Un automne au Népal

Après une traversée de l'Europe du Sud express, nous voici au Népal pour 3 mois.
Septembre 2022
100 jours
Dernière étape postée il y a 1 jour
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Publié le 23 septembre 2022

Ancienne cité royale, Bakthapur a dominé économiquement, politiquement et culturellement la vallée de Kathmandu pendant 400 ans entre les 12ème et 16ème siècles. Le cœur de la vieille ville a bien été préservé, bien qu'il soit envahi par les motos et scooters. Ici aussi de nombreux bâtiments portent les stigmates du tremblement de terre de 2015.

Lorsque nous arrivons sur Dubar Square en cette fin d'après midi, nous avons la chance de tomber sur cette petite fanfare bien sympathique.

La fanfare


Bien qu'assez touristique (nous n'en avons pas vu beaucoup, mais les nombreuses échoppes d'artisanat en témoignent), c'est un vrai plaisir de déambuler dans les rues, à la découverte des temples disséminés un peu partout. En se levant tôt, on peut observer les habitants réaliser leurs rituels avant de commencer leur journée. De multiples offrandes (riz, pétales, poudres...) sont déposées sur les statues, les gens se signent devant les représentations des dieux et déesses.

Les offrandes 

De nombreux bassins (pokhari) parsèment la ville. A l'époque ils servaient de réservoir d'eau potable, mais aussi de bains publics, et de lieu pour accomplir les rituels religieux. Aujourd'hui, plus personne ne s'y baigne, les eaux troubles et sales étant envahies d'une sorte d'algue verte. On se demande comment les carpes survivent, sûrement grâce au riz et autre nourriture que les habitants viennent leur jeter. De manière générale, la qualité de l'eau est un vrai problème dans tout le pays. Les rivières (qui descendent de l'Himalaya, à la base ça fait plutôt rêver !) sont très polluées, chargées de plastique et servant malheureusement souvent de décharge. Certains Népalais s'en émeuvent, mais cela semble insoluble à résoudre tant la tâche est immense.

Nous sommes restés trois jours sur place, ce qui a permis de voir les variations d'ambiance et de lumières en fonction des heures de la journée.

Fin d'après midi ensoleillée sur Dubar Square
Fin d'après midi, après une averse
En pleine journée
Fin de journée

Les habitants vivent vraiment avec et au milieu des temples qui sont des espaces de sociabilisation. Lieu de rdv des jeunes amoureux, des joueurs de cartes ou bien aire de jeux pour enfants.

Lors d'une partie de cache-cache

Bakthapur est également réputée pour ses poteries. Il y a une place dans la ville dédiée à cet artisanat. L'un des produits phare est la tirelire, la vraie, celle qu'on casse pour récupérer ses économies !

Les poteries sont séchées au soleil ☀️ avant d'être plongée dans un émail liquide pour coloration

On peut aussi trouver un couturier dans la rue et faire réparer son tee-shirt en direct pour 80 centimes d'euros, ou encore s'acheter un caleçon pour 2€.

Avec une machine à coudre à pédales

Après 8 jours de visites dans la vallée nous avons maintenant hâte de partir en montagne. Au programme des réjouissances, au moins 1 mois de randonnée à travers les massifs de l'Helambu, du Langtang et du Ganesh Himal. Nous essaierons de maintenir le rythme au niveau de la parution des articles, mais cela dépendra aussi des connexions internet que nous pourrons trouver. Jusqu'à maintenant, il y a le WiFi absolument partout (hôtels, restaurants...).

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Publié le 22 septembre 2022

Après Swayambunath, direction Bodhanath !

Pour nos premiers jours a Katmandou, nous avions élu domicile dans Thamel, quartier souvent choisi par les voyageurs car on y trouve de tout, plus précisément tout ce qui peut manquer pour partir en trek. Ainsi nous avons trouvé les petites pièces qui nous manquaient : un bonnet pour Solène, des gants pour Maxime Solène et moi. Nous sommes maintenant parés.

Dans les boutiques de Thamel

En revanche ce quartier est particulièrement dense, bruyant et pollué, et la vigilance est de mise quand on marche dans les rues, entre le ballet des scooters , motos, voitures, et tous engins roulants !

Nous choisissons donc de nous installer dans un lieu bien plus calme pour les jours suivants, à la "Shechen Guesthouse", (merci @Béné pour la recommandation), à côté du monastère bouddhiste Shechen Gompa. Ce monastère serait la résidence principale de Matthieu Ricard mais nous ne l'avons pas croisé !

Le temple principal du monastère

En terme de calme, cette fois nous sommes servis: quand j'ouvre la porte de la chambre, je suis assourdie par le bruit du marteau piqueur, 2 ouvriers travaillent à 2 mètres de notre fenêtre. Restons Zen 🙏! Ce n'est pas grave, je vais fermer la fenêtre. Hé bien non ce n'est pas possible! Ils ont branché leur marteau piqueur dans notre chambre et le fil passe par la fenêtre !!! Restons zen 😂!

Ce petit incident bruyant ne durera pas (trop) longtemps.

Les dortoirs des moines

Quant à Bodhanath, nous y passons et repassons, matin, après midi, et soir. Nous tournons autour de cet immense Stupa, tout comme les nombreux moines et pèlerins présents ici. Je reconnais les tabliers traditionnels tibétains sur quelques vieilles dames, elles ont du faire un long chemin jusqu'ici...

Les fidèles font tourner les moulins à prières, brûlent de petites bougies. Certains sont absorbés, d'autres prient en téléphonant.

Des moines officient dans les différents temples autour; entre 2 prières, l'atmosphère est bien détendue, ils ont l'air de s'amuser.

Et quasiment où que l'on soit, les yeux du Stupa nous observent.

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Publié le 20 septembre 2022

Depuis Swayambhunath, nous prenons un triporteur public (tuktuk) pour nous rendre au Dubar Square (place royale) de Kathmandu.

4 au début, 13 à la fin ☺️

De nombreux temples sont érigés et beaucoup d'entre eux ont été détruits ou très abîmés lors d'un important séisme qui a touché le pays en 2015. Certains temples n'ont pas encore été reconstruits, faute de moyens probablement.

Durbar Square de Kathmandu

Lorsque nous arrivons sur place, des centaines de personnes sont rassemblées. Des groupes de percussions enchaînent les morceaux dans un bruit assourdissant. Des soldats de la garde royale veillent. Des gens défilent dans un sens, puis dans un autre.

Le festival Kumāri Jātrā bat son plein, et la foule attend l'apparition de Trishna Shakya, 8 ans, la déesse Royale vivante du Népal : La Kumãri.

La foule attend le passage de la Kumãri. En blanc, l'ancien palais royal

La tradition de la Kumãri remonte au 18ème siècle. Une des explications mythologiques est la suivante : Le roi avait pris l'habitude de jouer aux dés chaque nuit 🌃 avec la déesse Taleju. Ayant pris ombrage qu'une nuit il lui ait fait des avances (elle est bien naïve 😁), la déesse dit au roi qu'elle ne réapparaitrait que sous la forme d'une jeune fille prépubère. Ainsi le roi se mit à chercher "l'élue" en question. En plus d'avoir un thème astral favorable, et d'appartenir à une caste bien précise, la jeune fille est examinée sous toutes les coutures. Entre autres, elle doit avoir la nuque comme une conque ( coquillage 🐚 ), la voie douce et claire d'un canard 🦆 ou encore le fémur d'une biche. Les petites filles répondant à tous ces critères, sont alors mises à l'épreuve. Elles assistent aux massacres d'animaux de la fête annuelle de Dahsain. La seule qui n'est pas épouvantée est forcément l'incarnation de la déesse.

La Kumãri ainsi désignée quitte sa famille pour vivre dans le kumari ghar, une bâtisse historique donnant sur Dubar Square. Surprotégée, elle ne doit pas saigner ni marcher par terre en dehors de sa demeure, elle vit recluse et ne sort que pour les 13 festivals annuels du Népal. Elle est vénérée par les bouddhistes et hindouistes, et les dignitaires du royaume viennent se faire bénir. Lors de ses premières menstruations, elle perd tous ces pouvoirs et doit être remplacée.

Mais attention, elle va bientôt arriver...

Au fond, à gauche, le kumari ghar. Poussez vous ! Faites de la place pour la Kumãri !

Voici le chariot !

Il faut jouer des coudes pour espérer prendre une photo de la déesse...

Trishna Shakya, Kumãri depuis 2017

Une vidéo pour l'ambiance :

Et pendant ce temps-là, dans l'ancien palais royal, jouxtant la place envahie par la foule, dans un calme contrastant avec la ferveur de l'extérieur, je tombe sur cette fille qui pose 😂.

Bref, revenons à notre défilé. Le chariot part dans les rues de Thamel :

Le chariot de la Kumãri

Il passe devant cette statue particulièrement fascinante.👹 Le rituel se répète plusieurs jours durant fin août/début septembre.

Statue Swet Bairab, représentant Bhairava, l'avatar terrifiant de Shiva

Une petite fille, enfermée pendant 10 ans ! Mais que fait la protection de l'enfance me direz-vous ? C'est quand même pire que de faire voyager son fils tout seul dans un bus !

D'autant plus que pour les anciennes Kumãri, le retour à l'anonymat est assez difficile. Elle doivent réintégrer le monde réel, alors qu'elles ont vécu dans une prison dorée pendant la majeure partie de leur enfance. De surcroît, si jamais elles se marient, une croyance persiste comme quoi leur époux décèderait au bout de 2 ans !

Depuis le début des années 2000, des voix de plus en plus nombreuses s'élèvent pour que cette tradition évolue. Ainsi, la Kumãri reçoit aujourd'hui une éducation, ce qui lui permet de reprendre une scolarité normale.


Pour aller plus loin, vous pouvez lire cet article (en anglais) en cliquant ici ✅.

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Publié le 18 septembre 2022

Namaste ! 🙏

Aujourd'hui, une petite note sur les impressions de Maxime sur ses premiers jours au Népal :

Les odeurs sont très différentes de l'Europe, parfois on sent l'encens, d'autres fois la pollution des voitures, les ordures, ou bien les odeurs de curry quand les gens cuisinent.

Les odeurs d'encens

Les gens sont différents, ils ont une peau plus sombre, beaucoup ont les yeux bridés, ils sont moins grands qu'en France et toujours fins, les femmes sont habillées avec de grands tissus très colorés. Les hommes comme les femmes portent des bijoux.

Tirtha kumari, nous avons mangé dans la maison de son fils Ramesh

Dans Thamel, ça circule dans tous les sens, petits taxis, scooters, motos, vélos charette, piétons, tout le monde se croise en se frôlant, il faut bien faire attention. Les taxis et les scooters passent leur temps à klaxonner.

Circulation népalaise

Les singes sont très agiles, ils font du toboggan sur la rampe de l'escalier qui menait au temple. Ils sautent d'arbres en arbres et se chamaillent, mais aussi se reposent et s'enlèvent les puces deux à deux. Les petits sont trop mignons et jouent beaucoup dans les arbres ou dans les drapeaux de prières.

Il y a un grand bazar de fils électriques. Ils pendent de partout sur les poteaux. Je ne sais comment ils font pour s'y retrouver avec tous ces nœuds.

La monnaie népalaise est la roupie. Avec 1 euro, on récupère 125 roupies, du coup mes parents ont l'impression d'être riches 😂. Les billets de banque sont très jolis, avec des animaux qu'on n'a pas l'habitude de voir. Ce sont les animaux emblématiques du Népal. Pour commencer, le roi de la jungle sur le billet de 1000 (8 euros), l'éléphant d'Asie 🐘. Sur celui de 100, il y a une maman rhinocéros 🦏 et son petit. Et mon préféré (50 roupies), celui de la panthère des neiges. Je rêve d'en voir une en vrai dans l'Himalaya !

Sur le billet de 20, on peut voir le cerf 🦌du Népal (Barasingha). L'emblème du billet de 10, est l'antilope (Krishnasar), une espèce qui a failli disparaître. Pour le billet de 5, le Yack.

Et pour finir, le tigre 🐯🐅 sur le billet de 500.

Sinon, je me suis fait une nouvelle coupe de cheveux, vous en pensez quoi ?

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Publié le 16 septembre 2022

16 ans après, nous voici de retour au Népal, pays qui nous a tant marqué lors de nos passages précédents, en 2003 (cliquez-ici pour lire le carnet) puis en 2006 (cliquez-ici pour lire le carnet).

Cette fois-ci, nous avons prévu d'y rester au moins 3 mois, avec les enfants pour qui l'expérience est totalement nouvelle. Nous espérons qu'ils tomberont, eux aussi, amoureux de ce fabuleux pays.

Un voyage de 24h depuis Istanbul nous emmène donc à Kathmandu, la porte d'entrée de la plupart des voyageurs/touristes qui débarquent ici. Direction Thamel, le quartier des hôtels et guesthouse bons marchés, au cœur de la capitale.

Nous avions trouvé Rome pas très propre, Istanbul sale, alors que dire de Kathmandu... Ce n'est sûrement pas pire qu'il y a 16 ans, cependant la population de la ville ayant doublé, ça ne doit rien arranger... Une fois qu'on met ce gros inconvénient de côté (malheureusement les habitants vivent "là dedans"), qu'on a récupéré du voyage, et qu'on a ouvert un peu ses chakras, alors on peut s'attendre à ce que la magie opère...

Pour allumer l'étincelle, nous prenons la direction de Swayambhunath, un complexe de temples vénérés par les hindous et les bouddhistes sur une colline boisée à l'extérieur du centre ville. De nombreux fidèles s'y pressent pour faire des prières, des offrandes, flâner, se faire prendre en photo dans un décor mirifique. Il y a aussi des mendiants, des chiens errants, et une grosse colonie de macaques dont les deux activités principales sont de chiper de la nourriture aux visiteurs et de se chamailler. Si vous avez de la nourriture en main, ils peuvent se montrer agressifs pour récupérer leur dû, autrement il n'y a pas grand chose à craindre.

Avant d'arriver au temple, il faut gravir quelques marches :

Autant de chiens errants dans Kathmandu que de chats dans Istanbul

Bien entendu, les enfants étaient plus impatients de voir les singes 🐵🐒 que les temples, mais j'aurais été pareil au même âge !

Nous passons pas mal de temps à tenter de les photographier et ce n'est pas une mince affaire car ils sont très mobiles. Quand on les ignore, ils nous ignorent, mais quand on les cherche, soit ils déguerpissent (les jeunes) soit....

Accroché à sa mère comme d'autres à leurs parents
C'est bon la tétouille

Nous profitons du lieu qui s'étend sur plusieurs petites places. Tout d'abord le Stupa, le monument le plus emblématique du site, datant du 5ème siècle.

Un rayon de soleil au bon moment !

Son architecture répond à quelques règles, chaque région ayant développé son propre style : Le dôme blanc représente l'univers ; les 4 paires d'yeux sur les faces du cube, la sagesse et la compassion ; le nez en forme de spirale symbolise le Nirvana ; le troisième oeil, la clairvoyance ; les 13 pinacles concentriques représentent les étapes que toute personne doit passer pour atteindre le Nirvana ;

On tourne autour du Stupa dans le sens des aiguilles d'une montre et on fait tourner les moulins de prières avec sa main droite

Une petite visite du site en vidéo :

Plus loin sur la colline, on arrive à un bassin rempli d'eau, de carpes et de pièces. En son centre, une statue et une urne dans laquelle il s'agit de jeter une pièce. La bonne fortune sourira à ceux qui parviennent à viser juste !

De nombreuses personnes viennent se faire prendre en photo, alors je demande aussi à les prendre en photo :

Nous déambulons ainsi sur le site pendant plusieurs heures, contemplatifs de toutes ces scènes de vie. Nous mangeons dans la seule gargote. Vraiment très sommaire, entourée d'un grillage jusqu'au toit, nous comprenons que c'est pour être protégés des singes 😁.

De magnifiques moulins de prières
Aucun respect pour les monuments religieux

En redescendant du complexe nous nous arrêtons devant un grand bassin dans lequel une vingtaine de singes s'amusent comme s'amuseraient des gamins dans une piscine : ils montent sur des barrières pour sauter dans l'eau, s'éclaboussent. Les plus téméraires montent dans un arbre pour avoir plus de hauteur pour "plonger". Ils font carrément des figures ! Soudain une averse éclate, nous sommes encore en période de mousson. Nous trouvons refuge sous un porche. Les singes, bien que trempés, ont la même idée. Nous nous retrouvons alors à partager ce maigre espace avec quelques macaques.

Séance de cohabitation pacifique 🐒😁