Carnet de voyage

Archipel

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Dernière étape postée il y a 7 jours
Par Zarky
Ce carnet à l'usage de mon petit monde trace ma route d'Extrême-Orient dans les îles indiennes (Indonésie), en Thaïlande, Malaisie, Birmanie... Parce qu'il me faut partir et vivre.
Juin 2019
20 semaines
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Publié le 26 juin 2019

Dire au revoir, et plusieurs fois, c'est l'occasion de répéter de très beaux moments. Ça réchauffe le cœur, ça rassure, c'est joyeux et touchant.

Le voyage m'attire comme un astre mais je sais que ma petite planète me manquera souvent et que je serai heureux de la retrouver.

Merci à tous et surtout à toi, Céline, de m'avoir compris et laisser partir... pour un temps.

La guinguette du phare à Lestiac samedi 22 juin hommage à Nicolas B
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Et c'est en France que je vis déjà ma première aventure. Mon bagage tarde à Orly, la correspondance est juste à Roissy, le bus est pris dans les bouchons... Je cours dans le terminal et j'embarque le dernier par miracle pour Bangkok, tous mes sacs en cabine. Très essoufflé, mais heureux !

Note pour plus tard : plus jamais de correspondance Orly-CDG.

Un air de ressemblance, non 😉 ?
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Publié le 2 juillet 2019

C'est la mousson. Dans les rues de Bangkok le vacarme est assourdissant. Les moteurs grouillent de partout. Voitures, tuk-tuks, camions, motos. La chaleur colle, les fils électriques pendent, les gargotes pullulent. Tout foisonne, en vrac.

Dans les bons restaurants le calme est climatisé. Délice d'épices, de currys incendiaires, de coco, mangues, citrons, papaye, viandes et poissons. Dans ceux des rues, des plats plus simples accompagnés d'odeurs d'échappement.

La nuit, une nouvelle ville sort des profondeurs. Des jeunes filles et des ladyboys se postent sur les trottoirs aux portes de salons de massage inaperçus avant. Commerce local florissant. Rien d'interlope. C'est comme ça à Bangkok.

Les misérables côtoient des tours ultra modernes aux terrasses vertigineuses. Les boutiques des malls sont insolentes de luxe. Dior s'affiche sur écran géant. Hôtels Hyatt.

Chinatown grouille de ses mille boutiques. Ici des palans, là de l'or, de la pharmacopée chinoise, plus loin des canards.

Et, dans les jardins, sur les quais, les temples quadrillent l'espace et habritent le sage Boudha, omniprésent.

Saturation de contrastes.


Merci à Olicier, Hakima, Wassim et Mariame pour votre accueil si chaleureux dans votre havre, et pour ces festins inoubliables. Merci aussi à vos charmants amis du guide Michelin.


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Publié le 4 juillet 2019

Le volcan de Sibayak siffle comme une cocotte et sent mauvais. Il crache son souffre jaune tant qu'il peut, et fume avec l'arrogance du plus fort.

À Sumatra il faut se soumettre aux décisions des enfers.

En contrepartie, des paysages puissants aux dimensions immenses : cascade de Sipiso Piso et lac Toba.

Pour les atteindre, il faut subir la musique locale kitch de bus bondés englués dans la congestion. C'est sans échappatoire.

À Berastagi je ne passe pas inaperçu.Sur mon passage les enfants me sourient, m'appellent "hello Mister !", et se prennent en photo avec moi.

Et puis, régulièrement, le minaret fait son appel au dessus des églises du pays Batak.

C'est certain, je suis ici à l'étranger.



Gunung Sibayac
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Publié le 11 juillet 2019

À Sumatra j'ai plongé dans la forêt primaire.

Malgré tous les saccages des plantations de palmiers y survit une jungle dense, profonde et luxuriante.

Le parc national Gunung Leuser appartient aux tigres, aux éléphants, aux singes et à beaucoup d'autres créatures sauvages.

Seuls les singes se laissent observer, haut perchés : orangs-outans, siamangs, semnopithèques de Thomas (Thomas leaf monkey), macaques.

Il faut voir une mère orang-outan veiller sur son bébé, construire son nid, avec ses bras semblables aux nôtres, par ses formes, par ses mouvements. Il faut croiser son regard aussi. Troublant.

En indonésien orang signifie "homme", outan "forêt".

5 jours d'immersion. Expérience unique. Jungle, cascades, sources d'eau chaude.

Supri, mon excellent guide, débusque les animaux comme par magie. Son compte instagram "Supri Ketambe" propose de très belles photos.

Son organisation (www.orangutan.org) étudie et protège les ourangs outans.

Notre planète est si belle.


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Publié le 17 juillet 2019

Le lac Toba est Immense : 100 km par 35 km, profond jusqu'à 500 m.

Il est né d'un supervolcan dont l'éruption prodigieuse, il y a 74 000 ans, projeta ses cendres à 3 000 km alentour. Le Vésuse n'est qu'un gamin à côté. Il a probablement causé une extinction planétaire par la formation de nuages d'acide sulfurique tout autour du globe.

Magnifique lac Toba : bleu, paisible et doux aujourdhui. Il fait bon se poser et souffler sur l'île fleurie de Samosir.

C'est la patrie des Bataks Toba, encore sauvages il y a un siècle. Leurs tombeaux parsèment le pourtour du grand lac. Ces Bataks adorent la musique. Je n'ai pas leurs goûts mais c'est toujours joyeux. Ils semblent heureux et généreux.

Étape de repos et de vélo.

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Publié le 19 juillet 2019

Mon chauffeur de bus à l'aéroport de Medan était bien à sa place, les pieds sur le volant. Il dormait comme une souche : premier contact avec la nonchalance de Sumatra.

Dans ce bus bondé, coincé contre une forte Batak et saoulé de musique, on est curieux de moi, on m'offre à manger : générosité qui se répétera.

De très belles rencontres dans cette île où vivent 50 millions d'habitants et plusieurs peuples, fervents musulmans d'Aceh ou joyeux Bataks chrétiens mangeurs de chiens.



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Publié le 26 juillet 2019

De la mer d'Andaman au golfe de Thaïlande c'est une succession de bleus turquoise, de verts émeraude, de ciels purs puis sinistres, annonciateurs de pluies tropicales.

Proche de Krabi les falaises karstiques grumeleuses de Railay s'offrent aux grimpeurs dégourdis. Plus loin on se prélasse dans des baignoires naturelles de sources chaudes. Très heureux moments avec Oliver, Akané et Holger.

Depuis ko Phangan j'ai plongé et croisé des poissons perroquets, des cochets, des mérous, des bancs de barracudas, et beaucoup d'autres plongeurs... C'est une Île de vacances, facile. Bungalow sur la plage, trajets en scooter, randonnées en forêt, massages. La belle vie !



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Publié le 8 août 2019

Restent à Java de profondes traces de l'influence indienne qui nourrissait sa société dès les premiers siècles de notre ère.

Entre temps, bien sûr, l'Islam s'est installé et les colons portugais puis hollandais ont été chassés. Mais les dieux et les démons du Mahabharata et du Ramayana hantent encore l'archipel indonésien. Ils ressuscitent lors de longs ballets, dans les marionnettes d'ombre "wayang" et chantent à travers des masques paisibles ou terrifiants.

Les fantômes indiens occupent deux temples millénaires autour de Yogyakarta : Borobudur le bouddhiste, et Prambanan l'hindou. Eternels malgré les oublis du temps, les séismes et les touristes.


Borobudur
Prambanan
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Publié le 9 août 2019

Universitaire, coeur artistique de Java, Yogyakarta est jeune et vivante. On se balade nombreux, on bavarde, on se déguise, ça vibre joyeusement.

Dans les rues et ruelles des kampungs : des plantes, de petites maisons. Ailleurs, de belles demeures coloniales dans une cité jardin, des taudis colorés et du street art. On croise par hasard des danseuses de kuda lumping (cheval sauteur), un iguane, des becaks (vélos taxis), des motos et des étals sur roulettes, car ici on mange n'importe quand.



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Publié le 10 août 2019

L'atelier d'urbanisme operationnel à la fac de Jodja vient de s'achever. Deux semaines devant 30 étudiants avec Pak Bobi, professeur responsable du département d'urbanisme, Julien, Jeanne et Fanny.

Nos élèves ont planché sur la régénération du quartier de Kotabaru, beau cas d'école où se surposent beaucoup d'enjeux.

Les étudiants étaient excellents et leur gentillesse désarmante. Ce fut intense, revigorant, touchant.

Les échanges avec l'université et nos élèves vont continuer. Et nous sommes prêts à renouveler l'expérience.