× Chère communauté,
Suite à l’incendie au sein des bâtiments de notre hébergeur OVH, à Strasbourg mercredi 10 mars 2021, nous ne pouvions plus accéder au site ! L’accès a été rétabli par notre équipe mais nous n’avons pas accès aux photos pour le moment. Dans l’attente de réponses de la part d’OVH quant au devenir des photos mises en ligne avant le 10 mars 2021, vous pouvez de nouveau réutiliser le site sans risque et ajouter de nouvelles photos !
La Team MyAtlas
Nous sommes deux étudiantes passionnées de nature et de randonnées et avons décidées de parcourir la West Highland Way en sac à dos. Ce long sentier de 153 km traverse une partie des highlands.
Du 19 au 26 juillet 2017
8 jours
Partager ce carnet de voyage

Après avoir passé deux jours et demi à visiter la ville de Glasgow, mon amie moi, armées de nos gros de rando (moi j'en avais deux dont un petit) avons pris le train pour rejoindre le départ de la West Highland Way à Milngavie. Il faut compter entre 20 et 30 min si on a un train direct. Une fois arrivée l'aventure peut enfin commencer.

Les trains directs pour Milngavie sont nombreux et coûtent environ 4£.

Bien que se soit l'un des sentiers le plus connus de Grande Bretagne et que nous y étions en pleine période touristique (mi-juillet) nous étions ravies de découvrir que nous n'étions pas nombreux sur le sentier. Je dois admettre que nous ne devions pas avoir l'air très crédible avec nos gros sacs, les gens pensaient que nous campions...c'est dire à quel point ils étaient énormes. Et moi avec mon "petit" sac à dos devant j'avais l'air ridicule. Mais je m'en moquais. C'est vrai, quand j'y repense, les gens nous regardaient bizarrement sur le sentier. Ils devaient se dire mais c'est qui cette folle qui a deux sacs ?? Et les nanas avec leurs gros sacs nous doublent ? C'était assez drôle de voir leur têtes quand même 😉

La première étape a été la plus facile. Le sentier commence dans les lowlands si bien que le dénivelé était faible voir quasi inexistant. Ce qui en y repensant n'est pas plus mal étant donné que c'était le premier jour et qu'il fallait qu'on se fasse au poids du sac. Au tout début du sentier on longe une rivière dans une forêt et plus on avance sur le sentier plus on s'éloigne de la ville et plus la nature sauvage était présente. C'était mon premier trek. La diversité du paysage était tellement immense sur une "courte" distance. Entre montagnes et grandes plaines verdoyantes, enclos de vaches ou de montons, forêts tout était absolument sublime. Nous avions l'impression de visiter pleins de pays en une seule journée. C'était incroyable et je n'ai pas regretté d'avoir emporté mon appareil photo avec moi. Quand on regarde nos photos aujourd'hui on a encore du mal à croire que nous y étions tellement c'est beau, magique, sauvage...les mots ne suffisent pas pour décrire ce que l'on a ressenti sur place. Une expérience fabuleuse. Bon au début on s'est quand même demandé si on allait arriver au bout de cette journée et surtout du sentier. Même en étant sportive, mon amie l'étant encore plus que moi, le poids du sac et la distance c'est une sacrée épreuve tant physique que mentale. Un véritable challenge !! Mais la récompense en valait incontestablement la peine. On en oubliait le poids du sac tellement on s'est émerveillée de tout ce que l'on voyait. Alors quand nous sommes arrivées en milieu d'après-midi à Drymen (nous sommes partis vers 10h) la satisfaction et la fierté ressenti n'en étaient que plus forte. Il faut dire aussi que le temps était de notre côté, il faisait beau et même chaud. Enfin 18 degrés c'est l'Ecosse quand même !! Pour ce qui concerne le logement nous étions passées par AirBnb et avons eu la chance d'avoir une chambre pas cher au cœur de la ville. Bon ville est un bien grand mot je dirais plus village. Après avoir marché 5 heures et fait plusieurs pauses une bonne douche et un lit étaient les biens venus !! Épuisées par cette bonne journée on rigolait comme si on était ivre....ivre de fatigue j'entends 😀

Ces clichés sont pris le même jour  et témoignent de la diversité du paysage en une journée 

Après avoir pris un bon petit déjeuner, nous sommes parties pour la deuxième étape de notre trek. Le temps est particulièrement sublime en ce début de journée : un magnifique ciel bleu et un grand soleil, nous avions même trop. Nous quittons donc Drymen pour rejoindre l'étape suivante : Rowardenann. Après quelques kilomètres nous quittons définitivement la civilisation et les lowlands. La traversé des Scottish Highlands à proprement parler peut désormais débuter. Au bout d'une bonne heure de marche nous atteignons le Loch Lomond, qui est le plus grand loch de Grande-Bretagne, et entrons dans le Trossachs National Park. Le paysage est époustouflant !! Entre forêts, vallées verdoyantes et chemins alambiqués voir difficile à reconnaître tout est merveilleux. Après avoir fait une pause pour déjeuner sur le sentier avec nos sandwichs et entourées de midges (ces petits insectes qui piquent comme des moustiques) nous sommes reparties.

Non les midges ne sont pas une légende !!! Soyez bien équipés de produits pour les moustiques aussi bien pour le corps que pour les vêtements !! Rien ne les arrêtes ces monstres !!!

Jusque là pas de grandes difficultés, quelques montées mais qui ne sont pas difficiles. Enfin.....jusqu'à Conic Hill...avec Maud on a regardé la "montagne" et le petit sentier en bas on s'est dit mais celui est pas mal non plus 😉 C'est avec difficulté que j'ai débuté l’ascension. Nous montions tout en contournant une partie du Mont et ne avions l'impression de ne pas en voir le bout. J'ai alors commencé à douter de mes capacités, le poids du sac et le sentier alambiquer n'ont pas aidés. Mais nous avons réussi !!! Nous avons fini par atteindre le haut du sentier et tout d'un coup plus rien ne comptait. Le poids du sac, la difficulté, les doutes et les douleurs dans les jambes tellement la récompense visuelle était immense !! Nous surplombions le Loch Lomond à plus de 300 mètres de haut. Une pause devant un tel paysage était bien méritée !!! Mais il ne faut pas oublier qu'une montée s'accompagne toujours d'une descente...et la descente n'était pas une mince affaire !!! Beaucoup de monde donc c'était plus compliqué, caillouteuses, des trous à certains endroits et assez raide. Les genoux ont bien pris ...

A la fin de la descente, nous sommes arrivées à Balmaha, petit village au bords du Loch Lomond. Il y a avait des cafés et des restaurants et en avons profité pour faire une pause. Seulement lorsqu'on a aperçu le panneau indiquant la distance qui nous séparait de Drymen, notre point de départ de la journée, et l'heure qu'il était nous a mis un gros coups au moral...Il était 14h....et pas fait la moitié du chemin.... nous nous sommes alors arrêté dans un café pour faire une pause en buvant un bon cappuccino et une part de gâteau au chocolat. Une pause qui nous a reposé et redonné de l’énergie.

Pause cappuccino à Balmaha 

Le reste du chemin, avec un certain dénivelé qui étai difficile, mais rien après Conic Hill. Le sentier était magique entre forêts et plages tout était parfait !! Et par moment on n'arrivait pas à croire tellement ce qu'on voyait était beau !! On avait parfois l'impression de rêvé et quand on regardait le soir nos photos on n'en revenait pas !!

Cette fois-ci nous sommes arrivés plus tard que la veille au logement, une superbe auberge de jeunesse au bout de Rowardenann. Après une bonne douche bien méritée et un bon plat de pâtes (étudiantes donc pas le grand luxe) mais après une bonne et intense journée de marche ça fait du bien !! Une fois que nous avions fini de manger nous avons pu profiter du coucher de soleil sur le Loch Lomond depuis un petit ponton.

Coucher de soleil sur le Loch Lomond à Rowardenann 

C'est avec des étoiles plein les yeux, des courbatures intenses mais aussi une immense satisfaction d'avoir réussi et de pouvoir dit on l'a fait que nous sommes parties nous coucher. La chambre dans laquelle nous dormions était prévue pour 6 personnes donc nous avons mal dormi cette nuit-là...

C'est avec un véritable temps écossais que nous avons repris la route de la West Highland Way pour rejoindre notre hébergement à Inverarnan. La pluie fine, l'humidité et les courbatures de la veille ont rendus cette troisième journée particulièrement difficile moi. Heureusement que mon amie était avec moi pour me motiver et continuer. Pour la première fois on a sorti nos housses de sacs mais malgré tout nous avions trop chaud pour mettre notre coupe-vent.

Je m'excuse par avance, je n'ai pas pris de photos ce jour là. Il pleuvait un peu, de la bruine rien de bien méchant, mais elle a rendu le terrain glissant, dangereux par moment.

Ne surtout pas oublier des vêtements imperméables et une housse de pluie; ainsi que des vivres. il n'y a aucun point de ravitaillement avant l'arrivée à Inverarnann.

Durant cette seconde journée, nous avons continuer de longer le Loch Lomond. Et que dire ? Un des plus beaux endroits et une des sections les plus intéressantes du sentier. D'une part, par le dénivelé et d'autre part par la variété du terrain. Il est vrai qu'à certains moments c'était dangereux. Heureusement qu'on était deux. On pouvait se soutenir dans la difficulté. Ce qui ne m'a pas empêché de tomber malgré le fait que je me tenais à un arbre dans une descente. le terrain était boueux et les racines des arbres saillantes ne m'ont pas aidé.

Au bout de quelques kilomètres, la douleur que j'avais au genoux droit devenait de plus en plus intense. Je commençais à avoir peur de m'être vraiment fait mal au genou et d'écourter la randonnée. Surtout que avec deux sacs ce n'est pas simple et m'a pas rendu service. il me déséquilibrait et rendait la journée particulièrement difficile. Quand il y a eu une descente assez difficile le monde, la douleur et la peur de tomber m'ont envahis. Les écossais, fidèles à eux-mêmes (d'une gentillesse à toute épreuve) nous ont même proposé de nous aider à descendre si on avait trop de mal. Heureusement que Maud était là. Sans elle je crois que je n'aurait pas réussi à survivre à cette journée!


On a croisé plusieurs groupes de randonneurs très gentils sur le sentier et qui nous saluaient et nous souriaient à chaque fois que l'on se croisait. Adorables !!! On les a retrouvé le soir au restaurant de l'hôtel dans lequel on logeait.

La rive orientale du Loch Lomond et une Honesty Box 

Nous sommes arrivées avec un immense soulagement à l'hôtel !! Les gens qu'on croisait à la réception pensaient qu'on campait vu les gros sacs qu'on avait mais non. Non non nous on a choisit l'hotel. Quand j'ai vu qu'il y avait une baignoire j'ai direct dit à Maud à toute à l'heure. Après deux bains bien chaud et des massages ma douleur au genou s'était calmée.

Au restaurant on a commandé deux burgers et des pack lunchs pour le lendemain. Après avoir bien mangé et s'être massée nous sommes allées nous couchées. Je me suis endormie d'un coup.

Je crois que c'est la première fois que depuis le début de la randonnée j'ai aussi bien dormi. La journée de la veille avait été particulièrement difficile pour moi. Autant sur le plan physique que mentalement. Le bon de la veille ne m'a pas enlevé mes courbatures mais il m'a permis de ne plus avoir mal au genou. Et je peux vous dire que ça m'a permis de mieux repartir en ce 4ème jour de randonnée. J'étais à la fois énervée et vexée la veille d'avoir eu mal au point de redouter une véritable blessure mais surtout de devoir abandonner. Heureusement ce n'a pas été le cas. The Drover's Inn, notre logement, est un B&B. Ce qui veut dire que le petit déjeuner est inclus. Et quel petit déjeuner !! Tout à volonté !!! On n'a pas lésiné sur les céréales ni sur le café ou le jus de fruit.

Une fois le petit-déjeuner terminer, le sac prêt, les lunch packs et les clé rendus nous sommes repartis. Cette fois-ci le temps, écossais jusqu'au bout, n'était pas avec nous. Une pluie fine. Le genre de pluie humide qui transperce les vêtements et qui peut rendre une journée pénible voir même très pénible....Nous étions toujours en t-shirt, fidèle aux habitudes mais on avait trop chaud.

Le début du sentier est un no man's land et commence par une montée longue mais peu inclinée. Néanmoins difficile car glissant et le poids du sac n'aide pas. On a retrouvé deux gars qui campaient (rencontrés la veille) devant nous. Ils étaient un peu notre repère.

On a finalement mis nos vestes même si on avait chaud et que tout le monde s'abritait quand nous on continuait d'avancer. On s'est couverte plus par peur de tomber malade que de froid. La matinée bien qu'arrosée (par la pluie) est passée vite. Avec Maud on pouvait discuter pendant des heures mais aussi laisser de la distance entre nous pour apprécier ce que le trail était en train de nous apprendre.

Au bout de deux heures de marches, toujours sous cette pluie écossaise on a aperçu une honesty box. Elle nous a redonné de l'énergie et remonter le moral. Le mental est aussi important que la capacité physique voir plus. Ne pas sous-estimer le pouvoir du moral sur ses capacités physiques. Il influe énormément !!! Lorsque finalement on trouve un endroit un peu à l'abri sous des arbres on s'est installé pour manger.

Frigorifiée par la pluie et l'humidité, nous avons remis nos polaires et nos vestes et sortis la carte. On avait fait la moitié sans s'en rendre compte !! Crianlarich était fleché et proche de notre point de repos. On a décidé de s'y rendre pour prendre une boisson chaude avant de repartir vers Tyndrum. Malheureusement, nous avons rebroussées chemin....c'était plus loin que ce que l'on croyait.

Nous avons alors repris la direction de la WHW vers Tyndrum. L'après-midi a commencé difficilement. Une sacrée montée puis une descente dans une forêt immense. heureusement que le sentier était visible sans quoi on aurait pu se perdre. Je n'ai pas pris de photos malheureusement. J'étais tellement concentrée pour ne pas tomber pendant les nombreuses montées et descente que j'ai moins apprécié le panorama qui s'ouvrait devant nous. La variété du paysage nous donnait l'impression de visiter plusieurs pays en une seule journée.

Lors d'une pause bien mérité nous avons été ébahis, autant qu'ils l'ont été, d'avoir devancé les deux anglais que nous suivions depuis deux jours. Le matin ils étaient devant nous et nous les avions perdus de vue. Le reste de l'après midi s'est transformé comme une sorte de compétition entre nous de ceux qui arriveraient avant les autres.

Aux alentours de 15heures nous sommes arrivées dans notre B&B à Tyndrum. Crotées et puantes nous avons été accueillies comme des princesses. Le thé et le café accompagnés de pâtisseries nous attendaient et nous a réconfortées. On les a savourées comme si on n'avait pas mangé depuis des jours. C'était tellement agréable !!

Ensuite, nous avons pris chacune une douche bien chaude, on s'est massé comme chaque soir après une bonne journée de marche et après un bon repas. Cette nuit-là j'ai moins bien dormi mais on était tellement bien installée et tellement zen que la nuit fut tout de même très reposante 😀

Quand le réveil sonne à 7h45 pour le petit-déjeuner j'émerge d'un sommeil léger mais réparateur. Maud était déjà réveillée depuis un moment quand je me suis levée. On avait mis nos vêtements trempés de sueurs à sécher la veille et sa sentait la chaussette moisie ou pourrie dans la chambre. Ce qui nous a bien fait rire. Maud me dit "on y va en pyjama" ? En me voyant hésiter elle me dit "on est dans un B&B" ce qui m'a convaincu. Quand on sort de la chambre notre hôte nous regarde l'air étonné mais sourit. A une des tables on aperçoit un couple d'une soixantaine d'années et la panique on assume pas le pyjama. Mais Maud me rappelle que c'est un B&B et du coup sans hésitation on y va en pyjama. Jusqu'à....ce qu'on aperçoive 4 mecs habillés en tenue de sport, baraqués et on sentait qu'ils n'étaient pas là pour rigoler. "Euuuh....j'assume pas le pyjama", "euh moi non plus". Autant vous dire qu'on avait chacune un pyjama genre "rien à faire". Moi pyjama de noël et t-shirt de mon père et Maud le pyjama à fleurs. Zéro crédibilité. Ils se sont bien moqués en nous voyant arrivés.

Après un bon petit dej', notre hôte demande d'abords aux garçons qu'elle est la prochaine étape et quand on lui répond à notre tour Bridge of Orchy, elle nous dit "ça va être une compétition". Dans notre avec Maud on rigolait bien.

Le sentier est facile, quelques montées et quelques descentes mais rien de bien méchant.

Au bout de 6 kilomètres nous avons fait une petite pause pour grignoter un en-cas. Je commençais à avoir faim mais nous devions attendre d'être arrivée pour deguster notre pack lunch préparée par notre super gentille hôte écossaise. On dit qu'on mange mal en Ecosse. Et bien c'est faux !!!

Pendant notre pause, les 4 garçons nous ont rattrapés et dépassés. Prise d'une poussée d'adrénaline j'ai dit à Maud "vite vite ils vont nous dépasser !!, Aide moi à remettre mon sac" le tout en étant morte de rire.

Nous avons fini par les rattraper et les dépasser, et je le dis avec fierté, sans difficulté. On a vu d'abords une puis deux puis les deux dernières têtes se retournées et étonnés de nous voir les dépasser et devancer finalement.

Quand Maud me dit on fait une pause pour manger je lui réponds c'est pas la peine on est arrivée. On était d'abord déçu de cette courte journée puis finalement soulagée car elle nous permet de nous reposer pour mieux repartir le lendemain. Comme nous ne pouvions pas avoir accès à l'hébergement avant 15h, nous sommes posées au restaurant de l'hôtel pour boire un bon cappuccino. Au moment de payer l'addition les garçons arrivaient tout juste. Un brin de fierté a du se lire sur mon visage et m'ont souri en retour.

le reste de l'après midi nous en avons profité pour manger notre déjeuner, prendre une bonne douche et se poser un peu.

Le soir nous avons déguster un bon Fish and Ships au restaurant du coin et c'était délicieux !!!

Cette nuit-là je n'ai jamais aussi bien dormi que depuis le début de l'aventure. Un vrai sommeil profond rempli de rêves des paysages écossais.

Départ de Bridge of Orchy sous un grand soleil  😉

Je crois bien que c'est la première fois depuis le début de l'aventure que j'ai aussi bien dormi. Même si la veille n'avait pas été une grosse journée, je crois que j'ai apprécié le fait que l'on soit si éloigné de la civilisation et l'accueil chaleureux de nos hôtes qui nous ont immédiatement mis à l'aise ont beaucoup aidé.

Au petit déjeuner nous avions tout à volonté et je dois dire que je ne me suis pas fait prier quand on m'a demandé si je voulais de tout. Porridge, céréales, café, tartines de confitures maisons et oeufs durs, que demander de mieux ? Tout était délicieux et il fallait prendre des forces pour la journée qui nous attendait.

Quand Maud m'a mis mon deuxième sac sur celui de randonnée, la femme qui nous hébergeait m'a regardé avec un air interloqué et choqué mais je crois aussi impressionnée. Elle devait penser que j'étais une grande malade d'avoir un gros sac et en plus un deuxième.

Le temps était avec nous mais on nous avait prévenus que le sentier pouvait être dangereux en cas de pluie car il n'y a aucun endroit pour s'abriter jusqu'à Kingshouse. Mais heureusement il faisait un grand ciel bleu et même chaud. Maud avait mis son short et moi mon corsaire de course. Je vous laisse imaginer les marques de bronzages ultra sexy au niveau du genou et des chaussures 😉 Aujourd'hui, nous étions sur les terres des héritiers de l'auteur de James Bond.

Sur les traces de James Bond... 

Nous quittons les terres de James Bond pour arriver à Ranoch Moor. Mais avant cela, aux alentours de 12h30 - 13h nous nous posons le long du sentier sous les arbres et déguster notre repas préparé par nos hôtes le matin même de notre départ. Et un vrai délice !! Il faisait une chaleur atroce !! Il faut dire que 12kg sur le dos quand il fait 24° c'est la canicule pour l'Ecosse !!

Une fois notre repas terminé nous sommes repartis. On commençait à trouver la journée difficile. Non pas par le terrain qui ne présentait aucune difficulté particulière mais il faisait chaud, on n'avait plus beaucoup d'eau et encore 15 km à parcourir...d'après la carte. On a donc décidé de l'économiser le plus possible. C'était un nos man's land

Le long de Ranoch Moor 

Même si le paysage était sublime, cette journée est beaucoup moins variée visuellement par rapport aux autres. On avait du mal à avancer et à trouver la motivation. La chaleur et le poids du sac n'ont pas aidés. Et au moment où on commençait à vraiment ne plus en pouvoir, un mec, blond, sorti de nulle part avec un sac de 90L et une enceinte portable nous a devancé. Il sentait le GEL DOUCHE AU MILIEU DE NULLE PART !!! Il a mis la musique à fond et on s'est mise à le suivre en se dandinant sur le rythme de la musique. Il est arrivé au bon moment. Il nous a redonné de l'énergie et avons repris notre marche de plus belle et avec plus d'entrain.

Quand on a vu sur la carte que nous n'étions plus qu'à 5km de notre logement on était soulagée !! On commençait à être à court d'eau et il y avait un café 2 kilomètres avant notre logement. Alors on a fait un détour par la station de Glencoe et son petit café. Maud a pris une glace pour pouvoir dire "j'ai pris une glace en Ecosse et oui 😉" et moi un chocolat 😀 Tout droit sorti de nulle part une horde de chinois est arrivée et là on n'était pas prete. Pas prête du tout !! Nous avons fini nos consos et avons rejoins notre logement. En repartant, la station faisait aussi petit camping, on a aperçu les deux françaises qu'on suit depuis le début. On était trop contente de voir qu'elles nous avaient reconnues et nous avaient dit bonjour en souriant.

Sur les traces d'Harry Potter 

Quelques minutes plus loin nous sommes arrivées à Kingshouse, lieu de tournage d'Harry Potter. Enfin une partie. Nous avons posés nos affaires au logement, pris une douche (inutile tellement on puait qu'elle ne suffisait plus) et nous sommes posées dans l'herbe. De là où on était, une biche s'est approchée de nous mais voyant qu'on avait rien elle est repartie.

Pour la énième fois on a mangé un hamburger frites et sommes reparties dans nos chambres. Ce soir là nous nous sommes couchées tôt car on savait que la journée du lendemain serait chargée.

Cette nuit-là nous avons mal dormi. Je ne sais pas si ce sont les coups de soleil de la veille qui me tenaient chaud ou le fait que notre aventure toucherait à sa fin le lendemain mais j'ai mal dormi. On n'avait pas envie que ça se termine. Au fur et à mesure que l'on avançait on revenait vers la civilisation. Bien qu'étant une "fille de la ville" j'étais mieux au milieu de nulle part, entourée de paysages sauvages et escarpés que de gens.

On a pris une douche vite fait et armées de nos sacs à dos on est allée prendre notre petit-déjeuner. Même s'il était copieux et savoureux, un vrai Scottish Breakfeast on n'était pas dedans du tout. On se sentait bizarre. À la table d'à côté il y avait le couple frano-allemand avec lequel on avait partagé le logement la veille. Ils sont tellement gentils et nous ont donné envie de visiter la forêt noire et d'y faire de la randonnée. Le mélange qu'il créait était génial et atypique. On leur a dit bonjour et sommes parties mettre nos sacs dehors. Il faut que Maud m'aide à chaque fois à mettre mon sac sur mon sac. Au même moment, nous avons recroisé les garçons avec qui nous logions à Tyndrum. Ils n'étaient plus que trois. On s'est demandé ce qui était arrivé au 4ème. On n'a pas osé demander. Mais en nous voyant, ils nous ont salué chaleureusement et ont commencé à avancer. Nous étions encore en train de mettre à disposition dans nos sacs nos provisions pour la journée.

Nous avons aussi recroisé les deux française rencontrées le premier jour de la randonnée. On se suivait et c'était tellement sympa de recroiser des gens sur le sentier. Comme si on était une famille de randonneurs. Une sensation qu'il est difficile d'expliquer.

Aujourd'hui, nous savions que cette journée allait s'avérer compliquée. Déjà il y avait vraiment beaucoup de monde sur le sentier au départ de Kingshouse mais nous allions aussi affronter The Devil's Stairs. Dans nos guides ils disent que le nom fait plus peur qu'autre chose...Ouais....enfin le nom est quand même largement mérité.

Glencoe et The Devil's Stairs

La montée s'est avérée aussi pénible que celle de Conic Hill et pareil pour la descente. Il y avait énormément de monde et pas uniquement des randonneurs de la WHW mais aussi des coureurs ou des touristes qui visitaient la région. Le monde et la peur du vide ajoutée à un terrain en serpentin rocheux et pas toujours évident ont été une véritable épreuve pour moi. Voilà pourquoi quand nous sommes arrivées en haut, avec Maud nous sommes descendues un peu plus bas pour manger. On ne voulait pas être entouré de gens et profiter du calme qu'apporte la montagne et la satisfaction d'avoir réussi.

Après une montée pénible sous un soleil de plomb la descente de The Devil's Stairs très raide a été difficile. Cette fois-ci, encore, le poids des deux sacs a été un lourd inconvénient. Me poussant vers l'avant. Plus la peur de tomber, le vertige reprennant le dessus, les cailloux fragiles sous mes pieds. Je dois dire que cette partie de la WHW porte bien son nom.

Descente de The Devil's Staircase  

Même si la montée et la descente très raide ont été difficile, elle permet de jouir d'un panorama exceptionnel. Juste de la nature sauvage et pas de civilisation à perte de vue. Juste sublime. Les photos ne rendent pas hommages à ce qu'on a ressenti sur place.

Une fois la descente terminée, j'ai besoin de faire une pause. J'étais épuisée et je savais qu'on avait fait le plus dur de la journée. Une pause bien méritée. Je me suis assise sur un rocher avec mes deux sacs sur le dos le temps de souffler. Mais quand il a fallu que je me relève cela s'est arrivé très compliqué. A ce moment là, sorti de nulle part un homme, environ trente ans, m'aide à me relever d'un coup sans s'arrêter. Avec Maud on n'a pas eu le temps de le remercier qu'il était déjà reparti. Maud m'a demander si je pouvais mettre de la musique pour nous redonner de l'énergie. Alors, en écoutant à fond London Calling des Clash nous sommes repartis.

Nous avons recroisé quelques mètres plus loin l'homme qui m'avait aidé à me relever. C'était un français. Il avait parcouru la veille 30 kilomètres en une journée. Au lieu de s'arrêter à Bridge of Orchy il s'est arrêté directement à Kingshouse. Nous avions réfléchit à les faire ces 30 km d'un coup mais on ne les sentait pas.

Nous sommes arrivées tranquillement au logement aux alentours de 16h. Pile l'heure du gouter. Durant la longue descente vers Kinlochleven on a recroisé le blond avec sa musique et ses 90L sur le dos croisé la veille. Non ! Nous n'avions pas halluciné !! Il était réel !! Même le français l'avait aperçu.

Une fois arrivées à l'auberge de jeunesse, on a pris une bonne douche bien méritée, inspectée l'état de nos pieds et sommes allées déguster un cappuccino accompagné d'une part de gâteaux au café du coin.

Le soir, après avoir fait des provisions pour la journée qui nous attendait le lendemain, on a mangé (encore) des pâtes. Les deux françaises et le français se sont joins à nous pendant qu'on préparait notre repas. On a appris qu'elles avaient fait le Pérou, l'Islande et d'autres treks. Le français aussi avait fait l'Islande et la Suède.

Une fois notre repas terminée nous leur avons dit au revoir et qu'on les verrait le lendemain sur le sentier. Et nous sommes allées nous coucher.

Cette journée serait la dernière de notre aventure dans les highlands et la pensée que le soir nous aurions fini la WHW, mon coeur s'est serré. Pour cette dernière journée de randonnée le temps n'était pas avec nous et par conséquent je n'ai pas pu prendre de photos tellement il pleuvait.

Au petit-déjeuner on a re croisé les deux françaises qui nous ont expliqué qu'elles ne sentaient pas cette dernière journée sous la pluie et qu'elles préféraient prendre le bus jusqu'à Fort William. On pouvait les comprendre mais on préférait quand même finir la WHW. Pour dire on a fait 153km !!! Encore aujourd'hui, ça me parait comme un rêve ce qu'on a vécu !!! C'est vrai que le temps était loin d'être avec nous...Il pleuvait des cordes...Mais on était déterminé à terminer le sentier même s'il fallait le faire sur les genoux rien n'aurait pu nous empêcher de terminer le chemin !! Tant qu'on aurait pas vu l'obélisque avec dessus "The end of the West Highland Way" rien n'aurait pu nous empêcher. Rien ! Pas le sac ni la pluie. Une fois notre porridge et notre café terminés nous avons rendus les clés et avons quittés pour la dernière journée les highlands. Sur le porche de l'auberge on recroise le français qui nous dit bonjour. Quand il voit Maud mettre mon sac sur mon sac de randonnée il me dit "Naaaaaan c'est toi la fille qui a un sac qui porte un sac ??" Non mais il a refait notre journée !!! Trop contente d'avoir fait forte impression auprès des autres randonneurs tout au long du sentier !! Il m'a redonné l'énergie qu'il me manquait pour entreprendre cette dernière journée qui s'annonçait pluvieuse et difficile.

D'après la carte, il nous restait 24 km !! 24 km sous la pluie avec du vent fort et à flan de montagne. Sur le moment on ne s'est pas rendu compte du danger. Trop concentrée sur le point d'arrivée qui est Fort William.

Pendant 1 ou 2 kilomètres le sentier monte, raide, en forêt. Je dois dire que le terrain caillouteux et boueux avec la pluie, le sac et la peur du vertige ça n'a pas été évident pour moi.

Une fois sorti de la forêt on se rend compte qu'on se retrouve pour plusieurs kilomètres à fleur de montagne, sous une pluie battante, le vent nous glace le visage et un no man's land pendant plusieurs kilomètres. L'idée de trouver un endroit pour nous abriter pour manger devient de plus en plus compliqué. J'ai vraiment cru que le rocher sur lequel on s'était installé pour manger notre repas allait nous protéger...Une grosse blague. C'était vraiment l'homme contre la nature...

Après avoir mangé nous avons repris notre chemin. Alterné par petites, vraiment petites forêts, chemins boueux...descentes et montés.

Ce n'est que le soir quand on a re croisé les françaises à Fort William qu'on s'est rendu compte du danger et du fait qu'on était vraiment peu nombreux sur le chemin. Qu'on devait être une dizaine. Elles nous ont expliqués qu'ils était nombreux à l'arrêt de bus et ça nous a fait réalisé qu'on était qu'une dizaine sur le chemin.

Avant de rejoindre notre hébergement et de profiter d'une douche chaude et de vêtements secs, nous avons pris un LARGE Cappuccino et d'un carot cake pour Maud et d'un Victoria Sponge Cake pour moi 😀 On nous fuyait. Bas quoi ? On pue tant que ça ? Tant pis !! Et ça ne nous a absolument pas empêché de profiter de notre gouter.

Nous avons rejoins notre logement une heure après. Une bonne douche, un bon plat devant un film et dodo. Mais la fatigue, l'humidité et les nerfs qui lâchent on a eu du mal à trouver le sommeil. Mais on était fière devant le panneau marquant la fin de la West Highland Way !!! Fière d'avoir fait 153 kilomètres avec 12 kg sur le dos !!!