La Loire à vélo

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C'est parti pour une semaine de vélo entre Blois et Tours, entre châteaux et vignobles, entre amis et bons souvenirs.
Du 1 au 9 août 2020
9 jours
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Publié le 1er août 2020

Le périple commence à Paris. Camille, Gatien et moi-même prenons le train à la gare d'Austerlitz direction Blois. Portés par nos rêveries enfantines de l'univers Harry Potter, nous nous posons dans un compartiment a huit places en priant que les mange-morts ne nous arrêtent pas en chemin.

Arrivés à Blois, notre seul souhait est de déposer nos sacs a dos a l'hôtel pour aller visiter la ville. Chose aussitôt dit, aussitôt faite ! Le gérant de l'hôtel nous conseille les sites culturels de la ville. En traversant le pont au dessus de la Loire, nous arrivons en face de votre première découverte : les escaliers Denis Papin. C'est une illusion d'optique puisque de loin on croirait discerner un mur peint. Les stickers changent de temps en temps dans l'année.

En attendant notre quatrième compagnon,nous décidons d'aller du côté de la Cathédrale. L'orgue résonne en cette après-midi. A côté se trouvent la mairie, son parc et sa roseraie où nous nous improvisons photographes.

Gautier nous rejoint enfin. Nous vadrouillons dans les rues jusqu'à arriver à l'église Saint-Vincent, puis au château royal de Blois, avant de continuer jusqu'à l'église Saint-Nicolas, ornées de magnifiques vitraux colorés. Nous vagabondons ensuite dans la vieille ville et sur les quais de la Loire.

L'heure de l'apéro sonnant, nous nous attablons sur une petite place afin de déguster une bonne bière rafraîchissante ! Qu'à cela ne tiznne, ce breuvage se poursuit sur une bonne ripaille haute en couleur et en goût ! Le F&B est une très bonne adresse !

La journée se termine sur une promenade en fond de coucher de soleil sur les bords de Loire. Une grande journée nous attend demain !

2
août

Le réveil au son de la Loire qui coule est si doux. Notre matinée se dessine en deux axes : trouver une boulangerie pour le petit déjeuner et récupérer les vélos. Nous arrivons a l'agence de location en ayant finement évité toutes les boulangeries (sans le faire exprès). Tout est en ordre au niveau des vélos. La deuxième mission est accomplie. Pour arriver au terme de la première, nous passons par le centre de Blois qui devrait être truffé d'odeur de pâtisseries, selon nos pronostics. Nous avons le nez fin. L'eau la bouche, nous partons pour déguster notre festin sur les bords de Loire. Gautier, pas encore réveillé, ne montera pas sur son vélo sans son café ...

L'étape de fixation des sacs a dos sur les porte bagages est particulièrement fastidieuse pour certains. Heureusement que nous avons des tendeurs de qualité (dédicace à mon père). Après les derniers tests pour voir si les bagages tiennent bien, et notre photo de départ, nous voilà enfourchant nos vélos, prêt a fendre l'air !

Nous pédalons en remontant la Loire pour nous diriger vers notre premier château. Les bords de Loire sont très bien aménagés pour les cyclistes. C'est très agréable.

A l'approche du château de Chambord, de plus en plus de cycliste croisent notre route. C'est un des sites les plus visités et nous comprenons vite pourquoi. Son architecture monumentale toute en finesse est spectaculaire. Une fois les vélos déposés et les sacs à dos consignés, il est temps de démarrer la visite !

Paragraphe histoire : François Ier a commandé la construction de ce château au 16e siècle. Situé au milieu d'un domaine forestier, cela lui permettait de s'adonner à une activité appréciée à l'époque : la chasse à courre. Ce qui explique la présence de nombreux trophées de chasse, dont la salle des trophées est la plus ornées. L'édifice fut achevé au siècle d'après. Louis XIV investie également les lieux pendant son règne. Il y ajoutera certains éléments, pièces, etc.

Le saviez-vous ? La pièce de Molière Le bourgeois gentilhomme fut joué pour la première fois au sein du château de Chambord, devant Louis XIV en petit comité en 1670.

L'intérieur est impressionant, mais l'extérieur laisse sans voix. Le style renaissance est ornementé d'éléments de décoration. Il n'y a aucun respect de la symétrie géométrique. Ce qui lui offre un certain cachet. Le parc est petit, bien que bien entretenu. Nous sortons pour nous restaurer avec vue sur le château avant de retourner récupérer sacs et vélos. Équipés a nouveau, nous partons en direction du canal. En effet, l'édification a nécessité l'assèchement de la zone, qui était a l'époque un vaste marécage. Un bras de la Loire a alors été dévié de quelques kilomètres et le canal venait alimenté les douves.

Nous reprenons la route après cette belle parenthèse historique. Les chemins pour cyclistes nous font traverser de belles forêts verdoyantes. Quel bonheur de profiter de la fraîcheur des arbres, sous ce soleil de plomb. La route est plus longue par les chemins que par la route. Néanmoins, c'est nettement plus agréable ! Après une vingtaine de kilomètres, nous arrivons enfin à Cormeray.

L'hôtel est situé au milieu de nulle part. On s'y repose dans le calme pendant quelques dizaines de minutes avant de renfourcher nos vélos. Et oui ! Comme de vrais touristes nous n'avions pas réalisé que nous étions dimanche, et que les supermarchés afficheraient porte close. Notre seule option pour nous restaurer était la suivante : reprendre nos vélos pour nous rendre à Cheverny. Le seul restaurant ouvert de la soirée (Le pinocchio) nous a servi de fabuleuses pizzas, suivis de desserts copieux. Le retour à l'hôtel fut bien plus lent que l'aller.


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août
Publié le 5 août 2020

La matinée commence par un petit déjeuner complet afin de faire le plein d'énergie. Le ciel est menaçant mais rien ne peut nous arrêter ! Nous reprenons nos montures en direction du château de Cheverny sous un ciel grisant (particulièrement pour Gatien qui n'avait rien pour se couvrir).

Une fois arrivés, nous décidons de commencer notre visite dans le jardin du château. Quand soudain, le ciel nous tomba sur la tête. Nous courâmes à grandes enjambées afin de nous abriter, laissant derrière nous les jardins. Il n'est pas de meilleur abri que le château de Cheverny.

Propriété privée, ce château est encore habité par le marquis Hurault. Par conséquent, il est le château le plus meublé des châteaux de la Loire. Ce qui nous permet de nous projeter dans le quotidien de l'époque.

Nous sortons dans le jardin, par l'orangerie. Enfants que nous sommes, nous cherchons a trouver le labyrinthe. Engouffrée dans sa végétation luxuriante, la sortie paraît bien difficile à rejoindre. Une entraide naturelle se met en place à l'intérieur parmi les participants.

Entre ruches, nouvelles vignes et arbres centenaires, nous arrivons au jardin de l'amour. De magnifiques statues ponctuent le parcours pédestre.

Nous traversons le parc pour découvrir le chenil abritant les 120 chiens de chasse, de race Français tricolore. Le potager jouxte leur chenil.

Tiraillée par la faim, les chevaliers de la roue ronde se laisse alpaguer par les effluves de galettes au Sarrasin.

Après une dégustation de pinot gris suivi d'un pichet de sauvignon blanc de Touraine, notre foie n'est pas encore repu. Une halte da la maison des vins s'impose pour découvrir les AOC Cheverny et Cour-Cheverny. Nous repartons avec une bouteille de Romorantin, un cépage uniquement cultivé dans la région. Nous sommes alors suffisamment rond pour reprendre la route.

Nous étions alors complètement a l'Ouest, avant de finalement retrouver notre chemin vers le Nord. Nous enchaînons 30 km entre forêts et départementales pour rejoindre notre gîte a Chouzy-sur-Cisse, en repassant par Blois. Effectivement, le choix de la localisation du gîte n'avait pas pris en compte le fait que la Loire n'est pas truffée de pont pour la traverser ... Mauvaise organisation !

Nous avons été accueilli par Marc et Florian, deux hôtes très agréables. Ils ont passé la soirée en notre compagnie, un verre de vin a la main. Nous avons fait une dégustation de vin, tout en passant un bon moment.

4
août
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La journée commença magnifiquement avec un petit déjeuner royal offert par nos hôtes.

Une fois repus, nous prîmes la route jusqu'au château de Chaumont-sur-Loire. Situé en hauteur avec vue sur la Loire, nous dûmes gravir une grande côte afin d'atteindre les jardins. Ce n'est pas le tapis rouge qui fut déroulé, mais bien les parterres de fleurs qui nous accueillèrent.

La visite de l'édifice commença par les écuries. Situées à quelques pas du château, elles furent un des premiers bâtiments français électrifiés, avec l'Opéra Garnier et l'Hôtel de ville de Paris. Les imposantes écuries accueillent aujourd'hui des expositions d'art moderne.

La forteresse de Chaumont-sur-Loire fut édifiée au 10eme siècle. La famille d'Amboise était propriétaire du château. En 1465, Louis XI ordonne la destruction de cette bâtisse pour punir la famille de sa désobéissance envers le roi (révolte contre le pouvoir royal). Quatre ans plus tard, graciés par le roi, la famille reconstruit la demeure ...

En 1550, Catherine de Médicis (nièce du pape, femme d'Henri II, alors roi de France) achète le château d'Amboise. A la mort d'Henri II, en 1559, Catherine décide de s'accaparer le château royal de Chenonceau, construit par Henri II pour Diane de Poitiers (sa maitresse pimpante). Diane se voit néanmoins offrir le château de Chaumont-sur-Loire en contrepartie.

Le parc royal abrite le festival des jardins qui met en scène diverses parcelles. Cette année, le thème est "Terre mère". Les oeuvres nous invitent alors a réfléchir a la place de l'homme au côté de la nature.

A la suite d'un pique nique de qualité, nous reprenons la route direction Amboise. La route, plus courte que les jours précédent, n'en fut pas moins compliqué. Nous fûmes de nombreuses haltes pour reprendre notre souffle et ramasser nos muscles des jambes. A cette occasion, une motte de foin nous fit de l'oeil. Ni une, ni deux, nous l'enjambâmes.

Après moult péripéties, nous arrivons a Amboise, prenons nos quartiers chez notre hôte Delphine avant de descendre en ville. La fraîcheur d'un verre de vin au pied des fortifications du château d'Amboise nous mit l'eau à la bouche. La fin de soirée se déroula dans un restaurant fort bon où nous nous attablâmes.

5
août
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août
Publié le 5 août 2020

Comme prévu la journée commença par un retard de 30 minutes. A défaut d'arriver à l'heure, nous arrivons avant les touristes motorisés.

Nous profitons alors de la brise (de Nice) matinale et de l'ombre du parc pour découvrir les inventions de Léonard de Vinci dans ce jardin du Clos Lucé. Entre aviation, hydraulique, infrastructure, sculpture, peinture, anatomie, on peut dire que Léonard a touché a tout (sauf peut être les femmes). Il était en effet en avance de plusieurs siècles sur son temps. Originaire d'Italie, Léonard n'a en réalité passé que les trois dernières années de sa vie a Amboise.

Ses relations avec la royauté Française l'amène à migrer en France en emportant trois de ses fabuleux tableaux, dont la Joconde. Il installe son atelier au Château du Cloux, devenu le Clos Luce, pour mener a bien ses derniers projets.

En route vers le Château, que nous voulions visiter au zénith du soleil, nous comprimes que les fainéants touristes motorisés avaient eu la même idée. Erreur fatale, nous avons piétiné pendant 1h pour une visite qui ne méritait qu'une vingtaine de minutes. Entre chambres, ateliers et cuisines, nous découvrons le quotidien de ce grand sage, qui aimait dire "Une journée bien remplie vous permet un bon sommeil, une vie bien vécue vous offre une mort paisible". C'est au côté de François Ier que Léonard nous quitte en 1519. Même après sa mort, ses innovations continuent d'inspirer notamment l'architecture royale avec par exemple l'escalier a double hélices de Chambord.

Suite à cette matinée très culturelle, nous nous dirigeons vers l'aire de pique-nique pour déguster la merveilleuse salade de riz, de saison préparée par nos chef.fe.s cuistots. Les touristes motorisés n'ayant pas pris le temps de se cultiver, ils occupent toutes les tables de pique-nique. Suite a une bataille des plus féroces face a Madame la guêpe, que nous gagnons suite a son exécution, nous pouvons manger en paix.

Avant de reprendre la route vers notre prochaine escale, nous profitons une dernière fois des rues piétonnes d'Amboise (ainsi que d'une petite glace, pas piquée des hannetons).

Une fois sur le vélo, la distance promise est très raisonnable, et notre corps sculpté par les premiers jours vient facilement à bout des quelques cols (Hors Categorie) à grimper.

Quelques coups de pédales plus loin nous rejoignons notre nouvelle étape, a Chenonceau. Nous soupons à la lueur du coucher du soleil a l'aide d'un réchaud (39,99€ chez le roy du camping avec le code SOSOCAMP37). Nos pâtes parfaitement cuites nous procurent une sensation de satiété satisfaisante.

Pour finir la bouteille de vin de Touraine Demi-Sec d'Amboise (qui manquait de fraîcheur) nous nous encourageâmes avec quelques chansons paillardes des plus sympathiques, quoi de mieux pour finir la journée de bonne humeur ! Reprenons tous en coeur. Chevalier de la table ronde, goûtons voir si le bien est bon ! Goûtons voir ...

Cette étape vous est offerte par l'écrivain GogoLeDeglingo.

6
août
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août

De bon et frais matin, nous sommes arrivés cinq minutes avant l'ouverture du château de Chenonceau. La foule de visiteurs s'amaçaient déjà pour franchir les portes de ce petit paradis. Comme nous apprenons de nos erreurs, nous avons décidé de visiter l'intérieur avant l'extérieur afin de ne pas attendre sous le soleil de plomb.

Ce château est construit tel un pont sur le Cher avec un édifice massif plus classique sur la rive nord et un passage vers la forêt rejoignant la rive gauche. Cet édifice atypique fait de Chenonceau un des châteaux les plus visités. Certains découvre sa beauté depuis l'eau, soit en bravant les eaux du Cher sur leur kayak, soit, pour les fainéants touristes motorisés, en bateau a moteur, pollueurs visuels.

Château marquée par la présence féminine proche de la royauté. Sept femmes ont eu une influence majeure sur ce château. Son histoire commence au XVIeme siècle avec la famille Bohier. Elle transforme l'ancienne forteresse présente sur le site en château dans le jus de la renaissance. Katherine Briçonnet fut le véritable maître d'ouvrage du château original en s'investissant dans sa construction. Elle fut la première des "Dames de Chenonceau" qui jouaient un rôle majeur dans l'embellissement du château de Chenonceau.

Nous retrouvons notre charmante Diane de Poitiers. Erratum, Henri II n'avait pas fait construire le château pour elle. Il lui a offert. Elle embellit le château au niveau des extérieurs, en créant un jardin digne de son nom et en faisant construire le pont sur le Cher, reliant le château a l'autre rive.

En 1559, Catherine de Médicis chasse Diane de Poitiers pour reprendre le château. Elle embellit le jardine et fait élever la galerie a double étage dans la continuité du château sur le pont. Veuve d'Henri II, elle dirige le royaume depuis ce lieu.

En 1589, à la mort de Catherine, Louise de Lorraine, alors mariée a Henri III, Roi de France, se retire à Chenonceau. Elle y porte le deuil pendant douze années. Son influence est minime dans la vie du domaine. Seule sa chambre, toute peinte en noir dénote avec la décoration. Son décès marque la fin de la présence royale a Chenonceau.

Au XVIIIeme, Louise Dupin redonne son attrait a ce château presque oublié. Elle y accueille des invités de marque tels que Montesquieu, Voltaire ou encore Rousseau, avec qui elle entreprend d'écrire une encyclopédie prouvant l'égalité des femmes et des hommes. Elle sauve le château pendant la Révolution en permettent aux révolutionnaires de le piller, sans le raser.

C'est Marguerite Pelouze qui l'habite au XIXeme siècle. Issue de la bourgeoisie industrielle, elle entreprend de le restaurer comme a l'époque de Diane de Poitiers. A la suite de cela, le château passe de main en main jusqu'en 1913.

La famille Menier occupe le château pendant la Première Guerre Mondiale. Simonne Menier, infirmière major, transforme le château en hôpital de fortune. Ce sont 2254 blessés de guerre qui sont soignés entre ses murs. Dans cet élan de bravoure, la famille Menier participera à la résistance pendant la Seconde Guerre Mondiale. En effet, le château se situe à la ligne de démarcation entre la zone occupée et la zone "libre".

Personnellement, nous avons trouve que ce château regroupait autant la beauté intérieure qu'extérieur avec ses décorations et son ambiance que ses jardins. De plus, le château est entouré d'une forêt verdoyante agréable en plein été.

D'ailleurs, avant que la chaleur ne se fasse plus sentir, nous saluons le château de Chenonceau, dernier château d'une longue liste. Notre vitesse de croisière atteint vite son paroxysme a presque 20km/h. Il faut dire que les conditions sont optimales malgré la canicule. Nous pédalons le long du Cher, profitant de la fraîcheur de cette rivière assez tranquille. Ces eaux ressemblent a un miroir parfait. Le long du Cher sont construites de grandes demeures, de style mini-chateau. Nous filons tellement vite que nous ne prenons pas le temps de prendre de photo. Nous nous arrêtons au bout d'une heure pour cuisinier une bonne salade de saison bien goulue au bord du Cher. Cette fois nous n'avons pas a bataillé pour nous installer sur une table.

La route n'est plus très longue après le repas, errant mieux ! On est plus lourd une fois le ventre plein ... Heureusement que le chemin est court et praticable ! Nous arrivons en moins d'une heure dans notre petit logis ! C'est une maison que nous gardons pour deux soirées, histoire de bien étaler nos affaires. D'ailleurs, a peine arriver, nous allions une machine a laver pour redonner a notre linge chiffonnée toute sa vigueur d'entan. L'exposition "Linge de sportif" fut ouverte de 18h a 20h. Heure à laquelle nous sommes allés profiter d'un bon repas italien, avec dessert, histoire de tuer tous les efforts de la journée.

7
août
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Publié le 9 août 2020

La visite des châteaux est terminée mais l'aventure continue ! La partie la plus intéressante du terroir de la Loire reste a être explorer : les vins. Ce serait idiot de passer a côté alors que nous sommes en plein milieu de la route des vins en pays de la Loire. Ce n'est d'ailleurs pas a un hasard si nous finissons notre périple du côté de Tours ...

Notre première dégustation a lieu à la cave coopérative de vin de Vouvray. Zone où est cultivée le cépage Chenin blanc, produit à base de raisins blancs à peau blanche. Cette vigne est protégée par l'appellation d'origine contrôlée. Cette réglementation encadre la localisation, le cépage ainsi que le savoir-faire de production de certains vins. La cave coopérative achète 75% de la production des vignerons partenaires. Ce qui assure la vente d'une partie de leur production.

La cave troglodyte dans laquelle sont conservés les vins s'étend sur 3 km de galeries creusées dans la roche. La capacité maximale de bouteilles est de 5 millions. L'extraction de la pierre de truffeau commença au XIIe et continua jusqu'au XIXe pour la construction de nombreux édifices dont, vous vous en doutez, les Châteaux de la Loire.

Les caves offrent d'excellentes conditions de conservation du vin pour trois raisons :

• La fraicheur puisque le vin déteste les changements de température et que les caves ne connaissent pas de variation ;

• L'humidité qui est de 60% ;

• L'obscurité, puisque la lumière altère la qualité du vin.

Le guide nous explique la méthode de fabrication du vin effervescent, aussi appelé vin mousseux.

• Récolte et extraction du jus.

• Embouteillage et ajout de liqueur au vin sec (pauvre en sucre) : mélange de sucre de canne et de levures issues de la souche des vignes. Les bouteilles sont ensuite encapsulées, et non pas embouchonnées pour créer de la pression, sans que le bouchon ne s'échappe.

• Fermentation alcoolique en bouteille équivalente à la méthode champenoise. C'est l'étape de la prise de mousse : les levures mangent le sucre, ce qui transforme le jus en alcool. Les levures créent le gaz carbonique en consommant le sucre.

• Les levures meurent lorsqu'il n'y a plus de sucre. Ce qui crée un sédiment au fond de la bouteille. Ces résidus sont importants pour le vieillissement du vin.

• L'étape du remuage est importante pour faire glisser les sédiments dans le col de la bouteille pour les extraire plus facilement. Cette étape prend 3 semaines à la main, contre 3 jours mécaniquement. Cela consiste à tourner d'un quart de tour chaque bouteille tout en la penchant un peu plus en avant. A la main, cela se passe sur les panneaux de bois troués, prévus a cet effet.

• Le dégorgement est le nom donnée a l'action qui vise a enlever les sédiments, maintenant à contenus dans le goulot. Cela s'effectue aujourd'hui par méthode congélation de quelques centimètres du col de la bouteille. Lors du decapsulage, la partie congelée s'échappe alors sous la pression accumulée. Une petite quantité de vin s'échappe de la bouteille par la même occasion.

• Il est alors impératif d'ajouter du vieux vin pour remettre au niveau de 75cl, et de sucre pour la teneur en sucre.

• La dernière étape est celle de l'embouchonnage et de la mise en carton.

Le temps de production d'un vin de la vigne a la bouteille est de minimum 12 mois (selon le cahier des charges). Dans cette cave, il faut attendre deux ans à un vin Vouvray effervescent.

Le saviez-vous ? Les longues coiffes qui couronnent les bouteilles de vin servaient à dissimuler le vin manquant à l'époque. En effet, une partie du vin s'échappait par le goulot lorsque les vignerons dégorgeaient les vins (pour les purifier des dépôts de levure morte).

Cette visite fut complète, puisque a la suite des explications, une dégustation nous a été proposé. Maintenant qu'on sait comment un vin est produit, il est important de le goûter afin d'affiner notre expertise. Notre palais découvre quatre vins différents, pétillants et tranquilles que nous apprenons a apprécier par la robe, le nez et le goût. Certains vins nous surprennent par leur complexité au niveau des arômes. Ces ces derniers que nous décidons d'emporter pour réitérer la dégustation en fin de journée.

Le retour est cahotique même si la route est assez droite. L'alcool a eu le temps d'attaquer nos neurones. Il faut soigner le mal par le mal ! Nous accompagnons notre bon repas composé d'un steak de boeuf et de pommes de terre grenaille par un rouge bien goutu.

Notre chaleur corporelle atteint son paroxysme après le repas. Il est impératif de trouver un endroit pour faire trempette. Nous enfourchons nos vélos pour nous diriger sur les bords de la Loire. Incroyable ! Un petit coin de paradis apparaît très vite. Ni une ni deux nous nous y engouffrons. Quel bonheur de nager en évitant les vipères, contre le courant de la Loire, en essayant de ne pas nous faire ensevelir par les grains de sable mouvants. Nous apprendrons le lendemain qu'il est interdit de se baigner dans la Loire pour cause de danger mortel. Heureusement toute la fine équipe en est ressorti indemne et rafraîchi, prêt a affronter la soirée.

Nous accueillons une invité et amie pour le souper. Elle passe ses vacances dans la région et nous rejoint pour un repas composé de mille délices, dont du bon vin blanc Chenin !