Peu de voyageurs connaissent Djibouti. J'ai découvert ce petit pays francophone en tant qu'instituteur en 1975. J'y suis retourné à trois reprises seul ou avec mon épouse, en 2013, 2014 et 2015.
Janvier 2015
2 semaines
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Djibouti! Peu de voyageurs connaissent cette destination... Ce pays, l'un des plus petits d'Afrique, est entouré de zones à risques: la Somalie au sud, l’Érythrée au nord et le Yémen à l'est. Seule sa grande voisine, l'Ethiopie, reste accessible. Le tourisme de masse n'atteindra sans doute jamais Djibouti, d'abord parce que le coût de la vie y est très élevé, ensuite à cause des difficultés rencontrées pour parcourir le pays et enfin par manque d'infrastructures d'accueil pour les touristes "traditionnels". Si la capitale n'a pas un charme fou, l'intérieur du pays recèle quelques sites exceptionnels. D'autre part, pour les amateurs de plongée, la nage avec les requins-baleines est un moment inoubliable.

Notre premier voyage, en 2013, avait pour but de découvrir le pays, mais surtout de retrouver l'école de Mouddo où j'avais enseigné quarante ans auparavant. Je suis retourné à Djibouti et à Mouddo les deux années suivantes, aidé par une association, pour tenter de mettre en place une aide au moins matérielle aux habitants de la région de Mouddo-Andaba.

Le lac Assal se trouve dans une zone d'effondrement, dans un cadre de volcans et de lave noire, à 157m sous le niveau de la mer. C'est le troisième point le plus bas de la planète. Une immense banquise de sel de 60 kilomètres-carrés et de 80m d'épaisseur est le point de départ des caravanes qui vont échanger le sel contre des céréales en Ethiopie. L'eau y est dix fois plus concentrée en sel que celle de la mer: 340g par litre. C'est le lac le plus salé du monde. Si vous vous y baignez, prévoyez beaucoup d'eau douce pour vous rincer...

C'est un des lieux incontournables de Djibouti. Il y fait une chaleur épouvantable (jusqu'à 50° en été).

Comptez au moins 4h pour vous rendre de Djibouti-ville au Lac Abbé. Le parcours jusqu'à Dikhil est goudronné, puis une piste, en bon état au début du parcours, mais dont les 30 derniers kilomètres sont chaotiques , permet d'atteindre les rives du lac. Un campement touristique confortable y est installé. A ne pas rater: le coucher du soleil sur les cheminées et, tôt le matin, l'arrivée des troupeaux qui viennent se désaltérer dans une eau saumâtre. Le décor est grandiose!

 Au bord du lac Abbé  on trouve des cheminées ruiniformes d'où s'échappent parfois des fumerolles aux senteurs de soufre qui surgi

De Djibouti, on peut rejoindre Tadjourah en voiture (route goudronnée, trois heures de trajet) mais aussi par un bac qui traverse le golfe tous les deux jours. Tadjourah est la seconde ville du pays mais n'a rien à voir avec la capitale. Les découvertes y sont nombreuses et deux hôtels aux normes occidentales permettent d'y séjourner confortablement. C'est bien sûr un excellent point de départ pour visiter le nord du pays.

Quelques photos des environs de la ville de Tadjourah, au bord du golfe du même nom. 

Presque au bout du monde, à trois heures de route puis de piste de Tadjourah, l'école de Mouddo, au pied du Moussa Ali, est totalement isolée. S'y rendre, c'est déjà une aventure. A l'écart de l'école, quelques daboïtas (habitat traditionnel afar), dont celle du gardien-cuisinier. J'ai retrouvé le père de ce dernier, qui assurait la même fonction en 1976. C'est maintenant un homme âgé et malade, qui perd un peu la mémoire... Au début de notre entretien, il n'arrivait pas à se souvenir de moi. Je lui ai parlé du "Français qui était venu à moto et qui avait planté du gazon devant sa maison": des larmes sont apparues sur son visage et il s'est rappelé de mon passage. Aussi émus l'un que l'autre, nous avons parlé longuement. Il m'a demandé de revenir enseigner à Mouddo, m'assurant qu'il me trouverait au plus vite "une seconde épouse jeune et jolie". J'hésite encore...

L'Ecole de Mouddo, perdue au milieu de nulle part, face à la plaine d'Andaba et au pied du Mont Moussa Ali. 

Une immense plaine quasi désertique qui se transforme en étendue verdoyante lors des très rares pluies. Une centaine de personnes vivent dans des campements éloignés de plusieurs kilomètres les uns des autres, le plus souvent au milieu des rochers. Leur seule ressource est l'élevage des chèvres et des dromadaires.

Une immense plaine quasi désertique au pied du Mont Moussa Ali 

Les photos ci-dessous, sauf la première (une image-satellite) ont été prises dans la plaine d'Andaba. Deux réservoirs ont été aménagés par les autorités: ils permettent de récupérer l'eau de pluie et servent autant à la population qu'aux animaux. Il y a à travers le pays de nombreux points d'eau similaires.

Des points d'eau aménagés pour lutter contre la sécheresse 

Dans les régions de l'intérieur, l'habitat est essentiellement composé de Daboïtas (au nord) ou de toukouls (au sud). Ces habitations, composées de bois et de nattes, sont facilement démontables et transportables, ce qui permet de déplacer les campements en fonction des lieux de pâturage des troupeaux.

Les habitations des régions de l'intérieur 
Quelques photos parmi celles des nombreux enfants rencontrés au cours de nos voyages 

Une dizaine de campements touristiques sont installés dans les régions de l'intérieur. Ils offrent un hébergement correct mais souvent sommaire aux voyageurs pour un tarif d'environ 40€ par personne en pension complète. Parmi les campements situés dans le nord du pays, nous vous recommandons plus particulièrement ceux de Godorya (très belle mangrove) au nord d'Obock, de Raissali et des Sables Blancs près de Tadjourah , Bankoualé et Dittilou près du massif du Day. Au sud, le campement du Lac Abbé est aussi à recommander.

Campements touristiques à Djibouti 

La ville de Djibouti est à découvrir mais elle ne nous a pas laissé un souvenir impérissable, d'autant plus qu'elle est en train de transformer rapidement. Djibouti est avant tout un grand centre économique et commercial. Les îles Moucha et Maskali, au milieu du Golfe de Tadjourah, constituent un joli but de découverte (belles plages, sites de plongée...)

Quelques photos de la ville de Djibouti 


Périodes: Un voyage n'est envisageable qu'entre novembre et avril, lorsque les températures moyennes oscillent autour de 30°. Le reste de l'année, la chaleur est très difficilement supportable.

Avion: Pour se rendre à Djibouti depuis la France, il faut partir de Paris et le billet d'avion est cher (1300€ sur Air France et 1000€ sur Ethiopian Airways). Nous avons fait le choix de passer par Turkish Airways, beaucoup mois coûteux: l'aller-retour, avec une escale à Istanbul, coûte 800€. Nous avons pu partir de Nice et la compagnie nous a offert une nuit d'hôtel à Istanbul au retour. Seul inconvénient: la durée souvent importante des escales à Istanbul.

Hôtels: Il n'y a pas plus d'une dizaine d'hôtels corrects et abordables à Djibouti. L'Auberge du Héron, sur le Plateau du Serpent, est à recommander pour peu que vous ne tombiez pas sur une literie "ultra-ferme". Compter 60€ la nuit avec le petit-déjeuner pour deux personnes.

Guide: Il est absolument nécessaire de faire appel à un guide pour parcourir le pays. Il s'occupera de l'organisation du voyage, de la location du 4x4 et de son carburant, du chauffeur, des réservations dans les campements, des éventuelles démarches auprès des autorités... et il vous accompagnera pendant votre périple. Tout celà a un coût: compter 200€ par jour pour deux personnes pour le guide, la voiture (4x4) et le carburant, le chauffeur et l'hébergement en pension complète.

Campements touristiques: Les campements touristiques (une quinzaine dans le pays, tous situés dans des zones remarquables) sont des structures le plus souvent sommaires où l'on vous proposera, pour 40€ par personne en moyenne (sauf aux Sables Blancs, plus cher) un hébergement en pension complète dans des conditions rudimentaires mais suffisantes. Seul point noir: les sanitaires, la plupart du temps peu conformes à nos habitudes occidentales (état très moyen, un seau d'eau et un pichet en plastique pour se laver).

Sécurité, langue: Peur de l'insécurité ou du dépaysement? Plus de 5000 militaires étrangers sont présents dans le pays (bases française, américaine, chinoise, japonaise) et on parle français quasiment partout (c'est la langue enseignée à l'école). Les traces de la guerre civile des années 1990 dans le nord sont encore visibles, mais sans conséquences. Seul le conflit avec l'Erythrée interdit l'accés aux zones frontalières du nord, au-delà de Godorya. La colonisation n'a engendré aucun sentiment négatif de la part des Djiboutiens.

Savoir-vivre, photos: Nous sommes en Afrique: Si on vous fixe une heure de rendez-vous, prévoyez un long délai d'attente. Ce qui ne peut pas se faire maintenant se fera plus tard: il faut savoir prendre son temps... Dans les villages, la politesse élémentaire consistera à saluer les habitants et en particulier le chef de village. Veiller à toujours solliciter une autorisation pour prendre des photos. Dans ce domaine, l'aide de votre guide vous sera précieuse.

Téléphone, Internet: On peut acheter une carte sim à l'arrivée chez Djibouti Télécom (8€) et l'insérer dans un portable débloqué. Le réseau est correct dans les villes principales et la 4G est accessible à Djibouti-ville. Dans les endroits où il n'y a pas de réseau, le guide et les locaux ont des téléphones mobiles de campagne fonctionnant sur une fréquence particulière. La plupart des hôtels proposent une connexion wifi.

Ce que nous avons regretté de ne pas avoir pu faire par manque de temps ou à cause de nos contraintes budgétaires: Séjourner dans la forêt primaire du Day, près de Randa - Aller dans le cratère du volcan Ardoukoba - Passer une journée supplémentaire au bord du lac Abbé - Nager avec les requins-baleines, des monstres inoffensifs de plus de 5m de long, dans le Ghoubet - Découvrir les Allols, les dépressions situées au nord du lac Assal, parsemées de sources d'eau chaude et peuplées de nombreux animaux sauvages...

Pour en savoir plus, mon site personnel: http://mouddo.andaba.free.fr