Carnet de voyage

Un an au Togo

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Service civique d'un an au sein de 2 associations à Lomé. Fondacio Togo aillant plusieurs projets de développement et l'ONG ANGE, centre d'accueil de enfants de rues.
Du 16 février 2017 au 6 février 2018
356 jours
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Publié le 28 février 2017

Ca y est je suis de retour à Lomé ! Bien sûr beaucoup de choses ont changé… Comme par exemple l’aéroport !!! Un aéroport tout moderne où tout va beaucoup plus vite ! Puisque je n’étais pas au courant de ce changement... J’ai donné un horaire trop large et j’ai donc dû attendre à la sortie mais ce n’est pas grave j’ai eu très vite beaucoup de la compagnie, eh oui... bienvenue au Togo !

Comme à chaque retour, je n’ai pas vraiment l’impression d’être parti, quelle sensation bizarre ! Je découvre la maison des volontaires (et le quartier dans lequel je serais pour un an). Ma seule petite déception c'est que le ventilateur qui m'a été donné ne fonctionne pas donc je vais devoir faire sans pour un petit moment le temps qu'il soit réparé !

Première soirée au Togo, j’arrive au cours d’une fête demandée par le directeur en l’honneur de Thomas (un volontaire) et de sa famille venue pour le voir. Je revois donc tout le monde et au moment où Gabriel annonce mon retour, tous les enfants m’applaudissent avec une grande joie. Ça fait plaisir je dois dire !

Je retourne ensuite à la maison pour ma première nuit (de chaleur intense) togolaise. Commence alors un rituel bien précis : 2 douches par jour pour se sentir bien !

Mon travail commence doucement, mais surement, en rassemblant les documents dont j'aurais besoin pour faire la communication de Fondacio Togo ! Certain soir et chaque mercredi je serais à ANGE pour faire des cours de soutiens mais aussi pour participer aux activités pour les enfants.

Prochaine publication dans 2 semaines pour avoir un maximum de chose à raconter!

BYE BYE !

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Publié le 23 mars 2017

Lundi, Mardi, Jeudi, Vendredi…

Réveil 7h30, par différents bruits venant de la voisine. Réveil 7h40, il est temps que je me prépare pour partir au travail. D’abord une douche pour se rafraîchir, je m’habille, met toutes mes affaires dans mon sac à dos, ferme la porte de ma chambre à clé, prend un sachet d’eau pour boire en marchant et ça y est on peut partir !

Sur le chemin je m’arrête pour acheter un paquet de Bistella que je vais manger petit à petit sur la route. Après 2 min de marche j’entends déjà les taxis moto qui me klaxonne, me dise « O le ya ? (On y va ?) » ou lève le bras pour me dire qu’ils sont libres mais désolée pour vous je préfère marcher !

Me voilà arriver sur la grande route goudronnée (oui parce que le chemin pour aller chez moi ne l’est pas bien sûr!). A cette heure-ci il y a beaucoup de monde, un peu moins qu’un matin sur le périphérique Parisien mais je dois quand même attendre entre 1 à 2 min pour pouvoir traverser (surtout en sachant que les passages piétons… Ça n’existe pas au Togo, ou alors personne ne les utilise).

Enfin j’ai réussi à passer de l’autre côté de la route ! Mon chemin va se continuer avec les enfants qui me chantent cette chanson apprise à l’école « Yovo, yovo bonsoir ! Comment ça va ? Ca va bien, merci ! » (Yovo = personne blanche) ou bien des togolais(es) qui m’interpellent en me criant « Yovo !! Bonjour ! Comment ça va ? ». Parfois je réponds en disant « Ameibo bonjour ! » ce qui conduit souvent à de l’étonnement de leur part de voir que je connais ce mot en Ewe. Eh oui ! Ce n’est pas ma première fois au Togo !

Dernière ligne droite avant d’arriver à Fondacio Togo. Entre les premiers parfums des repas que l’on commence à préparer, les motos qui me dépassent, les bruits des mécaniciens qui réparent les voitures, la musique dans certain commerces, tous ces bruits me sont petit à petit familier et je sais quand je commence à arriver à destination.

Me voilà arriver à Fondacio, je vais dire bonjour aux personnes qui sont déjà sur le centre. Puis j’ouvre la porte de mon bureau, pose mon sac sur la table, sort mon ordinateur et va dehors pour ne pas avoir trop chaud. Même si on m’a donné un bureau je préfère utiliser la table dehors.

Je travaille jusqu’à 12h30 voire 13h, moment où je prends ma pause déj. Je prends de la monnaie et va dans la rue pour trouver à manger : colico (frites d’igname), Ayimolou (riz blanc) et Amadan (bananes plantains), poissons ou œufs, spaghettis… J’essaye de trouver ce dont j’ai envie et pas trop épicé pour mon petit estomac de yovo fragile (quoique je commence à m’habituer au piment !). Si je suis fatiguée après avoir mangé, je fais une sieste. Retour au travail à 14h30 jusqu’à 17h30-18h !

A la fin de la journée je rentre tranquillement chez moi. Le jeudi soir je vais courir avec un ami togolais pour pouvoir continuer à faire un peu de sport (c’est important !). Le soir je suis avec les autres volontaires, nous parlons de nos journées et d’autres sujets divers et variés ! Parfois nous prenons une bière au bar d’en face et nous choisissons ce que nous allons manger si nous cuisinons ou bien allons chercher à manger dehors.

Puis il est temps d’aller dormir « Ezan né gnon ! Eyisso ! (Bonne nuit ! A demain !), on allume les ventilateurs et si je n’arrive pas à trouver le sommeil je regarde un film avant de m’endormir pour la prochaine journée qui m’attend.

Voilà un mois pile que je suis ici ! Le temps passe vite mais j’ai toujours cette impression d’être ici depuis plus longtemps que ça. Ma journée de Mercredi est différente des autres, je vous laisse la découvrir la prochaine fois. BYE BYE !

Le centre d'accueil de l'ONG ANGE durant les activités culturelles (à gauche) et l'entrée de Fondacio Togo (à droite) 
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Beaucoup de choses se sont passées depuis mon dernier poste. Il est vrai que je devais écrire ce poste pour parler de mon mercredi à l’ONG ANGE (centre d’accueil d’enfants vulnérables) mais j’ai changé d’avis et je garde donc ce poste pour une prochaine fois.

Le mois d’avril a été un mois assez particulier notamment parce que le 6 avril c’était mon anniversaire. Quel plaisir c’est de fêter son anniversaire dans un autre pays après l’avoir fêté pendant 21 ans en France, le changement a du bon parfois !

Pour mon anniversaire j’ai eu le plus beau des cadeaux : la visite de ma meilleure amie (Claire BOUCHEREAU). Elle est arrivée le 5 avril au soir et est restée pendant 2 semaines. Ces deux semaines ont été un peu stressante pour moi car je voulais qu’elle est un bon accueil, du confort, qu’elle connaisse ma vie au Togo etc. Je ne suis pas surpris qu’elle ait autant aimé le Togo et je suis contente qu’elle ait pu changer d’air même si ce n’était que deux semaines. Nous avons visité les grandes villes (touristiques) du Togo ! Togoville, Kpalimé, Kara et nous avons traversé Sokodé et Atakpamé. Petit retour tranquille à Lomé. Petite déception quand nous avons voulu aller à la plage mais qu’il a plu toute la journée. Puis elle est partie, triste départ en sachant que je ne la reverrai que dans 1 an. See you !

Après son départ je me suis vite remise au travail et j’ai réussi à avancer beaucoup de projet, notamment le dépliant et la création de panneaux d’indication. Tout va très vite en ce moment et j’en suis ravie ! Le seul problème c’est qu’en ce moment nous sommes dans la grande saison des pluies du coup il y a des moments où je ne peux pas sortir de chez moi (eh oui ce n’est pas de la petite pluie au Togo !) est de fait elle inonde la rue où j’habite (c’est une expérience !). Mais du coup c’est un bon exercice d’adaptation car je dois trouver le moyen d’avoir internet sans être à Fondacio.

Nous sommes fin mai et de fait il ne me reste pas beaucoup de temps pour réaliser les projets que je dois terminer cette année avant mon départ pour le camp chantier de l’ONG ANGE.

Pour le moment j'ai eu le plaisir de voir mon logo crée pour un projet de Fondacio accepté ainsi que l'impression d'une bâche que j'ai aussi réalisé pour eux, ça fait plaisiiiir !

Le travail est un peu compliqué en ce moment, entre la pluie qui parfois nous empêche d'aller travailler (oui parce que ma rue est totalement inondé quand il pleut sinon ce n'est pas drôle !) et l'arrivée des moustiques qui s'en prennent à tes pieds et tu es donc obliger de trouver des techniques pour pas qu'ils t'atteignent...

Allez ça va le faire !

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« La pluie a été inventée pour que l’homme se sente heureux sous un toit », Sylvain Tesson, Dans les forêts de Sibérie


Juin… Je pense réellement que ce mois-ci est le pire pour vivre au Togo ! La saison des pluies est à son pic le plus haut et de fait il ne se passe pas un jour sans que tu ne sois dérangée par quelque chose : soit la pluie qui inonde ton quartier et qui rend difficile le passage ou alors t’empêche d’aller au travail (j’ai de la chance je n’ai pas un travail qui nécessite forcément que j’aille sur mon lieu de travail, mais quand même…) et surtout qui amène tout un escadron de moustiques. Soit il y a une coupure de courant dans ton quartier (assez fréquente je dois dire) et qui dure entre 30 min (si tu as de la chance) à 6h ! Et enfin il y a aussi les coupures d’eau ! Ces dernières ne sont pas pratiques du tout car tu dois aller remplir une bassine d’eau à un robinet qui n’est pas alimenté par les canalisations du quartier (oui tu dois aller à la source) et qui doit donc être utilisé par tout le quartier, c'est une expérience ! Enfin bref une vraie galère qui te pousse à développer une certaine capacité d’adaptation et de créativité. D’ailleurs, en parlant de créativité, la pluie et tout ce que j’ai pu vivre pendant ce mois de Juin m’a permis d’être inspirée pour un poème. Allez c’est cadeau :

Le mois de Juin est synonyme de pluie,

Et bien trop souvent synonyme de défi.

Je suis au Togo depuis plus de quatre mois,

Mais je peux vous dire avec certitude cela,

Le mois de Juin est sans doute le pire de tous,

Et encore, je suis en ville et pas dans la brousse.

Le mois de Juin est synonyme de pluie,

Cependant il n’est pas synonyme d’ennui.

Ta créativité deviendra ton amie,

Heureux ceux qui en sont aujourd’hui avertis.

Elle te permettra de te sortir de galères,

La pluie est désormais ton plus grand adversaire.


Le mois de Juin est synonyme de pluie,

Mais il est aussi synonyme d’ennemi.

Attention ! Ils arrivent tous, tenez-vous prêt !

Les moustiques sont là, choisis tes munitions,

Partout tu en trouveras à moindre frais,

Spirales et spray sont à ta disposition.

Le mois de Juin est synonyme de pluie,

Au bonheur ! Je vais passer une bonne nuit.

Les journées et les soirées se rafraichissent,

Le vent se lève et les nuages noircissent,

Rentrons le linge et rangeons la terrasse,

Restons à la maison, la pluie nous menace.

Le mois de Juin est synonyme de pluie,

C’est dans mes pensées que vous êtes aujourd’hui.

Etre à plusieurs kilomètres loin de tout,

De ma famille, des amis et des loisirs,

Le manque se fait de plus en plus sentir

Le temps est bien long avant d’être auprès de vous.

Le mois de Juin est synonyme d’adieu,

Plusieurs stagiaires vont partir, jouons le jeu.

Demain est un autre jour, je reste forte,

Préparez-vous, bientôt je serais à votre porte.

Le travail m’attend et je dois avancer.

Je veux partir heureuse, ne plus me retourner.

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Publié le 12 décembre 2017

Il est vrai que je n’ai pas beaucoup écrit ces derniers temps. Entre la préparation du camp chantier, la réalisation de ce dernier et la préparation de la rentrée, le temps et mes pensées n’étaient pas à l’écriture. Mais maintenant que j’ai un peu de temps, je peux prendre un peu de temps pour relater les expériences et les réflexions que j’ai pu avoir ces derniers mois.

Le camp d’été, réalisé pour les enfants de ANGE ainsi que les enfants des associations partenaires (Marem, Sichem, Le JADE pour la vie, Succès + etc) était depuis plusieurs années situé au niveau de l’école de Sichem à 20km de Lomé. Afin de changer de lieu le camp a été organisé au niveau de l’école primaire publique de Tchekpo à 60km de Lomé. Ce camp fut une extraordinaire expérience pour moi parce que j’ai pu vivre dans un village togolais et connaitre un peu plus les us et coutumes du milieu rural ! Ce qui m’a le plus marqué dans cette expérience ce sont les règles très strictes qui sont appliquées dans tous villages, par exemple : une nuit j’ai entendu au loin une femme crier (puisqu’elle parlait en Ewé je n’ai bien sûr pas compris ce qu’elle disait), et au lendemain j’ai demandé aux togolais qui ont pu également l’entendre ce qu’elle disait, et je fus très étonné par la réponse : en effet cette femme criait « au voleur » et demandait à celui qui lui avait pris sa poule de lui rendre immédiatement sous peine de lui jeter un sort qui pourra le tuer. C’est comme ça que j’ai pu apprendre qu’au village chaque chose appartient à quelqu’un, de la simple petite pierre à l’arbre coupé, et lorsque que tu as besoin de bois pour le feu tu dois demander à qui appartient cet arbre mort et s’il est possible de le couper et de l’utiliser. L’Afrique et ses mystères m’étonneront encore et toujours !

Puis après le camp je suis revenue à Lomé. Une nouvelle année scolaire a commencé et j’ai eu pas mal de travail à faire, notamment préparer les outils de communication qui seront utilisés pour la rentrée communautaire de Fondacio. Malheureusement pour moi je me suis retrouvée seule après le départ de tous les volontaires... Mais je me dois de continuer mon travail avec chaque projet de développement de Fondacio, et je commence petit à petit à rassembler tous les documents nécessaires aux chargés de communication afin qu’il puisse reprendre le travail que j’ai réalisé. J’espère finir ma mission avec le sentiment de m’être rendue inutile car ils ont toutes les clefs en main pour continuer mon travail. Pour le moment je continue de créer et de produire toujours plus d’outils pour développer la communication des projets de Fondacio, et je cours après le temps puisque nous arrivons à la fin du mois de décembre !!

Cette année a été vraiment riche d’expérience, de joie, et de remise en question. Tout ceci a pu se faire notamment grâce à la venue de ma famille au mois d’octobre (pour mon frère et mon père) et au mois de novembre (pour ma sœur, ma mère et une de mes cousines).

Quel bonheur c’était de pouvoir partager ceci avec eux, de leur montrer le vrai visage de l’Afrique, pas celui que nous montre les médias. L’Afrique est un continent tellement riche en paysages, en rencontres accentuées par les rires et les sourires, en ressourcement, en partage… Nous, occidentaux, avons perdu le sens du mot « richesse », nous courrons après la richesse matérielle et superficielle, et surtout après les moyens de contrôler la nature et le monde qui nous entoure. Nous créons des paliers de richesse qui dénigrent les pays qui ne sont pas « au même stade de développement » que nous. Il y a certains villages togolais qui ne sont pas au même stade de civilisation que nous, mais ils ont des codes, des règles, un mode de fonctionnement et une très grande intelligence dans leur construction ! Certes ils n’ont pas toutes les technologies, tous les objets qui facilitent notre quotidien mais cela implique-t-il forcement qu’ils ne soient pas « civilisés » ? Le concept de « civilisation » doit-il forcément se résoudre à avoir le maximum de chose pour appréhender et contrôler le monde qui nous entoure ? Nous écoutons bêtement les médias, nous ne savons plus faire certaine chose, et nous sommes « abrutis » par la technologie et la facilité ainsi que la rapidité pour que nous puissions tout faire sans aucuns efforts jusqu’à en devenir paresseux.

Mais je pourrais également faire des reproches aux togolais, bien que je les aime beaucoup. J’ai gardé dans ma mémoire plein de petits souvenirs qui me font dire que Occidentaux comme Africains avons des choses à nous reprocher. Ce qui m’énerver (et donc que je considère comme ayant une part de vrai) c’est peut-être de voir que les togolais nous voit comme des personnes ne sachant faire que peu de chose manuelle, eh oui comme je le disais, nous sommes devenus trop paresseux pour eux. Mais ça en devient gênant quand tu veux aider à porter quelque chose mais qu’on te demande de t’aider car c’est trop lourd pour toi… Mais cette vision que garde les togolais est notamment dû aux français expatriés...

Voyager et comprendre le pays dans lequel on est nous fait apprendre que nous sommes bercés dans certaines illusions. Ce voyage m'aura appris beaucoup de chose, j’ai appris qu’on ne comprend pas une culture lorsqu’on connait 10 personnes. C’est lorsqu’on voyage, que l’on va dans les villages togolais (qui sont leurs racines), que l’on rencontre les anciens, qu’on nous raconte les histoires des « grands papas et mamans » des togolais, qu’on fait des soirées autour du feu que vraiment on peut commencer à la comprendre. Avec toutes mes expériences, mes rencontres, mes questions et ses réponses etc. Tout cela m’a permis de comprendre que petit à petit je n’étais plus seulement une touriste, puis une volontaire, mais aussi enfin une personne pouvant (un peu) appartenir à cette culture puisque je commençais à la comprendre. J’y ai découvert des choses que nous, occidentaux commençons à oublier, comme le respect des anciens et de leur sagesse. Et j’ai notamment appris la patience et une chose tout aussi importe : prendre le temps d’apprécier chaque moment de la vie. Comme on le dit ici : en occident on à la montre, au Togo on a le temps. Avec la venue de nouveaux volontaires je me rends compte que j’ai totalement changé en apprenant à ne pas donner d’importance aux choses futiles.

Je recommande aux volontaires qui souhaitent venir au Togo de ne pas seulement venir en « touriste » (en regardant les paysages sans réellement voir et donner de l’intérêt aux personnes qui y habitent) et surtout ne pas voir l’Afrique comme nous le montre les médias, mais d’ouvrir les yeux et de pousser la porte de la curiosité en goûtant les plats togolais, en posant des questions, en demandant aux togolais d’expliquer sa culture, d’y voir les différences mais aussi les points communs avec notre culture, d’apprendre quelques mots d’éwé, d’aller au village, etc. Les photos sont bien pour garder l’instant présent mais nos yeux donnent plus de valeurs au moment présent et donne plus de souvenirs. Alors ouvrez les yeux !

La famille au Togo