Partir pour se trouver, en voilà une idée qui changea définitivement le cours de ma vie. J'avais 18 ans et une soif immense de découverte... résumé d'une césure hautement initiatique.
1 septembre 2015 au 19 avril 2016
232 jours
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L’aventure débutait ainsi. Je venais de consacrer mon temps et mon énergie à une maman et ses deux enfants pendant six mois et il était enfin temps de penser à moi. J’ai donc quitté ma campagne de Nouvelle-Galles du Sud pour rejoindre la capitale du même état : Sydney.

J’avais déjà pu entrapercevoir les contours de la ville lors de mon arrivée en terre australienne. Ma joie avait été immense, lorsque ce matin du 03 Septembre 2015 je m’étais réveillée, la face écrasée contre le hublot, survolant la majestueuse baie de Sydney. Je le savais, je le sentais, j’allais adorer cette ville.

Sydney déborde de charme. Après avoir sauté dans le train à la sortie de l'avion, il m'a fallu une quinzaine de minutes pour rejoindre l'extrême centre ville. Enfin j'y étais, confrontée à tant de nouveautés. Sydney, c'est un peu un mélange des genres. Les buildings du centre des affaires se mêlent à l'architecture colonialiste du plus ancien quartier de la cité, les plages côtoient la furie des grands centres commerciaux et le zoo de Taronga fait face au fameux opéra. Il y en a pour tous les goûts et je crois que c'est cette diversité qui m'a définitivement séduite.

Petit conseil météo : attention, les saison sont inversées au pays des kangourous ! Bien que l'hiver soit doux dans cette région, juin, juillet et août sont des mois à éviter si tu souhaites te baigner !

Dès mon arrivée, j'ai pris le temps. De découvrir, d'apprécier, de méditer, de vivre. J'avais quelques jours pour découvrir les différentes facettes de la ville la plus peuplée d'Australie mais j'aurais pu y rester... toute une vie ! L'atmosphère m'a eu.

J'ai particulièrement aimé : prendre le ferry pour Manly depuis Circular Quay (port situé entre l'opéra et le pont) et passer de la folie du centre ville au calme du littoral en seulement 25min.

Je me souviendrai toujours de cette journée où j'ai contemplé l'opéra depuis le Harbour Bridge et surtout depuis mon lieu de sieste préféré : les jardins royaux botaniques. C'était magique et j'essayais tant bien que mal de m'en rendre compte. Une charmante dame m'a pris en photo devant l'opéra ainsi qu'un touriste asiatique qui, après avoir été effrayé par ma requête, s'est finalement proposé. Et non ce n'est pas un mythe, être voyageur solo permet incontestablement d'aller à la rencontre des autres !

A Sydney, j'ai beaucoup marché. Je voulais tout voir. Chaque avenue, chaque édifice, chaque passage m'intéressait. J'étais tellement fascinée que je m'amusais à apprendre les noms des rues parallèles qui forment le CBD (Central Business District ou quartier des affaires). Parmi tous ces hommes et femmes qui s'affairaient, il y avait là une Frenchie insouciante, contemplant leur agitation.

Pitt Street et George Street sont les deux rues parallèles qui traversent la city, une fois cernées il est très aisé de s'y retrouver. Pour plus de renseignements sur l'organisation du centre ville clique ici.

Ma promenade me mena ensuite dans un tout autre univers. Pourtant, 10 minutes de marche seulement séparent l'effervescence du coeur de la ville et mon quartier coup de coeur : The Rocks. Je passais du moderne à l'architecture victorienne, du shopping aux musées et en quelque sorte du présent au passé.

Info : Le gouvernement anglais ne sachant plus où mettre ses prisonniers, décida de les transporter sur la terre que James Cook avait investi au début du 17ème siècle. Ainsi, la première flotte d'immigrants européens débarqua le 26 janvier 1788 à Botany Bay où s'établira plus tard le quartier.

Anecdote : Bénéficiant d'un emplacement idéal le quartier avait failli être démoli pour laisser place à de nombreux buildings. C'est l'engagement des locaux et d'écologistes qui a permis au début des années 1970, la sauvegarde du patrimoine culturel.

A Sydney, j'ai également pu profiter d'une balade côtière. Aux environs de 16 heures, l'Australien type quitte la furie du CBD, passe récupérer ses enfants à l'école et emmène ces derniers à leur cours de surf. Ca fait rêver n'est ce pas? et pourtant c'est leur quotidien.

Après 25 minutes de transports en commun j'ai débarqué à Bondi (ou "bondaaaaaye" pour les intimes). Là bas, tous les clichés qu'un occidental peut avoir sur les australiens sont illustrés. Au programme : surfeurs, sauveteurs et joggeurs. Que ce soit en famille, entre amis ou même pour un rendez-vous chic, Bondi plait et se présente comme un lieu social adoré des habitants de Sydney.

Un sentier côtier relie les plages de Bondi à Coogee (plus au Sud). En chemin : Tamarama et Bronte, deux anses plus intimes.

En Australie, on ne rigole pas avec le soleil ! Le trou de la couche d'ozone laisse passer tous les mauvais rayons et place ainsi le pays en tête des zones où les cancers de la peau sont les plus fréquents... alors n'oublie pas ton chapeau et ta crème solaire !

C’est le mardi 08 mars que je me suis envolée pour Proserpine, 7 kilos sur le dos. Echo à la journée de la femme ou non, ce jour amena en tout cas avec lui un profond souffle d’indépendance. J’étais seule et libre. Libre de faire ce que je voulais, quand je le voulais et ce, loin de toute influence extérieure. J’en mesura plus tard les conséquences.

Bon à savoir : l'Australie est un pays si vaste qu'il est traversé par différents fuseaux horaires. Par exemple, entre Sydney à l'Est et Perth à l'Ouest, il y a pas moins de 3 heures de décalage horaire... découvre l'heure en temps réel en cliquant sur les villes mentionnées !

Ma transition vers l'Etat du Queensland s'accompagnait ainsi d'un retrait d'une heure à ma montre et d'un passage vers un climat plus tropical. L'humidité se faisait lourdement ressentir et la météo n'était pas au rendez-vous. A la sortie de l'avion, un unique comptoir proposait des tickets de bus. Le principe de la navette quittant le Withsunday Coast Airport est simple : chaque personne indique son arrêt et le chauffeur acquiesce TOUTES les demandes. J'ai ainsi parcouru 38 kilomètres en 1h30 minutes, dans une ambiance paradoxalement relaxante. Bref, j'ai appris à relativiser !

J'étais en vacances, plus épanouie que jamais. Durant tous mes trajets j'ai rencontré des gens, parlé, échangé et c'est assurément cela qui a fait de mon voyage une expérience enrichissante. Lorsque je suis arrivée à mon auberge, un jeune homme m'a tartiné le visage de paillettes car c'était son anniversaire. Les gens étaient adorables. Ouverts, gentils, intéressants... je me suis pris une claque. Michelle l'anglaise, cette jeune allemande travaillant sur un bateau de croisière, Laura et Vanja, un gars un peu perdu venant de Hong Kong et Jean, 40ans et voyageur solo. Jamais je n'ai été seule.

Les auberges Base et Nomads ne forment qu'un seul et unique complexe où je conseille grandement de séjourner. L'ambiance marque à jamais !

J'ai adoré Airlie Beach et j'avais envie de crier au monde que j'étais heureuse. Pendant ce séjour je me suis complètement relaxée. Mes journées se résumaient à manger - me baigner - faire du sport - manger - me baigner - sortir - dormir. L'endroit est minuscule. Une rue principale et une lagune en face composent la bourgade. Et pourtant, elle est si riche. J'y ai appris, grandi et j'ai continué à faire connaissance avec moi même.

Entre les requins, les méduses et les crocodiles il est souvent compliqué d'apprécier la baignade dans ce pays ! Ainsi, on trouve fréquemment des lagunes artificielles faisant face à la mer comme celle de Cairns, de Brisbane ou bien celle ci.

Airlie est le point de départ de nombreuses excursions pour la grande barrière de corail. Après avoir arpenté les agences de voyage et vérifié mon budget j'ai opté pour une sortie d'un jour dans l'archipel des Withsundays. J'ai ainsi décroché l'occasion de revenir pour réaliser mon rêve : survoler le site en hélicoptère.

Cette expérience a encore des connotations oniriques pour moi. J'ai vu des centaines de coraux, de poissons et l'univers aquatique était digne d'un reportage TV. Mais non, j'y étais, et tout cela s'agitait bien derrière la vitre de mon masque. J'aurais aimé avoir une caméra étanche pour montrer à tous à quel point la nature est belle.

Spot de snorkelling (randonnée aquatique en PMT : palmes-masque-tuba) 

Et comme si je n'en avais pas déjà assez pris plein les yeux, on s'est dirigé vers une des plus belles plages du monde : Whitehaven Beach. Quelle beauté. La plage de rêve présente dans l'imaginaire collectif était sous mes yeux et devenait soudainement réalité.

Le sable composant la plage de Whitehaven est reconnu pour sa pureté unique au monde. En effet, il est constitué à 98% de silice ce qui lui confère une transparence époustouflante.

Après un séjour prolongé à Airlie, un bus m'a conduit 3 heures au nord, vers Townsville. J'ai détesté ce lieu. Alors, dès mon réveil le lendemain matin je me suis empressée d'attraper le premier ferry pour Magnetic Island. Palmiers, chaleur, et auberge des plus agréables m'y attendaient. En plus d'être dans un décor digne d'une lune de miel, j'avais là l'occasion de ne penser qu'à une chose : apprécier le moment présent.

Un seul supermarché se trouve sur l'île (à la sortie du bateau) et les prix y sont forcément plus élevés. Si ton budget est serré n'hésite pas à te procurer le nécessaire avant ta traversée !

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Drôle de coïncidence ou non j'ai retrouvé là bas la fille qui avait partagé ma chambre à Airlie Beach. Mais ce n'est pas tout, un grand de nombre de visages m'étaient familiers. A vrai dire, notre remontée de la côte est se composait simplement des mêmes étapes... !

D'ailleurs, à chaque fois que je rencontrais quelqu'un pour la première fois le discours était le même : "Hey ! Where are you from ? Are you travelling up or down ? How long have you been in Australia for ?". Que ce soit dans mon dortoir, aux sanitaires ou même à la plage, l'échange débutait toujours de la sorte et je m'en amusais.

 Nature, plage, farniente... le rêve quoi !

L'auberge Nomads reste à ce jour la plus belle que j'ai pu visiter. Les dortoirs sont tous situés dans des bungalows et le charme opère !

Magnetic Island a été particulièrement riche en rencontres. Dans cette ambiance décontractée tout le monde semblait plus ouvert que jamais et c'est ainsi que j'ai découvert l'île : toujours accompagnée. Picnic Bay, Alma Bay ou encore Florence Bay, tous ces lieux n'ont désormais plus aucun secret pour moi !

La ligne de bus 250 dessert tous les points clés de l'île. On peut également marcher, louer un scooter ou bien se procurer une voiturette plutôt sexy !

Mon aventure s'est poursuivie un petit plus au nord encore, à Cairns. Après 6 heures confinée dans un bus, c'est sur l'esplanade de la ville que j'ai ouvert les yeux.

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A mon arrivée il faisait nuit et comme tous les backpackers (voyageurs "sac à dos") qui venaient de réaliser le même trajet que moi, je me suis dirigée vers le repère de toute une communauté : Gilligan's. Ce haut lieu de la fête est bien plus qu'une simple auberge et cela rendait malheureusement le sommeil difficile. Après une courte nuit, j'ai donc demandé à changer de chambre et me suis retrouvée dans un nouveau dortoir où Maxime dormait. Un peu plus tard, je discernais son accent toulousain.

Qu'il était bon de pouvoir s'exprimer spontanément dans sa langue natale. Ensemble nous avons pu comparer nos expériences en cours et j'ai le souvenir que cela m'avait été intensément profitable. J'avais l'impression de connaître ce garçon depuis toujours et de lui en avoir confié plus qu'à ma meilleure amie. Après tout, nous vivions la même chose et lui, au moins, m'entendait parfaitement. Nos paroles se complétaient. C'était certain, je n'étais pas seule et il y avait bel et bien des gens disposés à faire de leurs rêves une réalité.

"La meilleure façon de réaliser ses rêves est de se réveiller"

Paul Valéry

Tous deux désireux de découvrir la Forêt tropicale de Daintree, nous avons choisi l'option excursion organisée qui nous promènerait à travers le parc national, tout au nord du Queensland. Nous sommes ainsi passés des Gorges de Mossman au Cap Tribulation, lieu de rencontre entre le parc national forestier et le parc marin de la Grande Barrière.

"Where the rainforest meets the reef." 

Classé au patrimoine mondial de l'UNESCO, le parc national de Daintree abrite une forêt tropicale humide depuis près de 150 millions d'années. Celle-ci serait la plus vieille du monde.

Finalement notre verdict était unanime : nous étions déçus. Il faut dire que nos destinations précédentes avaient placé la barre un peu haute. Dans tous les cas, seuls le positif et les jolis souvenirs crées nous restent en mémoire aujourd'hui. Nous avons encore une fois eu l'occasion d'échanger avec des gens venants du monde entier et ça, ça n'a pas de prix.

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De retour à Cairns, il m'a fallu trouvé une nouvelle auberge ayant de la place pour moi. Maxime a ensuite mis les voiles sur Sydney, tandis que moi, je m'apprêtais à explorer un nouvel état.

COUP DE COEUR : Le Rusty's Market est l'un des marchés les plus connus et apprécié d'Australie. Installé dans la ville depuis 1975, il fait honneur aux produits locaux chaque vendredi, samedi et dimanche !

C'est en avion que j'ai rejoint Darwin, capitale du Territoire du Nord. Chaleureusement accueillie par Fiona et Matt (rencontrés lorsque j'étais fille aupair), j'ai eu la chance de pouvoir y séjourner à moindre coût mais surtout d'être guidée vers les incontournables de la pointe nord du pays.

"Darwin is too hot". On m'avait pourtant prévenu. La chaleur du nord de l'Australie est étouffante. Dès ma sortie de l'aéroport l'humidité m'a saisi pour ne plus me quitter. Mais même si la climatisation de l'appartement était fortement agréable je me suis forcée à sortir de ma zone de confort. 500 mètres à vélo et j'étais trempée... !

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Le couple a jugé inconcevable de me laisser quitter leur état sans avoir vu un des ses parcs nationaux. Un trajet d'une heure en direction du sud nous a ainsi mené à Litchfield, un condensé de beauté s'étendant sur 1500 km2 ! Souvent oublié au profit de Kakadu, le parc national de Litchfield ravit malgré tout les visiteurs de passage. Plus de doute, l'Australie regorge de diversité !

Incroyable mais vrai : les termitières sont comme leur nom l'indique le lieu d'habitation de millions de termites. En plus de galeries souterraines s'étendant 100 mètres à la ronde, les insectes sont les concepteurs de ces piliers atteignants parfois quelques mètres de hauteur ! Bâtis pour ventiler leur habitat, ils leur permettent ainsi de maintenir la température intérieure à 27°C malgré les 50°C extérieur ! A chacun sa climatisation...

Darwin m'a plongé dans l'histoire de l'Australie. La culture aborigène y est très présente et j'ai ressenti un vrai clivage entre les blancs et les premiers habitants. Alors j'ai cherché à comprendre...

Les colons ont imposé leurs lois et occupés les terres des aborigènes depuis leur arrivée et ça, le peuple déjà présent sur le pays-continent a du mal à le digérer. Aujourd'hui encore ils n'assimilent pas les lois et les normes du Commonwealth et une vraie animosité entretien leurs relations avec les blancs.

Aussi triste que cela puisse paraître, 3/4 des prisons australiennes sont remplies d'aborigènes...

Evidemment les choses ont beaucoup évolué avec le temps et des efforts faits des deux côtés ont nettement facilité la vie en communauté. Mais ce que je ressentais là m'attristais. Tous sont australiens et pourtant leurs mentalités restent aux antipodes. On ne peut le nier, les aborigènes sont discriminés et leurs droits semblent bafoués à tout jamais.

Derniers instants à Sydney. 

Retour à la case départ. Voilà comment je vivais ma sortie du territoire australien. J'ai profité et j'ai pleuré. Mais je me suis jurée une chose : cette aventure marquait le début d'une vie riche. Ce voyage avait été tant une découverte de l'ailleurs que de moi-même et ce, pour mon plus grand bonheur.

"Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais à avoir de nouveaux yeux."

Marcel Proust

Au départ j'avais tout abandonné. Mes études, ma famille, mon pays, mes amis. Tout.

J’avais eu cette profonde envie de vivre la vie que je m’étais toujours imaginée. Hier encore il m’était difficile de qualifier l’expérience achevée. Après quelques lectures, méditations, comparaisons avec d’autres parcours j’ai réalisé : je me suis (presque) trouvée.

La vie est une quête de sens. Nous la passons à essayer de toucher au bonheur, ce sentiment si précieux qui nous plonge dans un état de plénitude. Et lorsque l’on y accède enfin, on comprend le sens de son existence. Aujourd'hui je suis fière de passer le cap de la vingtaine en sachant où je vais et en détenant les clés de mon bonheur.

Alors que ce soit en Australie, en Italie ou en Indonésie, je souhaite du fond du coeur que le voyage permette à chacun de se trouver et d'évoluer. Au delà du pays en lui même c'est l'expérience que l'on y fait qui peut définitivement changer le cours d'une vie.


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