Par Woofie
Grande première cette année : ma randonnée annuelle avec mon compère Manu se déroule en "liberté", c'est à dire en duo, et non en groupe. Sur les sentiers bretons, tout comme l'an passé.
Juin 2019
8 jours
Partager ce carnet de voyage
1

Comme à notre habitude, nous arrivons à l'avance dans la région, en l'occurrence en ce beau samedi ensoleillé, alors qua la randonnée ne débutera que lundi matin. Nous descendons du train à la petite gare champêtre de Pontrieux, après un changement à Guingamp. Là stationne une magnifique locomotive ancienne, qui tracte le "Vapeur du Trieux", un train touristique qui emmène, aux beaux jours, les voyageurs nostalgiques jusqu'à Paimpol, sur la côte.

Gare de Pontrieux

Comme son nom l'indique, Pontrieux est traversé par... le Trieux, un fleuve côtier de 72 km de long qui arrose également Guingamp.

Sur les berges du Trieux

Il est bientôt l'heure de déjeuner - en l'occurrence à la terrasse du Schooner, sur le bord du Trieux - et tradition oblige, je choisis bien sûr une galette aux pommes de terre et à l'andouille de Guéméné.

Au Schooner

Puis, nous nous baladons dans la petite cité de caractère - 1 000 habitants au dernier recensement - qui fut bien plus animée jadis, car jusqu'au XIXème siècle, le pont Saint-Yves était le seul qui permettait de franchir le Trieux entre Guingamp et la mer - il y avait ainsi plus du double d'habitants à la fin du XIXème siècle.

Les berges du Trieux ont beaucoup de charme par cette belle journée de juin...

Nous effectuons l'incontournable promenade - gratuite !!! - des petits lavoirs, en barque à moteur électrique. Notre pilote est un étudiant Pontrivien qui nous fait donc découvrir la cinquantaine de lavoirs restaurés grâce à l'action d'une association, créée dans les années 1990, pour faire revivre ce patrimoine historique, à l'abandon jusque là. Aux XVIIIème et XIXème siècles, chaque maison bourgeoise disposait en effet, au fond de son jardin, de son propre lavoir.

Promenade des petits lavoirs

Puis nous continuons nos pérégrinations au hasard des rues de la petite bourgade. La maison de la tour Eiffel - ainsi dénommée parce que les croisillons de ses pans de bois rappellent la célèbre tour - abrite un exposition de peintures et sculptures, que nous prenons bien entendu le temps de visiter.

Cette belle journée s'achève tout d'abord en terrasse sur les bords du Trieux, puis devant une nouvelle excellente galette, au saumon cette fois - à la Crêperie des lavoirs, dans le bourg.

Galette au saumon
2

Changement de temps ce matin : le soleil a disparu pour laisser place à un ciel gris et bas, et un méchant crachin breton s'invite même par intermittence. Nous ne renonçons pas pour autant à nous rendre, comme prévu, au château de La Roche-Jagu.

Pontrieux

Le château se trouve à une bonne heure à pied de Pontrieux. Aucun chemin n'y mène ; il faut donc emprunter la route départementale, heureusement très peu passagère ce dimanche matin.

Le château de La Roche-Jagu est une forteresse, bâtie au début du XVème siècle, sur un domaine surplombant une boucle du Trieux. Un emplacement stratégique lui permettant de contrôler la navigation sur le fleuve. Il est propriété du département des Côtes d'Armor, qui l'a restauré ; ce qui explique sans doute le tout petit prix de la visite guidée : 5 €. Pour ce modeste écot, nous avons droit à une visite particulière - nous sommes en effet les seuls visiteurs à cette heure assez matinale pour un dimanche, pluvieux qui plus est - de presque une heure et demie, assurée par un guide très calé sur l'histoire du château et du moyen-âge en général, et vraiment très sympa.

Domaine de La Roche-Jagu

L'intérieur du château est dénué de meubles, mais accueille des œuvres d'art contemporain.

Château de La Roche-Jagu

Le domaine a une surface de 30 ha, avec des jardins d'agrément bien sûr, mais aussi un potager médiéval, une partie forestière qui surplombe le Trieux et même... une palmeraie !! Malheureusement, celle-ci est un peu éloignée du château et le temps nous manque pour nous y rendre. Il nous faut en effet regagner Pontrieux pour y prendre le train pour Lannion, notre étape du jour.

C'est donc avec regret que nous quittons le domaine de La Roche-Jagu, où je ne peux que vous conseiller de faire halte si, un jour, vous séjournez dans la région - si vous aimez prendre votre temps, prévoyez une demie-journée pour bien profiter du site.

Après un pittoresque voyage en T.E.R. - nous sommes montés dans le train non pas à la gare de Pontrieux, mais à un simple arrêt sur la voie, en faisant signe au conducteur comme on le fait à un arrêt de bus - nous arrivons donc sans encombre à Lannion, petite ville de 20 000 habitants sur le Léguer, un autre petit fleuve côtier de 58 km de long. Le temps de déposer nos sacs à l'hôtel, et nous voilà partis à la découverte du centre historique.

L'église de la Trinité de Brélévenez s'élève sur la colline du Crec'h Tanet, qui domine Lannion. Ses parties les plus anciennes dateraient de la fin du XIIème siècle, tandis que son clocher fut érigé plus tardivement, au XVème siècle.

Eglise de la Trinité de Brélévenez

Nous n'avons pas atteint le sommet de la colline par le chemin le plus direct, mais par une voie détournée dirons-nous. Pour regagner le centre ville, nous empruntons donc la "voie royale", à savoir l'escalier de Brélévenez. Celui-ci compte 142 marches et est bordé d'un côté, et tout du long, de jolies maisons en granit.

En descendant l'escalier de Brélévenez

Du bas de la colline, on a, malgré le ciel laiteux, une belle vue sur l'escalier et l'église de Brélévenez.

Nous traversons le Tréguer et flânons dans l'ancien couvent des Augustines, le monastère Sainte-Anne, racheté par la ville et qui abrite aujourd'hui une bibliothèque, des salles de réunion ou de spectacle, et divers organismes et associations.

Ancien monastère Sainte-Anne

Puis nous continuons paisiblement nos pérégrinations...

... jusqu'au retour ... du soleil !! Il tombe bien celui-là !! Car il est juste l'heure de boire une bonne bière bretonne à la sympathique terrasse du Flambard - voir photo de la première mosaïque consacrée à Lannion, juste au dessus de la marmotte.

3

Notre randonnée 2019 commence donc réellement ce lundi matin, par un temps malheureusement bien plombé. Un taxi nous conduit jusqu'au site dit du Gouffre de Plougrescant, connu pour sa petite maison de granit coincée entre deux énormes rochers. L'endroit est sauvage donc... photogénique. Et comme cette année nous randonnons "en liberté", et non au sein d'un groupe avec un guide, nous prenons d'emblée tout notre temps pour immortaliser le paysage. Une grosse déception toutefois : vous ne verrez pas LA photo, celle de la fameuse petite maison entre les rochers. Les occupants, qui n'en ont visiblement rien à faire des photographes amateurs, ont garé devant celle-ci deux voitures qui défigureraient le cliché - alors que rien ne les y contraint, car ce n'est pas la place qui manque sur leur terrain. Vous pourrez toutefois découvrir ci-dessous l'arrière de la maison.

Site du Gouffre de Plougrescant

Après cette belle entrée en matière, nous commençons donc notre étape du jour avec pas mal de retard sur l'horaire prévu. Mais qu'importe, puisque nous sommes "en liberté" cette année !! Profitons-en !!

Pour cette première en duo, la randonnée choisie est idéale puisqu'elle suit, pour l'essentiel, et de la première à la dernière étape... le sentier côtier !!! Il suffit donc de veiller à garder la mer sur sa droite... pour être sûr de rester sur le bon chemin. Impossible de se perdre !!

Pas de doute : nous sommes bien en Bretagne, le pays de l'artichaut, dont on trouve même des champs à deux pas de la mer !!

Nous pique-niquons en lisière d'une petite plage, sur une table en bois prévue à cet effet. Une mouette nous surveille d'un œil, sans doute dans le secret espoir que nous lui laissions quelques restes.

Lieu de notre pique-nique

Parfois, le chemin quitte pour quelque temps le bord de mer...

... ce qui fait que les paysages sont ma foi assez variés. Ne manque plus qu'un peu... de soleil, pour que tout soit parfait.

Nous atteignons la petite station balnéaire de Port-blanc, où se trouve une jolie chapelle à demi-enterrée datant du XVIème siècle.

Port-Blanc

Puis nous continuons sur le bord de mer.

L'après-midi touche à sa fin et nous arrivons en vue de la plage de Trestel, sur la commune de Trévou-Tréguignec, terme de notre étape du jour. De là, un taxi nous amène jusqu'à...

... Ploumanac'h, où nous logeons ce soir, à deux pas de la plage de Saint-Guirec, dominée par le très bel hôtel Castel - nous dormirons pour notre part dans un établissement plus modeste. Mais nous dînons sur cette même plage, au Coste Mor, et fort bien : je choisis un excellent pavé de merlan, suivi d'un breizh tiramisu - mascarpone, caramel au beurre salé, pomme caramélisées, le tout saupoudré de miettes de palais breton pur beurre.

Ploumanac'h
4

Ce matin, notre taxi nous ramène sur la plage de Trestel, où nous avons achevé hier soir la première étape de notre randonnée 2019. Il est 9h30, et comme vous pouvez le voir, il fait encore gris.

Plage de Trestel

Et c'est parti pour une journée de marche...

Après nous être éloignés de la mer sur de beaux chemins quasi forestiers, nous retrouvons la côte. Nous abordons l'anse de Nantouar. Le phare du même nom qui s'y dresse a été construit en 1860, et guida les bateaux jusqu'en 1976, date de son extinction. Il est protégé des assauts de la mer par une digue en enrochements qui nous oblige - c'est marée haute - soit à déchausser et à marcher dans l'eau, soit à un peu d'escalade sur les rochers quelque peu glissants. Nous choisissons la seconde solution, et Manu, qui adore jouer les Saint-Bernard, prête son bras à deux dames plus âgées qui ont quelque appréhension devant ce passage délicat. Mais grâce à lui, tout se passe pour le mieux. Par la suite, nous recroiserons régulièrement jusqu'à Trébeurden le petit groupe de randonneurs dont elles font partie.

Anse de Nantouar

En fin de matinée, la grisaille cède peu à peu la place au bleu du ciel. Ce qui donne à Manu, comme vous pouvez le voir, l'envie de prendre la température de la Manche.

C'est donc sous le soleil que nous parvenons à Perros-Guirec, belle station balnéaire appréciée des touristes depuis plus d'un siècle. Elle compte environ 7 000 habitants, population multipliée par.... cinq durant l'été !!

Nous pique-niquons sur la digue qui protège le port de plaisance.

Pique-nique avec vue sur le port de plaisance de Perros-Guirec

Puis nous profitons de notre liberté pour flâner dans les rues de la petite ville, ce que nous n'aurions pu faire dans le cadre d'une randonnée en groupe.

Perros-Guirec

L'église Saint-Jacques, tout en granit, est massive et typique de la région.

Eglise Saint-Jacques - Perros-Guirec

Nous nous éloignons ensuite quelque peu du cœur de Perros-Guirec...

... avant d'aborder la très belle plage de Trestrignel.

Plage de Trestrignel - Perros-Guirec

La corniche qui mène à la plage de Trestraou compte nombre de villas et de maisons remarquables :

La plage de Trestraou est, comme qui dirait, la sœur jumelle de celle de Trestrignel.

Plage de Trestraou

Nous avons beaucoup trainé à Perros-Guirec, profitant à fond de notre liberté. Il est temps de poursuivre notre chemin car le clou de cette belle journée nous attend encore...

C'est en effet par le célèbre chaos de Ploumanac'h que s'achève notre étape du jour. Je l'aborde en début de soirée, seul - car Manu, pressé, m'a semé depuis quelque temps déjà. Le soleil n'est plus au zénith et la lumière se fait donc plus douce, parfaite pour une belle séance photo.

Chaos  de Ploumanac'h

Grâce à mon smartphone et à Google map, qui m'apprend que le site se trouve en fait à... 10 mn à pied de notre hôtel - je peux profiter du spectacle au maximum.

Chaos de Ploumanac'h

Nous avons en effet réservé une table à La cotriade - complet hier soir - pour 20h15. Je rentre donc à l'hôtel à 19h50, pour y retrouver Manu, rentré il y a près d'une heure déjà. Le pauvre, non connecté et donc avec le seul road book fourni par Alibert Trekking, a dû parcourir le chaos au pas de course. La technologie a du bon parfois !!

Fin d'étape à Ploumanac'h

Après un excellent dîner - dont vous ne verrez rien : j'ai en effet stupidement oublié de remettre la batterie, qui était en charge, dans mon compact Canon - avec pour commencer de la "Truite comme en clafoutis", pour suivre un "Parmentier d'aile de raie" et pour finir une "Tarte fine aux abricots", nous gagnons la plage de Saint-Guirec, à deux pas, pour y contempler le coucher de soleil. Je vous précise que je n'ai pas activé le mode "coucher de soleil" de mon bridge Lumix et que je me suis efforcé de le régler au mieux, de sorte que l'image soit le plus proche possible de la réalité.

Coucher de soleil sur la plage de Saint-Guirec

Voilà qui clôt en beauté, vous l'avouerez, notre seconde étape sur le GR 34.

5

Manu avait projeté, hier soir, de se lever à l'aube pour s'offrir une séance photo au chaos tout proche. Mais malheureusement, le ciel plombé l'a fait renoncer. Manu tenant tout de même à retourner sur le site, qu'il a parcouru trop rapidement à son goût hier. Nous nous mettons en route à 9 h et traversons tout d'abord Ploumanac'h, jusqu'au parc de sculptures en granit.

Ploumanac'h

Tant qu'à faire, je fais mois aussi quelques photos de plus de ce site magique.

Chaos de Ploumanac'h

Le phare de Ploumanac'h, détruit par l'armée allemande en 1944, a été reconstruit en 1946.

Phare de Ploumanac'h

Nous entamons finalement notre étape du jour - départ prévu de la plage de Saint-Guirec - alors que la matinée est déjà bien avancée.

Plage de Saint-Guirec

Nous atteignons le port avant de poursuivre notre chemin...

Ploumanac'h

... sur la commune voisine de Trégastel - précisons que Ploumanac'h n'est pas une commune, mais un simple bourg de Perros-Guirec. Là, nous nous attardons quelque peu dans le moulin à marée, qui date de 1764, et où l'on fabriqua de la farine jusqu'en 1932 - déjà bio bien sûr, et avec un excellent "bilan carbone" de surcroît.

Trégastel

Nous abordons ensuite la plage de Tourony et ses surprenants rochers...

Plage de Tourony - Trégastel

... puis quittons pour un temps le littoral...

... avant de le rejoindre à nouveau sur la belle plage du Coz-Pors.

Plage du Coz-Pors - Trégastel

Nous longeons la plage en direction de la pointe de Beg ar Vir, car notre road book nous propose une option à l'étape du jour : le tour de l'île Renote, située derrière cette petite pointe. Et Manu et moi ne sommes jamais contre un peu de rab'.

Pointe de Beg ar Vir

L'île Renote est en réalité... une presqu'île, depuis qu'en 1885, la construction d'une chaussée a permis de la relier au continent - avant cette date, on pouvait y accéder à pied uniquement à marée basse. Sa côte ouest est bordée d'une très longue et très belle plage de sable fin, la grève de Toul Drez. Nous faisons une pause à son extrémité pour pique-niquer à l'ombre de gros rochers. Car tout comme hier, le soleil fait son apparition vers 13 h, après avoir chassé ce que les locaux nomment "brume de mer". Et il tape fort !!

Grève de Toul Drez - Sur l'île Renote

A l'extrémité de l'ex-île, on trouve un beau chaos rocheux, avec notamment la fameuse palette du peintre, qui vaut bien, à elle seule, le détour ! Les randonneurs qui s'en dispensent ne savent pas ce qu'ils ratent !!

Chaos rocheux sur l'île Renote

Nous nous offrons pour notre part une belle séance photos.

Chaos rocheux sur l'île Renote

Sur la côte est se cache la très belle plage de Ti Al Lia :

Plage de Ti Al Lia - Sur l'île Renote

Le tour de l'île effectué...

Retour sur la grève de Toul Drez - Ile Renote

... nous rejoignons la plage du Coz-Pors ...

Plage du Coz-Pors - Trégastel

... avant de gagner celle, tout aussi belle, de la Grève blanche.

Plage de la Grève blanche - Trégastel

Puis...

... après la Grève blanche, c'est la Grève rose s'offre à nous...

Plage de la Grève rose - Trégastel

... et enfin la plage des curés - bref, les habitants de Trégastel ont vraiment l'embarras du choix !!!

Plage des curés - Trégastel

Nous poursuivons notre chemin à marée basse.

Le long de cette côte, un chapelet de petites îles empêche l'accès au grand large. L'une d'elle semble habitée par un caméléon géant !

L'étape tire à sa fin...

... et nous arrivons finalement au Golfhôtel, sur la commune de Pleumeur-Bodou, à 19h30. J'avoue être quelque peu fatigué après cette longue étape de 10 h 30, avec pour seule pose - hormis les séances photos bien sûr - notre pique-nique sur l'île Renote. Nous nous sommes alors posés pendant 45 mn ; et ce fut tout pour la journée !! Je ne suis en effet pas parvenu à convaincre Manu de prendre une bière en terrasse sur la plage du Coz-Pors, une pinte qui n'aurait pourtant pas été imméritée à mon sens.

6

Petit "souci" ce matin, dès notre départ du Golfhôtel : nous prenons à gauche, puis à droite, comme indiqué dans notre road book ; mais quelques centaines de mètres plus loin, les indications ne correspondent plus au "terrain". Il faut se rendre à l'évidence : nous avons pris une mauvaise direction. Google map nous le confirme vite, et nous apprend également qu'on ne peut rejoindre le bon chemin... qu'en revenant sur nos pas. Nous revoilà donc, après 45 mn de marche, devant le Golfhôtel. Le road book comporte bel et bien une inversion puisqu'à la sortie du golf, il convient de prendre à droite puis à gauche et non l'inverse. Ce que nous aurions pu constater plus tôt en consultant le plan, au lieu de nous fier aux seules indications écrites. Enfin, pas de quoi, pour autant, nous faire perdre notre bonne humeur d'heureux randonneurs.

L'itinéraire nous fait découvrir la chapelle de Saint-Samson, bâtie entre 1575 et 1631, et sa petite fontaine, qui - curieusement, car elle semble bine plus ancienne - lui est postérieure, puisqu'elle date de 1632.

Au bord d'une petite route se dresse le menhir christianisé de Saint-Uzec, qu'un père jésuite fit donc sculpter, peindre et surmonter d'une croix en 1674. Le menhir fait 7,40 m de hauteur et ses décorations polychromes, comme vous pouvez le constater, n'ont pas résisté au rude climat breton.

Nous rejoignons ensuite le littoral et passons sur l'Ile-Grande, reliée au continent par un pont depuis 1891.

Sur l'Ile-Grande

Nous avons de la chance car, à notre arrivée sur l'île, la brume de mer laisse sa place à un beau ciel bleu. Pour les photos, ça change tout !!!

Sur l'Ile-Grande

L'Ile-Grande fut, durant des siècles, un important site d'extraction de granit. Son exploitation s'intensifia en de nombreux points de l'île au milieu du XIXème siècle, et demeura essentielle à l'économie locale jusque dans les années 1950. Les blocs de granit qui servirent à la construction de la cathédrale de Tréguier ( bâtie aux XIVème et XVème siècles ), et des ports de Granville ou de Rouen, ainsi que nombre des "pavés du Nord" - devenus mythiques grâce à la course cycliste Paris-Roubaix - proviennent de l'Ile-Grande. Aussi, une statue rend hommage au travail - difficile - des carriers.

Sur l'Ile-Grande

A l'extrémité de l'île se trouve une petite pointe rocheuse particulièrement ventée. Il faut veiller à son couvre-chef !!

Sur l'Ile-Grande

Tout comme hier sur l'île Renote, il fait bon longer la côte de l'Ile-Grande...

Sur l'Ile-Grande

L'île ne compte qu'un seul bourg, d'environ 800 habitants. L'église Saint-Marc, tout en granit du cru, parait bien plus vieille qu'elle n'est en réalité, puisqu'elle fut consacrée en 1910.

L'Ile-Grande

La côte ouest étant sans intérêt, surtout à marée basse, nous regagnons le continent et prenons la direction de Trébeurden, où nous faisons étape ce soir.

Nous logeons à Trébeurden dans un charmant petit hôtel-restaurant, La maison, on l'on se sent effectivement comme chez soi !! Du coup, nous dînons sur place, d'un excellent fish&chips suivi d'un non moins succulent brownie, fait maison.

Excellent dîner à La maison
7

Pas de brume de mer ce matin alors que nous entamons la dernière étape de notre randonnée, après un excellent et copieux petit déjeuner à "La maison".

Nous quittons Trébeurden par sa plage : Tresmeur.

Plage de Tresmeur - Trébeurden

En cette dernière semaine de juin, la plus grande partie du pays subit des températures absolument caniculaires... exceptée... une région qui, apparemment - et comme naguère l'un de ses petits villages à l'envahisseur romain - résiste encore et toujours aux grosses chaleurs : la Bretagne. Nous randonnons depuis notre départ du Gouffre de Plougrescant sous une température de 25 degrés environ. Mais ce matin, nous sentons dès notre départ qu'il fait plus chaud qu'à l'accoutumée.

En fin de matinée, le thermomètre grimpe au dessus des 30 degrés. Et bien que nous soyons en bord de mer, nulle brise pour rafraichir l'atmosphère. Il fait lourd et je consomme beaucoup plus d'eau que d'habitude - Woofie est plutôt du genre chameau, du moins quand il ne se trouve pas en terrasse avec quelques joyeux drilles. Apparemment, la canicule gagne la péninsule bretonne. Nous faisons donc notre pause casse-croute à l'ombre, bienvenue, des rochers se trouvant à l'extrémité sud de la belle plage de Maez-an-Aod.

Puis nous quittons définitivement le littoral, car le terme de cette dernière étape est Lannion, qui se trouve quelques kilomètres à l'intérieur des terres...

... au bord du Léguer, dont nous remontons le cours depuis son embouchure.

Le long du Léguer

Nous parvenons à Lannion en fin d'après-midi. Sur le chemin, j'avais projeté de m'offrir une séance photo de "rattrapage", car notre découverte de Lannion s'était faite, il y a quelques jours, sous un ciel très peu propice à de belles images. Mais malheureusement, le ciel bleu sur la côte à cédé place, à l'intérieur des terres, au même ciel laiteux que lors de notre premier passage. Du coup, faisant contre mauvaise fortune bon cœur, je vais prendre un pot plus tôt que prévu au Flambard, où j'assiste à un curieux phénomène : à savoir une chute brutale et rapide de la température. Alors que dès la fin de matinée, nous avons marché sous une température de 30 degrés, je suis contraint d'appeler Manu, resté sagement dans notre chambre d'hôtel, pour lui demander de m'apporter une petite laine !! Et nous serons bien contents, je vous assure, de trouver une place à l'intérieur d'une crêperie pour y passer la soirée. Le climat breton est ma foi bien facétieux !!!

8

Avant de regagner Paris et Orléans, nous nous offrons une dernière belle journée en Bretagne. Au programme : la découverte de l'île de Bréhat. Un taxi nous emmène donc ce matin à Paimpol, d'où nous prendrons le bateau pour Bréhat.

Paimpol

En réalité, la navette pour Bréhat ne part pas du petit port de Paimpol, mais de la pointe de l'Arcouest, où nous nous rendons en bus. L'île n'est séparée de la côte que par un bras de mer de 1 700 m. La traversée ne dure donc que quelques minutes.

Alors que la pointe de l'Arcouest était baignée par le soleil matinal, la brume de mer recouvre malheureusement Bréhat lorsque nous accostons. L'île compte environ 400 habitants, pour la plupart regroupés dans un petit bourg.

Nous entamons notre découverte de l'île en nous dirigeant plein nord. Nous sommes accompagnés, pendant quelques minutes, par un nouveau compagnon de randonnée, en la personne d'une jeune chien blanc et noir particulièrement attachant. Pas de maitre à l'horizon : le petit chien court partout, renifle, gratte... puis soudain repart comme piqué par une mouche invisible. C'est visiblement la star de l'île et tous les randonneurs s'entichent tour à tour de lui. Nous le croiserons de nombreuses fois, tout au long de la matinée.

Nous atteignons assez vite la côte nord de l'île, où l'on trouve les rochers de granit rose typiques de cette partie de la côte bretonne.

Le phare du Paon domine fièrement cette côte sauvage. Il a été édifié en 1860, avant d'être, comme celui de Ploumanac'h, détruit par les troupes allemandes en 1944. Il fut reconstruit à l'identique en 1948.

Phare du  Paon

La côte de granit rose porte ici bien son nom :

Comme vous pouvez le vérifier, le phare du Paon n'est pas le seul phare de Bréhat.

Nous poursuivons le long de la côte.

Il fait beau. Pas trop chaud. On prend des photos. On est bien, tout simplement.

Bréhat est un petit paradis pour le promeneur-photographe.

Mais toute bonne chose ayant une fin, il convient de nous diriger vers l'embarcadère, car il ne s'agirait pas de manquer la dernière navette pour le continent.

Après cette magnifique journée sur Bréhat, nous passons une soirée tranquille à Paimpol. Avec au programme une dernière galette et une ultime crêpe au caramel au beurre salé, confortablement installés dans une crêperie sur le port. Tous les restaurateurs du cru ont en effet renoncé à dresser leurs terrasses, car la petite brise est très fraiche ce soir sur la côte bretonne. Dire que le reste du pays est encore accablé par la canicule !! On a peine à y croire !!

Paimpol