La Sèvre Niortaise et le marais Poitevin

En ces périodes où les voyages à l'étranger deviennent délicats, pourquoi pas redécouvrir notre région.
Juillet 2020
50 semaines
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La Sèvre Niortaise est un fleuve côtier d’environ 160 km qui prend sa source dans les Deux-Sèvres sur la commune de Sepvret puis traverse le marais poitevin avant de se jeter dans l’océan atlantique dans la baie de l’Aiguillon. Avec sa faible pente, le fleuve méandre et s’étale parfois en plusieurs bras. En 1808, Napoléon 1er décrète La Sèvre Niortaise voie navigable à partir de Niort.

La Sèvre Niortaise à sa source
La Sèvre Niortaise à sa source
Château de Salbard
Château de Salbard
Niort
Niort
Coulon
Coulon
Damvix
Damvix
Maillé
Maillé
Marans
Marans
Le port du pavé à Charron
Le port du pavé à Charron
La sèvre Niortaise de sa Source à la Baie de l'Aiguillon  

Les sources de la Sèvre niortaise

Sa source est en fait un ensemble de sources situées sur la commune de Sepvret. C’est une zone bocagère vallonnée d’une faible altitude (110 à 190m).

Paysage bocager des sources de la Sèvre Niortaise 

La source la plus éloignée est celle des Grand-Fontaines à Fondeboire à 152m d’altitude. Un sentier permet de découvrir plusieurs de ces sources (Les Grand-Fontaines, Fontaine du Coin, Le Batistant, Le Bireau, Les Ouzizes…).

Les Grand-fontaines
Les Grand-fontaines
La Fontaine du coin
La Fontaine du coin
Le Batistant
Le Batistant
Les Ouzizes
Les Ouzizes
Le Bireau
Le Bireau
 Quelques sources 

Certaines sources sont équipées de lavoirs. De nombreux lavoirs ont été construits au cours du 19ème siècle suite aux travaux de Pasteur. Ils sont un élément important de la santé publique et de l’hygiène. Le lavage se faisait autour d’un point d’eau (fontaine, mare, étang, cours d’eau) plus ou moins bien adapté pouvant ainsi favoriser les épidémies.

Tout au long du sentier, nous croisons d’impressionnants chênes têtards séculaires. La haute vallée est assez boisée.

 Chênes têtards 
La sèvre Niortaise 

Le château de Sepvret du 15ème siècle, véritable forteresse avec son donjon et ses quatre tours était une bâtisse importante. Aujourd'hui, le porche en est le seul vestige.

Le Porche du château de Sepvret 

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En descendant la vallée, le ruisseau s’élargit et devient vraiment navigable à partir de Niort. De ruisseau, la sèvre niortaise devient un fleuve au cours de sa lente descente vers l’océan. De nombreux ruisseaux le rejoignent.

Quelques kilomètres après sa source il rencontre son premier affluent : Le ruisseau de Fontblanche venant de la fontaine de Fontblanche mais cet apport est si faible qu'il ne change pas le faible débit de la Sèvre Niortaise qui reste parfois invisible sous le foisonnement de la végétation.

Breuil

Breuil est bâti sur les deux versants de la vallée de la Sèvre Niortaise où circule en son milieu un fort courant souterrain. Ce village possède une curiosité unique : son lavoir. Alimenté par une source puissante, le lavoir a été anciennement aménagé au fond d'une excavation de 6 mètres !

Le lavoir et la fosse de Breuil 

Un peu avant Breuil, la Sèvre Niortaise disparaît brusquement. Cela s'explique par les nombreuses fissures qui existent dans l'assise calcaire où repose son lit. Le courant, devenu souterrain suit le fond de la vallée, alimente le puits communal et la fosse de Breuil qui est une sorte d'excavation circulaire en forme d'entonnoir au fond de laquelle on entend le bouillonnement des eaux circulant à travers les fissures. En période de fortes pluies au printemps ou en automne, le conduit souterrain devient insuffisant. L'eau remplit aussitôt la cavité de l'entonnoir et déborde sur les terres. Il y a alors deux courants, l'un aérien et l'autre souterrain qui ressurgi aux fontaines de Bagnault.

Au cours d'une randonnée entre La Mothe St Heray et Bagnault, nous avons pu voir le lit de la Sèvre Niortaise à sec en amont de la fontaine de la Potinière à Bagnault.

Le gué sur le lit de la Sèvre et son pont muletier

La Fontaine de la Potinière est une première résurgence des eaux de la Sèvre, mais elle est peu importante et assez irrégulière puisqu'elle ne peut assurer un débit continue. Elle cesse souvent de couler dans le courant de l'été. Elle est en lien avec la fontaine des Bains ou des bancs située au cœur du village qui cesse également de couler quelques jours plus tard que celle de la Potinière.

Fontaines de la Potinière 

La troisième fontaine "La Fontanelle" est une source qui sort à flanc de coteau. Son eau est claire, limpide, toujours propre à l'alimentation, même au moment des fortes crues. Cette eau ne serait pas une résurgence mais proviendrait probablement des eaux d'infiltrations de la plaine. Elle a un débit régulier et permanent.

Fontaine La Fontanelle 

Après l'apport de ces trois fontaines, le lit de la Sèvre est nettement plus marqué. Elle reçoit ensuite à la sortie de Bagnault les eaux de la fontaine de Thuet dont le débit double presque le volume d'eau de la Sèvre. Son lit s'élargit, devient plus profond, et de simple ruisseau qu'elle était jusqu'alors, la Sèvre prend maintenant une apparence de rivière. Elle suffit à alimenter Moulin-Neuf, le premier de ces antiques et vénérables moulins.

Fontaine de Thuet 

Ce circuit permet de suivre l'évolution du débit de la Sèvre niortaise et de découvrir des villages au passé chargé d'histoire.

Bagnault

La présence des 4 fontaines à Bagnault serait à l'origine du nom de ce bourg dérivé du mot "bain" ou "établissement balnéaire" de la période gallo-romaine. Le nombre de grandes maisons ornées de fenêtres à meneaux et de sculptures diverses rappellent que Bagnault était jadis une riche bourgade. La plupart des maisons sont d’anciennes hostelleries qui hébergeaient les marchands de farine ou les pèlerins de Compostelle. Ville commerçante mais également ville protestante, elle périclite après la révocation de l’Edit de Nantes. Au 17ème siècle, elle aurait compté jusqu'à 3000 habitants. La prospérité du bourg était liée au commerce du minot (farine de blé dur), du sel, du tissu et des fouaces.

La maison et l'hostellerie de la Coupe d'Or
Le logis des Oliviers
Autour du carrefour de la Coupe d'Or 
Rue des Sauniers
Fontaine des Bains ou des bancs
Hostellerie du Cheval Blanc
Hostellerie St jacques
 La rue des Sauniers
Plan de Bagnault 
La Sèvre Niortaise entre Bagnault et Exoudun 

Exoudun

Nous arrivons à Exoudun où nous découvrons la fontaine bouillonnante. Elle tire son nom du bouillonnement intense de ses eaux qui remontent et viennent se déverser dans la Sèvre Niortaise.

La fontaine Bouillonnante  

Un peu en amont, il y a le moulin de Crémille et en montant au cœur du village avec ses vieilles maisons, nous arrivons au pied du château féodal dit "rasé". Ce vaste logis rectangulaire est flanqué de quatre tours rondes arasées sur l'ordre de Richelieu pour affaiblir sa valeur défensive.

Le moulin de  Crémille 
La porte d'une vieille maison
Le dolmen
Exoudun 
Le château féodal dit "rasé" 

En montant sur le plateau des Chaumes, nous avons une vue sur le bourg et sur le château. On y découvre quelques dolmens. Les Celtes avaient choisi ce lieu pour sa position haute idéale (Exoudun signifiant «forteresse élevée» en gaulois). Ce lieu correspond à la première occupation humaine au néolithique. Plus tard, s'élèvera la forteresse médiévale de la Croix. On peut y voir également un enclos fermé où se trouve la reconstitution d'un village gaulois. Le site était fermé au moment de notre visite.

Vues sur Exoudun 
Sur le plateau des chaumes 

En continuant à descendre la Sèvre, nous observons plusieurs autres moulins : celui de la Planche à la sortie d'Exoudun, ceux de la Roche, d'Izarnay, de Grand-Vault. Ils ne sont plus en activité aujourd'hui.

La source d'Izarnay
La Sèvre niortaise  entre Exoudun et La Mothe St Heray 

Tous ces moulins produisaient le minot de Bagnault, une farine de blé dur. Les terres de la Haute vallée de la Sèvre donnent des blés d'un faible rendement mais la farine était réputée car elle ne moisissait pas pendant les grands voyages vers les Amériques. Les armateurs de La Rochelle étant très intéressés, les échanges avec les marchands rochelais se sont développés. D'autre part à la Mothe Saint-Héray et Saint-Maixent, les tisserands sont nombreux. Les draps de laine de la Mothe Saint-Héray sont reconnus.

La Mothe St Heray

Nous arrivons ainsi à la Mothe St Heray. Ce n'est qu'à partir de La Mothe Saint Heray que l'on peu commencer à naviguer en canoë sur la Sèvre Niortaise. Ce bourg est implanté à l'emplacement du lac Vauclair* qui a peu à peu disparu au 5ème siècle.

* Le lac Vauclair qui serait pour certains davantage une zone marécageuse s'étendait de la Mothe St Heray à St Maixent. La large vallée actuelle où méandre la Sèvre Niortaise ne serait pas une vallée creusée par les cours d'eau mais un bassin d'effondrement de roches sédimentaires. Et le lac Vauclair aurait occupé cette zone jusqu'à son assèchement naturel. Cette large vallée est bordé par des plateaux calcaires mais les deux versants présentent un contraste lié à la nature du sol. Au sud, une terre argileuse de prairie et de bocage. Au nord, une terre plus perméable, plus favorable à l'urbanisation.

Informations prises sur le site : https://sevremothaise-paysagescroises.jimdofree.com/paysage/

En suivant notre circuit, nous découvrons à l'aller le pigeonnier du couvent des bénédictines .

En remontant la vallée de la Sèvre niortaise 

Sur le chemin du retour, nous passons près de l'orangerie et de ses jardins. Cette belle bâtisse, édifiée en 1640 est le seul vestige encore debout de l’ancienne forteresse moyenâgeuse qui avait été transformé en magnifique logis renaissance. Après la révolution, le château est vendu et démonté pierre par pierre. L'orangerie a échappé à la démolition en 1840 mais en 1925, la galerie n'est qu'une ruine lorsque l'orangerie est classée à l'inventaire des monuments historiques.

L'Orangerie 

La Mothe St Héray, dans sa période florissante comptait plusieurs moulins, plusieurs tanneries et une chamoiserie. Aujourd'hui, il ne reste que le moulin de l'Abbé qui abrite la maison de la Haute Sèvre.

La Sèvre entre moulins et tanneries 
La Maison de la Haute Sèvre 
La Sèvre Niortaise dans le parc de la maison de la Haute Sèvre 

La sèvre Niortaise en aval de la Mothe St Héray rejoint le Pamproux.

Le Pamproux

Le Pamproux est un des premiers affluents conséquents de la Sèvre niortaise. Sa source se situe dans le bourg de Pamproux à 82 m. Elle a une particularité étonnante : celle de n'avoir pas la même origine suivant les saisons. En effet, elle débute en hiver à la résurgence de la Roche Ruffin, puis, en fonction du niveau de ses nombreuses sources le commencement du ruisseau se déplace et en fin d'été l'écoulement du Pamproux se fait seulement à partir de la fontaine lavoir de Chabanne.

La fontaine lavoir de Chabanne 
Le Pamproux en aval de la fontaine Chabanne 

Le bourg de Pamproux possède de belles halles datant de 1700 et une église romane du 12ème siècle, allongée au 13ème siècle dans le style gothique. Elle a subi un incendie de sa charpente au moment des guerres de religion du 16ème siècle. Elle ne sera restaurée qu’au 19ème siècle. Il ne reste de l’époque romane que son clocher.

Pamproux 

Le Pamproux entre Pamproux et le Pont de Mounée.

Route des 3 ponts
Avernant
Le Pamproux 
Le Pamproux à la Villedieu de Comblé 
Salles 

Il est difficile de situer la jonction de ces deux cours d'eau. Le Pamproux s'écoule dans la même vallée que la Sèvre niortaise pendant quelques kilomètres et leurs cours sinueux semblent parfois se croiser. Enfin, à partir du Pont de Mounée, il n'y plus qu'un seul cours d'eau ! Bien que la longueur de ce cours d'eau ne soit que d'environ 9 km, son apport sur le débit de la Sèvre est important.

La Magnerolle

Entre le Pamproux et le ruisseau du Puits d'enfer, nous avons découvert un autre petit affluent - le ruisseau de La Magnerolle. C'est un petit affluent de la Sèvre niortaise qui prend sa source au nord de Soudan. Il s’écoule au niveau de Nanteuil au fond d’une profonde vallée boisée. Une petite randonnée de 5 km permet de découvrir ce site très agréable.

La Magnerolle

Ce ruisseau rejoint la Sèvre niortaise au niveau du village de Pallu.

La Magnerolle à Pallu

Le pont de Pallu vaut le détour. Il s’agit en fait d’une passerelle en dalles calcaires d’une longueur de 50 mètres et d’une largeur de 1,5 m. Cette construction était un passage obligé de l’ancien chemin muletier que les convois empruntaient pour acheminer le minot avant de revenir chargés de sel. Aujourd’hui c’est un itinéraire pour les randonneurs pour traverser la Sèvre niortaise.

Les sacs de minot étaient convoyés à Niort à dos de mulets en empruntant “le chemin de la mer”. Ils étaient ensuite acheminés par voie d’eau jusqu’à Marans et, de là, à La Rochelle. Les mulets revenaient chargés du sel de l’Aunis.

Le Pont de pallu sur la Sèvre niortaise 

Le ruisseau du Puits d’Enfer

Le site du Puits d'Enfer au nord de St Maixent présente un paysage escarpé. En amont, il y a le ruisseau du Rabané que rejoint le ruisseau de la Renardière au niveau de la carrière. C'est à partir de cette confluence dans le vallon rocheux qu'il devient le ruisseau du Puits d'Enfer. Un peu plus en aval, il est rejoint par le ruisseau de la Martinière qui offre de belles cascades.

 Ruisseau de la Martinière 
La jonction entre les ruisseaux de la Martinière et du Puits d'Enfer
 Le ruisseau du Puits d'Enfer 

Le ruisseau du Puits d'Enfer rejoint la Sèvre Niortaise à Saint Maixent.

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Entre Saint Maixent et Niort, on peut compter une cinquantaine de chaussées utilisées par d'anciens moulins maintenant réhabilités en maisons d'habitation ou en dépendances quand ils ne tombent pas en ruine. Certains moulins ont encore une activité mais ils n'utilisent plus l'eau pour leur fonctionnement.

La vallée de la Sèvre entre Saint Maixent et la Crèche n'est pas toujours abordable. Les terrains au bord de l'eau sont occupés par de nombreux cabanons entre les hameaux où se trouvent les anciens moulins.

Une petite randonnée rive gauche de la Sèvre Niortaise du moulin de Piozay à Ste Néomaye a permis de voir quelques chaussées. Elles sont plus ou moins visibles ou accessibles. La rive gauche est plus sauvage.

La Sèvre en aval du moulin de Piozay 

Nous passons la chaussée du moulin de la Place qui n'est pas très visible. Nous arrivons ensuite au niveau de la chaussée du moulin de la Fenouillère. Nous l'avions vu rive droite à partir de la route. Le hameau se situe au fond d'un méandre de la Sèvre.

Vues Rive droite 
Vues rive gauche 

En poursuivant sur le chemin bien sympathique mais sans issue, nous découvrons une chaussée qui se trouve à la sortie du méandre au niveau du lieu dit Epron.

Sur le chemin 

Et c'est la fin du chemin mais en passant à travers les prairies, nous retrouvons un autre chemin puis un sentier qui arrive à un moulin au niveau de Gentray.

Un moulin au niveau de Gentray

L'Hermitain

Nous revenons vers notre véhicule et passons dans une vallée profonde au niveau des Fontenelles. Au fond de cette vallée coule le petit ruisseau de l'Hermitain qui prend sa source dans le massif forestier de l'Hermitain. Nous poursuivons vers Ste Néomaye où un très beau sentier traverse l'Hermitain tout près de sa jonction avec la Sèvre Niortaise. Sur ce site, nous devinons à travers la végétation une belle chaussée mais elle reste inabordable.

L'Hermitain 

La Sèvre Niortaise rive gauche a très peu d'affluent. Il y a le ruisseau de Chambrille qui arrive au niveau du moulin de la Mothe St Heray, le ruisseau de l'Hermitain et le Lambon qui arrive à Niort.

Une autre randonnée le long de la Sèvre, nous a fait découvrir le Grand Moulin situé sur un ancien chemin muletier entre Ste Néomaye et La Crèche. Il doit son nom de Grand moulin au fait qu'il disposait de 3 roues à aubes. C'était un moulin à foulon pour battre la laine tissée. Ce site comptait plusieurs constructions : maisons, ateliers de tissage, magasin servant de séchoir. L'activité tissage a cessé au début du 20ème siècle. Aujourd'hui, c'est un hameau, les bâtiments ont été restaurés et transformés en logement et dépendances. La dernière roue à aube a été remplacé par 2 turbines pour produire de l'électricité.

Le Site du grand Moulin 
Le pont de Ste Néomaye 
La Sèvre Niortaise au niveau du pont de Ste Néomaye 

Au niveau de la Crèche au Pont de Vau, il y a un moulin à huile en état de fonctionnement. Il est maintenant dédié à la présentation des moulins à huile et à farine. Par ailleurs, une petite minoterie est toujours en activité avec maintenant des techniques modernes.

La chaussée qui alimentait le moulin de la Crèche 

Le Chambon

A François, le Chambon vient alimenter la Sèvre Niortaise après un parcours de 36 km depuis sa source au niveau de Mazières en Gatine. Un barrage a été construit en 1995 sur ce cours d’eau permettant d’avoir une réserve d’eau et de réguler son débit.

A l'automne
En été
La  jonction entre Le Chambon et la Sèvre Niortaise à François

A cet endroit, il est caché par la végétation mais en remontant un peu en amont de sa jonction, on peut profiter de la coupe des arbres pour le voir.

Le Chambon à François 

Toujours en remontant, nous arrivons au niveau de la vallée du Chambon que l'on peut traverser sur le Pont Romain situé un peu avant la jonction de la Ligueure avec le Chambon.

La vallée du Chambon
Le Pont Romain
Sur le pont de Bedanne
Le Chambon au niveau du Pont Romain

La Ligueure est un affluent du Chambon. Nous l'avons découvert lors d'une randonnée. C'est un ruisseau d'une douzaine de kilomètres qui s'écoule au fond d'une belle vallée. Notre circuit qui passe près du Pont Romain, nous amène à la Rochette qui surplombe la vallée de la Ligueure. Nous traversons la Ligueure à Augé. Sur notre parcours, nous passons devant plusieurs fontaines et lavoirs.

La Rochette
Lavoir de la Rochette
La Rochette
La Fontaine des Trois Cressons
Le lavoir d'Augé
Un lavoir et un abreuvoir en pleine nature
Sur le chemin 
La Ligueure et le chemin qui remonte vers La Rochette 
La vallée de la Ligueure

En suivant le chemin ci-dessus, nous revenons vers la vallée du Chambon.

En amont, nous arrivons au niveau du barrage de la Touche Poupard que nous avions vu à la fin d'une période de crue.

Le lac de la Touche Poupart
Le Chambon au niveau du barrage de la Touche Poupard

Nous y sommes revenus par beau temps. Le lac Chambon sert de réserve d'eau potable. Il se situe dans un paysage vallonné où de nombreux sentiers de randonnée permettent de le découvrir. Au beau jour, la digitale pourprée apporte une petite touche colorée au bord des sentiers

Le lac de la Touche Poupard dans sa première partie

A partir de Clavé, il est possible de faire une petite randonnée en boucle sur la dernière partie du lac et de voir le ruisseau du Chambon qui alimente ce vaste plan d'eau.

On peut voir un tronçon de la route avant la mise en eau
Le bout du lac
Le ruisseau du Chambon au bout du lac
Le lac du Chambon 

Au Moulin des îles et au moulins des Araudières, nous pouvons voir le ruisseau qui a donné naissance au lac.

Moulin des îles
Moulin des Airaudières
Le ruisseau du Chambon

Le Marcusson

Le Marcusson est un autre affluent de la Sèvre Niortaise qui la rejoint à St Gelais. Nous l'avons découvert lors d'une randonnée vers Cherveux "le Musson et le Marcusson". Le Musson alimente le plan d'eau de Cherveux. Il se rallie au ruisseau de Brangeard dont la source se situe à la Grande Fontaine de St Christophe sur Roc pour rejoindre le Marcusson.

La Grande Fontaine et son lavoir à St Christophe sur Roc est le lieu de résurgence de la rivière souterraine de St Christophe sur Roc. La rivière souterraine comprend deux réseaux celui de la Chapelle Baton et celui de St Projet.

La Grande Fontaine et son lavoir à St Christophe sur Roc 
Le cheminement de la rivière souterraine
C'est aussi la sortie de la rivière souterraine 

Il est possible de faire une sortie spéleo à partir d'une entrée busée dans un champ de la commune de la Chapelle baton juste en aval du siphon terminal. La rivière qui se trouve à 20 m de profondeur a été explorée depuis 1975. Nous devons donc descendre en rappel. C'est déjà la première difficulté. Les pieds dans l'eau nous cheminons debout entre deux parois rocheuses assez étroites. Les parois s'élargissent mais le plafond s'aplatit et c'est là la deuxième difficulté, nous devons avancé à quatre pattes. Nous passons ainsi plusieurs endroits à quatre pattes et terminons dans un grand bassin un peu avant la sortie à la Grande Fontaine après 2000 m de parcours. Nous sommes bien équipés, combinaison néoprène, combinaison de spéléo, genouillères, casque et lampe. En cours de chemin, nous pouvons voir quelques concrétions. C'est une sortie très intéressante mais c'est très physique.

Voici un lien pour voir cette rivière souterraine : https://www.cds79-speleo.fr/riviere-souterraine-st-christophe-sur-roc/

De nombreux ruisseaux prennent naissance dans la région entre Champdeniers et Mazières en Gatine (Musson, Brangeard, Marcusson, la Ligueure, le Chambon et même plus à l'ouest, l'Autise). On y trouve de nombreux plans d'eau (Cherveux, Verruyes...). C'est en fait une zone bocagère où le socle granitique et métamorphique du Massif armoricain disparaît sous la couverture sédimentaire du seuil du Poitou. L'altération du calcaire est à l'origine de la présence d'argile au dessus d’une roche-métamorphique imperméable. Ceci expliquerait les écoulements d’eau superficiels nombreux dans la région.

Les plans d'eau de Verruyes et de Cherveux ont été aménagé en base de loisirs.

Plans d'eau de Verruyes et de Cherveux 

Le circuit débute à Cherveux où nous apercevons de loin le château.

 Le château de Cherveux

Nous passons au niveau du lavoir de Trousse Chemise situé dans la vallée du Musson que nous traversons avant de rejoindre la vallée du Marcusson.

Le lavoir de Trousse Chemise 
Le gué et le pont de la Roche Putet sur le Musson- Brangeard 

Nous longeons plus ou moins le Marcusson caché dans la végétation. En chemin, nous passons devant une grotte et l'écoulement de la fontaine de Salbert (privée). Nous passons le village de Breuil où se trouve un logis seigneurial puis celui de Villeneuve où se trouve un lavoir couvert et un moulin. On peut voir dans les petits villages que nous traversons de belles maisons en pierres, certaines sont en mauvais état mais d'autres ont été rénovées.

L'écoulement de la fontaine de Salbert
Sur le chemin 
Le lavoir couvert de Villeneuve 

Nous traversons une zone de prairie où nous pouvons enfin voir le débit du Marcusson. Il sinue beaucoup.

Nous passons le village de Creuse pour voir son lavoir avant de revenir vers notre point de départ.

 Le lavoir de Creuse

Avant de quitter Cherveux, nous faisons quelques photos du château de loin et avons la bonne idée de passer devant le portail qui se trouvait ouvert à ce moment là. C'est un château du 15ème siècle dont le donjon est assez original. Il est possible de le visiter le week-end sur rendez-vous.

Le château de Cherveux 

Sur la route de Cherveux à François, nous traversons le Marcusson où se trouve un lavoir au niveau du pont.

Le Marcusson 

Nous continuons à longer la Sèvre Niortaise.

Le lavoir de St Gelais sur un des bras de la Sèvre Niortaise 
La vallée de la Sèvre à Chalusson entre St Gelais et Echiré 

A Echiré, c'est le Château de la Taillée du 17ème siècle qui surplombe la vallée de la Sèvre Niortaise.

Le château de la Taillée 

Toujours en longeant la Sèvre, nous passons au pied du château de Salbard. Il domine la vallée. C’est une ancienne forteresse militaire qui date du 13ème siècle.

Le château de Salbarg 
Au niveau du château 

Nous arrivons sur la commune de St Maxire.

L'Egray

L’Egray est un affluent de la Sèvre Niortaise qui prend sa source à côté de Verruyes. C'est un petit ruisseau long de 24 km qui rejoint la Sèvre Niortaise au niveau de St Maxire. Il arrive dans une zone où la Sèvre fait de nombreux méandres et s'étale dans la vallée avec de nombreux bras. Ce ruisseau est difficilement visible, il est perdu dans la végétation et sa jonction avec la Sèvre Niortaise n'est guère abordable.

Ce ruisseau est également alimenté par une rivière souterraine. Il s'agit d'un petit ruisseau appelé le Gachet dont les eaux disparaissent dans les fissures de la bute calcaire sur environ 2 km pour sortir au niveau de la Grande Fontaine - lavoir de Champdeniers.

Il est également possible de faire une sortie spéléo. Le réseau n'est accessible qu'au niveau de sa résurgence par une entrée artificielle ouverte depuis 1970. Le site suivant permet de voir le parcours de la rivière souterraine :

https://www.cds79-speleo.fr/riviere-souterraine-champdeniers/

la Grande Fontaine - lavoir de Champdeniers
Entrée et sortie artificielle de la rivière souterraine
Champdeniers 

Au niveau de St Maxire, une belle prairie sépare deux bras de la Sèvre, c'est dans cette zone que se déroule la fête des bateaux fleuris de St Maxire.

D'un bras à l'autre de la Sèvre Niortaise à St Maxire

Lors d’une sortie vélo, nous avons longé la Sèvre Niortaise de Chauray à Sciecq en passant par le bateau à chaine "Le Mursay" qui traverse la Sèvre Niortaise entre Mursay et Sciecq. Sur la rive gauche se trouve les ruines du chateau de Mursay. C'était la résidence d'Agrippa d'Aubigné, grand-père de Madame de Maintenon.

Le bateau à chaine "Le Mursay" 
Le chateau de Mursay pris en pause longue en soirée
Le chateau de Mursay 
La Sèvre Niortaise à Sciecq 

Au fil de l'eau, nous devinons le château des Loups caché dans sa verdure. Aujourd'hui, des gites ont été aménagés dans les dépendances du domaine et il est possible d'organiser des réceptions sous un chapiteau face au château.

 Le château des Loups sur la Sèvre Niortaise

En descendant la vallée de la Sèvre vers Niort, nous passons le chemin des pêcheurs.

 Le chemin des pêcheurs au début du printemps
La sèvre Niortaise vue du pont de Surimeau

Nous sommes à Niort où arrive le Lambon.

Le Lambon

Le Lambon prend sa source à Goux sur la commune de La Couarde, à une altitude de 154 m. Il naît d'une multitude de sources. Goux est proche de Sepvret, la source de la Sèvre Niortaise (environ 2km) ! après 44 km de parcours, il se jette dans la Sèvre Niortaise à Niort.

Le régime hydrologique du Lambon est très perturbé. Il connaît des assèchements réguliers sur un tiers de son parcours. Ces assèchements s'expliquent par les caractéristiques géologiques et hydrogéologiques du bassin mais sont accentués par une utilisation de l'eau toujours plus importante : captages, forages et réalisation d'étangs parallèlement au lit du Lambon.

A sa source, il y a l’étang du Goux, quelques kilomètres plus loin c’est le plan d’eau du Lambon aménagé en base de loisirs. Il rejoint la sèvre niortaise à Niort où son lit est souvent à sec. En hiver en période humide, il inonde la vallée et par temps sec, il disparait.

La source et l'étang de Goux 

La source du lavoir de la Fontaine alimente le ruisseau du Lambon avant de s'écouler dans de grandes prairies.

La jonction du Lambon avec la fontaine 
Le lavoir de la Fontaine  
 Le plan d'eau du Lambon 

Niort

Niort est une ville d'environ 60 000 habitants, chef lieu du département des Deux-Sèvres de la région Nouvelle Aquitaine. C'est la principale porte d'entrée du Marais Poitevin.

La Sèvre Niortaise à Niort

Au moyen âge, elle faisait partie du Grand Duché d'Aquitaine qui fut Français avec le mariage d'Aliénor d'Aquitaine et le roi Louis VII en 1137 puis anglais avec son remariage avec Henry II Plantagenet en 1154.

Suite à ce mariage, la couronne anglaise contrôlait la majeure partie de l'ouest de la France. Les donjons actuels sont la seule partie restante du château médiéval, commencé par Henry II et complété par Richard Cœur de Lion. Souhaitant défendre leurs nouveaux territoires, ils bâtissent à la fin du 12ème siècle, un vaste château, entouré d'une enceinte fortifiée comprenant une dizaine de tours. C'était une forteresse massive. Niort était une ville fortifiée avec 2700 mètres de fortifications. Il ne reste de cette période que les fondations de la Porte St Jean.

Maquette de la ville fortifiée du moyen âge 
Le Donjon

En 1224, elle passe à nouveau sous l'autorité du Roi de France mais pendant la Guerre de Cent ans (14ème - 15ème siècle), Niort sera tour à tour sous domination française et anglaise.

En 1557, la ville devient protestante et pendant les guerres de religions, elle sera tour à tour protestante et catholique. En 1627, Niort redevient catholique mais demeure un foyer actif du protestantisme.

Au 17ème siècle, les murs extérieurs du château et ses douze tours étaient en mauvais état. Les maisons de la cour et le pont-levis avaient disparu. Au 18ème siècle, le château servait de prison et après la Révolution, il fut vendu. En 1817, les fortifications de la ville ont été vendues et démolies. En 1896, le donjon devient un musée.

Dès le moyen âge, le fleuve constitue une voie naturelle de transport et de commerce non négligeable. Au 13ème siècle, le commerce fait la richesse de la ville et un premier port est construit au pied du donjon. Au 15ème siècle, un deuxième port s'installe sur la rive droite (Place du Port). Les gabares remontent de Marans à Niort grâce à la création d'écluses. En 1808, Napoléon 1er prend un décret d'aménagement de la Sèvre, quelques méandres sont redressés et des écluses sont construites. En 1867, le vieux port médiéval est comblé et le port est déplacé sur le site Boinot actuel. Jusqu'à la fin du 19ème siècle, la Sèvre continue à jouer un rôle important pour la chamoiserie. Une trentaine de gabare assure le trafic fluvial jusqu'à Marans. Au début du 20ème siècle, le port périclite face à la concurrence de la route et du chemin de fer.

Au niveau activité économique, l'agriculture et le commerce prospère dans le golfe des Pictons. Niort échange avec les cités voisines dès l'antiquité grâce aux voies gallo-romaine du Poitou. Son économie repose sur le vin, le blé, le sel et les étoffes. La qualité de la laine et l'artisanat local font son succès dans les foires qui attirent des marchands de toutes l'Europe. En effet, dès le 14ème siècle, les drapiers et les tanneurs faisaient la réputation de Niort. Le port expédiait en Flandre et en Espagne du blé, de la laine et bien sûr des draps et des peaux… Reliée à l'océan, la ville profite des échanges avec le canada pour faire de la chamoiserie un des secteurs les plus florissants. De plus, au 18ème siècle, Niort connaît l'âge d'or du minot (farine d'un blé local). De nombreux moulins sont installés sur les bords de la Sèvre

Dans cette même période, les Niortais étaient fiers de leurs foires et leurs marchés. Les halles construites au 13ème siècle étaient considérées parmi les plus belles du royaume. Elles étaient situées rue Victor Hugo. Les halles actuelles, ont été construites en 1871, c'est la première structure faîtes de verre et de fer.

Au 19ème siècle, l'industrialisation s'intensifie et l'activité de la chamoiserie se modernise.

Dès le 12ème siècle, le travail du cuir est présent le long de la Sèvre à Niort et c'est à partir du 17ème siècle que cette activité prend de l'ampleur avec la découverte du Canada. Les moulins à blé se transforment en moulins à foulon. Mais c'est au 18ème siècle que cette activité prend tout son essor avec l'arrivée de nouvelle technologie. La production se centralise au sein de vastes usines. Toutefois, il faudra attendre le 20ème siècle pour que toute la chaîne de fabrication soit mécanisée. L'un des débouchés remarquables de la chamoiserie est la ganterie. Cette orientation a été prise suite à la suppression de l'usage des pantalons de cuir pour les troupes à cheval. Parmi les fabricants les plus renommés, l'usine Boinot fondée en 1881, travaille les gants dès 1912. Après la deuxième guerre mondiale, la ganterie est en déclin. Après 1950, il ne reste que 8 chamoiseries-ganteries. L'usine Boinot sera la dernière a cessé son activité dans les années 1990.

Aujourd'hui, l'activité économique de la ville de Niort a complètement évolué. Elle accueille le siège des principales mutuelles d'assurance. Elle est considéré comme la capitale de l'économie sociale et solidaire.

Au cœur de la ville, non loin du Donjon, nous pouvons voir le Pilori : il s’agit de l’ancien hôtel de ville. Il fut édifié au seizième siècle à l’endroit même où se trouvait le pilori de la ville, au Moyen-Âge. Aujourd'hui, c'est un site d'exposition.

 Le Pilori

Au niveau du Donjon, nous pouvons monter sur la terrasse où nous avons une vue sur la ville. Nous pouvons voir l'hôtel de ville, l'église Notre Dame, la prison de forme hémisphérique, l'église St André, la place des Halles, les halles et à l'arrière la tour de l'horloge du Pilori.

L'hôtel de ville a été construit au début du 20ème siècle.

L'église gothique Notre dame a été construite au 16ème siècle à l'emplacement de l'église romane devenue vétuste.

La première église St André datant du 11ème siècle était romane et elle a été modifiée en style gothique au 15ème siècle.

les vues de la terrasse du Donjon 

Au pied du Donjon se trouve les Halles construite en 1871.

 Les Halles Baltard

Le site de l'usine Boinot et le port ont été récemment réaménagé. Au niveau du bâtiment "le séchoir", nous pouvons monter sous le toit d'origine où séchait les peaux. La destination des hangars s'est également transformé. Ils sont devenus une belle serre vitrée et un bar.

Le port Boinot a également était restauré. Nous remontons le Quai Métayer, le long du canal Saint Martin, canal qui permet d'éviter la Sèvre Niortaise jusqu'à l'écluse de Comporté. Passés l'écluse, nous avons l'impression d'avoir quitter la ville.

Quai Métayer
Le port et le quai Métayer
Le Port Boinot 

Le quai métayer a des allures de station balnéaire avec ses maisons.

Des maisons qui font penser à des villas de vacances sur les bords du canal St Martin ! 

Sur le chemin du retour, nous traversons le canal au niveau de l'écluse et longeons la sèvre Niortaise.

L'écluse de Comporté 
La Sèvre Niortaise 
Jardins familiaux 

Nous passons à l'arrière des jardins familiaux et des jardins solidaires où nous rencontrons une animatrice de l'association qui nous explique que les jardins solidaires sont ouverts à tous. Situés sur différents sites dans Niort, ils permettent à ceux qui le veulent de partager des moments conviviaux autour du jardin. Le potager est à la fois une ressource en légumes mais aussi en relation humaine.

Frise murale devant les Jardins Solidaires 
jardins solidaires 

A partir de Niort, nous arrivons dans le marais Poitevin.

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Le Marais Poitevin est la deuxième plus grande zone humide de France après la Camargue. Il s’étale sur 3 départements les Deux-Sèvres, la Charente Maritime et la Vendée et 2 grandes Régions la Nouvelle Aquitaine et le Pays de la Loire.

Situé entre Niort et l’océan, entre la plaine calcaire du sud Vendée et les côteaux calcaires de l’Aunis en Charente Maritime, c’est un vaste territoire parcouru par la Sèvre niortaise et ses affluents (la Vendée, l’Autize et le Mignon), par le Laye en Vendée et le Curé en Charente Maritime. Il se présente sous la forme d’une vaste cuvette de très faible altitude entourée de grandes plaines.

Ce n’est qu’au début du 20ème siècle qu'une partie du marais mouillé est qualifiée de «Venise verte». Pourtant, Henry IV écrivait au 16ème siècle « Ce pays tout entier forme une grande Venise naturelle ».

Le marais mouillé est un labyrinthe de conches et de fossés.

les grands canaux et les rigoles avec la Sèvre Niortaise forment le réseau principal. Le réseau secondaire, comprenant les fossés, les conches et les biefs, est relié au réseau principal. Il existe un troisième réseau de petits fossés uniquement raccordé au réseau secondaire.

L’histoire du marais poitevin

Il occupe un ancien golfe parsemé d’îles et de presqu’îles calcaires, appelé Golfe des Pictons à l’époque gallo-romaine mais il faut remonter encore plus dans le temps pour comprendre l'histoire de sa formation en distinguant deux grandes périodes.

Une période " naturelle " où le marais se construit géologiquement et géographiquement. La dépression du marais poitevin doit son origine à l'érosion d'un vaste plateau calcaire qui émerge lors de la dernière grande glaciation. L'importante baisse du niveau marin qui survient entre -80 000 et -10 000 ans avant notre ère met à jour les formations géologiques calcaires et marneuses, datant de 150 à 200 millions d'années. Les formations les plus tendres s'érodent formant progressivement une vaste cuvette où subsistent des buttes de terrains calcaires plus résistants. Il y a environ 10 000 ans, le processus s'inverse. Le niveau des mers amorce une lente remontée. L'océan investie cette vaste cuvette. La dépression se transforme en golfe, au milieu duquel dominent quelques îles formées par les buttes calcaires. Les cours d'eau perdent de leur puissance et déposent leurs alluvions tandis que les courants marins drainent également alluvions et sédiments générant le comblement progressif du golfe. Ce dépôt (le bri) correspond aux vases actuelles de la Baie de l'Aiguillon. Il s'agit d'une argile gris bleutée. Ce phénomène, qui se poursuit encore aujourd'hui, conduit à l'envasement de la baie et déplace la ligne littorale vers l'ouest. En amont où la mer n’arrive plus, il y a formation de tourbières dans les zones où les fleuves et rivières s’écoulent lentement. En aval c’est la formation de cordons littoraux sableux.

Le relief du marais est relativement plat avec un sol argileux (le bri) quasi-imperméable. Tout autour, il y a les plaines calcaires qui forment des bassins versants drainant les eaux de pluie au centre. Arrivées dans le marais, ces eaux ne s'infiltrent que très peu et ne s'écoulent que lentement vers l'océan.

Sans l'homme, le marais serait sans doute une espèce de marécage ou de forêt marécageuse. Sans les aménagements humains, c'est environ la moitié du marais qui serait submergé à chaque grande marée. D'autre part, la quantité d'eau drainée par le bassin versant est importante. La végétation et la très faible pente du marais ne permettraient pas d'évacuer complètement ces eaux douces à l'océan.

Une période d’aménagement par l'homme

Cet aménagement connaitra 3 phases et se traduit par la mise en place de deux grandes entités : le marais mouillé et le marais desséché…

L'homme est présent sur le pourtour du Golfe depuis au moins huit mille ans. Jusqu'au moyen âge, les populations autochtones se contentent d'utiliser ces terres marécageuses pour la pêche, la chasse, et l'élevage sur les terres les plus hautes.

- Les aménagements des moines

Au moyen-âge, les seigneurs ne s'intéressent guère à ces " marécages pourris " et aux quelques sauvages qui y vivent. Ils cèdent alors ces terres aux moines bénédictins. Les nombreuses abbayes bâties sur le pourtour du Golfe et sur les îles qui dominent ce marécage (Nieul-sur-l'Autize, Maillezais, Saint-Michel-en-L'Herm, Moreilles, Luçon, St Léonard des Chaumes…) entament les premiers travaux d'assèchement à la fin du 10ème siècle. Pour ces abbayes, l'intérêt est immense : assainir ces terres sauvages et évangéliser les barbares qui y vivent mais il y a aussi des richesses à exploiter. La proximité du littoral permet la mise en place de marais salants (pas négligeable à cette époque où l'on parle d'Or blanc) et l'assèchement des marais permet l'exploitation des terres. Pour pouvoir exploiter ces sols, il faut empêcher les intrusions marines et gérer les arrivées d'eau du bassin versant, dans un contexte de très faible pente entre Niort et la Baie de l'Aiguillon (environ 8 m sur 70 kilomètres).

Ce sont donc les moines bénédictins qui font les premiers aménagements et montrent ainsi la possibilité et l'intérêt d'assécher ces terres. La plupart de leurs aménagements ont été réduits à néant lors de la guerre de cent ans et surtout lors des guerres de religion (du 14 au 16ème siècle). Le manque d'entretien et les combats ont eu raison de nombreuses digues.

- Premier programme d’assèchement

A la fin du 16ème siècle, le royaume retrouve la paix et Henry IV lance un important programme d'assèchement des marais. Le royaume, les seigneurs locaux et les abbayes étant ruinées par des décennies de guerre, ce sont des flamants et des hollandais qui vont venir investir dans la région apportant avec eux leur savoir faire en matière de gestion hydraulique. Une digue est élevée tout le long du littoral préservant les terres des entrées maritimes. Côté terre, on construit des digues, appelées levées avec une stratégie particulière. La partie amont servira de protection pour la partie avale, elle sera une zone tampon, un réceptacle des eaux de pluie : c'est le marais mouillé (marais inondable). Les marais mouillés restent inondés la majeure partie de l'année. Ils conservent l'aspect d'un " marais sauvage ". La partie avale se trouve ainsi protégée des eaux marines et pluviales. Ces terrains seront donc cultivables : c'est le marais desséché sillonné de multiples canaux et fossés qui permettent soit d'évacuer les eaux de pluie, soit d'alimenter les cultures et le bétail en eau à partir du marais mouillé en cas de sécheresse.

A la fin du 18ème, le marais mouillé reste une zone marécageuse et inondée une grande partie de l'année. Les habitants pratiquent pêche, chasse, production de bois, élevage et maraîchage mais les hauts fonctionnaires et riches bourgeois des plaines alentours montrent du doigt ces territoires qu'ils décrivent comme pestilentielles et dont ils aimeraient surtout exploiter le riche potentiel.

- L’aménagement du marais mouillé

C’est sous Napoléon 1er que sont creusés les premiers canaux du marais mouillé. Ces travaux ont continué tout au long du 19ème siècle avec la construction de barrages et d’écluses. Le marais mouillé garde sa fonction première à savoir recevoir le trop plein des eaux de pluie pour protéger le marais desséché de l'inondation mais l’objectif des travaux est d'évacuer l'eau douce vers l'océan le plus vite possible afin de limiter le temps de crue et permettre la mise en culture. Les parcelles sont drainées par des fossés, des conches qui dirigent l'eau vers de grands canaux évacuateurs qui expulsent l'eau vers l'océan. Le cours de la Sèvre-Niortaise est modifié. Des canaux coupent les méandres du fleuve pour en augmenter le débit. L'efficacité du système est évidente, et très vite apparaît la nécessité de créer des barrages et des écluses pour pouvoir conserver de l'eau une fois la crue évacuée et pour permettre la navigation. Ces canaux permettent également les déplacements dans le marais.

Les crues restent inévitables car le débit d'évacuation est limité à cause de la faible pente mais également par la présence de " portes à flot " au bout des canaux qui évitent les remontées d'eau salée. A marée basse, l'eau douce ouvre les portes et s'évacue à la mer, à marée haute, l'océan referme les portes. Cet équipement très efficace ne permet d'évacuer qu'à marée basse. Si le bassin versant déverse plus d'eau que ce qu'il est possible d'évacuer, il est alors nécessaire d'inonder le marais mouillé pour protéger le marais desséché. C'est pourquoi, tous les hivers, le marais mouillé connaît la crue. Elle n'est pas grave en soit et constitue une véritable richesse pour le marais pour la fraie des poissons et l'apport de limons. Les pratiques agricoles se sont orientées vers les pâturages et les cultures maraîchères adaptées au période sèche. C'est l'avènement de la vache maraîchine et de la " mogette " (haricot blanc demi-sec). Des frênes têtards plantés en bordures des canaux permettent de produire le bois de chauffage et de consolider les berges.

Les digues et les canaux demandent un entretien constant. La guerre de cent ans et les guerres de religion, ont anéanti la plupart des ouvrages réalisés par les moines. Pendant les guerres mondiales du 20ème siècle, les ouvrages hydrauliques n’ont pas été entretenus. Par ailleurs, il ne faut pas oublier les éléments naturels : les grandes crues qui détruisent les ouvrages, les très grosses tempêtes qui détruisent les digues permettant à l'eau de mer d'envahir les terres. Du moyen âge à nos jours, les nouveaux aménagements ainsi que l'entretien des ouvrages pour en maintenir le bon fonctionnement demandent des investissements permanents.

Les investisseurs sont présents. Le résultat des premiers travaux entrepris était encourageant. Les terrains mis à sec étaient très fertiles, enrichis par des années d'inondations et de dépôts de limons mais il y a un revers à la médaille. Les ouvrages sont fragiles : un mauvais entretien, des crues plus importantes et il faut à nouveau faire des travaux.

Aux caprices des éléments naturels, il faut ajouter les conflits entre les différentes sociétés d'aménagement voire avec les particuliers. La construction d'un canal surtout s'il est éloigné de la mer doit traverser d'autres propriétés qu'il faut indemniser. Cela peut demander des années pour trouver un accord. Si en plus, il y a des dépenses imprévues : travaux supplémentaires, procès, indemnités ou fiscalité accrue, les aménageurs ont du mal à honorer leurs engagements financiers... Des conflits entre marais mouillé et marais desséché se développent lorsque les travaux inondent davantage le marais mouillé ou lorsque les sociétés d'aménagement associées aux bateliers s'en prennent aux pêcheries qui obstruent le lit du fleuve et de ses affluents. Il y aussi les conflits entre les sociétés d'aménagement et les propriétaires d’animaux qui en passant sur les digues abiment les ouvrages. S'ajoute à cela les bénéficiaires de canaux qui refusent de payer les indemnités d'entretien prévues aux contrats....

Avec Napoléon 1er, l'Etat entre dans l'arène. Les Préfets ont un regard sur les nouveaux creusements de canaux. Dans un premier temps, cela pourrait rendre les travaux plus structurés avec une meilleure vue d'ensemble. L'Etat oblige les propriétaires des Marais mouillés à se constituer en syndicat de marais. Mais très vite les Préfets subissent des pressions et on retombe dans les mêmes travers.

Les conditions des travaux

Il y a peu d'écrits sur les conditions des creusements des canaux. Si au 20ème siècle, nous sommes passés à l'ère des bulldozers, depuis le moyen âge, les travaux ont été réalisés à la force des bras.

Quelques remarques relevées par ci par là, laisse entrevoir la dureté de ce travail de creusement. D'après les dires des ouvriers des fabriques de tuiles racontant leur dur labeur pour récolter la terre de bri - "c'était un travail de forçat ". Lors du creusement du canal de Marans à la Rochelle au début du 19ème siècle, les forçats réquisitionnés pour ces travaux ont déserté. Plus tard, au début du 20ème siècle, le creusement du large canal évacuateur a été réalisé par des prisonniers allemands d'où son premier nom "le canal des Boches". Un article du journal Ouest France écrit à cette époque : " ... Le travail se fait essentiellement à la pioche et à la pelle et l'évacuation de la terre par wagonnets, tirés par des chevaux. Mais le travail harassant est imparfait..."

A la maison des digues à Chaillé les marais, une partie de l'exposition porte sur la vie d'un huttier. Eugène Olivier dit à propos de l'entretien des canaux :

"....J'ai essayé de travailler au curage de la ceinture des hollandais. J'avais 16 ans. J'ai tenu le coup trois jours. (...) Par la suite, j'ai fait beaucoup de petits fossés dans le marais desséché et dans le bois du marais mouillé. J'ai appris à mesurer mon effort et à faire les meilleurs gestes. De toute façon, il fallait être habitué à la peine pour faire ce travail. (...) Tous ces travaux étaient payés au forfait, c'est à dire à la tâche ou plus exactement au mètre linéaire effectué...".

En fait tous les travaux de creusement, d'entretien ont été réalisés par des regroupements d'agriculteurs et surtout par des journaliers.

Les enjeux du 21ème siècle

Les enjeux de l'aménagement du marais depuis le moyen âge étaient avant tout le profit mais les travaux hydrauliques ont permis également d'assainir une zone qui serait régulièrement envahie par les eaux sans ces aménagements. Au 21ème siècle, on parle maintenant d’enjeu environnemental et de protection des zones humides !

Au cours de la deuxième partie du 20ème siècle, le paysage s'est complètement transformé dans le marais desséché. Le marais est entré dans l’ère du blé et du maïs avec le remembrement de parcelles, le drainage et l’irrigation pour le maïs. L’agriculture productiviste bouleverse le marais mais cela n'est pas sans conséquences sur l'environnement. L'assèchement des marais a un impact sur la faune et la flore et sur la biodiversité. L'équilibre entre les zones sèches et humides est fortement compromis. A l'origine, les terres desséchées étaient partagées entre terre cultivée et prairie mais avec les règles de la PAC, la culture des céréales était plus intéressante pour l'agriculteur que l'élevage. Alors sans règle contraignante pour préserver les zones humides, c'est le profit qui oriente les choix des agriculteurs.

Depuis les années 1980, le modèle productiviste de drainage, d'irrigation et de cultures s'oppose au modèle environnemental alors que les zones humides figurent parmi les milieux naturels les plus riches et leur maintien constitue un véritable enjeu tant pour l'environnement que pour les activités humaines.

La détérioration continue de Marais entraine en 1996 la perte du label du Parc naturel régional et la France est condamnée en 1999 pour ne pas avoir procéder à des classements supplémentaires de territoires en zone de protection. Finalement en 2002, l'Etat met en zone de protection spéciale environ 68 000 ha au lieu de 33 000 ha au moment du jugement. En 2005, la procédure est classée. Et en 2014, le marais Poitevin retrouve son label de parc naturel régional.

Les nombreuses sociétés qui gèrent le marais se sont regroupées en 2 grands groupes l'un pour le maintien durable des activités humaine (coordination des syndicats du marais de la baie de l'Aiguillon) et l'autre créé pour la restauration des réseaux hydrauliques (Union des marais de Charente Maritime). Cette fois deux logiques s’affrontent l’une agricole, l’autre écologiste. La coordination de l'ensemble est difficile à cause de l'appartenance administrative du marais poitevin à 2 régions et 3 départements.

La gestion du niveau d’eau est un autre sujet d’altercation. L’accélération de l’évacuation de l’eau génère un problème du manque d’eau en été et la mise en exploitation des nappes phréatiques. Après les tempêtes de 1999, puis celle de 2010 (Xynthia), on prend conscience que la situation doit être gérée au niveau de tout le bassin versant de la Sèvre Niortaise et du Lay.

C'est maintenant l'Etablissement Public du Marais Poitevin (EPMP) créé en 2011 qui est en charge de la gestion de l'eau et de la biodiversité sur la zone humide du Marais Poitevin et son bassin versant. Il gère et encadre de façon globale l'ensemble des prélèvements d'eau autorisés. Depuis 2016, la pluviométrie est déficitaire sur le bassin versant du marais Poitevin. Alerté par la CDMP (coordination de défense du marais Poitevin), les préfets des Deux-Sèvres et de Charente Maritime ont interdit tous les prélèvements pour le remplissage artificiel des bassines mais rien de tel en Vendée.

Par ailleurs, depuis le 1er janvier 2014, l’IIBSN (Institution Interdépartementale du Bassin de la Sèvre Niortaise) créé en 1987 se partage la propriété des ouvrages hydraulique avec L’union des Marais Mouillé. Cet institut est le gestionnaire du Domaine Public Fluvial de la Sèvre Niortaise, des Autizes et du Mignon.

Cet établissement public territorial financé par les conseils départementaux de la Charente Maritime, des Deux-Sèvres et de la Vendée, gère le niveau des eaux de Niort jusqu’à Marans. La coordination est importante pour déterminer les cotes en fonction des conventions passées entre l’IISBN et l’Union des Marais Mouillé. De nouvelles techniques ont aujourd’hui remplacé la main de l'homme pour manœuvrer ces ouvrages. Pour une partie des ouvrages hydrauliques, les retenues et les lâchés d'eau sont maîtrisés par des systèmes radio et des sondages électroniques (33 sur 65 ouvrages). Par contre, les 3 barrages soumis aux marées, nécessite la présence humaine - le canal évacuateur, (propriété de l’Union des marais mouillés), le barrage des Enfrenaux et l’Ecluse de Brault (propriété de l’IISBN).

Il assure également l’entretien des berges et des cours d’eau, le suivi des travaux d’aménagement des ouvrages hydrauliques et veille à la continuité de la navigation. C’est également le porteur des Schémas d'aménagement et de Gestion des Eaux (SAGE) Vendée et Sèvre Niortaise et Marais poitevin.

Les menaces actuelles

Les travaux hydrauliques agricoles menés depuis les années 70 ainsi que certaines pratiques culturales (drainage, labours) ont entraîné la disparition de 55% des prairies humides entre 1979 et 1994, au profit des grandes cultures. La demande en eau de plus en plus forte, la multiplication des surfaces irriguées sur le marais mais aussi sur les plaines périphériques ont des conséquences néfastes multiples (contamination des eaux de surface et des nappes, abaissement de la nappe phréatique, allongement de la période de sècheresse, inversion des flux naturels de l'eau, manque d'eau pour les autres activités). La gestion de l'eau est le problème central de ce territoire où de nombreux acteurs en sont responsables. Les Schémas d'Aménagement et de Gestion de l'eau en sont à leur début.

Yannis Suire, historien du marais disait "qu'après 3 siècles et demi de lutte pour dessécher le marais poitevin"... "jamais la maitrise des conditions naturelles par l'homme n'a été totale. Qu'on se le dise chaque défi lancé en oubliant les règles fondamentales de vie dans le marais et l'équilibre entre besoins humains et nécessité environnementale est voué à l'échec."

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En aval de Niort, la Sèvre Niortaise et ses affluents forment un domaine navigable de plus de 100 km, organisé en neuf biefs (canal de navigation délimitée par deux écluses) qui s'étagent de l'écluse de Comporté (Niort) à celle du Brault, au débouché dans la baie de L'Aiguillon.

Les écluses sur la Sèvre Niortaise

Dans l'ordre depuis le Port Boinot de Niort, vers le domaine Maritime :

Port Boinot 

L'écluse de Comporté à Niort,

L'écluse de La Roussille à Niort,

 Photos de décembre 2020 
 Photos de février 2021 

L'écluse de la Tiffardière entre la Roussille à Niort et Magné.

Le barrage, l'écluse et la maison de l'éclusier

L'écluse du Marais Pin à Magné,

Elle se situe entre Magné et Coulon. Ouvrage du 19ème siècle, l’écluse du Marais Pin permet le passage des bateaux entre deux biefs de la Sèvre Niortaise. Initialement construite en bois entre 1854 et 1857, puis en maçonnerie entre 1869 et 1870, l’écluse vient d’être nouvellement restaurée dans le respect des plans d’origine et des techniques de maçonnerie traditionnelle. Un barrage à clapets permettant la régulation du niveau d’eau du bief ainsi qu’une passe à poissons favorisant le franchissement piscicole.

Les biefs délimités par des barrages forment une sorte d'escalier de Niort à la mer, les écluses à côté des barrages permettent le passage des bateaux en respectant la différence de niveau.

Deux ouvrages hydrauliques se côtoient au Marais Pin. Le barrage est géré par l'IIBSN (institut interdépartemental du bassin de la Sèvre Niortaise), établissement public territorial. L'écluse par le Syndicat des marais mouillés. Cette double gestion de l'eau publique et privée a toujours été très complexe. Il est vrai que les intérêts sont parfois contradictoires entre navigation, élevage ou culture, l'histoire du marais en est tout imprégnée depuis plus d'un siècle et demi.

Le barrage 
L'écluse du marais Pin et la maison de l'éclusier 
 La Sèvre Niortaise au niveau du l'écluse du Marais Pin 
Sortie du barrage
 Photos de la sèvre en période de crue (février 2021)

L'écluse de la Sotterie après Coulon,

La majorité des écluses avaient une auberge attenante. Le hallage nécessitait beaucoup d'effort physique et une halte à l'auberge était appréciée.

Au niveau du barrage et de l'écluse, une passe à poissons a été aménagé pour permettre le passage des poissons et notamment des anguilles. La vie des anguilles est surprenante : les larves naissent dans la mer des Sargasses. Une partie va vers les côtes américaines, l'autre partie est portée par le Gulf Stream et arrive sur nos côtes au bout de 2 à 3 ans. Au niveau de la baie de l'Aiguillon, ce sont des civelles qui remontent la sèvre Niortaise pour devenir de petites anguilles. Pendant une dizaine d'années, elles grossissent dans les conches. Ces anguilles argentées font ensuite le chemin inverse.

Les pêches miraculeuses d'anguilles dans le marais sont du passé. La pêche à la civelle (alevin de l'anguille) est maintenant très réglementée dans le marais à cause de la surpêche. Elle se vend à prix d'or sur le marché chinois et fait l'objet d'un trafic important.

 Le barrage et l'écluse de la Sotterie

L'écluse des Bourdettes entre Arçais et Damvix,

Le pont levis de l'écluse des Bourdettes en fonctionnement  
 L'écluse et la maison de l'éclusier
 Le barrage et l'écluse des Bourdettes

L'écluse de Bazoin entre Damvix et Maillé,

Aux confins des communes de Maillé, de Damvix et de La Ronde, le nœud hydraulique de Bazoin constitue un site majeur pour les départements des Deux-Sèvres, de la Vendée et de la Charente-Maritime. Il conditionne la gestion hydraulique de cette zone humide. Le site de Bazoin a fait l'objet d'aménagements successifs de 1855 à 1960 pour moderniser les impressionnants mécanismes. L'alimentation en eau du marais est assurée par cet ensemble d'ouvrages qui maintiennent un niveau d'eau constant. De nouvelles techniques ont aujourd’hui remplacé la main de l'homme pour manœuvrer ces ouvrages. Les retenues et les lâchés d'eau sont maîtrisés par des systèmes radio et des sondages électroniques.

Au niveau de Bazoin, c’est le canal du Mignon qui vient à son tour rejoindre la Sèvre niortaise.

Vue du côté Sèvre
Le barrage écluse sur le canal du Mignon  

A cet endroit, il y a un barrage sur le canal de nouveau Bejou (petit canal qui évite le méandre de la Sèvre Niortaise). Il y a ensuite un autre barrage et une écluse sur la Sèvre niortaise ainsi qu’un autre petit barrage sur le canal du vieux Bejou.

La maison de l'éclusier
Les barrages sur le canal du Béjou et sur la Sèvre
 Le barrage sur le canal du Nouveau Bejou  
  Le barrage et l'écluse de Bazoin sur la Sèvre Niortaise 

L'écluse du Carreau d'Or à Marans,

L'écluse et le barrage du Carreau d'Or à Marans  

L'écluse du Brault entre Marans et Charron

 L'écluse de Brault 

La Sèvre niortaise et ses affluents

Les affluents de la Sèvre niortaise dans le marais :

- L’Autise

L'Autise prend sa source près de Mazières-en-Gâtine dans les Deux-Sèvres à 186 m d'altitude. Ce n’est qu’un petit ruisseau qui s’élargit aux abords des chaussées qui alimentaient les moulins ou aux abords de petits barrages pour redevenir à nouveau un ruisseau. Sa source n'est pas vraiment accessible et ce ruisseau reste très discret dans sa première partie. Il est à peine visible caché dans la végétation.

L'autise  
Ardin
Sur la D744
St Pompain
L'Autise d'Ardin à St Pompain 
Aux abords d'un moulin à Xanton Chassenon
Au nord de Nueil sur l'Autise 
 L'Autise à Nueil sur l'Autise 
Au sud de Nueil sur l'Autise  


En aval de Nueil sur l'Autise, elle est canalisée. Elle se divise en deux branches au niveau du barrage de Mauvais. Le barrage n'est pas accessible mais nous pouvons voir la Jeune Autise, artificielle dans ses premiers pas. Elle traverse ensuite La Porte de l'Ile et au niveau de Souil, elle devient le canal de la Jeune Autise. C'est au niveau de Souil que les marais de Fontaines s'écoule vers la Jeune Autise.

La Jeune Autize au sud de Souil  

La jeune Autize rejoint la Sèvre niortaise à Maillé en passant par l'aqueduc. A cet endroit, le canal de la Jeune Autize croise le canal de Vix via un siphon pour ne pas mélanger les eaux. Ici on l'appelle "aqueduc".

 L'aqueduc
La Jeune Autize rejoint la Sèvre Niortaise à Maillé 

La Vieille Autise est un cours d'eau naturel, d'abord préservé puis largement canalisé à partir de Courdault par le canal de la Vieille Autise.

La Vieille Autise  après le barrage de Mauvais et avant Courdault

Le canal de la Vieille Autise évite les nombreux méandres de la Vieille Autize. La Rigole d'Aziré le rejoint au nord de St Sigismond.

 La Rigole d'Aziré
Le canal de la Vieille Autise à Saint Sigismond 
Le canal de la Veille Autize  au niveau de la Petite Bernegoue 

Au niveau de la Grande Bernegoue, la Vieille Autise va être à nouveau canalisée par le canal de Bourneau qui rejoint la Sèvre Niortaise à Maillé. Sur la fin de son parcours la Vieille Autise est envahie par la végétation.

La Vieille Autise à la Grande Bernegoue 
La Vieille Autise
Iris des marais
La séparation entre la Vieille Autise et le canal de Bourneau
Le canal de Bourneau
La Vieille Autise et le canal de Bourneau 

La Vieille Autise après de nombreux méandres rejoint la Sèvre Niortaise un peu avant Bazoin sur le même lieu que le canal de la vieille Autize qui se trouve dans le prolongement du canal de Courdault.

La Vieille Autise
La Vieille Autise
La vieille Autise et le canal de la Vieille Autise  
La Sèvre niortaise à la jonction avec la Vieille Autise et le canal de la Vieille Autise 

- Le Mignon

La rivière Le Mignon prend sa source à Doeuil sur le Mignon en Charente Maritime. L’emplacement de la source donne lieu à un désaccord qui oppose les historiens et les géographes. Ces derniers estiment que la source serait à Prissé la Charrière en Deux Sèvres alors que les historiens maintiennent la source à Doeuil sur le Mignon.

En sillonnant la région, nous avons croisé un nombre important de ruisseaux et de zones humides.

A Prissé la Charrière, plus précisément au Grand Bousseau, nous avons coupé dans le village le ruisseau des Alleuds canalisé par un profond fossé bétonné. Après un parcours dans la campagne, on le retrouve à Thorigny sur le Mignon où il rejoint Le Mignon. A Doeuil sur le Mignon, c’est le ruisseau de Connillières venant de Villeneuve la Comtesse en Charente Maritime qui rejoint Le Mignon au niveau de la Source de La Martine. Ce ruisseau traverse une zone humide boisé avant d'arriver à Doeuil sur Mignon.

Jonction des ruisseaux des Alleuds et du Mignon à Thorignyà
le ruisseau de Connillières à Doeuil sur le mignon

A Doeuil sur Le Mignon, la source se situe au cœur du village dans une zone humide boisée. Nous avons découvert ce village au moment d’une exposition champêtre réalisée par une habitante avec la participation des villageois sur le printemps des poètes présentant différents poèmes sur le désir. On peut aussi trouver la culture dans la nature dans un village d’environ 300 âmes !

Le Mignon 
Doeuil sur le Mignon 

Le Mignon sillonne entre la Charente Maritime et les Deux Sèvres pendant 46 km avant de rejoindre la Sèvre Niortaise à Bazoin.

A Usseau, la rivière entre dans le parc naturel régional du Marais Poitevin.

Usseau 

Au niveau de Mauzé sur le Mignon, Le Mignon devient canal.

Le port de Mauzé sur le Mignon 
Le canal du mignon 

La rivière a été canalisée sur 2 périodes :

-En 1843-45, le Mignon a été élargi, approfondi et redressé de l’écluse de Bazoin jusqu’au niveau du Port des Gueux

-En 1880-83, le canal fut prolongé jusqu’à Mauzé sur le Mignon où a été aménagé l’un des plus grands ports du marais mouillé. La grandeur du port de Mauzé est effectivement impressionnante tout comme la largeur du canal.

Mais ces aménagements d’envergure sont arrivés trop tard : le chemin de fer et un peu plus tard la route ont porté un coup fatal à la batellerie. Le trafic des gabares et des chalands a été éphémère sur le port de Mauzé. Pourtant l’arrivée de la première gabare sur le nouveau canal a constitué un évènement important pour la population car jusque là c’était un incessant va et vient de barques traditionnelles transportant les marchandises sur la rivière.

On peut voir une écluse désaffectée sur la commune de Cram Chaban.

L'écluse de Chaban 

La ligne de chemin de fer croise le canal du Mignon à la Grève sur le Mignon. On peut remarquer que la construction du chemin de fer avait intégré un chemin de halage ce qui n'est pas le cas lors de la construction du pont quelques années plus tard.

Le pont de la ligne à La grève sur le Migon 

L'Autize et Le Mignon rejoignent la Sèvre au niveau de Bazoin.

 Le canal du mignon à Bazoin

- La Vendée

La rivière Vendée rejoint la Sèvre Niortaise à l’île d’Elle après un parcours de 82 km depuis St Paul en Gâtine. Elle a donné son nom au département. Elle a longtemps été utilisée par les bateaux de Fontenay le Comte à l'île d'Elle.

A l'île d'Elle, le lieu dit le gouffre (ici aussi , il s'agit d'un siphon) permet à la Vendée de croiser le canal de Vix pour rejoindre la Sèvre niortaise.

La Vendée au gouffre de l'île d'Elle 

En remontant la vallée de la Vendée, nous passons le Gué de Velluire puis Velluire où il y a un circuit vélo le long de la rivière Vendée jusqu'à Fontenay le Comte (environ 13 km aller).

Au niveau du barrage de la Boisse, un canal a été construit en 1840 sur le méandre de la Vendée pour rendre le fleuve navigable. On peut supposer qu’il existait au temps de la navigation une écluse sur ce lieu car les habitations sur l’île créée par cet aménagement portent le nom de « l’Ecluse ».

Le contournement du méandre de la Vendée
Derrière ce vieux barrage, le méandre de la Vendée
Le méandre de la Vendée
La Vendée 

Passé Fontenay le comte, nous arrivons sur le barrage de Mervent ou de Saint Luc construit sur la Vendée et mis en eau en 1956. Nous sommes dans le massif forestier de Mervent avec un relief escarpé. La vallée de la Vendée est à cet endroit encaissée.

La Vendée au barrage de Mervent 
Jonction avec son affluent La Mère
La Vendée vue du bourg de Mervent 

La retenue d’eau générée par le barrage est rejointe par la retenue d’eau de son principal affluent, la Mère également équipé d’un petit barrage construit en 1979. La source de la Mère se situe à une dizaine de kilomètre au nord de la source de la Vendée !

Le barrage Pierre Brune  sur La mère

Encore en amont, le barrage d’Albert, construit en 1964 est beaucoup plus petit que celui de Mervent.

La retenue d'eau du barrage Albert 

En remontant vers la source située sur la commune de St Paul en Gâtine dans les Deux Sèvres au niveau de l’étang de la Sauvagère, nous découvrons que cet étang est alimenté par une suite de petits étangs au cœur d’un vallon très humide en limite des communes de l’Absie et de St Paul en Gâtine.

En amont de l'étang de la Sauvagère
La source de la Vendée 
Le ruisseau Vendée dans les prairies verdoyantes

Le parcours de ce petit ruisseau jusqu'à la Sèvre niortaise est plutôt mouvementé. Il lui faudra franchir deux barrages, subir plusieurs aménagements pour être navigable et passer le canal de Vix !

• • •

La Sèvre niortaise et ses affluents draine la majorité de la superficie du marais poitevin mais deux autres fleuves côtiers qui se jettent dans la baie de l'Aiguillon, le Lay et le Curé, viennent compléter le réseau fluvial important du marais poitevin.

Nous verrons ces deux fleuves côtiers dans l'étape sur le marais littoral.

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Les marais mouillés quadrillés de nombreux canaux creusés par l’homme à partir du 19ème siècle, constituent la principale zone d’épandage de la Sèvre en période de crue. La plupart des villages d’aujourd’hui ont été construits sur les zones calcaires surélevées. Le marais mouillé compte de nombreux ports avec des embarcadères d’où l’on peut partir à la découverte du marais sur des barques.

Sevreau

Entre Sevreau et Magné, la Sèvre Niortaise se divise : le bras principal passe à Magné, l'autre bras à Sevreau et il est appelé "Vieille Sèvre dite Bras de Sevreau". C'est ce cours d'eau qui aboutit à La Garette et se divise en plusieurs grands canaux : le canal de la Garette à Coulon, le Bief de Biffour qui retrouvent la Sèvre Niortaise entre Coulon et l'écluse de la Sotterie, la grande Rigole de la Garette qui rejoint le canal du Mignon et la conche des cabanes qui longe le village de la Garette.

Le barrage de Sevreau  

La Garette

C’est un ancien hameau de bateliers tout en longueur qui lui vaut l'appellation de "village-rue". Il faut dire que ce village est construit entre la conche et un relief escarpé. Les maisons ont la particularité d’avoir un double accès, un sur la route et l’autre sur la Conche des Cabanes qui est reliée à la Grande Rigole de la Garette.

La Garette  en automne
La Garette en été

L’allée de frênes têtards : les frênes têtards sont l’emblème du Marais Poitevin. La cime est coupée à 1 ou 2 mètres de haut, puis les branches qui repoussent sont coupées régulièrement pour faire du bois de chauffage. Le tronc avec ses coupes s’épaissit formant une tête. Ses racines retiennent la terre des berges quand il est planté en bordure de conches.

 Les frênes têtards 

En revenant sur Magné, nous passons par la chapelle de Ste Macrine

La chapelle Ste Macrine, située sur la colline la plus haute de la commune de Magné, haut lieu saint du pays maraîchin est dédié à Macrine, patronne des bateliers et du monde agricole. Depuis le Moyen Age, tous les 6 juillet, se déroule un pèlerinage qui perdure encore de nos jours.

La chapelle Ste Macrine  

Magné

La commune de Magné se trouve à l'emplacement d'une ancienne île du golfe des Pictons culminant à 40 m d'altitude. Pour traverser la Sèvre, on utilisait des bacs et c'est en 1853 que fut construit le premier pont en bois. En 1901, il fut remplacé par un pont levis métallique. Il permet le passage des bateaux à voile.

 Le pont Levis de magné 
 Magné 

A proximité se trouve l’église Sainte Catherine de style gothique, construite au 16ème siècle. L'église collégiale Ste Catherine à la Révolution, fut désaffectée et elle échappa à la démolition en servant d'entrepôt de fourrage.

Eglise Ste Catherine  

Magné est connu pour ses artisans potiers qui utilisaient l'argile du marais pour faire des poteries à vocation culinaire. Le Four Pontet est la dernière poterie importante de Magné. Son activité a cessé en 1980. C'est maintenant un espace culturel et artistique très actif.

 Le four Pontet

Magné c’est également 520 ha de marais mouillés.

Passé les dernières maisons, c'est le marais 

L'écluse du Marais Pin

Elle se situe entre Magné et Coulon.

L'Ecluse et le barrage du Marais pin  

Coulon

Coulon est un bourg très touristique. C’est la capitale de la « Venise verte », partie du marais également connue sous le nom de « marais mouillé », par opposition au « marais desséché ». Il y a de nombreux embarcadères le long de la Sèvre.

La maison du Marais Poitevin se trouve sur la place de la coutume. Ce musée est logé dans l'ancienne maison des percepteurs du droit coutumier. Les bateliers empruntant la Sèvre Niortaise devaient s'acquitter d'une redevance qui servait à entretenir la rivière.

vue sur la Sèvre Niortaise de l'autre côté du pont
Coulon vu du pont 
 Coulon
 La Sèvre Niortaise à Coulon 

Lors de notre sortie en barque dans le marais, nous avons vu quelques beaux troupeaux de vaches mais de nombreuses prairies ne sont plus entretenues.

Balade en barque à partir de Coulon 

Les arbres dans le marais produisent du bois mais ils servent également à retenir les berges avec leurs racines.

Les arbres du marais 
La maison aux volets bleus  
Coulon
Bazoin
 Les maisons maraichines 
 Paysage typique du marais mouillé 

Les racines de peupliers restent en surface. Les périodes de crues associées à des vents violents fragilisent l'enracinement de ces arbres.

Dans le marais entre Coulon et la Garette 

Le barrage du Grand Coin

Le barrage du Grand Coin situé entre Coulon et la Sotterie sur le canal du Grand Coin est équipé d'un passe-bateaux. les barques doivent emprunter un petit chemin de déviation où elles sont tractées par un treuil.

 Le barrage du Grand Coin et le passe-bateaux

Les Barrages et l'écluse de la Sotterie

Le pont d'Irleau

Le pont d'Irleau ou le pont des révérences relie Coulon à Irleau. En 1888, ce n'était qu'une passerelle. Il n'y avait qu'un routin pour accéder à la passerelle puis un chemin. De 1929 à 1931, le pont et la route ont été construits. Le pont était à voie unique.

Le pont d'Irleau  sur la Sèvre niortaise

La passerelle d'Irleau : les techniques de constructions métalliques ont été très en vogue à la fin du 19ème siècle. Dans le marais, l'installation de nombreuses passerelles a permis la desserte de nombreuses fermes et de hameau isolé. Lors de la construction de l'actuel pont d'Irleau, cette passerelle a été remontée à cet endroit dans les années 1950 pour traverser la Sèvre et faciliter les échanges entre le Mazeau en Vendée et Irleau en Deux-Sèvres.

 La passerelle d'Irleau 

Le Vanneau-Irleau

Le grand port du vanneau situé sur la conche de la Belette était destiné aux agriculteurs des hauts villages et de la plaine alentour car les riverains avaient leurs propres cales. Chacun pouvait ainsi accéder au marais pour exploiter ses parcelles et communiquer avec la vallée de la Sèvre, d’où l’ampleur du port. Le Grand Port est bordé de saules dont les rameaux servaient autrefois à la confection des nasses à anguilles. Dans son prolongement, une passerelle métallique de 1900 permet de se rendre à des jardins familiaux appelés «motte».

 Le grand Port du Vanneau 
En décembre 2020
En février 2021
En décembre 2020
En février 2021
En décembre 2020
En février 2021
En décembre 2020
En février 2021
En février 2021
En février 2021
En février 2021
Le grand Port du Vanneau en période de crue   

Le hameau d'Irleau avait aussi un grand port, plus petit que celui du Vanneau et il y avait une certaine rivalité entre ces 2 communes. Aujourd'hui c'est la même commune !

Le marais du Vanneau était spécialisé dans l’exploitation et le travail du bois. Le vergne ou l’aulne glutineux servait à faire des sabots. Les sabotiers du village d’Irleau étaient réputés et ils exportaient leurs sabots par voie d’eau vers Niort, Marans et la Rochelle jusqu’à la fin du 19ème siècle, période où le sabot tombe en désuétude. L’aulne est alors remplacé par le peuplier et les saboteries ont fait place aux scieries. L’introduction de variété de peuplier à croissance rapide, la populi-culture connaît un nouvel essor dans la terre tourbeuse du marais du vanneau.

La scierie du vanneau est toujours en activité. Près du port d'Irleau, se trouvait également une scierie qui n'existe plus aujourd'hui.

Crue de décembre 2020 
En février 2021
En février 2021
En décembre 2020
En février 2021
Le marais du vanneau en période de crue   

St Georges de Rex

St Georges de Rex se situe en bordure du marais mais son port est relié aux canaux du marais. C'est le village aux 4 lavoirs.

Nous découvrons le village à partir du port situé sur la Rigole de Rimomboeuf. Venant de la plaine, le Rimomboeuf est grossi par 3 sources dont celle de la Grande Fontaine qui procurait une eau potable abondante à l'ensemble du bourg ainsi que par les sources du lavoir du Révérend et du lavoir de la panification. Un peu plus loin, le ruisseau Richebert dont la source se situe sur le côteau alimente un grand lavoir public, un abreuvoir et les jardins voisins avant de rejoindre le marais.

L'eau provenant de la plaine est précieuse pour la vie du village. Aussi ces belles constructions étaient un moyen de capter l'eau pour l'usage domestique et pour les jardins avant qu'elle n'aille se perdre dans le marais tout proche.

Le Port de St Georges de Rex 
Ophrys abeille
Orchis bouc
Nielle
La flore sur le port 
La Grande Fontaine
Le lavoir du révérend
Le lavoir de la Panification
 La grande Fontaine, les lavoirs du Révérend et de la Panification
Le lavoir de Richebert 

Sur le circuit de découverte des lavoirs, nous passons devant un four fermé et un pigeonnier dont le sol est pavé et décoré.

Le pigeonnier 

Arçais

Arçais se trouve au bord de la partie du marais mouillé. La Sèvre niortaise n'est pas loin, mais le village est surtout entouré d'un labyrinthe de fossés, de conches, de rigoles et de canaux. Avant les aménagements et les travaux, la région était largement recouverte par la mer et le village se trouvait en bordure du golfe des Pictons.

Par la suite, Arçais est devenue une localité active qui a connu son apogée au 19ème siècle, comme en témoignent notamment les deux reproductions d'anciennes grues en bois du port qui servaient à hisser les découpes de peupliers sur le quai, ainsi que le logis construit en 1829 et dont les onze entrepôts en contrebas servaient à ranger du poisson, du vin ou du bois. Autrefois ville de transit, Arçais vivait aussi de l'élevage et de l'exploitation du bois avec plusieurs scieries.

Photos prises en décembre 2020 
Le Port d'Arçais  (photos prise en mars 2021)

Aujourd'hui la localité mise sur le tourisme, grâce à son port d'embarquement pour les visites du marais, doté d'une vaste cale pavée.

L'écluse des Bourdettes

L'écluse des Bourdettes se trouve entre Arçais et Damvix.

Le barrage et l'écluse des Bourdettes

Damvix

La commune de Damvix se situe en Vendée. Du port de Damvix, on débarquait les bidons de lait collectés par bateau dans les marais environnants pour les acheminer à l'aide d'une charrette jusqu'à la laiterie pour fabriquer du beurre renommé en France. Fondée en 1890, elle a cessé son activité en 1950 après avoir rejoint les laiteries de Maillé et du Mazeau.

La Sèvre Niortaise entre les Bourdettes et Damvix  

Bazoin

Le site de Bazoin est un nœud hydraulique de Bazoin pour les départements des Deux-Sèvres, de la Vendée et de la Charente-Maritime. Il conditionne la gestion hydraulique de cette zone humide (voir le détail dans l'étape sur la Sèvre niortaise et ses affluents).

 Le barrage sur le canal du Nouveau Bejou  et le barrage écluse sur la Sèvre Niortaise

En remontant le canal du Mignon, nous arrivons à la Grève sur le Mignon.

La Grève sur le Mignon

La commune de la Grève-sur-Mignon est une des rares communes de Charente-Maritime a être située dans le marais mouillé. La tuilerie de la Grève sur le Mignon a été la première à être mécanisée dès 1890.

Au niveau du canal du Mignon, une ancienne ligne ferroviaire coupe le canal. Les aménagements de cette ligne permettaient de conserver le chemin de hallage. Par contre, le pont routier construit plus tard n’a pas prévu la continuité du chemin de hallage.

Le pont de la ligne

Dans le village, il y a un port et une ancienne briqueterie qui utilisait le bri (l’argile grise de la région) pour faire les tuiles.

 L'ancienne briqueterie de La grève sur le Mignon

On retrouve dans cette région des trous liés à l’extraction du bri mais aussi à l’extraction de la tourbe. Ces trous sont aujourd’hui remplis d’eau et forme des plans d’eau perdus dans les broussailles pour certains ou utilisés pour la pêche comme c’est le cas à la Grève sur le Mignon ou à Cran Chaban.

Trou de bri de Cran Chaban 

Avant de remonter le canal du Mignon vers Mauzé, faisons un détour par St Hilaire La Pallud.

Saint Hilaire La pallud

La commune de St Hilaire la Palud comprend le bourg de St Hilaire Hilaire et les hameaux de la Rivière, de Monfaucon et de la Névoire. Comme son nom l'indique (la Palud vient du latin palus signifiant marais), elle fait partie d'un vaste territoire marécageux qui a été drainé depuis le Moyen-Âge. Située dans la partie la plus sauvage du Marais poitevin, ses canaux, conches, rigoles, fossés, couvrent une surface importante du Marais mouillé.

Le commerce fluvial des villages-rues de la Rivière et de Montfaucon au début du 18ème siècle est important. Les maisons possèdent une double exposition : La ferme, appelée cabane, se structure entre la rue et le chemin d’eau. L’architecture rurale est liée à la géologie locale (pierres calcaires du coteau, charpente en peuplier, tuiles dites "tiges de botte"…). Compris sous la même toiture basse, le bâtiment est divisé en deux parties à peu près égales (maison d’habitation et maison d’exploitation composée de l'étable, du fenil et du hangar). Les habitations sont en majorité du Second Empire.

Quant au hameau de la Névoire, il comptait 3 tuileries. L'argile était extraite dans les marais à la bêche et transporter en bateau. c'était un travail de forçat d'après les dires des ouvriers racontant leur dur labeur. Les traces de ces excavations dans le marais s'appellent des "trous de bri". La dernière tuilerie à St Hilaire la Palud en fonctionnement a cessé son activité en 1990.

Vouée jadis à l’agriculture et à l’artisanat avec le commerce du bois, du lait et des tuiles, la capitale du Marais sauvage est aujourd’hui tournée vers le tourisme avec le Parc ornithologique "les oiseaux du Marais Poitevin", ses sentiers balisés et ses voies d’eau navigables.

Le parc est un espace naturel préservé de 8 hectares sillonné de cours d'eau au cœur du marais sauvage, dans lequel sont présentées plus de 70 espèces d'oiseaux du Marais Poitevin ainsi que les animaux domestiques créés au fil des siècles dans le Poitou (baudet du Poitou, cheval de trait mulassier, poules de Marans...).

Au niveau du parc, nous avons plusieurs possibilités : la visite du parc, un tour en barque avec ou sans guide. Il est possible de pique niquer dans le parc. C'est un environnement agréable. Nous avons commencé par une heure de barque.

Balade en barque sur les canaux  

Lors de notre balade en barque nous avons pu voir plusieurs larges zones d'eau. Ce n'étaient pas des canaux mais des trous de bri. A l'origine ces zones n'étaient pas ouvertes sur les canaux. Le bri était extrait sur terrain sec pendant la période où ce travail se faisait à la main. Au 20ème siècle avec l'arrivée de la mécanisation, il pouvait être extrait dans l'eau mais en contre partie il y a eu une baisse de la qualité du bri car la machine ne fait pas la différence entre les qualités du bri.

Accès à un trou de bri 

Nous poursuivons notre découverte par la visite du parc. Voici quelques espèces vues dans le parc. Nous sommes accueillis dans la première partie du parc par la parade d'un paon qui se promène dans le secteur des poules de marans.

Le parade du paon 
Les coqs de l'espèce de Marans 
Hokki brun
Poule sultane
 Un peu d'exotisme 

Nous avons pu observer un nombre important d'espèces d'anatidés. En voici quelques uns parmi les nombreuses espèces présentées dans le parc classées par grande famille.

Oie à tête barrée
Oie cendrée
Oie domestique
Oie naine à front blanc
Bernache à cou roux
Bernache néné
Bernache nonette
Tadorne de Casarca
Tadorne d'Australie
Oies, bernaches et tadornes
Sarcelle d'été
Sarcelle élégante
Sarcelle à aile bleue
Canard branchu ou carolin male
Canard branchu ou carolin femelle
Nette rousse
Fuligule milouin male
Fuligule milouin femelle
Harle couronné
Harle piette femelle
Harle piette mâle
Canards
Cygne chanteur
Cygne noir
Cygne à cou noir
 Cygnes

Il y a également quelques limicoles que nous voyons plutôt en bord de mer.

Vanneau huppé
Echasse blanche
Chevalier combattant
Barge rousse
Avocette
Limicoles 

Dans la prairie au cœur du parc, il y a quelques chèvres poitevines et des baudets du Poitou. Les hérons sont très présents dans le marais. Lors de notre balade en barque en bordure du parc, nous avons entendu les caquetages provenant d'une héronnière. Il y a plusieurs espèces comme le héron cendré au niveau de l'eau, le héron garde bœuf dans les prairies à proximité du bétail, le héron bihoreau, beaucoup plus discret. On peut voir également des aigrettes.

Héron garde bœuf et baudets du Poitou 

Au niveau du parking, une grande prairie était colonisée par plusieurs espèces d'orchidées.

Anacamptis pyramidalis
Orchis bouc
Ophrys abeille
La flore de la prairie 

Nous terminerons la partie sud de la Sèvre Niortaise dans le marais Poitevin par la région de Mauzé sur le Mignon.

Mauzé sur le Mignon

Le bourg de Mauzé, situé au sud des marais sur une plaine sillonnée de nombreux cours d’eau était à la croisée du Poitou et de l’Aunis. Mauzé en latin Mauseacum signifie placé au milieu des eaux. Bâtie sur une colline, la cité médiévale est fortifiée. Il ne reste que les deux tours du château et quelques pans de la muraille.

Le port de Mauzé sur le Mignon et son canal 
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Entre Sèvre niortaise et Autize

Cette partie du marais mouillé se situe dans le département de la Vendée.

Le Mazeau

La majeure partie de la superficie de la commune du Mazeau est occupée par un enchevêtrement de voies d’eau qui coulent, serpentent entre les plaines, les peuplerais, les rangées de frênes têtards, et les vaches maraîchines qui broutent tranquillement en regardant passer des touristes.

Autour de l'embarcadère du Mazeau 
Balade en barque  dans le marais du Mazeau  

Il y a bien longtemps que les hommes vivent sur le secteur qu’occupe aujourd’hui le village. La preuve, en 1862, au moment de la construction d’un pont sur la commune, on découvrit un véritable trésor : 4000 pièces romaines.

Le port d'Azire

Aziré se situe entre plaine et marais. Son port est à l'extrémité de la Rigole d'Aziré qui rejoint la Vieille Autize au nord de St Sigismond.

 Le port d'Aziré
 La Rigole d'Aziré

Courdault

Le Port de Courdault situé au Sud d'Oulmes et créé en 1840 a immédiatement connu une intense activité. Les "Gabarres", les péniches commerciales tirées par des chevaux le long des chemins de halage arrivaient à Courdault pour l'exportation du calcaire, de la chaux, du bois et des produits agricoles. Ce commerce a continué jusque dans les années 50, au moment de la fermeture définitive de la scierie et du port en 1960.

 Le port de Courdault 
Le canal de Courdault 

Le canal de Courdault se prolonge dans le canal de la Vieille Autize et rejoint la Sèvre Niortaise un peu avant Bazouin.

Nueil sur l’Autize

La commune de Nueil sur l'Autize se trouve en limite du parc naturel régional du Marais Poitevin et comme son nom l'indique, elle est traversée par la rivière Autize, affluent de la Sèvre Niortaise. L'Autize a été fortement aménagé au sud de ce bourg. Les moines de Nieul-sur-l'Autise ont entrepris également des aménagements dans le Marais Poitevin en s'unissant aux abbayes de Maillezais, l'Absie, St Maixent et Saint-Michel-en-l'Herm pour drainer et assécher l'insalubre golfe des Pictons.

L’abbaye de Nueil sur l’Autize, fondée au 11ème siècle, bénéficie de la protection des ducs d'Aquitaine et se voit accorder le statut d'abbaye royale en 1141 par Aliénor d'Aquitaine, alors reine de France. L'ensemble est largement ruiné en 1568 lors des Guerres de Religion. Le chœur, le réfectoire, la salle capitulaire et les cuisines sont massivement détruits. Les moines quittent les lieux. L'abbaye est peu à peu délaissée, la vie monastique y disparaît, si bien qu'à la suite de la Révolution française, les terres et les bâtiments sont vendus comme biens nationaux.

On doit en partie sa sauvegarde et sa restauration à Prosper Mérimée, impressionné par ce qui restait de l'ensemble « roman poitevin », le cloitre roman étant resté pratiquement intact. L'abbaye est classée monument historique en 1862.

L'église Saint Vincent  d'architecture du Poitou roman
Le cloître 
La chaussée sur L'Autize alimente un moulin  

Fontaines

Fontaines implanté en plaine en bordure d'une petite zone marécageuse sauvage mérite le détour avec son église et son lavoir.

 Le marais de Fontaines
L'église Notre dame de la nativité et le lavoir 

L’abbaye de Maillezais

Au 10ème siècle, le site de Maillezais est une île calcaire. C’est à la fin de ce siècle que l’abbaye de Maillezais est fondée sur l’emplacement d’une ancienne forteresse. Elle est agrandie au 11ème siècle et connait un développement important.

L'Abbaye de Maillezais 

Cet ensemble comporte une abbaye, l’église abbatiale et à l’écart des bâtiments monastiques, une hostellerie construite au 14ème siècle. Elle est composée de 2 ailes, l’une pour accueillir les hôtes et les pèlerins l’autre pour les convers.

L'hostellerie côté marais   
L'hostellerie   
Les ruines de la Cathédrale   

C’est avant tout une seigneurie ecclésiastique qui exploite les terres. Les matériaux et les denrées arrivent sur des bateaux au port de l’abbaye par les canaux.

La cave à sel, ce vaste sous sol vouté, se situe sous l’hostellerie. Il servait d’entrepôt des denrées alimentaires récoltées ou négociées. Le sel constitue au moyen âge un moyen de conserver les denrées. L’exploitation du sel et l’exportation sont alors très importantes. Les moines avaient plusieurs possessions dans le golfe des Pictons. Ils contrôlent l’économie et les accès de la région en faisant de nombreux travaux d’aménagement du marais.

Le cellier, autre sous sol vouté, se trouvait sous le réfectoire des moines et servait à entreposer les denrées alimentaires pour le monastère.

L’abbaye a connu plusieurs transformations. Au 14ème siècle, elle est fortifiée avec la menace de la guerre de 100 ans. L’église abbatiale a également connu 3 grandes modifications jusqu’au 16ème siècle où la cathédrale atteint son apogée. Mais ce site sera dévasté au moment des guerres de religion entre catholiques et protestants au cours du 16ème siècle.

Les différentes étapes  de l'évolution de l'église abbatiale en cathédrale sont repérées au sol   

Le site propose quelques animations pendant l'été.

Les éléments de sculptures datant de l’an 2000, représente Geoffroi de Lusignan. Il détruisit une partie du monastère au 13ème siècle par vengeance mais sous la pression de l’excommunication il réparât tout le mal qu’il avait fait.

Sculptures représentant Geoffroi de Lusignan  
La résidence des Abbés  

Au niveau du parking, un peu de fraicheur !

Les fleurs de lotus  

L’embarcadère de l’abbaye de Maillezais.

L'embarcadère  et la vue sur l'abbaye des canaux 

Maille

Maillé était situé au bout d'une presqu'île dans l'ancien golfe des Pictons. Actuellement elle se situe au confluent de la sèvre niortaise et de la Jeune Autize, bras artificiel de la rivière Autize.

La Jeune Autize
La Jeune Autize
  Maillé

L'île de la Chate est un îlot situé dans un méandre de la Sèvre Niortaise coupé par un canal.

Nous passons sur la sèvre Niortaise pour rejoindre l'île de la Chate  

Au 17ème siècle, Agrippa D'Aubigné, huguenot et compagnon d'armes de Henry de Navarre (futur Henry IV), devenu gouverneur de la place de Maillezais, édifia sur un îlot rocheux perdu dans le marais le fort Dognon d'où il contrôlait le trafic fluvial de la sèvre et où il écrivit et imprima une partie de ses œuvres dont les « Tragiques ». Ce fort fut acheté par le duc de Rohan, sur ordre de Richelieu et démantelé jusqu'aux fondements.

L'aqueduc de Maillé : Le canal de Vix est le principal canal évacuateur des marais desséchés de Vix, Maillé, Maillezais et L'Ile-d'Elle. Avec ses 25 kilomètres, il est l'un des canaux de dessèchement les plus longs du Marais poitevin. Prenant naissance sur la commune de Maillé, il croise la Jeune Autize à l'aqueduc de Maillé au Nord de Maillé. Cet ouvrage hydraulique permet au canal de Vix de passer sous le canal de la jeune Autize. Les eaux du canal d’évacuation de Vix n’étant pas au même niveau que celles du canal de la Jeune Autize, les eaux pourraient se mélanger et inverser le sens du courant dans les canaux, inondant ainsi les terres desséchés. Au niveau de cet aqueduc, arrive plusieurs petits canaux qui se jettent soit dans la Jeune Autize soit dans le canal de Vix. C'est également à ce niveau que commence le canal du Contre bot de Vix.

Le siphon du canal de Vix
Canal de Vix
L'aqueduc de Maillé  

A L'Ile-d'Elle, le canal de Vix passe sous la rivière Vendée à l'aqueduc du Gouffre, puis poursuit son itinéraire vers l'ouest à travers la commune de Marans, sur 8 kilomètres. Il jette ses eaux dans la Sèvre Niortaise à travers une porte à flot. A l'Ile d'Elle nous arrivons dans le périmètre du marais désséché.

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Le Marais Poitevin ce n’est pas seulement la Venise Verte ! Les deux tiers du Marais Poitevin sont constitués de marais desséchés, des zones protégées des inondations grâce à des digues. Le terme «marais desséché» ne désigne pas un territoire sans eau mais un territoire qui n’est plus inondable, contrairement au « marais mouillé ».

Le marais desséché présente de larges paysages ouverts où les arbres sont rares, seuls quelques buissons de tamaris et d’épineux bordent les fossés et les canaux qui entourent prairies et cultures. Les roselières couvrent les berges des grands canaux. Dans ces vastes étendues planes quelques points hauts dominent le paysage. Ce sont les anciennes îles calcaires où se sont installés les villages et les anciens marais salant. Depuis l’époque gallo-romaine jusqu’à nos jours, l’exploitation du sel marin par évaporation naturelle a fait la renommée du Marais poitevin. L’épopée de l’or blanc a marqué toute la région durant des siècles… L’exploitation du sel de mer a cessé en 1931. Depuis, les salines sont difficiles à deviner dans le paysage. Les anciens marais salants du Marais poitevin sont aujourd’hui situés à environ 10 kilomètres de l’océan.

Les réseaux hydrauliques du marais desséché sont complexes et en regardant une carte détaillée, cela peut paraître parfois anarchique. En découvrant l'histoire sur les aménagements du marais desséché, ce n'est pas surprenant. Les travaux d'assèchement ont été réalisés par plusieurs sociétés d'aménagement et d'investissement privées indépendantes les unes des autres. Parfois les aménagements des uns pouvaient déranger les travaux des autres et c'était alors des conflits et des procès. Même si l'Etat est favorable et facilite les projets, il n'a pas un rôle de coordination dans les aménagements. Au moment de la création des départements sous napoléon 1er, les préfets aurait pu avoir une vue d'ensemble globale mais le marais Poitevin se situe sur 3 départements et très vite les préfets ont subi les pressions des sociétés d'aménagements. Aujourd'hui, deux structures permettent une meilleure coordination.

L’Ile d’Elle

La commune de l’Ile d’Elle est comme son nom l’indique, un ancien ilot calcaire situé dans le golfe des Pictons. Elle se situe sur la rivière Vendée près de la jonction avec la Sèvre Niortaise.

À L’Ile-d’Elle, des travaux récents ont été réalisé sur l’ouvrage du Gouffre. Cet ouvrage hydraulique, datant de 1663, permet au canal de Vix de passer par siphon sous la rivière Vendée, laquelle va se jeter dans la Sèvre Niortaise. Les eaux circulent ainsi sur deux niveaux, sans se mélanger. En effet, si l'eau de la Vendée s'engouffrait dans le canal, l'assèchement du marais était compromis.

L’aqueduc du Gouffre, doublé d’une écluse, permettait le passage des bateaux entre la Sèvre Niortaise et la Vendée pour remonter jusqu’à Fontenay-le-Comte. La maison de l'éclusier était un logement de fonction.

Le canal de Vix   
La Vendée et son canal de déviation  

Le canal de déviation permettait de faciliter la navigation.

La rivière Vendée   

La photo de Ouest France lors des travaux permet de mieux comprendre le croisement du canal de Vix et de la rivière Vendée.

Les responsables sont sur le fond du canal de Vix avec derrière eux, le passage de la rivière Vendée au-dessus du canal. Les deux piliers en béton vont recevoir la nouvelle porte. (publié le 20/10/2020 par Ouest France)



En remontant la rivière Vendée, nous arrivons au Gué de Velluire.

Le Gué de Velluire

Le Gué de Velluire se situe sur la rivière Vendée et c'était un passage stratégique gardé depuis l'époque romaine. La tour de guet et de péage qui se trouve sur la place était un lieu de surveillance au moment des guerres de religions. Au 17ème et 18ème siècle c'était un lieu de péage. De nombreux bateaux à fond plat circulaient entre Marans et Fontenay le Comte. Les taxes portaient sur les biens, les personnes et les animaux. Ce gué a été complété par un bac jusqu'à la construction du pont actuel en 1854.

Le petit port du Gué de Velluire a connu un trafic intense. Le village situé au carrefour d'une voie romaine était peuplé de bateliers, d'aubergistes et de tisserands.

La tour de guet et de péage
l'embarcadère
La rivière Vendée
Le Gué de Velluire et son embarcadère 

Un petit circuit de randonnée remonte la rivière jusqu'au barrage de la Boule d'Or qui permet de réguler l'arrivée des eaux de la rivière Vendée. Le paysage sans relief est assez monotone. Sur le retour, nous longeons une haie située au pied d’une colline. C’est plus sympathique.

La rivière Vendée et le barrage de la Boule d'Or 

Sur le retour, le chemin surplombe des zones humides et des zones cultivées drainées. Dans les années 1960, un remembrement a transformé le marais mouillé en marais desséché (avec des digues, des écluses et des pompes).

Les zones cultivées prises sur les zones humides

Toujours en remontant la rivière Vendée, nous arrivons à Fontenay le comte, au massif forestier de Mervent jusqu' à sa source : voir le détail dans l'étape "la Sèvre niortaise et ses affluents".

La région de Marans

Marans

Comme la plupart des villages de la région, Marans est implanté sur une île calcaire de la période du golfe des Pictons. Elle est la principale agglomération du marais desséché avec environ 4 500 habitants. Le bourg de Marans est relié à la mer depuis le fin du 19ème siècle par le « canal maritime de Marans à la mer » qui rejoint la sèvre Niortaise à l’écluse de Brault.

Les ruines de l’ancienne église St Etienne de Marans située dans l’enceinte du cimetière a été construite au 12ème siècle par les moines de l’abbaye de Maillezais. Elle a subi de nombreux dommages pendant les guerres de religion.

L'église en ruine de St Martin de Marans 

Le pont de pierre construit en 1782 sous Louis XV enjambe un bras de la Sèvre Niortaise.

La sèvre niortaise vue du pont de pierre à Marans 
 Le barrage, l'écluse du carreau d'Or et le port de Marans 

Aux 15ème et 16ème siècles, le Port de Marans était un lieu de trafic important. Les négociants de Marans transportaient avec leurs chalands ou gabares (bateaux à fond plat) toutes sortes de denrées sur la Sèvre Niortaise jusqu’au Brault où les attendaient des navires de 400 à 500 tonneaux. Cette activité a perduré jusqu’au milieu du 20ème siècle mais peu à peu le trafic a diminué et aujourd’hui c’est avant tout un port de plaisance.

Dès le 18ème siècle, la navigation sur les derniers méandres de la Sèvre Niortaise devenait difficile, un projet de canal entre Niort et La rochelle est donc décidé par Napoléon 1er. Les premiers travaux commence en 1806 mais la mise en œuvre et trop complexe et trop couteuse. Finalement seule la section La Rochelle à Marans sera creusée mais les travaux vont s’éterniser jusqu’à la fin du 19ème siècle. Ouvert à la navigation en 1875, il ne sera relié au port de la Rochelle qu'en 1888. Ce sera un échec commercial.

A l’origine, le projet de canal était ambitieux visant à relier La Rochelle à Paris par voie navigable. A l’époque, l’ennemi anglais bloquait la communication par mer et ruinait le commerce à la Rochelle. Cette nouvelle voie navigable à l’intérieur des terres permettrait alors le transport des marchandises entre les ports de Marans et la Rochelle.

Parallèlement à ce canal se trouve la ligne de chemin de fer qui a signé la fin de la navigation sur le canal. Dans cette région où canaux et fossés s’entrecroisent, il y avait peu de route et pas encore de ligne de chemin de fer, le canal était alors un moyen de déplacement intéressant d’où la construction de certains grands canaux au 19ème siècle. Mais le temps mis entre les projets et leur réalisation n'a pas permis de concurrencer la route et le chemin de fer.

En effet, à la fin du 19ème, le réseau routier s'améliore, la ligne de chemin de fer construite en 1868 s’avère plus efficace. Le trafic ferroviaire concurrence le trafic fluvial. Par ailleurs, l'activité du port commercial de La Rochelle se déplace à la Palisse en 1890 alors que le canal de Marans à La Rochelle aboutissait dans le vieux port !

Les décisions se sont alors orienté vers le canal de Marans à la mer, ou canal maritime, qui sera creusé entre 1882 et 1891, avec une imposante écluse à son embouchure. Il constitue désormais le principal cours de la Sèvre pour la navigation.

Autour de Marans

Le réseau hydrographique est complexe. C’est l'une des dernières communes traversées par la Sèvre Niortaise avant qu'elle ne se jette dans la baie de l'Aiguillon. Entre l’île d’Elle et Marans, la sèvre Niortaise se divise en 2 bras sur lesquels se greffent ou se déversent des canaux.

La jonction entre le canal de Marans à la Rochelle, le canal  de Marans à la mer et les barrages des Enfreneaux sur un bras de la ...

A partir de cette zone, nous allons découvrir, les barrages des Enfreneaux, le canal de Marans à la mer et le canal de Marans à La Rochelle.

Les barrages des Enfreneaux

Au nord ouest de marans, les deux barrages des Enfreneaux situés sur la Sèvre niortaise et construits à la fin du 19ème siècle viennent réguler les eaux du Marais poitevin. Derrière les barrages le niveau de la Sèvre niortaise varie en fonction des marées. C'est la Sèvre maritime. Lors de la restauration du grand barrage, un passage pour les civelles vient d'être aménagé. Par contre, l'écluse est maintenant désaffectée.

Barrage au niveau du port de marans 
Le deuxième bras de la Sèvre
 Barrage et portes à flot des Enfrenaux 
L'écluse désaffectée  des Enfrenaux 

En période de faible débit fluvial (printemps/été), la Sèvre maritime est sujette aux dépôts sédimentaires d’origine marine. Un bouchon vaseux transporté par les courants de marée vient progressivement colmater la partie aval du fleuve derrière les barrages des Enfreneaux sur environ 8 km. Pour cela, un bateau de travaux dénommé « bac à râteau » évolue sur le fleuve au printemps et en été, en période de forts coefficients de marée. L’opération consiste à remettre en suspension, une partie des vases déposées dans le fleuve.

C’est un peu plus à l’ouest de marans que les canaux qui charrient les eaux des canaux irriguants les terres du marais desséché arrivent dans les derniers méandres de la Sèvre Niortaise.

Une série de portes à flot, d’écluses et de vannes empêchent sur chacun de ces canaux, la remontée des eaux marines à marée haute et permet d’évacuer le surplus d’eau douce à marée basse.

La porte à flot est une porte en chêne qui naturellement s’ouvre à marée basse et se referme au moment de la remontée de la mer. Cette porte est doublée d’une vanne gérée par l’éclusier pour réguler le flux de l’eau douce. Cela permet d’évacuer l’eau douce en période de crue et de la retenir en période de sécheresse. Enfin, les écluses permettent la navigation en gérant les dénivelés d’eau. Elle comprend un sas dans lequel on peut faire varier le niveau de l'eau. Certains barrages à pertuis ou écluses visaient aussi à protéger un cours d'eau ou une ville des effets de la marée. Le pertuis ou écluse à déversoir est en usage depuis plus de deux mille ans. C'est l'ancêtre de l'écluse moderne.

Le canal de Marans à la mer

La jonction entre le canal de Marans à la mer et les barrages des Enfreneaux
 Le canal de Marans à la mer  
 L'écluse de Brault 
Vues sur la Sèvre Niortaise maritime à partir du vieux pont  au niveau de l'écluse de Brault  

Nous avons découvert l'écluse de Brault et le vieux pont sur la sèvre avec un superbe éclairage en soirée. Nous avons eu l'occasion d'y revenir et nous avons découvert que derrière les roseaux de la dernière photo ci-dessus, il y avait un des derniers méandres de la Sèvre Niortaise ! Dans cette zone, la Sèvre Niortaise enchaine 3 méandres et le dernier est si proche que nous pensions qu'il s'agissait d'une zone marécageuse. Il faut le voir à marée haute de grande marée pour le réaliser !

Vues sur le dernier méandre de la Sèvre Niortaise à marée haute et à marée basse

Depuis le pont, nous avons un point de vue sur l'écluse de Brault. Les bateaux de pêche y sont en activité.

A marée haute et à marée basse (période de grande marée) 

Entre l'écluse et le vieux pont, nous pouvons voir la différence du niveau de l'eau de la Sèvre niortaise entre la marée haute et la marée basse. Après le barrage des Enfreneaux, la sèvre niortaise maritime est soumise aux marées.

Le méandre de la Sèvre à marée haute et à marée basse 
L'autre côté du méandre à marée haute et à marée basse 

Revenons vers l'écluse de Brault : La drague présente sur le canal est utilisée pour maintenir un niveau de navigabilité sur le canal, il rejette la vase dans les champs. De ce côté de l'écluse, ce ne sont pas des dépôts marins mais les dépôts fluviaux.

Dans le cahier technique du curage des canaux et fossés d'eau douce en marais littoraux, Hugues des Touches et Loïc Anras signalent :

"Les marais, qu'ils soient ou non endigués, sont par essence des zones de comblement. En l'absence d'entretien hydraulique destiné à contrer ce phénomène, ils sont amenés à disparaître en quelques générations pour former d'autres paysages. Aujourd'hui, le recul constaté des zones humides face aux conquêtes des aménageurs conduit à prendre tout particulièrement soin des zones de marais....".

Il y a plusieurs techniques pour entretenir les canaux et les fossés : le curage avec des pelleteuses pour les canaux et fossés de petites tailles et la drague pour les canaux ou cours d'eau de plus grand volume comme pour le canal évacuateur. Il est également utilisé le système de chasse d'eau comme sur le canal du Clain.

L'entretien des canaux s'applique également du côté maritime en aval des portes à flot, on parle alors de bateaux à râteau.

 L'écluse de Brault et le canal de Marans à la mer

Sur la zone de l'écluse de Brault, les canaux de la Banche, de la Brune et de la Brie arrivent sur la Sèvre Niortaise. Ils sont équipés de portes à flot.

La porte à flot du canal de la Banche  
Canal de la Banche et de la Brune 

Le canal de Marans à La rochelle

Nous avons découvert le canal de Marans à La rochelle en vélo. Une piste cyclable le long du canal permet de rejoindre La Rochelle sur environ 26 km. De Mouillepied à Dompierre sur mer, nous quittons le chemin de hallage pour suivre la route mais sur le chemin de retour, nous avons essayé de suivre le chemin de hallage. Il n'est pas très praticable pour des VTC mais c'est plus sympathique.

Le canal de Marans La Rochelle a été déclassé des voies navigables en 1957 mais il connait aujourd'hui une double vie. Les chemins de hallage autrefois utilisés pour tirer les bateaux permettent aux nombreux promeneurs à pied ou en vélo de découvrir un milieu naturel classé et un paysage façonné par les hommes.

Aujourd’hui un pont fixe traverse le canal à son embranchement avec la Sèvre Niortaise. On peut encore observer la structure d’un pont tournant.

L'écluse du canal de Marans La rochelle et les structures du pont tournant 

Après avoir traversé plusieurs canaux au moyen de système de siphon dans un paysage de plaine, le canal entaille une colline calcaire un peu après Dompierre sur mer pour retrouver le niveau de la Mer à La Rochelle.

Canal de la Banche 

* sur le côté du canal, la bande de vase provient du curage du canal.

Le Pont au niveau du canal de la Brune - vue sur le canal de Marans La Rochelle 
Canal de la Brune 
Croisement des Canaux de Marans La Rochelle et  du Curé
Le canal du Curé 
Le Pont des Prieurs 

Entre Mouillepied et Dompierre sur mer 
La partie encaissée du canal  
Le relief s'aplanit 

Nous arrivons à La Rochelle par une voie verte !

Le canal Quai Maubec
Le Vieux Port de la Rochelle  à marée basse

Les autres canaux au nord de la Sèvre niortaise

Comme nous l'avons vu au niveau de l'écluse de Brault, les canaux qui se jettent dans la Sèvre Niortaise sont équipés de porte à flot. C'est donc 6 portes à flot que nous découvrons sur les canaux de Vienne, du Clain, des cinq Abbés, de Mouillepied, de Vix, du contre bot de Vix et un ensemble de vannes verticales et de portes à flot sur le canal évacuateur ou canal des Boches.

La porte des Grands greniers sur le canal du Clain fut l’un des premiers canaux évacuateurs creusés dans le marais desséché. Cet ouvrage permet, un peu avant sa jonction avec la Sèvre Niortaise, d’éviter l’entrée d’eau salée dans le canal. Cette porte à flot est doublé d’une écluse ou vanne qui régule l’évacuation de l’eau douce.

 La porte à flot des Grands Greniers à marée basse
La porte à flot des Grands Greniers à marée montante 

Sur ce site, à un kilomètre en amont, le canal est équipé d’une autre vanne ou écluse pour créer un «bassin de chasse» fonctionnant comme les écluses pour la navigation. Mais dans ce cas, le bassin sert à nettoyer les installations des dépôts vaseux qui peuvent bloquer le fonctionnement de la porte. Au moment des grandes marées, l’éclusier force l’ouverture des portes pour laisser entrer l’eau salée jusqu’à l’écluse située en amont. A marée basse, l’eau salée chargée de vase s’évacue vers la mer.

le canal du clain
La zone du canal du Clain servant de chasse d'eau   

Le bac à râteau adapté à chaque canal permettait le nettoyage des canaux.

La porte des cinq Abbés

L'association de cinq abbayes (St Maixent, l'Absie, Nueil sur l'Autize, Maillezais et St Michel en l'Herm) est à l'origine de la construction du canal des cinq abbés à fin du 12ème siècle début du 13ème siècle. Ces abbayes étaient propriétaires d'importants marais autour de Chaillé-les-Marais et Vouillé-les-Marais, et souhaitaient en faciliter l'écoulement des eaux. Un canal est creusé en direction de la mer, traversant les seigneuries de Chaillé et de Marans. En 1207 et 1217, elles obtiennent l'autorisation du seigneur de Chaillé, et du seigneur de Marans.

Cet ouvrage est ruiné après la guerre de 100 ans et les guerres de religion. Le rétablissement intervient probablement dans les années 1640, avec la Société du Petit-Poitou qui prend le relais des cinq anciennes abbayes médiévales dans le cadre du programme d'assèchement lancé par le pouvoir royal. A la fin du 18ème siècle, le canal est encore en mauvais état.

Au lendemain de la Révolution, l'Etat prend en main la réorganisation de la gestion du canal pour relancer les travaux d'entretien et d'amélioration du canal. Au 19ème siècle, le canal est connecté à la rivière Vendée via l'écluse de la Boule d'Or, le canal des Gressaudes et celui de la Boisse, qui contournent les terres hautes de Vouillé-les-Marais par le nord.

A sa création, le canal était équipé d'une porte. En 1816, le projet de construction de deux portes est présenté par l'ingénieur des Ponts et chaussées pour augmenter le débouché du canal, insuffisant pour absorber toutes les eaux du marais en amont. Il sera réalisé en 1822.

Près de la porte, en amont, sur la rive gauche du canal, se trouve l'ancienne maison de l'éclusier.

  Le canal et la maison de l'éclusier de la porte des Cinq Abbés 

Les portes des canaux venant du marais mouillé.

Sur la zone des portes à flots, il y a 3 canaux parallèles (le canal de Vix, le contre bot de Vix et le canal des Boches). En fait, dès la construction du canal de Vix, il a été constaté que le volume d’eau évacué n’était pas suffisant. Au lieu de refaire un nouveau canal, il est décidé d’élargir un petit canal situé le long de la digue du canal de Vix, c’est le contre bot de Vix (car situé parallèlement ou "contre" la digue ou "bot"). Son histoire ne s’arrête pas là au fil des siècles, car l’évacuation des eaux du marais mouillé reste un sujet de conflit et de discussion. L'élargissement du Contre bot est de nouveau proposé en 1912, mais on lui préfère le creusement d'un nouveau canal.

Après la première guerre mondiale, des prisonniers allemands vont être requis pour creuser ce nouveau canal afin de faire sauter ce qu'on appelle le verrou de Marans. Les grandes crues de printemps de 1873, 1877 et 1880 sont restées dans les mémoires. Aussi, il a été décidé de tripler le canal de Vix (1656) et le canal du contrebot (1666).

Le canal, qui sera un des derniers grands creusements du marais, démarre juste après le confluent de la Vendée avec la Sèvre pour rejoindre en ligne droite une boucle de la Sèvre, près de son embouchure. Le travail se fait essentiellement à la pioche et à la pelle et l'évacuation de la terre par wagonnets, tirés par des chevaux.

Le creusement du canal se terminera après la mise en eau. En été 1926, une drague approfondira et calibrera les côtés. Le puissant barrage à cinq pertuis, en bout de canal, se fera de 1926 à 1929. Et tout naturellement, l'ouvrage s'appellera canal des Boches débaptisé depuis pour devenir canal évacuateur.

Voici la longue histoire de ces canaux parallèles.

Ces deux ouvrages se jettent dans le premier méandre de la Sèvre

La Sèvre Niortaise où se jettent le canal évacuateur et celui du Contre Bot de Vix 
Les vannes verticales et les portes à flot sur le canal évacuateur 
 Porte à flot du contre Bot de Vix 

Le canal de Vix quant à lui se jette dans la Sèvre au niveau du 3ème méandre.

Canal de Vix
 Porte à flot du canal de Vix 

Nous poursuivons notre découverte des portes à flot en passant de l'autre côté de la route Luçon - La Rochelle pour aller voir le port de l'Epine.

Le port de l’Epine

Le canal de l'Epine rejoint le dernier méandre de la Sèvre niortaise maritime un peu avant son arrivée dans la baie de l'Aiguillon. Une porte à flot protège le canal des entrées maritimes mais ce canal ne possède pas d'écluse en amont pour pratiquer le système de chasse d'eau comme cela est possible sur le canal du Clain. De ce fait, ce canal s'envase très rapidement en période de sécheresse. Il y a un mouillage pour des petits bateaux.

 Ambiance côté terre du petit canal de l'Epine
Le canal et la porte de l'Epine à marée basse 
  Le canal et la porte de l'Epine à marée montante
Au bout du mouillage
Marée haute en période de grande marée 
Les bateaux sont au niveau des prairies ! 

Après le Port de l'Epine, nous faisons un détour à la Pointe aux herbes. C'est sur ce site que se rejoignent le canal de Champagné et le canal de Luçon. Le canal se jette directement dans la Baie de l'Aiguillon. A cet endroit on peut voir, l'ancienne écluse du canal de Luçon et le nouveau barrage.

L'écluse construite sur le canal de Luçon au début du 19ème siècle permettait de naviguer sur le canal afin de relier la baie de l'Aiguillon au port de Luçon. Aujourd'hui, le canal n'est plus navigable et le port à Luçon a été remplacé par une piscine !

Le canal de Champagné en amont de la porte
  Le canal de Champagné à sa jonction avec le canal de Luçon
L'ancienne écluse de la Pointe aux Herbes  

Au pied du nouveau barrage, se trouvait un bac à râteau version moderne.

  Le bac à râteau moderne
En période de grande marée 

A la porte des Amarres, sur le canal de Champagné, un bac à râteau mis au point au début du 18ème siècle est exposé. C’est un bateau pour l’entretien des fossés et des canaux. Utilisé à marée descendante, il arrachait les plantes aquatiques et refluait la vase vers la mer. Le râteau de chaque bac était adapté au profil du canal. Il permet d’éviter l’envasement qui joue dans le temps sur le niveau d’eau.

La porte des Amarres sur le canal de Champagné 
Un ancien bac à râteau 

Nous remontons le canal de Champagné pour rejoindre Champagné les Marais, nous traversons un paysage spécifique du marais desséché, une vaste zone plane sans arbres entrecoupée de nombreux fossés.

Paysage du marais desséché 

Champagné les marais, comme Chaillé les marais, Vouillé les marais, Moreilles, Triaize, Grues et St Michel en l'Herm étaient des îles dans la période du golfe des Pictons.

Chaillé les marais

A chaillé, la route suit une rangée de maisons adossées à une falaise où la mer arrivait dans la période du golfe des Pictons.

Un peu après Chaillé, nous avons visité la maison du maître des digues. C'est un écomusée qui raconte l’histoire et le rôle du marais desséché dans le Marais Poitevin, l’histoire des lieux, la gestion des eaux. Un petit film présente le métier de maître des digues. La maison que nous visitons est le logement de fonction du maitre des digues.

La maison du maitre des Digues 

La maison du maitre des digues appelée "cabane" représente la structure de la ferme du Marais desséché. Elle comprenait une pièce de vie principale, une pièce annexe pour la chambre et le reste soit les 2/3 du bâtiment pour l'écurie, l'étable, la laiterie et la cave pour l'entrepôt des aliments et des outils. A l'extérieur, il y a un fournil et un four à pain, un enclos pour les chèvres poitevines, une grange, une loge en roseau.

Le site présente aux beaux jours de chèvres poitevine et des baudets du Poitou.

L'intérieur de la maison 
La loge en roseau
le fournil, four à pain et l'enclos des chèvres
Les dépendances 

Institué au 17e siècle lors de la deuxième phase d’aménagement du Marais poitevin, le métier de Maitre de Digues consistait à entretenir les canaux, à gérer les niveaux d’eau, à organiser les travaux pour que les espaces agricoles ne soient jamais inondés mais aussi à surveiller les ouvrages de la malveillance des personnes que certains travaux pouvaient déranger. A Chaillé les Marais, il travaillait pour le compte du Syndicat de Marais du Petit Poitou. La fonction a existé jusqu’en 1970.

Le marais Poitevin est constitué essentiellement de propriétés privées. Les propriétaires se sont organisés à partir de 1646 en associations syndicales de marais. Les syndicats de marais entretiennent les ouvrages hydrauliques privés d’intérêt collectif (canaux, écluses) et gèrent l’eau dans leur réseau. Les propriétaires payent chaque année une taxe de marais pour l’entretien et la gestion du marais. Le territoire du marais poitevin est couvert par une quarantaine d'associations de marais.

Aujourd'hui, ces associations se sont fédérées pour assurer leur représentation au niveau des administrations et les ouvrages qui ont vocation à la navigation sont du domaine public et sont maintenant gérés par l'Etat ou les collectivités locales.

Cet écomusée explique la distinction entre le marais mouillé et le marais desséché ainsi que les modes de vie qui en découle. Le marais desséché est protégé de la mer par des digues et des inondations du marais mouillé par les levées (sorte de digues).

Il y a une exposition sur la vie du huttier.

Le huttier est l'habitant qui vit sur les zones hautes du marais mouillé (sur les levées ou en bordure des communaux au bord de l'eau car le huttier quittait rarement son bateau). A l'origine les huttes étaient rustiques et ont laissé place au fil du temps à des habitations en dur. Les huttiers vivaient à la frontière de tous les milieux du marais et tiraient partie de toutes les richesses de ces milieux (cueilleur, pêcheur, chasseur, batelier, bucheron, artisan, jardinier, vendeur, éleveur, journalier). Il récoltait le roseau (au bord des fossés dans le marais desséché ou dans de grandes roselières dans le marais mouillé), cultivait ses légumes dont la "mogette" sur des petites buttes de terres séparées par des fossés appelées "mottes". Il cultivait également l'osier pour fabriquer des "bouroles" en osier (nasses à anguilles) pour la pêche à l'anguille ou encore la "geôle" pour pêcher au moment des crues dans les prairies. Pour la pêche , il y avait aussi le Haveneau, un filet carré. Il faisait un peu d'élevage sur les communaux (terre appartenant en commun aux habitants d'une commune). Le bois de chauffage provenait des terrées, plantations de frênes tétards organisées en longues bandes parallèles bordées de fossés peu profonds. Pour le chauffage, il y avait également la "bousette" ou le bousats.

Extraits de quelques panneaux de présentation de la vie du huttier de l'écomusée 

Les huttiers sont également des journaliers pour les travaux des champs mais aussi pour l'entretien des canaux. Un autre témoignage des travaux au niveau des canaux renseigne sur la pénibilité : "il fallait être habitué à la peine pour faire ce travail".

Depuis les années 1960-1970 la France rurale entre sur la voie de la modernisation et ce sera la disparition des huttiers.

Le cabanier est l'habitant qui vit dans le marais desséché ou sur les hauteurs du marais mouillé. C'est un agriculteur.

Saint Michel en L’herm

A la fin du 17ème siècle, la limite des hautes mers était proche du bourg de St Michel en l'Herm.

L’abbaye de Saint Michel en L’herm est la plus ancienne du marais. Fondée au 7ème siècle, elle fut détruite par les Normands (vikings) en 877. Ces derniers s’installèrent sur l’île pendant près de 80 ans. Ils s’en servirent comme base d’où ils pouvaient attaquer le Poitou et rançonner les bateaux qui pénétraient dans le golfe des Pictons.

La restauration de l’abbaye fut entreprise en 955. Du 12ème au 14ème siècle elle a connu une forte période de croissance. Le commerce (poissons, fruits de mer, et surtout sels) lui permirent de devenir un acteur économique majeur de la région. Ses possessions maritimes dans le golfe des Pictons et sur l’île de Ré, ses nombreuses possessions le long des fleuves (le Lay, la Sèvre niortaise, la Vendée), lui permettaient d’avoir une emprise sur les voies commerciales de la région. C’est dans ce contexte qu’elle entreprit les premiers grands travaux d’assèchement du marais. Les terres entourant l’île de Saint-Michel-en-l’Herm étaient insalubres, aux prises avec les hasards des marées. C’est ainsi qu’elle finança des travaux qui consistaient à endiguer la région puis à drainer l’eau douce à l’aide d’un réseau complexe de canalisation. Elle s’associa avec d’autres abbayes florissantes de la région. Grâce à sa richesse l’abbaye fut relativement épargnée lors de la guerre de Cent Ans. Un siècle plus tard, lors des guerres de religion, l’abbaye de Saint-Michel-en-l’Herm faisait office de place forte catholique mais les huguenots menèrent un grand siège. A la fin du siège, l’abbaye n’était plus qu’une ruine. Ce n’est qu’en 1667, qu’une reconstruction de l’abbaye fut entreprise mais à la veille de la Révolution française, l’abbaye a perdu beaucoup de son ancienne richesse. Finalement elle est vendue en tant que bien national en 1790.

Au travers des jardins, du chauffoir, de la salle capitulaire et du réfectoire, l’histoire se laisse approcher et l’on entreprend un voyage dans le temps.

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La partie maritime du Marais Poitevin se situe dans la région de la Baie de l’Aiguillon. Le territoire est composé de prés salés (les mizottes), de vasières et de dunes de sable. L’influence des marées en fait une zone en constante évolution. Lors des forts coefficients de marée, la digue de front de mer protège le marais desséché, mais submerge les zones herbeuses des prés salés. C’est la zone qui se situe en aval des portes à flots.

L’embouchure de la sèvre niortaise

De l’autre côté de la route Luçon – La Rochelle, nous arrivons à l’embouchure de la Sèvre Niortaise. Il n’est possible de l’aborder qu’à partir de Charron

Charron

Charron est un petit port de pêche côtier surtout connu et réputé pour sa production de moules de bouchots. Il est doté de deux ports, le port du Corps de Garde au niveau de Charron et le port du Pavé au niveau de l’embouchure.

L'église de Charron 
Avocette
 Le Port du Pavé à marée basse 
  Le Port du Pavé à marée Haute et en soirée

Au Sud de la baie de l’Aiguillon

Esnandes

Esnandes s'est implantée au bord du golfe des Pictons, sur les falaises calcaires du jurassique. elle domine la baie de l'Aiguillon. Le canal du Curé délimite les communes de Charron et d'Esnandes.

L'Eglise fortifiée de St Martin, construite au 10ème siècle fut fortifié au 14ème siècle. Elle a été assiégée par les protestants de La Rochelle qui voulaient sa destruction. Après un siège de plus d'un an, les protestants capitulent en 1628.

 Eglise fortifiée de St Martin à Esnandes

Dans le marais au pied de l'église, un groupe d'hérons garde-bœuf chassait.

 Héron garde-bœuf

L'activité principale d'Esnandes est la culture des moules. La Maison de la Baie du Marais présente la mytiliculture et son histoire dans la baie de l'Aiguillon et les techniques d'élevage des bouchots. Un carrelet pédagogique complète l'information sur la pêche avec cette technique originale et particulière à la côte atlantique. Dans un filet carré muni d'un treuil, on peut pêcher toutes sortes de poissons, coquillages et crustacés (soles, mulets, palourdes, praires, anguilles, étrilles et crevettes grises).

Les carrelets  

Le Curé

l'estuaire du fleuve Curé se situe au sud de la Baie de l'Aiguillon, au Nord d’Esnandes. On peut accéder aux portes à flot à partir de la route qui relie Esnandes à Charron.

La porte à flot
Le Curé en aval de la porte à flot à marée haute
Jonction du canal de la chaudière avec celui du Curé
 Le canal du Curé

Le Curé est un petit fleuve côtier d’environ 45 km. Sa source se trouve dans le village de Curé sur la commune de Saint-Gorges du Bois en Charente Maritime. Dans un premier temps, ce n’est qu’un profond fossé. Il est rejoint par plusieurs ruisseaux. Au niveau de Nouaillé d’Aunis, il s’est élargi. Il est ensuite alimenté par plusieurs canaux avant de devenir lui-même un canal lorsqu’il croise le canal de Marans à la Rochelle près d’Andilly. Au niveau de Virson, il entre dans le parc naturel régional du Marais Poitevin.

La source du Curé 

A l'origine, les deux canaux se croisaient par un siphon, remplacé aujourd'hui par 2 barrages. On peut remarquer parallèlement au canal de Marans à La rochelle, la ligne de chemin de fer qui a été fatale à la navigation sur le canal.

Le canal Marans La Rochelle
Le Curé
Croisement du canal du Curé et de celui  de Marans à la Rochelle 

Au Nord de la baie de l’Aiguillon

La Pointe de l’Aiguillon

La pointe de l’Aiguillon est la limite nord de la baie de l’Aiguillon. C'est l'estuaire du fleuve Le Lay.

Le Lay est un fleuve côtier d’environ 119 km. Il prend sa source à Saint-Pierre du chemin en Vendée, à une dizaine de kilomètre au nord de la source de la Vendée dans un paysage bocager vallonné. Il entre dans le parc naturel régional du marais Poitevin à une dizaine de kilomètre au nord de Luçon. Il est rejoint par le Petit Lay au niveau des marais de Grues. Il se jette dans l’Océan Atlantique entre la Pointe de l’Aiguillon et la Pointe sableuse d’Arçay. Son estuaire a évolué au cours du temps (au port de Moricq il y a quelques siècles puis ensuite au niveau du site de la belle Henriette…).

La Pointe côté océan
La pointe côté baie
 La Pointe de l'Aiguillon

La pointe de l'Aiguillon est une réserve ornithologique. Chaque année au printemps, quelques passereaux migrateurs arrivent pour nicher. Il y a notamment l'emblématique gorge Bleu.

Gorge bleu
Tarier pâtre
Linotte mélodieuse
Faucon crecerelle
Alouette
Bruant des roseaux
Quelques oiseaux observés dans la réserve 

En longeant le Lay de l'embouchure vers l'Aiguillon sur mer, nous suivons une grande digue qui protège les terres asséchées. A marée basse, on peut observer sur les vasières du Lay, les bouchots, supports utilisés pour l'élevage des moules.

La dive

En remontant Le Lay, nous passons près du village de la Dive. C'était une île de l’ancien Golfe des Pictons. C'est un plateau d'environ 1 km de long sur 250 mètres de large. Perchée à 15m au dessus des terres environnantes, elle bénéficie d’une vue circulaire étonnante sur la baie de l’Aiguillon, l’île de Ré, la Rochelle, et l’intérieur du Marais poitevin. Elle ne fut rattachée au continent qu'au début du 19ème siècle. Elle a gagné du terrain petit à petit. Une série de digues successives accompagne et entérine la conquête des prises.

La Dive 

Lors de la tempête de Xynthia en 2010, la rupture de certaines digues a provoqué le retour de la mer comme il y a quelques siècles et la Dive est redevenue une île.

Le port du Vieux Chenal

En remontant la série de digues qui délimitent les prises au niveau de la Dive, nous arrivons au port du Vieux Chenal. Ce canal se jette dans la Baie de l'Aiguillon un peu avant la pointe de l'Aiguillon. En amont du port se trouve la porte à flot.

Le canal du Vieux Chenal et la porte à flot 
Le port du Vieux Chenal 

Le port de L’aiguillon

Le port de l'Aiguillon sur mer se trouve sur le fleuve Lay. Il se situe sur l’embouchure envasée du Lay en bordure des marais asséchés de Saint-Michel-en-l'Herm. Il est séparée du littoral par le large cordon dunaire sur lequel est située la Faute sur mer. La commune est réputée pour son activité conchylicole (élevage de coquillages notamment les huitres et les moules de bouchots). Le long du Lay, il y a plusieurs petits ports où se mêlent les bateaux de pêche et de plaisance.

Le long de la digue, un petit port et la vasière 
Le port à marée basse 
Le port principal à marée haute 
 Le port lors de la grande marée d'équinoxe

Dans notre découverte du Lay à partir du port L’Aiguillon sur mer, nous remontons jusqu’au barrage de Braud construit en 1963 pour évacuer le débit du fleuve en amont et réguler les entrées d’eau dans le marais tout en jouant un rôle de protection des submersions marines.

Le barrage de Braud 

A l’arrière du barrage, nous sommes intrigués par le ballet de deux bateaux de pêche. Manifestement, ils pêchent !

Le Lay et le barrage en amont du port 

Toujours en remontant le fleuve, nous arrivons au port de Moricq qui n’a aujourd’hui pas l’aspect d’un port : quelques maisons le long d’un canal qui rejoint le Lay.

Le Lay au niveau du port de Moricq 

Pourtant, au moyen âge, Moricq était un port actif. C’est à cet endroit que le Lay se jetait dans l’océan. Grues, Triaizé et St Michel en l’herm était alors des îles dans le golfe des pictons. L’assèchement progressif du marais au 17ème siècle provoqua l’ensablement de l’embouchure et peu à peu la constitution de la côte actuelle. Il ne reste aujourd’hui que la tour du château médiéval qui contrôlait les mouvements maritimes et fluviaux entre l’arrière pays et La Rochelle au moyen âge.

Vers 1730, Madame de la Taste, propriétaire de la tour, obtient l’autorisation d’assécher les marais et de faire des aménagements pour rétablir l’activité du port de Moricq. Très florissant, ce port eut une activité importante et connut son apogée vers 1886, on dit qu’il fut le premier exportateur de grains de la façade atlantique en 1844. Peu à peu envahi par la vase, il cesse son activité en 1906.

Mais revenons sur la côte.

La Faute-sur-Mer

C’est une station balnéaire située sur le cordon dunaire rive droite du fleuve Le Lay. Vers le Sud du cordon dunaire, c’est la Pointe d'Arçay avec sa forêt protégée.

Plage de la Faute
Plage de la pointe d'Arçay
 De la plage de la faute sur Mer à la pointe d'Arçay

Du côté de l'estuaire du fleuve Le Lay, un observatoire a été installé dans une zone de marais salant. Au loin, nous apercevons la Pointe de l'Aiguillon.

 L'observatoire de la pointe d'Arçay

La plage de la Faute sur mer se trouve dans le prolongement du site de la Belle Henriette.

La lagune de la Belle Henriette

La réserve naturelle nationale de la Casse de la Belle Henriette, créée en 2011 protège l'une des dernières lagunes marines naturelles du littoral atlantique. Elle se situe au nord de la Faute sur mer. Au 16ème siècle, la presqu'île de la Faute sur mer avec la Pointe d'Arçay n'existait pas et le site de la Belle Henriette était le débouché d'un bras du Lay dans l'océan atlantique. Ce n'est qu'au 17ème siècle qu'apparait une pointe de sable qui repoussera vers le sud l'estuaire du Lay. Jusqu'au 20ème siècle, le cordon dunaire gagnera du terrain sur la mer mais depuis quelques années suite aux dernières tempêtes (1999 - 2010) l'instabilité du trait de côte a poussé les autorités locales à protéger la lagune.

La lagune du côté de la Faute sur mer 
La lagune de l'autre côté de l'estuaire

Entre les deux, il y a l'estuaire de la lagune. Son emplacement peut varier en fonction de l'importance de certaines tempêtes.

vue côté mer
vue côté terre
L'estuaire de la Lagune 

Son aspect varie suivant les marées. La lagune se vide à marais basse et se remplit à marais haute mais ce phénomène est encore plus visible lors des grandes marées. C'est même impressionnant à marée haute ! Lors des grandes marées, la lagune est submergée. Cette situation de submersion reste limiter au cours de l'année. Cette fois, la météo était bonne et la mer calme mais il faut imaginer ce que cela peut être quand la mer est agitée par vent fort !

L'estuaire de marée basse à marée haute en grande marée 
Impressionnant la différence de paysage  pendant une période de submersion !

L’accès à la grande plage de la Belle Henriette se fait à partir d'une grande passerelle située en face du camping de la belle Henriette. A cet endroit, la lagune est prise par la végétation, elle offre un aspect différent de sa partie Sud du côté de la faute sur mer.

La passerelle 
Paysages identiques à marée basse et à marée haute au niveau de la passerelle
 La plage de la belle Henriette
Les parcs de bouchots à marée basse et L'estuaire 
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Lorsque l’on regarde une carte, il est difficile de repérer le cours d’eau naturel tellement le système de canaux est important. En lisant l'histoire de tous les aménagements réalisés au cours des siècles, on ne peut pas dire qu'il y ait eu une gestion globale et harmonieuse.

Toute l'histoire du marais s'organise autour d'un double défi sans cesse renouvelé : contenir les assauts de l'océan et organiser l'évacuation des eaux de ruissèlement qui affluent dans ce vaste territoire en grande partie situé en-dessous du niveau des hautes mers.

Façonnés par l'homme, les paysages du Marais Poitevin résultent d'un subtil équilibre entre la terre et l'eau : la terre grise et noire accumulée par des millénaires d'alluvions et l'eau ruisselant dans la plaine alentour, maitrisée en un réseau dense et complexe de milliers de kilomètres de canaux.

Aujourd'hui l'autre défi est de protéger le marais humide. Avec la modernisation des techniques agricoles et des engins permettant de faire des travaux d'aménagement, la surface des terres humides est en recul et les zones encore humides souffrent de période de sécheresse.

Avant de suivre la Sèvre Niortaise et ses affluents depuis leurs sources, je n'imaginais pas le volume d'eau que pouvait drainer le bassin de la Sèvre Niortaise. A l'origine, ce ne sont qu'une multitude de sources et de petits ruisseaux sur un relief peu élevé. La surface du bassin versant est importante.

Référence des informations :

Recoupement de diverses sources : Panneaux d'informations sur site - Différents sites internet - différents livres :

"Petite histoire du marais poitevin" d'Eric Rousseau et de Yves Le Quellec

"le marais poitevin des origines à nos jours" de Yannis Suire

"Marais Poitevin d'hier à aujourd'hui" Bernard Martineau

"Bas Poitou vers 1700" Yannis Suire

"Marais Poitevin" Yannis Suire et Michel Paradinas