Un automne au Népal

Après une traversée de l'Europe du Sud express, nous voici au Népal pour 3 mois.
Septembre 2022
100 jours
Dernière étape postée il y a 1 jour
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Publié le 2 octobre 2022

Hier soir, nous avons passé un super moment avec les enfants de la Guesthouse Mountain View. Séance de dessin, écriture, mimes d'animaux, chants népalais.

Sange Sherpa, 10 ans

Nous quittons cette sympathique famille, dans la brume matinale, en direction de Mangingoth 3285m), 900m plus haut et 6,5km plus loin. Une belle montée sèche qui doit nous amener vers des altitudes qui vont commencer à compter. Au début, ça va...

Mais rapidement, nous devons sortir les parapluies. Cela alterne entre le crachin breton et les giboulées de mars. On passe la barre des 3000m sous une accalmie.

3000m, ça se fête ☺️

Nous faisons le dos rond et marchons sous nos abris portatifs en rêvant au soleil que nous n'avons pas vu depuis 3 jours. Jusqu'à maintenant, nous avions de la chance, nous marchions le matin et il pleuvait l'après midi !

Nous pressons le pas, car il n'y a pas d'abri où s'arrêter. Maxime accuse le coup. Il n'y a plus de village maintenant, seulement des refuges qui jalonnent l'itinéraire pour rejoindre le Langtang.

L'arrivée au lodge sonne comme une récompense. Un abri en montagne, ça n'a pas de prix ! Nous sommes accueillis par la sœur de la famille du lodge de Kutumsang. On se réchauffe autour du poêle allumé pour nous, on boit du thé, on fait sécher les affaires autour du feu 🔥.

On discute avec la famille. Nous apprenons que leur fils aîné étudie au MIT (USA). Il a décroché une bourse après avoir été le meilleur élève en physique du Népal en 2019 ! Un parcours extraordinaire, quand on voit d'où est parti ce jeune homme, ça fait plaisir !

Un rayon de soleil découvre un peu le paysage, le coin est vraiment magnifique.


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Publié le 1er octobre 2022

Première connexion après 5 jours !


Il a plu toute la nuit 🌃... Au matin à 6h, il pleut encore et c'est complètement bouché. On se dit qu'on va avoir du mal à partir, d'autant que nous avons 9km à faire aujourd'hui... Et puis d'un coup, comme par magie, la pluie cesse et les nuages se déchirent. Finalement, après un bon petit déj (chapati, miel, thé noir avec bcp de sucre, et patates réchauffées de la veille), nous décollons à 8h15 les batteries bien chargées.

Nous sommes tous en forme, et Solène va de mieux en mieux. Nous attaquons donc la première montée le moral au beau fixe, malgré la brume, qui donne une ambiance mystique.

Et puis d'un coup, le soleil ☀️ apparaît et le paysage se dévoile.

Un petit Stupa nous rappelle que nous sommes bien au Népal.

Une belle descente facile nous amène au village de Gul Bhanjyang.

village de Gul Bhanjyang

Après avoir vu des centaines de petits vers de terre le long du chemin, nous rencontrons le big boss (au moins 40cm !).

Nous faisons une pause "Tcha", le fameux thé noir.

La pause et l'intérieur de la cuisine. On met les chaussettes par dessus les pantalons à cause des sangsues

Encore une belle montée avant d'arriver à l'objectif du jour, Kutumsang. Les paysages deviennent un peu plus alpins, bien que nous soyons seulement autour de 2500m.

Voilà, nous sommes arrivés, à bientôt pour le J5 dans l'Helambu.

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Publié le 28 septembre 2022

Pour cette troisième journée, ce devrait être plus facile. Fini la jungle et place aux chemins de randonnée. En cette fin de mousson le temps est brumeux, nous avons acheté trois parapluies ☂️ à Kathmandu et nous les gardons à portée de mains. Nous démarrons par une piste de 4x4 et rapidement je trouve un raccourci qui part sur la droite. Le sentier est bétonné, avec des marches, et nous descendons rapidement 100m de dénivelé. Soudain, le béton disparaît et laisse place à un sentier d'herbes folles détrempé des pluies de la veille. Je m'y engage, et quelques secondes plus tard j'entends "des sangsues, des sangsues, c'est plein de sangsues !" Le quart d'heure qui suit, c'est panique à bord.

Une sangsue, c'est pas dangereux, mais c'est dégoûtant 🤢

C'est Anne-Laure qui ramasse le plus pendant cet épisode. Et nous ne savons toujours pas comment 2 parmi les plus grosses que nous avons vues, se retrouvent sous son aisselle droite ! Je me retrouve avec l'aide de Maxime et d'un Opinel à essayer de les retirer, mais elles sont particulièrement coriaces et gluantes... Après avoir fait don d'un peu de notre sang à la nature, nous décidons, le moral dans les chaussettes, de rebrousser chemin, de remonter les marches descendues, et de retourner sur la piste...


Heureusement, le reste de la journée est plus calme ! 😂

Nous trouvons des pistes mais aussi d'autres sentiers plus accueillants.

Parfois, les nuages se dispersent un peu et nous pouvons admirer les cultures en terrasse typiques de la région.

Nous atteignons un premier hameau, en bas de la vallée. Je le trouve misérable. Les gens semblent être très pauvres et vivre dans des conditions d'hygiène difficiles. Un petit garçon a les jambes recouvertes de boutons et de plaques. Nous passons devant des chevreaux, seule image réjouissante.

400m de dénivelé et nous arrivons à Chipling, hameau de quelques maisons, des paysans qui vivent de leur bétail (poules, chèvres 🐐 et des buffles), des cultures en terrasse dans des pentes bien inclinées. Nous négocions le prix de la chambre avant de voir l'état de propreté des salles de bains. C'est une erreur que nous ne referons plus 😁. Par contre les lits sont vraiment super confortables ce qui nous permet de passer une très bonne nuit réparatrice de ces trois premières journées de randonnée. Le démarrage a en effet été un peu difficile. S'habituer au poids des sacs, prendre le rythme en montagne, se lever tôt et se préparer rapidement, etc... Surtout que Solène a démarré avec les sinus et les bronches encombrés par la pollution de Kathmandu.

Une belle chenille rencontrée en chemin
En montant vers Chipling
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Publié le 27 septembre 2022

La première partie de la journée consiste à traverser le parc national sur 6kms à une altitude comprise entre 2000 et 2400m. En France, nous serions dans les alpages, avec éventuellement quelques passages en forêt de résineux 🌲. Ici, c'est dans une jungle dense, moite et humide que nous allons évoluer. La liste des animaux potentiellement observables est longue et variée : ours 🐻 bruns, panthères🐆, pangolins (le fameux !), serpents 🐍, chauve-souris 🦇, des dizaines d'espèces d'oiseaux 🐦, etc... Et des sangsues 🤢

Au bout de 200m, un check point militaire👮, il faut montrer les billets. Ensuite, nous nous retrouvons seuls dans la forêt... Le ciel est chargé de nuages ☁️ gris, il fait assez sombre.

Un sentier bien marqué dans une jungle bien dense

Première alerte, donnée par Maxime, une queue de serpent 🐍 qui disparaît bien vite dans les herbes. Très rapidement, un peu plus loin, nous tombons sur un beau spécimen de plus d'un mètre qui s'échappe si lentement que nous pouvons immortaliser l'événement.


Le serpent vivant ! 

Nous essayons de ne pas faire de bruit, mais je suis partagé entre l'excitation d'une potentielle rencontre, et la crainte de voir d'un peu trop près une panthère ou un ours, sachant que la probabilité est infime. Mais la faible visibilité, à savoir qu'on ne voit pas plus loin que quelques mètres, génère une ambiance particulière.

Nous avançons lentement, Solène n'est pas en forme, et de plus elle est stressée par les insectes et sangsues (une lui est tombée sur la main...).

Les bruits inhabituels sont nombreux, des sortes de cigales "chantent", parfois des oiseaux se mettent à faire pas mal de bruit, ne sachant si c'est à cause de nous ou d'un autre prédateur plus gros qui approche. Nous devons régulièrement nous inspecter pour vérifier les sangsues sur les pantalons (ou mes mollets car j'ai eu la bonne idée de marcher en short...). Petites, on les retire assez facilement.

Tout à coup, ça remue énormément au niveau de la cime des arbres, le temps d'identifier que ce sont des singes, ils sont déjà tous partis.

Nous passons un petit col, point culminant du jour et basculons sur un autre versant qui me semble plus accueillant.

Au col, matérialisé par les drapeaux de prières

La végétation s'éclaircit un peu et nous descendons vers Chisapani.

La jungle népalaise

Quelques papillons :

En arrivant au village, nous tombons sur ce bâtiment, encore un stigmate de 2015.

Alors ? On passe à gauche ou à droite ?

Alors que nous sommes au milieu de l'étape initialement prévue, nous décidons, vu la fatigue de Solène, de nous arrêter là, en espérant que l'après midi de repos nous permettra de reprendre la route demain.

Et nous faisons bien, car des averses rythment la fin de la journée, laissant entrevoir, lorsque les nuages se déchirent, de magnifiques paysages. De belles promesses pour les prochaines semaines.

Coucher de soleil sur les sommets du Langtang
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Publié le 26 septembre 2022

Accroc comme vous êtes à notre blog, je suis sûr que vous attendiez ce message avec impatience ! C'est que le WiFi n'a pas encore conquis toutes les montagnes du Népal ! Ou alors, lorsque il y a du WiFi, la connection est dépendante de la météo.☺️

A 15km au nord-est de Kathmandu, nous voici à Sundarijal (1400m), lieu de départ de notre longue randonnée au Népal. Au préalable, nous nous sommes déchargés de 6/7kg d'affaires que nous avons laissé à l'hôtel de Kathmandu.

Concernant l'itinéraire, nous remonterons tout d'abord plein Nord, dans la région de l'Helambu, ce qui nous fera gagner lentement mais sûrement, chaque jour, de l'altitude. Arrivés vers 3000m, il faudra penser à nous acclimater tranquillement, avant de franchir un col à 4600m qui nous permettra de rejoindre le Langtang.

Aujourd'hui, l'étape est courte, mais très raide. Moins de 4km pour 650 m de dénivelé. Nous entrons dans le parc national de Shivapuri Nagarjun, dans lequel nous passerons les 2 prochains jours (1000 roupies l'entrée par adulte). Le départ se fait sur un sentier bétonné longeant un tuyau d'approvisionnement d'eau. Nous remontons la rivière Bagmati, sacrée pour les hindous car ses eaux finissent dans le Gange. Nous sommes contents de voir qu'elle est nettement plus propre que lorsqu'elle passe à Pashupatinath, un site sacré de Kathmandu.

Nous apprécions de marcher en forêt ! Avec un air plus pur que dans la vallée. En nous élevant, nous rencontrons les premières rizières, des papillons, des buffles et des biquettes.

Nous arrivons en fin de matinée à Mulkarta et prenons nos quartiers dans une petite maison de thé au confort rudimentaire mais bien tenue par une famille qui possède également une dizaine de chèvres 🐐, des poules 🐔, et un buffle🐂. Toilettes à l'extérieur, douche avec un sceau, back to the basics !

Un lézard 🦎 punk

Côté connection, c'est une drôle de surprise. Les gens vivent ici de manière vraiment spartiate, sans eau chaude, dans un confort assez sommaire, en revanche, ils ont internet, le WiFi et la TV connectée à Netflix. C'est ainsi que le soir, en attendant le repas, nous nous retrouvons à regarder un documentaire animalier de la BBC...

La vallée de Kathmandu depuis Mulkarta
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Publié le 23 septembre 2022

Ancienne cité royale, Bakthapur a dominé économiquement, politiquement et culturellement la vallée de Kathmandu pendant 400 ans entre les 12ème et 16ème siècles. Le cœur de la vieille ville a bien été préservé, bien qu'il soit envahi par les motos et scooters. Ici aussi de nombreux bâtiments portent les stigmates du tremblement de terre de 2015.

Lorsque nous arrivons sur Dubar Square en cette fin d'après midi, nous avons la chance de tomber sur cette petite fanfare bien sympathique.

La fanfare


Bien qu'assez touristique (nous n'en avons pas vu beaucoup, mais les nombreuses échoppes d'artisanat en témoignent), c'est un vrai plaisir de déambuler dans les rues, à la découverte des temples disséminés un peu partout. En se levant tôt, on peut observer les habitants réaliser leurs rituels avant de commencer leur journée. De multiples offrandes (riz, pétales, poudres...) sont déposées sur les statues, les gens se signent devant les représentations des dieux et déesses.

Les offrandes 

De nombreux bassins (pokhari) parsèment la ville. A l'époque ils servaient de réservoir d'eau potable, mais aussi de bains publics, et de lieu pour accomplir les rituels religieux. Aujourd'hui, plus personne ne s'y baigne, les eaux troubles et sales étant envahies d'une sorte d'algue verte. On se demande comment les carpes survivent, sûrement grâce au riz et autre nourriture que les habitants viennent leur jeter. De manière générale, la qualité de l'eau est un vrai problème dans tout le pays. Les rivières (qui descendent de l'Himalaya, à la base ça fait plutôt rêver !) sont très polluées, chargées de plastique et servant malheureusement souvent de décharge. Certains Népalais s'en émeuvent, mais cela semble insoluble à résoudre tant la tâche est immense.

Nous sommes restés trois jours sur place, ce qui a permis de voir les variations d'ambiance et de lumières en fonction des heures de la journée.

Fin d'après midi ensoleillée sur Dubar Square
Fin d'après midi, après une averse
En pleine journée
Fin de journée

Les habitants vivent vraiment avec et au milieu des temples qui sont des espaces de sociabilisation. Lieu de rdv des jeunes amoureux, des joueurs de cartes ou bien aire de jeux pour enfants.

Lors d'une partie de cache-cache

Bakthapur est également réputée pour ses poteries. Il y a une place dans la ville dédiée à cet artisanat. L'un des produits phare est la tirelire, la vraie, celle qu'on casse pour récupérer ses économies !

Les poteries sont séchées au soleil ☀️ avant d'être plongée dans un émail liquide pour coloration

On peut aussi trouver un couturier dans la rue et faire réparer son tee-shirt en direct pour 80 centimes d'euros, ou encore s'acheter un caleçon pour 2€.

Avec une machine à coudre à pédales

Après 8 jours de visites dans la vallée nous avons maintenant hâte de partir en montagne. Au programme des réjouissances, au moins 1 mois de randonnée à travers les massifs de l'Helambu, du Langtang et du Ganesh Himal. Nous essaierons de maintenir le rythme au niveau de la parution des articles, mais cela dépendra aussi des connexions internet que nous pourrons trouver. Jusqu'à maintenant, il y a le WiFi absolument partout (hôtels, restaurants...).

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Publié le 22 septembre 2022

Après Swayambunath, direction Bodhanath !

Pour nos premiers jours a Katmandou, nous avions élu domicile dans Thamel, quartier souvent choisi par les voyageurs car on y trouve de tout, plus précisément tout ce qui peut manquer pour partir en trek. Ainsi nous avons trouvé les petites pièces qui nous manquaient : un bonnet pour Solène, des gants pour Maxime Solène et moi. Nous sommes maintenant parés.

Dans les boutiques de Thamel

En revanche ce quartier est particulièrement dense, bruyant et pollué, et la vigilance est de mise quand on marche dans les rues, entre le ballet des scooters , motos, voitures, et tous engins roulants !

Nous choisissons donc de nous installer dans un lieu bien plus calme pour les jours suivants, à la "Shechen Guesthouse", (merci @Béné pour la recommandation), à côté du monastère bouddhiste Shechen Gompa. Ce monastère serait la résidence principale de Matthieu Ricard mais nous ne l'avons pas croisé !

Le temple principal du monastère

En terme de calme, cette fois nous sommes servis: quand j'ouvre la porte de la chambre, je suis assourdie par le bruit du marteau piqueur, 2 ouvriers travaillent à 2 mètres de notre fenêtre. Restons Zen 🙏! Ce n'est pas grave, je vais fermer la fenêtre. Hé bien non ce n'est pas possible! Ils ont branché leur marteau piqueur dans notre chambre et le fil passe par la fenêtre !!! Restons zen 😂!

Ce petit incident bruyant ne durera pas (trop) longtemps.

Les dortoirs des moines

Quant à Bodhanath, nous y passons et repassons, matin, après midi, et soir. Nous tournons autour de cet immense Stupa, tout comme les nombreux moines et pèlerins présents ici. Je reconnais les tabliers traditionnels tibétains sur quelques vieilles dames, elles ont du faire un long chemin jusqu'ici...

Les fidèles font tourner les moulins à prières, brûlent de petites bougies. Certains sont absorbés, d'autres prient en téléphonant.

Des moines officient dans les différents temples autour; entre 2 prières, l'atmosphère est bien détendue, ils ont l'air de s'amuser.

Et quasiment où que l'on soit, les yeux du Stupa nous observent.

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Publié le 20 septembre 2022

Depuis Swayambhunath, nous prenons un triporteur public (tuktuk) pour nous rendre au Dubar Square (place royale) de Kathmandu.

4 au début, 13 à la fin ☺️

De nombreux temples sont érigés et beaucoup d'entre eux ont été détruits ou très abîmés lors d'un important séisme qui a touché le pays en 2015. Certains temples n'ont pas encore été reconstruits, faute de moyens probablement.

Durbar Square de Kathmandu

Lorsque nous arrivons sur place, des centaines de personnes sont rassemblées. Des groupes de percussions enchaînent les morceaux dans un bruit assourdissant. Des soldats de la garde royale veillent. Des gens défilent dans un sens, puis dans un autre.

Le festival Kumāri Jātrā bat son plein, et la foule attend l'apparition de Trishna Shakya, 8 ans, la déesse Royale vivante du Népal : La Kumãri.

La foule attend le passage de la Kumãri. En blanc, l'ancien palais royal

La tradition de la Kumãri remonte au 18ème siècle. Une des explications mythologiques est la suivante : Le roi avait pris l'habitude de jouer aux dés chaque nuit 🌃 avec la déesse Taleju. Ayant pris ombrage qu'une nuit il lui ait fait des avances (elle est bien naïve 😁), la déesse dit au roi qu'elle ne réapparaitrait que sous la forme d'une jeune fille prépubère. Ainsi le roi se mit à chercher "l'élue" en question. En plus d'avoir un thème astral favorable, et d'appartenir à une caste bien précise, la jeune fille est examinée sous toutes les coutures. Entre autres, elle doit avoir la nuque comme une conque ( coquillage 🐚 ), la voie douce et claire d'un canard 🦆 ou encore le fémur d'une biche. Les petites filles répondant à tous ces critères, sont alors mises à l'épreuve. Elles assistent aux massacres d'animaux de la fête annuelle de Dahsain. La seule qui n'est pas épouvantée est forcément l'incarnation de la déesse.

La Kumãri ainsi désignée quitte sa famille pour vivre dans le kumari ghar, une bâtisse historique donnant sur Dubar Square. Surprotégée, elle ne doit pas saigner ni marcher par terre en dehors de sa demeure, elle vit recluse et ne sort que pour les 13 festivals annuels du Népal. Elle est vénérée par les bouddhistes et hindouistes, et les dignitaires du royaume viennent se faire bénir. Lors de ses premières menstruations, elle perd tous ces pouvoirs et doit être remplacée.

Mais attention, elle va bientôt arriver...

Au fond, à gauche, le kumari ghar. Poussez vous ! Faites de la place pour la Kumãri !

Voici le chariot !

Il faut jouer des coudes pour espérer prendre une photo de la déesse...

Trishna Shakya, Kumãri depuis 2017

Une vidéo pour l'ambiance :

Et pendant ce temps-là, dans l'ancien palais royal, jouxtant la place envahie par la foule, dans un calme contrastant avec la ferveur de l'extérieur, je tombe sur cette fille qui pose 😂.

Bref, revenons à notre défilé. Le chariot part dans les rues de Thamel :

Le chariot de la Kumãri

Il passe devant cette statue particulièrement fascinante.👹 Le rituel se répète plusieurs jours durant fin août/début septembre.

Statue Swet Bairab, représentant Bhairava, l'avatar terrifiant de Shiva

Une petite fille, enfermée pendant 10 ans ! Mais que fait la protection de l'enfance me direz-vous ? C'est quand même pire que de faire voyager son fils tout seul dans un bus !

D'autant plus que pour les anciennes Kumãri, le retour à l'anonymat est assez difficile. Elle doivent réintégrer le monde réel, alors qu'elles ont vécu dans une prison dorée pendant la majeure partie de leur enfance. De surcroît, si jamais elles se marient, une croyance persiste comme quoi leur époux décèderait au bout de 2 ans !

Depuis le début des années 2000, des voix de plus en plus nombreuses s'élèvent pour que cette tradition évolue. Ainsi, la Kumãri reçoit aujourd'hui une éducation, ce qui lui permet de reprendre une scolarité normale.


Pour aller plus loin, vous pouvez lire cet article (en anglais) en cliquant ici ✅.

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Publié le 18 septembre 2022

Namaste ! 🙏

Aujourd'hui, une petite note sur les impressions de Maxime sur ses premiers jours au Népal :

Les odeurs sont très différentes de l'Europe, parfois on sent l'encens, d'autres fois la pollution des voitures, les ordures, ou bien les odeurs de curry quand les gens cuisinent.

Les odeurs d'encens

Les gens sont différents, ils ont une peau plus sombre, beaucoup ont les yeux bridés, ils sont moins grands qu'en France et toujours fins, les femmes sont habillées avec de grands tissus très colorés. Les hommes comme les femmes portent des bijoux.

Tirtha kumari, nous avons mangé dans la maison de son fils Ramesh

Dans Thamel, ça circule dans tous les sens, petits taxis, scooters, motos, vélos charette, piétons, tout le monde se croise en se frôlant, il faut bien faire attention. Les taxis et les scooters passent leur temps à klaxonner.

Circulation népalaise

Les singes sont très agiles, ils font du toboggan sur la rampe de l'escalier qui menait au temple. Ils sautent d'arbres en arbres et se chamaillent, mais aussi se reposent et s'enlèvent les puces deux à deux. Les petits sont trop mignons et jouent beaucoup dans les arbres ou dans les drapeaux de prières.

Il y a un grand bazar de fils électriques. Ils pendent de partout sur les poteaux. Je ne sais comment ils font pour s'y retrouver avec tous ces nœuds.

La monnaie népalaise est la roupie. Avec 1 euro, on récupère 125 roupies, du coup mes parents ont l'impression d'être riches 😂. Les billets de banque sont très jolis, avec des animaux qu'on n'a pas l'habitude de voir. Ce sont les animaux emblématiques du Népal. Pour commencer, le roi de la jungle sur le billet de 1000 (8 euros), l'éléphant d'Asie 🐘. Sur celui de 100, il y a une maman rhinocéros 🦏 et son petit. Et mon préféré (50 roupies), celui de la panthère des neiges. Je rêve d'en voir une en vrai dans l'Himalaya !

Sur le billet de 20, on peut voir le cerf 🦌du Népal (Barasingha). L'emblème du billet de 10, est l'antilope (Krishnasar), une espèce qui a failli disparaître. Pour le billet de 5, le Yack.

Et pour finir, le tigre 🐯🐅 sur le billet de 500.

Sinon, je me suis fait une nouvelle coupe de cheveux, vous en pensez quoi ?

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Publié le 16 septembre 2022

16 ans après, nous voici de retour au Népal, pays qui nous a tant marqué lors de nos passages précédents, en 2003 (cliquez-ici pour lire le carnet) puis en 2006 (cliquez-ici pour lire le carnet).

Cette fois-ci, nous avons prévu d'y rester au moins 3 mois, avec les enfants pour qui l'expérience est totalement nouvelle. Nous espérons qu'ils tomberont, eux aussi, amoureux de ce fabuleux pays.

Un voyage de 24h depuis Istanbul nous emmène donc à Kathmandu, la porte d'entrée de la plupart des voyageurs/touristes qui débarquent ici. Direction Thamel, le quartier des hôtels et guesthouse bons marchés, au cœur de la capitale.

Nous avions trouvé Rome pas très propre, Istanbul sale, alors que dire de Kathmandu... Ce n'est sûrement pas pire qu'il y a 16 ans, cependant la population de la ville ayant doublé, ça ne doit rien arranger... Une fois qu'on met ce gros inconvénient de côté (malheureusement les habitants vivent "là dedans"), qu'on a récupéré du voyage, et qu'on a ouvert un peu ses chakras, alors on peut s'attendre à ce que la magie opère...

Pour allumer l'étincelle, nous prenons la direction de Swayambhunath, un complexe de temples vénérés par les hindous et les bouddhistes sur une colline boisée à l'extérieur du centre ville. De nombreux fidèles s'y pressent pour faire des prières, des offrandes, flâner, se faire prendre en photo dans un décor mirifique. Il y a aussi des mendiants, des chiens errants, et une grosse colonie de macaques dont les deux activités principales sont de chiper de la nourriture aux visiteurs et de se chamailler. Si vous avez de la nourriture en main, ils peuvent se montrer agressifs pour récupérer leur dû, autrement il n'y a pas grand chose à craindre.

Avant d'arriver au temple, il faut gravir quelques marches :

Autant de chiens errants dans Kathmandu que de chats dans Istanbul

Bien entendu, les enfants étaient plus impatients de voir les singes 🐵🐒 que les temples, mais j'aurais été pareil au même âge !

Nous passons pas mal de temps à tenter de les photographier et ce n'est pas une mince affaire car ils sont très mobiles. Quand on les ignore, ils nous ignorent, mais quand on les cherche, soit ils déguerpissent (les jeunes) soit....

Accroché à sa mère comme d'autres à leurs parents
C'est bon la tétouille

Nous profitons du lieu qui s'étend sur plusieurs petites places. Tout d'abord le Stupa, le monument le plus emblématique du site, datant du 5ème siècle.

Un rayon de soleil au bon moment !

Son architecture répond à quelques règles, chaque région ayant développé son propre style : Le dôme blanc représente l'univers ; les 4 paires d'yeux sur les faces du cube, la sagesse et la compassion ; le nez en forme de spirale symbolise le Nirvana ; le troisième oeil, la clairvoyance ; les 13 pinacles concentriques représentent les étapes que toute personne doit passer pour atteindre le Nirvana ;

On tourne autour du Stupa dans le sens des aiguilles d'une montre et on fait tourner les moulins de prières avec sa main droite

Une petite visite du site en vidéo :

Plus loin sur la colline, on arrive à un bassin rempli d'eau, de carpes et de pièces. En son centre, une statue et une urne dans laquelle il s'agit de jeter une pièce. La bonne fortune sourira à ceux qui parviennent à viser juste !

De nombreuses personnes viennent se faire prendre en photo, alors je demande aussi à les prendre en photo :

Nous déambulons ainsi sur le site pendant plusieurs heures, contemplatifs de toutes ces scènes de vie. Nous mangeons dans la seule gargote. Vraiment très sommaire, entourée d'un grillage jusqu'au toit, nous comprenons que c'est pour être protégés des singes 😁.

De magnifiques moulins de prières
Aucun respect pour les monuments religieux

En redescendant du complexe nous nous arrêtons devant un grand bassin dans lequel une vingtaine de singes s'amusent comme s'amuseraient des gamins dans une piscine : ils montent sur des barrières pour sauter dans l'eau, s'éclaboussent. Les plus téméraires montent dans un arbre pour avoir plus de hauteur pour "plonger". Ils font carrément des figures ! Soudain une averse éclate, nous sommes encore en période de mousson. Nous trouvons refuge sous un porche. Les singes, bien que trempés, ont la même idée. Nous nous retrouvons alors à partager ce maigre espace avec quelques macaques.

Séance de cohabitation pacifique 🐒😁