beaucoup de méandres : les plus grands méandres se trouvent à la confluence avec la Dordogne.

Les ruchers : les ruchers troncs de la Madeleine. Le miel est utilisé comme offrande pour les Dieux. Il servait à fabriquer de l’hydromel et la cire servait à la momification et à la construction des bateaux.

La maison forte de Reignac

Nous quittons le site de la Madeleine pour la maison forte de Reignac. C’est un château falaise bien conservé depuis 700 ans. Sa façade est du 14ème siècle. Ses fortifications sont suffisantes pour résister aux brigands et aux pillards mais il ne pourrait pas tenir tête à une véritable armée. Sa situation en hauteur était un atout favorable et sa puissance de feu était redoutable.

La maison forte de Reignac 

Dans ce château vivaient le seigneur et sa famille ainsi qu’un palefrenier, une chambrière, un valet, une cuisinière et un fauconnier maître-chien. Le domaine de 120 hectares comprenait 10 métairies. A ce propos, l’organisation du domaine au début du Moyen Age pratique encore l’esclavage. Cela va peu à peu disparaître. Ils vont devenir des serfs (ceux qui servent). Ils deviennent ensuite des vilains, des paysans libres soit métayers en donnant le moitié de la récolte soit fermiers en payant une location.

Au niveau de la porte d’entrée, nous entrons par la cuisine ou plutôt par la souillarde appelée ainsi car on y conservé les soudes et les savons. C’était avec son évier une arrière cuisine et le lieu où se tenait la personne chargée de la vaisselle et de la lessive. La cuisine en terre battue est sombre et modeste. C’est le lieu où tout le personnel prenait ses repas. C’était aussi le lieu chauffé toute l’année.

Au niveau de la cuisine 

A l’arrière, une grande zone sous la roche qui avait été occupé, il y a des centaines d’années par les hommes de Cro-Magnon. Dans ce vaste espace sont exposés des objets en lien avec cette période préhistorique. Nous pouvons voir le travail de l’os et les objets utilisés pour la chasse, la pêche. Il y a une tête de bison. Il est un peu plus petit que le bison d’Amérique. C’est ce type de bovidé qui a été peint ou gravé à la grotte du sorcier, à Font de Gaume ou à Lascaux par les hommes il y a 15 000 ans. Le bison vivait encore en France au 14ème siècle. Il n’a pas totalement disparu, l’espèce est toujours présente à l’état sauvage en Pologne, Lituanie et Caucase.

Le bison et l'auroch 

A l’avant de cette zone qui servait d’entrepôt, nous arrivons dans une grande salle de 70 m² qui servait de salle à manger. Les changements au fil des siècles sont les fenêtres qui ont remplacées les meurtrières au 16ème siècle. Entre ces fenêtres il y a une belle cheminée. Les murs sont enduits à la chaux. Dans cette salle nous pouvons voir la tête d’un auroch. Cet animal n’est pas un bison mais un bœuf sauvage, l’ancêtre de nos vaches domestiques. Peint sur les parois des grottes de Lascaux et de Font de Gaume, il a survécu en Europe jusqu’au 17ème siècle. Au Moyen Age, on le chassait comme le sanglier et le cerf. Cette salle donne sur l’entrée et le bel escalier à vis en pierre.

La salle à manger 

Nous arrivons à l’étage où se trouve le dortoir commun de 30 m² des gens du château, les enfants, les bâtards et les domestiques. On estime qu’une dizaine de personnes dormaient ici. A l’arrière, C’est la falaise. Il n’y avait pas de chauffage. La pauvreté et l’inconfort marque la différence de classe.

L'escalier et le dortoir 

Au 2ème étage, se trouve la salle des grands hommes, une salle de réception de 60 m² pour les fêtes et les grands évènements mais c’était aussi une salle de vie pour tous les jours. Le plafond de cette belle salle est sous roche. Il a été retaillé. Les murs sont construits. C’est une pièce confortable.

La salle des grands hommes 

Au même niveau se trouvaient, un cachot de 4 m², une salle d’arme de 36 m² avec une chapelle entièrement taillée dans le roc. Ce n’est pas un lieu de culte, il s’agit plutôt d’un lieu de recueillement, un oratoire. A côté de la salle d’arme, il y avait la chambre du féroce et terrible bouc de Reignac de 4 m². Les chroniques du Moyen Age nous apprennent que vivait ici un personnage malfaisant. On l’appelait « le bouc de Reignac ». Sa réputation était connue d’un bout à l’autre de la vallée de la Vézère. Il exerçait avec méchanceté son pouvoir (de cuissage) sur les jeunes filles de la région. Il était également soupçonné de détrousser les voyageurs et les marchands à l’aide de ses gens masqué d’une peau de lapin. Le pouvoir du seigneur à cette époque était considérable. Il régnait sur des gens proches de l’esclavage (les serfs).

En montant un nouvel étage, nous arrivons sur la première terrasse. Des tableaux présentent le site sur 5 périodes. Un panneau raconte le grand hiver 1709 qui a fait 45 000 morts en France et en montant encore d’un niveau, nous découvrons plusieurs autres terrasses. A la Maison forte de Reignac, la moindre surface a été utilisée. L’abri fortifié a été reconstitué avec la pose d’un plancher sur le vide entre 2 parois de rocher et une façade en bois avec des créneaux et des archères. Nous avons du haut une belle vue sur la vallée.

l'évolution du site de 15 000 ans à nos jours

En redescendant au 1er étage, nous passons dans la chambre de la Comtesse de 35 m² au 19ème siècle.

Avant de quitter, le site il est possible de voir une salle où sont présentés des objets de torture. C’est incroyable de voir l’imagination de l’homme pour faire souffrir son congénère. La torture disparait du droit criminel à la fin du 18ème siècle sous Louis XVI.

La grotte du Grand Roc

Nous continuons à descendre la vallée jusqu'aux Eyzies. Nous Visitons la grotte du Grand Roc à Laugeride basse un peu après les Eyzies. Après avoir vu les peintures et gravures de l’homme de Cro-Magnon, les aménagements troglodytiques de l’homme, nous découvrons les mystères de l’œuvre de la nature. Dans cette visite, on ne parle que de concrétions. Ce qui est remarquable à la grotte du Roc, c’est l’incroyable quantité de concrétions dites excentriques. Ici c’est un véritable florilège de formes. Les fines stalactites partent dans tous les sens défiant le principe de la gravité.

Le site de la grotte 
Les merveilles de la nature

Les Eyzies de Tayac

Nous revenons sur les Eyzies. Nous longeons à pied l’impressionnante falaise qui domine le bourg. Nous passons devant l’Abri Pataud. Les fouilles de cet abri sous roche habité pendant 15 000 ans au début du paléolithique supérieur ont mis à jour 14 niveaux d’habitations. On y découvre le squelette d’une jeune femme de 16 ans morte il y a plus de 20 000 ans. Le site était fermé au moment de notre passage.

Au pied des falaises

Le musée national de Préhistoire

Un peu plus loin, nous arrivons à l’entrée du musée national de Préhistoire des Eyzies et nous terminons la journée par cette visite. Nous sommes accueillis par un mammouth. Après une présentation sur les origines africaines de l’Humanité, nous arrivons au 1er étage où sont présentés différents objets archéologiques classés en fonction des différentes cultures du Neandertal à l’homo sapiens (Cro-Magnon).

Parallèlement, on peut voir des fragments d’os correspondant aux animaux vivants à certaines périodes :

La faune au fil du temps

Les faunes anciennes du quaternaire entre -3 millions et -1 million d’année ont évoluées. En Europe, elles se composent d’espèces archaïques auxquelles se joignent au fil du temps les animaux du quaternaire, proches des animaux actuels.

Il y a 1 700 000 ans le climat est doux à chaud en Géorgie : cerf, cheval sténonien, rhinocéros étrusque, antilope, félin à dents de sabre, jaguar.

Il y a 1 400 000 le climat est doux à chaud à Sinzelles en Haute Loire : Hippopotame, hyène

Il y a 1 200 000 le climat est tempéré à Ceyssaguet en Haute Loire : mammouth méridional, félin à dent de sabre, cheval sténonien (archaïque), rhinocéros étrusque, daim, ancêtre du Mégacéros, sanglier archaïque, chien étrusque, cerf de grande taille, ours étrusque, cerf de petite taille, Hyène.

Il y a 600 000 le climat est froid à l’Escale en bouche du Rhône, faune glaciaire : aigle royal, Thar, Ancêtre du renard polaire, ours de Deninger, jaguar, mégacéros, lynx des cavernes, macaques, glouton.

Il y a 550 000 le climat est froid à camp de Peyre en lot et Garonne : cheval caballin (de type moderne)

Il y a 350 000 le climat est tempéré humide à Lunel dans l’Hérault : cerf, lion des cavernes, panthère, sanglier, hyène des cavernes, aurochs, loup, cheval hydruntin, hyène, Cuon.

Le mégacéros est un grand cervidé qui apparaît au début du quaternaire vers 2 millions d’année et disparait à la fin de la période glaciaire.

Mamouth
Megaceros

Le paléolithique moyen entre -300 000 et -40 000 ans correspond en Europe au développement de l’homme de Neandertal, à l’apparition des premières sépultures. Il coïncide avec l’extension et la diversification des industries moustériennes à éclats. Les progrès techniques (maitrise du feu et diversification des outils) et une meilleure organisation des groupes peuvent expliquer l’augmentation du nombre de site d’occupation quelque soit le système écologique.

Les grottes à ours : il y a 2 espèces, l’ours brun qui est encore présent en Europe et l’ours des cavernes qui disparait à la fin des temps glaciaires. Pour l’hibernation, l’ours brun utilisait des abris alors que l’ours des cavernes préférait les grottes. C’est pourquoi il est fréquent de trouver des accumulations d’os d’ours des cavernes dans les grottes. Font de Gaume en Dordogne est une grotte à ours des cavernes. Site d’ours des cavernes : Font de Gaume et site d’ours brun : le Regourdou.

Le temps des grands carnivores : entre -120 000 et -35 000 (Würm ancien), les carnivores ont connu un essor sans précédent. Les conditions environnementales ont permis le développement des herbivores et de leurs prédateurs. Et c’est l’hyène des cavernes qui a connu la plus grande prolifération.

L’hyène des cavernes est fréquente en Europe à certaines périodes de la dernière glaciation particulièrement entre -40 000 et -30 000. Elle pratiquait la chasse, ses dents pointus lui permettaient de s’attaquer aux herbivores de toutes tailles (rhinocéros et mammouths). Elle utilisait les grottes comme tanière. La grotte Rochelot dans la vallée de la Bonnieure en Charente était une tanière d’hyène. On y a retrouvé des ossements de cheval, d'auroch, de sanglier, de cerf, de daim, de chevreuil, de renne, de rhinocéros de prairie, de castor, d'ours brun, loup, de martre, de lion, de panthère… et même un humérus rongé appartenant à un Néandertalien ! Il y a un autre site, celui des Plumettes à Lussac les Châteaux dans la Vienne.

Le châtelperronien : les derniers Néandertalien ?

Les Néandertaliens ont occupé l’Eurasie du sud de la Sibérie à l’Atlantique ont laissé de très nombreux vestiges de leurs cultures matérielles au paléolithique moyen. Le moustérien étant la culture la plus importante. Elle fait place en Aquitaine vers -40 000 ans au Châtelperronien. Est-ce une évolution du néandertalien ou est-ce l’influence des hommes de Cro-Magnon ?

Faunes des périodes froides, au début du Wurm récent (entre -35 000 et -22 000) qui correspond à l’Aurignacien et le Périgordien. Le climat est contrasté qui oscille entre froid et tempéré, c’est le développement de vastes espaces herbeux ou steppes à mammouths. Les épisodes froids voient la prédominance des rennes. En période froide : Renne, rhinocéros laineux, cheval, bison des steppes et mammouth, renard polaire, lièvre variable, bœuf musqué, phoque. En période tempéré : les espèces froides se maintiennent mais elles sont dominées par les cerfs et les aurochs accompagnés par chevreuil et sanglier, petit cheval et le mégacéros.

Le gravettien (-34 000 à -26 000) : culture européenne correspondant à la taille particulière du silex et des décors sur des objets utilitaires et réalisation de statuette féminines.

Les faunes au maximum glaciaire de Wurmien couvrant les cultures solutréenne et badegoulienne entre -22 000 et -17 000 avec un maximum glaciaire à -19 000 : c’est le renne qui domine suivi du cheval associé au bouquetin et au chamois ; au bison des steppes, lièvre variable, renard polaire, chouette harfang, le cerf et le mammouth. C’est la période des grandes migrations. La culture solutréenne a privilégié la recherche de matériaux rares (jaspes rubanés ou veinés, calcédoines blanches, grès silico-ferrugineux. Le badegoulien fait suite au solutréen. Leur équipement est très différent de celui du solutréen. L’expression symbolique, mobilière et pariétale est rare. Les causes d’un tel changement sont inconnues.

Le magdalénien est la culture la plus célèbre de la préhistoire par l’ampleur des occupations sous abri ou en plein air (-16 000 à -14 000 ans). C’est la fin de la glaciation et du début du réchauffement. La taille du silex évolue et les os sont façonnés. On retrouve sur cette période des objets artistiques, des parures. La chasse est orientée vers le renne et l’antilope saïga, le lion des cavernes et le bison des steppes sans négliger la pêche et la chasse du petit gibier (glouton, lagopède, chouette harfang et truite).

Les faunes à la fin du Wurm entre -17 000 et – 10 000. Les conditions sont propices au bon développement des herbivores : le bison des steppes, le cheval, l’antilope saïga, le renne.

On arrive à un bouleversement environnemental au passage du magdalénien à l’azilien. Le renne et l’antilope saïga sont remplacés par le cerf. Le renne, le mammouth, le rhinocéros laineux disparaissent de nos contrées. L’auroch remplace le bison des steppes. Les renards polaires, le lièvre variable, le lagopède et la chouette harfang sont remplacés par des animaux plus forestiers chevreuil, sanglier, castor, lapin, élan, le cheval développe une nouvelle forme. Des espèces vont progressivement s’éteindre comme le mégacéros, l’hyène des cavernes, le lion des cavernes. L’origine du chien : la domestication a eu lieu au paléolithique lorsque l’homme était encore chasseur-cueilleur.

En février 2022, Nous prenons la direction de la vallée de la Dordogne et nous faisons une pause à St Génies situé au sud de Montignac. C’est un beau village mais le temps est trop humide pour apprécier.

St Génies 

La vallée de la Dordogne

La Roche Gageac

En février 2022, nous rejoignons la vallée de la Dordogne. Nous nous installons sur une aire de camping-car à La Roche Gageac en bordure de la Dordogne. C’est un beau site mais avec le temps sombre, les maisons et les falaises sont ternes.

Nous commençons la journée par la visite de La Roque Gageac en montant vers le manoir de Tarde et le fort de la Roque Gageac qui n’était pas encore ouvert au moment de notre visite.

La Dordogne est en crue 
La Roque Gageac  

Domme

Nous poursuivons ensuite vers Domme que nous visitons en suivant le parcours proposé par l’office de tourisme. En suivant les remparts ou les falaises, nous avons de belles vues sur la vallée de la Dordogne. Domme est une bastide construite en 1281 par décision du roi Philippe III sur un vaste plateau calcaire dominant la vallée de la Dordogne. Il existait déjà un château sur la pointe de l’éperon. Ce site, en limite du territoire anglais, était stratégique pour le roi de France. Pendant la guerre de cent ans, Domme sera occupée à 5 reprises par les anglais et pendant les guerres de religion elle sera prise par les protestants.

Il est très agréable de cheminer dans la bastide. Elle offre une architecture homogène avec quelques monuments remarquables dont l’hôtel des consuls qui est le plus ancien édifice de la ville. Aujourd’hui, c’est l’hôtel de ville. Il y a aussi la maison du batteur de monnaie.

L'hôtel des Consuls et la maison du batteur de monnaie  

La bastide comportait 4 portes d’accès. Il y a la porte principale « la porte des Tours » d’architecture militaire, il y a la porte Delbos autrefois protégée par une herse et un assommoir et la porte de la Combe qui donnait accès aux fontaines et aux domaines agricoles.

La porte des tours  
La Porte Delbos et les remparts sur le sentier des meuniers  

Entre la porte Delbos et la porte de la Combe, nous longeons les remparts où passe le sentier des meuniers Nous avons une vue sur les ruines du château du Roy dont le donjon a été détruit lors des guerres de religion. A côté du château le moulin date du 18ème siècle. Le sentier des meuniers passe par le plateau dominant la bastide où étaient extraites des meules de silex pour les moulins du Périgord.

Le château de Castelnaud

Nous partons ensuite pour Castelnaud La Chapelle. Nous nous stationnons au bas du village dans la vallée du Céou. Nous montons au château par des sentiers très pentus à partir du village bas vers le village haut.

Le château vu du village
L'entrée du château de Castelnaud  

Arrivés au château, nous entrons par la tour d’artillerie par un escalier raide. Nous arrivons ainsi au donjon et ses salles où sont exposées des armes, des armures et des vêtements de l’époque médiévale.

Le château de Castelnaud  

Le château de Castelnaud fut fondé au 12ème siècle par un fervent défenseur de la foi cathare. Lors de la croisade contre les albigeois, le château est confisqué puis un peu plus tard brulé. Il est reconstruit au 13ème siècle (il subsiste de cette époque le donjon et les courtines). Une rivalité s’installe entre Beynac et Castelnaud. Lors de la guerre de cent ans, le château change 11 fois de camp. Finalement à la fin du 15ème siècle, c’est le camp français qui l’emporte. Le conflit terminé, les propriétaires reprennent le château et le reconstruisent dont notamment la tour de l’artillerie. Lors des guerres de religion, le propriétaire est protestant mais c’est un seigneur puissant et personne n’ose s’en prendre à Castelnaud. Après la révolution, la végétation envahit les lieux et il devient une carrière.

En 1966, il est classé monument historique et sa restauration durera de 1966 à 2012.

Belvès

Nous poursuivons jusqu’à Belvès, le village médiéval aux sept clochers ! Nous commençons notre visite par l’église Notre Dame et ses peintures murales. En descendant, nous arrivons au niveau du château, nous découvrons les halles, plusieurs tours, la porte du castrum et la maison de l’archevêque, l’hôtel Bontemps… il y a aussi des maisons souterraines autour de la place des Halles mais elles ne sont pas ouvertes.

L'église Notre Dame  
Le château  
Belvès 

Sur les bords de la rivière de la Nauze, nous visitons une ancienne filature de laine de Belvès. C’est une visite très intéressante. A l’origine le site est une minoterie avant de devenir une carderie où les paysans faisaient carder la laine de leur mouton. Au 20ème siècle, le site se transforme en filature avec la construction d’un bâtiment complémentaire pour installer les machines.

Le battoir
Le loup-carde
L'effilocheuse
Le continu diviseur
Le continu à filer
Le bobinoir
 Les machines de la filature de Belvès 

La visite consiste à découvrir toutes les étapes de la filature :

Etape 1 - le nettoyage : le lavage de la laine tondue, son séchage, son battage pour éliminer les saletés, son ensimage (la laine est étalée puis arrosée d’un mélange d’eau tiède et d’huile afin de l’assouplir et de la lubrifier), le démêlage par le loup carde, l’élimination des déchets végétaux par le battoir et envoi dans le casier

Etape 2 - le cardage : étirage, démêlage, parallésisation des fibres, l’élimination des déchets végétaux obtention du voile et du préfil.

Etape 3 - le filage et le conditionnement : torsion du préfil, assemblage de plusieurs fils, retorsion, mise en écheveaux ou en cône.

St Pompon

Nous rejoignons St Pompon pour faire la randonnée « st Pompon et son mur cyclopéen ». C’était une petite randonnée agréable sur le causse. Nous visitons St Pompon.

Le mur cyclopéen de St Pompon 
St Pompon  

Villefranche du Périgord

Puis nous prenons la direction du sud. Un arrêt à Villefranche du Périgord où nous découvrons ses halles et sa place à arcades.

Villefranche du Périgord  
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Publié le 24 janvier 2022


C'est à Villefranche du Périgord que nous quittons la Dordogne pour rejoindre Grenade puis Blagnac où nous passons le week-end.

Dimanche en soirée, nous quittons Blagnac et remontons vers la Dordogne pour continuer notre découverte du Périgord.

Sur notre chemin nous visitons la bastide de Lauzerte situé dans le département du Tarn et Garonne.

Une bastide est une ville neuve fondée au moyen âge de la fin 12ème au milieu du 14ème siècle. Environ 500 bastides furent fondées dans le Sud-ouest de la France entre la croisade des Albigeois et la guerre de cent ans.

A l’origine, la colline était un oppidum gaulois. La cité protégée par un château construite au 12ème siècle était entourée de remparts.

En montant plusieurs volées d’escaliers, nous arrivons au niveau de la barbacane qui est aujourd’hui une esplanade d’où l’on surplombe les jardins du Pèlerin. Passant sous un le pontet de la gandilhonne, nous arrivons sur la place du château. Il ne reste de ce château qu’une salle basse voutée du 13ème siècle.

En passant sous un le pontet de la gandilhonne

Nous poursuivons jusqu’à la place des Cornières avec ses arcades et une création originale représentant un coin de pavement relevé. C’est une belle place dominée par l’église St Barthélémy. La structure de cette église est particulière. Il ne reste du premier édifice gothique du 14ème siècle que la porte d’entrée donnant sur la place et la voute de la chapelle Notre dame. Après les guerres de religion, l’église a été reconstruite et agrandie.

La place des Cornières et l'église St barthélémy 

Nous longeons la rue de la mairie, la 2ème artère principale de la bastide jusqu’à l’hôpital Notre dame. C’est la partie la plus remaniée avec des hôtels particuliers du 17 et 18ème siècle. En remontant la Grande rue, nous découvrons les belles maisons de marchands avec au rez-de-chaussée des ouvertures en ogives.

La Grande rue et les maisons des marchands 

Nous quittons Lauzerte pour rejoindre Monpazier en passant par Monflanquin et Villeréal, 2 autres bastides. Des travaux au niveau de la voierie à Monflanquin ne nous a permis de nous arrêter. C’est à revoir d’autant qu’il y a un musée portant sur les bastides. A Villéréal, nous n’avons fait que passer cette fois à cause de la météo.

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Publié le 30 mai 2022

En février 2022, nous sommes de retour dans le département de la Dordogne pour découvrir une partie du Périgord pourpre.

Le Périgord pourpre correspond à Bergerac et son vignoble et au sud de la Dordogne et son pays de bastides.

Un peu avant Monpazier, nous avons fait un détour par le château de Biron qui est actuellement en travaux. Il est imposant et mériterait une visite.

Monpazier

Monpazier est une bastide construite en damier. L’entrée de la ville se fait par 2 portes dont le prolongement des rues correspond à deux côtés de la place des Cornières et sa halle.

La place des Cornières 
Monpazier 
Les angles de la place forment des cornières, les maisons se touchent par un angle. 

Nous rejoignons ensuite Beaumont du Périgord, une autre bastide. Nous passons la nuit sur l’aire de camping-car.

C’est avec un beau ciel bleu que nous commençons la journée.

Beaumont du Périgord est également une bastide. De loin, elle ne ressemble pas aux bastides installées au sommet de collines escarpées. Elle est implantée sur une crête sans vraiment dominer le paysage. Il ne reste rien des fortifications. Une seule porte fortifiée subsiste sur les 16 portes existantes au Moyen âge. Quant aux fortifications, on peut remarquer que les habitations d’un côté extérieur à la ville ont des allures de fortifications aménagées. A l’intérieur, les rues sont organisées en damier.

Beaumont en Périgord 

La création de nombreuses bastides en Périgord avant la guerre de cent ans était avant tout une démonstration de force entre la France et l’Angleterre présente en Aquitaine.

Nous partons pour le circuit « De Beaumont du Périgord à Bannes » soit 4,5 km. C’était un aller retour et finalement, nous avons marché 9 km ! Nous suivons route et sentier pour rejoindre le château de Banne perché sur un éperon rocheux. Il se dévoile tardivement car le paysage très vallonnée ne permet pas d’avoir une vue lointaine.

Le château féodal, construit au 14ème siècle est détruit au 15ème siècle lors de la guerre de cent ans. Il est reconstruit au 16ème siècle, dans la période renaissance gothique.

Le château de Bannes 

Cadouin

Nous poursuivons vers Cadouin et visitons son abbaye. L’église est de style roman alors que le cloitre est de style gothique flamboyant. L’abbaye fondée au 12ème siècle a été reconstruite à la fin du 15ème siècle sur les ruines du cloitre roman. L’arrivée du suaire ayant entouré la tête du christ dès le 12ème siècle va considérablement changer l’histoire de l’abbaye. Cadouin devient un lieu de pèlerinage important jusqu’en 1935 où une expertise conclut à la non-authenticité de la relique. Les pèlerinages s’arrêtent. On peut remarquer la richesse des sculptures du cloitre.

Cadouin 
 Le cloitre
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Publié le 30 mai 2022

Le Périgord vert correspond au nord du département de la Dordogne. C'est le Périgord verdoyant allant de Nontron à Excideuil du nord au sud et de Ribérac à Jumilhac d'Ouest en Est. Ce territoire est traversé par la vallée de la Dronne.

En octobre 2021, nous avons découvert le Périgord blanc avec Périgueux et la vallée de l'Auvézère, le Périgord noir avec la vallée de la Vézère et un peu abordé le Périgord vert avec Excideuil en remontant la vallée de l'Auvézère.

Excideuil

Les fortifications du château d'Excideuil éclairé par le soleil couchant sont impressionnantes. De loin, nous apercevons, au dessus des remparts, le haut du corps de garde et le logis des chevaliers, le haut du donjon. En fait, le château comprend le corps de garde ou châtelet et le logis des chevaliers dans la basse cour appartenant aujourd’hui à la municipalité, le donjon et un logis renaissance dans la haute cours qui est une propriété privée. L’ensemble est construit sur éperon rocheux en forme d’ovale entouré de remparts ou de falaises. Le corps de garde construit au 13ème siècle était la pièce maitresse de la défense qui verrouillait la seule voie d’accès.

Dès le 11 siècle, les vicomtes de Limoges font fortifier le site en construisant des murailles et un donjon pour surveiller la route qui relie Limoges à Périgueux. L’ensemble connaîtra des évolutions et aussi subira les guerres de cent ans et de religions. Le château est abandonné par son propriétaire au 17ème siècle et il est légué en 1883 aux hospices de Chalais. En 1973, la toiture du châtelet est ravagée par un incendie. Enfin, à la fin du 20ème siècle, le nouveau propriétaire a entrepris des travaux de restauration.

Excideuil 

En février 2022, nous sommes revenus en Dordogne et cette fois, nous avons commencé par le Périgord vert, le territoire situé au nord du département de la Dordogne. En avril 2022, nous avons complété notre découverte.

Nous passons rapidement Mareuil mais il y a un château remarquable par sa structure complexe.

Nous poursuivons vers St Pardoux de Mareuil où il y a une randonnée : « Les cluzeaux de St Pardoux en Mareuil ». La météo est assez capricieuse avec de belles averses aussi nous décidons de découvrir le site entre les averses en faisant qu’une partie de la randonnée.

Les cluzeaux sont des cavités creusées dans les falaises. Ils servaient de zones de stockage, d’abris temporaires ou de refuge en période d’insécurité. Les plus anciens dateraient du Moyen Age. Au pied du village coule un ruisseau alimenté par plusieurs sources où sont construits des lavoirs (le lavoir des caves, le lavoir à tous vents).

La fontaine et le lavoir des caves
L'aménagement de citerne et silo à grains sous les falaises

Nous montons ensuite au niveau de l’église, puis nous cheminons sur un beau sentier caussenard dans les bois. Nous arrivons ensuite au château de Beauregard que nous contournons. C’est une belle bâtisse en pierre blanche comme l’église.

Le château surveillait l’entrée en Périgord, l’accès vers Angoulême et vers le Limousin. C’est pourquoi il a joué un très grand rôle pendant une partie de la guerre de 100 ans. Le château actuel fut reconstruit vers la fin du XVe siècle, sur des fondations plus anciennes.

L'église et le château de St Pardoux de Mareuil 

Nous revenons par le chemin d’accès au château juste avant l’averse.

Nous rejoignons Bourdeilles où nous passons la nuit au bord de la Dronne.

Bourdeilles

Ce matin au réveil, le bord de la Dronne est dans la brume. Lorsque nous partons pour une petite visite du site, la brume s’est levée. Nous longeons la rive où nous découvrons le pont médiéval et le château et un peu plus loin, un manoir et l’église. L’ensemble construit sur des falaises surplombe la vallée de la Dronne.

avril 2022
Bourdeilles vu de la vallée de la Dronne 

Le pont médiéval construit au cours du 14ème siècle fut reconstruit après la crue de janvier 1735.

Nous passons le pont et montons la rue du moulin qui passe au pied des remparts du château. Nous arrivons à l’entrée du château et au niveau de l’église. Nous avons un beau point de vue sur le jardin du curé, le manoir, le château et la Dronne au niveau des terrasses.

Bourdeilles 

Le site à l’intérieur des remparts compte aujourd’hui deux châteaux mais l’histoire du site a vu se succéder plusieurs constructions. A l’origine, il y a un castrum datant du 10ème siècle. Puis au 12ème siècle, le château baronnial ou château vieux est érigé. Il fut détruit pendant la guerre de cent ans. A la fin du 13ème siècle le château comtal ou château neuf est construit à proximité du château baronnial. Il est caractérisé par un corps de bâtiment de 40 m de long et 10 de large avec par la suite un donjon octogonal. Les deux châteaux appartiennent à deux familles différentes et ce n’est qu’au 15ème siècle que les deux châteaux seront la propriété d’une même famille. Au 16ème siècle un logis renaissance est construit sur les ruines du château vieux. Aujourd’hui il ne reste que le logis renaissance et le château comtal ou château neuf.

Nous partons ensuite en direction de Brantome. Nous prenons la D 106 et la D76 qui longent la Dronne. Ces deux routes offrent quelques beaux points de vue sur les falaises notamment sur le site « des forges du diable ».

Les forges du Diable 

St crépin de Richemont

Nous contournons Brantome pour rejoindre St crépin de Richemont et son circuit de randonnée « le sentier des meulières de St Crépin ». La pluie s’est invitée lors de notre déplacement. Arrivés sur le site, nous attendons un peu que la pluie se calme et nous suivons un chemin qui monte vers le haut d’une colline où nous découvrons plusieurs zones de carrières. C’est un site où étaient extraites des meules de pierre pour moudre les grains.

Sur cette zone, on trouve une roche particulièrement intéressante pour moudre le grain, c’est l’arkose. Il y a 55 millions d’année, l’Aquitaine est recouverte par une mer où s’écoulent les fleuves venant du Massif central qui déposent sable, graviers et galets. Sous la forte pression, ces matériaux se sont compressés pour former une roche dure, dense et abrasive, l’arkose. Sous l’effet du soulèvement alpin, les fonds marins deviennent des plateaux.

L’arkose 

L’extraction des meules commencent dès le néolithique, il y a 5000 à 8000 ans. Cette activité s’est développée industriellement dès l’antiquité. Ainsi on retrouve sur le plateau de Bagneaux de nombreuses petites carrières comblées par les déblais des chantiers plus récents. Lorsque les moulins à eau apparurent à l’époque romaine, les meules à main disparurent. Les meules étaient taillées par les artisans spécialisés, les maîtres meuliers. De la fin du moyen âge jusqu’au 17ème - 18ème siècle, les meulières connaissent leur âge d’or. Les fosses deviennent géantes allant de 30 m de long pour 15 m de haut. Une fois taillées, les meules devaient être transportées et ce n’était pas sans danger. Les meulières de St Crépin fournissaient la région comprise entre Limoges, Angoulême et Périgueux. En tournant les meules en arkose s’usent et laissent une poussière grise qui teinte la farine. Peu à peu on préférera les meules blanches en calcaire ou en silex pour avoir de la farine blanche. C’est ainsi que l’activité des meulières de St Crépin déclinent pour disparaître à la fin du 19ème siècle.

Les meulières de St Crépin 

Villars

Nous poursuivons notre découverte de la région en rejoignant le village de Villars en passant par des petites routes boisées bien sympathiques. Nous nous stationnons sur le parking du château de Puyguilhem pour faire le circuit « de Puyguilhem à l’abbaye de Boschaud ». Le temps est gris, quelques gouttes mais pas vraiment de pluie. Du parking, nous n’avons aucun point de vue sur le château mais en cheminant vers l’abbaye, nous pouvons le voir de loin.

Du château de Puyguilhem à l'abbaye de Boschaud 

Le château construit au 16ème siècle dans le style renaissance proche de celui des châteaux de la Loire est classé monuments historiques depuis 1912.

Nous traversons des bois avant d’arriver aux ruines de l’abbaye « Notre Dame de Boschaud ».

L’abbaye de Boschaud (bois creux) est une abbaye cistercienne construite entre le 12ème et 13ème siècle. Quasiment détruite lors des guerres de religions, elle fut partiellement reconstruite au 17ème siècle. Après la révolution, elle servit de grange, d’habitation et de carrières jusqu’à son classement aux monuments historiques en 1950.

Photos d'octobre 2021 
L'abbaye de Boschaud sous le soleil en avril 2022 

En avril 2022, nous sommes revenus sur Villars et nous avons visité les ruines de l'abbaye de Boschaud et le château de Puyguilhem. La luminosité était bien meilleure. Nous avons par ailleurs visité les grotte de Villars où nous pouvons admirer des concrétions et quelques peintures préhistoriques. Le parcours était très agréable.

Sur le même site, un jardin préhistorique a été aménagé avec quelques reconstitutions d’animaux préhistoriques.

Le château de Puyguilhem

Le château, construit au 16ème siècle, est desservi par deux tours d’escalier polygonales.


Le château vu de l'extérieur 
L'intérieur du château

De Villars en février 2022, nous sommes partis pour les gorges de l’Auvezère en passant à Thiviers puis à Excideuil. De là, nous avons pris la route D72, très étroite pour aller de Génis à Savignac Lédrier en traversant à deux reprises la vallée profonde de l’Auvezère. Nous avons manqué le village de St Mesmin, il faut dire que les très belles routes sont parfois délicates lors des croisements. Le site des forges de Savignac est remarquable mais ne peut se visiter qu’à partir de mi-mars. A St Mesmin, un sentier permet d’aller au moulin et de longer l’Auvezère jusqu’à un saut. Nous passons la nuit sur l'aire de service de Lanouaille.

St Mesmin

Il a plu toute la nuit et ce matin le temps est encore très humide. Nous partons très tardivement pour Savignac Lédrier puis St Mesmin. La route d’accès à St Mesmin à partir de Savignac est étroite mais correcte. En descendant, nous avons traversé le ruisseau de la Forge. Il était bien vigoureux ! A St Mesmin, nous descendons jusqu’au petit parking situé au niveau du moulin et du pont qui traverse l’Auvezère.

L'auvezère au niveau du pont
L'auvezère

Nous décidons de suivre le sentier qui longe la rivière pour aller jusqu’au saut du Ruban. Le cheminement n’est pas de tout repos, nous montons, nous descendons pour passer les barres rocheuses car la vallée de l’Auvezère à cet endroit est escarpée. On peut parler de gorges. Ce n’est pas très loin mais nous n’avançons pas rapidement et nous devons faire attention à ne pas glisser par ce temps très humide. Toutefois nous n’avons pas eu de pluie. Au niveau du saut du Ruban, nous retrouvons le ruisseau de la Forge ou de la Porte Etoupe qui dévale la pente pour se jeter dans l’Auvezère. Pour le chemin du retour, nous préférons remonter par le village et redescendre au parking par la route. C’est finalement plus rapide et plus facile. C’est un très beau circuit qu’il serait bien de refaire avec un temps plus sec. On pourrait même envisager de suivre l’Auverèze de la forge au moulin. Il y a plusieurs circuits de randonnée à faire sur le site.

Le Saut du Ruban de l'Auvezère 

La forge de Savignac

Nous revenons sur Savignac et nous suivons le petit circuit découverte de la forge de Savignac. Il serait intéressant d’avoir une visite guidée. Nous avons eu moins de chance pour ce petit parcours car il s’est mis à pleuvoir, une petite pluie fine bien pénétrante.

La forge de Savignac est l’une des plus anciennes forges du Périgord et une des dernières à avoir fonctionné au charbon de bois en France (du 16ème siècle au début du 20ème siècle -1521 à 1975). Son haut fourneau au bois s’est éteint en 1930 et l’atelier de clefs et de pointes a cessé son activité en 1975. Elle est classé monument historique depuis 1979.

La forge de Savignac 

Le Périgord réunissait toutes les conditions naturelles nécessaires pour la création de grandes forges au bois (un sous sol riche en minerai de fer, un massif forestier dense et un réseau hydraulique étendue).

C’est une industrie sidérurgique rurale. En effet, l’extraction du minerai, la coupe du bois et sa transformation en charbon de bois, la réduction du minerai et le travail du fer, le transport ont mobilisé toute une main d’œuvre rurale locale qui trouvait dans la forge un complément de revenu. La forge fonctionnait pendant six mois, l’hiver.

Le site comprend aujourd’hui, la cantine, le haut fourneau, la pointerie ou tréfilerie, la halle au charbon, le bocard et le château du maître des forges. Il comprenait également une affinerie où la fonte de fer produite par le haut fourneau était à nouveau chauffée pour transformer la fonte en fer puddlé. La tréfilerie mis en place au début du 20ème siècle est le site où est exploité le fil de fer pour faire des pointes et des clés à boîte de sardines. C’est cette activité qui a perduré jusqu’en 1975. Elle a été mise en place pour diversifier la production car l’arrêt du haut fourneau au charbon de bois était prévisible. Les machines dans la tréfilerie fonctionnaient à partir de l’énergie hydraulique grâce à une turbine. L’installation d’un alternateur a permis de fournir de l’électricité pour l’éclairage de la forge et du château. Une deuxième turbine et un deuxième alternateur a permis aux villageois d’avoir également de l’éclairage dès 1928.

Jumilhac le Grand

Nous quittons la vallée de l’Auvezère pour rejoindre Jumilhac le Grand. En arrivant nous sommes impressionnés par l’imposant château et son église. Nous longeons une grande esplanade située face au château. Il est difficile de trouver un emplacement pour y passer la nuit, il y a une aire de service sans stationnement.

En avril 2022, nous sommes revenus sur le site et nous avons pu visiter le château de Jumilhac le Grand et découvrir son histoire mouvementée.

Le château de Jumilhac 

L’édifice remonte au 12ème siècle. Il va connaitre plusieurs périodes de destructions et de constructions qui vont faire évoluer sa structure, il est abandonné au 15ème siècle. A la fin du 16ème siècle, il est réhabilité avec un aménagement original de ses toitures avec Antoine Chapelle fait comte de Jumilhac par Henri IV. Enfin, les marquis de Jumilhac descendant d’Antoine Chapelle rachètent le château en 1927 après plus d’un siècle d’absence. Il était encore en ruine. C’est la quête de la pierre philosophale qui est résumée sur cette toiture. L’apogée de l’alchimie se situe au 16ème siècle.

La partie ancienne du château 

Le vieux château se situe dans la partie centrale, on peut voir dans cette forteresse médiévale son escalier de défense, la salle basse et sa cheminée, une salle voutée où l’on venait se réfugier au moyen âge en cas de danger avec un balcon du 16ème construit à la période de la construction des deux ailes. Au 2ème étage du donjon, se situe la chambre de la fileuse, pièce où un des comtes enfermait sa femme pendant qu’il allait guerroyer. A l’origine c’est dans cette pièce que se trouvait la chapelle seigneuriale.

Les ailes plus récentes du château 

Nous passons ensuite dans la partie plus moderne du château avec un grand hall d’entrée. Au rez-de-chaussée, la salle à manger et la cuisine et ses beaux cuivres. Au premier étage, un accès à une petite terrasse qui surplombe les jardins et de l’autre côté le grand salon des quatre saisons, un plus petit salon et le cabinet de travail.

La partie plus récente du château
Du 1er étage vue sur les jardins et la vallée de l'Isle 


La salle du duc de Richelieu

Nous passons une terrasse pour rejoindre l’autre aile où se trouve la salle du duc de Richelieu et une petite bibliothèque. Nous descendons ensuite dans les jardins qui surplombe la vallée encaissée de l’Isle.

 Le château de Jumilhac vu des jardins

Nous rejoignons Thiviers. La route D78 longe l’Isle dont le cours est parfois très encaissé. Ce n’est pas une route rapide mais c’est une très belle route qui surplombe la vallée de l'Isle.

Nous rejoignons Brantôme et nous poursuivons jusqu’à Bourdeilles où nous passons la nuit sur les bords de la Dronne.

Brantôme

Le lendemain, nous retournons à Brantôme. Nous nous stationnons sur l’aire de camping-car. L’abbaye de Brantome est à l’origine une abbaye troglodytique située au niveau d’une source au pied de la falaise. Au cours du moyen âge l’abbaye troglodytique s’est étendue avec l’église et quelques bâtiments entre la falaise et la Dronne. Puis l’abbaye se structure face au bourg. Le cœur du bourg se situe sur une île entourée par les bras de la Dronne.

L'abbaye de Brantôme vu de la vallée de la Dronne

Avant l’arrivée des moines, les falaises étaient habitées. Il y aurait eu sur ce lieu un culte païen qui aurait perduré jusqu’au 17ème siècle.

L’existence du monastère bénédictin est avérée en 817. Peu d’endroits à l’exception du clocher portent encore le revêtement d’origine. Les bâtiments abbatiaux ont été réorganisés du 12ème siècle à la restauration du 19ème siècle bouleversant complètement l’aspect de l’abbaye.

Le clocher s’élève sur une avancée naturelle de la falaise. A l’arrière de l’abbatiale, se trouve une grande carrière qui était encore exploité il y a peu de temps.

L'esplanade  entre les  différentes périodes d'occupation de l'abbaye avec le clocher roman en toile de fond

En cheminant le long des falaises, on peut observer les restes d’aménagements des constructions troglodytiques des moines. Le plus remarquable est la grotte du jugement dernier. Il s’agit de 2 bas reliefs réalisés sur les parois rocheuses représentant l’une la crucifixion et l’autre le jugement dernier plus complexe dans son interprétation avec comme thème de fond la mort. Il y a la figure divine, des anges, une tête couronnée, des têtes coiffées, des religieux et des squelettes.

La grotte du jugement dernier

On peut aussi observer l’amorce d’un arc roman sur le bord d’une falaise ce qui renforce la thèse d’un monastère troglodytique. A côté se trouve la fontaine miraculeuse St Sicaire réputée pour favoriser la fécondité et guérir les enfants. Cette fontaine existait avant l’abbaye, la rosace incrustée sur la paroi semble fort ancienne tandis que les accolades de la partie supérieure date de la fin du Moyen Age.

Les vestiges de l'ancienne abbaye 

En cheminant le long de la falaise, nous arrivons au niveau de la source où les moines avaient aménagé un moulin dans deux salles troglodytiques. Cette source explique l’ancienneté de l’occupation du site.

Au niveau de l’esplanade, des fouilles ont permis de révéler des informations sur l’architecture du château abbatial construit au 16ème siècle. Un peu plus loin se trouve le pigeonnier lui aussi troglodytique ! La grotte du jugement dernier abritait également un pigeonnier.

Le musée situé au rez-de-chaussée de l’hôtel de ville (bâtiment restauré du 19ème siècle) est dédié à Fernand Desmoulin. C’est un peintre et dessinateur talentueux. Il est connu en tant que dessinateur médiumnique. Il réalisa de 1900 à 1902 des dessins automatiques sous influence spirite. Suite à une séance de spiritisme, il se mit à dessiner de façon automatique. Pendant environ 2 ans, il produisit 75 dessins présentés sous 3 séries au musée (l’instituteur, ton vieux maître et Astarté).

Après cette expérience, il reviendra à la gravure et à la peinture. On peut voir au musée, des portraits de personnes célèbres, quelques peintures.

Nous continuons notre visite par l’église. Nous passons devant ce qui reste du cloitre construit en 1465. Trois de ses galeries ont été éliminées au 19ème siècle lors du réaménagement de l’abbaye. Il ne reste qu’une galerie avec sa salle capitulaire.

L'église et ce qui reste du cloitre 

Fondée au début du 9ème siècle, l’église abbatiale a été reconstruite au 12ème siècle, remaniée au 13ème siècle, reconstruite au 15ème siècle et radicalement restaurée au 19ème siècle.

Nous partons ensuite à la découverte de Brantome où nous découvrons plusieurs maisons allant du 13ème au 19ème siècle. Le bourg de Brantome a grandi à l’ombre de l’abbaye. La présence des reliques et donc du pèlerinage explique l’attrait des marchands qui participent aux nombreuses foires. Deux enceintes ont entourées l’île.

Maison de marchand du 13ème siècle
Dessin représentant la Porte des Réformés
Brantôme 

En revenant le long des falaises, nous pouvons voir de nombreuses traces d’habitations troglodytiques, nous passons la porte des réformés. Nous longeons l’abbaye avant de nous retrouver dans le grand jardin de l’abbaye, aujourd’hui le jardin public.

Les jardins 
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Publié le 24 janvier 2022

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