Carnet de voyage

La Crète, de long en large.

9 étapes
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Par Woofie
Séjour itinérant en Crète, à la découverte des jolies villes et des sites les plus emblématiques de la plus grande des îles grecques.
Octobre 2017
9 jours
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Pourquoi la Crète me direz-vous ? Eh bien parce qu'un ami commun de Ben et Woofie s'est installé là-bas, depuis quelques années déjà. C'est donc l'occasion de lui rendre visite et de découvrir une île au riche passé historique, tout en profitant du soleil de la Méditerranée en ce début du mois d'octobre.

Nous avons atterri hier après-midi à l'aéroport d'Héraklion, la capitale crètoise, où Sabrina, la charmante compagne de notre ami Jiji, est venue nous chercher, Ben et moi. La "soirée-retrouvailles" ayant été bien arrosée, le réveil ce matin à l'aube est particulièrement difficile, et c'est un euphémisme ! Jiji exerce en Crète la profession de guide touristique, et son patron a eu la gentillesse de nous convier à une excursion avec notre ami, qui nous charge donc de bon matin dans son 4X4 Land Rover. Nous voilà donc partis chercher les participants - tous français - à leurs hôtels respectifs sur la côte, avant de prendre la direction de l'intérieur de l'île.

Après un premier arrêt pour observer les vautours en vol, nous nous arrêtons pour découvrir, perdue au milieu de nulle part, une minuscule chapelle.

Avant de repartir, nous sacrifions, à la taverna toute proche, au rituel du raki. Il est encore bien tôt - surtout après la soirée de la veille ! - pour s'envoyer un shot de cette gnole locale mais bon... l'effet de groupe joue à fond... et finalement, ce n'est pas si terrible.

Nous faisons ensuite halte à Spili, petite bourgade au cœur de la Crète, connue pour sa remarquable fontaine d'époque vénitienne aux 25 têtes de lions :

Fontaine de Spili

Nous avons quartier libre une trentaine de minutes, ce qui est plus que suffisant pour faire le tour de la bourgade.

Spili

La route, qui nous mène tout droit vers la côte sud de l'île, traverse des paysages sauvages et arides :

Nous déjeunons dans une des innombrables tavernas - où l'on mange bien pour pas cher - qui pullulent au bord des routes crétoises. Celle-ci surplombe la très belle plage de Ligres, où certains d'entre nous, dont Ben, s'offrent une baignade digestive dans les vagues. Pour ma part, je préfère une balade photographique :

Plage de Ligres

L'endroit est superbe, mais il faut bien repartir. Et Jiji me gâte, car il fait un arrêt qui n'est habituellement pas au programme : un champ d'oliviers plusieurs fois centenaires ! Aurait-il deviné l'inclinaison de Woofie pour les beaux arbres ? Fantastique en tout cas !!!

Oliviers multi-centenaires

La halte suivante nous permet d'admirer un pont très ancien et un autre olivier... encore plus ancien, puisqu'il n'aurait pas moins de... 800 ans !!! Le pauvre n'a droit à aucun égard, car il se trouve au bord de la route, et son imposant tronc est pris dans le grillage de la clôture qui délimite le champ. Malgré son âge canonique, il donne encore des olives qui sont justement presque noires. Je ne peux résister à l'envie d'en goûter une que... je recrache instantanément ! Eh oui ! Les olives ne se mangent pas sur l'arbre ! Je l'eus su, mais l'avais oublié : pour être consommables, les olives doivent macérer 3 à 4 mois dans la saumure - fraichement cueillies, elles sont en effet d'une amertume extrême. Ce que j'apprends à mes dépens - ce qui a le mérite de bien faire rigoler toute la petite troupe, prompte à se moquer du benêt que je suis.

Il est à présent temps de prendre le chemin du retour, ponctué de quelques arrêts-photos pour profiter du panorama, sans oublier l'arrêt "sirtaki" : à savoir un petit cours de cette danse traditionnelle grecque donné par Jiji au bord de la route, à la grande surprise des automobilistes de passage.

Panoramas

La journée se termine autour d'un bon gâteau d'anniversaire, car Ben souffle aujourd'hui ses 44 bougies.

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Ce matin, Sabrina nous dépose sur le port d'Héraklion où nous récupérons notre voiture de location, une Fiat Panda blanche toute pimpante. A l'intérieur, un cadeau : une... bouteille de vin ! Oui oui ! C'est bien vrai ! Offert par l'association pour la prévention routière locale ???

Nous voilà donc partis sur les routes de Crète, direction Réthymnon - à quelques 80 km plein ouest, sur la côte nord de l'île. Nous faisons toutefois un détour par l'intérieur des terres pour visiter le monastère d'Arkadi, véritable petite forteresse avec son mur d'enceinte fortifié. Le monastère est pour les Crétois le symbole de la résistance face à l'occupation ottomane - qui dura plus de deux siècles, de 1669 à 1898. Lors de la révolte de 1866, il fut en effet pris d'assaut par les Turcs, et ses défenseurs préférèrent périr en faisant sauter leur réserve de poudre, plutôt que de se rendre. Un épouvantable carnage qui fit des centaines de morts, dont nombre de femmes et d'enfants. Le "squelette" d'un cyprès brûlé lors de l'assaut est toujours là aujourd'hui pour témoigner du drame - photo ci-dessous. On peut toujours y voir les balles de fusil fichées dans le bois.

Monastère d'Arkadi

Le monastère recèle également un musée qui détient de bien belles collections :

Belles pièces du musée du monastère d'Arkadi

Un bel et émouvant endroit que ce monastère d'Arkadi ! Il vaut vraiment le détour !

Après cette belle visite, nous reprenons la route en direction de la côte. Nous roulons tranquillement, profitant de toute opportunité - comme ce petit cimetière - pour faire une petite halte-photo...

Puis il est temps de déjeuner. Le hasard faisant bien les choses, nous dénichons un petit havre de paix au bord d'une jolie plage : notre périple commence plutôt bien, non ?!

Pause déjeuner

Après des dolmas - feuilles de vignes farcies de riz - quelque peu bourratives, et un bon souvlaki - brochette - de porc, nous reprenons la route le long de la côte vers notre étape du soir : Réthymnon.

L'arrivée à Réthymnon est compliquée car nous nous retrouvons malgré nous "en perdition" dans de minuscules ruelles plus ou moins piétonnes, alors que nous sommes pourtant passés devant notre hôtel sans le voir ! Sur ce coup-là, c'est suffisamment rare pour le noter, le G.P.S. n'a pas assuré. Je suis, avouons-le, extrêmement soulagé de ne pas conduire la Panda, car même Ben, qui n'est pas homme à stresser au volant, n'est pas des plus à l'aise ! Enfin, Ben finit par nous sortir de ce labyrinthe et nous nous installons à l'hôtel avant de nous lancer à la découverte de la vieille ville - après avoir toutefois siroter une bière sur le front de mer, à deux pas de notre hôtel. Nous commençons par le port bien sûr :

Port de Réthymnon

Puis, nous nous engageons dans les ruelles de la vieille ville :

Vieille ville de Réthymnon

La grande bière bue sur le front de mer faisant son effet - Ben a une envie plus que pressante ! - nous nous arrêtons, contraints et forcés, au Punch Bowl. Comme vous pouvez le voir, ce pub est tout simplement fantastique !

Le Punch Bowl - Réthymnon

Après cet arrêt forcé mais bien agréable dans l'ambiance "foutraque" du Punch Bowl, nous flânons dans les ruelles et découvrons la fontaine Rimondi, construite en 1629 par les Vénitiens, alors maîtres de la Crète.

Vieille ville de Réthymnon

La soirée se termine par un bon repas, bien arrosé, en terrasse dans la vieille ville.

Après une photo du vieux phare, il eut été sage de rentrer nous coucher, mais nous nous laissons tenter par un dernier verre en terrasse sur le front de mer, en bas de notre hôtel. Le bar est sympa, encore animé malgré l'heure tardive et Ben est d'humeur festive. Il commande une Sambuca - alcool italien à base d'anis étoilé titrant près de 40° - et moi une caipirinha. On nous apporte également un énorme panier rempli de fruits et d'amuse-gueules ! Mais comme nous sommes tous deux repus - nous sortons de table - nous y touchons à peine. Et les jeunes aux tables voisines - à qui nous proposons notre encombrant cadeau - semblent dans le même état que nous, et refusent poliment. Quel gâchis ! Enfin, il est temps d'aller se coucher quand... le "drame" survient : la serveuse dépose devant nous, à notre grande surprise, deux grands verres de Sambuca offerts par la maison ! Echaudé par ma dure soirée de l'avant-veille, pas question pour moi de vider un nouveau verre. Mais contrairement au "panier-surprise", pas de gâchis cette fois puisque Ben se charge consciencieusement de la tâche, avant de commander un dernier verre pour ne pas partir sur la tournée du patron, ce qui ne se fait pas, convenons-en.

Après ces trois verres de sambuca, Ben est dans un état second. Je crains le pire, car pour mon malheur, nous dormons cette nuit dans le même lit. Enfin "dormons" est un bien grand mot, car les effets de la Sambuca sur le cerveau humain sont tout à fait spectaculaires ! Ben ponctue la nuit de réveils tonitruants, et j'ai à chaque fois toute les peines du monde à le tranquilliser, à le convaincre que je ne suis pas Jiji et que le mieux est de se recoucher !

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Après cette nuit d'enfer, nous sommes tous deux bien fatigués quand il s'agit de nous lever pour entamer le programme bien rempli que nous a concocté Ben.

Il fait un temps à manger dehors ; ça aide...

Nous commençons par la visite de la forteresse de Réthymnon, qui domine la ville. Elle fut bâtie par les Vénitiens, maîtres de la Crète depuis 1204, dans les années 1570 pour faire face à d'éventuelles attaques ottomanes. Ce qui n'empêcha pas les troupes du sultan Ibrahim de s'emparer de la ville en 1645 après seulement 23 jours de siège. A l'intérieur des remparts, on trouve un vaste terrain vague où la petite chapelle Sainte-Catherine et la mosquée du sultan Ibrahim se sentent bien seuls.

Chapelle Sainte-Catherine et mosquée du sultan Ibrahim

La vue depuis les remparts est imprenable :

Après la visite de la forteresse, nous mangeons dans un boui-boui tenu par une mamie, dans une ruelle près du port - un très bon sauté d'agneau pour Woofie - puis flânons dans la vieille ville, qui compte une ancienne mosquée - elle même ancienne église Sainte-Marie - devenue désormais le conservatoire de musique classique de la ville :

Mosquée de Nerandze

Il doit faire bon vivre ici...

Nous avons la chance, au détour d'une ruelle, de tomber sur une boutique où un artisan hors d'âge étire de la pâte phyllo, du grec "phyllon" qui signifie feuille - vous comprendrez en voyant la photo ci-dessous. La pâte phyllo est une pâte feuilletée préparée avec de la farine, du sel, de l'eau et de l'huile d'olive, et étirée jusqu'à obtenir une feuille translucide aussi mince que du papier de soie ! M'est avis que l'on n'arrive pas à un résultat pareil sans quelques années d'expérience...

Etirage de la pâte phyllo

Nous visitons, comme de bien entendu, l'église des quatre martyrs, qui célèbre le courage de quatre grecs exécutés par les Ottomans pour avoir refusé de renier leur foi.

Eglise des quatre martyrs

Il est alors temps de gagner notre prochaine étape, à une soixantaine de kilomètres à l'ouest : La Canée. Nous empruntons comme hier la seule route nationale de Crète, qui longe la côte nord de l'île. Elle a été financée par l'Union Européenne, ce qui est rappelé aux automobilistes par de grands panneaux régulièrement disposés sur les bas-côtés - Bruxelles chercherait-elle à s'attirer les bonnes grâces des Crétois ? Sur cette large route, il est d'usage de rouler... sur la bande d'arrêt d'urgence, de sorte à ne pas gêner si une voiture souhaite vous dépasser ! De nombreux panneaux font varier sans cesse la limitation de vitesse, sans raison apparente : tantôt 90 km/h, tantôt 70 km/h ou encore 50 km/h, si bien qu'on ne sait jamais trop bien à quelle vitesse il est permis de rouler. Inquiétant... quand des radars perchés sur des mats jalonnent le parcours. Mais... fonctionnent-ils seulement ? Les locaux interrogés ne le savent pas eux-mêmes. Enfin... nous sommes en vacance... Ben roule peinard, donc pas de raison de s'affoler avec ça...

Nous logeons cette fois chez l'habitant, en l'occurrence une dame charmante et qui parle fort bien français. Nous nous installons rapidement puis partons à la découverte de la ville, en commençant par le front de mer, qui nous conduit inévitablement au vieux port vénitien.

La Canée

Puis nous flânons sur la longue jetée qui protège le port. A son extrémité trône un phare du XVéme siècle.

Le port de La Canée

Puis nous flânons peinard jusqu'à...

La Canée

... l'heure de l'apéro, que nous prenons en terrasse sur le port... face au soleil couchant. Le bonheur quoi...

Coucher de soleil sur le port de La Canée

La soirée est calme. Nous mangeons sur le port. Je prends une assiette de poisson frit et on me sert effectivement... quelques poissons frits jetés sans façon dans une assiette, sans accompagnement aucun - pas même l'agaçante feuille de salade qu'on nous colle sous le steack chez nous - ni la moindre sauce. Frugal le dîner !!!

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La journée commence par un excellent petit déjeuner, servi par notre hôtesse sur notre terrasse qui domine le vieux port. Puis par une "séance photo" pour profiter de la douce lumière du matin.

Le vieux port de La Canée

Après le vieux port, nous abordons la vieille ville...

... avec ses ruelles...

Les ruelles de la vieille ville de La Canée

... où de nombreuses boutiques colorées cherchent à séduire le touriste.

Les boutiques pour touristes

Nous flânons pour finir dans le marché couvert Agora...

Marché couvert Agora

... avant de shooter le minaret Houghiar Tzamissi sous tous les angles.

Minaret Houghiar Tzamissi

Après cette belle matinée - comme vous avez pu le voir : La Canée est une ville pleine de charme - nous prenons la route d'Elafonissi, une des plus belle plage de Crète, connue pour son sable rose. En fait, nous avons longuement hésité quant à notre destination. Il était d'abord question d'une randonnée dans les gorges de Samaria ; mais cette randonnée de 16 km ne décrit pas une boucle, puisqu'elle emprunte les fameuses gorges jusqu'à la mer. Il faut alors trouver un moyen de transport pour regagner le point de départ - peut être pas si facile hors saison ? Dans le doute, nous décidons donc de nous rendre à Elafonissi, ce qui nous fait traverser toute l'île du nord au sud - soit plus de 70 km.

En chemin, nous faisons une - longue - halte dans une petite taverna de village. On y mange comme à la maison pour pas cher. Je me régale d'un sauté d'agneau à la fèta accompagné des inévitables frites pas cuites - il semble que ce soit la règle dans toutes les tavernas de l'île, au grand dam de Woofie qui aime les frites bien dorées. L 'endroit est tranquille, la vue est sympa' : la terrasse domine une vallée boisée, il fait un temps estival... On est vraiment bien.

Pause déjeuner

Nous arrivons donc à Elafonissi alors que l'après-midi est déjà bien entamé. La plage est effectivement très belle, comme vous pouvez le voir. Le sable a bien les teintes rosées qui font sa singularité. Mais cet après-midi - et bien que ça ne transparaisse pas du tout sur les photos - il y fait un vent à décorner les bœufs ! Si bien que je renonce à me baigner, tout comme Ben qui fait une timide tentative, avant de regagner son transat pour s'y faire dorer la pilule.

Plage d'Elafonissi

Faute de baignade, nous décidons de gagner la plage voisine, qui vaut également le détour selon les guides de voyage. Mais je porte des claquettes et Ben des tongs bon marché, et peu à peu le sentier devient de plus en plus rocailleux et accidenté. Difficile de poursuive aussi mal chaussés : nous rebroussons donc chemin sans avoir atteint notre but et regagnons la voiture après avoir descendu une petite bière à la terrasse du bar qui domine la plage.

De retour à La Canée, nous prenons un petit apéro sur notre terrasse, puis gagnons la vieille ville pour nous restaurer. Nous jetons notre dévolu sur un restaurant qui accueille ce soir un duo de guitaristes fort sympa', mais notre choix ne s'avèrera au final guère judicieux. Il s'agit clairement d'un restaurant à touristes - avec en conséquence des prix pour touristes. Je prends un steack d'espadon plutôt correct - un poil trop cuit - et Ben un souvlaki de poulet - une brochette quoi - qui s'avère être "the most expensive chicken in his - pourtant déjà longue ! - life" ! A savoir "le plus cher poulet de sa vie", pour les réfractaires à la langue de Shakespeare. Formule qu'il emploie à moult reprises pour signifier vertement au serveur son désappointement devant la brochette en question qui est, j'en conviens également, bien maigrelette pour un gaillard comme lui. Ben avait pourtant pris soin, devant le prix affiché, de s'enquérir de la générosité de l'assiette, et le serveur l'avait immédiatement rassuré. Une simple différence de point de vue en somme...

Au restaurant

Avant de rentrer nous coucher, nous prenons le temps de prendre quelques photos... et même... un dernier verre sur le port.

La Canée by night
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La journée commence comme hier, par un copieux petit déjeuner servi sur notre terrasse. Nous nous régalons notamment de petits feuilletés fourrés d'une crème légère à la vanille. Miam miam !!

Petit déjeuner sur la terrasse

Puis nous quittons La Canée. Direction Matala, de l'autre côté de l'île, sur la côte sud. En chemin nous faisons halte à Spili, la bourgade de la fontaine aux lions visitée avec Jiji. A l'entrée de la petite ville se trouve en effet un superbe monastère, que nous n'avions pas vu dimanche dernier.

Monastère de Spili

Nous reprenons la route et, comme d'habitude, ne manquons pas de faire quelques arrêts-photos. Les paysages sont grandioses.

Au cœur des paysages crétois

Nous visitons en chemin le site archéologique de Phaistos. Il s'agit des vestiges d'un palais minoen, en fait le plus ancien des palais crétois, avec celui de Cnossos. La civilisation minoenne est très ancienne puiqu'elle se développa entre 2 7OO et 1 200 avant notre ère, en Crète et sur Santorin. Elle fut découverte au début du XXème siècle par l'archéologue anglais Arthur Evans, qui la baptisa du nom du légendaire roi Minos, un des innombrables héros de la mythologie grecque.

Comme vous pouvez le voir, il ne reste quasi rien du palais hormis le grand escalier - quand je parle plus haut "des vestiges d'un palais minoen", je suis bien "gentil" car il s'agit en réalité des vestiges des fondations du palais, plutôt que du palais lui-même.

Site archéologique de Phaistos

Nous reprenons ensuite la route vers notre destination finale ; la mer est en vue : Matala n'est plus très loin.

Nous arrivons finalement à Matala alors que l'après-midi est déjà bien entamé, car nous avons pris le temps de déjeuner - fort tardivement - dans une taverna à quelques kilomètres de notre destination finale. Matala est de nos jours une petite station balnéaire fort agréable, qui connut son ère de gloire dans les années 1960, quand elle devint un repère de hippies adeptes du "Flower power". Bob Dylan lui-même y posa son sac !

Matala

La plage de Matala est encadrée de falaises plongeant dans la mer, ce qui lui donne son caractère unique.

La plage de Matala

La falaise de droite est percée de cavités creusées par nos ancêtres du néolithique. Plus "récemment", les Romains - qui furent maitres de la Crète de 67 avant notre ère à 395 - firent du site un... cimetière troglodyte, avant que les hippies ne s'y installent dans les années 1960-1970.

Site troglodyte

Nous regagnons notre hôtel à l'heure de l'apéro : nous avons en effet à notre disposition une petite table ronde à l'extérieur de notre chambre. Nous sommes bien et par conséquent... ne voyons pas le temps passer. Si bien que nous ratons... le coucher de soleil sur la plage. C'est vraiment la loose !... Car pas de session de rattrapage possible : demain soir, nous serons à Hersonissos.

Trop tard pour le coucher de soleil

Enfin... C'est ainsi. Nous dînons sur la plage, à L'Hakuna Matata Taverna, au pied de la falaise de gauche. L'ambiance et la déco' y sont très cool, héritage hippie oblige. Je prends en guise d'apéro de la retsina, un vin blanc auquel on ajoute de la résine de pin au cours de la fermentation. Spécial, mais pas désagréable. Je choisis ensuite des boulettes de viande à la tomate servies avec un excellent riz et.. toujours ces maudites frites pas cuites auxquelles il est malheureusement impossible d'échapper sur cette île ! Ben fait quant à lui honneur à la carte et se rattrape de son "most expensensive chicken his is life" d'hier soir en se régalant de diverses spécialités locales.

Dîner à l'Hakuna Matata taverna
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Au programme de cette belle journée : la visite de la station balnéaire de Agios Nikolaos - "agios" signifie "saint" en grec - à près de 130 km de Matala. Nous prenons toutefois le temps de retourner sur la plage de Matala, histoire de profiter de la lumière moins vive du matin pour prendre quelques photos. Nous renonçons par contre à nous rendre sur la renommée plage de "Red beach", à 30 mn de marche par la côte - 30 mn aller plus 30 mn sur place plus 30 mn retour font 1h30 mn, ce qui nous conduirait à visiter ensuite Agios Nikolaos au pas de course.

Plage de Matala

Après un trajet sans histoire, nous arrivons donc à Agios Nikolaos. Je suis une nouvelle fois bien content de ne pas être au volant de la Panda, car les rues ne sont pas toujours très larges et parfois... fort pentues !

Agios Nikolaos

Un petit lac, relié au port par un chenal, est niché au cœur de la station balnéaire :

Lac de Agios Nikolaos

Nous déjeunons en terrasse d'un des nombreux restaurants - tous quasi-déserts - situés au bord du lac. Le serveur-rabatteur est sympa, et je commande des côtelettes d'agneau qui, au contraire des frites, semblent toujours servies très cuites en Crète. Dommage. Bien évidemment, nous terminons le repas par un raki offert par la maison.

Nous reprenons ensuite notre balade, qui nous mène jusqu'au au sommet de la paroi rocheuse qui domine le lac ; la vue est vraiment sympa :

Agios Nikolaos et son lac intérieur

Après ces bons moments passés à Agios Nikolaos, nous reprenons la route et, arrivés à Hersonissos, nous flânons sur le bord de mer et sur le petit port, alors que la nuit tombe doucement...

Hersonissos

Nous passons la soirée avec Céline, une amie de Ben installée tout comme Jiji en Crète depuis quelques années. Elle nous emmène dans un restaurant qu'elle connaît bien et dont le patron, un vieux monsieur à moustache, vient régulièrement à notre table pour y vider un petit verre de raki ! La journée se termine au New York Beach Club, dont le barman s'est emparé du chapeau de Woofie !

Au New York Beach Club
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Après la soirée au New York Beach Club, nous nous levons en fin de matinée. Au programme de la journée : la visite de Cnossos, site archéologique le plus fameux de Crète. Il s'agit des ruines du plus grand des palais minoens - je vous ai déjà parlé de la civilisation minoenne plus avant, lors de notre visite du site de Phaistos. Elles furent découvertes en 1878 par un antiquaire crétois, mais c'est l'archéologue britannique Arthur Evans qui entama des fouilles de grande envergure en 1900 et fit la célébrité du site. Evans pensait avoir découvert le palais du légendaire roi Minos, mais il semble que cet immense complexe servait en fait à des usages des plus variés, tout à la fois centre administratif, temple religieux ou entrepôt.

Reste que, tout comme pour Phaistos, il ne reste pour ainsi dire rien de l'antique palais. Pour preuve : moi qui ne suis pas avare de photos, je ne peux vous présenter que quatre malheureux clichés de ce site pourtant fort vaste, et encore, les deux premières montrent des reconstitutions faites par Evans ! Reconstitutions jugées, de surcroit, tout à fait fantaisistes par les archéologues contemporains ! Je ne peux donc que vous conseiller, si un jour vous visitez la Crète, d'économiser les 15 € du ticket d'entrée et de passer votre chemin.

Site archéologique de Cnossos

Après cette décevante visite, direction la capitale de l'île : Héraklion. Nous commençons la visite de la vieille ville par le bord de mer et la forteresse de Koules, qui défendait jadis le port.

La mer et la forteresse de Koules

Puis, nous visitons bien sûr la forteresse, bâtie par les vénitiens dans les années 1520-1540 sur les restes de précédentes fortifications. Elle n'est pas bien grande, mais beaucoup plus intéressante à mon goût que le champ de caillasses qu'est Cnossos. On peut y voir une grande quantités d'amphores repêchées sur des épaves et on a en prime, du haut des murailles, une belle vue du port d'Héraklion.

Forteresse de Koules

Nous déambulons ensuite sur le vieux port vénitien, d'où l'on aperçoit plus loin les gros navires du port de commerce.

Port d'Héraklion

Nous nous dirigeons ensuite vers le cœur du vieil Héraklion, et visitons en chemin l'église Agios Titos :

Eglise Agios Titos

Le centre historique de la capitale crétoise n'est pas très étendu. Nous flânons dans ses rues animées et prenons un pot sur la place où se trouve la belle fontaine Morosini. A noter que des petits arbres qui agrémentent cette place émane un piaillement continuel tout simplement ahurissant ! Leur feuillage dissimule, à n'en pas douter, des dizaines, voire des centaines d'oiseaux !

Enfin, nous terminons la visite de la ville par la belle cathédrale Agios Minas :

Cathédrale Agios Minas
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La journée commence par une balade matinale le long du bord de mer, à Hersonissos. Le ciel est à l'orage au loin sur les montagnes, tandis qu'une bonne brise forme des rouleaux sur la Méditerranée...

Le bord de mer - Hersonissos

Puis direction le plateau du Lassithi, à l'intérieur des terres, connu pour ses moulins. Enfin quand je dis "direction le plateau du Lassithi"... pas vraiment puisque nous partons sur la grande route nationale qui longe toute la côte nord de l'île... dans le sens opposé. Je fais confiance à Ben sur ce coup-là - il est sûr de lui - et ne prend pas la peine de jeter un œil à la carte. Au bout de 20 mn dans le mauvais sens, nous nous rendons enfin compte de notre erreur et faisons demi-tour.

Nous faisons étape à Mochos, sympathique bourgade où nous retrouvons par le plus grand des hasards Céline qui, comme nous, y fait une halte avec les touristes qu'elle guide pour la journée.

Place du village de Mochos

Nous jetons évidemment un œil à la petite église du village qui, comme toutes les églises crétoises, semble repeinte de frais, avant...

Eglise de Mochos

... de nous attabler à la taverna Lithos, où je me régale d'une délicieuse côte de cochon bien épaisse, accompagnée de pommes de terre fondantes à souhait - et non des sempiternelles frites pas cuites. Que du bonheur ! Et bien sûr, pour finir sur une note locale, on nous offre le raki.

A la taverna Lithos - Mochos

Le repas terminé, nous traversons la place du village pour acheter de l'huile d'olive "maison" produite par le propriétaire de la taverne, dont la famille possède des champs d'oliviers - c'est sa propre mère, une vieille dame avenante, qui tient la boutique. L'huile est conditionnées dans de simples bouteilles d'eau en plastique, recyclées pour l'occasion. Rien ne se perd chez le paysan crétois...

Repus, nous reprenons la route au cœur de paysages sauvages :

Nous faisons une halte-express pour immortaliser le platane de Krasi, qui trône au milieu du petit village éponyme. D'aucun prétendent qu'il serait âgé de...1 000 ans !!! Voire plus... Il a en tout cas fière allure.

Platane de krasi

Puis nous faisons une halte plus longue au charmant monastère de Kera Kardiotissa, parfaitement entretenu comme vous pouvez le voir :

Monastère de Kera Kardiotissa

Enfin; nous parvenons à destination, le plateau du Lassithi, à 900 m d'altitude environ. On peut y voir d'anciens moulins qui rappellent que ces terres fertiles étaient déjà jadis cultivées par les paysans crétois.

Sur le plateau du Lassithi

Nous parvenons sur le site de la grotte de Zeus alors que le temps se fait menaçant, ce qui n'est pas pour me déplaire, car c'est l'occasion de faire de spectaculaires clichés.

Puis nous visitons la grotte, où selon la mythologie grecque, Zeus, le roi des dieux qui trônait sur le mont Olympe, aurait été caché durant ses plus jeunes années, de sorte à échapper à son père, le titan Chronos, qui dévorait ses enfants dès leur naissance pour qu'aucun ne le supplante et règne à sa place. La grotte n'est pas gigantesque, mais les concrétion sont belles et bien mises en valeur par l'éclairage.

Grotte de Zeus

A notre retour à la surface, le ciel est encore plus menaçant :

Mais la journée tire à sa fin ; il est temps de regagner la grande banlieue d'Héraklion, où Céline et sa petite famille nous attendent chez eux pour l'apéro. Après quoi nous terminons la journée dans la bonne humeur en compagnie de nos hôtes Jiji et Sabrina, à qui cette fois nous offrons le repas dans une taverne de leur connaissance, sur la côte - nous leur devons bien ça pour les remercier de leur formidable accueil !

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Notre vol de retour est programmé dans l'après-midi. Nous avons donc la matinée devant nous. Direction Héraklion.

Héraklion

Nous avons en effet décidé - sans grand enthousiasme ni l'un ni l'autre - de visiter le musée archéologique de la capitale crétoise. Et quelle heureuse inspiration de dernière minute avons-nous eue là ! Car ce musée tout neuf est une splendeur ! Les collections d'objets minoens sont magnifiques et superbement mises en valeur dans des vitrines antireflets - on peut donc shooter à qui mieux mieux - par un éclairage spécialement adapté. Les salles sont vastes, claires et d'une propreté de bloc opératoire. On s'y sent bien dans ce musée. Et pour ne rien gâcher, les panneaux qui présentent les œuvres - en grec et anglais - sont concis et clairs - je parviens à en comprendre l'essentiel malgré mon anglais basique ; c'est tout dire... Bref : même si vous êtes allergiques aux musées, n'hésitez pas et courez-y !

On peut notamment y voir une maquette en bois du palais de Cnossos, qui permet de se rendre compte de l'immensité de ce bâtiment dont il ne reste que les fondations. On ne comprend d'ailleurs pas qu'une maquette identique ne soit pas installée sur le site lui-même : cela nous aurait permis de mieux "visualiser" les lieux.

Maquette du palais de Cnossos

Les pièces d'art minoen exposées sont tout simplement remarquables. Songez qu'elles sont vieilles de 3 000 à 4 500 ans !!

Art minoen

La pièce maitresse du musée est le célèbre disque de Phaistos, disque d'argile cuite de 16 cm de diamètre découvert en 1908 sur le site de Phaistos que nous avons visité l'autre jour. Il est couvert de hiéroglyphes et daterait du deuxième millénaire avant notre ère. De nombreuses théories entourent ce disque, quant à sa provenance, son utilisation ou sa signification. Aucun objet similaire n'ayant été retrouvé à ce jour, la science ne permet pas de conclure à l'heure actuelle.

Disque de Phaistos

Le musée renferme également des statues et des objets des mondes grecques et romains antiques :

Cette magnifique visite conclut en beauté notre séjour crétois. Nous déjeunons avec Céline et sa petite famille avant de gagner l'aéroport où Sabrina est venue nous dire au revoir... et nous mettre littéralement dans l'avion. Car en ce début d'après-midi, le hall du petit aéroport d'Héraklion est littéralement bondé ! Et c'est une grande foire d'empoigne pour atteindre les guichets d'embarquement. Heureusement pour nous, Sabrina, qui travaille pour le grand voyagiste TUI, nous fait passer par la "porte de service" comme si nous étions des V.I.P. ! Un grand merci Sabrina ! Car vu la cohue qui régnait dans le hall, je me demande même si nous aurions atteint les guichets avant la nuit !