L'Irlande, dans la région du Connemara

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Pour ma première excursion en Irlande, je vais visiter les alentours de la région du Connemara. Accompagnée de mon frère et de sa belle-famille, nous randonnerons, s'émerveillerons et profiterons !
Du 28 octobre au 1er novembre 2019
5 jours
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28
oct

La première étape du voyage est marquée par des retrouvailles à l'aéroport. C'est au terminal que j'ai retrouvé les sudistes prêts à affronter le froid irlandais. Nous quittons Roissy sous un grand soleil pour arriver à notre première étape : Dublin airport.

A peine sortie de l'avion, je prends une grande bouffée d'air purifiant et vivifiant. Le vent m'a battu le visage à grande bourrasque.

Nous nous réfugions à l'intérieur de l'aéroport, mais il faut bientôt ressortir pour prendre notre voiture de location. Heureusement que le soleil ne nous a pas quitté ! Après quelques déboires à l'agence de location, on nous confie enfin notre fidèle destrier. C'est Michèle quI se lance dans la conduite à gauche, non sans un brin de stress. Aidée d'un formidable copilote, elle prend de l'assurance et double même par la droite sur l'autoroute !

Le voyage jusqu'à Galway se passe à merveille et Michèle nous mène tranquillement à bon port. Nous avons même droit à un superbe couché de soleil d'un rose vif.

L'auberge Sleepzone dans laquelle nous logeons ce soir est très bien aménagée et il y règne un fourmillement de jeunes qui me plait.

Rejoins par Marielle, qui habite ici depuis septembre, nous allons découvrir la ville de Galway. Nous nous arrêtons très vite pour boire un verre au O'Connell's bar, très réputé pour sa décoration. La terrasse ne nous fait pas peur et nous nous y installons pour savourer bière Guiness, Iris Coffee et cidre irlandais. Un jeune québécois en voyage en Irlande nous rejoint, invité par Anne-Laure. La discussion trace son chemin entre culture irlandaise, québécoise et française dans des éclats de rire.

C'est un bon début de soirée qui se poursuit par une promenade sur la rue principale de Galway : Eyre Street, la rue commerçante. Beaucoup de jeunes peuplent les rues et les pubs. La ville fourmille de cris, de titubements et de rires. Ils fêtent la semaine de courses hippiques jeunesse de l'hiver qui se tient à l'hippodrome de Galway. Nous profitons de l'animation des rues pour nous imprégner de l'ambiance de cette ville étudiante. Une fois arrivés sur le bord de mer, le froid finit par nous saisir, accompagné par la fatigue et nous finissons par rentrer à l'auberge pour nous reposer.

29
oct

Les rayons du soleil nous réveille de bon matin. Après un petit déjeuner complet à l'auberge nous partons prendre le bateau pour Arann Island.

La Wild Atlantic Way chemine le long de la côte irlandaise. Nous entrons dans la région du Connemara et commençons à deviner les montagnes, les plaines, découpées par les petits murs de pierre. La journée commence bien et le temps est prometteur !

Malheureusement nous déchantons à l'embarcadère d'Arann Island. Le dernier et unique bateau de la journée est parti il y a quelques minutes ... Qu'à cela ne tienne, nous sommes enfin prêts et nous ne nous laisserons pas intimider par les imprévus ! Nous reprenons la voiture direction Carna en prenant le temps de nous arrêter à chaque point de vue indiqué par un mini parking en gravier. Notre pilote Michèle gère très bien la conduite à gauche !

Le paysage se découpe en deux parties : sur notre gauche des plages de cailloux et de rochers descendants vers l'Océan ponctuées de lacs et de tourbières, sur notre droite de belles propriétés a l'herbe bien taillée et des plaines rocailleuses. C'est dans cet environnement que nous roulons jusqu'à Carna. Ce que nous pensions être une ville est en fait un petit village sans grand intérêt. Nous trouvons à nous abriter du vent près de l'église, avec vue sur la mer. Le soleil réchauffe l'air.

Nous reprenons la route en direction de Roundstone, en profitant des panoramas que nous offrent les côtes escarpées. Roundstone est une petite ville toute mignonne, accrochée à la colline surplombant légèrement l'Océan. Il y a des restaurants, des pubs décorés pour Halloween. Nous entrons dans le King's bar pour y boire un bon réconfortant. Chocolat chaud, café et thé au menu. Le bar accueille des locaux. Des discussions sur le temps et les sorties en mer s'engagent au bar alors que nous nous posons à une table plus loin. La décoration est sobre mais aussi sympathique que le gérant. Un cadre accroché devant moi à retenu mon attention : une lettre d'une mère irlandaise à son fils, écrite avec un style humoristique digne de toutes les grands mères. Prenez le temps de la lire sur la première photo.

Une fois réchauffés, nous partons vers Ballyconneely, pour Gurteen bay et sa plage de sable fin. Les côtes irlandaises ne nous avaient offert jusqu'ici que des cailloux à perte de vue. Enfin le sable blanc se tasse sous nos pas. Cependant le temps ne nous invite pas vraiment à piquer une tête dans l'eau salée. Les rafales de vent sont vives, comme le prouve le système qu'ont trouvé les irlandais pour tenir les fleurs près des tombes du cimetière (dernière photo). Il est situé au dessus de la plage, sur la colline, jouissant d'une vue dégagée sur l'Océan. Des vaches ont également droit à ce spectacle. Leur pré est délimité sur ces collines où elles broutent tranquillement au grand air.

De l'autre côté de cette langue de terre se trouve Dog's Bay. Nous la rejoignons en voiture, faute d'avoir trouvé un sentier. Ce déplacement nous mène nez à nez avec une vache. Deux voitures essaient de la remettre dans son pré, mais affolée, la bête décide de sauter un barbelé pour aller dans un autre. Fin de l’incident, nous pouvons passer après avoir eu peur que la vache, stressée ne fonce dans une voiture.

Nous arrivons sur la plage, où nous voyons nos premiers Black Sheep de si près (ce qui me remémore une chanson anglaise apprise au collège pendant un voyage scolaire au Pays de Galles) ! Ainsi que des vaches, elles aussi trouvant l'herbe plus verte à l'extérieur de leur pré. Le coin est paradisiaque, surtout lorsque le coucher de soleil s'annonce magnifique.

Nous reprenons la route pour éviter de rouler de nuit. Sur le chemin nous nous arrêtons pour admirer les ruines du Château Bunowen. Une petite visite nous aurait bien plu mais c'est une propriété privée. Nous devons nous contenter de le deviner de loin. Le soleil commence maintenant à sérieusement piquer du nez. Nous décidons de profiter du spectacle sur une petite plage bien exposée. Envoûtée par les couleurs, nous avons failli passer à côté d'un invité surprise : un phoque se joint à nous dans la baie. Fabrice l'a repéré alors qu'il sortait la tête de l'eau pour admirer la vue.

Le périple de la journée touche bientôt à sa fin ! Nous rejoignons Clifden alors que la nuit tombe. Cette ville n'est qu'un point stratégique dans notre parcours pour faire quelques courses.

L'auberge dans laquelle nous dormons est à Letterfrack : Connemara Hôtel. C'est un bel endroit décoré simplement mais avec élégance. Je me réfugie illico dans le salon commun où trône un poêle fumant. Après un bon repas fait maison, chacun vaque à ses occupations pour se retrouver dans notre dortoir où une bonne nuit de sommeil nous attend.

30
oct

Après avoir passé deux journées sur la route, nous décidons de prendre l'air. L'ascension de Diamond Hill nous attend de bon matin ! Cette montagne fait partie de la chaîne des Twelve Bens, l’une des plus impressionnante chaîne de massifs montagneux d’Irlande. Même si elle n'est qu'un des plus petits sommets de la chaîne, avec une hauteur de seulement 445 mètres d’altitude, elle peut être difficile à gravir les jours de vent. Selon les irlandais, Diamond Hill est reconnaissable à sa forme et à sa couleur semblable à un diamant, du fait de la couleur de sa roche particulièrement claire, et à sa forme quasi triangulaire.

Une peu plus bas dans la ville de Letterfrack nous entrons dans le Parc national du Connemarra. C'est ici que commence notre randonnée. Les guides de la Maison du Parc nous déconseillent d'emprunter le plus grand tour, qui mène jusqu'au sommet de Diamond Hill parce qu'il y a beaucoup de vent et qu'il peut se mettre à pleuvoir à tout moment. Nous partons et nous verrons bien ! Le début de la marche est simple et ressemble à une balade de santé entre tourbière et lande rousse. Le vent souffle doucement mais déjà surement. La différence entre la rigidité des paysages lointains et les herbes folles dansant au rythme du vent sous mes pieds m'inspirent certaines photos et vidéos. Vous en avez un extrait avec la quatrième photo, sur laquelle nous avons imité les pubs de la marque islandaise "66° North" avec Anne-Laure (clin d’œil à mes parents). L'ascension se corse enfin pour devenir plus pentue. Plus nous avançons, plus de jolis paysages se dévoilent à nous. C'est ce qui nous motive à emprunter la route déconseillée pour monter au sommet de Diamond Hill. Le vent se fait de plus en plus violent. Lorsque je franchis le col de la montagne, je me prends une sacré bourrasque de vent qui termine de balayer mes pensées les plus profondes. Quelle vue !

La redescente se fera sur le versant opposé, exposé au vent, tantôt sur les fesses pour assurer une certaine stabilité, tantôt accroupi pour réduire la prise au vent. Seul Fabrice gambade devant, assurément plus robuste. C'est assez chaotique. J'ai l'impression de voir un groupe titubé sous l'effet de l'alcool, levant un bras, une jambe, s'arrêtant pour se stabiliser et repartant aussitôt. Quelle spectacle. Il vaut le détour, au-delà des paysages. Sur le retour, le vent nous pousse dans le dos, quelle chance lorsqu'on est un peu fatigué.

Nous rejoignons assez rapidement le sentier d'où nous étions parti. En me retournant pour admirer le sommet de la montagne, j'ai du mal à croire que j'étais là-haut il y a à peine une heure. A côté de la maison du parc se trouve un petit pré où vaches, mouton d'Irlande et chevaux se côtoient sans craindre le froid. Les moutons, natifs d'Irlande sont reconnaissables à leur épaisse fourrure de laine qui leur descende sur les pattes et à leur "bob" en laine sur le haut du crâne.

Nous rentrons à l'auberge pour nous restaurer avant de repartir. La pluie commence à tomber malheureusement et nous choisissons de parcourir la Sky road en voiture. Cette route de bord de mer, reconnue comme étant la plus belle route d'Irlande offre un magnifique paysage sur des "minis fjord", l'Océan Atlantique et les îles près de la côte. Le bleu de l'Océan tranche avec le jaune des tourbières et le vert de la mousse humide. Malheureusement, en voiture cette route est assez rapidement effectuée, surtout avec une pilote comme Michèle, qui a tellement pris d'assurance qu'elle ne regarde même plus la route en conduisant. Nous atterrissons par hasard sur une entrée de style château-fort. Un pré peuplé de moutons s'étend juste derrière. Qu'ils sont beaux avec leurs pattes et leur museau noires et leur laine bien blanche !

La Sky road se termine à Clifden où nous nous arrêtons pour visiter la ville de jour. En voulant rentrer dans l'église, nous tombons nez à nez avec le prêtre qui nous dit que l'Eglise est fermée et que cette porte aurait dû être close. Peu rancunier, il nous invite à entrer et nous allume même les lumières pour que nous profitions du spectacle. Construite au 19ème siècle, cette Eglise est magnifique, avec des peintures dorées décorant encore les murs. Nous discutons avec le prêtre. Il est irlandais mais à fait ses études au Royaume-Uni. Lorsqu'il était jeune il est allé en France lors d'un échange. Dans une famille versaillaise, il a pu profiter d'un voyage à Hossegor, même si la famille ne parlait que peu anglais. De cette expérience il retient encore quelques mots et surtout les heures. Il nous ouvre les portes de la Sacristie où le prêtre se prépare pour les offices. Il nous ouvre les portes du placard où tous les habits sont rangés, nous explique le système de cloches. Anne-Laure admire des stylos à plume utilisés lors des mariages. Enfin, il nous montre a clef qui permet de fermer les portes de l'église. Pour perdre cette clef, il faut vraiment être négligent vu sa taille ! Nous passons un très bon moment tous ensemble à l'écouter conter ses histoires en lui posant de nombreuses questions. C'était si inattendu. Il nous invite à sortir et à revenir le lendemain matin, pour fermer l'église entièrement. Il nous remercie d'y avoir pénétré. Sans ça, la porte par laquelle nous sommes rentrés serait restée ouverte toute la nuit.

Heureux d'avoir passé un bon moment, nous redescendons en ville, admirer certaines vitrines décorées pour Halloween. Nous entrons au Guy's bar où nous rencontrons la française qui travaille à l'auberge de Galway. Elle nous conseille de rester manger ici et de sortir ensuite dans un autre pub pour écouter un concert de live music. Il est 17h30 et nous voilà assis dans un restaurant, carte en main, la serveuse attendant de connaitre notre repas du soir ... Ici les Irlandais mangent vers 18h00, les restaurants arrêtent de servir vers 21h00. Ils sortent ensuite dans les pubs le reste de la soirée. Sauf qu'à 17h30, nous n'avons pas vraiment faim ... Nous commandons déjà de quoi boire l'apéritif et demandons à être servi un peu plus tard pour les assiettes. Le feu crépite juste à côté de notre table, c'est un bonheur. Le repas est délicieux. L'ambiance est calme et feutrée. La décoration rappelle le thème du moment : des citrouilles aux têtes démoniaques sont disposées ici et là.

Repus, nous reprenons enfin la route vers Letterfrack pour prévoir notre journée du lendemain autour d'un bon thé.

31
oct

Le soleil nous salue de nouveau de bon matin. Malgré cela, le temps ne s'annonce pas clément.

Kylemore castle marque notre premier arrêt. Nous voyions ce château du haut de Diamond Hill la veille. Il a été bâti sur les rives d'un lac. C'est un édifice assez imposant, même si ses murs paraissent être faits en papier mâché avec leur couleur grise pâle, fade à côté de la diversité de couleurs qu'offre la nature. De style néo-classique, il est bâti en 1868. C'est un cadeau d’Henri Mitchell, riche marchand de Liverpool, pour sa femme. Malheureusement cette dernière décède six ans après lors d'un voyage. Henri Mitchell décide de construire une petite cathédrale à la mémoire de sa femme. En 1892, une de ses filles se noie lors d’une promenade autour du lac. Ce nouvel événement tragique le décide à quitter Kylemore. Il vend le château et son domaine. Successivement vendu, puis abandonné jusqu’en 1920, le château de Kylemore est finalement reprit par des Sœurs Bénédictines. Elles y créent une école catholique. L’établissement devient une école réputée, encore de nos jours. En parallèle, les sœurs passent des accords avec l’État d’Irlande pour préserver le site. Elles ouvrent alors le domaine pour le plus grand bonheur des visiteurs et vendent également des produits de leur confection.

Nous choisissons de ne pas aller visiter le château pour nous laisser le temps de visiter les terres du Conemara en profondeur cet après midi.

Nous nous engageons ensuite dans le Fjord de Killary Harbour, long de 16 km. Il forme une frontière naturelle entre le comté de Mayo et la comté de Galway. Il y a de ça 20 000 ans, la région était recouverte d'une épaisse couche de glace qui ouvrait un couloir pour se rendre en Norvège à pied. A cette époque, les glaciers ont creusé une vallée. Alors que la glace fondait, le niveau de la mer montait et inondait ce qui devint un fjord. Les passeurs l'utilisaient pour transporter des marchandises, telles que du vin et du tabac, débarquées par voie maritime. On aperçoit les anciennes ruines des enclos, des délimitations de champs, les ruines de fermes et les traces de culture de pommes de terre sur les versants des montagnes. Ces éléments rappellent un mode de vie qui a pris fin après la grande famine (1845-49). La population a construit une jetée et une route le long de la rive sud de la ville de Killary en échange d'un petit salaire pour acheter de la nourriture.

Le temps se couvre doucement alors que nous progressons vers le bout du fjord.

Leenane nous voilà ! C'est la ville au croisement entre Clifden, galway et westport, au bout de Killary. Cette ville est célèbre pour sa beauté étonnante et variée. Les contrastes de la mer et des montagnes offrent des panoramas colorés : l'orange et le roux de la végétation des montagnes se superposent au bleu intense de la mer. Les moutons sillonnent les hautes collines en toute liberté.

C'est d'ailleurs à Leenane que se trouve le musée de la laine et du mouton. Nous nous y arrêtons un moment pour apprendre à filer la laine afin de nous confectionner un bon lainage qui ne sera pas de trop face à ce froid. Un adorable Irlandais nous reçoit pour la visite guidée qui se transforme en atelier. Après avoir visionné une vidéo sur l'histoire du travail de la laine en Irlande, nous passons à la pratique avec l'aide de ce super guide. Il nous raconte que son parcours semé d'embûches et de rebondissements l'a conduit à travailler dans différents domaines. Il a mené une vie assez hétérogène sur le plan professionnel jusqu'en 2008, année de la crise. Il a perdu l'emploi qu'il occupait cette année-là. Pour rebondir, il s'est arrêté sur toutes les compétences qui pourraient lui servir à gagner sa croûte. Ayant appris le tricot à l'école lorsqu'il était enfant, il se servit de ce savoir pour confectionner quelques habits et les vendre sur internet. C'est par cet intermédiaire qu'il a mis en valeur son savoir-faire auprès de la direction du musée de la laine et du mouton, qui était à la recherche d'un guide de musée. Et voilà ! Comme quoi le destin fait bien les choses.Bref, il nous a montré les différentes techniques de réalisation d'un tricot : du peignage, au tricotage en passant par le filage, nous avons testé toutes les machines existantes de toute temps. Et je dois dire que certains se sont révélés plus habiles que d'autres ... (je savais bien que mon frère réussirait à faire quelque chose de ses dix doigts un jour)

  1. La tonte des moutons, qui se faisait aux ciseaux à l'époque, et se réalise maintenant plus souvent au rasoir - réservée aux hommes
  2. Le peignage des touffes de laine pour aligner les fibres et éliminer les plus grosses saletés - réservé aux enfants
  3. Le filage de la laine avec une machine à filer (deux exemples sur les photos) - réservé aux femmes
  4. La coloration de la laine avec des pigments naturels
  5. Le montage des fils de laine sur le métier à tricoter
  6. Le tricotage de la laine
  7. Le lavage du tricot - réservé aux hommes

A la fin de cette superbe visite-atelier, nous avons remercier chaleureusement ce monsieur qui nous a transmis une partie de son savoir, en ouvrant son cœur, avec patience, pour que nous comprenions tous les termes en anglais.

Nous sommes alors allés nous remplir le ventre d'un délicieux repas traditionnel non loin du musée. Nous y avons dégusté d'excellents burgers d'agneau et une soupe locale ressemblant à un pot-au-feu avec de la viande d'agneau fondante en bouche. Délicieux !

Repus, nous avons repris la route vers l'intérieur des terres pour sillonner entre les lacs et les montagnes. Nous avons suivis les côtes du lac Loch Coirib, le deuxième plus grand lac d'Irlande truffé de petites îles. On raconte que ce lac à une île pour chaque jour de l'année. Cet espace situé dans les terres est resté sans accès routier jusqu'au début du 19ème siècle. Et on comprend pourquoi la population n'avait pas envie de se faire envahir par la beauté des paysages et la tranquillité qui y règne.


Nous sommes ensuite revenus à Clifden pour y passer le soir d'Halloween. Après un bon repas et un instant de détente, Anne-Laure, Fabrice et moi sommes sortis dans la ville pour découvrir l'ambiance qui y régnait en cette soirée spéciale. Nous sommes rentrés dans un premier pub appelé le Floyce où se jouait des rythmes tout droit venus du Mexique ! Des Mexicains nous ont font vibré au son de leur musique ensoleillée. L'atmosphère était amicale et joviale. Mon frère et moi sommes ensuite entrés dans un autre pub où était célébré la culture irlandaise dans toute sa résonance. Au lowry's se produisait un groupe de musique pas des plus communs. Je me suis sentie happée par cette musique douce et juste, qui illustrait à merveille les paysages parcourus pendant la journée. Les vitrines et les pubs étaient décorés au thème de la soirée. Et il faut dire que les Irlandais regorgent d'idées saugrenues lorsqu'il s'agit d'Halloween. Ce fut une magnifique soirée d'Halloween dont je me souviendrai pendant des années.

1
nov

C'est un départ de bon matin qui nous mène à travers la lande irlandaise rougeoyante jusqu'à l'embarcadère de Rossaveal. Cette fois-ci, nous sommes à l'heure et nous avons pris la précaution de réserver nos places la veille.

Nous embarquons alors que le temps est menaçant. Quelqu'un d'optimiste dirait qu'il y a simplement de l'humidité dans l'air. Du coup, je me charge de mon poncho, et de mon pantalon imperméable, au cas où ... Nous partons enfin en direction de l'île d'Inishmore. Île où mes parents ont voyagé il y a de ça plusieurs dizaines d'années (c'était au siècle dernier). Mon père empreint de nostalgie, m'a envoyé des photos souvenirs de leur épopée irlandaise à vélo au début de notre séjour.

C'est le moment pour un petit peu de culture générale. En anglais Inishmore, signifie « Grande île ». Ce n'est pas pour rien puisqu'elle est la plus grande île de l'archipel qui compose les îles d'Aran. Les guides de voyage nous alertent sur le nombre de touristes qui peuvent s'y promener, mais en cette saison et avec ce temps, nous nous considérons chanceux sur ce point.

Inishmore possède une histoire qui remonterait à l’Âge de Fer. Les habitants de l’époque bâtissent 3 forts imposants sur l’ensemble de l’île. Au 5ème siècle, un monastère est bâtit et nommé : Killeany Abbey. Dès 546, les rois régnant sur les provinces du Royaume d'Irlande décident de considérer les îles d’Aran comme indépendantes de leurs territoires, libérant les îles de tout devoir d’allégeance. Cette décision permet à ces îles d’acquérir une plus grande autonomie et indépendance. L'île d'Inishmore est la proie de plusieurs ravages orchestrés par ses pays voisins au début du premier millénaire. Pillée et détruite, la population finit toujours par se relever. De nos jours, Inishmore compte plus de 800 habitants, vivant essentiellement du tourisme local.

En arrivant, nous découvrons la petite bourgade qui habite le port de l'île. Pas le temps de traîner ! Il nous faut louer des vélos au plus vite pour profiter le plus possible de cette journée. En effet, le bateau retour repart à 17H00 et il est déjà 11H00 passées.

Nous enfourchons nos vélos et partons à la découverte de ce désert insulaire. Tout est calme. Personne ne se bouscule puisque rien ne s'y passe. Nous ne croisons que quelques voitures qui nous doublent par la droite. La pluie commence à tomber, finement mais surement. C'est sous ce temps maussade que, petit à petit, se dévoilent les paysages. Au bout d'une dizaine de tour de roues, j'arrête de compter les maisons effondrées et les enclos en pierre. Cette île pourrait paraître désertée et abandonnée à cette époque de l'année. J'ai du mal à l'imaginer fouler par des centaines de pieds et de vélos en plein été. Son calme est néanmoins reposant.

En passant par le centre de l'île, nous arrivons au fort Dun Aengus. C'est une des principales attractions de cette île. Installé à l’aplomb d’une falaise abrupte surplombant la mer, le fort de Dun Aengus aurait été bâti vers la fin de l’Age du Bronze autour de 1 100 avant J.C, et occupé jusqu’au 5ème siècle. Aujourd’hui, seuls les murs en pierres encore debout témoignent de la vie passée de ces occupants. Comme vous pourrez le deviner sur les photos, le fort de Dun Aengus s’agence sous la forme d’une triple enceinte semi-circulaire, tournée vers la mer. Pour accéder au fort il faut passer par un minuscule musée retraçant l'historie du fort. Il faut également payer afin de pouvoir continuer son chemin vers la falaise. J'ai été surprise que les personnes qui étaient là pour les billets nous fassent un prix famille alors que nous rentrons pas du tout dans les critères. Cela était également arrivé la veille au musée de la laine et du mouton. Plutôt sympathique !

La falaise tombe à pic à l'intérieur du fort. Aucun dispositif de sécurité n'est installé. Ce qui permet de se rendre compte de la hauteur de la falaise en entendant les vagues s'écraser sur ces blocs de pierre quelques centaines de mètres plus bas. Il faut cependant faire attention de ne pas glisser en s'approchant trop près, surtout par ce temps pluvieux ... Avec un bon temps le paysage doit vraiment être époustouflant. Néanmoins ce brouillard donne une certaine atmosphère à cet environnement.

Nous profitons de cette halte pour nous restaurer et nous réchauffer d'un bon chocolat fait avec du lait de ferme dans le bourg non loin du fort. Nous ne sentons plus nos doigts, nos habits sont trempés. Il est temps de se poser un peu. Malheureusement, tous les lieux de pique-nique sont extérieurs. Nous profitons alors d'une accalmie du temps pour manger nos sandwich à l'extérieur.

Rassasiés, nous reprenons la route vers les sept églises, aussi appelé Killeany Abbey dont je vous parlais au début de cette journée. C'est un ancien monastère irlandais fondée au 5ème siècle sur une falaise donnant sur la mer suite à l’évangélisation de l’Irlande par Saint Patrick. Ce monastère est un important centre religieux de l’époque, et forme les futurs moines et évangélistes chargés ensuite de voyager dans toute l’Europe pour convertir les populations.

Il est difficile de se représenter ce que fut le monastère en partant de ses ruines. Ce devait être un endroit paisible, tourné vers l'Océan, idéal pour les moines.

Le temps file et nous devons déjà faire demi-tour pour repartir vers l'embarcadère. La route de la côte nous y emmènera en passant par une multitudes de paysages désertiques baignés entre pierres et mer. Nous nous arrêtons non loin d'une plage de galet pour tenter de voir des phoques. Ils élisent normalement domicile sur cette plage pour se dorer la pilule. Malheureusement le temps n'invite pas au repos ensoleillé. Nous croisons tout de même le chemin de vaches, de chevaux et de faisans avant de laisser nos vélos.

Nous rembarquons sur le bateau, trempés jusqu'aux os pour certains, les yeux remplis de beaux paysages tranquilles.

Le bateau accoste, la pluie tombe encore. Nous regagnons la voiture et nous prenons la route vers Galway. L'auberge de notre première nuit nous ouvre ses portes et nous prenons un peu de temps pour nous sécher avant de ressortir. J'en profite pour rassembler mes affaires et organiser mon sac à dos. Si mes acolytes de voyage ont encore quelques jours pour profiter de l'Irlande, personnellement c'est ma dernière soirée.Nous retrouvons Marielle pour aller en ville. J'avais envie de manger un bon fish&chips pour cette dernière soirée, malheureusement nous n'avons pas assez de temps pour nous attabler dans un restaurant. Nous nous réfugions alors dans un petit restaurant rapide végétarien pour nous laver de toute cette viande que nous avons mangé cette semaine. C'est le moment idéal pour raconter toutes nos péripéties à Marielle qui est restée a Galway cette semaine. Ce dernier moment ensemble est vraiment super.

Nous partons vers la gare de bus avec seulement quelques dizaines de minutes d'avance. Malheureusement, il y a deux gares routières à Galway et l'indication sur mon billet n'est pas claire. Nous allons à une première "Bus coach station" où mon bus ne semble pas être, pour nous rapatrier sur la deuxième "Bus station", mais aucun bus ... Retour à l'autre gare en courant parce qu'il ne me reste plus que 5 minutes avant le départ du bus. Super pour la digestion. Finalement le bus était bien dans la deuxième gare ... Après cette petite frayeur, je fais mes aux revoir à Anne-Laure et à sa famille et à mon frère.

La route qui m'attend est encore longue ... Après deux heures de bus, le conducteur s'arrête au milieu de nulle part, dans un gare routière et nous demande de sortir. Apparemment il y a un problème mais je ne comprends pas son accent ... Tout le monde se réfugie à l'intérieur de la gare. Le bus s'en va. Une heure plus tard, un autre arrive et nous montons dedans pour rejoindre Dublin. Je peux enfin dormir un peu ! Oui ! Deux heures plus tard nous arrivons à l'aéroport. Ma nuit aura été courte. Mon avion décolle dans quatre heures mais impossible de fermer l’œil. toutes les meilleures places pour dormir sont prises par les voyageurs qui ont l'air de camper depuis des jours dans cet aéroport. je n'ai jamais vu ça. C'est assez inattendu et marrant.


Ce voyage m'a simplement donné envie de revenir visiter l'Irlande. J'ai été conquis par ses paysages automnales, son atmosphère paisible, l'accueil des Irlandais et leur sourire chaleureux. Je reviendrai me perdre sur cette terre irlandaise avec plaisir !