Carte de la vallée des Merveilles dans le Mercantour

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Nous partons entre frères pour sept jours à l’extrémité des Alpes du Sud, là où depuis les sommets les plus hauts on peut parfois voir la mer Méditerranée. En habitués des randonnées de montagne, nous avons conçu un itinéraire qui nous fera découvrir une petite partie du Parc National du Mercantour de refuge en refuge.

Nous comptons en moyenne 5 à 7 heures de marche par jour, avec 1000 mètres de dénivelé positif en moyenne. Après une arrivée à Nice et un transfert en bus jusqu'à notre point de départ nous avons au programme :

  1. Lucéram à Sospel : où les Alpes ne sont encore que des collines
  2. Sospel à l'Estive : une étape de transition
  3. L'Estive au refuge des Merveilles : à la découverte des gravures préhistoriques
  4. Refuge des Merveilles au refuge de Nice : et ses centaines de chamois
  5. Refuge de Nice au relais des Merveilles : chevauchée enneigée et paysages de rêve
  6. Relais des Merveilles au refuge de Cougourde : à la découverte des bouquetins
  7. Refuge de Cougourde à Saint-Martin-Vésubie

Les deux premiers jours nous font découvrir des paysages et des villes typiques de l'arrière pays niçois. Pas de pics enneigés ni de falaises abruptes ici, mais des villages anciens nichés au creux de grandes collines.

De Lucéram à Sospel...
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Dès le troisième jour, nous prenons la direction de la vallée des merveilles. Les lacs s’enchaînent, et même si un orage nous a fait quelques frayeurs au bien-nommé Pas du Diable, nous prenons plaisir à parcourir ces lieux à l'allure mystique sous la brume.

Arrivés au refuge des Merveilles, nous posons nos affaires pour aller découvrir la zone. Car la vallée des Merveilles n'a pas usurpé son nom, on y trouve de 40 000 gravures rupestres datant pour la plupart de l'âge de bronze (environ -3000 ans avant JC).

Le Sorcier vous salue. Et il n'est pas le seul, car vous trouverez aussi le Christ, le chef de tribu ou bien encore la voie sacrée.

On ne peut que s'émerveiller au milieu de cet univers, où presque chaque pierre révèle une gravure différente. Aujourd'hui encore, on peine à en comprendre le sens, mais leur dispersion autour du Mont Bégo laisse penser à certains scientifiques que celui-ci serait sacré.


Il est interdit de quitter le sentier dans le secteur, pour préserver les gravures. De même, si vous avez des bâtons de randonnée, il faudra en couvrir les pointes !

Quelques exemples de gravures...
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Il n'y a pas que des gravures dans la vallée des Merveilles. Après avoir baissé les yeux pour les chercher, vous pourrez les lever pour apercevoir les chamois et les marmottes. Vous en croiserez par dizaines, même s'ils ne se laisseront certainement pas approcher. Et quand on est en juin, il suffit de suivre les traces dans la neige pour les retrouver !

Si vous avez de la chance, vous verrez des mères et leurs petits nés quelques jours auparavant...

Les bouquetins sont plus rares, plus inaccessibles, mais majestueux ! À quelques encablures de la cime de Paranova, il a fallu sortir du sentier pour les trouver, après avoir aperçu au loin leurs cornes caractéristiques.

Après avoir admiré chamois et bouquetins, y a t-il encore de la place pour les grenouilles et les marmottes ?

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Nous passons les quatrième et cinquième jours entre le refuge de Nice et le relais des Merveilles. Nous marchons entre 2200 et 2700 mètres d'altitude, et la neige est encore largement présente. Certains cols sont même inaccessibles et nous contraignent à quelques détours.

Le printemps à ceci de fantastique en montagne qu'on se sent à la fois en été et en hiver. On ne peut s'empêcher de s'arrêter régulièrement dix, vingt ou trente minutes pour admirer ce qui nous entoure.

Les sentiers demeurent invisibles sous la neige, la carte devient le seul repère...


Un bon coupe-vent est un accessoire indispensable en randonnée pour se protéger de la pluie et du vent. Mais sur une pente enneigée, glissez-le et ceinturez-le autour de vos fesses et il se transformera en une puissante luge !

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Le sixième jour, entre le relais des merveilles et le refuge de Cougourde, nous franchissons plusieurs cols et vallons qui nous offrent chacun des paysages différents. Entre le fleuri vallon du Ponset, les lacs de Prals et l'enneigée prairie de Fenestre, il y en a pour tous les goûts, toutes les couleurs et toutes les odeurs.

Quelques kilomètres plus loin, nous faisons une pause au lac de Trécolpas.

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Enserré par les montagnes, le refuge de Cougourde surprend par son charme, son isolement mais surtout par son renard domestique. Alors certes, le renard n'est pas autorisé à se lover au coin du feu contrairement au chat, mais il se comporte comme s'il faisait partie des occupants du refuge.

Le refuge de la Cougourde et son renard

Le refuge de Cougourde, c'est aussi des cascades, des chamois et une tranquillité absolue.

Nous revenons enfin en vallée à Saint-Martin-Vésubie, après une semaine passée en montagne.

De mes randonnées, celle-ci est probablement celle qui m'a le plus marqué par la diversité de ce qu'on y a vu. Car ce n'était pas seulement des paysages, mais aussi une faune riche et une dimension historique qu'il est rare de trouver en montagne...

Nous revenons à Nice comme nous en sommes partis, c'est-à-dire en bus. Il y a d'ailleurs un réseaux de RandoBus vraiment pratique dans la région pour rejoindre la montagne !

One more thing...

Randonner en juin, c'est aussi profiter des fleurs des montagnes et de leurs couleurs. Petit florilège !