Carnet de voyage

BicyArte en Colombie

Dernière étape postée il y a 591 jours
Un recit comprenant beaucoup de sueur, de l'artisanat, des grosses courbatures et pleins de sourires!
Novembre 2017
24 semaines
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Ce recit de voyage ne commencera pas par la preparation de notre periple, mais bien par notre premiere aventure. je signale aussi que les prochains articles ne comporteront pas d'accents car ils sont trop durs a trouver sur un clavier Colombien.

Gin, vaillant artisan Bresilien de Minas Gerais legerement dans les nuages mais toujours plein de bonne volontee, et Malou alias Guillemette la plus chouette ce sont retrouve sur les plages de Palomino (petit village dote d'une seule route pile poil entre Rioacha et Santa Marta, sur la cote des caraibes Colombienne) debut Novembre. Ils ont ete parfaitement accueilli par Arturo, un musicien de talent dont la plus grande chance est d'etre le pere du bebe que porte ma vaillante cousine Camille!

Nous plantons donc notre tente dans le jardin d'Arturo et tentons de nous accoutumer a la Colombie ou nous resterons environ 2 mois pour atteindre Cali en velo. Le climat est pour le moins tropical: les moustiques nous reveillent energiquement des la sortie de la tente et la chaleur nous assaille jusqu'a l'apres midi pour laisser place a des torrents de pluie qui laissent parfois le village sans electricite pendant plusieurs jours. Heureusement, a 20 minutes de marche on trouve une riviere paisible plongeant dans l'ocean.

petite soiree musique en compagnie d' Arturo sur les plages de Palomino 

Apres quelques jours de repos, nos jambes fourmillent. Nous voulons prendre la route, mais on nous explique qu'il est impossible de repartir d'ici sans avoir connu le parc Tairona a quelques kilometres de Palomino, et Nous ne pouvons le parcourir en velo. Nous decidons donc de retarder notre depart pour connaitre les plages et la jungle de Tairona.

Sur ce, on nous explique qu'il existe 3 manieres de rentrer dans le parc gratuitement plutot que de payer les 80,000 pesos colombiens. Toujours en recherche d'aventures, nous tendons l'oreille. Voici donc les options qui nous sont proposees:

1- il existe un camping perdu dans un coin au nom imprononcable ou il est possible de soudoyer le directeur. Il suffit de payer ue nuit dans le dit camping pour que quelqu'un te reveille a 4h du matin avec une carte t'indiquant comment rentrer dans le parc avant que les gardes ne se reveillent.

2- il est possible de se rendre dans un petit village le soir et d'attendre que la nuit tombe pour ensuite discretement traverser une riviere (pleine de caimans) et marcher pendant plus de 5h dans la nuit sans lumiere pour ne pas se faire reperer pour enfin arriver dans le parc et encore continuer a marcher pour trouver un lieu de camping adequat.

3- Finalement, il est aussi possible de se rendre a Calabazo en bus et commencer la marche ardue qui mene au parc, puis camper sur le chemin et continuer l ascencion de la montagne aux aurores afin de passer dans tairona avant l' arrivee des gardes. La region est peuplee d' Amerindiens (les Guarus) qui sont repute tres pacifiques mais pas tres ouverts face aux etrangers.

Nous choisissons la troisieme option et prenons donc un bus pour Calabazo et commencons a gravir les montagnes en pleine jungle aux alentours de 15h. A 18h, il n'y a deja plus de lumiere, et nous nous trouvons sur un chemin avec strictement rien autour sinon la foret. Encore trois quart d'heure de marche en pleine obscurite et sous un ciel menacant et nous entrevoyons un vieux toit de tuile au centre de ce qui ressemble a un potager. Nous choisissons d' elir notre campement ici car des eclairs aparraissent toutes les 5 minutes.

Toute la nuit nous entendons les bruits de la foret et entre apercevons des indiens qui gravissent la montagne (bien plus rapidement que nous). Dur de dormir correctement quand on deborde d'imagination et que ces bruits si etranges s'amplifient... Reveil a 5h, on gobe rapidement une orange et une banane et nous voila repartis. Au bout de 4 ou 5h de marche, l'apparition de Chairama (qui veut apparement dire petit village en Guaru) marque l'entree du parc. Nous y sommes! Il nous faudra encore quelques heures de marche pour arriver au camping.

Nous passons quelques jours au parc Tairona pour faire notre dejeuner au bord de rivieres, apercevoir les singes hurleurs ou des papillons multicolors, apercevoir les amerindiens marchant pieds nus et sans bruit dans leur foret, et profiter des plages en se reposant sur des cailloux geants.

le parc Tairona 
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Une fois retourne a Palomino pour recuperer nos velos et faire nos adieux a Arturo et ses acolites, nous nous eveillons a 5h30 du matin et decollons aux alentours de 7h (il va falloir faire mieux la prochaine fois) en direction de Santa Marta. Notre objectif: rejoindre Cartagene d'ici a vendredi, donc environ 340 km en 6 jours. Pour une premiere etape, ca se fait facilement.

Notre periple commence joyeusement. La route est legerement valonnee mais jolie. Nous nous habituons doucement aux 30 kg que nous supportons et profitons de la magnifique vue sur l'ocean.

de retour a Calabazo, mais cette fois avec tout notre equipement! 

Nous arrivons facilement jusqu'a Santa Marta et decidons d'eviter la ville qui a peu de charme et continuons sur la route en direction de Baranquilla. Aux alentours de 16h, nous commencons a chercher un hebergement. Les trois premieres habitacions nous refusent l'hospitalite, mais nous arrivons finalement a un restaurant ouvert 24h sur 24 avec patrouille de nuit, donc securite garantie! La dame qui s'occupe de l'etablissement est bien plus sympathique que les colombiens que nous avons croise jusqu'a present sur la cote. Elle est Venezuelienne et a quitte son pays depuis plus d'un an. Elle a du mal a s'habituer a la Colombie, en commencant par la chaleur, et nous propose de nous doucher, un luxe que nous ne connaitrons pas pendant les 4 prochains jours. Ici, pas d'eau courante, comme sur tout le reste de la cote. Des camions viennent ravitailler les maisons une fois par semaine en remplissant un tanque sur les toits. La douche consiste en un seau d'eau sur le corps pour se mouiller puis un seau d'eau pour se rincer, mais apres avoir autant suer c'est un vrai plaisir.

Nous cuisinons rapidement et nous effondrons aux alentours de 19h pour nous reveiller a l'aube et continuer notre periple.

Preparation de l'itineraire des prochains jours 

Le lendemain, nous traversons Cienaga. Comment decrire cette ville damnee... Elle me rapelle les bidonvilles d'Inde, ou l'ile aux coquillages du Senegal. Les habitants vivent dans leurs ordures. Tout est sale, les enfants jouent dans la boue et les detritus, les femmes sont maigres et les hommes decharnes. D'un cote il y a l'ocean marron de dechets, et de l'autre un lac putride plein de pecheurs. C'est ici que mon velo decide de crever, sous un cagnard qui ravive l'odeur de pouriture. les locaux affluent autour de nos velos alors que nous essayons de reparer la crevaison le plus rapidement possible sous un soleil de plomb. Enfin, nous pouvons decoller, mais ce qui nous attend n'est pas plus joyeux. Pendant des dizaines de kilometres, nous avancons sur une route sans fin sans une once d'ombre. Pas d'endroit pour se reposer ni pour cuisiner. Et la route qui n'en fini pas... Heureusement, des camions passent de temps en temps et nous procurent un peu d'air frais. Aux alentours de 16h, je suis morte de fatigue. Pour la premiere fois depuis des heures, nous decouvrons une petite route sur la droite qui mene a une maison abandonnee sur la plage. Deux jeunes motards profitent des lieux. Nous leur demandons s'il est possible de camper ici la nuit, et il semblerait que oui.

Ni une ni deux, nous deballons notre equipement. Pas de douche ce soir, mais une brise salee et une tente pleine de sable. Nous nous ecroulons rapidement mais nous reveillons tout aussi vite a cause d'une pluie torrentielle qui nous laissera a peine nous reposer.

Nous emergeons a l'aube avec une seule idee en tete: partir d'ici, quitter cette route affreuse et rejoindre Barranquilla de l'autre cote de ce pont sans fin.

D'un cote la mer, de l'autre les marais 

Aux alentours de 11h du matin, nous rejoignons enfin la megalopole. Apres Cienaga et sa crasse, Baranquilla nous apparait comme le sumum de la civilisation; pourtant ca n'est qu'une ville dans un pays en voie de developpement comme les autres. Mon pneu aillant encore des soucis, nous parvenons a troquer une chambre a air traditionelle contre une francaise qui convient a mon velo, et hop, nous continuons notre route jusqu'a ce que la pluie s'abatte sur nous de nouveau.

A 15h, impossible de faire un kilometre de plus. Ca tombe bien, nous sommes arrives a Puerto Colombia, un petit village tres agreable et tranquille. Les employes d'une station essence nous proposent de deployer notre tente aux alentours, car ils surveillent le secteur toute la nuit. Nous profitons aussi d'une eclaircie pour nettoyer la peau de boa trouvee sur la route avant hier. Il faut enlever le maximum de chair pour eviter les odeurs desagreables et saler la peau, puis la faire secher au soleil. Gin est expert en la matiere et m'enseigne donc comment dépecer l'animal. Je ne sais pas si je pourrais souvent utiliser ce type de connaissances en Europe mais ici c'est plutot utile, car les 3 metres de cuir recupere nous permettrons de faire de magnifiques bracelets!

nettoyage de deux boas trouves sur la route. Nous recoltons environ 2 metres de cuir magnifique! 

Apres Punta Colombia, la route est plus tranquille et bien plus agreable. L' ocean pointe le bout de son nez en haut de chaque colline et devient de plus en plus turquoise. Mais il est toujours aussi difficile de se procurer de l'eau potable ou encore un cafe et petit dejeuner (Gin sature deja des bananes et il a fini sa reserve de chocolat francais).

Nous devions vers une ville ou il est indiqué qu'il y a un volcan mais sommes plutot deçus en voyant un tas de boue en extinction en guise de volcan. Sur le chemin, j'évite à peine un serpent vert fluo qui se tortille sur la route. Heureusement, cette espece n'est pas venimeuse!

Nous avancons rapidement et nous retrouvons a moins de 30 km de Cartagene, mais nous ne voulons pas arriver dans la cite de nuit car elle semble assez dangereuse. Nous decidons donc de demander l'hospitalite pres d' Arroz grande, toujours sans le moindre resultat. Finalement, c'est en deambulant dans un petit village aux routes de terre non repertorie qu'une jeune Colombienne me propose d'installer notre tente dans son patio. Mercedes a environ 25 ans et deja 5 enfants. Toute la famille est tres curieuse et nous regarde planter la tente, faire a manger, deballer nos affaires et ranger nos velos tout en posant des centaines de questions et riant aux eclats en entendant les reponses. Cette nuit, nous dormirons bien. Mercedes me propose d'aller prendre une douche a la riviere, mais j'arrive a peine a me rincer les bras et le visage car le ruisseau a l'eau boueuse ou tout le monde prend son bain est apparement rempli de cobras et je repertorie plus de 20 piqures de moustiques en a peine 7 minutes.

Attention, des crabes bleus traversent la route! 

Jeudi 16 novembre, 6h30 du matin: en avant direction Cartagene!!! Apres quelques kilometres nous faisons notre premiere rencontre avec deux neozelandaises cyclovoyageuses elles aussi! une fille et sa mere qui vont jusqu'au Costa Rica.

Cartagene nous recoit avec des trombes d'eau, ce qui n{ enleve rien au charme de cette cite legendaire!

Cartagene l' innondee 
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Apres quelques jours tres agreables passes a Cartagene des Indes, nous continuons notre periple. La prochaine etape: Medellin, megalopole perdue dans les montagnes.

La route est legerement valonnee et nous faisons en moyenne 70 km par jour sous une chaleur etouffante. Plus nous nous enfoncons dans les terres, plus les Colombiens sont agreables. Dans cette region, tres peu de tourisme, mais les villages sont plus propres, les femmes plus souriantes. Niveau logement, nous sommes chanceux les premieres nuits: A San Pablo, une famille nous offre l hospitalite dans leur cour, dans un village ou il s'avere impossible de trouver un coca cola (je pensais que de tels lieux n'existaient pas, cette decouverte me reconforte etrangement). le lendemain, nous dejeunons dans un village sans nom ou un pecheur nous offre une glace chacun et nous aide a laver nos ustensils de cuisine.

 500 km de plat sous 30 degres , entoures par les vaches

Nous traversons ainsi des centaines de villages tous tres similaires, parfois aux noms assez originaux ou devrais je dire exotiques, surtout sous la chaleur des Caraibes (Corea, Berlin, Alemania etc). L'une de nos meilleures nuit sera dans une petite station service tenue par une famille merveilleuse. Nous papotons tard dans la nuit. Ils n'arretent pas d'etouffer de rire en ecoutant l'accent portugais de Gin et en me voyant m'exclamer devant les dizaines de crapauds boeufs qui se promenent aux environ de notre tente. Nous repartons heureux apres avoir dormi au dessus d'une herbe digne d'un club de golf cinq etoiles.

la meilleures station essence de Colombie rebaptisee le gazon moelleux 

Nous decidons de faire une halte a Sincelejo pour voir de quoi il en est. Cette ville nous decoit quelque peu. Personne ne jette un oeil a l'artisanat et les rues abruptes sont pleines de pollution, sans parler de la cote que nous avons du gravir pour arriver ici (durant laquelle j'ai maudit chaque gramme que nous transportions et me suis occupee l'esprit a faire l'inventaire des choses que l'on pourrait bazarder, autrement dit rien). Mieux vaut ne pas s'attarder ici. Nous repartons donc et demandons l'hebergement a un vieil homme et sa femme qui fabriquent des casseroles. La femme est terrorisee et ne nous adressera pas une fois la parole. La seule raison qui a pousse l'homme a accepter est qu'il allait faire nuit et que continuer a rouler en velo serait de la folie.

souvenirs de Sincelejo: pas de chance avec l artisanat et un pneu creve  😉

Apres Sincelejo, la route se fait plus monotone. Les vaches ont toujours d'aussi grandes oreilles, les paturages se ressemblent beaucoup et les villages aussi: Sahagun, la Ye, Pueblo Nuevo, Planeta Rica... Ces noms resonnent comme des etapes, les villes ou villages se ressemblent tous. Il faut dire que la region a ete tres marquee par les guerillas entre nacro trafiquants et paramilitaires. Les conversations sur cette thematique avec les Colombiens a l'heure du repas nous laissent entrevoir l'atmosphere de tension et de peur qui regnait encore ici il y a quelques annees: il n'etait pas rare de payer sa nourriture en grammes de coca (la coca est encore cultivee sur plus de 10 000 hectares de terre dans la region et la transition vers une culture legale parait complexe). D'un jour a l'autre, les trafiquants pouvaient requisitionner les terres et la maison de quiconque avec deux options: cooperer ou crever.

Plus on avance, plus la cordillere et ses 2000 metres de denivele positif se rapprochent... 

Apres une bonne journee de velo ou nous avons parcourur plus de 75 km, on tombe sur une dame qui accepte gentiment d enous laisser mettre notre tente dans son grand jardin. Nous usons de nos dernieres forces pour gravis une immonde montee pour arriver jusqu a chez elle. Degoulinante de sueur, j'entend soudain quel'qun se moquer ouvertement de notre galere...:

A partir de Nueva Estacion, nous rencontrons quelques problemes pour nous loger. Nous atterissons effectivement dans un village ou personne ne fait mine de devoir nous aider... Une fois c'est a cause du patron, une autre a cause d'un chien de garde... Nous demandons meme a l'ecole, mais le gardien n'ose pas nous laisser planter notre tente sans demander a 3 superieurs differents dont un qui n'a jamais vu l'ecole et habite a plus de 300km), qui bien evidement refusent de nous laisser nous reposer dans la cour. Nous finissons sur un terrain de football qui ressemble plus a une decharge publique. Les enfants ne semblent guere se soucier des detritus et jouent pieds nus parmis les canettes et bouteilles en verre. Le jeux perd un peu de son attrait lorsque nous montons notre tente qui devient l'attraction principale. Tout le monde veut rentrer dans notre maison et nous faisons des efforts desesperes pour tenir les enfants a distance. Apres 6 jours de velo non stop, nous sommes a bout et revons d'un peu de paix... Je pars faire un tour et quelques serveuses du seul restaurant m'apostrophent, pleines de curiosite. Elles nous laisserons finalement planter notre tente sous le preau du restaurant et nous offrirons meme un bon repas! Nous dormons malheureusement a peine a cause de la musique (c'est vendredi ou samedi soir).

C'est aussi dans ce petit village desuet que je rencontre un vieux chercheur d'or qui ne peut plus travailler a cause d'un probleme au genou. Le fleuve qui longe la route regorge apparement d'or, et toute l'economie des villages aux alentours est basee sur le precieux minerai, le manioc et la banane.

Le lendemain nous nous reveillons tendus. Les epreuves de la semaine, la fatigue physique et le peu de sommeil se font sentir. La route a de moins en moins d'attrait, et c'est sans parler de ce qui nous attend. Partout ou nous allons, on nous raconte que la montagne qui se dresse entre nous et Medellin est impossible a gravir en velo, surtout avec plus de 30kg chacuns dans nos baggages... Lors d'une pause cafe, un camionneur nous dit qu'il a pris un Belge en stop il y a quelques jours. Ce dernier n'en pouvait plus de pedaler et craignait trop les montagnes. Il faut encore mentionner que la route ne possede pas de trottoir ou bande d'urgence, et que si le precipice n'est pas a ta droite, il est a ta gauche... Le traffic de mulas (camions) , bus, voitures sur la route est tres dense, et il n'est pas rare qu'un pieton (ou cycliste?) soit precipite dans le vide...

1. campement dans un jardin 2. douche improvisee apres la pluie 3. toilettes et douches chez l habitant 4. notre cuisine!

Nous avancons quand meme, mais seulement jusqu'a el jardin, un village d'environ 100 cabanes. Nous sommes ereintes, il fait plus de 40 degres, et finissons par chercher un camion ou bus qui puisse nous sauver des dernieres centaines de kilometres. Et non, nous ne sommes pas des puristes! Le bus met plus de 7h a parcourir les 200 km qui nous separent de Medellin, et en voyant la route nos jambes nous remercient silencieusement de notre choix.

Nous passerons une semaine a Medellin et ses environs, dont Guatape et sa fameuse pierre, ou nous logerons a Casa Kayam, une auberge artistique tenue par un francais de Nice, et Santa Elena dans les hauteurs de Medellin. Nous participerons aussi a la feria de artesania dans le parc Boliviar qui a lieu une fois par mois, et passerons quelques jours chez Jenny, une anglaise qui voyage en moto avec son chat!

Vente d artisanat au marche place bolivar, a guatape et Santa Helena. Les colombiens et touristes de Medellin sont tres receptifs 

D 'autres belles rencontres nous permettront aussi de profiter et apprecier Medellin comme avec Daniela, artiste Bresilienne, et Margarita qui voyage depuis 2 ans en Amerique Latine et vient d 'Italie. Il est toutefois impossible de nier la pauvrete qui reigne dans cette megalopole. Partout on apercoit des drogues a la colle ou le vasupo, un melange de cocaine et de produits toxiques qui coute apparement moins cher qu 'un verre de biere... En entrant dans la ville en velo depuis le terminal de bus on se faufille entre des centaines de personnes defoncees, perdues, cherchant dans les dechets quelque chose a revendre. Le centre n 'est pas epargne non plus. Pour echapper a cette atmosphere parfois etouffante, il faut se refugier dans les montagnes aux alentours.

Guatape 
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Apres quelques jours de reconfort a Medellin, nous voici reparti sur les routes (montagneuses) de Colombie! Nous partons gais et joyeux en sachant qu'une descente de plus de 70 km nous attend avec des paysages magnifiques, et je dois dire que nous ne sommes pas decus... la route de Medellin a la Pintada est vraiment magnifique! Les colombiens dans la region sont tres sympathiques et semblent parfois envier nos montures. Seul hic, la route est coupee a flanc de montagne, donc difficile de trouver un terrain plat ou caser sa tente... Nous nous arretons quand meme a environ 15 km de la Pintada et dormons chez Juan, un colombien adorable qui nous regalera avec une agua panela, de l'eau sucree avec un peu de canelle, et avec qui nous partagerons notre humble diner quotidien: pates, creme fraiche melangee a des sauces en poudre, tomates et oignons.

Plus de 70 km de descente...que du bonheur! 

le lendemain, le paradis de la descente continue, mais seulement jusqu 'a la Pintada, une ville sans le moindre charme ou l'on creve de chaud apres avoir goute a l'air frais des montagnes... Ma mere ayant visite plus de la moitie du monde terrestre et ayant un leger faible pour les routes plus ou moins connues qu'elle apelle toujours raccourcis mais ne le sont pas necessairement, elle nous indique un chemin alternatif a la fatigante autoroute pleine de camions. Nous devions donc un peu a l'est dans les montagnes direction Salamina. Cette route est de loin la plus magnifique qu'on ai faite jusqu'a present! Presque pas de traffic et des paysages a tomber par terre... Certains villages sont perches sur la crete d'une montagne, on se croirait sur le plafond du monde!

les paysages aux alentours de Salamina 

Les colombiens des montagnes sont vraiment extras avec nous, et nous avons parfois du mal a continuer notre route car nous pleuvons sous les propositions d'endroits ou planter notre tente. Nous logerons une nuit chez une graaande famille pleine de chiens et chats (dont un qui a ete baptisee par la plus jeune enfant Pepa, oooo mondialisation....). La matrone de la famille nous fait gouter une specialite de Noel que nous faisons semblant d'adorer, et elle fait de meme avec notre diner que nous partageons avec elle.

La magnifique ville de Salamina nous accueille avec un festival de Noel assez impressionant: jonglage, danse, nourriture typique, bougies et decoration partout... La municipalite nous permet d'exposer notre travail et nous rencontrons ainsi beaucoup de villageois d'ici et des alentours, dont la mere d'un jeune cycliste qui voyage dans la region avec sa femme et... leur fille de 5 ans! Cette famille sera toujours quelques jours avant nous sur la meme route, mais jusqu'a present nosu ne les avons toujo urs pas rencontres... Les danses et musiques sur la scene principale sont tres impressionantes de par leur ressemblance avec certaines danses africaines, alors que la region accueille tres peu de decendants d'esclaves. Salamina nous charme tellement que nosu resteront 3 jours pour pouvoir ainsi profiter du cafe exceptionnel que les habitants semblent boire a longueur de journee en se racontant des ragots.

notre campement a Salamina et les rues decorees pour Noel

Mais qui dit montagne dit aussi montee... Apres Salamina, on enchaine encore une descente jusqu' a filadelfia pour finalement arrimer nos velos a une jeep et commencer l' acenscion jusqu' a Manizales de facon un peu moins sportive... (petit film a l'appui):

La ville de Manizales, que nous imaginions petite, pleine de charme et perchee dans les montagnes, est effectivement tres en altitude mais plutot lugubre et gigantesque... Nous devrons tout de meme passer deux jours la bas car je tombe malade. Nous dormirons dans une petite pension dont le naturel kitchsera releve par l'arrivee proche de Noel. Toutes les maisons des villages sont d' ailleurs magnifiquement decorees selon les gouts plus ou moins raffines de leurs occupants. La nuit il ne manque plus que la musique pour se croire dans une discotheque pleine de boules a facettes.

une glace qui  n'a pas le gout espere par Gin, savouree en attendant qu'un deluge se calme dehors 

Cette etape grandiose dans les montagnes paradisiaques du sud de Medellin nous permettra de largement passer la barre des 1000 km parcourus en Colombie!

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Nous sortons de Manizales sous une puree de poid mais avec un grand sourire car une douce descente nous fait de l oeil pendant environ une heure, puis les choses se corsent. Il nous faut rejoindre Salento, un petit village assez touristique situe a plus de 60 km de Manizales, dont environ 40 de montee... Petite video a l'appui:

La pluie et le brouillard ne nous quittent pas et Gin commence a desesperer en voyant que la montee n'a pas de fin... On finit bloque sous le porche d'un super marche sur une grande route a cause d'une pluie drue qui n'a pas l'air d'avoir envie de se calmer... Les heures passent et toujours aucun signe d'amelioration. Nous commencons a nous demander si nous allons devoir passer la nuit sous ce porche peu ragoutant, puis nous enfilons notre pantalon de pluie pour aller demander aux 3 maisons environantes s'ils auraient un endroit plus sexy ou nous heberger pour la nuit.

Par chance, une famille nous propose de rester dans une piece vide de leur immense maison! A vrai dire, ils surveillent la maison de leur patron quivit depuis des annees aux Etats Unis. Nous occuperons la partie abandonnee de cette immense residence, et dinerons avec nos hotes en passant un agreable moment. La discussion porte majoritairement sur la religion, le couple etant tres croyant, comme d'ailleurs la grande majorite des colombiens. Nos residents font partie de l'ordre des chevaliers qui semble avoir certaines affinites avec le spiritisme.

A 7h30 nous regagnons notre piece vide pour decouvrir une dizaine de cocons eclos sur notre bache que nous avons etendue juste avant de diner... Impossible de definir la provenance de ces petits oeufs d'insectes, et vous imaginez bien que nous avons eu du mal a bien dormir, terrifies a l'idee que ces bestioles puissent entrer dans nos sacs de couchage pour y pondre des oeufs... Gin refuse de l'admettre mais il etait aussi terrifie que moi (cote macho Bresilien je presume 😉).

Nous partons aux aurores pour rejoindre Salento dans la journee. La montee ne veut decidement pas finir, et la pluie semble adorer les lieux... Avec la nuit que nous avons passe, on a bien hate d'arriver! Alors que la plupart des habitants du coin nous annoncent une montee abrupte sur les 15 derniers kilometres avant Salento, quelle n'est pas notre surprise en decouvrant une douce descente jusqu'a un petit village juste avant Salento! Dans ces moments la on croit vraiment en Dieu.

Le soleil fait lui aussi soudain son apparition de ce cote de la montagne, et nous trouvons rapidement un logement economique pour profiter de la fin de journee. Nous passerons les 4 prochains jours dans la division de Zion chez deux juifs adorables.

Malgre notre fatigue des derniers jours, Gin decide que nous devons absolument connaitre la vallee de Cocora des le lendemain de notre arrivee, et le mieux est donc de se lever a 6h30 du matin pour profiter pleinement de la journee. La vallee semblant assez proche, nous decidons d'y aller avec nos fidels destriers. Nous arriverons finalement dans la vallee aux alentours de 13h car les 20km qui nous separaient d'elle n'etaient qu'en denivele positif...

Peu importe, sans toutes nos besaces c'est tellement plus agreable! On decide donc de se promener et suivre un chemin non balise qui s'averera: 1)une ballade de plus de 3h 2) nous menant en haut d'une montagne 3)sur un sentier plein de boue. N'ayant pas du tout prevu une excursion aussi intense nous arrivons au bout bien fatigues mais recompense par la vue imprenable sur la vallee!

Le reste de notre sejour a Salento se passera tranquilement, en profitant de la ville et des paysages environant dont les oiseaux impressionant qu'on a eu la chance de pouvoir admirer presque tous les matins en buvant notre cafe! La vente d'artisanat etant interdite dans la ville, Gin ira aussi parfois a Armenia pour travailler, ville tres originale et ordonnee qu'il a beaucoup apprecie.

Apparement cet oiseau s'apelle le Baranquilla 
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Mes chers amis cyclistes, vous n'allez pas aimer la suite du programme...

Ayant seulement 6 mois pour atteindre la Bolivie, nous devons malheureusement accelerer le rythme... Nous prenons donc lachement un bus a partir d'Armenia pour nous rendre directement a Piendamo, un petit bled a quelques km de Popayan...

Ces heures de bus nous permettent de largement avancer sur notre panning et d'arriver a Silvia le mardi matin pour assister et participer au marche indigene hebdomadaire. Je vous garanti quer ca vaut le coup! Les rues sont remplies d'indiens guanbia vetus de leur petits chapeaux melon. L'atmosphere est si douce et agreable qu'on ne peut que se laisser aller en decouvrant des legumes tres originaux tels que ces patates roses fluos et ces ananas rouges:

Gin decide de montrer son travail et le succes ne se fait pas attendre. Plusieurs touristes decident de nous aider a realiser notre projet en achetant de l'artisanat, dont une francaise fort sympathique et son acolite Suisse du cote Italien, Ambra, toujours prette a rigoler.

Nous rencontrons aussi Noelia, une Venezuelienne voyageant en combi wolswagen depuis plus de deux ans! Elle nous indique le lieu ou elle vit depuis plusieures semaines: la maison d'une famille qui a decide d'ouvrir ses portes aux voyageurs en combi et velo. La famille nous recoit a bras ouverts, et si le temps ne nous avait pas ete compte je serais bien restee des semaines dans cette atmosphere familiale et douillette...

la maison la plus hospitaliere de Silvia 
petit resume des voyages alternatifs 

Du aux circonstances si hospitalieres, nosu retardons notre depart et restons quelques jours a Silvia, ou decidement il fait bon vivre. Ambra, qui ne sait absolument pas ou aller, reste elle aussi, et nous decouvrons toutes les deux les environs en embarquant dans un petit bus local, plus connus ici sous le nom de buseta, pour courir les routes de terre. Nous rencontrons ainsi des indiens Guanbia qui pleurent de rire en nous ecoutant tenter d'apprendre leur langue... Le voyage est presque trop rapide tellement nous avons pris gout a partager avec cette communaute ma fois fort sympathique et souriante.

Le troisieme matin, nous devons malheureusement lever le camp pour continuer notre route... Apres avoir beaucoup partage avec Noelia qui a deja fait la route que nous envisageons et nottament l'Equateur, ainsi que partage nos recits de voyages, nous nous aventurons sur une route de terre que le petit vieux colombien (libidineu) qui a gratuitement repare tout le velo de Gin (qui n'avait plus de freins depuis plusieurs jours) nous conseille.

La route est effectivement magnifique et nous conduit tout droit a Popayan, la ville blanche de Colombie classee patrimoine de l'humanite.

c'est parti en direction de Totoro !

Mon unique regret dans cette partie du voyage est de ne pas avoir pu rester plus longtemps aussi bien a Silvia qu' a Popayan, ville charmante ou Gin fera la rencontre d'artisans qu'il avait deja rencontre au Bresil et d'un petit vieux de plus de 50 ans qui voyage dans la region en velo avec l'artisanat, chapeau!

A popayan, je prends quand meme le temps de nous creer un super autocollant en edition limitee (car j'ai oublie de demander au graphiste de m'envoyer l'original par mail...). Depuis sa creation, cet autocollant nous a deja aide maintes fois et j'espere qu'il continuera de le faire jusqu'a ce qu'on en cree un autre! Il fait dorenavant office de photo du profil uirapuru de ce blog!

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Publié le 3 janvier 2018

Apres Popayan, nous foncons direction Ipiales car il ne nous reste plus que quelques jours pour atteindre Quito ou nous devons passer Noel.

Le chauffeur de bus ne nous laissera pas une minute de repis en mettant les chansons les plus cucu a plein volume pendant des heures... Galere aussi pour embarquer les velos, on nous reclame une fortune que nous arrivons a reduire de 80% grace a notre super auto collant et une petit bracelet fait main. Le voyage est tout de meme eprouvant, on nous ejecte du bus a Pasto vers 3h du matin et nous devons nous precipiter dans un autre bus ou il ne reste qu'un siege, Gin partage donc l'entree dubus avec le chauffeur avec qui il papotera jusqu'a Ipiales, la ville frontiere avec l'Equateur.

Nous arrivons enfin aux alentours de 4h du matin et decidons de finir la nuit dans le terminal de bus glacial. Un gentil policier nous reveillera deux fois, une a 6h du matin de maniere courtoise puis a 6h30 un peu plus energiquement...

Avant de foncer vers l'attraction principale qui est le sanctuaire de las Lajas, le passage au marche local est incontournable! Tous les indiens des alentours de retrouvent des l' aurore pour vendre toutes sortes d'animaux dont les cochons d'inde qu'ils feront griller au feu de bois pour deguster les pauvres petites bestioles embrochees. Ca a l'air delicieux d'apres moi mais Gin n'est pas de cet avis et pense serieusement a devenir vegetarien. Il est difficile de prendre en photo les indiens qui n'aiment pas ca, mais voici un petit film qui montre un peu l'ambiance du marche ou l'on ne sait plus ou donner de la tete entre les poules, pintades, lapins, chiens (j'ai failli craquer pour un chiot tellement magnifique, heureusement que Gin etait la), et bien sur les cochons d'inde:

anthropologiquement passionant 

Apres un jus de carotte et quelques blagues partagees avec les locaux, nous partons direction le sanctuaire, a envrion 10km du centre d'Ipiales. Les paysages sont deja tres Andins et ne ressemblent a rien de ce que nous avons parcouru en Colombie mais nous projettent deja en Equateur. Quand au sanctuaire, il est tout simplement magnifique:

sanctuario de las Lajas 

les difficultes du voyage en bus nous ont permis de sympathiser avec les seuls autres gringos a devoir supporter les musiques romantiques colombiennes toute la nuit, un couple d'anglais fan de velo, que nous rencontrons de nouveau pres du sanctuaire. En exposant notre artisanat, nous rencontrons aussi deux autres cyclotoursites: un americain denant du sud des etats unis, 100% en velo! en lui racontant nos difficultes sur les routes de Colombie et en avouant avoir fait seulement un peu plus de la moitie du pays en bicyclette, il nosu avoue que lui aussi a failli abandonner plus d'une fois. Ayant traverser plus d une dizaine de pays en velo et ayant aussi parcouru la Nouvelle Zelande et une partie de l' Asie, cela me fait immensement plaisir quand il nous explique que la Colombie est de loin le pays le plus difficile qu'il ai visite ainsi!

le deuxieme cyclotouriste est un colombien de Bogota qui ne voyagera qu'une semaine en velo mais qui nous pose un tas de question et regarde notre equipement avec envie... A mon avis, celui la ne va pas tarder a partir pour plus longtemps!

tous ces voyageurs nous aident dans notre voyage en achetant un peu d'artisanat, et nous donnons rendez vous au couple anglais ainsi qu'a l' Americain a Quito.

De retour a Ipiales, nous faisons un tour de la ville pour admirer les sculptures celebrant le fameux carnaval de la ville ayant lieu en fevrier:

Apres une bonne nuit bien meritee dans un hotel avec fenetre donnant sur l'exterieur (le premier et dernier en Colombie), nous partons pour la frontiere a 6h du matin! en effet, les autres voyageurs nous otn averti que le passage durait plus de 5h dans la journee a cause des periodes de fete et du passage des Venezueliens pour l'Equateur.

Le passage de la frontiere se passera bien et rapidement. Je vous laisse decouvrir la suite de nos aventures sur un autre carnet, bicyarte en equateur!!!