Portugal 2022

Par
Road Trip pour découvrir le Portugal du Nord au Sud
Dernière étape postée il y a 3 jours
Du 22 juillet au 10 août 2022
20 jours
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Publié le 22 juillet 2022

Nous quittons Neuvireuil à 12h40. C’est Célia qui conduit jusqu’à Senlis où nous arrivons vers 14h. Nous passons à proximité de l’aéroport Charles-de-Gaulle de Roissy. Cette année, nous n’avons pas d’avion à prendre !

Les routes autour de Paris sont déjà bien chargées, c’est bien pour cela que j’ai repris le volant. Nous passons le péage de Saint-Arnould, 100 km au Sud de celui de Senlis, vers 16h, après des blocages sur l'A3, le périphérique extérieur et l'accès à l'A10.

Ensuite un bouchon est annoncé sur l’A10 avant Orléans. Comme beaucoup d’utilisateurs de Waze, nous sortons de l’autoroute, il y a la queue et elle dure 20 minutes ! Nous reprenons l’autoroute, A71 cette fois, à Orléans.

Je m’arrête sur une aire de repos 40 km plus loin. Célia repart un quart d'heure plus tard, vers 18h20. Je découvre la première grosse bêtise de Lando, il a bouclé sa ceinture de sécurité et s’est assis au-dessus. Je lui confisque la couverture sous laquelle il se cachait. Comme il résiste, cela dégénère en grosse dispute.

Nous basculons 70 km plus tard sur l’Autoroute A20, direction Toulouse, près de Vierzon. Au bout de 130 km, nous sortons de l’autoroute et empruntons une route départementale assez importante, d’abord avec une portion limitée à 80 km/h, puis une plus longue limitée à 90 km/h. Célia conduit encore 80 km environ. Elle s'est bien débrouillée sur cette deuxième longue portion de route.

Celia me passe le volant une ½ heure avant que nous nous arrêtions vers 21h, dans un Mac Donald’s de campagne. Comme nous commandons sûrement des hamburgers peu populaires, nous attendons une bonne dizaine de minutes notre repas. Cela s’éloigne du concept fast-food. Je le rénove en mangeant trop vite ! Les emballages des frites et des verres ont été remplacés par des versions plastiques réutilisables après lavage.

Nous repartons vers 21h35 et nous arrivons à l’hôtel Ibis Styles d’Angoulême Nord vers 21h50. Notre chambre, déjà payée, nous attend au rez-de-chaussée de l’hôtel. Elle est petite, je m’attendais à un peu plus d’espace dans cette chaîne hôtelière. Nous transférons nos affaires dans la chambre avant de prendre une douche et de se coucher.

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Ciel plutôt ensoleillé, juste nuageux du côté du pays Basque espagnol, de 20 à 34°C à destination. Le clairon est sonné à 7h, direction le petit-déjeuner dans le restaurant de l’hôtel Ibis Styles, décoré de dessins de BD, inspirés par la ligne claire.

Nous partons vers 8h20. Célia prend le volant. Elle nous emmène d’abord refaire le plein au centre commercial Auchan d’Angoulême. Nous allons ensuite vers Bordeaux par la Nationale 10, une voie rapide. Nous arrivons à Bordeaux en environ une heure, mais il y a 15 minutes de bouchon pour absorber le trafic sur le périphérique de la ville. Nous partons légèrement vers Toulouse, avant de revenir vers l’A63 vers Biarritz, pour éviter des bouchons vers le bassin d’Arcachon : est-ce un flot de visiteurs ou le retour des évacués des incendies ?

Nous passons donc à travers quelques vignes et surtout beaucoup de pinèdes. Je parviens même à nous faire emprunter une piste forestière un peu cabossée, mais bien plus facile à gérer qu'une route malgache!

Nous reprenons donc l’autoroute plus bas et filons vers la frontière espagnole. Faute d’aire de repos, Célia conduit 8 km en terre étrangère avant que je reprenne le volant vers 12h30. Elle a parcouru 349 km en 4h. Le pays basque est vallonné, tortueux et vert. Je découvre même la première autoroute avec des lacets, en 2x2 voies, comme une petite route de montagne. Nous nous arrêtons sur une aire de repos à 13h10. L’environnement n’est pas aménagé, mais nous avons envie de manger notre pique-nique. Nous sommes installés derrière la voiture.

Je repars à 13h30. Une fois sortis du pays Basque, vers 14h, la route devient plus facile, elle est droite, et on peut conduire à 120 km/h au lieu de 100 précédemment. Nous passons près de Vittoria, Burgos, Valladolid. Je m’arrête vers 16h40 pour prendre de l’essence à Tortesillas. En Espagne, le gouvernement a aussi mis en place une aide spéciale temporaire sur les carburants (20 centimes par litre), mais elle n’est pas dans le prix affiché par les stations, elle est déduite du total affiché sur la pompe ! C’est une bonne surprise.

Nous filons ensuite pour les derniers 170 km vers le Nord-Est du Portugal. Nous roulons sur une belle nationale, qui passe juste à travers 3 villages, sur la dernière centaine de km. Nous arrivons finalement à Bragance vers 18h25, après 10h de voyage. Comme le Portugal est à l’heure anglaise, nous gagnons 1h et il n’est que 17h25. Nous avons eu un temps de voyage conforme aux prévisions, 9 heures, pour 890 km. En temps, c’est finalement assez bien équilibré par rapport à la veille.

Nous nous garons devant la ville médiévale à laquelle on accède par des rues très inclinées, cela me rappelle le Brésil. Célia et moi allons à la taverne de Javali (la taverne du sanglier), en face de l’église, récupérer les clés de notre logement. Nous emménageons vers 18h. Nous avons un petit appartement avec une chambre et un salon avec un grand canapé convertible pour les enfants. L’appartement est beaucoup moins vieillot que ce que je croyais, mais il a quand même deux petits défauts, un escalier un peu trop raide pour Virginie, et l’absence d’air climatisé. En fait je ne m’attendais pas non plus à ce qu’il fasse 34°C, on est quand même à 650 mètres d’altitude.

Je sors ensuite découvrir la ville médiévale avec Lando. C’est assez pentu, et plein de pavés irréguliers, pas du tout compatibles avec le fauteuil de Virginie. Les filles sont de toute façon contentes de se reposer.

Les comtes de Bragance, maîtres de cette place forte frontalière, ont bien prospéré, puisqu’ils sont devenus rois du Portugal de 1540 à 1910. Nous commençons le petit tour par la porte du bas de la ville médiévale. Le château actuel a été construit à partir de 1409, mais le village date sûrement du Xième siècle. Nous contournons les murailles par la gauche et rentrons dans la ville par la porte du soleil au sommet de la colline.

Nous découvrons une large place dominée par l’énorme donjon qui domine toute la ville. Nous passons aussi devant l’église Santa Maria.

Sur la droite de l’église, on trouve le « domus municipalis ». C’est un bâtiment qui date probablement du premier tiers du XVème siècle. Son architecture romane est unique pour un bâtiment civil dans la péninsule ibérique. Il contient une citerne sur son premier niveau, bien utile pour résister à des sièges, et une salle de réunion à son étage.

Nous partons vers 19h20 dîner dans la ville basse. Nous allons au restaurant « Solar Bragançano » au premier étage d’une maison de style, un peu vieillotte. Le restaurant est spécialisé dans les viandes : Célia prend un beefsteak de veau, Lando une énorme côtelette de veau, Virginie des Alheiras, saucisses de volaille et de pain, plat traditionnel de la région, et moi une tranche de rumsteak de veau. Nous ne sommes pas déçus. Nous rentrons vers 21h.

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La nuit n’a pas été parfaite, il faisait un peu trop chaud, et se rendormir n’est pas toujours évident. Comme la fenêtre est restée ouverte, la lumière du jour et Lando nous réveillent assez tôt. Nous nous levons vraiment vers 8h30, puisque nous sommes pouvons aller prendre notre petit-déjeuner à la taverne de Javali à 9h. Nous arrivons là-bas à 9h. Il faut se rendre à l’évidence, personne n’est encore levé !

Nous nous décidons donc à aller visiter le donjon et son musée militaire. Comme il n’est pas du tout accessible, Virginie et Célia renoncent et retournent à l’appartement. Une fois arrivé à mi-hauteur du donjon, Lando et moi traversons les quelques salles proposant des costumes militaires de l’époque médiévale jusqu’à la première guerre mondiale. Les chevaliers n’ont qu’à bien se tenir face au chevalier Lando !

Nous montons sur le chemin de garde pour profiter de la vue sur toute la ville et la région. On peut aussi mentionner la Tour de la Princesse, à tout château sa Princesse et sa Légende.

Nous sortons vers 9h40. Je passe rapidement dans l’église Santa Maria.

Je me décide à appeler le contact pour le logement. Il me prévient que quelqu’un arrive pour le petit-déjeuner, et effectivement je vois arriver une estafette. Je vais à l’appartement et nous chargeons la voiture. Nous arrivons à la taverne pour 10h. L’équipe se met doucement en route. Le petit-déjeuner valait le coup d’attendre : tartines, fromage, jambon de pays, confiture, fruits frais et tarte aux châtaignes.

Nous partons vers 10h45 en direction de la région viticole du Haut Douro. Cette vallée a été classée au Patrimoine Mondial de l’UNESCO en 2001 : « Le Haut-Douro produit du vin depuis quelque deux mille ans et sa principale production, le vin de Porto, est célèbre dans le monde entier depuis le XVIIIe siècle. Cette longue tradition a façonné un paysage culturel d'une beauté exceptionnelle qui reflète en même temps son évolution technique, sociale et économique. Ce paysage culturel impressionnant est toujours exploité avec profit par des propriétaires respectueux des traditions. »

Nous nous arrêtons principalement entre Sabrosa et Pinhao, où nous voyons de nombreuses vignes cultivées en terrasses.

Nous prenons notre pique-nique à la Quinta de Tedo, en surplomb du Douro. Nous mangeons principalement des wraps. Je fais un petit tour de la propriété. Le chai est installé dans une cave sous les arches, on voit des cuves, des tonneaux énormes et plus maniables, et des bouteilles. De l’autre côté est exposée une presse. La propriété a été complètement rénovée depuis 1992 par un bourguignon.

Nous allons ensuite à Peso da Regua, Célia et moi traversons à pied le pont métallique. Il a été inauguré le 1er décembre 1872, construit sous le reigne de Don Luís Ier, pour servir de passage rapide entre Peso da Régua et la municipalité de Lamego, qui se trouve de l'autre côté du fleuve Douro. Il a été rénové en 2012 et permet désormais le passage des piétons et des vélos.

Nous quittons la bourgade vers 14h45. J’entame une route majoritairement de montagne, jusqu’à Braga, à une centaine de km. Nous arrivons à destination à 16h30. Nous logeons chez une dame qui dispose d’une villa avec une belle piscine. La chambre est équipée d’un lit double et de deux lits superposés. Elle est climatisée. La salle de bains est aussi grande que la chambre. Lando, Célia et moi profitons de la piscine.

Nous partons vers 18h30 dans le centre de Braga. Cette ville est à peu près plate, et les pavés sont bien posés. C’est donc accessible pour Virginie. Nous nous promenons dans la ville historique, d’abord devant la cathédrale.

Nous allons ensuite sur la place de la République, le lieu central de la ville au milieu de nombreux monuments. Au loin on voit le sanctuaire de Bom Jesus que nous irons bientôt voir de plus près. Sur l’avenue centrale, je m’intéresse à la façade de l’ancien couvent et basilique des congrégations. Un peu plus loin, je découvre aussi la Casa Rolão, résidence d’un riche marchand, érigée de 1760 à 1770. Son style est beaucoup moins classique que ses voisines.

Nous remontons ensuite la rue jusqu’à la Largo de Paço, de l’ancien palais des Archevêques. Ce côté abrite le siège de l’université. La fontaine monumentale fait face à des maisons toutes en hauteur, recouvertes d’azulejos.

Nous allons finalement manger à la « churrascaria de Se », un restaurant de viandes. Le service est compliqué, pas un mot d’anglais ou de français. Nous rentrons vers 20h45. Soirée calme.

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Nous nous levons peu avant 8h. Nous prenons le petit-déjeuner à partir de 8h15, au menu petites brioches et petits pains avec charcuterie, fromages ou confiture, accompagnés de café ou de thé, et de jus d’oranges.

Nous partons nous promener pour la journée un peu après 9h. Nous allons d’abord au Santuário do Bom Jesus do Monte, de l’autre côté de Braga. Le site a été classé au Patrimoine Mondial de l’UNESCO en 2019.

Un escalier monumental mène à une basilique de style baroque construite entre 1784 et 1811. Plutôt que de monter l’escalier, on peut prendre un funiculaire hydraulique centenaire, ou bien, comme nous, se garer plus haut que la basilique.

Le chemin pour redescendre vers la basilique est carrossable, nous pouvons donc profiter tous les 4 de l’esplanade et du monument religieux.

Célia et Virginie nous attendent, Lando et moi remontons la route pour aller chercher la voiture. En sortant de notre stationnement, j’accroche le pneu avant sur la bordure. Lando entend un sifflement, il pense tout de suite au pneu, moins pas vraiment jusqu’à ce que l’alarme du capteur de pression se déclenche. Je m’arrête donc quelques mètres plus loin à l’ombre et à l’abri. Le pneu est foutu, il est irréparable puisque abimé sur le flanc. Je monte donc le pneu de secours, à peine mieux qu’une roue de secours.

Nous récupérons Virginie et Célia. Nous nous arrêtons aussi en bas de l’escalier monumental pour avoir la vue des pèlerins découvrant le monument. Selon les sources, il y a entre 577 et 582 marches pour accéder au sanctuaire.

Je passe ensuite au Norauto de Braga, à quelques km. Ils n’ont pas le pneu Michelin dont j’ai besoin, et ne peuvent l’avoir qu’après-demain, nous serons à Porto. Je fais quand même vérifier la pression de la roue de secours, c’est bon. Comme nous n’avons pas prévu de longue distance, nous continuons notre programme de la journée.

Nous allons donc à Ponte de Lima, une ville à environ 30 km au Nord. C’est l’un des plus anciens villages du Portugal, puisque son existence est attestée à l’époque romaine. Au XIVème siècle, la ville est dotée d’une muraille, dont il reste quelques vestiges, dont la Torre de Cadela Velha. Nous nous promenons dans le petit centre historique.

Nous traversons aussi le pont qui a donné son nom à la ville, et qui constituait le seul passage sur la rivière Lima vers la Nord jusqu’à la fin du moyen-âge. Ce pont comporte 15 arches dont 5 dateraient encore de l’époque romaine, il a été rebâti et fortifié au XIVème siècle. C’était donc le passage unique des pèlerins en marche vers Saint-Jacques-de-Compostelle.

Nous avions repéré un restaurant, mais comme il y a de l’attente, nous partons pour Viana do Castelo, à 30 km à l’Ouest, au bout de la rivière Lima, au bord de l’océan Atlantique. Nous y arrivons vers 13h30 et nous allons manger au Café Sport. Nous arrivons en plein rush, et l’attente est assez longue. Lando s’en tire très bien avec une énorme brochette, des frites et du riz. Célia a choisi des crevettes au curry, Virginie une salade, et on m’a choisi de la morue avec des pommes de terre, pendant que je garais la voiture au loin.

Nous ressortons vers 15h. Nous explorons un peu la cité portuaire qui a été florissante au XVème et XVIème siècles, en commerçant avec les ports du Brésil, puis en profitant de la pêche à Terre-Neuve. Nous nous dirigeons d’abord vers la Praça de Republica. Elle s’ouvre par un musée, installé dans un édifice du style salazariste datant de 1958. La place se referme de l’autre côté avec, d’une part l’hospice et l’église de la Miséricorde, d’autre part l’hôtel de ville du XVIème siècle, bâtiment à arcades très massif. La place est bordée par d’assez belles maisons.

Nous continuons la promenade via la Rua Sao Pedro, bordée de maisons Renaissance, qui débouche sur la chapelle des âmes, église du XIVème siècle avec une façade baroque du XVIIIème siècle. Nous repassons par la grande place avant d’aller explorer la rua Candido dos Reis et de revenir vers l’entrée de la ville.

Lando trouve un monument étrange sur le front de la rivière Lima. Sur la gauche, le pont métallique est routier sur son roulage supérieur et ferroviaire dans son tablier. Il a été construit par la société Eiffel en 1878. Nous récupérons la voiture qui est garée près du chenal qui mène à l’océan. Nous quittons le centre de Viana peu avant 16h.

Nous nous arrêtons dans un autre Norauto, pas du tout de pneus en stock cette fois-ci. Nous faisons aussi quelques courses dans un centre Leclerc, juste à côté. Les enseignes commerciales se ressemblent beaucoup…

Nous rentrons à notre résidence vers 17h20, après 45 km de petites routes. Je ne réussis pas à me créer un compte sur le site Norauto portugais, sûrement parce que je n’ai pas de numéro fiscal valide ! Je m’occuperai donc de chercher un pneu dès demain en arrivant à Porto, en espérant qu’il soit possible d’en récupérer un d’ici à notre départ 3 nuits plus tard.

Lando et moi profitons de la piscine et de son plongeoir. Nous ne sortons pas ce soir pour dîner. Nous mangeons justement au bord de la piscine vers 20h, il fait bon, après une journée bien chaude et ensoleillée, et un vent probablement traître pour les coups de soleil. La propriétaire nous regarde manger, dubitative, pendant qu’elle arrose sa pelouse et ses plantes, autour de la piscine.

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Publié le 26 juillet 2022

Nous nous levons vers 8h pour prendre le petit-déjeuner préparé par la propriétaire à 8h15. Nous bouclons ensuite nos bagages et je range le tout dans le coffre, au-dessus du pneu crevé. Nous quittons donc ce logement vers 9h15.

Nous allons à Guimarães à environ 25 km. La ville a joué un rôle très important dans la formation du Portugal. Son centre historique est inscrit depuis 2001 sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO.

Nous arrivons vers 9h45 devant le palais des ducs de Bragance (Paço dos Duques de Bragança). L’accessibilité du palais est bonne et Virginie peut bien profiter de la visite.

La construction du Palais des Ducs de Bragance, inspirée par les demeures seigneuriales françaises, débuta au XVème siècle grâce à Don Afonso de Barcelos, premier duc de Bragance et fils naturel de Don João, Maître de Avis, futur roi João I, et d’Inès Peres. Don Alfonso vécut ici avec sa seconde femme Dona Constança de Noronha. Il est aussi le fondateur de la lignée de la lignée des Bragance, qui régna sur le Portugal de 1640 à 1853. Lorsque plus tard la résidence des Bragance devint le Palais de Vila Viçosa, en Alentejo, l’édifice se dégrada au fil des siècles jusqu’à ce qu’il devienne un cartel militaire en 1807.

Le musée occupe les immenses salles du premier étage qui expose un ensemble d’œuvres d’art parmi lesquelles se distinguent du mobilier du XVIIème siècle, des collections d’armes anciennes et un ensemble notable de quatre tapisseries de grande taille qui décrivent avec minutie des scènes d’arrivée des portugais à Arzila, du siège de cette ville du nord de l’Afrique et de la prise de Tanger. La chapelle est aussi très belle avec son vitrail et ses menuiseries.

Nous ressortons vers 10h30. Je monte avec les enfants jusqu’au Château de Guimarães, juste au-dessus du palais. La forme visible de ce château fort semble dater du XIIème siècle, même si un premier château, dont probablement le donjon central, est mentionné pendant la seconde moitié du Xème siècle. Le château est vraiment arrimé au rocher de la colline. Nous faisons le tour de l’enceinte et découvrons la petite exposition en montant dans le donjon. Lando manie son épée sous son lourd casque, pas si simple d’être chevalier !

Nous retrouvons Virginie vers 11h et nous descendons vers le quartier médiéval, tout proche. Nous déambulons dans le lacis de ruelles bordées d’anciennes demeures en granit, souvent gothiques et ornées de ferronnerie, d’églises et de places tranquilles envahies par les terrasses des cafés.

La place devant l’église Nossa Senhora da Oliveira comporte un édicule gothique avec 4 arcs en ogive commémorant la bataille de Salado en 1340 contre les Maures.

En sortant un peu du centre, on découvre la place de la République du Brésil. Au fond, on aperçoit l’église dos Santos. Elle a été construite au XVIIIème siècle dans un style baroque en s’inspirant d’une église d’Ouro Preto dans le Minais Gerais au Brésil. Elle est trop sale pour réussir à la reconnaître.

Nous repartons donc vers midi. J’appelle l’agence qui s’occupe du duplex que nous avons réservé à Porto pour avancer le rendez-vous à 14h30. Avec notre roue de secours, nous évitons les autoroutes. Il faut donc une bonne heure pour parcourir 50 km et rejoindre la banlieue de Porto, en l’occurrence Rio Tinto. Comme prévu, je vais dans un Norauto: ce nouveau pneu n'est disponible dans aucune de leur succursale au Portugal, mais le grossiste peut le livrer vendredi matin. Je prends donc rendez-vous vendredi midi, c’est-à-dire le jour où nous quitterons Porto. Nous allons faire quelques courses dans le Auchan tout proche. Les jours prochains, nous devrons nous occuper seuls de notre petit-déjeuner.

Nous arrivons au lieu de rendez-vous pour l’appartement vers 14h20. La jeune femme arrive vers 14h45. Nous allons loger dans une ancienne caserne des pompiers. Le rez-de-chaussée a été transformé en garage, bien pratique, et de nombreux duplex ont été aménagés à l’étage. Un ascenseur aurait couronné cette rénovation. En cadeau pour la location, nous avons droit à une visite de cave à porto, l’attraction touristique à faire. Nous demandons donc une réservation pour jeudi matin.

Nous déjeunons donc vers 15h puis nous nous installons et nous passons un moment calme pour laisser passer les heures chaudes de l’après-midi avant d’aller découvrir la ville.

Nous sortons nous promener juste après 18h. La ville semble praticable avec le fauteuil roulant, même s’il est probablement difficile de remonter des rives du Douro. En tous les cas, les trottoirs sont à peu près plats. Mon premier objectif est la gare de Sao Bonte. Nous remontons la rue Fernando Tomas jusqu’à la Capella das Almas. Elle est parée d’azulejos bleus.

Nous descendons ensuite à travers la rue Santa Catarina, jusqu’à l’église baroque de Santo Ildefenso sur la place de Batahla. Nous déambulons ensuite près du Théâtre National San Joao. Célia tombe en traversant la rue, à cause de petits pavés qui se déchaussent.

Nous continuons vers la muraille Fernandina, cela débouche sur des escaliers pour descendre au bord de la rivière. Nous apercevons alors le pont Don Luis I qui rejoint Vila Nova de Gaia sur l’autre rive du Douro.

Le Pont Don Luis I a été construit entre 1881 et 1886 par l'ingénieur Théophile Seyrig, disciple de Gustave Eiffel. Le tablier inférieur permet la circulation des piétons et du métro, à un rythme lent, et un tablier inférieur supplémentaire, beaucoup plus bas, pour la circulation routière.

En revenant du pont, nous montons sur la terrasse de la cathédrale de Porto. Elle est très massive.

Nous descendons finalement enfin vers la gare, construite à l’emplacement de l’ancien couvent Sao Bento, et mise en service en 1896. La salle des pas perdus est un chef d’œuvre de l’art des azulejos. Les hauts murs sont recouverts de fresques retraçant des scènes de la vie populaire ou quelques grands épisodes de l’histoire portugaise du XIIème au XVème siècle. L’architecte, considérant son bâtiment comme une œuvre d’art, aurait, selon le Routard, manqué de sens pratique en ne prévoyant pas de guichets pour vendre les billets !

Nous remontons ensuite vers notre logement et nous nous arrêtons à mi-chemin au Café Santiago, mentionné aussi dans le Routard. Virginie goûte un « francesinha », qu’elle rebaptise le welsh de Porto ; c’est un sandwich au pain de mie avec saucisses, steak, fromage et œuf sur le plat. Les enfants prennent un « cachorro », une variante avec du pain hot-dog et des saucisses. Je me contente d’un « prego em prato », un steak réhaussé d’un œuf sur le plat. Le tout est servi avec de nombreuses et bonnes frites, ou patatas ! Tout le monde est rassasié, heureusement que notre déjeuner n’était pas trop lourd.

Nous rentrons à l’appartement vers 21h. Chacun profite d’une bonne douche et d’une soirée tranquille.

27
juil
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Publié le 27 juillet 2022

La troupe est lente à mobiliser aujourd’hui. Je sors chercher du pain et du café vers 8h. Je prends le petit-déjeuner avec Virginie et Célia, mais Lando ne descend pas. Finalement nous partons nous promener un peu avant 10h30.

Nous remontons la rue Fernandes Tomas jusqu’à l’église de la Trinité.

Nous sommes juste derrière la place de Liberté au sommet de laquelle trône la Camara municipal de Porto, Virginie reconnaît le beffroi typique de nos régions. Nous sommes photographiés devant le sigle de la ville. J’ai lu que les portugais respectaient scrupuleusement les files d’attente, même si la file est pleine de touristes étrangers !

Nous allons ensuite du côté de l’université. La place de derrière s’appelle G Teixeira et est ornée d’une belle fontaine.

Nous regardons les deux églises accolées des Carmes, et des Carmélites.

Le tram qui remonte de la rivière s’arrête à côté de l’université.

Nous passons aussi à côté de l’église dos Clerigos, avec sa tour la plus haute du Portugal avec 75,2 m.

Nous descendons ensuite vers la rive en passant à droite du centre portugais de la photographie.

Nous arrivons un peu par hasard au panorama de Vitoria, c’est une petite place devant une propriété privée délabrée mais ouverte aux touristes. Nous avons donc une belle vue sur le Centre Historique de la ville.

Nous continuons notre descente jusqu’à atteindre une rue qui a une allure de digue.

Nous avons repéré l’attraction « World of Discoveries » dans le Routard. Nous commençons notre visite vers midi. Il s’agit de découvrir les grandes découvertes des navigateurs portugais, pour le compte du pays ou de l’Espagne. Nous découvrons les différents types de navires développés au fur et à mesure des explorations : caravelle, nef, galion notamment. Nous découvrons ensuite les trésors ramenés par ces navires, même un rhinocéros offert au roi Manuel Ier par un roi des Indes, et ramené au Portugal en 1514.

Nous pouvons aussi essayer quelques armes.

A l’issue de ces salles, nous débouchons à l’atelier naval et devons attendre un long moment l’activité suivante.

Nous profitons d’un bateau qui nous emmène découvrir l’histoire des explorations portugaises : le port de Porto qui a construit la moitié de la flotte qui a conquis Ceuta, les sables du Sahara qui ont fait connaître les routes africaines du commerce, la reconquête sur les Maures, et puis finalement les superstitions sur les affres des océans.

Une fois le contexte posé, nous nous promenons à travers les différents mondes découverts par les portugais : les côtes africaines, la jungle et ses animaux extraordinaires comme l’hippopotame, les Indes, le Timor, la Chine et le Japon. Il semble même que « aligato » provienne du portugais « obrigado » pour dire merci.

Finalement, le Brésil est évoqué comme terre de christianisation et de richesses minérales. Son nom provient de la couleur "braise" caractéristique de nombreux arbres.

Bien sûr, il manque les aspects moins positifs de ces explorations. La visite a plu à tout le monde. Nous ressortons vers 13h30. Nous avions repéré un restaurant, mais il semble fermé définitivement. Nous nous dirigeons vers les quais du centre historique. Comme les restaurants semblent bondés et lents à servir, nous nous rabattons dans un fastfood bien connu. Virginie et moi complétons le repas d’une soupe.

Nous explorons ensuite les alentours, autour du jardin de l’Infante Don Henrique : l’église Sao Francisco, le palais de la Bourse et le marché Derreira Borges en surplomb.

Nous descendons ensuite sur les quais et nous nous promenons le long de ces maisons hautes, étroites et pleines de ferronnerie. L’endroit est très fréquenté. Nous avons aussi une très bonne vue sur le pont Don Luis Ier et sur Vila Nova de Gaia, de l’autre côté du Douro.

Arrivés au bout du quai, le funiculaire prévu n’est pas en service. Après avoir parcouru un tunnel, je demande à Virginie de marcher pour remonter quelques rues jusqu’au niveau de la Cathédrale. Ensuite, je fais plusieurs pauses pour reprendre mon souffle tout en continuant de la pousser.

Nous arrivons à l’appartement vers 16h15. Nous avons prévu de nous reposer après cette longue promenade sans ressortir pour le dîner. Nous nous reposons donc : télévision, lecture, sieste…

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Publié le 28 juillet 2022

Lando vient chercher le pain avec moi ce matin, et nous achetons aussi du nutella pour les tartines du matin ! Nous partons nous promener vers 10h. Cette fois-ci, nous prenons la voiture pour aller sur l’autre rive du Douro, à Vila Nova de Gaia.

Nous allons visiter une cave à porto, la maison Churchill’s. Elle a été fondée en 1990 par John Graham, et porte le nom de sa femme. C’est SweetPorto, la société qui nous loue l’appartement, qui nous a invité. Nous arrivons un peu en avance, vers 10h25, pour une visite prévue à 11h. Du coup nous commençons par une dégustation, d’abord un vin de table blanc frais, puis un vin rouge du Douro bien charpenté.

Nous entamons la visite vers 11h. La maison Churchill’s dispose de sa ferme, la Quinta de gricha, avec des vignes plantées entre 150 et 400m d’altitude, et toutes âgées de plus de 50 ans, de la meilleure catégorie "A". La taille de l’exploitation ne permet de produire que 150000 bouteilles par an. Neuf cépages sont cultivés, 4 pour le vin blanc, 5 pour le vin rouge. Toutes les opérations sont manuelles. La vendange a lieu en Septembre.

On écrase les raisins avec les pieds, et pas avec une machine qui écraserait la peau et libèrerait son acidité. La fermentation qui consiste à transformer les sucres du raisin en alcool, est arrêtée au bout de 4 jours avec de l’eau de vie, ce qui permet de garder une partie du sucre. Le mélange est ensuite filtré et stocké jusqu’au printemps avant d’être transporté à Vila Nova de Gaia. C’est le mode de vieillissement qui va différencier les différents vins de Porto.

Il y a d’abord d’énormes tonneaux pouvant contenir 50000 litres. Tous les tonneaux sont en chêne français, car ce sont les meilleurs pour donner le goût.

Le cellier de Churchill’s comporte sa salle des vintages. L’institut du vin du Douro considère qu’il n’y a que 3 vintages par décennie, mais chaque maison est libre de déterminer ses vintages « signature », auxquels Chruchill’s donne le nom de sa ferme.

Chaque casier peut contenir 700 bouteilles. Plus les bouteilles sont vieilles, plus elles sont chères. Les vintages sont vieillis en fût pendant 2 à 4 ans, puis on considère qu’un tel vin peut se conserver 50 ans.

La salle des Tawny regroupent de petits tonneaux de stockage de 600 litres. Ces tonneaux sont en chêne français et permettent un contact régulier avec l’oxygène. La couleur du breuvage va changer graduellement, il a une couleur dorée caractéristique. Pour éviter l’évaporation on va rajouter un peu de vin régulièrement. Le Tawny va s’éclaircir au fur et à mesure. Tawny veut dire marron, mais c’est un vin rouge.

Les tonneaux sont d’abord utilisés 2 ans pour un vin de table, puis 10 ans pour un Dry White, ou respectivement 11, 21 ou 31 ans pour un Tawny. Ensuite les tonneaux sont revendus en Ecosse pour le vieillissement du whisky.

Nous avons la surprise d’avoir une deuxième dégustation après la visite. Cette fois, nous goûtons les vins de Porto qu’on connaît mieux : un Dry White, un Signature et un Tawny. C’est le Signature qui plaît le plus à Virginie et moi. Lando fait une drôle de tête quand je le laisse goûter.

L’alcool me fait un peu d’effet après ces dégustations. Je laisse la voiture près de la cave, et nous allons nous promener sur la rive du Douro. Il y a beaucoup de marques de Porto qui proposent la visite de leur cave couplée avec des dégustations.

Nous réussissons à aller au restaurant Arco Iris, que nous avons repéré sur le Routard. Il ouvre à midi. En arrivant vers 12h20, nous avons la dernière table disponible.

Nous prenons une soupe de légumes en entrée. Virginie mange de la salade avec des pommes de terre à l’eau, Célia prend un bon steak, Lando et moi nous partageons un bar, avec des frites. Tout le monde se régale. Nous partons vers 13h15.

Nous nous promenons donc le long de la rive. Nous traversons ensuite le fleuve par le bas du pont Don Luis Ier et revenons à pied à Porto. Nous longeons les quais du centre historique.

Nous allons visiter le palais de la Bourse. C’est le siège de la première association d’entrepreneurs au Portugal, principalement des négociants en vin à l’origine. Le Palácio da Bolsa a été construit à partir de 1842 sur l’emplacement du cloître de l’église Sao Francisco qui avait brulé en 1832. L'architecte Joaquim da Costa Lima imagina un imposant édifice rectangulaire combinant la rigueur d'un grand bâtiment dans le style anglais, doté d'une façade dans le style néo-classique à la mode au Portugal, depuis la fin du XVIIIème siècle. La structure générale du Palais est achevée dès 1850, mais la construction du grand escalier en granit et l'aménagement et la décoration des salles d'apparat retarderont son achèvement jusqu'en 1910.

La visite guidée commence par le hall des nations, d’après les blasons de 24 pays avec lesquels le Portugal faisait du commerce.

Après l’escalier monumental, nous accédons à la salle du tribunal. Les fresques représentent d’un côté la justice royale, et de l’autre une justice organisée basée sur plusieurs personnes aux compétences distinctes. On a aussi des fresques plus descriptives, sur les activités commerciales voire artistiques.

Nous passons ensuite par le bureau des Présidents. Le portrait du Président actuel ne sera rajouté que lorsqu’il aura un successeur.

Gustave Eiffel a utilisé un bureau dans le bâtiment quand il a travaillé à Porto. Il a réalisé le pont ferroviaire Maria Pia à Porto, le pont routier à Viana do Castelo et un dernier pont à Valençia, tous les trois au Nord du Portugal.

Nous passons ensuite dans la salle dorée, de style empire avait plusieurs usages: administration, transactions sous seing privé, arbitrages amiables... Relativement austère, elle doit son nom au plafond en stuc richement décoré de motifs végétaux recouverts de feuilles d'or.

La salle des assemblées générales permet l’élection annuelle du Président. Ses murs sont revêtus d’un mètre de bois puis de plâtre imitation de bois du Brésil.

La salle des Portraits est décorée de portraits des six derniers rois de la Dynastie de Bragance

Le Salon Mauresque, Salão Árabe, est le joyau du Palais. Construit entre 1862 et 1880 par Gonçalves e Sousa, il est décoré dans le style néo-mauresque, en s'inspirant de motifs de l'Alhambra de Grenade. Le luxe et la précision de sa décoration ne permettront d’achever la salle qu’en 1910. Dix-huit kg de feuilles d'or ont été utilisées. Conformément à l’Islam, comme seul Allah peut être parfait, des erreurs de parallélisme existent dans la salle. On peut louer la salle pour une réception, ou venir y écouter un concert.

La visite se termine vers 15h30. Nous revenons doucement de l’autre côté du Douro. Nous mangeons une petite glace, avant d’aller récupérer la voiture.

Nous rentrons sans encombre à l’appartement à 16h45 et nous poursuivons notre journée par des activités plus reposantes. Pour le dîner, je prépare de l’omelette que nous agrémentons avec une salade mixte, après un apéro sans porto.

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Je me lève vers 8h et je vais acheter du pain et des croissants pour le petit-déjeuner. Lando se lève vers 9h. Nous quittons l’appartement de l’ancienne caserne des pompiers vers 10h30. Nous retournons autour de l’université en voiture. Je me gare et je fais un petit tour avec Célia.

En fait, j’ai oublié de passer voir la librairie Lello e Irmao. La queue est toujours longue pour visiter l’intérieur doté d’un escalier extravaguant et de boiseries dignes d’un cabinet de curiosités. Nous nous contentons de la belle façade art déco.

Nous repassons à côté de l’église des Clericos et de sa tour, du centre de la photographie et découvrons le palais de justice en contrebas.

Nous partons ensuite vers la rive du Douro pour le descendre jusqu’à l’océan. Je me promène de nouveau avec Célia. Nous faisons le tour du Fort Sao Joao Baptista de Foz. Sa construction a débuté en 1570 et s'est finalement terminée en 1647 avec les larges remparts modernes. Il faisait partie des défenses côtières pour protéger l’embouchure du Douro. Virginie vient regarder la plage et l'océan avec nous.

Vers 11h45, je me dirige finalement vers le Norauto de Rio Tinto, à une douzaine de km. Le pneu commandé est bien arrivé. Ouf ! Le montage s’avère un peu laborieux à mon goût, mais tout se passe bien. Nous pouvons repartir vers 13h30 direction le Sud avec nos 4 roues opérationnelles! Pendant la réparation, Virginie et les enfants sont allés attendre dans la galerie marchande du centre commercial. Nous avons aussi refait le plein d'essence. Nous prenons l’autoroute. Nous nous arrêtons vers 14h sur une aire de repos pour pique-niquer.

Nous arrivons à Aveiro, 70 km au Sud, vers 15h. Aveiro a un joli patrimoine architectural issu de son art baroque rayonnant du XIXème siècle, une fois qu’un chenal a pu être rouvert avec la mer à travers la baie La ville est donc connue comme une « Venise portugaise » avec ses canaux et les moliceiros, bateaux traditionnels propres à la région qui servaient à la récolte des algues et qui promènent aujourd’hui surtout des touristes. Ils sont décorés de couleurs vives et d'images d'art populaires, souvent humoristiques. Nous nous promenons à travers la ville et à proximité de quelques canaux. Nous mangeons aussi une glace cette après-midi.

Nous repartons à 16h. Nous arrivons à destination, encore 50 km vers le Sud, à Coimbra, vers 17h10. Notre logement est tout automatisé : un code pour accéder à l’immeuble, un autre code pour ouvrir le logement, et personne pour nous accueillir. C'est aussi un peu étroit et il n’y pas de kitchenette, ce qui aurait été très utile pour le petit-déjeuner ; par contre il y a une machine Nespresso.

Nous partons vers le centre-ville, de l’autre côté du fleuve, pour le dîner. Nous allons manger dans un restaurant local « Adega Paço de Conde ». Virginie et Célia apprécient une brochette de calamars frais pour deux, le serveur ayant aussi ramené de la seiche alors que nous n'en avions pas commandé. Lando et moi préférons de la viande. Nous sommes de retour vers 20h30. Il a fait beau et chaud aujourd’hui, autour de 26°C avec pas mal de vent. Demain la météo annonce 10°C de plus !

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Publié le 30 juillet 2022

Je pars à la recherche de pain pour le petit-déjeuner vers 8h. Je fais un petit tour, mais je trouve une pâtisserie tout à côté de notre logement. Nous prenons donc un petit-déjeuner à l’étroit. Nous sortons vers 9h50.

Nous allons visiter l’Université qui vaut sa réputation à Coimbra. C’est la plus ancienne université du Portugal. Elle est fondée le 1er mars 1290 par le roi Denis 1er. La bulle du pape Nicolas IV, datée du 9 août 1290, reconnaît l’Estudo Geral, avec les facultés d’art, de droit canonique, de droit civil et de médecine, réservant la théologie aux couvents dominicains et franciscains. Elle a été transférée plusieurs fois entre Lisbonne et Coimbra pendant près de trois siècles.

En 1537, durant le règne de Jean III, l’université s’établit définitivement à Coimbra, où elle est installée dans le palais de l’Alcaçova. Ce roi entend y faire entrer les idées neuves nées en Italie au siècle précédent. Il crée des bourses pour que les Portugais puissent étudier à l'étranger, et nomme l'érudit André de Gouveia, jusque-là actif à Paris, principal du Collège des Arts et des Humanités qu'il a fondé (1547). Ce dernier fait venir à son tour de nombreux professeurs, parmi lesquels Élie Vinet (théologie), Pedro Nunes (mathématiques), et Diogo de Teive (droit, grec ancien). Dès 1548, le collège comprend 1 200 élèves.

En 1772, l'Université subit sa plus majeure réforme depuis sa fondation, avec la mise en œuvre de nouveaux statuts, connus sous le nom de "Estatutos Pombalinos", sous l’impulsion du marquis de Pombal. Il modernise l'éducation, en particulier en mettant l'accent sur les Sciences. La Faculté de mathématiques et de philosophie naturelle est créée et l'enseignement de la médecine est réformé.

Comme annoncé hier, il fait déjà très chaud. Nous devons attendre au soleil pour visiter la bibliothèque Joanina.

L’attente est difficile, mais vaut le coup, puisque nous pouvons profiter de ce joyau baroque, seuls pendant dix minutes. Construit au XVIIIème siècle sous le règne du roi Jean V, ce bâtiment est considéré comme l'une des plus belles bibliothèques historiques du monde, entre autres en raison des décorations magnifiques financées par les richesses ramenées du Brésil par les Portugais. La bibliothèque est constituée de trois salles en enfilade, et contient 60000 ouvrages anciens datant du XVIème au XVIIIème siècles. Des chauves-souris fréquentent aussi les lieux et protègent les livres et les boiseries, notamment des mites ; à cet effet le personnel installe le soir venu de larges couvertures en cuir pour protéger les tables des déjections. A la base de la bibliothèque, on peut passer dans les cachots de la prison universitaire, l’Université disposait de sa propre loi, le bâtiment a été utilisé jusqu’en 1834.

Nous passons ensuite du côté de la chapelle Sao Miguel. Le porche extérieur, encadré de deux colonnes, est de style manuélin. Elle est fermée de 11h à 15h. Comme nous arrivons juste un peu trop tard, le personnel nous la laisse quand même brièvement regarder. Son aspect actuel remonte au XVIème siècle sous le règne du roi Manuel. Le décor, notamment les azulejos, a été ajouté tout au long du XVIIème siècle.

Virginie et Lando restent à l’ombre, Célia et moi poursuivons la visite par le Palais Royal, uniquement accessible par des escaliers. Ce bâtiment a été construit à la fin du Xème siècle, servant de forteresse au gouverneur de la ville pendant la domination islamique. En 1131, elle devint la première maison royale portugaise, la résidence d'Afonso Henriques, le premier roi du Portugal. En 1537, sous le règne du roi Jean III, l'Université a été définitivement transférée de Lisbonne à Coimbra, et a été établie dans ce bâtiment en 1544.

A l’étage, passé une salle d’armes, on accède à une coursive d’où on peut admirer la grande salle des actes. C’est la salle la plus importante de l’Université

Cette salle est l'espace le plus important de l'Université de Coimbra, où se déroulent les cérémonies les plus importantes de la vie académique. C'est aussi l'ancienne salle du trône de la première dynastie portugaise entre 1143 et 1383 et des événements importants de l'histoire du Portugal y ont eu lieu, comme la proclamation du roi Jean Ier en 1385. La conception actuelle de cette salle est le résultat de rénovations effectuées au milieu du XVIIème siècle. Les murs sont tapissés de carreaux « en forme de tapis » fabriqués à Lisbonne. Le plafond en bois a été rénové avec 172 panneaux qui ressemblent à des motifs grotesques, représentant des monstres marins, des indiens, des sirènes, des plantes.

On aboutit enfin dans la Salle des examens privés. Elle comporte les portraits des recteurs de l’université de 1537 à 1750.

Finalement, on accède à un balcon d’où la vue sur Coimbra est belle.

Nous poursuivons la visite en nous rendant du côté du collège de Jésus. Lando trouve le nom étrange, c’est en fait le collège que les Jésuites avaient fondé, avant d’être expulsés du Portugal en 1759.

Nous passons visiter le laboratoire de Chimie. Il a été installé dans l’ancien réfectoire des Jésuites, après la réforme du marquis de Pombal, pour contenir les objets expérimentaux nécessaires à l’enseignement des sciences. Il y a deux expositions, l’une sur le rôle des Jésuites dans les explorations du Portugal, l’autre sur la lumière et la matière.

Nous reprenons la voiture vers 12h30 et cherchons un restaurant dans la ville basse. Nous mangeons à la Case de Paso « A Taberninha ». Lando et Célia mangent de l’entrecôte, c’est le morceau de viande que nous connaissons, mais préparé en sauce. C’est donc très fondant. Virginie et moi mangeons de la dorade. J’ai désormais bien compris comment commander un ½ (litre) de bière : « una caneca ».

Je m’intéresse à deux monuments proches du restaurant, l’église Saint Barthélémy et la Tour d’Almédine, précédée d’un porche. La tour a été construite à l’origine pour défendre et surveiller l’accès aux remparts.

Il fait de plus en plus chaud. Nous regagnons donc notre logement climatisé peu avant 14h pour passer l’après-midi au frais et au calme.

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Publié le 31 juillet 2022

Deuxième jour de canicule au Portugal, jusqu’à 40°C ! Nous nous levons peu après 8h20. Virginie, Célia et moi allons prendre le petit-déjeuner dans une pâtisserie. Lando préfère profiter du lit un peu plus longtemps et manger des tartines de nutella. Nous quittons Coimbra vers 10h, juste après qu’une course cycliste soit passée devant notre logement. Nous partons vers Batalha pour visiter le monastère de Santa Maria da Vitória.

Nous arrivons là-bas un peu après 11h. Le monastère de Batalha, a été construit sous l’impulsion du roi Jean Ier, de 1386 à 1517, pour commémorer la victoire des troupes portugaises sur les troupes castillanes, lors de la bataille d'Aljubarrota, le 14 août 1385. Le chantier a duré deux siècles. Un style gothique national original, profondément influencé par l'art manuélin, s’est développé : le cloître royal, véritable chef-d'œuvre, en est l'illustration parfaite. Le monument a été classé au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1983. L’office est en cours dans l’église, qui est bien remplie.

On sait que l'église, le cloître et les dépendances monastiques, ainsi que la salle du Chapitre, la sacristie, le réfectoire et les annexes correspondent au projet initial.

Commencés par l'architecte portugais Afonso Domingues, les travaux sont repris par David Huguet qui, de 1402 à 1438, érige dans le style gothique flamboyant la chapelle du fondateur où repose Jean Ier, sa femme Filipa de Lancastre et ses fils. Cette chapelle se trouve sur la droite de l’église.

Nous entrons ensuite dans le cloître royal. C'est superbe. Ce cloître est l’un des mieux réussis de l’architecture portugaise grâce à l’harmonie de ses dimensions et à la grande élégance du travail. Les baies des arcades, plus tardives, révèlent, au travers de leurs motifs et de leur exubérance, l’époque manuéline.


Nous passons par la salle capitulaire. L’unique voute, sans support central, est particulièrement audacieuse pour l’époque. Deux soldats inconnus, l’un ramené des champs de bataille français après la première guerre mondiale, l’autre provenant d’Angola, sont inhumés dans cette salle. Une flamme symbolique veille sous la garde de deux soldats.

Nous remarquons l’ancien réfectoire qui contient un petit musée. Nous finissons le tour du corps principal par le cloître Alphonse V, construit sur deux étages, dans un style très sobre, pendant le règne de ce roi (1438-1481), par l'architecte Fernao d'Évora. Nous n’arrivons pas à bien l’admirer car il est en travaux.

Nous nous dirigeons ensuite derrière l’église, vers la Rotonde funéraire, communément désignée par le nom de Chapelles Imparfaites. C’est de l'initiative du roi Édouard Ier de Portugal.

Il a fallu attendre Manuel Ier pour que le monastère retrouve les faveurs royales et ce jusqu'en 1516-1517, année où est privilégié le monastère des Hiéronymites. Les chapelles de l'octogone resteront ainsi définitivement inachevées, d’où leur nom actuel, même si les détails des décorations sont époustouflants. La construction du monastère s’est prolongée durant le règne de sept rois.

Nous repartons vers 12h30. Je veux passer à Fatima, à une vingtaine de km, car ma grand-mère de Mittersheim y est allée en pèlerinage. C’est la seule fois de sa vie qu’elle a pris l’avion, en partant de Luxembourg. Virginie y était aussi passée quand elle est venue en vacances au Portugal au printemps 1997.

Fátima est donc célèbre grâce au sanctuaire de Notre-Dame de Fatima, construit pour commémorer les apparitions mariales de 1917 quand trois petits bergers affirmèrent avoir vu la « Vierge du Rosaire », Notre-Dame de Fátima, et l'année précédente les apparitions de l'Ange de la Paix.

Les pèlerins se rassemblent sur la Cova, une gigantesque esplanade sur laquelle est construite une petite chapelle où la Vierge est apparue aux jeunes bergers. C’est moins affreux que ce que je craignais.

D'un côté de l'esplanade s'élève l'imposante basilique de Notre-Dame du Rosaire, de style néo-classique, avec une tour centrale de 65 mètres de haut, sa construction débuta le 13 mai 1928. Elle est pourvue de colonnades qui la relient aux couvents et aux bâtiments hospitaliers. Nous allons voir l’intérieur de cette basilique. Je passe aussi voir la statue de Jean-Paul II, devant la basilique moderne qui ferme l’autre côté de l’esplanade.

Nous repartons vers 13h40. Nous arrivons à Tomar à 14h15. Nous trouvons l’appartement du jour sans souci. La propriétaire nous ouvre les portes à distance alors que nous l’avons au téléphone, grâce à un petit boîtier connecté par internet. L’appartement est au 3ème étage, avec ascenseur. Il est plutôt spacieux et confortable, mais il n’y a pas l’air conditionné. Dommage par ce temps ! Après avoir mangé, nous profitons quand même de la machine à laver pour faire des lessives.

Nous partons visiter le Couvent de l’ordre du Christ peu avant 17h. Il fait toujours très chaud. Tomar et son château ont été fondés en 1160 comme quartier général des Templiers au Portugal. Lorsque le roi de France pousse le pape à dissoudre l’ordre des Templiers au XIVème siècle, la branche portugaise de l'ordre a été transformée en chevaliers de l'ordre du Christ, qui soutiendront les découvertes maritimes du Portugal du XVème siècle. La ville devient le centre de l'expansion portugaise sous le règne de Henri le Navigateur, également gouverneur de l’ordre. Le couvent du Christ est inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1983.

L’accès normal à la visite passe par un escalier monumental pour atteindre un troisième niveau. Tout le monde peut finalement passer par la sortie pour profiter des célèbres cloîtres du couvent.

Nous entrons donc d’abord par le cloître de l’hôtellerie « Claustro da Hospedaria ». Construit entre 1541 et 1542, il comporte deux niveaux et un supplémentaire au Nord. Il était destiné à accueillir les visiteurs nobles.

Nous passons ensuite vers le cloître de la miche « Claustro da Micha » où avait lieu la distribution de pain aux nécessiteux et où se trouve la plus grande citerne d’eau

En allant vers le cloître des corbeaux « Claustro dos Corvos », nous trouvons une pièce qui a été utilisée au XIXème siècle comme réserve d’huile d’olive. Ce cloître est l’un des derniers travaux du roi João III. Construit sur deux étages, il a été réalisé en deux phases, 1537-39 et 1543-46. C’est un endroit assez calme. Ce magnifique cloître de deux étages relie le dortoir des moines à l'église et il est considéré comme l'un des exemples les plus représentatifs de l'architecture maniériste au Portugal. Les étages sont reliés entre eux par quatre élégants escaliers hélicoïdaux, situés à chaque coin du cloître.

On peut accéder juste derrière le cloître à une esplanade et découvrir l’aqueduc du couvent, qui a en fait été connecté assez tardivement, en 1619.

Nous découvrons aussi le cloître de Sainte Barbara « Claustro de Santa Bárbara », construit sur deux niveaux au XVIème siècle. La fenêtre de la Chambre du chapitre et la façade occidentale de la nef de l'église sont visibles de ce cloître.

Nous pénétrons finalement dans le cloître principal. Il est magnifique et nous profitons de musique classique par un ensemble conséquent de violons, de violoncelles et d’une contrebasse.

Le cloître principal a été commencé entre 1530 et 1533 sous le règne de João III par l’architecte João de Castilho. C’est la construction principale du nouveau couvent après la réforme de l’ordre du Christ (1529). En 1557-58, un nouveau plan a été élaboré par Diego de Torralva, et il a été pratiquement fini en 1562. La superposition des deux cloîtres est encore evidente à différents endroits des deux niveaux, puisque le premier n’a pas été complètement détruit. La fontaine a été connecté à l’aqueduc en 1619, juste avant la visite de Filipe II, roi du Portugal. Ce cloître est un chef d’oeuvre de la Renaissance européenne, inspiré par l’architecture italienne et principalement imaginé par l’architecte bolognais Sebastiano Serlio. Lando et Virginie restent là et profitent de la musique.

Célia et moi montons aux étages. Nous allons d’abord sur un balcon, en surplomb du cloître de Sainte Barbara voir la fenêtre de la Chambre du chapître « Janela da sala do Capítulo », qui se situe sur le façade ouest de la nef de l’église. Réalisée de 1510 à 1513, elle comprend la plupart des motifs typiques du style manuélin : les symboles de l'ordre du Christ et de Manuel Ier, les cordes, des coraux et des motifs végétaux. Une figure humaine au milieu de la fenêtre représente probablement le concepteur, Diogo de Arruda. Cette fenêtre du couvent constitue un des chefs d'œuvre de la décoration de style manuélin.

Nous montons ensuite dans l'église du Couvent. Elle est constituée de deux éléments conjoints : la Rotonde et l'église manuéline, contiguë.

La Rotonde, de style roman, a été construite pendant la deuxième moitié du XIIème siècle par les chevaliers du Temple. À l'extérieur, l'église est une structure polygonale fortifiée à 16 côtés, dotée de solides contreforts, de fenêtres rondes et d'un clocher. À l'intérieur, en son centre, se trouve la Rotonde, une structure octogonale reliée par des voûtes à une galerie déambulatoire.

La Rotonde est l'oratoire primitif des Templiers, sorte de clocher-lanterne, un véritable sanctuaire. Cette lanterne est magnifiquement décorée de sculptures et de peintures de style gothique et manuélin, qui furent ajoutées pendant la rénovation ordonnée par le roi Manuel Ier à partir de 1499. La nef de l'église, construite sur un plan quadrilatéral, et la voûte, qui permet de communiquer avec la lanterne, ont été adjointes entre 1510 et 1512, sous le règne d'Henri le navigateur. De fait, l'église ronde est devenue église abside. La nef a été construite selon le style en vogue à l'époque, un mélange de gothique flamboyant et de renaissance que les historiens de l'art appelleront par la suite le style manuélin.

Finalement, Célia et moi montons au troisième niveau, là où la visite commence habituellement, et nous découvrons deux cloîtres supplémentaires.

Le cloître du cimetière « Claustro do Cemitério » a également été construit sous Henri le navigateur. C’était le lieu de sépulture des chevaliers et des moines de l'ordre. Les élégantes colonnes jumelles des voûtes comportent de beaux chapiteaux avec des motifs végétaux, et les murs du déambulatoire sont décorés avec des tuiles du XVIème siècle. Dans un tombeau de style manuélin repose Diogo da Gama, le frère du navigateur Vasco de Gama.

Finalement, le cloître de lavage « Claustro da Lavagemé comporte deux étages. Il a été construit vers 1433. C’était le lieu où les vêtements des moines étaient lavés, d'où son nom. Construit sur plan carré, il comporte deux étages et deux réservoirs et un puits-citerne destiné à recueillir l'eau de pluie. Je remarque des pêchers bien fournis. Nous avons aussi une vue sur les ruines des appartements occupés par le fameux Henri le Navigateur.

Avant de redescendre, Célia et moi découvrons un long dortoir. Avec Virginie et Lando, nous passons aussi par le réfectoire et apercevons les cuisines.

Nous ressortons donc vers 18h30, après une visite bien complète. Nous allons faire quelques courses au supermarché pour le repas du soir. Ici, les supermarchés sont ouverts toute la journée tous les jours de la semaine. Après une salade gourmet, je prépare des pâtes à la bolognaise pour toute la famille. Nous tentons de survivre dans la moiteur du soir. Il fait encore 25°C à 22h. Nous finissons par ouvrir toutes les fenêtres vers 22h30.

1
août

Je me lève vers 8h. Il y a une supérette en dessous de l’appartement où je trouve des croissants et du pain pour le petit-déjeuner. Je range ensuite tout le linge lavé et nos affaires. Lando n’est pas en forme, il a un gros torticolis. Nous quittons l’appartement vers 10h. Nous passons par le centre de la ville, le couvent de l’ordre du Christ domine toute la cité.

Nous devons rouler environ une heure pour atteindre Alcobaça. Nous allons visiter l’abbaye de Santa Maria, qui a été fondée au XIIème siècle par le roi Alphonse Ier. Par l'ampleur de ses dimensions, la clarté du parti architectural, la beauté du matériau et le soin apporté à l'exécution, elle est considérée comme un chef-d'œuvre de l'art gothique cistercien. Le monastère est imprégné de l'idéal de simplicité ascétique prôné par saint Bernard, une simplicité que les transformations successives apportées au fil des siècles n'ont pas altérée. Il est inscrit au patrimoine mondial de l’humanité de l’UNESCO depuis 1989.

Le roi Dom Alfonso Henriques, en mars 1147, prend la ville de Santarém aux Maures. Pour remercier Dieu de cette victoire qui lui ouvre la route de Lisbonne, il promet de construire une demeure magnifique pour l’ordre des cisterciens. Il faut 76 ans pour finir l’ouvrage. Et 60 ans plus tard, le roi Dom Dinis fait construire le cloître principal. Ce n’est qu’en 1252 que le monastère est inauguré. En 1269, les moines sont les premiers à donner des cours publics. Érudits, ils s'illustrent en particulier en agronomie et organisent l'agriculture. Ces moines agronomes entretiennent des rapports étroits avec les souverains portugais qui leur octroient le pouvoir de créer des bourgs par la concession de chartes, afin d'assurer le défrichement et le peuplement des domaines alentour. Au XIIIème siècle, le monastère d'Alcobaça est une congrégation riche et influente, dont l'autorité s'étend sur des terres fertiles, treize bourgs, quatre ports de mer et deux châteaux.

Au XVIème siècle, le monastère, tout en poursuivant ses activités éducatives, se distingue dans les arts plastiques, la sculpture notamment, ainsi que l'historiographie : les moines produisent la première histoire du Portugal. Le monastère se dote d'une imprimerie et d'une bibliothèque.

En 1810, les envahisseurs français pillèrent l'abbaye. Le peu de richesse qui subsista de cet assaut fut dérobé en 1834 dans un soulèvement anticlérical qui vit la disparition des ordres religieux au Portugal.

Nous entamons la visite par la salle des moines, puisque c’est là que l’accès PMR est ouvert. Cette salle était dédiée aux novices de la fin du XVème siècle jusqu’à ce qu’ils soient transférés au cloître du cardinal à la fin du siècle suivant. Elle est adjacente à la nouvelle cuisine, construite au XVIIIème siècle. Elle a l’eau courante, intégré au système hydraulique du monastère, et relié à la Levadinha, une branche de la rivière Alcoa qui a été dévié pour alimenter le bâtiment. La cheminée imposante repose sur 8 piliers en fonte, une construction innovante pour l’époque.

Le réfectoire est bien entendu contigu à la cuisine. Le lavatorium du cloître, ou la fontaine, est juste en face du réfectoire, pour permettre les ablutions, le lavage rituel. Pendant les repas, des textes sacrés étaient lus au pupitre.

Nous en profitons pour admirer un peu plus le cloître principal, dit cloître du silence puisque les moines font vœu de silence. Il est planté d'orangers. Il fascine par la pureté et la simplicité de ses lignes. Le second niveau a été ajouté pendant la période manuéline

Nous passons près du parloir, c’est le seul endroit où les moines pouvaient rompre leur vœu de silence. Ils ne pouvaient cependant discuter que de sujets intéressants les intérêts de la communauté.

Toutes les questions relatives à l’administration et à la vie de la communauté étaient traitées dans la salle capitulaire. Les moines se réunissaient ici une fois par jour pour écouter la lecture d’un chapitre de la règle de Saint Bernard. Dès 1180, il a été décidé que tous les abbés seraient enterrés dans cette salle.

Nous entrons ensuite dans l’église abbatiale. Dans le transept, de part et d’autre de la nef, on trouve les tombeaux, dont les décors sculptés sont d'une rare beauté, du roi Pierre Ier (Pedro Ier) et de sa maîtresse Inès de Castro, qui se font face. Très jeune, Pedro avait dû épouser, sur ordres de son père, Constanza, l’infante de Castille. Cette dernière mourut cependant cinq ans après le mariage, ce qui permit à Dom Pedro de s’évader avec sa maîtresse dans la ville de Coimbra. Son père, le roi Alfonso IV, croyant que la famille d’Inès était une menace pour son royaume, la fit exécuter le 7 janvier 1355. Dom Pedro attendit la mort de son père pour se venger des exécuteurs en leur faisant arracher le cœur en sa présence. Puis, il déclara qu’il avait épousé Inès lors d’une cérémonie secrète précédant sa mort, à Bragança, et il fit exhumer le corps de sa femme afin qu’elle fût reconnue comme reine. D'après la légende, il aurait présenté le corps embaumé d’Inès avec une couronne sur la tête et exigé que tous les courtisans s’agenouillent individuellement et baisent la main de la reine.

Il y a aussi un panthéon royal, qui a été rajouté en 1782, quand le Frère Manuel de Mendoça était père abbé. Les tombes, antérieures, ont été transférés à ce moment-là.

L’église aurait été consacrée le 20 octobre 1253. L’architecture de l’église est austère, en accord avec les préceptes de l’ordre cistercien laissés par Saint Bernard. La nef a été divisé en 3 portions pour des usages différents : le chœur des moines, accessible par le cloître ou par un escalier désormais condamné depuis le dortoir des moines ; le chœur des frères convers, des hommes qui vivaient et servaient au monastère, mais qui ne prenaient pas la robe ; et le chœur des malades. La grande porte de l’église n’était utilisée que lors d’exceptionnelles occasions. La population n’avait pas le droit d’entrer jusqu’au XVIIIème siècle. Ils avaient accès à une autre église « en dehors des murs ».

Cette chapelle est désormais appelée salle des rois, car elle contient des statues polychromes en terre cuite représentant les rois du Portugal, du roi Alfonso Henriques jusqu’au roi José. Cet ensemble est complété par une allégorie du couronnement du roi Alfonso Henriques par le Pape Alexandre III et Saint-Bernard. Les panneaux d’azulejos du XVIIIème siècle racontent une légende sur la fondation du monastère.

Célia et moi montons à l’étage. Nous passons par le dortoir, qui contenait les cellules des moines. Nous avons aussi une vue sur le cloître du Cardinal, assez peu entretenu, et dédié aux novices.

Nous ressortons du monastère peu avant 12h30. Il fait de nouveau bien chaud, 35°C, mais nous avons profité de la fraîcheur du monastère pendant la visite. Nous prenons la route pour rejoindre Nazaré, un village de bord de mer, à environ 15 km. A proximité de la côte, le temps change complètement et nous pénétrons sous une épaisse couche nuageuse. On dirait le climat vu récemment par Olivia sur la côte californienne ! En sortant de la voiture, il ne fait plus que 23°C.

La ville nous déçoit, c’est une station balnéaire. Nous trouvons néanmoins le restaurant « Maria do Mar », où nous nous régalons de poisson. Au-dessus de la falaise, il y a un village apparemment mignon à visiter. Les nuages nous empêchent d’en avoir un aperçu. Nous repartons donc vers 14h30.

Nous arrivons à Obidos vers 15h. Le nom Óbidos vient du latin Oppidum qui signifie "ville fortifiée". La crête rocheuse a servi d'oppidum aux Celtibères avant l'arrivée des Romains qui sont à l'origine de la ville au Vème siècle de notre ère. Celle-ci fut occupée par les Maures du VIIIème au XIIème siècle, jusqu'à leur expulsion en 1148 par Alfonso Enriques. Le château a été bâti dès le XIIIème siècle par le roi Denis Ier. Une première muraille avait été construite par les Maures ; les Portugais l'ont améliorée en 1527 puis restaurée à la suite du séisme de 1755 qui toucha l'Ouest du Portugal et détruisit Lisbonne. Dès l'époque médiévale, la ville occupait la même superficie qu'aujourd'hui.

Nous réussissons à nous garer tout près de la ville médiévale. La promenade est vraiment agréable. Le soleil est de retour et il fait environ 30°C. J’aime beaucoup ce genre d’endroit. Lando s’achète une petite arbalète en bois. Les enfants prennent une glace ; Virginie aussi car elle trouve son parfum préféré : fruit de la passion.

Nous repartons vers 16h30. Lisbonne est à environ 80 km. Je me décide à prendre l’autoroute payante, et il ne nous faut qu’une heure pour atteindre la capitale.

Nous logeons à l’hôtel Roma, au Nord du centre-ville. Nous avons une chambre familiale, assez spacieuse. Les enfants ont chacun un lit simple, c’est parfait. Nous passons une fin d’après-midi tranquille. Je sors vers 19h30 pour acheter des pizzas à proximité. Il a fallu que je demande, en portugais, les ingrédients souhaités. Merci à l'application traducteur !

2
août

Le temps reste chaud mais plus supportable, avec un maximum de 32°C. La chambre se réveille vers 8h30. Nous allons prendre le petit-déjeuner juste après. Il est proposé sous forme de buffet, et Lando trouve de la gelée anglaise. Il a découvert ça pendant sa dernière colo en Catalogne. Il est quand même un peu dégouté quand je lui explique que c’est fait avec de la peau et des os de vache 😉.

Nous partons de l’hôtel vers 10h15 en voiture. J’ai décidé d’éviter le métro avec Virginie. Nous nous garons dans un parking souterrain du quartier bas « Baixa ».

Nous entamons ensuite la montée jusqu’au château de São Jorge, qui est situé sur l’une des 7 collines de la ville, dans le quartier de l’Alfama. Célia tombe à cause d’un petit trou, pendant que je pousse Virginie dans une rue montante. Nous prenons un ascenseur qui nous fait gagner 20 m de dénivelé. Nous atteignons le château vers 11h.

Construit au XIème siècle par les maures, cet espace a été utilisé par ces derniers pour y installer une forteresse de défense, et le premier roi du Portugal, Alfonso Henriques Ier, à la reprise de la ville le 25 octobre 1147, a utilisé les ruines pour renforcer et établir un château en l’honneur de la victoire du Portugal.

Son rayonnement est apparu au XIIIème siècle, lorsqu’il accueille la résidence de la famille royale, qui s’est déplacée plus tard jusqu’à l’actuelle praça do Comércio.

Du XVIème au XIXème siècle, le château a plutôt une fonction défensive, initiée par l’intégration du Portugal au royaume d’Espagne. Cette fonction s’est peu à peu atténuée au fil du temps. Il a ensuite été utilisé comme prison, puis laissé en ruines.

Des travaux de réaménagement et de reconstruction ont été entrepris de 1938 à 1940 pour rendre sa splendeur à cet édifice. C’est dans une atmosphère médiévale et d’un autre temps que nous visitons cet endroit. Juste en face de l’entrée, une belle esplanade nous offre une belle vue sur la capitale. Les nuages se dissipent peu à peu et laissent apparaître le fleuve et le pont. Nous remarquons un canon en bronze de 1622 qui a été remonté sur son chevalet.

Puis je me dirige vers les ruines et les fortifications, plutôt bien restaurées du monument.

En sortons du château, nous faisons un petit tour dans les rues de l’intérieur des remparts. C’est le plus vieux quartier de Lisbonne.

Nous allons manger dès 12h20 au restaurant « Claras em Castelo », juste avant les remparts. Les enfants prennent du ragoût d’agneau. Virginie et moi nous partageons une salade tomates mozzarella et du poulet au miel.

Nous descendons ensuite jusqu’au mirador de Santa Luzia. La vue est un peu obstruée par un immense paquebot de croisière. Lando aimerait beaucoup partir en croisière.

Nous passons aussi sur le place Das Portas do Sol. Célia tombe de nouveau.

Nous continuons à descendre la colline. Lando trouve un ficus géant dans lequel il tente de se cacher. Nous arrivons à la cathédrale. Elle ressemble presque à un château fort. En tout cas, elle est particulièrement massive.

Nous voilà finalement redescendu dans le Baixa et Célia tombe encore une fois. Elle est désemparée. Nous retournons vers la voiture. Je trouve un autre ascenseur dans la Rua dos Fanqueiros, qui aurait pu nous aider à monter vers le château. Je vois de loin l’ascenseur de Santa Justa.

Nous revenons à l’hôtel peu avant 15h. Tout le monde dort un peu, c'est sûrement réparateur pour Célia. Je remobilise difficilement la troupe vers 17h30. Nous reprenons la voiture à 18h pour aller nous promener dans un autre quartier, le Chiado, sur une autre colline, en face de l’Alfama, où nous avons passé la matinée. Je me gare à proximité du mirador Sao Pedro de Alcantara. La vue complète effectivement bien celle de ce matin.

Nous passons ensuite devant l’église Saint Roch. Son plafond a la particularité d’être en bois peint.

Nous déambulons dans des rues, au lieu de prendre les escaliers, plus fréquentés, jusqu’à une jolie place devant l’ancienne abbaye des Carmes, qui est devenue un musée archéologique.

Célia et moi allons jusqu’au belvédère en haut de l’ascenseur de Santa Justa. C’est une machinerie métallique qui permet de s’élever depuis le Baixa.

Nous allons manger juste à côté, chez Super Mario, une cantine de quartier qui propose des plats simples et largement servis. Lando prend un steak, Virginie et Célia des saucisses, et moi des filets de daurade à la meunière, le tout servi avec de la salade, des frites et du riz.

Lando et moi remontons chercher la voiture et venons récupérer Virginie et Célia. Nous arrivons à l’hôtel vers 20h15.

Célia avait oublié ses lunettes dans l’appartement à Coimbra. Elles ont été retrouvées et sont partis par la poste aujourd’hui. Nous devrions les récupérer à l’hôtel d’ici vendredi.

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Publié le 3 août 2022

Belle et chaude journée ensoleillée, jusqu’à 32°C. Nous nous levons difficilement vers 8h40. Direction le petit-déjeuner à 9h. Après avoir repris quelques forces, nous partons avec la voiture pour les visites du jour. Nous partons à la découverte du quartier de Belem, dont le nom provient de « Bethléem ».

Passage stratégique vers les mers du globe, l’endroit avait une importance majeure dans le développement de l’influence maritime portugaise et à ce titre, était très animé : c’est là que se préparaient les grands voyages, les longues expéditions, c’est là que les navigateurs attendaient le départ ou soufflaient à leur arrivée. Le village de Belem a ainsi connu une croissance rapide, sans forcément que les infrastructures suivent le rythme.

En 1452, Henri le Navigateur ordonne donc quelques aménagements afin qu’il y ait dans ce quartier une chapelle et son presbytère, des terres cultivées, de l’eau propre à disposition. A la fin du XVème siècle, Manuel Ier, roi du Portugal à l’époque, décide de faire construire un monastère.

C’est ce monastère que nous allons d’abord visiter. Il a été financé grâce à l’argent issu du premier voyage aux Indes de Vasco de Gama, qui a permis de mettre en place une route commerciale fructueuse ! Le monastère des Hiéronymites, ou « Mosteiro dos Jeronimos », doit son nom au fait que ce sont les moines de l’ordre de Saint-Jérôme (« São Jerónimo » en portugais) qui ont été choisis pour l’occuper.

Sa construction va se révéler longue et entremêler différents styles architecturaux, ce qui est typique du style manuélin : un mélange entre des éléments gothiques, des symboles du pouvoir (croix du Christ, sphère armillaire), des références à la marine (coquillages, poissons, vagues). Le monastère des Hiéronymites a la particularité d’intégrer des représentations d’animaux d’Afrique. Les proportions ne sont pas du tout conformes à la réalité, il y a parfois des animaux avec beaucoup plus de pattes que nécessaire. C’est lié au fait que l’on représentait une réalité que les sculpteurs n’avaient jamais vue de leurs propres yeux. Le monastère est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1983.

Nous allons d’abord chercher nos tickets avant de rentrer dans le monastère. Nous débouchons au rez-de-chaussée du cloître. De forme carrée de 55 mètres de côté, il comprend deux étages. Il mélange une foule de styles architecturaux et de symboles : des références religieuses (c’est d’abord un monastère !), des symboles de la royauté (dont la fameuse sphère armillaire présente un peu partout, ou encore la croix de l’Ordre du Christ – que l’on aperçoit sur le tombeau de Vasco de Gama), des animaux (réels ou gargouilles). Je monte d’abord à l’étage du cloître avec les enfants. Nous passons aussi par l’église.

Redescendus rejoindre Virginie, nous accédons autour du cloître à différents espaces, notamment les confessionnaux où les pèlerins et les marins venaient confesser leurs péchés. Le moine y entrait depuis le cloître, le pénitent depuis l’église.

Nous visitons aussi la salle du chapitre, ou salle capitulaire, avec le tombeau de l’écrivain Alexandre Herculano aux pieds en forme de lion et une très belle porte ornée du 16e siècle. Avant que Lisbonne ne possède son Panthéon national, cette salle a temporairement servi de « substitut » en accueillant les dépouilles de quelques Portugais célèbres.

Et puisque l’on parle de lion, l’animal se voit aussi dédier une fontaine, qui permettait aux moines de se laver les mains avant d’accéder au réfectoire, juste placé derrière. Le réfectoire a été construit autour de 1517-1518 et est en partie recouvert d’azulejos peints entre 1780 et 1785.

Une fois ressortis de l’espace monastique, nous entrons dans l'église Santa Maria de Belem par son portail Ouest, œuvre de Nicolas Chanterène. Il est orné de très belles statues, notamment celles de Manuel Ier et de sa seconde épouse Marie d'Aragon. Au-dessus du portail se trouvent les scènes de l'Annonciation, de la Nativité et de l'Adoration des Mages.

Elle a la particularité d’être ce que l’on appelle une « église-halle » en architecture. Cela signifie que la hauteur de la partie centrale est identique à celle des vaisseaux latéraux.

En entrant, on trouve le tombeau du poète Luis de Camoes, très richement orné. L’église abrite également les dépouilles de Manuel I et de sa femme.

Finalement, en face repose Vasco de Gama. Le célèbre navigateur est décédé aux Indes, à Cochin. Ses restes ont par la suite été rapatriés au Portugal dans une petite église. En 1880, ils ont finalement trouvé un lieu à leur mesure : ce superbe tombeau au monastère des Hiéronymites, avec un gisant, des représentations maritimes, des sphères armillaires…

Le portail latéral sud, œuvre de Diogo Boitaca et João de Castilho, présente un foisonnement de gâbles, de pinacles et de niches accueillant des statues. Il est couronné par un dais surmonté de la croix des chevaliers du Christ. Le trumeau est orné de la statue d'Henri le Navigateur et le tympan est décoré de bas-reliefs se rapportant à la vie de saint Jérôme.

Merci aux sites Wikipedia et au blog Salut Bye Bye, qui m’ont permis de rassembler ces informations.

Nous ressortons vers 11h et nous allons un kilomètre plus loin découvrir la Tour de Belem au bord du Tage. Elle a été construite entre 1514 et 1519 par le roi Manuel Ier de Portugal pour garder l'entrée du port de Lisbonne. Il revêtait une grande importance dans l’époque des découvertes en Europe, car il servait à la fois de forteresse et de port d’origine des explorateurs portugais pour établir ce qui serait le premier commerce européen avec la Chine et l’Inde. Elle a aussi été inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO en 1983. A l’origine elle se situait plus au milieu de l’eau, mais le tremblement de terre de 1755 a modifié le lit du Tage.

Nous admirons le pont du 25 avril. Ce pont a été le premier pont sur le Tage de Lisbonne. Il a été inauguré en 1966 et a été construit avec le support d’une société américaine et de son acier. Il s’inspire notamment du Golden Gate de San Francisco ! Nous remarquons aussi le Padrão dos Descobrimentos, ou monument des découvreurs. C'est une dalle verticale de béton de 52 mètres de haut érigée en 1960 pour célébrer le 500e anniversaire de la mort de Henri le navigateur. Cette dalle est sculptée en forme de proue d'un navire sur laquelle évolue un groupe de statues représentant Henri le navigateur suivi des grands explorateurs. Attenant à ce monument, une place a été aménagée sur laquelle sont représentés, reproduits au sol, une carte du monde et les itinéraires des explorateurs portugais. Nous avons trouvé Madagascar qui a bien sûr été abordé par des marins portugais, au moins à Fort Dauphin et à Diégo Suarez.

Nous cherchons notre lieu de repas. Nous allons à la cafétéria du musée de la marine. Nous mangeons une soupe puis un sandwich, un wrap ou une salade.

Nous allons finalement au centre culturel de Belem, découvrir la collection Berardo. C’est un homme d’affaires portugais La collection du musée est représentative des beaux-arts, surtout européens et américains, du XXème siècle. La collection couvre les grands mouvements du surréalisme à l'art pop, l'hyper-réalisme, de l'art minimaliste à l'art conceptuel, présentés en divers médiums artistiques.

J’apprécie surtout le pop art. Lando aime les tableaux de nus.

Nous ressortons vers 14h30. Nous reprenons la voiture pour rentrer à l’hôtel vers 15h. Les lunettes de soleil de Célia sont déjà arrivées, le colis postal depuis Coimbra, à 200 km, a mis une journée pour être acheminé.

Nous partons de l’hôtel à 18h. Nous allons nous garer sur le bord du Chiado, mais nous passons la soirée dans le Baixa. Nous explorons la Praça de Comercio. Elle est bordée d’harmonieux édifices avec galeries à arcades. Elle abrite de nombreux ministères, et est magnifiée par l’arc de triomphe de la Rua Augusta, construit pour commémorer le tremblement de terre de 1755.

Nous allons manger au restaurant O Cocas, dans une des rues du Baixa. Tout le monde prend un plat du jour et se régale : morue à la portugaise pour Lando, riz aux fruits de mer pour Virginie et côtelettes d’agneau pour Célia et moi.

En repartant, vers 20h30, le jour s’évapore déjà. Nous passons près des places de Figuera, de Pedro IV et du commerce. Il fait nuit quand nous sommes de retour à l’hôtel à 21h20.

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Publié le 4 août 2022

Le ciel est nuageux sur Lisbonne quand nous nous levons. Nous allons prendre le petit-déjeuner vers 8h30. Nous partons en excursion à 9h50 vers Sintra. C’est une localité à une trentaine de km de Lisbonne où l’aristocratie aimait se mettre au frais, bénéficiant d’un climat un peu plus tempéré grâce à une petite chaîne de montagnes.

Du coup, on grimpe et on finit par rentrer dans les nuages et à même avoir un peu de pluie. Je voulais aller visiter le palais de Pena, qui surplombe Sintra. C’est un palais construit par Ferdinand II au XIXème siècle sur les restes d’un couvent, avec un jardin rempli d’espèces exotiques. Compte tenu du mauvais temps et du manque d’accessibilité du monoment, nous renonçons.

Je propose quand même à Lando de monter sur le château des Maures, tout proche. C’est une fortification militaire qui témoigne de la présence islamique dans la région et qui a probablement été construite entre les VIIIe et IXe siècles ; il a ensuite été agrandi après la Reconquista.

Surplombant la ville de Sintra, le château servait de poste de guet pour garantir la protection de Lisbonne et de ses environs. Il a été acquis par Ferdinand II qui l'a restauré en ruine médiévale romantique.

Le château a un plan irrégulier et est composé d'une double ceinture de remparts. Le mur intérieur offre une coursive et des remparts renforcés par cinq tours fortifiées. À l'intérieur, la citerne, alimentée par l'eau de pluie, et la Tour Royale sont les éléments les plus intéressants.

S’il faisait beau, du haut des remparts, on pourrait admirer un paysage jusqu’à la côte atlantique. Ce matin, on ne voit pas à plus de vingt mètres !

Nous rejoignons Virginie et Célia vers 11h30. Nous passons devant l’entrée du Palais de Pena.

Nous descendons dans la ville de Sintra. Les nuages sont montés et la vision est correcte au niveau de la ville. Nous nous garons peu après midi. Nous remontons toute la rue des boutiques pour aller déjeuner au restaurant Villa 6, que Célia a repéré dans le guide du Routard. Nous sommes surpris de la soupe du jour, du gaspacho, il est très bon. Ensuite Virginie mange une salade, et nous trois un steak avec un œuf sur le plat et des frites, qui arrivent un peu en retard.

Nous voulons aller visiter le palais de Sintra. Je me renseigne : il y a des escaliers partout et seules 2 ou 3 pièces sont accessibles. Du coup, Virginie renonce et s’installe dans la voiture pour lire.

Je fais la visite avec Lando et Célia. Le Palais national de Sintra est le symbole de la ville, ses deux cheminées coniques blanches hautes de 33 mètres lui donnent une silhouette tout à fait singulière.

Il s'agit en fait d'un ensemble de bâtiments qui ont été construits, ajoutés et adaptés au cours de nombreux siècles après la fondation de ce plus ancien palais du pays. Selon toute vraisemblance, le premier bâtiment a été construit vers le Xème ou XIème siècle lorsque Sintra était sous la domination maure. À la fin du Moyen Âge, le Palais de Sintra est au cœur d'un vaste territoire confié aux reines du Portugal tout en étant l'une des destinations préférées des monarques. L'abondance de la chasse dans la région, la fraîcheur du climat pendant les mois d'été et la nécessité de se réfugier pendant les périodes de peste dans la capitale ont contribué à faire du Palais de Sintra une destination régulière.

Pratiquement tous les rois et reines du Portugal ont passé du temps en résidence au Palais national de Sintra, ils ont souvent laissé derrière eux leurs propres marques ou souvenirs. Ainsi, au fil du temps, le palais a été façonné par différents styles influencés par les différentes tendances artistiques prévalant à chaque période, reflétées aujourd'hui dans les différents styles architecturaux avec le gothique et le manuélin particulièrement évidents. Le style mudéjar, symbiose entre l'art chrétien et l'art musulman, est également très présent, notamment dans les exubérantes finitions de carreaux hispano-mauresques. La configuration actuelle du bâtiment découle largement des campagnes de construction entreprises sous les règnes des rois Dinis, João I, Manuel I et João III.

Nous rentrons dans le palais par un escalier situé sous les arcades. Nous arrivons rapidement dans la section correspond au Palais Royal construit sous le règne de João I (1356-1433) et Philippa de Lancastre.

Cela commence par le Grand Hall, aujourd'hui connu sous le nom de Salle des cygnes, qui était ouvert à tous ceux qui entraient dans le palais. Jusqu'au XIXe siècle, c'est la salle qui réunissait la cour et le lieu des banquets, des concerts musicaux, des réceptions publiques, des cérémonies religieuses et même funéraires. Son nom dérive de la décoration sur les panneaux du plafond. Le cygne couronné était un emblème déployé par Henri IV d'Angleterre, son frère.

L'accès aux pièces suivantes devient progressivement plus sélectif, aboutissant aux Appartements du Roi ou de la Reine. Seuls certains membres de la haute noblesse, du clergé ou d'importants ambassadeurs étrangers y accédaient.

Vient ensuite la salle des pies, qui était la salle la plus souvent choisie pour les audiences royales. Les seuls meubles existants seraient ceux nécessaires pour démontrer la majesté du monarque : une estrade ou un tapis, une chaise et un auvent. Au XIXème siècle, les audiences royales perdirent de leur importance et cette salle commença à être utilisée pour les banquets. Son nom fait allusion à la peinture du plafond, considérée comme la plus ancienne du palais. La signification exacte des 136 pies reste inconnue. La rose qu'ils portent dans leurs griffes fait potentiellement référence à la maison anglaise de Lancaster à laquelle appartenait la reine. "Pour de bon" était le slogan de son mari, João I.

La Chambre Dorée est la troisième salle du Palais de João I et Philippa de Lancaster. Ici, le monarque recevait les personnes du statut social le plus élevé comme ce fut le cas avec la reine Catherine d'Autriche. Ils pourraient aussi dormir sur le lit ici, entourés de leurs serviteurs ou d'un membre de la famille plus proche, qui dormaient par terre. C'était l'utilisation donnée par le roi Sebastião à cette chambre. Aux XVème et XVIème siècles, la salle était finie en or mais cette décoration s'est perdue avec le temps. Au XIXème siècle, c'est devenu la salle à manger.

Après quelques escaliers, nous arrivons dans cet ensemble de pièces qui peut être identifié comme le Palais construit au XVIème siècle par le roi João III. Remaniées à diverses reprises et dépouillées de leur décoration d'origine, les cinq pièces qui composent cette partie du palais sont arrivées au XXIème siècle sans aucun souvenir associé.

La salle des galères, ou grande salle, est la première salle du palais construite par João III au XVIème siècle pour relier les chambres principales au sud avec l'aile nord-ouest du palais. La salle tire son nom des galères peintes au plafond qui arborent les drapeaux du Portugal, de l'Empire ottoman et des Pays-Bas. Cachées par un faux plafond au XIXème siècle, les peintures ont été retirées de l'obscurité au siècle suivant.

Nous repassons dans un autre bâtiment. La salle des armoiries représente l'expression maximale de l'idéal de la monarchie sous le roi Manuel I. En plaçant ses armoiries au centre de la coupole de cette salle, Manuel s'est projeté comme le centre et le sommet d'une société interdépendante très hiérarchisée. Son pouvoir dépendait du soutien de la noblesse et ils obtenaient du roi la distinction sociale qu'ils exigeaient pour leurs fonctions.

La noblesse est représentée par les armoiries des 72 principales familles. Les armoiries véhiculent l'identité des individus associés et offrent une forme claire de distinction sociale.

L'inscription qui parcourt la salle rappelle les souvenirs des services rendus par leurs ancêtres – « les services loyaux » – définissant l'identité et la position sociale de chaque famille. Quant au roi, il apparaît comme le juge suprême et chargé de garantir cet ordre. Les murs de cette salle ont été recouverts d’azulejos représentant des scènes de galanterie au XVIIIe siècle.

Nous pénétrons ensuite dans la partie la plus ancienne du palais, une structure fortifiée construite pour défendre les terres environnantes. Rénové à l'époque du roi Dinis et d'Isabelle d'Aragon (XIIIème siècle), ce palais était une démonstration de l’autorité des nobles devant le peuple. Cette autorité était celle de la reine, à qui le roi avait accordé les terres et la ville de Sintra. En tant que plus haute autorité, les reines maintenaient leurs chambres dans cette zone du Palais, car c’était la plus inaccessible de toutes.

Au XVIIème siècle, cette zone a eu un usage différent et est devenue la prison du roi Afonso VI, qui a été déposé par son frère. Le roi a vécu ici isolé et gardé par 300 soldats pendant neuf ans. Dans cette chambre, certains sols en céramique sont les plus anciens du palais (vers 1430-1440).

Nous accédons ensuite à la chapelle du château par l’étage. C’est une construction originale du règne du roi Dinis et d'Isabelle d'Aragon, au XIIIème siècle. Elle a été modifiée et agrandie sous le règne d'Afonso V. Le plafond mudéjar est l'un des mieux conservés du Portugal. La décoration murale a été restaurée au XXème siècle sur la base de fragments survivants qui avaient été trouvés. D’autres travaux de restauration sont en cours.

Nous descendons ensuite dans la partie du palais qui constitue son volume central et qui a été très touchée par le tremblement de terre de 1755. La salle Arabe a été reconstruite au XIXème siècle. A cette époque-là, l’eau et les tuiles étaient toutes deux vues comme des facettes du monde islamique. Immédiatement, et malgré l'absence de vestiges antérieurs à la période chrétienne, le palais est devenu un symbole de l'héritage mauresque dans la culture portugaise.

Au début du XXe siècle, l'actuelle salle du lit à baldaquin servait de salle à manger pour le personnel au service de la reine Maria Pia. Aujourd'hui, le lit à baldaquin du XVIIème siècle ayant appartenu aux ducs de Cadaval est exposé ici. Il est tapissé d’argenterie et a été rénové en 2016.

Jusqu'au XVème siècle, le partage des repas avec leurs sujets était l'une des fonctions fondamentales du roi, en tant qu’acte d’union, avec les fonctions de la justice et de la protection. Les banquets, bien qu'occasionnels, étaient parmi les événements de cour les plus importants. La cuisine monumentale du palais a été construite par le roi João I pour desservir l'ensemble du palais. Sa dimension s'explique par les centaines de personnes qui pouvaient composer la cour. L'échelle et la forme emblématiques des deux cheminées de 33 mètres sont devenues un point de repère de Sintra.

Nous pénétrons ensuite dans la salle manuéline. La section contenant cette salle et les chambres de la reine Maria Pia représentent trois réalités politiques distinctes. D’abord le Palais de Manuel Ier, construit au XVIe siècle, reflète le régime noble médiéval. Puis avec la mise en place d'une monarchie constitutionnelle en 1822, ces chambres ont été adaptées pour une famille royale qui n'était plus le centre de la prise de décision politique. L'utilisation est devenue plus domestique et plus proche des modèles actuels. Enfin, le régime dictatorial de l'Estado Novo (1933-1975) a effacé une partie de cette mémoire du XIXème siècle pour créer un environnement qui servait son propre programme idéologique.

La salle manuéline servait de grande salle à l'époque de Manuel I. L'espace a ensuite été divisé par des cloisons et a accueilli les chambres du roi Luís I. Dans les années 1930, la zone d'origine de la salle a été restaurée par des experts du patrimoine au service de la dictature. Il était même prévu de finir le plafond avec des peintures faisant allusion aux navigateurs et explorateurs portugais des XVème et XVIème siècles.

Nous nous engageons dans les appartements de la reine Maria Pia de Savoie, la dernière reine du Portugal à vivre dans ce palais. Ce sont les pièces les plus récemment rénovées et ouvertes à la visite. Nous traversions la galerie des couleurs, la chambre à coucher, la salle de toilette et le salon.

Nous descendons ensuite dans le patio central. Il permet de circuler dans les différentes sections du palais du roi João Ier et de la reine Philippa sans avoir à utiliser de passage intérieur. L'étage supérieur du palais, dont l'extérieur présente une peinture murale du XVIe siècle, est accessible directement par l'escalier en colimaçon. Au centre, on trouve une goulotte en forme de colonne torsadée datant du XVIème siècle.

Le point central de cet espace extérieur est la Grotte d'Eau, un recoin en retrait du soleil qui permet de profiter du calme du patio. Construite à la fin du XVème siècle ou au début du XVIème siècle, la grotte a été redécorée au XVIIIème siècle. Les plâtres du plafond sont attribués à l'atelier de Giovanni Grossi et présentent la Création du Monde (composition centrale), les Quatre Saisons (coins) et des thèmes mythologiques.

En sortant, nous allons rapidement voir le premier jardin du palais, le jardin Preta. C’est un bon point de vue sur les collines de Sintra et le centre historique. Le château des Maures est désormais visible. Récemment restauré, le jardin Preta tire son nom de la composition peinte d'une lessiveuse noire accompagnée d'un personnage masculin à la livrée rouge. Au centre de ce jardin se dresse une grande colonne torsadée manuéline qui, jusqu'au début du XXème siècle, occupait la place devant l'entrée de la cour du Palais, alors un espace fermé.

Nous prenons une glace aux Gelados Portuges. Chacun choisit un parfum : ananas, fruit de la passion ou fruits des bois. Nous rejoignons Virginie à la voiture vers 15h.

Sintra a été un peu décevant: c'est le premier endroit où les visites ne sont pas accessibles aux personnes à mobilité réduite. Le site internet des Parques de Sintra n'est pas si explicite et parle d'un plan d'envergure en cours pour améliorer les standards d'accès aux sites. Cela a l'air de trainer et je pense que ce ne sera pas compatible avec la fréquentation, au moins pendant la haute saison touristique.

Il nous faut une bonne ½ heure pour retourner à l’hôtel à Lisbonne. Le soleil brille à nouveau. Nous passons le reste de l’après-midi et la soirée à l’hôtel. Je retourne chercher des pizzas et nous nous régalons à nouveau !

5
août
5
août
Publié le 6 août 2022

Nous nous levons vers 8h30. Nous descendons profiter du buffet du petit-déjeuner de l’hôtel Roma pour la dernière fois. Lando continue son exploration : après la gelée le premier jour, les tartines de nutella le deuxième, les beignets le troisième, il se concentre aujourd’hui sur la machine à pancake : la pâte coule sur un tapis roulant, s’étale et passe sous des radiants pour cuire la petite crêpe, avant de tomber sur un disque qui pont donc recevoir toute une série de pancakes !

Nous partons de l’hôtel vers 10h15. Nous prenons la route pour rejoindre Evora, à environ 120 km dans les terres, vers l’Est. Nous sortons de Lisbonne en empruntant le Pont Vasco de Gama, un immense viaduc qui enjambe la baie formée par le Tage.

Nous arrivons à Evora vers 12h15. C’est la capitale de l’Alentejo. Elle est connue pour ses mégalithes, installés à l’extérieur de la ville. Les romains sont aussi passés par là. Au XVème et au XVIème siècle, Evora devient la deuxième ville royale, elle abrite la cour et connait une vie culturelle et artistique intense. C’est à Evora au palais du roi Dom Manuel que le navigateur Vasco de Gama reçoit en 1497 l’ordre royal de partir à la recherche de la route des Indes. De retour au pays, honoré et riche, le navigateur s’installe à Evora de 1510 à 1520. La ville est inscrite au Patrimoine mondial de l’UNESCO.

Le cœur de la ville est entouré de remparts. Nous nous garons au bord des remparts derrière l’université et nous remontons vers le centre historique. Nous arrivons sur la place où trône le temple de Diane, qui date du IIème siècle. Cette attribution à Diane, Déesse de la chasse, est surtout romantique. Les historiens pensent plutôt que le temple était dédié à Auguste, comme la maison carrée de Nîmes. On doit son remarquable état de conservation au fait que les colonnes ornées de châpiteaux de style corinthien ont été englobées au moyen-âge dans les murs d’une forteresse, et simplement redécouverts au XIXème siècle.

La place est aussi bordée de l’ancien Mosteiro dos Loios avec son église Sao Joan Evangelista. Le couvent des moines de Saint-Eloi est aujourd’hui réaménagé en pousada, une maison d’hôte haut de gamme. Le Palacio de Cadeval et le musée d’Evora donnent aussi sur la place.

Nous descendons un peu vers la Cathédrale. Elle a été construite entre 1283 et 1308. Les deux clochers sont rabougris, l’un a un cône coloré, l’autre une forme de pomme de pin.

Nous partons ensuite à la recherche d’un restaurant. Nous descendons une rue jusqu’à la place du centre-ville, la Praça do Giraldo. C’est une élégante place à arcades irrégulières, fermée au Nord par l’église Santo Antao et au Sud par la Banque du Portugal.

Nous allons finalement manger au Paseo, un petit patio au fond d’une ruelle. Après une soupe aux légumes, Virginie prend une salade, Lando, Célia et moi choisissons un bon steak haché Angus avec des frites.

Nous reprenons ensuite la promenade. Je pars avec Célia vers le Sud. Nous passons devant l’église de Grâce, construite en 1511. Sa façade Renaissance est ornée d’atlantes portant le monde sur leurs épaules.

Nous allons ensuite à l’église Sao Francisco construite aussi entre 1480 et 1510 dans le style gothique manuélin. Les trois symboles de l’Empire portugais surmontent le portail d’entrée : la couronne, le pélican et la sphère. Pour rappel, la construction de l’édifice correspond à l’époque de l’expansion maritime du Portugal. L’intérieur de l’église est très baroque.

Nous continuons ensuite la promenade par les jardins du Palacio de Dom Manuel. Du somptueux palais construit en 1468 par Don Alfonso V, il ne reste que la galerie des Dames avec ses arcades de style mauresque.

Nous longeons la partie la mieux conservée des remparts entre les portes de Raimundo et d’Alconchel, là où subsiste le couvent des Remedios.

Nous remontons finalement la Rua Serpa Pinto.

A proximité de la place Giraldo, nous remarquons le musée de l’horlogerie.

Virginie et Lando nous ont attendu plus longtemps que prévu, il est 15h10 et nous sommes partis environ 40 minutes. Du coup, ils réclament une glace. Lando choisit le parfum banane-chocolat, Célia prend mangue, et je prends Fruit de la Passion pour Virginie.

Je pars explorer le Paço de Sao Miguel. Ce palais fut autrefois le siège de l’alcazar maure jusqu’au XIIème siècle. La belle cour de l’ensemble donne sur la campagne. Au XIXème siècle, ce palais était la résidence à Evora de la famille d’Almeida, l’une des plus riches et influentes du Portugal, également mécènes et philanthropes.

Nous repassons du côté de la place du temple de Diana avant de redescendre vers la voiture. Nous y arrivons vers 15h45.

Nous passons faire quelques courses dans un Intermarché pour le repas de ce soir. Nous arrivons à notre logement vers 16h30. Ce soir, nous faisons de l’agro-tourisme, puisque nous logeons à la ferme Monte de Serralheira, plantée au milieu des champs, désormais voisins d’une zone industrielle. Notre appartement est charmant équipé de deux chambres, deux salles de bains, une cuisine équipée et un salon. Il n’y a pas la clim, mais les larges murs permettent d’obtenir un environnement tempéré qui reste agréable. Comble de l’endroit, nous bénéficions d’une belle piscine.

Lando, Célia et moi en profitons vers 18h, après un temps calme. Nous mangeons donc de la soupe à la tomate, puis une salade grecque sans concombre. Lando et Célia réclament aussi des pâtes. Nous occupons le logement numéro 8 et nous sommes un peu trop loin de la borne wifi pour avoir une bonne connexion. Lando se trouve des copains portugais. Ils communiquent avec le traducteur du téléphone. Lando rentre vers 21h30.

6
août
6
août
Publié le 7 août 2022

Encore une journée chaude et ensoleillée, jusqu’à 36°C, après un ciel couvert et 17°C au réveil. Nous nous levons entre 8h30 et 9h. Je prépare un petit-déjeuner maison. Lando sort jouer entre deux chocolats chauds. Nous partons nous promener vers 10h05.

Nous partons vers Estremoz, une ville à environ 60 km au Nord-Est d’Elvas. C’est une cité organisée sur deux niveaux. Nous nous promenons d’abord dans la ville basse, qui avait ses propres remparts. C’est le jour du marché, donc c’est assez animé. Nous tombons d’abord dans une zone de brocante, c’est marché aux puces. Finalement, nous retrouvons les produits frais. Nous achetons quelques légumes et du fromage de brebis.

Les bâtiments anciens sont assez beaux et sont souvent construit avec le marbre blanc immaculé, pour lequel la région d’Estremoz est réputée.

Sur la ville haute, se dresse le château. En y montant en voiture, j’érafle une voiture stationnée quand je dois reculer car une voiturette déboule et n’arrive pas à se serrer. Comme c’est avec une partie en plastique, cela ne laisse rien de méchant ni sur la voiture stationnée, ni sur la mienne, « nada ». Nous débouchons rapidement sur un escalier monumental qui mène au Castelo, puis sur les remparts de celui-ci.

La statue de la Reine Sainte Isabelle trône au milieu de l’esplanade de la ville haute. Née Isabel d’Aragon, elle épouse le Roi Dinis, et meurt de la peste au château d’Estremoz en 1336. Connue pour la légende du miracle des roses et sa vie chrétienne exemplaire, elle a été béatifiée. L’ancien palais et son donjon, seul vestige du XIIIème siècle, ont aussi été convertis en pousada. L’ensemble est charmant. La visite de cette ville a bien plu à Virginie.

Nous continuons à rouler 35 km plus à l’Est, pour atteindre Elvas. C’est une ville proche de la frontière espagnole, qu’il fallait donc défendre. Elle dispose ainsi d’une forteresse très élaborée, construite au XVIIème siècle, et a été classée à ce titre au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2012. Construite en étoile, sur le modèle des forteresses de Vauban, avec des bastions, des courtines, de larges fosses, elle est percée de trois grosses portes fortifiées.

Nous nous garons à proximité de la place de la République, au centre de la cité. Elle est bordée au Nord par la tour-porche trapue de la Cathédrale, et au Sud par les vestiges de l’hôtel de ville et son Arco de Relogio. Nous mangeons sur la place, à l’abri de parasols, avec un peu de vent. Après la soupe du jour, Virginie prend une assiette de charcuteries et de fromage, Célia un bifteck, Lando et moi du porc, avec des frites. Le service est un peu long.

Nous montons derrière la cathédrale jusqu’à l’église Santa Clara, à la découverte de traces arabes. Nous passons à proximité de plusieurs églises, et de l’arc de Miradeiro.

Lando et moi descendons jusqu’au château fort, édifié par les Maures, puis remanié.

Nous nous promenons au milieu de quelques rues, qui rappellent les médinas. Les maisons sont blanches, jaunes, ocres, et souvent fleuries.

Je monte à proximité des remparts en voiture pour voir la porte fortifiée « Portas da Esquina » de plus près. Elle est ornée de la chapelle de Nossa Senhora da Conceiçao. Virginie a trop chaud, malgré la clim, et met du temps à se sentir mieux.

La ville disposait aussi de l’aqueduc d’Amoreira. Il n’est pas romain mais date du temps des grandes découvertes du Portugal. Commencé en 1498, il fallut plus d’un siècle de construction et il fut achevé en 1622. Long de 7,8 km, composé de 840 arches, il servait à alimenter la ville en eau, en particulier en cas de siège, et serait toujours utilisé.

Nous repartons donc un peu après 15h. Je roule en direction de Vila Viçosa. C’est une petite bourgade qui a la particularité d’avoir été la résidence des Ducs de Bragance. Dans les environs, à Monte Claros précisément, a eu lieu en 1665 l’ultime bataille contre l’Espagne, qui a consacré définitivement l’indépendance du Portugal. Celui-ci était sous domination espagnole depuis 1580. Suite à cette défaite, Madrid se résigne à l’inévitable : reconnaître la royauté des Bragance.

Je m’arrête d’abord sur la place du palais ducal. L’ensemble est majestueux, d’un côté se dressent le panthéon des Duchesses avec l’église et le couvent de Chagas de Christo, et de l’autre le panthéon des Ducs avec l’église de Nossa Senhorade Graça et le monastère de Santo Agostino. Au centre de la place, la statue équestre de Don Joao IV, le premier roi de la dynastie des Bragance, invite à pénétrer dans le grand palais ducal. Je n’observe que de l’extérieur cette longue façade palladienne du XVIème siècle en marbre blanc.

Au bout de la place de la République, plantée d’orangers, se dresse le Castelo.

Nous passons encore à Auchan acheter de quoi préparer le dîner. Nous rentrons donc à la ferme vers 17h20. Lando file à la piscine et retrouve des copains. Virginie se repose. Je prends un goûter, et je vais aussi à la piscine vers 18h. Je fais le tour de la propriété. C’est un endroit vraiment agréable, une sorte d’oasis au milieu de la campagne brûlée par le soleil. Les chiens de la propriété s'appellent Bella et Tello.

Nous mangeons vers 20h, du chili con carne façon Virginie et Célia.

7
août

Le réveil de ce dimanche est un peu plus étalé. Je me lève vers 8h30, les enfants vers 9h et Virginie vers 9h30. Nous prenons donc un long petit-déjeuner. Nous rangeons nos affaires. Nous partons finalement vers 11h05. Nous rejoignons la côte atlantique d’ici ce soir. Je décide de passer par Beja, la « capitale » du Bas Alentejo, au Sud.

Située sur une éminence de 277 mètres, commandant une position stratégique dans les plaines du Bas Alentejo, Beja a été une place importante dès la période celtique. La ville a été nommée Pax Julia par Jules César en l'an 48 av. J.-C., en l'honneur de la paix qu'il conclut avec les Lusitaniens. Durant le règne d'Auguste, son nom devint Pax Augusta, pas question qu’on se rappelle de Jules !

Après la conquête de la région par les Wisigoths, la ville est appelée Paca, et fut le siège d'un évêché. La ville est ensuite envahie par les armées omeyyades en 713. Les Maures s’installent. A la mort du dernier calife de Cordoue en 1031, Beja devint une Taïfa, une principauté musulmane indépendante. En 1144, le gouverneur de Beja, Sidray ibn Wazir, doit faire face à une rébellion orchestrée par Abul-Qasim Ahmad ibn al-Husayn al-Quasi. En 1150, la ville est prise par les Almohades, puis par l'armée du roi Alphonse Ier, à nouveau par les Almohades en 1175, et définitivement conquise par le roi Sanche II en 1234. Toutes ces guerres avaient décimé la population, et c'est seulement en 1521 que Beja retrouvera le statut de cité.

La ville sera à nouveau attaquée et occupée lors de la Guerre de restauration opposant les Portugais aux Espagnols (1640-1667). Elle retrouve son évêché en 1770. En 1808, les troupes napoléoniennes du général Junot y commettent un massacre sur la population civile.

Nous arrivons à Beja vers 12h20. Nous nous garons à proximité du château, qui date du XIIIème siècle, mais qui a été remanié, tout en étant installé à l’emplacement de fortifications précédents. Le donjon est particulièrement impressionnant.

Virginie, Célia et moi nous engageons dans la rue qui va de la Cathédrale, en face du château, jusqu’à l’église Santa Maria. Lando fait la tête et reste à proximité de la voiture.

Nous remontons ensuite vers le musée régional, en surplomb de l’église. Le musée est installé dans le Couvent Notre-Dame de la Conception.

Nous finissons notre tour par la place de la République, où on trouve l’ancien et le nouvel hôtel de ville, et l’Igreja da Misericordia avec son portail ressemblant à un grand hall.

Revenus à proximité de la voiture, je tourne autour du château.

Nous prenons la voiture et nous allons au jardin municipal pour prendre notre pique-nique.

Je pars ensuite faire un petit tour avec Célia. Nous allons voir l’ancien collège des Jésuites, l’église do Salvador, l’ancien palais des Maldonados, converti en résidence étudiante, et un portail manuélin.

En revenant, nous passons devant l’ancien couvent de Sao Francisco, qui a été fondé en 1208.

Nous partons à 14h15. Nous arrivons à Vila Nova de Milfontes à 15h50. La ville est située à l’embouchure du fleuve Mira, au nord de la Costa Vincentina, assez sauvage.

Notre logement est dans une résidence au milieu de laquelle on trouve une belle piscine.

Je pars me promener vers 18h30. Je vais vers le fort, qui est au milieu du centre historique. La ville s’est développée grâce au tourisme, mais cela reste apparemment vivable.

C’est le roi Manuel Ier qui a donné son nom à la ville en 1522. Au début du XIXe siècle, Vila Nova de Milfontes était un petit village de pêcheurs et ne comptait que 1559 habitants.

Au XXème siècle, la ville est devenue le théâtre de l'une des principales réalisations de l'aviation portugaise : la première liaison aérienne entre le Portugal et Macao, réalisée par les aviateurs Brito Paes et Sarmento Beires. Le mécanicien Manuel Gouveia voyage par bateau jusqu'à Tunis où retrouvera ses camarades. Le voyage vers l'Est à bord de l'avion Pátria est parti le 7 avril 1924, de Campo dos Coitos, à côté de Milfontes. Après un long arrêt du 9 au 29 mai, l’équipage repart dans un nouvel avion Pátria II, et survole Macao après plus de deux mois, le 20 juin 1924, et s'écrase près de Hong-Kong, emporté par un typhon. Les aviateurs arrivent à Macao 4 jours plus tard à bord d'un navire de guerre portugais.

Je fais de petites courses et je reviens vers 19h30. Nous mangeons à l’appartement, soupe aux tomates puis salade composée et quelques pâtes.

8
août
8
août
Publié le 8 août 2022

Je me lève vers 8h30. Je laisse la maisonnée dormir. Célia se lève vers 9h. Virginie et Lando restent au lit jusqu’à 9h50. Nous prenons donc notre temps. Lando ne trouve plus de bermuda, il met donc un bas de pyjama. Nous partons de notre logement vers 11h.

Aujourd’hui nous longeons la côte Vincentine pour profiter de ses paysages sauvages ; c’est un parc naturel. Je montre d’abord la vue sur le village et la mer à toute la famille.

Nous allons ensuite au Cabo Sardao, ou Cap Sardoine, la sardoine est une pierre de couleur rouge. C’est le site d’un phare, qui surplombe d’impressionnantes falaises.

Nous continuons jusqu’à Zambujeira do Mar. C’est un petit village avec de belles plages entre les falaises.

Nous nous arrêtons à Odeceixe pour le repas. Nous allons manger au Chaparro. Célia prend des moules à la tomate avec du riz, Virginie un curry de légumes, et Lando et moi une dorade grillée. Lando dépiaute consciencieusement son poisson. Il y a quand même un défaut, surtout selon Lando, beaucoup de mouches nous tournent autour!

Après le repas, je fais un petit tour du village avec Célia et nous montons jusqu’au moulin rénové, qui date de 1898.

Nous reprenons la route jusqu’à la plage de Bordeira. Elle est protégée du vent par les dunes, et des voitures par la rivière qui y dessine une petite lagune. Il faut marcher dans le sable encore 10 minutes avant d’apercevoir la mer. Lando et moi montons dans les dunes, et Lando se laisse rouler depuis le sommet.

Enfin je mets le cap vers le Finistère du Portugal, le Cabo de Sao Vicente, ou Cap de Saint-Vincent. Il y a un petit fort sur ses falaises qui dominent l’océan Atlantique. Au loin vers le Nord, on voit une falaise très rouge.

Nous passons finalement devant la forteresse de Sagres. Cette pointe à l’extrême sud-ouest du continent européen était déjà connue dans l’Antiquité comme le Promontorium Sacrum, qui embrassait toute la région allant de Ponta da Piedade au Cap Saint-Vincent et de celui-ci à la Plage d’Arrifana. Cette forteresse bastionnée a été construite au XVème siècle par l’Infant Henri le Navigateur, qui y mourut en 1460. Sa présence fait de Sagres un site à part dans l’histoire du Portugal, associé à l’imaginaire des Grandes Découvertes portugaises, ce qui lui vaut une renommée mondiale. Au cours de sa longue histoire, en raison de sa position stratégique sur la côte portugaise, la forteresse a été la cible d’attaques, notamment du corsaire Francis Drake en 1587, lorsque le royaume de Portugal était sous la domination de Philippe II d’Espagne.

Nous rejoignons Lagos par la route en ¾ d’heure. Nous arrivons donc peu avant 17h à notre logement à la « Beach House Lagos ». Nous disposons de deux chambres. Bonne surprise, il y a une piscine dont nous profitons en cette fin d’après-midi. Lando va même un peu profiter de la plage et de l’océan, il veut apprendre à faire du surf.

Nous ressortons vers 18h45 pour aller dîner dans le centre de Lagos. Nous retrouvons la place de l’infant Henri le navigateur à Lagos. Elle est entourée de bâtiments militaires, de l’ancien marché aux esclaves, désormais converti en musée communal, et de l’église Santa Maria. Le marché aux esclaces a été le premier marché de ce type en Europe, puisque dès le 8 août 1444, 10 ans après avoir franchi le Cap Bojador qui ouvrit la route maritime vers l’Afrique subsaharienne, Gil Eanes revenant à Lagos, sa ville natale, avec la première cargaison d’esclaves débarquée sur le vieux continent.

Après quelques essais infructueux, nous mangeons finalement chez Giovanni, pâtes, pizza ou burgers. Nous rentrons vers 21h.

9
août
9
août
Publié le 9 août 2022

Nous nous réveillons entre 8h30 et 8h45. Nous allons Prendre le petit déjeuner près de la piscine à 9h. Cette pension de 7 chambres propose un petit buffet. On nous prépare aussi un œuf sur le plat avec du bacon. La pension est ouverte depuis Juin 2014 après une grosse rénovation, la route a été refaite l’année dernière. La maison date des années 80. Nous partons vers 10h40.

Nous allons d’abord à Ferragudo. C’est un petit village de bord de mer, au-dessus d’une ria, face à Portimao. Nous nous arrêtons près de l’église. J’aurais aimé rentrer dans le fort Sao Joâo de Arade, mais il est fermé. Il protège l’estuaire. Une première tour a été bâtie sous le règne de Joâo II (1481-1495), ce n’est qu’au milieu du XVIème siècle que les murs défensifs apparaissent.

Nous reprenons la voiture pour atteindre Siles, à environ 15 km, dans les terres. C’est la dernière capitale des Maures en Algarve à concurrencer Lisbonne par sa puissance jusqu’au XIVème siècle. Nous nous garons devant la poste, puis nous nous promenons dans la ville. Nous allons d’abord au Vieux Pont, souvent qualifié de Romain, alors qu’il a été construit au XIVème siècle.

Nous gravissons la colline sur laquelle est bâtit la ville. Nous atteignons d’abord la place municipale. Une fête médiévale est prévue à partir de demain. Toute la ville est mise aux couleurs d’Al-Andalou. Ainsi la place de la mairie est agrémentée d’une mosquée et du souk. Nous passons par la grande porte de la muraille pour remonter jusqu’à la cathédrale.

Elle a été construite à l’emplacement d’une des 20 mosquées détruites par les conquérants chrétiens. Elle présente, à l’extérieur, un mélange contrasté de façade blanche et de grès rouge, du plus bel effet.

Virginie nous attend en bas des escaliers d’accès au château. La forteresse de Silves est le monument islamique le plus important et le mieux préservé du Portugal. A l’époque du royaume Maure, on l’appelait « El Hamza », le rouge. Les fondations d’un beau palais sont présentées avec la reconstitution d’une arche double. Le château était aussi équipé d’une énorme citerne creusée dès le Xème siècle.

Nous redescendons en bas de la ville vers 13h30 et nous allons manger à l’atelier 47. Virginie prend la salade maison, Lando des pâtes bolognaise, Célia des pâtes aux crevettes et moi des côtelettes d’agneau.

Nous quittons Siles peu avant 15h. Nous roulons 60 km et nous arrivons à Faro à 16h. Faro est la capitale de l'Algarve, la région au sud du Portugal.

Nous sommes un peu déçus du logement, c’est une chambre assez petite en lambris où ont été installés un lit double et deux lits superposés. Lando trouve que cela ressemble à un chalet.

Je pars une heure faire le tour de la vieille ville avec Célia à 18h10. Nous passons par la marina et rentrons dans la vieille ville par la porte qui donne sur la Ria Formosa, un lagon qui entoure Faro.

La Cathédrale est l’emblème principal de Faro. Construite en 1251, juste après la reconquête de la ville par les chrétiens sur les maures, elle fut partiellement détruite par les Anglais en 1596. La praça devant la cathédrale est aussi un petit bijou, avec ses allées d’orangers, l’hôtel de ville et l’évéché. Dans la vieille ville, on voit aussi le musée et les autres portes d’accès.

Quand nous revenons à notre logement, nous repartons vite avec Lando et Célia. Nous allons faire quelques courses pour le petit-déjeuner du matin, et nous allons manger dans un Food Court. Virginie, Célia et moi mangeons de la viande servie à la brésilienne, Lando choisit plutôt des spaghettis à la bolognaise. Nous rentrons peu avant 21h.

10
août
10
août
Publié le 10 août 2022

La nuit est un peu moyenne. Lando prétend être tombé du lit et tente de s’incruster entre nous, il n’a pas mal mais réussit à bien nous réveiller, avant de gravir à nouveau son échelle. Du coup, nous nous levons, doucement, vers 9h30. Le petit déjeuner, sur le pouce, dans la chambre, comble les besoins les plus simples : café instantané et tartines.

Nous allons nous promener dans la ville de Faro en famille vers 10h40. Nous allons d’abord vers l’église des Carmes. C’est un grand édifice baroque symétrique datant de 1719.

Nous allons aussi à l’intérieur pour voir La Chapelle des Os, qui se trouve derrière l’église, au bord du jardin. C’est assez déstabilisant puisque les murs de la Chapelle sont entièrement recouverts de crânes et d’os. Ils ont été exhumés en 1816 du cimetière surpeuplé de Faro et appartenaient à des moines morts depuis longtemps, des abbesses et autres dignitaires ecclésiastiques. Comment ne pas songer à sa propre finitude face à ces 1 245 crânes humains ? Lando n’apprécie pas vraiment cette ambiance.

Nous partons ensuite en direction de la Vieille Ville. Nous passons par l’Arco da Vila, belle arche néoclassique du début du XIXème siècle. Nous voyons nos premières cigognes, nous avions déjà remarqué les nombreux nids depuis que nous sommes dans l'Algarve, et nous nous demandions justement si les occupantes étaient là. Sous l'arche, il y a l’ancienne petite porte arabe, entrée médiévale de la cité.

Nous remontons la rua municipio, bordée de belles demeures, jusqu’à la place de la cathédrale.

La place est aussi bordée par l’hôtel de ville et le palais épiscopal.

Nous ressortons de la Vieille Ville par l’Arco da Porta Nova, au travers des remparts. Nous débouchons à l’embarcadère des excursions dans la lagune Ria Formosa. La marée est haute par rapport à hier soir.

Nous passons finalement devant la Marina et prenons la photo avec le logo de la ville.

Nous prenons la voiture à 12h30 et nous partons à environ 35 km, en direction de Tavira. Au XVIème siècle, c’était la ville la plus peuplée de l’Algarve. Elle a su conserver une bonne unité architecturale dans son centre.

Nous voulions commencer par déjeuner, mais les deux restaurants repérés sont fermés, sic! Après avoir un peu tourné, les restaurants étant pleins, je préfère visiter la ville avant de manger. Nous traversons donc le Vieux Pont qui enjambe le Rio Gilao.

Nous montons jusqu’au vieux château, bien entendu bâti par les Maures dès le Xème siècle. L’accès est libre et l’intérieur est un charmant jardin méditerranéen accessible. On ne voit pas grand-chose d’intéressant du haut des murailles restantes.

Nous redescendons vers le fleuve et allons finalement manger dans un restaurant indien de l’autre coté de la place fleurie bordée par l’église Nossa Senhora de Ajuda.

Célia prend une pizza et Lando, Virginie et moi des viandes cuisinées à l’indienne, pas trop épicées. Nous repartons vers 15h30. Je prends encore quelques photos.

Nous revenons à notre logement à Faro vers 16h20. Je prends aussi un peu d’essence pour pouvoir rejoindre l’Espagne demain.

Nous nous reposons ensuite jusqu’à l’heure du repas. Nous ne faisons pas compliqué pour le dîner, nous allons dans un petit restaurant portugais du quartier « O Chavalar ». Lando et moi prenons de la dorade, Virginie et Célia se partagent des saucisses. Nous rentrons peu après 20h.

Demain, nous quittons le Portugal pour aller en Andalousie, à 200 km environ. La suite du voyage sera publié sur le carnet "Andalousie 2022".