Par Woofie
Me voilà parti cette année avec Ben sur les routes de Sicile, de Palerme à Catane, au pied de l'Etna, via Agrigente et Raguse notamment.
Septembre 2019
2 semaines
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Après un vol sans histoire, nous atterrissons à Palerme, capitale et plus grande ville de Sicile - un million d'habitants avec ses banlieues.

Nous avons loué un petit appartement au cœur de la ville, à deux pas de la mer. A peine arrivés, nous partons à la découverte du quartier. Il fait beau et chaud, 28 à 30 degrés. Tout comme à Naples ou Pise, on tombe sur une église - "chiesa" en italien - à chaque coin de rue.

Nous visitons l'église Saint Dominique, qui abrite un couvent et un superbe cloître. Elle accueille également la tombe du juge antimafia Giovanni Falcone, assassiné en 1992 par ceux-là même qu'il entendait mettre hors d'état de nuire. Comme vous pouvez le voir, les Siciliens, reconnaissants, déposent sur son pourtour des petits mots de remerciement pour l'œuvre accomplie.

Chiesa San Domenico

Nous prenons ensuite la direction du palais des Normands, ce qui nous amène à traverser le cœur baroque du vieux Palerme. En chemin, nous passons par la place des Quatre chansons -" Quatro canti" en italien - bordée d'imposants palais aux façades concaves, bâtis au début du XVIIème siècle. A deux pas se trouve la place Prétorienne et sa fontaine monumentale. Celle-ci fut construite en 1554 à... Florence, dans le jardin d'un riche habitant de la grande cité toscane. Endetté, celui-ci finira par la vendre à la ville de Palerme 20 ans plus tard - son transport nécessita de la découper en rien moins que 644 pièces !

Nous atteignons finalement le palais des Normands en fin d'après-midi. Pourquoi donc un palais des Normands à Palerme, en Sicile, me diriez-vous ? Eh bien tout simplement parce que l'île fut effectivement normande, pendant plus d'un siècle, de 1090 à 1194. Musulmane depuis le début du Xème siècle, elle fut en effet soumise par Roger de Tancrède de Hauteville, un noble normand dont la famille avait auparavant conquis des terres en Italie méridionale. C'est le pape lui-même qui chargea Roger d'envahir la Sicile pour la convertir au catholicisme, et lui accorda en échange la souveraineté sur l'île. La conquête fut longue et difficile, Roger ne disposant rarement de plus de 1 000 combattants. Mais profitant de la division qui régnait chez les musulmans, Roger parvint à ses fins après 30 années de durs combats.

Le palais ne fut toutefois pas construit par les Normands, mais par les Arabes au IXème siècle. Les Normands s'y installent en 1072, le transforment et l'embellissent. Le palais abrite ainsi au premier étage une pure merveille : la chapelle palatine - consacrée en 1143 après 13 ans de travaux - aux murs recouverts de somptueuses mosaïques byzantines. Il est aujourd'hui le siège de l'Assemblée de Sicile.

Palais des Normands

Nous avons de la chance, car un mariage prend possession de la chapelle palatine à peine en somme nous sortis ! A 10 mn près, il aurait fallu revenir demain.

Après cette belle visite, nous prenons tranquillement le chemin du retour, flânant dans les allées de la Vila Bonanno, un agréable jardin public ainsi nommé car il recèle les vestiges d'une villa romaine,...

Villa Bonanno

... ou faisant une pause place Bologni, le temps d'y prendre un verre, enfin... deux évidemment, histoire de ne pas rentrer bancal.

Piazza Bologni

Nous avions convenu, pour notre première soirée sicilienne, d'être sages : une pizza, deux verres en terrasse et au lit. Pour Woofie, le réveil a en effet sonné cette nuit à... 1h45. A 2h30 j'étais chez Ben, et à 3h50 nous arrivions au parking d'où une navette nous a conduit à l'aéroport - pour un décollage prévu à 6h20. Mais nous sommes samedi soir et à la nuit tombée, les rues de Palerme s'animent, les terrasses se remplissent et l'atmosphère se fait festive. Du coup, notre bonne résolution commune s'envole aussi vite que celles que l'on prend à foison chaque jour de l'an. Nous profitons ainsi de l'ambiance et de la douceur de la nuit palermitaine jusqu'à 2h.

Palerme by night
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Lever tardif ce matin, après la très longue journée d'hier. Nous débutons donc, pour une fois, nos pérégrinations en fin de matinée.

Très vite donc, nous nous posons en terrasse d'une institution de notre quartier : Francu U Vastiddaru, qui propose une cuisine de rue typique de Palerme, avec notamment d'excellentes croquettes frites. Nous avons de la chance car c'est blindé, mais une table se libère à l'instant même où nous abordons un serveur. L'ambiance est bon enfant, typiquement italienne avec l'imposant patron - t-shirt bleu et tablier noir sur la seconde photo ci-dessous - qui donne de la voix et fait le spectacle.

Gargote Francu U Vastiddaru

Repus, nous nous dirigeons vers l'imposante cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption, de style arabo-normand, propre à la seule Sicile. Très largement remaniée au fil des siècles, sa construction débuta en 1085 et Roger II y fut sacré premier roi de Sicile en 1130.

Duomo - "cathédrale" en français

Nous la visitons bien sûr... de fond...

Duomo

... en comble.

Sur le toit de la cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption

Nous découvrons ensuite la place Bellini, bordée par les églises de la Martorana, San Cataldo...

Place Bellini

... et Sainte Catherine, que nous visitons sans attendre. De style baroque, elle fut bâtie dans la seconde moitié du XVIème siècle et accueillait un couvent de moniales.

Eglise Sainte Catherine et son couvent

Après cette belle visite, nous renonçons à visiter la Martorana et San Cataldo. Point trop n'en faut : nous reviendrons demain. Nous regagnons tranquillement notre appartement, longeant la mer et flânant dans le vieux Palerme.

Le soir venu, après une longue pause apéritive dans notre charmant appartement, nous dînons à l'Antica Foccaceria San Francesco, toute proche. Tout comme ce midi, la terrasse est blindée. Nous patientons donc quelques minutes avant qu'une table ne se libère. Là, je fais un mauvais choix : je commande en entrée un petit pain typique de Palerme fourré à la viande, qui s'avère bien trop copieux pour un premier plat. Heureusement, Ben me sauve la mise en demandant gentiment au serveur de bien vouloir me préparer un doggy bag, pour que je puisse ensuite savourer mon assiette de pates anciennes à l'espadon - autre recette typique de la ville. Comme quoi, en voyage, il faut toujours emmener un Ben avec soi !

Antica Foccaceria San Francesco
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Nous débutons la journée par la visite des deux églises "laissées de côté" hier soir. Tout d'abord : San Cataldo, de style arabo-normand, construite entre 1154 et 1160.

Chiesa San Cataldo

Puis la Martorana qui, comme sa voisine, fut bâtie au milieu du XIIème siècle, mais fut quant à elle largement transformées durant les deux siècles qui suivirent. Elle est décorée, comme vous pouvez le voir, de splendides mosaïques de style byzantin - probablement réalisées par les mêmes artistes ayant œuvré sur le chantier de la chapelle palatine.

Chiesa della Martorana

Nous poursuivons dans l'art religieux par la visite de l'oratoire Saint Laurent, décoré de stucs exubérants entre 1698 et 1710 par un certain Giacomo Serpotta.

Oratorio di San Lorenzo

Mais rassurez-vous : nous ne passons pas toute la journée dans les innombrables églises de la ville ; entre deux visites, nous flânons dans les paisibles rues de Palerme.

Mais bon, il faut savoir - je crois vous l'avoir dit dans un précédent carnet - que Ben entre systématiquement dans toutes les églises que nous rencontrons. J'avoue caler de temps en temps. Mais il faut croire que ce n'était pas encore le cas pour Saint Ignace, bel édifice baroque datant de la fin du XVIème siècle.

Chiesa Sant'Ignazio all'Olivella

Après toutes ces églises, nous visitons cette fois un autre temple... païen celui-ci, tout entier dédié à... l'art lyrique : le Grand théâtre Victor Emmanuel, monumental opéra construit entre 1875 et 1891, capable d'accueillir, dans un décor somptueux et dans un grand confort, rien moins que 1640 spectateurs - à son inauguration, le roi d'Italie, apparemment perplexe devant les dimensions de l'édifice, eut ainsi cette réflexion : " Palerme avait-elle besoin d'un théâtre aussi grand ?"

Teatro Massimo Vittorio Emanuele

Après un début de journée si bien rempli, nous nous posons à la terrasse d'un café qui borde la place Giuseppe Verdi, où se dresse le Grand théâtre ; puis trouvons à nous restaurer dans le vieux Palerme, d'une bonne part de lasagnes arrosée de Moretti.

Pause déjeuner

Rassasiés, nous flânons dans le jardin Garibaldi, longé hier soir en rentrant de notre longue journée de visites - il se trouve à deux pas de notre appartement, et je tenais absolument à prendre le temps de photographier l'énorme fucus qu'il abrite.

Giardino Garibaldi

Nous marchons ensuite un bon moment sous le cagnard - le soleil tape dur cet après-midi - pour nous rendre aux catacombes, qui sont quelque peu éloignées du cœur de Palerme. C'est la première fois que je visite ce genre d'endroit... et la dernière ! On déambule entre des rangées de cadavres desséchés, mais debout, qui vous toisent dans leurs habits d'époque. Il y a des gens de tous les âges, ainsi des enfants et des bébés. Je ne m'attendais vraiment pas à ce "spectacle". C'est glauque, morbide, affreux. Pour ma part, je n'aimerais pas du tout, après ma mort, être exposé ainsi à la curiosité déplacée de touristes en bermuda. Je suis extrêmement mal à l'aise et n'ai qu'une envie : sortir au plus vite et regagner le monde des vivants.

Après ce moment extrêmement déplaisant pour moi, nous regagnons le centre ville et visitons une dernière église, Saint-Jean des ermites, bâtie au XIIème siècle dans le style arabo-normand, avec ses coupoles rouge vif et son joli cloître verdoyant.

Chiesa San Giovanni degli Erementi

Enfin, nous concluons cette riche journée de visites par celle du jardin botanique, qui recèle d'énormes ficus particulièrement photogéniques. Je me régale ! Sachez toutefois, si un jour vous avez l'occasion de venir admirer ces arbres extraordinaires, que le jardin abrite aussi - malheureusement - une myriade de petits moustique particulièrement agressifs !

Jardin botanique
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Ce matin, nous prenons le bus pour gagner l'aéroport où nous attend notre Opel Corsa de location. Puis nous prenons la route en direction de Monreale, qui se trouve à quelques kilomètres seulement de Palerme.

La cathédrale Sainte Marie la Neuve de Monreale est célèbre pour son cloître et ses exceptionnelles mosaïques byzantines - dont un imposant Christ Pantocrator qui vient coiffer le maître-autel. La construction du gros œuvre est effectuée entre 1172 et 1176 dans le style arabo-normand byzantin, synthèse des trois cultures présentes en Sicile en ces temps anciens. A noter que la façade reçoit au XVIIIème siècle un portique de style classique, qui vient nettement rompre son unité architecturale - quelle drôle d'idée ma foi !

Duomo di Monreale

Nous déambulons longuement dans le superbe cloître avant de...

Cloître - Duomo di Monreale

... prendre de la hauteur pour l'admirer depuis le toit de la cathédrale...

Cloître - Duomo di Monreale

... qui offre d'autres superbes points de vue :

La visite de la cathédrale effectuée, nous ne nous attardons pas à Monreale car Ben a mis au programme de la journée la visite de la bourgade de Corleone, rendue mondialement célèbre par la trilogie du Parrain de Coppola.

Monreale

Après une rapide collation, nous prenons donc la route en direction de Corleone, distante de 50 km. Nous sommes assez rapidement amenés à nous engager sur les petites routes siciliennes, qui sont visiblement laissées à l'abandon. Le revêtement est dégradé et a... même complètement disparu sur de longues portions de plusieurs centaines de mètres, emporté par des glissements de terrain. Nous roulons alors au pas sur la terre battue, parsemée de gros cailloux et d'innombrables nids-de-poule. De plus, le bord de la route est jonché de détritus de toute nature : plastiques innombrables, chiffons, ferraille... Et ce sont même de véritables décharges à ordures qui parsèment ça et là le bas-côté.

C'est donc consternés par ce spectacle désolant que nous arrivons à Corleone, où il s'avère difficile de trouver une place de stationnement dans les rues plutôt étroites de cette petite bourgade. Ben finit par s'engager dans une petite rue pentue qui se termine en épingle à cheveux. Et malheureusement, une voiture particulièrement mal garée ne lui permet pas de prendre le virage et nous voilà bloqués, avec la Corsa qui lui échappe et qui commence à dévaler la pente en marche arrière ! Heureusement, Ben réagit au quart de tour et, après un instant de panique, réussit à nous sortir de ce mauvais pas !

Après cette frayeur, nous flânons dans le bourg, qui s'avère sans charme et désert. Sans "Le parrain", il ne serait rien qu'un gros village sicilien anonyme, perdu au milieu d'une campagne aride et jonchée d'ordures. Bref, même si vous êtes un fan absolu de Don Vito Corleone, épargnez-vous le voyage jusqu'ici, d'autant qu'aucune scène des trois volets de la trilogie n'y a été tournée.

Corleone
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Ce matin nous quittons Palerme en direction de Trapani. Nous faisons étape à Erice, petite cité médiévale accrochée au mont Eryx - 750 m d'altitude. Nous visitons tout d'abord la forteresse du XIIème siècle qui domine toute la région.

Erice

Puis nous flânons dans les ruelles inondées de soleil.

Erice

Nous visitons bien sûr l'église Saint Julien...

Chiesa San Giuliano - Erice

... puis l'église mère, édifiée au début du XIVème au pied d'une tour de guet qui deviendra par la suite son campanile. D'aspect massif et austère, on est surpris en y entrant par les couleurs et l'éclairage changeant qui donnent à la nef un air de palais des Mille et une nuits.

Chiesa Madre - Erice

Après cette belle journée à Erice, nous gagnons en fin d'après-midi Trapani, sur la côte, à une douzaine de kilomètres. A peine installés dans notre charmant appartement de location, nous partons à la découverte du centre historique de cette belle petite ville. La cathédrale fait l'objet de toute notre attention : bâtie au XVème siècle, son aspect actuel date de sa restauration au XVIIIème siècle, dans un style néo-classique.

Duomo di San Lorenzo Martire - Trapani

Nous remontons ensuite le cours Victor Emmanuel, principale artère de la vieille ville, et allons ensuite au hasard des rues...

Trapani

En début de soirée, alors que le jour décline, nous nous offrons une séance photo sur le bord de mer :

Trapani

La journée s'achève en terrasse, cours Victor Emmanuel, où nous dînons d'une bonne pizza. Puis nous rentrons tranquillement, dans la douceur et la quiétude de la nuit sicilienne.

Trapani by night
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Ce matin nous embarquons pour la petite île de Favignana. La traversée dure une trentaine de minutes. Nous débarquons dans la petite ville éponyme, que nous prenons plaisir à découvrir par cette douce matinée de fin d'été.

Favignana 

Puis nous longeons la côte...

Favignana - l'île

... jusqu'à la belle plage de Marasolo, que nous atteignons en fin de matinée. Nous y passons une bonne partie de la journée, à lézarder sous le - trop chaud à mon goût - soleil de Sicile. L'eau est translucide et chaude, mais plus les années passent, et moins Woofie a d'appétit pour la baignade. Ce qui n'est pas le cas de Ben, comme vous pouvez le voir.

Spiaggia di Marasolo

Le soir, nous sommes de retour à Trapani où, comme la veille, nous nous offrons...

Trapani

... une seconde séance photo à la tombée du jour.

Trapani
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Ce matin nous quittons Trapani pour gagner Mazara del Vallo, une petite ville pleine de charme.

Mazara del Vallo

Comme de bien entendu, nous visitons la cathédrale Saint Sauveur, bâtie par les Normands mais totalement reconstruite au XVIIème siècle dans le style baroque.

Duomo San Salvatore - Mazara del Vallo

Après une rapide collation en terrasse, nous gagnons le site archéologique de Sélinonte, une ancienne cité grecque fondée au VIIème siècle avant notre ère. Détruite, ensablée et tombée dans l'oubli, elle fut découverte en 1551 et ses principaux temples relevés par les archéologues au XIXème siècle.

Site archéologique de Sélinonte

Ben a réservé pour notre étape du soir une chambre dans un... hôtel-club ! La classe ! Après nous être installés dans notre chambre - sans Wi-Fi, au grand dam de ben ! - nous gagnons la très belle piscine de l'hôtel, qui avait emporté la décision lorsqu'il s'était agi de choisir notre hébergement du jour. A peine dans l'eau, Ben se voit "alpaguer" par le maître-nageur au motif qu'il se baigne... sans bonnet de bain ! Des bonnets sont disponibles à l'achat au prix de 3,50 € à la réception, lui apprend-il. Mais pas du tout disposé à accepter ce racket ridicule, mon compagnon de voyage préfère dans ces conditions me rejoindre sur la terrasse de la piscine, où nous sirotons deux verres bien peinards. Puis, nous décidons de nous rendre sur la plage située à une bonne dizaine de minutes à pied, plage où l'on peut se baigner sans bonnet. Non mais !

Rentrés de la plage, nous nous rendons à Marinella di Selinunte, où nous prenons quelques verres en terrasse avant de savourer une bien bonne pizza.

Marinella di Selinunte

La soirée s'achève dans la bonne humeur au bord de la piscine de l'hôtel, où une soirée dansante fait la joie des mamies et surtout des papis, ravis de pouvoir danser avec la charmante animatrice chargée de mettre l'ambiance. Nous restons pour notre part sagement assis à siroter quelques verres de blanc du cru, tout en profitant de ce spectacle drolatique, comme deux gamins égarés dans une maison de retraite.

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Nous mettons ce matin le cap vers Agrigente, et sa vallée des temples, autre site archéologique exceptionnel de Sicile. En chemin nous faisons étape sur une bien belle plage. Ben en profite pour piquer une tête ; je préfère pour ma part me balader les pieds dans l'eau, en quête de quelques photos de plus.

Après une Moretti sirotée sur une terrasse-ponton de rêve, nous reprenons la route et arrivons sur le site de la vallée des temples en début d'après-midi.

Site de la vallée des temples

Le site archéologique abrite l'un des temples les mieux conservés de l'antiquité grecque. Le temple dit "de la concorde" - ce nom lui a été donné car l'inscription romaine "concordia" a été trouvée à proximité - a été bâti entre 440 et 430 avant notre ère. Il a été préservé jusqu'à nous grâce à l'évêque Grégoire d'Agrigente, qui en fit une basilique chrétienne en 597. Désaffecté en 1748, le monument fut par la suite restauré dans son état initial, tel que nous pouvons l'admirer aujourd'hui.

Vallée des temples

La vallée compte également de superbes oliviers pluricentenaires :

Oliviers pluricentenaires

Après cette belle journée, la soirée est des plus classique, bien que contrastée toutefois : l'apéro à la terrasse d'un bar de plage branché, mais tout à fait désert, est suivi d'un bon repas dans un restau' des plus démodé, mais quant à lui bien rempli et très bruyant, avec un groupe d'enfants qui courent partout et crient sans retenue. Je choisis pour ma part une spécialité de l'île : les "pasta con le sarde" - pâtes aux sardines en bon français. Arrosées d'un petit blanc local en pichet à... 6 € le litre ! Oui oui ! Vous avez bien lu : 6 € le litre de vin blanc au restaurant !

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Nous avons fait étape à Agrigente pour visiter la vallée des temples toute proche ; mais nous ne saurions partir sans visiter cette agréable petite cité, qui compte, comme toute cité italienne qui se respecte, un nombre incalculable d'églises.

Agrigento

Nombre d'églises et... une cathédrale, reconstruite aux XIIIème et XIVème siècles sur les bases d'un premier édifice, bâti au XIème siècle par les Normands. Transformée au XVIIème siècle, elle est restaurée après le séisme de 1996 qui l'endommagea gravement. Vous noterez son campanile inachevé.

Duomo di Agrigento

Après une collation en terrasse, nous reprenons la route vers un nouveau site archéologique exceptionnel, la villa du Casale. Après Sélinonte et la vallée des temples, nous faisons donc un bon de quelques siècles pour passer du monde grec au monde romain. Il ne reste rien de cette villa, excepté quelques pans de murs et... d'exceptionnelles mosaïques, qui recouvraient le sol de la trentaines de pièces qu'elle comptait. Construite à la fin du IIIème siècle par un riche notable romain, elle est occupée jusqu'en 1160, date de sa destruction complète par un incendie. Ses ruines, ensuite recouvertes par un glissement de terrain, ne sont découvertes qu'en 1812. Mais les fouilles sérieuses ne seront entreprises qu'en 1929, mettant au jour des mosaïques d'une grande variété et des mieux conservées - ainsi de celles, célèbres, de la chambre dite des "jeunes filles en bikini".

Mosaïques de la villa romaine du Casale

La fin de la journée est consacrée à la visite de notre ville-étape du jour : Piazza Armerina, que nous découvrons depuis la route au détour d'un virage.

Piazza Armerina

La petite cité perchée se mérite : on accède à son cœur par des rues d'une étroitesse extrême, et après une succession de redoutables virages en épingle ! Je suis, ma foi, bien content d'avoir un chauffeur ! Car je dois avouer que je n'en aurais pas mené bien large au volant de la - pourtant petite - Corsa.

La petite ville n'est pas bien animée, mais il fait bon flâner dans ses petites rues quasi désertes. Ici comme ailleurs en Sicile : des églises à tous les coins de rues.

Piazza Armerina

Et nous visitons notre seconde cathédrale de la journée :

Duomo Maria Santa delle Vittorie - Pazza Armerina

A la nuit tombée, nous prenons l'apéro dans une boutique-bar à vin, où l'on nous offre gentiment une dégustation de saucissons et fromages du pays. Puis nous dînons d'une pizza dans un petit restau' typique recommandé par notre guide Lonely Planet, avant de terminer la journée par une balade nocturne dans des rues cette fois totalement désertées.

Piazza Armerina by night
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A compter d'aujourd'hui, nous allons nous consacrer à la visite des villes du baroque de la vallée de Noto. Nous commençons ce matin par la cité qui se révèlera le must de notre séjour sicilien : Raguse.

Après un trajet plutôt agréable à travers la campagne sicilienne, malgré l'absence de vignes, de champs d'oliviers et le ciel gris, nous nous garons dans la ville neuve, Ragusa Nuova.

Ragusa Nuova

Nous visitons la cathédrale Saint Jean Baptiste, remplie de policiers en grand uniforme qui assistent à un office. Elle fut bâtie au XVIIIème siècle en remplacement d'une première cathédrale, qui ne résista pas au séisme de 1793.

Duomo San Giovanni Battista - Ragusa Nuova

Puis nous prenons la direction de Ragusa Ibla, la ville basse, bien plus ancienne. Avouez que la vue est exceptionnelle !

Ragusa Ibla

Dans un premier temps, il faut descendre des escaliers bordés de superbes bâtisses jusqu'au parvis...

... de l'église des Ames saintes du purgatoire, qui marque l'entrée dans Ragusa Ibla.

Chiesa delle Anime Sante del Puragtorio

De là, on a un superbe panorama en direction de Ragusa Nuova :

Et de là, ça grimpe à nouveau.

Ragusa Ibla

Une cité mais... deux cathédrales. Après Saint Jean Baptiste à Ragusa Nuova, nous visitons Saint Georges à Ragusa Ibla, bâtie elle aussi au XVIIIème siècle.

Duomo San Giorgio - Ragusa Ibla

La visite de Raguse se termine par celle du très beau et très apaisant jardin Ibleo, quasi désert à cette heure où le soleil tape dur. A noter que le jardin compte, comme si la ville en était dépourvue, ... deux petites églises. Décidément, en Sicile, le croyant ne connaît jamais le repos

Giardino Ibleo - Ragusa Ibla

La journée est désormais bien avancée. Raguse est si belle, et bien plus étendue que nous ne le pensions. Nous y passerions volontiers le reste de la journée à flâner et à paresser en terrasse. Mais nous avons au programme la visite d'une autre ville baroque : Modica. Et Ben me presse un peu en chemin pour regagner la voiture. Evitant les ruelles, nous longeons le marché couvert ; à notre droite la campagne sicilienne s'offre au regard.

Notre étape du soir, Modica, autre cité baroque, ne se trouve qu'à une quinzaine de kilomètres. Dès notre arrivée, nous prenons possession de notre appartement, situé à deux pas de la cathédrale Saint Georges - construite dans le premier tiers du XVIIIème siècle - que nous visitons sans tarder.

Duomo San Giorgio - Modica

Nous flânons ensuite dans les ruelles de Modica...

Modica

... visitons l'église Saint Jean l'évangéliste...

Chiesa San Giovanni Evangelista - Modica

... puis nous nous posons au Sabadi Bar, au bas des marches qui mènent à la cathédrale Saint Georges, avant de rejoindre la principale artère de Modica, le cours Umberto I.

Modica à la tombée du jour

La soirée se termine par un bon repas en terrasse sur le cours Umberto I, à la Taverne des saveurs perdues - une institution locale où je me régale d'un pot au feu à la mode sicilienne - suivi d'une balade nocturne.

Modica by night
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La journée commence, de bon matin, par un excellent petit déjeuner pris à la terrasse du petit bar auquel notre logeur confie ses clients. Au menu : brioche, jus d'orange pressé et granité au chocolat de Modica. Modica est en effet réputée dans toute la Sicile pour son chocolat, qui a la singularité d'être granuleux et friable - car le sucre semoule qui entre dans sa composition ne fond pas totalement à la cuisson, la pâte de cacao n'étant chauffée qu'à 40°.

Modica

Petite anecdote avant de quitter Modica : depuis deux ou trois jours, Ben a comme l'impression qu'une odeur étrange émane de son gros sac à dos et, ce matin, il se décide à en avoir le cœur net ; il se met à fouiller ledit sac de fond en comble et, au fond d'une des innombrables poches découvre... un reste de charcuterie bien faisandé, qui date de notre séjour en Slovénie, au mois de juin dernier !! Ce n'était donc pas une hallucination olfactive !

Le sac de Ben débarrassé de ses déchets, nous pouvons nous consacrer au programme du jour qui est tout aussi chargé que celui d'hier, avec la visite de deux autres villes du baroque tardif de la vallée du Noto.

La première, Scicli, est toute proche, à seulement une dizaine de kilomètres de Modica.

Scicli

Scicli ne déroge pas à la règle : les églises, ici comme partout en Sicile, sont innombrables. Elles vont donc parsemer notre flânerie dans les rues de cette charmante cité.

Chiesa e convento del Carmine - Scicli

Quelle belle matinée sous le ciel bleu de Sicile !

Scicli

L'église Saint Jean est très belle :

Chiesa San Giovanni - Scicli

Nous prenons le temps de visiter une minuscule pharmacie restée figée dans le temps, au début du siècle dernier, et ainsi devenue une des attractions touristiques de Scicli - ça change un peu des églises !

Scicli

Nous visitons également le palais Bonelli Patanè.

Palazzo Bonelli Patanè - Scicli

Au dessus de Scicli veille l'église Saint Mathieu, aujourd'hui désaffectée, que nous ne manquerons pas d'aller voir de plus près tout à l'heure.

Scicli

Mais avant de monter là-haut, la visite de l'église Saint Michel l'archange s'impose.

Chiesa San Michele Arcangelo - Scicli

La montée vers l'église saint Mathieu ménage de belles vues sur Scicli.

Scicli

Une dernière église, Saint Bartholomé, ...

Chiesa San Bartolomeo - Scicli

... une petite collation arrosée d'une pinte de bière locale, et c'est enchanté par cette belle matinée de visites que nous quittons Scicli.

Scicli

Nous prenons la direction de Noto, à une quarantaine de kilomètres. Notre appartement de location est situé cette fois dans un quartier résidentiel, à une vingtaine de minutes à pied du centre historique. Mais notre charmante logeuse, qui doit s'y rendre, nous dépose gentiment à quelques encablures de la porte Reale, qui marque l'entrée du vieux Noto.

Noto

Nous visitons la cathédrale Saint Nicolas, érigée au XVIIIème siècle, et tout juste restaurée, car elle fut sérieusement endommagée par un séisme en 1996.

Duomo San Nicolo - Noto

Une fois n'est pas coutume, pas de pause bière ou vin blanc en terrasse : nous nous installons cette fois dans la jolie salle rétro du Café Sicilia, pour y savourer un granité aux amandes, sur les conseils de notre guide Lonely Planet. Puis nous reprenons nos pérégrinations dans les jolies rues de Noto.

Noto

Comme toutes les églises de Sicile, l'église Saint Charles est parfaitement entretenue ; on pourrait croire la peinture de ses fresques encore fraiche !

Chiesa San Carlo

Après ce bel après-midi, nous regagnons notre appartement - merci Google maps - où nous prenons l'apéro sur notre sympathique terrasse privative. Nous trainons un peu, et c'est assez tardivement que nous nous présentons à la Casa Matta, une pizzeria située à l'écart de l'hyper-centre. C'est blindé et nous devons patienter quelques minutes avant qu'une table ne se libère. Je choisis une pizza "découverte", si j'ose dire, qui me permet d'en goûter deux pour le prix d'une. Car comme vous pouvez le voir, une moitié est recouverte d'une sorte de coppa, tandis que l'autre moitié l'est d'un genre de bacon. Mais ce qui fait toute la saveur de cette pizza, c'est la mozzarella... fumée dont elle est généreusement garnie ! Un régal ! Sans aucun doute la meilleure pizza que j'aie jamais mangée !

Pizza de ma vie à Casa Matta - Noto

Après cette délicieuse pizza, nous prolongeons la soirée en terrasse, en sirotant une bouteille de vin blanc local. Le chemin du retour ne sera pas triste, comme ceux d'entre vous qui suivent les péripéties de Ben sur Facebook ont pu le constater le lendemain matin.

Noto by night
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Nous débutons la journée par la visite du site archéologique de Néapolis, situé dans la banlieue de Syracuse. Le site compte un amphithéâtre romain taillé dans le roc aux alentours des Ier-IIIème siècles. D'une capacité de 20 000 spectateurs, il était alors le plus grand amphithéâtre de Sicile. Un peu plus loin se trouvent les vestiges de l'autel de Hiéron II, tyran de Syracuse au IIIème siècle avant notre ère. Sur cet autel de près de 200 m de long, dont il ne reste que le soubassement, jusqu'à 450 taureaux pouvaient être sacrifiés aux dieux chaque jour ! Mais c'est le théâtre grec qui constitue le clou de la visite : creusé à même la roche au flanc d'une colline, son existence est attestée dès le Vème siècle avant notre ère. On descend enfin dans la latomie du Paradis - une latomie est une carrière de pierre antique - désormais envahie de végétation. S'y trouve l'oreille de Denys, une impressionnante grotte ainsi nommée car, selon la légende, le tyran Denys s'y dissimulait pour profiter de ses formidables propriétés acoustiques, qui lui permettaient d'écouter les conversations de ses ennemis retenus prisonniers dans la latomie.

Parc archéologique de Néapolis

Après cette belle visite, nous gagnons le centre de Syracuse, et garons la Corsa dans un parking couvert, à l'entrée de l'île d'Ortygie, sur laquelle est bâtie la vieille ville historique. Les caisses automatiques ne fonctionnent pas et un jeune homme, posté à l'entrée du parking, nous fait savoir qu'il en coûte 20 € pour la journée. Racket des touristes par la célèbre mafia sicilienne ? Bref, Ben ne se démonte pas et l'envoie paître. Du coup, nous stationnerons gratuitement pendant les deux jours de notre étape à Syracuse.

La ville fut fondée au VIIIème siècle avant notre ère par des colons grecs sur l'île d'Ortygie, bien située sur l'une des grandes routes maritimes qui traversent la Méditerranée. La ville prospéra tant et si bien que Cicéron l'a présenta, au Ier siècle avant notre ère, comme la plus grande et la plus belle des villes grecques.

A Syracuse, nous logeons chez l'habitant, dans une ruelle qui donne directement sur la magnifique place de la cathédrale.

Piazza del duomo

La cathédrale de Syracuse a une longue histoire : elle serait rien moins que la première église chrétienne d'occident ! Elle fut d'abord un temple grec bâti au Vème siècle avant notre ère, dédié à la déesse Athéna ; on peut d'ailleurs toujours voir, à l'extérieur comme à l'intérieur du bâtiment, les massives colonnes doriques du temple antique ! La façade est quant à elle de style baroque, car reconstruite après que le séisme de 1693 ait mis à terre l'austère façade de style normand.

Duomo

La fontaine Aréthuse, une des principales "attractions" de Syracuse, est envahie de papyrus.

Fonte Aretusa

Comme à Palerme, on trouve à Syracuse de magnifiques ficus !

Ficus

Nous flânons ensuite sur la promenade du front de mer, avant de nous poser en terrasse et d'assister au coucher du soleil.

Nous regagnons ensuite à la nuit tombée la place de la cathédrale, où nous dînons en terrasse. Je choisis en amuse-gueule des croquettes de pomme de terre et de viande au fenouil, puis des raviolis épinards-ricotta.

Dîner place de la cathédrale

Le dîner achevé, nous nous mettons en quête d'un bar de nuit, afin d'y terminer en beauté cette très belle journée à Syracuse. Mais notre recherche se révèlera vaine... En guise de lot de consolation, une paire de photos...

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Le petit déjeuner est servi par notre hôte, un charmant septuagénaire à qui Ben s'adresse en italien. Il se débrouille bien l'animal ! Nous partageons avec d'autres vacanciers une spécialité locale : le croissant fourré, à la crème de pistache pour ma part, à la ricotta pour Ben. Après ce bon moment, nous prenons la direction du château Maniace, situé à l'extrémité d'Ortygie. Nous longeons donc le bord de mer en direction de la vieille forteresse.

Le château Maniace - du nom du général byzantin qui conquiert Syracuse, alors aux mains des arabes, en 1038 - est bâti par le roi de Sicile Frédéric II, dans la décennie 1230. Endommagé en 1704 par une violente explosion, il est alors repensé et rénové pour l'usage des armes à feu.

Château Maniace

Nous flânons ensuite dans les ruelles d'Ortygie.

C'est l'heure du marché. Les touristes font notamment la queue pour acheter un sandwich chez un maître en la matière : Andrea Borderi, qui fait en outre le spectacle !

Nous faisons pour notre part une pause à la terrasse d'une autre institution d'Ortygie : la maison Fratelli Burgio. Comme vous pouvez le voir, la vitrine est des plus alléchante. Je choisis un sandwich jambon de pays-parmesan-roquette, tandis que Ben se régale d'un assortiment d'une dizaine de spécialités de la maison. Le tout arrosé d'une petit blanc local.

Fratelli Burgio

Après ce bon moment, nous quittons - sous un soleil de plomb - l'île d'Ortygie pour gagner la ville nouvelle de Syracuse, où se trouve...

... la basilique Sainte Lucie au sépulcre, bâtie au XVIIème siècle à l'endroit où Sainte Lucie, la patronne de Syracuse, aurait été martyrisée dans les premières années du IVème siècle. Nous ne pouvons malheureusement la visiter car elle est fermée aux heures les plus chaudes de la journée - ce que nous aurions dû savoir, car c'est bien précisé dans notre guide Lonely Planet.

Basilica Santa Lucia al sepolcro

De retour sur Ortygie, nous flânons à nouveau dans ses agréables ruelles.

Nous passons à nouveau la soirée place de la cathédrale, à la terrasse du Grand café de la cathédrale, où je choisis cette fois une bonne pizza blanche.

Piazza del duomo
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Nous arrivons bientôt au terme de notre séjour en Sicile, et arrivons en fin de matinée à Catane, dernière étape de notre voyage. Après avoir pris possession de notre appartement, en plein centre ville, nous nous rendons au marché aux poissons, sur les conseils de notre guide Lonely Planet. Nous arrivons un peu après la bataille - le marché ouvre à 7 h et de nombreux étals sont en train de fermer - mais il y a encore du monde. Tout comme dans les rues voisines où les stands de légumes, fromages, charcuteries débordent de victuailles.

 Jour de marché

Comme il est l'heure de déjeuner, nous voilà bientôt installés devant une jolie planche de produits locaux.

La dolce vita

Rassasiés, nous visitons la cathédrale Sainte Agathe, toute proche.

Duomo Sant'Agata

La cathédrale, comme toute la ville, fut reconstruite au XVIIIème siècle après qu'une terrible éruption de l'Etna, tout proche, eut recouvert la majeure partie de Catane de lave en fusion en 1669, puis que le séisme de 1693 ne la ravage entièrement, faisant 12 000 victimes.

Nous visitons le château d'Ursino, bâti dans la première moitié du XIIIème siècle, l'un des seuls bâtiments à avoir résisté aux éruptions de l'Etna - ses douves furent comblées par des coulées de lave au début du XVIIème siècle - et au séisme de 1693. Le château fut construit sur une falaise dominant la mer, qui se trouve désormais à... 1 km !!! Ses nombreuses et immenses salles accueillent un musée où sont présentés tapisseries et tableaux, ainsi qu'une impressionnante collection de jeux de cartes anciens.

Château d'Ursino

Après la visite du château, nous enchainons sur celle du théâtre romain, qui n'est pas si facile à dénicher, car dissimulé au cœur du vieux Catane.

Théâtre romain

Nous en avons maintenant terminé avec la partie culturelle. Après quelques verres de vin blanc local, dégustés sur la terrasse de notre appartement, nous gagnons le quartier des bars et restaurants. Catane, en 2 h de temps, s'est transformée : la moindre petite ruelle, vide tout à l'heure, a vu fleurir comme par magie une ou plusieurs terrasses, remplies de jeunes fêtards ! Nous sommes vendredi soir et la jeunesse est de sortie ! Il y a tellement de monde que nous avons du mal à trouver un restaurant. Nous mangeons chacun une pinsa - un genre de foccacia. Pour moi, ce sera au lard de Colonnata et piment. Je me régale ! Puis nous poursuivons la soirée jusque tard dans une ambiance de fête ! Viva Catania !!!

C'est la fiesta à Catane !!
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Ce matin, le réveil est très difficile après la soirée d'hier. Mais nous sommes bien au rendez-vous à 9 h à l'agence de voyage : nous avons en effet réservé, dès notre arrivée à Catane, un tour organisé pour découvrir l'Etna. Notre guide Paolo marque un premier arrêt dès les premières pentes pour nous montrer une grotte créée par une ancienne coulée de lave. Puis, arrivés à destination - je vous précise que nous n'irons pas au sommet du volcan - Paolo nous entraine derrière lui pour une petite balade sur les pentes désolées de l'Etna. Il nous explique - en anglais - la vie de l'Etna, qui culmine à 3 300 m et est un des volcans les plus actifs au monde - 80 éruptions au siècle dernier. Paolo parle un anglais scolaire et je comprends à peu près tout ce qu'il nous raconte.

Sur l'Etna

Puis, après un arrêt dans une boutique à touristes qui vend des produits artisanaux locaux - nous achetons des sauces pour les pâtes, du miel de citronnier, de l'huile d'olive... - nous déjeunons d'une siciliana - à savoir une pizza calzone, fourrée au jambon et à la mozzarella, et.. frite dans l'huile - dans la petite ville de Zafferana Etnea.

Zafferana Etnea

Nous regagnons Catane en début d'après-midi, et flânons dans les quartiers que nous n'avons pas arpentés hier.

Catane

La place Vincenzo Bellini - compositeur né à Catane en 1801 - est bordée de beaux bâtiments, dont le théâtre éponyme - inauguré en 1890.

Piazza Vincenzo Bellini

La rue Etna, qui file droit vers le volcan, est la principale artère commerçante de la ville.

Catane

Comme vous le voyez : la nuit tombe et il est temps de se poser en terrasse. Tout comme hier soir, la soirée se prolonge tard dans la chaude ambiance de Catane.

Dîner et fiesta à Catane
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Et voilà, nous arrivons au terme de notre séjour sicilien. Notre vol de retour est programmé en fin d'après-midi. Pour terminer en beauté, nous avons prévu de découvrir ce matin Taormine, une station balnéaire perchée sur une terrasse du mont Tauro, qui offre donc de superbes panoramas. Il s'agit en fait du Saint-Tropez sicilien. Malheureusement, nous n'en verrons... rien du tout. Car arrivés à destination, il est tout bonnement impossible de trouver une place de stationnement ! La route en corniche est étroite, il y a beaucoup de circulation ; nous faisons deux fois demi-tour pour tenter de dénicher une petite place mais rien à faire. Du coup, quelque peu agacés et surtout déçus, nous finissons par renoncer et reprenons la direction de Catane.

Sur la route, comme nous avons désormais du temps à tuer, nous faisons halte à Giardini-Naxos, où nous flânons sur le bord de mer avant de nous offrir un dernier plat de pâtes - de linguines au citron pour Woofie - confortablement installés en terrasse.

Giardini-Naxos

Ce dernier repas clôt donc ce beau séjour en Sicile. De jolies cités pleines de charme et de vie, des vestiges antiques exceptionnels, de belles plages pour les amateurs de farniente, d'excellentes pizzas et pastas, de bons petits vins locaux, et tout ça... sous un ciel éternellement bleu - et des températures clémentes en cette fin d'été. Que demander de plus ?

J'espère bien, un de ces jours, revenir me poser à Catane, pour y profiter à nouveau de son ambiance de fête, puis achever le tour de l'île. Flâner dans les rue de Taormine, ratée ce matin, puis découvrir les îles éoliennes, dont notre guide Lonely Planet vante le charme fou, avant de découvrir la petite cité côtière de Cefalu et de visiter la forteresse normande de Caccamo. De quoi passer à nouveau un formidable séjour.

P.S. je tiens à préciser que ce carnet doit beaucoup à Wikipédia, comme d'habitude, ainsi que cette fois au guide Lonely Planet.