Carnet de voyage

Ça Roule cOol

Dernière étape postée il y a 5 jours
KM
3274
Le voyage à dos d'roues de Titi & Coco
Février 2019
500 jours
Partager ce carnet de voyage
KM
0
KM
0
Publié le 7 octobre 2018

Qui ?

Timothée, clermontois, 32 ans, athlète de haut niveau en reconversion cyclotouristique

Jongleur passionné, beat boxeur amateur et incollable au Trivial Poursuit dans la catégorie "capitales du monde", Timothée est altruiste par nature. Il a quelques kilomètres de course à pied dans les jambes, et suivra Coralie jusqu'au bout du monde. Il sait faire rire, car s'il ne maitrise pas les langues étrangères, il traduit ses blagues à l'international. Apprenti photographe, il aura la lourde responsabilité de la qualité des clichés, à condition que son étourderie ne le conduise à faire tomber l'appareil...

Qualités : ne ronfle pas, puissance de pédalage

Défauts : coûte cher en nourriture, accro aux siestes

Missions : ambiance musicale, photos / vidéos, réparation vélos (c'est pas gagné...)

Coralie, ponote, 30 ans, poisson ascendant cycliste, coureuse du 3ème décan

Nantaise d'origine et de cœur breton, Coralie est utopiste par nature. Elle a roulé sa bosse dans de nombreuses contrées et suivra Timothée jusqu'au bout du monde. La tête dans les nuages, elle garde malgré tout les pieds sur Terre. Son pragmatisme et sa force de caractère seront précieux, tout comme son sens de l'orientation. De quoi rattraper les gaffes du Titi...

Qualités : polyglotte, endurance de pédalage

Défauts : hyperactive, accro au chocolat

Missions : boussole, séduction des garde-frontières, guide touristique

• • •

Pourquoi ?

Pour quelles raisons avons-nous décidé de voyager autour du Monde à 2 roues ?

Titi : « En courant ça nous aurait pris le double de temps ! Plus sérieusement, après plus de 15 ans de compétition, je souhaite délaisser la rigueur de l'entraînement pour prendre le temps de voyager ; avec le luxe de partager cette aventure avec ma Coco. Cette parenthèse nous permettra également de rejoindre mon frère et sa petite famille qui habitent au Laos »

Coco : « Depuis 10 ans, après un aperçu de la vallée des Incas et de l’Altiplano, je rêvais de descendre le Mékong en bateau… S’y rendre à vélo est pour moi extrêmement excitant tellement cette aventure humaine me dépasse ! Le vélo est le meilleur moyen d'avancer tout en prenant le temps. 30 ans, c’est comme un appel au voyage ! »

• • •

Mais pourquoi vraiment ?...

C’est une grande question !

Nous souhaitons tous deux goûter à une certaine liberté du quotidien, prendre le temps de découvrir les cultures et coutumes des pays traversés, rencontrer leurs habitants, ressentir l'hospitalité et la générosité sous différents visages, et partager notre amour autour de nous (rien que ça !). L’objet du voyage n’est ni un défi purement physique (même s'il y participe), ni un test de survie à la Koh-Lanta (espérons-le !). Il découle simplement d'un rêve d'évasion que nous nourrissons depuis plusieurs mois.

• • •

Comment ?

A vélo pardi ! Nous vous épargnons ici la liste détaillée de notre matériel, marques de vêtements, ustensiles,... D'autres blogs de voyageurs le font très bien, merci à eux en passant ! En bref donc :

  • Nos vélos sont taillés pour l'itinérance de longue durée (cadre en acier, porte-bagages avant et arrière).
  • Nous apportons une tente pour bivouaquer avec le matériel nécessaire (bons duvets, réchaud multi-combustible, filtre à eau,...).
  • Nous comptons également sur l'hospitalité des gens que nous rencontrerons (nuits plus confortables, découverte de la nourriture locale, échange et partage avec les habitants, économies non négligeables,...).
  • Nous misons sur la légèreté numérique (pas de tablette ni d'ordinateur) et l'autonomie énergétique. Le téléphone portable, l'appareil photo et la mini-caméra seront alimentés via une batterie externe que nous rechargerons à l'aide de panneaux solaires (dépliables). Un E-werk chargeur dynamo-moyeu nous amènera également un complément d'électricité, à la force des mollets ! Mais nous ne cracherons pas non plus sur les prises électriques sur notre trajet...
  • Pour communiquer, nous utiliserons bien sûr nos compétences linguistiques (quelques peu limitées dans certains pays...), les gestes, notre compagnon de route "G'palémo" et les belles fiches pays préparées par Coralie (vocabulaire de base, formules de politesse, culture / traditions / comportements à adopter, chiffres, monnaie,...).
  • Pour nous orienter, nous mettons une bonne partie de nos espoirs dans l'application GPS "MAPS.ME" (consultable sans connexion internet). Nous prévoyons également d'emporter quelques cartes routières (y'a que ça de vrai !). Certaines d'entre elles pourront d'ailleurs nous être transmises par nos proches qui nous rejoindront sur quelques tronçons du trajet.
  • Nous prévoyons un budget de 20€ par jour (pour 2), avec un peu de marge pour les tuiles mécaniques, les visas, les billets pour traversée la mer Caspienne,...
• • •

Par où ?

Cap à l'Est au départ de Royat (à côté de Clermont-Ferrand) ! Ci-dessous notre itinéraire prévu. Vous apprécierez les talents artistiques de Timothée, avec un tracé moche sur une carte...moche...

Sachant que "l'imprévu arrivera" (dixit nos amis Robert et Pierre, 2 aventuriers cyclistes auvergnats, merci à eux pour leurs conseils !), nous l'adapterons en fonction de nos péripéties, de notre santé/fatigue, de nos envies,... Il sera peut-être raccourci, voire rallongé si l'appel du voyage nous pousse à des coups de pédales supplémentaires. De plus, nous nous autoriserons quelques trajets en train, bus, camions (...) pour abréger nos souffrances ou éviter certains environnements hostiles ! Enfin, nous privilégierons la traversée de la mer Caspienne en bateau (malgré l'insistance de Coralie pour l'effectuer à la nage).

• • •

Quand ?

Le choix se porte aux alentours du 1er février 2019. Pourquoi sous la neige auvergnate nous demanderez-vous ? Simplement pour bénéficier d’un climat plus clément à partir de la Turquie rejointe en Avril et suivre le rythme des saisons tout au long du voyage.

Date d'arrivée : ??? 😀

• • •

Notre projet relayé à l'international 👍

KM
922
KM
922
Publié le 10 février 2019

Nous voilà partis ! Le 31 janvier 2019, nous donnons nos premiers coups de pédale.

Départ de Royat

Il est temps de prendre la route. Car à force de vous bassiner avec notre projet de voyage, la concrétisation devenait pressante. Nous sommes heureux d'avoir pris le temps de dire au-revoir à nos proches. Cela nous a valu un programme bien chargé ces dernières semaines, mais c'était pour nous essentiel. Nous quittons les personnes que nous aimons, et nous ne pouvions prendre la route sans leur rendre visite. Plus largement, nous tenons a vous remercier pour tous vos messages de soutien, vos questions, vos conseils, et même vos inquiétudes... Nous partons le coeur léger, plein d'énergie et d'amour que vous nous avez communiqué.

Pendant ces premiers jours, nous sommes tout simplement hyper excités ! Et en même temps un peu apeurés par notre programme qui nous paraît gigantesque et un brin inaccessible... Sans parler de tous les problèmes qui pourraient nous arriver (santé, sécurité, pépins mécaniques,...). Mais le goût de l'aventure est évidemment plus fort et nous pousse à parcourir ces premières bornes sans trop d'arrières pensées, avec un sourire non dissimulé. A vrai dire, nous ne réalisons pas vraiment ce que nous sommes en train d'entamer...

Nous traversons les départements du Puy-de-Dôme et de la Haute-Loire, nos terrains de jeux habituels.

Vue sur l'agglomération Clermontoise depuis Opme (Romagnat)

Nous longeons ainsi l'Allier et prenons de l'altitude sur les pentes altiligériennes...

Saint-Ilpize
Lavoûte-Chilhac
Montée vers Siaugues-Sainte-Marie
Col de Saint-Jean-de-Nay
Traversée de la Haute-Loire

Les conditions climatiques nous font pourtant re-découvrir ces paysages que nous croyions familiers, sous quelques bons centimètres d'une neige qui n'a cessé de tomber à partir du Puy-en-Velay et jusqu'à Saint-Etienne (une étape mémorable le 2 février !!)

Étape Le Puy-en-Velay / Saint-Etienne le long de la Loire : il pleut des galettes pour la chandeleur

Le froid, l'humidité, les routes glissantes,... que du bonheur ! De quoi tester notre motivation. Nous survivons à cet épisode hivernal, en frayant Gonzales (vélo de Titi, "speedy Gonzales") et Ciraptor (vélo de Coco, "vélo ciraptor", pardon pour ce jeu de mots pitoyable...) dans les traces des voitures comme seul moyen d'adhérence.

Arrivée à Saint-Etienne

En même temps, avec un départ fin janvier, il fallait bien s'y attendre... Titi nous honore d'une belle glissade. Il peut alors constater que les sacoches, outre leur poids, ont au moins l'avantage d'amortir les chutes latérales. Pour Coco, beaucoup plus à l'aise en descente, c'est plutôt l'inconfort des orteils frigorifiés qu'il faut surmonter. Autre découverte agréable, la gélure de nos pignons, avec deux vitesses disponibles sur dix ! De quoi nous faire pédaler dans la semoule, comme si les flocons ne suffisaient pas...

Les choses s'améliorent lors de notre 4ème étape en direction de Vienne, où nous commencons à longer le Rhône par la "Via Rhôna".

Le long de la Via Rhôna pendant 3 jours.

Nous traversons ainsi Valence puis Avignon avec un beau ciel bleu et le vent dans le dos. Dans la vallée du Rhône, le vent a en effet toute son importance, et le mistral est avec nous !

Arrivée à Avignon

Avant d'aller plus loin, permettez-nous d'honorer une petite pause pique-nique, un moment de la journée toujours attendu et apprécié... Le vélo, ça creuse !

Sandwich beurre salé / jambon cru

Nous quittons le Rhône à Avignon pour rallier Cavaillon, porte d'entrée du Luberon. Nous traversons de beaux villages tels que Lauris, Lourmarin et Ansouis.

Lourmarin

La végétation ne fait plus de doute : nous sommes dans le sud !

Champs de lavande. Dès février, début de la floraison !

Pour notre 8ème étape, nous découvrons la basse vallée de la Durance et le village de Jouques où nous passons la nuit.

Jouques

Nous mettons ensuite le cap sur Nice pour nos deux dernières journées de route en France. Nous pouvons constater que si les Varois n'excellent pas en rugby (du moins pas autant que les montferrandais...), ils jouissent d'un fort beau département. Et qu'on se le dise, le Var n'est pas plat ! Nous nous régalons dans les descentes, pour en baver dans les montées...

Vue sur Cotignac
Ballade bucolique entre les oliviers
Début de descente vers Le Muy
Traversée du Var

Notre 10ème étape nous fait rejoindre la mer Méditerranée. Nous la longeons depuis Saint-Raphaël jusqu'à Nice. La côte d'Azur ne nous apporte pas de grande surprise avec son bord de mer urbanisé, parfois très joli, parfois surfait. En revanche, la portion jusqu'à Théoule-sur-mer, surnommée "la corniche d'or", nous laisse admiratifs. Avec un grand soleil, nous découvrons ce paysage de falaises ocres plongeant dans la mer. Un régal...

La corniche d'or

Nous apercevons même au loin la chaîne des Alpes, avec ses sommets enneigés. Entre mer et montagnes, les Alpes-Maritimes portent bien leur nom...

Traversée des Alpes-Maritimes

Coralie joue les stars au pied des marches de Cannes, et nous arrivons à Nice après 120km d'une journée autant éprouvante que magnifique !

Coralie Leclerq, actrice française en devenir

Nous profitons d'une journée de repos à Nice pour recharger les batteries (au sens propre comme au figuré), en déambulant dans la ville et en dégustant des Pissaladières et des Pans bagnats.

Nice

A l'heure où nous finissons de rédiger cette étape, nous souffrons devant la télévision en assistant à l'humiliation du XV de France contre nos chers amis anglais. Nouvelle défaite dans le tournoi des VI nations et 44 pions dans la besace à Twickenham, il est vraiment temps de quitter la France... Nous rejoignons demain l'Italie ! Avec la banane et les mollets tout neufs, ça roule cool !!!

• • •

Ils ont égayé notre route ! Encore merci à...

· Christian et Pierre pour leur présence à notre départ.

· Camille et ses bières artisanales ultra fraîches.

· Nos amis ponots Cécile, Marion, Thibaut, Jean et Zoé pour la "crique party".

· Nos supporters triathlètes du Puy, Lise et Jacques, ainsi que Pierre-Emmanuel, qui ont défié la neige et la grippe pour nous encourager sur la route.

· Paupau (et ses drôles de dames) pour ses radiateurs chauds, son apéro dînatoire gargantuesque, et les cadeaux de la team Raou qui nous ont beaucoup touchés.

· Pierre-Marie, Marie et Nounet (la famille !!) pour le gratin de pâtes et l'agréable soirée Viennoise.

· Josiane, Colette et Valentine pour leur accueil chaleureux : Gonzales et Ciraptor ont apprécié les pommes Ardechoises.

· François pour son rhum arrangé, sa poésie et son sens de l'accueil en laissant gagner Titi au super Cluedo.

· Aux deux cyclotouristes que nous avons croisés à Avignon.

· Nos warmshowers et amis Cécile, Xavier, Bastien et Joaquim.

· Au café villageois de Lauris, qui nous a accueilli chaleureusement hors de ses horaires d'ouverture. Longue vie à ce café associatif dont nous sommes désormais les membres !

· Manon, Sylvain et Pavel pour leur nid douillet au coeur de la forêt.

· Aux cousins de Titi pour la maison aux Canebières, avec les draps propres et le frigo rempli qui vont avec.

· Raphaëlle, Thibaut et Coline pour le week-end Niçois aux petits oignons...

KM
2046
KM
2046
Publié le 27 février 2019

Buongiorno ! Nous voilà expatriés en terre italienne ! Le 11 février 2019 marque un nouveau départ dans notre aventure. Pas d'amis pour nous héberger, une langue à apprivoiser, des villes et itinéraires inconnus,... bref, le début du vrai dépaysement, nous n'allons pas nous plaindre !

Surtout que d'emblée, les italiens mettent les petits plats dans les grands pour nous accueillir. À peine la frontière passée à Ventimiglia (dont on nous dit que le port à été racheté par Monaco pour y installer ses yachts), nous profitons en effet d'une piste cyclable de rêve : large, bien asphaltée, longeant le bord de mer et d'une longueur de 23km.

La fameuse piste cyclable au départ d'Ospedaletti

Même les tunnels sont privatisés "vélo", avec en prime des panneaux relatant les exploits sportifs du cyclisme italien. De quoi parfaire notre culture sportive transalpine. Nous honorons d'ailleurs comme il se doit cette belle piste en y fêtant nos 1000km !

Tunnel cyclo-culturel, un concept très appréciable

Ce tronçon traverse la ville de San Remo, éminemment connue pour sa classique "Milan - San Remo". Rien d'étonnant donc à voir de tels aménagements ici.

L'engouement de cette région pour la "petite reine" se ressent fortement. On y trouve des vélos à louer ou pour décorer les bars, et une grande affiche à San Lorenzo nous apprend que l'édition 2015 du Giro (Tour d'Italie) y a pris son départ.

Point de location de vélos
Bar à l'effigie de la bicyclette
La part belle à la "petite reine" !

Les coups de pédales suivants ne sont que pur plaisir, avec un soleil qui nous regonfle en vitamine D et des décors de cartes postales à n'en plus finir.

Comme dans un rêve...

Nous ne nous lassons pas de pédaler au bord d'une eau bleu azur, et les kilomètres s'enchaînent sans effort. Les pauses pique-nique a proximité des plages ne font pas exception : un vrai bonheur !

Titi et Coco au bord de l'eau...

Plusieurs villages typiques retiennent notre attention sur la route, avec à chaque fois la même admiration pour ces façades colorées qui transpirent le soleil et la Méditerranée. Nous ne sommes pas encore aux Cinque Terre mais certains d'entre eux valent déjà le coup d'oeil.

Cervo
Noli
Villages de la région "Liguria"

Les montagnes en toile de fond nous rappellent que les Alpes ne sont pas très loin, et il suffit de lever la tête pour imaginer les quelques belles randonnées qui s'offriraient à nous.

Les Alpes ne sont pas loin...

Nous rencontrons un petit problème mécanique au soir de notre deuxième étape italienne. Le retard pris pour réparer Ciraptor nous oblige à rallier Genova (Gênes) à la tombée de la nuit, avec pour récompense une belle vue sur l'activité portuaire...

Coucher de soleil sur le port de Genova

Le lendemain, nous prenons de la hauteur en quittant le bord de mer à partir de Sestri Levante. Les 615 mètres de dénivelé nous donnent un avant goût de l'intérieur des terres, plus sauvage et d'une verdure étonnante.

L'arrière pays de la Liguria

Pendant l'ascension du "passo (col) del bracco", nous nous amusons des panneaux qui jonchent la route. Ces derniers nous informent d'un risque de neige, et de l'obligation de disposer de pneus neige (ou de chaînes dans le coffre de sa voiture) en période hivernale. Les conditions estivales dans lesquelles nous arpentons ce col au mois de février tranchent nettement avec ces consignes de sécurité. Les panneaux indiquant les risques d'incendies et d'éboullements nous étonnent déjà moins... Pour continuer sur notre chapitre "panneaux", sachez que contrairement à la France, l'Italie utilise les panneaux vert pour les autoroutes et les bleu pour les routes principales. A vélo, il faut donc être vigilant, au risque de s'embarquer sur une bretelle d'autoroute...

Route fortement risquée par les chutes de neige en cette saison
Indications d'itinéraires routiers
La signalisation italienne

Ce tronçon menant à La Spezia est en tout cas une belle surprise, avec des paysages magnifiques et une route très peu empruntée par nos amis automobilistes jusqu'au col.

Ascension du Passo del Bracco

Arrivés à la Spezia avec un jour d'avance sur notre programme, nous décidons de passer les 48 prochaines heures dans cette région des Cinque Terre, afin d'y visiter ses célèbres villages le premier jour et de randonner entre Levanto et Monterosso le second.

Manarola
Manarola
Vernazza
Photo depuis Manarola
Randonnée entre Levanto et Monterosso
Randonnée entre Levanto et Monterosso
Cinque Terre

Pour le jour de la Saint-Valentin, il y a pire comme décor...

Ça roucoule...

Sur les hauteurs, nous découvrons une activité viticole. Une sorte de rail aérien traversant les vignes attire notre curiosité. Est-il fait pour permettre aux grappes de raisins fraîchement cueillies de descendre au village ? Est-ce un système d'irrigation ? Nous ne tardons pas à découvrir qu'il s'agit tout simplement d'un moyen de transport pour les agriculteurs, positionnés dans des chariots fixés au rail et accédant ainsi plus facilement aux parcelles.

Activité viticole sur les hauteurs de Manarola

Nous achevons ces jours de repos (ou plutôt "sans vélo"...) par une ballade sur le port de La Spezia et un bon restaurant offert par les parents de Titi (avec qui nous avons partagé ces deux belles journées).

Ciao La Spezia !

Nous quittons la région "Liguria" le lendemain pour rejoindre la "Toscana". Hormis le beau village de Lerici, le bord de mer s'apparente à une station balnéaire sans fin. Les hôtels, restaurants et boutiques bordent une route ultra droite. Droite ? Pas comme la Tour de Pise figurez vous !

Qu'est ce qu'on rigole bien à la Torre di Pisa !

Après cet intermède photographique quelque peu ridicule (et finalement très peu original compte tenu des centaines de touristes rivalisant d'imagination pour créer les meilleurs effets d'optique), nous retenons que Pisa est une ville certes touristique mais pas pour le moins jolie et agréable. Elle abrite de belles ruelles et des bars où l'on peut boire du café à la hauteur de la réputation italienne. Nous découvrons également qu'elle est traversée par le fleuve Arno qui offre de belles perspectives sur les ponts que nous traversons.

Pisa

Nous entamons ensuite notre traversée de l'Italie du nord, en commençant par suivre notre pote Arno jusqu'à Firenze (Florence), capitale de la Toscana.

Coco et son pote Arno

Nous nous réservons une journée de repos afin de visiter la ville, à travers notre regard naïf et notre manque incontestable de toute culture digne d'un touriste à Firenze. Ceci étant dit, on a trouvé Firenze très jolie ! (c'est déjà une belle analyse artistique non ?!)

Cathédrale Santa Maria del Fiore
Piazza Santissima Annunziata
Convento Santa Croce
Beaux gosses sur le Ponte Vecchio
Ponte Vecchio
Firenze depuis la Piazzale Michelangelo
Firenze

Nous poursuivons notre avancée en direction de Bologna, en passant par le Passo del Giogo (882m).

Ascension du Passo del Giogo

Nous quittons bientôt la Toscana pour rejoindre la Région "Emilia-Romagna". Les paysages sauvages sont magnifiques dans la Valle del Santerno.

Valle del Santerno

Le hasard de notre itinéraire nous fait découvrir la ville de Castel del Rio. Marco et sa famille, nos hôtes du soir, nous font visiter la ville et nous racontent son histoire, fortement liée à la seconde guerre mondiale du fait de sa situation géographique, à proximité de la ligne Gothique (ligne de fortifications allemandes qui fût percée en 1944 par les Alliés). Nous visitons le musée de la guerre et admirons le pont qui surplombe la rivière Santerno (si nous avons bien compris, ce pont est un des seuls de la région à n'avoir pas été détruit pendant la guerre).

Castel del Rio

Notre courte étape du lendemain nous permet d'arriver à Bologna pendant la pause méridienne. Nous lézardons au soleil, sur la Piazza Maggiore, en goûtant la Mortadella locale fraîchement achetée dans une charcuterie / traiteur que nous ont conseillés les florentins Naima et Gianluca. Accompagnée de Parmigiano dans du pain baigné d'huile d'olive, ça passe tout seul ! Comme dirait un collègue de Titi qui se reconnaîtra, "le gras, c'est la vie !"... Si l'on ajoute le cioccolate calda que nous avons testé en guise de dessert, vous comprendrez que le vélo ça creuse, mais que l'étape italienne ne nous fait pas perdre de poids pour autant...

Sans transition, nous apprenons que Bologna abrite la plus ancienne université d'Europe, d'où son surnom "la Dotta" (la savante). Elle grouille d'étudiants et semble très dynamique. Nombre de ses façades sont en pierres cuites, de couleur rouge, d'où son surnom "la Rossa" (la rouge). Cette couleur n'est d'ailleurs pas sans rappeler son histoire communiste. Enfin, on y mange visiblement bien (voir paragraphe précédent...), d'où son surnom "la Grassa" (la grasse). Ça fait beaucoup de surnoms !

Nous déambulons ainsi dans Bologna, animée par quelques groupes de musique bien sympathiques. Les rues sont bordées d'arcades interminables sous lesquelles les piétons jouissent d'un grand espace pour se déplacer. Les "portiques" de Bologna représenteraient en effet entre 40 et 50km de distance cumulée (selon les sources) dans le centre historique de la ville. De quoi organiser un marathon à l'abris de la pluie, se dit Titi !

Difficile également d'échapper aux deux tours jumelles Asinelli et Garisenda. Plus discrète mais néanmoins remarquable, la basilique Santo Stefano, aussi appelée "le sette chiese" (les sept églises), vaut le détour.

Dégustation de Mortadella
Fontana di Netunno
En fond, les tours Asinelli et Garisenda
Piazza Santo Stefano et ses portiques
Basilica Santo Stefano
Université de Physique
Bologna

Enfin, notre hôte Stefano nous explique qu'il réside à Bologne un bel esprit collectif. En ce qui concerne le vélo par exemple, nous découvrons un gonfleur pour les pneus en libre accès dans le centre ville, ainsi que la station de vélo la "dynamo" où l'on peut aisément réparer sa bicyclette.

"Dynamo", la velostazione di Bologna

Dans la série des villes investies pour la cause du vélo, nous ne pouvions manquer Ferrara, située entre Bologna et Padova. Capitale italienne de la bicyclette, elle est le centre d'un important réseau de pistes cyclables. Son relief de plaine s'y prête bien, ça aide...

Nous ne sommes en tout cas pas déçus par cette ville de taille moyenne, faite de constructions en briques rouge visiblement répandues dans la région. Si la façade de la cathédrale est malheureusement en rénovation lors de notre passage, nous nous consolons largement en contemplant l'imposant "Castel Estense" et en empruntons à vélo la pittoresque ruelle voûtée "Via delle Volte".

Castel Estense
Via delle Volte
Ferrara

Nous circulons enfin sur l'incontournable piste longeant les remparts (ou ce qu'il en reste). Ces derniers encerclent le vieux centre-ville et sont prétexte à une belle ballade de 9km pour en faire le tour.

Large piste longeant les remparts de Ferrara. Coco, mets ton casque !

La petite sieste au pied des arbres jonchant cette piste est très appréciable, tout comme le coucher de soleil qui nous accompagne sur les derniers kilomètres de notre étape.

Derniers kilomètres au coucher du soleil

Et le titre de la pause pique-nique de l'étape "Italie" est attribué à ???... Monselice ! En effet, la découverte de ce petit kiosque au coeur d'un parc arboré nous fait sans hésiter sortir les victuailles du sac !

Buon appetito !

A la suite de ce repas, nous profitons une nouvelle fois d'une belle piste cyclable, longeant cette fois-ci le canal "Battaglia". De quoi parcourir les 20 derniers kilomètres jusqu'à Padova en toute tranquillité.

Approche de Padova le long du canal Battaglia

Nous n'avions pas prévu initialement de nous arrêter à Padova. La possibilité d'être hébergés chez Marco et ses colocataires nous a décidé à faire halte dans cette ville qui, disons le clairement, reste un petit coup de coeur pour nous. Encore une fois, ce ne sont que des sensations de cyclistes de passage, non initiés à l'histoire des villes qu'ils traversent et forcément obligés de visiter rapidement les lieux. Mais nous sommes tout de suite séduits par le caractère aéré de cette cité comportant de nombreux aménagements pour les vélos (vous allez dire qu'on ne pense qu'à ça...). Les places et monuments sont tout simplement magnifiques, et il y règne une ambiance à la fois animée et apaisante.

Difficile donc de sélectionner les photos prises lors de notre passage à Padova. En voici quelques unes.

Basilica di Santa Giustina
Prato della Valle
Basilica di Sant'Antonio
Photo prise du Ponte Molino
Piazza delle Erbe
Piazza dei Signori
Padova

Nous avions à coeur de prendre un café dans le célèbre "Caffè Pedrocchi", connu pour avoir été le théâtre, en 1848, des émeutes étudiantes qui furent le point de départ de la révolte contre les autrichiens. Il a accueilli aussi de nombreux intellectuels et écrivains, et était ouvert de jour comme de nuit (d'où son surnom "le café sans porte"). Merci Wikipedia pour ces précisions !...

Coco devant le Caffè Peddrocchi

Le prestige a malheureusement un coût, et nous nous rabbatons sur un bistrot plus abordable pour notre portefeuille... mais pas pour le moins riche d'un choix de cafés gourmands plutôt alléchants ! (Comme c'est souvent le cas en Italie)

La cerise sur le café pour Titi

Nous assistons à un petit regroupement de défenseurs de la lutte contre le réchauffement climatique à Padova. Des manifestations sont ainsi organisées chaque vendredi, dans le cadre du mouvement "Friday for futur" lancé par la jeune suédoise Greta Thunberg (nous avons pris connaissance de ce mouvement à Pisa, ignorants que nous sommes...). Une manifestation plus importante est visiblement prévue le 15 mars.

"Friday for future" pour la justice climatique !

Nous prenons le lendemain nos quartiers à proximité de Venezia, dans une magnifique caravane qui nous sert de nid douillet pendant 2 nuits. Grazié millé Adriano !

Bienvenu chez Titi, Coco et leurs enfants Gonzales et Ciraptor, 30170 Venezia

En visitant Venezia en pleine période de carnaval, et qui plus est un dimanche, nous mettons toutes les chances de notre côté pour être tranquilles... Nous ne sommes pas déçus, les touristes sont au rendez-vous ! Nous profitons malgré la cohue d'une belle journée à nous faufiler dans les ruelles, sans véritable circuit pré-établi. Et nous succombons largement au charme de cette ville atypique. Venezia tient toutes ses promesses !

Photo prise du Ponte di Rialto
Basilica di San Marco
Venezia

Nous décidons d'accrocher la caravane sur le dos de Gonzales. Cela nous permettra de bénéficier d'un abris spacieux et fonctionnel pour la suite de notre voyage. Mais au bout de quelques centaines de mètres et malgré la puissance de pédalage de Titi, Gonzales "tire un peu la gueule" et nous abandonnons cette idée pourtant excellente.

Nous achevons donc notre étape italienne sans caravane, par deux journées dans les plaines des régions "Veneto" et "Friuli - Venezia Giulia". Nous profitons une nouvelle fois d'aménagements cyclables qui auront été une des agréables surprises de notre passage en Italie du nord (on insiste, la France a certainement à apprendre de ce point de vue là...).

Au nord, nous apercevons au loin les Alpes, que nous avons lâchement évités (hiver oblige...) et que nous quittons définitivement. Mais nous ne regrettons en rien ce détour tant nous avons apprécié le trajet depuis notre départ.

Ciao les Alpes

Au coeur de la plaine, nous faisons connaissance avec quelques cours d'eau et traversons notamment le fleuve Isonzo qui nous surprend par sa belle couleur bleu turquoise.

Fleuve "Isonzo"
Titi et Coco toujours au bord de l'eau

Enfin, nous rejoignons au sud la mer Adriatique que nous longerons les prochaines semaines. Celle-ci nous accueille à merveille au moment de rejoindre Trieste, en nous faisant l'honneur d'un début de coucher de soleil de toute beauté.

Vue sur le château Maramale
Approche de Trieste

Au moment de rédiger les dernières lignes de cette étape italienne, nous résidons à Trieste. Enclavée entre la mer et la Slovénie, cette ville moyenne (200 milliers d'habitants tout de même) n'est devenue entièrement italienne qu'en 1977 (après avoir été un territoire "libre" sous contrôle de l'ONU à partir de 1947).

Notre formidable hôte du soir, Romain (un français installé ici depuis 5 ans), nous explique que la ville à longtemps été le principal débouché méditerranéen du Saint-Empire romain germanique puis de l'Empire austro-hongrois avant son rattachement à l'Italie. Sa position au carrefour des influences latine/italienne, germanique/autrichienne et slave/slovène, ont forgé ici une culture et des traditions très particulières par rapport au reste de l'Italie. L'architecture de style tantôt vénitien, tantôt austro-hongrois, témoigne de cette diversité culturelle.

Nous visitons donc "la plus grande ville italienne inconnue des étrangers" (comme aime l'analyser Romain) dans une ambiance nocturne et printanière. La Piazza dell'Unita d'Italia serait la plus grande place européenne donnant sur une mer. Nous goûtons au Spritz local, à une dernière pizza (pour la route...) et à une double boule de glace à un prix défiant toute concurrence. De quoi nous donner des forces pour s'attaquer au relief bien corsé de cette ville et y admirer son théâtre romain et sa cathédrale perchée sur les hauteurs. Nous croisons au passage James Joyce, célèbre écrivain Irlandais, qui a vécu à Trieste.

Piazza dell'Unita d'Italia
En terrasse avec Romain, autour d'un spritz
Théâtre romain
Coco demande un autographe à James Joyce
Cattedrale di San Giusto Martire de Trieste
Trieste

Jusqu'au bout, l'Italie nous aura séduits par l'accueil chaleureux de ses habitants et la beauté des villes et paysages que nous avons traversés. La "botte" a placé la barre très haute en ce début de voyage. Forts de ces belles rencontres et découvertes, nous nous projetons vers la suite avec un appétit décuplé. Ça roule cool !!!

Ciao Italia !
• • •

Ils ont égayé notre route. Merci encore à...

· Sabine et Emmanuel, les parents de Titi, pour le très agréable séjour en leur compagnie dans la magnifique région des Cinque Terre.

· Clelia, Luca, Bianca et Hirmet pour leur accueil et la lutte contre le réchauffement climatique au son d'un opéra italien.

· Naima, Gianluca et leurs amis pour un séjour florentin tout en découvertes culinaires, photographiques et touristiques. Nous nous sommes sentis chez nous, une très belle rencontre.

· Stefania, Marco et Carlo pour nous avoir fait découvrir la ville de Castel del Rio en parfaits VIP. Le repas typique (crostini con pesto al genovese, ravioli,...) et le logement carrément luxueux nous ont comblés. Et longue route au "Bici Castel del Rio" !

· Anna et Stefano pour la visite de Bologne à vélo, l'excellent vin de Verona "création édition limitée 2009" et le récit de leur voyage à vélo au Kirghizstan. Nous avons déjà envie d'y être...

· La serveuse du bar d'Occhiobello pour nous avoir offert quatre pâtisseries. Par simple générosité ou par pitié pour notre dégaine de fin de journée ? Qu'importe, cela nous a touché.

· Lorenzo pour ses conseils avisés, sa connaissance de la région et de l'Italie en général, et pour des échanges passionnants sur les voyages à vélo autour d'une bonne pizza napolitaine !

· Marco et ses deux acolytes Frederico et Chamara pour la dégustation de Pizzoccheri, de chocolat artisanal sicilien et de limoncello maison. Le tout dans un esprit de colocation à discuter rugby, politique et constellations. Une bien belle soirée.

· Adriano pour son hospitalité, sa gentillesse, sa curiosité sur notre voyage et la mise à disposition de sa caravane pour deux jours inoubliables à Venezia. Bon courage Adriano pour tes différents périples cyclotouristiques à venir, et peut-être à bientôt pour visiter l'île Burano en ta compagnie ! Et "bravissimo" à Giosue pour l'excellent café !

· A Romain pour son accueil chaleureux, son enthousiasme contagieux quand il s'agit d'évoquer Trieste et ses précieux conseils pour la suite de notre voyage en Croatie. Une très bonne soirée en sa compagnie. Romain, avec ta maîtrise de quatre langues et vu le nombre de cyclistes qui te sollicitent via warmshower, tu peux te reconvertir aisément en guide touristique !

KM
2814

Dobar dan ! Nous voilà en Croatie ! Et c'est désormais officiel, nous ne comprenons plus rien ! Nous commencions à nous habituer aux sonorités italiennes, à l'accentuation de l'avant-dernière syllabe, et nos "grazié" devenaient quasi-automatiques. Et voilà qu'il faut prononcer les C "tss" et les J "y". Et encore, on vous la fait courte, c'est-à-dire sans les accents qui mettent un sacré bazar dans tout ça...

Mais par contre, quelle entrée en matière ! Quelle journée ! Certes le beau temps y est pour beaucoup, donnant toujours plus d'éclat aux choses. Nous vivons en effet la journée la plus ensoleillée et surtout la plus chaude depuis notre départ (au-dessus des 20 degrés). Du coup, Coco enlève les couches et arbore fièrement son cuissard "Le Puy-en-Velay Triathlon" (un peu de pub ne fait pas de mal...).

Coco sort le grand jeu

Mais surtout, la piste cyclable que nous a conseillée notre hôte Romain est un régal. Elle n'est d'ailleurs pas sans rappeler notre entrée en Italie. C'est sur une ancienne voie ferrée que nous frayons Gonzales et Ciraptor sur la douce pente qui nous éloigne de Trieste. Nous enchainons les tunnels cyclables et profitons d'une belle vue sur la vallée formant un canyon sur notre droite. À coup sûr, la journée ne pourrait pas mieux commencer...

La piste cyclable au départ de Trieste

Nous passons en l'espace de 20 km les frontières slovène puis croate. Trois pays traversés à vélo en une demi-journée, c'est suffisamment rare pour le souligner.

Passage des frontières slovène puis croate

La suite n'est autre qu'une succession de routes secondaires offrant des paysages sublimes et une tranquillité à faire envier tous les cyclotouristes du monde. Et on pèse nos mots, preuves en images !

Là, ça roule vraiment trop cool !!!

Le problème avec ce type de journée, c'est qu'elle vous oblige à vous arrêter toutes les 30 secondes pour contempler le paysage ou prendre une photo. Et une fois de plus, nous entrons dans Rijeka à la tombée de la nuit. La mer Adriatique nous réserve toutefois un bel accueil...

Arrivée dans Rijeka

Le seul souvenir photographique que gardera Titi de Rijeka concerne son stade au coucher du soleil. Il faut savoir que Titi voue une sorte d'admiration pour les stades, qu'ils soient champêtres, urbains,... et ce surtout lorsqu'ils sont dotés d'une piste d'athlétisme. Titi justifie son cliché par l'originalité de voir un stade collé à la mer, et vous fait partager sa passion par cette photo dont vous jugerez vous-même l'intérêt...

Stade de Rijeka

Nous quittons sûrement trop tôt Rijeka, 3ème ville du pays en terme de nombre d'habitants, et dont on apprend qu'elle sera la capitale européenne de la culture en 2020. Mais c'est pour mieux découvrir l'île de Krk ! Le hasard nous conduit à nous faufiler derrière le bus du club de football local pour sortir de la ville. Et nous découvrons plus loin le village enclavé de Bakar.

Allez le HNK Rijeka !
Bakar
En quittant Rijeka

Nous rejoignons l'île de Krk au moyen d'un pont (gratuit pour les vélos !). Il s'agit là de notre première excursion hors du continent, et nous prenons le temps d'admirer le paysage dès notre arrivée sur l'île.

Instant de contemplation sur l'île de Krk

Une piste cyclable nous fait longer la route principale en direction de la ville de Krk. Les zigzags formés par endroits sont surprenants...

Sujet au mal des transports, s'abstenir !

Bien évidemment, nous suivons les recommandations routières (panneaux ci-dessous) et prenons garde aux autres vélos, aux chevreuils, au vent et surtout aux avions qui manquent part deux fois de nous déséquilibrer. C'est sans compter la dextérité de Gonzales et Ciraptor.

Dans ce chapitre panneaux, précisons que les croates utilisent la couleur jaune pour leurs indications. Si bien qu'en bons français, nous prenons d'abord ces panneaux pour des déviations... Toujours en travaux ces croates !

Ne pas confondre avec les itinéraires de déviation français
Les indications routières croates

Nous gagnons la ville de Krk en début d'après-midi. Cette ville de bord de mer s'avère bien agréable, et plutôt tranquille à cette époque. Mais on nous dit qu'elle grouille de touristes l'été venu.

Ville de Krk

Nous traversons ensuite l'île d'ouest en est, et la beauté des paysages nous saute aux yeux. La végétation, faite de champs d'oliviers, de conifères et de forêts de chênes au sortir de l'hiver, donne des couleurs mêlant les teintes de vert et de brun. La présence de nombreuses pierres par endroit vient magnifier le tout. Rajoutez à cela un faible trafic routier et un ciel dégagé, et vous obtenez une après-midi cyclotouristique parfaite !

La traversée de l'île de Krk d'ouest en est

Nous arrivons comblés chez nos hôtes du soir, Tamara et Borna. Ils habitent Vrbnik, une jolie petite ville que nous découvrons plus amplement la nuit tombée, au hasard de festivités "carnavalesques" organisées ce soir-là. Nous suivons ainsi le cortège d'habitants plus ou moins déguisés, au son d'une fanfare bien sympathique ! Il paraît que la fête a duré, mais nous étions bien trop fatigués pour en témoigner.

Une belle soirée à Vrbnik

Nous franchissons de nouveau le pont le lendemain, tout heureux d'avoir pu découvrir l'île de Krk et quelques-uns de ses habitants très accueillants.

Pont reliant l'île de Krk au continent

Sous un ciel plus nuageux qu'à l'habitude, nous longeons la côte en direction du sud, avec pour objectif de rejoindre Zadar pour la fin de semaine. Ce trajet nous offre de beaux paysages, avec la présence remarquable de cerisiers en fleurs. La basse saison nous permet d'autre part de bénéficier d'un flux de voitures largement supportable. Car sur ce tronçon, pas de piste cyclable.

Cap au sud le long de la côte !

Nous passons par Senj et décidons de nous y arrêter, sur les conseils de Borna et pour ne pas subir l'averse annoncée en fin d'après-midi. On s'y amuse comme des p'tits fous en redescendant le chemin qui mène au château surplombant la ville.

Château de Senj (prise le lendemain)
Senj

Au moment d'arrêter notre itinéraire croate, nous avions hésité entre longer la côte ou tenter l'aventure dans les terres. En décidant finalement d'emprunter la route du bord de mer, nous pensons avoir fait le bon choix... car la journée suivante est un vrai régal. Bien asphaltée et toujours aussi calme côté circulation (à confirmer juillet-août...), cette route taillée dans la roche des montagnes du "Velebit" offre de magnifiques points de vue sur la mer Adriatique. Entre mer et montagnes, les kilomètres passent facilement. Avec toujours nos cerisiers qui nous accompagnent sur le bord de la route !

La côte croate (suite, à partir de Senj)

La vue sur les îles nous donnent envie d'en découvrir une nouvelle. Nous bifurquons donc sur notre droite pour rejoindre Prizna, d'où part un ferry qui permet de rejoindre l'île de Pag en une quinzaine de minutes.

Otok veut dire "Île" en croate
A bord du ferry pour rejoindre l'île de Pag

C'est le désert cette île ! Nous pédalons dans un paysage lunaire, fait de pierres blanches et de... rien d'autre !

Titi et Coco sur la lune

Nous pourrions croire à une blague ou à un mirage en découvrant ce panneau (nous indiquant un supermarché), tant l'île semble désertée de toute présence humaine.

Promesse d'un supermarché improbable

Le centre de l'île est déjà plus vert, et permet d'admirer les montagnes du Velebit au loin. Grandiose...

Vue sur les montagnes du Velebit au loin

L'île ne manque pas de pierres et les parcelles de terre sont toutes délimitées par des murets formant au loin des lignes qui nous avaient interpellés depuis le continent. La présence de nombreux moutons nous laisse deviner une activité d'élevage importante, notamment pour confectionner du fromage de brebis vendu sur l'île. En entrant dans une fromagerie, nous découvrons que le produit phare est le fromage "Paški sir".

Production et vente de "Paški sir"

Nous poursuivons notre traversée de l'île. Nous réalisons notre chance d'être là, à pédaler sur une route magnifique, en découvrant cette île dont le nom nous était complètement inconnu il y a encore quelques heures.

On en profite un max !

La route nous mène à Pag où nous nous arrêtons boire un verre. Nous en profitons également pour faire le plein d'eau en vue du bivouac à venir (faut bien se laver et faire bouillir la marmite !).

Pag

La recherche d'un coin tranquille pour bivouaquer nous fait longer des marais salants. On produirait donc également du sel sur Pag.

Marais salants

Nous trouvons à nous faufiler entre les bambous qui bordent la route pour y installer notre nid à l'abri des regards. Une bien belle journée s'achève... à condition de ne pas être réveillés en pleine nuit par des moutons !

Le jardin
Le garage et la chambre
La salle de bain
Présentation de notre appartement du soir

La matinée suivante, nous achevons notre court passage sur l'île de Pag, qui n'aura durer que 24 heures mais dont nous ne regrettons pas le détour. Nous nous délectons des derniers kilomètres sur ce petit bout de terre qui nous aura surpris par son aspect sauvage et bien préservé. L'ambiance ne doit sûrement pas être la même l'été venu, surtout sur cette île où il paraît que la vie nocturne bat son plein. Mais dans l'ensemble, nous imaginions les îles croates beaucoup plus urbanisées du fait de leur attrait touristique. Une belle page de notre voyage, sans aucun doute !

Derniers kilomètres sur l'île de Pag

Nous laissons définitivement les montagnes du Velebit dernière nous et gagnons Zadar dans la journée, en empruntant une partie de "l'eurovélo 8", itinéraire cyclotouristique européen longeant la méditerranée. Nous devrions d'ailleurs revoir ce type de panneau dans les prochains jours.

L'eurovélo 8 passe par là !

L'arrivée à Zadar en début d'après-midi nous paraît propice à une bonne sieste. Coco a visiblement voulu immortaliser cet instant, à l'insu de Titi. Nous nous balladons ensuite dans la ville, le long des ruines romaines aux abords de l'église Saint-Donat.

Sieste et visite de Zadar

Nous assistons surtout au dernier jour du carnaval de Zadar ! Voici en images quelques belles parades costumées.

Les moutons
Les pêcheurs
Les épouvantails
Les sirènes
Les poissonniers
Les teufeurs dans leur comptoir mobile à pédales
Le défilé du carnaval de Zadar

Nous avons un petit coup de coeur pour le bus de supporters croates, remémorant la fièvre qui a envahi le pays lors de la coupe du monde de football 2018 (victoire française oblige...). Même Emmanuel Macron a fait le déplacement. Seul détail qui nous chiffonne un peu, la coupe du monde est dans les mains de la Présidente croate Kolinda Grabar-Kitarovic. Ils n'ont pas dû bien comprendre l'issue du mondial.

On est les champions !

Nous n'assistons pas à l'élection de la meilleure troupe et ne pouvons donc vous en donner le résultat. Coco est trop occupée à bosser la suite de l'itinéraire et à dessiner sur son carnet de voyage. Titi se contente de ne rien faire. C'est ça la répartition des tâches dans une équipe de choc.

Ça bosse dur... pour certains !

La journée se termine en beauté, entre coucher de soleil et fête de clôture du carnaval.

Fin de journée à Zadar

Nous attribuons sans hésiter le titre de la pause pique-nique de l'étape croate à la journée suivante. Entre Zadar et Vodice, il fait bon faire une pause. Inutile d'en rajouter, la photo parle d'elle même...

Miam miam au bord de l'eau

Pour la petite anecdote, nous passons ce même jour juste à côté d'une île en forme de coeur, dont la photo sur le panneau nous rappelle celle de la couverture du livre "la Terre vue du ciel" de Yann Arthus-Bertrand. Titi prend donc ce beau cliché, tout content de lui, pour se rendre finalement compte le soir venu que ce n'est pas du tout le même site naturel. Le célèbre cliché du photographe représente le coeur de Voh en Nouvelle-Calédonie... rien à voir avec l'île "Ljubavi". Vexé, Titi jure que nous irons voir le vrai "coeur de Voh". Pour cela, il reste encore quelques tours de pédales à effectuer et une petite pichenette par la voie des airs pour se rendre à l'autre bout du monde... Mais qui sait, la meilleure amie de Coco réside en Nouvelle-Calédonie. Cela fait donc deux excellentes raisons de s'y rendre !

L'île "Ljubavi", le faux coeur de Voh

Nous finissons notre journée dans le très cosy appartement de Damir. Pas de doute, nous sommes bien en Croatie !

Une bonne douche chaude avec des serviettes croates, c'est le pied !

La Croatie comptent huit parcs nationaux, dont peut-être le plus célèbre "Plitvice" et ses lacs sublimes. Si ce dernier était un peu trop éloigné de notre plan de route, nous décidons de faire un crochet au parc "Krka" qui, nous dit on, vaut le détour. Nous quittons donc la côte aux abords de Sibenik pour rejoindre Lozovac, et admirons les belles cascades du Parc.

Visite du Parc Krka

Nous découvrons aussi les vestiges des activités d'autrefois à Krka, comme le lieu où était lavé le linge ou le moulage du blé. Une centrale hydraulique à même été construite, avec un début de fonctionnement daté en 1895. La ville de Sibenik a donc pu jouir de l'énergie électrique bien avant beaucoup d'autres villes en Europe.

Lavage du linge
Moulage du blé
Turbine de l'ancienne centrale hydraulique
Activités d'autrefois à Krka

Bon... c'est pas tout de faire les touristes mais le ciel est menaçant et nous prévoyons de bivouaquer ce soir, on ne doit donc pas traîner pour planter la tente... et oui, il ne fait pas toujours beau en Croatie !

Cherchons dodo au calme près de Krka, si possible sans pluie

Une fois n'est pas coutume, nous privilégions le lendemain un itinéraire à l'intérieur des terres. Une route secondaire nous semble en effet appropriée pour relier le parc national de Krka à Split. C'est donc au calme, et au travers de paysages arides et vallonnés que nous passons notre journée. Nous nous approchons progressivement du massif montagneux du Mosor, signe que notre destination n'est pas loin.

L'aridité de l'intérieur des terres

Nous gagnons ainsi la deuxieme ville croate la plus peuplée en début d'après-midi. Ce qui nous laisse le temps de nous ballader dans le palais de Dioclétien et d'admirer la cathédrale Saint-Domnius, entre autres découvertes touristiques et plaisirs gustatifs !

Palais de Dioclétien
Cathédrale Saint-Domnius
Statue en bronze de Grgur Ninski
Trg Republike (place de la République)
Split

Les massifs du Mosor puis du Biokovo sont nos compagnons de route de la journée du lendemain. Leurs falaises imposantes dominent ce tronçon reliant Split à la ville de Ploče, située 120 kilomètres plus loin sur la côte. Les villages traversés et la végétation plus luxuriante que la veille rendent les paysages magnifiques. Les plages inoccupées en cette saison nous donneraient presque envie de nous baigner dans cet mer d'un bleu très attirant... Nous avons d'ailleurs parfois l'impression que la route nous y plonge directement !

Direction Ploče !

Comme c'est le cas souvent depuis notre arrivée en Croatie, nous apercevons des peintures sur le bord de la route. Une partie d'entre elles évoque la guerre d'indépendance croate, et met notamment en avant son armée et quelques uns de ses héros. Le conflit reste encore récent (début des années 90) et revient régulièrement dans les propos des locaux avec qui nous conversons. Nous quittons ce pays dans quelques jours et peut-être avons nous le regret de ne pas avoir osé creuser un peu plus le sujet avec eux.

Peintures sur la guerre d'indépendance croate

Bien que conséquente, cette étape de 120 kilomètres ne nous aurait pas posé trop de problème sans un petit détail... Le vent ! En effet, nous devons lutter contre un vent à décorner Gonzales et Ciraptor, en provenance du sud-est (c'est-à-dire notre direction). La propension de ce drapeau à vouloir s'extirper de son mât vous permet de vous faire une idée de la problématique...

Le prochain virage à droite va faire très mal...

Nous arrivons tard et crevés à Ploče... Mais en profitant de quelques très beaux points de vue ! Et rassurez-vous, Gonzales et Ciraptor ont droit à double ration le soir venu pour récompenser leurs efforts. D'autant plus qu'une nouvelle grosse journée, toujours venteuse, les attend.

A l'approche de Ploče

Nous quittons en effet Ploče le lendemain pour rallier Dubrovnik dans la journée, soit 95 kilomètres à parcourir.

Départ de Ploče

Pourquoi ces deux journées marathon nous diriez vous ? Et bien pour arriver à Dubrovnik avant la journée pluvieuse qui s'annonce demain, et pour profiter de 24 heures de repos dans cette ville dont on nous a dit le plus grand bien.

Nous commencons par traverser le canal de Neretva. Des parcelles de terre s'étendent à perte de vue et témoignent d'une activité agricole importante. Il faut prendre de la hauteur sur le flanc des collines dominant cette vallée pour mieux s'en rendre compte.

Activité agricole dans la vallée de Neretva

Quelques kilomètres plus loin, nous montrons deux fois nos passeports. Une fois pour entrer en Bosnie-Herzégovine, une fois pour entrer à nouveau en Croatie ! Et oui, la Croatie est coupée en deux du fait de l'interruption de sa côte au profit du pays voisin, et ce sur une vingtaine de kilomètres. Cette région bosniaque enclavée est appelée "corridor de Neum". Après recherches, cette particularité remonterait à l’année 1699. La République de Raguse (l’ancienne Dubrovnik) décide alors de se séparer de Neum, au profit de la Bosnie, sous occupation ottomane, pour se protéger de l’expansion de sa rivale, Venise.

Drapeau Bosniaque à la frontière
Ville de Neum
Petite excursion en Bosnie-Herzégovine

Pour la petite histoire, nous nous étions étonnés d'avoir dû montrer nos passeports en passant une barrière douanière entre la Slovénie et la Croatie. Nous avons depuis appris que la Croatie est certes un pays membre de l'Union Européenne, mais qu'elle ne fait pas partie de l'espace Schengen (du moins pas encore). Précisons également que les croates n'utilisent pas l'euro comme monnaie mais le Kuna croate. Le Monténégro, que nous découvrirons demain, n'est pas membre de l'UE mais l'utilise. Si si c'est possible ! C'est également le cas du Kosovo, état indépendant reconnu par beaucoup de pays (dont la France) mais pas tous et notamment pas par l'ONU. Bref, tout ça pour vous dire que c'est compliqué...

Parenthèse géopolitique fermée, nous longeons toujours notre côte croate. Nous nous demandons combien d'îles avons nous aperçu ces derniers jours, tant elles semblent encore nombreuses aujourd'hui à l'horizon. La Croatie en compterait près de 700...

Et nous apercevons le pont Franjo-Tuđman qui marque l'entrée dans Dubrovnik. Enfin !

Destination Dubrovnik

Nous visitons donc le lendemain Dubrovnik, ville au combien séduisante par ses remparts renfermant de nombreuses églises, palais, et ruelles dans lesquelles il fait bon se perdre. Malgré le temps effectivement maussade voir pluvieux par moments, nous profitons pleinement de cette cité qui nous surprend par son histoire et sa beauté à chaque coin de rue. Nous avons même un peu honte de n'avoir pas entendu plus parler de ce lieu que nous conseillons à tous les voyageurs. Bien que touchée par les bombardements en 1991 (par les forces serbes et monténégrines), Dubrovnik à fait l'objet de tous les efforts de la Croatie mais aussi d'autres pays de la communauté internationale pour se reconstruire.

Dubrovnik

Un vrai coup de coeur pour nous. Surtout du haut des remparts !

Dubrovnik vue d'en haut

Les amateurs de "Game of Thrones" savent sûrement que les remparts, les rues pavés et la vue sur la mer ont servi de décor à cette série médiévale-fantastique, pour représenter notamment "Port-Real", la capitale fictive des sept Royaumes.

Titi aux côtés de Tyrion Lannister

Enfin, Dubrovnik nous aura permis de déguster les spécialités locales à base de produits de la mer, de se reposer et de faire une vrai lessive !

Une vrai journée de repos...

Nous avons particulièrement apprécié notre traversée de la Croatie qui nous était jusqu'alors parfaitement inconnue. Nombreux sont les croates qui nous ont interpellés pour savoir d'où nous venions, et nous poser des tas de questions sur notre voyage. Sans compter les automobilistes qui nous ont encouragés par leurs klaxons. Nous garderons en souvenirs l'accueil chaleureux de leurs habitants et les magnifiques paysages de montagne et de mer (et d'îles !) qui ont fait notre bonheur. Ça roule cool !!!

Bok Hrvatska !
• • •

Ils ont égayé notre route. Encore merci à...

· Tamara et Borna pour leur accueil simple et chaleureux, la soirée carnaval, le miel de cerisier et les échanges passionnants autour du voyage et de nos pays respectifs.

· Adriana pour son accueil très enthousiaste, sa soupe au chou maison, l'épisode plutôt trippant de la série Black mirror et les petites attentions gustatives au moment de partir.

· Damir pour la mise à disposition de son appartement, la bière du soir, le café matinal sur les pas des courses d'ânes, la découverte des "Burek" au fromage, l'essence de son bateau pour notre réchaud et les souvenirs peints de ses propres mains d'artiste.

· Nellie Tan et George Lee, nos deux sympathiques et curieux singapouriens rencontrés par hasard à Split.

· Alejandra et Julian pour nous avoir offert une douche et une nuit au chaud. Dommage que nous n'ayons pas eu le temps de faire plus ample connaissance.

KM
2987
KM
2987
Publié le 12 mars 2019

Dobro jutro ! Nous voilà au Monténégro en ce 10 mars 2019 ! Nous avons hâte de découvrir ce pays. D'une part parce que nous n'en connaissons pas grand chose... et d'autre part parce que nous n'y resterons que 48 heures. Nous ouvrons donc grand nos yeux et nos oreilles dès notre entrée sur le territoire, pour ne pas en perdre une miette.

Entrée au Monténégro

Notre curiosité principale de ce court séjour porte sur les bouches de Kotor ("Boka Kotorska" en Serbe / Monténégrin). Nous les approchons depuis Dubrovnik via une vallée qui nous laisse déjà entrevoir de belles montagnes.

Vallée conduisant aux bouches de Kotor

Nous recollons à la mer et découvrons la ville de Herceg Novi.

Herceg Novi et ses alentours

Nous arrivons ensuite dans les "Boka Kotorska" tant attendues, qui forment 4 golfes surplombés de hautes montagnes à pic. Le soleil de fin d'après-midi arrive à s'immiscer entre les sommets. Ses rayons nous apportent donc suffisamment de lumière pour admirer le spectacle.

Pisciculture et ville de Perast
Mont Lovsen (sommet derrière le nuage...)
Le long de la baie en direction de Kotor

Notre journée se termine à Kotor, ville fortifiée située à l'extrémité est de la baie.

Kotor et ses fortifications, de nuit

L'appel des remparts est trop fort et nous décidons le lendemain à l'aube de nous y attaquer. Précisons que pour nous l'aube c'est 7h... et que le soleil est levé depuis longtemps à cette heure-là (nous sommes désormais bien à l'est de notre chère France, et sans décalage horaire). Pierre-Paul et Victor, deux cyclotouristes français rencontrés la veille, nous ont conseillés ce plan "remparts". "La porte est ouverte, c'est visiblement gratuit", nous ont ils dit.

Une porte entrouverte nous accueille effectivement aux pieds des escaliers de pierres. Elle cache un tourniquet hors d'usage et une table sur laquelle une pancarte indique grossièrement "8€". Personne en vue... Nous passons. Un homme déboule de nul part et nous montre du doigt le panneau, énervé. Nous lui demandons pardon et nous apprêtons à faire demi-tour, gênés d'avoir ignoré "volontairement" l'écriteau. Dommage pour la visite, mais nous ne souhaitons pas payer 16€. L'homme perçoit notre déception et nous fait signe de passer, d'un geste sec, l'air désabusé. Nous attendons d'être sûrs de bien comprendre. Il réitère son geste, nous sommant de nous engager rapidement. Nous obéissons, sidérés et un brin amusés par ce changement brutal de comportement. Naturellement, nous le remercions vivement au passage, d'un "Hvala" que nous maîtrisons désormais à la perfection (même mot utilisé qu'en Croatie).

Pourquoi vous conter cette histoire somme toute assez banale ? Et bien parce que la suite est savoureuse. En redescendant une petite heure plus tard, nous recroisons l'homme qui, avec un grand sourire, nous demande si nous avons apprécié la visite. D'un geste élégant, il offre un bouquet de fleurs fraîchement cueillies à Coralie et nous laisse pour vaquer à ses occupations de "garde-remparts".

Coco, la séductrice de Kotor, et son bouquet de fleurs

La conclusion de cette histoire est triple. La première, c'est que le monténégrin est généreux et galant. La deuxième, c'est que Coco surpasse sa mission de séduction des garde-frontières (voir notre étape 1) pour l'étendre avec succès aux "garde-remparts". La troisième, c'est que le bouquet de fleurs est resté à Kotor, mais qu'il égaie désormais la table sur laquelle nous avons petit-déjeuné.

À part ça, sur les remparts, c'était très joli !

Vue des remparts de Kotor

Les rues de Kotor valent également le coup d'être empruntées, et nous le faisons avec plaisir.

Kotor

Compte tenu des prévisions météo et de la couleur du ciel, nous nous attendons à une suite mouillée. C'est en effet sous un épais couvercle nuageux que nous pédalons toute la journée. Cette chape nous épargne toutefois les averses promises, déversant simplement quelques gouttes à notre départ de Kotor et juste après notre arrivée à Ulcinj. Nous nous estimons donc chanceux, mais ce temps ne nous permet toutefois pas d'apprécier les paysages à leur juste valeur. En effet, nous ne pouvons qu'imaginer les montagnes environnantes, probablement sublimes, et nous nous consolons donc en portant nos regards sur le bord de mer.

Le long de la côte, de Kotor à Ulcinj

Avant d'atteindre Ulcinj, nous passons par la ville de Bar, qui honnêtement ne nous éblouit pas plus que ça (disons le clairement, les villes traversées sont moins attrayantes que les massifs montagneux les entourant). Sa cathédrale "Saint-Jovan-Vladimir", bien repérable de loin, attire tout de même notre attention.

Cathedrale "Saint-Jovan-Vladimir" à Bar

Nous apprenons quelques kilomètres plus tard, au détour d'un rond-point, que le Monténégro organisera la 18ème édition des Jeux des petits États européens (JPEE). Cette compétition, dont nous ignorions l'existence, réunira neuf pays comptant moins d'un million d'habitants : Albanie, Chypre, Islande, Liechtenstein, Luxembourg, Malte, Monaco, Monténégro et Saint Marin.

JPEE 2019, le compte à rebours est lancé : J-78 !

A la veille de quitter le Monténégro, nous regrettons que les deux personnes qui avaient accepté de nous héberger à Kotor puis Ulcinj ne nous aient finalement plus donné de nouvelle le soir venu. Il aurait été intéressant d'échanger avec eux. À défaut, nous avons donc traversé ce pays en vase clos "Titi Coco", sans véritable discussion avec les habitants.

Depuis notre départ, nous avons passé la moitié de nos nuits chez l'habitant, en activant "warmshower" (spécifique aux cyclistes) et couchsurfing (plus large). Outre les économies non négligeables que cela permet, recourir à ses réseaux sociaux nous fait surtout découvrir les pays un peu plus de l'intérieur. C'est donc un petit rendez-vous manqué avec les monténégrins.

Nous passons l'autre moitié de nos nuits sous tente (bivouac ou camping) ou en airbnb / hotels abordables (entre 20€ et 30€ la nuit pour le moment).

Avant de quitter Ulcinj le lendemain, nous prenons le temps de visiter sa vieille ville et admirons la vue qui nous est offerte au petit matin, depuis notre chambre (il y a pire...) ! Adieu la mer Adriatique !

Vieille ville d'Ulcinj et vue sur la mer Adriatique

Notre passage au Monténégro fût court, mais associé à une très belle découverte de Kotor et de ses bouches. Nous avons également retrouvé chez nos amis monténégrins les klaxons et autres exclamations d'encouragement, les regards bienveillants et curieux, les clins d'oeil complices et amicaux, et leur reconnaissance amusée de nous entendre essayer de parler leur langue. Nous reviendrons sans doute, peut-être avec des chaussures de randonnée, car c'est à notre sens un bon moyen de découvrir les joyaux de la "Montagne Noire" des balkans.

Nous fêtons nos 3000 kilomètres juste avant la frontière albane, et des montagnes enneigées nous attendent au loin... belles, mais un peu inquiétantes... la suite au prochain épisode. Pour l'instant, ça roule cool !!!

Doviđenja Montenegro !
• • •

Ils ont égayé notre route. Encore merci à...

· Diana et Leonardo, les cyclotouristes colombiers croisés à la frontière, pour leurs sourires, leurs conseils et leur amour du voyage communicatif (2 ans déjà qu'ils sont sur les routes d'Amérique du sud et d'Europe !)

· Pierre-Paul et Victor, les cyclotouristes français croisés à Kotor, pour leur fraîcheur et les échanges en français qui font du bien. On va sans doute se recroiser dans les prochains jours, bonne route à eux !

· Le "garde-remparts" de Kotor, pour sa gentillesse et son romantisme.

KM
3274
KM
3274
Publié le 16 mars 2019

Mirëdita ! Le 12 mars 2019, nous entrons en Albanie ! Littéralement, "pays des aigles", d'où le drapeau ci-dessous. Nous nous étonnons d'ailleurs de voir le drapeau européen flotter à côté de ce dernier, et ce plusieurs fois sur notre trajet. La candidature albanaise pour intégrer l'UE y est sûrement pour quelque chose.

Drapeau albanais à la frontière

Une fois n'est pas coutume, notre première journée s'avère assez peu enthousiasmante. Notre impression née au Monténégro se confirme ici dans les villages ruraux traversés. Détritus, chiens errants, habitations sommaires, inachevées voire insalubres,... cette partie de l'Albanie est la plus pauvre, et cela se ressent. Attention aux préjugés hâtifs, attendons de voir... mais nous vous livrons notre sentiment tel que nous l'éprouvons, à chaud.

Nous croisons des écoliers qui nous tapent dans la main et nous demandent en bon anglais d'où l'on vient. Nous ignorons s'ils ont l'habitude de voir des cyclotouristes comme nous, mais ça fait chaud au coeur. Les gens sont curieux, les regards sont bienveillants, et cela est agréable.

La route que nous empruntons pour rallier Lezhë ne l'est en revanche pas du tout. Toute droite, très passante et avec un vent de côté très vigoureux, c'est pas l'extase... Quelques beaux panoramas montagneux au loin relèvent un peu l'intérêt de cette journée.

L'appel des montagnes albanaises...

Nous arrivons à Lezhë dans l'après-midi, contents d'en avoir fini.

Arrivée à Lezhë

Nous passons la soirée au calme, autour d'une bonne pizza et d'une salade grecque (et oui on se rapproche...) dans un restaurant que l'on nous a recommandé. Au calme... jusqu'à 20h35, heure à laquelle une quarantaine d'albanais débarque pour assister à la diffusion TV de l'affiche footballistique du soir : Juventus / Athletico Madrid. L'ambiance monte d'un cran, les esprits s'échauffent, nous passons une soirée finalement animée et plutôt sympathique ! Coco est l'unique femme de l'assemblée, et probablement une des seules à comprendre les commentaires en espagnol. Côté terrain, Ronaldo renverse ce soir-là l'Athletico à lui tout seul.

Nous quittons Lezhë le lendemain sous un beau soleil, en direction de Tiranë (la capitale du pays). Coco nous trouve une petite route secondaire dont elle a le secret, et nous découvrons la campagne albanaise en toute tranquillité. Nous traversons des villages. Nous sommes interpellés sans cesse par des "Hello" amicaux. Nous répondons par des "Mirëdita", et cela amuse les locaux. Nous nous sentons adoptés par les albanais. Et la route est belle...

En direction de Tiranë

Nous gagnons Tiranë dans l'après-midi, après de nombreux efforts demandés à Gonzales et Ciraptor pour nous frayer un chemin dans la circulation quelque peu anarchique... Nous posons devant le grand parc de la ville.

Arrivée à Tiranë

Il aura fallu attendre l'Albanie pour nous arrêter dans une capitale européenne. Après avoir déposé nos sacoches chez notre hôte Serdar (qui a gentiment quitté son travail temporairement pour nous accueillir), nous honorons donc cette ville d'une visite plus approfondie à vélo, avant la tombée de la nuit.

Parlement albanais
Tiranë

Le hasard a voulu que notre passage ici coïncide avec la "Dita e Verës" (fête de l'été), célébrée dans tout le pays chaque 14 mars (demain) en vue de l'arrivée des beaux jours et du printemps. La ville est donc décorée pour l'occasion.

Tiranë aux couleurs du printemps nouveau

Nous admirons ci et là quelques belles oeuvres d'art, dans les parcs, sur les façades,... Tiranë est inspirée !

L'art au coeur de Tiranë

Au moment de la visite, nous ne nous doutons pas que notre hôte insomniaque Serdar nous fera revenir dans ce coeur de ville à la nuit tombée, pour nous faire découvrir les bars cachés aux ambiances feutrées et "jazzy". Une bien belle soirée à enchaîner les verres de vin rouge et de Rika... pour revenir à la maison pas très frais mais comblés par les discussions au combien enrichissantes avec ce turc d'Ankara, ingénieur en génie civil et expatrié depuis 2 ans à Tiranë pour y construire des autoroutes.

Le dîner et le petit déjeuner en compagnie de Serdar sont autant raffinés que copieux, et nous quittons Tiranë avec l'énergie nécessaire pour les 10 prochains jours !

Petit déjeuner copieux made in "Chef Serdar"

Nous mettons le cap sur Elbasan, où il paraît que la fête de l'été bat particulièrement son plein. En effet, c'est dans cette ville que la "Dita e Verës" a vu le jour. Cette tradition fût ensuite étendue au reste du pays. Un 14 mars, nous ne pouvions pas mieux tomber pour rejoindre Elbasan et c'est avec enthousiasme que nous empruntons une route dont Coco a de nouveau le secret : une magnifique 4 voies ! Gonzales et Ciraptor se régalent et font "péter" le compteur avec un bon 55km/h en plein tunnel, sans forcer !

Loin des itinéraires bucoliques, mais à fond les ballons !

Nous parcourons en un rien de temps les 42km du jour et arrivons à Elbasan juste avant la pluie (la chance nous sourit une fois de plus, pour combien de temps ?...). Nous sommes accueillis dans un petit bâtiment aménagé pour l'accueil de voyageurs "backpackers", et rejoignons ensuite le centre-ville.

Petite déception : nous ne trouvons qu'une sorte de marché aux puces et des attractions de fête foraine. La foule est là mais semble se disperser, et la grande estrade est en train d'être démontée... Aurions-nous loupé la fête en arrivant à 13h ? Visiblement oui... Bon... On se console comme on peut avec une assiette bien garnie et des "Ballokume" en guise de dessert (biscuits typiques de la ville d'Elbasan).

Rassurez-vous, cette assiette est pour 2...

Vous allez dire qu'on ne parle que de nourriture... mais dans un voyage comme le nôtre, "quoi manger ?" et "où dormir ?" sans se ruiner sont des préoccupations essentielles. Et la découverte de la gastronomie locale fait partie des curiosités qu'il ne faut pas éluder !

Pour compléter ce chapitre, évoquons les bars albanais ! Nous sommes séduits par leur ambiance, leur dynamisme, leur décoration toujours soignée et "tendance". Nous passons beaucoup de temps dans les bars depuis notre départ pour écrire, peindre, alimenter ce blog, profiter du Wi-Fi,... et nous trouvons en Albanie d'excellents endroits pour cela. La jeunesse y est nombreuse, les gens semblent heureux et ces lieux tranchent souvent avec les bâtiments moins reluisant qui les entourent. La musique est toujours trop forte, mais elle fait partie intégrante de cette ferveur pour les moments de fête et de détente, à toute heure du jour et de la nuit.

Bar d'Elbasan

La journée du lendemain n'était pas prévue dans notre itinéraire initial. C'est en effet lors d'un comité bilatéral "titicoco", dans un bar de Zadar (Croatie), que nous avons décidé de stopper notre descente vers le sud à Elbasan pour mettre le cap à l'est. La raison ? Aller voir ce qui se cache derriere ce rond bleu sur notre carte routière, appelé "lac d'Ohrid" (du nom de la principale ville qui le borde). Cette étendue d'eau est au carrefour de l'Albanie, de la Macédoine et de la Grèce. Il s'agit du lac le plus profond des Balkans, et l'un des plus vieux du monde avec la Titicaca et le Baïkal. Les albanais que nous avons sondé à son sujet sont unanimes sur l'intérêt d'y faire un tour. Donc cap à l'est !

Nous commençons par longer le fleuve "Shkumbin", au creux d'une magnifique vallée et sous un beau soleil.

En remontant le fleuve "Shkumbin"

Sur notre trajet, nous croisons des ruches et une voie ferrée aérienne plutôt impressionnante.

Points d'intérêt sur la route

Nous croisons également de nombreuses stations de lavage pour les voitures. Les albanais prennent soin de leur auto et l'activité doit être lucrative vu l'abondance de ce type de service au bord des routes, même dans les coins les plus reculés.

Enfin, nous nous étonnons de voir que la longueur de tous les ponts (même les plus petits) est indiquée au mètre près. Cette curiosité nous était déjà apparue au Monténégro. Preuves en image pour notre chapitre "panneaux" !

L'importance donnée à la longueur des ponts en Albanie

Nous pousuivons notre route qui s'élève sérieusement... Nous mettons tout à gauche (les cyclistes comprendrons) et serrons les dents pendant la montée. Nous prenons toutefois le temps d'admirer le paysage.

Côte à 10%, ça se sent !

Notre récompense ne tarde pas à venir, avec une vue splendide sur le lac d'Ohrid. Et dire que nous aurions pu rater ça...

Vue sur le lac d'Ohrid

Nous ne manquons pas une miette de la descente qui nous réserve à chaque virage un panorama à couper le souffle. Une fois au bord du lac, nous trouvons une belle petite chapelle à proximité de laquelle nous posons les vélos, pour honorer la pause pique-nique de cette étape albanaise !

Pause pique-nique au bord du lac

Le ciel se couvre et nous apercevons au loin Pogradec, notre destination du soir.

Approche de Pogradec

Nous passons la soirée dans cette ville au bord de mer soigné, et dotée d'une vue très agréable sur les sommets enneigés. La nuit à venir sera la dernière en Albanie.

Pogradec

Nous prenons la direction de la Grèce le lendemain, en profitant d'un joli lever de soleil et d'une route très agréable jusqu'à Bilisht, dernière ville avant la frontière. Là encore, l'endroit est grandiose. Définitivement, l'Albanie nous aura conquis !

Derniers kilomètres en Albanie

Au moment de publier cette étape, nous relisons nos premières lignes retraçant notre entrée en Albanie. Elles n'étaient pas flatteuses puisque relevant les signes de la pauvreté de ce pays dont nous ignorions tout.

Quelques jours plus tard, la pauvreté n'a pas disparu. Mais nous avons bien d'autres images en tête concernant cette destination peu touristique mais au combien belle et attachante. Nous retenons de ce séjour une agréable soirée dans la capitale Tiranë, des montagnes majestueuses et deux journées mémorables aux abords du lac d'Ohrid. Nous avons également ressenti une certaine complicité avec les albanais rencontrés sur la route, qui ne nous attendaient pas là. Les enfants, surtout, nous auront touchés par leurs francs sourires et leurs infatigables "Hello".

Comme le suggère cette peinture sur une façade d'immeuble à Tiranë, nous voyons désormais l'Albanie différemment. Elle nous aura ouvert l'esprit.

Plus que jamais, après l'Albanie, ça roule cool !!!

Mirupafshim Shqipëri !
• • •

Ils ont égayé notre route. Encore merci à...

· Serdar pour nous avoir plongé dans l'ambiance nocturne de Tiranë et nous avoir fait découvrir sa passion pour la musique et la gastronomie "albano-turque" dont nous avons bien profité ! Nous avons hâte de découvrir la Turquie après cette belle rencontre.

· Eduart pour nous avoir réservé une place au chaud dans son auberge de backpackers, et ce malgré son absence (et gratuitement). Merci également à sa maman Fatima qui nous a accueillis sur place, et aux trois voyageurs allemands et canadien rencontrés ce soir-là.