Carnet de voyage

Sur la Route du Blues

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Diego
A la rencontre du Blues dans les racines du delta. Sur un blog musical, nous remontons le Mississippi par la route 61, de Natchez à Chicago.
Mai 2019
20 jours
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Publié le 10 juillet 2019

La Natchez Trail

Il y a très longtemps, des animaux marchaient ici, traçant pas à pas, une piste. Les hommes préhistoriques l'ont suivie, puis les amérindiens Natchez, Chickasaw et Choctaw, les nouveaux arrivants français et espagnols. Les commerçants et fermiers descendaient le Mississippi sur des radeaux pour vendre leurs marchandises à Natchez et la Nouvelle Orléans. Ils ne pouvaient remonter le Grand Fleuve, alors ils démontaient et vendaient le bois des radeaux. ils rentraient à pied en empruntant la Natchez Trail, "La Trace".

C'est ici que commence notre voyage. Celui que nous vous conterons. Pas celui des vols annulés et d'une Mustang cabriolet réservée mais non disponible. Comme les bluesmans, nous remonterons le grand "Missi Sepe" -Père des eaux - dans la langue des natives - jusqu'à Chicago. Du Blues en Majuscule. La pluie sera notre compagne bien trop souvent. Mais peu importe l'eau, pourvu que le bourbon s'appelle Jack !

Derrière l'arbre somptueux, l'antebellum
Derrière l'arbre somptueux, l'antebellum
Les belles du Sud
Les belles du Sud
De briques rouges
De briques rouges
Un arbre à colliers
Un arbre à colliers
Ville du Sud
Ville du Sud
De l'autre coté du pont, la Louisiane
De l'autre coté du pont, la Louisiane
Les portes closes de l' Eola Hotel
Les portes closes de l' Eola Hotel
L’anthracite du ciel colore le Mississippi
L’anthracite du ciel colore le Mississippi
Double Jack Daniel et bière pour 9 dollars
Double Jack Daniel et bière pour 9 dollars

Bâtie sur une des falaises surplombant le fleuve magistral, Natchez porte le nom du tribu indienne. Un voyage au temps des plantations de coton. Ici avait lieu le plus grand marché d’esclaves du Mississippi. Les antebellum, ces fabuleuses demeures, construites avant la guerre de sécession, témoignent de la richesse passée. Des balancelles jouent au vent chaud sur des pelouses impeccables, un chaton somnole sous un magnolia en fleurs, dans une branche un merle siffle un blues d'orage.

C'est notre second séjour à Natchez, le premier était en 2012 en remontant de Louisiane. J'aime Natchez d'un amour inconditionnel. En mai 2012 la lourde chaleur tombait comme une chape de plomb sur la ville alanguie. Presque rien n'a changé, des boutiques fermées, le bel hôtel Eola n'est plus qu'un bâtiment vide. En fin de soirée, l'orage gronde et lance des éclairs fantastiques sur les murs de "Under the hill", le plus vieux bar du Mississippi. L'orage, mon spectacle favori commence. Le duo de musiciens s'en amuse. Le grand fleuve se gonfle d'orgueil, menace d’inonder les quartiers bas de la ville. La police fait évacuer les rives. Un double Jack Daniel's à la main, je guette les fantômes du passé.

Au matin, le tonnerre gronde et roule des notes rocailleuses. La pluie redouble de plus belle. Quel dommage de rouler sur la "Natchez Trace Parkway" en mode essuie glace. 715 km de Natchez à Nashville dans le Tennessee à travers les forêts et marais. 715 km d'histoire et de sites archéologiques. Nous sommes seuls, presque. De petits charognards festoient, des oiseaux aux longues pattes s'envolent à notre approche, les moustiques du Cypress Swamp attaquent Diego en rangs serrés, dignes héritiers des armées confédérées. Des troncs d'arbres fraîchement déracinés nous barrent la route. Des champs inondés et vaches curieuses nous examinent. Yazoo City est en couleurs.

Dans ce Vieux Sud, pays de paradoxes, de racisme, d’esclavage, des plantations, des indiens décimés, du Klu Klux Klan, les villes portent encore les noms des tribus natives. Les églises surgissent de nulle part. les magnolias sont immenses. L'hospitalité des gens n'est pas un mythe. A deux reprises, des inconnus nous ont offert le restaurant, pour un mot échangé, une blague partagée. Nous les remercions du fond du cœur. La nourriture est délicieuse, métissée, riche et variée, héritage culturel des plantations, cajun et française.

Un peu de barbe espagnole
Un peu de barbe espagnole
Des églises, et des églises
Des églises, et des églises
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J'ai rencontré le blues à 35 ans dans un bar glauque cévenol. Ce vieux blues qui éraille le cœur et apaise l’âme. Je ne savais pas que cette musique primitive et originelle bousculerait tant ma vie. Un merci infini aux barmans déjantés du Central Bar.

Le Delta Blues, est un triangle de Memphis à Vicksburg, entre le Mississippi et son affluent la Yazoo River. De grandes plaines paumées et inondables, champs de coton, et moustiques sanguinaires affamés. Les façades léprosées des maisons, les villes désertées, les cimetières sans clôtures parsemés de stèles abandonnées, tout transpire la pauvreté. Voilà un portrait du Delta du blues, mais aussi le berceau d'immenses talents : Robert Johnson, BB King, John Lee Hoocker, Charley Patton, parmi les plus illustres. C'est ici que nous arrêtons notre route pour mieux ressentir le blues du delta cette résonance des chants d’esclaves, avec quelques accords grattés sur une guitare, un harmonica et parfois un wash­board - à l'origine une vraie planche à laver -.

Il était une légende. A la croisée des chemins 49 et 61, un soir de drame et de pleine lune, un homme marche, une guitare désaccordée en bandoulière. Nous sommes dans les années 1920, il est petit fils d'esclave, enfant abandonné, ballotté, et musicien raté. Sa trop jeune épouse tout juste âgée de 16 ans vient de mourir en donnant naissance à un enfant moribond. La mort rôde. Son acolyte le Diable, s'en lèche les babines, et accoste l'infortuné.

"Homme ! donne moi ton âme et JE ferai de toi le plus grand guitariste au monde". Le Malin est charmeur en diable. L'homme accepte. D'ailleurs son âme ne lui a-t-elle jamais servie ?

Le Diable s'en fut et tint sa promesse. Le jeune homme devint le plus grand guitariste de blues. Mais personne ne fricote avec Satan sans en payer un lourd tribu.

Robert Leroy Johnson meurt à 27 ans. Danse macabre du bal du Club des 27, entraînant dans sa ronde les Janis Joplin, Jimmy Hendrix, Brian Jones, Kurt Cobain, Amy Winehouse et autres artistes de blues ou rock décédés de morts violentes.

Les mystères planent sur la vie, l'oeuvre et la mort de Robert Johnson. De sa fulgurante carrière, il nous lègue 29 titres enregistrés, la 30 ème chanson emportée par le Diable en personne. Juste prix. Trois photos et trois tombes. Il inspira des musiciens tels Keith Richard, Jimmy Hendrix, Eric Clapton, Muddy Water, Bob Dylan, Johnny Winter, Eric Clapton ou encore Led Zeppelin. Excusez du peu.

A Greenwood, un joli cimetière ombragé tout près d'une white chapel, une tombe de Robert. Chacun lui rend hommage à sa façon. Médiators, flasques de bourbon, canettes de bière, baguettes de percussion, une fleur, un poème.

Diego et Robert
"Homme vends Moi ton âme" dit le Diable
Marché conclu
A la croisée des chemins
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Vicksburg est une charmante localité, blottie au confluent du Mississippi et la Yazoo River. Première étape, le National Travel Tourism, petit office du tourisme où cookies, thé, café, eau et jus de fruit sont un welcome bien sympa. Une étape picturale composée de 22 fresques murales relate la Story de la cité sudiste. Les hauts parleurs diffusent de vieux standards de rock, du ciel toujours chagriné tombe une fine pluie. Dans bar un peu louche à la nourriture non comestible, le sourire d'Obama semble désabusé sous des néons blafards. Nous ne traînons pas.

Dans une maison de brique rouge, le Biedenharn Coca-Cola Museum, est tenu par une vieille dame so pretty. Story Coca-Cola. Coca est créé en 1880 par Dr Pemberton, distribué uniquement par des fontaines à soda dans tout le Sud des Etats-Unis. Les frères Joe et Malcoms Biedenharn, limonadiers , ont eut la brillante idée d'embouteiller le soda noir. C'est dans leur petite fabrique de Vickburg , que la première bouteille de coca en vue le jour en 1884. Bravo les brothers !

L'accueil sudiste
Dessines l'histoire sur les murs
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Publié le 15 juillet 2019

Sur la route de Jackson

En remontant le fleuve, par la Natchez Trail ou les routes secondaires, les maisons s’égrainent comme des souvenirs et la pluie inonde les champs.

Une étape à Jackson, la capitale du Mississippi. Nous loupons quelque chose. La "City with Soul ", a du vendre son âme elle aussi, mais pas au Diable. Nous sommes au pied du Capitole, avec des dizaines d’écureuils, heureux comme des princes dans la ville abandonnée.

Cabine so british
Tic cherche Tac
Le Capitole
Seul dans la ville
Seuls au mexicain
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Pour la petite histoire, je me suis mariée en drive à Las Vegas avec l'homme qui a serré la main de BB King. En 2011, nous assistons à un des derniers concert du Blue Boy au Luxembourg. Oublions le concert, le Roi est malade. Pourtant royal, il salue son public et serre les mains de quelques fans. Diego est là, au bon endroit. Une franche poignée de main, les yeux dans les yeux. Il n'y a aucune photo dérobée pour attester l'instant de grâce. Et sans doute pour cette raison, il restera un des plus beaux souvenir de Diego. Merci BB!

Détour par Itta Bena, où "BB est né". Sa cabane natale détruite. Les swamps en bordure de route dessinent une ambiance particulière.

Le musée BB King d' Indianola est bien plus qu'une rétrospective de la vie du géant. A travers les films documentaires, extraits de concerts, guitares, ce n'est pas seulement la carrière de BB, mais toute histoire noire du XXème siècle. Le musée est riche, passionnant, immense.

Mr Riley B. King, un homme au destin à peine crédible. L'enfant des plantations de coton est devenu la Légende. Il chante du gospel dans les églises, il écoute, il apprend, il essaie et il est fatalement doué, le King. A 12 ans, il achète sa première guitare. A 22 ans, il débarque à Memphis, les poches vides, une guitare et une voix, sa voix ! En 1949, l'accident. Dans un juke joint de l'Arkansas, une bagarre éclate bouclant le poêle de kérosène. Le feu se propage dans le bar. BB se jette dans les flammes pour sauver sa guitare, sa Gibson chérie. Une bagarre à cause d'une fille du nom de Lucille, le nom que le Roi donnera à toutes ses guitares. Quand BB chante Lucille, c'est une déclaration d'amour :

« Le son que vous écoutez / Vient de ma guitare appelée Lucille / Je suis complètement fou de Lucille / Lucille m'a arraché à la plantation / Vous pouvez dire qu'elle m'a apporté la gloire » (Lucille, 1968).

En 2011, il serre la main de Diego lors de sa tournée d'adieu au Luxembourg.

En 2012, il chante à la Maison Blanche pour et avec Barack Obama, les Rolling Stones et Buddy Guy. De la blancheur des cotonniers à la White House.

En 2015 le Roi tire sa révérence dans un palace de Las Vegas.

90 ans d'une vie épique, une saga à lui seul. Bon vent l'Artiste !

Les marais aux portes d'Indianola
Au Muséum d'Indianola
Sur la tombe de BB
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Publié le 16 juillet 2019

Au cœur du comté de Cohama, la petite ville de Clarksdale. Ville au charme surannée, vintage en diable. Clarksdale est le panthéon du blues du delta, figée dans le temps. Le soleil tombe droit sur les rues désertes, et les fresques murales des façades décrépies. Les vitrines poussiéreuses des shops dissuadent d'entrer dans les magasins, pourtant l'intérieur est très propre, sympa et parfois vegan. La ville endormie se réveillera tard dans l' après-midi. Dans la moiteur du Mississippi nous cherchons la fraîcheur au Delta Blues Museum. Une mine d'infos, un voyage musical composé d'instruments de musique, de films et d’anecdotes. Muddy Water y légua Lucille, une de ses guitares chéries. Le groupe ZZ Top subventionna le musée. Le Museum abrite des expositions, des concerts et offre à des jeunes talents de jouer. Interdiction formelle de prendre des photos ou de filmer, alors voici le lien https://www.deltabluesmuseum.org/

Charlie Patton est né ici, John Lee Hooker , Sam Cooke, roi de la soul, Morgan Freeman aussi. Sans oublier le delta, Sonny Boys Williamson né a Glendora, la voisine. Et tous ceux que je ne connais pas encore. Respect à vous. Respect Clarksdale.

Une bière au Ground Zero, le bar tenu conjointement par Morgan (Freeman) et le maire de la ville. Portraits discrets de l'acteur derrière le bar.

Delta Blues Museun
Blues Alley, un incontournable
John Lee Hooker est passé par ici
Muddy Water face au Ground Zero
Chez Morgan
Portrait discret derrière le bar
La référence musicale, affiches et vinyles
Concert du soir

Le gospel loue Dieu. Le blues loue le Diable mais c'est la même musique.

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Publié le 16 juillet 2019

Un peu à l'écart de la ville, des champs de cotonniers et l'usine des années 1930 reconvertie en hôtel, musée, salle de concerts. L'Hopson Plantation Commissary respire encore les plantations abandonnées, transpire des esclaves affranchis. La mécanisation - une machine contre 50 hommes- plongea brutalement la ville dans le chaos et l'exode massif des ouvriers vers le nord, Saint Louis, Chicago. La ségrégation raciale du Mississippi est l'une des plus strictes et se ressent encore. Pour se faire une idée, l'esclavage a été interdit officiellement en ... 2013. De nos jours, c'est 17 000 habitants et 80% de Noirs, la moitié vivant sous le seuil de la pauvreté. Le "supermarket" local est affligeant de choses grasses, sucrées aux couleurs hideuses non terrestres. Ni eau, ni légume ou fruit. Aujourd’hui seuls les cinglés du blues, des voyageurs blancs viennent écouter la musique noire. Le Mississippi se lit encore en deux couleurs. Black and White.

L'ancienne Hopson plantation
Un thème récurrent du blues, le chemin de fer
Hopson Plantation
Lopin de coton
North Delta
Ancienne maison d'esclave tranformée en bungalows
Les anciens bâtiments d'Hopson Plantation

Le jour s'étire dans une nonchalance sudiste. Marcher à pas de chat, sans but, pousser la porte du barber, prendre quelques photos du cimetière juste en face du Riverside Hotel. Ici même que Bessie Smith succomba à ses blessures après un grave accident de voiture. En 1937, l' «Impératrice du blues» quitte Memphis -Tennessee- pour Darling -Mississippi-. Ce sera son dernier voyage. Non loin d'ici, son chauffeur-amant- impressario emboutit un camion. Un médecin blanc est sur les lieux, lui prodigue les premiers soins et l’amène à l'hôpital Afro-American. Un bras presque totalement arraché, elle décédera dans la nuit. Une inconditionnelle de la diva Miss Momma Hill , achète et transforme l’hôpital en hôtel.

L'histoire du Riverside Hotel est l'histoire de Bessie, mais aussi de Muddy Waters, Duke Ellington, Sonny Boy Williamson et Ike Turner. Tous séjourneront au Riverside.

Nous marchons dans une ville vide. Pourtant toutes les nuits, un musicien gratte quelques accords, une chanteuse interprète un vieux standard. Diego, rasé de près, choisit le Red's Lounge. Un haut lieu du blues, l'antichambre de l'enfer. Un juke joint comme il se doit d'être. Une bicoque en bois, sans enseigne, sans fenêtre, sombre et louche. Ce soir, aucun musicien blues le barman endormi. Diego prend deux bières, jette 5 dollars sur la glacière et s'empare de la batterie.

Barber Shop
Supermarket
Magnolia forever
Riveside Hotel
Visitor Centor de Tunica
Red's Lounge
Toute la musique qu'il aime...
Chut....

J'aime le Mississippi. Des magnolias fantastiques, des hommes qui portent encore des salopettes en jean's, les antebellums, le Grand Fleuve, les marais, la bière dark sur des musik blacks, les histoires de Tom Sawyer, une vraie nourriture métissée, les noms indiens, l'accueil des Mississipiens et Mississippiennes... si drôle à écrire pour une dyslexique.



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Publié le 16 juillet 2019
quelques divas du blues 

Les femmes, ces blues women méritent plus qu'amplement cet aparté. Car si la vie était rude pour les hommes, que dire de celles des femmes. Sapée comme une diva, Sister Rosetta Tharpe en robe cocktail et guitare électrique, Big Mama Thornton chantait Houd Dod bien avant Elvis. De ces grandes dames il nous restent quelques enregistrements et peu de documentation, contrairement aux messieurs. Coup de gueule. Je pleure en cherchant des infos. Je trouve Mamie Smith, premier chanteur noir, ou Precious Bryant chanteur noir. Missis Robinson et Bryant vous étiez bien des femmes me semble t il.

Elles étaient féministes avant tout. Au tout début du XXème siècle, elles osaient exister, chanter, boire, danser, assumer leur sexualité. Etre libres malgré tout et avant tout. Elles avançaient, au sens propre comme au figuré, elles voyageaient, et quoique leur réserve leur destin, jamais elles ne se considéraient comme des victimes. Cora Fluker, Algia Mae Hinton, Bessie Smith, Ma Rayney, Koko Taylor..

La liste est longue. Le meilleur hommage est de les écouter, et de les re-découvrir. Puisse mon coup gueule être un écho pour que celles et ceux qui me lisent, réhabilitent ces divas du blues.

Petit clin d’œil à Mighty Mo Rogers pour le titre de cette étape

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Publié le 16 juillet 2019

Traîner nos guêtres dans l'Arkansas par un après midi lourd. Voilà un beau programme ! A 30 miles au nord de Clarksdale, nous passons le pont, la frontière entre le Mississippi et l'Arkansas. Helena a eu son heure de gloire. Et si le port était le principal lieu d’exportation du coton de l’Arkansas, le chemin de fer l'anéantit.

Le quartier historique autour de Perry et Cherry Street semble irréel. Les façades en bon état dissimulent mal les bâtiments brûlés, vides. Des plaques ferment à tout jamais des fenêtres. Un sentiment étrange plane, est-ce un décor cinématographique ou la réalité ? Helena attire des curieux du monde entier, c'est bien grâce au King Biscuit Blues Festival d’octobre et au légendaire Sonny Boy Williamson II, harmoniciste et chanteur qui anima un programme radio blues dans les années 1940. Sister Rosetta Tharpe native de l'Arkansas, jouait de la guitare électrique alors que Mick Jagger biberonnait encore du petit lait. Thanks Sister

Nous filons vers le nord, avec un bref arrêt à Mammoth Spring. Encore une petite ville "dans son jus". Comme à Clarksdale, les vitrines de la seule rue commerçante sont surannées, pourtant l'intérieur des magasins est très coquet.

Bye Arkansas

Frontière fluviale
Cherry Street
Mark Twain aimait Helena
Centre historique
Mammoth Spring
est-ce un décor cinématographique ou la réalité ?


Dans l'Arkansas, j'ai acheté deux topettes de bourbon du Kentucky.

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Publié le 25 juillet 2019

Alabama. Une chanson, un nom avec tout plein de A comme j'aime. Rien ne nous amène en Alabama, sinon une photo et le troc de plaques minéralogiques de Diego. Nous sommes à un jet de pierre de la maison natale d'Helen Keller. Née en 1880 dans une famille aisée, l'enfant devenue sourde et aveugle à la suite d'une congestion cérébrale à 18 mois, est la première personne handicapée à obtenir un diplôme universitaire. Romancière et conférencière , Helen Keller doit son salut à sa professeure Ann Sullivan, mal voyante également, qui jour et nuit a inventé des modes de communications, des trésors d'ingéniosités, de patience et d'amour.

Diego troque ses plaques minéralogiques avec Andy, le garagiste au pistolet vissé à la ceinture. Andy vient me saluer et d'une franche tape dans le dos envoie "God bless you". Nous partons non sans un dernier détour dans un shop de déstockage. Nous quittons l'Alabama riches d'une plaque dédicacée et une veste kistchissime avec galons et chaines dorées.

Au fur et à mesure que nous remontons vers le nord, et laissons le Delta Blues les drapeaux américains fleurissent dans les cimetières, des jardins, les pelouses.

La statue d'helen et sa professeure Ann
Maison natale d'Helen Keller
Plaque d'Andy dédicadé
Les drapeaux américains resurgissent
Les panneaux s'élèvent
Soif d'aujourd'hui
Transportes ta croix
Cartes postales d'Alabama 
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Publié le 19 juillet 2019

Si tu savais, Elvis

Elvis for ever.. 

Une vieille chanson de Diane Dufresne me trotte dans la tête, cette chanson, c'est ma story. En 1975 avec son irrésistible accent canadien, Diane chantait :

"Si tu savais Elvis, tout c´que t´étais pour moé, Avec ton coq en six, Pis ta guitare chromée.

A 15 ans, je découvrais A l'Est d'Eden, James Dean et Marlo Brando, des posters Elvis placardés dans ma chambre et mes 45 tours en boucles sur mon tourne disque orange. Je rêvais déjà de Memphis, Tennessee. Tu étais déjà un "vieux" pour la jeune fille romantique que j'étais. Pourtant Mon premier French kiss sur Love me tender..C'est à toé que j'pensais...

Les filles du collège ne comprenaient rien, stupides midinettes qu'elles étaient. Moi je savais déjà. Tu étais mon Amérique, plus qu'une idole, tu étais mon King. T'étais ma vie, mon vice... T'étais tout c'que j'aimais...

J't'ai donné mes quinze ans. Ensuite j'ai faite ma vie. Mais j'ai gardé longtemps ta photo au-dessus mon lit.

Mais tu vieillis mal, Elvis, T'aurais p'tête dû mourir. Comme Marylin comme Janis... T'avais pas le droit de devenir cet homme obèse au regard avachi. T'avais pas le droit de sombrer. J'ai pleuré ce 16 août 1977 lorsque toutes les radios ont interrompu leurs programmes. Le temps a passé, j'ai grandi et... Pis un jour j'ai pris un charter, J'ai été à Las Vegas. Je me suis mariée avec Diego, dans une limousine blanche, ta couleur préférée. Des figurines et sosies grotesques salissaient ton image.

Nous sommes venus par la Natchez Trail, par les marais. Je me demande comment était ta minuscule cabane en 1935. Cette maisonnée blanche dépouillée est aujourd’hui un lieu de culte international. Toute la ville te rend hommage, fresques murales, statues, concerts. . Et même si tu as été accusé de spolier la musique noire, tu nous lègues un héritage fabuleux blues, gospel, rock et de déhanchés lascifs. Quel destin Elvis Aaron Presley. Quel destin !

Y s'en fait pu des mâles comme toé, Elvis...

Marais De Cypress
Par la Natchez Trail
Church sur la Natchez Trail
Gladys, Vernon et little Elvis
Sur le perron de la maison natale
Que d'eau à Tupelo ..

Tupelo est une petite ville élégante. De larges avenues bordées de belles boutiques, des restaus, ni bazar, ni goodies, où parodies du King. Les nobles maisons de briques rouges ruissellent sous la pluie bien trop fidèle. Chaleureuse Lorraine, hôtesse du Visitor Center nous donne son numéro perso en cas de besoin. Le ciné Lyric joue "L'histoire vraie des 3 petits cochons". Le samedi matin, une course est organisée. Super organisée comme les font les américains, 1 heure après de départ, rien ne traîne dans la rue. Une ville qui ressemble comme une sœur aux films des années 50, une Amérique idéalisée. Même les gouttes d'eau sont parfaites.

L'incontournable : Blue Canoe - 2006 N Gloster St, Tupelo. Diner de beans et avocats grillés, choix de bières hallucinant, concerts, ambiance. Thanks à cet homme discret qui nous a offert bières et repas.

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Sur les rives du Grand Fleuve résonnent les légendes. Nashville, Memphis. Aux pays des Rois, des Kings. BB King, Martin Luther King, Elvis. Nous sommes dans le berceau du blues, de la soul et du rock 'n' roll.

Première soirée sur Beale Street sous un ciel chargé de haine. Qu'importe la pluie ! Nous sommes à Memphis Tennessee ! Yeeehhhhh ! Ancien axe majeur fluvial de commerce, Beale Street était reconnue être un coupe gorge. Les choses ont drôlement changé depuis les années 1930, la rue est "relookée" en attractions touristiques, à l'image de Bourbon Street de New Orleans. La police ceinture les accès et nous déambulons dans un vrai capharnaüm de sons, d'artistes et de gus déjantés. Même si l'ambiance manque d'authenticité et sonne -souvent- faux, c'est bon enfant, et amusant.

Mythiques Roads
La guitare est reine
Toute la pluie..
BB KING blues
Trolley de la Main Street
Main Street s'endort
Aux couleurs de Memphis 
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Beau, jeune, riche, célèbre ! Pour le talentueux Elvis Aaron Presley, la vie est un éclat de rire, de musique et de soleil. 22 ans à peine, il s'offre le manoir de Graceland, l'aménage et emménage avec sa famille, Priscilla, sa maman Gladys. Memphis est, et restera, la ville du King. Fans ou non, des milliers de visiteurs se pressent chaque jour. J'avoue être surprise par la taille presque humaine de la demeure. Spacieuse mais pas démesurée. Le mur d'enceinte n'a rien d'une citadelle. Visite guidée avec audiophone en français, nous apprécions. La maison semble encore habitée, rien n'a changé, tout est prêt, la table est mise. Je retrouve avec nostalgie le kitsch des années 70, moquette au plafond et grand salon blanc. Le premier étage est fermé à la visite. Le monsieur dans mon oreillette explique que personne hormis ses proches ne montait au premier étage. C'était son havre de paix. Mais la maison était toujours pleine de monde, d'amis, de la famille, de musiciens, la fiesta ! Le King aimait cuisiner, regarder ses trois TV, curieux de tout comprendre. Graceland est un concentré d'expos, de musées, disques, tenues de scènes, des musiciens qu'il a inspiré, les écuries, les voitures et motos, les 2 avions transformés en palaces.

Un Roi est un Roi. Une envie subite de sandwich au beurre de cacahuète et Elvis s'envole pour Denver, achète son péché mignon, et revient. Carburant pour le vol, 16 000 dollars aller retour + Sandwich 18 dollars. Total 16 018 dollars !

Elvis créa son fameux éclair et logo TCB en 1970, pour illustrer sa devise "Taking Care of Business"- prend soin de ton travail-, et l'éclair pour la rapidité. Le même éclair qui barrait les visages de Kiss et David Bowie.

Le manoir
Le portait du maître de maison
Chicissime canapé de 4,50 m
Salon jungle
Studi TV, disques et logo éclair sur le mur
Cuisine vintage et premier micro ondes
Le roi est mort, vive le King 

Rien ne salit , rien ne trahit la légende. Le King est beau, créatif, souriant, amoureux, doué. Aucune photo de visage bouffi de ces dernières années.

Sur la tombe d'Elvis, je reste un petit moment. Sans doute l'effet de la foule, je me sens un peu étrangère au recueillement. A des années lumières de la tombe de Robert Johnson.

Le film "Elvis et Nixon" relate la rencontre de ce 21 décembre 1970 entre le rockeur et le président des USA. Le “King” souhaite devenir un agent infiltré du bureau des narcotiques et drogues dangereuses. Un bijou cinématographique.


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Publié le 24 juillet 2019

Autre lieu emblématique de la ville est bien sûr le Lorraine Motel, là où Martin Luther King, l’apôtre de la non violence fut assassiné le 4 avril 1968, au balcon de la chambre 306.

Dans les années 1950, tout proche des studios d'enregistrement Stax, le Lorraine Motel était l'un des rares lieux du sud des Etats-Unis où les noirs étaient acceptés, déjà plus qu'un simple hébergement.

Le Musée des Droits Civiques remonte aux origines des esclaves, le marché triangulaire, la traite des noirs et la ségrégation, les combats menés par Martin Luther King, et les violences infligées. Des films, des extraits de discours, reconstitution des bus brûlés, et la grande marche de ces éboueurs en grève à Memphis, en 1968, brandissant cet unique slogan «I am a man ». Un hommage à Rosa Park. Le musée est magistral. Il est très difficile d'en sortir indemne, et toujours cette question au bout des lèvres : Quand cessera la haine raciale ?

Une couronne de fleurs éternelles au balcon de la chambre 306
Rosa Parks
I am a men
La dernière chambre de MLK
Bus avec places "white" et "colored"
Fresque a Memphis
Walter Bailey achète et baptise Lorraine Motel pour Loree son épouse et cette chanson que Lorre devait fredonner souvent «Sweet Lo...

"Green Book : Sur les routes du sud". Film magistral. 1962, un pianiste de renommée mondiale engage un chauffeur blanc pour le conduire et le protéger dans sa tournée dans le Sud ségrégationniste. Le fameux Green Book, petit livre de voyage des adresses recevant les noirs, comme le Lorraine Motel

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Publié le 25 juillet 2019

Nous remontons le Tennessee direction Saint Louis, mais un arrêt s'impose. Tennessee est la patrie du fameux Jack Daniel's ! La fabrique est indiquée aux 5 coins du pays, pas de doute. Jack is here ! A Lynchburg très exactement, petite ville dédiée à ce breuvage où est ce l'inverse ? Si la fabrication est la même que tous les whiskies, elle se démarque par la filtration sur une couche de 3 mètres charbon de bois d’érable. Jack n'est "ni du scotch ni du bourbon" ! Nous arrivons trop tard pour la visite de deux heures - uniquement en anglais -, de plus nous avons encore pas mal de route à faire pour arriver chez nos hôtes de Nashville. Alors nous shoppons en regardant le ciel se fâcher. Diego m'offre un bouteille vendue uniquement ici, à Lynchburg "que la miss elle lui a dit". La même que nous retrouverons au bar de notre irish pub chéri de Metz. No comment.

Sécurité drastique
Diego chez jack
Le ciel tiendra ses promesses
Fin de la visite, plus d'eau au sol que dans le ciel
“It’s not Scotch, it’s not Bourbon, it’s Jack”  

Jack Daniel's est située dans le dry county - comté sec - de Moore, est soumis à une loi d'interdiction de vendre de l'alcool. Il y est possible de fabriquer de l'alcool, et profiter d'une "visite améliorée" des lieux en sirotant un verre de... limonade mais aussi d'acheter une bouteille pleine parce que "c'est le contenant qui est vendu et non son contenu" dixit un vendeur de la boutique de Lynchburg. Mais jamais Ó grand jamais, Ciel my God ! de vendre d'alcool.


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Si Memphis est une ville sympa, sa grande sœur Nashville est un modèle. Elle est Ze City plus. Plus de charme, plus de beauté, de fun, d'espace, d'arbres... Un réel coup de foudre pour la capitale du Tennessee, de la country, et des boots. Soirée au BB King Blues Club une chaîne de restaurants, bars, clubs de musique live. Une journée à traîner, se délasser, aller où le vent nous mène. Au détour d'une gare transformée en hôtel de luxe, le vent nous mena droit sur le décalé Barbershop Harmony Society, une société fondée pour promouvoir et préserver la musique du barbier en tant qu'art. Les guitares poussent dans tous les recoins de la ville. Un saut à Opryland, l'ancien parc à thème sur devinez quoi... bravo la musique. Fermé définitivement en 1997, c'est aujourd’hui un immense centre commercial et un palace de 2888 chambres digne de Las Vegas. A quelques pas, le musée Willie Nelson, ce grand monsieur aux longue nattes de la country.

BB KING blues
Irresistible Barbershop Harmony Society
Guitare flingueuse
Une guitare
Une autre..
Country music
Orpyland, un hotel comme une ville sous verre
Orpyland
La guitare qui le démange
Nashville 
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Johnny Cash, man in black

"L’homme en noir chante les légendes tristes et dignes d’hommes effondrés dans le caniveau qui finissent toujours par se relever".

Arkansas 1932. J.R. Cash grandit sans prénom, que ces initiales. Famille nombreuse et pauvre, J.R. est réquisitionné pour travailler dans les champs de coton. Comme tous les petits sudistes blancs, il sera bercé de blues et gospel. Première guitare, première radio à 12 ans. Guerre de Corée, l'US Air Force le nomme John, puis son producteur Johnny. Il perd l'usage d'un tympan. Le succès, les excès, les concerts dans les prisons, Cash se démarque par sa voix incroyable de baryton et ses costumes noirs, aux antipodes des paillettes de la country. Ingérable, accroc aux drogues dures, un divorce. Sa vie ressemble aux héros de ses chansons. Tourmentée, rebelle, triste parfois. Johnny tombera 20 fois dans le caniveau et se relèvera 21, tel un phœnix.

Je ne connaissais pas vraiment Cash. Une voix, quelques standards sans plus. J'ai découvert et je suis accro. A écouter sans modération.

entre les 2, my heart balance
Droit dans ses santiags
Boots, boots, boots
micro minet ou très vieux matou ?
Que du beau monde !

Nous quittons Nashville à regrets mais boots aux pieds. Nos hôtes étaient charmants, leur maison un univers très cosy hésitait entre souvenirs et avenirs. Le micro minet est en fait un très vieux chat. Bluffant, comme cette ville.

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Publié le 28 juillet 2019

Un petit bout de Kentucky Land between the lakes. La terre entre les lacs est une route panoramique entre le Kentucky Lake et le Barkley Lake. Nous ne verrons ni bisons, ni chevaux, mais un raton laveur. Une halte dans un buibui, lieu de rendez vous des pêcheurs. D'office le patron nous retire des mains la cafetière à demi pleine et prépare un café frais et fort. Cadeau, car il refuse d’être payé. A Paris, il y a une petite Tour Eiffel !

A mi chemin entre Nashville et Saint Louis, une étape de nuit à Paducah, en hommage aux indiens Padoucas. Le long de la rivière Ohio, 50 fresques murales racontent l'histoire de la ville. Ludique et colorée. Le downtown est - hélas - déserté, vraiment dommage, car les bâtiments sont vraiment très beaux. Encore une fois, nous sommes dans un décor parfait de cinéma.

Look mes boots de Nasville !
Walmart, c'est aussi l'Amérique
Pose photo Dodge
Good morning l'animal
Sur les rives de Kentucky Lake
Paris Kentucky
Les feux s'en balancent
Paducah
Les murs ont des couleurs, et le ciel aussi 
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Publié le 1er août 2019

Si nous avons quitté la route du Blues avant Nashville, c'est pour mieux trouver la 66. La Mother Road. Nous l'avons faite par étapes, du Texas à Santa Monica, à notre allure d’escargot et en 4 voyages... Elle mérite bien cela, Mother. Elle n'est pas facile et se perd souvent, se prend pour une star et se fait désirer. Mais quel Graal de la retrouver, ses gaz stations et fresques murales. Dans l'ouest des USA, on tombe immanquablement un moment ou un autre sur la Mother Road. C'est pour cela que c'est la "Mother" "! Il ne manquait que le début de la 66 à notre trip pointillé.

Un arrêt à Cuba, la ville aux 18 églises pour 2 200 habitants, soit 122,2 fidèles par paroisse. Comme Vickburg et Lynchburg, l'histoire se dessine sur les murs.

trop haut pour Cuba
La 66 me tourne la tête
Bonanza à la TV
Miracle à Cuba devant le bar
A Bourbon, Jesus is ze King of the Road !
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20
Publié le 1er août 2019

Le temps est salement moche. La 66 défile sous nos yeux, terne. Les villes se ressemblent comme deux averses, les champs sont inondés. Soudain, en face de nous, une famille Amish en carriole. Leur village est à leur image, simple et austère. S'ils refusent le progrès, ils visitent parfois le pays. Nous les avions croisé endimanchés à Opryland près de Nashville. Le visitor center de la route 66 d'Eureka est très bien documenté. Le bout de route est d'origine avant que la 66 ne soit goudronnée. l'accès au pont est fermé pour travaux de réfection. Le temps est de plus en plus inquiétant, des alertes météo pas sympas. Springfied- Missouri est sous les eaux.

Ferme du Kentucky
Famille Amish
Village Amish
I have e dream, moi aussi...
La danse des aigles
Stop. Route 66 fermée
Pont coupé de la rivière Méramec
Comme des bras ouverts..
un dîner bienvenu au terme de cette journée particulièrement humide 

Dans la ville noyée de pluie, difficile de se repérer et trouver un endroit pour dîner. De guerre lasse Diego se gare sur un parking, pile poil face au Krave. Bière, pizza croustillante et même concert. Jesus est vraiment le king of the road!

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21
Publié le 2 août 2019

Saint Louis la mythique ! Je rêve... Diego me pince toute la soirée. Juste une nuit, c'est si court et déjà l'envie de revenir.

Elle est posée comme un reine aux confluences du Mississippi et du Missouri. Sur l'eau des fleuves, sous l'eau du ciel. Fondée par des trappeurs français, elle porte le nom de notre bon Roi et recèle bien des trésors. La Gateway Arch -192 mètres de haut - des années 1960, commémore les expéditions de Lewis et Clark au début du XIXe siècle. Par chance notre somptueux Hôtel Lumière est juste en face. La Gateway Arch est surprenante, belle, intrigante. Je ne me lasse pas d’admirer ce chef d'oeuvre architectural. Mais nous sommes là juste pour une nuit, et pas le temps de grimper en haut, ni de se traîner à ses pieds. Notre quartier est vraiment typique, des ruelles tourmentées, des maisons de briques rouges, le tout digne d'un film de la prohibition.

Le National Blues Museum est au bout de la rue. Nous "tombons" dessus presque par hasard - car Diego ne l'avait pas programmé ! - Çà c'est le blues ! Suivre un chemin, une rue et être juste au bon endroit au bon moment. Sur une petite scène un groupe enchaîne des standards. Toute la soirée, les groupes pros ou amateurs se succéderont pour le prix d'une consommation. Le Musée est ouvert, gratuit ce soir, la visite simplement... géniale. Des photos, des instruments de musique, l'histoire du blues se dessine, se regarde, s'imagine et s'écoute.

Gris Missouri
Gateway Arch
En français dans le texte !
Diego et les trottinettes
Not a cat in the city
Bud
Saint Louis... me voilà
Hotel Lumière at the Arch, coté patio
un soir à Saint Louis 

Et si vous ne passez pas à Saint Louis dans les prochains jours, suivez le lien https://www.nationalbluesmuseum.org/

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Publié le 10 août 2019

Ultime étape de la Mother Road et pas des moindres, puisque celle ci nous mène droit à la prison de Joliet. Les petites villes portent des noms célèbres : Pocahontas, Lincoln, Pontiac. Mignonnes à craquer. Les Rolling Stones chantent dans les rues de Pontiac - du nom du chef indien Ottawa et pas de la marque automobile -. Les fresques colorées vantent les mérites des pompiers ou des sodas . Lincoln a un air de retour vers le futur. La pluie nous chasse du Mémorial. Une ancienne gaz station fait la belle à Dwight. Toute la pluie tombe du ciel à Hamel mais le Weezy's est un chouette endroit où se sécher les plumes.

Pocahontas ! mon avatar..
Pompiers a Pontiac
le plein, Please
Tout au long de la 66 

Joliet correctional Center était la plus grande prison des Etats Unis. En 2002 devenue trop vétuste, trop petite, elle referme ses portes sur ce passé peuplé de malfrats de Chicago et d’exécutions à la chaise électrique. Le bâtiment néogothique est bien connu des fans des Blues Brothers et de Prison breaks et c'est pour cette unique raison que nous lambinons un jours de grisaille sur le parking d'une prison désaffectée.

La pingouine
my Dodge
Joliet prison blues 
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Chicago ! Je me pince - oui encore- Chicago ! Le Loop,- la boucle -, est le quartier des affaires, des tours vertigineuses, théâtres, magasins et innombrables Starbucks. Comme dans les canyons de l'Utah, je me sens minuscule. Je me décroche la nuque à regarder une bande de ciel découpée au couteau. Ce ciel si changeant. Bleu, gris, noir, blanc. Toutes les saisons en une journée. Le vent s'engouffre dans les rues, cinglant. Entre deux averses subites, un rayon de soleil fait une entrée triomphante et éphémère. Des tours vertigineuses surgissent du macadam. A chaque pas, nous découvrons de nouveaux chefs d’œuvres de verre et d'acier. Toujours l'envie d'aller plus loin, au bout de la rue, à bout de fatigue et d'émerveillement. A 412 mètres du sol, au 103ème étage de la Willis tower, la Skydeck, nous dominons la ville. Les lampadaires resteront allumés toute la journée. A l'est le Lac Michigan, grand comme une mer, borde la cité fantastique.

Je suis une légende...
X men
Se défenestrer virtuellement des 412 mètres
impossible de marcher au dessus du vide
au sommet de la jungle urbaine
Pénétrez dans la forêt de gratte-ciel
Canyons urbains