Semaine de détente à Ouessant

T
Par
Une semaine sur l'Ile d'Ouessant, rien de mieux pour se détendre dans la nature et le silence.
Du 26 août au 3 septembre 2022
9 jours
Ce carnet de voyage est privé, ne le partagez pas sans l'autorisation de l'auteur.

Située à 1h15 en bateau du port du Conquet, longue de 8 km et large de 4 km, 900 habitants, 60 m d'altitude à son point le plus haut, l'île d'Ouessant est un havre de paix que nous avons découvert il y a 10 ans, au mois de juin. Séduits par cette île sauvage et rebelle, nous y sommes retournés en décembre, puis en septembre il y a 2 ans. Cette année encore nous y retournons à cette même époque pour nous ressourcer et nous aérer un maximum avant l'hiver. Nous aimons particulièrement ses landes couvertes de fougères, de bruyère et d'ajoncs fleuris à cette époque, mais surtout sa côte déchiquetée, ses rochers sculptés par les marées et le vent, où notre imagination travaille sans cesse pour y voir des chiens, des ours, des singes, des tortues et autres animaux réels ou imaginaires... Nos lieux préférés: la pointe et le phare du Créach, la pointe de Pern, la baie de Béninou , la pointe de Cadoran et le phare du Stiff.

Le vélo et la marche sont bien entendu les meilleurs moyens pour en découvrir toutes les beautés, que ce soit la côte elle même, les nombreux hameaux aux maisons de granite, les 4 phares, les 18 calvaires, les 2 chapelles, l'écomusée du Niou, autant de lieux emblématiques de l'île.

Route tranquille. Partis à 8H 45, nous arrivons vers 16h30 au Conquet d'où nous prendrons le bateau pour Ouessant demain à 14h30. Passage au port pour échanger notre réservation contre les billets de traversée, puis passage au parking où nous parvenons à négocier une place pour la semaine. Cela fait, nous partons à la recherche de notre auberge de Karingar, où nous avons réservé pour la nuit. Nous découvrons une auberge en pleine nature, à 30minutes à pied de la pointe Saint Matthieu, dans des bâtiments de 150 ans, le court séjour se présente bien. Petite marche jusqu'à la plage la plus proche, et repas copieux 100% poisson avant une bonne nuit.

Matinée consacrée à la pointe Saint Matthieu d'où le panorama est grandiose depuis le chemin côtier, et les ruines de l'abbaye toujours aussi émouvantes, au pied du phare. Pique nique léger, assis sur le rebord du vieux lavoir abandonné et direction le parking où nous laisserons la voiture pour la semaine. Le chauffeur de la navette nous emmène aussitôt et à 13h30 nous sommes au port où nous patientons sur un banc en attendant l'embarquement. A 14h30 précises, nous partons et arrivons à Ouessant après une traversée tranquille au soleil. Le taxi nous attend et nous amène au gite à Niou Huella, où nous sommes déja venus il y a deux ans à la même époque. L'accueil des propriétaires est sympathique, et après un peu de papotage nous partons à pied au village faire les quelques courses indispensables pour le soir et le petit déjeuner.

Premières courses et ensuite location des vélos pour la semaine. C'est la surprise quand Fanch (le loueur) nous apprend qu'il a revendu sa petite entreprise et que c'est sa dernière semaine, fatigué et surtout écœuré par l'attitude de certains touristes.. Nous avions été ses premiers clients il y a 10 ans. Il avait alors un seul employé, il en a maintenant jusqu'à 10 en pleine saison! Et notre matinée se termine par un petit tour à vélo jusqu'au phare du Créach, notre secteur préféré pour ses rochers aux formes sculptées par l'érosion du vent et de la mer. Haut de 58m, c'est le deuxième phare le plus puissant au monde, avec une portée de plus de 60 km. Il abrite le musée national des phares et balises que nous visiterons dans la semaine.

L'après midi, nous partons à vélo à la pointe de Pern, point le plus à l'ouest de France, où nous laissons les vélos le long de la piste pour nous émerveiller encore de cette côte déchiquetée, de ses ruines et de la vue sur le phare de Nividic (tempête en breton). Il règne ici une atmosphère de culture celtique, bretonne...Le phare, terminé en 1936 a été le premier phare automatisé en pleine mer. Jusqu'en 1971, il était relié à la côte par un câble qui permettait d'y acheminer les gardiens , tant l'approche en vedette était difficile.

Puis nous partons à pied du gîte, à travers la lande de fougères, de bruyère et d'ajoncs en fleurs pour aller jusqu'à Yuzin et sa descente pour les bateaux. Nous passons par les hameaux de Kernevez et Kergadou où nous retrouvons la maison de Fanch, entièrement retapée par lui même et qui a maintenant fière allure.

Et le soir, superbe coucher de soleil vers le phare du Créach où les rochers sont illuminés et se découpent en ombres chinoises sur un ciel rougeoyant. Un moment fort qui incite à la méditation...



 Vers le phare du Créach 
Pointe de Pern 
Vers Yuzin et sa cale à bateaux 
Coucher de soleil au phare du Créch 

îAprès un saut à Lampaul pour les courses , une balade à vélo pour essayer de trouver du miel d'Ouessant, très réputé mais très recherché et donc très rare. C'est du miel d'abeilles noires, endémiques de l'île, celles qui résistent au varroi, le parasite. L'île a d'ailleurs un Conservatoire de l'abeille noire, dans les bâtiments du phare du Stiff. Nous retrouvons sans trop de problème la maison de l'apiculteur à Kergadou où nous en avions acheté il y a 2 ans, mais, déception, un panneau "plus de miel" est affiché sur la porte. Sur notre chemin, une fresque naïve sur le mur d'une maison.

L'après midi, ce sera vélo jusqu'à Kéranchas en passant par Kergadou et à partir de là, belle rando sur le chemin côtier qui domine la magnifique baie de Béninou, bien protégée et qui a d'ailleurs un mini port (une cale); et nous poursuivons jusqu'à la pointe de Cadoran, très découpée. Un passage sur le petit chemin est d'ailleurs assez impressionnant et est à éviter par vent fort car le moindre faux pas pourrait être fatal.

Matinée de marche aujourd'hui: courses à Lampaul et retour en passant par le port et le chemin côtier qui passe par Loqueltas; nous y admirons les quelques superbes maisons face à la mer, dans leur jardin clos par les traditionnels murs de pierres sèches et où les arbres ont la forme caractéristiques de arbres de bord de mer, déformés par les vents dominants.

L'après midi, balade à vélo jusqu'au phare du Stiff, par les petites routes où le fort vent d'est de face nous oblige à appuyer très fort sur les pédales! Le phare date de Vauban et était éclairé à l'époque par un feu de bois. Aujourd'hui, il côtoie la tour moderne du Cross qui a été installée après les marées noires causées par les naufrages de l'Olympic Bravery et de l'Amoco Cadiz . Haute de 72m, elle posséde un radar et un feu qui porte à 90 km. Je monte en haut du vieux phare d'où la vue est magnifique pendant que Clau fait le tour du musée.



De Lampaul à niou Huella par Loqueltas
Le phare du stiff et la baie de Toul auroz 

Vent fort d'Est ce matin. Balade sur le sentier du littoral entre le phare du Créach et Yuzin. Nous pouvons observer un héron qui guette ses proies les pieds dans la mer. Un rocher coincé entre d'autres est l'occasion pour Michel de faire un peu d'escalade en se faufilant tant bien que mal entre les deux rochers (voir photo). L'après midi nous prenons les vélos pour nous diriger vers la plage de Penn Arlan, renommée pour ses possibilités de baignade. En cours de route, nous posons les vélos pour visiter la chapelle de Notre Dame de Bonne Espérance, l'une des deux qui subsistent sur l'île qui en comptait neuf. Les deux qui restent ont été reconstruites au XIXe siècle.

Autre découverte, l'hydrolienne, sorte de moulin sous marin immergé à 2km de la côte, qui produit de l’électricité sous l'effet du Fromveur, le courant qui circule entre Ouessant et Molène

Et dernier bout de chemin pour aller voir la Croix de Saint Paul, qui domine la mer, avant de rentrer, avec le vent dans le dos cette fois (c'est plus facile!).


Du Créach à Yuzin 
Chapelle et Hydrolienne 

Temps gris ce matin, nous en profitons pour visiter le musée national des phares et balises, situé dans le bâtiment du phare du Créach, après quelques dernières photos des rochers du secteur. Le musée lui même est passionnant, retraçant l'histoire des phares, des naufrages, de la vie des gardiens et des moyens techniques mis en œuvre.

Et l'après midi balade à pied vers le hameau de Niou Izella où nous rejoignons le chemin côtier pour rejoindre Yuzin et sa cale où Clau peut enfin mettre les pieds dans la mer comme tant attendu.

Brouillard ce matin, ce qui m'incite à aller faire faire un tour au Créach. Le soleil perce la brume par moments et forme un halo de lumière au dessus des rochers, moment magique pour les photos...c'est si beau que Clau me rejoint après mon appel...

L'après midi, après avoir rendu les vélos et dit au revoir à Fanch, balade depuis Lampaul jusqu'au gîte en passant par la pointe de Pern et Loqueltas.

Dernière soirée à la Crêperie "Le Stang", tenue par un jeune couple d'Ouessantins revenus sur leur île natale. Bonne surprise avec une carte originale et des galettes excellentes!

Et, en guise d'au revoir, un très beau coucher de soleil au retour, entrevu derrière les bâtiments de l'écomusée. On ne pouvait mieux terminer cette belle semaine...

Brouillard, l'ile mystérieuse... 

C'est le jour du départ, il faut rentrer mais bien à regrets car cette île, une fois encore, nous a envoûtés...