Carnet de voyage

GR 10

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Dernière étape postée il y a 702 jours
Par SyBoul
Plus qu'un simple cheminement...
Juin 2020
8 semaines
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Publié le 14 juin 2020

Préparation du sac : ok, on a l'essentiel et même plus.

Préparation physique : ok, j'ai eu le temps de reposer mes jambes une bonne journée après m'avoir enfilé la Vélodyssée de Saint Malo à Hendaye. Ça devait le faire pour attaquer la rando.

On commence avec une petite étape d'un peu plus de 4h de marche jusqu'à col d'Ibardin à la frontière espagnole.

Taïaut !

On s'informe quand même un peu dans quoi on s'élance !

On entame la montée au cœur de la ville d'Hendaye. Le style des maisons basques est vraiment super chouette ! Elles se fondent bien dans ce paysage qui commence sérieusement à se vallonner ! D'ailleurs les pantalons vont très vite tomber au bénéfice des shorts !

Le petit charme des maisons basques

Première nuit : les tentes sont montées alors que les premières gouttes commencent à tomber. Timing parfait, nous voilà au chaud et la vue se dégage de nouveau quelques heures plus tard sur un paysage plutôt agréable !

Premier bivouac humide mais avec une vue imprenable sur la Rhune
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Publié le 15 juin 2020

L'étape d'aujourd'hui nous emmène jusqu'au village de Sare en passant au pied du sommet de la Rhune. Ça commence dans un univers verdoyant peuplé de mousses et de fougères.

La fraîcheur des rivières de montagne

Après l'univers tamisé de la forêt, on débouche sur les zones de pâturage où les rencontres avec le bétail sont au rendez-vous ! Et à cette période de l'année, les petits poulains se prélassent au soleil sous l'œil attentif de leurs parents.

Cette race de petit cheval robuste du pays Basque est appelée Pottok

Arrivé la haut, la vue sur le pays Basque français est de toute beauté !

Le petit train qui monte au sommet de la Rhune est bondé de petites têtes portant des masques nous devisageant curieusement

En descendant de la Rhune on se prend une belle averse orageuse sur la tête. Heureusement une bergerie nous offre un abri au sec dans une atmosphère sombre et quelque peu odorante, mais ça fait bien l'affaire ! Puis le soleil repointe son nez pour nous offrir une belle vue sur le petit village de Sare.

Village de Sare
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Publié le 17 juin 2020

Aujourd'hui une petite étape pour rejoindre le village d'Aïnoa. Il est nécessaire de faire des petits ajustements au niveau du matériel et de limiter les ampoules qui pointent déjà leur nez...

On emprunte en grande partie d'anciennes voies médiévales qui serpentent entre les collines. L'ambiance n'est plus à la montagne mais plutôt campagnarde. À la mi route on suit plusieurs rivières qui nous mènent directement au petit bourg d'Aïnoa.

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Publié le 19 juin 2020

Les pieds vont mieux, il est temps d'attaquer une étape un peu plus longue pour rejoindre le village de Bidarray en franchissant plusieurs cols. Ça commence avec une petite montée bien raide jusqu'à la chapelle de l'Aubépine.

Drôle d'ambiance en haut de la montagne

Après plusieurs heures de marche, on atteint le col de Mehatse, plus gros site de rites funéraires préhistorique du pays Basque, puis on redescend ensuite jusqu'au village de Bidarray.

Pendant la descente, on fait des belles observations d'espèces d'oiseaux : Hirondelle de rocher, Bruant fou et Cincle plongeur dans le torrent au fond de la vallée.

Photo souvenir d'un Bruant fou faite au téléphone à travers les jumelles
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Départ de Bidarray, il fait chaud et ça monte très raide, je sue à grosse gouttes...

Vue sur Bidarray

Mais l'effort en vaut la chandelle ! Arrivé en haut le paysage est assez prenant.

Après un bon petit pique-nique on s'apprête à repartir quand on voit au loin un beau rideau de pluie qui s'amène droit dans notre direction. Le temps de prendre une décision que déjà les premières grosses goûtes tombent... Ni une ni deux le double toit de la tente est monté pour nous servir d'abri.

En vrai, c'était une bonne occasion pour se faire un bon petit thé 😊

Puis après un bon coup de vent et une averse de plus d'une heure, le paysage a radicalement changé. Cette météo se maintiendra jusqu'au soir, créant une ambiance cotonneuse.

La tête dans les nuages au sens propre

Le lendemain matin, le ciel s'est un peu dégagé mais le plafond nuageux est toujours bien présent.

On poursuit notre chemin sur la ligne de crête, de cols en sommets, puis on amorce la descente sur Saint Étienne de Baïgorry.

Les petits ponts en pierre des villages donnent le ton !

Saint Étienne de Baïgorry

Le campement du soir est installé au col d'Aharza, quelques heures de marche après le village de Saint Étienne de Baïgorry, où les ambiances lumineuses sont parfaites !

Premier feu de camp de la traversée. Fromage du pays sur du pain grillé pour notre plus grand plaisir !
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Au matin, on a troqué les ambiances rougoyantes du soir pour des bleus pastels. On aurait presque envie d'y rester une journée de plus à buller...

Petit réveil sympa après une nuit bercé par les cloches des vaches

Il est quand même temps de se mettre en route pour atteindre Saint Jean Pied de Port avant la fin de journée !

On est accompagné par les moutons, les vaches, les vautours et les chevaux.

De là-haut on se rend bien compte du bocage bien présent tout autour de Saint Jean Pied de Port.

Vue sur Saint Jean Pied de Port
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On décide de rester une journée à Saint Jean Pied de Port pour profiter de la jolie petite ville fortifiée.

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20/06 De Saint Jean Pied de Port au gîte d'étape de Kaskoleta.


Il est temps de reprendre la route des sentiers ! Les sacs sont bien chargés et cette première journée de reprise, avec un temps lourd et écrasant, aura été des plus éprouvantes physiquement. Toutefois, cet effort nous amènera à la zone de bivouac de Kaskoleta où nous attend un petit coin de paradis et comble du bonheur, des douches chaudes ! On aurait bien planté la tente à cet endroit pour plusieurs jours tellement il est chouette. Premier vrai coup de cœur d'endroit de bivouac.

21/06 Du gîte d'étape Kaskoleta au chalet Pedro.


Après une bonne nuit réparatrice, ça y est, nous revoilà sur pied, prêt à attaquer la suite. On commence par une bonne petite montée pour démarre la matinée, puis une descente sur piste jusqu'en bas de la vallée, pour enfin remonter de l'autre côté par un petit sentier qui monte tout droit à travers les courbes de niveau, autrement dit, hyper raide, pour atteindre la zone du pique-nique au col d'Irau.


Il fait beau et chaud, ça se voit bien en regardant les moutons qui cachent leur tête dans le moindre petit coin d'ombre...

L'après midi sera plus calme avec une montée jusqu'au site des Cromlechs d'Okabe puis une belle descente sur piste pour finalement atteindre le secteur du chalet Pedro et son aire de bivouac au bord de la rivière.

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Si vous regardez sur une carte, le point de départ et d'arrivée sont vraiment proche l'un de l'autre. Et il y a une bonne raison ! Si si je vous assure 😉


Explications :

Départ de la zone de bivouac après un réveil tout en douceur par les cloches des vaches broutant à 5m de la tente. En début de journée, on suit un sentier qui serpente entre les magnifiques hêtres de la forêt d'Iraty. Je suis aux aguets car on est en plein dans la zone favorable pour observer une espèce localisée uniquement ici en France : le Pic à dos blanc, autrement plus répandu dans l'est de l'Europe (voir carte ci-dessous).

Pic à dos blanc et sa carte de répartition. Voyez la petite zone bleue (zone de présence) située dans les Pyrénées occidentales

Bref, suite de l'histoire. Arrivé en fin de matinée au niveau des chalets d'Iraty, on s'accorde une petite pause café dans le magasin présent sur place. Malheureusement, on tombe pile sur la journée de révision annuelle de la machine à café... On demande tout de même au monsieur chargé de l'entretien s'il y a possibilité de l'utiliser, qui, comme réponse, nous offrira gracieusement deux cafés bien chauds. Bonheur... Puis, Hélène capte une discussion intéressante à la table d'à côté, ça parle oiseaux... Curieuse, elle s'en va discuter avec eux. Puis elle revient toute souriante en me disant qu'une des personne lui a annoncé qu'il fallait qu'on descende au camping d'Iraty, 2 km plus bas, pour avoir une bonne chance de voir le Pic à dos blanc. Bon, qu'est ce qu'on fait ? On continu pour pas perdre trop de temps ou alors on quitte le GR pour tenter l'aventure ? Le temps de réflexion aura été de courte durée, on descend au camping !



Le petit trajet de la matinée

Arrivée sur place à 12h30, je commence par faire un petit tour de repérage des lieux en tendant l'oreille. Rien à signaler. C'est l'heure du pique-nique, en gardant quand même une oreille attentive. Le café est à peine terminé qu'un tambourinage puissant se fait entendre. Ni une ni deux, je galope vers la zone située à une centaine de mètres avec le palpitomètre au max. Stop, j'écoute. Rien... Puis 5 min plus tard, nouveau tambourinage sur un arbre plus loin. Vite vite vite ! Stop, j'écoute, ça tambourine toujours, j'observe, je scrute... IL EST LÀ !!! Superbe observation d'un individu qui est resté une dizaine de minutes devant nous, pour notre plus grand plaisir 😁.


Pic à dos blanc à travers les jumelles

Pour se remette de ces émotions rien de mieux qu'une bonne sieste. On restera finalement le reste de l'après midi et la nuit dans ce superbe endroit qu'est l'aire de bivouac naturelle d'Iraty.

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23/06 Du camping d'Iraty à Logibar


Réveil tambour battant par le tambourinage du Pic à dos blanc à 6h30, la journée est lancée ! On rebrousse chemin pour rattraper le GR 10 en haut de la route. Petit ravitaillement à la supérette et let's go ! On suit essentiellement la ligne de crête durant cette journée, puis grosse descente jusqu'au village de Logibar en fin d'après midi. Toujours sous un grand ciel bleu et des températures élevées, on a craqué pour une petite glace et une bonne bière fraîche au bar du coin 🍻 Le bivouac est mis en place sur le parking de départ des balades juste à côté d'une centrale hydroélectrique. Pas l'emplacement le plus idyllique mais bien pratique pour attaquer la suite.

24/06 De Logibar au col d'Anhaou


La rando démarre en montant le long des gorges d'Holtzarte puis en empruntant un pont suspendu à plus de 150m de hauteur. La montée sera assez douce jusqu'en fin de matinée où on attaque une bonne petite montée raide jusqu'à l'endroit du pique-nique sous un magnifique hêtre qui nous apporte une ombre très appréciée. L'après-midi on suit une petite route de montagne qui nous amène à notre zone de bivouac juste à côté d'un enclos où réside 5 beaux cochons bien grassouillet. Ambiances garantis !

25/06 Du col d'Anhaou à la cabane d'Escuret de Bas


Réveil express par les cris du berger qui rassemble ses bêtes à 5h du matin. Au moins on est debout tôt et c'est tant mieux car des orages sont annoncés en fin d'après-midi.

Ça commence tout doux avec une descente agréable jusqu'au pont d'Enfer. Le changement de paysage est radical, on passe en quelques heures des beaux petits alpages à la civilisation du fond de vallée. Petit bout sur route pour rejoindre Ste-Engrâce, puis on rattrape un petit chemin qui monte à travers le ravin d'Arpidia aux ambiances d'un autre monde... À midi, on se cuisine une belle coulmelle avec de l'ail des ours et de l'huile de foie de morue, un délice 🤤.

S'en suit une bonne montée dans la hêtraie jusqu'à la cabane d'Escuret de Bas où on y fait une belle cueillette de myrtilles pour le petit déjeuner du lendemain et où on y installe le bivouac. Bon timing, un bel orage est sur nous quelques minutes après et il nous laissera peu de répis pendant la nuit.

26/06 De la cabane d'Escuret de Bas à Arette la Pierre St-Martin


Après une nuit agitée au niveau du vent et de la pluie, le réveil se fait en douceur avec le petit soleil du matin et une mer de nuages qui couvre les vallées. Les flocons d'avoine aux myrtilles ramassées la veille sont juste délicieux !

On attaque la montée jusqu'au col de la Pierre St-Martin où on achète un bon bout de tomme de brebis à un berger. À partir de ce col le paysage change rapidement devenant minéral sur tout le secteur du Pic d'Anie. Gros contraste au détour du sentier à l'arrivée sur Arette la Pierre St-Martin, station de ski déserte, très mal intégrée dans le paysage... Seul le refuge Jeandel est ouvert et nous y passerons la nuit sur un emplacement de bivouac.

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27/06 D'Arette la Pierre St-Martin à Lescun


Réveil avec un lever de soleil des plus agréables sur le refuge... On se retrouve ensuite baigné dans cet nouvel univers minéral où on y aperçoit notre première Marmotte, ça commence à sentir la haute montagne. Passage par le pas d'Azuns qui nous fait basculer dans le cirque de Lescun. On a la chance de tomber à ce moment là sur une montée aux estives d'un troupeaux de moutons. Ça sera l'occasion de les accompagner un petit moment et de voir le travail du berger avec ses chiens. Une longue descente nous attend ensuite à travers la hêtraie pour déboucher sur le beau petit village de Lescun pour un petit ravitaillement.

28/06 De Lescun à Etsaut


Après une nuit passée au bord du Gave en bas du village, on démarre la matinée dans le brouillard en grimpant jusqu'au plateau de Lhers (paraît-il magnifique mais on a rien vu...), puis on attaque une montée bien raide à travers la forêt jusqu'au col de Barrancq. Très vite on arrive dans une zone ouverte où on retrouve le soleil pour le pique-nique. Tout le matériel est de sortie pour sécher. De nouveau, belle descente jusqu'aux villages de Borce et Etsaut, nous voilà en vallée d'Aspe.

Vue sur les villages de Borce et Etsaut
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29/06 D'Etsaut au lac Gentau


Aujourd'hui une belle montée nous attend jusqu'à notre premier passage à plus de 2000m : le col d'Ayous (2188m).

On commence par un endroit assez remarquable, le chemin de la Mâture creusé à même la falaise avec une belle vue sur l'ensemble fortifié du Portalet.

Tout le reste de la matinée se passe dans la forêt pour n'y sortir que vers 14h au niveau de la cabane de Baigt de St-Cours (on est encore en dessous du plafond nuageux). Il nous reste un bon 600m de dénivelé jusqu'au col dans un cadre très agréable : torrent, moutons, vaches et grand soleil.

Ça y est le col est atteint et que dire de ce paysage à 360 degrés... Pour fêter ça, petite gorgée de Génépi ! On descend ensuite jusqu'au refuge d'Ayous où une magnifique aire de bivouac nous attend sur un petit gazon au bord du lac Gentau avec vue sur le Pic du Midi d'Ossau. Ah ! Et on se prend quand même une bonne bière fraîche bien méritée.

30/06 Du lac Gentau aux cabanes de Cézy

Le réveil est aussi beau que le coucher. Bivouac de rêve où tout est parfait. On profite de cet endroit encore quelques heures avant de plier bagage. Dans tout les cas une grosse descente nous attend jusqu'au petit village de Gabas en passant par le gros lac de Bious Artigues très touristique. On était mieux là-haut 😉. S'en suit une montée bien raide pour rejoindre les cabanes de Cézy. Un orage est annoncé ce soir alors on en profite pour passer notre première nuit dans un abris mis à disposition des randonneurs.

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L'objectif de fin de matinée c'est d'arriver à la Hourquette d'Arre, nouveau record d'altitude avec ses 2465m. La montée dans le vallon le long du ruisseau de la Quèbe se fait dans un cadre verdoyant de mousses et de petits torrents. C'est incroyable comment cette eau de montagne est délicieuse à boire. Pour atteindre le col on franchit notre premier névé parce qu'à cette altitude la neige est encore bien présente. Objectif atteint autour de midi, on descend pique-niquer au niveau d'un petit abri quelques mètres plus bas.

Le ventre bien rempli, on attaque la descente qui doit nous mener à Gourette. On a tout juste le temps de voir le beau lac d'Anglas que des nuages montent de la vallée... En quelques minutes on est dans la purée de pois. Dans ce brouillard on tombe sur des mines abandonnées et des squelettes de chevaux, ambiances froides et humides. On arrivera finalement à Gourette en fin de journée, toujours avec la même météo.

Pour se réconforter on va se boire une bonne bière au seul bar ouvert du coin avec des amis rencontrés sur le GR. Petit ravitaillement à l'épicerie du coin puis au dodo.

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Publié le 9 juillet 2020

Réveil complètement humide après une nuit passée dans le brouillard. On a monté une seule tente la veille pour éviter de tout tremper. On range tout ça et on se dirige devant l'office de tourisme pour prendre notre petit déjeuner à l'abri de cette petite bruine qui, mine de rien, mouille quand même bien. Café et thé avalés, on grimpe dans la sapinière à l'est de Gourette et en quelques minutes, mes pieds baignent dans l'eau récupérée par mon pantalon sur les herbes détrempées. Quel plaisir...

On vise le col du Soulor situé à quelques minutes du GR pour manger à l'abri de cette petite pluie tenace à midi. Le restaurant les Marmottes est ouvert et vu le temps, on craque facilement pour une bonne soupe chaude et quelques frites.

Bien repu, on rejoint tranquillement Arrens-Marsous directement par la route en descendant du col.

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03/07 D'Arrens-Marsous à la cabane d'Arriousec

On profite de la matinée pour faire nos petites affaires dans la ville : retrait d'argent pour les refuges et bergeries, courses pour la suite et envoi d'un colis retour en Bretagne pour alléger les sacs de ce dont on n'a pas vraiment besoin. On en profite aussi pour visiter la Maison du Parc et sa petite exposition. Autant dire qu'après tout ça il est déjà midi, alors on s'avance à la sortie de la ville pour récupérer le GR et on pique-nique là juste à côté d'un joli petit pont en pierre.

L'objectif de l'après midi est d'atteindre tranquillement le lac d'Estaing en passant par des petits chemins de campagne. C'est beau, c'est tout vert, on longe des ruisseaux accompagnés de temps en temps par des petits moulins à eau. En remontant le Gave jusqu'au lac on tombe sur un nid de Girolles, on s'en cueille une bonne quantité mais on a pas grand chose pour les cuisiner... Arrivé au lac d'Estaing on demande à tout hasard à un restaurant s'ils peuvent nous vendre 4 œufs et un petit peu d'huile d'olive. Pour notre plus grand bonheur le cuisinier accepte ! On décide de monter un tout petit peu plus haut, au-dessus de la Sapinière de l'Escale, pour rejoindre la cabane d'Arriousec où on y plante les tentes. Quel bonheur que de déguster une grosse omelette aux Girolles cuite à l'huile d'olive !

04/07 De la cabane d'Arriousec au lac Supérieur de l'Embarrat

Lever tôt ce matin, à 5h, pour vaquer chacun à nos occupations : Hélène poursuit la montée jusqu'au col d'Ilhéou pendant que je pars prospecter la sapinière, habitat favorable pour le Grand Tétras. En vain, vers 10h, je récupère mon gros sac à dos que j'avais laissé de côté pour attaquer à mon tour l'ascension au col. On se retrouvera en début d'après-midi au lac d'Ilhéou après avoir casser la graine chacun de notre côté.

Le GR 10 descend ensuite jusqu'au village de Cauterets, mais étant donné qu'on a largement assez de nourriture et qu'on connaît déjà bien le secteur, on décide de partir sur une variante qui part plein sud jusqu'à la frontière avec l'Espagne, pour rattraper ensuite le GR au niveau du refuge des Oulettes de Gaube.

On vise les lacs de l'Embarrat pour le bivouac du soir après avoir passer le col de la Haugade. On y arrive vers 19h dans une ambiance dorée de soleil du soir avec des pêcheurs à la mouche en pleine action.

05/07 Du lac Supérieur de l'Embarrat au refuge des Oulettes de Gaube

Nuit paisible sur un petit gazon moelleux au bord de l'eau, que demander de plus. Une petite heure après le départ on atteint le lac du Pourtet coincé au pied des montagnes encore enneigées. Hélène n'a pas résisté à s'y glisser. Descente ensuite jusqu'au refuge Wallon pour la petite pause de midi. Souvenirs souvenirs... On a foulé maintes fois ce petit vallon lors de nos randos les étés passés.

Une bonne grimpette nous attend ensuite jusqu'au col d'Aratille, puis, petit passage en Espagne pour rejoindre le col des Mulets, et enfin attaque d'une descente bien raide pour atteindre la vallée sous le glacier du Vignemal où trône le refuge des Oulettes de Gaube dans un univers minéral gris et froid.

06/07 Du refuge des Oulettes de Gaube au refuge de Baysselance

Il est temps d'attaquer la grimpette vers la Hourquette d'Ossoue, passage le plus haut en altitude du GR 10 ! D'ailleurs le mot "Hourquette" est un nom féminin gascon utilisé fréquemment dans le langage pyrénéen où il désigne un col.

Après un bon petit déjeuner avalé et une météo favorable on démarre du refuge. Après avoir traversé plusieurs névés, on atteint assez facilement ce col à 2734m. La vue est impressionnante et la présence de petits drapeaux déchirés par le vent nous donne presque l'impression de toucher au monde des grimpeurs qui gravissent les sommets les plus haut.

En s'étant renseigné avant on a apprit qu'il était possible de monter du col jusqu'au sommet du Petit Vignemale situé juste en contre haut pour passer la barre des 3000m ! On a évidement pas pu passer à côté de cette occasion. Après un pique-nique bien mérité et délesté de nos sacs restés au col on monte en une bonne heure jusqu'au sommet à 3032m d'altitude. Quelle sensation... Quelle vue... Quel doux bonheur... Petite gorgée de Génépi oblige !

Charmé par cet endroit des plus sympathique on décide d'en profiter et de planter les tentes au refuge de Baysselance en contrebas du col à 2651m. Les Moineaux domestiques qui picorent habituellement autour des tables de pique-nique sont ici remplacés par des Niverolles alpines pour notre plus grand plaisir d'observation.

On aura le droit à un magnifique coucher de soleil sur une mer de nuages pour clôturer cette journée magique. Merci merci...

07/07 Du refuge de Baysselance à Gavarnie

Une longue descente nous attend aujourd'hui pour rejoindre la vallée du cirque de Gavarnie située environ 1200m plus bas. On passe par toutes sortes de paysages, on troc le minéral et les cascades pour les prairies fleuris et les torrents puis pour les routes et les villages. Après une pause en fin d'après midi on décide de pousser encore quelques heures pour établir un bivouac improvisé au niveau des Granges de Saugué avec une vue imprenable sur le cirque. On est baigné dans une atmosphère florale, entouré de champs d'Iris et de multitudes de fleurs.

08/07 De Gavarnie à Luz-St-Sauveur

Le GR part maintenant plein nord, parallèle à la vallée, direction Luz-St-Sauveur. On reste dans les herbages d'altitude une bonne partie de la matinée puis on descend dans le fond de vallon à travers une sapinière puis une forêt de hêtres. On longe la route un moment avant de remonter dans les bois pour amorcer la descente sur Saint-Sauveur et son pont Napoléon qui domine le Gave de Gavarnie.

On s'installe au camping Toy dans le centre ville de Luz où on décide d'y faire une journée de break pour se reposer, réparer du matériel et se ravitailler.

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Après une bonne journée de repos pour nos muscles, il est temps de reprendre la direction des sentiers. Une nouvelle fois, le sac est lourd après un bon ravitaillement où on a envie de craquer pour pleins de petites choses... Le temps est gris et pluvieux mais on espère monter assez haut pour passer au-dessus ! On décide une nouvelle fois de s'écarter du GR 10 qui suit le fond de vallée pour monter directement vers les cimes en visant le refuge de la Glère pour y poser les tentes.

Départ de Luz-St-Sauveur, on grimpe raide et rapidement on se retrouve dans la purée de pois. On longe ensuite à flanc de montagne pour rejoindre le ruisseau de Bolou et y pique-niquer à midi.

On suit ensuite le lit de ce ruisseau pour remonter au dessus des 2000m. Ce n'est qu'une fois presque arrivé au refuge que le temps se dégage enfin pour nous offrir une soirée douce et agréable.

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Nouvelle journée, nouveaux plans. On décide de se séparer à nouveau, le secteur correspondant à l'habitat favorable du Lagopède alpin, Hélène poursuit sa route et je me dirige de mon côté vers un petit lac d'altitude qui porte bien son nom : le lac glacé.

Après avoir passé la fin de matinée et le début d'après-midi là-haut pas de trace de cette boule de plume difficile à débusquer. Ici pas de chemin balisé, que des petits cairns pour nous indiquer qu'on est sur le bonne voie. On voit bien qu'on se trouve en altitude dans un paysage composé uniquement de pierriers et de névés. Je découvre quand même à plusieurs endroits des petits tas de crottes qui correspondent très bien à ce que ferait le Lagopède.

Je redescends par où je suis monté puis je décide de couper un peu pour rejoindre plus rapidement la brèche où je suis censé passer. Je glisse malencontreusement dans un pierrier mais heureusement plus de peur que de mal, juste quelques petits bobos. Petit rappel de la montagne pour me dire : attention ne fait pas n'importe quoi !

Mais quand même, pour me rappeler aussi toute la beauté des lieux, je me retrouve quelques minutes après en face à face avec un Tichodrome échelette mâle chanteur (voir dessin plus bas de l'espèce si vous ne connaissez pas). Observation de fou pendant 5 min avec l'oiseau chantant à tue-tête. C'est une espèce difficilement observable en période de reproduction car elle fréquente de préférence des parois abruptes entre 1000 et 3000m dans des sites plutôt inaccessibles (je confirme que cet endroit n'était pas très accessible... 😅). Pour l'anecdote cette espèce quitte les montagnes en hiver pour descendre plus bas, et des fois bien plus bas, avec l'exemple d'un individu qui a passé déjà deux hivers sur le viaduc de Dinan en Bretagne où j'ai eu la chance de l'observer.

Bref, un moment unique, privilégié qui me reboost pour attaquer la suite. Et il m'en aura fallut de l'énergie pour gravir une petite montée très raide jusqu'à la brèche de Chausenque. S'en suit une descente à travers un gros névé pour rattraper le chemin qui file tranquillement jusqu'à l'aire de bivouac en fond de vallée en aval du lac d'Aubert.

Arrivé vers 16h30 je décide de m'y poser pour la soirée après cette journée assez éprouvante physiquement. Vers 19h qui est ce que je vois arriver ? Ma petite mamounette, qui devait passer par le même endroit que moi mais, qui voyant la raideur du petit passage, la difficulté avérée et le risque en solo, décida de rebrousser chemin pour passer par la Hourquette d'Aubert. D'ailleurs elle espérait que je renonce à mon tour à passer par cette brèche...

Heureusement tout est bien qui finit bien. On est content de se retrouver autour d'une bonne soupe à partager sereinement après cette journée forte en émotions.

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12/07 Du lac d'Aubert au Plat de Castillon

Après les émotions de la veille, le chemin très praticable qui serpente entre les lacs aux airs de Canada est plus que bienvenu. Il fait gris mais pour le moment le temps se maintien. Direction le lac de l'Oule, porte de sortie de la réserve naturelle de Néouvielle (on y aurait bien passé plus de temps). Vers 10h la pluie commence à tomber, d'abord de la petite bruine puis ça devient plus sérieux. Les capes de pluie sont de sortie. Passage par le col d'Estoudou pour redescendre sur le lac de l'Oule où on s'y arrête pour manger tant bien que mal sous cette pluie toujours tenace.

Après avoir avalé une bonne soupe chaude, on se lance dans la montée jusqu'au col du Portet qui nous fait basculer dans la vallée de Saint-Lary-Soulan. Finalement, en arrivant vers ce col, la pluie s'arrête et le temps se découvre. On redescend ensuite jusqu'à une belle zone d'alpage qui domine la vallée où on décide d'y planter les tentes au beau milieu des Gentianes. On s'endort bercé par le doux chant de la Caille des blés.

13/07 Du Plat de Castillon au ruisseau de la Courlère

Après une nuit douce et calme, on amorce une belle petite descente pour rejoindre le village de Vieille-Aure sous l'œil attentif des Vautours fauves.

On profite de ce retour en ville pour se faire un petit restaurant et un ravitaillement à Saint-Lary-Soulan.

On grimpe ensuite en passant par les beaux petits villages d'Estensan et d'Azet pour atteindre un petit promontoire rocheux qui domine la vallée, idéal pour y planter les tentes.

14/07 Du ruisseau de la Courlère à la cabane d'Ourtiga

Journée assez similaire avec la précédente avec une belle descente pour atteindre la ville de Loudenvielle en fin de matinée. Sauf qu'à la place d'un restaurant à midi, on se fait une rasia de fruits en guise de repas puis une grosse sieste pour digérer tout ça.

L'après midi on attaque raide jusqu'au village de Germ puis on rejoint tranquillement la cabane d'Ourtiga en fond de vallée pour y passer la nuit au milieu d'un troupeau de vaches.

15/07 De la cabane d'Ourtiga au refuge d'Espingo

Il fait beau, on entame un petit 500m de dénivelé pour atteindre le col au-dessus du bivouac. Aujourd'hui on vise le lac d'Oô pour y pique-niquer et d'après le guide il en vaut la peine ! Longue descente du col jusqu'au fond du Val d'Astau où on craque pour une petite pause thé/bière au bar-restaurant du coin (je vous laisse deviner qui boit quoi). Arrivé au lac, on est déçu de voir qu'il est artificiel, très encaissé et qu'il n'y a quasiment pas d'accès à l'eau... En plus il fait froid, alors on mange rapidement pour avancer vers notre bivouac du soir. On se déniche finalement un petit spot idyllique au bord du lac d'Espingo quelques heures de marche plus loin, qui lui, est de bien meilleur goût ! On reçoit même la visite du petit troupeau de chevaux du coin qui vient inspecter notre campement.

16/07 Du refuge d'Espingo à Bagnères-de-Luchon

Aujourd'hui c'est la journée des cimes, on reste en altitude jusqu'à Superbagnères en passant par deux cols à plus de 2000m.

Malheureusement pour moi, mes genoux me font mal dans les descentes depuis plusieurs jours et ça ne va pas en s'arrangeant... Pour limiter les dégâts on décide, une fois arrivé à la station de ski de Superbagnères, de prendre le télésiège qui descend jusqu'à Bagnères-de-Luchon pour m'éviter plus de 1000 mètres de descente bien raide.

Direction le camping le plus proche pour se prendre une bonne pause réparatrice et planifier la suite.