Carnet de voyage

Artifice d'aventures

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Expérimenter l'itinérance...découvrir les beautés de notre précieuse maison...partager la vie d'êtres qui oeuvrent pour un autre monde... Ca y est : ce dont je rêvais devient mon quotidien !
Avril 2019
104 semaines
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Après un départ plutôt chaotique, pensées et affaires éparpillées à tout va, 13h de bus (avec Flixbus, que je recommande comparé à Eurolines) un peu de métro et encore quelques km dans un mini bus, j'arrive dans ma première famille d'accueil! =)

Dans le quartier de Dejvice, maison rustique vieille de 300 ans selon Petr, en pleine nature. Quelle bouffée d'oxygène!

La maison avec double vitrage old style 😉 Vue de la colline, avec Petr, sa fille Zeva et les biquettes

Il est 16h30, l'heure d'un ptit goûter pour certains... Ici c'est autre chose qui m'attend : rencontre avec le troupeau de chèvres et hop! déjà la main à la pâte, c'est parti pour traire l'une d'entre elles. Ouf j'ai gardé la main! Merci Denis pour cet apprentissage =)!

Une partie du troupeau, avec en premier plan, une maman et son petit 

Sur les photos ci-dessous : le terrain avec la colline rocheuse en arrière plan, les 2 chèvres à traire (les autres sont avec leurs petits). Rohatka, la doyenne, avec qui j'établirai un lien au fil des jours et qui me fait penser à la chèvre de monsieur Seguin. Enfin, le ruisseau, entre le terrain et la colline, donnant au lieu un caractère pur, magique, idyllique, ressourçant.


Ensuite, je choisis un endroit pour poser sa tente. C'est sûr ce sera à côté du ruisseau!

Vue sur les framboisiers et le verger, immergée matin et soir dans une symphonie de chants d'oiseaux, ajoutant à cela le ruissellement continu de l'eau...wouah...




Frigo flottant : nouveau concept.

Adapté à son environnement, pratique et plutôt ...original !

Oui, oui c'est bien une multitude de produits frais qui baignent ainsi dans l'eau. Récupération d'invendus, sur ce point, je ne suis pas trop dépaysée 😉




Question boulot, ce sera essentiellement la traite de Rohatka, craquage de noix du jardin, vaisselle et jeux avec Ziva (prononcé "Jiva" car il y a un petit "v" au-dessus du "Z"). Qui l'eut cru...moi, du babysitting ??!! 😉 Cela dit, elle est adorable, débrouillarde et déjà bien indépendante pour ces 2,5 ans (dû à son éducation un peu "à la dure" sûrement). Elle porte bien son nom, qui signifie "profite de la vie", toujours affairée à une quelconque mission! Notre lien sera la balançoire, sur laquelle elle pourrait y rester des heures si je la poussais sans cesse.

M'ayant vue un masque d'argile sur le visage, elle a voulu faire pareil avec.... du dentifrice ! ;D 
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Publié le 15 mai 2019

Partie en exploration (et en égarement car évidemment j'ai suivi mon sens de l'orientation aussi fiable qu'une boussole à laquelle on approche un aimant...) sur le GR, j'ai rencontré par hasard Aneska et Ziva sur le chemin du retour, en route vers cette fête fort populaire. Chouette! Je me joins donc à elles, Ziva fonçant joyeusement sur la route, savourant sa première sortie sur sa draisienne! 😀

Petr nous rejoint en chemin. Ziva, qui, pour rien au monde, ne lâcherait son bolide! 😉

Parenthèse culturelle =) :

Pourquoi cette nuit-là?

A l'époque des Celtes, le 1er mai marquait une rupture dans l'année, passant de l'hiver à l'été. Ils divisaient l'année en deux saisons : au 1er novembre et au 1er mai. Les Celtes occupaient en effet, avant les Slaves, le territoire de la Bohême (appellation qui provient d'ailleurs du nom de la nation celte des Boïens, peuple installé dans la région sans doute dès le Ve siècle ACN). Fête du feu et donc de la lumière, elle marquait le début de la nouvelle saison estivale et donc du retour à la vie, du réveil de la nature. Ils célébraient également la fin de la mort représentée par l'hiver, période de manques et de faim. Les Celtes allumaient donc des feux autour desquels la tribu partageait la nourriture, remerciant leurs dieux avant de danser et de sauter au-dessus du feu. Les flammes étaient censées les protéger des maladies et des mauvais esprits.


Par ailleurs, cette nuit a, depuis longtemps, été considérée comme une nuit magique. Au Moyen-âge, on croyait qu'il existait des jours dans l'année propices aux forces du mal et que les sorcières se réunissaient pour les mettre en application. C'est pourquoi la nuit du 1er mai est appelée la « nuit des sorcières » - « noc čarodějnic », et les gens s'en défendaient de différentes manières, notamment en faisant des feux à des endroits surélevés.

Autre coutume de cette soirée/nuit : La disposition verticale d'un immense tronc d'arbre, d'un mât, (dont la cîme est conservée tel un plumeau) dans le village. Il sert à indiquer que le village a été épuré de tous les mauvais esprits qui peuvent endommager les récoltes ou causer du tort à la vie des habitants. Avec le feu, il s'agit donc d'une autre épuration.

Merci Radio Prague (https://www.radio.cz/fr/rubrique/tcheque/le-bucher-des-sorcieres) 😉

Bien entendu, comme chez nous les grands feux de village, c'est surtout l'occasion de se retrouver pour un moment convivial autour d'une bière et griller des saucisses sur le feu 😉 La tradition du tronc d'arbre veut que les villageois veillent jusqu'au petit matin pour s'assurer qu'aucune personne mal-attentionnée ne vienne l'ébranler. Coutume perpétuée avec joie!

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Publié le 16 mai 2019
Dernier coup d'oeil à ce petit paradis et en route! 

Une chouette première expérience via Workaway donc, tranquille avec horaire de travail super flexible. Heureusement car au début il m'arrivait de faire des siestes de parfois 2h, comme la petite! (transition du régime bio, vegan, vapeur et graines germées vers le régime super cuit et gras un peu laborieuse pour mon transit!)

***Workaway = réseau mondial d'échange chez des particuliers ou associations ; travail (environ 5h par jour) en échange du gîte et du couvert ; tâches fort diverses (maraîchage, soin des animaux, babysitting, enseignement de notre langue maternelle, maintenance dans un B&B,...) ; 36€/an et portes ouvertes sur le monde! Et...même si ce sont des jeunes qui tentent de plus en plus l'expérience, aucune limite d'âge requise, tout le monde s'adapte, l'important c'est que le plaisir soit partagé, préservons toujours notre vitalité intérieure 😉!

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Publié le 20 mai 2019

He bien ce fût toute une expédition! Après bus et métro, je rejoins le lieu où je suis censée prendre le bus. Là je réalise que la dame du guichet info à Prague a oublié de me préciser QUEL bus prendre... et moi, innocente, j'ai supposé qu'il n'y avait que celui-là partant de cette station...

Du coup, j'entre dans le petit bureau info/vente ticket. La dame au guichet parle uniquement tchèque et, tout en cherchant sur son ordi, sourcils froncés, elle dodeline de la tête, en mode "aucun moyen d'y parvenir à partir d'ici" et me renvoie d'où je viens! Heureusement une dame dans la file d'à côté vient à mon secours et joue l'interprète un instant 😉

Ok, j'y suis. Là, en regardant l'horaire je constate qu'il y a seulement 2 bus faisant la liaison dont celui que je prends, il s'en est fallu de peu!

Car confortable et je suis au premier rang, pleine vue sur la route, parfait! Suivant l'itinéraire le trajet peut varier entre 140km (comme ici) à 180km. Le voyage s'annonce bien. Mais mais...l'Univers en a décidé autrement! Après s'être arrêtés car une personne faisait un malaise (donc ambulance etc..), c'est le car lui-même qui déclare forfait! Arffff attente encore, d'un dépannage cette fois. Allons-nous y arriver?? He bien...ça aurait été trop beau, c'est un petit bouchon de rien du tout qui nous attend, oh juste une bonne dizaine de km, rien de bien méchant. Le chauffeur change alors de station de radio pour Musique3 version tchèque histoire de calmer les esprits 😉 Cette fois, c'est sûr, il ne peut plus rien nous arriver de pire, alors ... don't worry, be happy.... Les 2h30 de trajet initiales se transforment donc en une épopée de plusieurs heures!

Une fois enfin arrivés au dépôt, carrément désert, je m'informe auprès du chauffeur des horaires du bus allant me mener (je le souhaite!) au village Hrachoviste. Il demande à un collègue...le suspens est à son comble....... soudain, il revient la mine renfrognée, le dernier bus est passé il y a belle lurette. Sans blague... Je vois alors un mot écrit sur une vitre qui me donne une lueur d'espoir : informaci 😀

Je me rends dans l'habitacle, chauffé, toilette dispo, machine à café bref de quoi survivre quelques jours mais la chose qui m'intéresse est essentiellement le guichet qui est...fermé...bien sûr... REarfffff

Heureusement, une jeune fille attend là. Elle ne sait pas ce qui l'attend... 😉 Je lui fais part de mon plan de faire du stop et donc pour mettre toutes les chances de mon côté (déjà minimes à la base), j'aimerais connaître la direction de ce village. Elle brandit alors fièrement sa technologie, le bien nommé Smartphone vous l'aurez compris, et cherche avec moi. Elle hésite, tente de m'expliquer, hésite encore...bref on n'est pas sorti de l'auberge... C'est alors que le chauffeur de bus réapparaît et, comprenant que je suis en légère difficulté me lance "attends là, je vais voir ce que je peux faire" (il parle anglais). Magnifique, il va me trouver un gentleman farmer pour m'y conduire...He bien OUI !! Il revient avec un collègue (bon, un peu éloigné de mon souhait de départ peut-être un peu trop exagéré et au vu de la situation c'est absolument parfait comme ça!) et hop, en route! Youhou, sauvée ^_^!

Enfin...presque. Après 3 coups de fil à Sylvia (mon hôtesse d'accueil je dirais) on arrive encore à se tromper de ferme, du coup on ameute les chiens et en plus tous les voisins. Hum, bonjour la discrétion... 😉

Hum, particulièrement inspirée ce soir, à vous d'extraire le vrai du faux, si ça vous a fait sourire, c'était mon unique but !! ;D

Sérieusement cette fois 😉 j'arrive donc chez Sylvia, qui m'accueille chaleureusement dans la ferme qu'elle a hérité de son papa. Célibataire pour l'instant, 35 ans et pleine d'entrain, sa mission principale est la rénovation. Elle loue déjà une bonne partie via AirBnB. Surprise : un autre workawayer est là! André, jeune pêcheur hollandais de 29 ans ayant aussi quitté son job pour voyager. Tiens donc ;D!

Le trio de choc  😀

Quelques photos de la ferme, très grande! Ferme typique de Bohème, en carré.

Il y a un verger de pommiers essentiellement, cette grande tente avec possibilité de faire un feu à côté et, c'est universel, un cimetière d'antiquités agricoles 😀

Des fleurs...qui ont envie de rester fleurs! (en effet, les toutes dernières) 

Fameuse réserve de bois aussi, oh juste de quoi tenir une saison hivernale. Et puis qui dit que le changement climatique sera forcément chaleureux?! J'ai pu constaté que la plupart des Tchèques sont déjà prêts pour une éventuelle période de glaciation 😉

Et le fameux "mât" du village, censé le protéger des mauvais esprits. Les lilas, en pleine floraison, sont nombreux dans les parcs et jardins. On m'a raconté qu'à la fin de la guerre, les Tchèques ont accueilli les Américains en leur offrant du lila blanc. Il a donc une symbolique particulière pour la population.

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Publié le 26 mai 2019

Question horaire de travail ça change! Debout à 7h, Sylvie et André prennent leur petit dej pendant que j'émerge doucement... c'est vrai, pourquoi se lever si tôt??

Réveil rafraîchissant à vélo, on va voir ce que nous propose de bon la fermière d'à côté ; du cottage (sous forme de galette, chacun sa manière de faire!) et un fromage frais type sérac. On peut jeter un oeil dans l'étable, il y a du monde! Vaches, cochons, lapins, tous sur un bon lit de paille, ils ont l'air cool 😀

Pour moi, le travail sera principalement du nettoyage...de quoi rivaliser avec Gallo ! Avec mention spéciale en nettoyage de vitre, le papa de Sylvie était très inspiré en concevant toutes ces ouvertures. Aperçu :

Je vous laisse imaginer le boulot..car il y a toujours un espace entre les 2 vitres et puis les ouvertures sont parfois..très originales! Un groupe de collègues vient pour le week-end, tout doit être nickel. Je passe de la peinture à la chaux sur les taches présentes sur les murs, fais les lits (les housses sont toutes avec des boutons à attacher). Elle fera finalement appel à une femme de ménage pour le reste car c'est un peu beaucoup pour moi. Ouf!

La mission polissage de la table et ses 6 chaises sera vite abandonnée car trop laborieuse. J'aurais l'occasion de tester 3 types de ponceuses et de comprendre pourquoi il est tellement plus simple de jeter et racheter du neuf, hélas.

Les 2 derniers jours, nettoyage d'une pièce où les toiles d'araignée sont là depuis la création de la ferme à mon avis...et rafraîchissement des murs avec de la chaux (à prélever dans un bac et à diluer avec de l'eau). Ce que j'aurais préférer faire au final.

Le temps m'a paru un peu long car il faisait froid et humide. Les journées étaient rythmées par le travail qui ne me poussait guère à sauter hors du lit. La cuisine était souvent en chantier, j'étais contente une fois la vaisselle faite! Heureusement, Sylvia était super enthousiaste et particulièrement attentive aux conseils qu'on pouvait lui donner. Si c'était possible elle les mettait directement en action! Curieuse de goûter une autre façon de cuisiner, elle m'a laissé le champ libre pour quelques repas 😉 André, même s'il avait pour mission (et pas des moindre!) de ranger un atelier en champ de bataille entre autres, était d'une bonne compagnie 😀

Pour l'anecdote...lors de mes essais culinaires, je me suis découvert... l'âme d'une serial vegan killer... En voulant préparer des galettes à base de flocons d'avoine, haricots rouges, ortie et origan, je nous ai barbouillé l'estomac, arffffff 😦! On en a sorti cette expression : avoir des grenouilles dans l'estomac et quelle symphonie ! 😉 Le mystère reste entier quant à l'erreur que j'ai commise... Mais on était tous les 3 dans le même état donc la cause était trouvée.

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Publié le 26 mai 2019

De belles forêts de pins pleines de myrtilliers, des lacs de toutes les tailles et formes, des indications fléchées pour les marcheurs et les cyclistes (pistes cyclables sur petites routes la plupart du temps en terrain plat), le top pour se changer les idées! Vive la liberté!

Une surprise : cette jeune plantation de pins schtroumpfs 😉

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Publié le 26 mai 2019

Appelé à retourner en Hollande pour un boulot dès lundi, André propose une sortie en ville. On suit les conseils de la maman de Sylvia et, casquette de touriste vissée sur la tête, on part à la découverte de la ville de Prachatice. Petite bourgade à 75km de la ferme (1h environ en voiture), il y fait très calme, un peu comme dans les villes du pourtour méditerranéen pendant le temps de midi en plein été sauf que là, ce n'est ni le temps de midi ni l'été... 😉 Au détour d'une rue, que vois-je..? Mais oui, c'est bien un magasin... BIO 😉!!

On fait le tour tranquille, se pose à une terrasse sur la place pour déjeuner, joli! Les serveurs sont assez austères mais attentifs. Ma demande de salade sans la sauce (car à l'ail..) est miraculeusement exaucée (vu la tête du serveur, j'ai été agréablement surprise!). Par leurs coups d'oeil réguliers aux tables rien ne leur échappe : sitôt une assiette vide qu'elle est déjà débarrassée!

La place, avec ces beaux bâtiments et son mât triomphant au milieu, André et son entrée (déjà fameuse!) et...oui la Chine est partout, même ici sous ces arcades minutieusement peintes...

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Publié le 26 mai 2019

Sur notre lancée, après un court ressourcement au lac d'Olsina et un arrêt près d'une ancienne église vue en chemin (quel avantage tout de même la voiture! en plus d'avoir un super conducteur.. 😉), nous voilà arpentant cette autre ville, nettement plus touristique! C'est déjà l'invasion asiatique 😉

Par ailleurs, cette ville médiévale est bien plus pittoresque avec ses jolies ruelles, son architecture soigneusement travaillée et son cours d'eau, la Vltava. Cette rivière était une importante voie de communication, autrefois, en Bohême. Le centre est classé au patrimoine mondial par l'Unesco depuis 1992.

Soit dit en passant, le 1er janvier de l'année suivante marque l'indépendance de la République Tchèque tandis que son entrée dans l'Union européenne date du 1er mai 2004.

On prend la pose devant le pont multi-étages du château (Hrad en tchèque), en image sur la 2ème photo 😀 Le temps file donc c'est plus un survol que de la pure flânerie à travers les ruelles au final... Un peu dommage mais mon bus n'attendra pas! 16h45 nos chemins se séparent, je file avec mon chargement... 17h15, me voilà installée, cool, un film d'animation pour distraction 😉

A cette période de l'année, la Tchéquie est toute jaune ! Beaucoup de pissenlits dans les prairies et de nombreux champs de colza. Le gouvernement subventionne cette culture pour la production de biocarburant, en prenant le risque d'épuiser totalement ses sols....

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Publié le 5 juin 2019

Un peu parce que mes demandes sur Couchsurfing sont restées vacantes et aussi parce que je leur avais dit que je reviendrai, me revoilà chez Petr & co.

Enfin, il a fallu que je retrouve le chemin : arrivée à l'arrêt de bus d'Hanspaulka vers 21h, il fait nuit et je ne reconnais rien (j’avais vraiment pris le bus ici auparavant??!), un petit coup de tel à Petr s’impose, à peine ai-je raccroché, je m’avance dans la direction qu’il m’a indiquée mais….c’était quoi déjà le nom de la rue qu’il fallait que je prenne sur la gauche ?? MinCE j’ai déjà oublié !! Heureusement un gentil monsieur sort justement de chez lui, un peu étonné par ma demande (ben oui y a rien pour les touristes de l’autre côté de la colline), il me renseigne ouf, cette fois c’est gagné ! 20min plus tard arrivée à bon port, Petr me salue du sommet de la colline ! Je rentre, porte ouverte, lumière allumée mais…personne… Anezka et Ziva sont aux abonnées absentes. Je décide donc de rejoindre Petr là- haut dans un ultime effort. Content de me revoir, il me présente Lauranne une jeune suissesse, workawayer également, en voyage depuis 2 mois à travers l'Europe avec un Pass Interrail (abonnement de train valable dans la plupart des pays européens sur une période définie). Cool 😀!

Bon, la question est : que font-ils encore là avec les chèvres à cette heure?

J'ai vite ma réponse...affamées elles sont toutes sur le flanc de la colline, bien décidées à y rester! La technique de Petr : isoler les 2 chèvres que l'on tient en "laisse" en les attachant à des arbres plus loin. En effet elles bêlent et le reste du troupeau, soudain, apparaît! Alléluia!! Bien qu'il fasse doux et que cette petite prairie soit bien pittoresque avec l'église éclairée et le ciel étoilé, je laisse Petr et Lauranne à leur causerie. Toute une aventure pour redescendre sans faire un roulé-boulé sur le sentier! Je vais voir ce que je peux trouver à me mettre sous la dent d'encore mangeable, j'opte pour le frigo (le vrai, pas le ruisseau) et puis m'installe dans le grenier où Lauranne a établi ses quartiers.

En parlant de quartier...

Dejvice fait partie du 6ème arrondissement de Prague autrement dit Prague 6, le plus grand de la capitale. Si vous prenez l’avion pour la Tchéquie via le Ruzyně International Airport, c’est ici que vous atterrirez ! Quartier résidentiel luxueux, il accueille une population appartenant à une classe moyenne assez aisée. J’ai pu en effet constater lors de mes égarements à travers les chemins (pourtant balisés…hum !) que le village (situé en descendant le rue où Petr habite) est plutôt chic (villas soigneusement entretenues, grosses voitures, magnifique haras avec caméras à tous les coins, un ambassadeur,…). Soit dit en passant, le premier président tchèque (Václav Havel) a vécu ici lors de ses fonctions. C’est aussi un quartier universitaire (dans le bus, selon les plages horaires, c’est évident !) ; facultés d’ingénierie, de chimie,... Côté tourisme, un spot : l’Hôtel International à l'architecture stalinienne, unique dans le pays (style Réaliste Social Soviétique (moyennement sûre de ma traduction ;) ). Construit du temps du communisme, il avait pour but de servir d’hôtel privé pour les conseillers soviétiques et les officiers militaires de haut grade. Ils se sont vite rendus compte qu’ils n’allaient jamais utiliser un tel espace du coup il est devenu un hôtel de luxe… Ha les hommes et leur folie des grandeurs… ! Petit détail : la tour était couronnée par une étoile à 5 branches rouge en verre (symbole du communisme) et par un mécanisme télescopique, elle pouvait être descendue dans la tour inférieure afin d’être nettoyée discrètement pendant la nuit ! Je n’ai pas vraiment pris le temps d’aller jeter un œil à ce massif building. Si cependant, votre curiosité a été titillée, nous avons un fantastique outil à disposition : Google ! Ou Ecosia bien sûr 😉

Côté nature, la maison de Petr est située dans la vallée de Šárka, au milieu du parc naturel Šárka – Lysolaje, le plus grand parc naturel de Prague, pas étonnant si je me suis perdue 😉). J'étais allée jusqu'au lac de Džbán en suivant plus ou moins le GR.

Sentiers à travers les collines pour arriver au lac (qui est je pense un réservoir d'eau), je grimpe ensuite sur une colline avec un large plateau surplombant la vallée :

Dernière photo : ce fût mon lunch, à vous de deviner de quoi il était composé 😉

Cette 2ème visite chez Petr sera une toute autre expérience et m'apprendra que parfois il vaut mieux se contenter d'une visite (même si dans tous les cas, c'est chaque instant de la vie qu'il faut accueillir avec un regard neuf, parole d'un sage dont le nom m'échappe).

J'ai le plaisir de pouvoir parler français et Lauranne est bien contente aussi😉; question boulot, on traira les chèvres ensemble en se motivant car plus laborieux que lors de ma première venue et en plus, il y en a une particulièrement difficile (une qui a un petit et que Petr veut vendre du coup il aimerait savoir à peu près quelle quantité de lait elle donne...) et question météo, il pleut un jour sur 2... donc tout parait nettement moins chouette. On cuisinera ensemble (je serai son commis), elle ira en mission périmés et on se chargera du tri le lendemain pendant une accalmie, c'est long, il y a tellement de produits et tout est mélangé. On repeindra 2 pièces à la chaux (car ils m'ont demandé ce que j'avais fait les semaines avant..) Lauranne s'en donne à coeur joie pour décaper les parties qui se détachent. On dirait qu'il y a eu un tremblement de terre dans la salle de bain!! Anezka et Ziva sont revenues le dimanche après-midi. Étrangement, Ziva est d'une toute autre humeur, pleurant souvent. Elle a besoin de m'adopter à nouveau et ne me parle plus librement tchèque, comme si elle avait compris que cela était inutile vu que je parle une autre langue. Les jours de beau temps je pars en expédition en ville, tôt le matin et reviens le soir. Je suis heureuse d'être libre et de visiter enfin Prague!

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mai
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Publié le 22 juin 2019

8h30, en route! Je chemine à travers la colline pour rejoindre l'arrêt de bus et aller à la brocante Bleší trhy Praha, ouverte le samedi et dimanche de 6 à 14h. Située U Elektry 7 à Vysočany (Prague 9 donc ça fait une trotte car plus le numéro du quartier augmente, plus il est éloigné du centre), je me laisse porter par le tram... Très populaire, j'ai pu trouver le chemin en me laissant porter par la foule en sortant du tram. Entrée payante (1€ ou 20 Kc), avec barrières et vigiles, c'est tout juste s'il ne faut pas sortir sa carte d'identité! En place sur une énorme aire bétonnée, je suis surprise par sa grandeur (apparemment 50 000m2). Une vue d'ensemble? un clic : http://blesitrhy.cz/?lang=en#iLightbox[abd552b24bdb4fb6297]/2

J'ai pris le temps de la parcourir pour arriver à la conclusion qu'elle ne vaut pas le coup d'y aller. Beaucoup de trucs en tout genre made in China, pneus, électroménagers, nourriture à des prix dérisoires (produits périmés, je m'en rends compte après), vêtements, chaussures, très peu de brocante comme on l'entend chez nous...

Je me laisserai tenter par ces "woopies"... : de la crème, du bon beurre, une généreuse dose de sucre, un soupçon de noisette (ou noix?) dans le fourrage tout de même, bref c'est tout moëlleux tout crémeux mais question saveur, il faut chercher. J'avais osé goûter certaines pâtisseries de la même fabrique (gros industriel distribué dans la plupart des supermarchés) parmi les périmés récupérés chez Petr, toutes du même style, assez écœurantes.

Prochaine étape : se poser dans un écrin de verdure. J'ai sélectionné quelques parcs pour l'aprem, Prague en possède toute une flopée, c'est merveilleux!

Entre 2 connexions de tram, des affiches attirent mon regard et, curieuse, je vais voir ce qu'il s'y passe. A nouveau, c'est une brocante sur un grand espace bétonné désaffecté (arrêt de tram : Nákladové nádraží Žižkov). L'entrée est aussi payante (10 Kc) mais le gars à l'entrée est sympa et me laisse y aller librement. C'est la fin en fait mais comme l'autre rien de bien intéressant ou original parmi tout ce bric à broc (ici pourtant ce sont uniquement des vieux trucs).

Toujours en chemin, après avoir tourniqué un peu, beaucoup 😉 confiante d'être dans la bonne direction, je trouve un cimetière étonnant... le cimetière (hřbitovů en tchèque) d'Olšanské (du nom du village disparu d'Olšany qui lui-même vient de l'aulne (l'arbre) et je m'arrête là 😉). Enfin, leS cimetièreS plutôt car c'est un véritable complexe! Il en comprend 12 : une partie réservée aux Juifs (la plus grande du pays), une aux orthodoxes, une petite pour les musulmans, une aux Russes... Immense (50 ha), c'est le plus grand de la capitale. La végétation luxuriante à tous les étages créé un étrange mélange entre parc et lieu de sépulture. Très agréable d'y flâner donc, jetant un oeil aux dates que l'on peut déchiffrer sur les tombes... Il a été fondé suite à l'épidémie de peste de 1679. Plus tard, il a été agrandi pour accueillir les corps de soldats morts au combat et des personnalités célèbres (artistes, politiciens, acteurs,...). Franz Kafka repose ici par exemple. Petite note sur ce fameux personnage : écrivain praguois, juif et germanophone, il est surtout connu pour ses romans "Le procès" et "Le château"(inachevés) et sa nouvelle "La métamorphose". D'une plume sombre, son style est assez déprimant décrivant des situations de vie cauchemardesques en abordant des thèmes tels que la solitude, l'absurdité de la vie, les peurs,... Ses textes reflètent, entre autres, l'emprise du pouvoir bureaucratique sur l'individu et les relations entre individus perdus dans un monde incompréhensible. Il dira à un ami à lui : « Si le livre que nous lisons ne nous réveille pas d'un coup de poing sur le crâne, à quoi bon le lire ? » Heu...ben oui, la vie est bien trop belle pour se contenter de romans d'amour happy end garantie n'est-ce pas 😉?

Après moult allées et venues pour trouver l'entrée du parc Parukářka (nom de la colline sur laquelle il est situé, en français : Sainte-Croix), je finis par demander à 2 jeunes et...je suis passé devant! Il fallait monter les escaliers où j'ai pris des photos des graphes... un peu isolé donc. L'originalité de ce parc ? Il se trouve au-dessus du plus grand abri anti-atomique de Prague. Construit en 1950, il pouvait héberger, à 20 mètres sous terre, 5 000 personnes. Devenu un musée, il est possible de le visiter, brrrr.... A la surface, les bouches d'aération de ce bunker jalonnent une partie du parc. Lieu sympa, avec une assez jolie vue sur une partie de la ville, des plaines de jeux (dont une avec un giga toboggan et un mur d'escalade), un bar et une aire pour faire des barbecues. Ces 2 derniers éléments étant indispensables pour tout Tchèque qui se respecte 😉


Ensuite direction Riegrovy sady autrement dit le parc Rieger, du nom d'un politicien tchèque. Autrefois formé de vignobles, ce terrain incliné a été transformé en parc à l’anglaise il y a plus de cent ans. Il offre de belles vues de la capitale. S’étendant sur une surface de 11 ha, on peut faire son jogging (en faisant des haltes dans les zones avec installations de fitness) ou simplement se poser sur un bout de prairie isolée. Sa conception a été bien pensée! J'ai adoré m’installer dans une petite partie boisée (photo du milieu), très pittoresque et romantique. En effet, j'étais entourée d'amoureux.

Sur la première photo, au loin à gauche, on devine une colline avec une tour : la tour de Petřín, ma prochaine halte. Rentrée à l’intersection des rues Polská et Budečská , en montant les escaliers, on arrive devant un gros bâtiment qui est en fait un complexe sportif (piscine, terrain d’athlétisme, salle de yoga et arts martiaux,…). Il y a évidemment possibilité de déguster une bière...le cadre sera au choix : historique, dans un belvédère néo-classique ou plus populaire, dans un grand biergarten. Si envie de se mettre quelque chose sous la dent, ils font aussi restaurant.

Pour sortir, j'emprunte un des chemins sinueux asphaltés et tente de rejoindre la station de métro. Je suis bien dans la bonne rue mais... ?? Désespérée, j'aborde 2 dames, on scrute la carte ensemble pour constater que nous sommes hors du périmètre, j'ai marché dans le sens opposé à nouveau! Hop, l'une sort sa tablette (merci ô Sainte Technologie 😉) et on est vite fixée. Ensuite, l'une des 2 me tend une carte de visite avec un site parait-il très intéressant...de ce que je devine des mots inscrits, c'est à propos de la Bible...elles font partie des témoins de Jéhova. Dieu, ô merci de les avoir mises sur mon chemin 😉 !

Métro puis tram, j'arrive au pied de la colline de Petřín (Petřínské sady, nom provenant probablement du latin petrus, roche ; soit dit en passant, beaucoup de pierres furent extraites de cette colline pour la construction des monuments historiques de Prague). Bien qu'un funiculaire soit à disposition pour la gravir, j'opte pour la marche. Excellent choix car je découvre tout le long des vergers de toutes sortes, des recoins enherbés et/ou boisés et la vue sur Prague est superbe. Autrefois couverte de vignobles et terres agricoles, la colline a tout gardé d’un caractère pittoresque campagnard. Vaste mosaïque horticole, on déambule à travers les différents jardins. Je suis passée par le jardin Nebozízek, du nom du vignoble d’origine, lui seul faisant déjà 8 ha. Possibilité de faire un break au restaurant du même nom. Ce jardin fût remodelé en 1891 à l’occasion de l’Exposition du Jubilé. Le funiculaire fût construit à cette même période.

Chemins asphaltés pour la plupart, que d’énergie déployée pour arriver au top ! Là-haut, un plateau de 2,5 ha sur lequel trône la réplique de la tour Eiffel, construite 2 ans après cette dernière à l’occasion de l’Exposition de 1891. Envie d’un coup d’œil panoramique ? C’est par ici ! Haute de 60 m et atteignant une altitude de 320 m au-dessus du niveau de la mer (ce qui est finalement comparable à la tour Eiffel) grâce à la colline, c’est la plus haute tour d’observation de la ville. Il parait que, par temps clair, on peut voir le plus haut sommet des montagnes tchèques. Je n’ai pas osé y grimper vu ma crainte des hauteurs…accompagnée j’aurais peut-être relevé le défi !

A son pied, se trouve le Labyrinthe des miroirs, mis en place également pour l’Exposition du Jubilé et un café. Et dire qu’à un temps révolu, cet endroit était connu pour être un site de pèlerinage…

La tour de Petřín, une vue du château de Prague et un magnifique verger de noyers sur le chemin de la sortie

Toute enchantée par ce parc, je sortirai par le Monastère de Strahov où je croiserai 3 sœurs dont une m’a fait un ravissant sourire, seconde magique <3

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Publié le 23 juin 2019

Levée à nouveau aux aurores, je prends le bus vers 9h pour participer à un tour de la ville proposé par un groupe sur Couchsurfing (via une application sur Smartphone). Arrivée un peu en avance au lieu de rendez-vous, j’attends l’heure dite sans voir se former l’ombre d’un groupe hétéroclite près à arpenter la ville… Après 15min encore d’attente, j’accepte l’idée que j’ai loupé le coche. Déjà à la base, il y avait un léger flou question heure de départ, l’organisateur principal souhaitant la commencer à 10h plutôt qu’à 9 (ce qui m’arrangeait)… Plus tard, j’ai vu qu’il avait envoyé un mail à 4h du mat’ pour dire qu’il serait finalement absent. Bonjour l’organisation… Qu’à cela ne tienne, je vais mettre à bon profit ma belle motivation et mon envie de découvertes !

Je passe par le pont Charles (le fameux !) dont la masse touristique me fait hâter le pas. Il fait la liaison entre Staré Město (la Vieille Ville) et Malá Strana (le Petit Côté) qui forment avec Hradčany (le quartier du Château) et Nové Město (la Nouvelle Ville) le cœur de Prague. La construction du château au 4ème siècle a été la graine qui a fait éclore Prague. Dix siècles plus tard, une ville s’est établie progressivement tout autour de l’enceinte donnant naissance au quartier de Hradčany. Jusqu’en 1800 environ, Prague c’était ça : 4 villes dotées chacune d’une place. Ces villes correspondent aux 4 quartiers cités précédemment et forment l’arrondissement 1 (Prague 1). Ces quartiers étaient à l’origine des villes indépendantes d’où leur spécificité respective. Pour une vision d'ensemble : https://blog.foreigners.cz/wp-content/uploads/2016/09/prague-map-of-districts-520x367.jpg

Le pont Charles et la Vltava (rivière) vus du Mánesův most ("most" signifiant "pont")

Ces 2 quartiers constituent le noyau historique de Prague. Admirablement bien conservés, on y passerait des heures à flâner dans les rues et ruelles observant chaque bâtiment. Au niveau détails architecturales, il y a de quoi en avoir plein les yeux !

Staré Město était une zone marchande animée. Le fourmillement humain actuel est ainsi probablement comparable à celui de l’époque, pour des raisons différentes bien sûr. Ici se trouvent en effet les attractions touristiques les plus populaires.

Sa place, Staroměstské náměstí, est apparemment l’une des plus belles d’Europe. Outre cette compétition du qui aura le plus grand, le plus beau, le plus ci ou le plus ça, c’est vrai qu’elle a du caractère et un fameux potentiel vu tout l’espace à disposition. Il y a donc toujours un artiste pour divertir la foule, ici un asiatique en union avec son cerceau, quelle prouesse dansante! J'ai également rencontré 2 Hollandaises venues jusqu'ici à vélo. Bel échange 😀

Située sur l'hôtel de ville, l’horloge astronomique, quant à elle, est d’une telle originalité qu’elle vaut le coup de se baigner dans la foule. Véritable oeuvre d'art tirée d'un conte de fée, elle indique entre autres : l’heure (plusieurs en réalité), les mois de l'année, le signe du zodiaque et la position des étoiles, de la lune et du soleil. Les mécanismes les plus anciens datent de 1410. A chaque heure, une cloche sonne et 12 apôtres défilent. Quatre personnages sont également présents : un squelette représentant la mort avec un sablier, un Turc représentant la convoitise avec un luth, un avare avec sa bourse pleine et un vaniteux avec son miroir. Un coq doré chante la fin du spectacle. On aurait envie que les heures soient des minutes pour se plonger à nouveau dans cette ambiance extraordinaire! (et que la foule disparaisse..)

Cherchez "l'erreur"... : 😉

En errant dans les rues... 

Pour une halte dans un coin de verdure, direction : Malá Strana, si riche en jardins et parcs. En contre-bas du château (d'où l'origine de son nom probablement), quel plaisir de s’y promener ! Fondé par le même souverain qui a créé le parc Stromovka au 13ème siècle (visite de l'aprem), ce quartier regroupe mainte maisons bourgeoises et palais à l’architecture baroque. Je suis passée devant l’ambassade des USA, fameuse bâtisse ! D’autres ambassades s’y retrouvent ainsi que le parlement et le gouvernement tchèques.

Malostranské náměstí autrement dit la place principale 
Fleuriste...bienvenue au pays des merveilles... 😀

Déjà besoin de fraîcheur, il fait chaud…tient une église, parfait ! C’est l’église Notre Dame de la Victoire, mondialement célèbre pour sa statuette en cire de l’enfant Jésus de Prague qui trône depuis 1628 sur l’autel du côté droit (je le saurai plus tard j’ai donc juste jeté un bref coup d’œil par curiosité…et mon regard n’est pas tombé dessus..). Provenant d’Espagne, c’était un cadeau d’une princesse aux Carmélites. C’est marrant car en y repensant c’est la seule église dans laquelle je suis rentrée, de l’extérieur pourtant elle est d’un style baroque simple, pour une personne hérétique rien de bien attirant donc. J'ai tout de même été époustouflée par le raffinement et le scintillement de ses décorations dorées.

Coup d’œil au Mur de John Lennon (qui, soit dit en passant, n’a jamais mis les pieds ici !). Dans les années 70, ce mur était toujours couvert par de nombreux messages d’amour écrits à la craie lui valant le nom de Mur des Gémissements. C’était aussi un des rares lieux publics où la jeunesse pacifico-anarchiste se rencontrait pour laisser libre cours à son désir de liberté, de justice et d’égalité. Après l’assassinat de John Lennon (1980), il devint un lieu commémoratif symbolique où les gens venaient mettre des fleurs et allumer des bougies. Des graffitis ainsi que son portrait sont peu à peu apparus en sa mémoire. Ce mur appartient de nos jours, aussi étonnant soit-il, aux Chevaliers de Malte. Il fait en effet partie de l’enceinte des jardins maltais.

Je continue ma route vers le parc de Letna où je respire un peu en le parcourant et en contemplant la vue. Bref aperçu, j’y reviendrai plus tard.

Tranquille, ce couple grignote des biscuits Milka en regardant les hommes de la ville travailler ...tranquillement 😉

De là, je cherche l’entrée du parc Stromovka. Je demande mon chemin et marche un peu au hasard dans la direction que l’on me donne. Je tombe sur un magasin bio ! Arrêt indispensable évidemment, trop curieuse de voir de quoi il est constitué. Petit mais assortiment assez varié. Je remarque que la gamme de produits crus (Lifefood en grande partie) est large. De tous les magasins bios visités, ce sera le plus complet. L’adresse ? Countrylife ; Korunovační 310/2 ; 170 00 Praha 7 – Bubeneč. C’est par la rue attenante (Čechova) que je découvrirai ainsi le parc. Aucune indication, j’y vais au hasard.

Stromovka prend une large part du quartier de Bubeneč. Ce dernier, outre le fait qu’il soit ainsi verdoyant, est tranquille et chic, principalement constitué de belles villas et de résidences diplomatiques. Sur une superficie de 95 ha, le parc est de loin le plus grand de Prague. Fondé au 13ème par un souverain tchèque, il était auparavant une réserve de chasse royale. C’est au milieu du 16ème siècle que ce lieu plutôt sauvage connait de réels aménagements. Une chose assez exceptionnelle pour l’époque : un tunnel construit (par l’empereur Rodolphe II d’où son nom : Rudolfova štola) sous Letná permet de remplir la série d’étangs en prélevant l’eau de la Vltava. L’entrée du conduit se situe près du restaurant Šlechtova. Il connut ensuite de rudes périodes. Dans la première moitié du 18ème siècle, il servit à plusieurs reprises de camp militaire et fût presqu’entièrement détruit. Une partie de la noblesse tchèque a heureusement pris les choses en main et a œuvré à son réaménagement. Un arboretum fut planté après 1850 et est sans doute à l’origine de son nom, qui signifie « endroit des arbres ». De nombreux arbres furent prélevés du parc naturel Šárka (où je me suis promenée). Il s’est progressivement transformé en parc municipal de style anglais et a été ouvert au public au début du 19ème siècle. En 2002, il a dû retenir sa respiration lorsqu’il fût entièrement sous eau à cause de conséquentes inondations. Cela n’a pas suffi et il en a pris un coup dans l’aile, ou plutôt dans la branche, et a dû à nouveau être réaménagé. Mais maintenant, quel plaisir de le parcourir ! Des parties boisées, des prairies, des étangs,…et tout un réseau de chemins asphaltés, idéal pour le découvrir à 2 roues ! On peut faire de belles balades, notamment jusque Divoká Šárka, où Petr (et moi-même pour ces jours-ci) habite. Il y a également un observatoire et un planétarium. Ce qui perdure aujourd’hui est un monumental chêne (Dubový pahorek), sur une île du premier étang créé ici.

Petite dégustation visuelle 😉

Je me suis trouvé un coin sympa pour déjeuner et déguster cette viennoiserie bien typique. Sur base d'une pâte briochée assez dense est étalé un mélange de graine de pavot et de purée d'amande...miam ;P! Et en plus, ça forme vaguement un coeur...bon j'avoue je l'ai choisi exprès 😉

Ensuite, je rejoins Troja (Prague 7). Pour franchir la Vltava, le pont pour piétons s’étant effondré, une navette est postée là, faisant le relais d’une rive à l’autre. C’est gratuit, elle quitte le quai une fois suffisamment remplie et en quelques secondes on est de l’autre côté. Troja est intéressant pour son zoo, son jardin botanique (entrée 300 Kc tout de même) et son château avec ses jardins à la française. De nombreux vignobles couvrent la colline. Halte brève, je retourne dans le centre-ville.

Lauranne me rejoindra et on passera la soirée tranquille.

On prendra la pause devant le mur Lennon...

Puis on flânera dans les rues à la recherche d'un resto sympa...

Arrêt dans celui repéré près du mur mais un coup d'oeil à la carte nous fait lever le camp (trop banal et vraiment pas inspirant).

On se posera dans la cour d'un autre non loin de là. Je choisis une soupe car typiquement servie dans un pain (qui me laissera un souvenir tout le lendemain, merci ""amis"" oignons! :/).

23
mai
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Publié le 23 juin 2019

Départ précipité car j'ai dormi plus longtemps que prévu! Bref aurevoir à tous et l'âne est à nouveau en chemin...

Halte en ville pour aller voir des marchés. Je commence par celui de Náměstí Republiky autrement dit celui de la place de la République. Marché principalement artisanal.

En direction vers l'autre marché dans la Vieille Ville, je trouve un magasin bio et une cantine végé à 2 pas...intéressant... :D!! Le marché Havelské tržiště est le plus ancien de la capitale. Ici aussi il est principalement artisanal et beaucoup "pour touriste".

Miam tous ces fruits rouges ;P! 

Pause à la cantine rue Melantrichova 15, petite cour attenante à un CountryLife (tout petit, mais étonnamment avec un grand choix d'algues). Jeune serveuse super sympa, nourriture au poids (bon rapport qualité/prix), calme, toilettes propres, fontaine proposant eau froide et chaude (j'en profite pour remplir ma bouteille),... Quel bonheur de poser mon chargement, enlever mes chaussures de marche et manger des légumes frais! Carpe diem... ^_^

Sur la photo de droite, ce sont des desserts : la fleur en genre puf de maïs (comme pour protéger les paquets 😉) c'est de la pâte feuilletée avec un peu de chocolat à l'intérieur, léger. La brique c'est autre chose!! Faite d'une pâte de fruits et noix, c'est carrément heavy.

Le magasin bio c'est le bas du bâtiment, en vert foncé. Aperçu des viennoiseries... 

Métro jusque Roztyly c'est-à-dire un peu à l'autre bout de la ville. Je m'amuse à me prendre en photo dans le reflet de la vitre teintée quand...je croise un regard..ha ha un monsieur de l'autre côté de la vitre me regarde, interloqué ! 😉

La première photo est prise dans un miroir à une autre station de métro. 

Arrivée chez mes nouveaux hôtes, visite des lieux, une roulotte sera ma tanière pour ces 2 prochaines semaines. La maison, tout de long, est spacieuse et fraîche (il faut prévoir sa petite laine pour l'intérieur). Karolina et Dan ont 2 enfants (Elektra 10 ans et Oliver 15 ans, question surnoms ça va être sympa : Elie, Oli et moi Elo 😉). Ils ont 2 chiennes et pas mal d'autres animaux, digne de l'Arche de Noé (chèvres, abeilles, caméléon, canards indiens, cochon d'Inde, perruches, chat, chiens, moutons + tous les sauvages qu'Elektra recueille sur son chemin...). Je savais que je n'avais pas besoin d'aller au zoo à Troja 😉! Ils travaillaient dans la pub avant de changer de trajectoire de vie. Ca fait maintenant 3 ans qu'ils (Karolina est la manager principale) ont lancé leur entreprise de production et transformation d'herbes médicinales : Experimentalní zahrada pod Blaníkem.

Une couette, 3 pleds et mon manteau...c'est qu'il fait frais dans une roulotte, surtout le matin! 
Cherchez les canards 😉

Elle fabrique du savon, des cosmétiques, des tisanes et teintures mères. Ils produisent du miel, les canards et cailles leurs fournissent des oeufs, ils fabriquent de l'alcool de fruits ou autre, un peu de fromage avec le lait de la chèvre à traire (un job qui m'est épargné), leur propre huile de chanvre (de leurs propres graines),...

Extraction de l'huile des graines de chanvre 

Le premier jour, sans doute pour éviter de me faire peur elle me montre le jardin public. Un peu de désherbage et de récolte de fleurs de serpolet.

Je m'amuserai à deviner les plantes qui s'y trouvent... Peu avant que je parte les bleuets sont en fleur, wouah, ça butine assidûment ! Fascinant et plaisant à observer...

J'assisterai au détachement d'un essaim d'abeilles justement, accroché sur un argousier dans le jardin :

J'ai fait une vidéo mais ne trouve pas le moyen de l'insérer... C'est dommage car c'est assez impressionnant! Dan a mis une ruche en-dessous et à détacher l'essaim avec une brosse, toutes les abeilles sont tombées en masse sur la ruche et dans l'herbe. Si la reine est dans la ruche, c'est gagné car les abeilles vont émettre un message pour appeler toute la colonie à les rejoindre à l'intérieur.

On a préparé un sirop de plantain lancéolé (alternance de couches de sucre complet et feuilles de plantain hachées bien tassées pour éviter d'enfermer des bulles d'air et engendrer une mauvaise fermentation) à laisser macérer 3 semaines puis filtrer.

Dans l'ordre : les 25, 26, 28 mai et finalement le 8 juin. La transformation est rapide. 

On a filtré toute une série de teintures mères :

Dans l'ordre d'apparition : consoude (2x), valériane (2x), ail (2x), pissenlit et échinacéa (2x). A réveiller un mort celle à l'ai...

Mais principalement je serai cantonnée à désherber des bandes de bleuet-camomille (et un peu de phacélie) ainsi que des lignes de rosiers bulgares, lavandes, bouillons blancs et hysopes. Les journées me paraissent vite longues, seule dans le champ, des milliers de chardons m'attendant. il fait chaud et quand je rentre pour le lunch time je mange seule également ce que je peux trouver. Le pire sera enlever les bourses à pasteur au milieu des camomilles et bleuets, c'est comme enlever des bougies sauf que j'attends toujours le gâteau.

Je n'ai jamais su quelle était la longueur des lignes de rosier et je ne suis finalement pas arrivée au bout!  Dans quelques année...
De jolies pensées qui poussent à tout va, c'est merveilleux! Quel travail minutieux, ça me rend dingue... :/ 

Heureusement que les graines sont en forme de coeur ;D

Mais elles sont où les lavandes ??  La bonne nouvelle c'est qu'on voit où je suis passée! Cimetière de chardons, paix à leurs âmes...

En chemin vers le champ (de bataille...) J'ai réussi à capturer sa langue !

Un orvet qui prend la pose  

Le courant passe en grésillant avec Karolina et pour finir on s'évite pour empêcher une mort par électrocution... Je suis trop lente pour elle qui court sans cesse dans tous les sens, over-stressée, elle me mettra constamment sous tension. En plus elle ne sait pas quoi me donner à manger... Les végétariens ça mangent de l'ail et des oignons, NON ??!! Bref je me suis sentie telle une lourde et encombrante valise à transporter chaque jour, vraiment cata..

Je ferai une expédition aux monts Velký Blaník et Malý Blaník, à une heure de la maison à pied. De belles rencontres jalonneront ma route :

Hep, pas si vite ! 

Avec un peu de patience, j'aurais la chance d'assister à ce moment magique. Au début, trop près du nid, j'ai compris qu'il fallait que je m'éloigne. Distance de sécurité ainsi respectée, la maman pic est venue nourrir ses petits <3

Je montrai sur la tour de guet (638 m d'altitude, 30 Kc) qui se situe sur un ancien fort de l'époque celte. Des légendes entourent ce lieu, particulièrement celle des chevaliers endormis dans les profondeurs de la montagne... Le commandant des chevaliers est le Saint tchèque Wenceslas. Ces chevaliers pourraient se réveiller si la nation était en danger. Cela permettait de rassurer le peuple au 15ème siècle. Karolina me raconta l'histoire d'une étrange disparition d'un homme tombé dans une faille de la montagne, il en reviendra des années plus tard avec la sensation de n'y avoir passé que quelques heures... Plus concrètement, une des pierres de ce mont a été utilisé comme pierre fondatrice du Théâtre National pragois.

En chemin toujours ... :

On ira à Kamberk, village d'à côté où Karolina va installer son unité de production.

Jolie église :

Un clin d'oeil : le voisin qui tond sa pelouse et... quel moyen de transport original pour l'herbe coupée! 😉







J'irai dans le parc à l'anglaise de Vlašim, assez grand pour que j'ai le temps de me prendre la tête avec la carte et m'adonner à mon activité favorite : aller dans le sens opposé pour avoir le plaisir de faire demi-tour et avoir une perspective différente du chemin 😉

Jolis châteaux, un pavillon chinois qui s'est perdu ici, il y a également un grand château qui date du début du 14ème siècle avec ...

Pour clôturer cette expérience assez malheureuse, je me laisse immerger par la beauté de la nature sous cette douce lumière de fin de journée... Les camomilles sont en fleurs et non plus les bourses à pasteur! 😀

31
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Publié le 28 juin 2019

Une porte ouverte vers un événement culturel… je fonce! Et en plus je peux dormir dans la maison du papa de Dan, nickel. Dan m’embarque donc avec les enfants et me déposera en route où je rejoindrai le centre en métro. Je pars à la découverte du quartier de Karlín (Prague 8) dans l’ambiance du festival (gratuit) United Islands of Prague. Festival ayant pour but de promouvoir les jeunes artistes, il avait réellement lieu, à l’origine, sur les îles de la Vltava (d’où son nom). Pour sa 16ème édition, la Grande-Bretagne sera à l’honneur. Cool ! Je flâne un peu dans le quartier : rues larges plantées d’arbres, belles bâtisses formant des arcs-en-ciel aux couleurs pastels, anciens bâtiments industriels rénovés, c’est sympa. Il en était tout autre par le passé. En effet, à la fin du 20ème siècle, Karlín était toujours un quartier industriel malfamé (car à l’origine les biens immobiliers étaient les moins chers de Prague). Lieu de naissance du parti néo-nazi, il était également connu pour abriter beaucoup de Roms dans les années 80. L’actuel pub “U Zabranskych” est le lieu où a été fondé en 1924 le parti communiste tchécoslovaque. De plus, les néo-nazis s'y retrouvaient pendant la période des persécutions contre la population rom. Les importantes inondations de 2002 ont amorcé un changement plutôt radical et lui ont ainsi donné une chance de repartir sur de nouvelles bases.

Le Forum Karlin est un exemple de bâtiment industriel remit à neuf. Ancienne usine de chaudières à vapeur devenu centre culturel, ...

Le festival investissait toute la rue principale (Křižíkova, du nom de František Křižík, célèbre (dans son domaine) industriel et pionnier de l’ingénierie électrique ; il créa, entre bien d'autres fabuleuses inventions, une ligne de tram reliant Prague à Vysočany en 1896). En repérage ce soir avant le concert d’un jeune groupe rock (The Sherlocks), je me réjouis déjà d’être demain pour voir la rue encore plus vivante ! Sur la Karlínské náměstí, les prémices du concert se font entendre... Wouah quelle belle énergie musicale, je suis heureuse de m’immerger dans ces bonnes vibrations!

Je rejoins ensuite Dan chez son ami. Il est quasi 23h (je peux être fière de moi cette fois car mon parcours était assez fluide, lui-même est surpris 😉) et ils sont toujours en plein barbec. Sympa, son ami insiste pour que je goûte à ces tranches de courgettes et son fameux maïs grillé badigeonné de beurre. Ca fait des lustres que je n’avais pas mangé ce genre de choses. Redécouverte gustative positive ! Lors de cette soirée, je me rendrai compte comme mes restrictions alimentaires peuvent être cloisonnantes… Hé oui ma chaleureuse bulle belge (dont vous faites tous partie Dieu merci) est bien loin !

Le samedi c’est jour de marché sur le bord de la Vltava. J’avais déjà prévu d’y aller et après quelques arrangements pratiques avec Dan, je m’y rends gaiement. Moi qui voulais éviter la foule c’est légèrement loupé : 10h, il faut jouer un peu des coudes. Ha mais voilà un marché digne de ce nom! Je repère quelques stands dont une boulangerie bio avec un assortiment très varié (céréales complètes, bon choix de sans gluten), une dame qui fait de la pâtisserie crue magnifique et un artisan (un vrai!) qui fait de jolies cuillères en bois. Il y a aussi des producteurs locaux (ex : champignons (pleurotes, shiitakes), asperges, fraises) et de nombreux stands de viennoiseries et autres trucs sucrés (les Tchèques sont apparemment très gourmands 😉). Je vais discuter avec l’artisan des cuillères en bois, le courant passe tellement bien que je lui propose de me rejoindre au festival. J’ignorais encore à ce moment-là que j’avais rencontré un ange… A retenir donc : marché de Náplavka (qui signifie rive), Farmářské Trhy, 8-14h, Rašínovo nábřeží (= quai de Rašín).

Vues d'ensemble 
Quel plaisir pour les yeux, toutes ces couleurs !  Pour la pâtisserie, ce sera au choix : plutôt industrielle (photos 5 et 6), col...

Et aussi... moins ragoûtant mais tellement tchèque :

Ces pistolets sont fourrés d'une saucisse 

Mes stands coup de coeur :

Karel, il vient un samedi par mois...une chance !  
Les jeunes qui tiennent le stand sont trop sympas et c’est la maman qui cuisine. A retenir donc : Pekárnu David Dvorník  http://ww...
Pâtisserie crue : www.zdravivnas.cz 

Soudain, il est grand temps de filer au festival! Lorsque j’arrive enfin à la scène jazz (installée sur la belle Lyčkovo náměstí (‘’náměstí ‘’ signifiant ‘’place’’ j’ai oublié si je l’ai déjà dit)), il reste 15 min. Au moins je les ai savourées ces quelques minutes car le groupe –tchèque - était super ! Son nom ? Mantaban :D

Sur cette place se trouve un magnifique bâtiment Art nouveau qui est… une école primaire !

Photos prises ici et là, à travers le quartier :

Magnifiques moulures ! 

Pour l'anecdote, un monsieur a passé un bon moment à ajuster ses chaussures pendues au fil tendu à sa fenêtre... A quoi jouait-il? Dieu seul le sait... 😉

Ensuite je papillonne à travers le festival, allant d’une scène à l’autre, jetant un oeil aux stands de nourritures aux origines variées (plutôt sud-américain et asiatique). Ayant pris des photos de sa petite fille, je discute un moment avec la maman. Jeune, elle est toute enthousiaste par mon voyage et me conseille d’aller au Myanmar =)

Un jeune rappeur se balade avec sa sono portative dans la rue principale en interpellant les gens...il m'a l'air de chanter selon ce qui l'entoure, vachement sympa =)

Soudain besoin de me poser dans un endroit tranquille et vert, je décide d’aller faire un tour dans le parc Vítkov qui se situe en hauteur, marquant la limite avec le quartier voisin (Žižkov). Je passe par le tunnel pour piétons (de plus de 300 m de long) et ferai, à l'autre bout, une drôle de rencontre que je résumerai par un mot : glu (oui la colle…).

Brève balade sur cette colline d’environ 15 ha (on est content d’arriver au-dessus !), belles vues panoramiques (de Karlin en avant plan) de ce plateau tellement vaste et rectiligne qu’on se croirait sur une piste d’atterrissage. La colline densément boisée fût d'abord dégarnie pour devenir un vignoble sous Charles IV. Sauvagement endommagé pendant la guerre de Trente Ans, les troupes prussiennes l'achevèrent complètement (le vignoble) au 18ème siècle. En 1824, on la couvrira à nouveau d'un large éventail d'arbres. A une extrémité se trouve l'énorme statue de bronze (16 t quand même!) de Jan Žižka trônant fièrement sur son cheval, en mémoire de la victoire de ses troupes hussites contre les Croisés en 1420. En 1929 commença la construction du Mémorial National en hommage aux légionnaires tchécoslovaques de la 1ère guerre mondiale. Je n'aurais pas l'occasion d'aller voir ces monuments, ayant décidé d'aller dans l'autre direction.

Les sureaux sont en fleurs, nos narines sont titillées à chaque croisement d'un arbre. De retour au festival, grâce à une excuse bidon, je savoure ma liberté retrouvée. 17h45 : concert d’un groupe…belge ! Hé oui ça m’étonne et c’est génial ! Nom à retenir : Portland. Je vous recommande (ils vont donner un concert au Reflektor, à checker) ! C’est à ce moment que Karel (l’artisan du marché) me rejoint. On passe la soirée ensemble, ça me remplit d’autant plus le cœur que c’est pas trop la joie à la ferme.

On prendra un thé dans un chic salon de thé et je découvrirai que les Tchèques vouent un réel intérêt à la tradition. Boire un thé ici c’est comme partir en voyage ! Quelle bulle de tranquillité, absolument fabuleux! Une bonne adresse à noter : Tea Mountain ; Křižíkova 115 ; 180 00 Praha 8.

On finira la soirée assis sur des chaises longues au bord de la rivière écoutant les quelques dernières minutes d'un concert d'un pianiste et chanteuse africains (du Spring Festival) transféré sur grand écran. Là aussi c'est très court mais qu'est-ce qu'on savoure! ^_^

Cette journée fût humainement si riche, je dirai juste : merci !! Dans la vie, tout est une question d'équilibre n'est-ce pas? Il faut pouvoir accepter la pluie pour voir se dessiner un arc-en-ciel...

2
juin
2
juin
Publié le 4 juillet 2019
Une brassée de délicatesse, un parfum subtile, des couleurs pastels, de quoi commencer la journée tout en douceur... 

En route tôt, vers 7h (car déjà éveillée à 5h par une lumière éblouissante – haaa, si on pouvait la stocker et la ressortir en hiver !!). Il fait très doux, promesse qu’aujourd’hui aussi il va faire chaud. J'ai décidé de descendre par un coin de verdure : le parc naturel Branické skály sur la colline du nom de Dobeška. Surface protégée de 9 ha comprenant un massif rocheux dont voici la vue (1ère photo) et une jolie forêt.

En chemin, les seringats sont en fleurs...imaginez la délicieuse et enivrante senteur au passage... =)  Une curiosité ces tasses, ...

Je fais la pure touriste et sors un petit guide pour découvrir le quartier de Vyšehrad (signifie "château des hauteurs"). Parmi toutes les légendes liées à ce lieu, une sort du lot : celle qui veut que ce soit le premier siège des ducs de Bohême (dynastie des Přemyslids). Pourtant, ces derniers ont effectivement établi leur quartier ici environ 100 ans après l’édification du château de Hradcany soit vers le milieu du 10ème siècle. Tout de même, le premier roi de Bohême, Vratislav I, y a vécu pendant un certain temps au 11ème siècle, au départ dans un château en bois, reconstruit en pierre par ses successeurs qui l’occupèrent jusqu’au début du 12ème siècle. Une fois les rois partis, les souris dansent dans cette zone désertée. Il faudra attendre le 14ème siècle pour que l’empereur Charles IV reprenne les choses en main. Il décide ainsi d’écrire le règlement du couronnement des rois de Bohême et inclut un pèlerinage à Vyšehrad, qu’il sera le premier à faire. Bien déterminé à rendre tout le prestige qu’avait ce lieu, il fît, de plus, d’importants réaménagements : construction d’un palace royal, maisons pour le personnel, école, canalisations. Plus tard, il ordonnera diverses fortifications. La citadelle de Vyšehrad fut édifiée à partir de 1650 par des Italiens, telle une forteresse militaire de style baroque et c’est elle que l’on peut voir aujourd’hui. Pendant leur occupation (1742), les Français construisirent un réseau de casemates, électrifiées par l’ingénieux František Křižík (dont j’ai parlé dans le chapitre sur Karlin). Au sein de cette forteresse souterraine, dans une pièce de 330 m2 (appelée Gorlice, anciennement la salle de réunion des soldats), sont entreposées certaines statues originales du pont Charles. En 1883, la forteresse fut rayée de la carte si je puis dire et Vyšehrad intégra Prague.

Parenthèse historique terminée, retour à la réalité : trouver la rue qui mène à l’ancienne citadelle. Pourtant le guide ET la carte en main, il me faudra près de 40 min d’intense recherche pour avoir le plaisir de gravir enfin les escaliers ! Un peu d’exercice fait toujours du bien pour démarrer la journée d’un bon pied !

Une fois au sommet, on pénètre dans l’enceinte où l’on a la possibilité de visiter les casemates. Je vais direct le long des remparts voir la vue et quelle vue !

6ème photo c'est la colline de Petrin! Et la suivante, il y a au loin le château de Prague 

Ensuite, j’arrive dans le cimetière et son panthéon (Slavín) où reposent 600 personnalités tchèques. Le cimetière date des années 1870 et succède à d’autres dont le plus ancien date de 1260. Le tombeau collectif, dont la devise est « Bien que morts, ils parlent toujours » (ce qui est bien à propos !) a curieusement échappé à mon regard plus attiré par les détails… Où l'ai-je vu sans le savoir?... Il faut quand même préciser que ce lieu de sépulture fait presqu’un ha (ok, c’est vrai je me cherche une bonne excuse.. 😉 !). Les arcades, à l’entrée, ont été construites à l’italienne et protègent de merveilleuses mosaïques (il faudra y aller pour les découvrir car juste photographiées du regard 😉).

L’église néo-gothique des Sts Paul et Pierre fut construite au 19ème siècle sur les vestiges de la basilique de l’époque des Přemyslids. Perchée sur son rocher et protégée par une enceinte, elle domine fièrement la vallée. Soit dit en passant, elle cache le 3ème trésor pragois : une série de documents historiques et d’objets sacrés.

Là aussi de magnifiques mosaïques! 

Autour de l'église, il y a un bel espace enherbé et arboré avec ces bancs entourés de rosiers invitant à la romance...et...des fleurs en quête de liberté... ben oui pourquoi devoir rester cloîtré dans un parterre toute sa vie 😉?

Inspirant patchwork en crochet =) il me semble qu'il y a toujours bien une école dans les parages... 

Super chouette de se promener le long des remparts, en découvrant une autre facette de la Vltava et de Prague, repérant quels édifices historiques j’ai vu ou non. Ici aussi, la colline était jadis couverte de vignes. En mémoire à ce temps révolu, on en a replanté sur certains flans de la colline.


Après la victoire des Hussites en 1420, tous les édifices de cette époque ont été détruits excepté la rotonde romane de St Martin (construite au 11ème siècle). Elle est donc l'un des édifices les plus anciens de la capitale. Elle servait de réserve à poudre à canon et d’entrepôt.


Je redescends et passe devant l'immeuble cubiste de Josef Chochol (1914) qui est d'une rareté mondiale, tel un origami avec beaucoup de détails... Ha bon? Je vous laisse en juger :

Lassée de toujours avoir le nez sur ma carte à la recherche de la direction indiquée, je range gentiment le guide dans mon sac. Suite des événements : trouver de l'eau!

J'arrive au jardin botanique et...un jeune remplit justement sa bouteille à la pompe!

A retenir donc : pitna voda = eau potable =)

Ha quel BONHEUR, par cette chaleur, de l'eau toute fraîche !


Ici se délimite un autre quartier : Nové Město, autrement dit la Nouvelle-Ville. Fondée sous Charles IV au 14ème siècle (il en a fait des choses dis donc !), elle entoure la Vieille-Ville telle une enceinte. Autour de la place Venceslas (Václavské náměstí) fondée en 1348, le bas du quartier a conservé son rôle de centre commercial (autrefois un marché de chevaux se tenait là). Elle fût nommée ainsi en hommage à Venceslas I de Bohême, saint patron du pays dont la statue équestre domine fièrement la place, juste devant le Musée national (construit en 1890, il abrite le musée le plus important de la ville). Bien qu'elle porte toujours le nom de place, sa disposition actuelle s'apparente plus à une large avenue commerçante où l'on retrouve toutes les grandes marques que notre ère capitaliste se charge de répandre dans le monde entier. Non piétonne, grands magasins et autres lieux pour nous faire dépenser, touristes perdus dans ce système de consumérisme,... outre cette réalité palpable, elle symbolise l'indépendance du pays : elle fût le théâtre de manifestations en novembre 1989 qui ont conduit à la Révolution de Velours (nommée ainsi en raison du peu de sang versé), aboutissant elle-même à la chute du communisme.

Alors que cette partie de la Nouvelle-Ville bat au rythme trépidant que veut nous faire suivre notre société, le haut nous ramène du temps de Charles IV et ses églises gothiques. Ce quartier était en effet à l'origine entièrement de style gothique, une première en Europe pour l’époque. Les siècles passant, tous les styles d'architecture s'y retrouvent maintenant : on passe de la Renaissance au baroque en passant par l'Art Nouveau et plus récemment des bâtiments à l’architecture tout à fait moderne.

Fuyant ce genre d'endroit je me rends compte, du coup, que j'ai peu de photos à montrer... Voici donc juste un bref aperçu de quelques partie d'édifices :

Coup d’œil à la Maison Dansante (Tančící dům). Figure emblématique de l’architecture moderne à Prague, elle amuse les regards au coin d’un carrefour (Rašínovo nábřeží 80 / Jiráskovo náměstí 6) depuis 1996. Les architectes, dont le projet a été sélectionné par les propriétaires néerlandais de l'époque, l’ont imaginée en s’inspirant d’un célèbre couple de danseurs : Fred Astaire, symbolisé par la tour en pierre avec ses « cheveux » et Ginger Rogers, symbolisée par la tour en verre. Il y a une galerie, un hôtel et un resto offrant une autre possibilité de voir la capitale de haut.

Crochet par le cloître d'Emmaüs (Emauzský klášter ou klášter Na Slovanech), fondé lui aussi par Charles IV en 1347. Rapidement devenu un centre des arts, de la culture et de la littérature slaves, il abrite des fresques murales représentant des scènes de la Bible ce qui est assez rare en Europe. Le toit surprend par son design élancé... Il a été reconstruit suite à des bombardements involontaires en 1945 : des pilotes américains, perdus dans une tempête, ont confondu Prague et Dresde... Errare humanum est n'est-ce pas?

Parce que chez moi, la verdure c'est vital =), je me réfugie ensuite dans l'oasis horticole qu'offre le jardin botanique de la faculté des sciences naturelles de l’Université Charles (Botanická zahrada Univerzity Karlovy), à 2 min à pied du cloître. Ouvert en 1898, il était divisé entre les parties tchèque et allemande de l’université. La seconde guerre mondiale passée, les 2 parties ont été unifiées. Il s’est peu à peu agrandi au fil des années pour couvrir une surface actuelle de 3,5 ha. A l'entrée se trouve des serres et puis au fil des chemins, on découvre diverses zones au biotope spécifique. Le site comprend également le département universitaire de botanique. Par ailleurs, le plus ancien jardin botanique de Prague a été fondé par un pharmacien florentin au 14ème siècle et se trouvait à l’actuel bureau de poste principal rue Jindřišská. Détails qui peuvent avoir leur importance : entrée payante juste pour la visite des serres et toilettes disponibles moyennant 10 Kc (ou il y a peut-être une chance que, comme ça a été le cas pour moi, la porte des toilettes dame soit retenue ouverte par une pierre ;P). A voir! Pittoresque et paisible...

Quelques fleurs qui, comme toujours, me bouleversent par leur beauté (vous avez vu les pistils violacés de l'inflorescence blanche...

Sur ma lancée verdoyante, je traverse le centre-ville pour rejoindre mon endroit favori : Petřín. M'arrête un moment dans le parc de Kampa, qui est décrit comme une île entre la Vltava et son bras Čertovka. Bon, effectivement sur une carte, avec une loupe, ça se remarque.. J'ai vu ici un parc classique, pelouse et arbres imposants, parfait pour toute activité de détente. Pourtant les guides le vantent comme un des lieux les plus pittoresques de la capitale et elle se classe parmi les plus belles îles urbaines du monde. J'ai dû louper un truc car ils parlent aussi d'un moulin du 15ème siècle... 😉

Soit... Je passe devant la rue la plus étroite de la ville : Vinárna Čertovka. Elle mesure entre 50 et 70 cm de large et il y a un feu de part et d’autre pour gérer la circulation piétonne. Un bouton est à disposition pour activer le feu et ainsi prévenir l’autre côté que l’on passe. Un restaurant (du nom de Čertovka) se trouve au bout.

Au pied de la colline de Petřín, je décide d'aller plus sur le côté gauche cette fois-ci.

Je découvre ainsi les jardins de Kinský (Zahrada Kinských), dans le quartier de Smíchov. Telle la colline Vítkov, cette zone passa de forêt à vignoble au Moyen-Age. Elle appartenait à la chartreuse, monastère le plus ancien de Bohême. C’est à Rodolphe Kinský que l’on doit ces 22 ha de pure verdure au style anglais. Une fois les ravages de la guerre de Trente Ans passés, il commença l’aménagement de cette colline début des années 1800. Par ailleurs, sans l’achat des jardins par la ville de Prague (1901), ils auraient bien failli finir en parcelles à bâtir. Ouverts au public 7 ans plus tard, ils sont séparés de Petřín par le Mur de la Faim. Charles IV avait ordonné la construction de ce mur d’un peu plus d’un km pour donner du travail aux citoyens pauvres (et affamés) de Prague. Une autre raison, plus probable, de cette édification serait qu’il souhaitait fortifier Malá Strana. Le pavillon d’été Kinsky est dorénavant le Musée National ethnographique.

Avec cette chaleur, un peu challenging la montée! Mais, tout effort étant récompensé d'une manière ou d'une autre, j'ai le Bonheur de plonger mes pieds dans un bassin au pied d'une cascade :D!! Le temps s'arrête...je suis au paradis... ^_^

Quelle charmante église en bois au détour du chemin ! C’est l’église St Michel. Construite en Ukraine dans la seconde partie du 16ème siècle, elle a voyagé jusqu’à Prague en 1929 à l'occasion du 10ème anniversaire de l'intégration de la Ruthénie des Carpathes (région historique de la frontière entre l'Europe centrale et de l'est) au territoire tchécoslovaque.

En montant toujours, je grimpe ces escaliers jalonnés de splendides sauges nemorosa (il y en avait même qui poussait spontanément dans certains vergers de Petřín!) ....en trempant mes pieds dans les petites cascades, histoire de prolonger le rafraîchissement =)

Je flâne à travers les chemins sur la colline, m'imprégnant de l'atmosphère du lieu (j'ignorais si ça allait être mes derniers moments ici...) et découvre le jardin caché de Květnice (jardin des fleurs)... si mignon, si romantique ^_^! Créé à la suite de la roseraie au bastion N°4, des milliers de plantes pérennes et de bulbes s'y côtoient harmonieusement. Un véritable petit paradis pour les yeux!

Jardin des fleurs, pour l'unique plaisir des yeux 

Mon parcours se termine à la roseraie (Růžový sad)... Peut-on rêver mieux 😉? Sur un ancien terrain militaire de 5,6 ha reconvertit dans les années 1932-34 : des roses, en veux-tu en voilà <3! La douce lumière de fin d'après-midi confère au lieu une ambiance enchanteresse...

Et en redescendant, quelques prises de vue de la ville...

Avant de repartir vers la campagne et pour vraiment terminer en beauté cette journée bien remplie, rien de tel......qu'une bonne glace ! Concombre-mijito et banane-cacahuète, absolument délicieuse ;P Le nom du glacier : Angelato, rue Ujezd n°24, Praha 1

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Publié le 14 juillet 2019

Ca y est le moment de la libération est arrivé! Un coup de balais et serpillière dans la roulotte, je défais mon lit et...découvre ce coeur (sans trucage c'est promis)...signe du destin 😉 ? Quoi qu'il en soit, je suis heureuse de m'envoler vers d'autres horizons! Adieu à la famille (en fait juste Dan, qui est au téléphone...et Karolina, occupée avec des visiteurs...) et, le coeur léger, je fonce vers mon carosse!

Sauf que, pas de chance, il me passe sous le nez... 😦 Alors là c'est l'effondrement...je décide de retourner à la ferme pour tenter qu'ils me déposent à la ville (Vlašim), qui est à 10 km. De nouveau, je les loupe de peu... Arfff qu'est-ce que je dois comprendre de tout ça?

Dépitée, je me mets toutefois en route, je vais louper la correspondance que je devais prendre mais il n'est pas question que je reste un seul jour de plus ici. Je marche et tente le stop. Peu de voitures et ils roulent comme des fous, hum, les conditions pourraient être meilleures...

Soudain, je décide de changer totalement mon état d'esprit (négatif -> positif) et décide de m'ouvrir à la Vie, aux opportunités qu'elle va sans doute mettre sur mon chemin et.... quelques minutes plus tard, je suis en voiture avec un jeune allant justement à Vlašim! Merci, Merci!

Prochain bus à 17h28. Arrivée à Prague vers 19h, je prends le métro jusqu'à l'arrêt Budějovická dans le quartier de Braník (Prague 4), assez populaire mais je me rends dans la partie un peu plus résidentielle. A la station, parmi d'autres magasins : cette herboristerie "caverne d'Alibaba" et ce romantique fleuriste =)

Alors là, c'est chaque cm2 qui est rentabilisé !!  Ce genre de pyramide m'épatera toujours 😉

Je fais un crochet par un supermarché (dans le centre commercial DBK où il y a un chouette magasin bio et un magasin de cosmétiques et produits ménagers éco). Ne sachant plus comment se dit "eau plate", je demande à une dame de l'eau "normale" et, après avoir scruté les étiquettes, elle me certifie : "choisis les bouchons verts". J'ai appris une fois de plus que le mot "normal" est propre à chacun : ici, ils boivent de l'eau légèrement pétillante (similaire à la Marie-Henriette chez nous)! Comme je m'en doutais, il faut choisir les bouchons bleus. Soit... 😉

Guillerette, je marche vers mon nouveau logis =) J'avais en effet demandé à Dan si son papa serait d'accord de m'ouvrir sa 2ème maison pour être en paix quelques jours. Rencontre le papa de Dan, qui est vraiment cool =) !

J'établis mon campement, ô joie, ô bonheur pour ces quelques jours j'ai la paix et un toit ^_^ !!

Le lendemain 4h50 cocorico! Sauf qu'il n'y a pas de coq en fait mais juste un merveilleux soleil -> tente la technique du T-shirt sur les yeux, hé, ça marche 😉!

Joyeusement, je me rends au marché à la Tylovo náměstí. Assez petit, ça me donne surtout l'occasion de voir une autre facette du quartier de Nové Město.

Architecture harmonieuse et discrètement colorée, style Renaissance si je ne m'abuse? 

Hop! Je saute dans un tram, direction : Holešovice (Prague 7). Niché dans un virage serré de la Vltava, ce quartier est peu attrayant, de prime abord, vu son caractère austère lié à son passé d’ancien centre industriel et commercial. Cependant, les bâtiments ont été en grande partie rénovés et servent à l’heure actuelle d’appartements, bureaux et autres studios pour jeunes artistes, designers, etc... De nombreux centres culturels, restaurants et clubs (électro et techno) branchés ont également ouvert ici. La Vltava était un important moyen de transport fluvial, le port Holešovice (le seul de la capitale) en est une preuve. Quartier toujours en mouvement (particulièrement du côté est de la station de métro Vltavská), j’ai pu visiter quelques lieux intéressants.

Mais d'abord, en chemin, des étrangetés attirent mon regard...

C'est le Cross club (club électro, centre culturel, café, resto) rue Plynární, 23. Quel impressionnant travail d'orfèvre à grande ...

Je m'arrête au centre d'art contemporain DOX rue Poupětova, 1. Ancienne usine transformée en centre multi-culturel, il y a un espace d'expo de 3000 m2, un café, un espace proposant des objets design et de très beaux livres d'art. Son nom est dérivé du grec doxa qui signifie (entre autres) une façon de percevoir les choses, une opinion, une conviction. Un de ses buts est de développer notre esprit critique par rapport aux problèmes sociétales de notre époque à travers l'art sous toutes ses formes. Grâce au fait qu'il soit indépendant et basé sur une coopération internationale, ce centre tient une place importante dans le domaine culturel. Je fais une visite des lieux en freestyle surtout pour voir cette étonnante salle de conférence (appelée Gulliver):

La salle de conférence et le café (dont la terrasse donne sur Gulliver)
Petits mots sympathiques qui jalonnent la visite 😉
Les créateurs ont dû bien s'amuser! 

Je passe ensuite à plus terre-à-terre : le Pražská tržnice autrement dit, le marché de Prague. Détail qui peut se révéler vital : il y a des toilettes gratuites (le papier est à prendre à l'entrée!).

La photo avec l'écriteau "Original" , non ce ne sont pas des asperges mais des flûtes creuses qu'ils fourrent d'une pâte sucrée (c...

Cet énorme complexe, devenu un site classé, était en fait d'anciens abattoirs (1895-1983). A part les halles, il y a des magasins (de ce que j'ai vu, un supermarché Penny et un grand magasin d'électro style MediaMarkt) et ce marché extérieur permanent tenu par des Vietnamiens.

Proche de là (Tusarova 31), il y a aussi Vnitroblock qui (je pense car finalement je n'y suis pas allée), vaut le détour. Ancien entrepôt industriel, ce lieu est à la fois centre culturel, galerie pour jeunes designers, café, studio de dance, concept stores et propose différents ateliers créatifs.

J'arrive à la station de métro Vltavská qui, selon le guide, est un arrêt requis pour tout amoureux de street art. Mmmmh alors let's see ! Des street artists de renommée internationale tels que MODE 2 sont passés ici et en 2015, la délégation berlinoise DIAMONDS Crew a intentionnellement décoré les murs d'affreux graffitis en réaction à la vague "commercialisante" qui gagne aussi les arts de rue. J'y étais déjà passée une fois, voyant là une station crade et laissée à l'abandon. Je tente donc cette fois de la voir d'un autre oeil. Etant en constante recherche pour ce qui est harmonieux, coloré, travaillé avec soin et finesse, je constate comme la DIAMONDS Crew a réussi son coup!

Je rejoins ensuite la place Strossmayerovo avec sa dominante église néo-gothique St Anthony de Padua (datant du début du 20ème siècle).

A nouveau en manque de verdure, je me dirige vers le parc de Letná (Letenské sady), cette fois, un petit guide en main =) Le chemin le plus rapide pour y accéder part du pont Cechův, mais je vous avertis ça grimpe !

Situé sur la plaine de Letná, ce pont de verdure relie Holešovice à Hradčany (quartier du château). D'une surface de 25 ha, il est le 2ème plus grand parc de la ville. Pelouses bien soignées, bosquets de part et d'autre, parties boisées, terrain de tennis sur un côté, plaine de jeux, grand beergarden...on le parcourt au choix : en marchant, en courant, en pédalant ou... =) ? Il est également jalonné de quelques monuments ainsi que 2 musées : le Musée National de l'Agriculture et le Musée National Technique. Proche de ce dernier se trouve le plus ancien manège d’Europe (fin du 19ème siècle), équipé de 4 petites voitures et 21 chevaux recouverts par de la véritable peau de cheval ! Actuellement en rénovation.

En outre, la plaine était souvent le terrain de jeux des militaires et...qu'y avait-il à l'époque sur les versants du parc ? ben oui, des vignobles! 😉

Chaque année, le festival Letní Letná, parmi tant d'autres événements culturels, présente des spectacles de cirque contemporain, théâtre, musique et art visuel, une version tchèque de notre festival de Chasse-Pierre ?

Je commence par voir le pavillon Expo 58. Présenté par la Tchécoslovaquie lors l'exposition internationale de Bruxelles de 1958, il fut pour l'époque une prouesse architecturale et remporta dès lors le premier prix. Transporté à Prague, le restaurant qui s'y trouvait fut installé sur les fondations d'un vieux pressoir du 17ème siècle. En fonction jusqu'en 1992, il est dorénavant occupé par une agence publicitaire privée.

Vue du pavillon sur la colline Vitkov. On devine la massive statue équestre du leader des troupes hussites.

Je flâne et arrive au fameux beergarden avec vue panoramique (je vous laisse imaginer... =)).

Aperçu du parc 

Le premier funiculaire de la ville fût mis en service pour l’anniversaire de l’Exposition universelle (1891, en même temps que celui de Petřín en fait) et arrivait à destination de l’actuel restaurant Letenský zámeček (le petit château de Letná), au même niveau que le beergarden. On poursuivait alors son chemin grâce à la Voie électrique de Křižík, la première voie de tramway électrique de Prague, qui menait jusqu’à la réserve royale Stromovka.

J’arrive ensuite au métronome, érigé là où trônait une massive statue de Staline entre 1955 et 1962. Le piédestal fut libéré en 1991 et comblé par cette gigantesque structure de près de 25 m de haut et pesant 7 tonnes acheminée… par hélicoptère ! Surnommée la « Machine à voyager dans le temps », elle est le symbole du temps qui passe, inexorablement et constitue un rappel des temps révolus. Amené provisoirement à l’occasion de l’Exposition universelle de Prague, il est finalement resté en place. Et pour les fans de skateboard…le rendez-vous est ici !

Désolée mais j'ai oublié de prendre une photo..

En chemin...

Sur la 2ème photo, sur la droite, c'est la colline de Petrin 

J'aperçois à travers la végétation le Pavillon Hanavský, initialement construit pour représenter les aciéries de Komárov à l’exposition du Jubilé de 1891. Il fut offert à la ville par le prince Hanavský (d’où son nom), propriétaire de ces usines sidérurgiques. Il fut le premier édifice de Prague à avoir une charpente en fonte (y en a-t-il seulement d'autre?).

Devenu un restaurant, il offre d'autres vues sur Prague :

Analysant un plan du coin sur un panneau, une mamie m'aborde en me demandant si j'ai besoin d'aide (j'avais sûrement mon air perdu habituel 😉). Elle est Américaine mais son fils a déménagé ici et l'a invitée à le rejoindre. On discute un moment du coup, elle est super chouette. Ha ha sa réaction quand je lui ai fait part de mon nouveau chemin de vie. On aurait cru qu'elle avait gagné à la Lotterie 😉 <3

Je rejoins le quartier de Hradčany (dont le château occupe une large partie) par un pont pour piétons qui mène aux jardins Chotek (Chotkovy sady) dans lesquels je m'étais posée au tout début de mon voyage, très joli avec belles vues également sur la ville. Sur les versants, il y a moyen de se trouver un petit coin tranquille, entouré de buissons. Fondé en 1832, il fut le premier parc public de Prague. Au 14-15ème siècle, il était couvert de vignobles (en fait Prague à l'origine en était réellement couverte !). Des compétitions équestres et autres tournois de chevaliers se tenaient ici. Son nom vient de son fondateur : le comte Karel Chotek. De là, on peut voir le château que cette fois je me décide à aller voir. Je sors pour entrer dans le parc d'à côté (Královská zahrada), délimité par le belvédère de la reine Anne. Portiques, contrôle sécurité...attention on entre dans le domaine du président!

 Le château de Prague (Pražský hrad) et le belvédère de la reine Anne (Letohrádek královny Anny) aussi appelé pavillon d'été

Ce sont également les jardins royaux du château de Prague. Le belvédère a été construit à la moitié du 16ème siècle pour la femme de l'empereur Ferdinand Ier. Pas de chance, elle meurt avant la fin des travaux et quelques jours après la naissance de son...15ème enfant...!! Considéré comme un des édifices de style Renaissance italienne les plus purs en dehors de l'Italie, il accueille à l'heure actuelle des expo d'art.

Puis j'arrive dans la zone où se trouve le Château, symbole du développement millénaire de l'Etat tchèque. C'est en réalité tout un complexe formé de palaces, bureaux, église, fortifications et jardins, atteignant une surface de 45 ha. Le château lui-même serait le plus grand du monde, avec une surface de près de 70 000 m2. Fondé dans les années 880, il était initialement le siège des princes et rois de Bohême (dynastie des Prémyslides). Depuis la mise en place de la république en 1918, il est occupé par la présidence. Comme le centre historique, il est inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO (depuis 1962). Le "champignon" vert d'eau qui dépasse est la cathédrale Saint Guy, construite sous l'ordre de Charles IV pour l'archevêché au 14ème siècle. C'est le bâtiment gothique le plus important de la ville, il renferme de précieux trésors...

De la place, en descendant un peu, une belle vue sur Malá Strana s'offre à nous. J'aperçois direct la pancarte du resto vegan, trop mignonne cette petite terrasse coincée parmi les toits 😉

Un peu plus loin, on peut voir le palais Schwarzenberg, un des plus beaux palaces de style Renaissance de la capitale.

Changement d'ambiance ensuite : passant d'une architecture reflétant des années de travail consciencieux pour être à la hauteur des personnes qui occupèrent ces imposants édifices, la ruelle du Nouveau Monde (Nový Svět) me transporte, de fait, dans un autre monde, fait de tranquillité et d'un soupçon de magie, de féerie avec les murs de ses habitations un rien penché, les maisons portant des noms d'éléments naturels,... Y habitaient autrefois les domestiques et ouvriers du Château.

Remonte une rue tout aussi sympathique et arrive à l'église Notre-Dame de Lorette. Toute jolie!

Célèbre pour son carillon dont les 27 cloches rythment les heures de la journée (de 9 à 16h) par un hymne à la Vierge Marie, elle fait partie du sanctuaire de Lorette, important site de pélerinage marial qui comprend l'église de la Nativité, une réplique de la Santa Casa (Sainte Maison), un cloître et ses chapelles ainsi qu'un trésor (une rare collection d'objets liturgiques datant du 16 au 18ème siècles). La Santa Casa est la copie de la maison originale de la Vierge Marie située à Loreto (Lorette) en Italie (ce sanctuaire italien est copié un peu partout dans le monde).

Bon à savoir : son carillon est relié à un clavier sur lequel un musicien peut jouer et chaque dimanche, à 15h30, des petits concerts sont organisés.

Je fais un break dans un carré d'herbe car j'en ai plein les pieds à force de parcourir de long en large les rues pavées. Ouf, quel plaisir!

Saute dans plusieurs trams pour rejoindre mes pénates, j'assiste à mon premier bouchon de tram 😉Dans un dernier effort, je cherche le café Kavárna Čekárna rue Vratislavova, 30/8 pour me connecter. Ambiance super sympa, "comme à la maison", cool, juste la musique me tape un peu sur le système (peut-être dû à l'heure et mon état de fatigue). Dans le noir, je devine une jolie cour arborée. Vers 22h30, je leur demande quand elles ferment et une me répond : 22h. Oups... comme j'ai dit, elles sont cools 😉

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Publié le 14 juillet 2019

Parce que vous savez comme ça me tient à coeur...

Verre...papier...plastique...le tri, c'est parti !! 😉

De part et d'autre, la ville est parsemée de conteneurs, principalement des gros comme sur la 1ère photo. Les gens doivent donc aller porter eux-mêmes leurs déchets. Ici pas de collecte au porte à porte! Je constate déjà une faille au système : étonnamment, aucun n'est dédié au métal ni aux matières organiques. De plus, bien que j'ai profondément envie de croire que les Pragois soient des citadins consciencieux et responsables, j'aimerais voir l'intérieur de ces conteneurs (en fait j'aurais pu simplement en soulever un mais l'idée ne m'est pas venue sur le moment). Ils doivent révéler bien des surprises... Par contre ici, impossible de coller une main rouge pour blâmer le fautif (ou le distrait). La gestion de ces conteneurs me questionne vraiment... Quel est leur secret pour gérer la quantité journalière de déchets produits par 1,3 millions d'habitants?

3ème photo, il faut les deviner dans le coin à droite 

Et ce système ne se limite pas à Prague, toutes les villes possèdent leur série de conteneurs. Lorsque j'étais dans le coin de Třeboň, au bord d'un chemin forestier asphalté au milieu de la forêt, il y en avait aussi! Je compris 5 min plus tard qu'ils étaient là pour les personnes habitant (temporairement ou non) la série de cottages autour du lac.

Ici à Vlašim :

A propos d'habitants, d'habitations... Une autre spécificité (que j'ai uniquement vue à Prague mais c'est bien possible que d'autres villes appliquent ce système) : le n° des maisons. Chacune, sans exception, en porte 2. Ce qui peut être quelque peu déstabilisant quand on en ignore la signification, croyez-moi 😉Alors...le bleu c'est le n° réel de la maison, c'est-à-dire sa position dans la rue (cette couleur suit la même logique que chez nous) alors que le rouge est un n° cadastral, qui indique quand la maison a été construite par rapport aux autres.

A gauche : maison n°1 dans cette rue à Branik et la 1239ème à avoir été construite. Droite : chez  Petr.

Et à propos d'habitations... voici un échantillon de fenêtres photographiées à droite à gauche... Quelle joie ça doit être de les nettoyer avec tout ça au milieu, les gens ont de la patience c'est sûr 😉

13
juin
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Publié le 18 juillet 2019

Drop chez le fleuriste afin de dénicher une jolie plante pour remercier Milan. J'ai remarqué que le toit de son garage était recouvert de plantes grasses donc je jette mon dévolu sur une à large feuille qui fleurit en faisant des hampes florales et passe l'hiver dehors. Pour l'emballage cadeau, quelle aventure pour faire comprendre à la dame! Ce sera finalement grâce à une cliente et surtout à un monsieur (qui travaillait aussi là je pense) qu'on y arrivera! C'est d'ailleurs lui-même qui le fera. J'en conclu qu'offrir des plantes n'est pas vraiment dans la culture des Tchèques, d'autant plus que le simple emballage qu'il m'a fait est payant.

Je sonne chez Milan, bel échange d'aurevoir, sa femme sera contente il me dit =)

Ensuite direction la gare centrale (Hlavní Nádraží ou en abrégé Praha hl.n.). Elle est très grande, il y a plein de magasins, je me sens perdue.. Heureusement quelqu'un joue du piano, une jolie mélodie parmi tout ce va-et-vient déstabilisant et stressant calme mon esprit. Au guichet, la dame parle anglais et a l'air contente de tout bien m'indiquer =)

12h03 départ pour Kolín. Les compartiments sont remplis alors je m'installe sur les petits sièges dans le couloir. Trajet de 50 min (62 km), je vois mes premiers champs de pavot 😉 (il y a des graines dans toutes leurs viennoiseries traditionnelles et jusqu'alors je me demandais s'ils avaient des lieux de production secrets..)

Je prends un bus dont le chauffeur, tout enthousiaste, se met à me converser en tchèque une fois arrivée à l'arrêt demandé... Je me sens un peu gênée par rapport aux autres passagers, d'autant plus que je ne comprends pas un seul mot! La rue est belle, bordée de cerisiers plein de fruits et de rosiers en fleurs...

Pour trouver la maison (j'ai miraculeusement trouvé un toit via Couchsurfing), je m'amuse 😉 Je vais d'abord dans le sens opposé comme d'hab' puis, regardant les n° des maisons, j'essaye de trouver une quelconque logique à leur ordre s'il y en a un... Personne dans les parages... Il faut dire qu'il fait une chaleur tropicale, l'humidité en moins... Je décide donc de poser mes affaires au coin de la rue et d'aller prospecter cette fois plus légère. J'entends le bruit d'une tondeuse, les fous existent partout et c'est merveilleux! 😉 Le monsieur m'indique la direction après moult essais de prononciation pour me faire comprendre. Je réembarque mes affaires et vais dans la rue, à nouveau je ne comprends rien à l'ordre des n°... Je trouve heureusement une autre personne égarée dans son jardin qui me dit que c'est la maison voisine, une chance 😀!

Arrivée à bon port, le frère d'Alzbeta m'accueille brièvement et me passe son papa au téléphone qui me propose de rester cool chez eux cet après-midi et aller visiter Kutná Hora demain matin (environ 12 km de Kolín). Excellente idée, je suis KO et vu la chaleur... Je vais m'installer dans le jardin et me laisse emporter par le sommeil...

Quand j'ouvre à nouveau un oeil, toute la famille est là =) (il y a 6 enfants !) Alzbeta me montre brièvement où je vais dormir puis disparait. La maman, super sympa (elle me fait penser à Vandana Shiva 😉), me demande si j'ai des vêtements à laver comme elle lance une machine. Elle est aussi chaleureuse qu'une mama africaine, je me sens tout de suite bien ^_^ On prépare le dîner ensemble et on mange tous ensemble, ça fait plaisir de faire partie d'une grande attablée depuis le temps!

Ils ont un aspirateur centralisé! J'adore le concept : une "prise" dans laquelle on fixe la longue trompe de l'engin, présente à chaque étage. L'ancien conduit de la cheminée a été reconverti et dorénavant on balance joyeusement ses vêtements sales dedans et ils atterrissent tout en bas, presque direct dans la machine à laver! C'est sûr qu'avec une telle marmaille, il y avait intérêt à penser pratique. Autre originalité : un toboggan relie la porte de la cuisine surélevée au jardin 😉

Le lendemain, départ avec la maman à 6h15 pour prendre le bus. Elle enseigne géo et bio ainsi que le russe car l'école manque de prof. Elle me raconte qu'ils se sont toujours déplacés en transport public! Elle trouve ça beaucoup plus pratique qu'avoir une voiture (ils en ont eu une pendant un petit moment et ça a été la libération une fois qu'ils s'en sont séparés! J'adore <3 😉)

A la gare, je prends le train pour Kutná Hora sedlec où je change pour rejoindre Kutná Hora město. Arrivée à 7h15, l'atmosphère est juste parfaite pour quelqu'un qui a toujours la tête dans l'oreiller : quasi pas un chat dans les rues, douce température, brise rafraîchissante... Je flâne avec plaisir dans les rues.

Grâce à ses sols veinés d'argent, Kutná Hora ("hora" signifie "montagne") accueillit dès le fin du 13ème siècle une première communauté de mineurs. En 1300, le roi Venceslas II mis au point un code de bonne exploitation des mines et une réforme du monnayage. Il fit venir des experts financiers florentins afin de contribuer à l'organisation et l'application de cette réforme. L'actuelle Cour Italienne (nommée ainsi en leur mémoire) était à la fois le siège des rois tchèques et l'Hôtel de la monnaie où l'on a donc produit les premiers groschen (= denier épais) de Prague, devise de l'Europe centrale à cette époque. A propos, elle est de nos jours un lieu d'exposition de pièces de monnaie. Jusqu'au début du 18ème, cette cité minière était à la fois un lieu d'extraction de l'argent et un lieu de production de pièces de monnaie. Considérée comme le trésor du pays, elle en arriva même, en ces temps passés, à concurrencer Prague dont elle permit la construction du Château. Par la suite, la fermeture de la mine principale en 1543 annonça l'inévitable épuisement du minerai. Avec son patrimoine chargé d'histoire, Kutná Hora rejoint naturellement la liste des sites protégés par l'UNESCO, en 1995.

Passant par une réplique du pont Charles, je me dirige vers la cathédrale Sainte Barbara (une des principales attractions touristiques de la ville). Afin d'être à la hauteur de la richesse et du prestige de la ville, il aura fallu près de 500 ans pour en terminer la construction (1388-1905)!

La cathédrale est l'édifice avec le toit en 3 pics sur la gauche. Le long bâtiment blanc est le collège des Jésuites devenu une ga...

Par ailleurs, Kutná Hora est liée à une tradition vinicole et depuis 2009, les vins locaux sont certifiées bio. Des vignes sont présentes en contre-bas de la réplique du pont Charles.

Vues de la cathédrale :

9h15, rendez-vous sur la place principale avec Anastazie (la soeur d'Alzbeta) et son amie Aneta. On part à la découverte du fameux ossuaire de Sedlec à environ 2 km du centre-ville. On y va à pied, elles galopent !

Remontons un peu dans les couloirs du temps, pendant lesquels fût fondé en 1142, à Sedlec, le plus ancien des monastères cisterciens de Bohème... Selon la légende, au 13ème siècle, un abbé envoyé à Jérusalem en ramena une poignée de terre et la dispersa dans le cimetière jouxtant l'église. La terre acquis de cette manière un caractère sacré et devint le sol sacré le plus ancien d'Europe centrale. Par la même occasion, elle acquis la réputation d'apporter le salut éternel. Ceci a donc créé un engouement général parmi la population pour se faire enterrer ici. Après les périodes de la peste et de la guerre des hussites, le cimetière atteignit une surface de 3,5 ha (ça faisait quelques 30 000 corps à enterrer à cause de la peste). Ensuite, le cimetière fut rétréci et les ossements d'abord entassés près de l'église, ont été transférés dans la chapelle souterraine (du nom de chapelle de Tous-les-Saints). En 1511, un moine à moitié aveugle rassembla ces os en 6 pyramides.

L’église, édifice gothique du 14ème siècle, se compose de 2 chapelles construites l’une au-dessus de l’autre (rien que ça c'est déjà original). Suite à un incendie provoqué par les hussites (1421), l'église et le couvent tout entier ont été finalement restaurés au début du 18ème siècle. L'architecte Jan Blažej Santini Aichel eut alors l'idée pour le moins étrange de disposer esthétiquement les squelettes disloqués des quelques 40 000 personnes entassés dans la chapelle souterraine.

(L'entrée coûte 90 Kc )


Le monastère fût ensuite racheté par la famille Schwarzenberg, qui donna pour mission au sculpteur sur bois František Rint, en 1870, d'entreprendre un important travail de restauration de l'ossuaire. Il défit l'organisation initiale pour désinfecter et blanchir au chlorure de chaux tous les os, afin d'ensuite minutieusement et artistiquement les réassembler pour former la disposition que l'on peut admirer aujourd'hui. Par ailleurs, il n'a gardé que 4 des pyramides d'origine et il a créé ce blason en l'honneur de cette famille ayant financé ses travaux.

"Memento mori"... "Souviens-toi de la mort"...

---> message adressé à toute personne qui ose visiter ce lieu, avec en sous-entendu le fait que nous sommes tous sur le même pied d'égalité face à la mort. Alors, pourquoi ne pas envisager de faire notre possible pour vivre dans la paix et la bonne humeur ?

Ce lieu me laisse à la fois impressionnée par ce travail artistique consciencieux et atypique (quelle idée tout de même !) et interdite par le fait d'être entourée d'ossements humains (qu'avaient ressenti ces 2 hommes en "jouant" avec ces os? leur but profond m'échappe aussi...) ...

Je laisse mes réflexions en suspens car la vie continue ici-bas et il est temps d'aller à la gare !

Anastazie réserve mon billet de train sur son Smartphone en m'inscrivant la référence du code QR sur un papier, que je devrais montrer au contrôleur. On se salue, je rejoins son papa qui m'apporte mon sac et mes vêtements secs (il en prend à eux et en laisse à moi... 😉).

Hop! Je saute dans le train et, une fois installée, lorsque le contrôleur arrive et que je lui tends mon papier avec les références, il me dit que j'ai un ticket pour un express et que je suis dans un régional. Ben mince alors, j'ai pourtant bien checké sur le panneau d'affichage et en plus, j'ai demandé à une personne sur le quai si c'était bien le bon train (pour être bien sûre !). Il ne m'est pas venu à l'esprit de vérifier le n° du train...arfff.... 😉

Le contrôleur me dit que c'est ok et me souhaite un bon voyage, avec un sourire jusqu'aux oreilles, un brin ironique. Ok, j'en comprends vite la raison...le train s'arrête à toutes les gares évidemment!

Je laisse alors aller mes pensées devant le paysage qui défile sous mes yeux...

Arrivée à Choceň plus tard que prévu, je marche dans l'idée de voir les horaires de bus. Karel (l'ange du marché à Prague 😉) m'a invitée à la rencontre de sculpteurs sur bois qu'il organise chez lui. Retrouvaille chaleureuse et hop, en route avec son ami Eric, sculpteur allemand.

Sur place, je rencontre petit à petit tout le groupe (un autre Allemand, un Hollandais (un vrai qui marche avec des sabots!), une Tchèque, un Galois, un Français (du sud)). Je peux sentir la belle énergie qui les lie et je suis heureuse d'être parmi eux pour le week-end ! ^_^

15
juin

Paisible village, forêts aux alentours, la compagnie d'âmes créatives et surtout la présence attentive de mon ami, des participants curieux d'apprendre, de la nourriture préparée avec soin... Avec autant de bonnes conditions réunies, comment ce week-end aurait pu être autre que profondément ressourçant? ^^

Ces 2 journées furent rythmées par les ateliers des artisans-créateurs, qui se déroulaient juste en-dessous de ce magnifique noyer. Cette cour de ferme m'a trop fait penser aux cours de village dans le sud de la France où les villageois se réunissent pour discuter ou jouer à la pétanque ou aux cartes =)

Je donnais un coup de main à la cuisinière quand elle en avait besoin, à vrai dire pas aussi souvent que je le pensais. Elle gérait tellement tout à la perfection, elle m'impressionnait! C'était assez l'aventure pour se comprendre car elle parlait peu anglais mais d'une manière ou d'une autre on y parvenait toujours =)

Le samedi soir, elle avait même prévu avec son mari de faire du pain dans l'ancien four à bois. J'avais déjà cuit du pain de cette façon quelques fois pourtant c'est toujours une expérience un peu différente =)! Déjà ici, la position du four était particulière : du fait d'un réaménagement de la pièce, le four s'est retrouvé au ras du sol! Fameux exercice supplémentaire pendant tout le process du coup. Quand l'heure de les sortir arrive....mmmmmh ;P et miam, l'étape dégustation tant attendue attire tout le monde, un pain encore chaud est partagé, moelleux et légèrement humide mettant en valeur le goût des graines de cumin (ingrédient essentiel de la version traditionnelle ici !).

Je me contenterai juste de participer à une partie de l'atelier de vannerie donné par Cyril (le français). En fait, le matin, en séparant les fanes des racines de radis, je me suis légèrement mais bien entaillée le pouce. Je coupais, tranquille, en rêvassant un peu puis je me suis rendue compte que quelque chose me gênait sur mon pouce et là, oh oh, il était temps que je m'arrête! Bon, c'est sûr la cuisine et moi ça fait souvent 2... 😉 Du coup, je me dis : si déjà avec un couteau de cuisine, certes bien aiguisé, je suis à 2 doigts de me les couper justement, qu'imaginer avec une hache ou un couteau spécial !! 😉

La vannerie se pratique en général en hiver car les branches contiennent très peu de sève, permettant ainsi de conserver les paniers ou autres créations longtemps. La sève est en effet un parfait garde-manger pour les insectes!

Pas évident d'extraire de fines bandes de bois des branches de noisetier! Sans aucun doute, il faut de la dextérité et... de l'huile de coude 😉! Il faut en effet qu'elles soient fines pour pouvoir être pliées et créer le panier mais pas trop pour avoir des bandes aussi longues que possible (c'est-à-dire la taille de la branche). Comme pour toute chose de qualité, il faut du temps, de la pratique et de la patience.

En tout cas, quelle joie d'être baignée dans cette atmosphère de partage, de création, d'apprentissage, de simplicité,...

Ces jours-là, je prends le temps pour tout, vraiment et pleinement, m'imprégnant du rayonnement des énergies diffusées par le groupe et ce lieu paisible.

18
juin
18
juin

Nouvelle journée, nouvelle expédition... Réveil à 5h pour un départ à l'aube... Le bus est là, Karel est à mes côtés. Départ est synonyme de séparation...toujours tristounette l'ambiance de ces moments, n'est-ce pas? Il ne me reste que le papier où la veille, il m’a détaillé mon itinéraire, précieusement plié dans ma poche. A cette heure, le bus est désert, seules quelques personnes me rejoindront plus tard.

Arrivée à Choceň 15 bonnes minutes plus tard, je marche vers la gare, achète mon ticket et hop, dans le train ! Démarrer tôt ses déplacements a au moins un avantage : se mouvoir avec un backpack dans l'air frais matinal est un plaisir =)!

J’arrive à Brno vers 8h20, je suis "submergée" par ce qui m'entoure et me perds un peu dans la gare…hum... (je suis en route pour l'Inde c'est bien ça? ha là là je n'étais sans doute pas encore très bien réveillée 😉) Bref je loupe le bus que je devais prendre, demande mon chemin une bonne dizaine de fois et enfin (il est …10h !) j’y suis (à la gare des bus, gigantesque) ! A la gare de Rousínov, il me faut prendre un autre bus, un de la campagne, un où les chauffeurs se permettent toutes les personnalisations possibles et imaginables, souvent bien rigolotes. Ici le pare-brise est à moitié recouvert d’anciens billets, dont un est aussi grand qu’une feuille A4. Un papy sur le siège d’à côté me dit qu’il s’arrête au même arrêt que moi, il me préviendra. Cool ! Une fois descendus, je tente de lui expliquer par les gestes et le peu de mots en anglais qu’on a en commun où je dois aller car Pavla ne répond pas au téléphone. Il se met activement en quête d’une personne parlant anglais : le village est un peu désert… Il trouve une dame dans son jardin qui ne semble pas le parler plus que lui. Une voiture passe, trop vite. Un instant plus tard, il saute soudain sur une autre voiture, c'est un jeune au volant. Il ne lui échappe pas 😉 Je commence par m’excuser par l’enthousiasme débordant du papy puis il m’indique le chemin. Il faut gravir la colline pour rejoindre l'église, c’est le chemin de la crucifixion… Ouf, je suis heureuse d'être en haut où une jeune vient à moi en souriant : c’est Pavla !

La fameuse église, au toit bleu, m'avait-elle dit. Ha bon?

Même le papy, pourtant du village, ne connaissait pas d'église avec un toit bleu...

Elle me dira qu'elle fût tout un temps en travaux et qu'à ce moment, le toit était recouvert d'une bâche bleue, qu'elle garda en mémoire 😉

Le village d'un point de vue proche de cette église :

Elle a 35 ans et vit en Angleterre, à 1h de Bristol où elle est jardinière chez les particuliers avec option permaculture (ce que j’avais envie d’être avant c’est marrant). La maison où elle passe maintenant ses vacances est en fait le cottage familial. Elle me raconte que du temps du communisme, comme la population était contrainte de rester dans le territoire tchèque, la majorité des gens avait une maison en ville et un cottage à la campagne pour passer leurs vacances. Elle a 2 enfants de 4 et 7 ans qui sont avec leur papa en Angleterre pour le moment. Elle m'avoue qu'elle ne voulait pas d'enfants (pour les mêmes raisons que moi) et que le premier était donc un accident : elle souhaitait évoluer spirituellement et envisageait de partir dans un ashram en Inde et…l'Univers lui a envoyé cet enfant ! J'ai tout de suite accroché avec sa façon de penser 😉

Elle me fait une visite des lieux, il y des toilettes sèches, un jardin qu’elle entretient en permaculture, de magnifiques cerisiers, les parcelles du maraîcher Vikram…Très joli, très « comme à la maison ». Elle me prévient, c’est une zone à tique ici mais elles ne sont pas porteuses de la Borrélia. En parlant de bestioles, à peine le jour tombé, on est massivement attaqué par les moustiques...


Pour une bonne semaine, j'établirai mes quartiers dans la chambre de son adolescence, une carte de l’Europe accrochée juste au-dessus du lit, comme pour me rappeler mon chemin…





Je rencontre Alma, la jeune (slovaque) qui donne un coup de main à Vikram (indien, du Punjab, né en Angleterre). En tant qu'autodidacte, il expérimente jours après jours et apprend de ses essais.

Le premier jour, après le lunch (cuisiné comme ma maman l’aurait fait <3 ^_^), je pars à l’assaut des cerisiers. L’objectif est de remplir le déshydrateur. Les cerises sont bien rouges, miam ;P

Je me rends compte à l’étape dénoyautage qu’elles sont assez habitées…ho ce sera d'autant plus nutritif n'est-ce pas 😉 ? Les cerises à moitié sèches, encore tendres et juteuses au centre, tièdes car toujours dans le déshydrateur en marche sont un pur délice =P

C'est toute une organisation =) 
On les laisse 2 jours à 125°C 

Elle est cool, surtout le matin, je peux être relax, c’est parfait 😉

Elle a des cerisiers de différentes variétés donc la récolte est progressive : quand les premiers se terminent les autres sont prêts. J'en déduis vite que mes activités tourneront autour de ces trésors rouges et j'en suis toute enthousiaste =D!

Cueillette et dénoyautage pour faire de la confiture (qu’elle vendra en Angleterre) ; elle a conçu une recette avec de la mélisse mixée (ajoutée à la fin, hors du feu), du jus de citron, de l'agar agar et du sirop de pomme pour sucrer. Le top!

Je remplis également bocaux et bouteilles avec des cerises entières et ajoute du rhum (ce sera ses cadeaux pour ce Noël), essai d’un bocal avec de la vodka.

Je ferai une tarte presque classique et de la glace (avec du lait de coco et du sirop de datte, miam ;P), Alma fera un gâteau d'ici : le bublanina (son nom évoque les bulles car le gâteau gonfle à la cuisson, comme si on soufflait dans de l'eau savonneuse avec une paille).

De plus, on fera du povidla. Initialement c'est un sirop de prune (l'équivalent de notre sirop de Liège), qui est traditionnellement utilisé pour fourrer des brioches ou chaussons. Habituellement, il se prépare dans une casserole mais elle préfère la variante au four. On remplit donc 2 plats de cerises dénoyautées que l'on met au four toute la nuit à 100°C.

Vikram avait aussi ramené 20 kg de cerises d'un pote à lui (comme si on en manquait ici!). Très avancées, on sélectionne celles qu'on peut sauver. Désolée de voir tant de gâchis, je décide de récupérer les noyaux pour faire des coussins. Sur ma route, je me dis que j'apprendrai à coudre correctement puis que je trouverai ensuite un petit set pour les confectionner et les offrir aux personnes qui m'hébergeront. Je dénoyaute donc sous l’œil incompréhensif des personnes qui m'entoure des kg de cerises pourries.

Je ferai aussi la vaisselle, un peu de jardinage (désherbage, broyage de branches où je coince une branche puis ma main dans l'engin en voulant récupéré la-dite branche, oups..!), cueillette de fraises des bois à mettre au congel pour ses enfants (là, une fois un petit bocal rempli, bienvenu au Paradis : quel subtil et merveilleux parfum, absolument fabuleux... Doux souvenir d'enfance...)

Moins magique, je transporte également un tas de cailloux récupérés vers la future lagune puis Vikram se joint à moi pour transporter le tas de gravier. Lenka, une amie à Pavla (à droite sur la 2ème photo), nous donne un coup de main également.

Pavla est allée chercher des plantes autour d'un point d'eau avec son papa et est toute heureuse de les planter, touche finale à ce projet d'épuration naturelle qu'elle avait planifié il y a un moment déjà.

A propos d'eau...il faisait si chaud un jour, elle m'a proposé ainsi qu'à Lenka d'aller à la piscine naturelle du village. Elle y a donné rendez-vous à son amie Kristina et sa fille Beata (5 ans). On y va par les bois, jolie promenade. Super piscine, je me demande depuis combien de temps je n'ai plus nagé dans une piscine ?? Je ne m'attendais pas à ce que le lieu soit aussi organisé et populaire ! Je n'avais toujours pas de maillot...

En descendant la colline par le bois pour rejoindre la piscine (30 min de marche environ) 
La piscine ! 
Béata, concentrée, gourmande, pensive... ^_^ 

Balançoire et enfant iront-ils de pair tout au long de mon voyage ?

En tout cas, jusqu'à présent, ce sera le jeu qui nous permettra de prendre contact =)

Béata est grande, elle n'a nul besoin de moi pour la pousser et est plutôt fière de me montrer comme elle va haut toute seule 😉

Elle m'emmène ensuite à la plaine de jeu. Là je ferai volontiers un come back dans le passé pour m'amuser avec elle. Enfant, j'adorai tellement 😉

On se pose ensuite un moment à la brasserie...

En un click, Pavla dans toute sa splendeur : pleine de peps, enthousiasme, conscience, féminité, débrouillardise, efficacité, imagination, flexibilité et en plus une british touch, trop charmante, un brin fofolle et rigolote! ;D

Est-ce sa façon de cuisiner qui lui donne un tel rayonnement ? On dit souvent qu'on est ce que l'on mange... Elle prend en effet le temps de préparer des plats végé raffinés, diversifiés et équilibrés en associant de bons ingrédients de base (céréales et légumineuses trempées, graines de nigelle, huile de coco, salade de crudités, peu de gluten et pas de produits laitiers... je me régale !).


Pour le plaisir des yeux... 

Les 2 derniers jours, ambitieuse mission de production de confiture! La cuisine se transforme en véritable unité de production. Je récolte chaque jour 6 kg de cerise et deviens une pro du dénoyautage 😉 J'ose monter sur l'allonge de l’escabelle, c’est vraiment haut ! Ouf...trop haut et précaire pour moi qui ai le vertige. Même si ça fait partie des points que j'aimerais travailler pendant ce voyage, je décide qu'il faut y aller progressivement... 5 secondes c'est un excellent début je trouve 😉! Je monte sur les toits de tous les abris disposés en-dessous des cerisiers, ce qui me convient nettement mieux et grimpe dans un arbre, là je dirai que je suis moyennement à l'aise.

Pavla, avec le grandma ou vintage style (selon les points de vue 😉) en pleine action!  

Pour le fun 😉 J'ai gardé mes doigts rouges au moins une bonne semaine après... On utilisait les cerises pour la teinture autrefois?

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janv
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Publié le 5 janvier 2020

...et de belles résolutions en tête dont la première, d'une importance certaine, est de reprendre les rennes de mon blog! Si, si 😉!

Juste un prétexte car, admettons-le franchement, les résolutions c'est has been. Ce qui m'importe le plus, là tout de suite, est de vous souhaiter - avec un chaleureux sourire ;D - une année scintillante de spontanéité, joie, tranquillité, émerveillement,... et riche en coïncidences révélatrices sur les chemins que vous allez emprunter. Embellissez les routiniers et tentez de nouveaux! Surtout prenez soin de vous, enrichissez votre âme et celles de votre entourage. Quel rayonnement en résultera... attention les yeux je pense qu'on va être ébloui ^_^

Soyez tout aussi flamboyant que ce saule même dans la tempête et généreux de poésie comme ce p'tit gars 😉

Par ailleurs, j'ai de grandes et surtout bonnes nouvelles à vous annoncer 😀 :

Vous vous rappelez, un jour, sur un marché à Prague j'avais rencontré un ange... hé bien nous avons décidé de cheminer ensemble. Cette nouvelle (qui a quelque peu chamboulé le cours de mon voyage, c'est le moins qu'on puisse dire 😉!), est loin d'être un scoop puisque vous êtes pour la plupart déjà au courant. C'est là que ça commence à devenir intéressant... quelle est donc la suite?

Sur une montagne en Slovaquie... Un Petit Prince rêveur...  

Hé bien, surprise!

Ayant quelques années de plus que moi et d'autres projets en perspective, étant artisan dans l'âme (en constante quête d'apprentissage et de perfectionnement) et d'une culture un rien différente, il a fallu accorder nos violons. Ainsi... j'ai emménagé chez lui, enfin là où il loue pour le moment.

Construite selon les traditions, un magnifique noyer trône dans la cour (chaque ferme possède le sien dans le village). Sans eau c...
C'est une ferme-musée qui est de temps en temps louée à des particuliers. Le terrain est parsemé de fruitiers, miam ;P  

Donc nous vivons, je dirai plutôt campons là, le plus joyeusement possible. Le proprio a émis une hypothétique proposition qui serait de nous laisser la prise en charge du lieu... Ayant en tête de trouver un chouette terrain où établir un campement plus pérenne, nos coeurs balancent. Ha que je serai heureuse de m'occuper du jardin en tout cas! Et j'avoue surtout avoir le plaisir d'ouvrir le robinet et voir de l'eau en sortir 😉! En attendant, oublions les possibilités possibles et passons aux choses sérieuses : c'est avec joie que je vous annonce notre mariage prochain, auquel vous êtes tous chaleureusement invités cela va de soi :D et...croyez-le ou non, un bébé est en route, comme on dit "y a que les cons qui ne changent pas d'avis" n'est-ce pas?! Moi qui croyais avoir construit une solide citadelle contre toute tentation masculine...la méthode de construction est à revoir et sérieusement, l'effondrement étant digne d'un simple souffle sur un château de carte 😉 Je rigole bien sûr car je dois avouer que la vie à deux est chouette en fait, pour quelqu'un qui se pensait solitaire endurcie...

Notre photo la plus récente, on ramène du bois. Bolt, le chien, est le plus fidèle des compagnons, toujours enthousiaste dès qu'on...

Sur ce, je vous dis à bientôt, c'est promis =)!

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Publié le 19 janvier 2020

Un prince qui rencontre sa dulcinée... C'est une étrangère en voyage mais qu'importe, elle décide de poser ses valises pour profiter pleinement de la magie de la rencontre. Depuis, ils savourent, jour après jour, la spontanéité et la simplicité de leur relation. Ils semblent en parfaite harmonie pour le plus grand bonheur de leur entourage. Leur mariage, de ce fait, s'organise assez rapidement. C'est l'effervescence dans les familles ainsi que dans le village tout entier. Tout le monde apporte sa fleur au bouquet, les senteurs et couleurs se mélangeant gaiement, participant ici et là afin que l'événement se déroule au mieux. Et oui, le Prince se marie!! Et avec une étrangère de surcroît, vous vous imaginez! Un beau jour, comme si ce n'était pas assez original pour l'époque, la princesse se rend compte que son ventre s'arrondit et doit se rendre à l'évidence : elle va devenir maman. Quel artifice de joie soudainement! Et de surprises...quelle sera la réaction du Prince face à cette nouvelle? Que vont penser leurs familles respectives ?

La suite est entre vos mains ou plutôt, votre imagination... 😉

Ce "conte-minute" est un parallèle avec ce que j'ai raconté... Plus proche d'un joli conte de fée que de la réalité... du moins à mes yeux. Je dirai même que cette histoire serai tout à fait digne d'un conte tchèque en fait. En effet, ils adooooorent les histoires, contes et autres légendes. C'est impressionnant de voir comme ils sont créatifs et inspirés pour créer tout un univers imaginaire pour les enfants (dont les parents peuvent également profiter avec joie). Vous l'aurez compris, j'ai raconté de belles histoires, je voulais un retour en fanfare, et bien, je pense que j'ai réussi mon coup 😉 Tout le monde y a cru, j'ai adoré lire vos réactions qui m'ont moi-même tellement surprise! En effet, je pensais que ces nouvelles étaient tellement improbables me concernant que vous alliez y croire 2 min et puis vous questionnez sur l'éventuelle véracité des faits et enfin rigolez! Donc c'est vraiment bien joué on est finalement tous surpris !!

Il est vrai que ça fait tellement longtemps que je n'avais plus écrit, tellement de choses ont pu se passer, déjà le fait que je rencontre quelqu'un qui est devenu un compagnon de vie était un fameux changement! Mais comment pourrais-je aller si vite alors que la réalisation de mon rêve n'en est qu'à ses débuts? J'ai choisi mon pseudo sur ce blog, SlowElo, exprès et en toute conscience. Grâce à Karim, je suis en pleine relecture de L'Alchimiste (petit rituel du soir, comme ça Karel écoute du français 😉 et il le lit en parallèle en tchèque pour se remémorer pleinement le récit). S'il y a bien une chose dont je suis sûre c'est qu'il faut que je continue ma route, je suis sur les pas de ma Légende Personnelle d'où la positivité qui fleurit tout le long. Que l'Aventure continue!! :D

Sur ce, j'y réfléchirai à 2 fois avant de faire des blagues dorénavant 😉 En tout cas, merci, car tout m'est allé droit au...

Seraient-ce des messages de l'Univers 😉? 
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Revenons à des choses bien plus pragmatiques 😉 ...

Depuis mon saut à Liège fin août, j'ai pleinement plongé dans la multitude d'activités au programme de l'automne et je peux vous dire qu'on peut se sentir dépasser par moment! Ou...peut-être est-ce juste moi ;P? Bref, les bébés, le mariage, la maison, tout ça on verra ça plus tard hein ;D Mes journées se rythmaient entre cuisine (oui, oui, fameuse expérience journalière!), travail pour le lieu (le deal pour ma présence ici : 1h de travail par jour) et conservation des dons de la nature. Si bien que les jours s'enchaînaient les uns après les autres, et hop les mois sont vite passés!

Une fois installée à nouveau chez Karel (vers le 10 septembre), j'ai donc surtout enfilé un tablier de cuisine (façon de parler car je ne suis pas du genre à m'embarrasser de ce genre de déguisement) et expérimenté! Karel s'étant blessé à un doigt, les orties étaient au menu quotidien. Je me suis étonnée moi-même à inventer des recettes qui définitivement ont surpris nos papilles. Il y avait en effet de magnifiques buissons dans le jardin (oui, heu, les chèvres étaient en charge de l'entretien) et étant une véritable bombe énergétique c'était parfait! Comme on le sait, elle est riche en silice (régénération des tissus, bonne pour les articulations et les os...) mais elle est aussi une des plantes les plus nutritives (parmi les végétaux cultivés ou non), elle est riche notamment en vitamine C (bien plus que les agrumes) et fer (qui vont de pair pour une assimilation optimale), j'ai appris également qu'elle contient du bore (joue un rôle important dans la fixation du calcium) et les 8 acides aminés essentiels (la seule dans le monde végétal, la question est du coup : comment cela se fait-il qu'elle n'est pas en vente dans les magasins bio? Sous la forme d'une poudre comme les super aliments Purasana qui viennent du bout du monde alors que chez nous, nous avons tout ce qu'il nous faut... L'idée est lancée 😉!). Last but not least, elle possède un pouvoir antioxydant élevé. Le seul bémol, car si tout était parfait ce serait bien ennuyeux n'est-ce pas?, elle pique... Mais si on les cueille en toute conscience, elles s'adoucissent et puis au pire c'est bon pour la circulation sanguine n'est-ce pas ;P?! Cela dit, après séchage, elle perd 90% de son pouvoir urticant, j'ai testé. Soit dit en passant, les poils urticants sont en fait constitués de silice, qui, après avoir pénétré notre douce peau, se brisent et libèrent entre autre, de l'acide formique (comme chez les fourmis) et de l'histamine d'où les réactions inflammatoires.

L'idée pour bénéficier pleinement de sa richesse en vitamine est de la consommer crue... Avec le Jazz Max, j'en faisais des jus (avec autres légumes), qui, rien qu'en voyant la couleur donne déjà un sacré peps! Ici je la "cuisais" à la vapeur (quelques minutes seulement) puis je la mixais avec de l'huile d'olive et des épices. Evidemment c'est comme les épinards, il en faut un sacré paquet pour en obtenir une poignée à la fin. J'avais le temps donc c'était une belle occasion! A part de nombreuses variantes de soupe, j'ai fait des petits chaussons ou des roulés (photos), des dips accompagnants des galettes de céréale ou de pomme de terre aux légumes...vous l'aurez compris je me suis surpassée dans ce domaine. Elle s’accommode avec à peu près tout, on aimait bien avec du tahin et des graines d'anis =)

Bolt, toujours de la partie 😉

Pour le plaisir des yeux, quelques jolies salades faites, jusqu'au moment où c'était possible, avec des plantes du jardin 😉 :

Je me suis lancée dans la déshydratation des pommes cueillies le long du chemin derrière chez nous. Après les avoir rincées, je les coupais finement au couteau puis les ai suspendues à une ficelle accrochée au plafond dans notre chambre. Bons moments de méditation 😉

Par ailleurs, je découvre la forêt alentour avec Bolt disparaissant d'un côté pour en surgir de l'autre, déroutant et impressionnant, voyant à la vitesse à laquelle il court sans cesse! Sur le chemin du retour, je ramenais des branches comme bois de chauffage. Avec Karel on s'était donné comme objectif quotidien de couper l'équivalent de 2 brouettes. Objectif assez réussi...pour un temps 😉

Soleil, pluie... Pluie, soleil... Pouf pouf, qui poussent si bien dans la forêt dans des conditions pareilles ? Hé oui, les champi! Et ici, c'est du sérieux, on en ramène des paniers!! N'étant pas grands connaisseurs, on se limite aux bolets et lépiotes (aussi appelées coulemelles). Là aussi vu la quantité (à l'orée du bois ou au fond du jardin, ces dernières poussaient en abondant petits groupes), en ayant notre dose des versions frites à la poêle, je me suis mise à les déshydrater au four (50°C avec un couteau pour coincer la porte légèrement ouverte pendant une nuit environ). Pareil pour les bolets, qui, bonne nouvelle, perdent en bonne partie leur aspect gluant 😉 Très pratique car maintenant je les ajoute à de nombreux plats 😀

Les coulemelles... 
Les bolets... 

Voilà sans doute ce que j'ai apprécié le plus en étant paumée dans cette campagne : cette connexion à la nature, que j'avais un peu perdue malgré moi!

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Publié le 8 février 2020

En vrac, quelques photos un brin énigmatique... Si vous avez l'envie et le temps de jouer un peu 😉 Je serais curieuse de lire vos propositions. Les enfants sont bien évidemment invités à participer 😀

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Un jour, le mardi 5 novembre précisément, Karel est allé dans une ferme bio à Sachov, à 10 km de chez nous. Il en a ramené des carottes et betteraves ainsi que des poires et nashis (poires japonaises). Ce jour-là, béni soit-il (et Karel et le jour 😉), fût un des plus mémorables, je me rappelle encore croquer à belles dents dans une carotte, quel plaisir, quel goût!! Haaa du bio, local et frais, le trio de choc pour illuminer une journée ;P

En passant, une petite pub pour Le nuage blanc, son nom 😉 :

Ferme familiale ayant démarré ses activités en 2005, ils y cultivent carottes, betteraves et potimarrons. Ils ont, de plus, des vergers de pommiers (40 variétés différentes locales, de l'est de la Bohème), poiriers, pruniers, nashis, cerisiers. Une partie a été plantée autour de la ferme et ils louent des vergers à hautes tiges dans l'est du pays dont ils prennent soin de conserver la biodiversité. Sympa de savoir qu'ils ne se contentent pas juste de produire bio mais qu'ils ont un projet de protection de l'environnement plus large. Principalement en vente en vrac sur place, ils livrent également la capitale. Leur jus de pomme est conditionné en cubi de 5 l qui, après ouverture, se conserve un mois. Ils proposent des variantes : pomme/betterave, pomme/poire/potimarron... =)! Côté animaux, ils ont un troupeau de Suffolk dont ils vendent les agneaux pour la viande et des oies d'une race tchèque. Par ailleurs, ils offrent un hébergement à la ferme d'une capacité de 25 lits et ont une grande salle où peuvent être organisé des événements divers (séminaires, ateliers, mariages,...)

Comme c'était une petite expédition pour s'y rendre, Karel avait commandé quelques kilos, qu'il fallut stocker...c'est là que j'entre en scène =) Hop une caisse en bois, du sable et du carton pour éviter que le sable ne s'échappe et le tour est joué 😀 J'ai de cette façon alterné des couches de sable d'environ 5 bons cm avec les carottes. Elles étaient cette fois non lavées mais ça marche aussi avec des grossièrement lavées car c'était le cas la fois suivante et j'ai procédé de même. Résultat : bonne conservation pendant 3 mois en pensant à ajouter de l'eau (de pluie) de temps en temps afin de garder le sable humide. Le top vu la relative difficulté de trouver des légumes (et fruits) bio et locaux et de se déplacer (Karel n'a ni voiture ni permis de conduire) 😀!

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Publié le 3 février 2020

Une de mes premières tâches fut de désherber le chemin. Travail qui a finalement relevé de l'archéologie! Le proprio m'a lancé, un jour qu'il me voyait à l'oeuvre : "Tu n'as pas besoin d'être si méticuleuse, ce chemin n'a pas été désherbé depuis 10 ans". Ha! Alors c'est reparti pour une décennie de tranquillité 😉

La nature est en paix ici et peut librement conquérir les "jardinières". Ortie, pissenlit, lierre terrestre, poussez gaiement 😉! 

Ensuite, il a fallu que je brosse des briques pour faire réapparaître leur couleur d'origine. Et ces briques étaient stockées dans la ferme abandonnée jouxtant la nôtre donc bonne activité physique lors des transports! Usage ultérieur et intérieur. Pour l'anecdote, un jour, on compte ce que j'ai déjà brossé pour comparer avec ce dont on a besoin et...devinez? Les nombres coïncidaient bien sûr! Au final j'en aurais nettoyé une soixantaine.

J'ai pris la photo de gauche la nuit tombait, rassurez-vous elles n'étaient pas aussi noire (du moins pas de chaque côté)

A l'intérieur, j'ai pris mon courage à 2 mains pour entreprendre le lavage annuel des vitres, double fenêtre vous vous rappelez ici, c'est la coutume. Et tant qu'à faire les toiles d'araignée que, j'y pense, j'aurais pu garder. Les scientifiques ont trouvé un moyen de faire un fil extra solide avec non? Ca aurait pu être utile pour Halloween sinon 😉

La clôture entourant la propriété est à refaire également donc avec Karel on s'y est mis. Fameux boulot car ce sont des pieux qu'il faut planter! Au moins c'est du solide, on peut revenir dans 50 ans, tout sera toujours en place 😉

La technique de Karel est de faire un feu dans le trou afin de brûler l'extrémité du pieu qui se trouvera sous terre pour le protéger. Ensuite on alternait caillasse, cendre/charbon et sable. Comme Karel avait du boulot, j'ai fini par faire ce que je pouvais toute seule. Pour m'encourager, les chats étaient de la partie et qu'ai-je trouvé une fois au fond du trou que je peinais à creuser (souvent la terre était limoneuse mais parfois les racines ou de l'argile corsaient l'affaire) ?

Travail toujours en cours car la météo nous encourage plutôt à des travaux d'intérieur...

Donc me voici à décaper le mur de notre chambre afin d'enlever les multitudes de couches de peinture à la chaux. Finalement Karel a décidé de mettre un enduit à l'argile (argile/sable/eau) car il y avait beaucoup de creux et une grosse fissure. Détails qui font sourire sur la 2ème photo : la mousse comme isolant et le bouton de centaurée dans le trou 😉!

Au tour de Karel ! Il a appliqué une première couche fine (même mélange que l'enduit en plus dilué) pour boucher les anfractuosités et jouer le rôle d'accroche puis une couche plus épaisse et enfin il a passé un coup d'éponge humide pour enlever le sable en surface et rendre ainsi le mur plus lisse.

Maintenant, au tour des briques bien frottées qui attendaient patiemment d'entrer en jeu...! Une première couche de pierres plates pour une remise à niveau, que j'ai fixées avec l'enduit à l'argile. Ensuite j'ai disposé les briques, en jouant avec le niveau car elles ont une épaisseur qui diffère légèrement à chaque fois puis j'ai appliqué un joint d'argile pour combler le trou entre les briques et la poutre.

J'étais loin d'imaginer que j'allais m'atteler à des travaux de rénovation d'une vieille bâtisse en m'installant avec Karel et je dois bien avouer que je serai contente de passer à autre chose...

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Publié le 13 février 2020

Dans une partie du verger, plus sauvage, Karel m'a fait découvrir un néflier. Je pensais que les fruits se consommaient uniquement cuits (confiture notamment) mais il m'a démontré le contraire en en pressant un directement dans sa bouche pour en extraire la pulpe ! Il adore. Je trouve le goût assez étrange, légèrement acide, peu sucré, un peu "tourné"...

Pour info, le néflier commun est originaire d’Asie du Sud-Ouest et du Moyen-Orient. Il pousse abondamment en Turquie, Iran, Caucase et Turkménistan. Je note au passage cette info dans un coin de ma tête pour motiver Karel à me suivre vers ces pays 😉

Fin octobre, par une lumineuse journée =) 

Ces petits fruits rondouillets se récoltent après les premières gelées, une fois blets. Ultra mûrs, leur consistance est molle et fragile, à manipuler avec douceur donc. Riche en vitamine C (ça tombe à pic en cette saison) et A, potassium et magnésium, la nèfle a des propriétés antioxydante, diurétique, astringente et tonique. On la recommande en cas d’infections intestinales et diarrhée.

Jolie coccinelle ayant apparu au milieu de la récolte, sympathique surprise 😀

Vu la générosité de ce p'tit bout d'arbre, j'ai tenté d'en faire une pâte afin de la déshydrater... J'ignorais dans quoi je me lançais...

Le matin d'un certain 20 novembre, je m'attelais donc à transformer les fruits récoltés la veille. Véritable activité méditative, ça me prend 1h15 rien que de les éplucher. En fait, l'opération est aussi délicate que d'éplucher des tomates ébouillantées. Ensuite, 1h encore pour extraire les pépins (5 par fruits, je vous laisse imaginer la patience que cela requière) pour finalement obtenir cette purée (575g pour 1,130kg de nèfles entières). Ouf, contente de la contempler dans le bol et tourner et retourner avec plaisir une cuillère dedans 😉!

J'ai étalé finement cette purée sur du papier cuisson dans l'idée de faire du cuir de fruit. Après déshydratation (au four à 50°C avec un couteau pour laisser la porte entrouverte), le résultat fût assez étonnant... 😉 La pâte s'était rétractée et était vraiment devenue sèche et dure. A revoir donc, hum...

Me voilà ainsi repartie pour un second essai avec les dernières nèfles récoltées le 29 novembre. Un peu tard, nombreuses d'entre elles étaient alcooliques.

Cette fois il m'a fallu 1h45 pour éplucher et épépiner 1,070kg de nèfle, ce qui a donné 307g de purée (car beaucoup était dans un état fort avancé). Alors a commencé le jeu des associations : pomme fraîche, raisins secs, dattes, poires séchées =) J'ai donc fait plusieurs mélanges que j'ai ensuite étalés sur une épaisseur d'1,5cm cette fois. Déshydratation pendant 11h et là, cool!, le goût était bien sûr nettement meilleur et la texture plus tendre. En bref, c'était plus mangeable ;P

Je comprends maintenant pourquoi ce fruit est délaissé de nos jours. Ce serait probablement une chouette idée d'organiser un atelier-rencontre entre personnes intéressées pour rendre ce genre d'activité laborieuse plus légère et divertissante =)

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Publié le 10 février 2020

Une fois notre équipe de personnes intéressées réunies, nous voilà lancés dans l'aventure. Il y a effectivement un four à pain à notre libre disposition, belle opportunité pour s'essayer. S'il est si bas c'est pour garder la forme 😉! ...A vrai dire, auparavant, il y avait "un trou" devant, qui a été comblé. Résultat : maintenant il faut se baisser. Tout ne peut pas toujours être pensé pratico-pratique... Bref, dès leur arrivée on met le feu en route car la température doit monter à 450°C. Alors commence le ballet des brouettes emplies de branches... =)

Pendant que le feu bat son plein, vient le moment du pétrissage... Et du façonnage... Le temps devient ensuite le maître des opérations... Karel avait hâte de tester le levain qu'un boulanger lui avait donné =)

3ème photo : bout de pâte laissé en plan pour aller vérifier la température du four...mais, mais, c'est un coeur? 😉

On les laisse lever 3h et quand on soulève les essuies...

Joli ^_^! 

Il est temps d'enlever les braises. Vite, vite car la température descend rapidement ! En 30 min tout est évacué.

On fignole le nettoyage à l'aide d'un bâton d'où sont accrochés des bouts de tissu. 

Armés de lampes (frontale et Smartphone)... : sûr, tout est bien propre? Alors arrive le moment fatidique du test de la température (le thermomètre, externe, n'étant pas 100% fiable) : hop, on jette un peu de farine. Si elle brûle, le température est trop haute. L'idéal est qu'elle vire en une belle couleur dorée. Bon...nous elle reste blanche comme neige... Zut, pas le choix et vite : un pain à enfourner svp! La température à ce moment devrait être de 200°C. Le thermomètre indiquait 150°C, en sachant qu'il est influencé par la température extérieure.

Tout le monde est là ? Alors, à Dieu va!  

Après environ 1h de patience-impatience...roulement de tambour....ouverture et contorsionnements, les plus souples d'entre nous sont vivement invités à s'activer de nouveau 😉

Toc toc toc, pain es-tu cuit?? Les plus grands (les 2 nôtres) ont effectivement besoin d'une cuisson prolongée. Karel, prévoyant, avait mis le four électrique en route au cas où. Pour les autres, un peu d'eau sur la croûte pour éviter qu'elle ne durcisse trop.

Magie et surprise de l'instant... 

Arffff difficile d'attendre le complet refroidissement avant de déguster...

Qui veut une tartine généreusement garnie par Karel ? Beurre, miel, cannelle, avec ou sans beurre de cacahuète? ;P

Yummy yummy ^_^  Après quelques jours, la croûte défiait quand même la résistance de nos dents 😉

Le trouvant néanmoins assez acide, Karel m'avoue...il a mis du vinaigre. Ha bon?! Quelle drôle d'idée... Apparemment c'est un des ingrédients de la recette traditionnelle, en plus des fameuses graines de carvi dont tout le monde se rappelle après avoir séjourné dans un de ces pays (c'était pareil quand j'étais en Lituanie)...n'est-ce pas? 😉

Quelle expérience! Attente, efforts, coup de stress, repos, surprise, joie de déguster le fruit du travail accompli, que d'émotions!

Souhaitant réitéré l'expérience, j'avais coupé et préparé des branches d'un giga tas au fond du jardin en paquets prêts à être transportés pour faciliter cette partie du travail.

Les fagots entreposés où il était possible en-dessous d'un abri, attendant le moment opportun

La venue d'un ami à Karel, le 28 et 29 janvier, fût une bonne occasion =) Ayant travaillé ensemble pendant un moment dans un salon de thé, la zen attitude était assurée 😉

Karel s'était cassé la nénette et avait fait des crêpes! Mmmmh le délicieux mélange pavot-lait-povidla (équivalent du sirop de Liè...

Même process donc mais cette fois-ci la température montait, montait...jusqu'à dilater les fissures initialement présentes sur le mur autour du four...oups...!! 750°C !! On a dû retirer des branches en feu plus tôt que prévu. Ohlàlà la fumée !! On attend un moment puis on retire les braises pour enfourner les pains.

Après environ 30min, suspens...zut alors le solarium a dû être déréglé car...ce n'est pas dorés qu'ils en sont sortis mais plutôt brûlés-crâmés... Hum... Zut de zut, décidément!

J'avais fait des biscuits pour l'occasion : spéculoos et thé matcha/chocolat en pépites, 10 bonnes min auront suffi pour qu'ils se...

Cela dit, malgré nos déboires avec la température, les pains étaient vraiment délicieux, moelleux à l'intérieur et très doux (même si le temps de levée fût d'1h seulement car on ne parvenait pas à retrouver la levure (on voulait tester un mélange levain/levure) et, ayant retiré du combustible, le temps nous était compté!). On avait innové question goût : azukis trempés une nuit-graines de tournesol, romarin-sauge-tomates séchées, noix-miel (difficile d'arriver à la cheville de celui de Benoît Segonds 😉).

Jamais 2 sans 3 dit-on, alors quand sera la prochaine fournée? =)

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Tout le long du mois d'octobre et début novembre, j'ai été bien affairée à récolter et faire sécher les noix. En effet, elles sont tombées en abondance des 3 noyers présents sur le site (de 3 variétés différentes, ce fût une belle découverte!). Après une expédition à la Ville (clin d'oeil à ce que je ressentais au début en étant dans ce village reculé 😉) pour récupérer des caisses/cagettes, je les ai étendues le plus possible pour optimaliser leur séchage. Je me rappelle la tête du chauffeur en pénétrant dans le bus, ma p'tite tête dépassant d'un côté de la pile que j'avais dans les bras 😉

L'exposition était parfaite pour le séchage 
J'avais de la compagnie, supervisant le bon déroulement du process 😉

Vu la quantité, j'ai eu l'idée un jour d'en transférer une partie (celles récoltées au tout début) à l'intérieur, où je pouvais. Idée qui se révéla peu judicieuse car manquant d'une bonne aération, de la moisissure s'est développée sur les coques... Du coup, hop, hop! chemin inverse!

Elles auront séché ainsi à l'air libre pendant 3 semaines environ, j'essayais de les remuer régulièrement. J'aimais les moments de récolte, quand le soleil me réchauffait le dos, j'avais une légère impression de ramasser des oeufs de Pâques 😉 Je m'amusais aussi à rassembler les coques vides comme bois de chauffage (excellent boost pour démarrer ou réanimer un feu).

A propos et pas trop à propos (ça parle plutôt de noisettes que de noix mais on reste dans la catégorie des oléagineux 😉), j'aimerais vous faire partager un conte très populaire en Tchéquie : Trois noisettes pour Cendrillon (titre original : Tři oříšky pro Popelku).

Coproduction germano-tchécoslovaque de 1973, c'est un film culte pour les Tchèques. En fait, pendant la période de Noël, regarder en famille les « pohádky », contes de fées animés, fait partie du rituel au même titre que décorer le sapin. Soit dit en passant, l'engouement tchèque pour les contes est bien plus général comme j'ai pu le constater avec Karel qui, souvent, me trouvait une nouvelle histoire =)! Les enfants sont ouverts à ce monde féérique avec la lecture des contes traditionnels puis le plaisir se prolonge avec les films inspirés de ces contes. Sous le régime communiste ces adaptations cinématographiques ont joué un rôle de refuge tant pour la population que pour les métiers du cinéma car ils étaient un moyen d'expression libre. Par ailleurs, le critique de cinéma Michal Procházka rappelle, sur le site radio.cz :


« Ça fait partie de la tradition de la culture tchèque. Quand on remonte dans le temps jusqu’à l’époque du mouvement de renaissance nationale au XIXe siècle, on découvre que les écrivains tchèques, les personnalités de ce mouvement passaient de village en village pour collecter les contes de fées du patrimoine de la littérature orale. Les écrivains essayaient en quelque sorte de ‘consoler’ la nation tchèque qui était dans une période difficile. C’était un moyen de sauvegarder la langue et la culture tchèques, car la culture et la langue officielles était allemandes. »

Bref, revenons à l'histoire que j'aimerais partager avec vous :

La version tchèque nous propose une Cendrillon (Popelka en tchèque) jolie et gracieuse bien sûr mais surtout effrontée, dégourdie, malicieuse, joueuse et qui sait exactement ce qu'elle veut. Après la mort de son père, qui lui apprit à monter à cheval et tirer à l'arbalète, le domaine tombe entre les mains dirigeantes de sa belle-mère. Cette dernière restreint Popelka au titre de femme à tout faire et arrive toujours à lui trouver des tâches ingrates à exécuter. La jeune fille peut néanmoins compter sur l'aide de ses amis les animaux pour surmonter ces punitions non méritées. Le vent tourne lorsqu'un jour un des serviteurs va à la ville et lui ramène trois noisettes (reliées les unes aux autres telles des cerises) qui se révèlent être magiques. De la première apparaît un costume de chasse, de la seconde une robe de bal et enfin de la troisième, une robe de mariée. Popelka rencontre une première fois le Prince, sans le savoir, au cours d'une escapade en forêt. Elle le surprend ensuite par son adresse à tirer à l'arbalète. Les parents du Prince, ayant décidé qu'il était temps de le marier, organisent pour l'occasion un bal. Popelka, scintillante dans la robe sortie de la noisette, trouve le moyen d'y assister et danse avec le Prince en voilant son visage. Le Prince, désirant connaître son identité, reçoit pour toute réponse une devinette. Elle s'enfuit alors et perd dans la course une de ses chaussures. Séduit par ce tempérament hors du commun, le coeur du Prince ne bat plus que pour elle et il n'a plus qu'une idée en tête : retrouver cette mystérieuse jeune fille au si petit pied...

Il a été traduit en français donc si vous avez l'occasion de trouver le DVD, je vous le recommande chaleureusement! C'est une version bien plus pétillante que celle que l'on connait =)

19
déc

Pouvant obtenir de la cire d'abeille du proprio qui dispose de 3 ruches dans le verger, je me suis lancée dans l'aventure... Quel régal pour les sens!

Découverte des produits de la ruche : miel, pollen, propolis et...sucre! Le proprio les nourrit apparemment au sucre blanc..

L'idée est donc premièrement d'enlever la cire des rayons afin de la fondre dans une casserole contenant de l'eau.

Ensuite filtrer et mettre la petite casserole au frais afin que la cire durcisse. Remarque : les gants étaient absolument inutiles à cette étape mais je venais de retirer la casserole du feu.

On obtient ainsi de grandes "pastilles" de cire...

...que j'ai refondu finalement toutes ensemble afin de pouvoir racler les impuretés qui se trouvent sur l'une des faces. J'ai ainsi obtenu des 6 rayons un bloc de 415g de cire.

J'avais décidé d'essayer de faire des couvercles pour les grands bocaux et des bougies.

Pour les couvercles, j'ai simplement râpé la cire et l'ai disposée de manière uniforme sur les carrés de tissu en coton que j'ai ensuite mis au four à 100°C quelques minutes. Le coton que j'ai utilisé était assez épais donc n'adhérait pas super bien sinon ça fonctionne =)

Et les bougies... dont la mèche est faite...de papier toilette roulé-mouillé 😉!

Une des traditions tchèques à Noël est de prédire l'avenir en laissant voguer des petits bateaux construits d'une demi coque de noix emplie de cire. Une cuvette est remplie d'eau et chaque membre de la famille, une fois la mèche allumée, positionne son bateau sur l'un des bords. A ce moment peut être posée une question unique et claire sur un sujet choisi. Le destin prend ensuite la direction des opérations =) Les interprétations varient quant au trajet effectué. Si le bateau reste au bord, il n’y aura pas de changements l’année prochaine. Si le bateau coule, toute tentative de changement de la situation sera vaine. Si le bateau touche un autre bateau, cela signifie amour et amitié. Si les bateaux forment un cercle les relations seront sans problème, avec un respect mutuel. Si le bateau est entouré par les autres, cela montre un besoin de protection et d'aide. Si le bateau s'éloigne du cercle, il quittera sa famille. Si le bateau tourne dans le cercle, cela montre qu'il lui est difficile de prendre une décision. Si la bougie s'éteint cela traduit de l'insincérité ou des relations émotionnelles compliquées. Enfin si le bateau arrive à la rive opposée, l'année sera bonne et les souhaits seront exaucés.

Nous l'avons expérimenté 😉 Le bateau de Karel était celui brillant et le mien avec la flamme vivotante. Celui de Karel est allé doucement et directement en face après un arrêt à ma hauteur. Le mien, quant à lui, a bien pris son temps et hésité, faisant quasi un tour sur lui-même au niveau de Karel puis un arc de cercle en allant légèrement en arrière pour finalement arriver en face! C'est sûr je me pose des questions sur le chemin à prendre...

Une alternative aux bateaux-bougie était de faire fondre du plomb et interpréter la forme des gouttes tombées dans l'eau. Surprenante idée!

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mars
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Publié le 28 mars 2020


En ce temps de crise sanitaire, où d'une certaine manière chacun est cloîtré chez soi, c'est le moment idéal pour tester de nouvelles recettes tout en époussetant les recettes ancestrales afin de raviver nos mémoires gustatives. Mais au fait, en quoi consistent les traditions culinaires tchèques? Choucroute, pommes de terre, viandes en sauce, saucisses,... Une chose est sûre, les amateurs en ressortent rassasiés, les plats étant assez consistants. Honnêtement, la cuisine tchèque n'est pas des plus raffinées mais...elle révèle bien des surprises ;P

Quelques incontournables :

* Grands fans de friture, tout ce qui peut se paner est pané : fromage chaud ("smažený sýr", je suppose l'équivalent de nos fondues fromage De Paddestoel 😉), escalope, boulettes de viande mais aussi poisson, champignons...

* La soupe, ils adorent! Un dicton : "la soupe, c’est la base et la viande c’est pour finir" et Karel ajoute "qui ne la termine pas reste petit"! Elle fait donc partie du menu quotidien, avec d'innombrables déclinaisons dont la fameuse...soupe à l'ail!! Evidemment, dans ce registre difficile d'éviter les alliacées... Surtout que les Tchèques ont la main généreuse sur l'ail dont ils raffolent... Ceci dit, la maman de Karel a sa spécialité : de type minestrone, composée de riz ou pâte, carotte et céleri-rave : toute simple, mon bonheur 😉!

*Question fromages : le Hermelin, comme un camembert en plus doux et le tvaroh, qui se situe entre le fromage frais et le fromage blanc et se présente à la fois sous la forme d'un bloc que d'une crème. Goût suret comme la maquée. Photo ci-contre l'illustrant ---> avec du miel et de la cannelle...yummy ;P

* Peu de poisson mise à part de la carpe, qui vient des étangs de la Bohême du Sud, pour le repas traditionnel de Noël.

*Côté légumes, ça tourne autour des pommes de terre, oignons, choux (spécialement blanc & rouge et de Savoie), légumes racines (surtout carotte, céleri-rave), tomates, concombres et surtout ses petits frères les cornichons (preuve à l'appui 😉). En image également, le plus grand et beau rayon de fruits&légumes bio que j'ai pu trouver!

* Le goulash bien sûr (même s'il est originellement hongrois), décliné sous différente forme. Il est traditionnellement servi avec des knedlíky. C'est maintenant qu'arrivent les surprises...

Lors d'une de mes premières expéditions dans un supermarché, j'ai découvert ces étrangetés blanches saucissonnées dans du plastique au rayon frais... Révélation quelque temps plus tard : c'est le fameux knedlík, un pain vapeur fait de farine, levure, oeuf, lait et morceaux de pain blanc sec. La texture est très moelleuse tout en restant consistante. Véritable institution, il est l'équivalent des frites chez nous.


Ce pain est habituellement servi coupé en tranches, en accompagnement d'une préparation en sauce avec de la viande (photo). Il compose le plat du nom de rajska, une sauce tomate servie avec du boeuf, une autre spécialité de la maman de Karel qu'elle prend plaisir à nous préparer sans la viande bien sûr. La sauce est épicée avec de la cannelle ;P! La première fois j'ai été surprise que ça soit si sucré. J'ai ensuite réalisé qu'ici un plat principal peut tout à fait l'être!

Parenthèse "povidla", ce sirop tartinable de prune (la chose noirâtre qui ressemble à du pétrole sur la photo ci-dessus).

Fin août, juste avant de faire mon saut à Liège, j'ai tenté l'expérience. La petite route étant jalonnée de pruniers, j'avais de quoi faire! Après récolte, lavage et dénoyautage, je les ai mises dans un caquelon pour un voyage dans le four de plusieurs heures (6h à 100°C si mes souvenirs sont bons). La texture était différente bien sûr, ça ressemblait plus à bonne compote longuement mijotée.

Plat sucré-salé super typique : le svícková na smetane, un rôti de boeuf à la crème, accompagné d'airelle et de crème chantilly. Ici en version vegan, si si dans ce royaume carnivore c'est possible 😉! La sauce était un velouté de légumes racines (céleri-rave, carotte, navet) et la viande était remplacée par du tofu fumé. Le knedlik avait été préparé à partir d'orge, rendant le pain presqu'aussi dense que le tofu 😉. Confiture d'airelle et chantilly toute légère (sans doute faite à partir de jus de pois chiche) et haaaaa du persil frais, yessSSSss 😀!

Un svícková na smetane vegan 😀

Les knedliky ont également des versions sucrées qui se présentent totalement différemment. La plus populaire se compose de boules de pâte fourrées à de la purée de fruit (prune, fraise ou abricot). On les trouve au rayon surgelé des supermarchés. J'ai testé une recette et créé une supernova de knedliky ;D mes petites boules s'étant toutes collées entre elles, je les ai déposées dans la corbeille vapeur telles quelles et le résultat fût plutôt drôle ;P! Ces knedliky sont servis traditionnellement avec du beurre fondu, du sucre glace et du fromage blanc. Une autre façon de faire est de mettre des fruits frais à l'intérieur (1ère photo).

A la venue de Karim, j'avais essayé la recette des knedliky aux myrtilles. Ayant déjà mangé ceux fourrés aux fruits, j'avais cette taille en tête. Karel a trouvé ces petites boules de pain très mignonnes 😉 En effet pour cette recette, elles sont bien plus grandes donc il y en a moins dans l'assiette et les fruits sont ajoutés sur le dessus. Un concours est organisé chaque année afin d'élire le roi de ces knedliky... Normalement, une assiette en contient 3-4. Le gagnant du concours a réussi à s'en enfiler 20 pour ensuite enfourcher son vélo et pédaler 40 km!

Pour clore ce chapitre en anecdote, les Tchèques ont pour expression d'avoir non pas un chat mais un knedlik coincé dans la gorge quand ils sont enroués 😉

Dans le même genre, ces préparations à base de pomme de terre et de farine que l'on consomme avec des graines de pavot en poudre, du sucre et/ou du fromage frais râpé (le fameux tvaroh). J'ai testé une fois, c'est du lourd!


Parmi d'autres typicités, les galettes de pomme de terre, avec plein d'ail et de la marjolaine. Karel prenait plaisir à en faire de temps en temps (sans ail évidemment) =). Je pense que c'était la première fois que je goûtais réellement de la marjolaine, qu'auparavant je prenais pour une aromate semblable à l'origan. He bien pas vraiment, c'est très fort en goût! Il faut aimer...



Sur le marché à Prague, j'ai pu goûter une version garnie des très populaires topinka (tranches de pain frites et frottées à l’ail). En fait ici le pain était simplement toasté et garni de délicieux pestos de sauge et roquette (à base de graines de tournesol et sans ail, ouf 😀!), tartinés moitié moitié sur la tranche...mmmh... ^_^ Inutile de préciser que les tranches de concombre c'est ma touche perso ;P



Last but not least, j'avais testé cette recette de petits pains plats dont le nom "kresné" fait référence à la première farine qui est produite une fois les pierres du moulin polies. Placky faisant référence à "plat" comprenant donc les crêpes, galettes,...




Par ailleurs, les Tchèques ont clairement la dent sucrée... Alors, les vôtres sont-elles toujours bien accrochées ?!? Un bon conseil : ayez toujours un tube de dentifrice à portée de main et, tant qu'à faire, le numéro d'un dentiste ;P

Soit...commençons notre exploration du pays d'Hansel et Gretel par les buchty, ces brioches fourrées de confiture ou pavot. C'est un des gâteaux par excellence, elles sont préparées sur de grandes plaques et une fois sorties du four, il y en a pour un certain nombre!

Autre gâteau, héritage de l'empire austro-hongrois (comme le strüdel d'ailleurs dont existe également une version rien qu'au pavot) : le babovka, à l'image du kouglof, gâteau marbré avec ou sans poudre de noix, saupoudré de sucre glace. Un classique lors des fêtes de famille.

On les aperçoit sur la photo ci-contre, en partant du haut, 2ème étage, les 2 gâteaux au centre. J'ai été assez vite car les vendeuses me regardaient de travers genre "elle a jamais vu d'gâteaux celle-là ou quoi?!"... Soit, je leur ai fait un grand sourire et ai demandé un morceau de pernik, aussi très fameux, gâteau aux épices (style spéculoos) avec une couche de confiture aux fruits rouges au centre et une ganache de chocolat noir... Oui c'est un pur régal ;P!

Lors de la venue de Kim, j'avais prévu une petite sélection de gourmandises typiques : une bonne part de pernik et, d'un magasin bio, 3 koláč. Classique de chez classique, les koláč (prononcé kolache, dérivé du mot tchèque "kolo" qui signifie “roue” ou “cercle”) sont ces genres de tartelette briochée garnie au choix de tvaroh (fromage frais décrit au début), confiture ou, bien sûr, de pavot (mélange de graines moulues avec du lait et de la povidla). Originaire de la région de Moravie, les koláč sont traditionnellement fermés avec du crumble par-dessus. Sur la photo, le petit était recouvert d'une purée de noix et celui avec les prunes, garni d'une crème de graines de pavot blanc, un délice rare qui rappelle le goût des noix. En outre, les Tchèques appellent "koláč" les tartes et autres gâteaux composés d'une pâte surmontée d'une garniture.

Bien sûr j'ai aussi voulu mettre la main à la pâte : quelques recettes testées et approuvées ;P

Les buchty étaient particulièrement originales avec ce mélange pomme-carotte comme fourrage. En version non sucrée ça ferait un très bon en-cas pour partir en balade!

Pour Noël, parmi les cadeaux offerts par la famille de Karel, sa soeur nous avait fait la surprise de cette belle boîte de cukroví, ces mignardises traditionnelles que les femmes s'affairent à préparer pour les fêtes de fin d'année. J'ai été littéralement époustouflée par la diversité de ces petites douceurs, il y en avait de toutes les textures, de toutes les saveurs possibles (j'ai été surprise par le rhum 😉). C'est un cadeau qui a rapidement disparu physiquement mais qui restera longtemps dans mes souvenirs =)

Aperçu du côté boulangerie :

Voilà à quoi ressemble une partie du rayon dans un supermarché...

Première photo : ce sont ces fameux rohlík, en forme de croissant, fabriqué avec une farine ultra blanche ce qui en fait des pistolets ultra légers et mous. De loin la plus consommée parmi ces préparations boulangères. Les pains, à proprement parler, sont traditionnellement composés de farine de seigle et de graines de carvi (aussi appelé cumin tchèque). Cependant, ceux qu'on trouve dans le commerce sont généralement assez clairs, aérés, d'une croûte tendre et les graines de carvi se font plus rares.


Sur la photo de droite on peut voir des rohlík recouverts d'une tranche de jambon (je suppose?) et fromage. J'ai vu plus étrange encore et plutôt rigolo à vrai dire, je vous laisse vous "régaler" de l'image 😉 :



Dans les magasins bio (c'était plus fort que moi, il fallait que je vous montre 😉):

Les pains sont consistants et humides "à l'allemande", souvent à base de seigle. Ils font de délicieuses petites baguettes à la farine complète, betterave râpée, carvi et graines sur le top, miam ;P! La 3ème photo ce sont les produits sans gluten. Mesure anti-gaspi : environ 30 min avant la fermeture, tout le rayon est en réduction de 40%, youhou 😉!

A Choceň, ma boulangerie-pâtisserie préférée ;P

Un matin à 6h, tout était impec' !!  Les ouvriers travaillant en usine commencent leur journée très tôt, les boulangeries se sont ...

Alléchant, pas vrai ;P? Passage quasi incontournable quand je vais à la source chercher l'eau, rien que pour l'odeur c'est une merveille pour les sens. J'ose le dire? Oui... J'ai tout goûté...! Haha 😉 Ceci n'est pas un scoop, en plus d'être gourmande, je suis curieuse... Ceci explique cela ;P Je pourrais donc vous faire une description détaillée et critique de chacune de ces viennoiseries mais rien de tel que de découvrir par soi-même 😉! Une petite sélection tout de même :

La brioche roulée à la cannelle (photo du centre) est devenu mon péché mignon, j'ai complètement craqué 😉! Le triangle est sympa :...

Sur la 5ème photo, dans le coin inférieur gauche, on peut voir les koláč traditionnels, tels des paquets cadeaux façon furoshiki 😉 ou ici en gros plan sur la photo de droite.

Dans toutes les boulangeries, on trouve également des chlebíčky, ces tartines recouvertes traditionnellement de salade de pomme de terre, d’une tranche de jambon, d’une tranche de cornichon, de poivron et d’œuf dur (3ème photo).

Toujours à Choceň, la boulangerie du coin qui fait aussi salon de thé (à 2 pas de l'arrêt de bus, pratique!).

Côté pâtisserie, les Tchèques aiment les gâteaux bien moelleux avec de la crème.

Exemples :

Une curiosité : sur le dessus du gâteau, ces serpentins verts...je m'approche et oh! c'est du maïs soufflé! Il est vrai que les Tchèques apprécient ces "chips" de maïs soufflé (en fait ces boudins tels qu'on les trouve dans les colis pour protéger la marchandise). Mais de là à en disposer une variante sur un gâteau ?! 😉


Un vendredi matin, à Choceň, Karel m'a, étonnamment, proposé de goûter une part de gâteau et finalement on a aussi testé ces petites mignardises qui m'ont transportée dans l'ambiance de Noël. Elles étaient en effet fourrées de crème au beurre! Le gâteau était très délicat, léger, au bon goût rafraîchissant de citron vert. Il était seulement 10h du matin (est-ce vraiment une heure pour manger des gâteaux ?! Même pour une gourmande comme moi, c'était tôt, inhabituel c'est sûr!). Ici, cependant, ça fait partie des moeurs, les Tchèques l'appellent le 2ème petit déjeuner. Et en effet, j'ai pu constater avec amusement que même des hommes venaient déguster leur pâtisserie tout en lisant le journal ou travaillant sur l'ordi 😉!

Pas du tout originaire d'ici mais tellement tentant...cette part de gâteau au carotte était absolument divine et gigantesque! Dans ce petit magasin de produits du terroir, la générosité fait partie des coutumes de la maison et en plus la vendeuse a été ravie de me servir dans le bol que je lui tendais =)


Une célébrité : cette petite tour dont l'allure assez évocatrice m'a bien fait sourire 😉 Du nom de bombička, elle est fourrée d'une liqueur d'oeuf (en tchèque : vaječný koňak), qui est souvent faite maison. La tête que j'ai dû faire quand j'ai senti le goût de cet alcool! Mon sensible palet a été plus que surpris.

Dans la lancée des formes rigolotes, qui aurait pu croire qu'un jour un pâtissier aie pu trouver l'inspiration dans une taupinière ??!! Ma photo de vieille taupinière met peu le gâteau en valeur je l'avoue mais tout de même, quelle idée 😉! Donc ce gâteau, typique de Prague (on ne le trouve que là), porte le joli nom de mole cake autrement dit le gâteau-taupe.

J'ai eu l'occasion d'en goûter 2 versions...vegan! =) 


Si vous avez su garder la tête hors de ce bain de sucre, une dernière chose découverte ici : les supermarchés offrent une diversité impressionnante de gaufrettes type Cent Wafers de Lu. Deux sont particulièrement populaires : Horalky, à la purée de cacahuète et Mila, au fromage blanc. Les snacks par excellence pour aller à l'école, entre autres.



Et si la tête ne vous tourne pas encore, vous prendriez bien un petit verre, n'est-ce pas ?! 😉

Côté alcool, on le sait la Tchéquie est célèbre pour ses bières et en est fière comme un coq. A part ça, au nouvel an j'ai voulu faire bonne figure en acceptant un shot de Fernet, une liqueur amère. La maman de Karel était contente de partager un verre avec nous, nous qui ne buvons pas une goutte d'alcool habituellement. Résultat, d'abord beurk et ensuite mon esprit s'est égaré un moment dans les nuages et le retour sur Terre fut assez difficile, hum ;S Ha la conformité sociale, elle nous mène bien loin quand on s'y laisse prendre!

Parmi les originalités traditionnelles, ils font un alcool de type rhum à partir de pomme de terre appelé Božkov Tuzemák et une liqueur de prune appelée slivovice dont beaucoup de gens en Moravie la distille chez eux.

Je terminerais ici ce que je voulais partager avec vous. En bref, tout est là pour être au top n'est-ce pas ? De la viande, des produits laitiers, une bonne dose de sucre, le tout arrosé de bière...

Sur ce, tchin, tchin à notre bonne santé à tous ;P!

13
fév
13
fév

Le train est de nouveau en route, un départ un peu balbutiant mais bien déterminé à avancer! 😉

Après des recherches sur Workaway afin de trouver un endroit chaleureux pour m'accueillir, me voilà donc chez Vendula à Ústí nad Labem (signifiant littéralement bouche de l'Elbe, en référence à sa situation à la confluence des rivières Bílina (toute petite!) et Elbe). Ville proche de la frontière allemande, elle a, de tout temps, plus ou moins été occupée par les Allemands, insufflant ainsi leur culture. Quitter la paisible campagne pour une ville industrielle, sale et polluée, quelle idée vous allez me dire! En fait, en lisant son profile j'ai carrément accroché et lui ai donc tout de suite envoyé une demande, sans même regarder où elle habitait. Ce n'est qu'après que j'ai réalisé 😉 Qu'importe finalement car comme j'ai pu l'expérimenter, la rencontre d'une belle personne peut illuminer la plus grise et triste ville!

 Vue du château Větruše

En fait, Ústí pourrait s'apparenter à la partie du Sillon Sambre et Meuse qui nous est familier (Seraing, Liège). Ville royale au début du 13ème siècle, les usines s'y implantèrent dès les années 1800, la transformant rapidement en une métropole industrielle. De part sa situation géographique dans la vallée de l'Elbe, le transport par voie fluviale, aussi vieux que la ville elle-même, fut l'un des éléments clés de son orientation industrielle. Le port local devint ainsi le plus fréquenté de tout l'empire austro-hongrois. Autres éléments clés : la découverte de gisements de lignite et leur exploitation ainsi que sa situation à l'intersection d'un réseau commercial, national et international, important (voies ferroviaire, fluviale et routière). Oooh, il est bien loin le temps où on y chassait le mammouth 😉!

Le coeur historique fut quelque peu défiguré et se présente maintenant comme un patchwork d'immeubles de différents styles d'architecture, de supermarchés et de monuments historiques avec en arrière plan les cheminées fumantes des usines...

Ce reflet (photo) est à l'image de la ville : le côté clinquant et consumériste du capitalisme côtoie le côté plus modeste et malsain de la population majoritairement ouvrière.

Bref (j'ai fait mon possible 😉) tour d'horizon de ce qui se fabrique ici... :

La branche clé du développement industriel de la ville est la production chimique : produits chimiques variés, peintures et résines synthétiques, pesticides... Pour les autres branches : industrie alimentaire (bière, graisse), production de savon, production énergétique et extraction de minerai, ces dernières étant étroitement liées. L'extraction de lignite a pris fin il y a environ 25 ans à Usti-même mais des mines de charbon, lignite et calcaire sont encore bien actives dans l'ouest de la région.

Je commencerais par ce avec quoi la Tchéquie rivalise avec nous : les bières 😉 Ici sont produites les très populaires Březňák et Zlatopramen (maintenant du groupe Heineken). La Březňák, dont la fameuse étiquette porte le visage de Victor Cibich, ancien directeur de la gare de Velké Březno, est une des bières tchèques les plus vendues à l'étranger (surtout Allemagne et Suède). Ce cher monsieur demanda, en échange de l'utilisation de son portrait, une livraison à vie de 30 bières par semaine...tout de même! La tradition brassicole d'Ústí remonte au milieu du 13ème siècle.

Restons dans le domaine : c'est aussi le lieu de production de boissons alcoolisées du nom de Stará myslivecká (whisky de vieux chasseur), plus simplement appelé Myslivec (chasseur) dont l'origine date de 1847 et la liqueur Klášterní tajemství (1898) dont la recette proviendrait d'un moine des monts Krušné. La composition exacte reste secrète, on sait juste que c'est une macération de 19 plantes dans de l'alcool dont 3 types de sauge, de la cardamome et de la cannelle. La production de ces 2 alcools se fait toujours dans la distillerie d'origine.

Toujours dans le domaine alimentaire, aussi incroyable que cela puisse paraître, une entreprise est parvenue à pousser le saindoux hors des ménages tchèques dès 1903! Son business : la production de graisse végétale du nom de Ceres ainsi que des margarines (Ceresol et Vegetol). En 1936, elle était même mise en avant sur les pubs des Jeux Olympiques. La construction d'une nouvelle usine en 1911 la plaça en première position en Europe et 4ème à l'échelle mondiale. Le nom a depuis lors changé mais l'usine est toujours la plus importante du pays.

... Une tache de graisse sur le pantalon?... Les mains grasses après avoir cuisiné?... Et hop! voilà du savon! En effet, Usti est fort connue pour sa production de savon qui propulsa, à l'époque, la famille Schicht (qui gère également la production des huiles et margarines dont je viens de parler) à tenir les rennes d'une des plus grosses usines de traitement des graisses au monde (elle reste la plus importante fabrique de traitement de produits alimentaires et de toilette du pays actuellement). Presque chaque ménage de l'empire austro-hongrois avait son morceau de savon jaune orné d'un cerf pour le nettoyage. Mis sur le marché en 1891 cela en fait l'un des plus vieux produits toujours en vente à l'heure actuelle. En 1904, un savon spécifique pour la peau et puis d'autres produits cosmétiques ont été mis sur le marché. Par ailleurs, une marque de sprays pour cheveux, Lybar, a été déposée en 1925 par une entreprise de produits chimiques mais ce genre de produits était trop futuriste pour l'époque. Ce n'est que dans les années 60 qu'ils furent réellement commercialisés. La marque maintient toujours de nos jours sa position de leader dans le pays et propose une gamme étendue de produits pour les cheveux. Elle produit également l'insecticide le plus vendu en République Tchèque (Biolit). Construite en 1882, l'usine a été rachetée dès 1929 par Unilever.

En 1908, Josef Berliner, le frère de l'inventeur du gramophone, fonda la première fabrique de disques phonographiques de Bohème. Vivement intéressé, le fameux label discographique anglais "The Gramophone Company Limited" (associée au logo “His Master's Voice” représentant un chien ayant sa truffe fourrée dans un gramophone) acheta l'usine. Les vinyles, dont le répertoire était principalement composé d'enregistrements internationaux, furent produits ici jusqu'à l'occupation nazie en 1938. En outre, le premier magnétophone tchéco-slovaque a été fabriqué ici dans les années 1950. ***Parenthèse culture générale : phonographe, gramophone : quelle différence ? Peu en réalité, tous 2 servant à enregistrer et lire des sons. Le gramophone est en fait l'évolution du phonographe, le support d'enregistrement évoluant du cylindre vers le disque. Le premier a été inventé par Thomas Edison en 1877 et le 2ème par Emile Berliner, 10 ans plus tard. Le magnétophone, quant à lui, utilise comme support des bandes magnétiques (cassettes).

Par ailleurs, Usti fut le lieu de naissance de Heinz Edelmann, illustrateur et designer allemand, surtout connu pour avoir été le directeur artistique du film d'animation "Yellow Submarine" mettant en scène les Beatles et leurs chansons.

A propos des Beatles, vous saviez que George Harrison avait un nain de jardin made in Usti dans son jardin 😉? Et pas n'importe quel nain de jardin, ils étaient fabriqués en céramique et peint à la main. Etant devenus de rares et précieuses antiquités, je ne garantis pas l'authenticité des 2 nains sur la photo 😉

Autres infos en vrac : elle possède un cinéma en plein air couvert dont le toit est le plus grand du pays et c'est ici que furent diffusés les premiers films parlés (avant Prague!) en avril 1929. Elle abrite la plus grande (450 m2) mosaïque du pays qui reflète une idéologie socialiste, rendant hommage à la classe ouvrière du nord de la Bohème. Le pont Mariánský (1998), a été classé par le magazine de renom Structural Engineering International parmi les dix plus belles constructions du monde des années 90.

Petit tour imagé à travers la ville...

Un important réseau de câbles parcourt de long en large la ville, reliquat du réseau de tram qui fut le 2ème plus grand du pays (après Prague) dans les années 1835. Les lignes ont progressivement été supprimées à partir de 1954, pour voir le dernier tram actif en 1970. Un réseau de trolleybus (et bus classiques) a ensuite été mis en place. Marrant de voir ces gros bus chacun relié à son câble telle une marionnette à ses ficelles.

Vue de la bibliothèque et...une "boîte" à livre sur roulettes, pratique =)!

Avec un bout de la proéminente roche Mariánská  

La place...qui accueille le marché hebdomadaire du mardi matin. Pour vous donner une idée, sur une dizaine de stands, il y en a 3 vendant de la viande et 3 vendant pain et surtout viennoiseries... Par ailleurs, j'ai remarqué que dans le centre-ville, les boulangeries-pâtisseries côtoient toujours les pharmacies, ça en dit long...

La gare...

L'église de l'Assomption de Notre-Dame dans son enceinte capitaliste (littéralement encerclée par le centre commercial). Construite en 1890, elle fut touchée par les raids aériens à la fin de la 2ème guerre mondiale. Une bombe heurta la pointe du clocher et le coin de la nef s'effondra provoquant un déséquilibre dans la structure de l'église d'où son air penché actuel. Il fallut pas moins de 4 ans pour la stabiliser complètement. Après tout, elle n'en est que plus originale et peut se vanter maintenant de faire partie des 5 tours penchées d'Europe.

Le château Větruše, à l'origine résidence secondaire datant de la fin du 19ème siècle, reconstruit il y une dizaine d'années. Lieu touristique avec entre autre un resto.

Des dessins d'enfant égayant mon chemin... =) 

En route vers l'écluse, passant sur le pont utilisé pour le transport ferroviaire, je rejoins la piste cyclable qui relie Dresden à Prague, exactement comme celle qui relie Liège à Maastricht =)

C'est parce que la saison ne s'y prêtait guère car la région est entourée par des zones naturelles intéressantes : le massif de Bohème, les monts Métallifères, les monts gréseux de l'Elbe et le bassin de Most.

L'objet de mon expédition : le château Střekov construit au début du 14ème siècle sur son promontoire rocheux Vrkoč. De part sa situation, il fut et est toujours une vive source d'inspiration pour les artistes. Et l'écluse Masaryk (nom du premier président tchèque, véritable héro, il possède une rue et/ou place portant son nom dans chaque ville) a commencé à être construite en 1923 et fut terminée en 1936. Elle comporte aussi une centrale hydro-électrique.

Il y eut une brève et vive éclaircie, impressionnant ce massif rocheux! 

Aussi dans la tendance zéro plastique, Vendula m'a emmenée dans le magasin en vrac... Belle découverte =) ! Equipe de vendeuses super cool, on peut également se poser pour un thé/café, une part de gâteau ou de quiche.

 Des gâteaux 100% vegan, comment résister ? ;P

On a expérimenté des barres crues à base de graines de tournesol et noisettes trempées auxquelles j'ai ajouté de la pâte de datte (purée de datte en vente sous forme de pain) et une pomme. Une fois mixé, j'ai fait plusieurs variantes : cacao, cacao/café (divin!), cannelle/gingembre frais. J'ai formé des rectangles et les ai disposés sur du papier cuisson, direction : le radiateur 😉 Elle expérimentait le pain au levain. Comme le nôtre, son levain a une senteur particulièrement fruitée...étonnant! Miam, le pain était vraiment très doux et mi-dense, mi-aéré, un délice! A propos, pour l'anecdote, Vendula m'avait un jour demandé de préparer une pâte à pizza en me montrant les restes de farine à utiliser. Il y en avait dans un gros bocal et 2 sachets différents. Il me fallait atteindre la quantité de 400g et...oui, après avoir tout versé j'avais pile cette quantité! 😉

Ma pizza-cracker ;P 

Appart au 4ème étage sans ascenseur, c'était notre activité physique de la journée 😉! Havre de paix, d'un style épuré et sobre, juste quelques mandalas qu'elle a réalisés au mur, des plantes pour une ambiance zen, voilà le lieu parfait pour apaiser son esprit agressé par la cité.

Lever de soleil du côté salle à manger/cuisine et coucher de soleil du côté chambre, cool =)

Elle m'a cédé son lit de princesse pour la semaine et s'est contentée du matelas gonflable sur le côté, pas moyen de lui faire changé d'avis! Je m'y sentais un peu perdue à dire vrai.

Elle mettait beaucoup d'énergie dans ses matinées au boulot (un café proposant des healthy brunchs au coin de la rue), alors question boulot, le rythme était ultra cool. J'ai cousu quelques boutons, découpé des tissus pour en faire des tabliers de cuisine et participé au grand nettoyage de printemps de son appart (on s'est motivée mutuellement, détestant toutes les 2 cette corvée, la radio diffusant de la musique des années 90 😉).

Une fin d'aprem pleuvinante-grisonnante, elle me proposa une soirée mandala... Toute l'ambiance y était : elle prépara un tchaï (mélange d'épices par ses soins, lait de soja), une bougie, des koláč bio,... Elle eut même envie de me masser les mains avec une crème à la lavande (vegan me précisa-t-elle avec un grand sourire 😉)... Que d'attention! J'ai réellement été transportée dans une autre galaxie ^_^ et voilà le résultat, après plus de 4h de griffonnage (qui sont passées comme un claquement de doigts)...

J'ai été tellement surprise une fois terminé ! Je ne pensais pas être capable de dessiner ça. Par ailleurs, j'ai moins aimé le col...

Elle a un véritable talent artistique et réalise de véritables oeuvres d'art en quelques coups de crayon et feutre, jetez un oeil à sa page Facebook, émerveillement des yeux garanti 😀 : https://www.facebook.com/Indigo-Art-105591657567874/?modal=admin_todo_tour

15
fév

Levées de bonne heure, nous voilà en route pour une journée de découverte culturelle, en tout cas pour moi. Accompagnées de son ami et d'une connaissance à lui, nous nous arrêtons d'abord dans un chouette café à Chomutov, une petite ville en chemin. Très trendy, à peine ouvert et il reste juste une table pour 2 à disposition! On se sert un peu sur le banc pour déguster joyeusement chaï, café et gourmandises 😉 Je goûterais enfin un kremrole, littéralement "rouleau de crème", une des pâtisseries tchèques les plus populaires. Ce tube de pâte feuilletée est fourré à la crème fraîche ou à la meringue. J'ai ici eu le plaisir de goûter une version plus raffinée avec du lait bio (au bon goût fermier ;P) et de la crème parfumée à la vanille et caramel, cool =)

Ensuite, direction le masopust de Kadaň. Masopust? Oui, c'est le nom que porte le carnaval ici. "Maso" signifiant la viande et "pust" signifiant "jeûne, abstinence et Carême". Soit dit en passant, notre "carnaval" trouve son origine étymologique dans un terme latin dont la signification va dans le même sens : "enlever la viande". Décidément quelle éloge au végétarisme 😉! ...du moins étymologiquement parlant car en réalité, voilà encore une excuse pour s'accorder tous les écarts possibles...

Chacun est évidemment invité à festoyer et pour cela tout est prévu. Sur la place se côtoient des stands de produits typiques tels les pernik (ginger bread ou pain d'épices en biscuit) ou le medovina (vin de miel) mais aussi hotdog, pop corn et barbe à papa...

Parmi les produits typiques, il y a aussi ces fromages :

Si, si ce sont bien des fromages 😉! Très populaires, un stand où on peut les consommer chauds (le jeune sur la droite) est souvent à proximité et particulièrement sur les marchés de Noël.

En outre, il y avait un coin installations en bois dont ce manège manuel (comme l'est aussi celui sur la place) ainsi qu'une crèche.

En clin d'oeil, ici et là...

Hop! On suit le cortège =)

La promenade se termine à la rivière où se déroulera le rituel de la sorcière en feu (dont l'interprétation est similaire au bûcher des sorcières du 30 avril, vous vous rappelez 😉?).

Chacun son poste pour observer le spectacle!

Soit dit en passant, dans mes lectures, je suis tombée sur un article présentant la dernière fabrique de masques en papier d'Europe. Elle se trouve à Zákupy, dans le nord de la Bohême. Depuis plus de 130 ans, elle utilise des techniques de fabrication traditionnelles : créés à la main, en papier mâché, sur des moules en plâtre par des artisans sans aucun doute passionnés. Ils ont pu conserver une trentaine de moule et en réalisent également des géants. Intéressant!

On s'est ensuite un peu promené dans la ville, qui est toute jolie =) Vendula nous a fait passer par la plus petite ruelle du pays : Katova ulička. Ce passage, d'une largeur de 66,1 cm et dont le nom signifie "ruelle du bourreau", lie la place à l'ancienne maison du-dit bourreau.

Clin d'oeil à mes études... L'école d'agronomie est ici représentée par des épis de blé et des fleurs de houblon 😉

18
mars
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L'avantage de vivre à la campagne est d'être complètement déconnecté du stress et de la peur que peut engendrer l'actualité. Pour dire vrai ce n'est qu'une fois avoir été sur le site de Workaway et checké les sites qu'ils recommandaient, particulièrement celui-ci : https://coronavirus.jhu.edu/map.html que je me suis réellement rendue compte de l'ampleur de la situation.

Ceci étant dit, c'est une magnifique opportunité pour partir explorer de jolis coins de nature! Elle sera toujours ouverte à qui sait prendre le temps de l'admirer... Karel m'a donc emmenée proche de là où on habite découvrir les fleurs printanières et un château...

Première surprise en entrant dans le bus, il est maintenant gratuit! Le chauffeur ayant créé une zone de sécurité avec un ruban de plastique accroché entre 2 sièges et en plus il porte un masque. On avait déjà croisé de nombreuses personnes en portant, donnant à l'atmosphère un caractère grave et inquiétant... Des affiches ont fleuri sur la porte des magasins alimentaires et pharmacies (les seuls restant ouverts) montrant la distance d'1m à respecter entre les personnes, l'image d'un visage portant un masque ou autres règles spécifiques. Les personnes âgées ont une plage horaire à respecter pour faire leurs courses (7-9h), payement par cash interdit et sortie uniquement quand cela est nécessaire. Comme partout tous les événements publics ont été annulés, tous les lieux publics (cinémas, musées, galeries commerçantes, écoles,...), restos/bars/pubs et beaucoup d'usines (dont Škoda, sur laquelle repose principalement l'économie tchèque..) sont fermés. Bref, le temps s'arrête...!

Mais tant que cela est toujours possible, s'il fait un temps aussi magnifique et que Karel est dispo pour me montrer les environs, je fonce! Première halte dans un parc de Kostelec nad Orlici, dont une partie boisée abrite ces délicates clochettes, une autre variété des perce-neiges que l'on connait.

Je me suis amusée... ^_^ Elles sont si belles!

Ensuite, autre bus vers Potštejn et son château. En grimpant la colline, des primevères et pulmonaires... =) Et quelle douceur côté température! Le temps idéal pour explorer les lieux 😀



Arrivés au top, he bien on peut franchement dire que l'endroit a été choisi de façon stratégique! C'est évident, les habitants du château voyaient arriver l'ennemi de loin.

Aperçu sur le panneau, armez-vous d'une loupe ;P!


En redescendant la colline par un autre versant, notre chemin était bordé par ces fleurs bleues... Devant tant de perfection et pure beauté, que faire d'autre que de s'émerveiller? 😉


En chemin, halte à une source, le temps d'un thé... Le versant de la colline était recouvert de grosses pierres vertes de mousse, immortalisant leur course folle, la Kellycattle (bouilloire portative, cf photo juste là pour l'illustrer car elle n'est ni du lieu ni de la saison) fumant comme une locomotive à vapeur, nous embaumant de sa senteur de bois se consumant. L'ambiance avait un petit côté mystique et exotique avec le thé à la citronnelle et noix de coco 😉 Ici l'eau avait un goût acidulé.


Nous marchons ensuite jusqu'au village de Polom, à travers bois, le long d'un ruisseau, le soleil faisant scintiller l'eau...Magique! Arrivés en avance à l'arrêt de bus, on s'est installé dans l'herbe et, oh!, quel délicieux parfum vient nous chatouiller les narines...ce sont des violettes ^_^!

Devant le bus, une surprise d'un tout autre genre nous attend : le port du masque est obligatoire pour entrer...Mince alors, la pandémie m'était complètement sortie de la tête. On tente (c'est notre dernière chance de rentrer dans nos pénates!) et ouf! même le chauffeur n'en porte pas. Cependant, l'avertissement est clair, le port du masque (ou autre protection des voies respiratoires) va devenir obligatoire incessamment sous peu.

Retour à la ferme, autres fleurs printanières s'épanouissant sous un noyer dans le verger :

Sur ce, prenez-bien soin de vous!

7
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Publié le 23 avril 2020

Hop, casquette de touriste vissée sur la tête et appareil photo à la main, j'ai décidé un beau et lumineux matin de janvier que ce serait la journée idéale pour prendre quelques clichés de la ville la plus proche de notre village. Depuis le temps, je l'ai traversée de long en large, alors je connais maintenant les rues par coeur (du moins visuellement). Impossible de m'y perdre à nouveau donc 😉 Je l'admets, même si elle est petite, la première fois que je suis allée à la source sans Karel, j'ai un peu tourniqué sur le chemin du retour... Voilà maintenant le moment de partager cela avec vous (excusez le décalage saisonnier) =)

Le bâtiment orange pâle qui fait le coin c'est la boulangerie à 2 pas de l'arrêt de bus. Comme dans toutes les villes tchèques, Choceň est fidèle à la coutume arc-en-ciel 😉 Je veux dire qu'elle est aussi très colorée.

La place principale dont le bâtiment blanc avec la tour abrite l'office du tourisme (photo 3&4). Une originalité : est présente notamment une papeterie qui propose vraiment toute sorte de papier, des classiques pour l'école ou les artistes, cahiers et carnets, aux papiers cadeaux en passant par le papier cuisson sans oublier...le papier toilette 😉!

Le ciné et "ses" conteneurs de tri.

En venant du centre-ville, on traverse un grand parc aux arbres d'une belle diversité pour rejoindre la gare. Soit dit en passant, une autre caractéristique bien typique de ce pays comme j'ai pu le constater : leurs parcs possèdent des arbres vraiment remarquables et pourraient être appelés arboretum tant la diversité est grande.

Première photo : entrée côté parc. Les lignes rouges dans le coin inférieur droit sur la 3ème photo sont en fait le panneau d'affi...

C'est évidemment ici qu'on fait la plupart de nos courses et il y a une chose que jamais je n'aurais pensé être possible : que Lidl fasse partie de mes magasins habituels! Il faut dire qu'ici, trouver des fruits et légumes bio est un défi de taille et en fait c'est dans les supermarchés que le choix est le plus large et constant. Il y a aussi 2 magasins diététiques (tout n'est pas bio, produits sans gluten et sans sucre, large choix de thé/tisane...). Aperçu :

Celui-ci s'appelle "La santé au moulin" car il y a des années, un projet de moulin à farine a été mis en place, hélas abandonné pa...
La vitrine fait plutôt penser à un magasin de déco 😉

Ce sont des petits magasins de village où on sympathise facilement avec les vendeuses. Le moindre espace est occupé, les prix sont étiquetés sur chaque produit. Celui ci-contre est plus spécialisé en cadeau avec toute une mise en scène à cet effet. J'ai trouvé ça trop mignon la première fois que je suis rentrée 😉

Par ailleurs, dans cet unique petit centre-ville, se trouvent -entre autres- 2 magasins pour animaux de compagnie, 3 pharmacies, 3 boucheries, 4 boulangeries dont 2 qui proposent de la pâtisserie et ajoutons à cela 2 cafés qui proposent principalement des gâteaux ainsi que 2 pâtisseries (avec uniquement des élaborations sucrées)... Par contre, un seul supermarché : le Lidl. Il y a 2 autres supérettes dont une tenue par des Vietnamiens. A part ça, la ville possède une usine de produits laitiers (située dans le centre, avec un point de vente) et une importante unité de production d'aliments pour bétail en périphérie (qui appartient à la compagnie hollandaise De Heus).

Au pied d'une colline dans la forêt, à 30 min du centre, il y a la source où je vais chercher l'eau.

Sur la 3ème photo, là où il y a le tunnel blanc, se trouvent en fait les jardins des gens, chacun ayant son abri. 

Pramen signifie source. Pour l'anecdote, un jour il me manquait quelques pièces pour payer le bus et le chauffeur, sympa, m'a laissé monter. Arrivée à destination, je lui propose un verre d'eau de source (Karel m'en avait donné un, sculpté de ses mains) pour le remercier en m'obstinant à lui dire "ramen" avec des prononciations que je voulais différentes comme je voyais qu'il ne me comprenait pas. Haha normal qu'il n'aie pas saisi le rapport entre des nouilles et la provenance de l'eau ! 😉

Au loin, vue sur Chocen, avec en premier plan la rivière qui porte le joli nom d'aigle tranquille (aigle femelle précisément). J'aime m'y rendre en la longeant mais il m'arrive d'y aller par une partie résidentielle. Un détail que j'aime : les barrières avec leur déco représentant des éléments naturels délimitant chaque propriété.

Autre partie de la ville, autre découverte naturelle : une réserve protégée constituée de petites falaises calcaires le long de la rivière. Son nom, Peliny, provient du nom de l'ancien moulin à farine qui se trouvait là. Le lieu est protégé depuis 1948.

Le parc, pour les admirer d'en bas. 

Un autre jour (toujours en janvier), voulant explorer au-dessus de ces falaises, j'ai découvert le cimetière. Les tombes étaient richement décorées!

Vues sur la ville 
A gauche, une tombe d'un enfant 



Mystérieux coffres sous les bancs, disséminés à travers le cimetière...




Après cette exploration imprévue, je continue mon ascension et arrive là où je voulais arriver :

J'ai réalisé que c'était la saison parfaite pour découvrir le lieu, les arbres nus levant le voile sur les rochers.

5
avr
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D'un gros bouleau en bordure du terrain, nous tentons d'obtenir quelques tasses de sève...de nectar devrais-je plutôt dire car l'affaire s'est corsée au fil des jours... Les images parlent d'elles-mêmes 😉

C'était le premier essai. Le souffle du vent poussant l'essuie, il nous aurait fallu l'essorer, pas des plus pratiques...

J'arrive donc avec mes gases (j'ai un petit stock pour les graines germées) et là! surprise le lendemain, le gèle est passé à l'action.

Et quelques jours plus tard, le top du top : la petite stalactite s'est transformée en véritable stick glacé!

Haha que de drôles de surprises ;D !

Laquelle pour les jours prochains?!?

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Publié le 1er mai 2020

Ayant besoin de me nourrir d'ailleurs pour quelque temps, j'ai trouvé une famille sur Workaway toujours ouverte aux bonnes âmes à l'esprit vagabond...cool!

Me voici donc pour quelques jours chez Hana, Tchèque et Yeshe, Tibétain. Ils ont en commun une langue : le chinois. Cependant, à la maison chacun parle sa langue maternelle avec leurs 2 petits garçons (4 ans et demi pour Norbe & 1 an et demi pour Rangel) qui sont ainsi en totale immersion des 2 cultures.

Leur village, Řetůvka, est situé proche de la ville d'Usti nad Orlici dont voici, en passant, une vue de haut (ils aiment voir les choses en hauteur en Tchéquie, le pays étant parsemé de tours d'observation en tout genre). On y était allé en hiver avec Karel.


Originalité : ce parc-bulles où les parterres sont tous en forme de cercles, conférant au parc une ambiance bien dynamique =)


Et les hommes de la commune ont dû bien s'amuser à faire danser les hautes graminées de ce rond-point... 😉

Retour au village et découverte de la grande propriété à l'abandon qu'ils ont acheté et qu'ils habitent depuis juillet 2019. Le travail de rénovation est absolument TITANESQUE, qu'ils abordent comme la meilleure des méditations cela dit 😉 Ancienne ferme, à part la maison qui est en assez bonne état malgré son âge avancé (100 ans), tout est à refaire. Les toits des constructions (dont un grand bâtiment de stockage) sont effondrés, les murs ont, en partie, suivi le mouvement. Hana m'a dit que l'ancien propriétaire construisait des serres en verre et il a laissé des traces : elle retrouve des bouts de vitre un peu partout... Malgré tout, leurs têtes fourmillent de projets, principalement à caractère collectif et en rapport avec le Tibet. Ils aimeraient donner à ce lieu un caractère vivant et festif en le rendant ouvert à tous.

Si je devais retenir un seul mot pour cette famille ce serait : simplicité. Leur mode de vie est très minimaliste : toilette sèche à l'extérieur (pour le moment juste délimitée en un carré par des planches...j'ai préféré donc opter pour la forêt directement derrière chez eux 😉), chacun sa tasse/verre et bol que l'on garde aussi longtemps que souhaité pour repousser la corvée vaisselle au plus loin étant donné qu'elle se fait dans la baignoire de leur petite salle de bain. Ils vivent dans 2 pièces, une grande salle de séjour-cuisine et leur chambre où ils dorment tous côte à côte sur des matelas à même le sol. Pas d'évier dans la cuisine et l'eau chaude est à régler à l'avance. L'eau provient de 2 puits donc consommation raisonnée svp.

La première nuit j'ai dormi en mode couchsurfing sur un matelas dans la pièce principale car elle seule est chauffée (poêle à bois). Ensuite, Hana m'a gentiment invitée à essayer de dormir dans une pièce non chauffée avec électricité ou à l'étage sans chauffage ni électricité. J'ai choisi la plus proche (celle sans chauffage) ayant mes affaires dans la pièce principale (les autres pièces étant assez poussiéreuses...). Brrrr je me les suis tellement gelée... Tellement que je redoutais vraiment le moment d'aller dormir... :/ Eux étaient absolument à l'aise avec le froid donc ils n'avaient pas spécialement plus de couverture à me passer. Heureusement Karel m'avait passé un sac de couchage pour le cas où, il m'est ainsi devenu vital 😉! Halàlà ça m'a rappelé qu'avant de partir je m'étais dit une chose : éviter le froid à tout prix! D'un autre côté je souhaitais, en choisissant Workaway, m'ouvrir à tout style de vie avec pour objectif principal de devenir aussi flexible et tolérante que possible. Bonne leçon 😉

Par ailleurs, ils disaient accepter les vegan mais pragmatiquement c'était un peu compliqué. Le régime alimentaire au Tibet est en effet composé de pommes de terre, céréales (blé et riz) et beaucoup de viande! Qui l'eut cru? L'image d'une population bouddhiste végétarienne est un peu éloignée de la réalité des villages. En même temps, comme ils me l'ont judicieusement fait remarquer, peu de verdure supporte l'altitude. Hana s'efforçait ainsi de cuisiner afin que cela me convienne aussi et Yeshe se préparait des plats selon ses goûts comme il fait d'habitude. A 2 reprises elle a pu récupérer d'une amie travaillant dans un take-away vegan des plats pour toute la famille, trop cool =) Une fois encore j'ai été surprise que cela puisse exister dans cette petite ville de ce pays de carnivore-nés.

Vue la rudesse des conditions de vie dans les montagnes tibétaines sans doute, les membres des familles sont en étroite connexion, la solidarité est donc omniprésente et spontanée. Yeshe me disait, s'il n'a pas envie de cuisiner, il peut juste faire un saut chez une tante il y aura toujours présence de nourriture. Aussi, un jour qu'il cuisinait, il m'a dit : "le mot clé de la cuisine asiatique c'est "rapide, rapide et rapide" 😉". Au Tibet, ils cuisinent 10 min et mangent en discutant pendant 2h alors que c'est l'inverse en Tchéquie. J'ai pu en effet constaté que les Tchèques ont plutôt tendance à avoir des repas sur le pouce, quitte à manger en route, qu'à vraiment passer du temps à table.

Côté coup de main, mon premier job fût...de brosser des briques ! J'ai souri intérieurement quand il m'a demandé de le suivre dans la pièce qu'il est en train de rénover et qu'il m'a tendu un marteau en me montrant les briques dont il était question 😉 A la ferme, j'en avais brossé tellement!

Ensuite, mission plantation des pommes de terre. Avant toute chose, il faut donc faire les buttes! Un peu d'huile de coude et après quelques heures, avec Yeshe pour les premières, les 9 lignes sont prêtes à les accueillir. Norbe se joint à nous pour la sélection (pozor, pozor, les germes sont fragiles!) puis on les plante. Yeshe me raconte qu'au Tibet les familles cultivent généralement 2 champs de pommes de terre, un pour leur consommation personnelle et un pour la vente. Et il me précise avec joie que son village est réputé pour ses excellentes patates 😉! Il en a d'ailleurs ramené pour tester. Je serai curieuse de connaître le résultat étant donné qu'elles proviennent d'un environnement à l'altitude élevée.

Ensuite, j'ai terminé ce cercle destiné à accueillir des légumes. Ils l'avaient commencé quelque temps auparavant et Hana se réjouissait de le voir finalisé. Karel, qui m'a rejoint pour un jour, m'a donné un bon coup de main pour placer les grosses pierres constituant le mur intérieur.

Le dimanche, nous avons profité de la belle lumière d'un début de soirée pour aller se promener en forêt. On est allé jusqu'à une tour d'observation (du nom d'Andrlův chlum). Fermée à cause du virus mais peu importe, Yeshe a trouvé le moyen d'y entrer et nous avons suivi 😉 Il est bon, parfois, de braver l'interdit 😉

N'appréciant pas d'être pris en photo, j'ai obtenu un accord juste dans ce contexte dont l'atmosphère assez magique s'y prêtait pa...

J'ai trouvé Yeshe particulièrement présent en tant que papa et impliqué dans les tâches quotidiennes qu'induit une vie de famille. Sous les ordres de sa compagne, il s'exécutait sans rechigner (il m'a semblé), faisant tantôt le ménage tantôt la vaisselle ou le repas, son p'tit bout dans les bras. Il jouait volontiers avec ses enfants, ayant parfois de drôle d'idées mais ce qui compte c'est qu'il soit là, entièrement avec eux. Il a cette légèreté, cette joyeuse insouciance qu'il a sans doute hérité de sa culture. Là-bas, les enfants sont libres d'aller où ils veulent, visitant la maison d'un parent s'ils ont faim ou besoin de quelque chose. Il m'a raconté qu'à 5 ans il est parti seul rechercher un taureau momentanément en "prison" de l'autre côté de la montagne. C'est chose courante là-bas : les enfants vivent leur vie, en totale liberté et retrouve leur famille respective le soir. Quant à la prison pour vaches, c'est pour les téméraires qui suivent trop leur désir d'exploration et se retrouvent là où elles ne devraient pas. Pour les animaux aussi, il vaut mieux rester dans les rangs même dans les vastes espaces qu'offrent les montagnes 😉

Bien qu'ayant un très chouette profile, rigolo, dynamique, annonçant accueillir tout type de personne, insistant bien sur notre impact environnemental et donc l'importance de respecter les ressources qui nous sont offertes, je dois dire que mon expérience fût fort mitigée. Outre le fait qu'il faisait vraiment froid dans la maison (je gardais ma veste sur le dos matin et soir) et que les enfants étaient particulièrement bruyants, Hana a un caractère très autoritaire, toujours à contrôler mine de rien autour d'elle et désapprouvant chacune de mes propositions ou remarques... Comme quoi il peut y avoir de superbes projets axés nature et humain, si les personnalités s'entrechoquent, il y a peu de chance qu'une synergie créatrice puisse naître de cette rencontre. Qu'importe, on est assez sur Terre pour trouver des personnes avec qui le courant passe et ainsi se sentir pleinement accepté et utile.

Je terminerai donc joyeusement en musique avec la chanson préférée de Norbe : Four seasons-Nam Du Shi dont voici le lien : https://www.youtube.com/watch?v=xD9YAB7dYHU&feature=youtu.be

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mai
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Publié le 5 mai 2020

Un simple partage de mots qui font du bien, voici la vision amérindienne de l’être humain, extraite de "La Clé d’Etre" de Marc Vella...

« Tu es unique, différent de tous les autres. Je te permets d’être dans ce monde comme tu es. Je ne vois aucune erreur dans les choses que tu dis ou fais, sens et crois, car tu fais ce que tu crois être bon pour toi. Je ne peux pas traverser la vie avec tes yeux ni la voir à travers ton cœur. Je n’ai pas été là où tu as été, je n’ai pas expérimenté ce que tu as expérimenté, voyant la vie de ton point de vue unique. Sans aucun doute, je te laisse faire chaque choix afin que tu puisses apprendre de la façon qui te paraît appropriée. Il est vital que tu sois unique, tel que tu es, et non pas la personne que je pense ou que d’autres pensent que tu « devrais » être. Je te soutiendrai en cela. Je ne peux pas savoir ce qui est mieux pour toi, car je ne sais pas ce que tu as choisi d’apprendre, comment tu as choisi de l’apprendre, avec qui et en quelle période de temps. Seul tu peux sentir ton excitation interne et écouter ta voix intérieure. Je n’ai que ma propre voix. Toutes les manières de percevoir et de vivre les différentes facettes de notre monde…sont valables. Il ne sera donc pas question de juger si tes pas sont grands ou petits, légers ou lourds, ou s’ils conduisent vers le haut ou vers le bas, parce que cela ne serait que mon point de vue. Parce que c’est le droit inaliénable de toute vie de choisir sa propre évolution. Le chemin que je pense être le meilleur pour moi n’est pas forcément le meilleur pour toi. Ce que je pense n’est pas nécessairement vrai pour toi. Je sais que tu es guidé comme je le suis, suivant ton enthousiasme interne afin de connaître ton propre chemin. Je sais que les diverses races, les coutumes et croyances dans notre monde nous apportent une grande richesse et nous procurent les enseignements d’une telle diversité ! Je comprends que s’il n’y avait qu’une seule façon de faire quelque chose, on n’aurait qu’une seule personne. Bien qu’au long du chemin tu puisses me plaire ou me contrarier, je ne cesserai pas de t’aimer, d’honorer ta singularité et de te permettre d’être TOI. Ceci est la clé de la paix et de l’harmonie dans nos vies et sur notre Terre parce que c’est la pierre centrale de l’amour inconditionnel. »

Si beau...si simple...et pourtant si compliqué à appliquer dans notre vie quotidienne, n'est-ce pas? Je rêve de cette époque où on prendra enfin le temps de considérer l'autre dans sa pleine singularité. Cette singularité est en effet à la source de la richesse de notre monde et c'est ce qui nous permet d'évoluer sans cesse =)

Evidemment, pour être dans une telle acceptation de l'autre je pense d'abord qu'il faut se sentir bien en soi. Mon parcours de ces dernières années m'est venu à l'esprit, les premiers mois puis années à Vibio où je me sentais tellement bien dans mes baskets et que de belles interactions, rencontres sont nées par ce fait. Puis j'ai quelque peu sombré car un changement devait s'opérer. Maintenant, ce sentiment de paix intérieure et ce plaisir tout simple de vivre la vie jours après jours coule à nouveau dans mes veines, ouf! J'ai donc en général de bons contacts avec les autres et puis j'aiguise ouverture, flexibilité et tolérance jours après jours. De plus, depuis que j'ai rencontré Karel, tout est différent. Vivre avec une personne qui est sur la même longueur d'onde que soi, quel bonheur! Telle une douce musique, tout est fluide et harmonieux. Bien que cloisonnée à la ferme, je me rends compte de la chance que j'ai de vivre cette p'tite vie tranquille avec lui.

Quelques images (pour ceux&celles dont le temps manquerait pour lire ces lignes 😉), de balades en forêt avec Bolt. Je l'adore rien que pour ça : il me pousse à m'évader chaque jour à travers la forêt et ça fait tellement du bien !

Au bout de la propriété, une rangée de fruitiers en fleurs, formant une allée d'honneur jusqu'à la forêt. C'est là que j'ai cueill...
Les myrtilliers dont les fleurs font penser à de précieuses perles nacrées, tout en nuance de rose... 
Simples chênes...jolis chatons du pédonculé et enfin les vieilles feuilles mortes restées en place tout l'hiver peuvent laisser pl...
Qui a remarqué que les épicéas, assez inesthétiques à nos yeux (ou aux miens jusqu'à présent), peuvent se parer de tels garnements...

La nature est si belle en toute saison quand on prend le temps de l'admirer! Moi qui ai pourtant vécu toute ma vie à la campagne je me surprends à m'émerveiller encore et toujours.

Là, c'est le chemin en revenant de l'arrêt de bus (pour le moment la ligne passant dans notre village est suspendue donc on doit aller au prochain). Ok, c'est environ 25 min de marche pour rentrer mais quel bonheur par cette voie! Sous cette lumière ça parait presque irréel... Une fois, je m'y suis arrêtée et...la forêt pétillait, incroyable =)! Après la pluie, fraîche atmosphère et délicieuse senteur... ^_^ Je comprends pourquoi les médecins japonais prescrivent des balades en forêt aux malades, environnement magique pour le corps et l'esprit.

Les myrtilliers forment un tapis dense où on s'y blottirait volontiers =) 
16
mai
16
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Publié le 16 mai 2020

A l'heure actuelle, voici une chose bien difficile à trouver!

On m'a transmis un lien vers une interview au sujet du Covid-19 : http://mcreveil.org/Francais/sante/menu_conspi_corona_fr.htm

Je vous invite chaleureusement à le consulter car ce qu'il révèle est juste...trop d'adjectifs pour le qualifier en fait donc un conseil seulement : asseyez-vous confortablement et ayez l'esprit apaisé car les infos qui vont apparaître sous vos yeux décapent. Croyez-le ou non, c'est dans tout les cas absolument hallucinant. Au fur et à mesure de la lecture, les pièces du puzzle s'assemblent et...wouah quel tableau !! De quoi tomber de sa chaise...

Pour le situé, David Icke est un auteur et conférencier britannique connu depuis les années 90 en tant que chercheur et professionnel dans le domaine des conspirations.

L'article est assez long donc j'ai tenté un résumé pour les plus occupés :

En Chine, le point de départ du chamboulement a été la découverte de matériel génétique dans les poumons des personnes malades . Aucun virus n'a été isolé et son existence n'a pas été prouvée. Les Chinois malades ont d'abord été diagnostiqués uniquement sur base de symptômes. David Icke, l'enquêteur, résume : "Si vous êtes testés positifs au matériel génétique, pas au Covid-19, vous serez diagnostiqués comme ayant le Covid-19. Et si vous mourrez, on dira que vous êtes morts du Covid-19." De plus, selon son inventeur, ce test ne devrait pas être utilisé pour détecter les maladies infectieuses. Ce test amplifie également le matériel génétique que quasi tout le monde porte en réalité.

Par ailleurs, lorsque les cellules du corps sont empoisonnées, par des facteurs divers incluant peur & stress, champs électromagnétiques,... elles sécrètent des exosomes (réaction naturelle du système immunitaire). Un scientifique a comparé les photos et la composition génétique des exosomes et du Covid-19 : elles sont identiques! "Ainsi, ils ont pris un mécanisme de réponse naturelle du corps c’est-à-dire la réaction du système immunitaire face à des cellules toxiques, et ils l’ont rebaptisé Covid-19.(...) Et comme toute personne présentant un niveau quelconque de toxicité cellulaire va produire ces exosomes, le potentiel de tests positifs est infini, oh oui, Covid-19, c’est une pandémie."

Jeu de langage : les gens meurent après avoir été testés positif au Covid-19 et non à cause du Covid-19. Car en réalité, ils meurent d'autres maladies pour lesquelles ils sont allés à l'hôpital.

Le nombre de décès dans le monde est comparable à l'année passée.

En Italie, la Lombardie est la région la plus polluée du pays, nombreuses sont les personnes qui meurent de maladies pulmonaires. Mais puisqu'on fait systématiquement le test Covid-19, les personnes sont diagnostiquées infectées au "virus". Manipulation ainsi des données. De plus, des projections ont été réalisées sur base de modèle informatique déficient. Résultat souhaité atteint : confinement général (et autres mesures).

"Ce qui signifie qu’ils contrôlent les chiffres par la façon dont ils font les tests, par la façon dont ils font les diagnostics, et par la façon dont sont comptabilisés les cas." Ils = les grands manipulateurs de ce monde. Ils agissent ainsi jusqu'à atteindre l'objectif souhaité, une fois atteint, la situation redeviendra soudainement normale. A l'image d'une pyramide, une poignée de personnes située au sommet sait ce qui se passe et dirige les choses à sa façon car le peuple, à la base, est beaucoup trop éloigné de la vérité et de la réalité.

Extrait : "Mais si vous êtes dans la profession médicale et que l’on vous dise: "Voilà les symptômes, quand vous voyez ces symptômes, vous devez diagnostiquer le Covid-19. Quand quelqu’un entre à l’hôpital, vous devez faire un test pour le Covid-19. Si les gens meurent, peu importe de quoi, vous devrez inscrire sur le certificat de décès, Covid-19." Quelle est la ligne directrice que l’on retrouve dans, et après chaque tyrannie? "Je ne faisais que suivre les ordres." " Les politiciens ne font que ce qu'on leur dit de faire.

Il parle ensuite de la propagation de la 5G en soulignant un fait : "à chaque fois que nous avons connu une situation de pandémie avec comme souvent des symptômes ressemblant à ceux de la grippe, elle précédait l'introduction d'un autre niveau de puissance de radiation générée par la technologie. Et en 2018, Firstenberg a déclaré et ce, avant l'avènement de la 5G et avant l'arrivée du Covid-19 que chaque augmentation massive de radiation générée par la technologie et ayant un impact sur les champs électromagnétiques terrestres, avec lesquels nous interagissons en permanence, a produit des problèmes massifs en terme de santé pour la population." Et aucun test sur la santé humaine n'a été fait concernant la 5G...

Pourtant, la 5G (comme les autres 3G et 4G déjà mais en beaucoup plus amplifié) empoisonne les cellules par le champ électromagnétique. Donc libération d'exosomes qui engendre un test positif au Covid-19. Il souligne : "Et quelle est la première ville chinoise à avoir introduit la 5G, juste avant l'apparition de ce virus? Wuhan."

Et alors que tout le monde est confiné, des antennes 5G sont plantées à une vitesse étrangement rapide en regard à la situation actuelle plutôt ralentie. De plus, "L'industrie des télécommunications l'admet. Ils veulent amener la 5G à une fréquence de 60 Gigahertz (GHz). Et je dirais que c'est ce qu'ils ont déjà fait en douce. Une 5G à 60 GHz empêche le corps humain et le sang d'absorber l'oxygène. Si quelqu'un est touché par les fréquences 5G à 60 GHz, son corps sera dans l'incapacité d'absorber suffisamment d'oxygène. Il s'effondra tout simplement dans la rue. (...) Plus ils déploient la 5G, plus cette 5G va avoir un impact sur la santé de la population. Et plus elle aura un impact sur la santé de la population, plus ils pourront dire que c'est le Covid-19 qui en est la cause. Et s'ils commencent à utiliser la 5G à 60 GHz, ils vont tuer beaucoup de gens parce que leur corps ne pourra plus absorber de l'oxygène." Et elle est en train d'être installée dans les écoles, hôpitaux...

En outre, en raison du confinement pas de possibilité de rassemblement donc pas de manif envisageable.. Tout est prévu...

"Elon Musk, Américain de la Silicon Valley, est en train de mettre en place de plus en plus de satellites qui envoient ces fréquences 5G extrêmement nuisibles sur la terre. Quand vous construisez une réalité technologique subliminale à laquelle le cerveau de chaque être humain est connecté à l'Intelligence Artificielle (IA), vous devez créer une situation où chaque centimètre carré de la planète a une réception Wi-Fi. Et la seule façon d'y parvenir est de le faire à partir de l'espace. Et c'est ce qu'ils font."

En passant, il révèle qu'à la CIA (un des scientifiques a pris l'énorme risque de lui parler (en 1997!) car "il s'est rendu compte que cette conspiration que je dénonçais depuis 30 ans était en train de se produire"), les scientifiques sont patchés d'une poche contenant un médicament à renouveler toutes les 72h sans cela ils meurent. Ils en sont donc totalement dépendants. Ca relève de la science-fiction, c'est effroyable...

Ce scientifique lui "a parlé de minuscules micro-puces invisibles à l'œil nu qu'ils injectent aux gens dans les programmes de vaccination. Il m'a dit à quoi servaient ces puces. Et nous sommes à la fin des années 90. Ces vaccins sont promus et financés par Bill Gates comme personne d'autre sur terre, et une organisation appelée GAVI, que Bill Gates est en train de développer. Ces deux entités veulent vacciner tout le monde. Mais ils veulent autre chose. Ils veulent que chaque personne qui est vaccinée porte un tatouage quantique afin qu'ils puissent voir numériquement si vous avez été vacciné ou non. (...) Ils font en sorte que les gens leur soient psychologiquement soumis. Et ils chercheront à les vacciner. Actuellement sept vaccins sont en préparation pour le Covid-19. Chacun d'entre eux est financé par Bill Gates. "

Par ailleurs, les Smartphones sont comme de grosses micro-puces externes car ces leaders collectent énormément de données personnelles grâce à eux.

L'auteur remarque depuis des années : "Si vous voulez voir ce qu'ils ont prévu pour l'Occident demain, regardez la Chine aujourd'hui." Et c'est à vous donner la chair de poule... "En effet, en Chine, il y a désormais des millions de caméras de reconnaissance faciale. (...) En fait, ces caméras de reconnaissance faciale, grâce à l'Intelligence Artificielle (IA), examinent votre comportement. Par-dessus le marché, vous obtenez des crédits sociaux - bon garçon, bonne petite - si vous vous comportez comme le veut le gouvernement. Dans le cas contraire, ces crédits vous sont retirés. Et lorsque vous atteignez un certain niveau de crédits retirés, les conséquences tombent. C'est ce qui se passe pour des millions de chinois qui, en ne se comportant pas comme le veut le gouvernement se voient interdire de prendre l'avion ou même le train. Et c'est ce qui est prévu. C'est un contrôle total et absolu. Et cette arnaque Covid-19, ce canular a été conçu pour créer en très peu de temps la centralisation globale du pouvoir (...)." Yeshe, dans la famille où on était début avril, a parlé de ça à Karel. Quand il m'en a ensuite parlé je suis tombée des nues ! Car en étant Tibétain, on a direct des points en moins...

L'article continue mais je m'arrête là...en souhaitant vivement avoir titillé grandement votre curiosité! Le plan final est absolument machiavélique. La folie humaine a-t-elle une limite? Je me demande ce qu'en pense tous ces sages bouddhistes ou autres... Quoi qu'il en soit je pense qu'il est temps pour nous d'entrer en action! La liberté est tellement précieuse... En Angleterre, des antennes 5G ont été détruites. Ces leaders croient avoir tout le pouvoir mais nous sommes des millions. L'union fait la force n'est-ce pas? Pour ma part, je vais me pencher sur la question des logiciels libres dont on m'avait déjà parlé il y a un moment. Côté informatique, j'ai du boulot! L'idée étant d'être libre de Google, Facebook,...

Si vous voulez en savoir plus, 2 sites à consulter : celui de David Icke, DavidIcke.com et celui de Brian Rose, londonreal.tv.

A l'image des soucis qui germent à partir de différentes graines, les solutions aussi sont diverses! Gardons espoir en l'humanité !

15
mai
15
mai

Nous avons décidé qu'un peu de changement dans le jardin serait une bonne idée...

Au départ, grand espace de verdure au centre et des carrés sur le côté. On avait envie d'un peu plus de dynamisme 😀 Le plus délicat a été de bouger ce gros cube...sera-t-il assez solide pour être manipulé un peu moins d'une dizaine de mètres? Chaque pivot avait sa dose de suspense 😉

Mission réussie 😀

Ensuite, il a fallu le remplir ce cube, d'une fameuse profondeur! On a mis de vielles souches et autres branches sur les 3/4 puis j'ai transféré la terre du giga rectangle (qu'on appelait "le bateau" 😉) ici démantelé :

Et au final, ça donne... :

Et hop, panier de graines à la main, j'ai semé la vie dans ces cubes =) Orge, avoine, pois, carotte, pavot, soucis, centaurée, lin... en été je pense que ce sera très coloré =)!

Les 2 photos ci-contre ce sont des pavots à un mois d'intervalle, oui j'ai eu la main un peu généreuse... 😉

Une vue d'ensemble prise juste ce jour :

Quelle pagaille haha 😉 Célébration aux butineurs! A Dieu va, je serai sans doute en exploration cet été. Les frontières vont bientôt réouvrir donc le voyage pourra se poursuivre...