Carnet de voyage

Tiagess en voyage !

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Dernière étape postée il y a 2 heures
A nos familles, proches, amis, collègues, fans et... à notre cher chat, nous dédions ce petit aperçu de nos péripéties. Merci de nous suivre durant notre voyage ! <3
17
janv
17
janv

Une première demi-journée placée sous le signe de l’administratif. Après avoir bouclé nos téléphones et notre tablette, nous partons découvrir la jolie ville d’Adélaïde. Sans gratte-ciel, la ville a un air familier, à taille humaine. Malgré la chaleur étouffante, nous lézardons dans les rues, passant d’une ombre à une autre. Un petit détour par Glenelg nous permet de voir la mer, tout en dégustant un Spritz. L’alcool est si cher en Australie que le goût de ce premier apéritif pris sur sol Aussie est amplifié. Le coucher de soleil sur la plage, le verre et la bonne compagnie rendent ce moment particulièrement agréable.

Glenelg 

C’est également le jour des 20 ans d’Axel, mon petit frère. Il nous faut des calculs savants pour savoir quand cela va être possible de s’appeler, prenant en compte les 9:30 de décalage horaire, l’accès au wifi et l’emploi du temps de tout un chacun. Finalement une vidéoconférence Lausanne-Adelaide a pu être mise en place.

Le lendemain, c’est le départ pour un dernier tour en groupe de 2 jours en Australie. Le minibus se remplit d’une majorité de personnes à la chevelure argentée et le guide semble fatigué par ses 22 ans de métier. Heureusement, nous retrouvons une Italienne avec qui nous avons fait connaissance dans le Nullarbor. Il y a comme un vent de nostalgie par rapport au groupe que nous venons de quitter. Les liens se sont tissés, et comme à la fin d’un camp de ski lorsque nous étions à l’école, nous sommes un peu tristes tout en étant très heureux de notre expérience et des rencontres faites.

The Grampians 

La première journée du tour nous amène à traverser les Grampians, grandes étendues vertes et montagneuses (c’est pas les Alpes, mais tout de même quelques centaines de mètres de haut). Je ressens un sentiment familier de la part de ses rivières, cascades et pentes vertes tandis que Tiago, s’attachant aux détails, trouve l’endroit bien plus exotique.

Le soir, la quête du wifi nous permet de terminer nos plaisirs administratifs. Les lunettes de Tiago sont probablement en cours d’envoi, quelque part entre la Suisse et la Nouvelle-Zélande, du moins nous l’espérons. Ceci malgré le fait que l’opticien a écrit que Tiago a utilisé de manière inappropriée ses lunettes. Effectivement, un homme qui cuisine, qui plus est avec ses lunettes, c’est est tout à fait inapproprié, voire choquant, ce que nous n’avons pas manqué de répondre, avec une certaine ironie, à l’opticien.

Nous poursuivons notre route à travers la Great Ocean Road. Les paysages se succèdent mais ne se ressemblent pas. La forêt est tantôt tropicale ou sèche comme le bush du centre de l’Australie. La côte magnifique est surplombée par des falaises à pic, bordée de plages parfois vides, parfois constellées de petits points noirs, glissant sur les rides à la surface de l’océan.

The 12 Apostles, the Great Ocean Road, Rainforest

Il m’est physiquement impossible de tenir plus de 30 minutes dans le bus sans m’endormir. Probablement que mon corps doit rattraper toutes ces heures de sommeil en moins, cumulées depuis des années. Je profite de ces petits moments de répit, où je ne pense à rien si ce n’est à la position la plus confortable pour tomber dans les bras de Morphée (ou de Tiago).

Nous arrivons à Melbourne, où nous espérons sentir la fièvre de l’Open d’Australie. Nous sommes prêts à montrer nos couleurs suisses et ravis de pouvoir dire : we are from Switzerland, like « Rodgeur ».


~J.

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15
janv

Un bref vol nous amène du Centre Rouge à Perth. C’est un sentiment étrange pour moi, car après avoir passé par des lieux que j’ai eu du plaisir à redécouvrir, nous atterrissons dans un endroit que je ne connais pas du tout. L’atmosphère de Perth semble détendue et on se dit qu’il doit faire bon vivre dans cette ville de presque 2 millions d’habitants, dont le fleuve aux eaux placides reflète la tranquillité apparente. Nous profitons au mieux de la demi-journée que nous passons dans la capitale de l’Australie de l’Ouest en déambulant dans les rues et les parcs, soulagés par la température bien plus acceptable pour nos petits corps qui y règne (30 degrés Celsius). Nous profitons de la soirée pour nous restaurer dans un petit patelin à une vingtaine de kilomètres de Perth, avec vue sur l’Océan indien.

Jardin botanique avec vue sur Perth 

Le lendemain matin, c’est parti pour un nouveau tour de 9 jours qui doit nous amener de Perth à Adélaïde. On doit confesser, un brin honteux vis-à-vis des véritables baroudeurs qui nous suivent, que nous ne nous sentions pas à l’aise à l’idée de conduire dans les vastes et inhabitées contrées australiennes (ceux qui me connaissent savent en plus que j’ai le permis depuis un peu moins d’une année). Nous avons essayé de privilégier des tours un peu « roots » (voyage dans un minibus, nuits à la belle étoile dans nos swags, douches tous les deux jours, etc). C’est l’occasion, comme la dernière fois au Centre Rouge, de partager aussi un moment avec des gens venus de divers horizons. Nous sommes cette fois 11 à embarquer (trois Australiens, une Danoise, une Italienne, un Américain, un Indien et un Suisse). Évidemment, impossible d’avoir des atomes crochus avec tout le monde, mais la plupart des gens ont un parcours personnel aussi riche que varié et notre attrait commun pour les voyages et la découverte donne autant de sujets d’interactions aux membres de notre petite et éphémère communauté.

Nous savons qu’il y aura beaucoup de route, tant la distance à parcourir est longue et nous alternons les jours où nous voyons défiler invariablement le vaste bush et les immenses champs céréaliers du sud de l’Australie avec des journées moins mobiles passées dans des parcs naturels époustouflants et sauvages ou sur des plages d’un sable d’une blancheur éblouissante (avec quelques passages de kangourous suffisamment taquins pour s’approprier momentanément et fort heureusement brièvement nos linges de bain). Mais nous ne nous contentons pas de passer nos journées sur le sable blanc où dans les eaux cristallines et fraîches de l’océan qui baigne la côte sud de l’Australie. Nos premières journées sont ponctuées de nombreuses marches qui nous donnent l’occasion de découvrir la flore étonnement variée de l’Australie méridionale. Derrière l’impression d’uniformité, voire de monotonie, que semble donner de prime abord le bush australien se cache en effet une richesse indéniable et on se surprend à constater, au cours d’une longue marche, que nos pieds on foulé alternativement le sable ocre, noir de jais, immaculé ou encore d’une teinte jaunâtre semblant témoigner de l’empreinte du soleil à son zénith. Et le cumul de ces petits détails, multiples, suscite sans cesse notre émerveillement.

Kangourous sur la plage de Cape le Grand 
Marches dans les parcs nationaux Fitzgerald et Cape le Grand

Le milieu de notre tour est essentiellement passé sur la route (dont 146 km de route parfaitement rectiligne), le long de laquelle défilent les touffes d’herbes assoiffées, les eucalyptus et les bas buis profondément enfoncés dans la terre orange et sèche. La trajectoire de notre minibus n’est déviée que par le souffle provoqué par le passage ponctuel d’un impressionnant camion aux multiples remorques, par la rare apparition d’un roadhouse qui permet d’étancher notre soif (et surtout celle de notre véhicule) et par l’apparition soudaine et inattendue en bordure de route d’un spécimen nous rappelant la déconcertante et fascinante richesse du règne animal dans ces contrées (alors que j’écris ces quelques mots, nous venons d’esquisser un rapide mouvement sur la droite afin d’éviter un immense aigle posé le long de chaussée - le plus gros rapace d’Australie d’après notre sympathique guide et chauffeur, capable de capturer et soulever un petit mouton dans les airs de ses griffes acérées). Nous sommes dans les plaines hostiles de Nullarbor (étymologiquement, conçu à partir du latin Nullus arbor, soit « aucun arbre ») et on ne peut s’empêcher de songer, quand on voit la déconcertante facilité avec laquelle nous les traversons, que le chemin devait être autrement plus difficile il y a de cela une centaine d’années. Les caprices de la météo (le soleil tenace et mortifère pouvant soudainement laisser sa place à un terrible orage inondant en quelques instants cette immensité plate), la faune (serpents, araignées, dingos, etc), le manque de ressources et les immenses distances à parcourir sont autant d’éléments qui laissent à penser que la nature a souhaité montrer à l’homme, dans une ultime tentative de leçon d’humilité, qu’il ne peut être maître en tous lieux.

Nullarbor  

Les nuits dans nos swags nous permettent certes de nous endormir les yeux plongés dans un ciel étoilé comme jamais (la pollution lumineuse étant inexistante lorsque nous dormons dans le bush), mais elles ne sont pas de tout repos et nous devons affronter la quatrième nuit de notre périple une grosse averse nocturne qui met à mal la réputation d’imperméabilité des swags... nos sacs de couchage et les quelques affaires dissimulées sous nos couchettes de fortune « aussie made » sont trempés et les quelques heures restantes avant le lever du soleil n’offrent que peu de réconfort. On commence à s’impatienter à l’idée de passer la cinquième nuit dans un campement présentant des infrastructures sommaires (entendez par-là toilettes et douches), après deux nuits dans le Nullarbor. Mais cela nous amène aussi sans conteste à apprécier ces petits conforts à leur juste valeur. Autant dire également que ce tour nous permet une bouffée d’air technologique salutaire, nos « téléphones intelligents » ne pouvant servir que d’horloge vu l’inexistence du réseau mobile.

Jess en plein Swag 

Les quatre derniers jours de notre tour nous permettent de prendre à nouveau plus de temps et d’effectuer quelques marches dans les paysages exubérants des parcs nationaux qui environnent le Golfe Spencer. On est particulièrement marqués par la faune. Je n’oublierai jamais cet instant où barbotant tranquillement dans les eaux de l’océan, je suis entouré quelques minutes par deux otaries remuantes et joueuses qui ne se trouvent qu’a une brassée de moi. Notre dernier campement couronne le tout et nous sommes entourés au coucher comme au réveil de kangourous, de koalas et nous apercevons même quelques émeus. L’expérience est d’autant plus forte que tous ces animaux sont en totale liberté et que rien ne conditionne nos rencontres avec ces merveilles des antipodes. En parallèle, les neuf jours passés dans le bush soudent le groupe - nos séances de sandboard et de boomerang ont notamment donné lieu à quelques rires - et c’est avec un petit pincement au cœur que nous nous quittons après un dernier repas dans un bistrot d’Adélaïde.

Sandboard, boomerang, koalas 

Neuf jours riches, neuf jours trépidants, neuf jours qui nous auront vus parcourir environ 4´000 km, neuf jours qui n’auront permis de n’avoir qu’un bref aperçu de l’infinie richesse du sud de ce pays-continent... on a envie de se retourner et déjà, pourtant, la Great Ocean Road, Melbourne et la Tasmanie nous appellent.

South Ocean 
5
janv

Départ à 5:35 précise de notre auberge à Alice Spring. Nous avons échangé nos grands sacs à dos contre des petits, plus pratiques. Armés de 6 litres d’eau, de sacs de couchage, deux crèmes solaires à indice 50 et de mini-moustiquaires pour tête, nous partons à la découverte de l’outback australien, plus précisément du centre rouge. Notre groupe est constitué de deux autres Suissesses, des Coréennes, des Américains, des Espagnols, des Italiens, une Canadienne, des Anglais, des Australiens (dont notre guide, qui est aussi notre chauffeur, cuisinier, etc) et un grand-papa néo-zélandais.

Nous passons au centre exact de l’Australie, à exacte distance de la mer aux quatre coins de la boussole.

Malheureusement, notre premier arrêt a King’s Canyon est un peu frustrant, les sentiers étant fermés pour cause de chute de roches et de la chaleur (environ 45 degrés). Nous écoutons attentivement les explications du guide sous un couvert. C’est là, à cet instant précis que je me suis dit que trois jours dans le bush ça allait être très long... oui, c’est ma première vraie rencontre avec un monstre australien. Ceux qui me connaissent bien savent mon amour pour ces petites bêtes à huit pattes. Je n’ai donc rien suivi des explications et me suis éloignée de manière à rester à l’ombre tout en restant le plus loin possible du démon.

King’s canyon 

Ça a rendu cette première marche particulièrement éprouvante, car il m’a fallu être vigilante à toutes les menaces et attentats à ma vie perpétrés par mes amies les bêtes.

Néanmoins, la chaleur ambiante était si intense que ce fut un soulagement de revenir dans le bus, enfin lorsque la climatisation est enclenchée depuis plusieurs minutes.

Plusieurs petites marches et quelques arrêts dans des roadhouse (il faut bien que les Américains survivent, dose de coca fraîche assurée) ont ponctué la première journée qui se passe principalement dans le minibus. Nous traversons le bush sur une longue route rectiligne qui semble ne jamais avoir de fin. En effet, les stations d’essences sont parfois éloignées de plusieurs centaines de kilomètres, la bitume ne croise la route que de quelques habitations.

La première nuit se fait en plaine nature. On nous installe des genres de matelas qui s’appellent des « swag ». Ça s’écrit probablement pas comme ça, mais ça nous a fait rire d’avoir du swag en plein désert.

Du swag  

Nous cuisinons avec le guide et le reste du groupe. Tiago vient vers le feu de camp pour donner un coup de main. Il revient en me disant qu’il ne voit plus rien. Après de multiples nettoyages et autres tentatives, nous sommes forcés de constater que les verres de ses lunettes ont fondu au contact de la chaleur. C’est le tout début du voyage et les lunettes neuves sont déjà gravement abîmées. De plus, Tiago n’a pas ses lentilles ou des lunettes de rechange sur lui. C’est le premier coup dur de notre voyage. Tiago a une vue extrêmement limitée sans correction. Je vais donc préparer son lit, lui servir à manger et l’aider à ranger ses affaires. On est tous les deux dépités et dans l’incompréhension. Notre « concessionnaire lunettes » suisse a bien de la chance qu’il n’y eût aucun réseau téléphonique disponible à ce moment là.

S’ajoute à ça que pour moi, dormir à la belle étoile, en étant persuadée qu’il y a des centaines de monstres énormes qui attendent dans la pénombre pour venir grignoter mes orteils, n’a pas rendu la chose facile. Le ciel étoile, purifié de toute pollution lumineuse nous surplombait. Finalement, la Voie lactée m’a bercée ainsi que les ronflements de Tiago et j’ai fini par dormir quelques petites heures.

4h30 réveil. Là je me demande si c’était quand même pas mieux quand je bossais à l’hôpital et que je devais me lever à 6h, quelle grasse mat! Mais une fois installée avec un thé et un bol de céréales devant le lever de soleil, j’ai vite oublié mes patients. Le soleil d’un rouge intense se soulève au dessus de l’horizon, teintant le sol d’une couleur or. Devant tant d’émotions, quelqu’un s’est évidemment senti obligé de chanter le début de l’intro du dessin animé le Roi Lion (ahhhh svenjaaaa...).

Tiago voit quand même un peu avec ses lunettes fondues. De jour, il n’a pas besoin de mon assistance constante comme on le croyait la veille. Néanmoins, il verra la fin de notre tour dans l’outback en flou.

Une douche. De l’eau dans le désert pour se laver, c’est un miracle. Tellement empressée de profiter de l’eau pour m’enlever les 8 tonnes de sables collées à mon corps par une sudation constante (46 degrés...), je prends toutes mes affaires et me rends compte que j’ai pas de savon, perd le dentifrice et me perd moi-même dans mes affaire un instant. Tant d’empressement me rend fébrile.

Les coups de soleil s’intensifient malgré les applications régulières de crèmes. Tiago en vient même à avoir des cloques. C’est si dur de se protéger du soleil : peu d’ombre, chaleur intense.

Nous découvrons le deuxième jour Kata Tjuta, formation rocheuse non loin d’Uluru. Nous marchons pour atteindre un point de vue dans la vallée des vents. L’air est chaud mais la brise est rafraîchissante. La vue est spectaculaire, j’ai l’impression de marcher dans un paysage lunaire. Lors de la descente, la chaleur est si intense que malgré les 3,5 litres d’eau bus en moins de 2h, nous nous sentons tous mal. J’ai l’impression d’avoir poussé mon corps à ses limites. Je sens mes gestes ralentis, comme si l’air était devenu visqueux. Mais une fois arrivé au bout, quelle satisfaction! Je suis contente d’avoir pu repousser les limites de mon corps et d’avoir tenu pour profiter de la vue.

Kata Tjuta  

Je n’en peux plus de cette eau chlorée et chaude que nous avons à boire. Chaque marche a des points d’eau potable à disposition, mais l’eau a un goût de produit chimique. Couplé avec la chaleur, ça donne un résultat peu engageant. Pourtant après quelques litres ingérés, nous ne sentons même plus la différence.

Nous avons le droit à quelques minutes méritées dans la piscine du camping où nous allons rester le soir. C’est un luxe lorsque l’on voit l’aridité des alentours.

Nous allons ensuite visiter le centre de culture aborigène. L’histoire y est présentée très édulcorée, parlant peu de la relation aux hommes blancs. Notre guide nous explique qu’il y a eu une lutte depuis des dizaines d’années de la part du peuple aborigène pour faire valoir leurs droits en général et sur le parc national qui contient Uluru, rocher sacré et simple source de revenus pour les blancs. Petit à petit, les propriétaires traditionnels (formulation politiquement correcte) reprennent possession des lieux et en partagent la gestion avec les Rangers. Nous avons eut peu de contact avec eux. C’est presque comme si on vivait dans des mondes parallèles.

Nous prenons le repas du soir en face d’Uluru, dont nous venons de visiter certaines cavités. Le soleil se couche sur la roche rouge, couleur qui change minute après minute, au gré des projections de la lumières du soleil. C’est un paysage indescriptible.

Uluru 

Une femme du groupe nous lance : vous vous êtes mariés récemment?

Nous répondons que cela fait presque trois ans que nous sommes mariés. Elle répond qu’elle nous trouve tout amoureux et qu’elle pensait que nous étions mariés depuis peu.

Retour au camp pour une nuit à la belle étoile. Une vraie douche (on trouve du savon, même dans le désert), puis nous enfilons notre swag pour la nuit.

4h18 réveil. J’espère que ça va pas continuer à avancer ainsi le reste du voyage. J’en suis presque « jetlagée » à nouveau.

Lever de soleil sur Uluru, toujours avec mon thé et mon bol de céréales. Tant de calme et de sérénité. Personne ne parle, nous sommes tous dans nos pensées, le regard magnétisé par le géant rouge. C’est presque impossible de détourner les yeux. Il est simplement fascinant.

Uluru 

Puis nous faisons le tour de la roche, 10 km. Heureusement la température est encore acceptable à 7h. Nous marchons d’un bon pas et croisons quelques touristes. Nous avons failli être l’origine d’un accident de Segway. En effet, des files de pilotes plus ou moins endurcis de Segway se précipitent autour de la roche rouge. L’une d’entre elles, dernière de sa file a complètement paniqué en nous voyant sur le chemin de promenade et a tenté de nous éviter (sentier de plus de 3m de large) en se dirigeant directement contre le mur de roche en accélérant malgré elle. Un instant de panique lui a traversé le corps mais dans un dernier sursaut elle a réussi à changer sa trajectoire avec grand bruit.

Nous voyons les dégâts faits par les hordes de touristes qui nous ont précédés. Une cicatrice blanche dans la roche rouge trace le chemin qu’utilisent certains pour monter sur la roche. Pourtant ceci est profondément irrespectueux envers les Aborigènes et leur culture. Nous voyons que malgré les panneaux d’interdiction, les gens escaladent les barrières et vont profaner et abîmer le lieu.

Puis c’est le retour en car, avec un arrêt vers un lac de sel gigantesque, caché par quelques dunes.

On vous envoie un peu de chaleur, on en a beaucoup trop en réserve.

Dirty, smelly, sticky but happy.

~J.

30
déc
30
déc
Publié le 1er janvier 2019

Premiers jours de voyage et premiers jours riches en émotions. Émotions que nous avons envie de partager avec vous (d’où le rythme un peu effréné d’articles dans un premier temps).

Après avoir fuit le tumulte de Sydney une première fois en allant à Manly, nous avons découvert les Blue Mountains. Non, nous ne sommes pas dans une chaîne montagneuse du Seigneur des Anneaux, mais bel et bien dans le réservoir d’eau et poumon (au parfum rafraîchissant d’eucalyptus, malgré la température élevée) de Sydney. Destination touristique, il est difficile pour nous d’échapper à la masse de voyageurs d’un jour, qui plus est en n’utilisant que les transports publics. Nous y parvenons malgré tout, en évitant les sempiternels bus à deux étages hors de prix et autres télécabines surcotées. Malgré le monde, nous découvrons au travers de petits sentiers longeant des falaises et entourés d’une végétation dense, des paysages superbes dans les vallées en contrebas et le contraste avec nos contrées suisses est saisissant, tant il est vrai qu’il est rare, voire impossible, de contempler à perte de vue et sur des dizaines de kilomètres, un paysage sans la moindre trace humaine par chez nous (naïvement, je me dis que ça ressemble à la forêt de Malcombe dans le film Les Visiteurs - on a les références qu’on mérite).

On contemple, on emplit notre petite tête non seulement d’images, mais aussi d’odeurs, de sons (ah, les chants des oiseaux si dépaysants), de vagues impressions en tâchant d’éviter de tout emmagasiner dans une carte mémoire par écran interposé, de ne pas réduire nos souvenirs et nos émotions à des paysages fossilisés en pixels (mais on aime prendre des photos aussi, ne vous inquiétez pas).

31 décembre... mon premier Nouvel An ailleurs qu’en Suisse ou au Portugal et surtout, le premier sans être avec la famille. Pourtant, l’excitation est là, parce que c’est un Nouvel An à deux, avec celle que l’on aime, et parce qu’on ne refait pas la réputation de Sydney (Sydnye pour l’occasion) pour cet événement. On a tous des images de la télévision, de présentateurs de JT avenants qui annoncent de leur voix monocorde et chaude que les antipodes ont déjà passé de façon spectaculaire le cap de la nouvelle année. On y est et on a pas envie de manquer l’événement! On se renseigne, on nous promet des files d’attente immenses, des gens campant depuis plusieurs jours aux meilleurs points pour assister au tant attendu feu d’artifice. En bons Suisses, nous nous pointons à 10h du matin à l’ouverture d’un des meilleurs lieux d’observations gratuits pour trouver... quelques dizaines de péquins. On se sent un peu bêtes, mais l’orgueil étant maître de tous les pêchés, impossible pour nous de rebrousser chemin. On s’installe, penauds, pour une longue attente de quatorze heures, munis d’un pique-nique et de quoi tenir ces nombreuses minutes (jeux, liseuses, sujets de conversations mondaines, etc).

Nous avons le plaisir de retrouver, mais c’était prévu, un très bon ami (heeeeu cher JD) et sa copine durant quelques heures (ils sont eux-mêmes en voyage). Nous passons un très bon moment, les minutes s’égrenant petit à petit, lentement, mais sûrement, tandis que de sombres nuages s’amoncellent sur et tout autour de nous, sans entamer pour autant notre moral. Malheureusement, la nature semblait déterminée à prouver qu’en termes de feu d’artifice, et malgré les 30 millions de dollars australiens dépensés à Sydney, elle restait, quand elle le voulait, experte en la matière (et sans dépenser le moindre centime, excusez du peu). Anticipant de quelques heures le Nouvel An du Harbour, elle décide donc de nous gratifier d’un superbe spectacle pyrotechnique sur la thématique de l’Atlantide (entendez par-là orage d’été et pluies diluviennes) d’une bonne quarantaine de (très longues) minutes. Les gens courent dans tous les sens, s’abritant comme ils le peuvent. Face à la tournure des événements, nous sommes certes au départ déterminés bien que détrempés, mais nous finissons par détaler, dépités... il est 20h, nous avons attendu dix heures, nos affaires et nous ne sommes plus que des éponges. J’ai envie de pleurer comme un enfant capricieux face à une injustice qu’il aurait subie.

On rentre tristement à l’hôtel, même notre séparation avec notre couple d’amis est pathétique (on se dit au revoir de la main en se disant qu’on se tient au courant pour la suite et on ne se reverra pas)... bref, Tiago est au plus bas lorsque, tel un capitaine faisant le décompte des pertes, il compte les affaires altérées par l’humidité, posé mélancoliquement sur son lit. Jess, pourtant, et comme à son habitude, n’abdique pas, elle veut y retourner. La tension monte, car dans ces moments elle sait que j’applique tout mon spleen et ma mauvaise volonté a ne voir que des embûches à une éventuelle nouvelle sortie. Elle gagne comme bien souvent la manche, uppercut dans la tronche de mes idées noires, à raison, car nous voici, à 22h, plus ou moins au même endroit vers le Harbour Bridge. Il ne pleut quasiment plus.

Minuit approche, la foule est de plus en plus survoltée, mais nous sommes un peu à l’écart, contemplant le pont comme la baie de Sydney et... minuit, le ciel s’enflamme de tous côtés (et les photos ne peuvent que rendre partiellement le spectacle aperçu alors). « Il fait jour », me dit spontanément Jess. Le bouquet final est spectaculaire, ne reste alors que la fumée, son odeur âcre et ce sentiment enfantin et assez égoïste qu’on en aurait bien voulu plus. Dans la foule compacte en mouvement et en parcourant le long chemin qui nous mène à l’hôtel, je me dis que ça en aura valu la peine... main dans la main avec Jess, je ne peux m’empêcher de penser que 2019 s’annonce comme une année extraordinaire, comme le fut ce passage de l’an.

Bonne année a tous!

Tiago

Blue Mountains  
SydNYE  
29
déc
29
déc
Publié le 1er janvier 2019

Oh ma belle Australie! A peine on se connaît et déjà tu me plais! Les oiseaux des rues de Sydney sont bien plus élégants que nos pauvres pigeons. Tes jeunes sont dans le game, si si. Il y a de la chevelure blondie par le soleil, des mèches qui tiennent ensemble, cimentées par du sable fin. Il y a ces sauveteurs sur la plage en surf jaune flashy. Mais aussi cet océan d’un bleu intense qui parfois s’excite et rugit des énormes vagues blanches.

Malheureusement tu as aussi tes mauvais côtés... Parlons de ces monstres d’araignées qui peuplent les sentiers de promeneurs. Et de ce soleil qui ne laisse aucune chance à nous autres, petits Européens enneigés. Et est-ce réellement nécessaire de jurer autant lorsque tu parles?

Au final, tous ces petits défauts font aussi ton charme.

Kiss kiss.

~J

Bondi beach  
Sydney : l’opéra, le jardin botanique  
Manly: beach, the north head  
27
déc

11h15 sonne le départ de la première étape d’un voyage préparé depuis plusieurs années. Jongny-Sydney c’est un trajet peu commun, qui passe par quelques escales. Genève et Dubai.

Mais ce n’est en fait pas du tout la première étape du voyage. Celui-ci commence en 2013, lorsque nous nous sommes rencontrés. Immédiatement, nous avons parlé de notre amour du voyage, de ce besoin pressant de bouger, de rencontrer de nouvelles personnes, de découvrir de nouvelles cultures, de nouveaux paysages.

Il a fallu un grand nombre de soirées passées à discuter de ce projet tout en refaisant le monde. Ceux qui nous connaissent bien, savent que nous ne faisons pas les choses à moitié. Quelques exemples :

  • On se met ensemble ?
  • Oui, marions-nous. Un mariage où l’on fait tout nous-mêmes, avec une part de nos quatre cultures.
  • C’est bien joli de refaire le monde le soir autour d’un verre. Si on se lançait en politique ?
  • Oui, créons ensemble une nouvelle section du Parti socialiste dans une commune à majorité de droite !
  • On part en vacances ?
  • Allez.... on part six mois voyager. Viens avec moi !

Alors oui, ce projet a grandi dans nos têtes pendant plusieurs années. C’est lors de notre voyage de noces au Japon que nous avons finalement décidé de partir au début de l’année 2019. D’une part pour que Tiago puisse accueillir sa nouvelle volée d’élèves sans trop perturber leur parcours scolaire pour ensuite pouvoir les accompagner aux examens et d’autre part pour que Jess puisse travailler suffisamment longtemps en pédopsychiatrie pour s’y sentir à l’aise.

S’en suivirent des préparations, des questionnements, des rires et des disputes pour accoucher de ce bébé.

Nous ne nous doutions pas que le voyage allait véritablement commencer plusieurs semaines avant notre départ. Notre appartement qui se vide tristement, le regard plein d’espoir, d’amour et, disons-le, de doute et d’inquiétude parfois de nos proches, les encouragements, les mille petites attentions reçues d’amis, de collègues, de connaissances à l’approche du départ, les mille petits tracas administratifs aussi... autant de choses qui ont focalisé toutes nos émotions, notre raison et nos sens sur cette aventure.

Tant d’émotions aussi lors de ce départ ! Nous avons été touchés par tous ces gens qui nous ont envoyé des messages ou des mots pour notre voyage. Alors merci à vous, qui, si vous nous lisez, êtes si importants pour nous.

Évidemment, quand L’hôtesse (de terre) à Genève nous a dit que nous étions en stand-by (nos places n’étaient pas garanties, Emirates a fait du surbooking), il n’était plus possible de faire machine arrière. Mieux valait être séparés pour les six premières heures de vol que de partir le lendemain. Tiago a passé le trajet dans son élément, c’est-à-dire entouré d’enfants (très jeunes, mais peu remuants), tandis que Jess a subi l’habituel cinquantenaire qui à de la peine a respecter l’intimité du voisin (entendez par là que ce parfait inconnu a dormi sur son épaule la majeure partie du voyage).

Une fois arrivés à Dubai, avec le retard de notre vol initial, nous avions une quarantaine de minutes pour attraper le vol suivant, mais il n’était pas question de manquer ce trajet si important. Nous avons donc couru sans cesse, quitte à bousculer quelques grincheux en chemin, afin d’attraper notre correspondance. Suants (désolés chers voisins de siège), mais contents (nous étions cette fois côte à côte), nous avons pu entrer dans l’Airbus A380 (quel monstre énorme) en direction de Sydney pour entamer les 13h30 de vol qui nous séparaient de l’Australie. Ouf.

A présent nous terminons la première grande étape, celle de la préparation pour débuter celle de l’expérience en soi.

En direct du vol Dubai-Sydney. 26 décembre 2018, 23h14, heure suisse. A tout bientôt.

J&T

P.S.: (pour Jelena) lorsque j’ai vu que l’hôtesse de l’air qui s’occupait de mon secteur s’appelait Jelena, je me suis directement sentie bien ;)

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Publié le 19 septembre 2018

Nous sommes en pleins préparatifs de notre grand voyage. Enfin ! Dans quelques semaines, nous nous envolerons pour réaliser un de nos rêves. Une grande aventure nous attend, qui nous l'espérons sera pleine de belles surprises. Baroudant entre l'Océanie et l'Amérique du Sud, nous allons vous montrer quelques facettes de notre quotidien de l'autre côté du monde. Nous nous réjouissons de partager avec vous notre émerveillement, nos questionnements, toutes ces petites différences culturelles qui nous fascineront et ces paysages qui couperont notre souffle.


Merci de nous suivre et rendez-vous le 26 décembre 2018 pour notre grand départ !