Carnet de voyage

Ecosse à deux (roues)

11 étapes
21 commentaires
Lune de miel prévue pour 4 semaines de voyage à vélo : départ de Liège, traversée en bateau d'Amsterdam pour faire le tour d'Écosse. Cyclotourisme et camping au programme.
Août 2022
4 semaines
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Fiancés à Londres, mariés en Ecosse. C'est avec cette pensée que nous avançons sur notre projet de passer des vacances 100% vélo. Alors il faut programmer le trajet via les Pays-Bas et profiter du bateau permettant de remonter le plus au nord de l'île britannique. Il faut réaliser les entretiens pour les vélos, installer le porte-bagage à l'avant, organiser son matériel vélo, prévoir les vêtements pour 4 semaines. Bref, une logistique différente de nos habituels treks. On garde tout de même la tente et les sacs de couchage.

A peine revenus de France, nous voici donc dans les lessives pour préparer les sacoches. Au total ce sont 6 sacoches : deux avant, 4 arrières avec lesquelles nous partons. Chaque sacoche a sa fonction, l'esprit logique de l'un d'entre nous a bien prévu le matériel dans chacune d'entre elles. Deux pour les vêtements de chacun, une pour la nourriture, une pour les affaires de pluie, une pour ce qui est matériel de cuisine et une pour tout ce qui est matériel de soin. Une petite poche sous la selle vient en plus pour contenir le matériel de réparation : kit rustine, maillons rapides, patte de dérailleur, multi-tool et deux chambres à air par vélo. Pas de rayon ou de câble de frein. Et enfin des pochettes de guidon servent de vide-poches et de sacs bananes à prendre absolument pour quitter les vélos avec portefeuille, passeports et autres affaires précieuses.


Pour dormir nous avons une tente vaude hogan sul xt 2-3 personnes permettant de dormir à l'aise et de pouvoir contenir les sacoches dans l'auvent. Afin de casser la glace et lancer les discussions facilement, des supers t-shirts personnalisés : "Honeymoon in Scotland" une très belle idée de Sergine.


Maintenant, on ne peut plus reculer, en prout mauvaise route !

Les vélos sont chargés, prêts à partir !  
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Ça y est, c'est le jour du grand départ, les sacs sont bouclés, les sacoches sur les vélos, les gourdes bien remplies, les derniers câlins au chat, les tomates arrosées, nous sommes prêts à partir. Nous pesons les vélos pour le départ : 42,8 kg à pousser pour Pierre et 38,5 kg pour Sergine. On essayera de tenir à jour ce carnet selon le temps et le wifi à disposition 😀


Départ !

J1 : Romsée -> Goolderheide.

Premier arrêt en vue : Maastricht ! Le trajet est bien connu car nous y sommes déjà allé plusieurs fois. Le dénivelé est bien sympa : que de la descente et du plat, nous quittons la ville de Liège en suivant la Meuse qui nous amène 35 km plus tard à Maastricht. Il est temps pour nous de faire une pause et de se ravitailler, les vélos parqués (oui, il y a plus de parking pour vélos que pour voitures), nous nous arrêtons à un bar. Bières, plateau fromage et charcuterie, soupe à l'oignon sont au menu. Les estomacs rassasiés en selle pour la suite

Liège -> Maastricht

Nous quittons rapidement les Pays-Bas pour revenir en Belgique en province du Limbourg. Nous suivons toujours l'eau et la direction toujours tout droit. Nous avons l'impression d'être sur une autoroute pour vélo avec des bars et bancs qui la longent pour faire des pauses comme une aire de repos. Nous faisons une pause à Tongerlo où Pierre espère boire une tongerlo : pas de chance, il n'y en a pas. La tongerlo espérée vient d'un toponyme en province d'Anvers. Soit, la pause était au moins hydratante. Nous reprenons la route jusqu'au camping prévu pour notre première nuit.

De Maastricht à Tongerlo 

Après 86,63 km : arrêt des vélos. Nous arrivons finalement au camping de Goolderheide ! Quelle chance nous avons, un super camping familial avec piscine et lac. Nous installons la tente et vidons les sacoches puis direction la piscine ! Toboggan, mur d'escalade, jets d'eau, tout y est (sauf des couloirs pour nager des kilomètres). Pierre s'amuse ! Des sculptures sur bois ornent les abords de notre coin tente.

Après ce moment détente, petite douche chaude puis souper (tartines fromages et royco) avant de se coucher afin de recharger les batteries et être en forme pour pédaler demain.

Le super camping de Goolderheide 

J2: Goolderheide -> Meteren (niet ver van Geldermalsen).


Pas de réveil, ce sont les vacances, nous nous réveillons un peu tardivement mais bien reposé. Après un petit déjeuner des champions (thé et porridge) nous sommes en selle ! Au revoir la belle piscine... Nous nous arrêtons assez rapidement car nous passons par Achel et il est important pour Pierre de boire une Achel à Achel ! Un peu trop tôt pour moi, je choisis un jus d'orange. Après ce bref repos, nous remontons en direction d'Eindhoven !

 Départ du camping et pause à Achel !

Après avoir longé l'eau, ce sont des routes et des rails que nous longeons, nous nous arrêtons un peu plus haut qu'Eindhoven car les ventres crient famine, un bon burger où nous n'avons pas pu remplir les gourdes et c'est reparti en direction d's'Hertogenbosch. Les kilomètres s'enchaînent bien, le rythme est bon et les fesses font mal, mais nous avançons ! Tantôt la piste cyclable se trouve le long de la route, tantôt elle passe par son propre rond-point suspendu au-dessus de celui pour voiture. Les bâtisses que nous croisons traduisent un certain standing voir un standing certain à en juger par leurs ornements et leurs mensurations.

Petite pause à s'Hertogenbosch pour une glace à la pastèque peu recommandable (mais celles straciatella et brownies sont délicieuses) et une visite très rapide de la ville.

En route pour s'Hertogenbosch. 

Nous poursuivons notre route le long du canal en direction d'Utrecht, de beaux paysages s'offrent à nous ! Après 94,38 km (ça fait mal aux fesses), nous arrivons au camping qui se situent dans une ferme : chevaux et vaches seront nos voisins pour la nuit. L'accueil est très chaleureux et familial : un pré, une douche chaude, de quoi faire la vaisselle ; on a ce qu'il nous faut pour passer une bonne nuit. Nous rencontrons un couple d'Ecossais qui rentrent de voyages (la coïncidence de fou !!) nous passons la soirée à échanger sur les pays et voyages respectifs, nous prenons beaucoup de conseils (on va éviter les grosses routes avec les caravanes qui roulent vite). Pendant nos échanges, nous soupons (semoule, maïs et sauce tomate) et partageons notre gâteau au chocolat (merci Marcelline). Une fois la nuit tombée, nous retournons à notre tente et nous endormons pour une bonne nuit !

Une bonne nuit au camping. 

J3 : Meteren -> Amsterdam


Nous nous levons de bonne heure cette fois, le temps de tout empacketter et déjeuner (thé et céréales), nous sommes sur nos vélos, nous disons au revoir à nos rencontres écossaises, aux vaches et chevaux de la ferme et enfourchons nos vélos. Les paysages qui s'offrent à nous sont plus ruraux ! Nous nous retrouvons au milieu de champs ou le long de l'eau. Lorsqu'il n'y a pas de pont pour traverser l'eau un bateau fait les trajets, traversée à 1 euro par vélo (notre prochain bateau sera bien plus cher).

Les paysages ruraux des Pays-Bas. 

Nous enchaînons les kilomètres avant d'arriver dans la ville d'Utrecht. Petite pause dans un café restaurant (soupe, salade) et visite en cyclotourisme. Prochaine étape : Amsterdam, la capitale ! Les paysages sont vraiment très jolis à longer : des petits canaux et puis des plus gros. Beaucoup de ravel et de pistes cyclables, c'est rare quand nous sommes sur la route avec les voitures et quand c'est le cas, nous sommes prioritaires sur elles. Vraiment très agréable les Pays-Bas à vélo, nous vous recommandons. C'est un vent de face le long du canal qui nous a limité à 15 km/h. Les distances semblent plus longues avec les sacoches qui font office de voile.

 D'Utrecht à Amsterdam.

L'arrivée à Amsterdam se traduira d'ailleurs par une épreuve de force où les vélos doivent être poussés mano dans des escaliers, heureusement qu'il y a des rails de roulement. 17h la tente est installée, record de l'arrivée tôt, après 79,82 km c'est pas mal ! Cela permet de visiter la capitale avec nos deux roues qui font décidément la loi. La place du marché et l'hôtel de ville sont nos arrêts photos ; situés en plein cœur du centre-ville et à deux coups de pédale d'un bar à bière avec 30 têtes de pompe (recommandé par Célestine). Restaurant du soir italien et retour au camping viennent ponctuer cette journée plus couverte point de vue météo. Nous rajoutons 14,46 km au compteur réalisés sans les sacs, quelle différence sur le vélo !

Amsterdam. 

J4 : Amsterdam -> Ijmuiden (lieu d'embarcation pour New Castle).

Après une nuit pluvieuse, nous nous réveillons sans impératif car il ne nous reste plus beaucoup de kilomètres jusqu'au terminal. Petit déjeuner au camping (thé, croissant) et en route pour visiter de manière plus approfondie Amsterdam ! Nous retrouvons nos habitudes du précédent gros voyage avec le free walking tour. Le concept : un local nous fait découvrir la ville à pied et à la fin de la visite, nous lui donnons ce que nous voulons comme pourboire.

Ce sera donc avec Tim que nous découvrons l'hôtel de ville, l'église encore en construction depuis 200 ans, rien à envier à la Sagrada familia, et les défauts architecturaux d'une ville bâtie sur un marais. Dans le centre-ville chaque maison a une révision des fondations tous les 5 ans. Et si l'avis n'est pas favorable, c'est excavation par la rue pour remplacer les boiseries par du béton plein. Mais à en juger par les penchants des maisons, l'avis donné reste flexible. Une enjambée d'un canal, avec photos de ce dernier en hiver sur lequel les amstellodamois patinent, nous amènent à nous frotter au conflit religieux entre église protestante et catholique. Le pays, protestant désormais, arbore une politique de si c'est chez soi, c'est toléré. La vente de cannabis ne serait ainsi pas légale mais acceptée si ce n'est pas fait en public. Le nom coffee shop est ainsi une très belle couverture, restent à servir les cafés quand même. Un magasin de champignons ? Un smartshop, les champignons éveillant le cerveau, ça fait sens. On l'avait dit, flexible non ? Pour les plantations, c'est un peu plus strict. Si la neige fond trop vite sur le toit, il y a sans doute une surconsommation de chauffage, un contrôle serait alors si vite arrivé. Entre les différents éléments historiques vient s'ajouter une dégustation de gaufre hollandaise. Une sorte de lacquemant dont nous ne raffolerons pas. La visite achevée, nous traversons le quartier rouge et les galeries Louis Vuitton habillés en cycliste pour rejoindre nos vélos et partir pour Ijmuiden.


Visite d'Amsterdam

Il est grand temps pour nous de rejoindre le lieu d'embarquement qui se situe à ± 30 km d'Amsterdam. Nous nous lançons sur les kilomètres à parcourir avec une petite pause sandwich. Nous sommes arrêtés plusieurs fois par des ponts qui se lèvent à la verticale pour laisser passer les bateaux. Nous poursuivons notre route, le vent de face ne nous facilite pas l'avancée. Mais nous arrivons au terminal Felson Cruise. Heureusement que nous sommes en avance car nous devions être au terminal Felson (mauvais encodage d'adresse dans l'application vélo). Ni une, ni deux, nous repartons bien vite pour le bon terminal situé 3 km plus loin. Lorsque nous arrivons, nous devons faire la file avec les voitures (fini le vélo roi), durant cette file, nous rencontrons d'autres cyclistes qui prennent également le bateau, agréable de voir que nous ne sommes pas seul. Nous rentrons finalement tous les cyclistes ensemble, on nous dit de déposer nos vélos sur un bord du bateau, nous serons les premiers à descendre. Nous prenons nos sacs et disons au revoir à nos montures en espérant pouvoir les revoir entières.

En route pour le ferry et l'Angleterre !

Ça y est nous sommes sur le bateau, nos sacoches déposées dans notre cabine (1 lit, 1 douche, 1 évier). Nous visitons le ferry qui est énorme, en passant par les ponts extérieurs, avant, arrière,... Les restaurants, le magasin, les bars avec des concerts (dans un bateau, vraiment ?),... Après avoir admiré la mer, nous allons prendre une douche et troquer notre tenue de cycliste contre notre tenue de ville (il faut se faire beau pour aller manger). Petit apéro en attendant le souper (que les bières sont chères en mer :o). Nous pensions planifier la suite du voyage dans le ferry avec le wifi, pas de chance pour nous, rien n'est gratuit, tant pis, nous attendrons d'être sur terre et passerons la traversée en mode avion (5€/h le wifi ou 14€/MB on préfère payer pour boire un verre). L'heure du souper est là, tant mieux car nous avons faim ! Buffet européen à volonté (entrée, plat, fromage, dessert) tellement bon que Pierre en a abusé et a trop mangé ! Une petite balade sur le pont pour terminer la digestion et une bonne nuit de sommeil où nous serons bercés par le houlement des vagues et du bateau. A notre réveil, nous serons en Angleterre !


Quelques statistiques :

Nombre de kilomètres de l'étape : 326,93 km

Nombre de kilomètres total: 326,93 km

Une chute pour Sergine

Une perte pour Pierre (gants)

 Sur le ferry. 
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Après une nuit où nous avons été bercés par les vagues (surtout l'impression d'avoir trop bu alors que nous étions sobres), nous nous réveillons de bonne heure afin de ne pas être dans le rush du petit déjeuner. Buffet continental ou British, très bon avec un thé pour ne pas changer nos habitudes.

Nous arrangeons nos affaires et descendons devant la porte pour accéder aux niveaux où se trouvent vélos, camions et voitures... Avec 45min d'avance. Le bateau ayant un peu de retard. Nous modérons donc notre empressement pour remonter sur le pont. Les étages avec les sacoches se font sentir dans les jambes qui n'ont pas été ménagées depuis le début de ses vacances. Enfin, l'accès aux vélos nous est donné, nous filons y apprêter nos sacoches et attendons l'ouverture. Dans nos têtes une voix s'exclame : "Open the doors !"

 Désembarquement du ferry.

Après le check-in à l'entrée du territoire anglais, nous voici désormais à rouler à gauche, cap nord-est. Décidés à rejoindre le chemin de la côte pour remonter jusque dans les environs d'Alnwick (à prononcer 'Annick'). Ce sont donc devant nous : ports, phares, plages, centre-villes, églises et prés qui se succèdent sous nos roues. Les pistes cyclables n'ont parfois de cyclable que le nom. Les Pays-Bas se rappellent à nous comme une douce remembrance. Mais les paysages côtiers n'ont rien à envier aux plaines plates hollandaises.

Pédalant depuis 11h-GMT, nous nous arrêtons dans une boulangerie d'une ville portuaire. Sandwich froid et chaud nous annonce la pancarte. Ce sera du bacon réchauffé au ketchup dans l'un et du fromage râpé sauce cocktail dans l'autre. Au moins des passants gentils s'arrêtent pour discuter et échanger avec nous. Dommage qu'ils confondent Allemagne et Belgique à la vue du drapeau qui orne l'un des porte-bagages.

Sur les coups de 17h-GMT nous remontons la colline de Warkworth (à prononcer 'Workwith') où nous nous arrêtons pour contempler un château un peu détruit par le poids des âges ; sans doute beaucoup plus par les guerres et les pillages. En son honneur, un bar situé non loin de là nous permet de lever notre verre pour notre première bière anglaise sur le sol anglais. Verdict : pas fameuse. Heureusement ils sont gentils.


 De New Castle à Warkworth.

Ce sera après un détour à travers le golf 18 trous d'Alnmouth où des personnes nous ont suggéré de faire demi-tour, que nous arrivons à 20h-GMT dans un camping très simple et nature pour notre première nuit anglaise. Nous descendons de notre vélo après 77,75 km. Pas mal pour notre premier jour sur les terres anglaises. Une fois installés, nous prenons une petite bière et mangeons nos nouilles (trop) piquantes. Les douches sont très nature : cabane en bois, un pommeau de douche et de l'eau chaude, nous sommes propres et contents. Les traces de bronzage de cyclistes apparaissent, quel style 😛 Nous nous endormons rapidement avides de découvrir de nouvelles choses demain !

 Paysages anglais et arrivée au camping.

Nous démarrons la journée en planifiant un peu la suite du voyage et en calculant les jours à vélo et les jours de visite. Nous allons sûrement prendre plusieurs fois le train afin de "gagner" des jours de visite et surtout des jours en Écosse. Une fois prêts, nous enfourchons les vélos en direction d'Alnwick, célèbre pour son château. Nous suivons la route principale, tantôt une voie cyclable, tantôt avec les voitures qui nous dépassent prudemment. Après 7 km, nous arrivons aux jardins d'Alnwick qui précèdent le château. Nous garons les vélos et allons déjeuner (cacao chaud, croissant, pain au raisin et une miche de pain condensé avec de la confiture et du fromage). Après avoir rempli nos ventres, nous entrons dans le château. Dès que nous passons les portes des souvenirs de films s'offrent à nous, en effet, des scènes d'Harry Potter ont été tournées en ce lieu, et ce n'est pas pour nous déplaire ! Ce sont d'ailleurs des cours de balais, chasse au dragon, sculpture de baguette et photos déguisées qui sont proposés pour les plus fans et les plus petits dans l'enceinte. De notre côté, nous choisissons la visite classique du château. Le guide est passionné par ce qu'il nous apprend mais l'accent du Northumberland n'est pas facilement accessible. Pourvu que ça ne soit pas présage pour la suite. On y apprend que le château était là pour atteindre trois buts : protéger l'Angleterre des Ecossais, des Français et des locaux. La famille Percy, qui régit le duché depuis 600 ans, a accompli pour cela de nombreuses modifications au château. Premièrement forteresse militaire, elle est devenu ensuite une résidence à part entière pour la famille avant d'arborer en son centre une partie plutôt palais italien avec de grandes fenêtres pas du tout prévues pour la défense des murs. A l'intérieur ce sont des pièces de huit mètres de haut qui se succèdent pour témoigner du faste de la famille Percy. Salle à manger de 16 convives pouvant s'allonger à 50 couverts ou encore bibliothèque deux étages sont les pièces principalement accessibles, en plus du hall d'entrée. Chaque mur et plafond font l'objet d'ornementations spectaculaires détaillant les armoiries des familles sujettes au duché. Un vrai témoignage encore vivant des castes féodales.

 Le château d'Alnwick. 

Après cette visite, nous cherchons quelque chose à grignoter dans le centre-ville (qui n'est pas très grand). Nous trouvons un endroit, ça sera patate en chemise pour l'un et soupe indescriptible et panini pour l'autre. Jusqu'à maintenant, nous ne sommes pas séduits par la nourriture anglaise. Heureusement, ils sont gentils. Nous repassons par le château une dernière fois afin de récupérer nos vélos et nous sommes en route pour Alnmouth. Nous avons décidé de gagner quelques jours en prenant le train pour Edimbourg, le calcul a vite été fait 3 jours à vélo sans être en Écosse ou 1h de train pour arriver à la capitale des fées... Nous arrivons à la gare, réservons nos tickets ainsi que pour nos montures et devons attendre plus d'une heure le train. Pas de soucis pour nous, nous allons prendre un verre dans le village d'à côté. Autant joindre l'utile à l'agréable.

Visite d'Alnwick et route vers Alnmouth. 

17h12 (et quelques minutes de retard) nous montons dans le train pour Edimbourg, en route pour de nouvelles aventures !


Quelques statistiques :

Nombre de kilomètres de l'étape : 84,48 km

Nombre de kilomètres total : 411,41 km

Peu de camping et peu de de bar en Angleterre.

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Après une heure de train où les paysages côtiers filent devant nous (tout ça à ne pas pédaler), nous arrivons à la gare d'Edimbourg. Après avoir éprouvé quelques difficultés pour récupérer les vélos qui étaient restés enfermés dans leur compartiment, nous avons tout, plus qu'à trouver l'auberge de jeunesse ! Nous n'avons pas beaucoup de route à faire, l'auberge se trouve juste à côté de la gare, une montée d'escaliers à porter les vélos à la main et nous y sommes ! Enregistrement, installation et machine à lessiver sont au programme de la soirée. Pendant que la machine tourne, nous allons manger en face de l'auberge, des pizzas presque immangeables tellement elles étaient piquantes, nous espérons trouver mieux demain, mais bon ils sont gentils. L'heure est au repos maintenant, nous espérons passer une bonne nuit avec nos autres compagnons de dortoirs (pourvus qu'ils ne ronflent pas).

Arrivée à Edimbourg. 

Après une nuit assez bruyante (gros ronflement, personnes qui rentrent de manière peu discrète, personnes qui répondent au téléphone comme si elles étaient seules dans la chambre). Nous nous levons, en route pour une journée de visite ! Petit-déjeuner de rêve, dans un café de la rue d'à coté : full english breakfast et pancakes au Nutella de quoi avoir de l'énergie pour la journée ! Nous débutons par le free-walking tour de la vieille ville. Notre guide ne parlera pas de politique, ni de religion, des sujets qui fâchent apparemment. Un anglais dans le groupe se voit par moments envoyer quelques piques. On sent qu'entre les deux régions c'est : « je t'aime moi non plus ».

Pendant la balade, premier constat, tout se passe autour de la 'royal mile', la rue principale qui évolue sur la crête entre le château et le palais royal. De là partent, telles les ramifications d'un arbre, les rues et ruelles de la vieille ville. Et comme le château est sur la colline, il y a, par moments, quelques escaliers. Nous avons été avisés de laisser les vélos pour la journée. Au détour d'une ruelle, ce sont des licornes qui se détachent des ornements. La licorne, animal choisi par les écossais car le seul capable de vaincre en combat le lion des anglais. Derrière les bâtiments de la rue principale se cache toujours l'une ou l'autre cour à l'ambiance plus calme. Ce calme de la capitale ne devrait d'ailleurs pas durer car pendant le mois d'août, Edimbourg accueille un festival qui se déroule dans ces rues drainant 500.000 personnes annoncées par le guide. Ce qui double la population de la ville pendant l'événement. Devant la place de l'église se trouve des pierres incrustées parmi les dalles pour signaler un ancien bâtiment : la maison des taxes. Un endroit peu apprécié par les habitants qui rechignaient à payer. Une tradition est née d'ailleurs de cracher devant le seuil de ce bâtiment. Un cœur a été dressé en pavé sur ce qui était le seuil de porte pour désigner l'endroit. Encore aujourd'hui, les édimbourgeois passants par-là crachent dans ce cœur pour porter chance et jamais ne le traversent. Apparemment aujourd'hui il y a beaucoup de touristes qui ne connaissent pas cette histoire... Avant d'arriver au château, on s'arrête dans une route en pente qui donne sur toute la partie nord d'Edimbourg. Dans l'ordre : le musée national et son style classique, le monument écossais dressé pour le poète Sir Walter Scott, la golden poop, la tour du grand hôtel de la gare qui avance de 4 minutes pour être certain d'avoir son train et le monument Nelson vainqueur de la bataille de Trafalgar. Après quoi, le château nous tend les bras avec dans sa cour, installé 6 mois par an : le terrain de Quidditch ! Euh je veux dire, les tribunes pour le royal military tatoo : le festival des fanfares militaires. Un festival durant le mois d'août où le doux son des cornemuses qui hantent les rues de la ville se retrouvent coincés entre 4 murs de fer avec les tambours et trompettes pour accompagner. Un moment sympa selon le guide mais à entendre de loin. Nous quittons le relief du château sculpté par les glaciers il y a quelques millions d'années qui érodaient les terres avoisinantes et laissaient intact le rocher du château plus dur, pour descendre vers le cimetière de Greyfriars. Construit plus loin de la vieille ville, il est de nos jours complètement à l'intérieur. Dedans, on y retrouve les tombes possédant des noms qui ont inspirés J.K. Rowling pour sa saga du sorcier mais aussi celle d'un homme John Gray et de son chien Bobby qui venait rendre visite chaque jour à son maître après son décès, pendant 14 ans, jusqu'à ce que lui-même meurt. Bobby sera ainsi un véritable symbole de fidélité et son histoire inspirante lui auront permis d'accéder à une tombe près de son maître.

Déjeuner et free walking tour d'Edimbourg.  

Après le tour, nous flânons dans la vieille ville, nous regardons pour visiter le château mais il n'y a plus de tickets disponibles, on va devoir réserver. Nous passons devant le musée du whisky, autant en apprendre un peu plus sur cette fameuse boisson. Nous débutons la visite à bord d'un tonneau où la création du whisky nous est expliquée : de l'eau, du malt, de la levure, jusque-là ça n'est pas très différent de la bière. C'est en le distillant qu'on obtient une base à faire maturer en fût de chêne pour en tirer un whisky. C'est ainsi qu'il se retrouve dans des tonneaux pour vieillir plusieurs années (3 à 30 ans ou plus). Nous apprenons qu'en fonction de l'endroit où le malt est produit en écosse (Lowland, Campbeltown, Islay, Highland, Speyside), le whisky a différents goûts. Nous apprenons également comment déguster le whisky et découvrons la collection du musée. Verdict : on préfère toujours la bière !

 Le musée du Whisky.

Après cette visite, nous passons aux infos touristiques en vue de récupérer un plan de la ville, une carte du réseau cyclable et une pharmacie pour acheter du produit contre les midges. Sur place, nous pouvons acheter des places pour visiter le château dans 30 min, parfait nous les prenons. Nous mangeons rapidement sur le pouce (frites et morceau de saumon dans une bawette) et rentrons dans le château d'Édimbourg pile dans les temps. Le château est grand, nous passons tantôt sur les remparts, tantôt dans la cour intérieure ou dans les différents musées. L'un d'entre eux : le musée de la guerre nous montre l'apparition du sentiment écossais, les équipements, l'importance de la cornemuse pour les troupes écossaises et l'effroi pour les troupes ennemies. Nous ne savons toujours pas qui des anglais ou des écossais, les versions différent de chaque côté de la frontière, ont débuté les hostilités mais il y en a eu des batailles. Nous visitons également les anciennes prisons et terminons notre visite par le point de vue sur la ville. En effet, le château est construit sur la colline (pas nouveau pour une situation de château) et sur de la roche ce qui le rendait insaisissable !

 Visite du château. 

Nous descendons de la colline du château pour nous retrouver dans le parc Princess après le musée national et où se dresse le monument scott. Une petite pause s'impose pour les jambes fatiguées du vélo et de la marche. Nous regardons les mouettes et les visiteurs se balader dans ce point vert. Nous reprenons notre chemin et poursuivons nos visites par le quartier de la nouvelle ville. Nous passons par le centre commercial, des rues bien quadrillées et voguons là où le vent nous porte (surtout nos estomacs). Nous trouvons plusieurs restaurants mais qui sont complets. Nous nous arrêtons finalement au "bon vivant", le nom nous plaît, le menu aussi et il reste des places ! Ce fût un régal : planches de charcuteries, poitrine de porc, semoule et légumes pour l'un, riz, aubergines, piperade pour l'autre. Desserts succulents et les bières étaient également très bonnes, dommage qu'elles ne soient vendues uniquement qu'au Royaume-Uni. La bière conseillée par l'un des serveurs reçoit les honneurs de Pierre qui renvoie ses compliments à l'équipe. Nous quittons l'établissement et errons encore un peu dans la ville afin de prendre l'ambiance nocturne, buvons une dernière bière au bar de l'auberge avant d'aller dormir. On a bien besoin de récupérer, les jambes sont encore douloureuses des étapes précédentes !

 Visite d'Edimbourg.

Cette deuxième nuit fût bien meilleure que la précédente, les boules quies aident à ne plus entendre les ronflements. Nous nous levons plus tard que d'habitude et allons déjeuner au même endroit qu'hier, ça ne sera pas des pancakes mais des granolas yaourt-fruits et un œuf avec bacon sur pain. La matinée est dédiée à trouver la pharmacie et les cartes cyclables. Nous passons par la Victoria street qui a inspiré le chemin de traverse dans Harry Potter. Nous trouvons l'anti-midges mais malheureusement pas de carte qui réponde à nos besoins. Nous voulions visiter les égouts d'Edinburgh qui étaient malheureusement sold-out. Nous en profitons pour visiter l'intérieur de la cathédrale Saint-Gilles édifiée depuis 1120. Nous traversons la royal mile afin d'atteindre le palais royal désormais acquis par la famille royale britannique qui le met à disposition pour des réceptions, événements, visites d'états ou l'utilise pour elle à titre privé. Juste avant, nous dînons baguette et fromage afin de faire une visite sans entendre nos ventres gargouiller. Pierre en profite pour faire une petite sieste là où nous avons mangé.

Cathédrale Saint-Gilles, Victoria Street et Royal mile.

Le palais royal nous attend, il en impose au pied de la grosse colline. Nous suivons la visite bercés par l'histoire royale, de Marie Stuart : la reine des écossais, du jubilé de la reine Elizabeth II ou de l'histoire du monastère construit avant le palais royal. Les pièces sont gigantesques et majestueuses : une salle de réception pour 250 personnes par exemple, les plafonds toujours à 6 m de haut, chambre, antichambre, salon privé ou cabinet, tout y est. Le bâtiment, bien carré, plaît à Pierre. Nous terminons en sortant dans les jardins et en tournant autour des ruines du monastère où plusieurs rois furent couronnés.

 Le palais royal.

En face, nous passons par le cimetière en direction de Carlton Hill : un parc sur une des collines qui dominent la ville. Au sommet ce sont l'observatoire avec un télescope sous coupole et divers monuments qui nous accueillent. La vue s'étend du port, situé au nord où nous apercevons ferrys et autres bateaux en direction de la Norvège sans doute, jusqu'au sud avec les limites des faubourgs bordant la ville. Il n'y a que dans l'axe des parallèles que nous nous retrouvons bloqué par le château d'Édimbourg situé à l'ouest et la colline de Holyrood au sud-est qui occupe le paysage.

 Carlton Hill et son observatoire.

Après quoi, nous redescendons sur Princess street pour s'aventurer dans la nouvelle ville. Nous longeons les parcs qui s'y trouvent ainsi que le musée d'art moderne pour arriver dans une vallée escarpée recommandée pour son caractère pittoresque. La vue depuis le pont ainsi que depuis la rivière est en effet hors du temps par rapport au brouhaha habitant la Royal mile. Toujours à pousser plus loin, nous sommes désormais aux limites de la carte de la ville et atterrissons pour manger dans un pub où se produira durant la soirée un groupe de musique. Un moment très agréable, les écossais ont été très gentils en nous offrant les boissons et l'entrée suite à l'attente pour avoir les repas. On a pu goûter les fameuses haggis qui sont des boulettes de viande d'agneau. Nous retournons ensuite à l'hôtel remontant Princess street, sa vue sur le château, le parc et le monument scott. L'occasion pour de très belles photos de nuit. Demain retour sur nos selles et départ pour Glasgow !

Coins pittoresques et Edimbourg by night.  
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Nous nous levons tôt afin de prendre le déjeuner à l'auberge et nous en profitons pour faire des croque-monsieurs pour notre dîner. Nous bouclons les sacs et enfourchons nos vélos par un temps bien d'ici : une fine pluie accompagne notre départ de la capitale écossaise. La première depuis notre arrivée, elle ne durera pas longtemps et fera place aux nuages et un timide soleil. Une fois la ville quittée (par des terrains de foot, golf,...) nous suivons l'union canal, un canal de plus de 40 km qui relie le bassin versant de la Forth : rivière d'Edimbourg au bassin de la Clyde : rivière de Glasgow. Le canal est agréable, très charmant et pittoresque. Depuis ce dernier, nous apercevons les collines des Lowlands qui bordent la route. Le relief plat conféré par la route du canal nous garantit d'aligner les kilomètres. Nous croisons d'autres cyclistes, des promeneurs, des bateaux et paddles. Nous nous arrêtons à la ville de Linlithgow où se trouve un palais qui aurait été habité par Marie Stuart (reine des Ecossais, comme dit dans la visite du Palais de Holyrood). Nous poursuivons notre route et enjambons un aqueduc permettant au canal de continuer sa route et nous avec par dessus une autre vallée creusée par une rivière. Nous nous arrêtons alors pour dîner nos croque-monsieurs.

A nouveau en selle, les kilomètres du canal filent toujours et nous surprennent avec des traversées de tunnel taillés à même la roche et les infiltrations d'eau qui en sont conséquences. Et voici qu'apparaissent les aménagements de niveau avec les écluses et un ascenseur tournant pour bateau ! Une merveille d'ingénierie. Nous l'observons hisser un bateau et se connecter au tronçon de canal que nous venons de parcourir sans l'ombre d'une fuite. Cette danse a quelque chose d'hypnotisant. Plus loin c'est une ancienne étable qui s'est aménagée en relais sur la route pour les cyclistes. Nous en profitons pour étirer les jambes et remettre du carburant pour les dix derniers kilomètres. A peine quitté le canal, nous arrivons au bout de 10 minutes en bordure du centre ville de Glasgow et à notre hôtel réservé pour deux nuits. Le temps de s'installer, de se laver et de se changer pour déjà découvrir le centre-ville et souper. On fait simple : burger pour ce soir. Après tout, on a brûlé assez de calories avec les 92,12 kilomètres parcourus !

Après une bonne nuit réparatrice, nous nous levons avec l'objectif de faire une machine, de déjeuner et d'arriver au free walking tour du centre ville. La laverie ne fut jamais trouvée et le petit déj' emporté de la boulangerie sera mangé pendant l'introduction du free walking tour.

Nous retrouvons le guide à George square. Une place comportant quelques monuments et statues éparpillés dessus. Le cœur de la vieille ville en somme. Même si à Glasgow rien n'est aussi précis. Les bâtiments ont été construits, déconstruits, détruits, reconstruits. Les styles architecturaux se mélangent et les taxes introduites sur le nombre de fenêtre par la ville pousse également les habitants à modifier les maisons déjà existantes en emmurant certaines fenêtres ou en les remplaçant par des portes. Ce qui donne lieu parfois à des résultats étonnants. Le clou aura été la scission entre la bourgeoisie et la classe ouvrière dictée par la direction du vent : les riches s'installant donc à l'ouest de la ville pour éviter l'odeur des pauvres. Ce qui a poussé les académies, magasins et autres services gravitant autour de l'argent à s'y délocaliser également. Faisant du centre-ville plutôt une frontière monétaire. Pendant l'essor industriel, début des années 1900 avec les mines de charbon, de fer, les aciéries et le port présent sur place tout était a disposition et Glasgow a doublé sa population créant une pression résidentielle qui a poussé la ville à entreprendre de grands travaux. Bref, Glasgow plus qu'une porte sur le passé cherche surtout à nous raconter les défis urbains et les changements qu'elle a dû subir pour avancer. C'est dans ce contexte que nous entrons dans ce qui sert d'administration. Un gigantesque bâtiment arborant la devise de la ville : "Let Glasgow flourish". Un style qui se veut imposant, l'escalier en plein marbre à l'intérieur , les décorations classiques en façade ou encore la mosaïque de l'entrée sur le sol en sont les témoins. En ressortant, ce sont les statues de John Knox, Robert Burns ou James Watt qui ont droit à leur biographie. Le reste du tour se déroulera dans les rues et ruelles pour aborder les événements qui ont marqué les transitions qu'à du traverser la troisième ville la plus peuplée de Grande-Bretagne passant même devant Edimbourg.

Après la visite, nous déambulons dans la ville et nous dirigeons vers la Clyde (rivière de Glasgow) et le palace du peuple. Dans ce palais, s'y trouve une exposition sur comment la population vivait à Glasgow dans différentes époques. Visite intéressante qui se terminera par un dîner rapide. Une fois nos ventres rassasiés, nous revenons sur l'objectif lessive. Nous repassons chercher nos vélos laissés sur le George square, et profitons pour passer à la gare acheter nos places de train pour le lendemain et trouvons une laverie un peu décentrée du centre ville. Le temps que le linge tourne, nous nous posons dans le bar jouxtant la laverie le temps de 2 bières nous avons des vêtements tout propres.

A notre sortie, il commence à pleuvoir, nous décidons quand même de poursuivre nos plans, ça n'est pas la pluie qui va nous arrêter. Un passage au magasin prendre de quoi manger le lendemain et en route pour la nécropole de Glasgow. Elle est située à côté de la cathédrale qui est a côté de l'hôpital. Pratique en cas de décès. Nous avons une vue sur une partie de la ville, malgré les nuages. Vu que la pluie s'intensifie, nous allons nous abriter dans le centre afin de manger. Nous trouvons un chouette restaurant où une soupe et pâtes nous réchauffent. Une fois repus, direction l'hôtel afin de prendre des forces pour le lendemain, ce seront bien plus que les 12,14 kilomètres parcourus aujourd'hui qui nous attendent ! En route vers les Highlands !

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Debout de bonne heure après une bonne nuit, nous déjeunons super bien (et piquons des barres de céréales) avant d'entamer la route. Une fois les vélos équipés, nous démarrons en direction du Loch Lomond, prochaine étape : Ardlui où nous prendrons le train pour Fort William. Nous quittons Glasgow via le nord ouest, la ville s'étend assez loin avec ses universités, parcs, terrain de foot, de golf et le quartier industriel. Nous trouvons assez vite le canal qui nous mènera jusqu'au loch. Le temps est assez mitigé, parfois sec, parfois une fine pluie, nous jouons à mettre et défaire nos k-way. Nous passons par de chouettes endroits dont le confluent au niveau de la ville de Bowling. Après 35 kilomètres, nous arrivons au début du Loch Lomond, nous nous arrêtons à un restaurant pour faire notre pause et laisser la pluie tomber. Mais 1h pour préparer un sandwich... Heureusement, ils sont gentils. En route pour la découverte du Loch !

Nous ne sommes pas déçus par la vue : une très grande étendue d'eau bordée par des montagnes et parsemée d'îles en son centre. Le plus grand loch d'eau douce de l'île de Grande-Bretagne. Le temps est superbe et nous suivons le sentier ouest du Loch Lomond ; balisé piétons et cyclistes, il traverse les sous-bois entre la nationale qui n'est pas loin et les berges. Nous en prenons plein la vue et en profitons pour faire des photos car la suite sera un « je t'aime moi non plus » entre les bords du lac, la route nationale et les sentiers cyclables.

Nous continuons notre route avec des "waouuww que c'est beau" à chaque coup de pédale. Nous nous arrêtons à Tarbet, un village longeant le Loch Lomond pour avancer en ferry afin d'éviter la route nationale. Mais la dernière traversée était à 13h, étant 16h nous ferons les 15 derniers kilomètres sur la route. Petit moment pour souffler et ouvrir le paquet de cookies. Nous remontons en selle. Les derniers kilomètres passent vite et sont plus agréables qu'espéré, peu de voitures nous dépassent et elles sont prudentes quand elles le font, qu'ils sont gentils ces anglais ! Arrivée à Ardlui 2h trop tôt, nous nous posons au bord du lac puis dans un pub (le seul du mini-village, car il faisait froid au bord du Loch) afin d'attendre le train de 19h50. Bien avant l'arrivée du train, nous allons à la gare pour préparer nos sandwichs (pour ne pas faire des miettes dans le train), porter les vélos sur le quai et préparer l'embarquement. C'est une belle automotrice diesel, le réseau étant électrifié à seulement 25% cela n'a rien d'étonnant, qui arrivera avec une dizaine de minutes de retard et une belle pluie.

Dans le train, le voyage continue avec de superbes vues ! Le train traverse les montagnes, des plaines remplies de moutons effrayés par le train (il y en a 3 par jour), d'autres lochs, bref nous en prenons plein la vue encore sans devoir faire le dénivelé sur nos selles ! Nous arrivons à la gare de Fort William vers 22h10, nous enfilons nos vareuses fluos et partons pour le camping qui est à 15 minutes à vélo : au pied du Ben Nevis. L'arrivée et l'installation au camping se font rapidement, 23h nous fermons les yeux remplis déjà de beaux souvenirs !

La nuit fût comme notre arrivée à Fort William : très pluvieuse ! Nous démarrons gentillement la journée par un petit déj' apporté au lit (quel mari !). Nous préparons le sac et les sandwichs et nous sommes partis pour monter le Ben Nevis, le plus haut sommet du Royaumes-Uni (1345 m) ! Nous rejoignons le point de départ à vélo (1 km) et c'est parti pour l'ascension. On démarre de 20 m d'altitude ! Sur le site, il table entre 5 et 7h le trajet aller-retour. Il y a du monde sur le chemin, nous gravissons tantôt en marche d'escaliers, tantôt sur des chemins en ballast. Nous dépassons la plupart des gens qui marchent plus lentement que nous. Après 1h30 de montée, nous arrivons au lac du Meall An T-suidhe à 580 m.

C'est à partir de cet endroit que le paysage sera le même pour le reste de notre ascension : nous aurons la tête dans les nuages. Le chemin devient de plus en plus caillouteux et il fait de plus en plus froid. Nous nous guidons à l'altimètre afin de savoir si nous y sommes bientôt ainsi qu'aux colonnes de pierres dressées comme repère qui se détache à travers les nuages. De plus en plus de personnes descendent, c'est bon signe. Après 3h de montée, nous arrivons au sommet, où la vue est toujours la même : des nuages. Nous faisons quelques photos souvenirs et redescendons afin d'avoir une température plus agréable pour dîner. La descente se fait plus rapidement que la montée et nous retrouvons de plus en plus aisément notre chemin avec les nuages qui diminuent. C'est presque de retour au niveau du lac que nous dînons.

Nous poursuivons la descente sous un timide soleil qui permet de nous réchauffer un peu. Moins de monde pour descendre, c'est plus agréable. Nous revenons à notre point de départ après 5h40 de marche, pas mal avec le monde présent, nous sommes fiers de nous ! Nous retournons au camping à vélo (ça fait du bien de faire d'autres mouvements) prendre une bonne douche chaude ! Après la douche, une petite sieste avant d'aller manger. Au final cette petite sieste sera de 2h30, trop tard pour aller au restaurant d'à-côté, ce qui nous fera manger nos nouilles au camping gaz avant d'aller dormir pour de bon. Les jambes sont déjà douloureuses, encore bien que le lendemain sera plus calme !


Statistiques de la journée :

Marche : 16,4 kilomètres avec 1345 m de dénivelé.

Vélo : 2 kilomètres

8h sonne, nous nous réveillons calmement, les muscles sont douloureux pour Sergine (qui comprend la douleur ressentie par Pierre les jours de vélo). La journée débute par un déjeuner au camping, soigner les blessures (le Ben Nevis aura eu raison d'un ongle de pied coupé en deux) et partir pour visiter Fort William et ses alentours. Nous débutons notre visite par le tourisme information de la ville qui nous donne quelques beaux coins à visiter et une route à suivre à vélo pour voir des points de vue. Nous partons sur cette route et la suivons en passant par des champs de mouton qui bordent l'eau, par les ruines de châteaux, une plage avec des bateaux échoués, et le point de vue sur le loch d'eau salée où se trouve Fort William. La balade fut très jolie parsemée de moments de pluie et de moments secs. Nous avons pu deviner un peu plus le Ben Nevis qui a toujours la tête dans les nuages ; comme Pierre.

La pluie étant bien présente, nous nous arrêtons pour dîner dans un des restaurants proches. Une bonne soupe et repas et nous voilà réchauffé et rassasié. Nous poursuivons notre visite par le Neptune Staircase ou escalier de Neptune : un enchaînement de 8 écluses prenant aux bateaux 1h30 afin d'effectuer la traversée. Ce qui en fait l'enchaînement d'écluses le plus long de Grande-Bretagne. Elles marquent la fin du canal reliant Inverness à Fort William, nous le prendrons certainement pendant notre voyage. Prochaine étape de la journée : la distillerie de Fort William pour laquelle les visites sont complètes, nous goûterons quand même le whisky avant de quitter la distillerie. Toujours pas fan de whisky, nous allons à un bar conseillé pour ses bières qui se trouve dans le centre ville, de fait elles sont très bonnes ! Nous repartons pour le camping afin de faire nos lessives, nous soupons dans le restaurant du camping. On a pu tester les haggys pour de bons cette fois 😀 Après une bonne douche et les lessives terminées, nous allons nous coucher car demain le lever sera matinal avec le ferry de 8h. Bisous à tous !

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Le réveil sonne : 6h47. Le temps pour nous de ranger nos affaires, de se recharger une dernière fois en eau au camping et nous partons 45 min plus tard pour Fort William. Le ferry qui effectue la traversée pour l'autre berge du loch nous permet ainsi d'éviter un peu la route principale qui nous attend pour rejoindre Mallaig : seule connexion au port qui fait face à l'île de Skye. Une fois de l'autre côté, nous prenons le temps de déjeuner en évitant les coins à midges. Ces petits moustiques de l'enfer. La journée commence mi-pluie/mi-soleil qui perce à travers les nuages.

Les trouées dans les arbres nous accordent une vue superbe lorsque le Soleil éclaire le loch Eil. Le long de la route que nous suivons un producteur dispose des pots de confiture avec une petite boîte. A court de petits pots, nous prenons un plus grand pour agrémenter nos petits-déjeuners. Le destin tombe bien.

Nous arrivons finalement au bout du loch et devons désormais rejoindre la route principale. Un peu plus de voitures empruntent cette connexion passant par Glenfinnan avec le même objectif que nous : admirer la jacobite, locomotive à vapeur au look du Poudlard express, effectuant la connexion de Fort William à Mallaig deux fois par jour. Nous arrivons au point intéressant, le viaduc. Nombreux sont les touristes en voiture devant régler la note de parking (ça leur apprendra à ces non-cyclistes). Nous, nous accrochons nos vélos en-dessous du viaduc pour nous poster au point de vue comme bon nombre d'autres touristes venus pour capturer la traversée du train sur le pont qui a servi à tourner les films du sorcier à la cicatrice.

Et on comprend pourquoi, la magie traduisant le paysage et le train d'un autre temps sont au diapason du monde qu'ils illustrent.

Ce sera d'ailleurs la journée consacrée au décor d'Harry Potter puisque plus loin sur la route, c'est l'île où Albus Dumbledore repose qui est notre prochain cap. Après quelques côtes et les salutaires descentes qui les suivent, nous longeons cette fois le loch Eilt (avec un 't' au bout comme dans "bout"). Des travaux présents le long de la route nous octroient le pouvoir de réguler la vitesse des voitures. On a beau pousser pour ne pas les ralentir trop, on les sent un peu énervés. Heureusement ils sont gentils : le mètre à notre droite est respecté et les vitesses raisonnables. Nous nous arrêtons face à la tombe du directeur de Poudlard. A cette occasion, nous sortons les baguettes pour le saluer et pour les manger.

En reprenant les vélos, le ciel alterne toujours entre pluie et soleil. Les marécages où nous étions pour manger ont eu raison de notre volonté à pédaler et nous nous réarrêtons alors profitant de 30 minutes ensoleillées pour tout faire sécher. C'est alors pieds nus que nous faisons chauffer une tasse de soupe qui nous réchauffera à son tour.

Plus loin nous remontons encore pour mieux redescendre et rejoindre les eaux de l'océan qui s'immiscent dans le loch Ailort et le loch Nan Uamh. Nous recroisons la jacobite sous un viaduc et échangeons avec un couple hollandais eux aussi à vélo pour visiter l’Écosse. Un morceau de route à quatre nous permet de venir à bout de la route principale et de rejoindre enfin un itinéraire alternatif avec la route de la côte si tôt arrivés à Arisaig. Nous alternons alors entre les falaises et les plages longeant les collines d’Écosse pour les derniers kilomètres. Sur une plage c'est un paquet de cookies que nous avalons pour terminer notre trajet et arriver à Mallaig.

Sur place nous nous renseignons sur les ferrys et pour un logement que nous trouvons le jour même : vue sur le port, petit-déjeuner compris. Le seul inconvénient sera le prix à payer : cash. Après s'être installé et la prise de douche nécessaire pour se rendre au restaurant, nous trouvons une table pour souper. Nous discutons pour la suite du voyage notamment sur la dernière information reçue... nous sommes vendredi et dimanche se tiennent les highland games de la ville. Mais le lendemain, se tiennent également les higland games dans un village accessible uniquement par bateau. Nous reportons alors le départ pour l'île de Skye afin d'assister à ces événements rares d'ambiance écossaise. Après repas, nous trouvons la ville bien silencieuse, déjà les derniers du restaurant, nous regagnons nos lits à 21h30.

La nuit dans un lit douillet et au chaud n'a pas fait autant de bien qu'espéré. Nous sommes sans doute trop habitués à nos matelas gonflables désormais ou il nous faut plus de nuit ainsi. Nous prenons le petit-déjeuner proposé par l'hôtel et nous dirigeons vers les stations d'embarquement pour prendre les billets. Aujourd'hui ce sera le ferry pour Inverie qui démarre à 14h15. Les tickets pris nous prenons également de quoi manger au magasin et partons faire une promenade sur les collines entourant le port de Mallaig. Une balade de 3 km au milieu de la nature et qui ramène sur l'un ou l'autre sommet (200 m de haut, ce n'est pas le Ben Nevis) mais qui permettent une belle vue sur les lochs, l'île de Skye et le port. Nous terminons notre tour, avant d'aller vers le ferry nous apercevons la Jacobite qui est en gare, on en profite pour prendre des photos et visiter l'intérieur, tout est comme dans les films d'Harry Potter ! Nous nous dirigeons enfin vers le ferry : 40 min de traversée où nous prenons une bière à bord avant de découvrir les highland games d'Inverie.

Au débarquement, ce sont trois-quatre bâtiments qui bordent le quai. De quoi créer une route sur laquelle, par étonnement, nous trouvons des voitures. Les habitants nous expliquent qu'elles sont surtout là pour prendre la navette qui rejoint Mallaig et conduire sur le réseau écossais plutôt que sur place. A vélo, c'est parfait. Nous longeons la côte 5 min pour arriver sur une plage dégagée avec du bruit, des festivités, une camionnette servant de bar d'appoint. On y découvre une joyeuse troupe de gaillards en kilt glissant sur une bâche de savon, accroché à un élastique ou jouant au rugby. Des modules en bois sont proposés pour faire un petit basket avec des sacs de riz ou une balançoire. L'ambiance est animée mais dans l'après-midi, les jeux touchent à leur fin. Alors que la majorité se redirigent vers la taverne : un des trois bâtiments de la ville, nous installons la tente le long de la plage. Un endroit magnifique entre mer et montagne et nous dînons enfin du pain et du fromage aux fines herbes à étaler dessus avant de partir nous aussi pour la taverne. Ce sera notre moment de connexion à l'extérieur car sans réseau, seul le wifi de la taverne nous permet de réaliser des recherches pour la suite de nos aventures.

Après une partie de billard disputée avec des personnes qui travaillent sur un des bateaux qui a jeté l'ancre non loin de là, nous quittons la taverne encore empreinte du brouhaha des habitants et visiteurs de ses jeux écossais. Nous regagnons alors notre tente pour manger des pâtes et retrouver notre couchage. Demain ce seront d'autres jeux qui nous attendent.

La nuit en tente a été bercée par le bruit des rafales de vent battantes sur la toile de tente ainsi que par le vacarme des gouttelettes de pluie à moitié projection des vagues du loch à côté duquel nous nous sommes installés. Nous rangeons nos affaires et retournons vers le port d'Inverie : seule porte d'entrée et de sortie de la ville, pour reprendre le ferry. Dessus, c'est à un spectacle extraordinaire que nous assistons : le ballet d'une douzaine de dauphins dans les eaux du loch. Jouant à sortir de l'eau, à se retourner en l'air comme pour nous saluer, le bateau s'arrête pour que nous en profitions.

De retour à Mallaig, nous prenons un chocolat chaud pour terminer le petit-déjeuner avalé avant le bateau. La confiture de framboise trouvée sur le bord de route ne rechauffe pas suffisamment pour affronter le froid du vent de la mer. Nous planifions ainsi la suite sur l'île de Skye ainsi que les heures de prise du ferry. Tout ça fait, nous prenons le chemin des higland games de Morar et Mallaig situés à 2 miles du port.

En arrivant, c'est le son des cornemuses qui résonnent. L'organisation n'est pas la même qu'à Inverie. Ici, un parking est installé, plusieurs échoppes et une corde dessinent le contour de ce qui représente le terrain similaire à une piste d'athlétisme : les couloirs de course en bordure extérieure et le matériel pour lancer du poids, saut en hauteur est prévu à l'intérieur. Un petit programme est même prévu. Au menu ce sont lancer du poids, de perches, course de 30 m enfants, 100m, 200m, 4x400m ou des trois collines entourant le terrain, un concours de danse traditionnelle et des accompagnements de cornemuse. Une fanfare donne le ton à heures fixes. On profite ainsi de l'ambiance plus familiale et musicale où on mangera dans les aubettes avant de repartir à vélo pour Mallaig et son ferry. Prochaine étape : l'île de Skye dont on nous a tant vanté les paysages alors que ceux de l'Ecosse même n'auraient à rougir devant aucun autre. A bientôt pour de nouvelles aventures !

8

La traversée se fait rapidement, nous discutons avec un couple de Français qui se rend également sur Skye et qui sont à pied (car le monsieur a oublié son permis, ils se débrouillent avec les trains et le stop). Le ferry transporte 12 voitures maximum, il y a beaucoup d'anglais mais aussi des allemands, français, tchèques. Une fois le ferry accosté, les voitures descendent puis c'est à notre tour. Nous nous ravitaillons en eau et nous sommes partis pour explorer les terres de l'île.

Nous suivons la route principale (il n'y a qu'elle), nous passons devant le château d'Armadale mais celui-ci est fermé, nous passons devant la distillerie de Torhabaig, fermée aussi. Pierre fait un petit arrêt toilette dans un hôtel-restaurant très classe recommandé pour les mariages où il n'y a personne. Nous poursuivons notre route et suivons un panneau restaurant, qui finalement ne sera ouvert que pour ses clients, nous prenons une bière et un bloody Mary et planifions la route le temps que les GSM reprennent un peu de batterie. Nous trouvons un endroit parfait pour planter la tente (recommandé sur Komoot), nous y arrivons et la plantons très vite car nous sommes entourés de midges, ses petites mouchettes issues de l'enfer qui font de belles piqûres, nous nous aspergeons de produits et poursuivons méthodiquement notre installation. Une fois la tente montée, nous mettons toutes les sacoches dedans et soupons nos tartines à l'intérieur protégés de ses horribles bestioles ! Nous finissons notre installation et nous glissons dans nos sacs de couchage pour une nuit on espère meilleure que la précédente. Notre amie Aragog nous protège des midges !

Nous sommes réveillés un peu avant l'alarme programmée, la nuit fut calme et pluvieuse, nous rangeons les sacs et la tente dans la pluie qui s'intensifie lorsque nous démarrons. Nous déjeunons à l'abri dans un arrêt de bus (barre de céréales et pomme), ça ne sera qu'après une petite dizaine de kilomètres que nous trouverons un endroit pour prendre un cacao chaud et recharger nos batteries de téléphone. Nous reprenons la route toujours sous la pluie ! Nous ne prenons aucun plaisir car en plus de la pluie, il y a du brouillard qui nous empêche de profiter du paysage. Il y a bien une belle cascade à un moment, pourtant on a la sensation qu'elle nous tombe sur la tête depuis le réveil ! Nous changeons de k-way afin de nous donner une sensation de sec mais pour peu de temps...

Nous poursuivons la route tout en cherchant un endroit pour dîner, ça ne sera qu'après plus de 40km que nous trouverons un endroit juxtaposé à une brasserie, l'endroit parfait pour les amateurs de bières que nous sommes. A l'entrée, la serveuse nous annonce qu'il n'y a plus de place pour dîner, nous attendrons en goûtant une bière de la brasserie. Nous rencontrons un couple de cyclistes tout aussi trempé que nous, nous échangeons un peu sur les ressentis et les coins sympas à visiter. Il paraît que l'eau du camping où nous pensions aller n'est pas très chaude, après une journée comme celle-ci autant pousser encore quelques kilomètres et aller jusqu'au prochain camping ! N'ayant toujours pas plus de nouvelles sur le repas, nous quittons l'endroit et remettons nos affaires de pluie (quelle sensation désagréable) pour aller en direction de Portree (ville centrale de l'île).

Nous avions planifié de voir les fairy pools aujourd'hui, mais vu l'eau qui nous tombe dessus, les plans ont été revus.

Peu avant la ville de Portree, nous nous arrêtons à un panneau où il était mis nourriture, nos ventres nous poussent à nous arrêter. Pas de repas chaud (il était 16h), nous prenons 2 smoothies et morceaux de cake et nous remontons en selle (toujours trempés). Une fois arrivés à Portree, nous tentons de trouver un hôtel, une nuit en dur ne nous ferait pas de tort après les 2 nuits en camping sauvage ! Coup de chance, il reste de la place dans l'un, nous allons nous installer, prendre une bonne douche chaude et faire sécher nos affaires avant d'aller souper dans le même bâtiment. Le repas fut bien apprécié, une petite balade digestive avant d'aller se coucher. La nuit va être bonne, nous en sommes certains !

C'est le matin et pas n'importe quel matin, Pierre a 28 ans aujourd'hui, pour le fêter, nous laissons nos vélos près de l'hôtel où nous logions et nous prenons le bus pour visiter le nord-est de l'île. On a été assez douché hier, autant avancer au chaud et rapidement. Nous retrouvons devant le bus un couple de marcheurs croisés à Mallaig. Nous descendons au Old Man of Storr. Une randonnée d'1h30 nous attend, sans trop de surprise, nous avons vu des nuages au sommet. Un peu moins froid et moins haut que le Ben Nevis (5 km pour 300 m de D+). A notre descente, nous retrouvons un temps sec avec des éclaircies qui font leur apparition, l'espoir revient d'un ciel bleu sur Skye :D

Une fois descendus, nous devons encore attendre le bus pendant 1h30, nous décidons de débuter le chemin à pied et de faire du stop afin d'atteindre notre prochain arrêt, après 4 voitures, un couple s'arrête pour nous charger, ils vont au même endroit que nous et parlent la même langue, parfait ! Le prochain arrêt se nomme kilt rock : des falaises se jetant dans la mer dont les couches rocheuses verticales donnent l'aspect d'un kilt. Nous repartons, peu convaincus. Nous longeons la route à pied par un chemin dans les prés de moutons pour arriver à Staffin où un petit resto-route nous rassasiera. Sans surprise fish and chips pour l'un et œuf sur le plat pour l'autre.

Nous repartons de là le pouce en l'air pour se rendre à Duntulm. Après plus de 30 min de marche, c'est un couple d'Ecossais originaire de l'île de Skye qui nous dispense de la route à pied. Nous pouvons alors échanger sur l'organisation de l'île, école, commerce, l'hiver et autres. C'est ainsi que nous apprenons que c'est un des étés les plus moches qu'ils aient eus ces dernières années. Pourtant à part hier et pour les sommets, on a pas eu trop à se plaindre. Ils font le crochet pour nous déposer là où on voulait. Un petit parking pour démarrer sur des chemins menant à l'extrémité nord-est. Des paysages et vues à couper le souffle lorsque la mer frappe sur les falaises et que la piste y serpentant parcourent des étendues vertes où paissent tranquillement des hordes de moutons. Ok, Skye c'est joli quand il y a pas de nuages. Pierre s'amuse avec le vent, juste après avoir dit "maintenant que j'ai 28 ans, je suis mature et responsable", situation plutôt comique. Nous parcourons 6 km, à travers les collines puis le long d'une falaise abrupte pour arriver sur une péninsule et repartons le long de la mer pour arriver près des ruines du château de Duntulum. Nous prenons le bus pour le retour sur Portree non loin de là ; en l'attendant : des cookies au soleil avec une belle vue !

Pendant le trajet du retour, nous sommes contents de ne pas avoir pris les vélos car le vent a été très fort aujourd'hui et le dénivelé était important ! Une fois arrivé à Portree, nous cherchons un restaurant, nous y trouvons une pizzeria qui n'est pas complète, nous devons attendre 30 min pour avoir une table, pas de soucis, on s'occupe en allant au magasin se ravitailler pour les jours à venir. Au menu de ce soir, pizza et petit cocktail d'anniversaire histoire de marquer le coup ! Une fois les ventres repus, nous prenons les vélos pour 15 min de montée afin d'atteindre le camping. Nous nous installons rapidement comme à notre habitude, une douche chaude qui a fait du bien, on aurait aimé faire une machine mais la laverie ferme à 22h15, pas de chance pour nous il était 22h30, ça sera pour demain, car les vêtements propres se font de plus en plus rares. Nous fermons les yeux remplis de beaux paysages au chaud dans notre sac de couchage.

8h nous ouvrons les yeux, la nuit fut bonne malgré le vent. Bonne nouvelle, la tente est enfin sèche ! Nous remballons nos affaires, une barre de céréales dans le ventre et en selle pour Portree. Nous arrivons rapidement dans la ville (plus facile de descendre que de monter les côtes). Nous prenons un cacao chaud et brownies à emporter pour les manger sur la place du village sous un soleil timide. Nous planifions la journée, en route pour Satran et ses fairy pools ! Nous profitons de voir un garage voiture pour huiler nos chaînes et repartir en selle. Une route très agréable à travers l'île de Skye entre la chaîne des Quiraing et celle des cuillin. Peu de voitures, beaucoup de nuages mais pas de pluie. Les moutons nous saluent lors de notre passage. Nous enchaînons les montées et les descentes afin de passer sur le côté ouest de l'île.

Non loin de Struan, nous décidons de nous arrêter dans un petit café très charmant ! Nous y prenons un thé et muffins pour nous réchauffer et replanifions la suite. Finalement nous irons voir les fairy pools ! Nous remontons en selle et laissons le paysage défiler sous nos pieds, il y a de plus en plus de voitures, nous sommes de retour sur des routes plus touristiques. Et nous montons toujours beaucoup ! Les moutons nous jouent des frayeurs en passant devant nos roues, ils sont habitués aux voitures mais pas aux vélos. La dernière longue route avant d'arriver au fairy pools ne fut pas des plus chouette car la pluie a décidé de venir jouer les troubles-fêtes mais surtout un tas de voitures à laisser passer que ça soit dans un sens ou dans l'autre, comme il n'y a qu'une route (assez large pour une voiture et un vélo mais pas pour une caravane et un vélo) les passing places permettent de laisser passer ceux venant en sens inverse. Le terrain commence à descendre, signe que nous arrivons bientôt !

Nous arrivons à un parking pour voiture, nous en déduisons que les fairy pools sont là. Nous discutons avec le monsieur du parking qui nous conseille d'aller dormir au camping de Glen Brittle vu la météo clémente annoncée pour demain, nous allons réfléchir à ses conseils. Nous dînons avec nos tartines à 16h sur le parking avant de démarrer pour les fairy pools. Nous suivons le flot de touristes qui remontent un cours d'eau où les chutes s'enchaînent. La pluie et les nuages rendent les paysages moins féeriques mais ils n'en restent pas moins jolis ! 3 kilomètres parcourus le long de ces piscines féeriques où certains vont se baigner même (en combinaison, il ne fait toujours que 16°C).

Vu le froid et la pluie, nous suivons les conseils du Monsieur bien sympa, et descendons les 5 kilomètres qui nous séparent du camping qui borde la mer (on rigolera moins demain à les remonter). Nous nous installons comme à notre habitude, pendant que notre repas cuit au camping gaz, nous discutons avec nos voisins qui sont belges également, nous sympathisons avec eux, le vélo aide facilement à délier les langues et les gens sont impressionnés par notre périple ! Ils nous proposent de venir manger dans leur tente pour avoir une table et des chaises et être protégé du vent, bien sympa de la part de nos compatriotes, la semoule au cassoulet passe mieux ainsi. Après le repas : vaisselle, douche et machines sont au programme. Le temps que la machine tourne, nous lisons gentillement dans la tente au sec et au chaud dans nos sacs.

Quelle bonne nuit sans trop de pluie ni trop de vent ! Nous nous réveillons vers 8h, rangeons la tente et allons déjeuner au camping (cacao chaud, croissant et pain aux raisins). Nous mettons nos vêtements qui ne sont pas encore secs sur nos sacs afin que le vent les sèche. Et nous voilà partis, de belles côtes nous attendent dont celle des fairy pools, le trajet est plutôt agréable sous un soleil et des encouragements de touristes allant visiter les piscines. Une fois les fairy pools passées, nous reprenons la route faite hier, qui est hyper agréable car on descend et en plus peu de voitures y circulent cette fois ! Nous revenons sur Satran et prenons une nouvelle route vers Sligachan. Nous recroisons quelques voitures de campeurs qui nous encouragent dans les montées. Pierre a du mal à avancer suite à une douleur au genou, il est vrai que les jambes sont soumises à rude épreuve. Une fois à Sligachan, nous prenons une bière à la brasserie des Cuillins, café déjà visité à l'aller.

De Sligachan à Broadford, nous redécouvrons la route prise il y a 3 jours mais cette fois-ci sans pluie (qui devient fine à certains endroits). Nous nous arrêtons à Broadford pour dîner nos tartines à l'abri dans un arrêt de bus avant de repartir en direction de Kyle of Lochalsch et le pont qui relie Skye à l'Écosse principale. Au début du pont, nous trouvons une piste cyclable, signe que nous quittons Skye sur laquelle les pistes cyclables étaient inexistantes. Une fois sur le "continent" nous nous arrêtons à la gare pour prendre le dernier train qui nous évitera de belles côtes et qui est recommandé pour jouir d'une traversée romantique le long du Loch Carron. Une fois nos billets dans les mains, nous prenons un thé et une soupe à emporter et les dégustons dans le train. Prochain arrêt Strathcarron, au bout du loch et la route pour Inverness. Au revoir l'île du ciel !

Quelques statistiques :

Total de kilomètres sur Skye : 187,84 km

Total de kilomètres du voyage : 900,5 km

Chutes : Sergine 2, Pierre 1.

Les midges préfèrent Sergine à Pierre.

9

Nous voici sur le quai de la gare de Strathcarron. Le trajet en train nous a permis d'accéder à de fabuleuses vues le long du loch avec les rails au bord de l'eau serpentant à flanc de falaises. Un camping 5 km plus loin devait nous accueillir mais c'est sans compter la providence qui place sur notre route à la sortie de la gare "ici emplacement de camping pour 5 £". On prend ; c'est un hôtel restaurant qui réserve une parcelle de terrain de l'autre côté de la route pour quelques tentes. Dessus, on y retrouve deux jeunes flamandes avec lesquelles nous passerons la soirée à discuter du voyage, des routes effectuées. Formuler des phrases en néerlandais demande un peu de temps après 3 semaines à parler la langue de Shakespeare. Et après un bon repas et une douche chaude, nous nous glissons dans nos sacs de couchage pour remettre de l'ordre dans les souvenirs de la journée. Demain c'est un nouveau trajet vers Inverness qui nous attend.

Petit-déjeuner écossais pris à l'hôtel, les haggis ne sont plus demandés mais il y a encore des tranches de boudin noir. On s'y fait. 9h30, nous sommes prêts à partir. Nous disons "tot ziens en goede reis" aux flamandes rencontrées la veille et prenons la direction d'Achnasheen.

Le début du trajet pour quitter Strathcarron se fait en traversant forêts et prés sur des sentiers forestiers. Par la suite nous longeons la nationale et la ligne de chemin de fer autour des lochs qui parsèment la vallée. Quelques côtes mettent à mal notre moyenne mais nous avançons vers l'objectif : "midge bite". Un bar/route qui propose de supers smoothies et de quoi dîner : panini et wrap.

Nous revenons légèrement sur nos pas pour emprunter un sentier qui nous permet d'éviter la nationale mais qui doit grimper à 400 m. Nous le trouvons derrière un rail de sécurité et en bas d'un escalier. Légèrement inaccessible en vélo... on s'y lance tout de même, en enlevant les sacoches et en portant les vélos. La suite paraît plus abordable avec un pont en bois et des caillebotis bien agréable à vélo (l'équilibre est travaillé). Une fois quitté, la trace du chemin n'est pas très claire, on avance à tâtons, souvent en poussant les vélos, parfois les pieds dans l'eau contenue des marécages où nous sommes vers ce qui semble être un passage à niveau piéton. Nous ouvrons les barrières, nous passons les rails et de l'autre côté, pas non plus de chemin... mais de plus en plus de midges, de taons et de moustiques... même avec les habits longs portés aujourd'hui, les morsures et autres piqûres sont bien là. Avec la sagesse acquise des 28 ans, nous rebroussons chemin, repassons par le passage à niveau, les caillebotis et les escaliers pour retourner sur la route. La suite du trajet se fera sur le macadam. C'est plus sûr. Contrits, nous nous arrêtons à nouveau au midge bite pour reprendre un smoothie (ils sont tellement bon) et revoir l'itinéraire.

30 km restants sur la route pour arriver au camping. Le long de la route, et avec un dénivelé plutôt négatif, nous obtenons nos pics de vitesse de la journée. Les vues sur les lochs et les sommets écossais sont superbes avec le soleil du jour. Pas de doute, on est loin de Skye. L'objectif des 20 km/h de moyenne est maintenu pour ce trajet. On a les jambes qu'on mérite après 3 semaines !

Peu avant d'arriver, nous nous arrêtons, attirés par les Rogie Falls où se trouvent une cascade qui semble valoir le coup d'oeil. Nous laissons les vélos et suivons les balises pour le grand tour. La balade vaut en effet le coup ; les cookies au beurre salée le long des chutes d'eau que des saumons atlantiques essaient de remonter font plaisir. Un très beau spectacle de les voir sauter et essayer de remonter une cascade de plusieurs étages avec une marche d'1,20 m.

Le temps de remonter sur les vélos et nous arrivons au camping de riverside quelques coups de pédales plus loin. Un charmant camping qui a tout pour plaire : une rivière dans le fond, un terrain tout plat, des sanitaires tout propres, des tables de pique-niques. L'ambiance est vraiment accueillante et très rangée.

Le lendemain matin, nous prenons un cacao chaud au magasin du camping avant de reprendre la route. Le lever était plus tard que de coutume car aujourd'hui... nous allons visiter la distillerie Singleton à Muir of Ord. Une distillerie de whisky écossais où nous retrouvons deux cyclotouristes gallois rencontrés au camping : les grands esprits hein ! Les odeurs des malts fermentants renvoient à des effluves de pains, de vanille, de fruits qui nous mettent l'eau à la bouche et dans le processus de distillation, la taille des alambics est impressionnante ! La route du whisky est d'ailleurs juste plus longue que celle de la bière car elle ne demande que cette distillation et... 10 ans de vieillissement en barriques de chênes. Certaines cuvées vont être poussées jusqu'à 50 ans, d'autres seront vieillies en barriques utilisées déjà pour un autre alcool, souvent du bourbon américain qui ne peuvent être employé qu'une seule fois là-bas. Les écossais leur rachètent donc à bas prix. La visite se conclut alors par une dégustation de 3 whiskys. On détecte les différences mais on a toujours du mal à le boire. Nous prenons un en-cas à la distillerie même avant de repartir sous un soleil radieux.

Mais la route ne sera pas longue car dans le village de Muir of Ord, sur la place, se tient un concert autour duquel des tables et stands donnent un air de fête. Colliers à fleurs et bulles de savon sont de sortie. L'ambiance nous porte et nous prenons du whisky non-distillé pétillant et houblonné (une bière donc pour ceux qui suivent 😉 ). Le t-shirt de voyage fait toujours son effet, nous discutons avec les habitants, certains remontent encore plus haut sur les îles mainland. Peut-être pour un autre voyage.

Nous continuons notre chemin le long du Beauly Firth, l'estuaire au bout duquel se trouve Inverness. Les routes cyclables longent l'eau et nous offrent une vue superbe sur Inverness. Enfin... ça c'est si notre destination n'était pas littéralement cachée dans la brume. C'est un immense nuage blanc opaque duquel se détache à peine le premier pilier du pont reliant les deux rives. La définition de micro-climat n'aurait pas pu être plus vraie et nous comprenons que ce décor écossais ait servi à nourrir l'imagination des auteurs de littérature fantastique, policière ou plus simplement l'ambiance inquiétante ou magique d'une scène de film. Frisson garanti ! Nous prenons donc notre temps le long de l'eau, nous arrêtant sur une balançoire comme des enfants ou sur la berge pour manger un biscuit. La fin de la côte signe pour nous une montée vertigineuse avant la traversée du pont et notre arrivée à Inverness, capitale des Highlands. Un autre cap important a été franchi pour nous lors de cette étape, nous avons passé la barre des 1000 km effectués à vélo !

A Inverness, l'agitation humaine est plus perceptible que dans les autres villes traversées. D'entrée de jeu, c'est dans un stade de foot que nous entendons les olé des supporters de l'équipe locale. Les routes sont parcourues par bon nombre de voitures mais le vélo a une place particulière avec de nombreuses pistes cyclables ou aménagements vélo le long des routes. Nous rejoignons vite la rivière Ness et le canal calédonien pour arriver au camping où nous résiderons deux nuits. Un peu de repos, ne pas devoir démonter la tente le matin est un luxe que nous nous offrons pour découvrir un peu la ville. Mais surtout... profiter des joies de la piscine à toboggan présente juste à côté du camping ! De quoi réjouir l'un comme l'autre. Après l'installation, nous nous préparons pour sortir car nous avons rendez-vous à 18h pour manger. Nous partons donc à 18h05, comme d'hab'. Pour ce soir, nous mangerons au Castle Tavern, juste à côté du château avec Loïc (un ami d'enfance de Pierre) et Lise-Anne (sa compagne), en voyage en Ecosse eux aussi. Ils ont plutôt eu du goût, pour le restaurant aussi. Une très belle soirée passée au terme de laquelle nous retournons au camping nous laver avant de nous glisser dans nos sacs de couchage. Le retour est plaisant et nous nous arrêtons un instant pour profiter d'un concert qui se tenait le long de la rivière.

Petit-déjeuner léger ce matin pour aller nager : flocons d'avoine et thé. Pour relever le tout, la cuillère de confiture a su ravir au sein des flocons se parant de couleurs rosées et de saveurs sucrées. Nous préparons nos sacs de piscine, nous n'avons pas long pour être dans l'eau. Une bonne heure à travailler les bras et à reposer les jambes et profiter des toboggans pour l'un pendant que l'autre nage ses 3km (la fatigue et le manque d'entraînements se fait un peu sentir sur le chrono, il y aura du boulot en rentrant). Ça fait du bien pour tous les deux ! Et le lieu a même une centrifugeuse pour faire sécher son maillot directement. Une merveille de physique !

Une fois sortis, nous repassons à la tente pour déposer nos affaires de piscine et aller dîner en ville au bord de l'eau. Nous passons à l'office du tourisme pour fixer notre après-midi et réserver une visite guidée. Pas de free walking tour hélas, ce sera un payant cette fois-ci mais avec des prix abordables similaires aux dons habituels des tours gratuits. Nous poussons ensuite jusqu'à la gare où nous réservons nos billets de retour en train. La dame à l'office prend vraiment le temps pour effectuer les différentes recherches, les réservations pour les vélos, sur plusieurs jours et compare même les prix en nous conseillant une rail card together, valable un an qui réduit le prix des tarifs de train. Payante à l'obtention elle est déjà amortie sur notre trajet. La partie compliquée était de passer au photomaton pour avoir nos deux têtes au format ad hoc. Mais aussi agréable qu'elle était, la commande de ces tickets signifie pour nous la fin de notre voyage. Demain ce sera la dernière semaine de ce beau séjour en Écosse.

A notre sortie, même le temps est morose et pour nous donner du baume au cœur, nous cherchons un coin pour boire un verre après avoir fait les courses. Nous trouvons un bar sympa dans ce qui est l'ancienne banque des Highlands face à l'hôtel de ville. Un voyageur anglais discute avec nous, lui est à pied. On échange ainsi sur ce qu'il a pu achever comme parcours, sur ce que nous avons traversé. Les charmes de la discussion avec autrui en somme. A notre sortie, c'est l'heure du tour. Une visite très historique autour du château, des différentes églises érigées tantôt sous le régime protestant du pays, tantôt sous l'influence catholique de Marie Stuart qui nous emmène autour de la rivière Ness. Une balade qui nous amène finalement à un estaminet où nous soupons après avoir reparcouru les rues à la recherche d'un menu qui nous convienne et qui dispose d'une table pour deux couverts. Au "morse et tire-bouchon", ce sont des plateaux dégustations fromage et viande du terroir que nous prenons avec une bière de la région. Santé à tous !

La pluie fraîche et l'heure tardive nous poussent à retourner au camping. Nous passons par les petites îles de la rivière Ness situées en face de notre endroit. Accessibles par de petits ponts, c'est un endroit agréable, en-dehors de la ville. Un coin bien tranquille. Nous nous glissons dans nos sacs de couchage en préparant l'étape pour les jours suivants : le great glen way (GGW).

10

Nous démarrons d'Inverness de bonne heure, réveillés par les mouettes qui sont venues picorer dans notre pain puis se poser sur le haut de notre tente. Une barre de céréales et deux petits pains au chocolat dans le ventre, nous voilà sur la route. Nous la débutons en suivant le Caledonian Canal qui réalise la liaison depuis 1822 entre Fort William et Inverness et profitant de cette vallée naturelle coupant littéralement l'Écosse en deux. Sur le chemin, Pierre apprend des choses et fait des photos pour ses cours. Nous atteignons rapidement le célèbre loch Ness.

En suivant la route, nous arrivons à Drumnadrochit, petit village juste avant le château d'Urquhart qui donne sur le lac. Nous dépassons aisément une série de voiture qui attendent pour une place de parking, bien que la montée fut difficile pour y arriver, nous sommes heureux d'être à vélo et de pouvoir se parquer juste à côté de l'entrée du château. La visite débute par un film expliquant l'histoire de cette place forte permettant de surveiller les eaux du loch Ness ainsi que la vallée qui s'insère dans les terres en direction de l'île de Skye. Vallée qui sera néfaste car le château fût très souvent attaqués par les hommes du clan Mc Donald inféodés à la couronne d'Écosse. Le château passera ainsi de main en main avant d'être finalement abandonné par les occupants qui ont fait sauté la porte et les différents bâtiments pour ne pas que l'ennemi puisse l'utiliser. Il n'en reste ainsi principalement que des ruines où nous imaginons grâce aux fondations les différentes pièces présentes autour de la cour. Nous passons par ce qui devait être les prisons, les cuisines, le hall, les chambres, les tours de garde etc. Après la visite, nous profitons du restaurant qui est sur place pour nous réchauffer avec soupe et sandwich.

En quittant le château, nous revenons sur nos pas pour aller rejoindre le great glen way qui est un chemin qui parcourt le Great Glen reliant Inverness à Fort William. Principalement à usage piéton, la majorité des portions sont annoncées cyclables. Ce tracé nous assure de ne pas longer la route nationale autour du loch Ness. Mais... Pour l'atteindre, nous devons monter, que dis-je grimper car nous passons de 110 m d'altitude à 300 m et cela sur 2 km ! Du 9% de moyenne donc. Au fur et à mesure de la montée, nous retirons nos couches et multiplions les arrêts entre les lacets de montagne. Le sommet nous paraît si loin et quand nous pensons l'atteindre, une autre montée apparaît. Après bien 20 min de côte, nous arrivons au sommet où une petite pluie nous attend pour nous rafraîchir. Nous poursuivons la route qui se transforme en chemin parfois difficilement pratiquable à vélo mais qui change radicalement du bitume. Quelques arrêts pour ouvrir les portiques ralentissent fortement la progression. Nous descendons légèrement avant de remonter à la même altitude que précédemment. Une très belle vue sur le loch Ness nous récompense de ce détour avant d'entamer une descente plutôt caillouteuse, nous ne pourrons pas faire de pics de vitesse cette fois-ci.

Nous retrouvons la route au niveau d'Invermoriston avec son joli pont et rivière que nous quittons pour repartir sur le Great Glen Way. Une côte en sentier aura raison de nous et nous vaudra 2 cookies tout chocolat pour remonter le moral et l'énergie. La prochaine fois que nous quittons ce chemin, ce sera pour arriver à Fort Augustus ! Nous apercevons le loch Ness et cette fois-ci nous voyons le monstre en surgir. On l'adopte, il reviendra avec nous ! Celui-ci nous suivait d'ailleurs déjà depuis un moment.

Nous arrivons finalement à Fort Augustus, une petite ville avec son lot de touristes qui fait le bout du loch Ness. Comme il est 18h, nous nous dirigeons vers un restaurant. Il y a ici aussi un ensemble d'écluses qui se succèdent similaires à un escalier comme à Fort William permettant la suite du canal calédonien. Le long de ces écluses, nous trouvons un restaurant qui nous convient. Nous y resterons assez longtemps de quoi prendre 2 soupes, une salade de saumon crevettes et un steak avant de terminer par crumble et glace avec un petit thé. Nous demandons conseil au serveur pour savoir où planter la tente, il nous conseille de rouler 15-20 min sur le Caledonian Canal, nous devrons trouver de bons spots de camping sauvage (c'est gratuit en plus). Juste avant de partir, nous croisons un couple de belgo-ecossais avec qui nous échangeons sur les voyages à vélo, des idées pour les voyages futurs ? Nous suivons les conseils du serveur et avançons un peu sur la route de demain, nous trouvons rapidement un endroit sympa où planter la tente entre le canal et la rivière. Nous la plantons rapidement suite à la présence de midges. Nous nous glissons dans nos sacs et fermons les yeux. Nos corps ont bien besoin de repos après cette grosse journée !

Nous nous levons de bonne heure, après une nuit dictée par le son de la pluie sur la bâche, 8h30 nous sommes sur les vélos. C'est que le train qui nous attend à Fort William démarre à 17h37 et nous avons la dernière machine du voyage pour terminer avec des vêtements propres à réaliser. Nous déjeunerons un peu plus loin d'un petit pain au chocolat restant et une barre de céréales suite à la présence de midges. Nous enchaînons les kilomètres le long du canal puis le long du loch Oich sur une ancienne voie de chemin de fer. Les trains et le vélo décidément une belle histoire d'amour comme la nôtre. A la fin de ce loch, nous retrouvons le canal qui poursuit sa liaison dans le loch Ceann avant de continuer dans le loch Lochy. Le Great Glen Way nous emmène sur les hauteurs de ce loch. Avant d'entamer la montée, une barrière avec des avertissements pour une exploitation forestière en cours nous arrête. Une personne devrait faire la liaison toutes les 20 minutes pour nous permettre de passer en sécurité. Parce que nous sommes désormais matures et responsables, nous attendons. 25 minutes plus tard à attendre dans les midges, toujours personne, nous passons donc la barrière et poursuivons notre chemin. Apparemment aujourd'hui ils ne travaillent pas... C'est pas grave, les paysages sont toujours magnifiques !

Nous continuons notre route au rythme des montées et descentes sur le chemin. A la fin du loch, nous retrouvons la route et quelques voitures, celle-ci nous permet d'augmenter la cadence tout en admirant le paysage. Nous retrouvons le Caledonian Canal pour les derniers kilomètres qui filent sous nos roues et voilà qui pointe déjà bien plus haut que l'horizon ce gros Ben Nevis, la tête toujours dans les nuages. A la fin du canal, nous retrouvons le Neptune's Staircase, l'enchaînement d'écluses déjà vu auparavant. Nous sommes de retour à Fort William et ce avant 12h30, well done pour les 47 km du jour !

Nous suivons le Great Glen Way qui nous amène devant un lavoir : parfait. Pendant que la machine tourne, nous dînons au petit restaurant d'à-côté. Un repas qui fera du bien : soupe, fajitas et burger, millionnaire et thé. Quel plaisir à la fin de retrouver des vêtements chauds et secs qui sentent bon !

Nous reprenons les vélos en direction du centre-ville de Fort William, en discutant nous nous disons que ça serait bien de regraisser les vélos, les paroles à peine sortie de notre bouche et un magasin de vélo est apparu. C'est notre jour de réalisation des souhaits ! Nous arrivons dans le centre ville où nous flânons dans quelques magasins de souvenir. Le voyage arrivant à la fin, on peut se permettre désormais de remplir un peu les sacoches. Puis nous allons évidemment boire un verre à la brasserie de Fort William : Black Isle, les bières y étaient bonnes, une vingtaine de bières au fût, pourquoi ne pas s'y (ré)arrêter ?

Tout ça en attendant l'heure du train. Nous avons fixé les trajets aujourd'hui et demain pour retourner du côté de Hull. Nous l'avons prévu dès aujourd'hui car des grèves sont annoncées en fin de semaine. Cela nous évite tout stress, y compris pour le transport des vélos. Nous pédalerons ainsi nos derniers kilomètres sur la côte anglaise (une centaine de kilomètres prévus sur 2 jours, facile pour des jambes bien entraînées). 17h10 nous nous dirigeons vers la gare afin de prendre le train pour Glasgow, nous disons au revoir aux Highlands et ses merveilleux paysages !

Dans le train, nous admirons encore les paysages montagneux de la région. Et à partir de la gare de Ardlui, nous redécouvrons les paysages dans lesquels nous avons pédalé. Nous profitons du train pour souper nos tartines (celles non bectées par les mouettes) et vers 21h30 nous arrivons à Glasgow. Nous enfilons nos gilets fluos, allumons les phares et en route pour l'hôtel situé à 3 km de la gare. Nous ressentons une sensation bizarre d'être a nouveau dans cette ville, nos souvenirs remontent. Une fois nos bagages installés et nos vélos mis en sécurité à l'hôtel, nous allons boire un verre dans le bistro du coin. Un pub bien typique. Nous rentrons dans notre chambre, prenons une bonne douche, retirons nos dernières tiques et nous endormons dans un lit douillet. Ça fait du bien de retrouver du confort et une nuit au sec ! Demain nous reprenons le train pour redescendre à Whitby en Angleterre.

11

Que la nuit à Glasgow fut bonne. Depuis quelques nuits, l'un des matelas gonflables est crevé, nous devons donc dormir sur un seul des deux. Avoir de la place dans un lit aussi confortable, ça change ! Nous déjeunons à l'hôtel avec un full English breakfast, préparons nos sacoches et allons récupérer les vélos sauf que... personne à la réception et hier soir les vélos ont été rangés dans une de leurs caves... Après 10 minutes c'est la dame de ménage qui est aussi cuisinière et concierge qui nous permet de les retrouver. En route pour la gare ! Une grosse journée de trajets en train nous attend afin d'atteindre la côte anglaise. Le premier est la navette qui circule entre Glasgow et Edimbourg. Les paysages sont plus plats et plus campagnards que dans les Highlands, nous reconnaissons d'ailleurs le château de Linlithgow visité au début du voyage ainsi que l'Union Canal pour lequel la ligne de chemin de fer suit le tracé. Le ciel est de plus en plus bleu et les températures un rien plus élevée. Retour dans les Lowlands !

Nous arrivons à Edimbourg dans les alentours de 11h, une gare et une ville connues mais avec une ambiance un peu plus... festive. Nous y sommes désormais pendant le festival d'août. De nombreuses personnes circulent dans les allées de la vieille ville. Nous déposons les vélos et partons dans le centre au milieu de la foule pour y faire des emplettes. A la fin de notre voyage, nous avons désormais la place pour ramener des souvenirs. Quelques magasins faits, nous trouvons notre objectif : le café à pancakes, pour notre 3ème fois dans cet établissement, nous ne sommes toujours pas déçus. Le pancake au Nutella est vraiment une bombe calorique. Délicieux ! Nous repartons vers la gare histoire d'être à l'heure pour notre prochain train. 13h05 nous sommes assis après avoir un peu galéré à mettre les vélos dans le compartiment prévu. Peu de place laissée pour les guidons. Nous occuperons les trois places avec nos deux vélos. Aucun cycliste ne nous rejoindra en cours de parcours. Nous arrivons vers 15h15 à Darlington, nous avons le temps de visiter le centre ville avant notre prochain train qui est à 17h22. Jolie petite ville sous un grand soleil, petite balade qui se fini au pub de la place devant lequel se passe un show de freeride sur le skatepark monté à l'occasion de ce qui semble être un festival ; incroyable ce qu'ils arrivent à faire sur un vélo, roller, skate ou en trottinette ! Nous n'essayerons pas avec les nôtres qui sont bien trop lourds et moins maniables ! Certains riders glissent d'ailleurs lors de leur représentation entre un backflip ou un grab bien placé. Avant la fin du show, nous repartons vers la gare pour avoir le train suivant sans trop de soucis. Les paysages sont toujours très plats et sous un beau soleil. Le trajet commence à nous sembler long, surtout que nous avons encore un train après celui-ci, vivement être à nouveau en selle !

Dernier train qui arrive 10 minutes après notre précédent et même quai, incroyablement facile pour nous ! Nous profitons du soleil se couchant petit à petit depuis les fenêtres du train. L'occasion de fermer les yeux une petite vingtaine de minutes et nous arrivons à la gare de Whitby vers 19h30 : l'heure pour souper. Whitby est une ville côtière très jolie et réputée pour ses fish and chips. Nous flânons sur nos vélos sur le port et dans les rues avant de trouver un restaurant où nous mangerons du poisson et terminerons par une glace et un brownie. Nous reprenons nos vélos pour avancer un peu sur le chemin de demain, c'est dans une côte que nous voyons un camping, étant 21h30, nous n'irons pas plus loin ! Nous nous installons, nous lavons et nous glissons dans nos sacs.

Nous nous réveillons aux cris des mouettes, la tente est toujours humide, elle séchera la nuit prochaine (espérons). Pas de petit déjeuner car nous pensons le prendre à l'abbaye de Whitby qui se trouve à deux minutes de là. La vue sur le port est sympa, l'abbaye en à l'air aussi mais elle n'ouvre qu'à 10h, nous n'avons pas le temps d'attendre jusque là. Nous déjeunons de manière anglaise et continentale avec deux chocolats chauds à l'auberge de jeunesse qui prend place dans les bâtiments à côté de l'abbaye et reprenons nos vélos. Nous suivons un chemin qui borde les falaises nous donnant de belles vues avant de parcourir le cinder track, l'ancienne voie de chemin de fer qui reliait Whitby à Scarborough qui fait désormais partie du tracé de l'eurovélo 12. Au milieu, nous faisons le tour de la baie de Robin's Hood où le célèbre héros aurait, selon la légende, libéré la ville des pirates et rendu le butin aux citoyens comme à son habitude.

En continuant vers Scarborough nous longeons, quittons et revenons sur la côte anglaise à travers fermes et champs. La saison de l'épandage nous permet de stimuler nos muscles pour ne pas faire face à un vent qui nous accompagnerait trop longtemps dans les narines. Arrivés à Scarborough, nous décidons de dîner de nos tartines avec vue sur la mer et la plage. Nous passons par son château que nous regarderons de l'extérieur seulement puis redescendons sur la plage située de l'autre côté avant de poursuivre notre route. Nous nous arrêtons dans un bar non loin de la fin de la ville, où nous rencontrons 3 autres cyclistes français, nous échangeons sur les voyages et matériel tout en rechargeant nos gsm. Une bière et jus d'orange plus tard, nous remontons en selle. Le barman nous a expliqué la route : une grosse montée puis ça descend. Il ne s'est pas trompé, après une descente avec le vent de face, nous affrontons une montée à 16%, plus facile qu'imaginé avec les muscles puissants que nous avons maintenant après presque 4 semaines de voyage 😛. Nous continuons le trajet avec quelques plus petites montées puis descentes et une petite pause biscuit avant d'arriver à Bridlington. En visitant la ville sur nos vélos, nous trouvons un bar qui fait des smoothies, parfait nous en avions justement envie, nous accrochons nos vélos et rentrons. Le barman nous en conseille un, il fut tellement délicieux que nous en reprenons un pour deux.

A la sortie, nous reprenons nos vélos avec une effroyable surprise... Malheureusement les deux gourdes du vélo de Pierre ont disparus ! Ce sera sur la fin de notre voyage que nous serons malgré le cadenas, victime de ce vol. Une personne qui devait avoir soif sans doute. Pas de chance, l'une des deux était vide. Nous vérifions le reste, tout y est, nous repartons avec un pincement au cœur. On regrette l'Écosse et ses honnêtes gens. Nous enchaînons les kilomètres jusqu'au camping à la sortie de la ville Malheureusement pour nous pas d'espace pour les tentes. Nous revenons sur nos pas pour un plus grand camping mais il est trop tard (19h30), nous ne pouvons pas y aller selon le garde de sécurité, même pas pour régler la nuit le lendemain matin. Nous cherchons rapidement sur nos gsm où dormir et reprenons nos vélos pour 10 km supplémentaires avec gilets fluo. Nous admirons le soleil qui se couche. Après 92,18 km nous trouvons enfin un camping qui nous accepte et avec le sourire et gentillesse un peu avant la ville de Skipsea. Nous avons super bien avancé sur notre route, il nous reste 40 km avant d'atteindre le port de Hull. Une fois la tente installée, nous dînons avec des soupes et pâtes lyophilisées sous la lumière de nos frontales. Nous fermons rapidement les yeux, la journée fut fatiguante !

Nous sommes réveillés par la chaleur et la lumière dans la tente vers 8h. Il fait décidément de plus en plus chaud au fur et à mesure que nous faisons route vers le sud. La nuit fut moyenne sur un seul matelas et nous prenons une petite douche et rangeons nos affaires. Après 2 croissants avalés, nous démarrons, passant par Skipsea en direction d'Hornsea : la dernière ville côtière avant Hull. 15 km plus tard, nous y arrivons et posons les vélos. Une petite balade le long de la mer, main dans la main nous amène à un petit café où nous prenons thé et jus de pomme à emporter pour se rafraîchir sur la digue. Il ne nous reste plus que 25 km avant d'arriver à Hull. Le programme semble moins chargé qu'hier pour notre dernière étape sur le sol anglais. Avec un brin de nostalgie, nous entamons ce tronçon en quittant la côte pour retourner dans les terres. Nous suivons à nouveau un sentier qui était auparavant une ancienne ligne de chemin de fer, décidément le train donne un fameux réseau cyclable.

Après 20km, nous arrivons dans le centre ville de Hull, nous visitons rapidement avant de trouver un restaurant au soleil le long des quais de la princesse. Quais situés dans le centre-ville sur lesquels une galerie commerçante borde l'un des côtés, un pont en-dessous duquel canard, poissons et mouettes nagent dans l'eau azur attendants le petit morceau de pain que les passants jettent avec amusement. C'est sur la rive gauche que nous nous asseyons en terrasse avec vue sur ces quais pour ravitailler. Au menu : bières, nachos, quiche et pomme de terre en chemise. Nous reprenons les vélos en direction du port, avec un peu de stress car lors de notre réservation nous n'avons pas pu enregistrer les vélos, le choix avec P&O Ferries était soit piéton, soit motard. L'embarquement commençant à 16h, autant arriver tôt et être sûr de repartir avec nos montures ! 15h30 nous sommes arrivés à destination, plus de 4h en avance sur le départ du ferry censé être à 20h30. Ce dernier nous paraît encore plus gros que celui de l'aller ! Nous passons l'entrée sans problème, le fait que les vélos ne soient pas enregistrés semble normal pour eux. La seule différence avec un piéton tient plutôt de l'ordre d'embarquement. Nous avons dû suivre les véhicules roulants plutôt que les escaliers piétons. Une dernière montée en spirale nous amène juste devant l'embarcadère. 16h, début de l'embarquement et les vélos sont prioritaires, nous rentrons les premiers dans ce gros paquebot. Nous accrochons nos vélos et prenons nos sacoches jusqu'à notre cabine. Ça y est, nous sommes dans le bateau pour le trajet retour de ce, déjà nous le savons, merveilleux voyage. Avec nos vélos en soute, nous déstressons, prenons une douche et retirons nos dernières tiques avant de visiter les étages du bateau. Encore plus grand, avec 2 restaurants, 2 magasins, une grande scène, de nombreux bars, casino, cinéma,... Nous trouvons cela fou, est ce vraiment nécessaire pour une traversée ? Les compagnies de ferry n'hésitent pas à proposer toutes sortes d'activités pour se distinguer du transport par avion. Divertissement, détente et bien-être sont au centre du trajet. Tant de choses qui ne sont pas vraiment dans notre optique de voyage. Nous faisons l'impasse, prenons un verre en regardant par la fenêtre les derniers passagers embarquer : 19h la dernière voiture est dedans et 20h le ferry démarre avec donc 30 minutes d'avance. Nous allons manger, buffet à volonté, ça fait du bien à nos ventres. Devinez qui a (encore) trop mangé et se retrouve tôt au lit ? Une nuit déjà entamée, on espère ne pas trop tanguer et être reposé pour la dernière journée de vélo et de train qui nous attend le lendemain. Nous disons au revoir aux côtes anglaises en espérant les revoir bientôt.

La faim appelle le coussin

Nous sommes réveillés par une annonce micro de l'équipage qui nous invite à déjeuner dès 7h CET... Donc 6h sur nos montres. Aïe... Nous mettons le temps qu'il faut à sortir du lit après pareil réveil et allons déjeuner léger mais bien (le ventre est encore bien rempli de la veille). Nous apercevons déjà le début du port de Rotterdam lorsque nous quittons le restaurant. Nous faisons nos sacoches pour, sans doute, la dernière fois et rejoignons nos vélos qui n'ont pas bougé, ouf ! Nous sommes à nouveau les premiers à sortir du ferry et après la frayeur d'une sacoche qui tombe au milieu du pont de débarquement et des voitures qui arrivent, ce sont 38 km qui nous attendent pour rejoindre le centre ville de Rotterdam et la gare. Nous pédalons à travers le port, ses conteneurs et trains, tout une organisation le transport de marchandises ! Le long du chemin ce sont d'immense ponts roulants, des grues et des bateaux de décharge qui sont présents partout. Éléments centraux de l'activité économique du plus grand port d'Europe déplaçant chaque minute des centaines de conteneurs depuis les paquebots de transport aux quais de triages puis aux longs trains de marchandises qui déploient toute la puissance des deux locomotives pour mettre en mouvement les 48 wagons que constituent l'un des départs de fret dont nous sommes témoins. Usines, transports tournent à plein régime et contrastent avec les nouvelles de sécheresses et inondations dont est responsable cette activité humaine. Une économie qui tourne bien plus vite que les éoliennes qui tentent d'amortir cette course frénétique au rythme du vent et de l'énergie qu'elles produisent. Ce sont 38 km qui nous font réfléchir.

Un peu avant le centre-ville, nous prenons le Maastunnel, un tunnel sous-terrain creusé sous la Meuse qui nous permet de rejoindre l'autre rive. Une véritable autoroute pour vélo juste en-dessous de l'eau. Des souvenirs de voyage en famille nous reviennent, nous passons d'ailleurs devant l'hôtel Milano qui nous avait hébergé. 11h30 nous sommes à la gare, on avance plus vite avec des pistes cyclables, le vent dans le dos et le relief plat des Pays-Bas. Nous nous renseignons sur les tickets et réservations de vélo, prochain train avec de la place à 14h11 direct pour Bruxelles-midi : parfait, on a le temps d'aller manger avant ! Nous trouvons un restaurant sympa avec vue sur les vélos. Cocktail et jus d'orange, puis burger et poke bowl de légumes. Nous visitons sur nos vélos une partie de la ville avant de rejoindre la gare, petit arrêt smoothies (pas aussi bon qu'à Bridlington) avant de revenir à la gare.