Petite semaine d'un groupe de 5 amis en Laponie courant Mars 2020. Un voyage coupé du monde, en quasi autonomie, et dans des paysages magnifiques. Bon visionnage!
Mars 2020
7 jours
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C'est le grand jour! Notre petit groupe part de Paris CDG le matin, aux alentours de midi, avec escale prévue à Helsinki pour une arrivée à Ivalo en fin de journée. Aucun retard à signaler et nous sommes gratifiés d'un superbe atterrissage à Ivalo, au milieu de la neige et des sapins qui forment le paysage qui va nous accompagner tout au long de cette semaine en Laponie.

Arrivée en Laponie 

Nous récupérons les clefs de notre voiture de location et c'est le départ pour le logement, qui marque aussi le début de l'Escape Game pour nous rendre au logement! En effet, nous avons sélectionné un Air BnB un peu atypique, sorte de chalet planté au milieu de la forêt. Dans un premier temps nous récupérons les clefs du logement dans une boîte aux lettres sur la route, puis nous arrivons au supposé parking, situé dans le village de Koppelo. Manque de chance, il ne s'agit pas du parking indiqué par l'hôte mais d'un sentier étroit en pleine propriété privée, et nous nous embourbons dans l'épaisse couche de neige. Deux heures plus tard, les extrémités gelées, nous sommes contraints d'appeler la dépanneuse pour sortir la voiture (heureusement nous avions pris l'assistance protection complète lors de la location!).

Nous parvenons enfin au parking. Pourtant, c'est loin d'être terminé. Pour accéder au logement, il nous faudra traverser le Lac d'Inari... à pied. En effet, désormais, pour accéder à la voiture depuis le logement, il nous faudra systématiquement faire la traversée de 500m du lac à pied. L'exercice est difficile, avec chacun nos sacs et valise pour une semaine! Nous n'arrivons pas à trouver le sentier dans la nuit noire, à la lampe frontale, nous essayons donc de suivre la lumière du logement de l'autre côté de la rive, en nous enfonçons dans la neige.

Enfin, nous arrivons chez nous et nous précipitons vers nos lits! Quelle arrivée!

Notre logement le lendemain matin
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Ce voyage en Laponie est une petite aventure qu'il est difficile de décrire avec des images. Notre quotidien au chalet y prend une place importante puisque nos activités consistent en : couper du bois pour la cheminée et les saunas (la plupart des maisons en Finlande sont pourvues de saunas privatifs), dégeler et récolter l'eau dans l'unique source située à une dizaine de mètres du chalet, faire du feu, effectuer les aller retour vers la voiture si nécessaire, etc.

Notre logement est situé sur une petite île sur le lac d'Inari, au milieu de nulle part. L'été, le chalet n'est accessible qu'en bateau.

A droite : une réserve de bois. A gauche : un des saunas. 
Traversée du lac gelé entre la voiture et le logement

Il neige en continu ce jour-là, nous passons donc la journée à apprivoiser le logement et ses environs. La température est d'environ -10°C, mais le ressenti est un peu inférieur à cause du léger vent et de la neige.

Le lac offre déjà un spectacle impressionnant avec cette grande étendue de neige à perte de vue, la forêt en bordure, et quelques rares habitations. Lorsqu'il s'arrête de neiger, le silence est absolument total tout autour de nous. Pas un bruit de moteur, pas une voix, quel changement par rapport à Paris!

Parfois, des motoneiges viennent interrompre ce silence. Elles sont utilisées par les locaux pour rallier divers points du lac, et pour transporter leurs affaires. Malheureusement, nous n'avons pas cette chance!

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Nous avons réservé ce jour-là notre première activité du voyage : une session d'ice fishing (pêche sur la glace) de 4h, incluant 1h de motoneige en traineau, 1h30 de pêche, et 1h30 de snack et visite d'un enclos de rennes.

Pour l'ensemble du voyage, nous avons réservé nos activités sur le site d'Inari et le site d'Ivalo. Les tarifs ne sont pas à négliger dans le budget du voyage, mais promettent des activités généralement inédites, et dans un cadre exceptionnel.

Le soleil se lève dès notre départ en motoneige, ce qui nous permet de découvrir pour la première fois la Laponie et ses vastes étendues enneigées sous le soleil. Nous sommes tractés dans un traineau et même si le soleil brille, la température est particulièrement basse. Nous avons toutefois été prévoyants : 2 sous pulls, une polaire, une veste de ski, gants, sous-gants, collants, pantalon de ski, bonnets, sous chaussettes, bref, nous multiplions les couches pour ne pas souffrir du froid. Par ailleurs, le guide a en plus prévu un long et épais manteau à ajouter en plus de tous nos vêtements. Cela nous parait excessif au début, mais nous nous rendons rapidement compte, comme le dit le guide avec justesse : '"il n'y a jamais assez de couches ici"!

Notre guide nous emmène dans un emplacement proche du rivage, idéal pour pêcher. La pêche consiste d'abord à creuser un trou par personne dans l'épaisse couche de glace, à l'aide d'une vrille, ici motorisée. Puis, un appât est déposé sur l'hameçon de nos petites cannes à pêche (semblables à des jouets). Une bonne longueur de fil, quelques à-coup à intervalles réguliers, une ou deux prières, et un poisson devrait mordre!



Heureusement pour nous, nous sommes parvenus à pêcher une petite dizaine de perches sur notre groupe de 5 personnes, de quoi constituer le repas du soir!




Retour en motoneige, et escale dans un Tipi pour déguster une délicieuse soupe au saumon. C'est également l'occasion de rencontrer deux beaux rennes. Nous apprenons que les rennes perdent leurs bois chaque année, ceux-ci étant utilisés pendant la période de rut pour se battre entre eux et ainsi conquérir une femelle. Un des deux rennes a d'impressionnants bois puisque nous ne sommes qu'à environ une semaine de leur chute!

Nous profitons du reste de l'après-midi pour pousser un peu plus loin l'exploration des lieux. Pendant que trois d'entre nous essayent d'appliquer ce que nous avons appris du Ice Fishing (le matériel est disponible au chalet), les autres vont pousser un peu plus loin l'exploration des environs du lac d'Inari en ski. Quel bonheur, l'endroit est tellement vaste que nous ne savons quelle direction prendre, d'autant que tout est à peu prêt accessible en ski. Les épaisses couches de neiges sont plus compliquées à franchir à pied; il est possible de s'enfoncer jusqu'aux cuisses! Nous nous dirigeons vers la lisière d'une forêt et découvrons un petit sentier qui traverse les bois. L'endroit a beaucoup de charme.

Balade sur le lac en ski de fond  
Exploration de la forêt autour du lac  




A notre retour, nous accueillons un sixième compagnon!

Malheureusement, les pêcheurs sont rentrés bredouilles, mais nous réessayerons les jours suivants.




Le soir, nous nous réchauffons avec un bon sauna. Pour le dîner, nous allumons un barbecue avec les poissons pêchés. Nous faisons également griller un beau saumon acheté à Ivalo (seulement 9€ le kg!).

Nous scrutons également le ciel à la recherche de ces mystérieuses trainées vertes... Mais l'épaisse couche de nuage ne semble pas vouloir partir. Même si les aurores ne sont pas l'unique objectif de notre voyage, nous serions tous très déçus de rentrer en France sans avoir eu la chance d'en apercevoir... Nous prenons notre mal en patience et allons nous reposer après cette grosse journée.

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Nous décidons de prendre la route pour aller visiter la station de ski de Saariselkä, célèbre pour ses pistes de ski de fond mais surtout pour sa longue piste de luge de 1,5 km. Les luges sont mises à disposition gratuitement en pied de piste. Pas de remontées mécaniques ce jour-là, le vent étant un peu trop important. Les conditions sont idéales, un grand soleil nous accompagne pour la longue et difficile montée vers le haut de la piste, à pied. Une fois arrivés, nous constatons que plusieurs pistes de luge sont possibles. Nous choisissons la piste rouge, et entamons la descente pour regagner le parking. La neige est de toute façon poudreuse et nous fait naturellement freiner.

Vue de l'autre versant de la montagne 

Le soir, nous retournons au logement en scrutant le ciel. Il semblerait que ce troisième jour soit le bon! Le ciel est dépourvu de nuages et l'indice Kp (environ 3) semble suffisant.

Petite parenthèse concernant la recherche des aurores boréales:

De nombreux sites expliquent en détail comment faire la chasse aux aurores. Pour faire bref, en ce qui nous concerne, nous avons sélectionné notre logement suffisamment au Nord et loin de toute agglomération pour avoir un ciel dégagé. Parallèlement à cela, nous avons utilisé deux applications: l'une pour suivre l'indice Kp et la situation des aurores boréales sur la zone géographique (application Aurora Forecast disponible pour Android & Iphone), et une pour suivre l'évolution de la météo sur place (application FMI Weather disponible pour Android & Iphone). Notons que plus l'indice Kp est haut, plus l'activité du champ magnétique est élevée et la probabilité de voir des aurores également, à condition bien sûr que le ciel soit dégagé. Il est également important de préciser que pour observer une aurore boréale dans toute sa beauté, il est recommandé de la photographier avec un appareil photo et du matériel adapté, l'oeil humain n'étant pas capable de déceler toutes les nuances des lumières du Nord. Pour notre part nous avions un appareil photo reflex (résistant au froid), un petit trépied facile à transporter, un objectif grand angle, et des batteries de secours.

Au moment du dîner, lorsque le ciel devient noir, les premiers signes commencent à être visibles... Finalement, la magie opère. De 20h à environ 23h, les formes se font et se défont dans le ciel au dessus de notre chalet.

Quelle journée! Nous allons nous coucher plein de belles images en tête.

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Le matin, nous poursuivons l'exploration des alentours avec une randonnée autour du Lac d'Inari. Raquettes pour certains, ski de fond pour d'autres, la balade s'effectue sous un ciel sans nuage! Parfois, il nous faut tracer nous-mêmes le sentier. L'exercice s'avère physique mais comment s'en plaindre.

Ce jour est aussi celui de notre deuxième activité : une chasse aux aurores avec un guide! Nous rejoignons Inari, qui est situé à 45 minutes en voiture au Nord-Ouest d'Ivalo. 30 minutes de motoneige nous conduisent vers un petit campement duquel nous espérons voir les aurores boréales. Malheureusement le ciel est assez couvert et nous ne pourrons observer les aurores que pendant un laps de temps finalement assez court. Cela donnera toutefois de belles images. Nous profitons aussi d'un feu de camps pour déguster le Glögi, qui est un vin chaud traditionnel.

Notre camps de base pour la soirée 

Le jour d'après sera une journée de repos et activités quotidiennes de coupage de bois, denneigeage, entretien du feu, tâches ménagères, etc. Cette journée sera également marquée par notre premier succès de ice fishing par nos propres moyens, au pied de notre logement!

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Cette journée est la dernière avant le grand départ du lendemain. Nous avons prévu notre troisième et dernière activité : la randonnée en traineau, tirés par des Husky!

Départ d'Ivalo donc, et arrivée au chenil où un nombre impressionnant de chiens cohabitent. Le guide propose cinq chiens par traineaux, pour une randonnée sous un soleil éclatant d'environ 1h30. L'expérience est inédite! Une des deux personnes dirige le traineau à l'aide d'une pédale de frein et en basculant son corps d'un côté ou de l'autre du traineau, et l'autre personne... profite du paysage et prend des photos!

Notre guide est un homme passionné, il nous apprend notamment que ces Husky sont une race d'Alaska, capables de courir de très longues distances. Ces chiens sont de véritables athlètes que nous prenons soin de féliciter à la fin de notre petite course.

Le soir, nous guettons nos applications en espérant voir des aurores...

Aux alentours de 20h, les premières traces apparaissent dans le ciel: le résultat est extraordinaire. Pour la troisième fois en trois jours, et plus encore que lors de notre première rencontre avec les aurores, nous distinguons à l’œil nu la danse des lumières du ciel, pour un résultat splendide. Cette fois, les aurores serpentent moins dans le ciel, mais s'apparentent plus à une pluie de lumière qui irradie tout autour de nous, juste au dessus du logement!

Ces belles images marqueront la fin de notre aventure en Laponie. Le lendemain nous rentrons un peu à contrecœur, des images plein les yeux.

La Laponie aura été une aventure extraordinaire et dépaysante, loin de la civilisation. Le genre de voyage qui nous fera regarder le ciel d'un autre œil... et nos thermomètres aussi 😀