Carnet de voyage

Week-end en Bourgogne.

4 étapes
2 commentaires
Par Woofie
Me voilà parti avec Ben à la découverte de Dijon, de Beaune et de ses célèbres hospices, et bien sûr des fameux "climats", qui produisent tant de grands crus mondialement renommés.
Août 2019
4 jours
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Nous avons pris la route hier en fin d'après-midi, de sorte à pouvoir visiter aujourd'hui l'abbaye de Fontenay de bon matin, et ainsi profiter au maximum de notre première journée en Bourgogne. Après donc une soirée et une nuit passées à Marmagne, un petit village tout proche où nous avons commencé à découvrir les spécialités locales ( œufs en meurette et saulpiquet montbardois, à savoir une belle tranche de jambon à l'os recouverte d'une sauce tomatée ), nous gagnons l'abbaye par les charmantes petites routes de la campagne bourguignonne.

L'abbaye de Fontenay, fondée en 1118 dans un vallon reculé et marécageux par l'illustre Bernard de Clairvaux, est la plus vieille abbaye cistercienne - ce qui signifie qu'elle dépendait de l'abbaye de Cîteaux - qui soit parvenue jusqu'à nous. Elle fut baptisée ainsi car le site comporte de nombreuses sources - aussi appelées "fontaines" au Moyen Age.

Abbaye de Fontenay - hors les murs

Dès le portail franchi, et malgré le temps gris et humide qui règne ce matin sur l'abbaye, on est de suite saisi par l'atmosphère et la beauté des lieux, où fut tourné le dernier acte du Cyrano de Bergerac avec Gérard Depardieu dans le rôle titre.

Abbaye de Fontenay

L'église abbatiale - construite entre 1127 et 1150 - est imposante ; pas moins de 66 m de long.

Eglise abbatiale

Le cloître est une splendeur :

cloître

La visite se poursuit par la salle capitulaire - où se réunissaient les moines pour prendre les décisions concernant la communauté.

Salle capitulaire

Puis par la salle des moines, la cuisine, le dortoir et le fournil.

Le bâtiment qui abrite la forge a été construit par les moines à la fin du XIIème siècle. Il s'agissait de travailler le minerai de fer extrait de la colline qui domine le monastère. La dérivation d'un ruisseau permettait de faire tourner des roues qui actionnaient des marteaux pilons. Les moines pouvaient ainsi battre le fer sans effort. Déjà à l'époque, en Bourgogne, on n'avait pas de pétrole mais... on avait de bonnes idées !!

Forge

Le jardin est très agréable. Aucune fausse note ne vient gâcher le plaisir de cette belle visite.

Jardins

Enchantés de notre visite, nous prenons la destination de Dijon, capitale historique du duché de Bourgogne. La ville compte aujourd'hui près de 160 000 habitants - 385 000 pour l'aire urbaine.

Après un bon repas pris Au Bureau, nous partons à la découverte de la vieille ville qui, tout comme Rouen, Poitiers ou Troyes, était jadis dénommée "ville aux cent clochers".

Dijon abrite un chef d'œuvre de l'art gothique du XIIIème siècle : l'église Notre-Dame, à la spectaculaire façade ornée d'une triple frise de 51 fausses gargouilles.

Eglise Notre-Dame

Le palais des ducs et des états de Bourgogne est un imposant ensemble architectural, dont la partie la plus ancienne - le palais ducal avec la tour Philippe le Bon - date des XIVème et XVème siècles. La plus grande partie des bâtiments visibles aujourd'hui a été été construite bien plus tardivement, aux XVIIème et surtout XVIIIème siècle.

Palais des ducs de Bourgogne

Le palais est immense.

Palais des ducs et des états de Bourgogne

Il abrite le Musée des beaux arts, dont l'entrée est gratuite. Les collections sont on ne peut plus variées et comptent de superbes pièces anciennes ou plus récentes. Il y a une multitude de salles : les amateurs pourront y passer sans peine une journée entière. Un musée vraiment exceptionnel que je vous recommande chaudement !

Musée des beaux arts

C'est à regret que nous abrégeons donc la visite du musée pour reprendre notre visite du vieux Dijon.

Cette riche journée de visites s'achève devant la cathédrale Saint-Bénigne, qui ne fut tout d'abord que la collégiale de l'abbaye du même nom. Bâtie entre 1280 et 1393, elle devint cathédrale en 1792 à la suite de l'église Saint-Etienne.

Cathédrale et ancienne abbaye Saint-Bénigne

Après cette belle journée, il est temps de se poser en terrasse place de la Libération, face au Palais des ducs et des états, pour siroter quelques verres d'aligoté, Bourgogne oblige. Puis nous faisons un mauvais choix - eh oui !! ce sont des choses qui arrivent - car le restaurant où nous passons la fin de soirée s'avère bien médiocre : la sauce à l'Epoisses qui nappe mes œufs mollets trop cuits est insipide, et le coq au vin sort vraisemblablement d'une boite de conserve. Bref ! Si vous séjournez un jour à Dijon, ne vous attablez surtout pas "Au moulin à vent".

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Ce matin, nous poursuivons la visite de Dijon. Nous avons notamment raté hier un incontournable de la ville, à savoir la chouette sculptée sur le côté ouest de l'église Notre-Dame. Porte-bonheur de la cité, chaque touriste se doit de faire un vœu tout en la caressant de la main gauche - voir dernière photo ci-dessous.

Dijon

Nous visitons cette fois - elle était fermée hier soir - la cathédrale Saint-Bénigne.

Cathédrale Saint-Bénigne

Puis nous reprenons nos déambulations par cette belle matinée d'été.

Dijon

Nous faisons tout naturellement une pause "Aligoté" aux halles, qui accueillent en leur cœur une sympathique buvette aux charmes de laquelle nous n'avons su résister.

Les halles de Dijon

Après un agréable déjeuner en terrasse de la Brasserie des loges - excellent rapport qualité-prix : un bon onglet-frites pour 8,50 € ! - nous quittons Dijon et prenons la direction de Beaune. Nous empruntons la célèbre route des grands crus, au cœur du vignoble bourguignon.

Sur la route des grands crus

Nous faisons étape au château du clos de Vougeot, fondé par les moines cisterciens au XIIème siècle sur des terres données par charité par des nobles du cru.

Clos-Vougeot et son château

La cour intérieure est magnifique, avec sa cuverie qui donne à l'ensemble comme des airs de cloître - elle abrite sous sa belle charpente quatre pressoirs monumentaux dont deux datent de la fin du XVème siècle !

Château du clos de Vougeot

Le château est le siège de la confrérie des chevaliers du Tastevin, qui fait la promotion des traditions, de la gastronomie et bien sûr des vins de Bourgogne. Il abrite lors de notre visite, dans l'imposant grenier qui servait de dortoir aux moines, une très intéressante exposition "Le pinard des poilus" qui nous raconte l'importance du vin pour les soldats de la Grande guerre.

A la fin de cette belle visite, Ben demande à la petite jeune - une étudiante vraisemblablement - qui tient la boutique s'il est possible de déguster les vins du domaine. Très professionnelle, mais avec un petit sourire que je qualifierais rétrospectivement de gentiment moqueur, elle nous répond que les dégustations sont payantes et se font sur réservation uniquement. Nous comprendrons sa réaction - elle a dû se dire : " je vais vite fait leur faire passer leur envie de dégustation à ces deux branquignols" - un peu plus tard en découvrant en vitrine, à Beaune, une bouteille de Clos Vougeot vendue au prix de... 280 €.

A défaut d'avoir pu déguster un verre de Clos Vougeot, nous faisons halte peu après à Nuits-Saint-Georges où nous sirotons un verre d'Aligoté sur la place du village.

Nuits-Saint-Georges

Après un détour jusqu'au mythique mais décevant domaine de la Romanée Conti - trouvé grâce à Google Maps, qui nous conduit dans le village de Vosne Romanée devant le portail d'une demeure qui ne ressort en rien du lot, seulement signalée par une simple plaque en cuivre - nous arrivons à Beaune où nous nous régalons en terrasse du "Gallion". Avec en prime, juste en face, sur les murs de l'ancien carmel, une des illuminations qui animent les soirées baunoises.

Excellent dîner au "Gallion"

La soirée se termine au "Bar du coin", en face du "Gallion". Par un verre de Bourgogne évidemment. Enfin, plusieurs... Car le patron, Alex, nous "rattrape" alors que nous sortions après avoir sagement bu un petit verre comme convenu. Pas question de quitter son bar comme ça, sans qu'il nous ait fait déguster un verre de Volnay 2009 - un rouge auquel je trouve un nez de pieds, ce que je me garde bien de lui avouer, mais qui se révèle très bon en bouche. Bien évidemment, il ne saurait être question pour Ben et Woofie, qui ont quelque savoir vivre, de partir sur la tournée du patron. S'ensuit donc une tournée supplémentaire, dans la bonne ambiance qui règne au "Bar du coin".

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Nous commençons la journée par un excellent déjeuner aux "Popiettes", où je me régale d'une cuisse de pintade façon Gaston Gérard - du nom d'un maire de Dijon dans l'entre-deux-guerres, dont la femme inventa cette recette à base de vin blanc, crème fraiche, moutarde et paprika.

Excellent déjeuner aux "Popiettes"

Rassasiés, nous somme prêts à visiter les célèbres hospices de Beaune - où furent tournées, pour celles et ceux qui l'auraient oublié, des scènes mémorables de La grande vadrouille. De l'extérieur, le long et massif bâtiment ne paie pas de mine, mais la cour est une splendeur, avec ses fameux toits en tuiles vernissées. Malheureusement, la lumière de ce début d'après-midi n'est pas du tout propice à faire de belles photos. C'est bien dommage.

Hospices de Beaune

Les hospices ont été fondées par Nicolas Rolin, richissime chancelier des ducs de Bourgogne, et son épouse Guigone de Salins. La construction débute en 1443 et le "palais pour les pauvres malades" accueille - gratuitement - ses premiers patients en 1452. L'ordre des sœurs hospitalières de Beaune - dont la règle associe vie monastique et soins aux pauvres et aux malades - est créé sept ans plus tard. A leur fondation, les hospices ont été dotées de vignobles permettant de financer leur fonctionnement et chaque année, la production du domaine - 61 hectares dans des zones d'appellation prestigieuse - est ainsi vendue aux enchères au bénéfice des hôpitaux et maisons de retraite de Beaune, ainsi que de la recherche médicale et de diverses œuvres caritatives - les derniers patients ayant quitté les lieux dans les années 1960.

Hospices de Beaune

La visite se termine par la cuisine et...

Cuisines des hospices de Beaune

... par une dernière salle où sont notamment exposés le polyptyque du Jugement dernier - un magnifique retable peint au milieu du XVème siècle - ainsi que la tenture Saint-Antoine.

Après cette exceptionnelle visite, nous flânons dans les rues de Beaune.

Beaune

La superbe basilique Notre-Dame, de style roman, fut bâtie entre le milieu du XIIème et le début du XIIIème siècle.

Basilique Notre-Dame

L'hôtel des ducs de Bourgogne, qui abrite aujourd'hui le Musée du vin de Bourgogne, a été construit au XIVème siècle.

Hôtel des ducs de Bourgogne

Il est maintenant temps de rentrer à l'appartement où nous avons prévu de prendre l'apéro sur notre terrasse privative.

Après avoir vidé une bouteille de Chardonnay local, nous dînons au Parisien - repas correct mais un cran en dessous du Gallion ou des Popiettes. Puis nous nous profitons des illuminations...

Beaune by night

... avant de terminer la soirée au Bistrot du coin, où nous faisons la rencontre d'une charmante néo-parisienne qui séjourne seule sur Beaune. Après la fermeture de l'établissement, Alex et Fred - qui reprendra l'affaire dans quelques jours - nous invitent, avec quelques habitués, à les suivre à la cave pour un dernier verre !! Vraiment, si vous séjournez à Beaune, viendez pousser la porte du Bistrot du coin !!

Dans la cave du Bar du coin
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Nous quittons Beaune en fin de matinée en direction du sud, en suivant la route des grands crus. Nous faisons bien sûr halte à Pommard, dont le vignoble s'étend sur 321 hectares.

Pommard

Puis à Volnay...

Volnay

... où nous passons un très bon moment à la si bucolique terrasse du Cellier Volnaysien, où je me régale d'un délicieux coq au vin, à mille lieux de celui mangé à Dijon.

Excellent déjeuner au Cellier Volnaysien

L'après-midi est consacré à la visite du château de Couches.

Château de Couches

La visite se limite à la chapelle, aux souterrains et à la tour médiévale du XIIIème siècle - le beau logis à la toiture en tuiles vernissés, construit au XIXème siècle, est habité par les propriétaires.

Château de Couches

Notre week-end en Bourgogne se termine comme il se doit : par une dégustation des vins du domaine, le château de Couches possédant en effet trois hectares de vigne. L'occasion pour moi de vous signaler le seul petit bémol à ce beau séjour : le prix du vin. La moindre bouteille coûte en effet une douzaine d'euros, et les prix s'envolent vite vers des tarifs exorbitants. Ainsi au bistrot du coin à Beaune, le moindre verre coûte 5 € et à ce prix une seule référence est proposée. Pour goûter d'autres crus il faut compter ensuite 6 à 8 € le verre... Et bien plus si vous en avez les moyens. La soirée peut donc vite vous coûter un bras si, l'ambiance aidant, vous vous lâchez un tant soit peu.

Pour le reste, que vous soyez amateur de vin ou non, la Bourgogne vous comblera grâce à son exceptionnel patrimoine, ses paysages bucoliques, ses magnifiques vignobles et sa formidable gastronomie.