Carnet de voyage

Artifice d'aventures

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Expérimenter l'itinérance...découvrir les beautés de notre précieuse maison...partager la vie d'êtres qui oeuvrent pour un autre monde... Ca y est : ce dont je rêvais devient mon quotidien !
Avril 2019
104 semaines
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Après un départ plutôt chaotique, pensées et affaires éparpillées à tout va, 13h de bus (avec Flixbus, que je recommande comparé à Eurolines) un peu de métro et encore quelques km dans un mini bus, j'arrive dans ma première famille d'accueil! =)

Dans le quartier de Dejvice, maison rustique vieille de 300 ans selon Petr, en pleine nature. Quelle bouffée d'oxygène!

La maison avec double vitrage old style 😉 Vue de la colline, avec Petr, sa fille Zeva et les biquettes

Il est 16h30, l'heure d'un ptit goûter pour certains... Ici c'est autre chose qui m'attend : rencontre avec le troupeau de chèvres et hop! déjà la main à la pâte, c'est parti pour traire l'une d'entre elles. Ouf j'ai gardé la main! Merci Denis pour cet apprentissage =)!

Une partie du troupeau, avec en premier plan, une maman et son petit 

Sur les photos ci-dessous : le terrain avec la colline rocheuse en arrière plan, les 2 chèvres à traire (les autres sont avec leurs petits). Rohatka, la doyenne, avec qui j'établirai un lien au fil des jours et qui me fait penser à la chèvre de monsieur Seguin. Enfin, le ruisseau, entre le terrain et la colline, donnant au lieu un caractère pur, magique, idyllique, ressourçant.


Ensuite, je choisis un endroit pour poser sa tente. C'est sûr ce sera à côté du ruisseau!

Vue sur les framboisiers et le verger, immergée matin et soir dans une symphonie de chants d'oiseaux, ajoutant à cela le ruissellement continu de l'eau...wouah...




Frigo flottant : nouveau concept.

Adapté à son environnement, pratique et plutôt ...original !

Oui, oui c'est bien une multitude de produits frais qui baignent ainsi dans l'eau. Récupération d'invendus, sur ce point, je ne suis pas trop dépaysée 😉




Question boulot, ce sera essentiellement la traite de Rohatka, craquage de noix du jardin, vaisselle et jeux avec Ziva (prononcé "Jiva" car il y a un petit "v" au-dessus du "Z"). Qui l'eut cru...moi, du babysitting ??!! 😉 Cela dit, elle est adorable, débrouillarde et déjà bien indépendante pour ces 2,5 ans (dû à son éducation un peu "à la dure" sûrement). Elle porte bien son nom, qui signifie "profite de la vie", toujours affairée à une quelconque mission! Notre lien sera la balançoire, sur laquelle elle pourrait y rester des heures si je la poussais sans cesse.

M'ayant vue un masque d'argile sur le visage, elle a voulu faire pareil avec.... du dentifrice ! ;D 
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Publié le 15 mai 2019

Partie en exploration (et en égarement car évidemment j'ai suivi mon sens de l'orientation aussi fiable qu'une boussole à laquelle on approche un aimant...) sur le GR, j'ai rencontré par hasard Aneska et Ziva sur le chemin du retour, en route vers cette fête fort populaire. Chouette! Je me joins donc à elles, Ziva fonçant joyeusement sur la route, savourant sa première sortie sur sa draisienne! 😀

Petr nous rejoint en chemin. Ziva, qui, pour rien au monde, ne lâcherait son bolide! 😉

Parenthèse culturelle =) :

Pourquoi cette nuit-là?

A l'époque des Celtes, le 1er mai marquait une rupture dans l'année, passant de l'hiver à l'été. Ils divisaient l'année en deux saisons : au 1er novembre et au 1er mai. Les Celtes occupaient en effet, avant les Slaves, le territoire de la Bohême (appellation qui provient d'ailleurs du nom de la nation celte des Boïens, peuple installé dans la région sans doute dès le Ve siècle ACN). Fête du feu et donc de la lumière, elle marquait le début de la nouvelle saison estivale et donc du retour à la vie, du réveil de la nature. Ils célébraient également la fin de la mort représentée par l'hiver, période de manques et de faim. Les Celtes allumaient donc des feux autour desquels la tribu partageait la nourriture, remerciant leurs dieux avant de danser et de sauter au-dessus du feu. Les flammes étaient censées les protéger des maladies et des mauvais esprits.


Par ailleurs, cette nuit a, depuis longtemps, été considérée comme une nuit magique. Au Moyen-âge, on croyait qu'il existait des jours dans l'année propices aux forces du mal et que les sorcières se réunissaient pour les mettre en application. C'est pourquoi la nuit du 1er mai est appelée la « nuit des sorcières » - « noc čarodějnic », et les gens s'en défendaient de différentes manières, notamment en faisant des feux à des endroits surélevés.

Autre coutume de cette soirée/nuit : La disposition verticale d'un immense tronc d'arbre, d'un mât, (dont la cîme est conservée tel un plumeau) dans le village. Il sert à indiquer que le village a été épuré de tous les mauvais esprits qui peuvent endommager les récoltes ou causer du tort à la vie des habitants. Avec le feu, il s'agit donc d'une autre épuration.

Merci Radio Prague (https://www.radio.cz/fr/rubrique/tcheque/le-bucher-des-sorcieres) 😉

Bien entendu, comme chez nous les grands feux de village, c'est surtout l'occasion de se retrouver pour un moment convivial autour d'une bière et griller des saucisses sur le feu 😉 La tradition du tronc d'arbre veut que les villageois veillent jusqu'au petit matin pour s'assurer qu'aucune personne mal-attentionnée ne vienne l'ébranler. Coutume perpétuée avec joie!

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Publié le 16 mai 2019
Dernier coup d'oeil à ce petit paradis et en route! 

Une chouette première expérience via Workaway donc, tranquille avec horaire de travail super flexible. Heureusement car au début il m'arrivait de faire des siestes de parfois 2h, comme la petite! (transition du régime bio, vegan, vapeur et graines germées vers le régime super cuit et gras un peu laborieuse pour mon transit!)

***Workaway = réseau mondial d'échange chez des particuliers ou associations ; travail (environ 5h par jour) en échange du gîte et du couvert ; tâches fort diverses (maraîchage, soin des animaux, babysitting, enseignement de notre langue maternelle, maintenance dans un B&B,...) ; 36€/an et portes ouvertes sur le monde! Et...même si ce sont des jeunes qui tentent de plus en plus l'expérience, aucune limite d'âge requise, tout le monde s'adapte, l'important c'est que le plaisir soit partagé, préservons toujours notre vitalité intérieure 😉!

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Publié le 20 mai 2019

He bien ce fût toute une expédition! Après bus et métro, je rejoins le lieu où je suis censée prendre le bus. Là je réalise que la dame du guichet info à Prague a oublié de me préciser QUEL bus prendre... et moi, innocente, j'ai supposé qu'il n'y avait que celui-là partant de cette station...

Du coup, j'entre dans le petit bureau info/vente ticket. La dame au guichet parle uniquement tchèque et, tout en cherchant sur son ordi, sourcils froncés, elle dodeline de la tête, en mode "aucun moyen d'y parvenir à partir d'ici" et me renvoie d'où je viens! Heureusement une dame dans la file d'à côté vient à mon secours et joue l'interprète un instant 😉

Ok, j'y suis. Là, en regardant l'horaire je constate qu'il y a seulement 2 bus faisant la liaison dont celui que je prends, il s'en est fallu de peu!

Car confortable et je suis au premier rang, pleine vue sur la route, parfait! Suivant l'itinéraire le trajet peut varier entre 140km (comme ici) à 180km. Le voyage s'annonce bien. Mais mais...l'Univers en a décidé autrement! Après s'être arrêtés car une personne faisait un malaise (donc ambulance etc..), c'est le car lui-même qui déclare forfait! Arffff attente encore, d'un dépannage cette fois. Allons-nous y arriver?? He bien...ça aurait été trop beau, c'est un petit bouchon de rien du tout qui nous attend, oh juste une bonne dizaine de km, rien de bien méchant. Le chauffeur change alors de station de radio pour Musique3 version tchèque histoire de calmer les esprits 😉 Cette fois, c'est sûr, il ne peut plus rien nous arriver de pire, alors ... don't worry, be happy.... Les 2h30 de trajet initiales se transforment donc en une épopée de plusieurs heures!

Une fois enfin arrivés au dépôt, carrément désert, je m'informe auprès du chauffeur des horaires du bus allant me mener (je le souhaite!) au village Hrachoviste. Il demande à un collègue...le suspens est à son comble....... soudain, il revient la mine renfrognée, le dernier bus est passé il y a belle lurette. Sans blague... Je vois alors un mot écrit sur une vitre qui me donne une lueur d'espoir : informaci 😀

Je me rends dans l'habitacle, chauffé, toilette dispo, machine à café bref de quoi survivre quelques jours mais la chose qui m'intéresse est essentiellement le guichet qui est...fermé...bien sûr... REarfffff

Heureusement, une jeune fille attend là. Elle ne sait pas ce qui l'attend... 😉 Je lui fais part de mon plan de faire du stop et donc pour mettre toutes les chances de mon côté (déjà minimes à la base), j'aimerais connaître la direction de ce village. Elle brandit alors fièrement sa technologie, le bien nommé Smartphone vous l'aurez compris, et cherche avec moi. Elle hésite, tente de m'expliquer, hésite encore...bref on n'est pas sorti de l'auberge... C'est alors que le chauffeur de bus réapparaît et, comprenant que je suis en légère difficulté me lance "attends là, je vais voir ce que je peux faire" (il parle anglais). Magnifique, il va me trouver un gentleman farmer pour m'y conduire...He bien OUI !! Il revient avec un collègue (bon, un peu éloigné de mon souhait de départ peut-être un peu trop exagéré et au vu de la situation c'est absolument parfait comme ça!) et hop, en route! Youhou, sauvée ^_^!

Enfin...presque. Après 3 coups de fil à Sylvia (mon hôtesse d'accueil je dirais) on arrive encore à se tromper de ferme, du coup on ameute les chiens et en plus tous les voisins. Hum, bonjour la discrétion... 😉

Hum, particulièrement inspirée ce soir, à vous d'extraire le vrai du faux, si ça vous a fait sourire, c'était mon unique but !! ;D

Sérieusement cette fois 😉 j'arrive donc chez Sylvia, qui m'accueille chaleureusement dans la ferme qu'elle a hérité de son papa. Célibataire pour l'instant, 35 ans et pleine d'entrain, sa mission principale est la rénovation. Elle loue déjà une bonne partie via AirBnB. Surprise : un autre workawayer est là! André, jeune pêcheur hollandais de 29 ans ayant aussi quitté son job pour voyager. Tiens donc ;D!

Le trio de choc  😀

Quelques photos de la ferme, très grande! Ferme typique de Bohème, en carré.

Il y a un verger de pommiers essentiellement, cette grande tente avec possibilité de faire un feu à côté et, c'est universel, un cimetière d'antiquités agricoles 😀

Des fleurs...qui ont envie de rester fleurs! (en effet, les toutes dernières) 

Fameuse réserve de bois aussi, oh juste de quoi tenir une saison hivernale. Et puis qui dit que le changement climatique sera forcément chaleureux?! J'ai pu constaté que la plupart des Tchèques sont déjà prêts pour une éventuelle période de glaciation 😉

Et le fameux "mât" du village, censé le protéger des mauvais esprits. Les lilas, en pleine floraison, sont nombreux dans les parcs et jardins. On m'a raconté qu'à la fin de la guerre, les Tchèques ont accueilli les Américains en leur offrant du lila blanc. Il a donc une symbolique particulière pour la population.

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Publié le 26 mai 2019

Question horaire de travail ça change! Debout à 7h, Sylvie et André prennent leur petit dej pendant que j'émerge doucement... c'est vrai, pourquoi se lever si tôt??

Réveil rafraîchissant à vélo, on va voir ce que nous propose de bon la fermière d'à côté ; du cottage (sous forme de galette, chacun sa manière de faire!) et un fromage frais type sérac. On peut jeter un oeil dans l'étable, il y a du monde! Vaches, cochons, lapins, tous sur un bon lit de paille, ils ont l'air cool 😀

Pour moi, le travail sera principalement du nettoyage...de quoi rivaliser avec Gallo ! Avec mention spéciale en nettoyage de vitre, le papa de Sylvie était très inspiré en concevant toutes ces ouvertures. Aperçu :

Je vous laisse imaginer le boulot..car il y a toujours un espace entre les 2 vitres et puis les ouvertures sont parfois..très originales! Un groupe de collègues vient pour le week-end, tout doit être nickel. Je passe de la peinture à la chaux sur les taches présentes sur les murs, fais les lits (les housses sont toutes avec des boutons à attacher). Elle fera finalement appel à une femme de ménage pour le reste car c'est un peu beaucoup pour moi. Ouf!

La mission polissage de la table et ses 6 chaises sera vite abandonnée car trop laborieuse. J'aurais l'occasion de tester 3 types de ponceuses et de comprendre pourquoi il est tellement plus simple de jeter et racheter du neuf, hélas.

Les 2 derniers jours, nettoyage d'une pièce où les toiles d'araignée sont là depuis la création de la ferme à mon avis...et rafraîchissement des murs avec de la chaux (à prélever dans un bac et à diluer avec de l'eau). Ce que j'aurais préférer faire au final.

Le temps m'a paru un peu long car il faisait froid et humide. Les journées étaient rythmées par le travail qui ne me poussait guère à sauter hors du lit. La cuisine était souvent en chantier, j'étais contente une fois la vaisselle faite! Heureusement, Sylvia était super enthousiaste et particulièrement attentive aux conseils qu'on pouvait lui donner. Si c'était possible elle les mettait directement en action! Curieuse de goûter une autre façon de cuisiner, elle m'a laissé le champ libre pour quelques repas 😉 André, même s'il avait pour mission (et pas des moindre!) de ranger un atelier en champ de bataille entre autres, était d'une bonne compagnie 😀

Pour l'anecdote...lors de mes essais culinaires, je me suis découvert... l'âme d'une serial vegan killer... En voulant préparer des galettes à base de flocons d'avoine, haricots rouges, ortie et origan, je nous ai barbouillé l'estomac, arffffff 😦! On en a sorti cette expression : avoir des grenouilles dans l'estomac et quelle symphonie ! 😉 Le mystère reste entier quant à l'erreur que j'ai commise... Mais on était tous les 3 dans le même état donc la cause était trouvée.

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Publié le 26 mai 2019

De belles forêts de pins pleines de myrtilliers, des lacs de toutes les tailles et formes, des indications fléchées pour les marcheurs et les cyclistes (pistes cyclables sur petites routes la plupart du temps en terrain plat), le top pour se changer les idées! Vive la liberté!

Une surprise : cette jeune plantation de pins schtroumpfs 😉

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Publié le 26 mai 2019

Appelé à retourner en Hollande pour un boulot dès lundi, André propose une sortie en ville. On suit les conseils de la maman de Sylvia et, casquette de touriste vissée sur la tête, on part à la découverte de la ville de Prachatice. Petite bourgade à 75km de la ferme (1h environ en voiture), il y fait très calme, un peu comme dans les villes du pourtour méditerranéen pendant le temps de midi en plein été sauf que là, ce n'est ni le temps de midi ni l'été... 😉 Au détour d'une rue, que vois-je..? Mais oui, c'est bien un magasin... BIO 😉!!

On fait le tour tranquille, se pose à une terrasse sur la place pour déjeuner, joli! Les serveurs sont assez austères mais attentifs. Ma demande de salade sans la sauce (car à l'ail..) est miraculeusement exaucée (vu la tête du serveur, j'ai été agréablement surprise!). Par leurs coups d'oeil réguliers aux tables rien ne leur échappe : sitôt une assiette vide qu'elle est déjà débarrassée!

La place, avec ces beaux bâtiments et son mât triomphant au milieu, André et son entrée (déjà fameuse!) et...oui la Chine est partout, même ici sous ces arcades minutieusement peintes...

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Publié le 26 mai 2019

Sur notre lancée, après un court ressourcement au lac d'Olsina et un arrêt près d'une ancienne église vue en chemin (quel avantage tout de même la voiture! en plus d'avoir un super conducteur.. 😉), nous voilà arpentant cette autre ville, nettement plus touristique! C'est déjà l'invasion asiatique 😉

Par ailleurs, cette ville médiévale est bien plus pittoresque avec ses jolies ruelles, son architecture soigneusement travaillée et son cours d'eau, la Vltava. Cette rivière était une importante voie de communication, autrefois, en Bohême. Le centre est classé au patrimoine mondial par l'Unesco depuis 1992.

Soit dit en passant, le 1er janvier de l'année suivante marque l'indépendance de la République Tchèque tandis que son entrée dans l'Union européenne date du 1er mai 2004.

On prend la pose devant le pont multi-étages du château (Hrad en tchèque), en image sur la 2ème photo 😀 Le temps file donc c'est plus un survol que de la pure flânerie à travers les ruelles au final... Un peu dommage mais mon bus n'attendra pas! 16h45 nos chemins se séparent, je file avec mon chargement... 17h15, me voilà installée, cool, un film d'animation pour distraction 😉

A cette période de l'année, la Tchéquie est toute jaune ! Beaucoup de pissenlits dans les prairies et de nombreux champs de colza. Le gouvernement subventionne cette culture pour la production de biocarburant, en prenant le risque d'épuiser totalement ses sols....

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Publié le 5 juin 2019

Un peu parce que mes demandes sur Couchsurfing sont restées vacantes et aussi parce que je leur avais dit que je reviendrai, me revoilà chez Petr & co.

Enfin, il a fallu que je retrouve le chemin : arrivée à l'arrêt de bus d'Hanspaulka vers 21h, il fait nuit et je ne reconnais rien (j’avais vraiment pris le bus ici auparavant??!), un petit coup de tel à Petr s’impose, à peine ai-je raccroché, je m’avance dans la direction qu’il m’a indiquée mais….c’était quoi déjà le nom de la rue qu’il fallait que je prenne sur la gauche ?? MinCE j’ai déjà oublié !! Heureusement un gentil monsieur sort justement de chez lui, un peu étonné par ma demande (ben oui y a rien pour les touristes de l’autre côté de la colline), il me renseigne ouf, cette fois c’est gagné ! 20min plus tard arrivée à bon port, Petr me salue du sommet de la colline ! Je rentre, porte ouverte, lumière allumée mais…personne… Anezka et Ziva sont aux abonnées absentes. Je décide donc de rejoindre Petr là- haut dans un ultime effort. Content de me revoir, il me présente Lauranne une jeune suissesse, workawayer également, en voyage depuis 2 mois à travers l'Europe avec un Pass Interrail (abonnement de train valable dans la plupart des pays européens sur une période définie). Cool 😀!

Bon, la question est : que font-ils encore là avec les chèvres à cette heure?

J'ai vite ma réponse...affamées elles sont toutes sur le flanc de la colline, bien décidées à y rester! La technique de Petr : isoler les 2 chèvres que l'on tient en "laisse" en les attachant à des arbres plus loin. En effet elles bêlent et le reste du troupeau, soudain, apparaît! Alléluia!! Bien qu'il fasse doux et que cette petite prairie soit bien pittoresque avec l'église éclairée et le ciel étoilé, je laisse Petr et Lauranne à leur causerie. Toute une aventure pour redescendre sans faire un roulé-boulé sur le sentier! Je vais voir ce que je peux trouver à me mettre sous la dent d'encore mangeable, j'opte pour le frigo (le vrai, pas le ruisseau) et puis m'installe dans le grenier où Lauranne a établi ses quartiers.

En parlant de quartier...

Dejvice fait partie du 6ème arrondissement de Prague autrement dit Prague 6, le plus grand de la capitale. Si vous prenez l’avion pour la Tchéquie via le Ruzyně International Airport, c’est ici que vous atterrirez ! Quartier résidentiel luxueux, il accueille une population appartenant à une classe moyenne assez aisée. J’ai pu en effet constater lors de mes égarements à travers les chemins (pourtant balisés…hum !) que le village (situé en descendant le rue où Petr habite) est plutôt chic (villas soigneusement entretenues, grosses voitures, magnifique haras avec caméras à tous les coins, un ambassadeur,…). Soit dit en passant, le premier président tchèque (Václav Havel) a vécu ici lors de ses fonctions. C’est aussi un quartier universitaire (dans le bus, selon les plages horaires, c’est évident !) ; facultés d’ingénierie, de chimie,... Côté tourisme, un spot : l’Hôtel International à l'architecture stalinienne, unique dans le pays (style Réaliste Social Soviétique (moyennement sûre de ma traduction ;) ). Construit du temps du communisme, il avait pour but de servir d’hôtel privé pour les conseillers soviétiques et les officiers militaires de haut grade. Ils se sont vite rendus compte qu’ils n’allaient jamais utiliser un tel espace du coup il est devenu un hôtel de luxe… Ha les hommes et leur folie des grandeurs… ! Petit détail : la tour était couronnée par une étoile à 5 branches rouge en verre (symbole du communisme) et par un mécanisme télescopique, elle pouvait être descendue dans la tour inférieure afin d’être nettoyée discrètement pendant la nuit ! Je n’ai pas vraiment pris le temps d’aller jeter un œil à ce massif building. Si cependant, votre curiosité a été titillée, nous avons un fantastique outil à disposition : Google ! Ou Ecosia bien sûr 😉

Côté nature, la maison de Petr est située dans la vallée de Šárka, au milieu du parc naturel Šárka – Lysolaje, le plus grand parc naturel de Prague, pas étonnant si je me suis perdue 😉). J'étais allée jusqu'au lac de Džbán en suivant plus ou moins le GR.

Sentiers à travers les collines pour arriver au lac (qui est je pense un réservoir d'eau), je grimpe ensuite sur une colline avec un large plateau surplombant la vallée :

Dernière photo : ce fût mon lunch, à vous de deviner de quoi il était composé 😉

Cette 2ème visite chez Petr sera une toute autre expérience et m'apprendra que parfois il vaut mieux se contenter d'une visite (même si dans tous les cas, c'est chaque instant de la vie qu'il faut accueillir avec un regard neuf, parole d'un sage dont le nom m'échappe).

J'ai le plaisir de pouvoir parler français et Lauranne est bien contente aussi😉; question boulot, on traira les chèvres ensemble en se motivant car plus laborieux que lors de ma première venue et en plus, il y en a une particulièrement difficile (une qui a un petit et que Petr veut vendre du coup il aimerait savoir à peu près quelle quantité de lait elle donne...) et question météo, il pleut un jour sur 2... donc tout parait nettement moins chouette. On cuisinera ensemble (je serai son commis), elle ira en mission périmés et on se chargera du tri le lendemain pendant une accalmie, c'est long, il y a tellement de produits et tout est mélangé. On repeindra 2 pièces à la chaux (car ils m'ont demandé ce que j'avais fait les semaines avant..) Lauranne s'en donne à coeur joie pour décaper les parties qui se détachent. On dirait qu'il y a eu un tremblement de terre dans la salle de bain!! Anezka et Ziva sont revenues le dimanche après-midi. Étrangement, Ziva est d'une toute autre humeur, pleurant souvent. Elle a besoin de m'adopter à nouveau et ne me parle plus librement tchèque, comme si elle avait compris que cela était inutile vu que je parle une autre langue. Les jours de beau temps je pars en expédition en ville, tôt le matin et reviens le soir. Je suis heureuse d'être libre et de visiter enfin Prague!

19
mai
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Publié le 22 juin 2019

8h30, en route! Je chemine à travers la colline pour rejoindre l'arrêt de bus et aller à la brocante Bleší trhy Praha, ouverte le samedi et dimanche de 6 à 14h. Située U Elektry 7 à Vysočany (Prague 9 donc ça fait une trotte car plus le numéro du quartier augmente, plus il est éloigné du centre), je me laisse porter par le tram... Très populaire, j'ai pu trouver le chemin en me laissant porter par la foule en sortant du tram. Entrée payante (1€ ou 20 Kc), avec barrières et vigiles, c'est tout juste s'il ne faut pas sortir sa carte d'identité! En place sur une énorme aire bétonnée, je suis surprise par sa grandeur (apparemment 50 000m2). Une vue d'ensemble? un clic : http://blesitrhy.cz/?lang=en#iLightbox[abd552b24bdb4fb6297]/2

J'ai pris le temps de la parcourir pour arriver à la conclusion qu'elle ne vaut pas le coup d'y aller. Beaucoup de trucs en tout genre made in China, pneus, électroménagers, nourriture à des prix dérisoires (produits périmés, je m'en rends compte après), vêtements, chaussures, très peu de brocante comme on l'entend chez nous...

Je me laisserai tenter par ces "woopies"... : de la crème, du bon beurre, une généreuse dose de sucre, un soupçon de noisette (ou noix?) dans le fourrage tout de même, bref c'est tout moëlleux tout crémeux mais question saveur, il faut chercher. J'avais osé goûter certaines pâtisseries de la même fabrique (gros industriel distribué dans la plupart des supermarchés) parmi les périmés récupérés chez Petr, toutes du même style, assez écœurantes.

Prochaine étape : se poser dans un écrin de verdure. J'ai sélectionné quelques parcs pour l'aprem, Prague en possède toute une flopée, c'est merveilleux!

Entre 2 connexions de tram, des affiches attirent mon regard et, curieuse, je vais voir ce qu'il s'y passe. A nouveau, c'est une brocante sur un grand espace bétonné désaffecté (arrêt de tram : Nákladové nádraží Žižkov). L'entrée est aussi payante (10 Kc) mais le gars à l'entrée est sympa et me laisse y aller librement. C'est la fin en fait mais comme l'autre rien de bien intéressant ou original parmi tout ce bric à broc (ici pourtant ce sont uniquement des vieux trucs).

Toujours en chemin, après avoir tourniqué un peu, beaucoup 😉 confiante d'être dans la bonne direction, je trouve un cimetière étonnant... le cimetière (hřbitovů en tchèque) d'Olšanské (du nom du village disparu d'Olšany qui lui-même vient de l'aulne (l'arbre) et je m'arrête là 😉). Enfin, leS cimetièreS plutôt car c'est un véritable complexe! Il en comprend 12 : une partie réservée aux Juifs (la plus grande du pays), une aux orthodoxes, une petite pour les musulmans, une aux Russes... Immense (50 ha), c'est le plus grand de la capitale. La végétation luxuriante à tous les étages créé un étrange mélange entre parc et lieu de sépulture. Très agréable d'y flâner donc, jetant un oeil aux dates que l'on peut déchiffrer sur les tombes... Il a été fondé suite à l'épidémie de peste de 1679. Plus tard, il a été agrandi pour accueillir les corps de soldats morts au combat et des personnalités célèbres (artistes, politiciens, acteurs,...). Franz Kafka repose ici par exemple. Petite note sur ce fameux personnage : écrivain praguois, juif et germanophone, il est surtout connu pour ses romans "Le procès" et "Le château"(inachevés) et sa nouvelle "La métamorphose". D'une plume sombre, son style est assez déprimant décrivant des situations de vie cauchemardesques en abordant des thèmes tels que la solitude, l'absurdité de la vie, les peurs,... Ses textes reflètent, entre autres, l'emprise du pouvoir bureaucratique sur l'individu et les relations entre individus perdus dans un monde incompréhensible. Il dira à un ami à lui : « Si le livre que nous lisons ne nous réveille pas d'un coup de poing sur le crâne, à quoi bon le lire ? » Heu...ben oui, la vie est bien trop belle pour se contenter de romans d'amour happy end garantie n'est-ce pas 😉?

Après moult allées et venues pour trouver l'entrée du parc Parukářka (nom de la colline sur laquelle il est situé, en français : Sainte-Croix), je finis par demander à 2 jeunes et...je suis passé devant! Il fallait monter les escaliers où j'ai pris des photos des graphes... un peu isolé donc. L'originalité de ce parc ? Il se trouve au-dessus du plus grand abri anti-atomique de Prague. Construit en 1950, il pouvait héberger, à 20 mètres sous terre, 5 000 personnes. Devenu un musée, il est possible de le visiter, brrrr.... A la surface, les bouches d'aération de ce bunker jalonnent une partie du parc. Lieu sympa, avec une assez jolie vue sur une partie de la ville, des plaines de jeux (dont une avec un giga toboggan et un mur d'escalade), un bar et une aire pour faire des barbecues. Ces 2 derniers éléments étant indispensables pour tout Tchèque qui se respecte 😉


Ensuite direction Riegrovy sady autrement dit le parc Rieger, du nom d'un politicien tchèque. Autrefois formé de vignobles, ce terrain incliné a été transformé en parc à l’anglaise il y a plus de cent ans. Il offre de belles vues de la capitale. S’étendant sur une surface de 11 ha, on peut faire son jogging (en faisant des haltes dans les zones avec installations de fitness) ou simplement se poser sur un bout de prairie isolée. Sa conception a été bien pensée! J'ai adoré m’installer dans une petite partie boisée (photo du milieu), très pittoresque et romantique. En effet, j'étais entourée d'amoureux.

Sur la première photo, au loin à gauche, on devine une colline avec une tour : la tour de Petřín, ma prochaine halte. Rentrée à l’intersection des rues Polská et Budečská , en montant les escaliers, on arrive devant un gros bâtiment qui est en fait un complexe sportif (piscine, terrain d’athlétisme, salle de yoga et arts martiaux,…). Il y a évidemment possibilité de déguster une bière...le cadre sera au choix : historique, dans un belvédère néo-classique ou plus populaire, dans un grand biergarten. Si envie de se mettre quelque chose sous la dent, ils font aussi restaurant.

Pour sortir, j'emprunte un des chemins sinueux asphaltés et tente de rejoindre la station de métro. Je suis bien dans la bonne rue mais... ?? Désespérée, j'aborde 2 dames, on scrute la carte ensemble pour constater que nous sommes hors du périmètre, j'ai marché dans le sens opposé à nouveau! Hop, l'une sort sa tablette (merci ô Sainte Technologie 😉) et on est vite fixée. Ensuite, l'une des 2 me tend une carte de visite avec un site parait-il très intéressant...de ce que je devine des mots inscrits, c'est à propos de la Bible...elles font partie des témoins de Jéhova. Dieu, ô merci de les avoir mises sur mon chemin 😉 !

Métro puis tram, j'arrive au pied de la colline de Petřín (Petřínské sady, nom provenant probablement du latin petrus, roche ; soit dit en passant, beaucoup de pierres furent extraites de cette colline pour la construction des monuments historiques de Prague). Bien qu'un funiculaire soit à disposition pour la gravir, j'opte pour la marche. Excellent choix car je découvre tout le long des vergers de toutes sortes, des recoins enherbés et/ou boisés et la vue sur Prague est superbe. Autrefois couverte de vignobles et terres agricoles, la colline a tout gardé d’un caractère pittoresque campagnard. Vaste mosaïque horticole, on déambule à travers les différents jardins. Je suis passée par le jardin Nebozízek, du nom du vignoble d’origine, lui seul faisant déjà 8 ha. Possibilité de faire un break au restaurant du même nom. Ce jardin fût remodelé en 1891 à l’occasion de l’Exposition du Jubilé. Le funiculaire fût construit à cette même période.

Chemins asphaltés pour la plupart, que d’énergie déployée pour arriver au top ! Là-haut, un plateau de 2,5 ha sur lequel trône la réplique de la tour Eiffel, construite 2 ans après cette dernière à l’occasion de l’Exposition de 1891. Envie d’un coup d’œil panoramique ? C’est par ici ! Haute de 60 m et atteignant une altitude de 320 m au-dessus du niveau de la mer (ce qui est finalement comparable à la tour Eiffel) grâce à la colline, c’est la plus haute tour d’observation de la ville. Il parait que, par temps clair, on peut voir le plus haut sommet des montagnes tchèques. Je n’ai pas osé y grimper vu ma crainte des hauteurs…accompagnée j’aurais peut-être relevé le défi !

A son pied, se trouve le Labyrinthe des miroirs, mis en place également pour l’Exposition du Jubilé et un café. Et dire qu’à un temps révolu, cet endroit était connu pour être un site de pèlerinage…

La tour de Petřín, une vue du château de Prague et un magnifique verger de noyers sur le chemin de la sortie

Toute enchantée par ce parc, je sortirai par le Monastère de Strahov où je croiserai 3 sœurs dont une m’a fait un ravissant sourire, seconde magique <3

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Publié le 23 juin 2019

Levée à nouveau aux aurores, je prends le bus vers 9h pour participer à un tour de la ville proposé par un groupe sur Couchsurfing (via une application sur Smartphone). Arrivée un peu en avance au lieu de rendez-vous, j’attends l’heure dite sans voir se former l’ombre d’un groupe hétéroclite près à arpenter la ville… Après 15min encore d’attente, j’accepte l’idée que j’ai loupé le coche. Déjà à la base, il y avait un léger flou question heure de départ, l’organisateur principal souhaitant la commencer à 10h plutôt qu’à 9 (ce qui m’arrangeait)… Plus tard, j’ai vu qu’il avait envoyé un mail à 4h du mat’ pour dire qu’il serait finalement absent. Bonjour l’organisation… Qu’à cela ne tienne, je vais mettre à bon profit ma belle motivation et mon envie de découvertes !

Je passe par le pont Charles (le fameux !) dont la masse touristique me fait hâter le pas. Il fait la liaison entre Staré Město (la Vieille Ville) et Malá Strana (le Petit Côté) qui forment avec Hradčany (le quartier du Château) et Nové Město (la Nouvelle Ville) le cœur de Prague. La construction du château au 4ème siècle a été la graine qui a fait éclore Prague. Dix siècles plus tard, une ville s’est établie progressivement tout autour de l’enceinte donnant naissance au quartier de Hradčany. Jusqu’en 1800 environ, Prague c’était ça : 4 villes dotées chacune d’une place. Ces villes correspondent aux 4 quartiers cités précédemment et forment l’arrondissement 1 (Prague 1). Ces quartiers étaient à l’origine des villes indépendantes d’où leur spécificité respective. Pour une vision d'ensemble : https://blog.foreigners.cz/wp-content/uploads/2016/09/prague-map-of-districts-520x367.jpg

Le pont Charles et la Vltava (rivière) vus du Mánesův most ("most" signifiant "pont")

Ces 2 quartiers constituent le noyau historique de Prague. Admirablement bien conservés, on y passerait des heures à flâner dans les rues et ruelles observant chaque bâtiment. Au niveau détails architecturales, il y a de quoi en avoir plein les yeux !

Staré Město était une zone marchande animée. Le fourmillement humain actuel est ainsi probablement comparable à celui de l’époque, pour des raisons différentes bien sûr. Ici se trouvent en effet les attractions touristiques les plus populaires.

Sa place, Staroměstské náměstí, est apparemment l’une des plus belles d’Europe. Outre cette compétition du qui aura le plus grand, le plus beau, le plus ci ou le plus ça, c’est vrai qu’elle a du caractère et un fameux potentiel vu tout l’espace à disposition. Il y a donc toujours un artiste pour divertir la foule, ici un asiatique en union avec son cerceau, quelle prouesse dansante! J'ai également rencontré 2 Hollandaises venues jusqu'ici à vélo. Bel échange 😀

Située sur l'hôtel de ville, l’horloge astronomique, quant à elle, est d’une telle originalité qu’elle vaut le coup de se baigner dans la foule. Véritable oeuvre d'art tirée d'un conte de fée, elle indique entre autres : l’heure (plusieurs en réalité), les mois de l'année, le signe du zodiaque et la position des étoiles, de la lune et du soleil. Les mécanismes les plus anciens datent de 1410. A chaque heure, une cloche sonne et 12 apôtres défilent. Quatre personnages sont également présents : un squelette représentant la mort avec un sablier, un Turc représentant la convoitise avec un luth, un avare avec sa bourse pleine et un vaniteux avec son miroir. Un coq doré chante la fin du spectacle. On aurait envie que les heures soient des minutes pour se plonger à nouveau dans cette ambiance extraordinaire! (et que la foule disparaisse..)

Cherchez "l'erreur"... : 😉

En errant dans les rues... 

Pour une halte dans un coin de verdure, direction : Malá Strana, si riche en jardins et parcs. En contre-bas du château (d'où l'origine de son nom probablement), quel plaisir de s’y promener ! Fondé par le même souverain qui a créé le parc Stromovka au 13ème siècle (visite de l'aprem), ce quartier regroupe mainte maisons bourgeoises et palais à l’architecture baroque. Je suis passée devant l’ambassade des USA, fameuse bâtisse ! D’autres ambassades s’y retrouvent ainsi que le parlement et le gouvernement tchèques.

Malostranské náměstí autrement dit la place principale 
Fleuriste...bienvenue au pays des merveilles... 😀

Déjà besoin de fraîcheur, il fait chaud…tient une église, parfait ! C’est l’église Notre Dame de la Victoire, mondialement célèbre pour sa statuette en cire de l’enfant Jésus de Prague qui trône depuis 1628 sur l’autel du côté droit (je le saurai plus tard j’ai donc juste jeté un bref coup d’œil par curiosité…et mon regard n’est pas tombé dessus..). Provenant d’Espagne, c’était un cadeau d’une princesse aux Carmélites. C’est marrant car en y repensant c’est la seule église dans laquelle je suis rentrée, de l’extérieur pourtant elle est d’un style baroque simple, pour une personne hérétique rien de bien attirant donc. J'ai tout de même été époustouflée par le raffinement et le scintillement de ses décorations dorées.

Coup d’œil au Mur de John Lennon (qui, soit dit en passant, n’a jamais mis les pieds ici !). Dans les années 70, ce mur était toujours couvert par de nombreux messages d’amour écrits à la craie lui valant le nom de Mur des Gémissements. C’était aussi un des rares lieux publics où la jeunesse pacifico-anarchiste se rencontrait pour laisser libre cours à son désir de liberté, de justice et d’égalité. Après l’assassinat de John Lennon (1980), il devint un lieu commémoratif symbolique où les gens venaient mettre des fleurs et allumer des bougies. Des graffitis ainsi que son portrait sont peu à peu apparus en sa mémoire. Ce mur appartient de nos jours, aussi étonnant soit-il, aux Chevaliers de Malte. Il fait en effet partie de l’enceinte des jardins maltais.

Je continue ma route vers le parc de Letna où je respire un peu en le parcourant et en contemplant la vue. Bref aperçu, j’y reviendrai plus tard.

Tranquille, ce couple grignote des biscuits Milka en regardant les hommes de la ville travailler ...tranquillement 😉

De là, je cherche l’entrée du parc Stromovka. Je demande mon chemin et marche un peu au hasard dans la direction que l’on me donne. Je tombe sur un magasin bio ! Arrêt indispensable évidemment, trop curieuse de voir de quoi il est constitué. Petit mais assortiment assez varié. Je remarque que la gamme de produits crus (Lifefood en grande partie) est large. De tous les magasins bios visités, ce sera le plus complet. L’adresse ? Countrylife ; Korunovační 310/2 ; 170 00 Praha 7 – Bubeneč. C’est par la rue attenante (Čechova) que je découvrirai ainsi le parc. Aucune indication, j’y vais au hasard.

Stromovka prend une large part du quartier de Bubeneč. Ce dernier, outre le fait qu’il soit ainsi verdoyant, est tranquille et chic, principalement constitué de belles villas et de résidences diplomatiques. Sur une superficie de 95 ha, le parc est de loin le plus grand de Prague. Fondé au 13ème par un souverain tchèque, il était auparavant une réserve de chasse royale. C’est au milieu du 16ème siècle que ce lieu plutôt sauvage connait de réels aménagements. Une chose assez exceptionnelle pour l’époque : un tunnel construit (par l’empereur Rodolphe II d’où son nom : Rudolfova štola) sous Letná permet de remplir la série d’étangs en prélevant l’eau de la Vltava. L’entrée du conduit se situe près du restaurant Šlechtova. Il connut ensuite de rudes périodes. Dans la première moitié du 18ème siècle, il servit à plusieurs reprises de camp militaire et fût presqu’entièrement détruit. Une partie de la noblesse tchèque a heureusement pris les choses en main et a œuvré à son réaménagement. Un arboretum fut planté après 1850 et est sans doute à l’origine de son nom, qui signifie « endroit des arbres ». De nombreux arbres furent prélevés du parc naturel Šárka (où je me suis promenée). Il s’est progressivement transformé en parc municipal de style anglais et a été ouvert au public au début du 19ème siècle. En 2002, il a dû retenir sa respiration lorsqu’il fût entièrement sous eau à cause de conséquentes inondations. Cela n’a pas suffi et il en a pris un coup dans l’aile, ou plutôt dans la branche, et a dû à nouveau être réaménagé. Mais maintenant, quel plaisir de le parcourir ! Des parties boisées, des prairies, des étangs,…et tout un réseau de chemins asphaltés, idéal pour le découvrir à 2 roues ! On peut faire de belles balades, notamment jusque Divoká Šárka, où Petr (et moi-même pour ces jours-ci) habite. Il y a également un observatoire et un planétarium. Ce qui perdure aujourd’hui est un monumental chêne (Dubový pahorek), sur une île du premier étang créé ici.

Petite dégustation visuelle 😉

Je me suis trouvé un coin sympa pour déjeuner et déguster cette viennoiserie bien typique. Sur base d'une pâte briochée assez dense est étalé un mélange de graine de pavot et de purée d'amande...miam ;P! Et en plus, ça forme vaguement un coeur...bon j'avoue je l'ai choisi exprès 😉

Ensuite, je rejoins Troja (Prague 7). Pour franchir la Vltava, le pont pour piétons s’étant effondré, une navette est postée là, faisant le relais d’une rive à l’autre. C’est gratuit, elle quitte le quai une fois suffisamment remplie et en quelques secondes on est de l’autre côté. Troja est intéressant pour son zoo, son jardin botanique (entrée 300 Kc tout de même) et son château avec ses jardins à la française. De nombreux vignobles couvrent la colline. Halte brève, je retourne dans le centre-ville.

Lauranne me rejoindra et on passera la soirée tranquille.

On prendra la pause devant le mur Lennon...

Puis on flânera dans les rues à la recherche d'un resto sympa...

Arrêt dans celui repéré près du mur mais un coup d'oeil à la carte nous fait lever le camp (trop banal et vraiment pas inspirant).

On se posera dans la cour d'un autre non loin de là. Je choisis une soupe car typiquement servie dans un pain (qui me laissera un souvenir tout le lendemain, merci ""amis"" oignons! :/).

23
mai
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Publié le 23 juin 2019

Départ précipité car j'ai dormi plus longtemps que prévu! Bref aurevoir à tous et l'âne est à nouveau en chemin...

Halte en ville pour aller voir des marchés. Je commence par celui de Náměstí Republiky autrement dit celui de la place de la République. Marché principalement artisanal.

En direction vers l'autre marché dans la Vieille Ville, je trouve un magasin bio et une cantine végé à 2 pas...intéressant... :D!! Le marché Havelské tržiště est le plus ancien de la capitale. Ici aussi il est principalement artisanal et beaucoup "pour touriste".

Miam tous ces fruits rouges ;P! 

Pause à la cantine rue Melantrichova 15, petite cour attenante à un CountryLife (tout petit, mais étonnamment avec un grand choix d'algues). Jeune serveuse super sympa, nourriture au poids (bon rapport qualité/prix), calme, toilettes propres, fontaine proposant eau froide et chaude (j'en profite pour remplir ma bouteille),... Quel bonheur de poser mon chargement, enlever mes chaussures de marche et manger des légumes frais! Carpe diem... ^_^

Sur la photo de droite, ce sont des desserts : la fleur en genre puf de maïs (comme pour protéger les paquets 😉) c'est de la pâte feuilletée avec un peu de chocolat à l'intérieur, léger. La brique c'est autre chose!! Faite d'une pâte de fruits et noix, c'est carrément heavy.

Le magasin bio c'est le bas du bâtiment, en vert foncé. Aperçu des viennoiseries... 

Métro jusque Roztyly c'est-à-dire un peu à l'autre bout de la ville. Je m'amuse à me prendre en photo dans le reflet de la vitre teintée quand...je croise un regard..ha ha un monsieur de l'autre côté de la vitre me regarde, interloqué ! 😉

La première photo est prise dans un miroir à une autre station de métro. 

Arrivée chez mes nouveaux hôtes, visite des lieux, une roulotte sera ma tanière pour ces 2 prochaines semaines. La maison, tout de long, est spacieuse et fraîche (il faut prévoir sa petite laine pour l'intérieur). Karolina et Dan ont 2 enfants (Elektra 10 ans et Oliver 15 ans, question surnoms ça va être sympa : Elie, Oli et moi Elo 😉). Ils ont 2 chiennes et pas mal d'autres animaux, digne de l'Arche de Noé (chèvres, abeilles, caméléon, canards indiens, cochon d'Inde, perruches, chat, chiens, moutons + tous les sauvages qu'Elektra recueille sur son chemin...). Je savais que je n'avais pas besoin d'aller au zoo à Troja 😉! Ils travaillaient dans la pub avant de changer de trajectoire de vie. Ca fait maintenant 3 ans qu'ils (Karolina est la manager principale) ont lancé leur entreprise de production et transformation d'herbes médicinales : Experimentalní zahrada pod Blaníkem.

Une couette, 3 pleds et mon manteau...c'est qu'il fait frais dans une roulotte, surtout le matin! 
Cherchez les canards 😉

Elle fabrique du savon, des cosmétiques, des tisanes et teintures mères. Ils produisent du miel, les canards et cailles leurs fournissent des oeufs, ils fabriquent de l'alcool de fruits ou autre, un peu de fromage avec le lait de la chèvre à traire (un job qui m'est épargné), leur propre huile de chanvre (de leurs propres graines),...

Extraction de l'huile des graines de chanvre 

Le premier jour, sans doute pour éviter de me faire peur elle me montre le jardin public. Un peu de désherbage et de récolte de fleurs de serpolet.

Je m'amuserai à deviner les plantes qui s'y trouvent... Peu avant que je parte les bleuets sont en fleur, wouah, ça butine assidûment ! Fascinant et plaisant à observer...

J'assisterai au détachement d'un essaim d'abeilles justement, accroché sur un argousier dans le jardin :

J'ai fait une vidéo mais ne trouve pas le moyen de l'insérer... C'est dommage car c'est assez impressionnant! Dan a mis une ruche en-dessous et à détacher l'essaim avec une brosse, toutes les abeilles sont tombées en masse sur la ruche et dans l'herbe. Si la reine est dans la ruche, c'est gagné car les abeilles vont émettre un message pour appeler toute la colonie à les rejoindre à l'intérieur.

On a préparé un sirop de plantain lancéolé (alternance de couches de sucre complet et feuilles de plantain hachées bien tassées pour éviter d'enfermer des bulles d'air et engendrer une mauvaise fermentation) à laisser macérer 3 semaines puis filtrer.

Dans l'ordre : les 25, 26, 28 mai et finalement le 8 juin. La transformation est rapide. 

On a filtré toute une série de teintures mères :

Dans l'ordre d'apparition : consoude (2x), valériane (2x), ail (2x), pissenlit et échinacéa (2x). A réveiller un mort celle à l'ai...

Mais principalement je serai cantonnée à désherber des bandes de bleuet-camomille (et un peu de phacélie) ainsi que des lignes de rosiers bulgares, lavandes, bouillons blancs et hysopes. Les journées me paraissent vite longues, seule dans le champ, des milliers de chardons m'attendant. il fait chaud et quand je rentre pour le lunch time je mange seule également ce que je peux trouver. Le pire sera enlever les bourses à pasteur au milieu des camomilles et bleuets, c'est comme enlever des bougies sauf que j'attends toujours le gâteau.

Je n'ai jamais su quelle était la longueur des lignes de rosier et je ne suis finalement pas arrivée au bout!  Dans quelques année...
De jolies pensées qui poussent à tout va, c'est merveilleux! Quel travail minutieux, ça me rend dingue... :/ 

Heureusement que les graines sont en forme de coeur ;D

Mais elles sont où les lavandes ??  La bonne nouvelle c'est qu'on voit où je suis passée! Cimetière de chardons, paix à leurs âmes...

En chemin vers le champ (de bataille...) J'ai réussi à capturer sa langue !

Un orvet qui prend la pose  

Le courant passe en grésillant avec Karolina et pour finir on s'évite pour empêcher une mort par électrocution... Je suis trop lente pour elle qui court sans cesse dans tous les sens, over-stressée, elle me mettra constamment sous tension. En plus elle ne sait pas quoi me donner à manger... Les végétariens ça mangent de l'ail et des oignons, NON ??!! Bref je me suis sentie telle une lourde et encombrante valise à transporter chaque jour, vraiment cata..

Je ferai une expédition aux monts Velký Blaník et Malý Blaník, à une heure de la maison à pied. De belles rencontres jalonneront ma route :

Hep, pas si vite ! 

Avec un peu de patience, j'aurais la chance d'assister à ce moment magique. Au début, trop près du nid, j'ai compris qu'il fallait que je m'éloigne. Distance de sécurité ainsi respectée, la maman pic est venue nourrir ses petits <3

Je montrai sur la tour de guet (638 m d'altitude, 30 Kc) qui se situe sur un ancien fort de l'époque celte. Des légendes entourent ce lieu, particulièrement celle des chevaliers endormis dans les profondeurs de la montagne... Le commandant des chevaliers est le Saint tchèque Wenceslas. Ces chevaliers pourraient se réveiller si la nation était en danger. Cela permettait de rassurer le peuple au 15ème siècle. Karolina me raconta l'histoire d'une étrange disparition d'un homme tombé dans une faille de la montagne, il en reviendra des années plus tard avec la sensation de n'y avoir passé que quelques heures... Plus concrètement, une des pierres de ce mont a été utilisé comme pierre fondatrice du Théâtre National pragois.

En chemin toujours ... :

On ira à Kamberk, village d'à côté où Karolina va installer son unité de production.

Jolie église :

Un clin d'oeil : le voisin qui tond sa pelouse et... quel moyen de transport original pour l'herbe coupée! 😉







J'irai dans le parc à l'anglaise de Vlašim, assez grand pour que j'ai le temps de me prendre la tête avec la carte et m'adonner à mon activité favorite : aller dans le sens opposé pour avoir le plaisir de faire demi-tour et avoir une perspective différente du chemin 😉

Jolis châteaux, un pavillon chinois qui s'est perdu ici, il y a également un grand château qui date du début du 14ème siècle avec ...

Pour clôturer cette expérience assez malheureuse, je me laisse immerger par la beauté de la nature sous cette douce lumière de fin de journée... Les camomilles sont en fleurs et non plus les bourses à pasteur! 😀

31
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Publié le 28 juin 2019

Une porte ouverte vers un événement culturel… je fonce! Et en plus je peux dormir dans la maison du papa de Dan, nickel. Dan m’embarque donc avec les enfants et me déposera en route où je rejoindrai le centre en métro. Je pars à la découverte du quartier de Karlín (Prague 8) dans l’ambiance du festival (gratuit) United Islands of Prague. Festival ayant pour but de promouvoir les jeunes artistes, il avait réellement lieu, à l’origine, sur les îles de la Vltava (d’où son nom). Pour sa 16ème édition, la Grande-Bretagne sera à l’honneur. Cool ! Je flâne un peu dans le quartier : rues larges plantées d’arbres, belles bâtisses formant des arcs-en-ciel aux couleurs pastels, anciens bâtiments industriels rénovés, c’est sympa. Il en était tout autre par le passé. En effet, à la fin du 20ème siècle, Karlín était toujours un quartier industriel malfamé (car à l’origine les biens immobiliers étaient les moins chers de Prague). Lieu de naissance du parti néo-nazi, il était également connu pour abriter beaucoup de Roms dans les années 80. L’actuel pub “U Zabranskych” est le lieu où a été fondé en 1924 le parti communiste tchécoslovaque. De plus, les néo-nazis s'y retrouvaient pendant la période des persécutions contre la population rom. Les importantes inondations de 2002 ont amorcé un changement plutôt radical et lui ont ainsi donné une chance de repartir sur de nouvelles bases.

Le Forum Karlin est un exemple de bâtiment industriel remit à neuf. Ancienne usine de chaudières à vapeur devenu centre culturel, ...

Le festival investissait toute la rue principale (Křižíkova, du nom de František Křižík, célèbre (dans son domaine) industriel et pionnier de l’ingénierie électrique ; il créa, entre bien d'autres fabuleuses inventions, une ligne de tram reliant Prague à Vysočany en 1896). En repérage ce soir avant le concert d’un jeune groupe rock (The Sherlocks), je me réjouis déjà d’être demain pour voir la rue encore plus vivante ! Sur la Karlínské náměstí, les prémices du concert se font entendre... Wouah quelle belle énergie musicale, je suis heureuse de m’immerger dans ces bonnes vibrations!

Je rejoins ensuite Dan chez son ami. Il est quasi 23h (je peux être fière de moi cette fois car mon parcours était assez fluide, lui-même est surpris 😉) et ils sont toujours en plein barbec. Sympa, son ami insiste pour que je goûte à ces tranches de courgettes et son fameux maïs grillé badigeonné de beurre. Ca fait des lustres que je n’avais pas mangé ce genre de choses. Redécouverte gustative positive ! Lors de cette soirée, je me rendrai compte comme mes restrictions alimentaires peuvent être cloisonnantes… Hé oui ma chaleureuse bulle belge (dont vous faites tous partie Dieu merci) est bien loin !

Le samedi c’est jour de marché sur le bord de la Vltava. J’avais déjà prévu d’y aller et après quelques arrangements pratiques avec Dan, je m’y rends gaiement. Moi qui voulais éviter la foule c’est légèrement loupé : 10h, il faut jouer un peu des coudes. Ha mais voilà un marché digne de ce nom! Je repère quelques stands dont une boulangerie bio avec un assortiment très varié (céréales complètes, bon choix de sans gluten), une dame qui fait de la pâtisserie crue magnifique et un artisan (un vrai!) qui fait de jolies cuillères en bois. Il y a aussi des producteurs locaux (ex : champignons (pleurotes, shiitakes), asperges, fraises) et de nombreux stands de viennoiseries et autres trucs sucrés (les Tchèques sont apparemment très gourmands 😉). Je vais discuter avec l’artisan des cuillères en bois, le courant passe tellement bien que je lui propose de me rejoindre au festival. J’ignorais encore à ce moment-là que j’avais rencontré un ange… A retenir donc : marché de Náplavka (qui signifie rive), Farmářské Trhy, 8-14h, Rašínovo nábřeží (= quai de Rašín).

Vues d'ensemble 
Quel plaisir pour les yeux, toutes ces couleurs !  Pour la pâtisserie, ce sera au choix : plutôt industrielle (photos 5 et 6), col...

Et aussi... moins ragoûtant mais tellement tchèque :

Ces pistolets sont fourrés d'une saucisse 

Mes stands coup de coeur :

Karel, il vient un samedi par mois...une chance !  
Les jeunes qui tiennent le stand sont trop sympas et c’est la maman qui cuisine. A retenir donc : Pekárnu David Dvorník  http://ww...
Pâtisserie crue : www.zdravivnas.cz 

Soudain, il est grand temps de filer au festival! Lorsque j’arrive enfin à la scène jazz (installée sur la belle Lyčkovo náměstí (‘’náměstí ‘’ signifiant ‘’place’’ j’ai oublié si je l’ai déjà dit)), il reste 15 min. Au moins je les ai savourées ces quelques minutes car le groupe –tchèque - était super ! Son nom ? Mantaban :D

Sur cette place se trouve un magnifique bâtiment Art nouveau qui est… une école primaire !

Photos prises ici et là, à travers le quartier :

Magnifiques moulures ! 

Pour l'anecdote, un monsieur a passé un bon moment à ajuster ses chaussures pendues au fil tendu à sa fenêtre... A quoi jouait-il? Dieu seul le sait... 😉

Ensuite je papillonne à travers le festival, allant d’une scène à l’autre, jetant un oeil aux stands de nourritures aux origines variées (plutôt sud-américain et asiatique). Ayant pris des photos de sa petite fille, je discute un moment avec la maman. Jeune, elle est toute enthousiaste par mon voyage et me conseille d’aller au Myanmar =)

Un jeune rappeur se balade avec sa sono portative dans la rue principale en interpellant les gens...il m'a l'air de chanter selon ce qui l'entoure, vachement sympa =)

Soudain besoin de me poser dans un endroit tranquille et vert, je décide d’aller faire un tour dans le parc Vítkov qui se situe en hauteur, marquant la limite avec le quartier voisin (Žižkov). Je passe par le tunnel pour piétons (de plus de 300 m de long) et ferai, à l'autre bout, une drôle de rencontre que je résumerai par un mot : glu (oui la colle…).

Brève balade sur cette colline d’environ 15 ha (on est content d’arriver au-dessus !), belles vues panoramiques (de Karlin en avant plan) de ce plateau tellement vaste et rectiligne qu’on se croirait sur une piste d’atterrissage. La colline densément boisée fût d'abord dégarnie pour devenir un vignoble sous Charles IV. Sauvagement endommagé pendant la guerre de Trente Ans, les troupes prussiennes l'achevèrent complètement (le vignoble) au 18ème siècle. En 1824, on la couvrira à nouveau d'un large éventail d'arbres. A une extrémité se trouve l'énorme statue de bronze (16 t quand même!) de Jan Žižka trônant fièrement sur son cheval, en mémoire de la victoire de ses troupes hussites contre les Croisés en 1420. En 1929 commença la construction du Mémorial National en hommage aux légionnaires tchécoslovaques de la 1ère guerre mondiale. Je n'aurais pas l'occasion d'aller voir ces monuments, ayant décidé d'aller dans l'autre direction.

Les sureaux sont en fleurs, nos narines sont titillées à chaque croisement d'un arbre. De retour au festival, grâce à une excuse bidon, je savoure ma liberté retrouvée. 17h45 : concert d’un groupe…belge ! Hé oui ça m’étonne et c’est génial ! Nom à retenir : Portland. Je vous recommande (ils vont donner un concert au Reflektor, à checker) ! C’est à ce moment que Karel (l’artisan du marché) me rejoint. On passe la soirée ensemble, ça me remplit d’autant plus le cœur que c’est pas trop la joie à la ferme.

On prendra un thé dans un chic salon de thé et je découvrirai que les Tchèques vouent un réel intérêt à la tradition. Boire un thé ici c’est comme partir en voyage ! Quelle bulle de tranquillité, absolument fabuleux! Une bonne adresse à noter : Tea Mountain ; Křižíkova 115 ; 180 00 Praha 8.

On finira la soirée assis sur des chaises longues au bord de la rivière écoutant les quelques dernières minutes d'un concert d'un pianiste et chanteuse africains (du Spring Festival) transféré sur grand écran. Là aussi c'est très court mais qu'est-ce qu'on savoure! ^_^

Cette journée fût humainement si riche, je dirai juste : merci !! Dans la vie, tout est une question d'équilibre n'est-ce pas? Il faut pouvoir accepter la pluie pour voir se dessiner un arc-en-ciel...

2
juin
2
juin
Publié le 4 juillet 2019
Une brassée de délicatesse, un parfum subtile, des couleurs pastels, de quoi commencer la journée tout en douceur... 

En route tôt, vers 7h (car déjà éveillée à 5h par une lumière éblouissante – haaa, si on pouvait la stocker et la ressortir en hiver !!). Il fait très doux, promesse qu’aujourd’hui aussi il va faire chaud. J'ai décidé de descendre par un coin de verdure : le parc naturel Branické skály sur la colline du nom de Dobeška. Surface protégée de 9 ha comprenant un massif rocheux dont voici la vue (1ère photo) et une jolie forêt.

En chemin, les seringats sont en fleurs...imaginez la délicieuse et enivrante senteur au passage... =)  Une curiosité ces tasses, ...

Je fais la pure touriste et sors un petit guide pour découvrir le quartier de Vyšehrad (signifie "château des hauteurs"). Parmi toutes les légendes liées à ce lieu, une sort du lot : celle qui veut que ce soit le premier siège des ducs de Bohême (dynastie des Přemyslids). Pourtant, ces derniers ont effectivement établi leur quartier ici environ 100 ans après l’édification du château de Hradcany soit vers le milieu du 10ème siècle. Tout de même, le premier roi de Bohême, Vratislav I, y a vécu pendant un certain temps au 11ème siècle, au départ dans un château en bois, reconstruit en pierre par ses successeurs qui l’occupèrent jusqu’au début du 12ème siècle. Une fois les rois partis, les souris dansent dans cette zone désertée. Il faudra attendre le 14ème siècle pour que l’empereur Charles IV reprenne les choses en main. Il décide ainsi d’écrire le règlement du couronnement des rois de Bohême et inclut un pèlerinage à Vyšehrad, qu’il sera le premier à faire. Bien déterminé à rendre tout le prestige qu’avait ce lieu, il fît, de plus, d’importants réaménagements : construction d’un palace royal, maisons pour le personnel, école, canalisations. Plus tard, il ordonnera diverses fortifications. La citadelle de Vyšehrad fut édifiée à partir de 1650 par des Italiens, telle une forteresse militaire de style baroque et c’est elle que l’on peut voir aujourd’hui. Pendant leur occupation (1742), les Français construisirent un réseau de casemates, électrifiées par l’ingénieux František Křižík (dont j’ai parlé dans le chapitre sur Karlin). Au sein de cette forteresse souterraine, dans une pièce de 330 m2 (appelée Gorlice, anciennement la salle de réunion des soldats), sont entreposées certaines statues originales du pont Charles. En 1883, la forteresse fut rayée de la carte si je puis dire et Vyšehrad intégra Prague.

Parenthèse historique terminée, retour à la réalité : trouver la rue qui mène à l’ancienne citadelle. Pourtant le guide ET la carte en main, il me faudra près de 40 min d’intense recherche pour avoir le plaisir de gravir enfin les escaliers ! Un peu d’exercice fait toujours du bien pour démarrer la journée d’un bon pied !

Une fois au sommet, on pénètre dans l’enceinte où l’on a la possibilité de visiter les casemates. Je vais direct le long des remparts voir la vue et quelle vue !

6ème photo c'est la colline de Petrin! Et la suivante, il y a au loin le château de Prague 

Ensuite, j’arrive dans le cimetière et son panthéon (Slavín) où reposent 600 personnalités tchèques. Le cimetière date des années 1870 et succède à d’autres dont le plus ancien date de 1260. Le tombeau collectif, dont la devise est « Bien que morts, ils parlent toujours » (ce qui est bien à propos !) a curieusement échappé à mon regard plus attiré par les détails… Où l'ai-je vu sans le savoir?... Il faut quand même préciser que ce lieu de sépulture fait presqu’un ha (ok, c’est vrai je me cherche une bonne excuse.. 😉 !). Les arcades, à l’entrée, ont été construites à l’italienne et protègent de merveilleuses mosaïques (il faudra y aller pour les découvrir car juste photographiées du regard 😉).

L’église néo-gothique des Sts Paul et Pierre fut construite au 19ème siècle sur les vestiges de la basilique de l’époque des Přemyslids. Perchée sur son rocher et protégée par une enceinte, elle domine fièrement la vallée. Soit dit en passant, elle cache le 3ème trésor pragois : une série de documents historiques et d’objets sacrés.

Là aussi de magnifiques mosaïques! 

Autour de l'église, il y a un bel espace enherbé et arboré avec ces bancs entourés de rosiers invitant à la romance...et...des fleurs en quête de liberté... ben oui pourquoi devoir rester cloîtré dans un parterre toute sa vie 😉?

Inspirant patchwork en crochet =) il me semble qu'il y a toujours bien une école dans les parages... 

Super chouette de se promener le long des remparts, en découvrant une autre facette de la Vltava et de Prague, repérant quels édifices historiques j’ai vu ou non. Ici aussi, la colline était jadis couverte de vignes. En mémoire à ce temps révolu, on en a replanté sur certains flans de la colline.


Après la victoire des Hussites en 1420, tous les édifices de cette époque ont été détruits excepté la rotonde romane de St Martin (construite au 11ème siècle). Elle est donc l'un des édifices les plus anciens de la capitale. Elle servait de réserve à poudre à canon et d’entrepôt.


Je redescends et passe devant l'immeuble cubiste de Josef Chochol (1914) qui est d'une rareté mondiale, tel un origami avec beaucoup de détails... Ha bon? Je vous laisse en juger :

Lassée de toujours avoir le nez sur ma carte à la recherche de la direction indiquée, je range gentiment le guide dans mon sac. Suite des événements : trouver de l'eau!

J'arrive au jardin botanique et...un jeune remplit justement sa bouteille à la pompe!

A retenir donc : pitna voda = eau potable =)

Ha quel BONHEUR, par cette chaleur, de l'eau toute fraîche !


Ici se délimite un autre quartier : Nové Město, autrement dit la Nouvelle-Ville. Fondée sous Charles IV au 14ème siècle (il en a fait des choses dis donc !), elle entoure la Vieille-Ville telle une enceinte. Autour de la place Venceslas (Václavské náměstí) fondée en 1348, le bas du quartier a conservé son rôle de centre commercial (autrefois un marché de chevaux se tenait là). Elle fût nommée ainsi en hommage à Venceslas I de Bohême, saint patron du pays dont la statue équestre domine fièrement la place, juste devant le Musée national (construit en 1890, il abrite le musée le plus important de la ville). Bien qu'elle porte toujours le nom de place, sa disposition actuelle s'apparente plus à une large avenue commerçante où l'on retrouve toutes les grandes marques que notre ère capitaliste se charge de répandre dans le monde entier. Non piétonne, grands magasins et autres lieux pour nous faire dépenser, touristes perdus dans ce système de consumérisme,... outre cette réalité palpable, elle symbolise l'indépendance du pays : elle fût le théâtre de manifestations en novembre 1989 qui ont conduit à la Révolution de Velours (nommée ainsi en raison du peu de sang versé), aboutissant elle-même à la chute du communisme.

Alors que cette partie de la Nouvelle-Ville bat au rythme trépidant que veut nous faire suivre notre société, le haut nous ramène du temps de Charles IV et ses églises gothiques. Ce quartier était en effet à l'origine entièrement de style gothique, une première en Europe pour l’époque. Les siècles passant, tous les styles d'architecture s'y retrouvent maintenant : on passe de la Renaissance au baroque en passant par l'Art Nouveau et plus récemment des bâtiments à l’architecture tout à fait moderne.

Fuyant ce genre d'endroit je me rends compte, du coup, que j'ai peu de photos à montrer... Voici donc juste un bref aperçu de quelques partie d'édifices :

Coup d’œil à la Maison Dansante (Tančící dům). Figure emblématique de l’architecture moderne à Prague, elle amuse les regards au coin d’un carrefour (Rašínovo nábřeží 80 / Jiráskovo náměstí 6) depuis 1996. Les architectes, dont le projet a été sélectionné par les propriétaires néerlandais de l'époque, l’ont imaginée en s’inspirant d’un célèbre couple de danseurs : Fred Astaire, symbolisé par la tour en pierre avec ses « cheveux » et Ginger Rogers, symbolisée par la tour en verre. Il y a une galerie, un hôtel et un resto offrant une autre possibilité de voir la capitale de haut.

Crochet par le cloître d'Emmaüs (Emauzský klášter ou klášter Na Slovanech), fondé lui aussi par Charles IV en 1347. Rapidement devenu un centre des arts, de la culture et de la littérature slaves, il abrite des fresques murales représentant des scènes de la Bible ce qui est assez rare en Europe. Le toit surprend par son design élancé... Il a été reconstruit suite à des bombardements involontaires en 1945 : des pilotes américains, perdus dans une tempête, ont confondu Prague et Dresde... Errare humanum est n'est-ce pas?

Parce que chez moi, la verdure c'est vital =), je me réfugie ensuite dans l'oasis horticole qu'offre le jardin botanique de la faculté des sciences naturelles de l’Université Charles (Botanická zahrada Univerzity Karlovy), à 2 min à pied du cloître. Ouvert en 1898, il était divisé entre les parties tchèque et allemande de l’université. La seconde guerre mondiale passée, les 2 parties ont été unifiées. Il s’est peu à peu agrandi au fil des années pour couvrir une surface actuelle de 3,5 ha. A l'entrée se trouve des serres et puis au fil des chemins, on découvre diverses zones au biotope spécifique. Le site comprend également le département universitaire de botanique. Par ailleurs, le plus ancien jardin botanique de Prague a été fondé par un pharmacien florentin au 14ème siècle et se trouvait à l’actuel bureau de poste principal rue Jindřišská. Détails qui peuvent avoir leur importance : entrée payante juste pour la visite des serres et toilettes disponibles moyennant 10 Kc (ou il y a peut-être une chance que, comme ça a été le cas pour moi, la porte des toilettes dame soit retenue ouverte par une pierre ;P). A voir! Pittoresque et paisible...

Quelques fleurs qui, comme toujours, me bouleversent par leur beauté (vous avez vu les pistils violacés de l'inflorescence blanche...

Sur ma lancée verdoyante, je traverse le centre-ville pour rejoindre mon endroit favori : Petřín. M'arrête un moment dans le parc de Kampa, qui est décrit comme une île entre la Vltava et son bras Čertovka. Bon, effectivement sur une carte, avec une loupe, ça se remarque.. J'ai vu ici un parc classique, pelouse et arbres imposants, parfait pour toute activité de détente. Pourtant les guides le vantent comme un des lieux les plus pittoresques de la capitale et elle se classe parmi les plus belles îles urbaines du monde. J'ai dû louper un truc car ils parlent aussi d'un moulin du 15ème siècle... 😉

Soit... Je passe devant la rue la plus étroite de la ville : Vinárna Čertovka. Elle mesure entre 50 et 70 cm de large et il y a un feu de part et d’autre pour gérer la circulation piétonne. Un bouton est à disposition pour activer le feu et ainsi prévenir l’autre côté que l’on passe. Un restaurant (du nom de Čertovka) se trouve au bout.

Au pied de la colline de Petřín, je décide d'aller plus sur le côté gauche cette fois-ci.

Je découvre ainsi les jardins de Kinský (Zahrada Kinských), dans le quartier de Smíchov. Telle la colline Vítkov, cette zone passa de forêt à vignoble au Moyen-Age. Elle appartenait à la chartreuse, monastère le plus ancien de Bohême. C’est à Rodolphe Kinský que l’on doit ces 22 ha de pure verdure au style anglais. Une fois les ravages de la guerre de Trente Ans passés, il commença l’aménagement de cette colline début des années 1800. Par ailleurs, sans l’achat des jardins par la ville de Prague (1901), ils auraient bien failli finir en parcelles à bâtir. Ouverts au public 7 ans plus tard, ils sont séparés de Petřín par le Mur de la Faim. Charles IV avait ordonné la construction de ce mur d’un peu plus d’un km pour donner du travail aux citoyens pauvres (et affamés) de Prague. Une autre raison, plus probable, de cette édification serait qu’il souhaitait fortifier Malá Strana. Le pavillon d’été Kinsky est dorénavant le Musée National ethnographique.

Avec cette chaleur, un peu challenging la montée! Mais, tout effort étant récompensé d'une manière ou d'une autre, j'ai le Bonheur de plonger mes pieds dans un bassin au pied d'une cascade :D!! Le temps s'arrête...je suis au paradis... ^_^

Quelle charmante église en bois au détour du chemin ! C’est l’église St Michel. Construite en Ukraine dans la seconde partie du 16ème siècle, elle a voyagé jusqu’à Prague en 1929 à l'occasion du 10ème anniversaire de l'intégration de la Ruthénie des Carpathes (région historique de la frontière entre l'Europe centrale et de l'est) au territoire tchécoslovaque.

En montant toujours, je grimpe ces escaliers jalonnés de splendides sauges nemorosa (il y en avait même qui poussait spontanément dans certains vergers de Petřín!) ....en trempant mes pieds dans les petites cascades, histoire de prolonger le rafraîchissement =)

Je flâne à travers les chemins sur la colline, m'imprégnant de l'atmosphère du lieu (j'ignorais si ça allait être mes derniers moments ici...) et découvre le jardin caché de Květnice (jardin des fleurs)... si mignon, si romantique ^_^! Créé à la suite de la roseraie au bastion N°4, des milliers de plantes pérennes et de bulbes s'y côtoient harmonieusement. Un véritable petit paradis pour les yeux!

Jardin des fleurs, pour l'unique plaisir des yeux 

Mon parcours se termine à la roseraie (Růžový sad)... Peut-on rêver mieux 😉? Sur un ancien terrain militaire de 5,6 ha reconvertit dans les années 1932-34 : des roses, en veux-tu en voilà <3! La douce lumière de fin d'après-midi confère au lieu une ambiance enchanteresse...

Et en redescendant, quelques prises de vue de la ville...

Avant de repartir vers la campagne et pour vraiment terminer en beauté cette journée bien remplie, rien de tel......qu'une bonne glace ! Concombre-mijito et banane-cacahuète, absolument délicieuse ;P Le nom du glacier : Angelato, rue Ujezd n°24, Praha 1

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Publié le 14 juillet 2019

Ca y est le moment de la libération est arrivé! Un coup de balais et serpillière dans la roulotte, je défais mon lit et...découvre ce coeur (sans trucage c'est promis)...signe du destin 😉 ? Quoi qu'il en soit, je suis heureuse de m'envoler vers d'autres horizons! Adieu à la famille (en fait juste Dan, qui est au téléphone...et Karolina, occupée avec des visiteurs...) et, le coeur léger, je fonce vers mon carosse!

Sauf que, pas de chance, il me passe sous le nez... 😦 Alors là c'est l'effondrement...je décide de retourner à la ferme pour tenter qu'ils me déposent à la ville (Vlašim), qui est à 10 km. De nouveau, je les loupe de peu... Arfff qu'est-ce que je dois comprendre de tout ça?

Dépitée, je me mets toutefois en route, je vais louper la correspondance que je devais prendre mais il n'est pas question que je reste un seul jour de plus ici. Je marche et tente le stop. Peu de voitures et ils roulent comme des fous, hum, les conditions pourraient être meilleures...

Soudain, je décide de changer totalement mon état d'esprit (négatif -> positif) et décide de m'ouvrir à la Vie, aux opportunités qu'elle va sans doute mettre sur mon chemin et.... quelques minutes plus tard, je suis en voiture avec un jeune allant justement à Vlašim! Merci, Merci!

Prochain bus à 17h28. Arrivée à Prague vers 19h, je prends le métro jusqu'à l'arrêt Budějovická dans le quartier de Braník (Prague 4), assez populaire mais je me rends dans la partie un peu plus résidentielle. A la station, parmi d'autres magasins : cette herboristerie "caverne d'Alibaba" et ce romantique fleuriste =)

Alors là, c'est chaque cm2 qui est rentabilisé !!  Ce genre de pyramide m'épatera toujours 😉

Je fais un crochet par un supermarché (dans le centre commercial DBK où il y a un chouette magasin bio et un magasin de cosmétiques et produits ménagers éco). Ne sachant plus comment se dit "eau plate", je demande à une dame de l'eau "normale" et, après avoir scruté les étiquettes, elle me certifie : "choisis les bouchons verts". J'ai appris une fois de plus que le mot "normal" est propre à chacun : ici, ils boivent de l'eau légèrement pétillante (similaire à la Marie-Henriette chez nous)! Comme je m'en doutais, il faut choisir les bouchons bleus. Soit... 😉

Guillerette, je marche vers mon nouveau logis =) J'avais en effet demandé à Dan si son papa serait d'accord de m'ouvrir sa 2ème maison pour être en paix quelques jours. Rencontre le papa de Dan, qui est vraiment cool =) !

J'établis mon campement, ô joie, ô bonheur pour ces quelques jours j'ai la paix et un toit ^_^ !!

Le lendemain 4h50 cocorico! Sauf qu'il n'y a pas de coq en fait mais juste un merveilleux soleil -> tente la technique du T-shirt sur les yeux, hé, ça marche 😉!

Joyeusement, je me rends au marché à la Tylovo náměstí. Assez petit, ça me donne surtout l'occasion de voir une autre facette du quartier de Nové Město.

Architecture harmonieuse et discrètement colorée, style Renaissance si je ne m'abuse? 

Hop! Je saute dans un tram, direction : Holešovice (Prague 7). Niché dans un virage serré de la Vltava, ce quartier est peu attrayant, de prime abord, vu son caractère austère lié à son passé d’ancien centre industriel et commercial. Cependant, les bâtiments ont été en grande partie rénovés et servent à l’heure actuelle d’appartements, bureaux et autres studios pour jeunes artistes, designers, etc... De nombreux centres culturels, restaurants et clubs (électro et techno) branchés ont également ouvert ici. La Vltava était un important moyen de transport fluvial, le port Holešovice (le seul de la capitale) en est une preuve. Quartier toujours en mouvement (particulièrement du côté est de la station de métro Vltavská), j’ai pu visiter quelques lieux intéressants.

Mais d'abord, en chemin, des étrangetés attirent mon regard...

C'est le Cross club (club électro, centre culturel, café, resto) rue Plynární, 23. Quel impressionnant travail d'orfèvre à grande ...

Je m'arrête au centre d'art contemporain DOX rue Poupětova, 1. Ancienne usine transformée en centre multi-culturel, il y a un espace d'expo de 3000 m2, un café, un espace proposant des objets design et de très beaux livres d'art. Son nom est dérivé du grec doxa qui signifie (entre autres) une façon de percevoir les choses, une opinion, une conviction. Un de ses buts est de développer notre esprit critique par rapport aux problèmes sociétales de notre époque à travers l'art sous toutes ses formes. Grâce au fait qu'il soit indépendant et basé sur une coopération internationale, ce centre tient une place importante dans le domaine culturel. Je fais une visite des lieux en freestyle surtout pour voir cette étonnante salle de conférence (appelée Gulliver):

La salle de conférence et le café (dont la terrasse donne sur Gulliver)
Petits mots sympathiques qui jalonnent la visite 😉
Les créateurs ont dû bien s'amuser! 

Je passe ensuite à plus terre-à-terre : le Pražská tržnice autrement dit, le marché de Prague. Détail qui peut se révéler vital : il y a des toilettes gratuites (le papier est à prendre à l'entrée!).

La photo avec l'écriteau "Original" , non ce ne sont pas des asperges mais des flûtes creuses qu'ils fourrent d'une pâte sucrée (c...

Cet énorme complexe, devenu un site classé, était en fait d'anciens abattoirs (1895-1983). A part les halles, il y a des magasins (de ce que j'ai vu, un supermarché Penny et un grand magasin d'électro style MediaMarkt) et ce marché extérieur permanent tenu par des Vietnamiens.

Proche de là (Tusarova 31), il y a aussi Vnitroblock qui (je pense car finalement je n'y suis pas allée), vaut le détour. Ancien entrepôt industriel, ce lieu est à la fois centre culturel, galerie pour jeunes designers, café, studio de dance, concept stores et propose différents ateliers créatifs.

J'arrive à la station de métro Vltavská qui, selon le guide, est un arrêt requis pour tout amoureux de street art. Mmmmh alors let's see ! Des street artists de renommée internationale tels que MODE 2 sont passés ici et en 2015, la délégation berlinoise DIAMONDS Crew a intentionnellement décoré les murs d'affreux graffitis en réaction à la vague "commercialisante" qui gagne aussi les arts de rue. J'y étais déjà passée une fois, voyant là une station crade et laissée à l'abandon. Je tente donc cette fois de la voir d'un autre oeil. Etant en constante recherche pour ce qui est harmonieux, coloré, travaillé avec soin et finesse, je constate comme la DIAMONDS Crew a réussi son coup!

Je rejoins ensuite la place Strossmayerovo avec sa dominante église néo-gothique St Anthony de Padua (datant du début du 20ème siècle).

A nouveau en manque de verdure, je me dirige vers le parc de Letná (Letenské sady), cette fois, un petit guide en main =) Le chemin le plus rapide pour y accéder part du pont Cechův, mais je vous avertis ça grimpe !

Situé sur la plaine de Letná, ce pont de verdure relie Holešovice à Hradčany (quartier du château). D'une surface de 25 ha, il est le 2ème plus grand parc de la ville. Pelouses bien soignées, bosquets de part et d'autre, parties boisées, terrain de tennis sur un côté, plaine de jeux, grand beergarden...on le parcourt au choix : en marchant, en courant, en pédalant ou... =) ? Il est également jalonné de quelques monuments ainsi que 2 musées : le Musée National de l'Agriculture et le Musée National Technique. Proche de ce dernier se trouve le plus ancien manège d’Europe (fin du 19ème siècle), équipé de 4 petites voitures et 21 chevaux recouverts par de la véritable peau de cheval ! Actuellement en rénovation.

En outre, la plaine était souvent le terrain de jeux des militaires et...qu'y avait-il à l'époque sur les versants du parc ? ben oui, des vignobles! 😉

Chaque année, le festival Letní Letná, parmi tant d'autres événements culturels, présente des spectacles de cirque contemporain, théâtre, musique et art visuel, une version tchèque de notre festival de Chasse-Pierre ?

Je commence par voir le pavillon Expo 58. Présenté par la Tchécoslovaquie lors l'exposition internationale de Bruxelles de 1958, il fut pour l'époque une prouesse architecturale et remporta dès lors le premier prix. Transporté à Prague, le restaurant qui s'y trouvait fut installé sur les fondations d'un vieux pressoir du 17ème siècle. En fonction jusqu'en 1992, il est dorénavant occupé par une agence publicitaire privée.

Vue du pavillon sur la colline Vitkov. On devine la massive statue équestre du leader des troupes hussites.

Je flâne et arrive au fameux beergarden avec vue panoramique (je vous laisse imaginer... =)).

Aperçu du parc 

Le premier funiculaire de la ville fût mis en service pour l’anniversaire de l’Exposition universelle (1891, en même temps que celui de Petřín en fait) et arrivait à destination de l’actuel restaurant Letenský zámeček (le petit château de Letná), au même niveau que le beergarden. On poursuivait alors son chemin grâce à la Voie électrique de Křižík, la première voie de tramway électrique de Prague, qui menait jusqu’à la réserve royale Stromovka.

J’arrive ensuite au métronome, érigé là où trônait une massive statue de Staline entre 1955 et 1962. Le piédestal fut libéré en 1991 et comblé par cette gigantesque structure de près de 25 m de haut et pesant 7 tonnes acheminée… par hélicoptère ! Surnommée la « Machine à voyager dans le temps », elle est le symbole du temps qui passe, inexorablement et constitue un rappel des temps révolus. Amené provisoirement à l’occasion de l’Exposition universelle de Prague, il est finalement resté en place. Et pour les fans de skateboard…le rendez-vous est ici !

Désolée mais j'ai oublié de prendre une photo..

En chemin...

Sur la 2ème photo, sur la droite, c'est la colline de Petrin 

J'aperçois à travers la végétation le Pavillon Hanavský, initialement construit pour représenter les aciéries de Komárov à l’exposition du Jubilé de 1891. Il fut offert à la ville par le prince Hanavský (d’où son nom), propriétaire de ces usines sidérurgiques. Il fut le premier édifice de Prague à avoir une charpente en fonte (y en a-t-il seulement d'autre?).

Devenu un restaurant, il offre d'autres vues sur Prague :

Analysant un plan du coin sur un panneau, une mamie m'aborde en me demandant si j'ai besoin d'aide (j'avais sûrement mon air perdu habituel 😉). Elle est Américaine mais son fils a déménagé ici et l'a invitée à le rejoindre. On discute un moment du coup, elle est super chouette. Ha ha sa réaction quand je lui ai fait part de mon nouveau chemin de vie. On aurait cru qu'elle avait gagné à la Lotterie 😉 <3

Je rejoins le quartier de Hradčany (dont le château occupe une large partie) par un pont pour piétons qui mène aux jardins Chotek (Chotkovy sady) dans lesquels je m'étais posée au tout début de mon voyage, très joli avec belles vues également sur la ville. Sur les versants, il y a moyen de se trouver un petit coin tranquille, entouré de buissons. Fondé en 1832, il fut le premier parc public de Prague. Au 14-15ème siècle, il était couvert de vignobles (en fait Prague à l'origine en était réellement couverte !). Des compétitions équestres et autres tournois de chevaliers se tenaient ici. Son nom vient de son fondateur : le comte Karel Chotek. De là, on peut voir le château que cette fois je me décide à aller voir. Je sors pour entrer dans le parc d'à côté (Královská zahrada), délimité par le belvédère de la reine Anne. Portiques, contrôle sécurité...attention on entre dans le domaine du président!

 Le château de Prague (Pražský hrad) et le belvédère de la reine Anne (Letohrádek královny Anny) aussi appelé pavillon d'été

Ce sont également les jardins royaux du château de Prague. Le belvédère a été construit à la moitié du 16ème siècle pour la femme de l'empereur Ferdinand Ier. Pas de chance, elle meurt avant la fin des travaux et quelques jours après la naissance de son...15ème enfant...!! Considéré comme un des édifices de style Renaissance italienne les plus purs en dehors de l'Italie, il accueille à l'heure actuelle des expo d'art.

Puis j'arrive dans la zone où se trouve le Château, symbole du développement millénaire de l'Etat tchèque. C'est en réalité tout un complexe formé de palaces, bureaux, église, fortifications et jardins, atteignant une surface de 45 ha. Le château lui-même serait le plus grand du monde, avec une surface de près de 70 000 m2. Fondé dans les années 880, il était initialement le siège des princes et rois de Bohême (dynastie des Prémyslides). Depuis la mise en place de la république en 1918, il est occupé par la présidence. Comme le centre historique, il est inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO (depuis 1962). Le "champignon" vert d'eau qui dépasse est la cathédrale Saint Guy, construite sous l'ordre de Charles IV pour l'archevêché au 14ème siècle. C'est le bâtiment gothique le plus important de la ville, il renferme de précieux trésors...

De la place, en descendant un peu, une belle vue sur Malá Strana s'offre à nous. J'aperçois direct la pancarte du resto vegan, trop mignonne cette petite terrasse coincée parmi les toits 😉

Un peu plus loin, on peut voir le palais Schwarzenberg, un des plus beaux palaces de style Renaissance de la capitale.

Changement d'ambiance ensuite : passant d'une architecture reflétant des années de travail consciencieux pour être à la hauteur des personnes qui occupèrent ces imposants édifices, la ruelle du Nouveau Monde (Nový Svět) me transporte, de fait, dans un autre monde, fait de tranquillité et d'un soupçon de magie, de féerie avec les murs de ses habitations un rien penché, les maisons portant des noms d'éléments naturels,... Y habitaient autrefois les domestiques et ouvriers du Château.

Remonte une rue tout aussi sympathique et arrive à l'église Notre-Dame de Lorette. Toute jolie!

Célèbre pour son carillon dont les 27 cloches rythment les heures de la journée (de 9 à 16h) par un hymne à la Vierge Marie, elle fait partie du sanctuaire de Lorette, important site de pélerinage marial qui comprend l'église de la Nativité, une réplique de la Santa Casa (Sainte Maison), un cloître et ses chapelles ainsi qu'un trésor (une rare collection d'objets liturgiques datant du 16 au 18ème siècles). La Santa Casa est la copie de la maison originale de la Vierge Marie située à Loreto (Lorette) en Italie (ce sanctuaire italien est copié un peu partout dans le monde).

Bon à savoir : son carillon est relié à un clavier sur lequel un musicien peut jouer et chaque dimanche, à 15h30, des petits concerts sont organisés.

Je fais un break dans un carré d'herbe car j'en ai plein les pieds à force de parcourir de long en large les rues pavées. Ouf, quel plaisir!

Saute dans plusieurs trams pour rejoindre mes pénates, j'assiste à mon premier bouchon de tram 😉Dans un dernier effort, je cherche le café Kavárna Čekárna rue Vratislavova, 30/8 pour me connecter. Ambiance super sympa, "comme à la maison", cool, juste la musique me tape un peu sur le système (peut-être dû à l'heure et mon état de fatigue). Dans le noir, je devine une jolie cour arborée. Vers 22h30, je leur demande quand elles ferment et une me répond : 22h. Oups... comme j'ai dit, elles sont cools 😉

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Publié le 14 juillet 2019

Parce que vous savez comme ça me tient à coeur...

Verre...papier...plastique...le tri, c'est parti !! 😉

De part et d'autre, la ville est parsemée de conteneurs, principalement des gros comme sur la 1ère photo. Les gens doivent donc aller porter eux-mêmes leurs déchets. Ici pas de collecte au porte à porte! Je constate déjà une faille au système : étonnamment, aucun n'est dédié au métal ni aux matières organiques. De plus, bien que j'ai profondément envie de croire que les Pragois soient des citadins consciencieux et responsables, j'aimerais voir l'intérieur de ces conteneurs (en fait j'aurais pu simplement en soulever un mais l'idée ne m'est pas venue sur le moment). Ils doivent révéler bien des surprises... Par contre ici, impossible de coller une main rouge pour blâmer le fautif (ou le distrait). La gestion de ces conteneurs me questionne vraiment... Quel est leur secret pour gérer la quantité journalière de déchets produits par 1,3 millions d'habitants?

3ème photo, il faut les deviner dans le coin à droite 

Et ce système ne se limite pas à Prague, toutes les villes possèdent leur série de conteneurs. Lorsque j'étais dans le coin de Třeboň, au bord d'un chemin forestier asphalté au milieu de la forêt, il y en avait aussi! Je compris 5 min plus tard qu'ils étaient là pour les personnes habitant (temporairement ou non) la série de cottages autour du lac.

Ici à Vlašim :

A propos d'habitants, d'habitations... Une autre spécificité (que j'ai uniquement vue à Prague mais c'est bien possible que d'autres villes appliquent ce système) : le n° des maisons. Chacune, sans exception, en porte 2. Ce qui peut être quelque peu déstabilisant quand on en ignore la signification, croyez-moi 😉Alors...le bleu c'est le n° réel de la maison, c'est-à-dire sa position dans la rue (cette couleur suit la même logique que chez nous) alors que le rouge est un n° cadastral, qui indique quand la maison a été construite par rapport aux autres.

A gauche : maison n°1 dans cette rue à Branik et la 1239ème à avoir été construite. Droite : chez  Petr.

Et à propos d'habitations... voici un échantillon de fenêtres photographiées à droite à gauche... Quelle joie ça doit être de les nettoyer avec tout ça au milieu, les gens ont de la patience c'est sûr 😉

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Publié le 18 juillet 2019

Drop chez le fleuriste afin de dénicher une jolie plante pour remercier Milan. J'ai remarqué que le toit de son garage était recouvert de plantes grasses donc je jette mon dévolu sur une à large feuille qui fleurit en faisant des hampes florales et passe l'hiver dehors. Pour l'emballage cadeau, quelle aventure pour faire comprendre à la dame! Ce sera finalement grâce à une cliente et surtout à un monsieur (qui travaillait aussi là je pense) qu'on y arrivera! C'est d'ailleurs lui-même qui le fera. J'en conclu qu'offrir des plantes n'est pas vraiment dans la culture des Tchèques, d'autant plus que le simple emballage qu'il m'a fait est payant.

Je sonne chez Milan, bel échange d'aurevoir, sa femme sera contente il me dit =)

Ensuite direction la gare centrale (Hlavní Nádraží ou en abrégé Praha hl.n.). Elle est très grande, il y a plein de magasins, je me sens perdue.. Heureusement quelqu'un joue du piano, une jolie mélodie parmi tout ce va-et-vient déstabilisant et stressant calme mon esprit. Au guichet, la dame parle anglais et a l'air contente de tout bien m'indiquer =)

12h03 départ pour Kolín. Les compartiments sont remplis alors je m'installe sur les petits sièges dans le couloir. Trajet de 50 min (62 km), je vois mes premiers champs de pavot 😉 (il y a des graines dans toutes leurs viennoiseries traditionnelles et jusqu'alors je me demandais s'ils avaient des lieux de production secrets..)

Je prends un bus dont le chauffeur, tout enthousiaste, se met à me converser en tchèque une fois arrivée à l'arrêt demandé... Je me sens un peu gênée par rapport aux autres passagers, d'autant plus que je ne comprends pas un seul mot! La rue est belle, bordée de cerisiers plein de fruits et de rosiers en fleurs...

Pour trouver la maison (j'ai miraculeusement trouvé un toit via Couchsurfing), je m'amuse 😉 Je vais d'abord dans le sens opposé comme d'hab' puis, regardant les n° des maisons, j'essaye de trouver une quelconque logique à leur ordre s'il y en a un... Personne dans les parages... Il faut dire qu'il fait une chaleur tropicale, l'humidité en moins... Je décide donc de poser mes affaires au coin de la rue et d'aller prospecter cette fois plus légère. J'entends le bruit d'une tondeuse, les fous existent partout et c'est merveilleux! 😉 Le monsieur m'indique la direction après moult essais de prononciation pour me faire comprendre. Je réembarque mes affaires et vais dans la rue, à nouveau je ne comprends rien à l'ordre des n°... Je trouve heureusement une autre personne égarée dans son jardin qui me dit que c'est la maison voisine, une chance 😀!

Arrivée à bon port, le frère d'Alzbeta m'accueille brièvement et me passe son papa au téléphone qui me propose de rester cool chez eux cet après-midi et aller visiter Kutná Hora demain matin (environ 12 km de Kolín). Excellente idée, je suis KO et vu la chaleur... Je vais m'installer dans le jardin et me laisse emporter par le sommeil...

Quand j'ouvre à nouveau un oeil, toute la famille est là =) (il y a 6 enfants !) Alzbeta me montre brièvement où je vais dormir puis disparait. La maman, super sympa (elle me fait penser à Vandana Shiva 😉), me demande si j'ai des vêtements à laver comme elle lance une machine. Elle est aussi chaleureuse qu'une mama africaine, je me sens tout de suite bien ^_^ On prépare le dîner ensemble et on mange tous ensemble, ça fait plaisir de faire partie d'une grande attablée depuis le temps!

Ils ont un aspirateur centralisé! J'adore le concept : une "prise" dans laquelle on fixe la longue trompe de l'engin, présente à chaque étage. L'ancien conduit de la cheminée a été reconverti et dorénavant on balance joyeusement ses vêtements sales dedans et ils atterrissent tout en bas, presque direct dans la machine à laver! C'est sûr qu'avec une telle marmaille, il y avait intérêt à penser pratique. Autre originalité : un toboggan relie la porte de la cuisine surélevée au jardin 😉

Le lendemain, départ avec la maman à 6h15 pour prendre le bus. Elle enseigne géo et bio ainsi que le russe car l'école manque de prof. Elle me raconte qu'ils se sont toujours déplacés en transport public! Elle trouve ça beaucoup plus pratique qu'avoir une voiture (ils en ont eu une pendant un petit moment et ça a été la libération une fois qu'ils s'en sont séparés! J'adore <3 😉)

A la gare, je prends le train pour Kutná Hora sedlec où je change pour rejoindre Kutná Hora město. Arrivée à 7h15, l'atmosphère est juste parfaite pour quelqu'un qui a toujours la tête dans l'oreiller : quasi pas un chat dans les rues, douce température, brise rafraîchissante... Je flâne avec plaisir dans les rues.

Grâce à ses sols veinés d'argent, Kutná Hora ("hora" signifie "montagne") accueillit dès le fin du 13ème siècle une première communauté de mineurs. En 1300, le roi Venceslas II mis au point un code de bonne exploitation des mines et une réforme du monnayage. Il fit venir des experts financiers florentins afin de contribuer à l'organisation et l'application de cette réforme. L'actuelle Cour Italienne (nommée ainsi en leur mémoire) était à la fois le siège des rois tchèques et l'Hôtel de la monnaie où l'on a donc produit les premiers groschen (= denier épais) de Prague, devise de l'Europe centrale à cette époque. A propos, elle est de nos jours un lieu d'exposition de pièces de monnaie. Jusqu'au début du 18ème, cette cité minière était à la fois un lieu d'extraction de l'argent et un lieu de production de pièces de monnaie. Considérée comme le trésor du pays, elle en arriva même, en ces temps passés, à concurrencer Prague dont elle permit la construction du Château. Par la suite, la fermeture de la mine principale en 1543 annonça l'inévitable épuisement du minerai. Avec son patrimoine chargé d'histoire, Kutná Hora rejoint naturellement la liste des sites protégés par l'UNESCO, en 1995.

Passant par une réplique du pont Charles, je me dirige vers la cathédrale Sainte Barbara (une des principales attractions touristiques de la ville). Afin d'être à la hauteur de la richesse et du prestige de la ville, il aura fallu près de 500 ans pour en terminer la construction (1388-1905)!

La cathédrale est l'édifice avec le toit en 3 pics sur la gauche. Le long bâtiment blanc est le collège des Jésuites devenu une ga...

Par ailleurs, Kutná Hora est liée à une tradition vinicole et depuis 2009, les vins locaux sont certifiées bio. Des vignes sont présentes en contre-bas de la réplique du pont Charles.

Vues de la cathédrale :

9h15, rendez-vous sur la place principale avec Anastazie (la soeur d'Alzbeta) et son amie Aneta. On part à la découverte du fameux ossuaire de Sedlec à environ 2 km du centre-ville. On y va à pied, elles galopent !

Remontons un peu dans les couloirs du temps, pendant lesquels fût fondé en 1142, à Sedlec, le plus ancien des monastères cisterciens de Bohème... Selon la légende, au 13ème siècle, un abbé envoyé à Jérusalem en ramena une poignée de terre et la dispersa dans le cimetière jouxtant l'église. La terre acquis de cette manière un caractère sacré et devint le sol sacré le plus ancien d'Europe centrale. Par la même occasion, elle acquis la réputation d'apporter le salut éternel. Ceci a donc créé un engouement général parmi la population pour se faire enterrer ici. Après les périodes de la peste et de la guerre des hussites, le cimetière atteignit une surface de 3,5 ha (ça faisait quelques 30 000 corps à enterrer à cause de la peste). Ensuite, le cimetière fut rétréci et les ossements d'abord entassés près de l'église, ont été transférés dans la chapelle souterraine (du nom de chapelle de Tous-les-Saints). En 1511, un moine à moitié aveugle rassembla ces os en 6 pyramides.

L’église, édifice gothique du 14ème siècle, se compose de 2 chapelles construites l’une au-dessus de l’autre (rien que ça c'est déjà original). Suite à un incendie provoqué par les hussites (1421), l'église et le couvent tout entier ont été finalement restaurés au début du 18ème siècle. L'architecte Jan Blažej Santini Aichel eut alors l'idée pour le moins étrange de disposer esthétiquement les squelettes disloqués des quelques 40 000 personnes entassés dans la chapelle souterraine.

(L'entrée coûte 90 Kc )


Le monastère fût ensuite racheté par la famille Schwarzenberg, qui donna pour mission au sculpteur sur bois František Rint, en 1870, d'entreprendre un important travail de restauration de l'ossuaire. Il défit l'organisation initiale pour désinfecter et blanchir au chlorure de chaux tous les os, afin d'ensuite minutieusement et artistiquement les réassembler pour former la disposition que l'on peut admirer aujourd'hui. Par ailleurs, il n'a gardé que 4 des pyramides d'origine et il a créé ce blason en l'honneur de cette famille ayant financé ses travaux.

"Memento mori"... "Souviens-toi de la mort"...

---> message adressé à toute personne qui ose visiter ce lieu, avec en sous-entendu le fait que nous sommes tous sur le même pied d'égalité face à la mort. Alors, pourquoi ne pas envisager de faire notre possible pour vivre dans la paix et la bonne humeur ?

Ce lieu me laisse à la fois impressionnée par ce travail artistique consciencieux et atypique (quelle idée tout de même !) et interdite par le fait d'être entourée d'ossements humains (qu'avaient ressenti ces 2 hommes en "jouant" avec ces os? leur but profond m'échappe aussi...) ...

Je laisse mes réflexions en suspens car la vie continue ici-bas et il est temps d'aller à la gare !

Anastazie réserve mon billet de train sur son Smartphone en m'inscrivant la référence du code QR sur un papier, que je devrais montrer au contrôleur. On se salue, je rejoins son papa qui m'apporte mon sac et mes vêtements secs (il en prend à eux et en laisse à moi... 😉).

Hop! Je saute dans le train et, une fois installée, lorsque le contrôleur arrive et que je lui tends mon papier avec les références, il me dit que j'ai un ticket pour un express et que je suis dans un régional. Ben mince alors, j'ai pourtant bien checké sur le panneau d'affichage et en plus, j'ai demandé à une personne sur le quai si c'était bien le bon train (pour être bien sûre !). Il ne m'est pas venu à l'esprit de vérifier le n° du train...arfff.... 😉

Le contrôleur me dit que c'est ok et me souhaite un bon voyage, avec un sourire jusqu'aux oreilles, un brin ironique. Ok, j'en comprends vite la raison...le train s'arrête à toutes les gares évidemment!

Je laisse alors aller mes pensées devant le paysage qui défile sous mes yeux...

Arrivée à Choceň plus tard que prévu, je marche dans l'idée de voir les horaires de bus. Karel (l'ange du marché à Prague 😉) m'a invitée à la rencontre de sculpteurs sur bois qu'il organise chez lui. Retrouvaille chaleureuse et hop, en route avec son ami Eric, sculpteur allemand.

Sur place, je rencontre petit à petit tout le groupe (un autre Allemand, un Hollandais (un vrai qui marche avec des sabots!), une Tchèque, un Galois, un Français (du sud)). Je peux sentir la belle énergie qui les lie et je suis heureuse d'être parmi eux pour le week-end ! ^_^