Carnet de voyage

Moscou, la troisième Rome

8 étapes
5 commentaires
Découverte de la capitale russe.
Du 2 au 11 avril 2017
10 jours
Ce carnet de voyage est privé, ne le partagez pas sans l'autorisation de l'auteur.
1

Je retrouve enfin Apolline à l'aéroport de Moscou. Nous ne sommes pas vues depuis 2 mois, mais c'est comme si nous nous étions quittées la veille.

Nous prenons l'Aeroexpress pour rejoindre l'auberge de jeunesse dans le quartier de Kitaï-Gorod. Je me sens déjà perdue dans cette ville dont la langue et l'écriture ne me sont pas familières. Je tente, tant bien que mal, de mémoriser le chemin du métro à mon hôtel et finalement je me laisse entièrement guider par Apolline.

Nous nous perdons dans les rues, avant d'enfin trouver la petite porte de l'auberge.

La dame qui nous accueille parle seulement le russe, heureusement qu'Apolline est là, elle joue le rôle de traductrice. La femme nous présente ce petit appartement exigu aux murs de toutes les couleurs. Nous entrons dans une petite cuisine bleue et verte, qui constitue également la salle commune. Sur la table trône une photo de Lénine entourée de bibelots. La chambre est rouge et comporte 8 couchages. Tous les résidents que nous croisons sont russes également. Je suis immergée dans la langue. C'est propre, confortable et totalement dépaysant, j'adore.


Après avoir déposé ma valise, nous partons nous promener. Kitaï-Gorod est très animé, tous les magasins sont ouverts. Nous prenons un chaï latte et rattrapons le temps perdu.

Puis direction un centre commercial réservé aux enfants (magasins de jouets, confiseries, attractions, le paradis des gosses et l'enfer des parents). Nous sommes montés au dernier étage et la vue vaut le détour. Nous surplombons le Kremlin qui est baigné dans les couleurs rosés de la tombée de la nuit.

Nous décidons de rejoindre la fameuse Krasnaya plochad, la place rouge. Entourée du Kremlin, de la cathédrale Basile-Le-Bienheureux, du musée d'Histoire de l'Etat et du Goum (un centre commercial de luxe), cette place est magique, surtout la nuit.

Pour clore cette journée, Apolline m'emmène dîner dans un restaurant Géorgien. Le cadre est très agréable et un pianiste ajoute une atmosphère cosy au lieu. Je découvre le khatchapouri (un pain au fromage) et les khinkalis à la viande (ça ressemble à de gros raviolis chinois). Apolline m'apprend la méthode russe pour manger les khinkalis, ils se mangent avec les mains, on croque à la base du ravioli et on aspire le jus de la viande, puis on le termine tranquillement, un délice !

Après ce dîner, je me dirige vers l'auberge en récitant les mots russes qu'Apolline a tenté de m'apprendre et les oublie aussitôt.


Demain petit déjeuner au café Pouchkine, et première virée en solo dans le métro pour rejoindre Apolline.

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La première nuit aura été courte, les russes se lèvent tôt et chuchotent entre eux dans la pièce. Je suis réveillée à 6h30... Je me prépare tranquillement et file retrouver Apolline au café Pouchkine pour le petit déjeuner.

Ma première sortie solo dans le métro se déroule sans soucis. Je décrypte les noms des stations et trouve mon chemin facilement. Le métro moscovite est un enfer, il vomit des flots de personnes toutes les deux minutes (pire que la station Châtelet aux heures de pointe).

Le café Pouchkine est un lieu magique. Décoré dans un style XVIIIe siècle, il n'a pourtant été inauguré qu'en 1999. On nous installe à côté de la fenêtre. Prises par la beauté du lieu et un élan de folie, nous décidons de prendre une coupe de champagne et un oeuf à la coque accompagné de toasts et de caviar. Nous sommes comme des princesses.

Après ce moment hors du temps, nous continuons notre route vers Kievskaya. Nous restons dans un centre commercial gigantesque pour nous abriter de la pluie qui ne s'arrête pas de tomber.

Puis nous décidons de retourner à l'auberge de jeunesse pour nous mettre au chaud et nous changer pour ma surprise du soir : le ballet russe, Casse-Noisette.

Avant le théâtre, nous faisons une escale au Goum, un grand centre commercial de luxe. Plus pour admirer le lieu que pour faire des achats.

Il ne pleut plus lorsque nous sortons, mais il neige. Moscou a voulu ajouter une touche de féerie à notre soirée et donner à la ville des airs de Noël.

Le ballet est ravissant, les décors et les costumes sont somptueux. Je me retrouve à nouveau plongée dans l'univers magique de Casse-Noisette, malgré les spectateurs russes qui parlent pendant la représentation.

Après cette soirée, nous allons diner dans un restaurant ukrainien avec des amis d'Apolline. La conversation se déroule en français, en anglais et en russe. J'ai l'impression de retrouver la bande d'amis de l'Auberge Espagnole. Je goûte à mon premier shot de vodka russe, j'ai l'oesophage désinfecté.

Nous nous quittons au métro et je pars rejoindre mon auberge. Je remercie le ciel d'avoir une mémoire photographique. Je retrouve mon chemin sans problème.

Armée de mes boules quies, je file me coucher.

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Je retrouve Apolline pour le déjeuner à la station Park Koultoury, dans le sud de la ville.

Nous nous baladons dans le parc Gorki et nous arrivons ensuite dans le parc des statues déchues. Ce sont majoritairement des statues enlevées après la chute du communisme, créées par des artistes avides de pouvoir, donc plutôt mauvais (dixit le guide du routard). Effectivement ces statues donnent au parc des allures de cimetière.

Nous longeons la Moscova et pouvons apercevoir au loin la fameuse cathédrale du Christ-Sauveur. La balade est très agréable. Je découvre les arbres métalliques où les amoureux viennent accrocher un cadenas.

Je quitte Apolline devant la cathédrale et poursuis mon chemin vers le musée Pouchkine. Je souhaite voir leur collection d'œuvres impressionnistes. Je me trompe de musée... Et je découvre des oeuvres plus que familières. Les russes ont reconstitué un mini-Louvre. Je vois donc la Vénus de Milo, la Victoire de Samothrace, le code d'Hammurabi en version plâtre.

Après avoir fait le tour de ce musée, je vais cette fois dans le bon musée. Je reste assise plusieurs minutes devant un sublime tableau de Degas et un magnifique portrait de Renoir. La collection vaut le coup d'œil.

Je reprends ma route et part me promener dans le quartier d'Arbat. J'arrive à peu près à me faire comprendre par les commerçants et les russes sont très gentils quand je leur explique que je ne parle pas leur langue.


Je rentre assez tôt à l'auberge jeunesse, épuisée après cette longue journée.

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Nous commençons notre journée par la visite du monastère de Novodiévitchi. Construit au XVIe siècle au bord d'un lac, il y règne une atmosphère apaisante. Ce lieu a su résisté aux différentes attaques, notamment celles menées par les Polonais, puis par Napoléon. Il est aujourd'hui protégé par l'UNESCO. Une merveille moscovite.


Pour le déjeuner, Apolline m'emmène dans une chaîne très connue en Russie, fondée par un rappeur russe, the Black Burger. Ils servent des burgers au pain noir que l'on mange en portant des gants pour éviter d'avoir les mains sales. Il vaut mieux, vu le gras qui dégouline du burger.


Nous visitons ensuite le Kremlin. Ô miracle ! Le ciel est bleu et il y a du soleil. Nous rentrons dans une église. Les murs et les plafonds sont entièrement recouverts d'icônes et de peintures. Il ne reste pas un seul espace libre.

Nous faisons assez vite le tour du Kremlin, je m'attendais à lieu beaucoup plus grand.


Nous retournons ensuite dans le quartier d'Arbat, nous prenons la grande piétonne et profitons du soleil.


David, un ami russe d'Apolline nous retrouve pour la soirée. Nous allons dans un pub boire des pintes de cidre russe et grignoter. La soirée se passe bien, j'arrive à tenir une conversation en anglais ce dont je suis plutôt fière étant donné que nous parlons de la politique de Trump et du système médical en Russie, entre autre.


Retour à l'auberge. Je prépare mes affaire pour une escapade en dehors de Moscou le lendemain.

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Nous partons aujourd'hui en balade à Sergueïv Possad. Une petite ville à une heure de Moscou. Pour cela, nous prenons l'elektrichka, un train électrique. Dans chaque wagon, des personnes défilent sans arrêt et tentent de vendre des livres, des vêtements, des gants de toilette et autres choses insolites, aux passagers.

La ville en elle-même n'a pas grand intérêt, mais le monastère fait penser au palais des milles et une nuits. Les bâtiments sont de toutes les couleurs. Nous entrons dans une église et assistons en partie à une messe orthodoxe. Des chants russes s'élèvent, tans dis que les croyants font le tour de l'église se signent, s'agenouillent et embrassent chaque icône qu'ils voient. Nous entrons ensuite dans une sorte de petite chapelle où se trouve à l'intérieur une fontaine d'eau bénite. Les gens remplissent leur bouteille, et certains viennent même avec des bouteilles de 5L.

Il fait un temps magnifique et nous en profitons un maximum.

De retour à Moscou, nous buvons un thé au bord de la Moscova.

Le soir, nous retrouvons des amis d'Apolline pour diner. Nous allons dans un restaurant syrien, un peu perdu dans le sud de Moscou. Tout nous fait envie sur la carte. Nous avons mangé à ne plus en pouvoir. C'était excellent !

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Le temps d'aujourd'hui nous contraint à revoir nos plans. Il doit pleuvoir toute la journée. Nous décidons d'aller à la nouvelle galerie Tretiakov avec un ami d'Apolline. Cette galerie présente des peintres russes contemporains.

L'exposition temporaire est très intéressante. Elle porte sur la libération de l'art en Russie après la chute du communisme. Les artistes peuvent enfin représenter ce qu'ils veulent. Les tableaux sont de couleurs éclatantes et présentent la vie quotidienne, la reconstruction de la ville, la mode vestimentaire, le mobilier typique des années 60. Ils nous font voir une Russie pas si différente de nous. Au fil des années, la peinture évolue et devient moins figurative et plus abstraite. Pour la première fois en Russie, Picasso organise une exposition. C'est la découverte pour beaucoup d'une Europe qu'ils ne connaissent que très peu. On sent l'influence de certains artistes, comme Picasso ou Miro dans les peintures russes. Des festivals de films français sont organisés. C'est une libération culturelle pour la Russie.


Pour nous abriter de la pluie, nous visitons l'intérieur de la cathédrale du Christ-Sauveur. C'est magnifique et gigantesque, il y a un musée dans les sous-sol. Cette cathédrale avait été rasée à l'époque de Staline, laissant un gigantesque trou qui se remplit d'eau de pluie. Un architecte décide de construire une piscine à cet emplacement, mais le terrain est trop marécageux et non propice à la construction. La population y voyant un signe, décide de se mobiliser pour faire reconstruire la cathédrale. Le maire accepte à condition que la ville ne dépense pas d'argent. Elle a donc été reconstruite dans les années 80 grâce aux dons de la population et à la mafia russe. Cela pris 4 ans, alors qu'il avait fallu 40 ans au départ pour la bâtir.


Nous nous rendons ensuite au musée historique de l'état. Le bâtiment est très beau, mais l'exposition n'a pas grand intérêt en elle-même.


Le soir, je passe ma première grosse soirée Moscovite en compagnie des amis d'Apolline.

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Le réveil a été très difficile... Je retrouve Apolline tôt ce matin pour passer 2 jours à Suzdal. Nous devons prendre l'elektrichka pendant 3h30 jusqu'à Vladimir, puis faire 1h de bus pour arriver jusqu'à l'auberge. Nous dormons durant tout le trajet.

Nous partons visiter les différents monastères et couvents datant du XIV siècle. C'est incroyablement paisible. Nous sommes heureuses de pouvoir prendre l'air et de nous éloigner du bruit et de la pollution de la ville, d'autant plus qu'il fait un temps magnifique.

Nous rentrons assez tôt à l'auberge, encore fatiguées de nos soirées et du voyage.

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Dernier jour...

Il fait moins beau aujourd'hui, mais nous poursuivons notre visite de Suzdal. Nous montons en haut du clocher pour admirer la vue sur toute la ville. Puis nous continuons vers le Kremlin et un musée montrant des maisons toutes en bois.

Nous déjeunons dans un petite auberge où je mange mon dernier Bortsch. La jeune femme nous fait goûter la boisson locale pour aller avec.


Nous prenons ensuite le bus pour retourner à Vladimir, où nous passons quelques heures. La ville est moins jolie que Suzdal et n'a pas grand intérêt.


Nous montons dans l'elektrichka et nous discutons pendant les 3h30 de voyage.

Lorsque les contrôleurs arrivent, nous voyons au moins une trentaine de personnes se lever et aller dans la direction inverse. A l'arrêt suivant, ils descendent tous et courent sur le quai pour monter dans les wagons qui ont été déjà contrôlés. Les contrôleurs ont l'akr de jouer le jeu et ne tentent pas de les poursuivre.


Nous arrivons enfin à l'auberge de jeunesse, Apolline et moi nous quittons, toutes les deux très heureuses de nos retrouvailles.