Carnet de voyage

La Bosnie-Herzegovine

8 étapes
2 commentaires
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Sur le chemin du retour, nous terminons notre périple dans les Balkans en passant par la Bosnie-Herzegovine.
Du 19 au 29 juillet 2018
11 jours
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C'est avec un ciel gris que nous arrivons en Bosnie. Nous passons la frontière à Scepan Polje au niveau de la confluence entre les rivières Piva et Tara. Nous allons à Foca pour retirer de la monnaie locale (le mark) avant de prendre la direction de Trebinje.

Nous traversons le parc national de Sutjeska que nous comptions découvrir mais par manque d'information, nous n'avons fait que passer. A Tjentiste, le centre de visite est désaffecté et il n'y a que des panneaux d'information et une carte sur laquelle il y a des zones avec des petites têtes de mort. Ce sont des zones où il y a encore des mines. Nous nous sommes contentés de la vue à partir de la route et c'est bien dommage car le relief est impressionnant et il y a une forêt primitive...

Le parc national de Sutjeska  vu de la route

Passés les gorges de la Sutjeska à environ 400 m d'altitude, la route monte sur un vaste plateau à 1100 m. Puis nous descendons sur un autre plateau à 900 m avant de descendre à 600 m. C'est une descente par pallier dans un paysage de steppe puis de causse. Sur la route, nous longeons le lac de Klinje.

Le lac de Klinje 

Nous arrivons au lac de Belica, très grand lac de barrage à environ 400 m d'altitude avant de rejoindre Trebinje. Nous passons la nuit sur un camping sympathique au bord de la rivière Trebisnjica entre Trebinje et la frontière monténégrine. Nous sommes seulement à 300 m d'altitude et nous avons retrouvé la chaleur et le soleil.

En quittant le camping, nous montons sur la colline de Crkvina où se trouve un complexe religieux récent. De là, nous avons un beau panorama sur la ville, la vallée et le Mont Leotar. C'est un paysage minéral et aride. Nous visitons ensuite le quartier ottoman de Trebinje qui a beaucoup souffert pendant le conflit des années 1992-95.

L'église du complexe religieux
Le quartier ottoman de Trebinje
Trebinje vu de la colline Crkvina
Trebinje 

Nous descendons la vallée de la rivière Trebisnjica, elle est canalisée depuis Trebinje. Elle passe dans un paysage très aride avec en fond de vallée de la vigne et des arbres fruitiers.

La vallée de la rivière Trebisnjica 
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Nous prenons ensuite une route secondaire pour rejoindre la ville de Capljina. C'était une petite route à une voie sur une ancienne ligne de chemin de fer ! Heureusement il n'y a pas eu beaucoup de croisement.

Nous arrivons sur le bord du lac Donje Blato. En remontant la E73, au niveau de Klepci, une petite route mène à la réserve ornithologique d'Hutovo Blato. Ce n'est ni la bonne heure ni la bonne période pour faire de l'observation. En effet, c'est une zone d'hivernage pour les oiseaux migrateurs et une zone de nidification pour les espèces locales.

Le lac Donje Blato
La réserve ornithologique d'Hutovo Blato

Au sud de Capljina sur la route Zeljeznicka, il y a le site archéologique de Mogorjelo. Il s'agit d'une villa fortifiée datant du Ier au IV siècle de notre ère. En la visitant on pourrait penser qu'il s'agissait plutôt d'un hôtel avec plusieurs chambres avec des pièces plus grandes pour recevoir. Il y a un emplacement pour les latrines. Plus au centre, il y a une zone de stockage, un four, un pressoir... l'ensemble est entouré de fortification. C'est une structure romaine surprenante. L'entrée du site est tout aussi surprenante. Apparemment, ce site appartient à un restaurant et pour pouvoir visiter il faut consommer au moins une boisson !

Le site archéologique de Mogorjelo 

A quelques kilomètres de Capljina, sur la route de Ljubuski, il y a un accès par une petite route aux chutes de Kravica sur la rivière Trebizat. Elles s'étalent sur 120 m de large en arc de cercle et 26 m de haut. C'est un beau site très rafraîchissant.

Les chutes de Kravica 

Nous visitons ensuite Pocitelj, un ancien village en pierre situé entre une colline calcaire et la rivière Neretva. Nous montons jusqu'à la hauteur de la forteresse en suivant des ruelles pavés. Nous visitons la mosquée. Il y a également un Hamam et une école coranique (Medressa). Ces deux édifices ne sont pas visitables, ils sont trop endommagés suite à la guerre de 1992-95.

Tour de l'horloge
Pocitelj 
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Nous rejoignons Stolac qui compte une forte concentration de sites historiques. Il se fait tard alors nous nous installons sur la camping "Heaven in nature" au bord de la rivière Bregava. C'est une ambiance très sympa et il est possible de faire la lessive. Le paysage est très aride mais la rivière est rafraîchissante.

sur le bord de la rivière Bregava au camping

Pendant que la lessive sèche, nous partons à pied du camping pour aller visiter Stolac. Nous sommes à 2,5 km du centre. Pour cela nous devons prendre la route qui est très circulante mais d'après le guide du Petit Futé, il y a des moulins et des complexes résidentiels avec des constructions de style ottoman le long de la rivière Bregava en descendant vers le centre du bourg. Ce sont effectivement de très belles constructions mais pas vraiment accessibles. Il n'y a pas de centre d'information alors il nous faut suivre les indications du guide. En descendant vers le centre, nous pouvons voir les moulins de la Bregava, impressionnants par la longueur des bâtiments qui pouvaient avoir plusieurs roues.

En descendant la Bregava 

Nous arrivons au pont Inat à côté de la mosquée du Cuprijska. Nous allons ensuite voir la mosquée de l'empereur puis celle de Podgradska avant de monter à l'imposante forteresse. Il y a quelques maisons ottomanes.

Le pont Inat
Maison ottomane au niveau du pont
La mosquée du Cuprijska
La mosquée de l'empereur
La Forteresse
Stolac vu de la Fortresse
Stolac 

La ville a été beaucoup endommagée par la guerre de 1992-95 et les édifices ottomans ont été détruits notamment de très vieilles mosquées. Beaucoup d'édifices ont été reconstruits mais il reste encore beaucoup de traces d'impacts sur les murs des maisons.

Avant de quitter Stolac, nous nous arrêtons sur la route au niveau de la nécropole Bogomile de Radimlja. Les stèles funéraires du moyen âge sont imposantes et présentent des sculptures. Un peu plus haut, il y a également le site de la cité Illyrienne de Daorson mais l'accès n'est pas facile pour le camping-car. Les Bogomiles sont des chrétiens hétérodoxes considérés par les églises catholique et orthodoxe comme des hérétiques.

La nécropole du moyen âge de Radimlja 

Stolac pourrait avoir une certaine homogénéité architecturale mais un complexe religieux catholique moderne a été construit au centre du bourg avec un campanile qui rivalise les minarets par sa hauteur.

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Nous partons pour Blagaj où il y a la source de la rivière Buna, le Tekke et une forteresse. Nous nous installons sur le camping Aganovac à Blagaj situé sur le bord de la rivière Buna. C'est un très petit camping proche des sites à visiter. Nous avons eu un très bon accueil avec des informations sur Blagaj et la région de Mostar.

Nous partons donc à pied pour visiter le Tekke qui se situe au pied d'une falaise d'où sort la résurgence de la source de la rivière Buna. C'est un édifice religieux qui accueille une communauté de derviches.

Le Tekke et la source de la rivière Buna 

Puis nous montons jusqu'à l'ancienne ville fortifiée qui se trouve au dessus de la source et du Tekke. Il fait chaud et il faut monter environ 300 m de dénivelé pour arriver au niveau du château. Le sentier d'approche est agréable et nous montons dans un paysage de garrigue aux chants des cigales.

La Forteresse de Blagaj 

Lorsque nous quittons Blaggaj vers 8H30 pour Mostar le ciel est gris. Nous nous stationnons sur le parking derrière l'église catholique franciscaine à Mostar.

Puis nous partons à la découverte de Mostar et notamment de Mostar Est, la veille ville ottomane autour de son vieux pont, célèbre par sa forme et sa hauteur au dessus de la Nerevta. Celui-ci construit en 1566 avait réussi à passer les siècles mais lors de la guerre de 1992 -1995, il a été détruit comme la plupart des édifices religieux.

Le pont de Mostar 

Ce que nous visitons aujourd'hui a été restauré voire reconstruit mais il reste encore beaucoup de traces de cette guerre : les squelettes de grands bâtiments qui tombent en ruine, les impacts de balle sur de nombreuses maisons... Et peut-être, le plus impressionnant c'est la place d'Espagne avec le lycée de Mostar flambant neuf aux couleurs éclatantes et le squelette de la banque de verre, le plus haut édifice qui a servi aux snipers pour tirer sur Mostar Est et contrôler la ligne de front situé au niveau du boulevard "Bulevar" séparant Mostar Est et Mostar Ouest. De l'autre côté, face au lycée il reste encore de nombreux squelettes de bâtiments....

La Banque de verre
Le lycée
La Place d'Espagne 

C'est dans cette ambiance particulière que nous avons visité le musée du Hammam, plusieurs mosquées et deux belles maisons ottomanes (la résidence Biscevica de 1635 et la maison Kajtaz du XVIème siècle, la plus authentique car elle n'a pas été remaniée). Cela fait plus de 20 ans que la paix est revenue mais on ressent toujours une division, voire une provocation dans la construction des édifices religieux.

Mostar 
La résidence Biscevica 
La maison Kajtaz  

Du côté Ouest de Mostar, l'église des franciscains (Bosno-croates) est en construction et sur la colline de Hum, il y a une immense croix catholique de 33 m. Du côté Est, les mosquées et le pont ont été reconstruits par les Bosniaques avec l'aide de L’Unesco. Du même côté, les orthodoxes (Bosno-serbes) sont partiellement revenus et la cathédrale est en cours de construction.... Nous terminons notre visite par l'exposition photos sur la guerre et la destruction du pont.

Nous quittons Mostar par la route M17 et remontons la vallée de Nerevta avec un peu de soleil et beaucoup de nuages après une grosse averse orageuse. Le relief s'élève et nous passons le large canyon de la rivière Nerevta en faisant un aller retour dans la vallée de la Drezanka.

La vallée de la Drezanka

Nous passons la nuit sur le camping Oaza situé au bord du lac de barrage de Jablanica alimenté par la rivière Nerevta un peu avant Konjic.

Nous partons vers Konjic et prenons la route pour aller jusqu'au lac Boracko, niché en fond d'une vallée.

Le lac Boracko 

De là, nous essayons de rejoindre la station de Rujiste par une piste qui passe dans un premier temps en corniche au dessus du lac puis nous montons à 1100 m au niveau des alpages où nous découvrons des stèles d'une nécropole médiévale. A partir de Rujiste, nous redescendons dans la vallée de la Nerevta. Nous sommes revenus un peu sur nos pas car le guide du Petit Futé nous indiquait une route féérique. C'était en fait une route de montagne banale.

En montant vers la station de Rujiste 

Enfin, ce fut l'occasion de repasser dans le canyon de la Nerevta avec un meilleur éclairage.

Le canyon de la Nerevta 
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Nous poursuivons vers Sarajevo en passant par la route qui mène aux Monts Bjelasnica et Igman. Il y a de vastes parking au niveau de la station de ski fond avec une belle vue sur les sommets mais le temps est nuageux et brumeux. Le site est agréable pour faire une pause. Cela fait du bien, un peu de nature car toutes les villes et bourgs traversés portent encore les traces de la guerre.

Nous descendons ensuite sur Sarajevo pour trouver un camping. Le camping Oaza du même nom que celui que nous avons quitté ce matin est situé dans une zone boisée agréable. L'accueil est très moyen mais nous sommes proche de la station de tram d'Ilidza .

Nous prenons le véhicule pour aller jusqu'à la station de tram d'Ilidza où nous montons dans le tram 3 pour aller au centre ville soit environ 3/4 heure de trajet. Le tram est hétéroclite car les rames viennent de différents pays. Cela donne une ambiance très rétro et c'est assez brinquebalant.

Nous descendons au niveau du pont latin (célèbre car c'est en face de ce pont qu'a eu lieu l'attentat qui a déclenché la guerre de 14-18). Puis nous montons jusqu'à une mosquée où il y a le tombeau des 7 frères, lieu de superstition fréquenté par toutes les communautés. Nous passons ensuite devant l'église St Antoine de Padoue et de son monastère, de construction récente (1914), cet ensemble franciscain a la particularité d'être ouvert à toutes les confessions et proposait jusqu'à la guerre de 1992-95, la soupe populaire. Face à l'église il y a une grande brasserie et son musée au couleur chatoyante.

Le tombeau des 7 frères
L'église St Antoine de Padoue
Le musée de la brasserie

Nous revenons vers la mosquée de l'empereur, superbe ensemble religieux avant de longer la rivière Miljacka et voir la "maison du Dépit" en rapport avec la bibliothèque nationale aux couleurs éclatantes.

La mosquée de l'empereur
La mosquée de l'empereur
La mosquée de l'empereur
Fontaine Sebilj
Bibliothèque nationale

Nous passons par la place Sebilj ou place aux pigeons avant de monter sur la colline Curcica pour visiter la maison Svrzo qui mérite vraiment le détour.

La maison Svrzo 

Nous terminons notre visite par le complexe de Gazi Husrevbegova comprenant la mosquée, une Madressa, un marché couvert, un hamam, un caravanserail, la tour de l'horloge.

La mosquée de Gazi Husrevbegova

Il est parfois difficile de repérer certains édifices qui sont entourés d'une multitude de boutiques. Nous déjeunons dans un restaurant dans ce quartier très animé, une sorte de 1/2 tourte contenant de la viande hachée accompagnée d'oignons.

Nous reprenons le tram, cela permet de côtoyer les habitants et d'avoir une image globale de Sarajevo car le petit centre ville très touristique, bien restauré laisse une image idyllique de la ville .

Mais Sarajevo est une ville grise avec encore de nombreux stigmates de la guerre malgré des chantiers de constructions importants. Cette ville qui se trouve à environ 500m d'altitude est entourée de collines et de montagnes. Le centre se concentre le long de la rivière Miljacka mais très vite les habitations s'étagent sur les collines. On retrouve dans les constructions l'empreinte de l'architecture austro-hongroise. Ces maisons sont souvent en mauvais état et les façades sont grises à cause de la circulation importante et de l'état du parc automobile.

Retour au parking et nous remontons vers la station de ski de Bjelasnica dans l'espoir de voir le sommet annoncé par le guide comme blanc malgré sa hauteur modeste 2067 m car "un immense glacier recouvre sa face nord". Lorsque nous arrivons, il y a du soleil et le télésiège fonctionne alors pourquoi pas monter voir ce sommet blanc. Au moment de prendre le ticket, le télésiège s'arrête et lorsqu'il repart une heure plus tard, le ciel s'est assombri et bien entendu arrivés en haut il pleut et nous ne voyons rien. Et le comble, nous sommes les seuls à descendre et une personne nous dit que nous n'avons que 20 mn avant de redescendre.... Manifestement, il n'est pas prévu de descendre, le télésiège a l'air d'être utilisé comme un manège....

En descendant le ciel s'est allégé et si nous avions attendu, on aurait pu voir le sommet ! Nous repartons très contrariés. Sur la route, nous pouvons voir le massif du Bjelasnica dégagé et nous constatons qu'il y a peu de chance qu'il y ait un immense glacier !

Le massif du  Bjelasnica

Nous repartons vers Konjic et nous revenons sur le camping Oaza au bord du lac de Jablanica car l'accueil y est très sympathique.

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En rejoignant la Bosnie centrale, nous faisons un détour par le parc naturel de Blidinje et par le lac de Ramsko. Un peu de nature après les visites de villes fait du bien.

Du camping, nous partons sur Jablanica où nous prenons la route M227 qui passe dans le parc naturel de Blidinge. Nous n'avons aucune information mais nous essayons. Il faut juste ne pas s'éloigner de la route à cause des mines. La route est correcte jusqu'au village Sovici mais elle devient piste sur 3,5 km. Elle redevient une belle route lorsque nous arrivons sur le plateau de Risovac à 1200 m ! Nous poursuivons jusqu'au lac Blidinje et en traversant ce beau plateau, nous avons des points de vue sur le massif qui compte 4 sommets de plus de 2000 m dont 2 à 2200 m.

En montant vers la parc naturel de Blidinje
Lac Blidinje
Parc naturel de Blidinje 

Un peu avant le lac, il y a une nécropole du moyen âge avec de belles sculptures. Nous ne regrettons pas d'avoir fait ce détour malgré la piste.

Nécropole médiévale 

Nous revenons sur Jablanica et remontons jusqu'à Prozor où nous allons au lac de barrage Ramsko sur la rivière Rama un affluent de la Nerevta. Le lac aux rives très découpées est entouré d'un relief aux formes arrondies.

Lac de Ramsko 

Nous prenons ensuite la direction de Travnik et passons de beaux paysages en montant à un col à 1200 m. Travnik est la capitale historique de la Bosnie centrale. La visite y sera assez rapide. Nous commençons par voir la forteresse qui est en très bon état. Puis nous descendons vers la mosquée Sulejmanija ou mosquée colorée qui est actuellement en travaux. C'est bien dommage car ce que nous en voyons à l'air vraiment superbe. Nous voulions également voir la maison traditionnelle d'Ivo Andric, écrivain du XXème siècle, mais elle est fermée...

La forteresse
Maison d'Ivo Andric
Cimetière musulman
Travnik 

En repartant nous montons en direction de la station de ski au pied du Mont Paljenik qui culmine à 1933 m. Nous passerons la nuit au bord de la route à 1000 m et comme tous les soirs en montagne, il s'est mis à pleuvoir. Enfin aujourd'hui a été une belle journée ensoleillée.

En montant vers  la station de ski

Le ciel est nuageux lorsque nous partons pour Jajce en descendant la vallée de Vrbas. C'est une longue vallée, étroite et très verdoyante. En arrivant à Jajce, il s'est mis à pleuvoir. Nous avons patienté en espérant que ce soit une averse orageuse passagère. L'averse passée, nous partons à la découverte de Jajce, nous commençons par les catacombes puis nous montons jusqu'à la forteresse où il s'est mis à pleuvioter. En descendant le ciel devenait de plus en plus sombre alors nous avons déjeuné au restaurant. Bien nous en a pris car nous avons ainsi évité un véritable déluge.

La forteresse de Jajce 

Nous allons voir ensuite les chutes de la rivière Pliva au cœur du bourg . Ce sont de très belles chutes qui se jettent dans la rivière Vrbas par une dernière petite cascade. C'est un site où il ferait bon flâner mais l'orage et la pluie n'arrivent pas à sortir de la vallée et il se remet à pleuvoir... Nous revenons très humide au camping-car. Nous avons envie de sortir de cette vallée mais dans un dernier sursaut nous décidons de faire le tour des lacs de la Pliva en véhicule.

Les chutes de la rivière Pliva  au coeur de la ville

Et c'est pendant une accalmie que nous faisons le tour des petits moulins à eau de l'époque ottomane. Ils sont situés entre 2 lacs l'un alimentant l'autre en passant par les moulins. C'est vraiment un très beau site, dommage que le soleil ne soit pas au rendez-vous.

Les moulins ottomans sur la rivière Pliva 

Nous continuons à descendre la vallée parfois très étroite et passons des gorges. C'est un très beau parcours avec de beaux points de vue mais cette vision est gâchée par le temps pluvieux et une importante zone de déchets qui flottent sur la rivière !

Eclairage du soir
Eclairage du matin
Les gorges de la rivière Vrbas 
Pollution sur la rivière Vrbas 

Nous arrivons à Kupra Na Vrbasu où nous avons repéré un camping. En fait, il est fermé mais nous nous installons, la cadre est sympathique. La journée aura été très humide.

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Au réveil, le ciel paraît dégagé mais très vite il s'assombrit. Nous décidons de quitter la vallée de Vrbas. Nous la remontons jusqu'à la route en direction de Bihac et traversons d'Est en Ouest la région jusqu'à Bosanka Krupa où nous prenons la route M-14.2 puis la R108 pour rejoindre Martin Brod dans le parc national d'Una. Cette petite route passe dans un paysage de causse avec quelques vues sur les gorges de la rivière Unac, affluent de la rivière Una.

A Martin Brod, nous remontons un peu la vallée d'Unac avant d'aller jusqu'à la cascade sur la rivière Una. C'est un beau site.

Les gorges et la rivière Unac 
La cascade de la rivière Una à Martin Brod 

Nous reprenons le véhicule pour rejoindre la cascade de Strbacki buk. A partir d'Orasac, il faut prendre une piste très poussiéreuse de 8 km avec des croisements difficiles mais le site mérite bien le détour.

La cascade de Strbacki buk 

Ces deux sites dans le parc national d'Unac ont des entrées payantes. En poursuivant sur Ripac, nous allons jusqu'à la petite cascade de Dvoslap non loin de la frontière croate. L'ensemble du parc est agréable et c'est bien de le découvrir avec le soleil.

La petite cascade Dvoslap 

Nous passons la nuit sur le camping à Golubic en bordure de la rivière Una entre Ripac et Bihac.

Nous visitons Bihac avant de quitter la Bosnie. A partir du guide, nous cherchons non sans mal le vieux cimetière musulman où les veilles tombes côtoient les plus récentes. Puis nous allons voir la mosquée Fethida qui était à l'origine une église catholique, la tour Kapetan, seul vestige d'une église catholique et un mausolée musulman.

Une porte gothique pour la mosquée Fethida
Bihac 

Et c'est sur cette dernière visite que ce termine notre découverte de la Bosnie-Herzégovine.

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C'est un pays qui ne laisse pas indifférent. Le contact avec la population a été très agréable mais on y ressent encore le poids du passé récent et c'est parfois pesant. C'est un petit pays d'environ 3,5 millions d'habitants pour une superficie de 51 000 km².

Il compte deux entités politiques autonomes, la Fédération de Bosnie et Herzegovine et la République Serbe. La population se repartit essentiellement par ordre d'importance entre les Bosniaques, les Serbes et les Croates. A l'origine, les habitants de la Bosnie sont slaves mais au contact des influences de l'occident, de l'orient et des ottomans, la population s'est divisée en 3 peuples : les Bosnos-Croates d'influence catholique romaine, les Bosnos-Serbes marqués par l'empire byzantin et les Bosnos-musulmans de la période ottomane. Certains musulmans sont également les descendants des Bogomiles. Pendant la période ottomane, la religion musulmane n'a pas été imposée et les 3 peuples ont cohabité.

Et c'est dans ce contexte multiculturel que la Bosnie est devenue indépendante après 45 ans d'appartenance à la Yougoslavie en tant que peuple slave. Puis les entités se sont exacerbées soutenues d'un côté par les Serbes et de l'autre par les Croates. Il y a eu dans un premier temps une coalition des Bosnos-Croates et des Bosniaques contre les Serbes. Ces derniers vaincus, ce sont les deux autres entités qui se sont déchirées....

Au niveau touristique, ce n'est pas toujours facile de se repérer ou d'accéder aux sites. Ce n'est pas encore la priorité pour le pays qui a tant à faire à se reconstruire. Nous n'avons pas rencontré beaucoup de touristes occidentaux. Par contre, il y a de nombreux touristes musulmans venant des pays du golfe.

Bien que ce soit un pays montagneux, les routes étaient globalement correctes à part quelques surprises avec des tronçons de pistes. Nous avons parcouru 1729 km.

Ce que nous n'avons pas fait mais qu'il aurait été intéressant de voir ou de faire :

- Des randonnées dans le parc national de Sutjeska accompagnées à cause des mines

- Découvrir les sommets autour de Sarajevo

- Les chutes de Skakavac au sud de Sarajevo

- La nécropole Bogomile de Boljuni au sud de Stolac

- Le parc naturel d'Hutovo Blato en période d'hivernage et de nidification

Bibliographie : "Le pont sur la Drina" d'Ivo Andric

C'est l'histoire du pont situé à Visegrad sur la Drina près de la frontière Serbe depuis sa construction au XVIème siècle jusqu'à sa destruction en 1914. A travers les événements qui se déroulent sur et autour de ce pont, on y découvre toute l'histoire de la Bosnie entre l'occupation des Turques et celle des Austro-Hongrois. C'est également toute l'ambiance de la vie en Bosnie au fil des siècles avec les drames individuels se mêlant aux tragédies collectives.

C'est un livre intéressant pour comprendre la Bosnie et ses conflits. C'est un pays où se rencontre l'orient et l'occident avec des périodes de tolérance et des périodes d'affrontements entre les différentes communautés.

Ivo Andric est un écrivain bosniaque à l'esprit yougoslave et pour cause. Croate par son origine, catholique par sa religion, Serbe par son choix et bosniaque de naissance et par ses racines, on imagine facilement la difficulté à porter toutes ces différences et son désir de les unifier à travers la yougoslavie.


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