KM
1

Je démarre aux chambres d'hôtes de la Longère à Sotteville, au coeur de la campagne normande. J'ai décidé de courir 30 kilomètres aujourd'hui, à un rythme léger. C'est surtout l'opportunité de redécouvrir la région où j'ai grandi.

Lever de soleil sur le Cotentin
Lever de soleil sur le Cotentin
Au lever du soleil, c'est-à-dire à 9h10 quand on est fin décembre... les couleurs sont magnifiques !

À peine quelques minutes plus tard, les couleurs du lever de soleil ont disparu, et laissent place au vert du bocage normand. Le bocage normand, ce sont de petites parcelles exploitées par les agriculteurs et séparées par des talus surmontées d'arbres et de haies.

Même pas 5 kilomètres et on voit déjà la mer au loin !
KM
10

J'arrive dans les dunes de Biville, et c'est là que le rejoins le GR 223, qui longe la côte tout autour du Cotentin.

À Biville, des dunes et encore des dunes. Mais aussi quelques surprises, puisque ces dunes ont servi de camp d'entrainement à l'armée française. On y trouve donc quelques vestiges de cette époque.

Pas sûr que ces engins soient encore en état de marche dans ce paysage dunaire...

Qui dit dunes, dit également mer. En l'occurrence la mer de la Manche, qui fin décembre, atteint péniblement les 10°C. Un peu frais pour se baigner, mais magnifique avec le soleil qui transperce enfin les nuages !

Il reste des vestiges de la seconde guerre mondiale, que la mer engloutit lors des grandes marées...
KM
16

Au bout des dunes, j'arrive sur la mare de Vauville. Cette étendue d'eau douce, séparée de la mer par quelques mètres de dunes, s'est formée il y a 6000 ans. Elle est classée réserve naturelle, et le panorama est exceptionnel lorsque la mer est haute et le soleil est là !

Il faut prendre un peu de hauteur pour apprécier la beauté de Vauville...

Vauville, c'est à l'image du Cotentin : entre terre et mer.

C'est également l'endroit idéal pour me ravitailler avant de continuer vers le Nord. Je sors mes carrés de chocolat, le sucre et les amandes et c'est parti pour une pause gourmande !

• • •

Alors qu'en hiver, Vauville montre une diversité de couleurs étonnante, l'été déploie mille teintes de verts autour des mares. Pour compléter le tableau, l'évaporation de la mer cache les falaises dans une brume permanente.

Été contre hiver !
KM
28

Je reprends le GR vers le Nez de Jobourg, et les dunes ont laissé place à de magnifiques falaises parmi les plus hautes d'Europe.

Les lieux que je traverse sont réputés pour la contrebande du tabac dans les années 1800 avec les iles anglo-normandes toutes proches. Et notamment grâce au port du Houguet accroché au pied de ces falaises.

Le Nez de Jobourg pointe le bout de son nez !

Encore quelques kilomètres et j'atteint le Nez de Jobourg.

Ce Nez est réputé pour le panorama exceptionnel qu'il offre, mais également pour le vent qui y souffle en permanence, flashé à 100 km/h quand j'y suis passé.

Le Nez de Jobourg, vu depuis le Nez de Voidries

Là dessus, c'est la fin de ma première journée de course, après avoir parcouru 29 km. Les jambes et les genoux sont un peu à la peine. La journée n'est pas terminée, car je décide de continuer, en voiture cette fois, jusqu'à Goury.

KM
34

La route qui mène au phare de Goury s'y arrête abruptement... Tous les chemins ne mènent donc pas à Rome, et nous sommes vraiment au bout du monde. Quelques maisons, une station de sauvetage en mer, et voilà pour seule compagnie.

C'est calme et reposant - du moins en apparence...

Quand la tempête se lève, oubliez la quiétude du lieu. Le vent pousse les nuages dans un bruit assourdissant. Et dans le Cotentin, le beau temps et la pluie peuvent alterner ainsi plusieurs fois par jour...

Sous la tempête...
KM
40

Une nuit est passée, et c'est parti pour une deuxième journée de course !

Je pars de Port Racine, ce qui correspond au kilomètre 40 de mon parcours autour de la Hague. La météo a prévu de la pluie, mais c'est un grand beau temps qui m'attend. Parfait pour courir les 13 kilomètres que j'ai planifiés !

Port Racine, auto-proclamé plus petit port de France !

Avant de commencer l'effort physique, je prends le temps d'observer les vagues. Un petit plaisir à immortaliser en photo !

KM
45

Un sémaphore est un poste de surveillance sur la côte. Pratique quand on sait que 100 km plus au Nord, il y a l'Angleterre, et donc des anglais. Celui a été construit en l'occurrence autour de 1860.


Désormais, il est désarmé et c'est devenu un gite. On ne peut rêver d'un meilleur emplacement pour passer la nuit !


Quand on marche le long du GR 223 vers Cherbourg, on voit généralement la mer en tournant la tête vers la gauche, et les vaches en...
Sémaphore de Jardeheu
KM
46

Quand on longe la côte, on finit toujours par tomber sur un port...

Après le port Racine, j'arrive au port du Hable, authentique et préservé. J'y croise des restaurants qui proposent des produits locaux, je salive, mais je n'ai pas le temps de m'arrêter, car il n'est que 11h et j'ai encore 7 km à parcourir !

KM
50

C'est probablement l'un des plus beaux endroits que j'ai parcouru en deux jours : la baie de Quervière et ses alentours. C'est sauvage, dépaysant, et incroyablement reposant.

Nous sommes ici au cœur du sentier des douaniers, dont le GR a repris le tracé. Il est appelé ainsi car il était auparavant utilisé par les douaniers pour attraper les contrebandiers dont je parlais quelques kilomètres avant. On croise d'ailleurs de nombreux abris qu'ils utilisaient à l'époque.

À deux pas, on trouve la maison natale du peintre impressionniste Jean-François Millet et la maison de Jacques Prévert.

Je m'arrête finalement au kilomètre 54, aux portes de l'agglomération de Cherbourg que l'on aperçoit au loin.

Voilà la Hague résumée en quelques étapes, même si il faudrait beaucoup plus de temps pour explorer et raconter ce petit coin de paradis !