Carnet de voyage

TARENTULAIREMENT ARGENTINE

13 étapes
6 commentaires
L'Erasmus de Léa à Buenos Aires (ce n'est pas au Brésil). Elle s'évertuera à vous faire partager ses moments de joie, de moins joie et aussi les petites aventures qui pour sûr parsèmeront le chemin.
25 février au 15 août 2018
171 jours
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Ça c'était papa quand je lui ai annoncé que je voulais partir en Argentine pour mon Erasmus.

"Ben oui, l'espagnol tu peux aussi le perfectionner en Espagne." Oui. Mais sauf que non !!!!! Pour moi qui ai toujours voulu découvrir de nouveaux horizons, l'occasion était trop belle. En Amérique du Sud, il y avait des partenariats soit en Argentine, soit au Chili. Le Chili ça avait l'air sympa aussi mais c'était une ville perdue au milieu du pays... Sur ma petite feuille de vœux, j'ai donc marqué Buenos Aires, pensant être la seule idiote à vouloir traverser la moitié du globe pour terminer ma licence de langues étrangères appliquées. Finalement on est 7 idiots à partir, dont ma super copine Angeline qui va me supporter pendant 6 mois non stop. Plus le départ approche et plus je suis contente de savoir qu'elle est là. J'avoue que j'en mène pas large.

je vais là 
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Du coup... Argentine, et Buenos Aires, sa capitale. La fac où je vais aller s'appelle Universidad del Museo Social Argentino, ce qui veut dire Université du Musée Social Argentin, mais j'ai aucune idée de pourquoi ça parle de musée social. Là bas je vais étudier les langues modernes et la science économique, des cours que j'ai du sélectionner en fonction de tout un tas de critères compliqués sur le site compliqué de l'UMSA (va falloir s'habituer aux acronymes).

visiblement la fac ressemble à ça  
et moi je vais 100% ressembler à ça 
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Papa avait raison sur un point néanmoins : l'Espagne, ben c'était moins cher. Comme je n'avais pas droit à la bourse Erasmus (ça c'est quand même très rigolo car pour avoir la bourse Erasmus, il faut partir en Europe lol, si tu pars hors Europe même dans le cadre d'Erasmus, ben tu te débrouilles mon cochon !!!!), il a fallu que je me mette à travailler dès avril 2017. J'ai donc passé avril à septembre dans un restau italien à bosser de ouf pour même pas le SMIC, puis de septembre à février dans un café/snack en même temps que la fac. J'en ai chié mais ça m'a été très bénéfique, maintenant je sais pourquoi j'étudie et je rêve de travailler pour quelque chose qui me plaira vraiment.

Mais je m'en suis sortie ! J'ai un pécule suffisant, j'ai fait mon budget comme une grande (bon, avec maman quand même) et j'ai bouclé mes billets d'avion, mon assurance, mon logement sur place, ma pilule, la banque et les tâches administratives ! Ne reste plus que la valise. Ça aussi ça va être un moment amusant. On a droit qu'à une valise soute de 23kg et un bagage cabine de 8kg. Si tu dépasses c’est 100€ par bagage PAR VOYAGE 👌

Angeline et moi voyageons ensemble, on part de Marseille le 25 février à 17h, on escale à Rome et 14h (help) plus tard on est à Buenos Aires. Le programme est le suivant : départ 25 Février, retour 16 Août. Le semestre de la fac c'est mars-juillet, on s'est donc laissé un petit mois pour voyager à travers le pays.

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Là, on est le 21 février, j'ai choisi ma valise mais elle est toujours vide. Que prendre ? Les copains déjà sur place nous rapportent qu'il fait 35 degrés.... Mais on va aussi y être pour l'hiver (juillet-août) alors faut prévoir.

16h, vendredi 23 février. J’ai fait ma valise comme une championne sur les soundtracks des James Bond et elle pèse 18kg.

Je pense arrêter l’étape ici, et en créer une nouvelle dimanche, à l’aeroport, une fois que j’aurais terminé de pleurer dans les bras de maman.

En avant l’aventure ! Le bisou

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Dimanche 25 février, 14:07, j’ai douloureusement quitté ma clio 2 pour me faire conduire comme une princesse à l’aéroport. Hier je me suis rendue compte que j’avais oublié de m’enregistrer sur mon vol hihi, du coup j’avais pas les billets. Lol n’est-ce pas ? Heureusement qu’Angeline me l’a rappelé.

Marignane et Marseille-Provence sont à ma droite maintenant. Maman est derrière moi avec son bras en écharpe (clavicule cassée), Éric conduit, Mathias doit probablement être devant son ordi, Papa rentre de sa course de ce matin, Papou fait sa compta et Mamie prie. Antica et Petit Bout dorment au soleil. Et moi je m’en vais. Je pars l’esprit tranquille. J’ai hâte d’y aller comme j’ai hâte d’en revenir.

Nos faciès faussement détendus

J’ai pu dire au revoir à beaucoup de monde et j’ai été touchée par l’attention que les gens accordaient à mon voyage. J’ai des amis sympathiques.

Cet accessoire coloré me permet de garder la classe et de ne pas dormir la bouche ouverte 

16:23. On a passé la sécurité. On a quitté ceux qui nous aimaient assez pour supporter les aurevoirs difficiles. Angeline se mouche et moi je fais genre je suis calme mais je sais que ça viendra plus tard. Y a pas trop de monde dans la salle attente. Est-ce que ça s’appelle une salle d’attente ? Angeline continue de se moucher. Moi c’est un peu vide dans ma tête. L’embarquement pour Rome est dans 30mn.

MRS - FCO 

17h05, l’avion est confortable. Ça parle italien mais c’est confortable. On arrive à 18h40 à l'aéroport de Rome et il est gigantesque : étape 1, pipi, étape 2, internet et téléphone, étape 3, manger. On sait pas trop si on va être nourries dans l’avion alors on s’achète des sandwiches hors de prix et on se pose.

Je bois une bière à 8€ pour oublier un sandwich à 6,50€ 

Moi j’écris, Angeline aussi. On a toutes les deux un carnet manuscrit. Le mien ce sera pour plus tard, quand je serai vieille et que ça me fera très très plaisir de le retrouver. J’en profite pour me demander si les photos que je prends maintenant et qui sont en ligne me suivront dans le temps, ou si elles disparaîtront comme elles sont venues. Rien n’est aussi tangible que ce qu’on peut toucher, remarque...

Ils annoncent notre porte à 20:20, pour un départ à 21:45. 14h de vol. Ça va être chaud.

Des fois avec Angeline on se regarde et on se dit « on part en ARGENTINE, genre pour 6 MOIS » mais rien n’y fait, on réalise toujours pas. La vie que j’ai quittée ne me manquera pas; les personnes autour de moi si. Et plus que je ne le pensais, ou que je n’aurais prévu.

La température extérieure était de -50 degrés. Yes 

J’ai dormi à intermittences. J’ai regardé le début de La La Land, ça m’a saoulé, puis j’ai écouté des albums de classique en boucle pour dormir. J'étais à la place du milieu, coincée entre une Angeline capable de dormir dans toutes les positions et une argentine très antipathique. Y a eu un moment où je mourais de soif, et un autre où mes jambes lançaient très très fort. L’argentine antipathique me bouchait le chemin et j’avais peur de la réveiller, même quand elle dormait elle grimaçait...

Et le trajet avançait à coup de millimètres sur l'écran où on pouvait suivre l’avion. 14h au même endroit sans rien faire c’est vraiment extrêmement long, mais en même temps il n’y a rien à y faire à part l’accepter.

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Mon téléphone indique midi, mais il est 8h. On est à Buenos Aires et je dis à Angeline que ce qu’on voit du hublot ça pourrait très bien être aussi le Limousin.

Ou la Corrèze. Ou la Creuse. Bref, la France quoi 

À 9h10, ça fait 30mn qu’on regarde le tapis des bagages se dérouler sans nos bagages. On a passé la migration, j’ai eu un super tampon sur mon passeport parce que j’ai été une grande fille.

Bravo Léa, la maîtresse est fière de toi ! 

Vers 10h, on partait en taxi vers chez des amis. Franchement je sais pas comment on aurait fait sans eux, ils nous ont emmené manger, on a pu changer de T shirt (on puait grave), ils nous hébergent le temps qu’on puisse accéder à notre auberge de jeunesse.

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La ville est bizarre. Grande, entre moderne et tiers-monde. En tout cas, ce qu’on a pu voir : les bâtiments sont posés les uns à côté des autres sans aucune logique, les architectures diffèrent et jurent les unes les autres. Ça conduit très très mal et vite, et le trafic est dense. Les rues sont organisées en bloc, c’est perpendiculaire. Faudra qu’on chope une carte de la ville et du métro (le Subte).

A 13h, je prends le premier Uber de ma vie et 4,59€ plus tard (pour 30mn de trajet, vive le capitalisme) nous sommes devant notre auberge de jeunesse, BA Stop. Objectif douche : une des meilleures de ma vie. Froide, exiguë, mais j’ai kiffé. Notre chambre est sympa en vrai, pour 80€ on a une chambre privée + sdb pour 3 nuits.

Et dans la salle de bain nous avons ni plus ni moins qu’un BIDET 

Là il est 16h, 20h pour vous, on va sûrement sortir faire un tour dans le quartier. Ce soir on fait sushi avec d’autres Erasmus. On se cherche aussi un appart Airbnb qui serait mieux que notre résidence universitaire à venir, ainsi qu’une salle de sport, car c’est très peu cher et on est toutes les deux motivées 💪

Je vous laisse pour aujourd’hui, on se retrouve demain. Merci pour votre engouement ❤️

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Hier les sushis c'était cool. On avait rendez-vous à 20h30 à Sensei Sushi, c'était sur Thames. Thames c’est une rue, j’aime bien le nom des rues ici, c’est simple et ça se retient vite : Rivadavia, 9 de Julio, Mayo, Thames... ça se fait. Un peu avant, on est allées se balader en ville, en errant un peu au hasard. Il y a deux choses qui nous ont frappées : y a plein d’arbres et aussi plein de travaux. C’est cool et pas cool.

Au niveau des gens : déjà les meufs ont toutes des chaussures compensées, c’est ouf. Y a quelques gens obèses, beaucoup de sdf et de pauvres, et aussi pas mal de mecs qui nous sifflent dans la rue et c’est pénible. Je sais pas si c’est parce qu’on est particulièrement attirantes ou si c’est comme ça pour toutes les nanas.

Pourtant on a l’air de ravies de la crèche quoi 

Bref, on est tombées sur le Congrès, avec son toit en bronze et des sculptures de Rodin dans le parc en face.

Ceci est une photo honteusement pompée de Google mais sinon avec le soleil la mienne ressemblait à ça : 
Voilà. Bon. 

Et je me rends aussi compte que je n’ai pas pris de photos des sculptures de Rodin, parce qu’au moment où j’allais le faire y a un toutou qui a traversé la route au moment où une voiture arrivait. Son maître s’est jeté sur lui et tout est bien qui finit bien mais du coup j’ai pris le chien plutôt que Rodin...

J’ai réalisé en prenant la photo que je prenais une photo genre « voyeur » et que c’était moyen mais bon il est mignon (le chien) 
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Vers 19h, on s’est mises à la recherche d’un banque, pour payer l’auberge de jeunesse (80€, donc 40 chacune). On a trouvé un distributeur, ils sont à l’intérieur d’un bâtiment et tu y accèdes avec une carte (j’ai pas compris si il fallait utiliser la carte Sube des transports, ou une carte bancaire. Un monsieur a qui on a demandé nous a fait une démonstration dans le vide avec sa carte Sube, en nous disant que c’était avec une carte bancaire, mais Angeline l’a fait réellement avec la carte Sube et ça s´est ouvert. 🤔 )

On a donc retiré 40€, et.... ils me prennent 8,95€ de commission. 8 euros 95. Nous apprendrons plus tard au sushi que retirer 40 ou 4000€ c’était toujours 8,95€ alors fallait retirer au max du plafond à chaque fois. Lesson learned ✅

De l’art engagé sur les bancs, du vin en brique et un obélisque plus tard, nous avons commandé notre Uber pour nous rendre au sushi. Définitivement c’est pas cher (4€ et des poussières à chaque fois) mais quand on sera à notre résidence pour au moins le premier mois faudra qu’on se penche sur l’utilisation des transports en commun. Pauline et Robin, camarades de l’Université à Avignon que nous retrouvons au sushi, nous disent que le métro c’est mieux desservi et plus clair : en effet, dans le bus, tu n’as aucune indication de où tu es et de quand descendre. Excellent !

C’est Alexander qui conduisait le Uber, et il nous a parlé du temps qu’il fait en hiver (doux) et des problèmes qu’il a ici avec les taxis (mêmes qu’en France).

La soirée sushi se déroule sympathiquement, y a des italiens des américaines des hispanophones et Pauline et Robin (soirée organisée par Bais Argentina, un organisme pour les étudiants en Argentine), l’eau est payante, nous buvons une caipirinha un peu trop forte et c’est clairement l’heure d’aller dormir. Un dénommé Gor nous reconduit via Uber, et je m’en vais rattraper mes deux jours sans sommeil.

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Mardi 27, réveil 11h26 pour moi. Je tourne la tête et je fais coucou à Angeline. La pauvre était réveillée depuis 7h40...... elle osait même pas tirer la chasse, j’ai honte.

On a chaussé nos robes noires et nos lunettes de soleil et on s’est élancées vers Puerto Madero, l’extrême Est de Buenos Aires, là où y a une réserve écologique et l'océan.

On a commencé par traverser un bout de ville globalement en travaux, c’est très dommage parce que ça ruine complètement les vues...

« Aujourd’hui les travaux, demain le tram » 

Non sinon la Plaza de Mayo était sympa, y avait La Casa Rosada avec des fontaines devant, ça nous donnait une envie terrible de nous baigner. Seulement 28 degrés affichés mais ça tapait quand même fort.

J’ai pas su à quoi elle servait cette Casa Rosada 

On s’est installées dans un McDo pour voler la wifi le temps de trouver où on allait. Puis on est reparties, on a encore bien marché avant d’arriver à la Réserve Écologique.

Un arbre grand avec Angeline qui sert d'échelle à côté  
Lionel Messi couleur caca avec une ressemblance zéro 
Moi sous la canopée et Angeline sous les brumisateurs. Elle voulait en épouser un. Je la comprends. Ils étaient beaux.  

On a marché genre 35 minutes avant d’atteindre l’océan. On a croisé deux oiseaux, un gros lézard et une fourmi qui est montée sur ma main quand j’ai touché l’herbe. Et elle m’a piqué. #victime

Nous après avoir marché toute la sainte journée  
L’océan était sale mais il faisait divinement frais 
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Il est 19h et on est rentrées à l’auberge de jeunesse. Mes pieds criaient grâce (en même temps j’avais mis des sandales), nos corps réclamaient une douche froide. C’est chose faite. Là on chill à moitié à poil sur nos lits comme des déesses romaines, avant de re sortir ce soir manger un bout. Le sac d’Angeline s’est cassé en marche et va falloir en acheter un autre pas trop cher. On a éventuellement une piste pour un appart bien situé avec une chambre chacune, je vous tiens au jus. Je bénis toujours autant notre ventilateur de plafond. Bisous

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Yes 
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Que d’aventures depuis que j’ai pris mes pouces pour la dernière fois (c'était... mardi). Va donc falloir brosser un tableau efficace de mercredi et jeudi. Mais avant, petite récréation traduction :

Ça aurait été mieux « Señor Musculo », et on notera que le U est un biceps élastique  
😦
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Mercredi, je me suis réveillée assez tôt, et on a chillé sans rien faire jusqu'à midi. Notre chambre était juste à côté du patio de l’auberge, et tous les jours un garçon blond venait jouer du tam-tam juste sous notre fenêtre. C’était rigolo 5mn mais quand un de ses potes l’a rejoint avec une flûte ça commençait à faire un peu trop... Le même mec se trouvait aussi très souvent à l’accueil de l’auberge, assis, cherchant la sociabilité. De bons souvenirs de cette auberge ! Très propre, spacieuse, lumineuse, bien décorée, Jamie le ventilateur pour chasser les moustiques (sauf quand Angeline l’éteint en cachette la nuit car, tenez vous bien, elle a froid) et un bidet. Le bidet fait vraiment toute la différence et figurez vous que j’étais persuadée qu’on s’y lavait les pieds. Peut être parce que je me lavais les pieds dans le bidet de chez papou et mamie, alors qu’il eut fallu y faire sa toilette intime. Foutaises, le bidet est à hauteur de pied pas d’entrejambe.

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Angeline m’avait fait une tresse comme la sienne j’étais trop jolie !!!!!! 

Bref, midi sonne et nous partons encore une fois à l’aventure à pieds (décidément). Le programme du jour c'était le quartier de la Recoleta avec le Musée National des Arts Décoratifs (Museo Nacional de las Bellas Artes). Ça me fait penser en écrivant Bellas que les argentins ne savent visiblement pas prononcer le son « ll » (prononcer par exemple beïas, ou pour calle, caïé). Non, eux ils mettent des « ch » partout. La chave (llave), bechas (bellas), chamar (llamar), chegar (llegar). Ça sonne du coup très portugais et mon instinct de détective me dit que la présence du Brésil pas loin en est pour quelque chose.......,.. 🧐

Cette fois je prévois le coup et je mets de bonnes chaussures de marche, on achète de l’eau et c’est parti mon kiki ! Heureusement qu’Angeline sait lire une carte + a un bon sens de l’orientation. On remonte donc l’Avenida 9 de Julio (une des principales) en évitant les gouttes qui tombent invariablement des machines à air conditionné des immeubles (l’alerte « GOUTTE ! » retentit beaucoup trop souvent). On trouve l’ambassade de France sans la chercher et on fait un high-five dans un court moment d’euphorie. Oui, parce qu’au final ça sert pas à grand chose à part savoir qu’elle est là.

Ouiiiiiii 
Y a vraiment des arbres immenses ici c’est très impressionnant ! 

Environ 8 mois de marche plus tard on arrive devant le Centro Cultural (c’est assez transparent) de la Recoleta. C’est un bâtiment coloré et sympathique et nous n’y sommes pas rentrées car il y avait un Starbucks juste à côté et l’appel combiné d’un thé froid à l’ibiscus et de la wifi détrônait tout le reste.

Je n’ai pas de photos du thé froid à l’ibiscus, pardon 

Après une pause à base d’internet gratuit, de thé froid à l’ibiscus et de muffin au chocolat, nous repartîmes vers le Musée. Et nous nous arrêtâmes bien vite car nous aperçûmes (ok j’arrête) un centre commercial. Angeline était en quête d’un nouveau sac et moi d’une brassière de sport. Le centre commercial était sur plusieurs étages mais à taille humaine. Finalement j’ai acheté pour 60€ de fringues et un T shirt au Hard Rock Café Buenos Aires. #pigeonne

Y a quand même la brassière s’il vous plaît  

Donc, on est sorties du centre commercial et en fait on savait pas où était le musée. Il était très proche mais pas visible, on a tourné un peu avant d’en voir la façade rose foncée. C’était une entrée libre, avec des gardes très très présents (genre limite ils avaient le nez sur notre épaule pendant qu’on regardait les œuvres). Y avait des belles choses niveau peinture et sculpture, et aussi une section art moderne qui m’a complètement laissée de marbre. La seule photo que je choisisse de vous montrer c’est un truc inattendu dans un musée.

Le monstre se déplaçait à l’allure fulgurante de 2km/h sur le sol 

Et alors j’ai complètement oublié qu’avant le musée on a aussi visité le Cementerio de la Recoleta (un cimetière, pas un cimeterre), le Père Lachaise local. Comme dirait Angeline, c’était pas le Tiers État qui était enterré là bas : présidents, hommes de lettre, généraux, familles de riches... Chacun avait sa maison de marbre, plus ou moins impressionnante, blanche grise ou noire, avec ou sans statue devant. Des fois on apercevait même le cercueil car il y avait une porte transparente ou grillagée. Le bon goût. Ci-dessous, George Brassens.

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Je crois qu’on est sorties du musée vers 16h30. La question était : Uber ou on pousse jusqu’au jardin japonais ? Il ne semblait pas si loin............... 🙃

QUE NENNI !!!!! Il était à 30 minutes de marche. Yes.

En marchant, on a vu la fac de droit :

Qui est en fait Le Panthéon... si avec ça les aspirants juristes échouent c’est qu’il y a un problème 

Et aussi la Place des Nations Unies, avec une gigantesque fleur articulée en acier, qui s’ouvre le matin et se ferme le soir.

Floralis Genérica, 23 mètres de haut et 18 tonnes. Oui. 

Bon. Et ce jardin japonais alors ? Notre plan initial était d’y arriver, de le visiter puis de choper une quelconque wifi pour commander le Uber et rentrer, parce qu’on était quand même très loin de l’auberge. Évidemment le plan ne se déroula pas de cette façon 😀

4€ chacune pour rentrer au jardin, 40 personnes au mètre carré, 400 carpes koï et 4000 nénuphars. Et zéro wifi. Préoccupées par comment on allait rentrer, on a pas vraiment profité de l’endroit.

Un truc cool, c’est qu’ils trient très bien les déchets à BA. J’y pense parce que rien que dans le jardin japonais y avait 4 poubelles différentes. Et on trouve beaucoup de « puntos verdes » qui t’aident à recycler tes déchets dans la ville.

Bref. Pas d’Uber. On rechignait à prendre un taxi mais après 30mn de remarche pour atteindre la wifi du musée et que le chauffeur Uber annule la course on a hélé un taxi. C’était finalement pas si mal. Le truc avec les taxis c’est qu’ils n’ont pas de GPS pour suivre le trajet, ils font de tête, alors si tu sais pas où tu vas l’arnaque est simplissime.

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Jeudi 1/03. C’est le jour où on va à notre résidence universitaire joliment appelée La Casa Del Girasol. Il faut refaire les valises et partir avant 11h. J’étais pas très optimiste quant à la capacité de ma valise à se fermer mais elle a été gentille. On a descendu les 20 pauvres marches avec grande peine, parce que je pense qu’elles atteignent facile les 25kg maintenant.

La terrasse est franchement sympathique  

Notre nouvelle demeure pour 1 mois. C’est très beau mais ça ne convient que pour une personne, la salle de bain est vraiment minuscule + à l'extérieur de la chambre. Les lits sont superposés et heureusement que je culmine à 1m65 seulement. Le quartier est pas top. Bon. Du coup on a trouvé un appartement et on l’a réservé, et si le plan veut bien fonctionner cette fois-ci on sera logées comme des reines d’ici avril.

On mange pas beaucoup, mais relativement bien : fruits, pizzas, biscottes, sushis. Vive la vie.

À plus 😀

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Mardi 6 mars, 17h. Je vous écris depuis mon lit. J’ai finalement le lit du bas (lits superposés on ne l’oublie pas), en haut il faisait beaucoup trop chaud donc j’y ai relégué Angeline. Elle écrit, moi aussi, on écoute Knocking on Heaven’s Door, il fait 22 degrés, ni trop chaud ni trop froid. Dans une petite heure on ira faire notre sport (Oui papa, nous en faisons tous les jours depuis samedi) et après on ira manger des pâtes qui cuiront à la vitesse de l’escargot en colère (vous n’avez pas vu la taille du feu de la gasinière). Nous avons récemment acquis de l’huile d’olive ainsi que du thon pour agrémenter les pâtes. C’est la fête ! C’est d’autant plus la fête que j’ai trouvé du fromage. Je ne sais pas ce qu’il donne encore, mais c’est le premier que je croise depuis 1 semaine ici. Je commençais à dépérir.

J'espère tant qu’il sera bon. Mise à jour, le Reggianito est passable mais le Fontina a du potentiel

Notre chambre est plutôt bien rangée. Affaires de bureau dans le bureau, affaires de toilettes dans le bureau aussi car les étagères sont occupées par les pâtes, condiments et autres boîtes de thon. Vêtements tassés soigneusement (🤨) dans les armoires. Chaussures vacantes sur le sol, pour ma part. Je vous brosse ici notre tableau quotidien à La Casa del Girasol. Nous nous réveillons entre 9h30 et 11h30 (je vous laisse deviner laquelle se lève à quelle heure), et nous essayons de faire quelque chose de notre journée à partir de 14h en général. On réussit à s’occuper jusqu’à 17h30, 19h dans les grands jours. Puis c’est l’heure du sport, de la douche, des inéluctables pâtes et de Netflix, jusqu’à 1h du matin, 3h dans les grands jours. Nous sommes à la recherche d’une hygiène de vie. Où est-elle ? Avons-nous basculé dans la décadence ? Pour nous rattraper, je dirais plus que nous sommes dans l’attente que la fac commence.

Parlons-en, de cette fac. Aujourd’hui même (mardi 6 mars), nous nous sommes rendues sur l’avenue Corrientes où se trouve notre université. Elle est belle, ça brille, y a un Starbucks en face : que demande le peuple ?

Un « oooooh » général retentit alors 

Nous avons eu aujourd’hui notre emploi du temps, l’excitation était à son comble jusqu’à ce qu’on découvre que le cours de Politique Économique d’Argentine et du Monde prenait place le vendredi de 18h30 à 22h30.

Je mets un espace comme ça vous lisez bien, mais oui, 22h30. Qui plus est un vendredi. Devant nos faciès déconfits, Agustina du service relations internationales nous dit que nous avons deux semaines pour voir si les cours nous conviennent et pour constituer notre emploi du temps définitif. J’ai bien peur que la politique économique de l’Argentine et du monde perde sa place au profit par exemple de la Littérature Anglaise... ci dessous notre emploi du temps provisoire :

100% lisible 

Bon. C’est au moins ça de fait, on sait quand on commence et on a même un petit déjeuner de bienvenue le 15. On doit aussi leur verser 300 allègres US dollars pour les tâches administratives.

Ah oui faut que je vous parle des sous en Argentine. On ne peut retirer que 3000 pesos argentins (ARS) par jour. Cela correspond à 120€ environ, plus 8,50€ de commission que la banque se prend à chaque fois. Je vous laisse imaginer le bonheur de devoir régler nos 450€ de logement en espèces.

Le paiement par carte est très aléatoire. Il faut montrer son passeport et signer le reçu, et ça c’est quand la carte est passée...

Bon, en vrai on s’en sort pas mal, on note notre budget quotidien mais perso je vois mes économies fondre comme neige au soleil alors que ça fait qu’une semaine qu’on est là...

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Les dernières visites c’était avant-hier, donc dimanche. Paraissait-il qu’il fallait absolument visiter le quartier de La Boca, celui autour duquel Buenos Aires s’est construite. C’est aussi de là que Maradona vient. Super.

Alors déjà ça puait la merde parce qu’on ne pouvait pas y aller en métro, y avait pas de lignes, et en plus le quartier à traverser pour y arriver à pieds craint de ouf. On s’est résolu à prendre Uber. 7,57€ plus tard nous voilà dans La Boca. Hé ben c'était affreux. Bon affreux c’est peut être un peu trop, mais c’était clairement pas mon environnement. Quand le Routard indiquait que c'était le quartier le plus touristique de la ville, il ne mâchait pas ses mots. Les touristes en eux mêmes c’est pas un problème, mais c’est l’activité qu’ils génèrent qui en est un. Le Caminito, petite rue colorée berceau du tango, d’un peintre et du dulce de leche, était cafie de boutiques de merde qui vendaient toutes la même chose, de propriétaires de restaurants miteux qui t´accostaient et ne te lâchaient plus à condition que tu viennes manger chez eux. J’ai détesté cet endroit, vraiment. Tu te sens comme de la viande. Pas grand chose à voir ni à apprendre. On est reparties bien vite, en taxi, pour qu’il nous dépose à la station de métro la plus proche.

J'étais tellement verte d’avoir balancé 7,57€ pour ça.

Bon, normalement la journée était sauvée, on a décidé de traverser la ville en métro (il est vraiment très cool ce métro, propre, lumineux, climatisé, clair d’utilisation + y a la wifi 😌 ) pour aller du côté du planétarium et du jardin des roses.

Une petite quinzaine de minutes en métro easy 

Actuellement on est dans le quartier Balvanera, Comuna 3. Et en avril on va à San Telmo, Comuna 1. Un quartier clairement meilleur, avec de quoi sortir : bars, musées, sushis évidemment.

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Bref. Devinez quoi, on a marché pas mal pour arriver au planétarium. On est descendues à Plaza de Italia (grosse place avec de grosses avenues), on a acheté de l’eau fraîche et on a remonté l’Avenue du Libertador vers le nord pour atteindre le planétarium sympathiquement nommé Galileo Galilei. On savait pas du tout ce qu’on allait y trouver en fait.

Hé bien avant d'y trouver quoi que ce soit on a traversé des étendues de verdure peuplées de palmiers et d'argentins en famille ou en couple, ou qui faisaient du sport (sous 30 degrés hein).

Surprenant de trouver une telle verdure dans une ville comme BA ! 

Puis le Jardin des Roses, avec des roses mais que au milieu du parc. Et sachant que le parc était gigantesque et qu'il n'y avait qu'une seule entrée et sortie (????? quel est l'intérêt) ben on a pas poussé ne serait-ce que jusqu'au milieu du parc parce qu'on voulait vraiment atteindre le planétarium.

Ben finalement, le voici ce planétarium, mais l'entrée est chère et c'est petit et y a plein de gens qui attendent déjà. Heureusement qu'il y a ces étendues de verdure avec la Wifi gratuite de la ville. Aujourd'hui apparemment c'était rassemblement de saucisses. Vous savez, les teckels là, les chiens saucisses. Ben y en avait des dizaines ! C'était ouf. C'était un festival d'aboiements joyeux, d'appels des maîtres et de cris du mec qui vendait ses glaces au milieu du bordel. Nous étions en plein délire bucolique lorsqu'un petit saucisson marron vint chier JUSTE A COTE DE NOUS. C'était super. Superbe expérience.

Vous vous attendiez à une photo du chien chieur ? Pervers scatophiles !!!!! 
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C’était une bien belle journée. L'expérience de La Boca a été largement oubliée, et le soir on est allées manger dans un restaurant de sushis (oui, encore, mais vous n’avez pas toute l’histoire) vraiment incroyable : un service à la japonaise par des argentins, des produits délicieux, une entrée et un thé vert offerts à la fin, et un cadre exceptionnel. Et ils ont accepté la carte !!!!

Voilà. En dehors de ça, nous ne faisons pas grand chose. On ne s’ennuie pas mais on sera contentes quand les cours commenceront, et quand on sera dans notre nouvel appartement, ne serait-ce que pour dormir sur des matelas qui ne déforment pas le dos quand on y dort.

Ci dessous, un dernier souvenir de La Boca, le seul qui valait vraiment le coup.

Lionel Messi (????) avec des packs d’eau en promo à ses pieds.  
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Mardi 13 mars, 16h47, nous sommes reléguées sur la terrasse car Alicia fait le ménage dans notre chambre. Ces derniers jours n’ont pas été des plus folichons, je pense que l’article ne le sera pas non plus mais ça fait partie du lot j’imagine !

Vous êtes prêts ?

Petit Bout ❤ quand Mathias lui fait un câlin, ou moi quand j’essaie de m’endormir le soir

Ça fait maintenant 2 semaines et 1 jour que nous sommes là. Nous avons presque tout visité. Nous avons fait le tour des soirées latinas, nous rencontrons peu de gens réellement intéressants. Notre quartier est franchement moyen. Quand on sort, ça pue, les trottoirs sont défoncés, y a pas de restau ni de boutiques sympas. Le bruit du trafic routier est présent jour comme nuit, les ambulances de la clinique d’à côté n’ont pas d’heure pour sauver des vies, je le comprends. Les poubelles passent à 22h le soir, certes, les Klaxons aussi, ma foi. Chaque matin un mec vient brailler dans son haut parleur quelque chose que je ne comprends pas. Des types à la mine patibulaire (bien qu’inoffensifs, je suppose) traînent et font la fête devant l'épicerie en haut de la rue, à n’importe quelle heure de la journée (et de la nuit). On a vu une livraison de viande ce matin, le camion s’ouvre en pleine rue, même pas réfrigéré je crois, révélant de superbes carcasses de cochon, carcasses qui sont chargées sur les épaules sales des camionneurs qui les amènent tranquillou dans la boucherie. C’est dans ce genre de moment que j’aime être végétarienne...

Nous mangeons des pâtes et des fruits. Nous surveillons le budget comme le lait sur le feu. Nous guettons l’arrivée de la bourse comme des suricates en pleine savane.

Brave portrait que je vous dresse ici de mon environnement. Très clairement c’est pas l’éclate. Quelque part dans le sud de la France, à 11 000 km, ma tortue a réussi sa première hibernation.

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Encore 18 dodos et on change de quartier. Notre nouvel appartement est sur Perú (c’est une rue) au 957, dans un quartier plus favorable : on le sait parce qu’on l’a visité un après midi. La station de métro c’est Independencia, c’est pas tout proche de Perú mais ça se fait d’un bon pas. Il y avait des boutiques cools, pas trop de monde ni de circulation, un pub irlandais (ouiiii je vous vois venir « ah ben ça ça plait à Léa dites donc pfififi » écoutez voilà j’aime la bière et si vous n’êtes pas content je vous envoie ma mamie qui me faisait goûter le champagne dans le verre étant petite, un grand classique, je m’égare, je disais donc que j’aimais la bière et l’ambiance irlandaise donc voilà), et surtout le plus grand Carrefour que l’on ait vu jusqu’à présent : l’euphorie nous gagne, peut être enfin du fromage ??? Du poisson ??? Des plats végétariens ??? Nous nous précipitons pour visiter ce Carrefour et c'était le paradis. Encore 18 dodos avant d’y accéder.

Is this the real life ? Is this just fantasy ? 

Notre futur appartement possède un four. A la Casa del Girasol, nous n’avons pas de four. Lorsque, prises de niaiserie, nous avons acheté des pizzas à faire cuire, nous les avons mangées.... à la poêle. Excellent. Fantastique. La meilleure expérience culinaire de ma vie ! Une pâte complètement carbonisée pleine de cancer qui te fait racler sensuellement la garniture avec tes dents pour rattraper ce qui était rattrapable, le tout en retenant tes larmes de dépit et en faisant un grand sourire à la mère de la propriétaire qui pense que c’est le moment opportun pour venir prendre une photo de toi épanouie dans sa cuisine.

Dédicace à ceux qui me suivent sur Snapchat et qui partagent ma désillusion quotidienne 

Le soir, pour nous bercer, Angeline parle de tout ce qu’elle fera avec le four de notre appartement : tartes citron meringuées, gâteaux chocolat, de vraies pizzas, des lasagnes, une tartiflette.... je m’endors la bave aux lèvres, mais je m’endors heureuse.

Notre nouveau quartier compte aussi une Maison des Fondues. Ils n’ont aucune idée de ce qui les attends quand j’arriverai...

Encore 18 dodos et nous aurons une machine à laver gratuite. D’ici là nous faisons notre lessive à la main, comme des provençales au lavoir, avec un inéluctable Claude François - Je Vais à Rio en fond.

Un pur bonheur. L’avantage c’est que ça sèche vite  

Encore 18 dodos et nous dormirons chacune dans un grand lit, sans moustiques, affectueusement surnommés « los putos » (c’est assez transparent).

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Nos moments de joie incontenue c’est le sport, toujours vers 18h. On avale une biscotte et on se rend sur la terrasse avec détermination, Céline Dion ou Cloclo en fond. Une fois la séance bouclée c’est la douche salvatrice et l’instant karaoké/apprentissage des chorégraphies des Claudettes. C’est aussi magnifique que ça en a l’air.

Mirez donc nos têtes de vainqueures 
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Vendredi, nous sommes allées au TattooShow, un salon de tatouage international, franchement sympathique. Des artistes de tous horizons, un français de Lyon (JC Sheitan, il lui manque un bras donc il a une prothèse avec une machine à tatouer dessus mais c’est purement marketing), un brésilien, des espagnols, mexicains, et bien sûr argentins. Des groupes de musique rock un peu approximatifs. Des Chevrolets anciennes garées devant le bâtiment. Des foodtrucks aguicheurs. Des gens superbement tatoués et d’autres....... ben, tatoués aussi, mais en moins bien. Des nanas habillées court pour montrer leurs tatouages (et pas que). C'était un bon moment ! Mais j’ai aussi eu la peur de ma vie, vraiment, lorsque devant le concert je me rends compte que mon téléphone n’est plus dans mon sac et que je n’ai pas de poches. Mes jambes commencent à trembler, dans mon cerveau défilent toutes les façons dont mon téléphone m’est indispensable (comptes, contacts, photos, banque..) et tout ce qui va découler si je l’ai effectivement perdu. Je cherche frénétiquement dans mon sac en priant qui veut bien m’entendre de le remettre dedans. Je crois que mamie priait aussi à ce moment là parce qu’il était finalement dans une poche intérieure. Cela me servira de leçon : toujours avoir une sauvegarde autre part.

Scoop : il s´appelle Jean Charles 
J’m’en fous j’fais du sport ok 
Je laisse à votre imagination le soin de déterminer si je me suis faite tatouer ou pas 
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Après le salon de tatouage, nous avions dépassé le budget de la semaine, donc on s’est enfermées dans notre chambre tout le week-end, puisant dans les réserves de nourriture qui nous restaient des dernières courses.

C'était long, un week-end sans sortir. On l’a passé à dormir et regarder des séries. Et à revenir un peu sur notre expérience jusque là.

Ce qu’il en ressort, c’est que c’est pas comme on l’avait imaginé. On avait pensé Argentine, on a Buenos Aires, une grande ville mondiale de 3 millions d’habitants. On avait pensé voyages et paysages, on a... pas grand chose avant juillet août. On avait pensé espagnol, ouais, on en bouffe de l’espagnol, mais bien souvent par des gens qui ne font aucun effort pour se faire comprendre. On avait pensé être ébahies par la culture et les monuments, ben, en une semaine le tour est fait. On avait pensé ambiance latinoaméricaine chaleureuse et folle, on a ambiance pays en développement. Autant vous dire que c’est un peu dur. Autant vous dire qu’on regarde nos amies qui sont en Irlande, qui parcourent le pays facilement, et qu’on compte l’argent qu’on aurait pu sauver et les voyages qu’on aurait pu faire en allant là bas. Parcourir 11 000km pour se retrouver en pleine ville pour 6 mois c’est pas vraiment ce que j’avais imaginé. En même temps j’étais peut être naïve.

Mais j’imagine qu’il faut que j’assume mon choix. Et que je laisse du temps au temps. Après tout, ça ne fait que quinze jours et l’université n’a pas encore commencé. Il faut que je trouve un moyen d'apprécier mon temps ici et de le rendre inoubliable. Je pensais que ça viendrait tout seul, mais non. C’est un apprentissage de la vie, et je ne regrette pas (en fait c’est surtout que je ne peux pas me permettre de regretter) d'être venue ici.

Il y a de l’espoir et des choses à venir : le nouvel appartement, l’université, une sortie aux chutes d’Iguazu (toujours en réflexion car 200€), la venue de nos copains. Aha, ça aussi ça aurait plus simple en Irlande (50€ l’avion contre 900€ l’avion, ils nous aiment je vous le dis).

Hauts les cœurs, vis ta vie Léa, ne te laisse pas abattre, tout ça tout ça. J’essaie, j’essaie.

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Merci ❤
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Il y a bien longtemps, dans un hémisphère lointain, très lointain...

Cela fait maintenant presque un mois que les Maîtres Jedi Léa et Angeline se trouvent sur la planète Buenos Argentine. Leur combat contre l’absence de fromage et la dureté des éléments leur a fait perdre espoir plus d’une fois... mais c’est sans compter sur l’entraînement qu’elles ont suivi durant 20 ans. Guidées à distance par leurs amis et leur famille, Léa et Angeline balaient leurs doutes, relèvent la tête et reprennent leur route, en quête de leur Licence....

Starring : Léa, Angeline, du fromage, des moustiques, du soleil, des nanas, et Claude François. De gauche à droite, ou l’inverse 🤔
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JE SAIS je sais je sais JE SAIS mon dernier article en a laissé plus d’un pantois. Ou ébahi. Ou éberlué. Ou tristounet. Toujours est-il que ma détresse ne vous a pas laissé indifférents et franchement j’avais juste besoin d’un gros câlin virtuel et c’est ce que vous m’avez donné. Merci gracias thanks danke obrigada

Comment expliquer le revirement de situation ? Plusieurs éléments. Bon, y a toujours des points noirs, comme par exemple le fait que la connexion wifi à la résidence doit être en fait Houdini, parce qu’elle disparaît spectaculairement à de nombreuses reprises, mais globalement, ça va.

Résumé des chapitres :

Chapitre 1 : le miam miam

Voici un Fish&Chips de grande qualité  

Chapitre 2 : l’université

👌

Chapitre 3 : un voyage ?????

Là 

Chapitre 4 : on s’occupe comme on peut (révélations - nostalgie - karaoké)

RIO DE JANÉRO !!!!

Chapitre 5 : vivre la ville différemment

C zoli le abres et les nuage
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Alors oui je vous vois venir ça fait beaucoup de chapitres mais en fait non c’est tranquille vous verrez.

Chap 1 : Bon très clairement je vous cache pas que ne pas pouvoir manger ce que je voulais et me taper des pâtes à l’huile d’olive tous les soirs tapait bien fort sur le moral. Le Carrefour Express auquel on allait, qui était déjà à 10mn de marche, est en fait l'équivalent de l’épicerie locale française hein, à peu de choses près : petit, aucun choix, déprimant. Après deux semaines et demi de ça on s'est enfin décidées à chercher autre chose, genre une vraie grande surface (ça ne court pas les rues ici). Marc et Maxence nous avaient parlé de "Jumbo" (pas celui auquel vous pensez), et on a pas trouvé de Jumbo, non, on a trouvé bien mieux : un Disco.

trèèèèèès Disco tout ça. Non mais matez le mec à droite si lui il est pas disco.. nan en fait ils sont tous fantastiquement disco 

Navrée du vieux jeu de mot, il est tard et on est trop ravies de revoir Internet après 24h sans connexion à la résidence.

Bref, hier lundi 19 mars on a fait des grosses courses, vous nous auriez vu sautiller entre les rayons c'est comme si on était à Disney. On a acheté du fromage, genre du bleu, et il était bon. J'ai acheté de la sauce barbecue pour relever mes pâtes. Rien qu'avec ça le moral remonte !

Le seul avantage à pas trop manger comme on le faisait, c'est que ça se complétait bien avec notre routine de sport. Là va falloir faire gaffe comme à la maison 😦

On a mangé trois ou quatre fois sushis, deux ou trois fois restau, et une seule et unique fois au McDo. Si l'idée un jour vous vient d’aller y manger, c’est non. Vraiment. C’est sale. Ils travaillent sans gants. Les mêmes mecs qui dans le métro cherchent à te vendre stylos et autres babioles défilent ici entre les tables au plus grand des calmes pour te vendre chaussettes et mouchoirs. Tenez vous bien : après que nous ayons décliné son offre de mouchoirs, un monsieur a repéré l’hamburger pas fini d’Angeline et nous a demandé si il pouvait le prendre. Au calme. On était sur le cul alors on a balbutié un vague ‘euh si’ et il est parti avec pour le finir. C’est fou. Il avait pas l’air excessivement dans le besoin ce monsieur pourtant.

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Chap 2 : Notre premier cours d'université était assez épique. C'était jeudi 15. Déjà, fallait voir la gueule de la salle. Ensuite, s'asseoir sur la chaise qui est attachée au semblant de table. Et surtout, ne pas être gaucher.

La « table » s’arrête à milieu de corps. 

Le cours était intitulé "Lengua y Literatura Castellana". Oui j'avoue, le piège était facile à flairer, mais nous sommes encore des biches bien naïves. Donc pendant deux joyeuses heures, nous avons (fait semblant d') étudier des poèmes de Jorge Luis Borges. Nous avons (prétendu) chercher les figures de style. Nous nous sommes (peu) émerveillées devant la déclaration d'amour de Borges aux rues de Buenos Aires. Nous avons (aveuglément) acquiescé à chaque phrase de la prof (même celles qu'on comprenait pas !!!!)

Ce qu'il faut aussi souligner c'est le bruit constant de la rue Corrientes, qui est en travaux actuellement : klaxons, marteau-piqueurs, sirènes d'ambulance et de police, qui semblent poursuivre BEAUCOUP TROP activement les malfrats dans cette ville. + salles mal isolées bien sûr !!!!!!!!!!!!!! En sortant de ce cirque avec de grands yeux effarés nous nous sommes repenchées sur notre emploi du temps. On a dû totalement le remodeler parce qu'on avait pris plein de cours qu'on allait clairement pas pouvoir suivre.

Du coup le voici, et on va réellement commencer cette semaine :

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Chap 3 : Vous avez déjà vu les Chutes du Niagara ? Non ? Moi non plus (d'ailleurs si vous voulez rigoler j'ai longtemps cru qu'elles étaient en Afrique). Toujours est-il qu'askiparaît elles sont complètement caca à côté des Cataratas de Iguaçu/Iguazu, à cheval entre l'Argentine et le Brésil.

C'est aussi là qu'OSS117 Rio Ne Répond Plus a été tourné. Habile 

L'organisation Buenos Aires International Student (BAIS Argentina) propose un voyage de 4 jours là-bas, 300 étudiants, visites, baignades, party non stop, du 29 au 3 avril. Bon. C'est 210 euros la place. Chacune. Bon. Autant dire qu'on était un peu partagées. Mais lors de la Welcome Party (grosse fête pour les étudiants, organisée aussi par BAIS), un certain Manuel m'aborde en me disant qu'il a gagné un coupon 2 places pour le prix d'1 au beer-pong. Ma tête sur le moment était celle ci : 🤔🤔🤔🤔🤔 bien joué Manuel tu es habile mais 🤔🤔 c’est étrange. Je lui ai quand même laissé mon whatsapp, après tout, c'est peut être une opportunité !

Hé bien j'ai bien fait. Lundi, on s'est donné rendez vous au siège de BAIS, et pour 80 euros, il nous a cédé son coupon. Donc au lieu de payer 2x 210, on paie 290 et on a deux places ! Youpi !

Bon par contre c'est pas Noël non plus et il fallait bien une couille dans le pâté (désolée papa je sais c'est vulgaire) donc on a plus de places pour le voyage de mars, cependant on ira à celui d'avril, sûrement plus tranquille. Merci Manuel, t'es un bon gars.

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Chap 4 (voyez ça va vite): Notre quotidien a beau se ressembler jour après jour (c'est français ça ?), nos soirées ne sont pas tristes. On a beau se connaître depuis maintenant trois ans, Angeline et moi, mais on avait jamais passé une seule nuit ensemble jusqu'alors. On ne savait pas comment vivait l'une et l'autre. Du coup, on se découvre avec bonheur, on parle, on conte nos souvenirs, on chante (faux, évidemment) nos chansons préférées, on danse (ridiculement) dans la chambre, on conseille l’autre sur son épilation... On partage notre sueur du sport, nos désespoirs du soir. Je lui apprends à mettre du sel dans l'eau des pâtes, elle m'apprend le sens de l'orientation. Je lui prépare son maté, elle m'ouvre les bocaux. Nous sommes vraiment magnifiques, toutes les deux.

Oui
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Chap 5: et on apprend à vivre la ville différemment. On sort le dimanche au marché, on se met au thé traditionnel argentin (le maté),

Avec la calebasse et la ‘bombilla’, prononcez évidemment ´bombiCHa’ 

On sort dans le quartier Recoleta, on s’allonge dans l’herbe et on regarde les palmiers osciller au vent et les nuages défiler en sens contraire.

Et la wifi gratuite dans les parcs !! 
Et on va bientôt acheter des actions chez Starbucks 

On vole le papier toilette des sanitaires des centres commerciaux parce que le notre ressemble à du papier à cigarette... bref, good times !

C rogolo on est pleusiurs 
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On s’y fait. On s’y fait. Plus que 10 dodos avant le nouvel appartement !

Je vous fait un bisou gentil à chacun, d’amour à d’autres, deux caresses sur chacune de mes chiennes et sur ma tortue, et un dab sur mon frère. A la revoyure pour de nouvelles aventures

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Il est 23:24 le mardi 2 avril lorsque je me dis que ce serait une bonne idée de commencer mon article. Il fait noir, je suis dans un grand lit deux places avec des minuscules araignées (que j’espère) inoffensives qui courent dessus mais que j'écrase inlassablement. Les volets sont à moitiés fermés donc j’aperçois quand même la lumière de la ville. Je sais que dehors, sur la jardinière de la fenêtre, il y a un bébé pigeon (plus trop bébé mais pas adulte non plus), il bouge jamais de sa jardinière, il siffle avec enthousiasme quand un adulte pigeon vient lui donner la becquée et il tremble d’effroi lorsque je m’approche. Il est mignon le petit pépère, je lui ai pas donné de surnom parce que c’est un pigeon mais voilà, on peut dire que c’est mon compagnon de chambre.

Angeline est dans la pièce d’à côté, j’entends des sons qui en proviennent, sa série sûrement, ou peut être les voisins du dessus, qui ont le pas bien lourd. Demain matin Angeline commence à 8h, c’est rigolo, ce matin c’était moi, c’était moins rigolo.

On a notre nouvel appartement. Je pense que les derniers jours avant le déménagement on a retenu notre souffle dans l’attente et on l’a repris que lorsqu’on a posé le pas dans le lobby de notre immeuble.

Il s’est passé un mois depuis qu’on s’est envolées depuis Marseille. Encore 5 pour qu’on ré atterrisse à Marseille. Le moral est bon mais l'expérience n’est toujours pas « celle de notre vie ». C’est pas grave, je l’ai accepté, et je me permets même une pointe d’optimisme en me disant que je n’ai pas fait tout ce chemin et ces efforts pour rien, la ‘révélation’ viendra plus tard, d’une manière ou d’une autre.

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On a pas toujours pas commencé sérieusement la fac, incroyable mais vrai. Il y a eu les cours d’essai puis la Semaine Sainte, tout ça ayant commencé le 15 mars ça nous amène effectivement joyeusement à cette semaine ci, lors de laquelle on a rendez vous avec les directeurs des licences desquelles on suit les cours. Hmph, phrase lourde, déso. Mon emploi du temps est comme suit :

Lundi 14-16 . Mardi 8-12 . Mercredi 18h30-21h30 . Jeudi 11-13 . Vendredi 8-13 .

Oui, bien vu, c’est bien de la merde. Avoir peu de cours c’est fantastique ça je ne dis pas, mais les avoir si peu savamment répartis pour faire en sorte d’avoir un cours, chaque jour, ça, ça c’est phénoménal. Il faut savoir qu’en tant qu’étudiant LEA on ne peut prendre que des cours de langues, ou d’économie. Dans ce cercle restreint, il faut prendre des cours que l’on peut intellectuellement suivre, que l’on comprend, dans lesquels on sera sûr de valider notre semestre (faut pas croire non plus qu’on a fait 11000km pour se casser le cul à bosser comme un chien et risquer de louper notre licence). Dans cette infime partie de cours restante il faut organiser son emploi du temps au mieux. Ci-dessus, c’était mon au mieux.

Bon moi-même je me sens négative en écrivant là, en plus y a pas de photos, je mentionne un appartement et un pigeon mais on aimerait bien VOIR non ? Fait des choses LUDIQUES ma grande ! Oui oui, ok ok, mais j’arrive pas à ordonner les choses. Faut avouer qu’on ne fait pas grand chose, ça ça n’a pas changé depuis l’article dépression, mais au moins on l’accepte. On fait du sport on va au Starbucks on va faire les courses on va sur l’herbe quand il fait beau et en cours quand il faut. Des fois on se fait des restau et c’est cool. C’est tout. Je ne regarde même plus autant de séries/films qu’avant. Pas envie. J’ai fini de lire mes livres (sauf Sur La Route de Kerouak, faut dire que c’est illisible ce truc) et je n’ai envie de rien faire d’autre que penser, écrire, et attendre. Nous ne sortons plus le soir dans les fêtes étudiantes ni dans aucun autre type de fêtes d’ailleurs. D’aucuns diront que c’est bien, d’autres ne comprendront pas pourquoi je ne m’amuse pas lors de mon erasmus en Argentine, enfin Léa, t’es en Argentine quoi c’est fou, pense à nous en France qui sommes dans la routine, et enfin Léa, la gastronomie latino-américaine ! Le tango ! Les argentins caliente ! Florent Pagny ! L’Argentine Léa, mais qu’est ce que tu fous à rester sur ton lit, sors, va parler aux gens, fais toi des amis !!!!


Je m’arrête là parce que j’espère que vous êtes aussi fatigués de lire ça que moi de l’écrire. Visiblement il est impossible de ne pas s’amuser en erasmus. Visiblement il est incompréhensible que Buenos Aires soit une ville chiante comme Avignon sauf qu’en plus de plus on a pas de voiture pour se déplacer. Parce qu’attention, faut pas croire que je mets Argentine et Buenos Aires dans le même sac, comme beaucoup de gens le font. Je suis sure que l’Argentine c’est génial mais j’y suis jamais allée. Je ne dis pas que mon séjour erasmus en Argentine c’est de la merde, je dis juste que mon séjour erasmus à Buenos Aires, la capitale, la ville la plus européenne d’Amérique Latine, dans laquelle je suis tout à fait coincée et pas dans mon élément, ben ça me plaît pas. Voilou

Franchement une fois qu’on a mis les choses au clair c’est mieux, et j’espère que vous qui me lisez et qui pensez que je chie un peu pour rien, vous comprendrez que vivre à Buenos Aires ou vivre à Avignon, Lyon ou Paris ben c’est la même les enfants, c’est pas vivre en Argentine, c’est vivre en ville. Avec la langue, les repères et la voiture en moins.

J’essaie de mettre en place des solutions pour aller en Argentine : bus, train, ok, mais pour où et combien de temps et pour quel budget ? Faut pas oublier qu’on a cours 5 jours sur 7 sans vacances et qu’il s’agirait pas non plus de les faire péter sous prétexte qu’ils sont peu nombreux. Donc bah, pour l’instant, pas trop de solutions quoi. Peut être Iguazu en fin de mois, peut être le nord de BA en fin de semaine...

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Nous avons de la visite prévue du 15 mai au 6 juin. Nos copains sont meilleurs que les votres.

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Dans un registre plus léger et plus décoré, je vais vous mettre ma sélection de photos et vous raconter un peu les trucs rigolos quand y en a

Alors cette glace c’est mon souvenir du « Marché Français » qui s’est tenu un dimanche. On nous a teasé fromage, pain, crêpes et macarons, et.... ben y avait ça mais en moins bien et avec toute la population française de BA + les argentins curieux devant les stands. Je me suis donc contentée d’un, je cite, Fondant au Chocolat revisité. Oui. Revisité en une glace au chocolat. 😀

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Là c’était un peu bizarre des pigeons mangeaient ce qui s´apparentait vraiment à un cadavre, sauvage Buenos Aires hein

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Ah ! Comme dirait Denis Brogniart. Buenos Aires vue d’en haut. Voilà. On a payé 4€ pour monter 46 marches en haut d’un bâtiment et hop vue à 360 sur la ville, c’est cool mais pas WOUAOU non plus.

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Ça par contre c’est 100% WOUAOU ou je n’y connais rien en wouaou

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Des caipirinhas ! Incroyable. Genre on sort tranquille se faire un restau et on se dit tiens, buvons un coup, ces deux caipirinhas sont seulement à 140 pesos c’est nice. Nous les buvons avec précaution parce que 1- Angeline ne boit normalement pas et 2- moi ça fait longtemps que j’ai pas ingéré d’alcool alors 3- on fait pas trop les malines. SAUF QUE. Au moment de payer, le mec nous sort : 280 pesos svp chiquitas. Après notre « perdón no entiendo porqué tan caro » le mec nous dit qu’on a droit à 4 caipirinhas pour 280ars, pas 2 pour 140. Ben oui Jamie mais si on en veut que deux du coup on paie plus cher ? Bon écoutez, ni une ni deux je coupe court et je lui dit d’envoyer ses deux caipirinhas de plus là. Puis je remarque le faciès non consentant d’Angeline et me voici donc à boire les deux caipirinhas suivantes. Autant vous dire que la pizza qui a suivi était joyeuse.

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Moment de grâce. Il a fallu remballer pour déménager. A gauche mon bureau, à droite celui d’Angeline, aucun jugement n’est émis n’est ce pas, et en bas une Léa triomphante qui a réussi à fermer sa valise. Certes, j’ai mis le quart de mes affaires dans des sacs à côté.

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Nos affaires dans la résidence et nos affaires devant notre nouveau paradis. Près de 2h ont séparé ces photos car il a fallu attendre la proprio de la résidence pour qu’elle nous rende la caution (retard de 25mn zéro excuses nous rend la caution sans vérifier la chambre???), puis nous avons commandé un Uber qui n’est jamais venu, puis un autre qui n’est jamais venu, le tout en creusant le retard avec la nouvelle proprio, pour finalement prendre un taxi qui nous apprend qu’Uber est illégal sur le sol argentin. Ils exercent quand même et se gardent bien de le dire, mais étant dans l’illégalité ni la voiture ni les passagers ne sont assurés !!! Donc, à partir de dorénavant (y a un problème?????) ce sera taxi.

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Mon lit et le pigeon. L’appartement est au 5ieme étage, avec ascenseur (Dieu existe), tout rénové tout beau tout neuf. On est un peu plus loin de la fac en métro mais ça se fait tranquillou. Honnêtement c’est beau. On a une machine à laver (!!!!!!), une belle cuisine (on a quand même dû acheter quelques ustensiles), une magnifique douche, un lit double chacune, une pièce séparée chacune et surtout, un rocking-chair.

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Je crois qu’on est bon pour l’instant. Il est minuit 41 quand je finis d’écrire, y a une minuscule araignée sur mon écran !!!! Sa mère en plus elles sont si petites qu’elles sont dures à écraser. Bref. Je vais aller dodo et je vous laisse vous réveiller, il est 5h41 pour vous et c’est que le milieu de la semaine alors on faiblit pas ok ????

Ci dessous, moi devant un miroir et Angeline qui pratique le woman-spreading dans la ligne H.

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Hé ! C’est moi ! Et ça fait longtemps que je n’ai pas écrit. C’est parce qu’en fait il ne se passait rien : hé oui ! La routine ça existe aussi en Argentine...

Voici une photo de notre charmant lobby pour illustrer mon paragraphe.  Ces fauteuils sont d’un confort indécent. 

Mais !!!! On a quand même fait des choses, en 20 jours dans notre nouvel appartement. On a acheté plein d’ustensiles de cuisine qui étaient nécessaires, et je, Léa Bensaadoune, ai cuisiné. Avec Angeline et Isabela (une autre amie venue de France), nous avons confectionné moult pizzas et alfajor (sucreries argentines à caractère délicieux). On mange aussi bien plus varié que des pâtes. D’ailleurs à l’heure où je vous parle on a pas mangé de pâtes depuis bien deux semaines. Notre frigo est rempli d’œufs, de fromage, de charcuterie et de lait d’amande achetés dans une petite boutique équitable (ça existe !!!!) au coin de la rue (et si proche de nous...). Nous avons aussi des fruits et légumes que nous allons acheter tous les dimanches au Mercado de San Telmo (marché de San Telmo, notre quartier) et d’autres vivres que nous allons récolter tous les lundis à Carrefour Market, une grande surface (merci le Seigneur) à deux pas de la maison. Le Mercado de San Telmo mérite un petit paragraphe, c’est un marché couvert avec plein de boutiques différentes : pain français, divers étals de fruits, antiquités, vynils, crêpes, bijoux, restaurants, comptoirs... c’est une effervescence constante mais très agréable. Aujourd'hui nous sommes aussi allées nous balader plus loin dans notre quartier : on a découvert la Feria de San Telmo : pleiiiiiiiiiiiiin de boutiques artisanales, d'objets insolites, d'antiquités, de vêtements, d'artistes aussi... C'était vraiment très chouette, j'ai acheté une pochette en cuir pour mon passeport avec la carte du monde gravée dessus.

Des trucs jolis et des trucs miam-miam 

On se met bien ! La vie se déroule. Nous allons à la fac, moi je suis vraiment contente de certains de mes cours où je ressens cette sensation disparue depuis longtemps : apprendre des trucs nouveaux. La phonétique anglaise par exemple (ça fait rêver hein?), j’ai du apprendre un nouvel alphabet + ré apprendre à prononcer l'anglais. Ça me plaît beaucoup. Niveau espagnol, très récemment Evertelino (Angeline) et moi avons décidé de ne parler plus qu’espagnol à la maison. A voir si ça porte ses fruits !

On fait aussi toujours du sport. Dans l’appart du coup, y a relativement la place. On en fait entre 3 et 5 fois par semaine, dépendant la motivation...

Avec la fac on a terminé nos démarches administratives, au prix d’une après midi éprouvante à attendre 2h assises sans rien faire que notre numéro soit appelé, pour ensuite ré attendre que nos papiers soient édités. L’opération a en tout duré 5h. Le service public est d’aussi bonne qualité qu’en France, ne vous inquiétez pas.

J’avais en plus ce sac HORRIBLE sous les yeux 
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Mais au fait, pourquoi j’ai parlé de « premiers pas en Argentine » dans mon titre ? Si vous avez bien suivi, dans le précédent numéro j’avais avancé que pour moi (et beaucoup d’autres d’ailleurs), Buenos Aires ce n’est pas l’Argentine. Et s’en était suivi un questionnement, comment faire pour sortir de cette ville en ayant cours 5j/7 et en ayant 50€ de budget loisirs à la semaine ?

Hé bien, hier samedi 21 avril, nous nous sommes ouvert le champ des possibilités.

PALS, une organisation pour étudiants internationaux, similaire à BAIS avec laquelle nous faisons déjà quelques activités sur BA (récemment du yoga dans un parc aussi, c’était cool), a proposé une sortie à Luján Flota. Luján, c’est un petit bled à 70km de la ville, dans la campagne, avec une basilique plantée au milieu. Il y a un pèlerinage, les gens partent à pieds de BA et arrivent 14h plus tard à la basilique de Lujan. Mais Luján Flota c’est autre chose, c’est un événement avec des montgolfières, de la musique, des animaux, des activités de plein air, le tout en pleine campagne. Et pour 20 euros. Et c’était magique. Mais faisons les choses dans l’ordre :

À 11h45, point de rendez vous sur rue Juncal à Buenos Aires, et départ dans un bus un peu vieillot, avec Isabelo, Evertelino et votre fidèle Léado (c’est Angeline qui a trouvé ça) et une vingtaine d’autres étudiants allemands, français, américains, argentins. On met quand même 45 minutes à sortir de la ville même, on défile entre des avenues interminables de plus en plus délabrées au fur et à mesure qu'on s'éloigne du centre. Puis 30 autres minutes sur l’autoroute à traverser des banlieues approximatives où tu te demandes si y a vraiment des gens qui vivent là. C’est des friches industrielles, quelques magasins de peinture (???), des maisons délabrées, des arbres, des ponts moches. Des gens qui roulent à moto sans casque et en manches courtes, et qui contournent les péages tranquillou. Et le bus qui fait un bruit d’enfer en se traînant à 80km/h sur l’autoroute. Mais qu’importe ! On part en Argentine putain !!!

Jésus qui nous fait un petit "I Need You", j'ai trouvé ça rigolo, et Angeline qui me chie dessus pour mon selfie
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Du coup, on a fait que 10mn de semblant de campagne avant d’arriver à Luján. On voit de très loin les deux pointes de la basilique emblématique. Et très clairement à Luján il n'y a rien d’autre que cette basilique... On avait 30mn pour la visiter, nous et les 100 000 autres touristes aussi sur place. Y avait les fameuses boutiques qui vendaient des objets religieux en tout genre, genre 30 boutiques qui vendaient EXACTEMENT la même chose, des petites cabanes à hot dog qui n'inspirent pas confiance, et des chiens errants un peu partout. Même dans l’église, ils étaient allongés contre les murs au calme. Je crois qu'il y en a même un qui a tapé un petit pissou sur le marbre, voir plus bas.

Le bâtiment en lui-même est bien joli, surtout la façade. Mais à l'intérieur, il n’y a pas cette atmosphère spéciale qu’on trouve dans les églises. Remarque, avec autant de gens, c’est normal. Y avait des confessions à la chaîne (genre tu fais la queue et tout) et des bénédictions où fallait faire la queue bien 30mn pour la recevoir. Mon dernier mot Jean Pierre sera « hmmmm moui ok ».

Matez la petite flaque jaune douteuse à gauche du pot de fleur :/ 
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À 14h30, tout le monde dans le bus et on roule à travers Luján pour atteindre l’endroit du festival. On s’est un peu perdus mais c’était une opportunité pour voir comment les gens vivaient dans les petits villages comme ça. Jolies maisons côtoient maisons de tôle, chiens partout, ruines et enfants à demi-nus. Et de la verdure. Pays en développement !

Au terme de dix minutes, nous arrivons sur les lieux de l’évènement, et il fallait passer par un petit portail puis sur un petit pont. Avec un bus. Heureusement notre chauffeur avait du talent, et on est descendus, excités comme des puces, et on a foulé la campagne Argentine.

La luminosité était vraiment comme ça, j'étais vraiment très refaite de voir une autre couleur que le gris moche 

Ça fait un bien fou. La pluie prévue n’a pas pointé son nez, et malgré quelques nuages menaçants, c’était une journée splendide, où je me suis vraiment amusée pour la première fois depuis 2 mois.

On était donc dans un champ, avec des arbres et de l’accrobranche, une clairière avec des jeux gonflables pour les enfants, une ferme avec un lama, des moutons, des paons et un dindon, une maison avec des toilettes et un barbecue, un champ avec des chevaux et une vache, un autre champ pour les montgolfières, et encore un autre champ pour le public où courraient en liberté enfants et moutons. Il y avait aussi une scène avec de la musique boum boum mais sympathique, quelques groupes sont venus pousser la chansonnette d'ailleurs. La marque Levex avait sa propre montgolfière et faisait sa pub en offrant des échantillons de son produit phare, la.................. levure voilà incroyable merci. Une entreprise de recyclage était aussi là pour montrer ses spécimens de poubelles, dans lesquelles j'ai allègrement jeté mes déchets sans penser que ce n'étaient peut être que des modèles et pas des vraies poubelles. Une association qui promouvait l'emploi des non-voyants proposait des massages, devinez un peu qui s'est fait masser 15 minutes avec qualité ? Hé bien c'est nous 3.

Y avait tellement à faire et à voir. Les montgolfières étaient pour le moment dégonflées, mais on en voyait quelques unes faire des petits essais gonflage. Le seul point un peu bof c'était la nourriture, il n'y avait qu'une grande parilla (barbecue) et le choix se limitait à : burger, hot dog, filet. Entendons par là une viande différente mise dans du pain blanc sans aucune sauce. Et si t'es végétarien comme bibi, et que tu as suivi les consignes de ne pas amener ta propre nourriture car tu es poli, hé bien soit tu meurs de faim, soit tu t'adaptes ! Seuls ceux qui me connaissent vraiment pourront déceler quel a été mon choix. Indice. Je mangerais mes propres doigts si il le fallait.

l'herbe douce, un caméléon flippant et mon animal totem le dindon bien sûr 

Y avait un animateur aussi, et apparemment, y avait des t-shirts "Argentina" à gagner, sous condition de participer à une petite danse devant la scène. Voyez, Isabela est une fille qui adore danser et qui danse de façon parfaite et naturelle. Evertelino, hé bien c'est tout le contraire. Evertelino ne danse jamais, même en boîte. Il se peut qu'elle agite un peu les bras si elle kiffe la vibe, mais scoop, ce n'est pas souvent. Pourtant, lorsque l'activité "dansez pour gagner un t-shirt" a débuté, et que nous nous sommes tous mis en ligne, prêts à suivre les pas de l'animateur sur la scène, j'ai vu une Angeline pleine de détermination. J'ai vu une Angeline produire des mouvements en rythme avec la musique. J'ai vu sur le visage d'Angeline une esquisse de ce qui deviendrait au fil de la danse un franc sourire. Et c'était le meilleur fun que j'ai eu depuis 2 mois. On a dansé sur 3 ou 4 chansons un peu péraves mais catchy (y avait Despacito), on était en feu, tout le monde était en feu, le soleil brillait, l'animateur était tout fou de voir que son machin marchait, et un avion faisait des acrobaties dans le ciel au dessus de nous, en dessinant un smiley géant puis un coeur. C'était incroyable.

happy girls 

Je n'ai pas réussi à attraper de T-shirts et j'étais un peu triste, mais j'ai bu une bière et bientôt approchait le point d'orgue de l’événement : la nuit tombée, toutes les montgolfières désormais dressées s'allumeraient en même temps. Certaines s'étaient déjà envolées sous les applaudissements du public, ça avait l'air d'être bien galère à soulever cet énorme ballon, et ce qui m'a surpris c'est qu'elles se sont envolées mais sans corde pour les retenir droite, genre elles sont parties au vent comme ça, je savais pas que ça se pilotait une montgolfière !

Avec les filles on a choisi une place dans l'herbe, là où auparavant y avait les voitures de collection (car oui il y avait aussi une exposition de voitures de collection dans la journée), et après un décompte de l'animateur rendu électrique par la foule, les sept montgolfières se sont allumées dans la nuit, et l'animateur a crié "Lujan Flota !" et tout le monde a crié et j'ai crié et c'était trop beau.

Et après il était 20h, j'ai fait pipi et on est reparti vers Buenos Aires. Accueillis par des bouchons et de l'air pollué, on s'est pas laissé abattre et on a terminé la journée sur une pizza, bim.

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La semaine prochaine, le vendredi 27, on part pour les chutes d'Iguazu... J'ai tellement hâte. Et deux semaines après, les élus de nos cœurs arrivent. Et trois semaines après, ils repartent. Et deux semaines après ça, on va à Bariloche (20-25 juin) en Patagonie. C'est décidé, le budget pour les voyages, on l'a, et on va pas se laisser gagner par la facilité de se plaindre et d'attendre de rentrer à la maison (15 août). Iguazu, Bariloche, Salta, Mendoza, dans l'ordre, ci-dessous. On arrive.

une petite carte pour les moisis en géographie. 14h de bus pour Iguazu, 24 pour Bariloche. Miam 
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Ci-après, des petites notes prises lors des trajets en bus pendant que j’étais à Iguazu, du 27 avril au 2 mai. Iguazu, ou plutôt les Cataratas de Iguazú, ce sont des cascades spectaculaires à la frontière entre le Brésil et l’Argentine. Je suis partie avec Isabela et Angeline, via BAIS, la fameuse organisation dont je vous parle tout le temps. C’est parti !

On s’était même préparé des sandwichs et tout !! 
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Le bus Serrano ❤

27/04, 21h34: après un rdv à 20h, on part à 21h, et puis en fait on fait demi tour parce qu’on a oublié des gens qui étaient partis chercher un truc après avoir chargé leurs valises et tout. Tranquillou. 30mn de manœuvre de demi tour. Meuf colombienne insupportable qui rit très très fort à des trucs pas très très rigolos et qui DE PLUS la pauvre a une voix insupportable. Vous visualisez celle de Sid dans l’Âge de Glace ? Et bien pareil mais en espagnol. On prévoit de l’étrangler avec un lacet. Selon Angeline, il faut attendre qu’elle s'endorme.


22h : les organisateurs nous proposent de se présenter oralement et de faire la fête, rideaux fermés pour pas que la police nous voie. Plusieurs signaux d’alerte du chauffeur (il éteint la lumière et tout le monde doit s’asseoir et cacher l’alcool et faire genre), quelle excitation ! Mais finalement aucun contrôle, et c'est tant mieux, je sais pas à quel instant cacher les bouteilles aurait été efficace lors d'un contrôle poussé.


23h, on fait la fête dans le bus, càd certains sont debout et boivent et nous on est assis mais on sociabilise. Grosse musique et tout. Mais la fatigue se fait sentir...


2h du matin, aire d’autoroute fanée pendant 45mn puis on repart, certains continuent à party hard en faisant un max de bruit, indice, on va pas beaucoup dormir, mais je bénis mes écouteurs intra auriculaires qui m’isolent pas mal. On a aussi pris un grand plaid qui est salvateur pour la clim à fond.

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28/04, 8h15, on a pas beaucoup dormi et j’ai mal partout. Campagne plate pas ouf, je replonge à plusieurs reprises.

10h, troisième réveil. Campagne très plate et verte et horizon éloigné. On traverse des bourgades comme Virasoro, aucune idée d’où on est. Une seule route, droite, bordée de fils électriques et poteaux en bois. Terre ocre. Petit cimetière tout coloré au milieu de nul part. Petites maisons toutes jolies et d’autres moins jolies. Les organisateurs sont Tania et Laura, deux colombiennes très énergiques, et Tatán (de son vrai nom Carlos Leon), le photographe vénézuélien. La moyenne d’âge est de 22-23 ans, les organisateurs compris (Bais est une association de jeunes très dynamiques), il y a quelques personnes de 30 ans.


13h36, j’ai cru qu’on était bientôt arrivés et en fait non o: on est dans le bus depuis hier 21h30 mais bizarrement ça passe assez bien ! Quelqu’un a cru que c’était une bonne idée de mettre Friends à la même hauteur de son que la musique de hier (=fort) du coup je fais des siestes et je bénis encore mes écouteurs intra-auriculaires. Le soleil tape violemment sur la vitre et après s’être gelés cette nuit, nous cuisons.

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Versailles  

12h11 le dimanche 29/04. Hier, arrivée à l’auberge de jeunesse à 18h finalement. C’était long sur la fin. On est au Hostel Park, dans Puerto Iguazu (la ville). On est 4 dans la petite chambre numéro 17, Evertelino et Isabelo puis Laia, une barcelonaise toute sympa. L’auberge a une piscine que nous étrennons avec joie. Soirée un peu trop arrosée mais très sympa, j’ai mis le feu sur la piste de danse comme jaja, j’étais en constante rivalité avec Élodie, une Cannoise black très énergique. J’ai tout donné, mais du coup j’aurais dû garder un peu d’énergie pour aujourd’hui. On a pris le bus pour aller aux chutes, mais là on mange dans un buffet de ouf, cependant la nourriture est pas incroyable, faut dire que je suis pas fraîche alors c’est pas évident d’apprécier. Mais je ne suis qu'une petite joueuse sur l’échelle du lendemain de soirée, certains continuent de boire après leur cuite d'hier, je sais pas comment c’est humainement possible.

On est 58 en tout. On est 4 groupes de français : nous, 3 filles calmes de La Rochelle, un couple très très calme qu’on entend pas, et J-B (Jean Baptiste mais impossible à prononcer pour les hispanophones donc Jay-Bee ou Jota-B), Constant (la même, ça ressemble à Cousteaud quand ils essaient), la fameuse Élodie et Arturito (Arthur). Eux, ils sont pas calmes. Mais alors pas du tout.

Comme ça par exemple 

Mais ambiance bon enfant ! Il y a aussi Luis Fernando et Arturo, deux mexicains constamment bourrés.

Comme là par exemple 

Plein de colombiens, 3 filles russes, 2 allemandes, des argentins, un péruvien, d’autres mexicains et une équatorienne. Et François. François est un spécimen à part qui vient de Bordeaux, le mec plane à 20 000, me parle espagnol puis français puis anglais. Ce cher François va en boîte en TONGS, et part la journée sans sac ni portefeuille ni eau. La bouche en cœur l’esprit vacances !

Toute la vie de François résumée en une seule photo de François


22h21, toujours dimanche. On est rentrés y a pas longtemps du côté Brésil d’Iguassu/Iguaçu/Iguazu lol c’est moche comme ils l’écrivent. Looooongue queue, trop longue, pour entrer dans le parc. Puis bus électrique pendant 10mn pour atteindre un petit parcours qui longe les chutes en face. Il y a là bas un hôtel (bâtiment rose pastel de toute beauté) à 20 000 pesos la nuit. Indice. C’est cher. Mais les chutes sont grandioses.

Voilà  

Coatis et autres araignées immenses, grands oiseaux qui survolent.

 Je ne savais pas que cet animal existait avant de le voir... coatis ❤

Je suis très fatiguée. Demain Gran Aventura, bateau dans les chutes ! Les gens vont faire la fête ce soir, pas nous, c’est le dodo quand même à 1h du matin, après des hamburgers préparés par le gérant de l’hostel.

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18h10 lundi 30 avril. On revient d’une énorme journée commencée à 8h (réveil qui pique, pas de réveil du tout pour Luis Fernando qui était un cadavre et qu’on a dû tirer dans le bus). Cataratas coté argentin : jeep dans la jungle pour atteindre la rive, où se prélassaient moult papillons et crocodiles. Puis la Gran Aventura, bateau au cœur des cascades.

Savavite et samouille c'était chouettos

1h de bateau de ouf dans et sous les cascades, puis manger, puis marcher au dessus des cascades via plateformes bien sympa, beaucoup marcher et beaucoup de soleil.

J’ai discuté avec plein de gens. Y avait des papillons en masse, des coatis à la recherche de nourriture, des singes. Et une guêpe qui m’a piquée alors que j’avais rien fait. Dernière attraction, Garganta del Diablo vue de face. De ouf.

On était en face, et on était trempés mais ravis. 

On est cuits et on rentre dans le bus. On va supposément à 3 Fronteras pero todos estamos cansados (ça veut dire qu’on est très fatigués) y ce soir fête d’aurevoir à laquelle tout un chacun se doit de participer.


19h42, surprise, on est finalement à 3 Fronteras (l’endroit qui fait la frontière entre Paraguay, Brésil et Argentine) et c’est de la merde, il fait noir et on peut pas voir la vue (fleuve Paraná) et on était supposés y passer 15mn puis rentrer mais ça fait 45mn et j’en ai plein le dos.

... waou... incrédible... 
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11h38 mardi 01/05. départ de Puerto Iguazu à 9h. Je suis dans le bus, tout devant où y a la vue sur la route et la place pour les jambes. On a réussi à avoir la précieuse place au terme d’une stratégie incroyable pour devancer les autres françaises qui avaient tendance à monopoliser cette partie du bus.

Bbbbbbiiiiiimmm 

On part en direction des ruines de San Ignacio. Tout le monde dort. Hier c’était la dernière fête, Angeline et moi on est rentrées plus tôt que les autres (et sobres) mais toujours à 4h du mat (entrée en boîte à 2h30, ils ont des horaires de malade ici) alors qu’on se levait à 7h pour repartir. Certains ont enchaîné vraiment 4 jours de fête non-stop. Est-ce qu’on peut appeler ça du talent ?

Après San Ignacio on rentre à BA. On devrait y être pour 8h mercredi. Je suis très contente du voyage. C’était chouette.

Du coup le guide il m’a tellement perturbée que j’ai pas d’autres photos sorry

15h43, on va repartir de San Ignacio. Il faisait beaucoup trop chaud ici, genre 35, c’était abusé. Les ruines étaient très jolies, c’est un ancien temple jésuite. On avait un guide mais le mec parlait très très vite et ne faisait absolument aucun effort, ça m’a vite saoulé donc je suis allée m’asseoir dans l’herbe au milieu des ruines. Là on est supposé repartir mais un garçon vient de monter dans le bus pour pousser la chansonnette pour des sous. Je pense qu’il devrait se reconvertir et faire autre chose parce que ce n’est pas une franche réussite...

Les organisateurs ont remis des prix pour certaines personnes qui s’étaient vraiment démarquées lors du voyage : l’éponge à alcool (Fernando), le plus gros dormeur (Luis Fernando), la meilleure danseuse (Élodie (avec Isabela meilleure twerkeuse!!!)) la reine du voyage (Élodie aussi), passion piscine pour Arthur, les rois du voyage (Luis Fernando et Arturo)... c’était rigolo.

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Quand on est arrivés à 7h à BA ce mercredi 2 mai, tout le monde s’est fait des câlins et j’étais un peu triste de les quitter. D’autant que ma journée s’est enchaînée sur du linge, des courses, de la phonétique et pas de dodo. Mais voilà. C’était en bref mon voyage à Iguazu et j’ai beaucoup aimé. Bisous, ci dessous mes pieds blancs d’avoir été trempés dans le bateau puis d’avoir marché toute la journée.

Du sale 
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Il y a trois semaines, le 17 mai, on revenait de l'aéroport de Buenos Aires avec Rémi et Chris, nos copains, qui avaient décidé qu'on valait la peine de faire 11 000 kilomètres et de dépenser un millier d'euros chacun. Merci.

Avec Angeline, on avait fait un décompte de dodos, genre on était parties de 46 dodos, 46 journées routinières avec Iguazu au milieu. A J-1 dodo, on en pouvait plus, on avait tout préparé, on devait se lever à 4h pour aller les chercher à 6h du matin, il ne restait qu'à attendre que leur avion décolle de Marseille. Ce qu'il a fait, oui, mais 2h plus tard que prévu, ce qui fait qu'ils ont loupé leur connexion pour Buenos Aires à Francfort. Lufthansa les a laissé 24h dans l'aéroport, sans leur proposer d'hôtels, avec 10 euros de ticket restau. Yes. On a envoyé un mail de réclamation, et dans une réponse brodée de politesse, Lufthansa a dit "c'était pas notre faute, donc pas de compensation lol déso par contre on espère que vous continuerez à nous faire confiance pour vos voyages" . Alors oui, mais non ! Bon, ça nous a pas empêchées d'aller les chercher le lendemain, ils sont arrivés suants et épuisés mais beaux comme des dieux.

happy people (léa, rémi, chris, angeline)

Actuellement, nous sommes le 5 juin à 17:34, on est à J+3 semaines, les garçons viennent de repartir. On a vécu des trucs chouettes, et je vais vous les raconter.

sad people (angeline, chris, rémi) ,angeline fait genre elle est pas au bout de sa vie aha
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Rémi (le mien) et Chris (celui d'Angeline) restaient en tout trois week-ends. Et pour le second weekend, on avait prévu des excursions en dehors de Buenos Aires. Jusqu'à ce second week-end, la semaine Angeline et moi travaillions et nous allions ensemble leur faire découvrir la ville, c'était bien sympa et plan-plan, on faisait les courses tous les 3 jours (les souuuuus qui sont partis lors de ces trois semaines, incroyable), on a bien mangé, bien bu le rhum-ananas qu'Angeline avait préparé dès notre arrivée dans l'appartement, et pas fait beaucoup de sport, la vie quoi.

nous avions fait des crêpes et étions jouasses (surtout moi) 

Néanmoins on attendait avec impatience ce long weekend du 25 au 28 (vendredi férié qui fait plaisir). Angeline et Chris partait à Mar del Plata, the destination pour la plage mais genre on est en hiver, et nous à San Antonio de Areco, un petit village à 110km de BA, connu pour ses traditions gauchos (pas gaucho de gauche hein, un gaucho ici c'est un cow-boy argentin). C'est parti, mais avant, une photo de Mar del Plata, crédit Angeline, pour que vous voyiez un peu à quoi ça ressemble.

San Antonio de Areco

Départ très sale (surtout le réveil) à 6:40 samedi au terminal de bus de Retiro, une immense gare routière. On avait des billets avec des voies approximatives qu'il fallait trouver, mais finalement on s'en est sortis, et nous voilà installés à l'avant du bus, toujours premier étage, la place du roi. J'ai essayé de pas dormir mais j'ai échoué lamentablement, du coup j'ai loupé le paysage...

J'avais préparé toute seule un programme surprise pour samedi et dimanche : samedi, une journée à l'Estancia La Porteña (j'explique après t'énerve pas), un Airbnb pour la nuit et dimanche visite du petit village qu'est San Antonio.

On est arrivé vers 9h au terminal de bus, c'était une aire d'autoroute en fait. Après un coup d'oeil à la carte du village, on s'est élancé pour trouver le point de rendez-vous où l'on venait nous chercher pour nous amener à l'Estancia. Heureusement, en plus d'être petit, San Antonio est arrangé en manzanas, en quartiers perpendiculaires comme Buenos Aires ou New York. Donc très facile de se repérer, il suffit de choper le bon croisement et de savoir si les numéros de rue montent ou descendent. On a remonté toute la rue du Général Paz. C'était désert, à part quelques chiens errants par ci par là. On a rapidement atteint la place principale du village, avec une église, des pavés, un joli parc au milieu et un café salvateur où attendre jusqu'à 11h, l'heure du rendez-vous.

Ce que vous voyez-là, c'est un jambon-beurre et un submarino : chocolat chaud en 20 fois mieux. Ah et une parodie de croissant 

Catalina, la gérante de l'Estancia, nous avait prévenu qu'il y aurait une autre française, une dénommée Séverine, qui monterait avec nous dans la voiture. Donc vers 11h, on retrouve Séverine devant l'église, et on monte ensemble dans la voiture d'Oscar, un très vieux gaucho avec un sombrero. En parlant un peu avec Séverine, je me rends compte que j'avais déjà eu contact avec elle via Facebook : en effet, elle a une agence de tourisme, et elle proposait des tarifs très intéressants pour aller à Tigre (voir plus tard, ça sert dans l'histoire !).

En 10 minutes, on arrive à l'Estancia. Avant de rompre le suspense insoutenable sur la définition d'une estancia, je glisse qu'à la base j'avais prévu d'y aller à pieds. Et c'est à 12 kilomètres. Voilà. Heureusement que Catalina a été réactive parce que je me suis réveillée que la veille au soir en lui demandant un moyen motorisé de venir...

Accueillis à l'Estancia, la ferme argentine, par un buffet à volonté d'empanadas, de bâtonnets de carotte, limonade maison et autre vin rouge. On a dit mollo sur le vin rouge. Mais voilà, on était au beau milieu des champs verts, avec des bâtiments du XVIII ième autour, des animaux, du soleil, des arbres, Séverine, Rémi, de la nourriture, c'était une journée qui promettait d'être très douce.

Et douce elle le fut... Balade à cheval, chill dans les transats, jeu avec les petits chiots, découverte d'un crâne de mouton sanguinolent, barbecue à s'en faire péter le bide (mais, Léa, t'es pas végétarienne ? Nianiania essayez de manger végétal en Argentine on en reparle), visite des locaux historiques dans lequel a vécu un grand poète, démonstration des techniques de dressage de chevaux des gauchos... J'ai grave kiffé. Il a fait beau. On a vu des chiens mignons, une vache aux pis ÉNORMES, des cochons qui mangeaient du yaourt, des moutons stupides, des gens qui dansaient avec des ponchos, Oscar le vieux gaucho qui chantait avec sa guitare... je.... je... photos.

non mais les pis de la vache !!! pauvre bête 

Catalina, à gauche sur la photo où y a des gens, nous a dit que chacun des arbres qu'on voyait avait été importé par les pionniers, car la Pampa, à la base c'est plat. L'immense arbre au milieu n'en est en fait pas un, c'est un Belombra, un buisson. Un gros buisson. Et Oscar, le fameux, le monument, à droite de Catalina, avait été gaucho toute sa vie. Traditionnellement, un gaucho est un orphelin recueilli par une famille dans une ferme, il y travaille toute sa vie, logé nourri, et ça devient un Oscar.

On a bien sympathisé avec Séverine tout au long de la journée. Elle était là pour le travail, pour négocier des prix pour ses circuits. Comme Rémi ne pipe pas un mot d'espagnol c'était aussi bien qu'il puisse parler à quelqu'un d'autre que moi... Séverine nous a reparlé de l'excursion qu'elle propose au Delta du Tigre (on y revient plus tard), on a été vendu, et on a planifié ça pour le weekend prochain avec Angeline et Chris.

Le soir venu, on était éclaté de la journée à rien faire. Le grand air c'est pas facile hein. Donc Oscar nous a ramené, et on s'est rendu à l'Airbnb que j'avais réservé, avec comme hôte Irene, qui nous a sauté dessus dès qu'on est arrivé, adorable et tout. Elle nous a présenté le logement, un petit studio décoration vintage mais quand même 50% vétuste. On y a bien dormi, sans sortir le soir au village où se tenaient pourtant festivités en tout genre pour cause de jour de l'indépendance.

Qu'à cela ne tienne, le lendemain on est allé visiter le village en attendant le bus retour à Buenos Aires. Toute la population était à la rivière, nous aussi, les motards (toujours sans casque!) aussi, les chiens errants aussi, c'était bucolique. Puis on est revenu au "terminal de bus" qui est je le rappelle une aire d'autoroute (et je parle pas de Lançon de Provence) et on s'est fait contrôler par la police, comme ça gratuit. Ils ont mis 15 ans à déchiffrer nos passeports mais c'était rigolo.

belle luminosité tout ça tout ça on voit la policière en galère derrière c'était marrant
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Que d'émotions pendant ces trois semaines ! Les jours qui ont suivi San Antonio et Mar del Plata, on a continué notre petite vie, on est allé à Bond Street, une galerie de tatouages, où Angeline, Rémi et Chris se sont fait tatouer, moi j'ai sobrement percé mes oreilles (genre les lobes, c'était horrible, je suis une fiotte) et on était tous très beaux en sortant. Par contre vlà le vieux temps à Buenos Aires, pluie-gris-froid, si bien qu'on a mis les chauffages dans l'appart. On a aussi mangé des tacos délicieux et visité la partie nord de la ville, le parc des roses. C'est notre partie préférée de la ville.

c'est joliiii genre je prends des photos de fleur maintenant moi...  

Tango

Un soir, on est allé voir un show de tango, grâce à Séverine. Récupérés à domicile dans un mini bus de luxe, on a été amené à la Esquina Homera Manzi, une grande salle/restaurant, où on a mangé un repas délicieux (genre vraiment) avec boissons à volonté. Puis on a vu le show, c'était vraiment beau, les musiciens étaient sur scène, les tableaux étaient très réussis, les chanteurs et les danseurs de grande qualité. Le tout pour 35 euros par personne. Du très très lourd.

néons bleu dans le minibus et serveurs aux petits soins à la Esquina.  
vraiment magique  ! 
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Tigre

C'était le weekend suivant San Antonio et Mar del Plata. Tigre, c'est le delta de plein de fleuves qui se jettent dans l'océan, c'est un enchevêtrement de canaux et d'îles, des centaines chacun, sur une surface qui recouvrerait la Belgique. Il n'y a pas de routes à Tigre, mais de l'eau, et pour se déplacer, c'est uniquement en bateau. Alors y a bateau à moteur ou kayak, ou quand tu es un chien tu te déplaces en nageant et tu as beaucoup de mérite.

petit pépère il faisait trop peine à lutter contre le courant... 

Comme vous pouvez le voir en fond, les habitants à Tigre ont chacun un ponton (plus ou moins beau et solide) et leur maison sur pilotis, car tous les 20 jours, les îles sont inondées à cause des marées. C'est Séverine qui pilote le Zodiac sur lequel nous naviguons. Elle est passionnée du delta, et nous explique comment les habitants vivent sur l'eau, comment le service public s'organise (bateaux poubelles, bateaux bus, bateaux taxis, écoles sur pilotis, station-service pour bateau)... Des îles disparaissent et se créent constamment, par le mouvement de l'eau. Pour enrayer le mouvement sur les îles habitées, on a planté des gros arbres qui font barrages avec leurs racines.

Ici il y a des quartiers populaires et des quartiers riches. Les premiers sont très excentrés, il faut naviguer pas mal pour y arriver. Ce sont des gens très pauvres à qui on a donné des terres, et qui vendent leur production (artisanale, fruits/légumes) sur le continent. Les quartiers riches quant à eux, se trouvent sur les grands fleuves, ce sont des maisons de vacances d'américains, de canadiens, d'argentins fortunés. Pour eux, pas de pilotis, car ils ont assez d'argent pour faire surélever leur île pour éviter l'inondation. Ils ont aussi un ou deux clubs de vacances qui leur sont réservé, avec port privé pour les yachts, plages aménagées de sable (car ici, c'est de l'argile, pas du sable à la base). Les locaux ne les aiment pas trop, ils ne vivent pas dans le même esprit. A Tigre, on vit dans un temps relatif, on prend les choses comme elles viennent, on a pas les mêmes préoccupations que le continent (et encore moins que la capitale).

L'eau n'est pas sale, c'est l'argile qui lui donne cette couleur. En été, tout le monde s'y baigne !
Sur un grand fleuve, il y avait aussi des immenses péniches échouées, dans lesquelles avaient poussé des arbres. 

Tigre était vraiment un endroit à part, différent de ce que j'avais déjà pu voir. On a tous beaucoup aimé, et Séverine nous a communiqué son amour pour l'endroit. Personnellement, je ne sais pas si je pourrais y habiter, mais la confrontation des visions de la vie en Europe ou à Tigre est super intéressante.

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Bon. Tout ça c'est très bien... Mais les garçons sont partis. Et nous on est encore là, à jongler avec métro et université. Récemment, on a appris que les partiels qu'on venait de faire ne compteraient pas dans la note finale, ils servaient juste à accéder au partiel final. Donc si tu réussis le premier bravo, mais si t'échoues au deuxième, tu peux enrouler ton semestre dans du papier de verre, et te le mettre où tu sais.

Mais ! Tout espoir n'est pas mort. On est douées et on a encore deux voyages de prévu. Finalement Mendoza c'est mort mais on va à Esteros del Ibera, une grande réserve écologique. On va faire du cheval et voir plein d'animaux, ça devrait être cool !

propre 

Pour terminer, parce que je vous aime, je vous laisse sur une photo qui montre mon meilleur jour après la journée à Tigre.

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C'est l'heure de notre sortie mensuelle de Capital Federal. On a appris récemment que "Buenos Aires", quand tu sors de Buenos Aires (la capitale, tu me suis ?) ça ne se dit pas Buenos Aires mais Capital, ou Capital Federal, ou CABA, Comunidad Autonoma de Buenos Aires. Parce qu'en fait Buenos Aires c'est aussi la Province de Buenos Aires (toujours là ?). C'est comme New York, New York. New York dans l'Etat de New York. Buenos Aires, Buenos Aires. Presque aussi stylé que New York tiens !

Bref ! Je digresse.

C'est l'heure de notre sortie mensuelle de Capital Federal. Celle qui nous permet de respirer, de voir autre chose que du gris et d'entendre autre chose que les pigeons qui roucoulent à la fenêtre le matin (on en parle pas assez) et le voisin du dessus cocaïnomane qui éternue très fort, entre autres (ne sniffez pas, c'est dangereux pour la santé (et chiant pour le voisinage)).

On avait prévu d'aller à Mendoza avec BAIS, la fameuse organisation étudiante, mais finalement il y faisait froid et on était pas équipées et on était surtout pas très motivées. Donc on s'est dit, pourquoi pas Ushuaïa, allez, c'est parti, on se dit qu'on le fait deux jours, tant pis si il fait froid, mais au moins on y serait allé ! Et puis les prix des billets d'avion n'ont pas été d'accord avec nous. Bon. Que fait-on dans ces cas-là ? Who you gonna call ? Pas Ghostbusters non, mais bien la seule et l'unique Séverine et sa petite entreprise qui connait pas la crise et qui propose des activités sur Buenos Ai- Capital, pardon, et des voyages dans le pays. https://tourf.com.ar/ . Et avec qui on a fait Tigre, un repas au tango, et on vient de boucler Salta. Après un pitch en mode "vous aimez la nature ? Vous aimez les animaux ? Vous aimez l'éco-tourisme ?", elle nous a proposé Esteros del Ibera, dans la Province de Corrientes, au Nord-Est de l'Argentine, à mi-chemin d'Iguazu.

Les bails vus de haut. propre

Nous voilà donc, guidées par Séverine, à réserver un séjour de 3 jours à Esteros del Ibera. On ne savait pas vraiment à quoi s'attendre. Je savais juste qu'il y avait de la nature et des animaux et ça me paraissait tout à fait suffisant pour l'escapade du mois.

Le programme était le suivant :

Prendre le bus de nuit jeudi, de Retiro (CABA) à Mercedes (Corrientes). Se faire récupérer à 8h du matin par un dénommé Ortiz à bord d'un transport "semi privé" (genre un minibus mais avec d'autres gens) puis rouler 3h à travers la Pampa pour atteindre Colonia Carlos Pellegrini.

Puis, nous avions prévu de faire une balade à cheval, un tour en barque de jour pour voir les animaux, un tour en barque de nuit, pour voir les animaux, et une balade à pieds de nuit, pourquoi, pourquoi, je vous le donne en mille, oui, voir des animaux. Nous repartions avec Ortiz jusqu'à Mercedes le dimanche après-midi pour reprendre un bus de nuit et arriver à CABA lundi matin.

C'était le portrait brossé. C'est parti pour le récit !

impression d'immensité et de trou paumé n'est-ce pas ? C'est le cas ! 
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Hopla, une valise pour deux, un plaid dedans, deux sacs à dos, des biscuits dedans, et nous étions fin prêtes pour 8h de bus. On a pris le métro pour aller au Terminal de Bus de Retiro, et on a voyagé comme des colis-postes, dans des sièges-lits, avec la compagnie Aguila Dorada Bis. On a même eu un super repas.

Dodo par intermittence, le plaid pour nous tenir chaud, et il est 6h30 du matin et on est arrivées à Mercedes. Y a pas grand chose à part un petit terminal de bus avec une petite salle d'attente dans laquelle on s'est prostrées pour attendre Ortiz. Lequel est arrivé, nous a fait embarquer dans sa vieille camionnette Ford avec quelques autres personnes (dont Pierre-Lou, un français, oui, un français ici). Et c'est parti mon kiki. On a fait 10 minutes de route et je me suis assoupie très salement, pour me réveiller quelques deux heures et demi plus tard, secouée comme un sac de pomme de terre : nous traversions la Pampa, une route de terre très plate (visiblement qu'en surface !) qui s'étendait jusqu'à l'horizon. A ma gauche, des champs jusqu'à l'horizon. A ma droite, des champs jusqu'à l'horizon. Le seul signe de civilisation à part la route, ce sont les fils électriques qui nous accompagnent sur le chemin. On croise quelques vaches et des gauchos à cheval (je répète, pas des gens de gauche, mais des cowboys argentins), et là soudainement, c'est plus les champs mais c'est l'eau, à gauche et à droite. On est sur une longue langue de terre, qui, j'allais l'apprendre, reliait le reste de l'humanité à Colonia Carlos Pellegrini.

Ortiz nous a dit au revoir devant une petite bicoque qui propose des excursions en barque. Pas même le temps de faire ouf que Cesar nous récupère. C'est le propriétaire de la Posada (logement) où nous allons, et le responsable de nos activités sur place.

A Colonia, les routes sont du sable, la ville est toute petite et aussi découpée en manzanas comme Buenos Aires. Les habitations sont charmantes, d'autres pauvres, mais toutes ont un beau jardin avec de 1 à 4 chiens, voire plus, sur chaque propriété. Chez Cesar, on avait quatre chiens et un chat. Ils étaient tout mignons et venaient quémander des caresses. En face, il y a la place principale du village, avec un joli ponton décoratif, une salutaire balançoire ainsi qu'un château pour enfants qui comprend des barres de tractions. Pour votre information, nous avons échoué à ne faire ne serait-ce qu'une seule traction.

Notre logement, un très vieux pépère et un chat, et des sièges-hamacs au fond du jardin

Quand on s'est posées dans la chambre (qui contenait 3 lits, un 2 places sur lequel nous avons jeté notre dévolu, et un superposé), il était bien midi. Les biscuits dans le sac n'avaient pas su combler les estomacs qui gargouillaient, et en vrai on avait aucune idée d'où manger. Il y avait bien une salle à manger au fond du jardin, mais pas de nourriture... Que faire ? En attendant, on a voulu prendre une douche, on a échoué à trouver l'eau chaude, un voisin est venu nous apporter du guiso chaud et c'était le plus beau jour de notre vie.

une toile cirée de grand goût surmontée de deux guiso aguicheurs
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L'après-midi, c'était balade à dada. Angeline avait super hâte, moi aussi, et c'est Néné qui est venu avec trois chevaux nous chercher devant la Posada. Pas très loquace au départ le Néné, il s'avère que c'était un ancien professeur de sciences humaines qui avait voulu se retirer pour mener une vie modeste. On a appris à le découvrir au fil de la balade, balade qui elle nous a fait découvrir Colonia et nous a amené à un mirador.

Devant la vue, on a discuté avec Néné de nos avenirs en tant que jeunes femmes indépendantes, ainsi que de politique. J'ai vraiment apprécié ce moment. C'était inattendu de pouvoir discuter de pareilles choses avec un local, et je ne parle pas de discussions superficielles brodées de vérités générales jetées en l'air pour faire poli. Je me suis retrouvée confrontée à mes préjugés sur les argentins du pays profond, et ça m'a beaucoup plu.

Malheureusement, il a fallu rentrer, et tandis que l'on se préparait à passer une première nuit (sans repas du soir), on a été conviées par Cesar à un asado (THE traditionnel barbecue) avec sa famille. Vraiment une super hospitalité que je ne connaissais pas du tout dans la capitale.

A la Posada Jasy, l'endroit où on a fait l'asado, il y avait les amis de Cesar ainsi qu'une fille allemande, Maiken, qui partageait notre petit logement. Ce fut une soirée sympathique, pleine de bonne viande et de Fernet-Coca (l'alcool argentin (dégueulasse, n'y touchez pas)). Cependant, Angeline et moi étions vraiment fatiguées, et vers la fin, c'était difficile de les voir ouvrir leur huitième bière alors qu'on voulait rentrer. Ils ont été adorables cependant, c'est juste qu'on était trop fatiguées et pas vraiment dans l'ambiance pour profiter.

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Le lendemain matin, petit-déjeuner à 8h30 préparé par les voisins. Cesar devait ensuite venir nous chercher pour ce que l'on pensait être la balade en barque de jour. Mais il n'en fut rien, il nous a déposé au centre de visiteurs en amont de Colonia, en nous disant qu'il y avait deux balades à pied à faire et qu'on ferait la barque à 15h. On a été un peu décontenancées sur ce coup là, en plus il a commencé à pleuvoir, mais une fois qu'on s'est aventurées sur les chemins de promenade, la pluie s'est arrêtée, et on pouvait se concentrer pleinement sur notre recherche d'animaux.

On a bien marché 2h, dans des endroits différents, et c'était super joli. Les animaux présents sur le site sont : des singes (que l'on a jamais vu malheureusement, à cause d'un groupe bruyant de touristes), des capybara (le plus gros rongeur du monde), des caïmans (à foison), des serpents, des cerfs, et des nuées d'oiseaux différents. Avant, il y avait sur le site des fourmiliers, des tapirs, des jaguars. Ils sont en voie de réintroduction, mais de ce que j'ai compris, c'est pas facile.

Les nuages sur le marécage donnaient une lumière particulière, ce jour là.

Une fois bien fatiguées et bien affamées, on a appelé Cesar pour qu'il vienne nous chercher. Et il n'a pas pu. Donc on s'est retrouvées à marcher touuuuuuuuut le chemin jusqu'à Colonia, sans trop savoir où manger encore, et en sachant qu'on devait rejoindre un autre point de rendez-vous pour la barque à 15h.

Tenez pas compte de l'indication. Sachez juste qu'on était au Centre de Interpretacion et que le pont est long. Très long. 

Et qu'avant le pont, il y avait aussi la longue langue de terre qu'on avait empruntée pour venir... Mais finalement, on a survécu grâce à nos jambes de jeunes sportives, et on a même trouvé de quoi se sustenter sur la route. On est rentrées à pied à la Posada, histoire de se changer, avant que Cesar vienne nous rechercher pour le tour en barque.

c'était chouettos la barque 
on a pu s'approcher méga proche des caïmans, ils bronchaient pas.  
gilets orange très sexy tu le sais 

On était avec quelques autres personnes dans la barque, et c'est un local qui nous guidait. Il savait très bien repérer les animaux, on a vu plein d'oiseaux, de caïmans, de capybaras, c'était vraiment super. Ce qui est bien à Colonia, c'est qu'on sait que l'argent qu'on verse contribue directement au développement de ses habitants. Et certes, on est pas les seuls touristes, mais les groupes sont très restreints. Et ça c'est vraiment chouette.

On est rentrées ravies de la balade, et on avait vraiment hâte de faire la barque de nuit. Paraissait-il qu'on verrait des animaux différents, et comme disait Séverine, "les yeux des caïmans briller dans le noir"....

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je prends des poses 100% originales. j'envisage d'ailleurs une carrière de modèle. les vrais connaissent mon num 

19 heures ! C'est l'heure de la barque de nuit. Cesar nous amène au même endroit qu'au départ de l'après-midi. Il fait tout noir. C'est Raoul qui nous guide, on l'a rencontré à l'asado, il est super rigolo et il dit "grenouille" mais avec son accent ça donne "rrrrrrenouyy" et c'est encore plus rigolo.

On est que toutes les deux cette fois. Il nous fait monter dans la barque, nous donne des lampes torches, on chausse nos superbes gilets de sauvetage, et on fend la bise sur l'eau dans le noir. C'était une sensation euphorisante, le bateau à pleine vitesse dans le noir, avec Angeline on avait des énormes sourires . Je n'ai pas de photos de cette expérience, mais ça en valait la peine. La nuit était balayée de faisceaux de lampes, qui effectivement, faisaient briller les yeux des caïmans. On a vu pas mal de cerfs. On s'est approché tout près des caïmans, sous le chant des grenouilles, et on a trouvé deux bébés caïmans tout petits tout mignons qui nageaient près de leur mère. Une vraiment chouette expérience.

Par contre, lors de la promenade à pied qui a suivi, on a vu que des capybaras, ça pullule ces machins-là, en plus ils dorment très peu vu qu'il faut qu'ils mangent constamment pour élimer leurs dents.

Le vent s'est levé. Il soufflait doucement, puis de plus en plus fort. Et pile quand on est rentrés dans la voiture de Cesar, la pluie s'est abattue lourdement sur Esteros del Ibera.

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Dimanche. La tempête a battu son plein cette nuit-là. Si bien que Cesar nous annonce qu'Ortiz ne peut pas venir nous chercher à cause de l'état de la route. On était pas vraiment ravies, cela signifiait qu'on allait soit payer un supplément pour dépêcher un 4x4, soit louper notre bus à Mercedes.

Finalement, les choses se sont bien déroulées. Ortiz a pu venir, on a quitté Colonia, et Esteros del Ibera, et on a passé 3h30 à rouler très doucement sur la route de terre. C'était très long. Puis on est arrivées à Mercedes, vers 18h30. Et le bus de nuit était à minuit. On a attendu 6h dans le terminal de Mercedes, assises. C'était très, très long.

Puis le bus est venu, puis nous avons encore transité 8h durant. J'ai pu dormir, Angeline non. A notre arrivée à Buenos Aires, tous les transports publics étaient en grève, on a du prendre un taxi pour rentrer, et on a payé 20 euros, au lieu de 7 euros maximum. Bienvenues à Capital, les filles.

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En tout, ce voyage retour a duré 17h. Plus l'arnaque du taxi à la fin, c'était un peu le pompon. On a indiqué à Séverine que ce format de voyage n'était pas adapté, que ce retour nous avait vraiment pesé, et qu'à l'avenir, il faudrait offrir un transport Colonia-Mercedes à la carte, plutôt que par Ortiz, qui lui a des heures fixes.

Autrement, Esteros del Ibera est une sympathique destination. Il faut le vouloir pour y arriver, mais c'est dépaysant. Je suis contente d'y être allée.

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Aujourd'hui, nous sommes le 30 juin et la France joue contre l'Argentine. On s'est chauffées pour aller dans un bar assister à la rencontre, c'est une bonne occasion de rencontrer des expatriés et de passer un bon moment patriotique comme on en fait plus. La fièvre du foot, c'est vraiment quelque chose ici.

Allez, bisous. Vous êtes quasi 1600 à avoir visité mon blog. Merci 😀

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J'écris cet article depuis Fiumicino. Si ça sonne italien c'est normal parce qu'en fait c'est l'aéroport de Rome... On a quitté BA pour toujours le premier août à 12:40. On a avancé les dates des billets, parce que je sais pas si vous vous rappelez mais initialement le départ était prévu le 15 août, et on s'est dit qu'à zéro moment on survivrait jusque là (budget + c'est relou + c'est très relou).

Donc me voilà à devoir raconter ma dernière semaine ici, dernière semaine qui a été plus riche et qui a eu plus de sens que 6 mois entiers à Buenos Aires. Et tout ça sans écrire un livre. Le challenge est présent !

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une joie plus qu'intense au départ pour Salta à 2h du matin

Salta

Salta, donc. C'était notre dernière destination. On est parties grâce au pack que Séverine (la seule l'unique) nous avait concocté, qui s'étendait du 24 juillet au 30. Ensuite on avait un jour et demi de battement et on repartait forever le premier août.

Le but, c'était de voir un peu le Noroeste Argentin (Nord-Ouest condensé en espagnol). On avait déjà vu Iguazu (Nordeste), Esteros del Ibera (Nordeste aussi), et comme on pouvait pas descendre dans le Sud (Patagonie tout ça) par manque de temps et de moyens, on s'est dit qu'il nous fallait connaître cette partie du pays, qui concentre le plus d'histoire et de culture aborigène (oui, on utilise aborigène pour d'autres peuplades qu'en Australie, j'ai appris ça récemment...).

Nous voilà donc parties à 5h du matin le 24 juillet à bord de la première compagnie low-cost argentine, qui existe depuis six mois seulement : Flybondi. Faut dire que c'était 2h d'avion ou 24h de bus. Le choix est vite fait ! A bord, le pilote nous parlait tranquillou en disant qu'il était tout fier de pouvoir aider les gens à voler pour la première fois (vu qu'en dehors de Flybondi c'est vlà cher) et qu'il fallait pas écouter les détracteurs de l'entreprise qui disent que les avions sont vieux et dangereux d'utilisation.

Vrai ou pas on est arrivées vivantes dans la ville de Salta, dans la province de Salta, une ville dans une vallée enclavée par des montagnes.

La Province de Salta, entourée du Chili et Bolivie, et qui voit naître la Cordillère des Andes. 

L'hostel qu'on avait choisi était sympa, sans plus, avec un petit déjeuner vraiiiment très bof (genre un espèce de sablé type brique et un croissant beaucoup trop gras).

Le programme était le suivant :

24 juillet : arrivée et visite guidée de la ville

25 juillet : départ 6:30 du matin pour une excursion en bus jusqu'à Humahuaca (voir carte au nord)

26 juillet : départ 6:30 du matin pour une deuxième excursion en minibus jusqu'aux Salinas Grandes, retour 20h, puis renchaîne un deuxième bus pour Cafayate (au sud sur la carte), arrivée à 2h du matin à Cafayate et trouver l'hostel.

27 juillet : excursion autour de Cafayate, Quebrada de las Conchas (vous inquiétez pas je développe après)

28 juillet : excursion bodegas de vin et dégustation fromage de chèvre autour de Cafayate, puis retour en bus sur Salta

28-30 juillet : hôtel 5 étoiles, Alejandro Primero, pour se faire plaisir et profiter de la ville et visiter et jaccuzzi tout ça.

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Ceci étant dit, je vais poster des photos pour écourter et développer que sur les trucs importants.

ce genre d'écran cathodique ! et le funiculaire de la ville, sur le Mont (Cerro) San Bernardo 
la vue depuis le mirador San Bernardo 
La basilique de Salta 100% propre. Y avait aussi une statue de Jean-Paul 2. Une église normale. Et aussi un couvent historique.

A noter rapidement que le Pape François (pourtant argentin) n'a encore jamais visité l'Argentine dans le cadre de ses fonctions ! Il est très politisé. Et comme le débat sur l'avortement secoue le pays, il refuse de le visiter si l'avortement devient légal. Et il menace même d'excommunier les députés et sénateurs qui voteront en faveur de l'avortement...

A Purmamarca, un peu de culture et d'artisanat 
El Cerro de los Siete Colores (le Mont aux 7 Couleurs), Purmamarca 
Des alpacas (pas lamas !!!) et moi, toujours Purmamarca. 

Voilà qui clôt le premier jour, en gros. On était dans un bus de 56 personnes, donc un peu bof, fallait beaucoup attendre et trier le tourisme de masse. Mais pour un premier jour c'était sympa.

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Un vrai lama et des faux lamas, et Angeline featuring un cactus 

Le deuxième jour, c'était l'excursion à Salinas Grandes, un salin naturel. Sur la route qui montait à plus de 4000 mètres d'altitude, le guide nous a parlé des racines culturelles de la région : de la conquête sanglante des espagnols qui ont annihilé la culture inca, de la topographie du terrain provoqué par la naissance des Andes il y a des millions d'années, de la couleur des montagnes due aux sédiments et minéraux, car avant cette région (4000 mètres d'altitude pour quiconque n'aurait pas lu) était au fond de la mer. Le tour était passionnant et les paysages plus qu'impressionnants. On avait le nez collé à la vitre en mâchant des feuilles de coca, indispensables à la survie en haute montagne. Chicos, "la coca no es droga". C'est Evo Morales (Bolivie) qui a prononcé ça à l'ONU, en brandissant une feuille lors d'une conférence historique en 2012. Pour fabriquer de la cocaïne, il faut 1000 kilos de feuilles de coca + de l'acide sulfurique + chlorhydrique + tout un tas d'autre merde cuisinée et macérée pendant des jours. Donc, la feuille de coca, mâchée ancestralement par les incas et par leurs contemporains vivant en altitude, ce n'est pas de la drogue. La feuille a tout un tas de vertus : réguler la pression sanguine, nerveuse et cardiaques. Vitamines A, B, C, D, phosphore, fer, en grande quantité. Coupe faim et permet de rester éveillé, et en gros, de supporter l'altitude. Perso ça m'a sauvé, parce que je vous jure qu'à 4170 mètres de haut, on fait 3 pas et on a le coeur qui bat très fort et la tête qui fait tourner les serviettes.

Bref, photos paysages

Sur la route des Salinas, à 4170 mètres d'altitude. L'été, c'est tout vert.
il faisait beau et c'était chouette. On alternait entre poncho et manches courtes 
Et les fameuses Salinas Grandes, quasi frontière avec le Chili 
lunettes de soleil oblige pour pas brûler des yeux avec le blanc et le soleil. On marchait vraiment sur du sel (pas consommable)

Et ça ça clôture la deuxième journée, nettement mieux que la précédente bien que très longue. Y a pas beaucoup de photos parce que le paysage se répète mais la sensation est incroyable. On est perdu au milieu de l'immensité, on voit les vigognes (camélidés) sauvages cavaler, quelques maisons éparses avec des gens qui vivent, là. Loin de tout. J'étais tellement heureuse de pouvoir enfin voir ce pour quoi j'étais venue en Argentine.

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Cafayate

Cafayate c'était un peu comme la cerise sur le haut du gâteau, voyez. Et ça a été possible grâce à deux choses : les paysages, et Walter.

Walter, c'était le gérant de l'hostel Rustyk dans lequel on a atterri. Un merveilleux endroit au coeur de Cafayate, qui est un village tout calme malgré son attraction touristique. Mais Walter c'était aussi notre guide sur les expéditions en voiture (donc que nous deux + lui). Il est originaire de la région, et aime la faire visiter. Il est ouvert, super drôle et intéressant. Pendant toute une après-midi il nous a fait visiter les alentours de Cafayate, la Quebrada de las Conchas. Ce qu'on appelle une Quebrada, c'est une succession de montagnes qui s'enchaînent avec des vallées. Et las Conchas, ce sont les coquillages (car rappelez-vous, avant c'était la mer). D'ailleurs, "la concha de tu madre", c'est une insulte très forte ici.

ce genre de vue depuis le pas de la porte de notre chambre 
ce genre d'expédition au Grand Canyon (presque) 
on a bien bouffé du sable par contre 
Faut imaginer ça en été, tout vert, et le fleuve gonflé par les pluies. Pluies présentes de décembre à mars uniquement. 

Walter nous a mené à différents endroits du désert-montagne, en nous expliquant à chaque fois quel arbuste servait à quoi et survivait comment, quelle montagne était de quelle couleur et pourquoi, quelles plantes hallucinogènes les incas utilisaient-ils, quelles stratégies avaient-ils mis en place pour tenter de survivre aux espagnols. Scoop, ils n'ont pas survécu longtemps, et leur culture a été annihilée. Mais ce qui est intéressant, c'est que les croyances originelles ont été mixées avec le christianisme. Ainsi, dans la Province de Salta ou Jujuy, les provinces du Nord, on trouve souvent des monticules de pierre adressés à la Pachamama, la mère terre, que l'on remercie par son meilleur vin, sa meilleure récolte. Mais on a toujours, accroché au rétro intérieur, un chapelet, et souvent une image de la Vierge pas loin.

En bref, cette journée était passionnante. Et le soir, le ciel était clair. Après avoir mangé dans un restau sur la place centrale, on a passé la soirée à guetter les étoiles filantes avec Walter et de la bière (c'était la soirée de l'éclipse de la Lune par Mars, mais pas visible dans l'hémisphère Sud). On en a vu 3, et c'était trois belles qui filaient puis s'effritaient clairement dans l'atmosphère. Somme toute une chouette expérience.

Le lendemain, on est reparties avec Walter visiter une fabrique de fromage de chèvre (bof, franchement) et deux bodegas (les domaines viticoles). Ici à Cafayate on produit un vin blanc très réputé, le Torrontés. On en a acheté une bouteille et on l'a bue en guise d'adieu le soir même avec Walter.

c'était chouettos, il faisait 20 degrés, on a goûté 7 ou 8 vins (oula) 

Et.... C'était tout pour Cafayate. Le soir, on a repris le bus pour Salta, avec un petit pincement au coeur.

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Derniers jours

L'hôtel 5 étoiles était vraiment sympa. Pas si cher, 190 euros pour deux nuits à 2, et 20 euros le repas du soir. Personnel très accueillant et aidant, pas hautain du tout. La chambre avec le lit immense et confortable pour récupérer du rush de la semaine.

Et le musée MAAM, surtout. Le Musée d'Archéologie de Haute Montagne est au coeur de Salta, et il est né en 2000, à la suite d'une expédition au volcan (inactif) Llullaillaco. Là-haut, à plus de 6 000 mètres d'altitude, les scientifiques ont retrouvé 3 corps d'enfants inca, intacts. Je dis bien intacts. Conservés par le froid et la basse pression d'altitude comme si ils s'étaient endormis hier. Sauf qu'ils se sont endormi là-haut il y a plus de 500 ans, à la suite d'un rite sacrificiel aux dieux.

Les enfants (6 ans, 6 ans et demi et 15 ans), ont été sélectionnés pour leur beauté et leur pureté d'âme. Ils ont été élevés au rang de demi-divinités, et on été préparés pendant de longs mois pour s'offrir aux dieux. Ils ont fait tout une pérégrination depuis leurs lieux d'origines, jusqu'en haut de la montagne, pour être enterrés vivants avec des jouets et objets autour d'eux, comme les pharaons. Quand je dis enterrés vivants, en fait, ils dormaient. On leur avait donné à boire de l'alcool de chicha, ils se sont endormis pour ne plus jamais se réveiller. Leur état de conservation est tel qu'on a retrouvé des feuilles de coca dans leur bouche, leurs tissus vestimentaires intacts, leurs organes intacts, et même de la matière fécale dans leurs intestins. C'est incroyable d'avoir un tel lien avec les incas.

Le musée propose une pédagogie très intéressante et nous fait apprendre beaucoup sur les incas et leurs traditions. Les momies des trois enfants sont exposées à tour de rôle, tous les six mois. Nous, on a vu "La Niña del Rayo", appelée ainsi car la foudre a brûlé une partie de son visage, post-mortem.

C'était tellement impressionnant de se retrouver face à elle. Je ne publierai pas de photos ici, mais vous pouvez aller voir : en photo déjà c'est quelque chose, mais alors en vrai... Je n'oublierai pas cette expérience.

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Et au final, c'est l'expérience de Salta et Cafayate qui me fait dire que j'aimerais revenir en Argentine. Il y a encore tellement à découvrir : La Terre de Feu, les Andes, la Patagonie... Durant cette petite semaine, j'ai découvert ce que je recherche en général dans mes voyages : apprendre, partager, s'émerveiller, être touchée.

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C'est la fin de ce blog et la fin de mon aventure d'Erasmus à Buenos Aires. Sûr que j'en ai fini avec cette ville, mais pas avec l'Amérique du Sud. Là, je vais avoir besoin de recul, de quelques jours, voire semaine, pour faire une réelle conclusion. Mais merci de m'avoir suivi, de m'avoir encouragée (mine de rien, ça compte), de m'avoir fait partager ce que vous viviez aussi. C'est pas parce qu'on est en France que ce n'est pas le bout du monde pour quelqu'un d'autre. Vous me suivez ?

Merci surtout à Angeline, qui m'a supporté et accompagné et sans qui je me serais bien faite chier. Merci à Séverine, qui nous a permis de voyager et d'apprendre autant. Merci à Walter et aux autres guides qui ont beaucoup à offrir. Merci à l'équipe de France de Football pour une chouette Coupe du Monde au Bar le Merval. Merci à Maman et Papa qui m'ont aidé à former le projet. Merci à Rémi d'avoir attendu.

A la prochaine