Carnet de voyage

Everest 2022 - Versant Sud

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Dernière étape postée il y a 119 jours
Voyage sur le plus haut sommet de notre planète. Un voyage au bout de soi-même, et des limites à dépasser
Du 10 avril au 21 mai 2022
6 semaines
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Bonjour à tous,

4 ans après avoir gravi l'Everest coté Nord, nous revoila dans les starting blocks 😀

Avec Michel, encore lui 😉, nous avions programmé d'autres montagnes mais malheureusement un "petit" virus est passé par là et nous a fait changer nos plans.

Pour l'heure, nous sommes dans la phase préparatif, avec comme vous pouvez l'imaginer, pas mal de choses de préparer :

En mode MARC Vador
En mode MARC Vador

- jongler avec le travail – très prenant

- l’entrainement : 5 à 7heures d'entrainement par semaine pour varier les plaisirs : natation, VTT, course à pied orienté trail, renforcement musculaire et dénivelé - normalement en montagne mais j’habite un peu loin, alors c’est escaliers et côtes

- Et enfin l’organisation en tant que tel, contrôles médicaux - je suis bon pour le service 👍, financement et sponsoring 😀, assurances, matériels à prévoir, …..

Ainsi, je vous propose de participer à cette aventure, dans le confort de l’oxygène que nous avons à notre altitude.

Je vous enverrai un autre message avant le départ pour vous tenir au courant et ensuite j’essaierai de communiquer régulièrement.

Everest 2022 – Le projet : du 10 Avril au 30 Mai 2022

Les camps d'altitude 

L'objectif est de gravir la plus haute montagne de notre planète qui culmine à 8848m.

L’expédition se déroulera sur 55 jours afin de préparer nos corps à la très haute altitude, au manque d’oxygène et à la baisse de pression atmosphérique.

Afin de limiter les risques, notamment dans la phase d'acclimatation et réduire les A/R dans l'Ice-Fall du Khumbu, nous allons nous acclimater sur un sommet situé dans l'Ouest du Népal, l'HIMLUNG HIMAL, culminant à 7126m.

Un sommet pas trop difficile qui va nous permettre de nous adapter au manque d'oxygène tranquillement.

Après un passage par Katmandou (refaire les sacs, se reposer, boire et manger), nous rejoindrons ensuite le camp de base de l'Everest situé à 5360m, en attendant la fenêtre météo, pour nous lancer dans le Summit Push.

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Le moment du départ approche, et c'est à la fois "loin" et proche 😉

- Le matériel est prêt

- Le bonhomme est prêt, autant qu'on puisse l'être 👍🏻, surtout après ma déchirure musculaire du mollet droit et une pose forcée de 1 mois, compliquée par une phlébite ☹😢

L'entrainement se termine après 5 mois de transpiration et de douleurs musculaires : merci Marc-Antoine, 😉 entre la natation, le renforcement musculaire et le cardio.

Les différents examens médicaux ont été passés avec succès, notamment un grand merci à mon médecin traitant Camille DURAND-ERHART pour son suivi irréprochable et ses conseils avisés, mon cardiologue Yvan CAREL pour ses conseils et enfin Alice PERRIN, ma kiné / ostéopathe pour m'avoir remis d'aplomb 🙏🏻

Vendredi, c'est test PCR avant de prendre l'avion, histoire d'être rassuré et de ne pas porter un certain virus 😉.

Je profite également de cette étape pour partager avec vous quelques éléments sur la haute altitude et les contraintes sur le corps humain.

En effet, nous allons rencontrer :

- du froid, voir du très grand froid (en 2018, au camp de base avancé, à 6300m nous avions -25°C dans nos tentes et au sommet, avec le facteur vent, c'était -60°C 🥶).Dans le confort de notre vie quotidienne, nous avons besoin d'environ 2000kcal/jour. Du fait de la température et des efforts prolongés, nous consommerons environ 5000 à 7000kcal/jour

- des contraintes physiologiques

+ au sommet de l'Everest la pression atmosphérique n'est plus que de 220mBar, soit 1/4 de ce que l'on a au niveau de la mer induisant des problèmes de fuite de liquide avec notamment une concentration dans les poumons --> risque d'œdème pulmonaire ou dans le cerveau --> œdème cérébral.

+ afin de contrebalancer le manque d'oxygène, le corps va enclencher un processus de polyglobulie, visant à augmenter le nombre de globules rouges dans le sang. mais cette polyglobulie va épaissir le sang, ce qui va ralentir sa circulation dans le corps et plus particulièrement vers les extrémités. On prêtera ainsi une grande attention aux mains et aux pieds.

+ De plus, au delà de 4000m, on constate que les lipides sont de moins en moins utilisés au profit du glycogène. Ainsi, en haute altitude, les efforts de type "endurance" sont plutôt considérés comme des efforts intenses de type "résistance". Enfin, le manque d'oxygène a un effet inhibitif sur l'appétit. Par exemple, au delà de 6000m, on ne consomme guère plus de 2000kcal - voir ci-dessus les besoins théoriques ☹ . En altitude, on privilégiera donc les glucides, sucres lents tels que les pates, le riz, pommes de terre, ...

On notera enfin, qu'au sommet de l'Everest, nous ne disposons plus que de 25% de nos capacités physiques, d'où la nécessité de s'entrainer fort, voir très fort avant le départ 😅, afin d'avoir suffisamment de réserve (zone aérobie).

Concernant l’agence, nous partons avec GLACIER HIMALAYA, dont le patron Da Dendi a déjà un impressionnant palmarès.

14 fois l’EVEREST, 12 x le MANASLU, 4 fois le LHOSTE et 4 x le CHO OYU

Nous serons 14 personnes, 6 Français, 4 Japonais, 3 Espagnols et un Népalais.

avec une organisation et une logistique qui va avec 😀

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Publié le 13 avril 2022

Arrivée Lundi 11 Avril à l’hôtel, vers 12h30, heure népalaise 😊.

Le temps de se poser un peu, nous allons déjeuner. Au menu : riz et poulet.

L’après-midi est dédié à réorganiser les sacs car le lendemain une partie de notre matériel (la partie expé : casque, piolet, baudrier, chaussures, combinaison, …) va partir en camion jusqu’à KOTO et sera ensuite acheminée par des mules pour la première partie de notre acclimatation qui consistera à gravir l’HIMLUNG HIMAL.

La soirée sera organisée par l'agence GLACIER HIMALAYA, histoire de partager la culture Népalaise 👍🏻

Quant à nous, ce sera un déplacement par les airs jusqu’à KOTO, village perdu au milieu de la vallée de Narphu.

- une première partie sous forme de trek, en remontant la vallée vers META (3550m) puis PHU (4100m) et enfin, rejoindre le camp de base à 4925m.

- et une seconde partie où le trek se transforme en expédition.

--> Une série d’aller-retour sur les camps d’altitude va nous permettre de nous acclimater avant le Summit Push.

· Base Camp : 4925m

· French Camp : 5450m

· High Camp : 6250m

· Vers le 28-30 Avril : Summit Push – 7126m

😊👍🏻Bien entendu, monsieur COSTAUD, notre mascotte nous accompagne.

Notre équipe commence à se regrouper :

Tsering Ghale(Sajjan) Guide de montagne / Dawa Sherpa Guide de montagne / Yo Ram Thing - assistant en cuisine

et tout cela autour d'un très bon Masala Thé 😀

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TREK vers le camp de Base de l’HIMLUNG

Aujourd’hui, c’est le nouvel an Népalais : 1er janvier 2079,

Après un petit déjeuner dit « équilibré » : Thé Massala (Massala tea), pancake et porridge, nous démarrons notre périple en direction de META (3630m).

Nos sacs sont transportés à dos de mules.

Cela va être un long périple dans un paysage magnifique, qui ressemble beaucoup aux Alpes Françaises.

Avec quelques « bizarreries » aux détours de virages :

Un engin de chantier au milieu de nul part, des travailleurs en train de facturer des roches, à l’ancienne, également au milieu de nul part.

En résumé : 21KM et 1000m de dénivelé sur le papier mais en réalité, en longeant la vallée, ça monte et ça descend 😀 Au final, on aura cumulé 1300m de dénivelé positif.

L’arrivée sur META se fera après une interminable montée de 300m (une classique népalaise), bien cassante, surtout après 20km de marche.

Nous aurons bénéficié d’une très belle journée, voir photos 😀 et la neige qui s’invite à META quelques instants après notre arrivée rendra cette arrivée irréelle.

Monsieur COSTAUD nous accompagne pour un bon thé Massala 👍🏻 afin de reprendre des forces 💪🏻

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Une journée magnifique s’annonce. Il est tombé 20 cm de neige dans la nuit, et nous ne sommes pas vraiment équipés pour marcher dans la neige.

Michel et moi utiliserons nos chaussures de trek mais pour Adrien et Arnaud, ce sera sac plastique dans les chaussures pour protéger leurs pieds de la neige.

Certains Sherpa imiteront d’ailleurs la technique des sacs plastiques 😀

Une belle ballade qui va nous permettre de continuer à nous enfoncer dans la vallée de NARPHU, dans une succession de montées et de descentes : 20KM en 5h50 et 400m de dénivelé sur le papier et à la montre, nous allons cumuler 1010m.

L’arrivée sur PHU (prononcé « fou ») se fera sous la neige.

Depuis le début de la semaine, le temps se dégrade tous les après-midi.

Demain, au programme, ce sera repos et visite du village – avec une forte orientation tibétaine – la frontière n’est pas très loin.

Visite de PHU – 4060m – 3°C, le matin dans la chambre – Dimanche 16 Avril

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Départ pour rejoindre le camp de base. Ca va être une « petite » marche de 2h50 pour 8km et 800m de dénivelé.

Au passage, nous rencontrons monsieur COSTAUD qui se trouvait précisément à la hauteur du Mont-Blanc, mais sans neige 😉





Les effets de l’altitude commencent à se faire sentir car le rythme de marche s’est ralenti et surtout le souffle est beaucoup plus court.

Sauf pour notre ami Adrien, ultra trailer, qui, avec son sac de 20kg (histoire de s’entrainer 🤪) arrivera 30min. avant nous.

Nous sommes stupéfaits de la qualité de l’accueil des népalais et de l’infrastructure.

Tente pour la Douche

Le temps d’arriver et de prendre possession de nos tentes, le temps s’est couvert et il a commencé à neiger.

Ce soir, ce sera soupe, pâtes et légumes.

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Après une bonne nuit de sommeil, au frais, le soleil est revenu et notre camp est tout blanc.

Magnifique !

Notre trek prend fin et c’est le début de l’expédition.

Nous discutons entre nous de la nuit et de notre ressenti – maux de tête, maux d’estomac ou d’intestin, nausées, …. qui sont, si ces symptômes s’effacent, normaux. Mais qui, s’ils perdurent, peuvent être l’indication d’un début de MAM (Mal Aigu des Montagnes), indiquant ainsi un problème d’acclimatation.

Nous attendons Yves et François, partis une semaine avant nous et qui la nuit dernière ont tenté le sommet.

Pour notre part, c’est journée de repos, permettant à nos corps de se reposer mais surtout de s’acclimater en générant des globules rouges en raison de la raréfaction de l’air et donc de la quantité d’oxygène disponible.

Nous en profitons pour réaliser la PUJA, un lama du monastère de PHU est venu réaliser 2 Puja. Une pour le groupe des Népalais qui va également tenter l’ascension et l’autre pour nous.

Petite promenade sur les hauteurs (5200m) afin de parfaire l'acclimatation 

Nous commençons à planifier les prochains jours pour envisager l’ascension du sommet.

Pour l’instant, le plan est :

Demain Mardi 19/04 : montée au camp 1 (French Camp) : 5050m et y dormir

Mercredi 20/04 : montée au camp 2 (High Camp) : 6080m et redescendre au camp de base

Jeudi : jour de repos

Vendredi 22/04 : montée au C1, dormir, puis samedi 23/04, monter et dormir au C2 et

Départ Samedi 23/04 vers 22h30 pour tenter le sommet à environ 10h de marche pour atteindre le sommet à 7126m le dimanche matin 24 Avril, vers 8h.

Pour ensuite descendre directement au camp de base et s’y reposer, avant de repartir vers Katmandou, le 26 Avril.

Avec le retour d’Yves et François au camp de base, j’en profite pour une présentation de l’équipe

· Adrien : 42ans, artisan, poseur de poêles à bois. Pour l’instant, expé sur l’Himlung mais envisage de se joindre à nous pour une tentative sur l’EVEREST coté Sud et le LHOTSE

· Arnaud : 49ans, informaticien. Acclimatation sur l’Himlung et ensuite tentative sur l’Everest coté Sud

· François : 65ans, retiré des affaires pour vivre sa passion la montagne

· Michel : 54ans, salarié dans le notariat. Acclimatation sur l’Himlung et ensuite tentative sur l’Everest coté sud, avec qui j’ai réalisé l’EVEREST coté Nord en 2018

· Stéphane (votre serviteur) : 55ans, acclimatation sur l’Himlung et ensuite tentative sur l’Everest coté Sud

· Yves : 59ans, chef d’entreprise.

et dans quelques jours, nous rejoindrons le reste de l'expédition au camp de base de l'Everest : 4 Japonais, 3 Espagnols, 1 Français et un Népalais

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Quelle "semaine" !!!

Depuis 11 jours, nous avons été coupés du monde, enfin d’un accès internet 😀 et téléphone, et j’en profite pour vous donner des nouvelles de ces derniers jours.

Coupé de toute connexion internet, mais un téléphone satellite pour donner des nouvelles à nos familles.

Le retour à Katmandou sera compliqué avec la fin de notre sevrage 😁 à Internet et un très grand nombre de mails à traiter.

Nous allons en profiter pour nous reposer, recharger les « batteries » 😉 , et faire un peu de lessive pour repartir dans 3 jours.

Bien que le sommet de l’HIMLUNG ne fût pas notre principal objectif, (acclimatation différente par rapport à ce qui se fait habituellement pour l’ascension de l’Everest), nous sommes déçus de ne pas y être parvenus.

Notre plan initial a été revu au regard de la marche d’approche sur les camps d’altitudes C1 et C2.

En effet, au delà de la traversée de la moraine, la montée à C1 ne pose pas de problèmes particuliers, mais celle vers C2 est assez (très 😀 ) technique, tout d’abord par une montée dans des éboulis qui utilise beaucoup d’énergie et la deuxième partie – vers 5500m, qui nous fait passer par le glacier, avec de nombreuses crevasses.

En quelques mots et photos 😉

19/04 – Journée de repos et Puja – un lama du monastère de PHU est venu réaliser 2 Puja. Une pour le groupe des Népalais qui va également tenter de réaliser l’ascension et l’autre pour nous.

Pour information, les népalais sont très croyants et demande l’accord et la bénédiction de la déesse de la montagne avant toute ascension – les Népalais pensent que la déesse habite au sommet de la montagne, et l’on doit lui demander l’autorisation de pénétrer dans son domaine sans mauvaises intentions.

20/04 - Trek vers le camp 1 : une première partie qui nous amène à travers la moraine – une succession de montées et de descentes dans un environnement uniquement minéral.

Les sacs sont chargés à 14kg pour les moins lourds 😉, nos sherpas portent quant à eux des sacs à environ 25kg.

On comprend mieux l’expression qu’ils utilisent : Bistarai Bistarai (Doucement – Doucement), l’équivalent Népalais du « Polé Polé » des Tanzaniens lors de l’ascension du Kilimandjaro 😃

21/04 - Camp 1 à Camp 2 : une longue montée qui nous amène tout d’abord à gravir un pierrier, un peu comme celui que l’on rencontre sur l’Aconcagua – la Canaletta, puis après Crampons Points où nous chaussons …. les crampons et le baudrier, nous rentrons dans le domaine glaciaire, avec tout d’abord la traversée de séracs et de crevasses. Au menu, le franchissement d’une crevasse, en technique alpine – sans échelle 😉 . Ce sera ensuite une longue marche, encordés, sur le glacier pour atteindre C2.

22/04 – Journée de « repos » au C2 – 6080m

Au menu, lyophilisés et maux de têtes. Et nous finissons par chausser nos charentaises.

Une journée que l’on va passer à se « reposer », préparer nos sacs, en ne gardant que l’essentiel pour évoluer dans une ambiance difficile – nuit, froid, manque de nourriture, environnement hostile….

A cela, un sommeil difficile voir inexistant nous amène dans un état d’esprit où quelques angoisses s’invitent à cette journée : les craquements des glaciers aux alentours, les traces de léopards aperçues sur le glacier lors de la montée.

De manière plus pragmatique, une angoisse bien réelle, alors que nous sommes installés bien au chaud dans notre duvet, et qu’une envie subite survienne - que la pee bottle ne peut soulager - nous soyons obligé de sortir précipitamment de la tente pour affronter les conditions extérieurs inhumaines.

22/04 – Départ pour l’ascension – 23h20 - -20°C, pas de vent - ouf !

Nous nous équipons à l’extérieur. Du fait de l’altitude et de nos gants, nous allons mettre environ 20min pour mettre les crampons.

Pour information, nous mettrons environ 45min pour s’habiller, mettre et ajuster le baudrier, finir le sac et enfin chausser les crampons, pour les plus rapides 😉

Nous commençons par une longue marche au travers de pénitents de glace qui ralenti notre progression et demande énormément d’énergie sur un terrain fortement instable.

Les bâtons auront été d’une très grande aide.

23/04 - Retour au camp de base plutôt que prévu 🤨🥶

Après 3 heures de marche très éprouvantes, sans réellement gagner en altitude – 6319m et 3,3km, nous abordons le premier mur, où pour des questions de sécurité, nous devrions utiliser des cordes fixes.

Après plus d’une demi-heure de recherche, Adrien et Shyam trouvent finalement les premières cordes fixes enfouies sous la neige dure.

Il reste encore 800m à gravir et les premiers doutes surgissent :

- réalité de l’équipement jusqu’au sommet,

- notre capacité à aller au bout (acclimatation incomplète),

- un froid plus mordant s’invite avec l’arrivée du vent (serons-nous capables d’utiliser la poignée Jumar dans ces conditions ?)

- Et enfin le sommet qui n’est pas notre objectif principal.

Pour ces quatre raisons, et dans une ambiance de -30°C, nous décidons de retourner nous coucher 😁.

Nous mettrons à nouveau 3heures d’effort. Sic !

5h20 du mat, j’ai des frissons, je monte le son 😉

Michel s’effondre dans la tente à mon coté, habillé et avec ses « charentaises » aux pieds (bottes) et l’énergumène s’endort aussitôt, en ronflant, comme il le fait très souvent.

Michel a une très grande capacité à s’endormir instantanément😉😁😉

Bilan : sur 6 membres, seul Adrien atteindra le sommet, après 8h30 d’effort, dans un environnement très hostile, une température de -40°C (avec le facteur vent) et un vent de l’ordre de 50 km/h.

Deux conditions ont permis à Adrien d’atteindre le sommet :

- Des capacités physiques exceptionnelles qui sont demeurées intactes dans un environnement hypoxique

- Et des capacités mentales qui ont permis de motiver les deux sherpas qui l’accompagnaient pour aller au bout.

« Réveil » vers 7h30. Nous avalons un thé et nous préparons nos sacs pour le retour.

Départ à 10h20 pour une longue descente de 4h20 en retraversant le glacier et les crevasses, le pierrier et la moraine.

Le réconfort viendra

- de notre repas apporté au C1 par Yo Ram, l’aide cuisto : une aumônière de riz et de poulet, une pomme et un coca-cola. UN REGAL !!! 👍😊👍🏻


- THE (ze 😉) DOUCHE, une fois arrivé au camp de base, éreintés (un sceau et un pot, dans une tente aux 4 vents)


- et enfin un repas dont la présentation égale l’aspect gustatif (pour rappel, nous sommes à 4900m 😀)

24/04 Jour de repos en attendant notre retour à Katmandou.

En résumé de cette première partie de notre aventure, l’HIMLUNG HIMAL, ça fait mal 😉

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Deux jours de repos, après de bonnes douches, et un passage chez le barbier 😊, nous refaisons nos sacs, pour la deuxième partie de notre expédition.

Une partie de notre matériel va partir directement au camp de base de L’Everest.

Quant à nous, nous repartons pour 5 jours de trek qui va nous amener, à partir de LUKLA (2850m), par :

- PHAKDING – 2610m

- NAMCHE BAZAR – 3443m

- En passant par le monastère de TENGBOCHE (3875m)

- PANGBOSCHE – 3930m

- DINGBOCHE – 4410m

- LOBUCHE – 4910m

- Et enfin le camp de base de l’Everest – 5365m


Normalement, nous devrions avoir de la connexion Internet 😉, ce qui nous permettra de vous tenir informé plus régulièrement 👍🏻

Dernier soir et repas à Katmandou, avant notre départ. A la votre! 😉

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Réveil très matinal : 4h15 🥱😴 et départ de l’hôtel dans la foulée afin de pouvoir décoller à 6h et rejoindre Lukla 25 min plus tard (2848m)


Plus que 6000m pour rejoindre le sommet de l’Everest 😉






Une longue « promenade » va nous amener en 4h à Monju (nous sautons l’étape PHAKING car le rythme est bon et surtout l’acclimatation est bonne).

Après un déjeuner à 2900m, l’effet du manque de sommeil se fait sentir mais l'acclimatation est bonne 👍🏻

En résumé, une altitude de 100m au dessus de Lukla, mais nous avons vite compris qu’au Népal, ça ne marche pas comme cela 😀, les montées et les descentes s’enchaînent indéfiniment… au final, 565m de dénivelé + et 595 de descente 😉

Un paysage à couper le souffle, de nombreux trekkeurs et beaucoup de mules qui acheminent les produits à travers la vallée du Khumbu.

En photos :

En guest star, nous rencontrons Marie-Pier, une canadienne ayant déjà réalisé l’Everest, Ama dablan, le Manaslu et d’autres sommets à travers le monde.

Son prochain projet en Juin-Juillet : le K2

Accompagnée de Martine, son amie et masso-therapeute dont c’est la première expérience en haute montagne, avec comme objectif, le camp de base de l’Everest 💪🏻😓🥵

En complément, merci à Arnaud d'Altitude News pour ses articles sur l'ascension de l'Everest 2022.

Michel et Stéphane : deux Français de retour à l’Everest ! (altitude.news)

Les rotations de centaines d’alpinistes ont débuté sur l’Everest (altitude.news)

A priori, 300 permis ont été délivrés cette année pour l'ascension de l'Everest.

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Départ pour la deuxième journée de notre trek qui doit nous amener vers le camp de base de l’Everest.

Une paysage digne des Alpes françaises mais avec de nombreux pont suspendus dont notamment ceux que l’on voit dans le film EVEREST de 2015.

Une montée interminable vers la capitale des SHERPAS, NAMCHE BAZAR, à 3440m.

Grâce à l’acclimatation effectuée sur l’HIMLUNG, nous réaliserons cette « promenade » en deux heures alors qu’habituellement il en faut 4.

Un après-midi de repos avant la journée de demain qui nous amènera à PANGBOCHE, en passant par le plus grand monastère du KHUMBU, situé à TENGBOCHE.

Photos à l’appui, on trouve de très nombreux commerces à NAMCHE.

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Quelle journée !!!

Après une nuit tranquille, avec 9°C dans la chambre, dans la capitale des Sherpa, nous partons tout d’abord sur les hauteurs de Namche afin de visiter un musée et avoir un point de vue sur l’Ama Dablan (dans les nuages 😉) et sur l’Everest.

Ensuite, redescente de quelques mètres afin de visiter le musée officiel sur l’himalayisme Népalais et plus particulièrement les personnalités de Namche Bazar.

Visite d’une habitation typique.

Une journée sous le signe des rhododendrons, comme en témoigne les photos.

C'est le départ vers Tengboche et son monastère pour finir à Pangboche.

Comme déjà évoqué, nous commençons par une montée suivi d’une descente, suivi d’une montée, suivi d’une (très) grande descente, suivi …….

Vous l’aurez compris, nous avons bien travaillé les jambes et le cardio 😉

15km, en 4h20 de « ballade » avec 1150 de dénivelé positif (en cumulé 😀)

Nous arrivons à Tengboche (3860m) sous quelques gouttes de pluie qui vont rapidement se transformer en une pluie soutenue.

Nous profitons de cet intermède pour visiter le monastère de Tengboche, le plus vieux du pays Sherpa et nous restaurer – pour moi, ce sera spaghettis Bolognaise à la Népalaise (viande de Yak 😄)

Nous repartons, équipés pour la pluie, sous quelques gouttes.

1h20 plus tard, nous arrivons à Pangboche (3930m), où nous nous installons et profitons d’une bonne douche 😉

Quelques visages au détour du trek

Une nouvelle fois, notre acclimatation nous aura permis de parcourir rapidement cette longue étape.

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Départ sous un ciel menaçant.

6,5Km, en 1H50 de « ballade » et 451m de dénivelé positif (en cumulé 😉)

Arrivée à DINGBOCHE sous quelques flocons.

Une toilette à la va vite, avec un peu d’eau et une éponge, avec une température de 6°C dans la chambre 🥶. Vite fait, bien fait. On verra demain si l’on peut prendre une douche 😬

Autant dire que l’on ne traine pas 😉

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5h du mat, le ciel est complètement dégagé, mais une heure plus tard, il s’est déjà voilé.

La nuit fut fraiche car même dans le lodge, et surtout dans la chambre, la température va tomber à -1°C.

Le plus dur, c’est de sortir du lit et de s’habiller 🥶😴

Une fois le petit-déj avalé (entre porridge, pancake et cornflakes), nous voila dans nos chaussures prêts à rejoindre notre dernier Lodge avec le camp de base : LOBUCHE, situé à 4930.

Encore une fois, notre précédente acclimatation joue à fond puisque nous allons dépasser de nombreux groupes, pour la plupart réalisant le trek du camp de base de l’Everest (5364m) en aller-retour.

Pour notre part, sur un temps théorique de 5-6h, nous allons mettre 2h30, même si l’on a l’impression de ne pas avancer et d’avoir du mal à respirer 😀

Au final, 8km et 625m de dénivelé positif, à une altitude entre 4300 et 4900m

Déjeuné à midi, puis une bonne douche chaude (à 4910m 😉) et enfin un après-midi à se reposer et à échanger avec nos voisins internationaux (Mexicains, Français, Belges, Américain, Australien)

Lire, préparer ce blog 😁 , boire (du thé et de l’eau, pour s’hydrater 😀)

LOBUCHE étant un nœud de plusieurs treks, le Lodge est plein et le service du diner est compris entre 17H30 et 19H30

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Nuit fraiche 🥶

Départ pour 3-4h de trek, qui va nous mener au camp de base à 5400m.

Un trek dans un environnement minéral entouré de sommets de 6000 à 7000m.

Arrivée au Camp de Base matérialisé par un énorme rocher. Pose photo obligatoire. Ticket recommandé 😉 Ca fait la queue.

Parmi ceux qui prennent la pose, nous rencontrons un indien avec son fils de 3,5ans, le plus jeune à atteindre cette altitude (! ?), ainsi que des amputés des membres inférieurs ayant réalisés ce trek un peu éprouvant.

Notre campement étant situé au pied de l’Ice Fall, c'est à dire un bon kilomètre à partir du rocher, il nous faudra plus de 25min pour parvenir à nos tentes.

Après le repas, douche de rigueur avant une sieste bien méritée.

Cela marque ainsi la fin de la partie trek de notre aventure dans le SoloKumbhu et le début de notre expédition.

La Puja est prévue le 8 Mai.

Nous allons demander l’autorisation à Sagarmatha (Chomolungma), déesse de la montagne de nous autoriser à pénétrer dans son domaine.

Plus de photos prochainement 😉😀

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Une journée de repos pour nous installer dans les tentes😀 , faire un peu de lessive et une bonne sieste.

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Aujourd'hui, c'est exercices dans l’Ice Fall, que nous aurons à traverser prochainement lors du Summit Push.

Nous partons vers 9h30 afin de découvrir l’Ice Fall et surtout découvrir ou rafraichir 😀 la manipulation des crampons, le jumar et les différentes procédures de descente sur corde – rappel par exemple.

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Aujourd'hui , c'est journée de repos et formation 😀

En effet, au delà de 7300m - au C3, nous allons commencer à utiliser l'oxygène.

Dendi nous présente les différents matériels et notamment l'utilisation du masque à oxygène et les différentes procédures, notamment en cas d'accumulation de glace sur la partie expiration.

Un bon moment de rigolade 😉

En résumé, la bouteille pèse 3,3kg et va permettre une supplémentation d'oxygène pendant un peu plus d'une dizaine d'heures.

En fin de matinée, un journaliste du DAUPHINE LIBERE nous rend visite - il est présent à Gorak Shep pour suivre Marc BATARD - 70 ans, qui tente d'ouvrir une nouvelle voie afin d'éviter la traversée de l'Ice Fall.

Antoine CHANDELIER, grand reporter va passer un peu plus de 4heures avec nous. Nous échangeons sur l'Everest 😀, sur différents sujets - l'acclimatation, les clients, les dangers, les records, l'oxygène, les prix, l'usage de l'hélicoptère, ....

N'hésitez pas à vous rendre sur son carnet de route 😉

Carnet de route, épisode 8. Sur le chemin de l'Everest : au camp de base, l’assaut se prépare (ledauphine.com)

Le programme pour les jours à venir si la météo reste clémente :

Vendredi 06.05 : repos

Samedi 07.05 : repos également 😀

Dimanche 8.05 : Puja

Lundi 09.05 : départ pour le Summit Push vers 3h du matin avec la remontée dans l’IceFall vers le Camp 1 – 6100m

Mardi 10.05 : départ vers le camp 2 – 6500m

Mercredi 11.05 : camp 3 – 7100m

Jeudi 12.05 : Camp 4 – 8000m

Jeudi 12.05, 21heures, départ pour le sommet (je compte environ 12heures de montée pour rejoindre le sommet à 8848m)

Vendredi 13.05 : après le sommet, redescente vers le C3 ou C2 en fonction de mon état de fatigue.

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Journée de repos où nous en profitons pour nous préparer mentalement et physiquement, histoire de nous faire beau pour les prochains jours 😉

Recharger les batteries, douche et rasage au programme.

On en profite également pour bouquiner un peu et participer au championnat International de UNO, le plus haut au monde 😉

Je profite également de cette étape pour remercier et féliciter chaleureusement l'équipe des cuisiniers qui font un travail remarquable au quotidien pour nous préparer des plats gouteux et variés et plus particulièrement à 5400m 😊👍🏻

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Puja et préparation au Summit Push.

Le départ est avancé à 1h du matin. Nous traverserons ainsi l'Ice Fall à la période la plus froide qui permet de limiter les risques avec les séracs.

Le moral est bon. Nous sommes impatients de partir. Cela fait déjà 5 jours que nous sommes ici. 😀

Après la PUJA et le déjeuner, ce sera préparation des sacs et la nécessaire pesée afin de réduire le poids, notamment pour cette (très) longue traversée de l'Ice Fall qui va nous faire gravir pas loin de 1000m en utilisant les jambes mais également les bras avec le Jumar, pour grimper des murs de glaces et traverser des crevasses en utilisant des échelles.

Notre expédition est constituée de 6 nationalités, dont une femme Népalaise - Dolma Lama Sherpa.

La PUJA 
Nous faisons honneur à la Déesse Sargamantha 
Le Lama qui a procédé à la bénédiction et l'autel préparé par notre équipe 
L'équipe Francaise 
L''équipe Internationale (France, Japon, Espagne, Singapore, Roumanie, Népal)
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Voici 11 jours que nous étions au sommet !!!! C’est comme un rêve, et nous avons encore du mal à réaliser.

Même pour Michel et moi qui avions déjà réalisé le sommet, il est difficile « d’accepter » l’idée qu’après des jours et des heures de souffrance, nous étions à près de 8900m d’altitude 😉

Que s’est-il passé ces derniers jours?

Lundi 09.05

Comme convenu, après la Puja, voir étape 20 😉, nous préparons nos sacs pour un départ dans la nuit en direction du camp 1 – 6100m, avec la remontée dans l’IceFall (cascade de glace)

Réveil à 23h30 et p’tit dej à minuit – le porridge a tout de même du mal à passer ☹😒.

Après un tour autour du monument dont nous nous sommes servis pour la Puja et avoir jeté quelques grains de riz pour demander protection à Sagarmatha, nous voilà partis pour 7-8heures de montée (pas loin de 800m de dénivelé) dans l’Ice Fall, qui a tout de même fait 43 morts par la chute de séracs ou chutes dans les crevasses.

Ça va être une très longue montée dans la nuit, le froid, l’angoisse d’une chute, la marche sur les échelles qui apporte encore plus de risque, …

6h du matin, au moment d’une courte pause, nous assistons à l’effondrement d’un sérac de la taille d’un immeuble de deux étages - impressionnant !!

Même nos sherpas ont été impressionnés - ils se sont jetés sur la corde pour s’assurer 😊

8heures plus tard (et 13km plus loin), nous arrivons au camp 1, camp de transition où il n’y a rien (nous allons manger un repas lyophilisé 😊 et une soupe de pates – à 6000m, c’est divin 😉) et qui sert uniquement à se reposer avant de rejoindre le C2 le lendemain.

Mardi 10.05

P’tit dej à 6h30, cornflake et muesli (mélangés 😊) et c’est le départ à 8h30.

S’agissant de la combe ouest, c’est un endroit très encaissé – coincé entre l’Everest et le Nuptse, très ensoleillé, sans vent. Il va donc falloir faire très attention aux coups de soleil.

Protection vestimentaire obligatoire + crème avec indice 50+. On pourrait presque jouer dans un cirque, il nous manque le nez rouge 😉

Sur un parcours assez plat, nous rejoignons le C2 – 6465m, sous un soleil de plomb. 4km et 400m+.

De là, on aperçoit notre prochain défi : la face du Lhotse et le camp 3 au milieu, bien exposé.

Je pense que ça ne va pas être une partie de plaisir, d’autant que l’altitude augmente progressivement et que l’on va monter à 7100m, et ce sans oxygène ☹

Même si l’on est haut, ce camp permet de bien se reposer, avec – merci GLACIER HIMALAYA – de vraies tentes, de la place, une tente mess et – bravo le cuisinier – de vrais plats, très bons 😊

Un petit nettoyage, avec de l’eau chaude 😉. Ça fait du bien au moral. L’hygiène est importante, et plus particulièrement bichonner les pieds 😀, afin de s’assurer notamment que l’on n’ait pas d’ampoules ou d’irritations, ce qui pourrait devenir vite problématique, surtout à ces altitudes.

Mercredi 11.05

Départ, au soleil vers 11h30, pour la troisième et avant-dernière partie de notre summit push

Jusqu’à la rimaye, tout va bien. Ça monte progressivement, nos sacs font 12-14kg (vivres de course, boisson, vêtements pour plus haut, combinaison, frontale, …)

Et puis la rimaye est là, et on passe dans un autre univers 😯

C’est la face du Lhotse. C’est raide – pente à plus de 50°. Nous sommes à 7000m, sans Ox. Il fait chaud, le sac est lourd. Une partie de la montée se fait sur glace vive (bleue), extrêmement glissante. Pas de faute de crampons autorisée 😉

C’est l’horreur!

Finalement, nous mettrons 4h30 pour faire les 11km et les 500m+ qui nous séparaient du C3.

Encore une fois, c’est un camp de passage, histoire de se reposer. Il n’y a rien.

Les tentes sont accrochées à la paroi, sur des terrasses creusées au préalable. Nous sommes deux par tentes – au moins on se tient chaud 😉

Au menu ….. lyophilisé 😊 Pour Michel : riz, pour moi : Poulet Pates Champignons, un délice 😊

« La nuit » va se passer avec l’oxygène, afin d’économiser nos forces.

Jeudi 12.05

1h du mat, des sherpas viennent du camp de base pour « apporter » à manger et amener des produits pour le C4

-9°C dans la tente

4h30, réveil !!

Un lyophilisé de riz avalé, il faut s’habiller, ranger ses affaires et notamment son sac de couchage dans son sac de compression et tout ça :

· À deux dans la tente

· À 7100m

· Avec le masque à oxygène.

Sacré challenge !!!

Et c’est reparti, direction le C4 à 8000m.

Au-delà de l’altitude, c’est une très très très longue montée, où nous allons mettre pas loin de 8heures pour rejoindre notre prochain camp, avec 900m+ à une vitesse moyenne de …. 0,7km/h 😉 un truc de dingue et parcourir 5,4km, dans un mixte, qui conjugue neige, roche (notamment la Bande Jaune) et glace bleue.

Autant dire, que si l’on n’est pas à l’aise dans l’utilisation des crampons, on a potentiellement un gros problème.☹

Le Col Sud : 8000m, 14h

On a souvent vu cet endroit dans des films et "récemment" dans le film EVEREST de 2015.

Je confirme, l’homme n’est pas fait pour vivre ici 😉

Du vent en permanence : 30km/h, plus en rafales : 100-120km/h, un température la journée, par beau temps de -20°C.

On se pose dans nos tentes, histoire de se reposer, boire un peu et manger.

Toute l’équipe française est arrivée, sauf Yves qui nous suit et est, pour l’instant au C2.

19heures : c’est riz lyophilisé, mais ça a du mal à passer – avec l’altitude, l’appétit diminue.

On enfile notre baudrier, remettons nos bottes et nous sortons de la tente pour pouvoir mettre les crampons.

Le vent et le froid nous accueillent. Mais qu’est-ce que l’on fait là !!!!

20h15, c’est le départ : -30°C, avec le facteur vent, je n’ose pas regarder, mais c’est froid.

Face à nous, la face sud de l’Everest, longue, très très longue.

Le pas est lent, le souffle court.

On s’enferme progressivement dans sa bulle, à l’écoute de son souffle et de ses sensations : mes doigts ? mes orteils ?

Je les sens, ils bougent. Ok, je continue.

Un pas après l’autre.

Le jumar, cette poignée qui nous permet de nous « hisser », est bien pratique et facile à utiliser, …. avec des gants.

Mais quand il fait -40°C, avec du vent, il est très vite nécessaire d’avoir des moufles et forcément, ça devient compliqué – la moufle ne rentre pas dans la poignée. C’est difficile de changer régulièrement - le gant droit par la moufle, gant que l’on va mettre au chaud dans la combinaison pour quelques instants, échanger la moufle gauche par le gant gauche et le gant droit par la moufle droite - j’espère que vous avez suivi 😉

2h, le Balcony

Après un très long mixte de roche et neige, avec pleins de cordes dans tous les sens, nous voilà au Balcony, une sorte de longue arête qui va nous amener au sommet sud, à 8760m

5h, le soleil commence à poindre et …. je vois la pyramide de l’Everest par la projection du soleil sur la montagne et l’ombre apparait sur les nuages.

C’était l’un de mes regrets, où en 2018, je n’avais pas réussi à prendre cette magnifique photo car je n’avais plus de piles ☹

5h45, Sommet Sud

On voit le Ressaut Hillary, un peu de monde devant moi. Je suis extenué.

Encore au moins 1h30 pour atteindre le sommet.

C’est loin et proche à la fois, vu ce que j’ai déjà parcouru.

Michel est quelque part derrière, avec Dolma,

Adrien, Arnaud et Jonathan ne sont pas très loin devant.

Je repars, un peu tiré par mon sherpa 😊. C’est une vraie machine ce Chong bi 😊

7h40, deux heures pour atteindre le sommet, et je n’en ai pas eu conscience.

Bon, le passage du ressaut Hillary ce n’est pas un mince affaire. De la roche lisse, les crampons qui glissent sur la roche, beaucoup de monde – forcément, c’est technique, donc ça bouchonne, de la neige et de la glace, pleins de cordes de partout.

En bref, c’est compliqué.

Mais soudain, au détour de la courbe du sommet, un attroupement. Non, ce n’est pas une hallucination, c’est la fin du chemin – quoique, si l’on passe le sommet, on redescend en Chine vers le col Nord 😉 – voie par laquelle nous étions arrivés en 2018.

Grand moment d’émotion !!!!!

Enfin, ça y est.

11h30 d’efforts pour la montée. On reste calme, il y a encore la descente ☹

Il fait beau, un peu de vent, et un petit -30°C. C’est supportable non ?

Je me pose, j’ouvre mon sac, je profite.

Mon thermos a gelé, 13h que je n’ai rien bu ni mangé, mais bon, on verra ça plus tard.

J’immortalise le moment en prenant en photo ma montre qui, étonnamment, pour une fois, indique la bonne altitude 😊

Je profite du paysage, je discute avec Jonathan.

Je profite du moment présent 😀

Purée, j’ai refait le sommet !! C’est génial !!!!

Je prends quelques photos, je demande à Jonathan d’en prendre de moi et notamment avec Monsieur COSTAUD qui aura été notre mascotte tout au long de cette aventure – merci ma fifille 😊, les drapeaux et notamment celui de mon entreprise WERMA, la gourde isotherme 😊 et surtout notre nouveau produit – une colonne lumineuse, que mon directeur commercial m’avait proposé d’amener au sommet, sous une forme de challenge.

Challenge relevé et réussi 😉👍🏻

Michel n’est pas encore là.

8h20 c’est le départ, il nous reste un peu de chemin à parcourir 😉

8h30, je croise Michel, au niveau de la nouvelle station météo que les Chinois ont installé.

Il a l’air d’aller bien.

Je ne me sens pas de l’accompagner vers le sommet. Je le laisse continuer vers le bout du chemin.

40minutes plus tard, le Ressaut Hillary est passé et nous sommes au sommet Sud.

Mon sherpa me change la bouteille d’Ox.

9h20 le col Sud est visible en contre-bas

Il va me falloir encore 3h pour rejoindre ma tente.

Cela fait 16h que j’ai quitté ma tente, sans boire ni manger.

Je suis extenué mais bien, heureux, vivant.

Je m’endors d’un sommeil sans rêve, uniquement bercé par ma respiration dans le masque et surtout le vent qui souffle toujours.

Je suis réveillé par Michel, qui vient d’arriver.

A priori, tout va bien. Dendi nous apporte une mixture à base de chocolat chaud et de Porridge.

Nous avons surtout soif. Il nous fait passer du thé Noir. Trop bon.

Du fait de notre état de fatigue, nous décidons de rester dormir une deuxième nuit au C4.

En effet, redescendre au C2, nous amènerait à redescendre encore de -2600m après les -1000m du sommet au C4, et encore 5h d’efforts après les 16h déjà passées.

D’autant que, mauvaise nouvelle, le gros orteil gauche de Michel est noir. Il n’a pas aimé la combinaison chaussettes en Néoprène et le froid ☹.

La nuit va se passer presque normalement, en étant à 8000m, avec un vent type tempête, un masque à oxygène sur le nez et pour moi, une terreur soudaine en pleine nuit où je me réveille en panique – détresse respiratoire, comme si j’étouffais, alors que j’avais le masque sur le nez et la bouteille d’ox, à côté de moi à moitié remplie.

07h00, le 14 Mai.

Réveil , petit dej (mélange de cornflake et de muesli avec du lait chaud)

08h00, c’est le départ pour une longue descente vers le C2.

Un dernier regard sur ce camp et nous attaquons le mixte roche-glace avec comme difficulté supplémentaire : le croisement des personnes qui montent.

Finalement, nous mettrons 8h pour descendre, avec une pose au C3 pour tenter de boire quelque chose.

Défilé de mode au C2 😀

15 mai : retour au camp de base

Première chose : une douche !!!!! Trop bon, je vous laisse imaginer l’odeur de ma combinaison dans laquelle je baigne depuis quelques jours 😊

Ensuite, c’est restauration et recherche d’une connexion wifi 😊, ce qui est compliqué puisque nous sommes environ une quinzaine à chercher à se connecter 😉

L’après-midi, Nathalie LAMOUREUX, journaliste au POINT et écrivaine : L’EVEREST A LA FOLIE (2014, Éditions GUERIN), vient nous rendre visite pour échanger sur notre expérience du sommet, et notamment pour comprendre le contexte du vol de 45 de nos bouteilles d’oxygène par SEVEN SUMMIT TREK au C4, mettant ainsi en danger notre propre expédition (pour info, DENDI va faire un véritable travail de chasse à 8000m d’altitude et va réussir à se « dépanner d’une vingtaine de bouteilles, nous permettant de continuer)

Dans l’après-midi, deux officiels du gouvernement du Népal nous rejoignent, pour entendre notre version des faits sur le vol des bouteilles.

En fin d’après-midi, l’un des dirigeants de l’agence SEVEN SUMMIT TREK débarque dans notre tente messe avec une dizaine de personne de son équipe afin de discuter avec nous et faire cesser la campagne « d’information » et de mauvaise pub qui est en train de se reprendre. En effet, nous avons commencé à communiquer sur les réseaux sociaux, et comme vous pouvez l’imaginez, ça va très vite 😉

D’autant que :

- Les japonais en ont déjà référé à leur ambassade.

- Arnaud, travaillant à l’OMS, est fonctionnaire international

- Et Dendi a porté plainte pour vol avec mise en danger de la vie d’autrui.

Ce soir, c’est menu de fête avec notamment des crevettes grillées – à 5400m 😉

Le 16 Mai : départ pas possible – le mauvais temps s’est installé sur Lukla et les avions et hélicoptères ne peuvent pas décoller. Seuls Michel et François réussiront à prendre un hélico pour évacuation sanitaire – direction Katmandou.

17 Mai : présent sur l’hélipad à 8 heures, avec les sacs et tout, ……. décollage à 12heures, direction Lukla.

La fatigue se fait sentir 😉.

Cela a été impressionnant de voir la rotation des hélicoptères - souvent 3 en même temps sur le camp de base.

Des nouvelles contradictoires d’Yves, qui est/était dans l’ascension finale mais aurait des soucis d’oxygène. Nous ne savons pas trop s’il est bloqué au ressaut Hillary ou au sommet Sud, ou bien s’il est déjà redescendu au C3 pour hélitreuillage.

À suivre.

Nuit à Lukla.

18 Mai

7heures du mat. Dendi arrive au lodge en nous demandant de nous préparer pour départ à 8 heures.

En effet, il a « travaillé » toute la nuit pour organiser l’évacuation de Yves et de Dawa, depuis le C2, et ils arrivent.

Arrivés à l’aéroport, nous embarquons avec Yves et Dawa, qui en effet semblent en mauvaise posture. Notamment, Dawa semble avoir deux doigts gelés. Direction l’hôpital de Katmandou.

Pour notre part, installation à l’hôtel où nous reprenons nos marques, barbier pour se faire beau 😊, quelques emplettes pour le retour, avancer le vol de 15 jours, ce qui n’a vraiment pas été une mince affaire, refaire les sacs et trier.

Soirée pour célébrer ce temps passé ensemble et revivre une partie des émotions que nous avons ressenties sur ce sommet mythique.

6 semaines d’aventures, en dehors de sa zone de confort, au bout de soi-même et surtout à se dépasser.

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Publié le 28 mai 2022

Bien souvent une vidéo ou un dessin valent bien mieux qu'un grand discours 😉

J'ai le plaisir de partager avec vous ces vidéos prises durant notre périple.

Vous pourrez également les retrouver sur YOUTUBE 😉



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Publié le 28 mai 2022

15 jours que nous étions au sommet et cela semble toujours être irréel.

J'espère qu'au travers de ce carnet de voyage, vous avez pu ressentir et vivre avec nous cette aventure hors du commun 😀

Quelques infos complémentaires :

26 Mai 1953, trois photos de 2 anglais qui reviennent du Col Sud.

On notera la différence entre les équipements 🤣😁

 26 Mai 1953, 2 Anglais reviennent du Col Sud.
 14 Mai 2022, 2 Français reviennent du Col Sud.

2022

325 permis pour l'EVEREST ont été délivrés (251 H et 74 F)

dont 13 pour des Français, dont 3 femmes

et 135 permis pour le LHOTSE ont été délivrés (103 H et 32 F)

Représentativité des pays :

USA : 65 - Angleterre : 35 - Inde : 26 - Canada : 17 - Russie : 17 - Chine : 14 - France : 13 - Australie : 11 - Autriche : 11 - Allemagne : 6

6015 ascensions réalisées depuis 1953 - dont 205 sans Ox

879 : nombre d'ascension record en une année - 2019

Michel devient le premier Français à avoir gravi 3 fois l'Everest.

Quant à moi, je suis 6ieme Français avec 2 x ascensions et troisième pour la réalisation des deux cotés 😉

Je voulais aussi remercier chaleureusement les équipes de porteurs et de sherpas sans qui rien ne serait possible, et qui font un travail exceptionnel au quotidien.

En images

Et également les animaux 😊

Cherchez les intrus 😉

Pour terminer ce carnet de voyage, merci à toute l'équipe de GLACIER HIMALAYA qui a fait un travail remarquable en termes de suivi, d'accompagnement et de services.

Et également à toute l'équipe de touristes 😉 avec qui nous avons passé de très bons moments, où nous nous sommes soutenus dans les moments de doutes et où nous avons partagé notre succès.

J'avais terminé mon premier livre sur Everest 2018, par le fait que cette aventure avait été un voyage au bout de soi-même, je rajouterai, que cette ascension, coté Sud m'a permis d'aller au-delà de moi-même et de me surpasser surtout au niveau mental tant le niveau de difficulté est élevé.

Merci à tous pour vos messages d'encouragements et de soutien 👍🏻