Carnet de voyage

Skema'Dagascar

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Skema'dagascar, c'est l'histoire de 5 étudiants du programme Innovation Durable de SKEMA Business School
Du 8 mai au 8 juillet 2017
62 jours
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Publié le 11 mai 2017
Moment du départ à l'aéroport Roissy - CDG 

Nous sommes samedi 7 mai 2017 l’heure du départ a sonné ! Après des mois de préparation il est temps de quitter la France et partir à l’aventure à Madagascar. 12h de vol et une correspondance à Nairobi avant de poser le pied sur le sol malgache.


Dimanche 8 mai 2017 à 2 heures du matin, alors que la France est à quelques heures d’élire son futur Président de la République, nous atterrissons à Antananarivo, la capitale de Madagascar. Fatigués, nous passons une nuit d’à peine quelques heures avant d’attaquer notre première journée malgache. Nous changeons nos euros en monnaie locale et faisons face pour la première fois à la réalité du pays. Notre petit déjeuner ne nous coûte pas plus de 1,50€ (4000 Ar) et pourtant nous avons de la peine à le terminer ! Il est temps de récupérer notre taxi brousse, le principal moyen de transport pour les longs trajets sur l’île. Notre chauffeur nous dépose à la "gare"

de taxis brousse. Sur la route nous ne perdons pas une miette du spectacle qui s'offre à nous. La route divisée en trois, sert à la fois aux piétons, aux animaux, aux vélos (souvent très chargés), aux motos et aux voitures. La voie du milieu sert à dépasser et le code de la route pourrait se résumer en un mot : klaxon. Sur le bord de la route, on peut voir de nombreuses petites "gargottes" - le nom que l'on donne ici à des sortes de petite échoppes - faites principalement en tôle ou en bois ainsi que de nombreux malgaches faisant sécher leur linge dans l'herbe. A peine après avoir posé un pied au sol, nous sommes sollicités de toutes parts soit par des enfants réclamant de l'argent, soit par des hommes et des femmes vendant à la sauvette nourriture, matériel électronique ou lunettes de soleil. Les quelques malgaches parlant le français viennent discuter avec nous et insistent pour que l'on échange nos numéros. Au programme de la journée : une vingtaine d’heures de route dans un van Mercedes d’une quinzaine de passagers, les pneus quasi lisses et une galerie supportant plus de 200kg de valises et matériel en tout genre. Départ à 14h30 (après 2 longues heures d'attente - ici le temps n'a pas la même valeur que pour nous) pour 950km sur la RN7 qui traverse le pays du Nord au Sud. Si vous avez peur en voiture, ne montez surtout pas avec un malgache au volant, les premiers kilomètres sont très stressants, ensuite on préfère en rigoler et finalement on s’y habitue. Les malgaches au volant sont les champions dans la catégorie « ça passe », armés de leur klaxon qui sert à

Les rues d'Antananarivo, capitale de Madagascar 

pousser les vélos sur le bas côté, prévenir les piétons, prévenir qu’on va faire un dépassement dangereux dans un mouchoir de poche, dire merci… Dans la nuit les taxis se rejoignent et roulent en convoi, un militaire armé du célèbre fusil d’assaut russe grimpe dans le véhicule et deux pick-ups militaires nous ouvrent la voie pour éviter les attaques, principal risque dans les montagnes au centre de l’île. Nous parvenons à dormir quelques heures malgré l'incessante musique malgache que le conducteur utilise pour se tenir éveillé et le peu de place dont nous disposons. Vers 4h du matin, un ciel magnifique empli d'étoiles nous apporte un peu de réconfort. Au petit matin c’est un paysage sec qui se dévoile à nous avec d’immenses plaines sans âme qui vive. Nous passons dans des hameaux désertés pour cause d’insécurité et à travers d’autres constitués de petites maisons en terre. Les principales cultures de l’île sont des rizières et le sont à des fins vivrières. Tout le long du trajet, les barrages de police gendarmerie ou de l’armée sont mis en place et un billet est souvent glissé parmi les papiers du véhicule. Nous avons la chance d'arriver à destination bien plus tôt que prévu, après "seulement" 18h de route. Fatigués, nous sommes légèrement déboussolés. Une vingtaine de malgaches se jettent sur nous à peine arrivés pour nous proposer de nous emmener à "notre hôtel". Certains nous arrachent même nos sacs des mains pour s'assurer que nous montons bien dans son "pousse-pousse" - principal moyen de transport à Tuléar - et pas dans celui de son voisin. Assez étonnement et malgré les difficultés de communication nous parvenons finalement aux bureaux de l'ONG vers 10h30. Nous sommes très fatigués mais aussi très impatients de découvrir ce pays si différent de tout ce que l'on connait !


Vue depuis le taxi-brousse 
Premier coucher de soleil Malgache  


Les anecdotes du jour :

  • Lors des 18 heures de taxi brousse, nous avons eu droit à 5 pauses. Chaque pause dure 1 minute, où chacun libère sa vessie où il le peut c’est-à-dire, avec le peu de temps disponible, au pied du camion !
  • Quelques uns d'entre nous ont eu la chance, dans le taxi-brousse, d'observer des étoiles filantes et la lune en fin de nuit : au niveau de l'horizon, énorme et rouge. Un spectacle magnifique ! Comme quoi, il y a des avantages à ne pas dormir ...
  • Dans un des endroits les plus reculés du voyage, on voit sur le bord de la route des grands fûts cuisant sur le feu. Dans le taxi brousse, notre voisin de siège nous explique que c'est la fabrication du Rhum artisanal malgache. Fait à partir de canne à sucre broyée à la force des bras puis fermentée. Le résultat ? Un Rhum bien goûtu et dépassant allègrement les 50°
  • Les malgaches sont tous petits mais se pensent très grand ! Marcellin, qui devait faire 1,70 mètres que nous avons rencontré à la gare de taxi-brousse, nous a fait remarqué que nous étions très grands puisqu'il faisait "déjà 1m87 !"



Suivez nos premiers jours à Tuléar dans le prochain article

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Publié le 12 mai 2017
(Presque toute) l'équipe devant les bureaux de Bel Avenir à Tuléar 

Lundi 8 mai 2017, aux alentours de 10 heures, nous arrivons aux bureaux de Bel Avenir. Paula, notre coordinatrice, nous montre les bureaux et nous propose de nous laisser quelques heures afin de nous laver (la douche tant attendue !) et de nous reposer. Prochain rendez-vous à midi pour découvrir une partie de l'équipe autour d'un bon repas.

L'après-midi, nous découvrons Tuléar sous un soleil cuisant : c’est une ville avec de grandes rues perpendiculaires, il y a peu de voitures mais un pousse pousse pour 2 habitants. Pour se déplacer on n’attend jamais plus de 10 secondes avant d’en trouver un ! L’odeur typique de maïs grillé jonche les rues de la ville et libère une atmosphère olfactive agréable. Bien que nous soyons au début de l’hiver le soleil brûle la peau la journée. Le soir, une température agréable et une douce moiteur font penser au sud de la côte Atlantique française un soir d’été. Dans le cœur de la ville se trouve le marché, on se faufile à travers les étales de fruits, légumes et épices exotiques et les stands de vêtements sont nombreux. Une odeur forte et peu agréable prend les narines, on arrive là où la viande est vendue. Loin des critères sanitaires européens, les morceaux de viande crues y sont posés sans aucun système de réfrigération et ce pour le bonheur des mouches qui sont nombreuses à se poser dessus. Une chose est sûre, on n’est pas près de manger de la viande saignante pendant la durée du séjour !

Nous découvrons aussi le fonctionnement de Bel Avenir et l'ensemble de ses activités. Nous nous rendons compte que l'ONG a un impact énorme dans la ville et qu'elle compte beaucoup pour les habitants. Nous commençons par découvrir le Centre Art & Musique (CAM) : salle de cinéma, de musique, d'art, ... Tout y est, pour le plus grand bonheur des bénéficiaires qui peuvent s'exprimer à travers l'art et la musique.

Une fois la nuit tombée à 18h nous rentrons nous reposer avant d’aller manger dans un restaurant malgache. Ici, pas de bœuf mais du zébu assaisonné à toutes les sauces (gingembre, camembert, poivre vert…) ou encore des déclinaisons de poissons pâtes fraîches etc le tout servi avec de copieuses portions. Enfin nous retrouvons un vrai lit pour passer une bonne nuit de sommeil.

Le lendemain, nous avons rendez-vous à 8 heures avec Paula afin de découvrir les cantines solidaires. Nous passons un moment à aider Virginie et deux autres dames malgaches à trier le riz qui sera le repas d'une centaine d'enfants.

Le but de ces cantines sociales est de prodiguer des repas aux enfants un repas par jour (dans certaines familles, ce repas est le seul que les enfants ont dans la journée). Chaque semaines, les enfants ont droit à du riz, du maïs ou des légumineux, accompagnés une fois par semaine, de viande ou de poisson.


La journée continue vers la visite des familles. Il s'agit d'aller voir les proches des jeunes bénéficiaires de Bel Avenir, que ce soit de l'école, des filles du foyer social de Tuléar ou des enfants participant aux activités du centre d'art & de musique. Ces visites sont cruciales pour la réussite de l'ONG : elles permettent un suivi très cadré de ces familles pour qui ces activités ne sont pas une priorité. Sont visitées les familles des bénéficiaires manquant à l'appel depuis plusieurs jours, les familles des jeunes filles du foyer lorsqu'une réunion avec les parents est prévue, ainsi que les familles n'ayant toujours pas payé la contribution aux activités proposées. Cette contribution symbolique est aussi très importante puisqu'elle scelle un pacte d'assiduité indispensable pour que les enfants comme les parents se sentent concernés. Scolariser un enfant à l’école des Saline coûte par exemple 1000 ariarys par mois (environ 30 centimes) en comptant repas et matériel scolaire pris en charge par l'ONG.

En ce qui concerne le foyer social de Tuléar, il accueille une quarantaine de jeunes filles, âgées de 12 à 22 ans, habitant dans le foyer de Bel Avenir afin de vivre dans un environnement plus sécurisé que leurs foyers familiaux. Le but est aussi de les empêcher de tomber dans la prostitution et de lutter contre les grossesses précoces. Bel Avenir a tendance à privilégier la protection des filles pour qui la vie comporte plus de risques.

Quartiers dans lesquels nous avons visité les familles des jeunes filles du foyer 

Ces visites nous ont tous énormément touché : certaines familles vivaient à 5 dans des "chambres" d'à peine 10m². Les habitations sont faites de tôles et de bois, souvent les familles dorment à même le sol. Une des mamans que nous avons visitées avait plus de 10 enfants dont 4 en dessous de 6 ans. Il est difficile pour nous d'imaginer autant de pauvreté et pourtant, des centaines de familles subissent ce sort ... Cela nous a montré que l'action de Bel Avenir est vraiment bénéfique pour tous ses bénéficiaires.

Lors de l'après-midi, nous avons la chance de visiter l'Ecole des Salines. Cette école de Bel Avenir prend place au bord de la mer et a pour but de lutter contre le travail des enfants. Avant la création de l'école, la majorité des enfants des quartiers concernés travaillaient dans les salines afin de gagner de l'argent pour nourrir la famille. En créant l'école, Bel Avenir s'est rendu compte que les parents ne voulaient pas mettre leurs enfants à l'école : cela représentait de l'argent qui ne rentrait pas dans la famille. L'ONG a donc pensé à un deal : les enfants vont à l'école et en contrepartie ils sont nourris le midi. Cela leur assure un repas par jour et permet aux parents d'être "rentables". Aujourd'hui, ce sont donc plus de 1100 enfants (de la maternelle à la seconde. On y trouve aussi une classe professionnelle sur des métiers manuels et une orientée vers la boulangerie et le service) qui bénéficient de cet échange.

Ce moment était source de nombreuses surprises : les enfants sont TRES respectueux des adultes (à chaque fois que nous entrions dans une classe, nous avions droit à un "Bonjour mesdames et messieurs" presque religieux). Le matériel est bien loin de ce que l'on connaît en France et surtout, les enfants sont heureux d'être à l'école et ne voient pas cela comme une corvée (contrairement à nos chères petites têtes blondes européennes)

En fin de journée, nous participons à un jeu de société avec les élèves de secondes. C'est un jeu éducatif visant à sensibiliser les étudiants sur l'importance de la protection de la faune et de la flore malgache. Cette île recense de nombreuses espèces endémiques qui sont, pour trop nombre d'entre elles, en voie de disparition ...


Retour à la maison en pousse-pousse, face au soleil couchant 

Anecdotes :

Les pousse-pousse sont les rois de la ville à Tuléar, ils sont le moyen de locomotion le plus utilisé dans la ville et sans doute l'une de ses principales sources de revenu ! Pour nous par contre ils constituaient à chaque fois un vrai challenge : en plus de la difficulté à se faire comprendre (rare sont ceux qui connaissent plus de 3 mots en français) et donc la probabilité de se perdre (demandez à Benoit et Amaury..), il fallait à chaque fois ardemment négocier les prix qu'ils augmentent allègrement lorsqu'ils ont à faire à des touristes : un vrai dialogue de sourds !

D'ailleurs la bas nous sommes des "vahazas", c'est à dire des blancs. Beaucoup d'enfants que nous croisons dans la rue nous interpellent de cette façon. Cette "catégorisation" nous place dans une situation délicate, il est difficile pour nous de nous lier d’amitié avec un malgache qui considérera presque toujours le vahaza comme quelqu'un dont il peut tirer profit car beaucoup plus aisé que lui. On ne peut cependant pas leur en vouloir quand on prend conscience de la différence de pouvoir d'achat !

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Publié le 15 mai 2017

Mercredi 10 mai au matin sonne l’heure du départ pour notre destination finale : l’hôtel solidaire de Mangily. Nous chargeons le fameux camion jaune de plus de 250kg de riz, farine et autres vivres qui serviront pour les repas de la Classe Verte. L’objectif de ce trajet est de récupérer une cinquantaine d’enfants qui partent en classe verte de mercredi à samedi. À l’arrivée du camion au niveau de l’école, c’est l’explosion de joie, on hurle et saute à tout va à l’idée de partir faire 4 jours d’aventure sur les rives de Mangily. Le trajet en camion se passe au rythme des chants des enfants, on ne peut plus excités à l'idée de partir en Classe Verte.

Le bus avec les enfants de l'école de Tuléar : chantant et on ne peut plus joyeux !  un TRÈS grand moment pour toute l'équipe Skem...

Les Classes Vertes ont pour objectif de sensibiliser les enfants au respect de l’environnement et à la protection de la faune et flore locale. En effet, une chose qui nous a étonnée en arrivant ici c'est l'absence de poubelles ... Par conséquent, la plupart des déchets se retrouvent dans la rue à même le sol, piétinés par les pieds des grands et des petits qui s'amusent dehors.

La première étape de ce voyage est donc de découvrir une pépinière où sont cultivées les différentes espèces constituant la mangrove avant d’être définitivement plantées dans un objectif de reboisement de la côte. Les enfants ont les explications en malgache et nous en français. Dans la mangrove, ça grouille de petites bêtes notamment des poissons grenouilles un grand têtard disposant de 2 pattes avant pour se déplacer.

Ce petit poisson tout-terrain, à la fois capable de vivre dans l’eau et sur la terre fait penser à l’origine de l’évolution selon Darwin, lorsque les premiers poissons ont fini par sortir de l’eau.

Visite de la mangrove pour les enfants de la classe verte. La réserve se trouve entre Tuléar et Mangily  et sert à reboiser les al...


Nous remontons dans le camion au rythme des comptines malgaches chantées à tue-tête par les enfants et arrivons à l’hôtel. Cet hôtel s’étend sur une grande surface et on y trouve tout le confort moderne notamment une piscine pour venir s’y rafraîchir dans notre temps libre. Nous sommes logés dans l’annexe, des petites cabanes en dur. Les toilettes sont à la turque et on s’y douche au seau. Cependant, la vue sur le coucher du soleil est exceptionnelle et va nous accompagner deux mois durant. L’hôtel en lui-même est aussi un oasis de vie avec un parc arboricole où poussent des espèces typiques de l’île et plus originales les unes que les autres. Lézards et oiseaux en tout genre y trouvent tout leur confort !

La chambre des filles : deux lits superposés, équipés de moustiquaires ! Système D pour faire sécher le linge ... 

Le midi nous allons manger avec les petits de l’école dans l’enceinte de l’hôtel. Au menu du maïs bouilli et des haricots blancs. Les portions malgaches sont copieuses mais cela ne suffit pas à rassasier les petites têtes brunes qui vont pour la plupart reprendre une deuxième tournée. Il est temps de se faire une raison, ces enfants du haut de leur 10 ans mangent deux fois plus que nous, l’appétit réduit par la chaleur et - il faut le dire - par l'âpreté que constitue ce plat pour nous européens.


Après ce repas traditionnel, précédé d’une prière malgache et à même le sol, nous allons tous ensemble visiter le village des tortues. Deuxième temps fort du séjour pour les enfants puisque ce refuge abrite deux races de tortues, endémiques de Madagascar et en voie d’extinction. La particularité est que chacune des tortues présentes sur le site (on en dénombre 4300) ont toutes été saisies par les autorités. De particuliers ou autres hôtels de Tuléar dans lesquels il y a eu des descentes jusqu’aux saisies record de 400 spécimens cachés au milieu de vêtements et récupérés jusque Bali, elles sont ici dans le but d’être soignées et de se reproduire pour éviter l’extinction avant d’être remises dans leur milieu naturel. Bien qu’interdit, le trafic de tortues pour leur viande ou leur compagnie risque de voir ces tortues araignées et radiées s’éteindre comme bon nombre d’espèces…

Après cette jolie visite, nous rentrons rejoindre Elise et Marion, nos coordinatrices, qui nous font faire un rapide tour du village. Comme bon nombre de villages malgaches, Mangily s'est développé autour d'une artère principale, la route nationale qui vient de Tuléar et longe la côte Ouest. Sur cette route se trouvent bon nombre de gargottes, de pittoresques cahutes dans lesquelles on troque tous les produits de première nécessité contre quelques ariary. Certaines sont l'équivalent de nos supérettes, on vient s'y approvisionner en biscuits ou en bière fraîche et d'autres sont de petits restaurants. On y mange copieusement pour une bouchée de pain et chacune de ces gargottes à sa recette secrète pour confectionner un miçao, le plat de nouilles sautées accompagné de légumes de saison et de viande de zébu hachée, parfois garni d'un oeuf et typique de l'île rouge.

Le soir, nous nous installons dans un bar restaurant à même la plage et sirotons un cocktail, base rhum oblige, avec Elise et Marion. Les discussions sur les missions de l'ONG et leur quotidien s'enchainent tandis que l'on profite du spectacle offert par le soleil tombant inlassablement dans le canal du Mozambique. Les couleurs sont splendides, un camaïeu de rouge orangé illumine les nuages même si l'horaire est digne d'une soirée d'hiver. Il est à peine 18 heures que le soleil a déjà passé l'horizon, la nuit étoilée et la lune actuellement pleine gagnent le ciel de Mangily. Cependant, le fait d'être en zone "touristique" n'a pas que des avantages, c'est le cas au restaurant lorsque nous voyons nos portions divisées par deux par rapport aux assiettes parfois trop copieuses servies à Tuléar. Nous nous laissons ainsi plus souvent tenter par un dessert, des bananes flambées ou une salade de fruits croquants par exemple.

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Anecdotes :

  • Nous avons été surpris par l'apétit des enfants malgré le manque de sel et le peu de gout du repas.. Cela nous fait relativiser nos caprices de petits européens. On a du mal à imaginer des petits malgaches refuser de manger comme le font les enfants de chez nous parce "les légumes c'est pas bon !". Ici, certains enfants sont habitués à ne manger qu'une seule fois par jour et presque toujours la même chose. Une vraie leçon de vie !
  • Ici le temps n'est vraiment pas perçu de la même façon. Les malgaches ne sont pas des as de l'efficacité.. Par exemple, au restaurant, il faut bien compter 30 à 45 minutes pour être servis !
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Publié le 16 mai 2017

Pour notre premier week-end à Mangily, nous décidons de faire un tour à la plage. Mangily est un petit village très touristique à Madagascar : tout le monde nous avait promis une grande plage de sable blanc.

C'est donc après avoir quitté la route principale de Mangily puis bifurqué sur un des nombreux chemins de terre perpendiculaires à celle-ci que nous accédons à la plage. Nous arrivons directement sur un stand de souvenirs locaux dans lequel les vendeuses nous montrent et essayent de nous vendre chacun de leurs articles, des boîtes ou décorations taillées dans le bois, des bijoux, paréos...

Notre but étant de passer un après-midi en toute tranquillité, nous longeons la plage. Certains hôtels installent leurs transats sur le sable, les imposantes pirogues de pêche attendent d'être mises à l'eau et les vendeurs en herbe scrutent l'arrivée de vazahas pour leur vendre des souvenirs. Après avoir marché quelques minutes, nous nous installons dans le vent et près de l'eau. On étend sa serviette, sort un livre, trempe les pieds dans l'eau... Avant qu'une horde d'enfants n'arrivent pour nous proposer colliers, bracelets, massages, tresses...

Difficile de résister aux petites filles qui tentent de nous vendre des massages, des tresses, des colliers, des masques, des sculptures, des bracelets, des paréos, ... Nous avons craqué. Appoline achète des coliers, Léa un paréo et nous convaincons Amaury de tester le tressage malgache.


Après les petites filles, c'est le tour d'un homme, la trentaine, des dreadlocks dépassant de la casquette d'essayer de nous vendre quelque chose : la kabosse. Il s'agit d'une sorte de guitare à 3 cordes que l'on trouve à Madagascar. Il tente de nous séduire en nous jouant quelques morceaux.

Le temps passe, la marée monte et nous devons nous déplacer pour ne pas nous retrouver bloqués par l'eau. Suite de la journée, on peaufine son bronzage avant de se laisser inexorablement tenté par un cocktail au coucher du soleil.


Le lendemain, nous profitons de notre dimanche pour aller visiter la forêt de Baobab qui se trouve juste à côté du village des tortues. En plus d'y découvrir tout sur la flore locale, nous voyons l'un des plus vieux baobab du Sud de Madagascar : 1200 ans ! Nous apprenons aussi que cet étrange arbre est réellement caractérique de l'ile puisque 7 especes sur 9 y sont endémiques.

Il faut 8 personnes pour faire le tour de ce baobab d'environ 1200 ans. 

En fin d'après-midi, deux d'entre nous décident de retourner un moment sur la plage. Ils profitent de ce moment pour échanger avec la population locale, et de jouer avec des enfants qui étaient par là.

Anecdotes :

  • Lors d'un de nos repas dans un restaurant "vazaha", nous avons l'occasion de gouter un rhum arrangé gout "baobab" ! Nous sommes surpris par le gout très végétal que prend le rhum associé au fruit de cet arbre géant. Expérience exotique mais peu concluante, nous ramèneront sans doute des bouteilles de rhum arrangé, mais sans doute pas au baobab !
  • En visitant la réserve de baobab, plusieurs explications nous font beaucoup rire. La 1ere : une espèce d'arbre dont l'écorce s'écaille très facilement, son nom ? "l'arbre vazaha" "parce que dès que vous allez au soleil, vous avez la peau qui fait pareil !" prétend notre guide. La deuxième, un peu moins drôle quand on y repense, consiste en un remède local fait de feuilles d'un certain arbre, de whisky et de miel, supposé guérir le cancer.. Pourquoi pas n'est ce pas ? Au moins le breuvage doit avoir bon gout !
  • Sur le chemin du retour, nous sommes bien sûr sollicités par un tas de petits malgaches voulant encore et toujours nous vendre des souvenirs. Un peu d'originalité cependant, l'un d'entre eux, négociateur né, tente de nous vendre un simple cailloux qu'il vient de ramasser ! Comme quoi, c'est aussi peut être une forme de jeu pour eux 😀
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Nous vous avons présenté les différentes actions menées par Bel Avenir à Tuléar et à Mangily. Aujourd’hui, nous allons vous apprendre ce que nous, l’équipe SKEMA’DAGASCAR faisons au sein de Bel Avenir.

La totalité de nos missions prennent place sur le site de Mangily.

Quand le temps nous le permet, c’est-à-dire entre 7 heures et 10 heures pour éviter la chaleur, nous sommes sur le site d’agroforesterie. Nous réalisons un travail d’ordre physique : désherbage, travail sur la moringa, etc. Le reste du temps, nous faisons un travail de recherche pour mener à bien les missions qui nous sont confiées, qui concernent trois domaines :

- Travail sur la moringa. Nous avons 4 essais agricoles à mettre en place afin de déterminer des pratiques qui pourraient augmenter la production de Moringa. Il s’agit de protocoles à mettre en place, de suivis quotidiens, d’observation de résultats, etc.

Grâce à ces essais, le centre d’agroforesterie de Bel Avenir pourra déterminer de quelle manière augmenter sa production de moringa. En effet, la production actuelle est décevante or cette plante-miracle est un élément clé de la campagne de lutte contre la malnutrition que mène l’ONG.


- Travail sur les séjours éducatifs. Bel Avenir a déjà mis en place des Classes Vertes pendant lesquels des enfants venant d’écoles de la région Tuléar viennent passer quelques jours à Mangily. Pendant près d’une semaine, ils sont sensibilisés à des problématiques telles que la protection de l’environnement, la disparition d’espèces endémiques à Madagascar, etc.

Notre rôle est de mettre en place d’autres classes de ce type sur des thèmes précis tels que : la protection du lagon, l’hygiène & la santé, l’élevage et l’agriculture. Ainsi, les enfants qui sont déjà venus en classe verte à Mangily pourront apprendre de nouvelles choses. Le but de tous ces Classes Vertes est de faire germer dans l’esprit de ces enfants des idées indispensables pour le développement durable du pays.


- Travail avec l’hôtel solidaire. L’Hôtel Solidaire de Mangily fait appel à nos connaissances commerciales pour deux missions :

o Une étude de rentabilité : actuellement, la direction de l’hôtel n’a qu’une vague idée des prix qu’elle doit pratiquer pour être rentable et faire du bénéfice. Nous avons pour missions de calculer ce seuil. Il est très important que l’hôtel soit bénéficiaire car tous ces bénéfices sont reversés à Bel Avenir et soutiennent l’ONG pour ses actions dans l’aide à la population.


o Une étude de marché : malgré la petite taille du village il y a plusieurs hôtels similaires à Mangily. La direction aimerait savoir quels sont les critères des touristes quant au choix de leur hôtel et si le fait d’être un hôtel « solidaire » représente une réelle plus-value.


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Et maintenant, place à ces quelques photos bonus, parce qu'on sait que c'est ce qui vous intéresse le plus ! 😉

Amaury en train de se faire tresser les cheveux 
Une classe de collège de l'écoles des Salines  
Un magnifique coucher de soleil  
Des enfants malgaches qui jouent sur la plage. Ici, ce n'est pas rare d'entendre : "prends moi en photo !". Grands et petits aimen...
Quand sonne l'heure de la lessive ... 
Repas traditionnel : le Min Sao. A base de spaghettis, légumes sautés, zébu et parfois d'oeuf, nous en mangeons plusieurs fois par...
Au Village des Tortues, des lémuriens récupérés en douane passent par une période de guérison avant d'être remis en liberté 
Un dernier coucher de soleil, parce qu'on ne s'en lasse pas ... 
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Publié le 24 mai 2017

Pour notre deuxième week-end à Mangily, nous avons décidé de profiter du soleil et de la mer pour aller faire une journée en pirogue.

La pirogue de Jo, aux couleurs de l'Hôtel Solidaire de Mangily 

A 8h30, après un petit déjeuner de roi (comprenez : du vrai pain, du beurre, de la confiture, un thé et du jus d’orange), nous nous rendons à notre rendez-vous avec Jo, piroguier de l’hôtel. Au rendez-vous : matinée pirogue et baignade dans le Canal du Mozambique, pique-nique à base de poisson grillé et de riz sur la plage, puis retour en pirogue à Mangily.


A l’aller, la mer est calme, nous profitons de ces moments de détente pour observer la côte s’éloigner de nous. Nous avons trouvé étonnant qu’il faille plus de 10 minutes pour arriver à un endroit plus ou moins « profond » : à Mangily, on peut marcher plusieurs centaines de mètres sur la plage en ayant de l’eau jusqu’aux cuisses. A mi-chemin, Jo amarre la pirogue et nous dit que c’est le moment où jamais pour aller observer la vie sous-marine. Ni une ni deux, nous sautons armés de masques, de tubas et de palmes.



Après plusieurs dizaines de minutes de baignade, Jo nous propose d’aller profiter de la plage. Nous remontons tous dans la pirogue. Nous naviguons encore un moment puis vient le moment d’accoster. Nous sommes, à cet instant, sur une immense plage de sable blanc, presque déserte : un paysage de rêve. Nous explorons un peu les alentours et tombons sur une bande de bambins qui nous réclament des bonbons … Et d’être pris en photo ! Nous nous prêtons au jeu et posons avec eux. Malheureusement les enfants deviennent trop insistant et réclament des « bonbons » qui dépassent du sac de l’une d’entre nous (bonbons qui ne sont en fait que des Doliprane), alors nous décidons de retourner sur la plage. Nous oscillons entre baignade et bronzette lorsque Jo nous appelle pour aller manger, au menu : poisson grillé, riz et sauce tomate maison (à tomber par terre).

A la fin du repas, nous passons encore quelques moments à explorer la plage, puis arrive l’heure de partir. Le retour en pirogue n’est pas aussi calme qu’à l’aller et nous nous retrouvons trempés à cause des vagues. En arrivant à Mangily, nous profitons des derniers moments du jour pour rester sur la plage et observer le coucher de soleil.




Dimanche, nous commençons la journée un peu plus tard et nous profitons de la matinée pour nous reposer et faire notre lessive pour les uns, lecture et farniente pour les autres… Nous décidons d’aller sur la plage en milieu d’après-midi et restons, encore une fois, pour pouvoir admirer le soleil se couchant sur le Canal du Mozambique.

Le spectacle est magnifique et nous ne nous en lassons pas. Un bon repas à base de légumes sautés, de pommes frites, de boulettes de zébu et de crevettes plus tard, et le week-end est déjà terminé… Place à une semaine de travail !


Anecdotes :

Nous avons été surpris de voir comment ces embarcations - qui ont l'air de dater de l'aire Vikings -ne parvenaient finalement pas trop mal à remonter au vent ! Le mécanisme permettant d'ouvrir la voile, n'est il faut le dire, pas optimal mais comme on dit ici "ca marche !". Bon le virement de bord reste peu académique et nous nous sommes retrouvés à deux reprise à faire des marches arrières formidables jusqu'à finalement toucher la côte avant de pouvoir mettre un pied à terre et aider l'embarcation à changer de bord, mais après tout, ici on est pas pressés !

Ici, pas de bouées pour se souvenir d'où on a posé son filet de pêche.. Les malgaches - il faut dire que le système D c'est un peu leur spécialité - utilisent donc des bouteilles vides pour faire office de flotteur. Encore une fois on nous explique "bah oui ça marche !"

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Publié le 30 mai 2017

7 heures du matin, samedi, après notre traditionnel réveil au son de la cloche -qui s’avère être un bâton frappé sur du métal- et le chant matinal des coqs, nous partons pour un week-end touristique à St Augustin. Nous nous sommes payés le « luxe » de prendre un taxi privé familial. À notre grande surprise c’est en Renault 4L, dans son jus, que l’on vient nous chercher !

C’est parti pour 2h de trajet direction le sud de l’île à 4 sur la banquette arrière. Assez sceptiques au départ « c’est pas possible, on ne rentrera jamais à 4 là-dedans ! », on se met finalement dans la peau des locaux et nous nous compressons les uns sur les autres pour parvenir à fermer la portière.

Première pause à Tuléar où nous retrouvons un semblant de civilisation et l’agitation citadine qui en découle. Passage au Score (supermarché local plutot "vazaha") pour faire le plein de vivres. Les produits étant importés, il est bon de remarquer que pour le prix d’un pot de pâte à tartiner on peut se payer plus de 2L de rhum malgache ! Après ce ravitaillement, nous nous engageons sur la RN7 pour quelques kilomètres seulement avant de bifurquer sur une piste peu carrossée. Heureusement notre chauffeur connaît sa 4L parfaitement et nous filons à un rythme effréné entre brousse et chemin en hauteur le long du littoral. Il arrive cependant que les trous s’enchaînent avec des profondeurs dépassant parfois les 50cm, obligeant notre chauffeur à placer ses roues avec une précision chirurgicale pour éviter qu’elles ne frottent ou que nous trouions le carter d’huile. Au détour d’une pente trop raide, nous sommes priés de descendre car la puissance de notre bolide n’est pas suffisante pour la franchir chargé comme un mulet.

En fin de matinée nous rejoignons Saint Augustin et notre bungalow au bord de la plage.

Ce village de pêcheurs, perdu au fond de Madagascar s’étend sur une superficie assez vaste mais est composé de petites maisons construites en bambou, sans électricité ni eau courante. Notre venue à travers la ville est comme d’habitude fortement remarquée et l’on entend crier « vazaha ! vazaha ! » à tous les coins de rue. Le village est entouré de montagnes et carrières dans lesquelles on y exploite -plus ou moins légalement- les pierres et métaux divers. Certaines de ces collines sont bordées de cimetières catholiques, à en juger aux croix blanches, situés en hauteur et donnant sur toute la vallée. Après un copieux repas végétarien, la prolifération des indigestions depuis quelques jours oblige, nous prenons la route de la piscine naturelle. Le village a beau être situé en bord de mer, un delta est présent au fond de la baie dans lequel l’eau douce qui s’écoule des montagnes vient à la rencontre de l’eau salée. Nous partons sous une chaleur harassante et seul un panneau permet de trouver la voie depuis le village. Nous demandons donc notre chemin à deux dames qui nous escortent jusqu’à destination. Elles sont pêcheuses et descendent, filet à la main, la rivière depuis la piscine. Sur le chemin, elles nous découpent des cannes à sucre, dont nous sirotons le délicieux liquide sucré présent dans les fibres. Arrivés à la piscine, c’est un bassin d’un mètre de profondeur, irrigué par deux sources s’écoulant sur place de la montagne qui s’offre à nous. L’eau y est douce et d’une transparence exceptionnelle et l’ombrage et la fraîcheur du lieu tranchent avec les montagnes arides et la poussière dégagée sur le sentier lors de notre passage. Nous prenons après une petite baignade le chemin du retour et arrivons à notre bungalow dans l’après midi.

Petit point sur l’hôtel où nous logeons (Hôtel de l’espérance) : nous sommes accueillis par le slogan de la maison « bienvenue au paradis », pas le paradis de l’organisation en tout cas. Lors de notre arrivée, la gérante de l’hôtel qui nous a accueillis se mariait. Un mariage entre une locale d’une trentaine d’années et un français d’environ 70ans. L’ambiance est à la fête et l’hôtel complet. Notre bungalow « familial » est réservé et nous devons nous contenter de deux lits doubles pour cinq. Ce sont donc les trois filles qui ont passé une agréable nuit en étoile dans le confort d’un lit king size ! Notez l'ironie, il faut toujours mieux en rire qu'en pleurer 😉

Une fois revenus de la balade, direction la plage avec l’océan à une vingtaine de mètres dont le fracas des vagues contre le sable crée une ambiance sonore très relaxante dans l’enceinte de l’hôtel. C’est parti pour une baignade sportive dans le shorebreak (comprenez vague de bord) qui atteint lors des séries près de trois mètres de haut avant de s’écraser sur le sable, créant un fort courant pour qui vient l’affronter. Nous jouons avec les enfants du village en admirant le coucher du soleil tout en nous laissant bercer par la vue des vagues. Ils nous demandent sans cesse de les prendre en photo, et quelle surprise de les voir s’extasier sur nos petits ordinateurs de poche que l’on nomme banalement « smartphones ».




Après un rapide repas, nous filons nous coucher. Quoi de plus agréable après une dure semaine de labeur qu’une grasse matinée dominicale ? Malgré ces belles paroles, nous décidons de programmer le réveil à 6h30 pour profiter du lever du soleil. Depuis la plage, les couleurs rosées du matin remplissent le ciel et celui-ci se dévoile derrière la montagne qui surplombe le village. Face à nous un lac, qui se remplit et se vide au rythme des marées. Une nuée de flamants roses s’y pose et vient y trouver de quoi manger à travers la vase.


Dans la matinée nous faisons un tour en pirogue dans la mangrove qui se trouve à l’embouchure entre les rivières et l’océan où les arbres s’y développent dans une eau saumâtre. Après que nos piroguiers aient vaincu les courants à la rame, nous nous retrouvons donc encerclés par la végétation et progressons dans un silence absolu, sur une eau si lisse que les arbres s’y reflètent avec précision.

Entourés par les palétuviers et leur racine qui ressortent du sol à la verticale, naviguant sur une eau trouble, nous avons l’impression de nous enfoncer l’espace d’un instant dans la forêt amazonienne. Nous repartons, dans un état de fatigue aigu pour certains et avec des douleurs intestinales pour d’autres, prêts à arpenter une heure de piste dans notre fidèle 4L, finalement habitués à son confort précaire : certains parviennent même à fermer l'oeil ! Arrivés à Tuléar nous finissons le trajet dans un taxi brousse, comme d’habitude surchargé. Un vieux bus Mercedes des années 90, quatre places par rangée, sur le papier. Entre les sièges sont attachées de petites planches de bois pour embarquer un passager supplémentaire sur chaque rangée. Malheureusement, une dame que nous définirons élégamment comme plantureuse vient prendre place sur les 40cm d’espace vital que nous avions. Assis au premier rang, nous avons eu l’espoir, lors d’un cours instant, de pouvoir être assis normalement. Malheureusement le chauffeur en a décidé autrement et une autre personne vient passer l’heure de voyage debout, un pied de chaque côté du levier de vitesses. Après ce trajet de 3h et 65 kilomètres parcourus, nous rentrons, éreintés, au bercail.

Anecdotes :

Le village de Saint Augustin est le plus pauvre que nous ayons eu l'occasion de visiter jusqu'alors. Seuls notre hotel et les quelques églises - finalement assez nombreuses pour la superficie du village - sont construits en matériaux solides et les vêtements de ses habitants reflètent le peu de moyen dont ils disposent.. Néanmoins - et on ne sait trop comment - les enfants connaissent quand même les 4 mots vazaha indispensables à tout petit malgache qui se respecte, à savoir : "bonjour", "bonbon ?!", "cadeau ?!" et "photo ?!". Si ca nous fend le coeur de devoir refuser à chaque fois de leur offrir quoique ce soit, nous nous prêtons régulierement au jeu des photos et nous retrouvons entourés d'une vingtaine d'enfants se bousculant pour être au 1er plan.

Les petits malgaches vivant près de la mer sont aussi des nageurs aguerris et de vrais acrobates. Les vagues de 3-4 mètres ne font pas peur même aux plus jeunes qui se jettent dedans "tout habillés" - il faut dire qu'il n'ont souvent qu'un short ou une jupe - même lorsque le soleil est couché et que la brise commence à souffler. S'ils ne sont pas dans l'eau, les garçons s'exercent à des acrobaties, le sable leur servant de tatami. Ils tentent de jolis saltos et s'écrasent une fois sur deux, face contre terre mais toujours le sourire aux lèvres ! C'est à se demander si nos petits européens sont peureux de nature ou s'ils ont simplement trop été appris à "faire attention".

Durant tous nos trajets sur l'ile, nous remarquons que nos chauffeurs écoutent toujours la même radio - surement la seule radio malgache - qui passe en plus régulierement une dixaine de chansons que nous commençons donc vraiment à connaitre par coeur ! Ces mélodies locales nous restent en tête et nous chantonons souvent depuis ce week-end des paroles improvisées à tout moment de la journée.

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Publié le 8 juin 2017

Pour commencer ce week-end, nous faisons un remake d’un célèbre jeu d’arcade : Tetris ; ou plutôt tetris brousse. Tout commence à 6h du matin, sac plein sur le dos, sur le bord de la route à guetter les taxis brousse. Rapidement, nous arrêtons un pick-up et sommes les premiers passagers à bord de la benne. Deux rangées face à face avec dossier, légèrement rembourrées pour apprécier le trajet. Nous tournons dans le village pendant 30 minutes pour récupérer toute personne souhaitant rejoindre Tuléar. Une fois chargé, à 20 environ dont 5 enfants à califourchon sur une banquette installée au milieu dans la longueur, nous quittons Mangily. Arrivés à Tuléar nous faisons l’arrêt technique ritualistique. Passage à la banque « au tire sous » et au supermarché afin de faire les courses pour le week-end.

Une fois la préparation terminée, direction « Anakao express ». Petit remake sauce Malgache d’alerte à Malibu, nous partons dans une vedette de 300 chevaux qui brise les vagues et file à toute allure vers Anakao. Le moyen de transport vazaha par excellence, mais qui évite les 8 heures de pistes en 4x4.. 4x4L 😉. Anakao, où la face touristique de Madagascar. Nous sommes prévenus dès notre arrivée, les hôtels de luxe, pour vazahas en quête de dépaysement mais frileux de quitter leur confort occidental bordent le littoral. Le bateau s’arrête à chaque hôtel où les voyageurs souhaitent descendre et nous dépose devant la terrasse d’Émile. Chez Émile, on est chouchouté par le personnel. Nous sommes conduits au bungalow et, contrairement à la semaine dernière où nous avions dû faire des pieds et des mains pour avoir un cadenas (et un matelas qui n’est jamais arrivé…), on nous installe, apporte de l’eau et hisse un hamac sur la terrasse. Notre petite cabane, en semi dur et au toit de bambou, nous fournit tout le confort dont nous avons besoin. Située à 100 mètres de la mer, en hauteur, nous jouissons d’une vue imprenable sur cette dernière. Dans l’après midi, le programme est simple : farniente. Trente degrés, pas un nuage à l’horizon et des petites vagues. Amaury a emprunté, en vain, une planche de surf pour essayer de se confronter aux 50 centimètres de vague sans réussir à attraper la moindre vague même allongé… Après ce dur après-midi nous nous couchons tôt pour être en forme au petit matin.



Réveil 6h30 pour savourer le petit déjeuner face à une eau aux reflets matinaux roses-orangés avant de partir à l’aventure. Un pick-up nous récupère et nous filons pour 50 kilomètres de pistes sablonneuses à travers la brousse. Quatre dans l’habitacle et Amaury confortablement installé dans la benne avec un employé qui accompagne le chauffeur pour apprécier le paysage à l’envers. De la brousse, des petits villages, quelques passages avec vue mer (le parc est à 7km à vol d’oiseau) encore de la brousse et nous voilà arrivés. Nous prenons nos entrées, réservons un guide (obligatoire) et nous apprêtons à crapahuter pendant 24h. A l’entrée du parc, un monsieur essaye de nous vendre son coq, encore vivant pour le repas du soir. Même pour 4€ le coq dodu, nous refusons face à la bête qui ne comprenait manifestement pas ce qui se mijotait sur sa tête. Le parc est étalé sur une grande superficie et la plupart des points d’intérêts s’atteignent en 4x4.


Premier arrêt sur les rives du lac Tsimanampetsotsa , un lac salé, en territoire fady, c’est-à-dire sacré dans les coutumes locales. Ce lac s’étend sur une distance de 15 kilomètres et offre une couleur bleu turquoise très particulière, dont le sol argileux blanc et les 80cm de profondeur sont à l’origine. Alimenté par plusieurs sources sous marines, il est le lieu d’habitat de nombreux flamants roses et se compose de nombreux îlots où ces derniers viennent y pondre en toute sécurité. Le nom du lac reflète quant à lui le fossé entre les us et coutumes locales et le pragmatisme scientifique. Petit point étymologique : Tsi en malgache correspond à "pas" et Manampetotse au "dauphin". Les ancêtres voyaient des esprits à la forme de dauphin ce qui a donné le nom originel. Cependant, des recherches ont été menées afin de savoir si, oui ou non, des dauphins erraient dans le lac, recherches qui se sont avérées infructueuses et dont le parc tient son nom, littéralement "la réserve sans dauphin" !

 Randonnée de 6 km sous une chaleur de plomb ... Que du bonheur !

Nous reprenons la route en contournant les terres sacrées qui entourent le lac avant un deuxième arrêt. Pour ce passage, on vous laisse imaginer : midi, peu (pas) de vent, 28-30 degré à l’ombre, un dénivelé relativement nul (heureusement) pour affronter 3h de marche en pleine brousse. On commence par grimper une colline qui nous offre un panorama dégagé sur le lac. Depuis le sommet, nous continuons sur l’arrête en observant la faune et flore locale dont la concentration d’espèces endémiques est une des plus importante au monde. On n’est pas sur une île au milieu de l’océan indien pour rien. Nous progressons sur un sol calcaire, des roches plutôt abruptes et trouées comme du gruyère, qui procure « un massage naturel » lorsque l'on y marche dessus d’après notre guide. Nous avons testé et sommes restés perplexes sur la qualité du dit massage. Après avoir vaincu la chaleur des heures durant, nous rejoignons le campement où nous allons passer la nuit en début d’après-midi.

Nous 5 près du "baobab grand mère", âgé de plus de 3000 ans ! 

Le parc est composé d’un réseau sous terrain de près de 30 grottes qui communiquent entre elles. Nous nous rendons donc dans l’une d’elle, une grande caverne alimentée par de l’eau naturellement filtrée dans la roche. L’atmosphère y est douce et humide. Nous remplissons nos bouteilles et en profitons pour nous baigner et nous rafraîchir dans une eau limpide mais dont l’obscurité ambiante empêche souvent de voir le fond qui dépasse par endroit les 2 mètres 50 de profondeur. Après ce petit bain nous partons en quête des fameux lémuriens. Nous les attendons dans un silence religieux au pied d’un bania, un arbre majestueux. Ce dernier a grandi à la lisière d’une autre caverne de 20 mètres de profondeur et a développé des racines aériennes pour puiser l’eau nécessaire à son développement. Le résultat offre un spectacle dont seule la nature en a le secret, les racines partent depuis les branches en direction du sol et l’on croirait voir un groupement d’arbres. D’autres racines tombent au fond de la caverne ou se frayent un chemin à travers la roche avant d’atteindre l’eau douce gisant au fond de la grotte.

Au pied du fameux bania 


Notre guide disparaît quelques minutes en quête d’un groupe de makis et notre silence nous fait apprécier le chant des oiseaux et divers cris d’animaux plus ou moins lointains. Enfin, le guide revient nous chercher car un groupe de makis se trouve dans les environs. Nous avançons à pas de loup jusqu’à destination. Nous progressons délicatement face à ces petites bêtes peu surprises de notre venue. Face à nous une carrière naturelle, dans laquelle lémuriens et chauve souris cohabitent. On prend le temps de s’asseoir pour les observer au moment de leur coucher. Les lémuriens sont de petits animaux à la queue rayée dont la démarche est à mi-chemin entre le singe et le chat. Très habile, il bondit sur plusieurs mètres en hauteur comme en longueur. Accrochés à la paroi, ils progressent aisément et ne craignent pas le vertige. Alors que les premiers rejoignaient la grotte perchée en hauteur, les chauve souris se sont réveillées et c’est toute une flotte qui s’est envolée et s’est mise à tourner dans les airs tous azimut, nous frôlant le visage sans jamais s’arrêter. Bien qu’elles ne crient pas, leurs battements d’ailes produisent un sifflement digne d’un film d’horreur. Nous retournons vers la tente au coucher du soleil pour un pique-nique nocturne durant lequel nous faisons la rencontre d’un animal, aussi peu noble que farouche, la mangouste. A peine le temps d’être prévenus par le guide que ce rat des champs nous avait piqué du pain et s’était enfui avec. Nous dormons à quatre dans la tente, la rigidité du sol sans matelas et le manque de place nous garantissant des douleurs aux dos et aux hanches. Benoît était lui installé dans l’habitacle du 4x4, avec le confort du siège mais dans une chaleur moite, la multitude de moustiques aux alentours empêchant d’ouvrir les fenêtres.

Un maki, espèce de lémurien strictement endémique à Madagascar 


Retour à Anakao au lever du soleil et départ en pirogue vers la petite île de Nosy-Ve, paradis des pailles-en-queue. Ces oiseaux peuvent être comparés à des mouettes au long bec rouge et avec une plume rouge plantée dans l’arrière train. L’île en regorge et chaque buisson abrite un nid qui nous permet d’observer les mères et leurs bébés, le bec noir et n’ayant pas encore de plumage définitif mais plutôt une fourrure cotonneuse. La plage de sable blanc est déserte, c'est paradisiaque. Les fonds marins, même à dix mètres de la rive, regorgent d’espèces exotiques, d’oursins, poissons colorés et autres étoiles de mer. Après un repas sur la plage, nous nous approchons de la barrière de corail pour une plongée résolument sportive. Sans palme, nous luttons contre le courant pour apprécier l’écosystème marin. Des formations coralliennes parfois hautes de deux mètres dans lesquelles cohabitent poissons, coquillages, serpents marins…

Dans l’après midi, nous nous aventurons comme à notre habitude derrière le voile touristique du littoral. Un village plutôt cossu avec de nombreuses maisons bétonnées s’offre à nous. Nous grimpons sur une dune de sable du haut de laquelle nous avons une vue sur tout le village. A notre grand étonnement, il n'y a que peu voire pas de lieu de vie commune si ce n’est un petit marché. Nous rentrons pour déguster une bière au coucher du soleil avant de profiter d’une nuit dans un vrai lit. Au petit matin, notre « taxi-br..boat » vient nous récupérer et nous revenons cheveux aux vents. Arrivés à Tuléar, les garçons se séparent des filles qui rentrent difficilement mais directement à Mangily. Benoît et Amaury refont le plein de denrées et se baladent au marché, s’essayent aux glaces à l’eau vendue dans la rue (oui nous les avons bien digérées…) et prennent un copieux repas avant de retourner à la maison en début d’après-midi.


Benoit retourne en enfance ... S'il l'a un jour quittée ! 

Annecdotes :

Nous avons été assez surpris par l'agressivité des vendeuses de souvenirs. À Mangily, même ils/elles nous suivent partout, nous avons toujours le droit à un sourire et le "tsy mila misaotra" (qui veut simplement dire "non merci") est plus ou moins rapidement accepté. À Anakao nous avous eu quelques petits soucis avec certaines vendeuses n'acceptant simplement pas de négocier et encore moins que l'on reparte du coup sans rien leur acheter..

Les filles ont aussi eu l'occasion d'expérimenter le matchisme malgache sur le chemin du retour. Les garcons les ayant laissées pour s'offrir un repas vazaha, plus copieux à Tuléar qu'à Mangily, elles se sont donc retrouvées seules pour négocier pousse-pousse et taxi brousse. Elles sont malheureusement tombées sur des pousse-pousses peu sympathiques qui ont voulu leur faire payer 5 fois, puis 3x apres négociation, le prix de la course habituelle. 20 minutes, un attroupement de malgaches et quelques menaces plus tard, elles ont du céder et donner les 5000 arriars demandés.. Et même après cela, c'est le gentil chauffeur de taxi brousse qui a du s'interposer pour congédier ces messieurs venus réclamer 5000 ariars supplémentaires à la fenetre du taxi brousse ! Comme dirait une volontaire que l'on a rencontré, "à croire que lorsque l'on est souriantes, ils nous prennent pour des cibles faciles". Mais ne vous méprenez pas, ceci est loin d'etre le cas de tous les malgaches, la plupart sont tout simplement adorables. Par contre il est vrai que ceux qui veulent abuser de l'argent des vazahas en réclament toujours plus aux femmes qu'aux hommes...

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Sur ce blog, vous voyez beaucoup nos week-ends, et peu nos missions… Mais ne vous y méprenez pas, nous n’en oublions pas notre travail ! Comme il s’agit de missions de « longue » durée, nous ne pensons pas qu’il serait intéressant d’y consacrer un article chaque semaine, mais nous sommes ravis de vous présenter notre avancement au bout d’un mois.

Comme vous l’avez lu dans un article précédent, nos missions s’articulent autour de 3 thématiques :

- Le travail sur la moringa, qui se situe sur le site d’agroforesterie. Notre but est de mettre en place des essais agricoles visant à trouver des techniques pour augmenter la production de moringa.

- Le travail avec les séjours éducatifs. Chaque semaine, des classes vertes viennent à Mangily. Les enfants viennent des écoles de Tuléar et y apprennent quelques notions de découverte de leur environnement (importance de la protection des tortues, découvertes des ânes, du jardin botanique, etc). Notre mission est de développer ce même type de classes sur d’autres thèmes.

- Le travail avec l’Hôtel Solidaire. La direction de l’hôtel nous a demandé de mener une étude de marché ainsi qu’une étude de rentabilité.


Le travail sur la moringa

Nous sommes en train de mettre en place 4 essais.

- Le premier test concerne le type d’arrosage : est-ce que l’arrosage en « pluie » directement sur les feuilles des arbres ne permettrait pas de produire plus par rapport à un arrosage « classique » au pied du plant ?

Ce premier test est sur le point d’être lancé : notre parcelle vient d’être prête (comprenez paillée sur la moitié). Notre dernière mission avant de dire qu’il est officiellement en route : expliquer aux locaux quelles sont les parties à arroser en mode « pluie » et en mode « classique » (si c’est clair pour nous parce que nous sommes sur le projet depuis le début, ça ne l’est pas forcément pour eux qui se demandent souvent ce que l’on fait dans les plantations de moringa… )


Parcelle paillée, prête à être arrosée au pied ou en pluie ! 

- Le deuxième test est sur le compost. Actuellement, la moringa est « nourrie » de compost seulement au moment de la plantation. Nous cherchons à savoir si l’ajout de compost une ou deux fois par an pourrait améliorer la production. Malheureusement, nous ne participons qu’au lancement de ce test et nous ne pourrons pas observer le résultat de nos yeux. En effet, il va prendre toute son importance sur le long terme

- Le troisième test est sur les produits chimiques. Le produit que nous testons est labellé BIO en France : la cyperméthrine. Bien que la production de moringa se veuille 100% naturelle, nos coordinatrices de stage (Elise et Marion) nous ont fait comprendre que la demande venait des bailleurs. Nous cherchons donc à tester quel dosage de cyperméthrine est idéal pour faire fuir les ravageurs de cultures de moringa. Nous testons également un traitement préventif naturel : le neem, qui a pour but de répulser les ravageurs. Les parcelles de cet essai sont également prêtes et, comme pour l’essai arrosage, il nous reste à transmettre le mot aux locaux.

- Enfin, notre quatrième essai a un léger penchant permaculture. Dans une grande parcelle, nous allons alterner la culture de moringa, de niébé, d’ail et de basilic. Le niébé et la moringa peuvent s’apporter des bienfaits mutuels et augmenter leurs productions, tandis que l’ail et le basilic pourraient faire office de répulsif à ravageurs. Cet essai vise à augmenter la production de façon 100% naturelle. C’est celui qui nous prend le plus de temps car contrairement aux autres parcelles, nous avons commencé avec un terrain en friche. Après l’étape désherbage, nous attaquons l’étape semis… Ce qui prend du temps !

Tout le monde au travail dès 7 heures du matin 


Jusqu’à présent, nous étions concentrés sur la recherche d’informations et sur la rédaction des protocoles de ces essais. Une fois que cela a été terminé, nous avions rendez-vous tous les matins à 7h sur le site de l’agroforesterie pour désherber, pailler, faire des poquets,… Un véritable travail physique ! Malheureusement, nos corps peu habitués à la chaleur ne nous permettent pas d’être dans les champs après 10 heures. En fin de matinée, nous attaquons un travail plus théorique : celui des classes à thème.


Les classes à thème

Pour cette mission, nous avions plus ou moins carte blanche : notre coordinatrice voulait de nouveaux thèmes, mais nous pouvions décider lesquels nous trouvions les plus intéressants à exploiter et de quelle façon nous voulions le faire. Nous avons donc pris le temps d’observer notre environnement, le comportement des enfants et des parents, avant de nous lancer. Suite à cela, nous avons décidé de travailler sur trois thèmes :

- Agriculture & élevage. Ce thème a pour objectif de montrer aux enfants comment entretenir un potager, fabriquer du compost, semer en fonction des saisons, prendre soin des animaux d’élevage, observer les abeilles, etc. Le but à long terme de ces classes est de « planter une petite graine » dans leur esprit : peut-être que cela leur donnera envie de créer leur propre potager ? Peut-être que cela leur permettra de mieux manger ? Peut-être qu’ils vont développer l’envie de devenir agriculteur ? Eleveur ? Apiculteur ?

Nous cherchons vraiment à faire découvrir des métiers aux enfants, pour qu’ils ne vivent pas de la mendicité, comme le font beaucoup de malgaches ici.

- Protection de l’environnement. A Mangily, nous avons tous été surpris par l’absence de poubelle et donc, forcément, par l’omniprésence des déchets dans les rues. Bouteilles en plastique, boites de conserve, papiers,… Tout y est. Il était alors évident que nous devions mettre l’accent sur la gestion des déchets. En plus, nous avons proposé des ateliers sur la prise de conscience du réchauffement climatique. Nous cherchons à montrer aux enfants que ce sont eux les acteurs du futur et que tout le monde doit agir pour changer les choses.

- Maman-enfant. Cette classe a thème est particulière puisqu’elle recevrait autant d’enfants que de mamans. Potager, couture, cuisine, atelier sur la nutrition, les maladies les plus courantes, les plantes médicinales locales,… Tout y est. Le but de ces classes est de faire profiter de cette semaine aux petits comme aux grands, et de permettre aux mamans de voir ce que font les enfants durant leurs séjours à Mangily

Pour ces classes à thème, nous avons rencontré une difficulté particulière : celle d’agir sur le comportement des enfants dans un contexte que nous ne maitrisons pas. Difficile de proposer une expérience sur la fonte des glaciers sans congelateur, difficile de leur dire de planter des fruits et légumes de saison lorsqu’on ne sait pas lesquels ils sont à Madagascar, difficile de leur dire de trier les déchets alors qu’il n’y a pas de poubelle… En un mois, nous ne connaissons toujours pas les véritables conditions de vie des enfants de Tuléar. Nous ne sommes pas surs qu’un étranger les connaisse, même après des années ici… Ces classes nous ont donc demandé beaucoup de temps et de recherches, mais elles sont aujourd’hui en cours de lecture et en attente de validation par notre coordinatrice. La prochaine étape est de les présenter aux animateurs et de voir ce qu’ils en pensent.



Le travail avec l’hôtel

Pour cette mission, nous avons signé une clause de confidentialité qui ne nous permet pas de trop en dévoiler. Nous pouvons dire que nous avons mené une étude de marché, qui consistait à comparer l’hôtel solidaire avec d’autres hôtels de la même gamme se trouvant à Mangily. Nous avons étudié les points forts et les points faibles de l’hôtel, en donnant nos recommandations et nos conseils pour améliorer sa visibilité. Enfin, nous sommes en train de réaliser une étude de rentabilité.


Les missions annexes

Parce qu’ici tout est à faire, nous nous voyons régulièrement proposés de nouvelles missions : supervision d’un essai sur les patates douces, réhabilitation du chemin vers le jardin botanique de l’hôtel, après-midi broderie/confection de souvenir à vendre avec les jeunes du CFA (Centre de Formation Agricole se trouvant sur le site de l’agroforesterie), désherbage, reboisement de mangrove… Parfois, il y a besoin de main d’œuvre hors de nos missions habituelles et nous y allons avec joie : ce sont souvent des moments d’échanges intenses !


Fabrication des panneaux pour l'essai arrosage 
Mardi,nous avons participé à une journée reboisement  Palétuviers jaunes, oranges et rouges (mangrove) s'apprêtant à être reboisés

Annecdotes :

Les malgaches ont l'air très etonnés de voir des vazahas travailler la terre. Les employés de l'agroforesterie avec qui nous avons l'occasion de travailler nous demandent tout le temps "alors fatigués ?", "il fait chaud ?", "c'est difficile le travail ?" ; aujourd'hui, on a même surpris un de nos voisins nous prendre en photo ! Une vraie attraction !

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Publié le 25 juin 2017

Un voyage réussi se fait à base de transports, de galères, de découvertes et de rencontres. Pour le coup, nous pensons avoir réussi le nôtre ! Nous tenons à écrire un article sur les rencontres que nous avons faites à Madagascar, qui nous ont fait rire, réfléchir, découvrir de nouvelles facettes du monde, ou encore, ouvert l’esprit…

Le premier malgache avec qui nous ayons eu une réelle discussion a été Marcellin. Alors que nous attendions depuis déjà longtemps à la gare de taxi-brousse de Tana, ce malgache originaire de Tuléar est venu à notre rencontre (intrigué à la vue de 5 vazahas). Il nous montre des photos de son dernier week-end, nous dit qu’il nous attend le mercredi suivant pour qu’on parte tous ensemble pour Mangily (ce qui n’a pas eu lieu…). Nous n’avons jamais recroisé Marcellin à Tuléar depuis mais qui sait ? Il nous reste 2 semaines ici ! C'est aussi lui qui a été surpris par notre taille (surtout celle de Victoire) et qui nous a fait rire en disant qu'il faisait 1m87 alors qu'il ne mesurait pas plus d'1m70 ! Il a aussi tenu à nous laisser ses deux numéros de téléphone et son facebook, malheureusement nous avons égaré le papier en route...

Ensuite, nous avons rencontré l’ensemble de l’équipe Bel Avenir. Paula, Elena, Fabien, Anne, Béa,… Tous ont marqué nos premiers pas à Madagascar. Ils nous ont fait découvrir les bonnes adresses de Tuléar, nous ont prévenus des prix des pousse-pousses (pas plus de 1000Ar le trajet !), nous ont mis au courant de quelques pratiques malgaches… Bref, ils ont été nos guides de survie des premiers jours. Et SURTOUT, ils nous ont fait plonger dans l’univers Bel Avenir.

Une fois arrivés à Mangily, les habitudes s’installent et nous commençons notre « vie à la malgache ». Lors de repas, nous avons croisé de nombreux vazahas, notamment des touristes qui faisaient une halte par ici : Yohan, qui croyait tout connaître de Madagascar et du monde, a partagé un peu de son rhum avec nous. Un couple franco-colombien nous a compté ses aventures rocambolesques de transports dans l’ensemble du pays. Une guide nous a beaucoup parlé de Madagascar : les lieux les plus touristiques, un peu d’histoire du pays, et surtout la différence entre les malgaches du plateau (plutôt indonésiens) et les malgaches des côtes (plutôt africains). Bien que très (trop ?) bavarde, nous avons passé un bon moment à écouter ce qu’elle avait à nous raconter. Nous avons aussi rencontré Flavie, qui est venue seule en roadtrip à Madagascar. Nous avons partagé un rhum arrangé, une part de gâteau (c’était le jour de l’anniversaire de Benoit !), et un bon moment.

D’autres rencontres étaient moins joyeuses, notamment celle d’un client de Bel Avenir qui, d’un air hautain nous a dit « mais CONCRETEMENT, vous faites quoi ici ? », avant de sous-entendre que notre mission n’était pas utile et que ce qui était le mieux, c’était de soutenir l’économie locale en consommant malgache... Soit, mais l’un n’empêche pas l’autre.

Les garçons ont fait une rencontre des plus inattendues : un vazaha français, habitant à Madagascar depuis les années 1960, on ne peut plus porté sur le colonialisme. Une de ses phrases choc : « Les malgaches ont tous les défauts des blancs, tous les défauts des jaunes et AUCUNE qualité ».


Nous avons aussi rencontré beaucoup d’autres volontaires, de Bel Avenir ou d’autres ONG : Margaux & Antoine, avec qui nous avons décollé de Paris, atteris à Tana, et voyagé jusqu’à Mangily. Nous les croisons de temps en temps à Tuléar mais le plus mémorable dans cette rencontre, c’est le trajet Paris-Mangily (quelle est la probabilité que 2 français qui décollent dans le même avion que nous à Paris viennent en tant que volontaire jusqu’à Mangily, petit village perdu de Madagascar, comme nous ?). Cristiano & Elizabeta, deux italiens volontaires à Bel Avenir. Nous ne les avons pas vu longtemps, mais cela fait toujours plaisir de rencontrer d'autres volontaires et de partager, le temps d'une soirée, nos expériences respectives. Il a aussi eu Mercedes. Mer est espagnole et a 18 ans : elle est restée un mois à Tuléar avant de repartir. Elle est venue passer quelques jours à Mangily avec nous. Et enfin Vincent, un ami de nos coordinatrices de stage, ornithologue, volontaire à Honko (ONG de protection de l’environnement).


Nos plus belles rencontres restent cependant nos rencontres malgaches. Lors de nos premiers jours à Mangily, les commerçants (comprenez, les personnes qui vendent à un prix exorbitant des boites, paréos, sculptures, etc à tous les vazahas qu’ils coisent) nous ont pris pour des touristes et ont tenté de nous vendre des souvenirs 5 fois leur prix normal.

Nous avons rencontré aussi deux inséparables copines qui ont fait une partie du chemin avec nous un soir. Elles ont beaucoup enrichi notre vocabulaire malgache "manana" (qui signifie copine), tsi mila (non merci), lumberone (paréo)... Nous les recroisons assez souvent sur la plage.

Baby est un piroguier à Mangily, nous l'avons rencontré un soir et c'est avec lui que nous avons fait de la pirogue pour aller au massif des roses.

Monsieur Claude est un employé de Bel Avenir. Certains d'entre nous ont participé un essai sur la patate douce à ses côtés. Sa paire de méduses toujours bien attachée aux pieds, Mr Claude se déplace mais assuré. Il sait toujours trouver les mots pour motiver ses troupes. Accompagné toujours de son légendaire accent malgacho-paysan, il nous régale de ses répliques mythiques qui chaque semaine égayent nos soirées.

Glarine tient un étal de souvenirs avec sa famille. Elle y passe ses journées dans l’espoir de voir des vazahas approcher. A chaque fois que nous y allons, nous avons droit à un joyeux « bonjour copiiiinnneeeeee » et parfois même à un calin ! C’est aussi elle qui nous a aidé à choisir le cadeau d’anniversaire d’Apolline.

Déjeuner au pied du grand tamarinier, avec Maman qui fais à manger dans sa cuisine de fortune 

Il y a aussi les personnes dont ne nous connaissions pas le nom et que nous avons rebaptisé : « Mama » tient un restaurant « Le Grand tamarinier » ou nous adorons aller manger. Le cadre y est magnifique et les repas délicieux. « Pao » tient également un restaurant où nous allons très régulièrement. A chaque fois que nous y allons, elle nous apprend un mot malgache. Quand l’un de nous est malade, elle nous prépare un repas spécial et nous propose même d’aller chercher des Efferalgans (on ne peut plus utile pour lutter contre des bactéries intestinales ! 😉 ). Elle est curieuse de connaître notre travail à Bel Avenir et n’a pas hésité, lors de notre première venue chez elle, à rabaisser tous ses prix parce que nous étions volontaires et que nous restions longtemps.

Chez Pao 


(NB : aujourd’hui, nous savons que "Mama" s’appelle Anitta et "Pao", Sylvia… Mais les surnoms restent !)


Les trois personnes dont nous allons parler ensuite sont des malgaches à qui nous parlons très régulièrement et avec qui nous entretenons des relations solides (nous n’irons pas jusqu’à appeler cela de l’amitié, parce que l’amitié malgache-vazahas est en générale plus qu’intéressée mais… Quand même !).

Fidèle est un homme d’un âge moyen. Il est entré en contact avec nous pour nous vendre des boites (à 30 000 ar l’une, alors que nous en achetons 2 pour 5000 aujourd’hui !). Chaque jour, il est sur la plage pour vendre ses objets. Quand nous le voyons, nous nous asseyons sur la plage et discutons. Essayez d’expliquer le principe d’Ecole de Commerce française à un malgache… Pas si facile ! Lui aussi essaye de nous apprendre le malgache, et nous lui apprenons un peu le français en retour (bien qu’il le maitrise déjà plutôt pas mal !). Souvent, il est pris d’un fou rire en milieu de conversation. Nous ne comprenons pas toujours bien pourquoi mais son rire est tellement communicatif que nous ne pouvons que rire avec lui ! Il nous fait aussi beaucoup rire lorsqu'il tente de nous vendre ses objets 3x plus chers que ses "concurrents" et qu'il nous dit "c'est pour donner un peu pour Fidèle quoi", ce qui finalement ne marche pas trop mal puisque 3 d'entre nous ont déjà cédé !

Avec l'ami Fidèle (qui a tenu à mettre en avant son vase au moment de la photo ! )

Patricia est un phénomène. Comme Fidèle, elle vient passer la saison haute à Mangily mais n’est pas originaire d’ici. Patricia, en fait, c’est un homme. Un homme complètement efféminé, qui assume et affiche son côté féminin. Lorsque nous l’avons rencontré la première fois, et que nous lui avons demandé son prénom, il (elle ?) nous a répondu « Patricia ! ». Depuis, nous parlons d’elle au féminin. Elle fabrique de jolis bracelets tous les matins, qu’elle vend la journée. Et il faut dire qu’ils font fureur ! Elle partage des moments avec nous, sur la plage. Elle a toujours beaucoup de choses à nous raconter et nous a même montré le secret de ses bracelets uniques à Mangily ! C'est aussi une des seules vendeuses à proposer des objets uniques et la seule aussi à toujours innover : depuis que nous sommes arrivés, elle a diversifié son stock en proposant plus de couleurs, plus de motifs et même des petites bagues et bracelets de cheville (grâce à Apolline 😉 ) !

Patricia  vient de finir son bracelet 

Enfin, nous avons rencontré Bertholle. Il est élève du Centre de Formation en Agroforesterie : c’est une formation prodiguée par Bel Avenir pour des jeunes du village. Ils y apprennent à entretenir un potager, à cuisiner (les meilleures brioches de tout Madagascar !), à jardiner, à prendre soin des animaux d’élevage, mais aussi à broder, à faire des bracelets et toute sorte d’artisanat. Dès nos premiers jours à l’agro, Bertholle est venu à notre rencontre. Souvent blagueur, il nous fait bien rire et est l’un des seuls malgaches à connaître nos prénoms. Il nous attend parfois le soir pour nous raccompagner jusqu'à l'hôtel et discuter un peu avec nous.

Bertholle, toujours accompagné de son chapeau fait main. Jamais très loin de ses fils à bracelets !  


Nous ne pouvons finir cet article sans parler d’Elise et Marion. Ce sont les deux coordinatrices du site de Mangily et ce sont elles qui chaperonnent notre stage et nous donnent nos missions. A côté de ça, nous mangeons régulièrement ensemble les soirs, elles nous donnent les bons plans de Mangily et nous savons que nous pouvons compter sur elles en cas de pépin. Nous admirons leur travail ici et sommes très heureux d'avoir pu les aider pendant ces quelques semaines !


Anecdotes :

Les prénoms des malgaches sont assez remarquables et amusants. D'abord il y a les prénoms français : Huguette, Yvonne, Marcel, Félicité, Claude etc ; tous datant d'il y a au moins 50 ans ! Il existe aussi des prénoms à sonorité française quelque peu déroutants comme Bonnechance, Pasd'chance ou Urbin que nous ne retrouvons à priori pas sur notre continent. Puis il y a les prénoms malgaches ; la plupart semblent typiques de l'ile (Matuvu, Valera, Tahin, etc) tandis que d'autres ressemblent plus à des surnoms (Didi, Gaga), cependant tous semblent avoir une signification, ainsi il est possible pour un malgache de s'appeler "jaune" (Mavo), "sage" (Hendry) ou encore "pilier de la vie" (Andriniaina). Ce qui est aussi très drôle, c'est qu'ils utilisent bien "monsieur" et "madame" mais toujours suivi des prénoms, comme si les noms de famille n'existaient pas. Nous sommes donc "monsieur Benoit" ou "madame Léa".

De manière générale les malgaches sont très gentils et avenants. Ils semblent toujours de bonne humeur et disent bien plus souvent bonjour que les français ! Dans la rue, il est fortement possible qu'un malgache que vous n'avez jamais vu ne vous lance un "salama" enjoué suivi d'un amical "in vao vao ?", littéralement "quoi de neuf ?". Ils sont d'ailleurs généralement surpris lorsque nous répondons un simple "tsy misy" et se mettent à rigoler ou, plus compliqué, à tenter de tenir une réelle conversation en malgache avec nous...

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Publié le 3 juillet 2017

Avec un peu de retard, nous avons décidé de vous raconter à quoi ressemblait le 26 Juin à Madagascar, jour de Fête Nationale.


Le 26 juin, tout Madagascar fête son anniversaire d’indépendance. Pour vivre l’évènement et profiter des festivités, nous avons décidé de passer le week-end à Tuléar. La fête commence en réalité le 25 au soir avec des feux d’artifice. Dans la rue, des centaines de malgaches, petits et grands, s’amusent avec des jouets lumineux. Il faut savoir que les malgaches sont très fiers de cette journée. Nous l'avons remarqué à l'agro, lorsque Marion a annoncé que les salaires allaient être distribués le vendredi 24 au lieu du samedi 25. L'un des employés a répondu "Merci mademoiselle Marion de nous permettre d'acheter des vêtements à nos enfants pour la Fête Nationale". De la même manière, toutes les vendeurs(ses) sur la plage ont baissé leur prix quelques jours avant le 26 : même si elles ne gagnaient pas beaucoup, elles voulaient quelques billets pour profiter de la fête !

Les feux étant annoncés à 20h, nous prenons le temps d’aller dîner avant de les voir. Malheureusement, ils ont eu lieu à 19h30, pendant que nous étions bloqués au restaurant devant notre pizza... Ce fut la déception du week end !

Le lendemain matin, nous nous levons afin d’aller voir le défilé qui commence le matin. Nous nous rendons dans l’avenue principale de Tuléar, là où des centaines de malgaches attendent avec impatience le défilé de autorités. Parce que oui, le défilé de la Fête Nationale à Tuléar, c’est avant tout un défilé de militaires, gendarmes, pompiers, et autres « gardiens de la paix » (si nous pouvons les appeler comme cela ici !). Un peu déçus par ce défilé sans festivités, nous faisons demi-tour et cherchons à aller boire un verre.


et ça... Pendant des heures interminables...
...qui font s'endormir les plus mignons !
Une (toute petite !!) partie de la foule présente au défilé... Histoire de vous donner une idée ! 

C’est alors que nous tombons sur le doux bruit des tambours des Bloco Malagasy, l’équipe de percussion de Bel Avenir ! Nous nous approchons et nous rendons compte que l’ensemble des bénéficiaires est là : l’équipe de Gospel, de Capoeira, de danse, les sportifs… C’est tout une joyeuse troupe qui attend, depuis plusieurs heures déjà, sous le soleil, leur passage au défilé. A ce moment-là, nous réalisons l’ampleur de Bel Avenir à Tuléar. Des centaines d’enfants bénéficiaires sont là, les activités sont on ne peut plus diversifiées. Nous suivons le cortège jusqu’au retour au Cinéma Tropique, puis déjeunons avec une partie des volontaires de Bel Avenir.

Les Bloco Malagasy, qui nous ont attiré l'oreille  
Capoeira  
L'équipe de Gospel  

L’après-midi, nous nous reposons un peu avant de sortir pour le dernier dîner du week-end, toujours avec nos amis volontaires.



Anecdotes

A côté de la maison des volontaires, où nous habitons, pendant nos moments à Tuléar, se trouve une église. Tous les dimanches matins, nous entendons la messe qui n'a rien à voir avec ce que l'on connaît en France : des chants, des claquements de mains, des cris, des "Allalujah"... De la danse !! Intrigués par tout ce bruit, nous avons décidé d'aller assister à une messe malgache. Certains d'entre nous ont été émerveillés par celle-ci... Au point de se faire baptiser !! Lorsque le prêtre a demandé à Benoît s'il voulait faire le baptême, celui-ci a répondu par l'affirmative. Nous avons donc passé un moment sympa (et marrant !) à assister au baptême de l'un des nôtres à l'autre bout de la ville, dans un paysage désertique au pied des vagues.


A Tuléar, dimanche soir, nous avons croisé... Fidèle !! D'habitude inséparable de son coin de plage, notre ami s'est rendu "à la ville" pour profiter de la fête nationale (et, accessoirement, voir un médecin pour une maladie qui le tracassait) ! Quelle ne fût pas notre surprise lorsque nous avons vu dans la foule notre Fidèle, toujours accompagné de son fou rire, venir vers nous ! Le pire, c'est qu'il sorti un cendrier de sa poche, pour Apolline qui lui avait demandé plusieurs semaines auparavant. En lui tendant, il a dit, non sans fierté : "ça y est Apolline ! j'ai trouvé ce que tu m'a demandé !". La pauvre avait déjà oublié sa demande et s'est retrouvée obligée de lui acheter...


Ce même soir, nous n'avons pas résisté... Et avons acheté un jouet lumineux pour enfant ! De drôles d'oreilles lumineuses. Cela a bien fait rire les malgaches, de voir des vazahas avec ça sur la tête !

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Publié le 4 juillet 2017

L’un des aspects le plus incontournable d’un voyage, ce sont aussi les repas. Nous étions prévenus : ici, à Madagascar, il y aurait du riz, beaucoup de riz. Nous étions déjà prêts à perdre 5 kilos pendant le voyage et à rêver chaque jour des délices français que sont le saucisson, le fromage et les tartines beurrées. Et pourtant, à notre arrivée à Tuléar, ville située à 30km de notre « camp de base » à Mangily, ce fut la bonne surprise. Paula, coordinatrice des volontaires pour Bel Avenir, nous fit découvrir la cuisine malgache à « La Colombe », restaurant simple et sans prétention. Au menu, une carte longue de cinq pages dans laquelle se succédaient une longue liste de poissons, fruits de mer et viandes allant de la dinde au cochon, en passant par le zébu, variante locale du bœuf.

Malheureusement Mangily n’est pas Tuléar et la diversité a vite laissé place à la monotonie…

Ici, le zébu n’arrive que deux fois par semaine, et nos estomacs de vazahas sont très sensibles à la « fraicheur » de la viande. Pour les garçons qui ne mangent pas de poisson, le choix est donc encore plus limité… L’alternative végétarienne s’est finalement imposé à eux lorsqu’ils ont réalisé que les « poulets » malgaches ne sont autres que ceux que nous croisons, errant dans les rues à la recherche de quelques miettes à picorer ; un bien maigre repas pour nos deux affamés.

Pour les filles c’est un peu plus simple : calamar, poulpe, crevette, poisson grillé ou frit ; les produits de la mer sont toujours très frais à Mangily !

Poisson frit sur la plage 
langouste sur son lit de riz 

Néanmoins il faut tout de même souligner que comme sur les marchés, l’originalité n’est pas le fort des malgaches. Dans à peu près toutes les gargottes de Mangily, on vous offre le même choix. En général les poissons et autres mets de la mer sont proposés soit avec de la sauce tomate, soit sauté à l’ail, soit frit ; le zébu est lui souvent proposé en filet – les peu de jours où il est disponible. Comme accompagnement, nous avons le choix entre riz, spaghettis – les seules pâtes qui semblent exister ici -, pommes frites (et parfois pommes sautées) et légumes sautés (souvent des pommes de terre, des courgettes et des carottes).

Riz cantonnais ! une des mille et unes variantes du riz malgache 

Nous pouvons aussi simplement prendre du riz ou des spaghettis agrémentés de sauce tomate, de bolognaise ou de légumes.

En ce qui concerne les entrées, il s’agit souvent de crudités tels que les tomates, les carottes râpées et parfois les avocats, généreusement accompagnés d’oignons.

Pour ce qui est des desserts, on ne trouve en gargote que des fruits – pour celles qui proposent des desserts - : ananas, bananes, papayes ; soit en salade de fruit, soit accompagnées de caramel ou de chocolat.

Néanmoins nous avons aussi eu l’occasion de gouter à de vrais plats malgaches !

Le plus incontournable d’entre eux est nommé le min sao : on peut le choisir « spécial », c’est à dire avec un œuf sur le plat en plus, ou simple. Ce sont simplement des spaghettis aux légumes et aux très fins morceaux de viande, sautées à la poêle. Un délice ! Si ce n’est qu’à force d’en manger tous les midis, on finit par s’en lasser…

minsao 

Le ravitoto est un autre plat typiquement malgache. A base de feuilles de manioc pillées, de pistaches (que l’on appelle ici les « kapik »), et parfois de cochon. Il s’accompagne, comme toujours, de riz. C’est un véritable plat local que nous avons eu l’occasion de goûter chez Pao. Ne vous fiez pas à son aspect peu ragoutant, il pourrait vous surprendre !

ravitoto !  

Un autre plat local que nous avons pu goûter est le voanjobory. Les ingrédients principaux sont les pois cassés (ou haricots blancs) et le riz. Bien assaisonné, c'est vraiment très bon ! Pao le cuisine aux petits oignons, avec de l’ail, et tout un tas d’autres épices donc elle a le secret. Comme le ravitoto, il peut s’accompagner de viande de porc, pour ceux qui le veulent.

En général, les vazahas avec qui nous avons eu l’occasion de parler n’aiment pas ces plats typiques. Trop gras, ils sont très bourratifs et tiennent longtemps au ventre. Pas étonnant, quand vous n’avez qu’un repas par jour, vous faites en sorte qu’il vous fasse tenir la journée… pour pas cher !


A Madagascar, il y aussi beaucoup de "cuisine de rue". Pas chère, elle constitue la majorité de la nourriture des malgaches. Beignets (à la banane, bouk-bouk, aux légumes ...), sambos (équivalent des samoussas que l'on connaît), salades de pâtes, brochettes de zébus, cacahuètes au caramel, etc. On trouve un peu de tout. Nous avons testé une fois cette nourriture... Grosse erreur ! Cela a finit en une belle indigestion pour deux d'entre nous !

Au bord de la route  


Finalement, tous les jeudis, nous avons droit aux pizzas concoctées par les élèves du CFA à l'agro... Un vrai délice, et une pause "vazahas" dans notre quotidien culinaire malgache !

Anecdotes

A Madagascar, la vie, c’est mora mora (doucement). Les gens ne sont jamais trop pressés, ce qui change beaucoup de ce que l’on connaît dans nos pays occidentaux. C’est pour cela que c’est absolument normal d’attendre plus d’une heure entre le moment où l’on commande et celui où on est servis… Très difficile pour nous au début d’avoir cette patience ! Maintenant, nous avons trouvé la combine et passons commander en matinée pour être servis directement (quoi que… les malgaches n’ont pas de montre, et il arrive que nous attendions quand même).

Un aspect notable de la cuisine malgache est la cuisson des pâtes. Il ne faut pas les aimer al dente ! Ici, elles sont toujours beaucoup trop cuites.

Enfin, un autre aspect (pour le plus grand bonheur des uns, et le plus grand malheur des autres) est le gingembre. Il y en a dans TOUS les plats. Que la cuisine soit locale ou plus tournée vazahas, on ne peut pas échapper au gingembre…

Nous avons été amenés à goûter un peu de produits locaux : canne à sucre, figue de barbarie, jujube, manioc, etc. Entre les vertus laxatives et constipantes (que l'on découvre bien souvent APRES dégustation), les estomacs ont du mal de suivre... 😉

Autre anecdote rigolote, c'est souvent nous qui devons dire au serveur combien nous lui devons (surtout chez Pau). Le concept de l'addition est encore assez flou pour eux, nous nous en sommes d'autant plus rendu compte lorsqu'un serveur nous a gentiment apporté "la soustraction".

Figues de barbarie
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Publié le 7 juillet 2017

Et voilà, nous y sommes… La fin du stage a sonné. Il est temps de faire le bilan !

Rappelez-vous il y a quelques semaines, nous avions déjà fait un bilan de mi-parcours. Voici où nous en sommes maintenant.


- Les essais Moringa sont lancés. Nous avons réussi à mettre en place complètement nos essais arrosage, compost, produits chimiques/naturels et maraichage. Nous sommes fiers de voir que nos petites graines ont poussé ! Pour l’essai maraichage, nous avions au départ qu’un terrain en friche. Il a fallu désherber, déterminer la taille de notre parcelle, creuser des poquets, décimer des troncs d’arbres qui nous gênaient, mettre du compost, semer, rajouter du compost, arroser, arroser et arroser,… Sans compter les nombreuses heures de recherches théoriques avant tout : quelles plantes utiliser ? Quelles vertus ? Quelles dimensions ? Comment agencer notre parcelle ? Cet essai nous a demandé beaucoup de temps et c’est celui qui nous tient le plus à cœur. Nous en sommes particulièrement fiers.

Maintenant, nous remettons l’ensemble des essais aux mains de nos coordinatrices et des malgaches qui s’occupent des zones. En espérant que ni les uns, ni les autres, oublient les dates importantes de remise de compost et de pulvérisation des répulsifs… 😉



- Nous avons réussi à créer de toute pièce une classe verte. Elle porte sur le thème de l’agriculture et de l’élevage. Nous savons que dans 2 semaines, des bénéficiaires de Bel Avenir vont venir à Mangily et profiter de cette nouvelle classe. Concrètement, nous avons créé les activités pour qu’elles entrent dans le thème, conçu des panneaux pédagogiques, réfléchi (en théorie, car nous n’aurons malheureusement pas le temps de mettre en pratique…) à la création d’une banque de graines, rédigé des fiches techniques, et surtout, monté une vidéo expliquant l’agriculture aux enfants (en français ET en malgache… Je vous laisse imaginer la difficulté liée à la barrière de la langue). Les grandes difficultés que nous avons rencontré pour cette missions sont celles liées au contexte malgache. Nous ne savons pas forcément ce que cultivent les malgaches, et comment ils les cultivent. Une fois que nous avons maitrisé ce point, nous ne savions pas comment nous adresser à des enfants malgaches. Nous avions préparé une première vidéo tirée d’extraits de C’est pas sorcier. En France, tous les enfants connaissent cette émission (ceux de notre génération, du moins) et la comprennent parce que c’est très bien expliqué. Lorsque nous avons montré cette vidéo à notre coordinatrice, elle nous a dit tout de suite que c’était beaucoup trop compliqué. Ici, les enfants ne savent même pas ce que veut dire le mot « pesticide », allez savoir comment leur explique la différence ente culture biologique et culture chimique ! Grâce à ce travail, nous avons appris à mieux connaître notre environnement et nous en sommes ravis.


- Nous avons eu plusieurs missions annexes, notamment la mise en place d’un chemin balisé permettant de visiter le jardin botanique de l’hôtel. Nous avons créé le chemin, puis trouvé le matériel, peint les flèches, etc. Ce qui n’est pas une mince affaire ! Ici, les histoires de matériel sont très compliquées. Souvent, parce que nous avons tout simplement pas le bon matériel, ou que la personne censée avoir les clés du stock est absente… Nous nous sommes vite rendu compte qu’un travail qui est censé nous prendre 2 heures nous prend en réalité 3 jours. Très frustrant au départ, pour nous qui avons l’habitude d’un objectif d’efficacité et de « productivité » ! Puis on apprend à travailler « à la malgache » sans trop de frustration.


Nous avons aussi travaillé avec les jeunes du CFA. Bracelets brésiliens, broderie, fabrication de sacs, etc. Les jeudis après-midi, nous étions en cours avec eux, tantôt à leur apprendre à faire des bracelets, tantôt à recevoir l’enseignement de la broderie. La mission derrière ces magnifiques moments d’échanges est de mettre en place des souvenirs produits par les élèves pour que l’Hôtel Solidaire puisse les vendre aux clients.


- Enfin, nous avons réalisé toutes les missions que nous a confié l’hôtel. Un peu plus « intellectuel », ce travail nous a demandé de la gymnastique de cerveau, mais pas beaucoup d’effort physique.



C’est non sans tristesse que nous nous apprêtons à quitter Mangily. Dernier jour de notre dernière semaine de stage, nos missions touchent à leur fin et nous sommes sur le point, pour les uns de rentrer en France, pour les autres, de commencer notre roadtrip final. Pendant ce roadtrip, nous n’aurons pas du tout de wifi, donc pas de possibilité de publier des articles. Nous allons remonter la RN7 en passant par les étapes « à ne pas manquer » : le parc national d’Isalo, les villes de Fianarantsoa et d’Antsirabe. Le tout entrecoupé de visites de villages, de parcs et de réserves. Nous allons visiter une partie du reste de Madagascar ! Fini le sable, la chaleur, et le confort de l’annexe de l’hôtel solidaire, nous partons en véritables backpackers. Nous profitons de ces quelques mots pour remercier une dernière fois l’ensemble des contributeurs qui nous ont aidé lors de notre campagne de crowdfunding. Sans eux, sans vous, nous n’aurions jamais eu l’occasion de vivre cette expérience. Nous rentrons tous avec des souvenirs plein la tête, et une vision du monde changée. Nous nous demandons comment nous allons nous « réadapter » au mode de vie occidental, où rien que le fait d’imaginer passer quelques heures sans électricité, sans frigidaire, sans eau, sans essence, etc est impossible. Merci à tous de nous avoir fait découvrir ce pays et cette culture si différente, de nous avoir permis de faire un stage qui a du sens, de nous avoir fait sortir de notre zone de confort…