Carnet de voyage

Namaste and greetings from Nepal

Dernière étape postée il y a 2005 jours
Dans le cadre de mes études, j'effectue en ce moment même une mission humanitaire au Népal et plus précisément dans un orphelinat de Katmandou.
Du 3 juillet au 28 août 2017
57 jours
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Publié le 4 juillet 2017

A travers l'hublot de l'avion, j'ai pu remarquer que le paysage était magnifique. Une vallée entourée de ses majestueuses montagnes. Au milieu, des immeubles colorés, mais plutôt pauvres. J'ai alors compris que j'étais loin de chez moi, de ma culture et de mes proches. En descendant de l'avion, je me suis sentie en état de choc. On a été transféré dans un petit bus qui date des années 30 et qui n'avance pas à plus de 20km/h, et surtout, avec une centaine de personnes à bord.

Aéroport et ses célèbres bus 

Lorsque j'ai vu Rajendra, j'étais un peu plus rassurée, jusqu'au périple à travers Katmandou pour enfin atteindre l'orphelinat. Il n'y a pas de code de la route, et même parfois pas de route du tout. Pas de feu, pas de stop, juste des policiers au milieu de toutes ces voitures qui essaient de fluidifier la circulation. On s'enfonçait dans des trous de 80 cm, ou encore, on évitait des tas de pierres au milieu de la route. Les magasins, ce ne sont que des bouis-bouis, les gens marchent en tongue ou pieds nus, on respire la pollution, la pauvreté.

Circulation à la népalaise 

Après 1h de trajet à éviter la mort, nous arrivons enfin à l'orphelinat. Un immeuble de plusieurs étages, où vivent 29 personnes. Tout est plutôt précaire, mais la vue est magnifique. Pour le moment, pas trop de contact avec les enfants, on a l'impression qu'ils sont pas tellement intéressés. De plus, il n'y a rien à faire, ils vont à l'école seuls et n'ont pas besoin de nous. C'est pourquoi nous devons trouver des occupations. Enfin arrive l'heure du dîner, du riz au curry vert, que je ne supporte pas. Rajendra nous annonce que ce sera notre repas de tous les jours, et même au petit déjeuner servi avec un chai latte. Pour finir, je n'ai pas le droit d'utiliser la main gauche pour manger, ce qui rend la tâche encore plus difficile.

Vue depuis le toit de l'orphelinat 

Après le repas, Rajendra nous propose de nous apprendre un jeu de cartes. C'était un moment agréable qui m'a un peu fait oublier cette oppression. Nous allons enfin au lit, je dors et j'imagine notre petit déjeuner du lendemain.

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Publié le 5 juillet 2017

Premier réveil à 7h. Il est temps de se lever et d'aller boire un chai latte. Dans un même élan, nous allons dire bonjour aux enfants qui, eux aussi, peinent à se réveiller. A 8h, la femme de cuisine nous appelle pour venir prendre ce qu'ils appellent un "petit déjeuner", autrement dit du riz au curry vert, pour pas changer. J'adore manger le matin, c'est mon repas favori. Sans grand étonnement, je tire un trait sur ce plaisir matinal, qui tourne finalement au cauchemars.


Pendant que les enfants finissent de manger avec leurs mains et qu'ils révisent les examens, nous remontons nous préparer pour les emmener à l'école. Le but de cette démarche est de s'intégrer auprès d'eux, mais visiblement, même pour aller à l'école ils n'ont pas besoin de nous. Qu'est-ce qu'ils sont autonomes à 8 ans par rapport à chez nous. Nous assistons finalement à la rentrée des classes, qui commence par des battements de tambour, suivis d'un chant, de quelques exercices physiques pour finir avec une marche militaire direction les salles de cours. Au passage, des enfants viennent nous dire bonjour et nous pose des questions: notre prénom, d'où nous venons, et surtout pourquoi j'ai un piercing au dessus de la lèvre. Etonnant.

Rentrée des classes  

En rentrant de l'école, nous avons fait un petit détour pour voir un peu du paysage, mais agacées et paniquées par la circulation, nous avons décidé de rentrer et de se reposer encore une journée avant la découverte de la capitale.

Un chemin par hasard 

Arrive l'heure de notre repas français: 12h. Mais au Népal, le repas se fait à 15h quand les enfants sont en exam (comme maintenant) ou à 16h30 s'ils restent à l'école. Ce repas se nomme "le goûter". Oui, vous avez bien compris, nous ne mangeons rien entre 8h et 15h, c'est horrible. Cependant, le repas est plus plaisant: des pop corns (salés ou sucrés) ainsi que du maïs grillé et de la grenade. Après ce petit calage de dent, nous avons décidé d'aider les enfants à réviser pour le lendemain. Le petit que j'ai aidé a 13 ans, il s'appelle Subash. C'est un enfant qui aime chanter, danser, jouer mais qui sait très rapidement se mettre au travail et se concentrer. Il est très doué. J'ai commencé à créer un lien avec lui. A la fin des devoirs, ils nous ont demandé si nous voulions jouer avec eux, ce que nous avons accepté, bien sûr. Nous avons joué pendant 2h, c'était génial. Ils se content du passage de balle, ou encore du frisbee, et ils sont heureux. C'est à ce moment là que je me suis rapprochée d'un autre petit garçon nommé Shakti, 12 ans. C'est un vrai bad boy, le petit branleur de la bande. Il aime être le centre d'attention.


Arrive l'heure du repas du soir, 19h30. Inutile de mentionner que c'est encore du riz avec du curry vert, ce n'est plus une surprise. Les enfants nous ont appris à manger avec la main, mais moi en tant que gauchère qui doit utiliser sa main droite, c'est encore moins évident. Pourquoi je ne peux pas manger de la main gauche? Simplement parce que dans leur culture, celle-ci sert uniquement à se torcher le cul, voila. C'est donc irrespectueux. Bref. Nous avons continué à jouer encore avec les enfants, c'était très sympa, ils rigolent pour rien, ils chantent des chansons népalaises, ils veulent apprendre des mots de français, c'est top. Je vais enfin me coucher, encore penser fort à ma chérie qui me manque déjà beaucoup et me préparer mentalement pour le déjeuner de demain.

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Ce matin, nous avons emmené les petits à l'école. Cette fois-ci, ils portaient leur costume traditionnel, ils étaient trop mignons. Mais avant ça, je leur ai fait découvert Snapchat et nous avons pris des photos ensemble. Ils sont ravis de pouvoir montrer leur tête à mes proches.

A gauche: Dipp   Au milieu: Shakti  A droite: Shiva 

Après les avoir déposé, nous avons décidé de prendre le bus pour aller dans le quartier touristique de Katmandou: Thamel. Ici, ce sont les minibus qui dominent les transports en commun. A bord de celui-ci, 20 personnes dans la moitié sans siège, on ne peut même pas se tenir debout. Résultat, j'étais coincée en position de squat entre 2 népalais, et le fessier d'un autre au dessus de ma tête, et cela pendant 20 minutes.

Charline en transe dans le minibus 

Enfin arrivées à Thamel, nous partons découvrir les capitales. Les boutiques sont côte à côte, avec les vendeurs devant qui vous tire dans le magasin. Le plus drôle dans tout ça, c'est qu'il n'y a pas de prix, c'est à la tête du client. Forcément, pour nous les Européens, ils essaient de gratter, mais ils ne me connaissent pas. Les prix sont cependant très corrects: environ 4€ le sarouel, 0,15€ l'aller en bus, 2,5€ la pizza, 0,80€ les dix raviolis de poulet. Je dirais que c'est le côté positif. De plus, le centre ville est envahi de temples bouddhistes et hindous. Cela nous permet de bien nous rendre compte que nous sommes dans le pays où est né Bouddha: le Népal.

Un temple bouddhiste 

Sur notre route, nous avons rencontré un népalais qui tenait à nous faire découvrir la richesse de sa ville. Il nous a raconté sa religion et la manière de penser des habitants de son pays. Cette visite était sympa, j'ai appris beaucoup de choses sur la culture népalaise. Cependant, à la fin il nous a demandé de payer une grosse somme, ce que j'ai refusé. Les rues de Katmandou sont très sales, boueuses et sentent la mort. Les klaxons m'ont fait tourné de l'oeil, je n'en pouvais plus, sachant qu'en plus de ça, nous avons tourné en rond et nous nous sommes perdues. Nous avons tourné en rond pendant des heures. Finalement, nous avons trouvé un café dont le patron nous a gentiment communiqué son code wifi. Nous avons trouvé l'adresse de l'orphelinat sur le web, et hop, direction le taxi pour rentrer.

Une rue sans nom dans Thamel 

C'est l'heure d'aider les enfants à faire leurs devoirs, de jouer avec eux et de partager d'agréables moments ensemble. Rien de spécial prévu pour demain, je suis fatiguée, j'ai faim, je sens que ces deux mois vont être plus longs que prévu.

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Comme chaque matin, nous nous levons et amenons les enfants à l'école. Ce matin, nous étions en avance, et nous ne referons plus cette erreur. Subash, Shakti et Bidisha nous ont demandé de rester pour assister à leur rentrée des classes. Seulement, tandis que nous attendions les battements de tambour, un troupeau d'enfants intrigués et intéressés s'est formé autour de nous, à nous regarder et à nous poser des questions. Nous étions très gênées, surtout moi avec mon piercing. Arrive l'heure de la "sonnerie". Nous assistons à la cérémonie, et nous repartons direction l'orphelinat. Je me sens plutôt fatiguée ce matin. Je ne dors pas très bien dû aux aboiements sauvages des chiens errants de Katmandou. Non, jamais ils ne s'arrêtent. Et non, les boules quies n'ont aucun effet.


La rentrée des classes en uniforme

Enfin rentrée à l'orphelinat, je me prépare à faire ma lessive. Evidemment, les machines à laver n'existent pas vraiment ici, du moins nous n'y avons pas accès. Dans ce cas, on prend de l'eau, une bassine, une brosse et de la lessive, et on frotte! En effet, il n'est pas recommandé d'attendre une semaine de lessive pour se mettre au travail, d'autant plus que le linge met 2 jours à sécher à cause de l'humidité.

Nous n'avons rien à faire aujourd'hui, mise à part les jeux de carte. Je ne me sens pas très bien. Je n'ai pas faim, mais je suis en manque de bonne nourriture. J'hésite déjà entre ne manger qu'une seule fois par jour au lieu de deux. A vrai dire, je n'en peux plus de ce riz qui a toujours le même goût. Je me demande comment ils font, ils ne connaissent pas les richesses de cette planète ces enfants là. Par ailleurs, j'ai appris que je dormais en présence de cafards, de GROS cafards. Oui oui, ils viennent vadrouiller la nuit sur le sol, sur le mur, sur le lit... Je ne suis pas à l'aise. Enfin, il n'y a aucune connexion internet ce soir. Je ne peux trouver du réconfort ici, ni même auprès de mes proches. Je n'ai d'autre choix que d'aller au lit, et faire attention aux insectes qui rodent... Allez, bonne nuit à tous.


Ps: Cet article a été rédigé hier soir (06/07), mais n'a pu être publié en raison de la coupure d'électricité.

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Publié le 9 juillet 2017

Pour notre cinquième jour, nous avons passé une journée totalement banale, je n'ai donc pas trouvé utile de rédiger un article pour rien dire.

Cependant, aujourd'hui c'est samedi. Au Népal, ce jour remplace notre cher et précieux dimanche. Les enfants n'ont pas cours, nous avons donc le droit à la grâce matinée. Je n'ai pu m'endormir dans ma chambre attribuée hier soir car j'étais complètement apeurée par les cafards, et surtout quand j'en ai vu un près de ma tête. J'ai donc changé de chambre, et j'ai pu dormir jusqu'à 9h ce matin. Qu'est-ce que ça fait du bien de dormir un peu. Nous nous préparons pour emmener les enfants au zoo. Ils étaient excités à l'idée de passer une journée différente de leur vie quotidienne. En ce qui concerne le zoo, je constate que nous, les blancs, sommes une réelle source économique pour les népalais. J'appelerais même cela de l'abus. En effet, l'entrée pour un népalais est d'1,50€, tandis que pour nous les étrangers, le prix s'élève à 7,50€. On adore. Bref, ce n'est pas grave. Nous entrons dans le zoo pour découvrir les créatures locales. J'ai découvert des espèces que je n'avais encore jamais vu. Cependant, les cages d'animaux ne sont pas tout à fait aux normes, et je ne suis pas sûre que les animaux soient bien traités. Mais les enfants sont contents, et je suis ravie de passer ce moment convivial avec eux. Je me suis même rapprochée des deux femmes de ménage et de cuisine. Malheureusement, elles ne parlent pas anglais. Cette barrière de la langue nous empêche de communiquer avec eux. Aujourd'hui, elles m'ont fait comprendre que j'avais une place dans cet orphelinat. Toutes deux ont pris des photos avec moi, m'ont pris dans leurs bras. Ca fait du bien d'avoir un contact physique, c'est surtout rassurant même si je ne me sens pas chez moi.

Family picture 

Je n'ai presque pas regardé les bêtes enfermées en cage, car cela ne m'intéressait pas de les voir en si piteux état. J'ai donc décidé de faire la photographe de la journée et de faire profiter le monde de mes talents. Grâce à cela, toute la troupe a passé un bon moment. Voici quelques photos que j'aie prise.

Finalement, nous sommes rentrées à l'orphelinat après avoir passé 2h30 dans le zoo. Je suis toute contente car j'ai pu approcher de près un éléphant. Il était possible de monter dessus, mais ces bêtes sont si mal traitées que je n'avais pas envie de l'embêter. Nous arrivons à temps pour l'heure du déjeuner. Au menu: noodles avec piments entiers mélangés. Evidemment, vous vous imaginez bien, je n'ai encore rien mangé. Par la suite, j'ai continué à prendre des photos avec les enfants, c'est tellement enrichissant de leur procurer des sourires plus grands que le monde.

P'tit Dip qui sourit 

Voila, la journée est terminée. Tous les enfants se réunissent autour de nous dans la salle de jeux et nous présentent un petit concert. Dhanraj, un des plus ainés, prend sa guitare et commence à faire chanter les autres enfants. C'était un moment fort sympathique. Nous sommes tous contents de notre journée, il est temps d'aller se coucher.

Bisou de Shakti qui ne veut pas que Charline me fasse un bisou  

Allez, bonne nuit à tous!

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Publié le 10 juillet 2017

Ce matin, les enfants ont école. En réalité, ils ont seulement le droit à un seul jour de repos par semaine, le samedi. Au Népal, le dimanche est un jour comme les autres. Heureusement, plus que demain et c'est enfin les vacances! Pour cette occasion, j'ai demandé aux enfants ce qu'ils voulaient faire pendant les vacances, et ce qu'ils avaient l'habitude de faire en général. Leur réponse m'a vraiment surpris. En effet, ils ont des projets à faire pour l'école, encore des devoirs en quelques sortes. Par conséquent, ils doivent encore travailler minimum 3 jours alors qu'ils n'ont que 5 jours de vacances. La plupart d'entre eux me font comprendre qu'ils préfèrent être à l'école que de rester à l'orphelinat, et que pour eux les vacances ne servent qu'à étudier. Je n'ai jamais vu des enfants de 8 ans être aussi studieux. Bref, nous les emmenons une nouvelle fois à l'école, et nous partons direction Thamel afin de trouver le "précieux".


Qu'est-ce que nous cherchons? Nous souhaitons faire une pause avec ce riz au curry, autrement appelé Dal-Bhat. Pour cela, nous nous rendons à pied au centre ville et nous errons jusqu'à trouver quelque chose de bon à nous mettre sur la dent. Dans le petit Routard, bien utile ma foi, il est indiqué la meilleure pizzeria de la ville: Fire and Ice. Sur la route, j'ai trouvé un des costumes traditionnels, et plutôt joli pour une fois. Je vais peut-être en ramener un en France en tant que souvenir, puisqu'il n'y a pas grand chose d'intéressant à ramener. Même le cachemire est totalement faux. Enfin, nous arrivons à la pizzeria. Je choisis... une Calzone! Quand cette somptueuse pizza est arrivée devant mes yeux, mon estomac a immédiatement produit un son de jouissance totale. Et dire que cela ne fait qu'une semaine que je suis ici... De plus, je suis la dernière à partir, parce que tout le monde repart le 27 août, et moi le 28... Enfin bref, nous trouvons un taxi, et nous rentrons, difficilement, à l'orphelinat.


Aujourd'hui, nous laissons les enfants étudier par eux-même car le prochain examen est le népalais. Malheureusement, le seul mot que je peux écrire dans cette langue à code est "namaste". Nous n'avons donc rien à faire. C'est pour cela, qu'encore une fois, nous passons notre journée à faire des jeux de cartes. Ce soir, nous sommes invitées à manger chez Rajendra. Quelques heures plus tard, nous nous y rendons. Sans surprise, nous nous voyons nous servir du Dal-Bhat, pour pas changer. Je n'ai pas vu que Kabita, en me servant, en a fait tomber à côté de moi. Et moi, comme une idiote, je pense mes poignets sur la table pour manger, et ma chère montre s'est teintée de jaune curry. J'en ai marre, je veux rentrer, je suis énervée, et stressée d'être la dernière à partir...

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Ps: Jour 8 et 9, rien à signaler, désolée!

Ce matin, nous nous sommes levées pour visiter un des quartiers les plus connus de Katmandou: Durbar Square. Ce site est même classé au patrimoine historique de l'UNESCO. Malheureusement, les monuments sont fortement endommagés voire détruits à cause du tremblement de terre de 2015. C'est pourquoi, l'entrée sur le site qui était de 5€ est passé à 10€ pour aider à la reconstruction. Que peut-on trouver d'autre dans cette cité? Attention, mesdames et messieurs, nous pouvons assister au dévoilement de Kumari. En d'autres termes, les kumaris sont des petites filles choisies selon 32 critères pour représenter de manière vivante la déesse de la vie. Quand elles perdent leur première goutte de sang, celles-ci doivent démissionner et céder le trône à une nouvelle Kumari. En effet, je peux dire désormais que j'ai vu une déesse. (Par la même occasion, un pigeon a eu l'audace de déposer son excrément dans mes cheveux, ce n'est pas drôle, du tout).

Durbar Square  
Durbar Square 

Après avoir travaillé dur pour trouver un taxi qui connaissait notre adresse, nous partons jouer avec les enfants. Ils ont envie de faire une balle aux prisonniers, ainsi qu'une partie de football. Une des filles, Menuka, me met au défi et décide de nous nommer team leader... Que la meilleure gagne! Finalement, nous avons toutes les deux gagné, elle aux prisonniers et moi au football. Après s'être défoulés, nous décidons nous de partir nous promener. Je me rapproche de beaucoup d'enfants... Dip, qui ne voulait pas me lâcher la main, Shiva qui me prenait l'autre, Shakti le grand jaloux qui se battait pour me tenir la main... Puis j'ai beaucoup discuté avec Rajju, Menuka, et Aakriti. Plus les jours passent, plus je me sens intégrée au sein de cette grande famille. J'ai l'impression que les enfants m'apprécient de plus en plus, et des affinités se créent. Allez, il est temps d'aller au lit. Je vous dit à très bientôt pour vous raconter la suite de mon voyage!

Dip et moi en promenade 
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Publié le 22 juillet 2017

Ce matin, nous nous levons plus tôt que d'habitude: 5h45. Tout le monde est déjà réveillé, et prêt à démarrer la journée. Pour nous, il est l'heure de prendre le taxi direction la station de bus principale de Kathmandu. En effet, il est temps pour nous d'aller explorer le pays, et aujourd'hui, nous partons faire du rafting. Pour ma part, c'est la première fois que je pratique cette activité, et pour faire honnête, je suis un peu anxieuse.

Après 5h longues heures de bus à traverser les montagnes, nous voila rendues au rafting. L'endroit est magnifique. Je me rends finalement compte de la chance que j'ai aujourd'hui: descendre une rivière en plein milieu de nulle part, dans la plus importante chaîne de montagnes du monde, l'Himalaya. Cette rivière me fait penser aux paysages que l'on a l'habitude de voir à la télévision. En effet, elle est loin d'être translucide dû à la période à laquelle nous sommes. La mousson a tendance à provoquer des glissements de terrain, c'est pourquoi la terre tombe dans l'eau et lui donne cette couleur marron. Bref, nous voila équipées. Nous nous lançons pour une aventure de 16 km après un long briefing.

Prêtes pour la descente! 

Je n'ai qu'une chose à dire: c'était vraiment GENIAL! Même si nous avons frôlé le retournement de bateau à de nombreuses reprises, nous avons réussi avec brio. Les courants étaient très puissants par endroit, mais nous avons géré grâce à notre sens de l'équilibre. Maintenant que nous sommes trempées et plutôt fatiguées de nos efforts, l'adrénaline redescend et il est enfin temps d'aller découvrir l'hôtel dans lequel nous allons passer la nuit.

Pour se rendre à l'hôtel, il a fallu faire 20 minutes de marche avec une valise qui pèse une tonne et traverser un pont suspendu au dessus de la rivière. Sachant que nous sommes au Népal, je n'étais pas rassurée sur la qualité de la structure. L'hôtel est isolé, il n'y a rien que la nature autour de nous. D'ailleurs, nous avons été très agréablement surprise quand nous avons découvert la piscine. Allez hop, on enfile les maillots (le misérable une pièce que l'on m'a prêté), et nous allons faire trempette!

Hôtel du rafting 

Dans cet hôtel, nous avons rencontré un groupe de belges qui semblaient vouloir fêter cette expérience riche en émotions. Après avoir mangé autre chose que le Dal-Bhat (riz au curry), les dirigeants de l'hôtel sortent les enceintes et c'est parti pour une petite soirée à s'amuser.

Nous allons nous coucher, dû à une longue coupure d'électricité. Ce n'est pas grave, car demain matin, nous devons nous lever tôt pour prendre le prochain bus direction le Parc National de Chitwan pour aller découvrir la jungle népalaise et les animaux qui l'habitent.

Notre environnement d'un jour au rafting 
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Publié le 22 juillet 2017

Nous avons attendu le bus pendant près de 2h, en pleine chaleur, sans ombre ni rien pour s'assoir. Quand le bus est arrivé, nous pensions que c'était la fin du calvaire, mais en réalité... pas du tout. Nous avons fait à peu près 5h de trajet, sur des routes non goudronnées et plutôt abimées par les eaux de la mousson. Résultat, impossible de se reposer. Nous étions même chanceuses quand nous arrivions à ne pas se manger la fenêtre dû aux secousses du bus. Je n'ai jamais eu autant envie de vomir. Pour vous donner une petite idée, nous avons effectivement parcouru 100km en 5h. Je vous laisse donc calculer à quelle vitesse nous roulions.

Nous arrivons finalement à l'hôtel aux alentours de 16h. Nous étions ravies d'être accueillies par un cocktail frais fait maison ainsi qu'une serviette qui sortait tout droit du congélateur. En effet, la température était de 41 degrés avec un ressenti de 56 degrés en plein soleil. Nous nous installons dans notre chambre avant d'aller déjeuner, puisque nous n'avons pas eu le temps avant. Le repas était un vrai délice: une bonne soupe de champignons suivi de pâtes à la carbonara faites maison. C'était l'extase total après avoir passé deux semaines à ne manger que du riz.

Après avoir bien mangé, un des guides de l'hôtel décide de nous emmener en balade à pied afin de visiter les alentours. Tout d'abord, nous nous sommes arrêtées devant des maisons construites en terre cuite. C'est alors que le guide nous explique que ce sont des maisons bâties avec les méthodes traditionnelles Tarhu. On suppose que les Tarhu étaient les premiers indiens à se déplacer dans la région après une des plus grandes crises de malaria jamais connues. Finalement, quand les frontières entre l'Inde et le Népal se sont dessinées, les Tarhu n'ont pas voulu partir de leurs habitats et sont devenus népalais.

Maison traditionnelle Tarhu 

Nous continuons notre balade jusqu'à la maison des éléphants. Ce centre a pour objectif de protéger et de favoriser la repopulation d'éléphants asiatiques. De plus, ils les utilisent pour transporter des objets lourds, pour noter le nombre d'animaux présents dans la jungle et pour bien d'autres choses encore. Ils sont beaux, et ont l'air bien entretenus. Enfin, nous allons faire un premier tour dans la jungle. Ce jour là, nous avons été très chanceuses de voir un éléphant sauvage prendre son bain dans la rivière juste devant nous. Par la suite, nous avons assisté à une course naturelle de rhinocéros qui jouaient ensemble. C'était magnifique de les voir dans leur milieu naturel et non pas dans un zoo. Il faisait chaud, très chaud, je n'ai jamais autant sué de ma vie. C'est pourquoi nous allons dans un bar au bord de la rivière pour admirer le coucher de soleil pour enfin retourner nous reposer à l'hôtel.

Observe la nature 
Elephant et Rhinocéros 

Le soir même, nous avons l'opportunité d'aller assister à spectacle de danse traditionnelle. C'était intéressant d'observer leur comportement et de comparer avec le nôtre. Décidément, les népalais sont bien différents de nous... Il est temps d'aller se coucher, et de prendre des forces pour notre journée de demain!

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Publié le 22 juillet 2017

Ce matin, nous nous levons aux aurores, plus précisément à 5h30. Oui oui, c'est très tôt, mais bon, il faut profiter à fond et les journées ne sont jamais assez longues. Sinon, la vraie raison pour laquelle nous nous levons aussi tôt est que nous allons faire du canoë dans un bateau traditionnel pour aller observer les crocodiles et les oiseaux qui vivent dans cette rivière.

Promenade sur la rivière 

Après cette heure de plaisir à observer et écouter la nature (même avec la grande goule des chinois), il est temps de s'éloigner de la rivière et de s'enfoncer à pied dans la jungle pendant plus d'une heure. C'est parti pour la grande aventure! Cette jungle ressemble vraiment à celle que l'on voit dans les films. Je peux également vous affirmer autre chose: les animaux et insectes atteignent une taille impressionnante, et ce n'est pas une légende! Dès les premières minutes, nous avons eu la chance d'observer un énorme lézard, qui faisait 5 fois la taille d'un lézard de chez nous. Nous avons pu observer différents aspects de la jungle, que je vous montre sur les prochaines photos:

La jungle népalaise 2 

Ce que je retiens de ce périple dans la jungle est la découverte de sangsues sur ma jambe. J'ai su me contenir et ne pas hurler, mais croyez moi, ce n'a pas été facile! Enfin nous rentrons, en passant par la visite du bain des éléphants, et nous nous reposons avant le safari en éléphant de l'après-midi.

Bain des éléphants 

Cet après-midi, nous partons faire notre safari à dos d'éléphant. Il faisait très chaud, j'avais de la peine pour ces pauvres bêtes, mais bon, ils sont habitués... C'est très impressionnant de monter sur le dos de ces majestueuse créatures, surtout quand on passe dans la rivière avec eux. D'ailleurs, j'ai le plaisir de vous annoncer d'un éléphant ronronne, et oui! On dirait pas comme ça, mais c'est le cas. Nous avons eu la chance d'approcher de très près un rhinocéros ainsi que des macaques!

Safari à dos d'éléphant dans la jungle 
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Publié le 26 juillet 2017

Comme d'habitude, nous nous levons de bonne heure. De toute manière, la vie au Népal commence à 5h30 au lever du soleil. Et oui, les Népalais sont des gens courageux! Ce trajet en bus fut un des plus horribles que j'ai vécu. Les routes étaient en travaux, donc le bus balançait encore une fois dans tous les sens, et les klaxons retentirent de nouveau. Il ne faut vraiment pas avoir le mal des transports.

Après 6h de bus, nous arrivons enfin à Pokhara. Les taxi mens ce sont jetés sur nous alors que nous descendions à peine du bus. Cependant, nous avons eu la chance de tomber sur quelqu'un d'honnête et de plutôt drôle. Nous montons dans le taxi direction notre hôtel, appelé "Iceland Hotel". Notre cher chauffeur nous propose ses services à prix très raisonnable pendant tout notre séjour (2,5€/trajet/3 personnes). Il ne connaissait pas le français, et pourtant, il nous a confié qu'il a appris à raconter des blagues dans notre langue pour créer un lien avec nous, les bons touristes français que nous sommes. Cela dit, ce fut une très bonne technique pour nous amadouer!

Nous arrivons à l'hôtel. Nous sommes émerveillées par tant de luxe. Un jeune homme s'avance vers moi, me prend la valise et me la monte dans la chambre. C'est juste incroyable, c'est très loin de la vie que nous avons à Kathmandu. De plus, nous constatons dès les premières minutes la présence d'une piscine extérieure. C'est parti, nous montons découvrir notre chambre, puis nous enfilons le maillot de bain pour se jeter à l'eau! La chambre est très sympa, les matelas sont à mémoire de forme et non pas des planches empilées avec des couettes pour amortir, la douche est propre et nous redécouvrons enfin l'eau chaude. Pour couronner le tout, nous avons à notre disposition une bouilloire et différents types de thé dans une boite. Ca y est, je me crois au paradis.

Chambre de notre hôtel  

Le soir même, nous nous dirigeons au restaurant de l'hôtel. Nous nous attendons à ce que les prix soient proches de ce que nous connaissons chez nous en Europe. Mais encore une fois, surprise! Je trouve une pizza géante pour 4,5€! Je m'empresse de la déguster, je retrouve toutes les sensations gustatives que j'avais perdu jusqu'à présent. Cette pizza n'est pas chère, mais en plus elle est bonne. Que demander de mieux? Je commence déjà à aimer cette ville! Nous allons enfin nous coucher, car demain nous partons en exploration pour découvrir tous les petits secrets cachés de Pokhara.

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Publié le 26 juillet 2017

Aujourd'hui, nous souhaitons relever un défi: Découvrir Pokhara en une seule journée. Au programme, nous allons au lac qui est le principal lieu touristique de la ville. En effet, Pokhara est une des villes les plus riches du Népal dû à sa richesse environnementale. Dans une seule et unique ville, nous trouvons un grand lac entouré des montagnes, puis une jungle où il est plutôt facile et rapide de se perdre, une cascade souterraine gigantesque et une grotte où l'on peut trouver un mini temple hindou. De plus, les routes sont toutes goudronnées, les maisons sont en excellent état, les trottoirs existent, et les bars sont plutôt luxueux. L'odeur de la pollution est également nettement moins présente.

Nous partons de l'hôtel à 7h15 pour traverser le lac en canoë. Le but ultime est d'atteindre l'autre côté de la rive afin de partir pour une petite randonnée d'une heure pour atteindre la Peace Stupa, une pagode hindou très précieuse pour la population népalaise.

Traversée du Lac Phewa, Pokhara 

C'est parti pour la petite randonnée. La vue est splendide. L'exercice était plutôt difficile pour les filles car la montée était raide. Nous nous sommes arrêtées plusieurs fois pour reprendre notre souffle et c'était reparti! Cela m'a rappelé mon voyage à l'Île de La Réunion et l'ascension du Piton des Neiges, car à la fin, je courrais comme une dératée! Voici un exemple de la vue que nous avions pendant la montée:

Vue sur Pokhara 

Encore quelques efforts, quelques marches, et quelques souffles, nous voila enfin à la Peace Stupa. Cette pagode détient quatre statues de Bouddha de pays différents. L'une vient du Sri Lanka, l'autre du Japon, une autre du Népal et je ne me souviens pas exactement de la provenance de la quatrième statue. Ce lieu est hautement sacré et par conséquent protégé. D'ailleurs, il est interdit de faire le tour d'un temple par la droite, il faut toujours commencer par la gauche. Evidemment, tout est une question de croyance.

Peace Stupa, Pokhara 
Statue de Bouddha venue du Japon 

Après cet effort, nous décidons de nous poser à un café et de profiter d'un petit thé dès 8h45. Par la suite, nous décidons de rejoindre la ville en passant par la jungle. Nous y avons passé près de 2h, à nous inquiéter car le chemin était souvent barré par un arbre. Par ailleurs, nous avons croisé un énorme serpent noir, et une autre sangsue qui m'a mangé la cheville. C'est fini pour moi les petites balades dans la jungle. Après cette longue errance, nous arrivons enfin en dehors de la jungle, mais pas du tout où nous nous attendions. Par conséquent, nous avons demandé notre chemin à plusieurs passants et nous arrivons à Devi's Fall, la cascade très connue de Pokhara.

Devi's Fall 

Après cette longue matinée, nous rentrons nous reposer un peu à l'hôtel. Une petite sieste ne serait pas de refus. L'après-midi, nous allons visiter le centre ville de Pokhara, où nous trouvons un bar à shisha bien sympa, et où nous restons jusqu'à l'heure du dîner. Demain matin, retour à Kathmandu et impatiente de voir les enfants!

Koyla Bar  
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Ce matin, nous nous levons et nous préparons pour emmener les enfants à l'école. Il fait plutôt beau aujourd'hui, contrairement à ces derniers jours. Nous en profitons donc pour se rendre sur un des plus grands sites touristiques mais aussi religieux de Kathmandu: Swayambunath, ou encore, Monkey Temple. Ce temple est localisé sur une haute colline, en plein coeur de la capitale. Se rendre à son sommet permet donc une vue incroyable sur les environs. Nous choisissons de nous y rendre en taxi, car nous n'avons ni GPS, ni carte précise. Evidemment, rares sont les rues qui portent un nom. Une fois en haut, l'endroit est magique. Beaucoup de personnes sont présentes pour aller prier. Je vous montre ci-dessous un aperçu de ce beau temple...

Monkey Temple, west side. 

Sans surprise, nous constatons qu'il n'y a pas seulement des religieux autour du temple, mais également des singes! En effet, c'est dans cet endroit que nous pouvons rencontrer la plus grande population de singes de Kathmandu. Ils n'ont pas peur de l'homme, il est très facile de les approcher. Mais attention, ces singes peuvent être porteurs de la rage, ils est nécessaire de prendre ses précautions.

Monkey, Swayambunath 

C'est agréable de les voir dans un milieu naturel. Ils mangent, ils jouent, et même les bébés sont présents! C'est fou qu'ils nous ressemblent autant. Nous nous rendons un peu plus haut, au sommet du temple pour observer les gens prier. Nous sentons immédiatement l'aspect religieux de cet endroit, les gens sont très investis et concentrés. C'est beau à voir, mais effrayant à la fois...

Prières, Monkey Temple 

Enfin, j'ai pu capturer la vue éblouissante sur Kathmandu.

Vue sur Kathmandu 

Il est temps pour nous de partir. Nous avons faim, car aujourd'hui, lundi, c'est le jour du jeune pour les femmes. A l'orphelinat, ils sont persuadés que nous le faisons aussi, mais c'est faux. Nous nous rendons donc à Thamel pour aller manger dans un petit restaurant sympathique, où je tombe en extase. Voici mon petit repas:

New Orleans Restaurant 

Certes, vous devez penser que je suis dingue, car ce n'est que de la nourriture. Mais vous ne vous imaginez pas le bien que cela me procure, de manger autre chose que du riz... Enfin, nous nous baladons un petit peu, et nous rentrons à l'orphelinat. A bientôt!