Carnet de voyage

Sur la route de Li

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Missions éco-volontaires de la Thaïlande aux Philippines - à la rencontre des espèces à protéger
Du 8 février au 30 septembre 2020
235 jours
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Publié le 25 février 2020

C’est parti pour l’aventure! 8 mois d’immersion totale dans différentes cultures. Cela fait bien longtemps que j’avais envie de partir en Asie du sud-est. Je ne voulais pas juste voyager et ne faire qu’effleurer la vie locale. Je voulais voyager autrement, découvrir plus que des sites touristiques et donner un coup de main en même temps. Et pourquoi ne pas allier mes deux passions? Les voyages et les animaux. Je découvre alors les missions éco-volontaires – préservation de la faune et de la flore. Pourquoi ce carnet? Envie à travers ce carnet de voyages de vous partager mes découvertes et mes étonnements. J'espère que ça vous plaira et que grâce à ce carnet, vous voyagerez aussi un peu avec moi. Bonne lecture! 


Je pense que je n’aurais pas pu être mieux accueillie. Grosse pression pour les autres associations. Tout le monde est très sympa (même si on ne parle pas la même la langue, je sens une bienveillance), Ying veille sur moi, Sébastien, un des fondateurs français prend souvent des nouvelles et m’inclut réellement dans les projets de l’association, et Yanwit, un des fondateurs thaïlandais me donne des cours sur les éléphants. Je fais dodo (déjà un peu partout quand on me pose quelque part, la chaleur assomme un peu) à 5 minutes du camp dans une petite maisonnette à moi rien qu'à moi comme les mahouts (ceux qui s'occupent des éléphants). 


Nos éléphants :

- Bourtong la plus âgée, elle, a une trentaine d'années et est très calme, elle est maman d’une petite Cherry,

- Cherry a eu 9 mois le 16 février. Elle ne fait que des bêtises et ai un peu pataude mais c’est pour ça qu’on craque pour elle,

- Wanvisa a 26 ans et est enceinte. Elle devrait accoucher dans 5 à 8 mois. Oui c’est une grosse fourchette mais on m'a dit que c'était difficile de bien voir à l'échographie. Pour les thaïlandais du camp, ce n’est pas encore sûr qu’elle soit enceinte car le chaman (une sorte de gourou des éléphants) n’a pas confirmé,

- Poumpouï a 5 ans. C’est une petite fofolle qui a son caractère et elle fait ce qu’elle veut.

Journée type de travail

Hop hop hop debout! On nettoie avec les mahouts l’enclos de Wanvisa et Poumpouï qui est près de nos petites maisons. Je sais pas pour vous mais je trouve que ramasser les crottes de mammouths ça met en appétit. J’enfourche mon petit bolide violet (c’est juste un vélo, en fait) et direction le camp où on nettoie l’autre enclos. Mon petit déjeuner à la clef! Un matin, j’ai eu le droit à du riz bouilli avec des boulettes de porc. C’est ce qu’ils mangent mais je préfère mon pain avec de la confiture (Ying, la responsable du staff, m’a même acheté de la confiture de framboises, c’est un amour)

Les touristes ont le choix entre différents stages avec les éléphants : journée entière, demi-journée ou seulement une petite session d’1h30. Le plus recommandé est la demi-journée. Nous commencons par un petit speech d’1h sur les éléphants et leurs conditions de vie en Thaïlande (j’y reviendrai – trop d’explications à donner et je n’ai pas fini d’en apprendre). Je participe un peu quand c’est Sébastien qui anime sinon je le fais toute seule comme une grande (pas simple de tenir un discours pendant 1h sans s'embrouiller).


Sensibiliser les touristes aux conditions de vie des éléphants en Thaïlande

Ensuite c’est aux touristes de travailler. Ils vont préparer les victuailles pour les éléphants (concombres, maïs, bananes, boulettes de riz avec du potiron… ). Le but est qu’ils déposent leur odeur dessus pour se faire accepter de nos chers pachydermes. Et oui les éléphants c’est comme les francais, on les a dans la poche en faisant frémir leur estomac.

Préparation de la popote

Direction nos petites maisons où se trouvent Wanvisa et Poumpouï pour les nourrir avant de se balader à leurs côtés. Leur trompe est si agile et elles sont si délicates quand elles prennent la nourriture de nos mains, c’est impressionnant. Elles font vraiment attention. Même quand elles se baladent près de nous, loin d’etre des bourrines, elles garderont une distance de sécurité. Je commence donc à douter de l’expression “un éléphant dans un magasin de porcelaine”. Elles feraient moins de dégâts que moi. On se balade donc dans la nature à leurs côtés sur les 52 hectares  loués par l’association. On les laisse évoluer pour mieux observer leur comportement. A côté des champs, se trouvent un petit canyon où plusieurs bassins d’eau/boue/argile/spa permettront aux éléphants de se relaxer et de faire leur bain de boue journalier. Les touristes peuvent s’ils le souhaitent se joindre à elles et étaler de l’argile sur elles. SPA gratuit pour tout le monde! La blague des mahouts est d’étaler de l’argile sur les touristes. Oui oui j’ai eu le droit aussi… Mais pour ceux qui me connaissent bien, je me suis vengée ! L'argile va permettre aux éléphants de se protéger des parasites et du soleil. Quand on les voit se rouler dans l’eau c’est magique. On sent que c’est le moment surkiff de la journée.

Distribution du miam-miam et SPA pour tous !

On les ramène ensuite dans leur enclos et direction le camp principal où la maman Bourtong et Cherry nous attendent. On leur distribue leurs petites friandises. La maman attend sagement qu’on lui tende la nourriture. Par contre, la petite Cherry de 9 mois et de 250 kilos elle monte sur les estrades et va se servir directement. Quelle coquine ! Elle fait que des bêtises (elle a d'ailleurs cassé l'arrivée d’eau près de son enclos, parce qu’elle est en totale liberté). Elle est un petit peu maladroite des fois mais c’est ce qui fait tout son charme. Apres le casse croute on les amène à la rivière Kwai (pas pour construire le pont, hein). Ce n’est qu’a quelques mètres. On remonte pour leur faire prendre une petite douche. On laisse Cherry jouer dans son petit Jacuzzi pendant que les touristes brossent le cuir de Bourtong. Il faut savoir que le cuir de l'éléphant est très épais (4 a 5 cm) et est composé de plein de striures (comme dans le creux d’une main) où les parasites vont se loger rapidement et pondre leurs vilains petits œufs. C’est pour ça qu’on va voir des éléphants se gratter à des troncs d’arbre comme Baloo dans le livre de la jungle. Les brosser pendant la douche, cela va permettre de se débarrasser des parasites. L'éléphant ira se salir de suite pour se protéger. Le savon utilisé est très léger et Sébastien cherche une recette de savon à base de cendres mais il va falloir le tester pour être sûr qu’il n’irrite pas le cuir de l'éléphant. L’experience s'arrête ici pour ceux qui ont réservé la demi-journée. S’ils ont réservé pour la journée entiere, ils ont le déjeuner sur place et ensuite nous allons nous balader dans la nature avec eux. Ils se nourrissent dans la forêt de bambous et se baladent tranquillement. Nous pouvons les observer et prendre de jolies photos souvenir. Pour l’instant, tous les touristes que j’ai accompagné sont très heureux de cette expérience et parlent même de moments inoubliables. Pour les plus petits, j’ai eu le droit à “c’est le plus beau jour de ma vie”. Émotion… 


Attention à ne pas prendre un retour de bambou dans le pif

Arrive alors mon moment préféré de la journée (même si j’ai beaucoup de moments préférés dans une journée). En fin d’apres midi alors que le soleil commence a rejoindre l’horizon, la chaleur est moins étouffante, une ambiance orangée s’installe autour de nous. Les éléphants se baladent librement dans les champs de canne à sucre (qui ont été récoltés) pour grignoter les pousses de canne à sucre. Et nous, l’équipe composée des mahouts, de Ying (la responsable du staff), de Noi son mari et de la petite volontaire que je suis, on se pose pas très loin d’eux et on grignote (pas des pousses de canne à sucre bien sûr) en les surveillant. Moment zen et fort agréable. Cherry, le bébé, vient nous embêter de temps en temps. Elle est très liée au mari de Ying. Elle aime se coller à lui pendant qu’il lui coupe des pousses de canne à sucre. Pour finir la journée, j’ai le droit à un petit cours des mots thai pour se faire obéir des néléphants. Par exemple “AO” veut dire “STOP”, “UHA” veut dire “Avance”, “MA” veut dire “Viens”. Il ne faut pas juste dire le mot mais il faut que ca vienne du fond du ventre.


Cherry, l'amour de sa vie et moi (coup de tête en approche... 😁)

Avec Sébastien, ils tentent de faire évoluer les pratiques liées aux éléphants. La grosse problématique est le crochet qui semble indispensable en cas de danger. Ici le crochet quand il est présent (c’est rare que je le vois) n’est qu’une menace. Il n’est pas utilisé pour frapper l’animal et encore moins pour l’atteindre juqu’au sang (on l’interdit ici) sauf en cas de comportement dangereux de l'éléphant (ce n’est jamais arrivé pour le moment). Un mahout qui a de l’experience se fera obéir de l'éléphant et aura beaucoup moins besoin d’avoir le crochet en main. Les vidéos qu’on peut voir circuler sur internet sont tellement choquantes. On voit des mahouts blesser l'éléphant, le frapper jusqu’au sang. Dans ce sanctuaire, ils tentent de remplacer la menace du crochet. Ils ont essayé avec le bruit du sac plastique qui éclate, par un lance pierres, par un grand bâton mais pas con l'éléphant, il se rend compte que ça ne lui fera pas mal.

C’est là où j'arrête de raconter ma life. Je prépare un autre article plus axé sur les conditions de vie des éléphants en Thaïlande. Comment j’essaye de comprendre ce qu’il se passe, comment on en est arrivé là, comment prendre soin d’un éléphant (ce qu’on m’enseigne en tout cas). En gros, l’histoire de l'éléphant en thailande, sa vie, son œuvre (ou plutot sa désœuvre). La suite dans le prochain épisode…

Mais qui est en cage ?
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mars

Attention, attention, j’aborde la partie la plus compliquée à rédiger car c’est la plus touchy (dédicace à toi Luciole ;) ). Je ne prétends pas en quelques semaines être devenue une spécialiste et je n’ai pas la recette du bonheur des éléphants mais je vais vous présenter ici ce que j’ai appris grâce à la fondation, saupoudré des expériences de personnes rencontrées lors de mon volontariat et, pour couronner le tout, les fruits de ma réflexion. Bon… Beaucoup de questions trottent encore dans ma tête bien sûr.

La fondation ESAF (Elephant Sanctuary Asian Foundation) créée il y a quelques années regroupent plusieurs camps (Chiang Mai, Phuket et Kanchanaburi). Celui de Kanchanaburi "Elephant Care Thailand" où j'ai été accueillie en tant que volontaire a ouvert ses portes en novembre 2019 - voui il est tout nouveau. Ce projet a mis plus de 5 ans à voir le jour.


Bourtong, Wanvisa, Pompui et Cherry

Plongeons-nous dans l'histoire des éléphants, je vais vous expliquer comment ils ont été utilisés et exploités. Il y a plusieurs siècles (rappelons que la Thaïlande est une monarchie), les éléphants ont servi de machines de guerre. La puissance de leur trompe (pour attraper et projeter des hommes) et la menace de leurs défenses pour transpercer un autre éléphant, par exemple, constituaient des atouts non négligeables lors des batailles. Les mâles possédant de longues défenses étaient réquisitionnés. De plus, un éléphant en colère ça tape des pattes et ca piétine l’ennemi. Beaucoup plus efficace que nos chevaux n'est-ce pas ? À cette époque, beaucoup d'éléphants mourront.


Par la suite, au 20e siècle, nos chers pachydermes vont servir à l’exploitation forestière. Et pas n’importe quel type d'arbre le Maydeng, un des plus lourds, des plus denses qui pousse en haut des montagnes. Afin d’obliger les éléphants à monter chercher les troncs d’arbre, la technique ancestrale de dressage par anéantissement “phajaan” sera utilisée. L'éléphanteau est séparé très tôt de sa mère, trop tôt. Il est enfermé dans une toute petite cage en bois ou en bambou pour qu’il ne puisse pas bouger. Il va alors être tapé, piqué jusqu’à ce que son esprit soit complètement brisé et qu’il soit trop effrayé par l’homme pour lui désobéir. Allez, mon petit, va me chercher des troncs d'arbre maintenant. Lors de la saison des pluies, c’est encore plus dangereux. Des pluies diluviennes rendent les passages marécageux. Les éléphants s’enfoncent dans la boue, trébuchent, tombent et se font écraser ou briser les pattes par le tronc d’arbre qu’ils transportaient. Ils sont alors laissés sur place condamnés à mourir. Encore à cette époque… beaucoup d'éléphants mourront. À partir de 70, il est interdit d’utiliser l'éléphant pour l’exploitation forestière.


Au 20e siècle, on a pas laissé tranquille les petits néléphants. Moment bien triste de notre histoire… la seconde guerre mondiale. En 42, alors que toutes les plus grosses forces armées sont occupées principalement en Europe, l'armée japonaise en profite pour envahir l’Asie. Elle va décider de construire un chemin de fer de 415 km afin de relier la Thaïlande à la Birmanie. Il a été surnommé le chemin de fer de la mort. Explication ! La réalité était bien plus horrible que ce qui est décrit dans le film "le pont de la rivière Kwai" (Étonnant puisque le film date de 57, pas si éloignée de 42-43, années de construction du pont). 90 000 travailleurs asiatiques et 12 400 prisonniers de guerre (australiens, britanniques, néerlandais et américains) perdront la vie sur ce chantier de la mort. Après la visite du musée Hellfire Pass (créé en hommage aux victimes australiennes) les vidéos diffusées m'ont de suite fait penser aux conditions de vie des personnes enfermées dans les camps de concentration. Le Hellfire Pass est le passage créé dans les montagnes surnommé les feux de l'enfer du aux torches mises au fur et à mesure sur les flancs de la montagne (peut-être pas que…) .


Vous allez me dire c'est quoi le rapport avec les éléphants. Y en a un, je vous jure. Pour la construction du pont de la rivière Kwai, les éléphants vont permettre de poser les bastingues (énorme poutre en bois qu'on dispose avant les rails). Petite information, le pont d'origine en bois a été bombardé. Celui présent à Kanchanaburi qui est d'ailleurs en fer et non en bois a été reconstruit après la guerre.

A gauche, le pont de la rivière Kwai du film en espérant qu'ils se soient bien renseignés sur la construction du pont original

Fin de la guerre, fin des atrocités. Tout le monde rentre chez soi. Ou quasiment. Certains vont rester sur place et fonder une famille. Une vie sociale va reprendre petit à petit. Que faire donc de nos chers éléphants ? Au début, des friandises (maïs, concombres, bananes…) vont être données à l’éléphant sauf que ce n'est pas assez pour notre ami qui pèse entre 2 et 3 tonnes.  Il doit consommer par jour 10% de son poids c’est à dire entre 200 et 300 kilos. L’idée des balades à dos d'éléphants vont commencer ici. Pour le plus grand plaisir des visiteurs, l’éléphant de l'époque des grandes batailles allait reprendre vie. Il sera d’abord monté à cru mais ce n’est pas très confortable, l’éléphant a des poils drus sur tout le corps. Des poils sensitifs qui lui permettent de sentir ce qu'il se passe autour de lui. En plus de la nacelle faite en Maydeng (ce fameux bois rouge bien lourd), l'éléphant sera décoré. Il va être peint (une peinture faite avec de l'essence) de toutes les couleurs, orné de perles, drapé d'étoffes… 


Désormais, le tourisme autour de l’éléphant s'est bien développé: nacelle pour monter l’éléphant, les spectacles les plus ridicules les uns que les autres… (non je ne porte aucun jugement): match de foot, reconstitution de batailles, danse, peinture (oui un éléphant a peint le portrait du roi).



Défilé pour le roi de son éléphant albinos, match de foot et peinture

Au delà de la cause animale qui est à défendre on peut se rendre compte qu’il y a un combat caché celui de la condition des mahouts. Il faut aussi considérer cet homme derrière qui en prend soin 24h/24 et 7j/7. Pas de week-end, pas de jour férié, pas de vacances pour lui. S'il est absent, qui s'occupera de l'éléphant ? Le mahout ou cornac va le nourrir, en prendre soin, lui permettre de se balader… Beaucoup sont des birmans ou originaires de pays limitrophes qui ont des cartes d’identité qui les limitent à une région. Ici, par exemple, ils ne pourront jamais aller au delà de la ville de Kanchanaburi ou devront payer des papiers hors de prix pour leur petit salaire (entre 4000 et 5000 bahts - entre 115 et 145 euros). 

S'occuper d'un éléphant coûte cher et c'est l'engagement d'une vie (la longévité d'un éléphant est la même que les humains). Ce ne sont bien sur pas les mahouts qui sont propriétaires de l'éléphant, ce sont les thaïlandais. Chaque éléphant a un dossier vétérinaire et une puce. Des vétérinaires ordonnés par la police animalière viennent souvent contrôlés l'état de santé des éléphants et si un éléphant meurt il faut le justifier sinon il y a de lourdes sanctions. Lorsque l'on coupe les défenses d'un éléphant (ça peut arriver si elles sont trop aiguisées, ça pourrait blesser un autre éléphant), il faut faire une photo avant/après pour preuve.

Arriver avec sa vision européenne de la situation est chose facile. Mais est-ce qu'il ne faudrait pas s'intéresser réellement au sujet avant d'émettre une opinion ? Quelles solutions ? C'est pas si facile..! 

La nacelle ? Cela concerne tout être animal (y compris nous les petits humains, on enlève juste les fourmis et scarabées), on ne peut supporter plus de 10% de son poids. Notre corps n'est pas fait pour ça (quand je me dis que je me balade en Asie avec un sac qui fait un tiers de mon poids… Haha). Une nacelle va peser entre 20 et 30 kilos, les couvertures un peu plus, on ajoute une personne et on peut dire que pour l'éléphant les 10% sont respectés. 



Je tente de trouver une vraie étude prouvant que les nacelles brisent le dos des éléphants. Et pour le cheval? Je vous laisse faire les recherches et le calcul… mais vous vous doutez de la réponse. Tout camp qui fait de la nacelle ne maltraite pas forcément ses éléphants. Pour créer "Elephant Care Thailand", ce sont des propriétaires de camp qui font monter leurs éléphants qui ont le plus participé financièrement. Eux aussi ont envie que ça change. J'irai d'ailleurs jeter un œil en avril au camp d'une des fondatrices. Le problème de la nacelle est qu'on ne découvre pas l'animal. Comment on pourrait ? On est sur son dos. Il n'y a rien de plus beau que de voir un éléphant évoluer dans la nature et de s'amuser à ramasser des feuilles pour lui tendre. Dans ses beaux yeux marrons aux longs cils, il semble nous remercier. Selon moi, on ne devrait pas monter sur l'éléphant comme on ne devrait monter sur aucun animal.

Un retour à la nature ? Un éléphant qui a toujours vécu en captivité ne saura pas ce qui est bon pour lui dans la nature. Une plante, qui le constipe, va lui créer un bouchon, ses organes à l'intérieur vont mourir et l'éléphant sera perdu en 72 heures. Une autre plante peut aussi lui donner la diarrhée. L'éléphant va se déshydrater et mourir en 48 heures. Une française a voulu sauver deux éléphants. Elle les a loués (car les étrangers ne peuvent rien posséder en Thaïlande) et les a relâchés dans la nature. Ils sont morts au bout de 2 mois.

Ne pas les enchaîner ou pas d’enclos ? La chaîne ne doit pas vous choquer car si elle est longue cela peut permettre à l'éléphant de se nourrir dans la nature et ça lui laisse plus de liberté qu'un enclos. Il faut tout de même sécuriser l'animal. On ne peut pas laisser l'animal erré n'importe où, c'est bien trop dangereux pour lui. Il y a longtemps, la responsable du staff du camp et son mari ont eu deux éléphants. Le mahout s'est endormi et avait oublié de les attacher. Ils ingérés de l'insecticide et sont morts en quelques jours… c'est triste à dire mais il faut les protéger des dangers venant de nous les humains. L'idéal serait un parc clôturé sur plusieurs centaines d'hectares (tout dépend du nombre d'éléphants - un éléphant a besoin de 10 hectares). Mais tous les camps n'ont pas levés des milliards de fonds comme Lek à Elephant Nature Park. Sa famille a toujours été dans le business des éléphants. Elle a choisi de faire différemment et a créé le premier sanctuaire pour les éléphants maltraités et fatigués afin d'améliorer leurs conditions de vie. Elle a d'ailleurs créé les premières prothèses pour éléphants. Une grande dame !


Lek

Pas de crochet ? J'en ai parlé dans mon article précédent. Ici, il n'est pas utilisé mais, quand il est présent, il va seulement être montré à l'éléphant pour qu'il obéisse. Ça peut en effet être dangereux quand on est sur la route s'il s'amuse à gêner le passage. Il ne sera réellement utilisé sur l'animal que s'il devient incontrôlable et qu'il y a danger pour lui, un autre éléphant ou tout être humain. Ici ils essayent de le remplacer mais en vain…

La relation avec le mahout ? Yanwit un des fondateurs m'expliquait que c'était compliqué de trouver un bon mahout. Selon moi, le bien-être de l'animal va passer avant tout par sa relation bonne ou mauvaise avec son mahout. Je me suis dit qu'il fallait peut être encourager une relation plus fusionnelle. Mais en fait non. Mauvaise idée. Dans un camp, un éléphant avait une relation vraiment fusionnelle avec son mahout. Au bout de quelques années, il a eu une proposition plus intéressante dans un autre camp. Lorsqu'il est parti, l'éléphant a failli se laisser dépérir. De justesse, un nouveau mahout l'a requinqué.

Comment est-ce qu'on élève nos animaux en France ? J'ai appris que pour faire danser un cheval, le dresseur va imbiber un coton d'acide et le mettre tout autour du sabot. Il piétinera et dansera et quand le dresseur le retirera, le cheval sera tellement reconnaissant qu'il continuera de danser. C'est hallucinant ce qu'on a pu faire pour dresser nos animaux (pourquoi est ce que je mets cette phrase au passé ?)

Ce serait peut-être bien de balayer devant notre porte avant de débarquer dans un pays critiquer librement sans connaître le contexte et prétendre connaître la solution qui est siiii simple à mettre en place … mais bien sûr! Oui parfois il n'est pas facile d'exposer tout cela aux touristes qui ont réponse à tout.

Un petit conseil si vous passez en Thaïlande ? Ne fuyez pas les camps d'éléphants où ils font de la nacelle. L'animal n'est coupable de rien. Mais allez-y et au lieu de monter sur l'animal, achetez lui à manger et donnez lui. Quelques personnes, en effet, ça n'aura pas d'impact. Mais si on est de plus en plus. Le propriétaire verra que ça n'intéresse plus les touristes de monter sur l'éléphant. On peut tous être acteur du changement même à petite échelle.

SI vous souhaitez réagir, poser des questions, je serai ravie de vous renseigner davantage ou d'échanger sur les conditions de nos chers éléphants. Je pourrai encore en tartiner des pages mais j'ai déjà sûrement perdu des gens au milieu de l'article 😂.

De mon côté, je continue de creuser le sujet en étudiant le rapport de World Animal Protection sorti en juillet 2019 sur les conditions de vie des éléphants d'Asie ( https://www.worldanimalprotection.org/news/taken-ride-thousands-elephants-exploited-tourism-are-held-cruel-conditions)

Merci à Sébastien, un des fondateurs français d'Eléphant Care Thailand qui en très grande partie m'a donné toutes les informations pour nourrir cet article.

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Publié le 31 mars 2020
Poissons-lapins (si, si, je vous jure !)

Dans ce contexte un peu particulier, je vais tout de même continuer à papoter avec vous. En Thaïlande, les cas ont augmenté rapidement, Bangkok est passé en confinement. A Koh Tao, la petite île de plongée où je me trouve, les restaurants ne font plus que du "à emporter", si on sort il faut porter un masque et se désinfecter les mains dès qu'on rentre dans un supermarché. Tous les bars et salons de massage ont fermé ainsi que beaucoup de clubs de plongée dont l'association avec qui je travaillais et pour une durée indéterminée (selon leur site jusqu'au 31 avril, date qui n'existe pas, donc c'est vraiment super flou :) ). Je me retrouve ainsi au chômage technique… sur une île qui devient petit à petit désertique, mais avec tout plein de choses en tête à faire. Puisque je n'ai pu travailler avec Eco Koh Tao qu'une semaine, je vais passer en mode autodidacte sur les petits coraux. Avec beaucoup de lecture, de documentaires sous le coude, une formation en ligne "one planet, one ocean", j'ai de quoi faire dans le petit studio que je loue au dessus d'un salon de massage. J'ai trouvé aussi un autre petit job de bénévole. Le matin, j'aide à la clinique vétérinaire à nourrir les chats et les chiens (dommage, pas de lapins) et essayer de leur donner tout plein de câlins et d'amour. Ici, beaucoup d'européens s'étaient installés mais avec le coronavirus ont quitté le bateau (enfin techniquement, ils ont plutôt pris le bateau) pour rejoindre leur mère patrie. Résultat beaucoup d'abandons de petits kikis… La clinique a aussi mis en place des distributeurs d'eau et de nourriture pour les chiens errants, il y en a tellement sur l'île. Ils se réfugient la journée dans la jungle. Nous remplissons les distributeurs avec une autre volontaire. L'équipe essaye aussi de capturer les chiens afin de les stériliser pour éviter leur prolifération. Quand on voit dans quelles conditions vivent ces pauvres toutous…

Petits chiots recueillis dans la rue pour les stériliser plus tard et des petits chats à adopter. Je prends les commandes !


Et l'après-midi, j'explore les fonds marins, prends des vidéos sous l'eau (j'adore ma gopro!) et ramasse les débris que je trouve sous l'eau. Cela fait partie des petites actions très simples que tout le monde peut effectuer en vacances en faisant du snorkelling.


Mon spot de snorkelling préféré: poissons (poisson-perroquet ♥️), des rochers, une épave et une balançoire, que demander de plus ?

Ma première semaine de formation riche en émotions (et en plus ça rime avec poissons) ! J'ai passé sur une semaine le niveau 1 du PADI l'openwater, le niveau 2 l'advanced openwater et une spécialité peak performance buoyancy (flottabilité). La suite c'est le rescue diver et le dive master. A voir quand je passerai tout ça… Non pas du tout, j'y pense pas déjà :)

Les différents niveaux du PADI sont valables à l'international mais pas forcément dans tous les clubs de plongée en France. Il faut repasser tous ces niveaux en France d'après ce que m'a expliqué un club de plongée français à koh Tao. Ou passer son PADI avec un club affilié à une fédération française. Trop tard, j'avais déjà passé mes niveaux PADI avec Crystal diver qui n'est pas affilié à une fédération française.

Kate mon instructrice et les poissons-demoiselles

Ma découverte des plongées a débuté en Guadeloupe l'été dernier avec ma sœur. J'ai réussi à la convaincre de se joindre à moi pour un baptême en lui faisant de la publicité "ce sera comme dans le monde de Nemo :)". Ça a marché.

Au-delà de la découverte d'un nouveau monde captivant rempli de couleurs et de vies, c'est tout un environnement étranger qu'il faut apprivoiser. Ce que j'ai apprécié lors de la formation PADI ça a été d'apprendre à me mouvoir, contrôler mon souffle et mes mouvements afin d'arriver à une flottabilité neutre, tenter de rester immobile dans l'eau (déjà que je n'y arrive pas sur terre… ). Beaucoup de plongeurs seront d'accord avec moi pour dire qu'on apprécie sous l'eau ce silence et cette vie au ralenti, cela invite d'autant plus à la fascination. Je pourrai rester des heures sous l'eau. Une plongée peut durer entre 30 et 60 minutes selon notre consommation d'air. Mais on ne voit pas le temps passer…


Sergent major, poisson-cocher, poisson-papillon (sur les deux dernières photos, ces poissons se déplacent toujours en couple)

Quand on passe l'advanced openwater, il faut choisir deux spécialités, j'ai choisi la flottabilité (j'ai notamment écrit mon nom la tête à l'envers et gagné au morpion) et l'épave. Je crois que la plongée sur l'épave Sattakut a été un de mes moments préférés en plongée. Cette épave appartenant aux US lors de la 2ème guerre mondiale a été coulé volontairement en 2011 pour servir de récif corallien et nouvel habitat pour nos chers poissons. Et en effet, c'est devenu chez eux! La nature reprend ses droits sur un objet construit par les petits humains.

Je vous présente le nouveau commandant de bord, Monsieur le Mérou (merci à Chris pour la photo)

J'ai aussi fait une plongée de nuit avec mon ami Bastien qui est venu me rendre visite (heureusement il a pu rentrer à Paris et n'est pas resté bloqué à Bangkok). Une magnifique plongée (photo du coucher de soleil avant notre plouf dans la dark water), on a l'impression d'être des explorateurs avec nos petites lampes torche. On découvre une autre vie de nuit, d'autres poissons, certains sont de sortie pour se nourrir. J'ai été témoin d'un avalage de poisson lapin par un mérou, impressionnant ! Tandis que d'autres sont plutôt en mode repos (on va éviter de les enquiquiner), une tortue qui roupille tandis qu'une remora la nettoie (j'ai eu le droit lors d'une autre plongée à un nettoyage d'une remora qui a dû me prendre pour un requin baleine, je sais pas comment je dois le prendre).

Photo triche prise sur internet. Le monde entier serait au courant si j'avais aperçu un requin-baleine

Après cette belle formation avec Crystal dive, j'ai pu travailler une petite semaine avec Eco Koh Tao. L'association a mis en place différentes structures en métal dans l'eau pour replanter des coraux, participe et promeut le recyclage du plastique, organise des éco-plongées : coral watch, plongée pour ramasser des débris, ôter les drupellas, mollusques gastéropodes prédateurs du corail (j'ai loupé celle-là parce que j'avais une bébé otite), nettoyage des nurseries de coraux qui sont en train de grandir gentiment sur des filets (plein de petits poissons viennent grignoter la matière organique qu'on retire des filets). Alors le coralwatch vous allez me demander mais qu'est ce que c'est ? L'université du Queensland a développé cet outil. Sous l'eau, on a en main une sorte de nuancier, ce sont toutes les couleurs possibles des coraux, chaque couleur comporte un numéro. On renseigne avec un crayon sur nos petites tablettes blanches la couleur la plus claire et la plus foncée du corail observé. On indique aussi le site de plongée et le type de corail qui peut être rocheux, à ramification, en plaque ou mou. Après on entre tout sur internet sur le site coralwatch.org. Ce ne sont pas que les associations ou organismes de conservation des coraux qui peuvent faire ceci, même les particuliers peuvent créer un compte et participer à l'observation des coraux. Tous à vos tablettes, chers plongeurs! Après avoir entré les données, on obtient des graphiques sur la santé des coraux observés. Je vous rassure ceux que nous avons observé vont bien.


Je vous conseille le documentaire chasing coral disponible sur netfix si vous voulez en savoir plus. Je vais essayer de rédiger un autre article sur nos chers coraux (nous en avons hélas déjà perdu 50 % en l'espace de 30 ans).

Après cette ode à l'océan, surtout surtout surtout prenez soin de vous et de vos proches!!

Je finirai simplement par une citation de Gandhi découverte récemment et un petit jeu :

* Sois le changement que tu veux voir dans le monde

* A vous de découvrir ce qui se cache sur la deuxième photo



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Confinement déclaré depuis mi-mars en Thaïlande, les conséquences sont désastreuses pour beaucoup d'entre nous. Notamment les camps d'éléphants qui ont dû fermer leurs portes. Plus de touristes, plus de revenus pour prendre soin des éléphants. A Elephant Care Thailand ouvert seulement depuis novembre dernier par la fondation ESAF (Elephant Sanctuary Asia Foundation) , il devient difficile de nourrir les éléphants. Même à des milliers de kilomètres, vous pouvez nous venir en aide. Un éléphant d'Asie pèse entre 2 et 3 tonnes et doit manger 10% de son poids chaque jour. Ici, nourrir un éléphant coûte entre 25 et 40 euros par jour. Nous vous remercions infiniment pour l'aide que vous pourrez nous apporter. Si vous le souhaitez, vous pouvez faire un don via ce lien !

MERCI ! ❤️
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Publié le 10 mai 2020

Hello Everybody! (J'aime bien commencer comme ça, ça me donne envie de chanter les Blues Brothers)

En direct de ma balançoire sur la plage, je vous donne quelques nouvelles.

Coincée sur l'île de Koh Tao depuis fin mars, j'essaye de mettre à profit ce temps suspendu si j'ose dire. Le 23 mars l'association Eco Koh Tao a dû arrêter ses activités pour éviter toute propagation du virus. Comme je le disais dans le précédent article, le matin je donne un coup de main à la clinique vétérinaire et l'après midi je vais serrer la nageoire à quelques espèces aquatiques.

Pour me culturer un peu, j'ai aussi suivi 2 MOOC super intéressants. Le premier s'intitule "Biodiversité et changements globaux" (Merci à Flore d'avoir posté ce MOOC sur fb) et le second "Vivre avec les autres animaux". Je ne sais pas comment sont structurés les autres MOOC, mais ceux là étaient divisés en trois chapitres. Dans chaque chapitre plusieurs vidéos d'une durée de 10 minutes environ et à la fin de chaque chapitre un questionnaire sur les vidéos pris en compte pour la note finale. J'ai rendu un devoir pour le premier MOOC sur la biodiversité que je vous présente ci-dessous.

Pour le second je m'y suis prise trop tard (forcément vu que c'est le 1er MOOC qui m'a donné envie de suivre le 2ème).Mais il y aura un second devoir à rendre. Si cet article vous intéresse, je vous partagerai le devoir du MOOC "vivre avec les autres animaux".

Donc revenons à nos petits moutons ! J'ai laissé les références aux cours au cas où si vous souhaitez aller plus loin et aller consulter les vidéos des MOOC (ils sont sur la plate-forme FUN). Les MOOC c'est aussi fait pour ça. Approfondir ses connaissances sans pour autant faire les quiz et les devoirs. Vu que j'ai pas spécialement de photos liés au devoir, je vais le parsemer de photos de mes découvertes aquatiques.

Sujet : "Que nous révèle cette épidémie de coronavirus sur notre appréciation du rôle de la biodiversité ?"

La biodiversité est indispensable à la survie de notre planète. Tiphaine Leménager affirme qu'il ne peut y avoir de développement sans biodiversité (Source: Les banques de développement face à l'enjeu "biodiversité"). En effet, la notion de biodiversité est présente dans les 17 objectifs du développement durable de l'agenda 2030 des Nations Unies (feuille de route du développement adoptée en 2015 par 193 pays).

L'épidémie que subit actuellement la population mondiale nous permet de percevoir la biodiversité et sa préservation sous d'autres aspects.

L'association VREB (Voyage, Recherche et Education au service de la Biodiversité) s'est donnée pour tâche d'étudier la biodiversité en Amérique du sud, ceci afin de mieux sensibiliser le grand public sur l'état de cette dernière. L'association explique le lien entre la perte de notre biodiversité et l'apparition de virus tel que le coronavirus. On sait que le coronavirus est né en Chine au marché d'animaux exotiques à Wuhan. Une grande biodiversité implique une grande diversité de virus. Les espèces spécialistes disparaissent de plus en plus vite, les virus vont donc plus facilement se répandre au sein des espèces généralistes favorisant une épidémie. Mais la dégradation des écosystèmes engendre aussi de lourdes conséquences. Les animaux sauvages cherchant à se nourrir se rapprochent des habitations ce qui facilite la propagation des zoonoses, maladies transmissibles de l'animal à l'homme telles que la peste noire ou le paludisme.


Au cours de ces 20 dernières années, des changements positifs en faveur de la biodiversité sont apparus. Des changements lents mais qui apparaissent néanmoins. La loi en faveur de la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages ne date en effet que de 2016. Légiférer est un processus long et la mise en application effective l'est d'autant plus. Les ONG environnementales apparues pour la plupart dans les années 60-70 se sont développées lentement mais sûrement. Il a fallu attendre le grenelle de l'environnement en 2007 pour voir naître une culture du dialogue avec les gouvernements et une institutionnalisation forte au sein de ces organisations (Source: Luc Semal, Associations, mobilisations et biodiversité: entre institutionnalisation et nouvelles formes de contestation). Les associations n'ont compris l'importance d'inclure les populations locales (les populations au plus proche du réel et du problème) que dans les années 2000.

Lors du confinement, les associations n'oublient pas un de leurs rôles les plus importants: sensibiliser et éduquer l'opinion publique. La ligue pour la protection des oiseaux propose à la population de compter les oiseaux présents dans leur jardin ou encore des scientifiques d'Oxford demandent un coup de main pour compter les manchots sur la banquise via la plate-forme Penguin Watch. Par le biais de participations citoyennes, l'association va sensibiliser l'opinion publique.


Ces derniers temps dans les médias, on lit que partout dans le monde où les humains sont confinés, la nature a repris ses droits (désolée Clairou. Ou sinon la nature réinvestit les lieux, ça te va ?). A tel point que certains détournent cet événement en fakenews en annonçant qu'une baleine a été aperçue dans le lac d'Annecy. L'homme ne gênant plus la vie des espèces animales on voit des canards se balader devant la comédie française, un puma errer à Santiago au Chili, un requin approcher la côte à Menton, des dauphins aborder le port de Cagliari, des tortues pondre sur les plages désertiques à Mayotte, ou encore, espèce timide et se faisant de plus en plus rare des dugongs nager près des côtes en Thaïlande… Ces manifestations animalières aussi belles et impressionnantes soient elles ne sont que des déplacements géographiques d'espèces déjà existantes et non un renouveau de la diversité génétique dont la planète a cruellement besoin. De plus, ce retour de la nature dans les villes ne sera sûrement que de courte durée. Dès que le confinement sera levé, les hommes reprendront petit à petit leurs activités et tout redeviendra comme avant. Avec la crise économique qui s'annonce, la préservation de la biodiversité sera encore moins la priorité de nos gouvernements. 


La biodiversité ainsi que les services écosystémiques doivent être vus comme des solutions aux changements globaux et plus précisément un moyen de lutter contre le changement climatique (Source: Catherine Aubertin, Adaptation aux changements globaux et conventions internationales). En éduquant les populations ce sont elles qui se tourneront vers leurs gouvernements afin de réclamer les changements nécessaires. Si association et population parlent d'une seule et même voix, les revendications seront d'autant plus impactantes. Cependant si l'on s'intéresse aux représentations sociales, la compréhension la plus limitée du changement climatique est présente en zones urbaines (Source: Annaria Lammel, Changement climatique et cognition). Sachant que 54% de la population mondiale vit en zones urbaines, la tâche confiée aux associations ne paraît pas être une mince affaire. 

La pandémie du coronavirus n'était pas prévue. Les espèces n'arrivent pas à s'adapter aussi rapidement que le climat qui change. Quels autres problèmes pourraient survenir si nous continuons à perdre la richesse de la biodiversité de notre planète ? Un seul fait est certain, la terre nous survivra. 

The end! 

Les devoirs sont évalués par les pairs. 4 autres personnes ont donc évalué mon devoir. 3 bonnes évaluations et une moyenne. J'ai eu 18 sur 20, mais bon ça a bien sûr moins de valeur que si un vrai professeur m'avait noté.

Je tenais aussi à vous remercier pour vos doux messages ou commentaires. Le problème du blog c'est que ce n'est qu'à sens unique. Avoir vos impressions sur mes aventures me fait vraiment plaisir. Merci mille fois aussi à ceux qui ont participé à la cagnotte pour la nourriture pour les éléphants. Ils en ont grandement besoin et tout le monde peut participer selon la taille de son portefeuille :) J'espère en tout cas réussir à vous instruire et vous divertir.

Les écoles de plongée rouvrent petit à petit. Big news d'une école aujourd'hui. Chumphon pinnacle qui est un site magique, je vous laisse en juger avec la photo (qui n'est hélas pas de moi)

Des pêcheurs ont profité de l'absence des plongeurs pour pêcher en masse… Résultat il ne reste que des petits poissons. La nature réinvestit les lieux là où l'Homme n'est plus mais l'Homme vile qui n'a que faire de la conservation de la biodiversité profite de ce moment difficile pour la dépouiller. Autre exemple à Mayotte, les plages désertées laissent la place aux mamans tortues qui viennent pondre. Mais les personnels des associations de conservation des tortues ne pouvant plus surveiller les plages, les braconniers en profitent pour laisser derrière eux un massacre, des cadavres de tortues vidées de leur chair. C'est bien triste. 

Difficile de faire une transition après ça (donc j'ai mis Mika mon petit chat adopté temporairement qui me fait bien rire, c'est ma petite paresseuse qui ne fait que dormir et réclamer à manger).

Avec la réouverture des écoles de plongée, je vais pouvoir de nouveau plonger avec l'association ! Mais en petit comité sur le speedboat un jour sur deux. Je vais aussi essayer de continuer à aider la clinique vétérinaire. Beaucoup de chatons en ce moment et oui, on a envie de tous les adopter.

Donc à très vite pour de nouvelles aventures.