Carnet de voyage

TARENTULAIREMENT BALINAISE

5 étapes
1 commentaire
Léa et Angeline repartent à l'autre bout du monde pour de folles aventures !
Du 28 décembre 2018 au 15 janvier 2019
19 jours
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On est le 24 décembre 2018 et c'est les 18 ans de mon frère, c'est le Réveillon (que d'ailleurs on ne fête pas) mais c'est aussi J-4 avant le départ. Après nos péripéties en Argentine de mars à août, Angeline et moi partons à Bali du 28 décembre au 15 janvier. Et puis après je repars 5 mois faire un stage là-bas. BOUM

Petit flashback sur le pourquoi du comment.

Déjà, Bali, tout le monde a entendu parler de Bali mais personne ne la situe vraiment (l'île). C'est une des nombreuses îles qui composent l'Indonésie :

Petit cours de géographie pour les nuls. Capitale Jakarta. Bali est au sud au milieu.

Avec ses 13 446 îles (!!!) au total, et 1 919 440 kilomètres carrés, l'Indonésie est le plus grand pays musulman au monde, seulement le 16ième en terme de taille par contre. Entre autres îles, on y trouve la légendaire Komodo avec ses dragons, la Papouasie et ses peuplades primitives, Bornéo et son huile de palme et ses orangs-outans, Java et ses temples... Bali, quant à elle, est sobrement surnommée "l'île des dieux". La religion n'est que très peu musulmane, mais surtout hindou. On y parle le Bahasa (Indonésien) ou le Balinais ou l'Anglais. Plus ou moins chaque personne rencontrée qui revient de Bali vous saisira le bras et prendra un ton rêveur pour vous conter A QUEL POINT c'était ouf Bali et puis les gens là-bas quelle gentillesse et les paysages à couper le souffle mais holala les couchers de soleil sur la plage t'as pas idée quoi... Peut-être que je vais devenir comme ça ! N'hésitez pas à m'étrangler si je le fais.

Ensuite, pourquoi j'y vais en fait ? C'est vraiment la dernière destination à laquelle j'aurais pensé. Déjà, l'Asie m'attirait pas des masses, puis Bali encore moins, moi qui suis en études de "tourisme et économie solidaire", le tourisme de masse présent sur l'île me faisait l'effet d'un répulsif à moustiques (objet que je vais sans doute finir par vénérer une fois sur place).

C'est grâce à maman, en fait. En 1989, elle faisait des études en Suisse, et a connu Laurent. Laurent, alors punk rebelle artiste incompris, a fait carrière dans les effets spéciaux, et a vécu à Londres, Los Angeles puis en Chine. Là, lui et sa compagne ont adopté une petite chienne, Gladys. Puis Laurent a dû déménager à Bali, et ne pouvait pas garder Gladys... Comme lui et maman étaient toujours en bon terme, elle a proposé d'adopter pépète : et vlà-t-y pas que Laurent et Gladys parcourent 13 000km pour venir dans la garrigue du Sud de la France. C'est donc là que j'ai fait la connaissance de Laurent, on a bien accroché, et à la fin du séjour il nous a proposé de venir à Bali. Le fameux "vous viendrez me voir hein ! -Oui oui" sauf que BIM moi je l'ai pris au pied de la lettre. Dans mes 6 mois intensifs de licence pro (6 mois de cours + 5 mois de stage) j'avais 3 semaines de vacances et il me semblait impossible de les passer à moisir à Avignon. Même si j'avais toute la hâte du monde de rentrer d'Argentine quand j'y étais, deux mois plus tard j'avais toute la hâte du monde de repartir. J'ai donc laissé libre cours à ma fièvre du voyage et ni une ni deux j'annonçais à maman que je partais à Bali. Laurent était tout content, maman était mi figue-mi raisin et papa a fait les gros yeux. Mais j'avais à nouveau un projet trépidant qui pouvait me faire tenir pendant les longues heures de cours...

Lorsque Laurent m'a demandé si je voyageais seule, ça a fait tilt : et si je proposais à ma compagne de galère, la seule l'unique, celle qui est capable de me supporter H24, de venir ? A ce moment, on était mi-septembre, je crois. J'ai envoyé à Angeline un truc du genre "ça te dirait d'aller à Bali ?" ---> "Oui" et voilà. Malgré sa déconvenue à la rentrée (en fait, elle s'était inscrite en licence pro logistique, et n'avait pas trouvé l'alternance obligatoire donc les mecs lui ont dit "ah ben non en fait on vous veut pas", du coup elle se retrouvait à ne rien faire de l'année), elle a sauté sur l'occasion.

Et voilà, on a pris nos billets, et on a patienté patiemment. Pendant que je croulais sous l'activité de cours intenses + projets tuteurés + vie associative + vie sociale, Angeline travaillait comme esclave chez Amazon, puis en tant que postière (pas forcément mieux d'après elle). Mais voilà, les mois sont passés, on est maintenant à 4 jours du départ, je ne tiens plus en place. Ce qui est prévu :

Départ vendredi 28 décembre à 17h, Avignon-Paris en Ouigo. Nuit à Paris près de Charles de Gaulle. 7h du matin le 29, décollage de CDG à Francfort puis de FRA à Tai Pei (Taiwan) 13 heures de vol bim. Puis 5h30 jusqu'à Denpasar, la capitale de Bali. Arrivée le 30 décembre à 14:40, Laurent nous attendra avec son chauffeur (😭) et on traversera l'île du Sud au Nord, jusqu'à Lovina, là où il habite. Le Sud est de loin la région la plus touristique, je suis contente de ne pas trop y rester. Au centre de Bali se trouve le Mont Batur, un volcan magnifique, tout ça au milieu des rizières, je pense qu'on ne va pas s'emmerder pendant les 3h de trajet (ça roule à gauche en plus, comme au Royaume-Uni).

Denpasar au sud, Lovina au Nord un peu Ouest.  

Pour le nouvel an, Angeline et moi irons le fêter dans mon futur organisme de stage : Bambu Indah (http://bambuindah.com), c'est à Ubud (un tout petit peu au nord de Denpasar) ça promet d'être oufissime. Je vous expliquerai plus tard pour le stage. Du coup vu qu'il y a 7h de décalage horaire avec la France, on hurlera bonne année vers 17h, ne vous étonnez pas.

En dehors de ça on a rien prévu pour l'instant, j'ai trois guides du Routard (un sur Bali condensé dans le sud, un autre plus fourni sur Bali + Lombok (île voisine), un autre énorme sur l'Indonésie en général, merci Agnès !) + un Laurent donc ça devrait aller, on va pas s'ennuyer. La seule chose qui me chagrine un peu c'est que je vais devoir bosser sur des rapports pour la fac pendant le séjour, pas faute de pas y avoir travaillé dessus avant, mais on bosse vraiment beaucoup cette année.

Le temps de finir d'écrire ce morceau il est 00h007, Joyeux Noël, Jésus est né et tout, et demain je vais à la Messe avec Papou et Mamie, ça va être rigolo.


A vendredi pour le début de l'aventure.

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29 décembre. Wesh wesh il est 4h37 et Angeline et moi sommes frigorifiées devant le Terminal 2G de l'aéroport Paris Charles de Gaulle en attendant qu’il ouvre, à 5h15. Notre vol est à 7h25. Nous n’avons toujours pas nos billets. Tout baigne 😎

Scoop ! Il fait froid ! 

Mais, comment en sommes-nous arrivées là ?? Quelles ont été les péripéties, nombreuses depuis hier grand jour du départ ??

Hé bien : hier vendredi 28 décembre nous avons royalement pris le train Ouigo à destination de Paris CDG. C’est Maman qui m’a emmené, et c’est Chris le copain d’Angeline qui a emmené Angeline. Les 3h de trajet se sont bien passées, il faisait nuit donc on voyait pas grand chose, mais y avait pas d’enfants braillards dans le wagon alors MERCI SEIGNEUR.

À 21h on débarquait à la gare de Roissy-CDG et on a suivi les gentils panneaux « Hôtel CitizenM » (c’était vraiment bien indiqué d’ailleurs, chouette) puis on est arrivé dans cet hôtel, futuriste ou en tout cas très moderne, pour notre courte nuit.

Le CitizenM est un hôtel de taille normale, en partie automatisé, l’ambiance y est moderne et un peu « robotique » mais dans le bon sens du terme. Là-bas, les clients sont des citizens, et le personnel est ambassadeur. On check-in avec une machine mais aussi avec l’aide d’un homme à l’accent belge. La chambre 139 nous est attribuée, et on galère un peu à monter au premier étage avec l’ascenseur parce qu’il faut apposer la carte en même temps d’appuyer sur le bouton et c’est pas forcément au même endroit et c’était pas évident ok ? Vous moquez pas.

Les deux vues de la chambre ouaaah 

Bref, ça c’est la chambre, le lit est gigantesque, la fenêtre aussi, la douche aussi, pourtant l’espace est petit. Mais c’est très bien agencé. On a un iPad pour régler l’ambiance (on a évidemment choisi ambiance ROMANCE qui nous mettait une petite lumière chaude tamisée ainsi qu’une musique plutôt suggestive, c’était très drôle). Comme il faisait grave faim on est descendu à la cantine/salon commander un plateau de fromage, une bière un coca (je vous laisse deviner qui a bu quoi) ainsi que deux cocktails parce que c’est les vacances.

On a beaucoup attendu mais c’était très bon, et aussitôt repues nous voilà reparties dans la chambre afin de nous doucher et d’effectuer notre courte nuit.

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3h35 ce matin samedi 29. On se lève on fait les valises on descend on check-out on traverse le froid jusqu’au terminal principal et on marche à l'intérieur vers le terminal 2G, en suivant les panneaux. Et SURPRISE on se retrouve dehors à être supposé attendre une navette qui arrive à 5h30. Il était alors 4h15. ÉNORME AMBIANCE y avait aucun moyen d’aller au 2G à pieds vu le dédale de l’aéroport. On voit une navette arriver au loin, elle ne dessert pas le 2G mais le monsieur nous embarque tout gentiment en disant qu’il va filouter pour nous déposer au 2G, mais que de toutes façons le 2G n’ouvre qu’à 5h20 et c’est tout petit. Bon, on est mi-figue mi-raisin, moi je me dis qu’on a toujours pas nos billets (merci China Airlines pour le check-in en ligne impossible au départ de CDG) et que si le 2G est tout petit ils sont sûrement pas au courant que nous on va pas que jusqu’à Francfort... Parce que là c’est notre premier vol, Paris - Francfort pour choper le long courrier (....13...heures...) jusqu’à Taiwan. Et après on aura encore 5....heures...30... jusqu’à Ngurah Rai, plus communément appelé Denpasar, aéroport de Bali.

BREF

TOUT ÇA POUR DIRE QU’ON EST PAS ARRIVÉ HEIN

BON

Le terminal ouvre, mes doigts vont tomber de froid, je vous reprends plus tard.

The fraîcheur is là  
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10h. Nous sommes à Francfort, prêtes à aborder le long courrier vers Taiwan. Le vol avec Hop! s'est bien passé. En face de nous dans la salle d’attente, il y a 3 femmes asiatiques chauves, Laurent qui veille au grain sur ce voyage (comme une autre maman somme toute) me dira que ce sont sûrement des nonnes bouddhistes. Y en a une qui était plutôt mal en point, en surpoids et les jambes couvertes de vieilles cicatrices qui n’avaient jamais guéries.

Ah oui, rien à voir, mais en tant que pigeonnes internationales on a acheté des chocolats chauds à 1,40€ depuis une machine. Angeline a pris un chocolat normal, et moi un viennois. J’ai adoré son faciès déconfit quand elle s'est aperçue que c'était du chocolat à l’eau chaude, mais je crois que le plus drôle c’était ma tête à moi quand j’ai compris que j’avais eu exactement la même boisson, après m’être fait promettre par la machine « du cacao et du lait écrémé ».

C'était imbuvable. Nous l’avons honteusement versé dans les toilettes. 
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On entre joyeusement dans l’avion, on voyage en classe Economy Premium suite à une mésaventure avec la compagnie aérienne. Donc on a des cartes d’embarquement Sky Priority qui nous font couper les longues files, on est refaite. Bon on a quand même payé 350€ de plus sur nos billets originaux, statut de pigeonnes oblige. Mais avec le recul, ça valait vraiment le coup : confort des sièges, espace pour les jambes, double accoudoir (les vrais connaissent l’enfer de l’accoudoir unique), menu spécial, espace séparé du reste de la plèbe (bon, devant y avait encore les Business et encore devant les Premières... j’ose même pas imaginer la luxure), sièges qui s’allongent !!! Petits chaussons, grandes couvertures, first-aid kit distribué.

Classe economy vs Classe eco premium.  

En fait, là je suis déjà arrivée à Taïwan, j’avais pas d’internet pour écrire avant. Mais voilà, 13h de vol, ça c’est bien passé, j’ai regardé 4 films (dont Turbo, un dessin animé sur un escargot dont le rêve est de gagner une course de formule 1, vous voyez le niveau), mangé 3 fois (le faste!) dormi par intermittences et hop, déjà de l’autre côté du monde. La compagnie aérienne, China Airlines, que je redoutais pour cette histoire de surclassement payant involontaire s’est montré au final très satisfaisante ! La nourriture était ouf, l’avion confortable, le personnel naviguant aux petits soins.

Là du coup il est 7h du matin le 30/12 mais un jour plus tard que quand je vous ai écrit ce matin pour moi... perturbant. Décollage à 9h pour Bali. On va y arriver.

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23h10. Angeline et moi sommes éparses dans le grand lit de la villa de Laurent. On est arrivées !! Le dernier vol était assez laborieux, on a décollé 1h en retard, arrivée en même temps que 3 autres avions à Denpasar donc 1h de plus pour accéder aux migrations et avoir le visa. Nous avions accumulé jusqu'alors près 25h de trajet aérien + 7h de décalage horaire, Angeline était encore en col roulé sous les 30° de Bali. On a fait surface à la sortie de l'aéroport, on a esquivé les "taxi ? taxi ? Taxi ? Transport ?" et enfin on a vu Laurent, et son chauffeur Putu (à prononcer Poutou bien évidemment). S'en est ensuivi le trajet de 4h en voiture, pour traverser l'île du Sud au Nord. J'ai pioncé salement la bouche ouverte pendant 45 minutes, puis il a rapidement fait nuit mais entre temps j'ai pu observer enfin Bali et ses habitants.

Vous connaissez l'expression "conduire à l'indonésienne" ? Hé bien.. Voilà. Ils ne conduisent pas vite mais n'importe comment, à coup de klaxon préventif, de scooter qui fait des queues de poisson, de famille de 4-5 sur le scooter, scooter sans casque, scooter pieds nus, scooter porte-bananes... Il n'y a que très peu de feux de circulation donc c'est gros bordel, surtout quand on a voulu quitter l'aéroport de Denpasar vers 17h. On a bien mis 1h30-2h à sortir de la ville, j'avoue j'ai dormi, mais j'ai pu voir assez pour faire un portrait non-exhaustif : route principale (conduite à gauche) avec très peu de panneaux d'indication, bordée de magasins délabrés, de snacks et petites boutiques douteuses, de sacs plastiques, de déchets et de débris, et clairsemée de rues adjacentes qui donnent sur des habitations modestes. Des chiens errants un peu partout, des scooters, encore des scooters, des ornières énormes dans le bitume. Et soudainement, à gauche, une rizière, verte et aqueuse, de toute beauté. Puis re les bâtiments délabrés, les gens, les chiens, les scooters.

Au sortir de Denpasar, je me suis rendormie donc j'ai loupé la route et les dernières lueurs du jour, je me suis réveillée lorsqu'on grimpait une montagne en suivant la route sinueuse dans le noir. Putu, le chauffeur, est un vrai pilote : natif de Lovina, au nord, il connait par cœur les itinéraires, et tant mieux parce que si tu n'as pas de GPS tu ne sais pas où tu vas. Il dépasse allègrement scooters et voitures trop lentes, même dans les virages, mais il est prévenant : un petit coup de klaxon avant.

Cahin-caha on est arrivé à la villa Rumah Sentai, celle que loue Laurent à l'année. On y a été accueillies par Ayu, la cuisinière, et Dewi la copine de Laurent. On arrive bravement les mains vides, mais on a fait de notre mieux pour faire bonne impression malgré nos têtes déphasées. Repas délicieux, douche incroyable, nous voilà dans le lit, prêtes pour 20 000 heures de sommeil. Demain, on verra enfin le paysage... Et il faudra se rendre à Ubud, dans mon organisme de stage, pour y faire le Nouvel An.

Donc, ce stage : Bambu Indah (lien cliquable) est un eco-lodge de toute beauté composé d'anciennes maisons javanaises et de nouvelles constructions en bambou, utilisant des techniques d'architectures très modernes.

Voyez plutôt le genre 

Les fondateurs, John et Cynthia Hardy, sont des joailliers de luxe canadiens, qui ont emménagé à Bali après être tombés amoureux de l'île. Ils ont aussi développé avec leurs enfants une école alternative, Green School, qui reconnecte les hommes avec la nature, en apprenant aux enfants le développement durable au même titre que les maths, l'anglais, etc. Autour de cette école s'est construit le Green Village, pour lequel il a fallu innover architecturalement parlant : Ibuku est née, c'est une formation d'archi bambou dirigée par la fille des Hardy, Elora. Ils font ce genre :

entre autres 

Bambu Indah est leur projet hôtelier, qu'ils ont couplé avec Kul Kul Farm, le jardin de permaculture qui alimente les deux restaurants de l'hôtel. C'est Laurent qui m'a filé l'idée de postuler là-bas, j'y croyais pas, et au final il semblerait qu'ils veuillent bien de ma présence pour 5 mois, du 20 mars au 20 août. En attendant du coup, nous sommes invitées à aller fêter la nouvelle année avec eux, et je pense que ça va être inoubliable.

Désolée du manque de photos pour illustrer mes propos, surtout sur Denpasar et la traversée de Bali, mais comme il faisait noir c'était compliqué. Demain, on redescend dans le Sud donc je vais pouvoir palier à ça. Le voyage vers le voyage est terminé, le voyage peut commencer.

Merci !

Bisous de nous 
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Je suis en 2019 7h avant vous, du coup bonne année !

Les premières lumières sur Bali ont révélé de très belles choses. La villa de Laurent donne sur une piscine et sur la jungle, chez le voisin de gauche il y a des vaches et un coq qui s’excite à partir de 4h du matin (bonheur), chez celui de droite un autre coq un peu plus raisonnable. Pour accéder à la villa, on prend un chemin goudronné très pentu. J’ai oublié de dire plein de trucs dans le précédent article alors je vais essayer de me rattraper, ce sera peut être dans le désordre... Le premier soir, en sortant de la voiture après nos 1000 heures de voyage, je me dirige joyeusement vers l’entrée de la maison, il y a des fleurs au sol, et CATASTROPHE je mets le pied dedans. Laurent se retourne et me dit « ah oui mais attention ce sont les offrandes au dieux il ne faut pas marcher dessus », tu m’étonnes !! Je me suis sentie méga mal, en plus après j’ai dit au revoir à Putu le chauffeur et comme ma main droite était prise je lui ai tendu maladroitement ma main gauche et SECONDE CATASTROPHE la main gauche est impure chez les balinais. Pouf. Assez de catastrophes pour une journée... Putu ne m’en a pas voulu, le lendemain, donc lundi 31, il est venu nous chercher pour nous amener à Ubud (ville du centre-sud), à Bambu Indah pour le Nouvel An. On avait bien dormi cette nuit là, petite baignade dans la piscine le matin, petit déjeuner fruits et toast-œufs brouillés. Pour dire merci on dit « suk-sma » et en général ils sont tout content et répondent « yaaaaaa » ou alors « muah li » en faisant le signe de la paix avec les deux mains. Les balinais sont vraiment gentils et serviables, je savais pas que ça pouvait exister des gens comme ça.

Bon je disais que Putu est venu nous prendre vers 11h, et on a pu voir la route et les villages de jour. Donc, dans chaque maison, il y a un temple. Petit ou grand, fermé ou ouvert, mais toujours doté de statues merveilleusement sculptées et parfois habillées de couleurs jaune (harmonie) blanche (pureté) noire (négativité) ou rouge (je sais plus), en fonction de l’esprit qui habite la statue. Les offrandes se font deux fois par jour, des fruits, des fleurs, dans de grandes occasions de l’argent et de la nourriture. Samedi on ira assister à une cérémonie au temple central du village de Putu. On va s’habiller traditionnellement et tout, sinon on peut pas rentrer. J’ai vraiment hâte d’en savoir plus sur l’hindouisme.

Tout petit temple de la villa de Laurent  

La route, étroite mais bien goudronnée même dans des zones reculés, traverse jungle, villages et montagnes. En bord de route, il y a des chiens sales mais qui ont toujours un propriétaire, nous a appris Putu. D’ailleurs, les chiens noirs balinais sont très prisés : on utilise leur sang lors de la construction d’un temple, dans le mortier, pour attirer la chance. Fut une époque où ils sacrifiaient les chiens, mais maintenant ils ne font « que » prélever du sang. Mais si ton voisin construit son temple, tu peux très bien lui procurer du sang avec ton chien, car ici on partage tout avec bon cœur, pour s’assurer un bon karma. Bon c’était un peu chelou l’histoire des sacrifices. En dehors des chiens et des locaux qui circulent il y a des poulets, et Putu nous a dit qu’il y a aussi des poulets de la jungle, qui y habite en même temps que pythons, singes, oiseaux et chauves souris.

A un moment on a longé un hôtel abandonné. En fait, il y a 10 ans, le fils du gouverneur indonésien a fait bâtir un hôtel. Il est tout prêt, tout construit, mais juste avant l’ouverture, il s’est avéré que l’hôtel était hanté... très superstitieux, les balinais l’ont abandonné. Le bâtiment est énorme, en décrépitude mais toujours beau sur le flanc de la colline Munduk.

On a beaucoup discuté avec Putu. Putu a 33 ans, toutes ses dents et un tatouage de Jack Sparrow (très bien fait d’ailleurs) avec une boussole et la carte des États Unis sur le bras. Et un bébé sur la nuque je crois... Pour son bras, il nous a expliqué qu’il avait eu une copine de Houston, Texas, et qu’ils étaient allé faire une croisière dans les Caraïbes. Il s’est fait tatouer Jack pour s’attirer sa chance !

Putu & your girls 

Au sommet d’une montagne, celle ci, on pouvait voir les multiples collines de Bali et à droite la mer.

Putu nous a expliqué que les locaux s’organisaient pour nettoyer leur partie de l’ile. Effectivement, la route est jonchée de plastiques... Donc chaque semaine, c’est une « gang » (rue) différente qui va être chargée de nettoyage. Gang c’est rue, Jalan c’est avenue. Banjar c’est district. Pura c’est temple. Les bases.

Ensuite, on s’est arrêté en face de deux lacs jumeaux :

Et c'était très beau. Derrière il y avait la route et aussi une affiche qui proposait je cite « photos with enimals ». En fait y avait un mec qui avait un gros iguane, deux pythons et 3 énormes chauves souris qui proposait de faire des photos avec. Angeline et moi on cautionne pas ça mais on était contente de voir les enimaux.

A 14h on est arrivé à Ubud, au Ubud Raya Resort, notre hôtel pour la nuit. On a dit au revoir à Putu et on est entrées dans un complexe très beau, avec de la pierre grise, de la mousse verte, des statues, de l’herbe et des plantes. Le faste. A la réception, on est accueillies comme des reines avec un jus frais. Je donne mon numéro de réservation, et la gentille dame de l’accueil ne trouve pas. Puis elle me dit « oh, mais vous avez une réservation pour Ubud Raya Hôtel, pas Ubud Raya Resort » et je me suis sentie bien conne et très mal à l’aise devant toutes les attentions qu’ils nous avaient porté alors qu’on s'était bêtement trompé d’endroit. En fait la bonne entrée était 800 mètres plus loin mais ils ont insisté pour nous amener là bas avec leur chauffeur, porter nos valises etc. Abusé...

Bon, Ubud Raya Hôtel n’est pas dégueu non plus, notre chambre est plus grande que tout l’appartement de Buenos Aires qu’on avait. La piscine est dispo 24h/24, les employés très attentionnés. On a mangé un brin, payé avec les sous qu’on avait changé (on est millionnaires, mais ici ça ne vaut pas grand chose : j’ai changé 150€ pour 2 600 000 rupiah indonésienne) et lorsqu’on a donné un pourboire les yeux des serveuses se sont illuminés d’une joie sincère et elles nous ont chaleureusement remercié. J’aime les gens je ne veux plus retourner en France où tout le monde est blasé et nombriliste.

Les thunes et l’extérieur de l'hôtel 
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A 17h00 on s’est habillé en bombes spatiales (ni plus, ni moins) pour le nouvel an. On avait 400 mètres à faire pour arriver jusqu’à Bambu Indah, donc on y est allé à pieds, et les locaux nous ont dévisagé tout du long, ils sont pas habitué à voir les touristes marcher je suppose. Mais aucune animosité, juste de la curiosité. On a souri, dit bonjour, et ils ont fait de même. Je ne me suis pas sentie en insécurité comme on peut le supposer dans ces situations, d’autant qu’on était en robe de soirée.

Hop 

Ok alors ça c’est nous à Bambu Indah. On a été accueillies encore une fois chaleureusement, j’ai rencontré mon maître de stage, Manu. Il nous a amené vers la « falaise » d’où on peut voir les rizières et le ciel, on s’est assises dans des fauteuils en bois et dès lors, nous étions au Paradis. Des employés nous servaient en cocktails (avec paille en bambou. Parenthèse dans la parenthèse, on nous a proposé de l’anti moustique bio, j’ai dit oui, je l’ai placé à côté de mon verre, j’ai appuyé, et ZOUIP une bonne giclée d’anti moustique dans mon mojito plein... j’attends ma médaille svp), des bouchées apéritives délicieuses, tandis que nous observions le soleil se coucher et les autres invités arriver. On suppose qu’ils étaient globalement tous très riches, de par leurs habits et leur attitude, et aussi ce qu’ils disaient (oui, on a laissé traîner les oreilles...). J’ai rencontré John et Cynthia Hardy, les fondateurs, Cynthia m’a reconnu et m’a fait un câlin. Cette femme est magnifique, toute mince dans sa robe longue, avec ses longs cheveux gris et ses yeux bleus perçants, et ses bracelets qui font du bruit au dessus de ses pieds nus. John paraît être dans un autre monde, et d’un autre monde. C’est lui qui a créé la marque de bijoux John Hardy. Je sais pas si vous connaissez, mais c’est une marque mondiale et à Bali il est adulé.

Une fois que le soleil fut couché, tout le gratin et nous fûmes invité à nous déplacer au restaurant. Avec Angeline, on avait une table pour deux, avec des milliers de pétales dessus.

Pardonnez la vieille photo flash svp 

Le repas était délicieux et le service rapide : cocktails (mais en fait y avait pas d’alcool, parce qu’après 2 mojitos et 4 gin tonics quand on sent rien il faut se rendre à l’évidence 🤔 ), salade, soja grillé et légumes, et gâteau au chocolat en dessert. Une DJ mixait tranquillement plus ou moins bien d’ailleurs, des musiques tantôt boogie tantôt modernes (y a eu David Guetta et Despacito, oui). Et à la fin du repas, quand Cynthia est allé danser seule, tout le monde l’a rejoint. Tout le monde ? Non, une poignée d’irréductibles gauloises (2, en fait) sont restées sagement assises à observer le dance-floor. Le personnel avait disposé sur le sol une figure en fleurs, c’était très beau, et ils l’ont vite enlevé quand tout le monde est venu danser. Bouuuh.

23h30 arrive, et avec Angeline on est allé regarder les feux d’artifice depuis la falaise. On les apercevait un peu mal vu qu’ils étaient éparses, tantôt à droite tantôt à gauche tantôt derrière la colline d’en face, mais c’était sympa. A minuit, on s’est souhaité bonne année, mon grand père m’a souhaité bonne année (j’étais touchée, il était que 17h en France il y a pensé !), maman aussi, des étrangers aussi nous ont serré dans leurs bras en disant bonne année. Puis on est allé allumer notre bougie des vœux et on l’a posée dans le bassin, celle d’Angeline s’est éteinte 3 fois aha. Tous on fait pareil, certains ont sauté dans l’eau, c’était joyeux, et c’était fini. Au revoir à Manu et Cynthia et nous voilà reparties à pieds vers notre hôtel. Les locaux nous ont dévisagé pareil qu’avant, on leur a souhaité bonne année et eux aussi, après s’être assurés qu’on était pas perdues. Petite baignade à 1h du matin, là il est 3h quand je finis d’écrire. Demain Putu vient nous rechercher en fin d’après midi, en attendant on va profiter de la piscine, du spa et des massages dans l’hôtel. Allez bisous bonne année

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1 janvier. 2019 commence globalement bien avec un massage balinais d’1h, dans un décor à soupirer de beauté (oui, ça existe, perso moi je soupire quand c’est beau). Le programme était : 1h de massage balinais et 30mn de « air candle », en tout cas de ce que j’avais compris. Et quelle ne fut pas ma surprise lorsqu’à la fin du massage, on m’a planté une bougie dans l’oreille.

En fait c’est une bougie spéciale qui brûle et qui t’aspire le cérumen, sexy n’est-ce pas, je n’avais aucune idée qu’un truc pareil existait. A la fin de la pratique les nanas nous ont montré la tonne de cérumen qui était parti, scoop, c’était du sale, à quel instant on a tout ça dans un si petit orifice ?

Petit thé offert et là on attend Laurent et Putu qui doivent venir nous chercher. Je pense qu’on va commencer à planifier des sorties sérieuses dans toute l’île et sur les îles voisines.

J'espère que vous vous tapez une énorme gueule de bois !!!!!!

Allez bises

Vous prendrez bien un CROG MONSIEUR ? 
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Om swastiastu comme on dit ici, c’est samedi 5 janvier quand je vous écris, au bord de la piscine et il fait 30 degrés, Angeline a ramené du monoï donc autant vous dire que je reviendrai noire comme l’ébène (au moins). Ok je trouve que je me la pète un peu donc cadeau, lors de la première traversée de l’île après l’avion, quand on est arrivées :

Voilà voilà du très très sale  

Petite rétrospective sur nos derniers jours passés, et ensuite je vous dévoilerai le croustillant programme jusqu’à lundi prochain, qui sera le jour de rebelote 1000 heures de voyage pour retrouver le froid.

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Ce matin, on est allé au temple avec Putu et Kadek (il s’occupe des extérieurs de la villa). Aujourd’hui c’est Kuningan Day, j’ai pas trop compris en quoi ça consistait mais l’expérience était chouette. Pour aller au temple, il a fallu s’habiller en parfaite balinaise : hier, on est allé acheter le nécessaire en ville. On a pris les scooters sous les nuages menaçants (saison des pluies) et on a acheté des trucs super beaux. Ensuite on est reparti, et SAISON DES PLUIES MUR D’EAU qui s’abat sur nos pauvres âmes en scooter. C’était incroyable. Alors je précise que j’étais avec Kadek sur le scooter, et qu’Angeline était avec l’amie d’Ayu, la cuisinière et gouvernante. Ces dernières n’ont pas fait d’arrêt-essence donc elles sont rentrées pile avant la pluie. Kadek et moi par contre, autre histoire. Quand on est arrivé à la villa, c’est comme si on sortait de la piscine. Rouler sous la pluie battante est extraordinaire, malgré la dangerosité évidente de la chose (déso maman mais tkt j’avais un casque). Donc bref toute cette expédition pour au final ceci :

Your girls et Kadek devant le temple 

Corset noir qui fait des seins en triangle (mdrrrr Angeline a du prendre du XXL), tissu par dessus, transparent blanc, jaune, bleu, ou rouge. Sarong avec motifs traditionnels. Et ceinture en tissu. On avait grave chaud, mais c’était pas ça qui nous inquiétait le plus : on allait être deux tâches étrangères au milieu de centaines de balinais rodés à la tradition. Heureusement qu’il y avait Putu... Donc, on arrive au temple. Tout le monde sur la route, même en scooter, était en habit traditionnel. Même certaines voitures étaient décorées. Les offrandes et décorations sont généralement des fleurs dans un petit « panier » tressé avec de la feuille de palmier je crois. Avant d’entrer dans le temple, il faut recevoir la bénédiction du prêtre : on s’agenouille dans la rue, on prie avec une fleur au bout des doigts puis on la cale derrière l’oreille. Puis le prêtre arrive avec de l’eau et nous l’asperge 5 fois : 1 sur la tête, 2 dans les mains et tu bois, 3 tu bois, 4 tu bois, 5 sur la tête. Ensuite, il te tend du riz dans de l’eau, et tu t’en mets sur le front et sur le plexus pour les femmes. Ensuite tu peux rentrer au temple. Le bâtiment est composé de plusieurs murs que tu franchis, les portes sont sculptées magnifiquement, les murs décorés de gravures. Il est fort intéressant de noter qu’on voit beaucoup de svastika sur les temples (la croix gammée nazie en fait). Mais si on y regarde de plus près on réalise que ce n’est pas la croix nazie, car cette dernière est inclinée vers la droite tandis que celle ci est bien droite, et représente le lien avec l’univers.

Bref, on arrive devant les prêtres, c’est à ciel ouvert je précise. Ils ont eu la bonté de mettre quelques bâches au dessus des lieux de prière car sinon on rôtirait dans la minute. On s’assoit en tailleur, dans l'herbe, pieds nus, au milieu des autres. Le prêtre psalmodie quelque chose en balinais, et a une cloche qui va rythmer la cérémonie. Il y a 3 temps de prière avec 3 fleurs différentes. Premier temps avec la fleur blanche te permet de nettoyer ton âme, tu montes tes mains jointes avec la fleur au bout jusqu’à ce que tes pouces touchent ton front. Le prêtre agite la cloche doucement puis plus fort lorsqu’il est temps d'arrêter. Rebelote avec les deux autres fleurs, puis rebelote l’histoire de l’eau et du riz, et puis c’est fini. En fait c’était très court, mais c’est pas plus mal parce que les gens font la queue pour participer, du coup faut faire tourner. Et en général les familles se sont déjà réunies pour prier au temple familial : là, on était au temple du village, le plus important. Grâce aux conseils de Putu on s’en est bien sorties, et après il nous a emmené voir les autres temples : il y en a 3 dans un village, + les familiaux. 1 au centre (pour le dieu Brahma, qui crée la vie), 1 près du cimetière pour Vishnu (Dieu qui s’occupe du déroulement de la vie) et 1 sur la plage pour Shiva (Dieu de la mort/destruction et de l’après-vie). Celui près du cimetière est décoré de gravures qui préviennent le mortel de son destin si il se comporte mal : vols, prostitution, adharma en général (adharma = mal, dharma = bien), ils ont droit à des traitements de premier choix en enfer. C’est intéressant de voir comment c’est transcrit chez eux, il y a souvent des démons à tête de chien/lion mais à corps d’homme (un peu) qui sont représentés comme étant les serviteurs de l’enfer.

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Sur cette note joyeuse nous sommes rentrées à la villa, et voilà.

Avant-hier, on est allé faire du shopping avec Laurent, donc pareil sur les scooters. On est allé au magasin Krisna, c’est une surface énorme avec des tissus, des bibelots, des peintures des statuettes, des tongs des attrape touristes des huiles essentielles des sacs et même des porte clés en forme de pénis (apparemment ça fait rire les touristes australiens). J’ai joyeusement acheté pour 40€ de souvenirs, j’en ai un sacré paquet pour ce prix. Puis quand on a voulu repartir SAISON DES PLUIES BAM le mur d’eau s’est encore abattu. On a alors attendu, attendu, attendu elle n’est jamais venue (l’accalmie). Donc quand il a plu un peu moins on est repartis, vaillants, sur nos scooters. Angeline était derrière Laurent sur un seul scooter et je conduisais le mien seule. Je n’y voyais que dalle. La pluie sur mes lunettes, la pluie sur la visière du casque sale, la pluie sur moi et mes dents qui claquent et mon esprit qui me dit « tu peux le faire ! Tu peux le faire ! » et effectivement on est arrivés vivants, trempés mais vivants et c’était encore une sacrée expérience.

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Hier à 5h30 du matin on est parties (Angeline et moi) avec Putu pour aller voir des dauphins et faire du snorkelling (plongée en surface avec masque et tuba, le sexy look tu le sais). En effet, Lovina est un super coin pour la faune aquatique. Donc on a embarqué sur un bateau traditionnel, tout fin mais avec des trucs sur le côté pour stabiliser, si bien qu’on aurait dit au final une araignée sur l’eau.

Quelques bateaux originaux et le lever de soleil sur l’océan 

On a fendu la bise sur l’océan, accompagnées de Putu le seul l’unique, une jeune asiatique beaucoup trop bien habillée pour aller voir des dauphins et une mamie chinoise qui était couverte de la tête aux pieds : chaussettes, gants, chapeau, cache-bouche. Ils sont fous ces chinois. Et le capitaine à l’arrière du bateau. On a mis peut être 25-30 minutes à rejoindre une quinzaine d’autres bateaux similaires au large, et ils étaient là, sautant hors de l’eau, jouant à cache-cache avec les bateaux, se laissant parfois désirer : les jolis dauphins. Tous les asiatiques regardaient les dauphins à travers leur téléphone et suivaient n’importe quelle exclamation du genre « Oh !!! » ou « Ah !!! » qui signifiait l’apparition d’un mammifère. Les dauphins étaient super nombreux. Avant, ils venaient plus près des côtes et on pouvait les observer toute la journée. Mais une compagnie d’électricité est venue s’installer, et avec ses gros pétroliers, elle a fait fuir les dauphins au large, et ils ne viennent que pour jouer avec les bateaux au petit matin.

On est resté quelques 30 minutes à zieuter les dauphins, évidemment on a pas voulu essayer de prendre des photos, les apparitions étaient trop brèves. Puis on est rentré déposer les asiatiques sur la plage. Angeline, Putu, le capitaine et moi repartions pour faire du snorkelling plus près de la plage.

S W A G 

On avait l’air très finaudes avec nos gilets de sauvetage, masque et tuba. Putu avait amené du pain de mie qu’il jetait dans l’eau, et les poissons venaient et on pouvait les voir. C’était chouette sauf que mon tuba prenait l’eau toutes les 3 respirations (l’eau de mer c’est définitivement pas bon) et qu’Angeline avait le mal de mer qui avait débuté après les dauphins pour ne pas du tout partir, même dans l’eau. Donc on a voulu remonter sur le bateau duquel on s’était jeté (un bon mètre au dessus de la surface de l’eau), et sur les autres bateaux il y avait des échelles. Sauf que notre cher capitaine avait 100% oublié la sienne, donc on a du se faire hisser honteusement comme des sacs de pomme de terre par Putu et le capitaine. Good times.

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Dimanche 6 janvier, je reprends mon écriture pour vous conter aujourd’hui et le programme de la semaine pro.

Ce matin, on est allé faire une randonnée au Lac Tambligan, un des deux lacs jumeaux que je vous ai déjà montré. Notre guide, Wyatt, parlait français ! Enfin, un peu. C’était adorable, il alternait entre français et anglais et était tout content de pouvoir pratiquer. Et aussi de pouvoir travailler, car si il n’y a pas de touristes : pas d’argent. Et y a pas masse de touristes en saison basse. Lui et ses collègues attendent dans leur petite bicoque que les touristes viennent. Le prix pour une personne est 250 000 rupiah, ce qui fait 15€. Ces 15€, ils doivent se les partager en 5-7 (le nombre qu’ils sont) et ceci en enlevant les 21% de taxe du gouvernement. Donc autant dire que 2 touristes dans la journée ça fait chiche mais c’est mieux que 0. On lui a donné un pourboire à la fin, il était vraiment heureux et nous a expliqué que ça irait pour ses 3 garçons.

Your girls et l'incomparable Wyatt 

Bref, la randonnée ! On est parti au dessus du lac, il y a une montagne qui le surplombe. Oui en fait avant je parlais de collines mais c’est 100% des montagnes à chaque fois, celle qu’on a grimpé en voiture pour arriver au point de départ culmine à 1200 mètres, et on est parti du niveau de la mer ! Les routes sont extrêmement pentues et y a la place pour 1 voiture seulement. C’est tout un art de conduire là, heureusement que c’était le chauffeur (pas Putu cette fois) au volant.

Bref, la randonnée ! On a descendu des centaines de marches mousseuses et glissantes, dotées de nos bambous (bâtons) de marche, baskets et shorts. Au bas des marches, nous sommes arrivées à un temple. Là, Wyatt nous a expliqué la trinité divine (Brahma - Vishnu - Shiva) et la composition des bâtiments du temple, quel espace pour quel dieu et quel espace pour quelle action. Du genre, le nombre de toits sur les temples qui correspondent aux directions : 3, 9 ou 11. 3 pour la trinité des dieux, 9 pour la rose des vents (Nord Sud Est Ouest Nord-Est Nord-Ouest tout ça + le point du milieu qui est Siva). Et 11 en ajoutant le ciel et la terre. C’était chouette. Puis on a pénétré la forêt dense, limite jungle. Wyatt nous a expliqué les parasites dans les arbres, des sortes de champignons, qui se posent sur l’arbre grâce à la pollinisation (ou au caca d’oiseau) et qui deviennent arbres eux mêmes. Leurs racines vont enserrer l’arbre originel pour au final l’étouffer et le tuer très lentement. Fun. Du coup ça donne ce qui semble être des arbres dans des arbres. Et parfois l'intérieur de la structure, donc l’arbre originel, a complètement disparu.

L’intérieur du bail et des autochtones 100% dans leur élément

On marchait joyeusement dans la forêt au rythme des explications de Wyatt, lorsque je sens une petite piqûre sur ma cheville, rolala pourtant j’ai mis de l’anti moustiques. Quelques 5 minutes plus tard je me gratte et HORREUR je sens quelque chose sous mes doigts. C’ÉTAIT UNE SANGSUE !!!!!! Enfer et abomination c’est dégueulasse c’est horrible je me sens trop mal, Wyatt rit de mon faciès déconfit et me dit « it’s okay it’s okay », non c’est pas okay 😭😭😭 . Je continue à marcher en tapant des pieds très fort et très vite pour qu’elles ne puissent plus grimper sur mes chaussures (car elles attendent au sol, dressées, prêtes à s'accrocher à quoi que ce soit) et là Angeline braille derrière moi et elle en avait dans sa chaussure 😭 elle en a eu 3 je crois au final et moi 1 dieu merci, on était complètement paniquées, Wyatt a accéléré le pas, brave homme, on avait qu’une envie c’était sortir de la forêt.

ça va mieux 

Et God bless encore une fois on est sorti de la forêt, on était au bord du lac. On allait le traverser pour terminer le trek. Des locaux péchaient, on s’est installés dans le bateau et c’est Wyatt et une vieille dame qui ont ramé, c’était un peu gênant pour nous. Mais du coup, on a appris que le lac faisait entre 85 et 100 mètres de profondeur. Je répète, le lac est aussi profond qu’un cratère de volcan !!!! Angeline et moi on croyait pas Wyatt quand il nous disait ça. Mais si le lac subsiste aux besoins de la population en poissons depuis si longtemps, finalement ça fait sens.

Temple avec les 3,9, 11 directions divines  

On a quitté Wyatt sur la berge, où se trouvait ce temple. Puis on est rentrées à la villa, et cet après midi normalement c’est massages et centre de conservation des tortues (si on le trouve !).

Demain, on ira faire un tour de 8h avec Putu, visiter un autre temple à côté d’un autre lac, les rizières les plus connues de Bali et je ne sais plus quoi d’autre, mais ça va être très chouette. De mardi à jeudi, on ira aux îles Gili, 3 toutes petites îles paradisiaques à droite de Bali. Puis vendredi on descendra à Denpasar - Sanur pour que la copine de Laurent, Dewi, nous fasse découvrir la partie sud de l'île. Cette zone est réputée pour ses plages, le surf, les clubs, la nightlife et les resorts. Autant de choses qui nous passionnent pas trop mais ce sera chouette de découvrir.

Ok c’est tout pour moi, merci d’être arrivé jusque là vous êtes top. Bisou

La vie est douce  
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Y a beaucoup trop de choses à dire. En fait y a toute la semaine à raconter, et il s'est passé tellement de trucs... Arf. Bon, là on est dans la voiture pour descendre à Denpasar, Angeline est à l’aise :

Comme ceci 

Laurent prend un avion pour Singapour pour son visa, et nous allons visiter un peu la région très touristique et urbanisée de Denpasar avec Dewi, la copine de Laurent. On va commencer par le commencement : lundi, nous sommes parties avec Putu pour faire un tour de plusieurs endroits : le temple d’Ulun Banu au bord d’un lac, les rizières de Jatiluwih, qui accessoirement sont enregistrées au patrimoine mondial de l’UNESCO, le processus du café Luwak, des sources chaudes et un temple bouddhiste. Le tout nous a fait une douce journée de 8-19h. Je vais poster des photos clés et faire des petites légendes, car c’était plus un tour à proprement parler qu’une aventure.

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Temple Ulun Banu. C’était chouette 

Y avait pas trop de monde, il faisait bon. On a pris des photos rigolotes avec les statues du parc autour du temple.

Je vais sans doute l’épouser un jour déso Chris  
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Les rizières de Jatiluwih. Une merveille ! Ça s’étend sur des kilomètres et des kilomètres, comme des marches sur la montagne. Il faisait EXTRÊMEMENT chaud si bien qu’on a écourté le chemin de randonnée après 20mn sous le soleil.

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Dégustation de thé au mangoustan et explication du processus pour faire le café-civette, ici appelé Café Luwak. La civette est un animal qui mange les meilleurs graines de café, puis... les évacue comme on évacue la nourriture. On ramasse le résultat, on le lave, on le grille, et PAF ça fait des chocapic, euh, du café luwak très bon et très cher. Avec le thé on a eu une patate au sucre : littéralement, une pomme de terre frite, avec du sucre dessus. C'était délicieux.

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Temple bouddhiste près de Lovina. C’était très beau. Sur plusieurs niveaux, on découvrait à chaque fois des choses surprenantes. Dans un temple, un bouddhiste (pas chauve) méditait, le dos droit comme une planche de bois.

Près de Lovina, je n’ai pas de photos mais on est aussi allés se baigner dans des sources chaudes, avec Putu. L’eau nous laissait la peau orange c’était bizarre. Et cette sensation de chaleur est vraiment étrange. Sachant que les toilettes sont payantes, où est-ce que les radins s’en vont faire pipi hein ? Et un mec blond nous a maté tout du long puis quand il est parti, il a fait genre de prendre les sources en photo, en contractant ses abdominaux bien sûr, et évidemment que c’était nous qu’il prenait en photo, c’était tellement pas discret que c’en était hilarant. C’est aussi à cette occasion que nous avons fait une grande expérience gastronomique : le durian. Ce fruit à coque piquante PUE SA MÈRE littéralement et les balinais en raffolent. Il faut le couper, puis se saisir de la partie mangeable, cette horrible consistance interne qui ressemble à un fœtus pourri, puis le manger, puis te rincer les doigts dans la coque du fruit, puis BOIRE CETTE EAU pour faire partir l’odeur. Et incroyable ça marche vraiment, l’odeur est partie, par contre le durian est horrible et m’a fait un lavement d’estomac en bonne mesure.

Moi dans mon meilleur style portant une moitié de ce fruit maudit  
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Voilà. De mardi à jeudi, nous étions sur les îles Gili (Gili, ça veut dire petite île). Il y en a 3, de la plus grande à la plus petite : Gili Trawangan (communément appelée T), Gili Air, Gili Meno. Elles appartiennent à Lombok, une autre île voisine, musulmane celle-ci. Pour y arriver, il faut prendre le bateau depuis le Sud ou l'Est de Bali : en l’occurrence Putu nous a amené à Padangbai, ici :

 Voici donc 

Sable blanc, eau transparente et riche en poissons, langueur océane, les Gili (à prononcer comme des guilis hihi c'est rigolo) sont littéralement un paradis sur terre. Le plan était d’arriver sur Gili Air, d’y passer une nuit, puis passer sur Gili Meno, passer une nuit, puis finir par Gili T pour y passer un bout de journée puis rentrer à Bali. Les deux premières sont vraiment calmes par rapport à T qui est une énorme destination touristique en Indonésie, et comme on est pas venues en vacances pour party hard, on a misé sur le calme.

Regardez bien le short du mec derrière nous. Lui il a pas tout compris à la svastika qui représente l’univers...

Donc après 4h de route de Lovina à Padangbai nous voilà dans le bateau beaucoup trop climatisé avec en fond "Olympus Has Fallen", un film suant le patriotisme américain. Mais ça nous a fait passer les deux heures de traversée au calme. Dans le bateau, on voyait déjà le public qui allait à T : des américains, australiens, russes, peu habillés, bières à la main, et qui parlaient très fort. Gili T était d'ailleurs le premier arrêt, j'ai regardé par le hublot et j'ai vu du sable blanc, de l'eau transparente et des bateaux amarrés, mais pas de port, il fallait débarquer dans le sable.

Comme ceci 

Les gens bruyants ont débarqué et nous avons continué la traversée jusqu'à Gili Air. On était parties qu'avec nos sacs à dos, bien remplis du coup, et Angeline avait insisté pour qu'on prenne des vestes ("tu sais, on sait jamais") et nos baskets. Tu parles, quand on a débarqué sur Air, il faisait mille degrés, et nous voilà projetées dans un nouvel environnement : derrière, la mer transparente, devant, des bureaux de tickets de bateau, à droite à gauche des vendeurs de bracelets, des gens et des calèches avec des chevaux, car pour se déplacer sur les Gili, c'est pieds-vélo-cheval, zéro engin à moteur, mais mon livre guide Lonely Planet nous a déconseillé les chevaux : effectivement, leur traitement laisse à désirer. Harnachés très serrés, ils ne peuvent pas détendre leur encolure, et sont forcés à trotter sans rien y voir, sans forcément d'eau non plus. Bof.

En route mauvaise troupe haha il fait si chaud  

On commence à marcher en direction de notre hôtel pour la nuit, Biba Beach Village, qui est à l'Est de l'île, quand le débarcadère est au Sud. A peine quelques pas dans l'artère principale qu'il n'y a bientôt plus personne en vue à part quelques poules et chats sans queue (on a jamais éclairci le mystère). Quelques 15 minutes plus tard, on arrive devant l'hôtel, qui est en bord de plage. Je tourne un peu la tête pour m'assurer que c'était bien là (j'avais pas mes lunettes et ça me paraissait beaucoup trop beau pour être vrai) et j'entends un "Léa ?" et ce n'était pas Angeline mais le réceptionniste, qui je l'apprendrai plus tard est le meilleur réceptionniste au monde. Il me rappelle, et je dis "euh oui oui" genre à quel instant il sait qui je suis, puis je réalise qu'il y a vraiment zéro personnes autour de nous, et qu'on est peut-être les seules clientes à avoir fait une réservation, donc du coup il a mon nom. Donc on s'assoit, on reçoit nos "welcome drinks" (boissons de bienvenue, vraiment une tradition ici, ça change tout!), et Mira le meilleur réceptionniste au monde nous accueille comme si on était à la maison, on fait l'enregistrement tranquille, on paie 21€ et Mira nous montre notre petite maison pour la nuit : elle est magnifique, en bois, le lit super confortable, la salle de bain en extérieur tout ouverte mais de l'autre côté de la terrasse pour l'intimité. Avec Angeline on est 100% incrédules et Angeline me dit qu'ils ont du se tromper, c'est pas tout ça pour nous pour 21€ si ? Ben, si. Du coup la petite maison, et la terrasse sablée qui surplombe la mer transparente, accessible après une volée de marches.

Front de mer et jardin où on devine les petites maisons  

On boit un coup sur les chaises longues, et on dit à Mira qu'éventuellement on voudra louer des vélos et masques et tubas pour faire du snorkelling (mot moche pour plongée en surface). A peine a-t-on le temps de finir nos cocktails que Mira arrive triomphant avec une petite courbette et masques tubas palmes à la main, il nous montre les vélos à disposition derrière et nous dit "vous êtes en vacances : vous dites, je fais". On t'aime Mira 😭 Au cours de notre séjour, on a bien discuté avec lui, il nous a expliqué un peu la vie sur les Gili, îles musulmanes et l'influence de Lombok, puis la vie en harmonie entre hindous musulmans et chrétiens, un truc qu'on ne connaît pas du tout en France, c'est bien dommage. 5 fois par jour, il y a l'appel du muezzin, parce que même sur une si petite île, il y a une mosquée. Il faut éviter de se promener trop "nus" dans les rues, même si il fait 50 degrés et même si les locaux sont habitués et même si d'autres le font. On a vraiment aimé Gili Air, on en a fait le tour en vélo (très fun dans le sable d'ailleurs (non)), et au nord, Angeline s'est arrêtée au bord de la plage, le soleil allait bientôt se coucher. A notre droite, il y avait une épave de bateau en bois, et un garçon qui jouait de la guitare sur le haut du bateau :

Sa casquette s'est envolée, et je lui ai rendu : pouf, contact fait, on a passé 20 minutes avec lui sur le bateau en l'écoutant jouer. Il s'appelle Ending, et travaille dans un restau vegan (oui il y a un restau vegan ici) au centre de l'île. Après l'avoir quitté, on s'est arrêtées deux secondes regarder des colliers dans une boutique, et malheur on s'est fait sauter dessus par le vendeur. Donc on a fui. Le soir, on a mangé à l'hôtel, c'était restau italien. Les pizzas étaient bof mais le paysage, le bien être et Mira étaient bien suffisants. Bon dodo, et on a quitté Mira à regrets pour se rendre au débarcadère, et passer sur Gili Meno.

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On a pris le bateau de 12:15, et on est arrivées à 12:25 sur Meno. Il faisait encore plus chaud, et y avait encore moins de monde que sur Air. C'est la basse saison, en fait, et les Gili (surtout T) ont subi un tremblement de terre en août (genre y a 4 mois) qui a fait fuir les touristes. C'était triste pour eux mais le bon créneau pour nous. On a regardé la carte qui se trouvait dans mon bouquin : direction le nord de l'île pour rejoindre Gili Meno Eco Hostel, une auberge de jeunesse écolo.

On dirait pas mais ces tissus (sarong) sont beaucoup trop épais  

On commence à marcher, sous au moins 35 degrés, sur le sol brûlant, avec nos sacs. On longe la mer. A notre droite, les plages ne sont pas du tout aménagées, il y a des arbres déracinés dessus. A notre gauche, des hébergements touristiques déserts. On continue de marcher, péniblement. Très péniblement. Des moustiques nous assaillent, on sue, on en voit pas le bout de cette île... Et puis, à l'horizon, un mirage : l'éco hostel, encore en plein soleil, en bord d'une plage à peu près aménagée. Je sais pas à quoi on ressemblait en arrivant, mais les gens là-bas, aussi assommés par la chaleur, nous ont regardé comme si ils n'avaient pas vu d'humains depuis longtemps. Un jeune plus jeune que nous a fait le check-in et nous a montré notre chambre. En fait, la pièce centrale de l'auberge n'avait pas de murs, c'était joliment décoré d'ailleurs, comme une auberge de jeunesse. Et à gauche de cette espace, il y avait une petite baraquette en bambou, au sol sablé. C'était notre chambre. Bon, c'était charmant mais rustique... peut-être un peu trop rustique. Le matelas était posé sur un sol de bambou et entouré par une moustiquaire.

Devant moi la somptueuse couche et derrière moi la porte (oui c’est une porte) qui ne ferme pas 

Comme on était à deux doigts du malaise et qu'on avait abandonné tout support du côté des déodorants, Angeline et moi nous sommes jetées (ou plutôt traînées) dans la mer, et elle était à peine moins chaude que la température de l'air. On y est pas restées bien longtemps, parce que je me sentais très mal à cause de la chaleur. J'ai déjà pris un coup de chaud cet été et ça s'est traduit par énorme mal de tête + vomi et j'avais juste pas envie de réitérer l'expérience, surtout dans un endroit paumé comme ici. C'était l'heure de manger, et il n'y avait absolument RIEN à la ronde. Le jeune nous a montré les douches (qui sentaient beaucoup trop le pipi) et les toilettes sèches (initiative que je salue), et on s'est dit que ça allait être compliqué. Pourtant on pensait pas être aussi précieuses...

Notre guide indiquait un bon restau au centre de l'île. On se chauffe ? On se chauffe, toutes façons y a pas grand chose à faire ici (voire rien).

Là on fait semblant qu’on est bien. Enfin moi pas trop 

Donc nous voilà reparties, cahin-caha, sous le soleil et les moustiques, en suivant le plan dans mon livre. On marche bien 15-20 minutes, et le centre de l'île est un no man's land : de la végétation sauvage, des arbres à terre, des bâtiments déserts ou à moitié détruits, des centaines de moustiques, quelques maisons avec des locaux (donc y a des gens qui vivent ici, on les a vu!). On enchaîne les mètres, en tongs et sandales, et on le sent bien, au fond, que le restau sera fermé. Mais on continue. On arrive au bord du lac salé (curiosité sur Gili Meno). Le chemin est boueux, mais on continue. On dépasse encore plusieurs structures touristiques fermées ou détruites. Et le restaurant, évidemment, fermé et même laissé à l'abandon. Ce fut la goutte d'eau qui fit déborder notre verre. Angeline était au bout de sa vie, moi je tenais bon parce qu’il n’y avait pas le choix, mais quand elle a dit "euh viens on s'en va de l'île" il a pas fallu me le répéter deux fois.

Sur le laborieux chemin du retour on a échafaudé notre plan. On irait au débarcadère manger (on avait vu que c'était possible) et acheter nos tickets pour passer sur Gili T directement, puis retourner à l’auberge de jeunesse chercher nos sacs et dire qu’on s’en allait (comme on allait pas dire « oui alors votre île c'est pas trop ça on se casse » on a préféré un sobre « notre ticket de bateau retour pour Bali est demain matin, il y a eu une erreur, donc nous devons passer sur T directement » car pas de trajet pour Bali depuis Meno) puis retourner au débarcadère attendre notre salvation.

Après l’effort (grosse victime de moustiques) le réconfort du seul endroit actif de l’ile : le débarcadère  

Le plan s’est déroulé à merveille, l’auberge de jeunesse a gardé les sous de la nuit (ils m’avaient proposé de me rendre les pauvres 12€ quand même) et c’était serré parce que le dernier bateau pour T partait à 16h15 et qu’on avait élaboré le plan vers 15h. A 16h15 donc, on embarque triomphalement sans aucun regrets sans se retourner. On ne sait pas où on va dormir le soir du coup, on ne sait pas quel est le taux d’affluence sur T, on est sûres de rien mais on y va.

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Gili Trawangan est donc la plus grande des îles Gili sans être non plus démesurée, l’activité fourmillante se concentre autour du débarcadère à l'Est : calèches, piétons, vélos, rabatteurs qui cherchent à te vendre snorkelling et plongée, restaurants, hôtels, hôtels restaurants, boutiques... Et plus d’occidentaux qu’on en avait vu depuis longtemps, mais sans être non plus La Grande Motte au mois de juillet. Au final ça allait, en terme de monde. Dans mon guide, on avait repéré un logement à 4 pas du débarcadère (on en avait terminé de marcher!!!), ça s’appelle Sama Sama Bungalow et c’est sobrement décrit comme « 9 bungalows équipés pour être au cœur de l’activité ». L’auteur a par contre complètement omis de mentionner que Sama Sama est avant tout un des meilleurs bars de l’île, ambiance reggae à fond, et que les 9 bungalows sont plutôt des chambres qui ont pour nom des titres de chansons de Bob Marley (on avait Talking Blues) et qui s’articulent autour d’une piscine de toute beauté.

Bar vraiment sympa avec groupe de rock/reggae le soir. Les chambres étaient derrière

Il devait être quelque chose comme 18h quand on est ressorties de la piscine et de la douche, fraîches comme des gardons. On allait sortir et explorer un peu les alentours, et surtout trouver un point de vente pour un tour de snorkelling le lendemain matin. On a fait 3 mètres sur la droite et on a trouvé une petite bicoque avec un mec un peu âgé bien sympa, qui nous a proposé un tour de 9h-15h pour 100 000 rupiah par personne. Ça fait genre 6€, et ça aurait trop bien si notre bateau retour pour Bali n’avait pas été à 14h30. Du coup il nous a dit qu’on pouvait faire 9-11h en bateau privé, pour 600k en tout. Diablement plus cher, mais on était assurées de voir des tortues, des statues immergées, et d’être seules sur le bateau. On a réussi à négocier le prix à 500k, ça nous est revenu à 15€ chacune du coup (15€ pour 2h de nage au paradis... dire qu’il y en a qui balancent 15€ dans un McDo 🤔) et c’était le meilleur choix de notre vie.

Le lendemain à 9h, on refait 3 mètres depuis Sama Sama pour rallier le point de rendez-vous. Le monsieur nous montre le capitaine du bateau : encore un jeune, peut être un peu plus âgé que nous. Il nous emmène sur son bateau, sans trop nous parler. Mais quand je lui demande comment il s’appelle, il parait surpris que des touristes puissent vouloir en savoir plus sur lui, alors son visage s’illumine et on commence à discuter, un peu laborieusement parce que son anglais n’est pas fabuleux. Il s’appelle Han, il a 23 ans. Une peau très foncée tannée par le soleil sans être noire, un physique sec, pas désagréable à regarder n'est-ce pas, des cheveux jusqu’aux épaules. Il démarre le bateau et on va récupérer un autre mec, qui passe d'un bateau au notre avec l'aisance de Tarzan qui fait de l'accrobranche. Il avait un nom imprononçable, et nous a dit de l'appeler sobrement Man. Han et Man. Et en avant Guingamp on fend la bise vers les spots de snorkelling.

Le fond du bateau et 3/4 de Han 

Cette journée a été ma préférée de tout le voyage. Sous l’eau c’est compliqué de prendre des photos mais on a vu des myriades de poissons colorés, des statues immergées (œuvre d’art + élément de reconstruction du corail, qui meurt à vitesse éclair malheureusement), des tortues de mer... la vie marine est incroyable. Quand on allait dans l’eau, Man restait pour piloter le bateau et Han plongeait avec nous pour nous guider. On peut plonger avec masque et tuba, Angeline n’a pas osé mais après avoir vu Han au milieu des poissons, je me suis lancée et c’était tellement bien. Je me sens bien dans la mer, dans cette mer là du moins. Han a vu qu’on s’en sortait bien (il m'a plus tard raconté qu'il devait nager en tenant la main des touristes chinois quand il y en avait), alors au lieu de remonter sur le bateau pour changer d’endroit comme le faisaient les autres, on nageait, et on en prenait plein les yeux. La première fois qu’on a vu une tortue, on était malheureusement pas seuls, mais par contre on était bien les seuls à ne pas se jeter armés de GoPro sur le pauvre animal. Han a proposé d’aller plus loin, donc on est remonté sur le bateau, il nous a proposé de monter avec lui devant (le moteur et pilote étaient derrière, il y avait le corps du bateau protégé du soleil et un espace ouvert devant pour l’ancre et l’amarrage). Et comme dans Titanic mais à petite échelle, j’étais figure de proue au soleil et au vent et la mer à portée de doigts. C’était magique.

J’ai évidemment pas pris la photo mais voici les statues  

Les deux heures sont passées bien vite. Les garçons nous appréciaient bien, si bien que c’est nous qui avons du leur dire qu’il était 11h et que c'était fini. On s’était arrêtés sur une plage de Gili Meno (les îles sont si proches les unes des autres qu’on a l’impression qu’on pourrait les rallier à la nage mais grave erreur, les courants sont forts). Angeline prenait le soleil dans l’eau et j’escaladais un espèce de palmier à plusieurs branches. Sur le chemin du retour, Han nous a proposé de faire du snorkelling avec lui, gratuit et tout, dans un spot qu’il connaissait. Moi j’étais grave chaude mais Angeline moyen, alors j’y suis allée seule et c’était encore très beau. A à peine 20 mètres du rivage, sont immergés des scooters (mais genre depuis longtemps) et des grandes structures métalliques qui je crois servent de base au corail, encore une fois pour la régénération. J’ai plongé et plongé et replongé, mais Han battait clairement tous les records de profondeur et de longueur en apnée.

Il a bien fallu que ça s’arrête à un moment, car notre bateau retour était à 14h30 et qu’on devait faire le check-out de Sama Sama (pour toujours dans mon cœur) et manger. J’avais envie de partir comme de me pendre mais il a bien fallu.

Attente à l’embarcadère. Grosse teuf. 

Donc voilà... on a eu Transformers : Age of Exctinction au retour dans le bateau, c’était encore bien de la bouse et j’étais vraiment triste de partir. Quand on est enfin arrivées à la villa après les 2h de bateau et 4h de voiture jusqu’à Lovina, la douche froide a été salvatrice, mais j’ai découvert une trace de bronzage sur mes fesses complètement interdite par toutes les lois de l’univers. Je n’ai plus aucune crédibilité. Pourquoi est-ce qu’on ne peut pas vivre nus pour s’éviter une telle disgrâce. Arf.

Là, on est à Denpasar en attendant lundi jour fatidique de retour. On est allé dans un salon de massage/coiffure/esthéticienne avec Dewi et pour 7€ j’ai eu massage + gommage + soin du visage. À quel instant j’ai envie de rentrer là ?

Vendredi soir on est allé au karaoké avec Dewi et ses copines : Ayu, Dessy, et Geg. Geg est très très exubérante, je pensais pas que les asiat' pouvaient être aussi "libérées". 2h de karaoké, c'était fun et même Angeline a chanté. Le lendemain Laurent est revenu de Singapour et on est allé en club avec lui et Dewi et les copines de Dewi, c’était fun, j’avais pas fait la fête depuis longtemps.

Accessoirement je fais une violente allergie aux acariens dissimulés dans je ne sais quel matelas, je suis couverte de boutons c’est un enfer.

Je commence aussi à apprendre le Bahasa, l'indonésien, c’est assez facile. Je sais compter, les jours de la semaine, les mois et les politesses.

Bon.

C’est l’heure de se quitter. Merci de m’avoir suivie.

C’est la fin mais ce n’est que le début, en tout cas pour moi, plus ça va et moins je vois l'intérêt de vivre en France. À suivre

Bisous