Un voyage en 4 semaines, 6 pays, en Camping-car : France, Belgique, Pays-Bas, Allemagne, Danemark et Suède.
17 juillet au 17 août 2017
32 jours
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Demain matin, départ de notre domicile ligérien, pour rejoindre nos enfants, qui sont déjà chez les grands-parents. Les bagages sont faits, et il me reste à imprimer notre roadbook...

Les bagages sont prêts ! 
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Nous avons quitté notre domicile ligérien tôt le matin, et après un trajet tranquille de près de 5 heures (personne sur la route, conditions météo idéales), nous sommes arrivés pile poil à midi dans la superbe demeure des grands-parents de nos bout'choux, à Dangé-Saint-Romain, au nord de Châtellerault. Là, nous avons retrouvé nos MM's, Margot et Martin, nos deux petits voyageurs, qui vont être nos compagnons de route sur notre périple 2017. Bärchen a fait la première partie du trajet avec nous, et ce sera notre mascotte !

Martin ayant eu 10 ans récemment, ce fut l'occasion de fêter son anniversaire, aux côté de son super-tonton Cédric et de sa cousine Cindy, respectivement 45 et 23 ans.

 Succulent gâteau d'anniversaire...

Il a bien fallu cette étape transitoire pour sentir le vrai parfum des vacances. Je crois qu'on commence vraiment à couper avec le quotidien harassant qui fut le nôtre ces dernières semaines. Et oui, Céline et moi faisons le même boulot. Un travail passionnant... mais bon, ce n'est pas le sujet ici.

ça sent les vacances, non ?

Alors, comment on se l'imagine ce trajet ? Une vraie aventure, c'est certain, un moment de partage tous les 4 (euh, tous les 5, avec Bärchen...). Sillonner les routes jusqu'en Scandinavie, c'est à coup sûr palpitant...

Après les réjouissances aquatiques, il est temps de se pencher sur le fonctionnement du bolide mobile... Sacré camping-car, qui va nous conduire en Belgique, aux Pays-Bas, au Danemark, en Suède et en Allemagne. Checkup général, les questions usuelles sur les tâches moins drôles, telles que la vidange des toilettes et des eaux usées, la pression des pneus, etc.

Le Rapido prêt à partir 
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Matin du départ. Il est temps de présenter notre mascotte, Bärchen... Il est impatient de partir !

Bärchen

Ça y est, nous sommes "on the road" ! Et Bärchen est ravi ! Première halte repas. On a bien roulé, et sans trop d'encombres pour traverser la région parisienne.

Voilà, nous sommes arrivés à Bruges. Après avoir pris le temps d'installer notre camping-car (et avoir calé le véhicule grâce à l'aide de nos M&M's, qui ont vérifié les niveaux), nous nous sommes décidés à profiter de ce bel après-midi pour découvrir la Petite Venise du Nord.

Installation au Camping Memling

Pour rejoindre le centre, une ligne de bus électrique nous prend au pied du camping. C'est super.

Ligne de bus du Camping Memling vers le centre-ville de Bruges : prendre l'arrêt de la ligne 11 "Ter Lo" et sortir à l'arrêt "T Zand". Billet 3€ par personne. Toutes les infos sur https://www.brugge.be/stadsnetten-bruggepdf

Et nous voici au cœur de cette charmante cité, aux briques rouges et aux canaux multiples. Déambuler dans les ruelles pavées, au contact d'un soleil de fin d'après-midi encore très chaleureux, c'est du pur bonheur. J'adore cette ville aux maisons typiques construites en briques rouges (même si certaines sont aussi peintes en blanc). Il y a beaucoup de sérénité qui se dégage de cette ville, sans doute la présence ancestrale des canaux et de l'eau, qui donne ce caractère atypique et singulier. Au coin d'une rue, au pied de l'une des nombreuses églises (en fait, là, c'est même une cathédrale...), on assiste à un moment d'un concert de deux violonistes, acclamées par la foule comme si elles étaient des rock-stars...

Quelques moments magiques...

Après ce moment unique, nous avons continué à nous promener, puis nous sommes arrivés sur la grande place du marché, où il n'était pas envisageable de faire autre chose que de se jeter une bonne bière belge. Tripel Brugge pour moi, Hoegaarden pour Céline.

Une fois dégustées ces incontournables et succulentes bières, quelques pas supplémentaires le long des canaux, dans cette T'kleine Venetie. Il est vrai que la météo est de notre côté pour cette première étape. Demain, il devrait encore faire un temps splendide. C'est à Amsterdam que ça risque de se gâter. Mais, ça, c'est l'étape suivante...

Un des canaux qui traverse la ville

Retour au Camping, un bon plat de pâtes, et repos !

Sans oublier les papilles, chocolat et pisse-mémé ! 
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En vacances, ce que j'adore, c'est de me lever tôt. Sentiment amplifié dans un camping... Sortir du camping-car ou de sa tente, et marcher dans les travées et s'amuser du fait que tout le monde dort encore. Il est 6h15, et j'ai chaussé les runnings pour aller courir et découvrir Bruges sous un autre aspect. Il fait presque frais, le temps est beau, quoiqu'un peu voilé.

Brugge #1 - 8,2 km - Les moulins à vent de Kruisvest - Le quartier de Langerei  

En ville, le long des canaux, il n'y a personne ou presque. Quelques coureurs, des livreurs, mais sinon, c'est le calme complet. Courir le long des canaux est vraiment fabuleux, même si les pavés ne constituent pas forcément le meilleur revêtement possible. Je fait un petit tour de 8km, et suis de retour 40 minutes après mon départ au Camping.

Je retrouve Céline, plongée dans la conception de ses emplois du temps... Les enfants dorment encore profondément, il fait bon, nous avons tout notre temps.

Céline en plein travail sur les emplois du temps de son lycée pour la rentrée 2017...

Journée consacrée à déambuler dans Bruges. On ne sait pas encore ce qu'on va faire. Le musée Memling (Hôpital Saint-Jean) est à voir visiblement. Prendre un bateau pour découvrir la ville à partir des canaux semble aussi être une belle idée. Mais avant de se caler sur le programme, il faut déjà caler nos estomacs avec un petit-déjeuner !

A 10h30, tout le monde est enfin prêt, on reprend notre petit bus pour rejoindre le 'T Zand. Sur le chemin, on croise nos voisins de camping, manifestement sur le départ. Un couple de Néerlandais, plutôt sympas, qui avaient un joli combi Volkswagen des années 70 (on le voit d'ailleurs sur l'une des photos du jour 1). Ils ont dû partir quelques minutes après que nous ayons quitté le camping pour rejoindre notre arrêt de bus. Sur les files parallèles, on fait du yoyo pendant bien un kilomètre. Drôle de sensation de se dire qu'on s'est croisé pendant un bref moment, et de les voir partir vers d'autres aventures...

Arrivés en centre-ville, direction canaux pour faire un tour en bateau. Bon, c'est un peu touristique, on est compressé façon sardines, mais l'excursion vaut le détour. On voit de très belles choses le long des canaux.

Sur le bord du lac d'amour 

Et Bärchen est bien sûr avec nous pour explorer les canaux de Bruges !

Bärchen découvrant les canaux de Bruges

Il était un homme rusé celui qui inventa la bière. PLATON (429-347 avant J.-C.)

A midi passé, nous allons découvrir la 12ème brasserie de Bruges, "Bourgogne des Flandres". Fidèles à la déclaration de Platon, qui déclara qu'il y avait là une vraie source de sagesse, nous dégustons des bières vraiment succulentes, aux arômes incomparables. Je ne suis d'habitude pas un grand fan des bières belges, mais là, en pression, c'est juste fabuleux.

Bourgogne des Flandres. 12ème Brasserie artisanale de Bruges. Pour déguster des bières, c'est idéal. Pour y manger, c'est pas fait pour. Néanmoins, on peut y déguster plateaux de charcuterie et/ou de fromages locaux.

Bärchen est un fan de la bière !

Après le repas, au pas léger et joyeux grâce aux molécules alcoolisées de la bière, nous nous rendons à l'hôpital Saint-Jean, pour découvrir l'exposition permanente sur l'histoire de cette vénérable institution, qui a fonctionné dans ces murs du XIIème siècle jusqu'en 1976. Nous y découvrons deux superbes triptyques de Hans Memling, l'un qui montre l'arrivée des 3 rois mages après la naissance du Christ, et l'autre la descente de la croix du Christ, ainsi que la châsse de Sainte-Ursule. Une pure merveille...


« Triptyque Jan Floreins » 
Tickets du jour... 

La visite se termine par l'ancienne pharmacie de l'hôpital. De là, retour dans le centre à la recherche d'un glacier... Gros coup de pompe, le temps s'est découvert, il fait chaud, vraiment chaud, et le retour à pied jusqu'à l'arrêt de bus est assez laborieux, notamment pour les enfants.

Arrivés au camping Memling (et oui, ça ne s'invente pas, on va rêver des triptyques cette nuit), fin d'après-midi farniente, repos, lecture, et un peu de boulot sur les emplois du temps pour Céline.

Dernière nuit à Bruges. Demain matin, départ pour Amsterdam.

Camping Memling : très sympa, ambiance sereine et très familiale. Le camping n'est pas très grand, il n'y a pas de resto ou de piscine, mais les prestations sont de très bonnes qualité : WiFi gratuit (mais limité par ticket d'une heure), toilettes et sanitaires impeccables, réseau de transports en commun tout proche.

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Une petite averse aussi inattendue que brève nous a sortie de notre sommeil profond, tôt ce matin. J'ai laissé passer le temps, puis à 6h30, je me suis décidé à me lever, pour chausser mes runnings. Je suis parti 15 minutes plus tard, et il n'y avait plus aucune trace d'un ciel d'averse. Bien au contraire. J'ai piqué ce matin plutôt vers le sud de la cité de Bruges, ce qui m'a permis de passer devant le lac d'amour.

Lac d'amour et footing n°2 à Bruges

Après avoir traversé la ville du sud au nord en suivant les canaux, je me suis retrouvé à hauteur des moulins à vent de Kruisvest, par lesquels j'étais arrivé hier matin. Et là, chose sympa, un autre coureur est arrivé à mon niveau, m'a demandé un truc en flamand que je n'ai pas compris, et après avoir décliné ma qualité de citoyen français, il me propose de courir ensemble un petit moment. On échange quelques banalités sympathiques, puis je suis obligé de bifurquer vers la gauche pour rejoindre le camping. Je me suis d'ailleurs fait une méchante ampoule au talon gauche... C'est bien la première fois que ça m'arrive.

Allez, dernier petit déjeuner belge, et on se prépare pour prendre la route pour Amsterdam.

En approche d'Amsterdam

Et voilà, après moins de 3 heures de route, nous voici arrivés au Camping Zeeburg. Changement d'ambiance... À Bruges, nous étions dans un camping familial, ici, à Amsterdam, c'est "djeuns" à fond les manettes. Tatouages et piercing obligatoires. On fait un peu tache. Et au resto du camping, des effluves de cannabis qui arrivent de tous les coins. Un peu bizarre, mais c'est ça, se confronter à d'autres expériences...

Nos premières bières néerlandaises

Bon, on vous rassure, à part les effluves (qu'on fuit d'ailleurs, car l'odeur du chichon nous donne tous un haut-le-cœur), on reste sages et responsables. On a nos deux enfants tout de même. Après un en-cas, nous partons sous une chaleur absolument torride et lourde jusqu'au terminus du tram. Pendant le trajet, nous avons véritablement le temps de nous liquéfier. Le tram n°7 nous amène jusqu'au splendide Rijksmuseum, sur lequel nous allons faire l'impasse, afin de privilégier le musée Van Gogh.

Prendre une carte 24 heures sur le site des transports en commun. C'est super pratique et permet de voyager sans aucune limite sur le réseau très dense d'Amsterdam.

Le musée Van Gogh est une merveille. Il présente sur 3 étages l'évolution de l’œuvre (trop brève) de Van Gogh, entre 1883 et 1890. Il y a dans ce musée des pièces uniques. Les tournesols (avec une belle mise en abîme à travers un tableau de Gauguin, qui montre Van Gogh en train de peindre ses tournesols), la chambre à coucher, les iris, etc. Un circuit apprécié tout autant par Margot et Martin, qui ont adoré voir toutes ces œuvres exposées à Amsterdam.

Peintures vues au musée Van Gogh 

Musée Van Gogh à Amsterdam : toutes les infos indispensables en cliquant ici.

En sortant du musée, la chaleur était légèrement retombée. Nous avons fait trempette dans le bassin qui se situe entre le musée Van Gogh et le Rijksmuseum. Bärchen en a profité pour sortir de sa cachette, afin de poser fièrement à nos côtés. Il a beaucoup aimé la "chambre à coucher" de Van Gogh, mais pour un petit ourson, c'est bien normal.

Bärchen devant (ou dans ?) la chambre à coucher de Van Gogh
Bärchen et trempette 

Pour terminer l'après-midi, un petit tour dans le magnifique parc de Vondelpark. Mais attention à la circulation des cyclistes, c'est juste hallucinant. Il y en a partout, à tout moment, et le pire, c'est le nombre de cyclistes qui pédalent tranquillement, sans regarder la route, car complètement concentrés sur leur smartphone. Il doit forcément y avoir des accidents à un moment ou un autre. Les conducteurs de scooters empruntent d'ailleurs les pistes cyclables et n'ont pas de casques... On voulait se faire Amsterdam à vélo demain, il faudra être attentifs. Il nous reste à trouver un endroit pour manger. Un resto typiquement hollandais se situe non loin du parc, le Hap-Hmm.

Resto aux spécialités hollandaises, en toute simplicité. On y mange très bien, excellent service : le Hap-Hmm.

La lumière du jour commence à décliner lorsque nous rentrons. Installés devant le camping-car, nous résistons pas très longtemps, car on se fait attaquer par les moustiques. Je redoutais un peu les suceurs de sang, forcément, le camping est entouré d'eau. C'est pire qu'à Ouaga !!!

23h28. Clap de fin pour cette belle journée. Il pleut. Le bruit des gouttes sur le toit du camping-car a quelque chose d'apaisant. Presque un effet berçant... Bonne nuit les amis.

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Grasse matinée. Réveil tardif, et pas de footing. J'irai courir demain matin. Ça fait du bien de dormir. Il fait gris ce matin. La température ne devrait pas dépasser 23°C. On va louer des vélos. Des tandems. Au moment de partir, une belle averse débute. Engoncés dans nos ponchos de pluie, nous nous embarquons sur les "autoroutes" pour vélos, afin de rejoindre le centre d'Amsterdam. Tout est vraiment fait pour les cyclistes, il faut reconnaître que c'est le moyen de transport idéal dans cette ville. Sans pour autant négliger son attention, car ça fuse de partout. Arrivés dans le district rouge, nous trouvons un endroit pour garer nos vélos, et nous nous engageons dans les ruelles, le long des innombrables canaux. Le district rouge interroge vraiment nos M&M's, mais nous expliquons que cela fait partie de la culture très libérale de cette ville. Le sentiment de liberté y est en effet particulièrement prépondérant. Les gens font ce qu'ils ont envie de faire.

Le Nieuw Markt au bout de la Geldersekade

Bon plan pour manger dans le quartier de Jordaan : "Spanjer Van Twist". Ce n'est pas cher, et la carte est alléchante. Les enfants ont mangé d'excellents Burgers au Black Angus, et avec Céline, nous avons dégusté une parfaite salade Caesar. Ils ont aussi un fameux gâteau pommes-raisins-cannelle, qui est une tuerie. Accueil super sympa, les patrons sont sud-américains, Céline a pu causer un peu en espagnol...

Une bonne Pils au Spanjer Van Twist

Assis dans un bar, j'écris en pensant que Bärchen est resté dans le camping-car. Zut. Et le bar passe la superbe bande originale du film "Jackie Brown" de Tarantino...

L'autruche - marque de bière omniprésente à Amsterdam...

Il pleut toujours. Mais nous avons eu quelques belles éclaircies. Cette ville est sublime, tout autant sous le soleil que sous la pluie. Amsterdam se prête à la pluie. Nous attendons que l'averse se calme. Et nous rejoindrons la maison d'Anne Frank. Margot a très envie de la visiter. Je l'avais fait avec une classe de 4ème en 1998. Déjà 19 ans.

La visite de la maison d'Anne Frank attendra. A 15h30, c'est pour celles et ceux qui n'ont pas réservé par Internet. La queue est tellement longue qu'en en voit pas la fin. On la remonte à contre-sens pour se rendre compte qu'elle fait le tour complet de l'église, et qu'il y a, vu le nombre de personnes, au moins 2 heures d'attente. Nous renonçons donc à la maison d'Anne Frank. Du moins aujourd'hui. Cela nous donnera deux raisons de revenir à Amsterdam : le Rijksmuseum et la Anne-Frank-Huis.

Pour visiter la Anne-Frank-Huis (maison d'Anne Frank), pensez à réserver en ligne deux mois avant votre visite !!! C'est par ici.

Du coup, on décide d'aller reprendre nos tandems, garés non loin de la gare centrale d'Amsterdam. On prend le tram. Je me suis déjà fait la remarque hier de cette particularité amsterdamoise : en plus du tramiste, il y a au milieu de la rame une autre personne, assise dans une cabine, et qui vend les tickets, tout en surveillant que celles et ceux qui entrent valident bien leur titre de transport. Je ne sais pas si c'est complètement transposable, mais ce modèle crée de facto un 2ème emploi dans chaque rame de tram, et il n'y a pas d'automates dans les arrêts, puisque tout se fait dans la rame... avec un contact humain. J'avoue que j'aime bien... Autre particularité, on valide en entrant, mais il faut "check-out" en sortant. Soudainement, Céline me demande de me pousser légèrement, pour prendre une photo. Je ne comprends que quelques instants plus tard qu'une poupée Barbie est séquestrée dans la poche d'un imper...

Une poupée  Barbie séquestrée dans un imper...

Nous retrouvons nos vélos tandems, j'essaie de bien imprimer le parcours souhaité, et nous voilà partis entre les cyclistes fous d'Amsterdam. On suit le Keizersgracht, de bout en bout, et on débouche au bout de 25 minutes près du Oosterpark. On se dirige alors vers le Zoo Artis, pensant qu'une partie peut être traversée à vélo. Mais en faisant une pause, et en constatant que j'ai encore bien transpiré à cause de mon sac à dos, Margot prend d'un coup conscience qu'elle n'a plus le sien, de sac à dos ! Comme on dit en allemand, "sie ist entsetzt", elle est d'abord sidérée. Il y avait dans ce 4ème sac à dos les maillots de bain, et surtout le tout nouveau maillot de bain de Margot. Oui, nous avions imaginé le matin même qu'une halte en fin de journée à la piscine du Flevopark, juste à côté du Camping, pouvait être une bonne idée... mais le temps n'étant pas à la fête, cette idée fut vite abandonnée. Toutefois, le sac à dos et son contenu pouvaient encore vaguement avoir une utilité postérieure. Après la phase de sidération, les larmes et les auto-reproches de notre super Margot... On a beau lui dire que ce n'est pas grave, qu'on va retourner dans ce café, dans les minutes qui suivent, c'est de la colère contre elle-même qu'elle exprime. De façon non-verbale, s'entend. Et nous voilà rebroussant chemin. En fait pas vraiment. Comme nous partons d'un autre point, nous rejoignons le centre et le canal du Herengracht par une autre véloroute assez démentielle. C'est l'heure de pointe. Et il faut vraiment avoir les yeux partout. On finit par arriver au-dit café, juste en face de quelques vitrines de la zone rouge, où des prostituées en tenue légère attendent désespérément le chaland charmant (ou moins charmant d'ailleurs). En entrant dans le café, la jeune serveuse batave reconnaît immédiatement Céline, et le petit sac à dos bleu est rendu tout aussi immédiatement à Margot, qui éclate à nouveau en sanglots, envahie par une émotion légitime.

En repartant, outre de grosses gouttes qui commencent à nouveau à tomber (mais cette fois-ci, on passe à travers, tant pis pour les ponchos...), on passe devant un gigantesque parking pour vélos. Une infrastructure inconnue au sud du Quiévrain !

Parking à vélo à côté de la Centraal Station

Cette fois-ci, on rentre. Schnurstracks (celle-ci, il n'y a que Bärchen qui peut comprendre, et sans doute aussi Tonton Stéphane 😉). Le ciel s'amuse avec nous : il y a quelqu'un qui appuie sans cesse sur un interrupteur. Il fait beau sur 150 mètres, puis il pleut, et parfois même les deux en même temps. Sur le chemin du retour, on passe à travers le très chouette quartier du Entrepotdok.

Un pont dans le quartier du Entrepotdok 

En passant devant la piscine du Flevopark, on constate bien sûr qu'elle est fermée. Donc pas de regrets. On a fait un joli parcours à travers la ville !

Notre parcours à vélo de la journée !

Arrivés au Camping, douche pour tout le monde, avec Céline on s'occupe de la lessive, les enfants s'amusent sur la tablette (le WiFi n'est pas exceptionnel, mais c'est tout à fait correct, la preuve, je peux écrire et télécharger quelques photos 😀). Céline me fait justement la remarque qu'on est chanceux pour la lessive dans les campings : chaque fois qu'on lance une lessive, on est seuls, il n'y a pas de queue, et on boucle ça en deux temps, trois mouvements. Lors de notre épopée américaine, en 2015, c'était déjà comme ça... On s'ouvre une bouteille de Chardonnay espagnol (oui, ce n'est pas le top, il n'y avait que ça dans le "camping-shop", mais finalement, il se laisse boire, et c'est un apéro très agréable), et ensuite une bonne plâtrée de pâtes au pesto. Ah oui, il y a l'épisode de la vaisselle en équipe. Je nettoie à l'éponge, Martin rince à l'eau chaude (et se brûle au passage...), et Margot essuie. On est vraiment trop fort.

Notre apéro du 20 juillet ! 

Ah, au fait, mon super-pote Philippe s'est aussi lancé dans un carnet de voyage sur MyAtlas... Si l'Islande vous dit, alors suivez "Chez les trolls d'Odin" !

Camping Zeeburg : un immense camping aux prestations multiples. Le camping est un peu excentré du centre-ville, mais le terminus des trams 7 et 14 est à 5 minutes de marche. On peut louer des vélos dans le camping, et en 20 minutes, on est dans le centre. Les toilettes et sanitaires sont très bien entretenus, mais il y a beaucoup de passage... Il y a aussi un resto, des jeux pour enfants, une mini-ferme avec des chèvres... Bref, un chouette endroit pour visiter une capitale aussi attractive qu'Amsterdam !

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Réveil ce matin sous un beau ciel bleu, avec une petite brise rafraîchissante. J'enfile mes running, et c'est parti pour un petit tour d'exploration. Je choisis de partir vers le Diemerpark et un quartier d'habitation qui semble relativement nouveau, avec des maisons aux conceptions architecturales assez modernes et originales. Du vrai bonheur d'aller courir ce matin, même si la méchante ampoule au talon gauche ne s'améliore pas, bien au contraire. En rentrant, je découvre que j'ai la peau arrachée sur bien 3cm². En fin de parcours, un chat vient me saluer affectueusement. Je le surnomme tout aussi affectueusement "Runningcat".

Runningcat et vue sur le Diemerpolder 

Après tant de semaines sans course, les sensations reviennent, mais les temps sont encore escargotesques... enfin, ça va revenir !

Amsterdam morningrun - 10,54 km 

Il est 9h14. On va doucement préparer le petit-déjeuner. Départ programmé vers 10h30, pour rejoindre Lauwersoog, au nord des Pays-Bas, juste en face des îles de la Frise et notamment de Schiermonnikoog, qu'on va aller découvrir demain, à vélo.

A 11h, nous quittons le camping. Le temps de faire le plein (le camping-car est à sec) et de vérifier la pression des pneus, il est 11h30. Nous mettrons 2 heures pour rejoindre Lauwersoog, en passant par la fameuse autoroute-digue qui sépare sur près de 30 km le Waddenzee au nord-est, et l'Ijsselmeer (sorte de mer intérieure) au sud-ouest. Trajet qui nous permet de découvrir qu'il s'agit bien du plat pays que chantait Jacques Brel. Et un plat pays à l'agriculture intensive... A de nombreuses reprises, ça pue littéralement, le long de fermes-usines impressionnantes. Lors de la traversée de la digue, Bärchen sort de son repère, tellement il est bluffé par le paysage !

Sur l'autoroute A7, sur la grande digue entre Waddenzee et Ijsselmeer
Un voilier sur l'Ijsselmeer, les éoliennes, et la sortie vers Zurich...

Au bout de cette interminable ligne droite (sur laquelle il y a, bien évidemment une piste cyclable !), nous arrivons à Zurich (sans le tréma)... non, nous ne sommes pas en Suisse. Le gag, c'est que nous tombons sur un camping-car immatriculé ZH, à Zürich... A se taper sur les cuisses. Bon, on se calme 😉. Bärchen est toujours à l'affût, il adore notamment regarder passer les trains...

Bärchen fasciné par le train !

Le temps de s'installer et de brancher le camping-car, il est déjà 14 heures quand on arrive au resto du camping. Cadre assez classieux, plein de serveurs, et les plats servis sont vraiment très bons. Je découvre la délicieuse Pils Brand, à l'amertume parfaite. Le camping de Lauwersoog est immense, et les prestations y sont vraiment remarquables.

Une bonne Pils Brand ! 

Pour aller voir où se situe l'embarquement pour Schiermonnikoog demain matin, nous nous rendons au port. Quelques jeunes croisent notre chemin, recouverts de boue de la tête aux pieds... un sport local sans doute. Pas grand chose à voir à Lauwersoog, c'est un énorme port de pêche, visiblement le plus important d'Europe en ce qui concerne la pêche des crevettes. On tombe d'ailleurs sur un petit séchoir de poissons, qui intrigue nos M&M's... Il nous faut 25 minutes pour rejoindre le port. On louera les vélos sur l'île. Le port de plaisance, à côté du camping est vraiment pittoresque.

Port de plaisance de Lauwersoog et séchoir de poissons

Dans le village et à l'ouest de Lauwersoog se trouvent plusieurs écluses, la Robbengatsluis pour laisser passer la navigation et les Lauwerssluizen pour faire passer l'eau du bassin versant du Reitdiep.

On rentre après notre petit périple, je regarde avec ahurissement que j'ai près de 70 nouveaux mails sur ma boîte professionnelle, et Céline se met un peu à ses emplois du temps. Martin regarde le Tour de France sur sa tablette, et Margot se repose. A 20h, il est temps de lancer le barbecue !

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Debout à 5h45 ce matin. J'enfile mes runnings et je sors du camping car. Le ciel est plutôt gris. Mais il fait bon. Il y a des petits lapins assortis à la couleur du ciel partout. Ils courent dans tous les sens... Pour mon footing matinal, je vais bêtement suivre le Strandweg, le chemin de la "plage".

Vue sur la Lauwerzee

Un heure plus tard, je rentre énervé au Camping. Le GPS a fait des siennes, il m'a perdu dans la forêt, et une bonne partie de mon parcours est perdu... tant pis.

Après une bonne douche chaude, nous prenons notre petit déjeuner avec Céline. Dehors. Fait pas très chaud. Les enfants dorment encore. J'ai trouvé du lait de soja Alpro au supermarché du camping, le même qu'aux États Unis. Un vrai régal. Dommage qu'il soit introuvable en France. On s'active un peu, je remonte le haut-vent, car ça risque de souffler durant la journée. Le réveil des enfants n'est pas simple, mais on arrive à partir à temps. Pour rejoindre l'embarquement du ferry, il faut 25 minutes de marche. Quelques gouttes de pluie commencent à tomber. C'est une sensation super agréable.

Le ferry pour Schiermonnikoog fait plusieurs traversées par jour. Le prix comprend systématiquement l'aller et le retour (lors du retour, les billets ne sont même pas contrôlés). Attention à ne pas louer les vélos à Lauwersoog, car il faut payer un tarif assez exorbitant pour embarquer le vélo sur le ferry (près de 10 €), alors que la location des vélos est peu chère sur l'île. Toutes les infos en cliquant ici.

On embarque. Le ferry est plein à craquer. Tous ces gens qui vont passer la journée à Schiermonnikoog. La dame du pavillon d'information nous disait hier après-midi qu'on a toujours l'impression d'une arrivée massive sur l'île, et une fois sur place, on ne voit en fin de compte personne. Je suis monté sur le pont supérieur, mais là, il pleut vraiment.

Sur le ferry pour Schiermonnikoog

Après 45 minutes de traversée, nous arrivons sur Schiermonnikoog. Dès la sortie, nous tombons sur un immense espace de location de vélos. Je n'ai jamais vu autant de bicyclettes, il n'y a vraiment aucun risque de se retrouver en manque d'offres de location. On choisit son vélo, et à la fin on paie. 36€ pour la journée pour 4 vélos, c'est vraiment raisonnable.

Espace de location de vélos à l'arrivée sur Schiermonnikoog

Attention, les cartes de crédit (Visa, MasterCard ou Amex) ne sont pas acceptées sur Schiermonnikoog. Pensez à retirer suffisamment de liquide avant d'embarquer sur le ferry !

Et nous voilà partis sur les pistes de l'île. On tombe d'abord sur des moutons très décontractés et blasés de voir autant d'humains sur leurs vélos métalliques.

Les moutons de Schiermonnikoog 
Moutons paisibles

Puis on se dirige vers l'est de l'île. C'est là que se trouve l'une des plus importantes réserves d'oiseaux migrateurs. L'accès y est d'ailleurs interdit du 15 avril au 15 juillet, pour ne pas gêner la période de nidification. Céline réussit à capturer sur son appareil l'envol d'un oiseau d'envergure. Dommage que nous soyons de véritables incultes en ornithologie...

Une mouette et un autre grand oiseau, prenant son envol.
Le paradis des oiseaux

Nous poursuivons le tour de l'île, et nous nous dirigeons plein nord, vers la grande dune et l'immense banc de sable, qui constitue la plage tant convoitée. Le spectacle est en effet à couper le souffle. Il y a des coquillages de partout, et quelques baigneurs courageux, car l'eau n'est vraiment pas chaude...

La plage au nord de l'île de Schiermonnikoog

Il est temps d'aller manger un morceau. Juste à l'arrière de la plage, un sympathique resto, le "De Marlijn". Offre spéciale aujourd'hui : moules marinières, cuites avec de la salicorne. On se jette dessus comme des malpropres. Sans oublier la bière du jour. Une bonne Pils pour moi, une bière blanche à l'emblème de l'autruche pour Céline.

Bières - avant et après...

De Marlijn is het strandpaviljoen van Schiermonnikoog. U bent welkom voor een heerlijke lunch, een kop koffie of een drankje ! Sympa le néerlandais. Pour quelqu'un qui comprend l'allemand, c'est enfantin... Attention, comme déjà indiqué, les cartes de crédit ne sont pas acceptées.

Quelques belles fleurs, et un joli papillon...

Poursuite vers la pointe ouest de l'île. On distingue d'assez loin un grand phare rouge, vers lequel nous nous dirigeons.

Le phare - construit en 1953

Posés sur la grande dune du Nord de l'île, nous nous mettons en état de contemplation. Nous nous sommes installés juste derrière le grand phare rouge de l'extrémité ouest de Schiermonnikoog. Qu'elle est belle cette île, quelle sérénité se dégage de ces lieux. Elle est belle notre planète, et c'est une chance de pouvoir la découvrir. En faisant attention à notre empreinte à chaque pas. Le soleil est bien sorti, et c'est un ciel majoritairement bleu qui fait la jonction avec le blanc cassé de la plage au loin, et le vert foncé de la ceinture végétale de la dune. Quelques voiles de sand-surf passent devant nous. Et quand le soleil sort, ça tape. Heureusement qu'il y a constamment cette petite brise, assortie des cris de mouettes légèrement étouffés, pour rendre la contemplation source d'un simple bonheur. Dommage, nous avons oublié Bärchen au Camping. J'espère qu'il ne nous en voudra pas trop.

Une mouette s'est approchée derrière nous. Pas farouche. Elle pose majestueusement, convaincue de sa supériorité sur ces terres aux influences maritimes.

Mouette majestueuse...

Sur une petite butte, un joli banc invite à une halte. Quelle surprise de découvrir une plaque sur laquelle est indiquée une date, qui à 14 jours près correspond à la date de naissance de Céline ! C'est donc "son banc" !

Banc 1976

Nous finissons tranquillement notre tour de l'île en arrivant dans le village de Schiermonnikoog. Il nous reste une petite heure avant de rembarquer pour Lauwersoog. On se prend un dernier pot dans un bar, où la serveuse est toute ravie d'avoir des clients français. Elle nous dit que c'est tellement rare. Et comment on trouve son île ? Nous lui répondons que nous en sommes vraiment enchantés.

Le bateau arrive. C'est marée basse, et le ferry se fraye un chemin à travers un chenal pas large du tout. Les mouettes s'éclatent autour du bateau. Le ciel est sublime. De gros nuages noirs, du soleil éclatant juste à côté. Je me suis d'ailleurs pris un beau coup de soleil sur le crâne...

Trajet retour vers Lauwersoog

Arrivés à Lauwersoog, on passe à la phase technique et pragmatique. Vidange de la cassette des toilettes, vidange de l'eau sale, remplissage du réservoir d'eau potable propre, courses, vaisselle, douches, etc. En effet, demain matin, départ très matinal pour rejoindre l'île de Sylt. Environ 8 heures de route, c'est une grosse étape. En attendant, les anecdotes commencent : en sortant la cassette des toilettes, je m'inonde la main droite avec de l'urine. Je suis RAVI 😡 !!!! Un peu plus tard, en ouvrant le robinet de vidange des eaux usées, je m'éclabousse copieusement. Je suis encore plus RAVI 😡😡 !!!! Une bonne douche s'impose dans la foulée.

J'essaie de terminer la très belle journée vécue aujourd'hui, mais le WiFi déconne à fond les manettes, pour télécharger les photos, c'est la croix et la bannière !

Camping Beleef Lauwersoog : c'est le top. Le site est vraiment super. Ambiance calme et sereine, excellentes prestations. Le resto est super, la réception très professionnelle. Il y a un supermarché très bien achalandé. Seul le WiFi laisse à désirer (il se déconnecte assez régulièrement, il semble que la bande passante n'est pas assez dimensionnée). Un très bon plan !

9

5h40, je suis réveillé déjà depuis une heure au moins. Je profite de la faible utilisation d'Internet pour finir de télécharger toutes les photos bloquées hier soir du fait du WiFi capricieux. Et ce matin, ça marche sans soucis.

Je vais réveiller Céline, et nous allons discrètement prendre notre petit déjeuner, avant de prendre la route pour notre grosse étape jusqu'à Sylt. La longueur du camping-car nous interdit de prendre le Sylt-Shuttle (train qui relie l'île au continent), et nous devons faire un détour par l'île danoise de Rømø, pour prendre le ferry pour les "gros" véhicules...

Arrivée à Sylt via Rømø

Nous quittons le camping vers 7h30. Tout est calme et encore endormi. Sur la première heure de trajet, jusqu'à Groningue, nous traversons de très beaux paysages où l'eau est omniprésente. Cette région des Pays-Bas est vraiment sublime. Les enfants sont encore à moitié endormis, et j'en profite pour mettre David Bowie (nos M&M's n'aiment pas encore ce grand génie de la musique...).

Un de mes morceaux préférés de David Bowie, avec Queen...

Vers 9h, nous quittons les Pays-Bas et entrons en Allemagne. C'est que du bonheur !

Passage de la frontière germano-néerlandaise

Après 4 heures de route, nous arriverons à destination plus rapidement que prévu. C'est cool. Il reste 2 heures de trajet jusqu'à Rømø. Le plein est fait, il est temps de faire un petit pique-nique. Nous nous trouvons au sud de Neumünster.

Pique-nique sur aire d'autoroute. Bärchen est de la fête !

Aux alentours de 14h30, nous passons la frontière avec le Danemark !

Passage de la frontière germano-danoise...

Bärchen fait d'ailleurs l'imbécile sur la musique de Rag'n'Bone Man !

Bärchen danse sur Rag'n'Bone Man

15h28. Nous arrivons enfin à Havneby, le port d'embarquement sur l'île de Rømø. La dernière partie de trajet à été assez pénible. Ralentissements et bouchons sur l'autoroute, jusqu'à la frontière danoise. Une pluie assez dense pour pimenter les conditions de route. Et les 70 derniers kilomètres sur une petite route danoise... Le plus important, c'est d'être arrivés. Nous avons encore un peu d'attente, le prochain ferry est à 16h25.

En attente du ferry pour Sylt. Et ça souffle !

16h36. Le Rapido fait son baptême de ferry ! Nous sommes confortablement installés dans la salle principale, et nous allons commander un coup à boire. Après cette brève incursion en territoire danois, retour en Allemagne pour 3 belles journées.

Le ferry est prêt à partir.

Pour rejoindre Sylt à moindres frais, surtout lorsqu'on a un véhicule imposant, il est intéressant de faire un détour par l'île de Rømø, pour prendre le ferry entre Havneby et List. Pour toute info, un clic ici.

La Pils du jour !

Flensburger Pilsener - aus der Flasche !

18h et des poussières... nous arrivons au camping de Rantum. Immense, que des Allemands. Et plein de lapins qui courent partout. On a fait un pari avec les enfants : Le premier qui trouve une plaque française gagne 2 €. C'est perdu d'avance pour eux, il n'y a que des plaques allemandes, danoises et quelques néerlandaises. Ah si, sur le ferry, on a croisé des Italiens. On va manger un morceau au restaurant du camping, qui s'appelle la "brasserie tyrolienne". Nom vraiment exotique, alors qu'on est au point le plus septentrional de l'Allemagne. Mais, surprise, il y a des Spätzle à la carte ! Céline, Margot et Martin prennent cette spécialité de ma région natale, et je me rabats, quant à moi, sur une spécialité locale, les filets de hareng cuisinés à la façon "Hausfrauenart" (maîtresse de maison). Un régal. Il fait beau, le soleil est très agréable, et nous mangeons dehors sans crainte. Margot passe d'ailleurs la commande en allemand, et le serveur lui décerne une "eins", un 1, la meilleure note dans le système scolaire allemand. Martin, quant à lui, demandera la note en fin de repas en allemand, le fameux "Zahlen, bitte."

Après le repas, nous montons sur la dune pour aller voir la mer du Nord, la plage et le soleil couchant. C'est un rêve d'enfant qui se réalise. Tout petit, j'ai toujours voulu découvrir cette île. Sylt, c'est un peu l'île de Ré dans l'imaginaire collectif allemand. C'est une des destinations les plus prisées, et en tant qu'enfant, cette destination fait rêver. De très nombreux copains de classe, lorsque j'étais scolarisé en Allemagne, se rendaient à Sylt chaque été. Moi, j'allais en Corse avec mes parents, et pourtant j'enviais mes camarades (qui, eux, m'enviaient bien davantage d'aller en Corse, et je ne comprenais pas pourquoi !). Ce soir, monter sur la dune, voir cette plage et le soleil qui se reflète dans la mer, c'était de l'émotion garantie.

Sur la plage de Rantum, Sylt. Les fameux fauteuils de plage... 

On va rester 3 nuits à Sylt. Le temps d'en profiter sur 2 journées pleines. Faire du vélo, découvrir les paysages uniques de cette île fragile. J'ai trouvé un parcours pour courir, et je vais voir si je peux me baigner...

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Déjà une semaine que nous avons pris la route. Une première semaine géniale. La deuxième débute ce matin avec une petite mésaventure pour Margot, qui n'a pas digéré ses Käsespätzle, et qui a été malade en pleine nuit. Bon, ce matin, ça va mieux, je pense que ce sera vite oublié...

Grosse averse vers 6h du matin, j'ai attendu que ça se calme pour aller courir. Vers 7h, le ciel s'est levé, laissant passer timidement le soleil. Et j'ai fait mon tour, empruntant la grande digue du bassin de Rantum, construite dans les années 60, et qui est devenu un véritable paradis pour oiseaux. Quelques pêcheurs arrangeaient leurs filets (moules, huîtres ?). Paysage superbe, impression d'une immense sérénité, exactement ce qu'il faut lorsqu'on est en vacances. Il n'y a que mon ampoule au talon gauche qui ne s'arrange pas... 😦

Footing autour du bassin de Rantum - 9,7 km 

Et pendant ce temps, nous recevons des nouvelles de notre chat Merlin, qui est en colonie de vacances à la pension pour chats à La Chapelle-sur-Coise. Il a l'air d'être en pleine forme !

C'est qui le plus beau ? C'est Merlin 😀

Vers 11 heures, on bouge ! On prend le bus pour le centre-ville de Rantum, afin de louer des vélos. Le gérant est super sympa, il nous conseille, mais comme souvent en Allemagne, les commerçants ne prennent pas la carte de crédit. On va donc au guichet automatique juste à côté, et là, stupeur, refus de nous délivrer du cash ! Première tentative avec la carte de Céline, refus. Deuxième tentative avec ma carte et une somme inférieure, refus. Troisième tentative, refus... Après, faut pas s'entêter, car la carte risque d'être avalée. Et il ne me restait que 15 €. Bien peu par rapport à la somme nécessaire pour louer les 4 vélos jusqu'à demain soir. Heureusement que Margot et Martin ont toujours leurs économies avec eux. Parents indignes qui tapent dans les porte-monnaies de leurs enfants... On a donc pu payer les vélos, mais pour le coup, nous étions à sec. Plus un radis pour même envisager l'achat d'un sandwich qu'on aurait pu fraternellement partager en 4 bouts ! On monte sur les vélos, Margot n'est pas satisfaite du sien (mais il n'y avait plus beaucoup de choix), car le guidon est trop bas.

Maison typique de Sylt, avec toit de chaume

On part pour Hörnum, sur la pointe extrême-sud de l'île, à 9 km de Rantum. Paysages de lande sublimes, des tas d'oiseaux. Mais tout au long du trajet, je n'arrête pas de penser à ce refus du guichet automatique. Arrivés à Hörnum, Céline freine brusquement, car n'arrivant pas à s'habituer au système de freinage si particulier des vélos allemands (freinage par rétro-pédalage). Margot lui rentre dedans et tape avec sa main sur la corbeille du vélo de Céline. Margot, c'est décidément jour de chance... elle aurait dû jouer au loto !!! A Hörnum, je trouve une autre banque, et là, je peux tirer de l'argent sans soucis. C'est cette foutue banque à Rantum qui était donc la fautive.

Cartes de crédit : la galère en Allemagne. MasterCard est le type de carte le mieux accepté, et ils ont leur propre système de EC-Karte (Euro-chèques, n'a d'euro que le nom, puisque ça ne fonctionne qu'en Allemagne...). Et surtout, évitez les guichets des "Volksbank-Raiffeisenbank". Soucis garantis ! Enfin, pensez à avoir toujours des sommes relativement importantes de liquide sur vous. C'est plus risqué d'un certain point de vue, mais au moins, on peut acheter des choses dans les commerces.

Déjeuner dans un resto qui se vend comme français, nommé "Breizh", mais à l'exception de quelques vins français sur la carte et une excellente crème brûlée en dessert, rien de très exceptionnel sur le plan "français". Margot et moi mangeons tout de même un très savoureux "Burger des dunes", Martin se régale de Tagliatelles aux crevettes, et Céline se prend un must berlinois, une "Curry-Wurst".

Curry-Wurst

En sortant du resto, de menaçants nuages noirs arrivent par la côte est. Va falloir se dépêcher si nous ne voulons pas nous prendre la sauce. Mais notre espoir va être vite douché, au propre comme au figuré. Au bout d'un km, nous trouvons refuge sous un arrêt de bus, où près d'une demi-douzaine de personnes attendent déjà au sec. Nous caressons le secret espoir de pouvoir prendre le bus, qui a la possibilité d'installer 5 vélos à l'arrière. Le bus passe toutes les 20 minutes, mais bus après bus, aucune place de libre... Il flotte, il flotte, nous n'avons pas pris nos ponchos, et nous avons une heure à pédaler. Avec un tel débit pluviométrique, on va rentrer trempés jusqu'aux os. D'autant plus qu'il ne fait pas chaud, à peine 16°C... Donc on attend. Et on y est resté 1h20 !

Notre arrêt de bus, nos 4 vélos sous la pluie, 1h20 d'attente... 

Finalement, vers 16h20, le pluie se calme. On décide de laisser tomber le bus, et on quitte Hörnum. Au bout de 2 km, la pluie a complètement cessé. Cela valait donc le coup d'attendre. D'autant plus que le trajet retour est de toute beauté.

Points de vue sur la lande 
Photo coup de maître de Céline

Pour récompenser l'effort des enfants, nous allons au Spa du Dorfhotel juste à côté du camping. Nous avions repéré hier qu'il y a une "happy hour", entre 18h et 22h : accès à la piscine et au sauna pour 9 € par personne. Cela va nous rappeler des souvenirs d'Autriche... Bon, heureusement qu'on connaît personne, car cette particularité des saunas mixtes est tout de même propre aux pays du nord. On prend sur nous, on se met à poil, et on teste le sauna à 65° (on tient tous 15 minutes), puis je tente celui à 90°. Je résiste 10 minutes... On termine à la piscine, puis avec Martin, on retourne au sauna. Cela fait un bien fou !

Demain matin, sortie en bateau pour aller voir les phoques.

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Temps gris et pluvieux - 16°C. Que c'est bon... J'espère que ça ne va pas durer trop longtemps, cette dépression climatique. Bon, ce matin, sortie en mer pour aller voir les phoques. Tout le monde est prêt, nous partons dans 15 minutes !

Le programme, demandez le programme ! Sortie en mer pour voir les phoques (chiens de mer en allemand)

Dans le bus qui nous emmène à Hörnum. Il y a du Wifi gratuit dans tous les bus de l'île !

Accès Wifi gratuit dans le bus.

Nous sommes sur le port de Hörnum, prêts à embarquer. Il ne fait pas chaud, ça souffle et la pluie est annoncée dans 20 minutes. On va se prendre une rincée sur le bateau !!! Un vrai temps de phoque, en fait !

Sur le port de Hörnum

On sort du port, mais finalement, pas de rincée. Le vent souffle fortement par contre. La sortie débute par une partie pédagogique, où deux guides du parc national de la Wattensee expliquent à l'aide d'une prise de quelques animaux les différents types de bestioles que l'on trouve dans les fonds marins de cette région : crabes, bigorneaux, bernard-l'hermites, couteaux, étoiles de mer, huîtres et éponges. Ensuite, nous nous approchons des bancs de sable, qui se situent à environ 8 km des côtes de l'île. Et en effet, des tas de phoques sont tranquillement posés là, ils attendent peut-être de se dorer la pilule au soleil, mais faudra attendre, car de soleil, il n'y en a point aujourd'hui. Grâce aux jumelles et au zoom de l'appareil photo, on arrive à bien les distinguer.

Les phoques (Seehunde - "chiens de mer") de Sylt 
Les phoques sur un banc de sable

Au retour, pause déjeuner dans une brasserie traditionnelle de Hörnum. On tombe par hasard sur une serveuse française. Cela fait tout drôle de parler français avec quelqu'un d'autre. Elle confirme en tous cas l'exceptionnelle rareté du touriste français sur ces terres de l'Allemagne du Nord. La vitrine avec les gâteaux est simplement mortelle, et chacun d'entre nous prend une part. Tarte aux pruneaux avec "streusel" (façon crumble) pour Margot et Céline, gâteau (léger) au yaourt et aux fraises pour moi, et une part de Forêt-Noire pour Martin ! Morceau maousse costaud...

Pils de Flensburg, Saindoux, beurre et pain complet. Du bonheur à l'état pur.

Pour sortir en mer et découvrir les phoques notamment, une très bonne adresse à Hörnum, au sud de l'île de Sylt : Adler-Schiffe.

Mais la journée est loin d'être terminée. On rentre en bus jusqu'au camping, et on saute sur nos vélos pour faire le tour du bassin de Rantum (circuit effectué hier en mode footing). Cette fois, nous n'oublions pas Bärchen, qui est tout excité de venir avec nous !

Bärchen fait du vélo 

A la sortie du camping, on débouche sur cette immense digue, de 4 km de long, et nous sommes véritablement happés par un vent puissant, qui ne nous quittera pas durant toute la première partie du trajet. Cette digue fut construite dans les années 1960, afin de limiter les inondations régulières dont étaient victimes les habitants de Rantum.

Carte du bassin de Rantum, sur l'île de Sylt.

Cela souffle tellement fort qu'on a vraiment du mal à avancer. Mais le paysage est unique ! Au bout de la digue, nous avons des étendues de prés salés sur notre droite.

Digue du bassin de Rantum (Rantum-Becken-Deich)

On termine notre circuit à Rantum-Centre, afin de rendre nos vélos au loueur. Avant de rentrer, petit passage par un magasin de fringues, où je m'achète deux bermudas, pour remplacer celui qui n'a pas supporté la dernière lessive hier soir... On rentre, et on passe à la phase écriture, Margot et Céline s'occupent de multiples cartes postales, et moi, je continue mon carnet 😀.

Le camping de Rantum est vraiment super. Seuls les emplacements pour les camping-cars laissent un peu à désirer, mais pour le reste, c'est super. Les sanitaires sont nickel-chromes, le système de gestion des prestations par la carte "Gästekarte" est particulièrement pertinent, notamment pour les lessives et l'utilisation des sèche-linges. Il y a une réception très efficace, une petite supérette, un resto... Donc, si le coeur vous en dit et que vous voulez découvrir cette île sublime, une adresse : Campingplatz Rantum.

Dans le nord de l'Allemagne, pour se saluer, on dit "Moin, moin" [mɔɪ̯n]. Toutes les explications sur cette façon originale de se dire bonjour, en cliquant ici. Pour la prononciation, c'est par .

Une mouette qui salue "Moin, Moin" un cousin éloigné de Bärchen 😀

Ce soir, le soleil est enfin sorti au moment de se coucher. Plus un nuage dans le ciel, et une lumière exceptionnelle vers 22h.

Ciel orange fabuleux sur les dunes de Rantum

Demain matin, on quitte Sylt pour rejoindre le Danemark, et plus particulièrement l'île de Hvide Sande. On va reprendre le ferry pour rejoindre l'île de Rømø, par laquelle nous étions arrivés dimanche.

12

Sylt s'achève. Après le magnifique coucher de soleil hier soir, je n'ai pas été surpris de découvrir un ciel matinal magnifique. Réveillé à 5h30, je me suis levé à 6h, et je suis parti faire un petit footing en direction de Rantum. Mon ampoule me fait moins souffrir. J'ai découvert un petit sentier longeant la dune, avec quelques vues imprenables sur la mer du Nord. Au sud de Rantum, demi-tour et retour par la digue qui fait la jonction avec la grande digue du bassin de Rantum. Des lapins, des lapins et encore des lapins. C'est hallucinant le nombre de ces charmantes bêtes que l'on peut rencontrer. J'imagine toutefois que ça doit faire des sacrés dégâts... Il fait en tous cas une température douce et agréable, l'air est pur, on se sent bien.

Quelques vues sur mon 2ème footing à Sylt - 7,7 km

Petit déjeuner sous le soleil... avec Bärchen ! On réveille les enfants, et la chaleur du soleil est de plus en plus perceptible. Après 2 journées de grisaille, ça fait du bien de se faire inonder par les rayons chauds. Et les mouettes qui chantent... Bärchen est tout guilleret.

Bärchen prend son petit déjeuner avec nous.

Juste avant de partir, j'échange quelques mots avec nos voisins suédois, qui me conseillent absolument d'aller sur l'île de Smögen, à mi-chemin entre Göteborg et Fjällbacka. A 10h04, nous sommes partis. Direction Danemark. Une demi-heure plus tard, nous arrivons sur la plateforme d'embarquement du ferry pour Rømø. Une petite heure à attendre...

Le ferry arrive ! Tschüß Sylt !

Quelques minutes d'angoisse. .. en effet, je n'ai pas fait attention, mais j'avais réservé en avril pour le ferry de 9h25, et non celui de 11h25. Nous avons donc été dirigés vers la voie des "non-réservés", avec un carton d'embarquement jaune, alors que les autres avaient un carton de couleur rouge. J'ai vu entrer deux semi-remorques, et là, je me suis dit que c'était cuit. Finalement, on nous a laissé entrer dans le ferry, mais il n'y avait vraiment plus de place... le prochain ferry était à 14h30. Ouf ! Bärchen était tout aussi soulagé que nous d'être finalement sur le ferry.

Bärchen soulagé, sur le pont du ferry.

Nous voilà définitivement au Danemark. Il fait beau, et nous roulons une petite heure, avant de faire notre première pause pique-nique en territoire viking.

Bärchen en pique-nique.

15h15, arrivée au Camping de Hvide Sande. Le camping-car est un peu long, on s'est garé en biais... 🤣

Au camping de Hvide Sande

Une fois installés, on a procédé de façon pragmatique : d'abord location de vélos. A 70 couronnes par vélo pour 24 heures, faut pas se priver (ça fait 8 € environ). Et nous sommes partis pour découvrir la petite ville de Hvide Sande. La ville se développe autour de son écluse construite en 1931 qui sépare la Mer du Nord du fjord de Ringkøbing. Hvide Sande possède aujourd'hui l'un des ports les plus conséquents du pays, ce port concentre plus de 200 bateaux étrangers et permet à la ville d'être l'une des plus importantes du Danemark en matière de commerce de produits maritimes : à Hvide Sande a lieu chaque jour une vente aux enchères de produits de pêche. Et cette caractéristique saute immédiatement aux yeux. Le port de pêche est développé, on constate que l'activité y est importante. L'ambiance est très différente de ce que nous avons pu voir jusqu'à maintenant. Oui, nous sommes incontestablement en Scandinavie, et même si les paysages ressemblent encore un peu à ce que nous avons vu sur Sylt, l'atmosphère est particulière.

Le port de Hvide Sande

Nous sommes allés prendre un pot dans l'un des bars qui donne directement sur le port. Nous y avons été super bien accueillis, la serveuse a commencé à engager la conversation avec nous, essayant de nous apprendre comment on prononçait "Chocoladekage", c'est-à-dire gâteau au chocolat... vraiment pas simple. Nous lui avons dit que nous étions français, et là, émerveillement. C'est incroyable ce que la France continue à véhiculer comme images chez les autres peuples européens. Elle nous a dit qu'elle essayait d'apprendre le français, mais que c'était vraiment une langue trop difficile.

La bière vraiment locale de Hvide Sande, fruitée et légèrement ambrée...

Après quelques courses de ravitaillement et un petit tour dans les deux parties de la ville (l'écluse sépare en effet la ville de part et d'autre du passage entre la mer et le fjord), retour au camping. Et pari pris avec Martin : on essaie de se baigner dans la mer du Nord ? Pas chaude l'eau, mais température encore acceptable, environ 18°C...

Baignade dans la mer du Nord !

On avait programmé de remonter sur la dune vers 22h pour aller voir le coucher de soleil, mais de gros nuages sont arrivés subitement de la mer. Du coup, soirée lecture et histoires. Chacun a lu son récit quotidien. Le plus drôle fut celui de Bärchen, incontestablement.

13

6h30, je sors du camping car. Atmosphère changée du tout au tout par rapport à hier après-midi. Ciel gris et bas, quelques gouttes très fines commencent à tomber. Je me prépare pour mon premier footing danois ! Jusqu'à Hvide Sande, ça va. La bruine fait l'effet d'un brumisateur, c'est donc plutôt agréable. En passant le panneau d'entrée de la ville, je finis par comprendre la signification de "Hvide", en le lisant à voix haute: white en anglais, wit en néerlandais, weiss en allemand... Hvide = Blanc ! La ville s'appelle Sables Blancs 🤗. Nous avons nos Sables d'Olonne, les Danois leur Sables Blancs. Le sable est en effet très clair, blanc cassé.

En arrivant sur la grande jetée, le grain attaque. Je suis rapidement trempé, mais le point de vue vaut le coup. La serveuse nous souhaitait hier d'expérimenter absolument la pluie danoise, car elle est unique. En effet, elle est fine et intense, et elle mouille sacrément !

Premier footing danois sous une charmante pluie...

Au bout de 8km, je rentre au Camping trempé jusqu'aux os. Nous avions prévu d'aller jusqu'à Søndervig en vélo, pour aller voir les sculptures sur sable. Mais vu le temps (la pluie ne cesse pas), on va changer nos plans. Déjà, on va accorder une vraie grasse matinée aux enfants. Et peut-être qu'on débranchera le camping-car pour y aller par la route...

Pluie danoise sur notre camping...

Une heure et demie plus tard, le vent a fait son œuvre. Nous sommes donc prêts à partir !

Bärchen qui apprécie le retour du ciel bleu.

Sous un soleil de plus en plus puissant, nous partons donc en direction de Søndervig. Nous traversons Hvide Sande, puis nous prenons un chemin à l'abri du vent, juste en contre-bas des dunes. Sur les 5 premiers kilomètres, tout se passe parfaitement bien. Et puis vers 11h15, c'est l'incident mécanique. Martin, qui était en tête, connaît un problème sérieux avec son guidon, qui ne tient plus. Nous sommes juste à hauteur du camping Nørre Lyngvig, fort heureusement. Et plus précisément, en face d'une tente où 4 jeunes Allemands (précision sur la nationalité inutile, dans les campings danois, il n'y a de toute façon que des Allemands...) s'apprêtent à consommer beaucoup de bière, accompagnée accessoirement d'un petit barbecue. Ils me prêtent un couteau suisse, puis une clé, mais il faudrait en réalité 2 clés, l'une pour tenir l'écrou du bas, l'autre pour visser celui du haut. Avec les doigts, ça ne marche pas. Après plusieurs tentatives, je finis par quémander l'emplacement de la réception de cet immense camping. Je m'y rends, le gars très sympa me dit qu'il va essayer de réparer, mais qu'il faut amener le vélo. Je retourne à l'emplacement où m'attendent Céline et les M&M's, et on retourne à la réception à pied, en essayant de faire avancer le vélo de Martin, sans guidon. Pas simple. Le gars à la réception essaie de réparer, il a récupéré toutes les clés qu'il a trouvé, mais ça ne marche pas... En plus, il se fait engueuler par la patronne, car il y a plein de monde à la réception. En désespoir de cause, alors même qu'il voulait vraiment nous aider, il déclare forfait.

Tentative de réparation du vélo de Martin...

Finalement, j'appelle notre camping, où nous avons aussi loué les vélos. Le proprio, super-sympa, me rassure au téléphone, et me dit que dans 5 minutes, il nous ramène un vélo de rechange pour Martin. Cela durera un tout petit peu plus, mais à 12h30 nous pouvons reprendre notre route pour Søndervig. Le chemin qui sillonne le long des dunes est simplement sublime. Soleil chaud et vent frais nous apportent une sensation fabuleuse de bien-être. Même Bärchen est ravi. Et oui, nous lui avons promis de l'emmener tout au long de cette excursion.

Quelques vues de la Vestkystruten (route pour vélos de la côte occidentale)
Bärchen sur la route. Et nous sommes bien au Danemark ! Il y a des drapeaux partout ! 

A 13h15, et 16 km dans les jambes, nous arrivons enfin à Søndervig. Nous déjeunons au Strandkroen, littéralement "couronne de la plage", où nous dégustons un excellent burger au poisson et aux crevettes. Les enfants dégustent un burger plus classique au boeuf. Avec une succulente bière (Thor, divine, pour moi, Tuborg, légère pour Céline), qui fait un bien fou sous ce soleil qui tape ! Je suis même obligé de mettre ma casquette pour éviter un nouveau coup de soleil sur mon crâne chauve.

Bärchen, comme tout ours allemand, aime beaucoup la bonne bière 😀, avec une belle mise en abîme...

Dans le match "sac oublié", égalité parfaite entre Margot et Martin. Cette fois-ci, c'est notre Martin qui se rend compte environ 5 minutes après avoir quitté le resto qu'il a oublié son sac à dos. J'y retourne, et le sac avait déjà été précautionneusement mis de côté. Nous pouvons alors entrer au "festival de sculpture sur sable", un immense mur de sable, dans lequel ont été sculptés cette année (le thème change chaque année) poissons, pieuvres, plongeurs et scènes mythologiques en rapport avec la mer. C'est juste époustouflant.

Bärchen devant les sculptures sur sable.
Quelques vues des sculptures

Et puis il est temps de penser au retour. D'autant que de gros nuages gris foncés arrivent subitement sur Søndervig. A la sortie de la ville, on se prend d'ailleurs quelques gouttes. Mais comme nous sommes plus rapides que le vent (!!!), on retrouve assez vite le soleil. A 17h20, retour au camping. Et 32 km de vélo dans la journée. Chapeau Margot et Martin !

Demain matin, c'est déjà le départ, afin de rejoindre la presqu'île de Skagen, tout au nord du Danemark. On lance donc des lessives, afin d'être à nouveau d'aplomb pour les vêtements et les serviettes...

Magnifique journée... 😀 mais pas terminée ! Alors que la température descend en flèche sur le coup de 20h30, Martin et Margot vont aller jouer à la tyrolienne bien après le repas. Le vent froid des vikings ne leur fait décidément pas peur ! Et vers 21h30, nous avons droit à ce fabuleux ciel de fin de journée. Il reste encore une heure de clarté, le soleil se couche définitivement vers 22h30.

Coucher de soleil ce soir, 27 juillet, à Hvide Sande - 21h30

Le camping de Hvide Sande est une vraie réussite. Ambiance très familiale, tout fonctionne à la confiance, les proprios sont efficaces et très sympas. Il y a possibilité de louer des vélos, il y a une supérette sur place, et le camping n'est qu'à 1 km du centre-ville de Hvide Sande. Belle expérience que ce camping !

Bye-bye Hvide Sande, Sables-Blancs, c'était vraiment chouette !

Vue sur le camping de Hvide Sande 
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Dernière péripétie hier soir... Le sèche linge du camping ne s'est pas montré très efficace. Nous avons donc dû imaginer un dispositif pour faire sécher le linge durant la nuit, en installant une sangle à travers le camping car. Et ce matin, pour terminer le séchage, dispositif externalisé. Grâce au vent modéré, les vêtements ont fini par sécher 😊.

Séchage des vêtements sous un beau ciel bleu.

Vidange avant de partir, et à ce moment là, nous tombons sur un os... Impossible d'ouvrir le bouchon du réservoir d'eau potable, pour remplir nos réserves. Pourtant, on l'a déjà fait à Lauwersoog. On a l'air de vrais couillons devant ce bouchon qui refuse de s'ouvrir. Tant pis, on verra en route, il nous reste encore 50% d'eau... La suite de l'histoire démontrera qu'on a vraiment été des sacrés manchots !

A 9h, nous quittons Hvide Sande, direction le nord du Danemark. Le proprio du camping nous a conseillé de prendre la route côtière, et de nous arrêter notamment au Strandingsmuseum à Thorsminde. Ce musée raconte le naufrage de 2 navires britanniques en 1811. Très beau musée en effet, très pédagogique et bien construit, avec une mise en valeur d'objets retrouvés dans les épaves. Outre ces 2 navires britanniques, des tas de bateaux se sont fracassés à Thorsminde.

Strandingsmuseum à Thorsminde

Après ce musée, nous avons poursuivi notre route le long de la côte, direction nord. Petit arrêt à Vestervig, pour voir la plus grande église du Danemark. Malheureusement, elle était fermée pour cause de concert privé.

Eglise de Vestervig

Il est presque 13h, on continue jusqu'à Vorupør, où nous trouvons un Burger-Bar à l'américaine, le Klochs Spisested, avec des Burgers jamais vus (même à New York, on n'en a pas mangé des comme ça !), et absolument succulents. Et le restaurant est résolument hostile au WiFi ! La localité de Vorupør est charmante, il y a de nombreux bateaux de pêche sur la plage.

Le message anti-WiFi du Klochs Spisested, et les bateaux de pêcheurs sur la plage de Vorupør. 

Après ce repas copieux, il nous reste 2h de route jusqu'à Ålbæk, un peu au sud de Skagen, la pointe septentrionale du Danemark. Bärchen s'éclate dans l'habitacle du camping-car !

Bärchen on the road - entre Hviden Sande et Ålbæk

A 20 minutes de l'arrivée, nous sommes accueillis par un timide arc-en-ciel, qui nous donne du baume au cœur, car l'étape de la presqu'île de Skagen ne va pas être fameuse sur le plan météo...

Arc-en-ciel pour nous accueillir à Ålbæk

Le camping est situé juste à l'arrière des dunes, l'emplacement est magnifique, sans doute l'un des plus beaux depuis notre départ. Il pleut, et au loin, il y a du ciel bleu. Curieuse impression. Il ne fait pas chaud non plus, à peine 15°C. Pour une fois, les Danois sont majoritaires. Il y a aussi des Norvégiens, quelques Suédois. Les Allemands se comptent sur les doigts d'une main. Et nous sommes, comme chaque fois, les seuls Français. Les petits danois, suédois et norvégiens qui s'amusent dans les allées semblent ignorer la pluie. Ils sont pieds-nus, en T-shirt et short, c'est l'été pour eux, il fait chaud selon leur standard. Moi qui ne suis pas frileux, j'avoue que c'est un peu limite tout de même. Il n'y a que Bärchen qui ne manifeste aucun mécontentement, c'est normal, c'est un ours ! Je m'aventure sur la plage, splendide. Au loin, des tas de bateaux de marchandises. Cela me rappelle le trafic intense au large d'Athènes. Une vraie autoroute maritime. Nous ne sommes plus face à la mer du Nord, mais au niveau du Cattégat (en danois Kattegat, en suédois Kattegatt), qui est un petit espace maritime, comprenant plusieurs détroits au sud et une vaste baie au nord, s'étendant entre le Danemark et la Suède. Au nord du Cattégat, on trouve le Skagerrak, qui lui-même débouche sur la mer du Nord.

On s'abrite un peu de la pluie, pour raconter notre journée, et Céline finit, grâce à la télé-assistance "Joëlito" à percer le mystère du bouchon de réservoir d'eau potable 😀. Cool, on pourra faire le plein demain.

Premier aperçu sur le Cattégat, avec plein de bateaux...

Pas trop envie de m'aventurer à la baignade par ici, l'eau a l'air vraiment très fraîche. Nous avons pris quelques renseignements pour aller visiter Skagen demain : il y a une station de train à 1,5 km. Ce sera sans doute la solution la plus efficace. Sans oublier les ponchos de pluie...

Pour organiser vos déplacements autour de Skagen, un site super pratique, accessible en anglais et en allemand (si vous ne comprenez pas le danois...) : le site "Rejseplanen". Du Bunken Strand Camping, où nous nous trouvons, il est possible de rejoindre Skagen en train.

A 20h45, avant de passer à table pour un délicieux plat de pâtes à la Bolo, le soleil couchant irradie le camping-car. C'est magique. Un peu plus tard, lorsque nous allons faire la vaisselle, le ciel devient carrément rose-orangé vif, comme s'il y avait au loin un incendie qui ravageait les nuages.

Soleil couchant sur le Bunken Strand Camping
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5h45 - une lumière vive me réveille. Lorsque je sors du camping-car, un soleil éclatant m'accueille, avec un ciel bleu limpide. Chouette. Mais le temps change vite... en une demi-heure à peine, le ciel se couvre, et lorsque je rentre une heure plus tard au camping, les premières gouttes de pluie tombent. Et c'est parti pour durer la journée. Du coup, toutes les choses qu'on voulait voir aujourd'hui, on le fera avec le camping-car. On renonce à la marche et au train 😦.

Footing de 10km tout ronds autour du hameau de Hulsig. Le ciel était encore bleu et le soleil rayonnant. 
30 minutes plus tard, le ciel s'est couvert à une vitesse hallucinante... 

Je me suis fixé comme principe de ne prendre que des douches froides durant le séjour. Jusqu'à maintenant, cela ne posait aucun problème, c'était même super agréable. Il n'y a qu'à Amsterdam où je n'ai pas pu pendre de douche froide, car la température de l'eau était imposée. Mais ici à Ålbæk, la douche froide, ce fut du costaud. L'eau était glacée ! Mais il faut avouer qu'après un footing, c'est bon.

Céline vient de se lever, la pluie se fait entendre en tombant sur le toit du camping-car, les enfants dorment encore profondément. On va se laisser du temps avant de démarrer... Je vais quand même aller braver la pluie pour aller chercher des petits pains frais à la supérette du camping.

Cest la tempête !

C'est la tempête ! Le vent souffle en rafales, et la pluie s'abat bruyamment sur le camping car. Heureusement que nous ne sommes pas dans une toile de tente ! Car en plus, il ne fait vraiment pas chaud, tout juste 13°C.

À 12h45, on se décide de lever le camp, et nous partons à la découverte de Skagen avec le camping-car. Nous nous arrêtons d'abord à la "Den tilsandede kirke", l'église ensablée. Une église construite au XIVème siècle et abandonnée au XVIIIème siècle, car victime de l'ensablement continu. Aujourd'hui, le sol se situe 5 mètres plus élevé qu'il y a 3 siècles.

Il ne reste de l'église que le clocher...

Nous poursuivons jusqu'à Skagen, où nous tombons un peu par hasard sur un restaurant au concept original (Smag1), avec des petites portions qui permettent de découvrir la gastronomie danoise. En fait, comme le dit Céline, ce sont tout simplement des tapas... danois ! Vin au verre (Céline choisit un excellent vin blanc portugais) et bière locale. Les plats servis sont succulents, tout comme les fromages danois et les fraises en dessert.

Bière locale de Skagen

Le Smag1 est vraiment un endroit où il faut aller soit manger, soit déguster du vin ou de la bière locale. Endroit très chouette ! Nous avons vraiment adoré.

En sortant du Smag1, nouvelle averse. Damnés que nous sommes ! Nous ne baissons pas pour autant les bras, et allons jusqu'à Grenen, la fameuse pointe nord du Danemark. Près d'un million de visiteurs par an... La pointe se situe à 4 km du centre-ville de Skagen, et au moment où nous arrivons, la pluie cesse. Spectacle impressionnant à tous points de vue. D'abord le cadre naturel est incroyable. Et tout aussi incroyable, ces nombreux Danois qui se rendent jusqu'à cette pointe, comme en pèlerinage. Il y a foule !

Le cheminement vers la pointe de Grenen, le point le plus septentrional du Danemark.
C'est aussi le point où se rencontrent la mer du Nord et la Cattégat. 
Vue sur le phare de Grenen 

Le vent souffle fort, nous avons préféré laisser Bärchen au chaud et dans le camping-car. Mais le spectacle est unique. Au large, ces dizaines d'immenses bateaux, et la lumière qui change toutes les 30 secondes. Un peu cette impression d'être au bout du monde. Nous rentrons avec la navette Sandormen, qui nous ramène au parking.

La navette Sandormen, du parking à la pointe de Grenen. La cabine est tractée par un gros tracteur agricole.

En quittant Skagen, lumière et paysages sublimes...

A la sortie de Skagen

Il nous reste à découvrir la fameuse dune mouvante, la Råbjerg Mile. Il s'agit d'une dune qui avance à un rythme de 13 à 17 mètres par an. En 2250, elle devrait atteindre la côte du Cattégat...

Explications sur l'avancée de la dune de Råbjerg Mile 

Le spectacle auquel nous allons assister est un autre grand moment. C'est une grande chance de pouvoir partager cela en famille. La matinée nous a joué des tours, mais quel bonheur de voir ça au moins une fois dans sa vie !

 Råbjerg Mile. Sur la photo de gauche, de droite à gauche : Margot, Martin et Céline au loin.
 Råbjerg Mile
Quelques secondes sur la dune de Råbjerg Mile

Moment inoubliable...

Bärchen qui pose fièrement devant les tickets du jour.

Nous rentrons vers 18 heures au camping, et effectuons la vidange des eaux sales et le remplissage de l'eau potable (merci Joël 😀), nous déplaçons le camping-car sur un emplacement proche de la sortie, pour faire le moins de bruit possible, puisque nous devons partir à 2h30 du matin pour Frederikshavn, où nous allons embarquer sur un ferry pour Göteborg, en Suède. Les enfants jouent au mini-golf, et il va bientôt être l'heure du repas. Et ce soir, extinction des feux plus tôt qu'à l'habitude, la nuit va être courte !

Le Bunken Strand Camping est sans aucun doute l'un des meilleurs depuis le début de notre périple. Fortement recommandé. Prix moins chers qu'au sud du Danemark (et oui, il y a moins d'Allemands...).

Le soir, en dessert, on ne fait qu'une bouchée des cerises danoises achetées ce midi à Skagen. C'est l'avantage d'être au nord de l'Europe, les saisons des fruits sont un peu retardées 😉.

Cerises noires danoises délicieuses... 

Et il est temps de dire au revoir à Skagen. Nous reviendrons au Danemark dans quelques jours, à l'issue de notre escapade suédoise. "Godnat" (Bonne nuit, en danois) !

Bärchen dit au revoir et bonne nuit !
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2h07 du matin. Je suis de toute façon réveillé depuis plus d'une demi heure. On se lève. Fermeture du lit, on débranche l'électricité, et à 2h28, on quitte le camping, direction Frederikshavn. Où nous arrivons une petite demi heure plus tard. Plus rien à voir avec le ferry de Sylt. C'est du gros ferry, vu le nombre de véhicules qui attendent...

En attente d'embarquement sur le ferry pour Göteborg

Pour traverser le Cattégat entre le Danemark et la Suède, il faut passer par Stena Line. Service efficace, réservation en ligne, très bonnes prestations sur le bateau (WiFi gratuit notamment).

3h55. Le ferry est parti ponctuellement il y a 10 minutes. En France, à cette heure-ci, il fait nuit noire. Ici, à l'horizon nord, le ciel est clair, donnant l'impression que le jour va se lever. C'est assez extraordinaire de voir ça.

Départ du port de Frederikshavn, et lueurs à l'horizon nord - 3h55 du matin

4h45. Le jour se lève pour de bon. Les couleurs sont encore plus belles en vrai, elles changent tout le temps...

En plein milieu du Cattégat - 4h45 - le jour se lève.

6h. Terre suédoise en vue. Céline est sur ses emplois du temps, Martin joue avec l'ordi, et Margot dort profondément sur la banquette. Il fait bon sur le pont extérieur, la température de si bon matin est très agréable. Nouveau pays supplémentaire pour les enfants. Pour Céline et moi, c'est la deuxième fois que nous mettons les pieds en Suède, presque deux ans après notre fabuleux week-end prolongé à Stockholm.

On arrive bientôt en Suède. Terre en vue.

6h30, nous entrons dans le port de Göteborg. Martin est surexcité, Céline trop contente de pouvoir enfin lancer l'optimisation de ses emplois du temps, et Margot qui sommeille encore sur la banquette... Au moment de rejoindre le camping-car, je me rends compte que j'ai oublié mon téléphone portable sur la banquette. Je remonte en 4ème vitesse, et je récupère mon téléphone un peu in extremis !!!

Entrée dans le port de Göteborg

Nous sortons rapidement de Göteborg en empruntant l'autoroute du nord, celle qui permet de rejoindre Oslo. C'est drôle de suivre cette destination et de se dire que nous ne sommes vraiment pas loin de la Norvège (où se trouve mon frère Stéphane en ce moment). Mais la découverte du pays des fjords et des aurores boréales, ce sera pour une prochaine fois. Je suis assez fatigué, et la monotonie de l'autoroute m'oblige à redoubler d'attention. L'écoute de David Bowie est l'ingrédient nécessaire pour aller de l'avant ! Nous avons suivi la recommandation de nos voisins suédois du camping de Sylt, qui avaient conseillé d'aller sur Smögen, où nous allons faire une halte avant d'atteindre Fjällbacka. Au bout d'une heure, nous quittons l'autoroute, et nous terminons notre trajet par une petite nationale qui nous fait découvrir la beauté des paysages. L'arrivée à Smögen est un véritable ravissement.

Vue de Smögen du haut du pont qui permet d'atteindre l'île. 

Les enfants sont fatigués, et à 8h30, il ne fait pas bien chaud. Une légère brise assez froide a un effet vraiment glaçant. La température finira par monter un peu plus tard. Nous trouvons une grosse épicerie, où l'on peut prendre un petit déjeuner. Premier contact suédois... Martin s'enfile deux sandwichs jambon-fromage, Margot une viennoiserie locale à la vanille, Céline et moi un sandwich, avec beaucoup de café. Je prolonge en rachetant une viennoiserie étonnante à la cardamome. Le niveau de vie et les prix sont bien inférieurs à ceux du Danemark...

Notre premier petit-déjeuner au "Smögen Närlivs" 

Une fois requinqués, nous démarrons une visite de cette charmante petite ville côtière. On a pris un tas de photos, la sélection est donc difficile, mais Smögen est un endroit à découvrir ABSOLUMENT !!!

Quelques vues de Smögen 

Vers 10 heures 30, nous reprenons la route pour rejoindre Fjällbacka. Il reste 29 km. Étape essentielle de notre périple, car nous sommes des inconditionnels des romans de Camilla Läckberg. Et lors de notre arrivée à Fjällbacka, Céline pose fièrement devant le panneau d'entrée 😀.

Nous y sommes !

Nous nous installons au Åsleröd’s Camping Fjällbacka, où nous bénéficions d'un accueil très chaleureux. Le point le plus au nord de notre voyage est atteint !

Le camping-car est bien installé à Fjällbacka ! 

On grignote à midi, mais nous sommes tous un peu déphasés. Après le repas, on tente de faire une petite sieste. Le ciel se couvre en début d'après-midi, et à 14h30, quand on se décide à prendre les vélos pour aller jusqu'au centre-ville, une méchante averse nous trempe bien. Tant pis, nous faisons demi-tour pour récupérer le camping-car... Arrivés à Fjällbacka, la pluie cesse. Et nous aurons même du ciel bleu 😀. La découverte de cette petite station portuaire, si chère à Ingrid Bergman, est là aussi un vrai bonheur.

Quelques vues de Fjällbacka 

Nous avons trouvé un rocher qui surplombe légèrement le port de Fjällbacka. Nous sommes tous tellement émerveillés par la beauté et l'harmonie de ce petit port de pêche. Il nous reste d'ailleurs à repérer le poste de police locale, car c'est l'un des endroits clés des romans de Camilla Läckberg. Mais pour l'instant, nous sommes en mode contemplatif. Après l'averse du début d'après-midi, il fait plutôt beau. Du moins, la luminosité est suffisamment puissante pour donner l'impression d'un temps agréable. Et il fait très bon. 21°C.

L'Enfant allemand de Camilla Läckberg

Il avait rêvé de Fjällbacka. Rêvé qu’il était monté sur le mont Vedde, qu’il regardait la baie et voyait les bateaux de pêche rentrer chargés de harengs. Il avait presque entendu les cris stridents des mouettes quand elles tournaient autour des mâts des bateaux. En réalité un son très laid, mais qui d’une étrange manière faisait partie de l’âme de la ville. Dans son rêve, il avait pu sentir le souffle chaud et délicieux de l’été. Et l’odeur de varech que le vent amenait parfois jusqu’en haut du rocher et qu’il aspirait avidement par le nez.

Vue sur Fjällbacka
Des tas de méduses dans l'eau, le soleil qui finit par sortir et la statue d'Ingrid Bergman 

Fjällbacka, ce n'est pas que Camilla Läckberg. C'est aussi Ingrid Bergman. Une page relate en quelques lignes cette relation si particulière de la grande actrice avec ce petit port de pêcheurs : Le Fjällbacka d'Ingrid Bergman

On termine notre belle découverte de la ville par un petit goûter (il ne faut pas se laisser abattre !), en dégustant le fameux gâteau au chocolat suédois, le bien nommé Kladdkaka.

Le Kladdkaka 

Autant en Allemagne, l'usage des cartes de crédit relève encore de l'âge de pierre, avec de trop nombreux commerçants qui n'acceptent pas les cartes, autant en Suède, on pousse le modèle en sens inverse. A tel point que le gouvernement envisage le retrait pur et simple de l'argent fiduciaire... Ne retirez donc pas de liquide, tout se paie en carte de crédit, y compris pour de toutes petites sommes. Et toutes les cartes sont acceptées (Visa, MasterCard, AmericanExpress).

Et enfin, quelques petites courses. Bärchen, très fatigué lui aussi, est resté dans le camping-car pour se reposer, mais en fin de journée, il se languit des autres membres de la famille. Au supermarché, une affiche sur un "Murder Mystery Tour" nous saute aux yeux, mais cette initiative n'est proposée que le samedi. Et nous sommes dimanche. Tant pis. On passera quand même à l'office de tourisme pour se renseigner.

Bärchen qui attend Céline, Margot et Martin au supermarché... 

Ce soir, extinction des feux relativement précoce. Il va falloir récupérer de la nuit bizarre précédente... Demain, beau temps annoncé sur Fjällbacka. Une petite virée en vélo est prévue.

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Ce matin, nous entamons notre 3ème semaine ! Ah, nous avons dormi comme des bébés cette nuit 😴. Quelques belles averses sur le petit matin n'ont fait que renforcer le sentiment d'être bien à l'abri dans notre camping car. Et ce matin, un peu plus tard qu'à l'accoutumée, je suis parti faire un tour de footing autour de Fjällbacka. Au bout de près de 4 km, je suis tombé sur un joli arc en ciel. Puis, j'ai poursuivi vers le port, découvrant une exceptionnelle lumière matinale, entre coins de ciel bleu et gros nuages noirs (qui ont gentiment lâché quelques grosses gouttes...).

Arc en ciel et port de Fjällbacka sous la lumière du matin.

Un joli petit tour de 10 km pour bien se mettre en jambes 😁.

Une autre vue sur Fjällbacka

L'Enfant allemand de Camilla Läckberg

Elle traversa la bourgade à un rythme soutenu. Fjällbacka avait l’air un peu vide après la fébrilité des mois d’été. C’était comme un salon au petit matin, le lendemain d’une fiesta qui aurait dégénéré. Des verres avec des fonds d’alcool, un serpentin emmêlé dans un coin, un chapeau de cotillon en équilibre sur la tête d’un convive en train de comater sur le canapé. En réalité, c’était l’époque de l’année qu'Erica préférait. L’été était une période si intense. À présent le calme régnait sur la place Ingrid-Bergman. Maria et Mats garderaient le kiosque à journaux ouvert encore quelques jours, ensuite ils fermeraient et partiraient pour leur activité d’hiver à Sälen, comme chaque année. C’était cela qu’elle aimait tant dans sa ville. La prévisibilité de sa fluctuation. Chaque année la même chose, les mêmes cycles.

Petit déjeuner sous un ciel qui alterne entre magnifiques rayons de soleil et nuages menaçants. Quelques belles rafales de vent. Le fond de l'air est assez frais. 17°C ce matin 🤔🤔. Nous allons attendre que les enfants se réveillent, l'objectif est de descendre en vélo jusqu'à Hamburgsund, un autre petit village de pêcheurs, au fond d'un fjord. On va emmener Bärchen avec nous !

Nous partons donc pour le centre ville, 2,5 km à la queue leu leu. .. arrivés au bureau du tourisme, on nous déconseille vivement d'emprunter la nationale pour Hamburgsund, car la route est trop chargée en trafic. Et il n'existe pas de voie pour vélos. .. le conseil est de se diriger plutôt vers Östad et le grand lac longitudinal, Södra Bullaresjön. Nous retournons donc au Camping, embarquons les vélos dans le camping-car, et hop, on prend la route. Après un petit pique-nique, nous voilà partis vers 13h15. Juste au moment de sortir, une biche vient nous faire un petit coucou en passant devant le camping-car. C'est Margot qui la voit en premier.

Nous empruntons d'abord un chemin forestier au nord de Sundshult. Les descentes sont raides, et les enfants se rendent vite compte, que ce qu'on descend, il faudra bien le remonter à un moment donné. Mais notre choix de revenir au retour par la route s'avère pertinent, les pentes y sont plus douces.

Bärchen tout heureux de faire la balade avec nous. 

En entrant dans la forêt, je m'aperçois qu'il y a des bosquets de myrtilles partout. Malheureusement, il n'en reste pas beaucoup. A un endroit, il y a un petit bosquet bien chargé. Au grand bonheur de Bärchen, qui se délecte de ces quelques myrtilles suédoises avec nous.

 Bärchen, un grand amateur de myrtilles !

En revenant par la route au retour, nous tombons sur une sympathique installation, où se côtoient des trolls, des poules, des chats et des cochons. Avec l'incontournable drapeau suédois, bien sûr.

Installation en bord de route... 

Moins de 2 heures plus tard et 11,28 km dans les pattes, nous rejoignons le camping-car, heureux de cette belle balade dans les forêts suédoises. Malheureusement, nous n'avons pas vu beaucoup le lac, la forêt est vraiment trop dense...

Notre tour en vélo s'achève... 
Notre parcours à vélo de cet après-midi 

En quittant Sundshult, nous allons tout de même voir le lac au nom imprononçable de Södra Bullaresjön, ainsi que l'un des petits ruisseaux qui l'alimente. Le lac ressemble beaucoup aux lochs écossais, les paysages aussi. Pas un endroit où il faut se perdre, car la densité de population est particulièrement faible...

Le lac de Södra Bullaresjön, et un ruisseau 

Il nous faut 30 minutes pour regagner le camping. Au programme, lessive et vaisselle, et rangement. Ce soir, on s'offre le "Restaurang" à Fjällbacka ! On y croisera peut-être Ingrid Bergman ou Camilla Läckberg ?

Le Restaurant "Bryggan Fjällbacka" est incontournable pour qui vient visiter ce petit port de pêche. La cuisine y est fine et succulente, originale et en même temps marquée par les spécialités locales. Service parfait, les prix sont vraiment raisonnables. Bien demander à manger au "Restaurang" (avec un g à la fin...), et non au "bistro".

Déjà, le cadre est fabuleux. Quand on arrive, et qu'on a ce décor pour manger, c'est juste extraordinaire.

Vue de la terrasse du Bryggan 

Accueil chaleureux, d'autant plus quand on dit qu'on vient de France, et vue directe sur la cuisine, où l'on voit le cuisinier à l’œuvre. Il va complètement enthousiasmer Martin et Margot (pour des raisons différentes... 😉). On patiente avant l'arrivée des plats, avec une coupe de champagne. Et Bärchen qui a déjà faim.

Bärchen attaque le pain avec du beurre salé... 

Et les plats arrivent. C'est un enchantement déjà au niveau des yeux, et ce sera identique au palais. Plats grandioses.

Bouillabaisse pour Margot, Poisson grillé avec purée aux truffes et foie gras pour nous, tartare de bœuf pour Martin. 

Et les desserts ! Une inventivité remarquable, aussi bien dans l'association des saveurs que des textures. Même Bärchen n'en perd pas une miette !

 Les desserts... 

On quitte le restaurant, alors qu'une averse vient de tomber sur le port. La lumière est juste incroyable.

Vue sur le port de Fjällbacka à 20h30 

Nous partons sur nos vélos, nous rencontrons un nouvel arc en ciel magnifique, et au panneau de sortie, nous posons fièrement avec nos gilets "Fjällbacka", achetés dans la boutique Tång.

Bye-bye Fjällbacka, sous un bel arc-en-ciel ! 
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Tout d'abord pour les fans de Camilla Läckberg : il n'y a pas de poste de police à Fjällbacka ! Le poste le plus proche est à Tanumshede, où nous allons nous rendre tout à l'heure pour voir un musée sur les peintures rupestres.

Debout à 6h30, deuxième footing très sympa à Fjällbacka. Cette fois-ci, je suis monté vers la route du nord, jusqu'au Golf de la ville.

Footing à Fjällbacka du 1er août - 10km 

En revenant au camping, je ne peux m'empêcher de photographier cet immense bloc de pierre. Je comprends mieux les divinités brutales et terrifiantes des vikings. Qui d'autre qu'un dieu terrible pouvait bien poser de tels blocs de pierre à cet endroit ?

Bloc de pierre... 

A 10h, un peu la mort dans l'âme, nous quittons ce chouette camping pour poursuivre notre route. On va vite faire une halte à Fjällbacka pour essayer de trouver un autocollant. Et oui, il faut bien graver dans le marbre notre étape septentrionale sur l'arrière du camping-car.

Les armoiries de Fjällbacka sur un sticker ! 

Nous démarrons à 10h15, Bärchen est tout excité de reprendre la route, et nous empruntons la route côtière pour rejoindre Tanumshede. La découverte du musée (gratuit) de Vitlycke, dont les sites sont inscrits au patrimoine mondial de l'humanité, est un vrai enchantement. Outre la reconstitution visiblement très réussie d'un village à l'âge de bronze, nous découvrons avec étonnement ces magnifiques peintures gravées dans la roche.

Tumulus en haut à gauche, peintures rupestres et village reconstitué de l'âge de bronze 

Bon, cette fois-ci, il nous faut quitter cette merveilleuse région du Bohuslän. Nous repartons vers le sud. Étape à Göteborg, 2ème ville de Suède. Nous ne resterons qu'une nuit, pour ne pas faire le trajet jusqu'à Copenhague d'une traite. Nous sommes conscients que nous ne pourrons avoir qu'un aperçu superficiel de cette grande ville portuaire, mais c'est déjà mieux que rien.

Sur l'autoroute E6 direction Göteborg... 

Le camping Liseberg est une grosse machine, une véritable institution à Göteborg. Car le nom de Liseberg ne se limite pas qu'au camping. C'est aussi l'immense parc d'attractions aux limites du centre-ville.

Le camping est très bien situé par rapport à la ligne de tram. Nous empruntons le tram numéro 5, qui nous conduit pile au centre. On se promène, et il faut avouer qu'après avoir découvert Stockholm, nous sommes un peu déçus. Architecture anarchique, pas de cohérence, pas de vieille ville pittoresque. Ce qui fait le charme de Göteborg, c'est l'animation continue, et l'omniprésence de l'eau à travers le contact avec le fjord Göta et les canaux qui irriguent une partie du centre-ville. La balade le long des jardins en limite du centre-ville est vraiment sympa. Le port aussi, avec ce superbe voilier 4 mats, qui est en réalité un bar-restaurant où l'on peut consommer une boisson ou manger. Mais à part ce cadre matériel, le service laisse à désirer.

Tram n°5 et premier pot à bord du "Viking", dans le port de Göteborg. 
Quelques vues de Göteborg

On termine notre petite promenade en tombant un peu par hasard sur un resto français - "Ma cuisine-Au bistro". Patron très sympa, français vivant en Suède depuis des années, ravi d'avoir des clients français. Les enfants sont tout aussi ravis de pouvoir manger un vrai tartare de bœuf. Devant le resto, une très belle sculpture.

Le bistro français de Göteborg

Nous rentrons vers 21 heures au camping, un peu fatigués. Le WiFi du camping ne marche pas très bien... On attendra Copenhague pour mieux surfer. J'ai un peu galéré pour télécharger les photos. Journée "off" pour Bärchen, qui est resté sagement dans le camping-car, mais qui salue tous les lecteurs assidus.

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Relâche ce matin pour le footing. En fait, la pluie n'a cessé de cribler le camping-car toute la nuit, et je n'avais franchement pas envie de me prendre la sauce ce matin. Donc, lecture au lit, puis on s'est levé tranquillement vers 8h30. On a voulu profiter du buffet de petit déjeuner du camping, et nous avons pu déguster les bonnes charcuteries suédoises. Margot et Martin ont craqué sur le salami au poivre, engloutissant au moins 6 tranches chacun. Bärchen était bien sûr avec nous pour le petit déjeuner.

Bärchen prenant son petit déjeuner avec nous à Göteborg

Une fois que tout fut rangé, nous sommes partis à 10h30, direction Malmö dans un premier temps. On s'arrête à Halmstad pour faire des courses. Les supermarchés Coop sont remarquablement bien achalandés, avec une mise en valeur des produits bien plus poussée que chez nous, en tous cas pour un "petit" supermarché. Mais surprise, à part de la bière, aucune trace d'autres alcools. Je voulais pourtant m'acheter une bouteille de vodka suédois... C'est en sortant dans la galerie marchande que je découvre un peu plus loin une enseigne, "Systembolaget", où il n'y a cette fois-ci que de l'alcool... Une très grande variété de vin (mais pas que de France, beaucoup de choix de vins sud-africains, australiens, chiliens et californiens), et de la vodka, bien sûr. J'ai choisi une marque suédoise, même si la bouteille norvégienne me plaisait bien aussi. Nous repartons pour 30 minutes, avant de nous arrêter pour un petit pique-nique au soleil, et pour déguster les salades composées lors de notre passage au supermarché. Bärchen est avec nous, bien sûr (quand il s'agit de manger, il est toujours de la partie !).

Dernier repas en Suède...

30 minutes plus tard, nous arrivons à Malmö, où l'on prend ce fameux pont gigantesque, qui permet de relier par la route le Danemark à la Suède. Le péage fait un peu mal... 112 € pour un passage avec le camping-car, mais si nous avions pris le ferry à Helsingborg, cela aurait été sans doute encore plus coûteux. L'ouvrage d'art est spectaculaire, au large des éoliennes implantées en pleine mer. Et au bout, le pont se transforme en tunnel, et nous traversons le dernier bras de mer sous l'eau. Nous revoici au Danemark !

Un passage de frontière assez original... 

Les chats de Copenhague - James Joyce

« Joyce continuait à écrire des poèmes, par esprit d’enfance. En 1934, dans une lettre du Danemark où il se reposait et relisait les épreuves d’Ulysse, il en écrit un à Stephen, son petit-fils de quatre ans. « Imagine un chat restant au lit / toute la journée / à fumer des cigares ». Ces Chats de Copenhague avaient été précédé, quelques jours auparavant, par Le Chat et le Diable, conte où le diable construit un pont en une nuit face à la ville de Beaugency. Ça n’est pas mal, d’être le petit-fils de Joyce. On a des histoires originales pour soi tout seul. Et des histoires inattendues, pas des contes d’adultes destinées à inculquer l’Ordre dans la tête des enfants. Dans Les Chats de Copenhague, avec cette teinte d’anarchie qui est le goût des Irlandais, les policiers restent au lit à fumer des cigares. Ils leur ont été offerts par de vieilles dames voulant traverser la rue. Que sont devenues les vieilles dames ? Elles ne sont pas le sujet de Joyce. Dans ses fictions, il y a des hommes de tous les âges, mais les femmes y sont généralement jeunes ; au mieux des mères, jamais de grands-mères. »

Pendant ce temps, à La Chapelle-sur-Coise, tout semble aller pour le mieux pour Merlin.

Tout va bien pour Merlin...

Nous arrivons au camping DCU Absalon, qui nous donne une très bonne première impression. On s'installe, une petite pause, et on décide de rejoindre le centre-ville pour une première découverte de la ville à la sirène 😀. Le ciel se couvre, le vent se lève, on prend nos parapluies, mais au centre de Copenhague, il y a visiblement un micro-climat. Munis de nos gilets "Fjällbacka", nous allons vraiment avoir trop chaud... Du camping, nous rejoignons le train de banlieue, qui nous conduit en 15 minutes à la gare centrale de Copenhague.

Ambiances ferroviaires de Copenhague 

En débouchant de la gare centrale, on tombe directement sur le parc d'attractions Tivoli, que nous avons programmé pour après-demain. Le parc est immense, en plein cœur de ville. On commence à déambuler dans cette nouvelle ville pour nous. La première impression est très agréable. De beaux bâtiments, avec une prédominance de la brique rouge (très belle mairie notamment), une artère commerçante très animée. Nous commençons à regarder si nous pouvons trouver le cadeau d'anniversaire de Margot, mais ce ne sera pas pour aujourd'hui.

Pour visiter Copenhague, il faut penser à acquérir la "Copenhagen Card". Elle donne droit à l'accès à de nombreux musées et attractions, et une utilisation illimitée du transport public sur la durée choisie (24, 48 ou 72 heures).

Premiers aperçus de Copenhague

On finit par se poser sur une première terrasse de café, mais il semblerait que nous sommes invisibles. Les serveurs s'occupent d'une tablée où il y a 5 blondes danoises, mais nous, on existe pas. Tant pis pour le bar, on se rapproche d'un bar à tapas juste à côté, ce qui permettra à Céline de discuter en espagnol pour la 3ème fois depuis le début de notre parcours. Quelques délicieux tapas plus tard, il ne reste que de la glace pilée dans le mojito de Céline...

Après - Avant... le Mojito de Céline était bon, mais les limonades maison à la framboise pour les enfants aussi !

Nous rentrons tranquillement. Dernière journée des "12 ans" de Margot. Demain, c'est son anniversaire !!!

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C'est l'anniversaire de Margot !!!! 13 ans !

13 ans déjà !

Mais avant le réveil des enfants, je suis allé faire un joli tour autour du lac de Damhussøen... 12 km ce matin.

Lac Damhussøen

Dommage qu'il fasse un temps pas très agréable aujourd'hui. On nous annonce de sympathiques précipitations avec des températures de 15°C. On va faire des choses en intérieur. .. 😞

Bon, on a vraiment du mal à sortir du camping-car avec ce qui tombe...

Bärchen un peu désespéré...

Finalement, à 10h20, nous bravons la pluie ! Bärchen est très déçu, car il a compris que nous ne l'emmènerions pas, du fait de la pluie. Le trajet jusqu'à la station de train nous trempe déjà bien. Vu les précipitations, nous décidons d'aller au centre commercial à Ørestad, sur les conseils du vendeur de hier après-midi, pour trouver le cadeau d'anniversaire de Margot. Des "sneakers" de la marque Puma. Nous avons un peu du mal à trouver, nous trompant au passage de ligne de métro. Mais nous arrivons finalement à rejoindre l'immense centre commercial Field's, où nous trouvons sans soucis la paire de chaussures rêvée de Margot, pointure 38.

Margot avec ses nouvelles chaussures, sous les yeux attendris de Bärchen !
Le centre commercial Field's à Ørestad

Nous en profitons pour manger un morceau, et puis nous reprenons le métro pour aller de l'autre côté de Copenhague, afin de découvrir le château et le parc de Frederiksberg.

Un bout en métro de Copenhague...

À Copenhague, la saison mondaine commence au Nouvel An pour s'achever en avril. Pendant ces quelques mois, ce ne sont que réceptions et bals où les jeunes gens dansent et rient. Mais pour Ib Angel, éperdument amoureux de sa cousine, la ravissante Adélaïde, ce n'est que souffrance et désespoir...

Karen BLIXEN, Saison à Copenhague

Il ne pleut plus. Du moins en sortant du centre commercial. Car dès qu'on sort de la station de Frederiksberg, la pluie redouble d'intensité. On se réfugie dans un café (on fera ça toute la journée ☺), puis on repart à pied jusqu'au château. La découverte du parc de Frederiksberg est un enchantement. Ce parc verdoyant, en contre-bas du château est remarquablement aménagé, des oies sauvages y vaquent paisiblement. Malheureusement, le château n'est pas à visiter. Mais la vue d'ensemble est vraiment intéressante. Le château - jaune - semble posé sur cette butte verte, et le drapeau danois rouge donne la petite touche finale.

Le château de Frederiksberg, vu du Parc, et les oies sauvages du Parc.

Pendant que nous passons entre les gouttes, en poursuivant notre chemin, nous tombons sur le Zoo de Copenhague, dont l'entrée se situe un peu à l'ouest du château. Grâce à nos "Copenhagen Cards", nous entrons sans frais supplémentaires au Zoo. C'est devenu presque un rituel, la visite d'un zoo lors de l'anniversaire de Margot. Il y a 5 ans, c'était à Berlin (nous nous étions contentés de l'aquarium, car il pleuvait...). Il y a 2 ans, c'était à New York. Et cette année, le Zoo de Copenhague !

Panda rouge, et la famille des lions - Margot a adoré !

Le Zoo est vraiment sympa, et nous réussissons à quasiment visiter l'intégralité du parc, avant que le déluge s'abatte sur nous. Durant 30 minutes, ce sont des seaux d'eau qui tombent. On se réfugie - une nouvelle fois - dans un café, où on ne se laisse pas abattre, en prenant un délicieux chocolat chaud et une excellente tarte aux fruits des bois. La cascade extérieure ne nous le prendra pas !

Notre goûter anti-déluge

Vers 19h, ça se calme, et soudainement, le ciel se dégage à une vitesse hallucinante. Lorsque nous rentrons au camping, nous avons un beau soleil déclinant, avec un ciel bleu impeccable. Par contre, le camping-car a les pieds dans l'eau. Tout était bien fermé, donc pas de surprise désagréable à l'intérieur, mais qu'est-ce qu'il a dû tomber comme flotte...

Soleil de fin de journée, et terrain bien trempé... 

Ce soir, pasta au pesto à la "maison", c'est-à-dire dans le camping-car. On va faire simplement. Demain, grosse journée en perspective : le port de Copenhague, et notamment la petite sirène, et puis on va passer un moment au parc d'attractions de Tivoli !

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Le beau ciel bleu de hier soir ne fut que de courte durée. Cette nuit, il a plu quasiment sans arrêt, les gouttes criblant avec des intensités variables la carrosserie du camping-car. En fonction de cette intensité, cela variait du coup de balai d'un percussioniste jusqu'au coup de marteau d'un artisan déchaîné. Vous comprendrez aisément que je n'ai pas beaucoup dormi. Et ce matin, pas le courage d'aller courir, d'autant plus que les chemins devaient être bien trempés. Le camping-car a d'ailleurs toujours les pieds dans l'eau.

À 8h30, tout le monde est debout pour prendre le petit déjeuner. Je rêve de reprendre le petit dej à l'extérieur...

Une amie, qui se reconnaîtra sans aucun doute, a monté une association de défense de Bärchen. Promis, juré, aujourd'hui nous l'emmenons avec nous !

Bärchen tout heureux de pouvoir venir avec nous aujourd'hui.

À 9h30, c'est le départ du camping. Première découverte du train danois pour Bärchen.

Bärchen dans le train de banlieue.

Nous allons jusqu'à la station de Østerport, pour rejoindre la citadelle et l'emplacement de la Petite Sirène. C'est l'attraction incontournable de Copenhague, et comme nous pouvions nous en douter, on tombe sur un groupe de touristes asiatiques complètement hystériques. Une femme visiblement coréenne, avec un imperméable jaune poussin, agite les bras dans tous les sens et exclame des "excuse me" sans arrêt. Elle réussit à mettre en colère Céline, qui lui jette un regard assassin. Impossible de sortir Bärchen dans une telle cohue. On ne s'attarde pas, et on rejoint la citadelle, où tout est plus calme, alors que nous nous sommes éloignés que de 200 mètres.

La Petite Sirène de Copenhague

Et sous un ciel qui alterne étonnamment magnifiques coins de ciel bleu et nuages qui déversent cette charmante pluie danoise, nous poursuivons notre chemin à travers la citadelle, puis le long des quais du port de Copenhague. Les perspectives sont vraiment intéressantes.

Citadelle et quais du port

Au bout de ce long quai, et après avoir essuyé quelques gouttes bien senties (Bärchen est bien à l'abri), nous débouchons sur le fameux Nyhavn, réputé pour ses maisons de toutes les couleurs. Trop de touristes, mais l'endroit est superbe.

Nyhavn
Vue sur Nyhavn

Chouette ville, où il est vraiment agréable de déambuler. Nous quittons la zone trop touristique de Nyhavn et de ses restos à piège pour nous enfoncer au delà de Kongens Nytorv dans des ruelles étroites et dans un quartier où il n'y a subitement plus aucun touriste. Un petit resto nous attire, et il fonctionne à la scandinave : on va commander au zinc, on paie d'abord, et on vient nous servir après. Si on ne se déplace pas, personne ne viendra s'enquérir de vous... Les enfants font attention à ce qu'ils commandent, puisque l'après-midi est consacré au parc d'attractions Tivoli. Tout est très bon, et ce sera incontestablement l'un de nos repas les moins chers du Danemark.

Bärchen dans l'attente du repas

Après ce repas qui nous a bien requinqué, on pique vers le château de Rosenborg. Très beau parc, et château en briques rouges. Architecture très surprenante.

Bärchen posant devant le château de Rosenborg
Le château de Rosenborg - Rosenborg Slot

Et puis, c'est le grand moment tant attendu par Margot et Martin. Une bonne partie de l'après-midi au parc Tivoli, qui fut ouvert le 15 août 1843, ce qui en fait le deuxième plus ancien parc d'attractions du Danemark. En plein centre-ville, cet espace est vraiment exceptionnel et complètement étonnant par rapport à ce que l'on peut connaître d'autres grandes capitales européennes. Il n'y a qu'à Göteborg que nous avons vu la même chose avec le parc Liseberg. Avec la Copenhagen Card, l'entrée est gratuite, mais il faut ensuite payer les accès aux attractions. Les passes illimités sont bon marché, et les enfants s'en sont donnés à cœur joie.

Entrée du parc Tivoli - les poteaux à l'extérieur sont recouverts des bandeaux autocollants...

Nous adorons les polars... même si celui-ci semble rétrospectivement assez glaçant, d'autant plus dans le contexte actuel. "Un attentat est perpétré dans le parc d'attraction de Tivoli, au centre de Copenhague. La commissaire Lene Jensen mène l'enquête, secondée par Michael Sander, un détective privé atypique. L'affaire s'enlise car aucune revendication n'a été apportée depuis sept mois. Une mort suspecte à la gare de Norreport les lance sur la piste d'un nouvel attentat en préparation."

Le parc - Steffen JACOBSEN

Site internet du Parc Tivoli : http://www.tivoli.dk/

Quelques instants avec nous dans l'attraction "Rutschebanen", ouverte en 1913 !

Après une première attraction (un train avec quelques descentes un peu folles), que les enfants feront en tout 3 fois (mais moi, on m'y reprendra plus), on cherche des attractions plus "softs". J'accepte, malgré mon vertige, de monter dans la grande roue, qui n'est pas si grande que ça... Heureusement que Bärchen et les enfants sont avec moi !

Bärchen dans la grande roue

En fin de parcours, Céline et Martin se décident courageusement à tenter le grand 8. 30 secondes de montée, 30 secondes de parcours de folie.

Le Grand 8 démentiel - Céline et Martin l'ont fait !!!

Vers 19h, nous quittons le parc. Nous y sommes depuis 13h30... 😉. On termine par une petite balade dans le centre de Copenhague, avant de terminer par un resto, comme nous l'avions promis à Margot.

Petite promenade de soirée dans Copenhague

On finit par se décider pour un resto qui s'appelle "Avenue". Carte sympa, ambiance agréable, musique jazz live. Que du bonheur pour terminer en beauté notre séjour dans la capitale danoise.

Quelques notes de musique au Bistro Avenue 

Belle décoration dans ce bistro, un peu mode "frenchy" (les Danois aiment beaucoup visiblement).

Soirée au "Bistro Avenue" 

Vers 20h45, nous quittons le resto, direction la station de trains Vesterport. Martin et Margot commencent à accuser le coup sur le plan fatigue. Le trajet retour se fera dans un silence total, et les 15 dernières minutes de trajet à pied jusqu'au camping seront laborieuses pour nos M&M's. Très belle journée en tous cas, de beaux souvenirs qui resteront gravés dans leur mémoire. Une fois les dents lavées, les enfants se couchent et s'endorment aussi sec ! Bonne nuit à Bärchen aussi, qui a vécu de sacrées sensations.

Demain, nous quittons Copenhague pour notre dernière étape danoise, Møns Klint...

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Réveil ce matin sous un ciel bleu lumineux. Juste le jour où on quitte Copenhague... mais c'est tant mieux pour l'étape suivante. J'ai refait ce matin le très beau parcours autour du Damhussøen, 12 km vraiment agréables. Et j'ai approché en moyenne pour la première fois depuis longtemps la vitesse de 11 km/h.

Footing n.2 autour du Damhussøen

À 10h30, nous disons au revoir à Copenhague. Nous prenons la route pour Møns Klint. Dès que nous nous engageons sur l'autoroute, une odeur d'oeufs pourris envahit l'habitacle. Ça refoule à fond des éviers. On va rouler comme ça pendant une heure trente, en ouvrant les fenêtres pour limiter l'odeur fétide. L'arrivée sur l'île de Møn est superbe. Un magnifique endroit pour terminer notre séjour au Danemark. Dès que nous arrivons au camping, on fait la vidange et un bon rinçage, en effet quelque chose a dû faire bouchon. Et on s'installe sur notre emplacement. Le sol étant bien mouillé suite aux pluies diluviennes des derniers jours, on patine un peu, mais on s'en sort parfaitement. Le camping est génial.

L'île de Møn, et l'emplacement de notre camping. Les falaises sont sur la côte est.
Camping Møns Klint

Il y a des sanitaires vraiment remarquables. Une supérette et une pizzeria. Le serveur est espagnol, originaire de Cadix. Céline est ravie, et c'est ainsi la 4ème fois qu'elle peut discuter en castillan ! Et en fond musical, Edith Piaf, Jacques Brel... Mais aussi un superbe titre de Will Oldham, alias Bonnie "Prince" Billy, que Johnny Cash a également interprété.

Bonnie 'Prince' Billy - I See a Darkness
Pils locale

C'est notre 10ème camping depuis celui de Bruges, et incontestablement, l'un des meilleurs. Il est difficile de détrôner celui de Fjällbacka, mais nous sommes d'accord pour dire qu'il arrive en n°2. Sanitaires remarquables, services et prestations multiples, bon WiFi, Restaurant sur place, accueil chaleureux, prix très doux, et surtout cadre naturel juste exceptionnel, à 2 km à peine des falaises de Møns Klint. Alors si vous venez dans le coin : Camping Møns Klint.

Après cet excellent petit repas à la Pizzeria du camping, nous enfourchons nos vélos (ce fut un peu compliqué pour Martin, car il n'y avait plus de vélos pour enfants, on a donc trouvé une solution pour lui avec un Mountain Bike), et rejoignons le GéoCenter de Møns Klint, à 2,5 km du camping. Traversée d'une superbe forêt, puis arrivée sur le GéoCenter, qui est un lieu d'exposition remarquablement bien pensé, avec des tas d'activités proposées.

Forêt de Møns Klint

Nous assistons à un petit film sur le Tyrannosaurus-Rex (malheureusement en danois, sans sous-titres en anglais... 😦), puis découvrons l'exposition qui traite de l'érosion, des fossiles, de l'archéologie. On reviendra demain pour participer à un atelier de recherche de fossiles. Et enfin, une balade le long des falaises (on descendra demain sur la plage). Paysage à couper le souffle, c'est vraiment grandiose. Et le temps est de la partie 😀.

Vue des falaises de craie de Møns Klint - Bärchen est de la partie ! 
Et au loin, des bateaux qui naviguent... 

Enchantés par cette découverte de l'île de Møn, nous rentrons au camping avec des images fabuleuses imprimées sur nos rétines. Demain, ça va être génial. Et la météo annoncée semble être radieuse.

Un site spécifique est dédié à Møns Klint, avec au choix l'anglais, l'allemand ou le danois pour visiter le site. Site très intéressant, qui donne en tous cas envie d'aller au bout de cette île qui donne sur la Baltique... Le site, c'est par ici.

Bärchen vous dit bonne nuit. Il a déniché une spécialité danoise, un soit-disant gâteau à la pomme de terre (Kartoffelkage). Il se régale !

Bärchen avec son Kartoffelkage 😉

Je ne peux pas terminer sans ce sublime coucher de soleil sur le terrain de camping.

Sunset on Møns Klint
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Étonnantes conditions climatiques dans ce pays... Après la superbe fin de journée, et alors que toutes les pages météo persistent à dire qu'il fera très beau aujourd'hui, il a plu une bonne partie de la nuit, parfois de façon intense. La pluie n'a cessé qu'il y a 10 minutes, conformément aux prévisions très justes du site yr.no. Je le conseille vraiment ce site (merci frérot 😉), il est d'une fiabilité redoutable. Tout de même, quand on entend la pluie tambouriner comme ça encore à 8h30, et que la journée va être ensoleillée par la suite... mais il est vrai que je ne suis pas breton, et toujours surpris par les changements climatiques rapides.

Après la pluie, le ciel bleu prend le dessus.

Les changements, ça va aussi dans l'autre sens... Alors que le ciel bleu avait repris le dessus, et que nous nous apprêtions à prendre la route avec nos vélos, nouvelle averse violente... on va donc attendre encore un peu avant de sortir !

À 11h, nous partons. La route jusqu'au GeoCenter n'est pas asphaltée, et comme elle est imbibée d'eau, on a droit à de jolies projections sur nos vêtements. Surtout Martin, car pas de garde-boue sur son Mountain Bike. Peu importe, on fera une dernière lessive danoise ce soir. Après un petit film sur les dinosaures volants, ancêtres de nos oiseaux, nous empruntons un autre chemin pour voir les falaises... d'en haut. Tout à l'heure, ce sera du bas, car on va descendre les 994 marches. J'ose pas encore penser à la remontée 😓.

Vue sur les falaises de Møns Klint et chemin aménagé

Mais avant notre atelier de chasse aux fossiles, on s'accorde une petite pause repas au GeoCenter. Bières locales pour Céline et pour moi, et je goûte les fameux Smørrebrød danois.

Bärchen qui aime bien aussi la bière (mais pas trop...), et les Smørrebrød danois

A 14h, c'est le moment de descendre les 994 marches pour rejoindre la plage, et chercher des fossiles de 70 millions d'années. La descente se fait bien sûr sans soucis, et on entend souffler les gens qui remontent... On a un guide très sympa, il fait les commentaires en danois (vraiment bizarre cette langue...) et en anglais. Tout au long de la descente, nous avons des explications sur l'âge des arbres, l'effet de l'érosion et la façon dont certains arbres réussissent à lutter contre cette érosion en trouvant des stratagèmes pour implanter leurs racines.

Le chemin dont la descente ne semble jamais s'arrêter, et un bel arbre aux racines découvertes... 

Arrivés sur la plage, nous nous sentons comme écrasés par ces falaises vertigineuses. C'est aussi cette curieuse impression d'être en face d'un épisode marquant et explicite de l'histoire géologique de notre continent. Le guide nous montre les différents types de fossiles qui existent et qu'on peut trouver sans aucun problème dans la paroi friable. Nous avons vite les mains et les vêtements blanchis par la craie, et nous réussissons tous à trouver des fossiles !

Vue des falaises de Møns Klint de la plage 

Et voici le résultat de nos fouilles :

Nos fossiles !

Après cette recherche fructueuse, nous continuons à nous promener un peu sur la plage, observant à la fois les parois imposantes, mais aussi la mer Baltique qui s'ouvre en grand devant nous, ainsi que les oiseaux qui ne se laissent pas impressionner par les falaises. C'est vraiment un lieu exceptionnel, et cette promenade sur ces galets noirs est simplement magique.

Falaises de Møns Klint et mer Baltique

Puis l'heure de la remontée finit par sonner. C'est raide... Margot a la forme, elle termine la remontada en premier, suivie de près de Martin. Céline et moi finissons quelques marches en arrière, mais ça va ! Même Bärchen a fait l'effort de monter quelques marches !

Bärchen monte les escaliers courageusement... dur, dur pour lui.

Retour en vélo au camping, et nous profitons quelques instants de la piscine extérieure chauffée. Mais le petit vent frais a vite raison de notre enthousiasme. Malgré les rayons du soleil, vers 18h il ne fait plus que 15°C, et en maillot de bain, c'est un peu limite. On en profite pour tout ranger, car demain matin, départ plutôt matinal (6h45) pour rejoindre le ferry à Rødby, afin de gagner l'Allemagne. La 4ème semaine de notre périple sera donc germanique (nous étions déjà en Allemagne lors de notre passage à Sylt). Bye-bye le Danemark !

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Et voilà que nous entamons déjà la 4ème semaine de notre périple. Cette semaine sera donc résolument allemande. Nous avons eu néanmoins un vrai pincement au cœur ce matin, à 6h30, lorsqu'il a fallu quitter Møns Klint sous un ciel bleu limpide. La traversée matinale de l'île de Møn nous a très clairement donné l'envie d'y revenir, pour passer un peu plus de temps. La ville principale de l'île, Stegen, est un petit bijou. Nous n'avons pas pu découvrir non plus la partie nord des falaises, ni le port de Klintholm Havn. Des raisons pour retourner au Danemark...

Après 1h15 de route, nous arrivons au port de Rødby, où nous avons la fierté de constater que nous sommes traités comme des VIP 😀. Premiers entrés dans le ferry, et donc les premiers à pouvoir en sortir. En passant, le ferry est à moitié vide ce lundi matin.

Entrée dans le ferry en qualité VIP... Bärchen pose sur le pont supérieur. Au revoir le Danemark !

La traversée dure à peine 45 minutes. Dernier trajet en ferry pour le Rapido (Deux fois entre Rømø et Sylt, une fois entre Frederikshavn et Göteborg, et enfin entre Rødby et Puttgarden). Arrivés en Allemagne à 9h, nous décidons de nous arrêter à Lübeck, la grande ville portuaire de l'est, partie intégrante des cités hanséatiques. La ville a été lourdement touchée par les bombardements entre 1942 et 1945, mais une partie importante de la vieille ville fut classée patrimoine mondial de l'UNESCO en 1987. Nous ne regrettons pas notre halte, la vieille ville est splendide, et c'est un vrai plaisir d'y déambuler. En plus, un parking spécialement conçu pour les camping-cars a été aménagé tout près de la vieille ville. L'occasion pour le Rapido de croiser un autre Rapido 😉.

Quand un Rapido rencontre un autre Rapido...
Lübeck - Holstentor et ruelle de la vieille ville
Lübeck

L'entrée dans la vieille ville se fait par la grande et massive porte, la Holstentor, qui est d'ailleurs légèrement penchée. Le bâtiment le plus impressionnant reste la mairie de Lübeck, en briquettes noires. Enfin, la cathédrale, impressionnante, construite en briques rouges (en haut à gauche). Il y a de très jolies rues (notamment la Engelsgrube, la "fosse de l'ange"), avec des façades de maisons bourgeoises assez significatives de cette architecture du nord de l'Allemagne.

Façades de la Engelsgrube 

Avant-hier, je racontais aux enfants un souvenir d'enfance qui soudainement a refait surface. Je crois que ce qui a déclenché ce souvenir, c'est la plaquette de Ritter-Sport au massepain qu'on a mangé en dessert. Je racontais donc aux enfants que pour le Noël 1977 ou 1978, j'ai eu en cadeau la ferme complète Playmobil. Avec le tracteur et la remorque. Je me souviens de mon émerveillement. J'ai joué avec ces Playmobil un sacré temps. Et, cerise sur le gâteau, il y avait dans la remorque des "pommes de terre" en massepain. Je me souviens aussi qu'avec mon frère, on a dévoré l'intégralité de ce qu'il y avait dans la remorque dès le réveillon de Noël (n'est-ce pas Stéph ?). Et aujourd'hui, alors que je ne savais pas du tout que cette spécialité était précisément de Lübeck, nous nous sommes retrouvés d'un coup devant le grand commerce du massepain (marzipan en allemand), où il y avait ces fameuses "pommes de terre"... Exactement les mêmes que dans la remorque, il y a près de 40 ans en arrière. L'émotion m'a complètement submergé... Nous avons bien sûr acheté une boîte. On fera attention qu'elle ne soit pas dévorée en moins de 24 heures (d'autant plus que Martin se délecte autant que moi de cette pâte d'amande...).

Bärchen et moi, devant les "pommes de terre" en marzipan.

A midi, nous repartons, très heureux de cette visite.

Pour les amoureux des bonnes choses, il faut faire un tour au magasin qui vend du massepain, et qui fait aussi café et salon de thé : Niederegger.

Deux vues sur l'un des canaux qui entoure la vieille ville de Lübeck 

Sur le GPS, il reste au départ 20 minutes jusqu'au camping. Mais il nous faudra 45 minutes pour y arriver, car d'une part j'ai confondu adresse du camping et adresse du siège social qui gère le camping (ce qui n'est pas la même chose, assurément...), puis nous tombons sur 3 déviations, qui chaque fois prolongent notre parcours. Nous arrivons enfin au Schaalsee-Camping, qui n'a rien à voir avec celui qu'on a quitté au Danemark. Petit camping associatif, prix vraiment dérisoire, mais bien sûr, prestations minimales. L'emplacement est néanmoins très chouette, nous sommes dans la forêt, à deux pas de l'un des lacs de la région du Schaalsee. Mais l'Allemagne, c'est l'Allemagne, et l'attachement forcené à l'argent fiduciaire reste quelque chose d'incompréhensible. Impossible de payer le camping avec une carte Visa. il faut du liquide. Alors que la Suède envisage sérieusement de faire disparaître billets et pièces, l'Allemagne en est encore décidément au milieu du XXème siècle. Nous reprenons le camping-car pour aller à Ratzeburg, pour aller manger un morceau, mais aussi pour retirer de l'argent, car il n'y a pas de guichet automatique plus près. Nous mangeons un morceau au Lavastein, puis je repère une librairie. J'achète deux bouquins, je veux payer avec ma carte Visa, et bien non, ce ne sera pas possible... il n'y a que leurs fichues cartes Euro-chèque (qui ne fonctionnent qu'en Allemagne et n'ont donc rien d'européen) qui sont acceptées. Tant pis, on tape dans notre "liquide"... L'essentiel est que la bière soit bonne ! Première Weizenbier depuis longtemps !

Une bonne Weizenbier et une belle photo aérienne de Ratzeburg (piquée sur Internet)

Demain, au programme, rando et kayak. Cet après-midi, repos, écriture, lecture. On fait un petit tour dans la forêt très sympa aux portes du camping.

On est bien installés, non ? La réception du camping se situe dans une vieille roulotte. Et un chemin sympa invite à la promenade 

Ce soir, pâtes au saumon suédois, acheté à Halmstad, juste avant de franchir le pont pour rejoindre Copenhague. On a d'ailleurs des produits de tous les pays dans le camping-car, y compris des restes du Portugal et d'Espagne (dernier voyage de Mamy Café et Papy Joël...), puisqu'on a entamé ce matin un pot de confiture espagnole.

La soirée s'est transformée en séquence à émotions... Vers 20h30, on entend soudainement un groupe électrogène qui démarre. Les enfants sont partis aux toilettes quelques minutes plus tôt. Céline me dit qu'elle espère que ce bruit ne va pas durer toute la nuit. Je m'étonne de la présence à cette heure tardive d'un groupe électrogène, alors que tous les emplacements sont alimentés en courant. C'est curieux. On rassemble la vaisselle à laver, on range le reste. Ah oui, les sanitaires sont un peu spartiates, et l'endroit où on fait la vaisselle se situe juste à côté des toilettes chimiques. Lorsqu'on s'approche du bâtiment des sanitaires, j'aperçois des pompiers qui s'affairent de l'autre côté du canal. Ils pompent de l'eau dans le canal et semblent arroser une partie de la forêt. Je distingue au loin de la fumée, visiblement une voiture qui est en train de brûler. Au même moment, il me semble reconnaître la voix de Margot, mais sur une tonalité assez inhabituelle. Céline est à côté de moi, et on se précipite tous les deux dans le bâtiment des toilettes. Margot est complètement stressée, elle pleure et hurle, car elle est bloquée dans un WC, et ne parvient plus à en sortir. Céline joue un peu avec la porte, on entend le loquet qui s'enclenche, et on libère Margot. Elle était complètement paniquée... En rentrant au camping-car après la vaisselle, Margot découvre aussi qu'elle a été piquée au bas du dos par un insecte inconnu. Ce n'est visiblement pas un moustique, car la piqûre est bien plus boursoufflée. On lui passe de la pommade apaisante, on lui donne du Zyrtec, en espérant que la douleur se calme... à suivre donc. Elle s'en souviendra, de cette première soirée au Schaalsee ! Au fait, aucun rapport bien sûr entre l'incendie et la réclusion très ponctuelle de Margot dans les toilettes...

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7h, je quitte le camping pour mon footing matinal. La nudité en Allemagne est décidément un élément culturel. Alors que je n'ai pas fait 400 mètres, et que je longe le petit lac à côté du camping, 3 personnes s'apprêtent à se baigner, toutes nues. Le fonctionnement des douches du camping démontre la même chose. La nudité, ce n'est pas un problème ici.

Bon, ceci étant dit, très beau tour de 12,5 km autour de 2 lacs entre Salem et Seedorf. La région est magnifique, et le soleil levant ne fait qu'amplifier sur la surface de l'eau cette impression de quiétude et de sérénité.

Footing matinal autour des lacs du Schaalsee

Comme déjà évoqué, prendre une douche ici relève de l'aventure. Ce ne sont pas des cabines, mais un espace ouvert, qui n'est pas clos par rapport aux toilettes. Donc, concrètement, ceux qui vont aux toilettes voient les gens se doucher... Ce matin, j'ai eu de la chance, il n'y avait personne. On verra bien demain.

9h30, les enfants se réveillent, on prend un petit déjeuner très agréable. Le soleil envoie quelques rayons à travers les branches d'arbres qui nous font du bien. Il n'y a pas de vent, la température est idéale. Du vrai bonheur. Nous allons consacrer la journée à découvrir le cadre naturel. Ce matin, nous allons nous promener jusqu'à Seedorf, et cet après-midi, nous avons prévu de faire du kayak. Journée en mode "réclusion", car de toute façon, nous n'avons que la somme nécessaire pour louer les bateaux cet après-midi. Et comme nous n'avons pas envie de débrancher le Rapido et de refaire 16 bornes pour aller tirer de l'argent, nous regardons de façon pragmatique ce que nous pouvons manger : à midi, on va casser la croute, et ce soir, il nous reste de quoi faire un repas chaud. Demain, courses impératives !

Belle promenade en direction de Seedorf, petit village au sud-est du camping, à 2,5 km de marche. Nous sommes tout prêts de l'ancienne frontière entre RFA et RDA, le "mur" passait notamment à travers le lac du Schaalsee.

Promenade autour de Seedorf , vue sur le "château" du village

Nous passons notamment devant le "château" de Seedorf, qui a connu une histoire assez mouvementée. A la sortie du village, nous nous retrouvons sur un vaste plateau qui surplombe les différents lacs.

Sur le plateau à la sortie de Seedorf. Céline a trouvé un excellent poste d'observation pour prendre des photos. 

Sur ce plateau, une multitude de libellules... Céline adore !

Des libellules de toutes les couleurs...

A midi, repas sur le pouce, le bateau (nous serons donc tous les 4 dans un "canadien") est réservé pour 14h. Nous quittons le camping à bord de notre embarcation, direction Salem, à 4 km de là. Céline est devant, Margot et Martin au centre, et moi derrière. Avec Martin, nous nous baignons à mi-chemin. L'eau n'est pas particulièrement chaude, mais ça passe... 😀. On revient tranquillement à 17h au camping, on a fait nos 8 km de parcours à la force des bras, et ce fut un chouette moment.

La carte de notre parcours, la baignade, notre "canadien" et encore une libellule !
Un petit aperçu de notre petit tour sur le Salemer See

Je passe sur l'épisode de la douche, la stratégie fut de la prendre à 17h30, moment où les autres occupants du camping - Allemands, bien sûr - préparent le repas. Héhé ! Nos M&M's en profitent pour jouer à la tablette ensuite, et une fine pluie commence à tomber. Rien de méchant, mais pour autant, impossible de lire ou d'écrire à l'extérieur. Bärchen m'assiste pour la rédaction de cette journée. S'il a beaucoup apprécié la promenade ce matin, il n'a pas voulu venir avec nous pour le tour en bateau. Étonnant pour un ours, non ?

Bärchen m'aide pour rédiger la page de cette journée.

Demain matin, on se laisse du temps pour partir, le prochain camping n'ouvre ses portes pour les arrivants qu'à 15h. On pourra donc s'arrêter en route.

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Un peu barbouillé ce matin 😐... du coup, je me suis installé à l'extérieur, avec le soleil qui commençait à grimper, bien emmitouflé dans mon gilet Fjällbacka, pour terminer mon roman de Hans Fallada, "Seul dans Berlin". Un fabuleux roman qui conte l'histoire vraie d'un couple de Berlinois, sans grande conscience politique au départ, et qui à la suite du décès de leur fils au front, vont écrire des cartes postales où ils dénoncent le régime nazi. Un acte de résistance ordinaire, glorifié par le talent de Fallada, cet immense écrivain allemand, décédé en 1947.

En allemand dans le texte, natürlich !

Petit déjeuner pris, il est presque 10 heures. Nous allons lever le camp, et faire un détour par Schwerin, la capitale du Mecklembourg, pour visiter le centre historique et le château. Après 35 minutes de route dans la jolie campagne des lacs de Lauenburg et de la plaine du Mecklembourg, nous arrivons à Schwerin. Là encore, on pense aux camping-cars, grâce aux parkings adaptés. On se dirige vers le centre-ville, et nous sommes frappés par l'aspect neuf de toutes les vieilles façades. Et oui, tout a été restauré et rénové ces 10 dernières années.

Vue sur la cathédrale à partir de l'un des 7 lacs de la ville, et vue de la cathédrale vers le lac

La ville a échappé à de multiples bombardements pendant la guerre, mais l'incapacité du régime communiste de la RDA à préserver le patrimoine historique a eu comme conséquence la destruction dans les années 1970 d'une partie de la vieille ville. Mais une bonne partie a pu être préservée, et après la réunification, un immense effort a été accompli. On en voit aujourd'hui le résultat, même si cet état neuf a quelque chose d'étonnant, voire dérangeant. C'est trop neuf et trop uniforme... La ville est en attente d'un classement au patrimoine mondial de l'UNESCO. En tous cas, le château de Schwerin est sublime.

Château de Schwerin. Bärchen aime beaucoup !

Un repas dans un resto italien, une bonne bière, puis nous nous mettons en quête de trouver des cartes pour les enfants, et une paire de véridiques Birkenstock pour moi ! Depuis le temps que j'en veux. De plus, mes actuelles sandales Quechua sont dans un état pitoyable (ça fait plus de 15 ans que je les ai 😲). Au 3ème magasin, on en trouve enfin 😁😁😁. Promis, je ne mettrais pas de chaussettes 😉. En tous cas, qu'est ce qu'on est bien dans ces chaussures !!!

Avec mes Birkenstock !
Bärchen entre ma bière et le Chianti de Céline, et encore Bärchen dans le sac des achats des enfants !

Nous quittons Schwerin à 14h45, et durant 45 minutes, on roule sans soucis. Peu de temps après le passage de l'ancienne frontière entre RDA et RFA, je vois au loin de la fumée noire qui s'élève. Un bouchon est en train de se former. Nous sommes complètement à l'arrêt. Et la radio confirme qu'il y a une voiture en feu... La circulation est totalement arrêtée, et il nous faut être patients. Il reste moins d'une heure de route jusqu'à Schneverdingen.

En arrêt sur l'A24, à 25 km de Hambourg

À remarquer : lorsqu'il y a un bouchon en Allemagne, tout le monde s'écarte automatiquement pour laisser une voie centrale accessible aux secours et à la police. Pas bête... Pendant l'attente, il y en a même un qui est passé en skate-board, histoire de tuer le temps.

A 18h, nous arrivons enfin au camping de la Lüneburger Heide. Le camping est superbe (5 étoiles), les enfants sont ravis après cet épisode un peu spartiate au Schaalsee 😀. Compte tenu de l'heure tardive de notre arrivée, nous allons manger au resto du camping. On fera les courses demain. J'ai commandé les petits pains pour le petit déjeuner de demain matin. En plus, le camping mène une action qui consiste à construire un petit forum, avec des pierres apportées par les campeurs, d'où qu'ils viennent. On se trimbale quand même 4 grosses pierres de Dangé-Saint-Romain depuis notre départ le 17 juillet !

Le camping-park Lüneburger Heide est vraiment chouette. Un bel endroit, aux portes de la Lande de Lunebourg.

En 1912, une chanson folklorique a vu le jour dans la lande de Lunebourg : il s'agit de Auf der Lüneburger Heide, passée à la postérité depuis.

Céline a terminé le dernier Fred Vargas ("Quand sort la Recluse"), je vais pouvoir le commencer. Quant à Céline, elle a commencé le polar de Bernard Minier ("Glacé"). Quant au dernier d'Arnaldur Indriðason ("Le lagon noir"), Céline trouve que ce n'est pas son meilleur... Avis et commentaires bienvenus ! Bärchen est en tous cas très intrigué par tous ces polars !

Bärchen intrigué par les polars de l'été 2017 😀

Les sanitaires du camping, c'est du grand luxe !!! On passe d'un extrême à l'autre. Petites salles de bains privatives, avec douche, toilettes et lavabos.

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Debout à 6h35, parti pour la découverte de la Lande de Lunebourg, je fais un footing un peu au delà de mon objectif matinal. 15,3 km en tout. Mais que du bonheur de découvrir les marécages du Pietzmoor ! C'est ainsi que je me l'imaginais, cette lande, lorsque j'étais enfant et que je lisais les romans de Karl May.

Footing matinal dans le Pietzmoor

De retour, on prend notre petit déjeuner sous un soleil de plus en plus voilé. La météo semble favorable, même si nous aurons par la suite un épisode pluvieux assez handicapant... le choix des vélos se révèle compliqué, car il n'y a rien de satisfaisant pour Martin. On se rabat finalement sur un tandem pour Martin et moi, et deux vélos pour Céline et Margot. A 11h, c'est parti pour un joli tour à travers la Lande. Nous allons faire 30 km de vélo, en moins de 5 heures, avec plusieurs pauses !!!

Notre parcours à vélo dans la Lüneburger Heide

Paysages magnifiques... Du Wümmerberg, où nous avons pique-niqué, et d'où l'on a une superbe vue sur l'immensité de cette lande, jusqu'au Pietzmoor, où j'ai couru ce matin, ce ne sont que des espaces naturels sublimes et des espaces protégés. Et encore une fois, on se dit, qu'elle est belle notre planète... Bon, entre 11h30 et 12h, on s'est pris une petite averse, nous nous sommes mis à l'abri sous un arbre, dit de "Jean-Claude" (les enfants expliqueront pourquoi un peu plus tard...).

Bärchen est du voyage, bien sûr !  Il vérifie notamment la carte...
Avant le pique-nique... 
Vers 12h15, avant d'arriver au Wümmerberg, on a fait une razzia de myrtilles... 

Et juste avant 13h, nous trouvons un endroit idéal pour pique-niquer. Vue splendide, et produits locaux : un pâté et un jambon cru du coin, qui sont de vraies tueries.

Pique-nique sur le Wümmerberg

Nous allons jusqu'à un petit village, Niederhaverbeck, puis revenons par le Wulfsberg. A partir de là, nous piquons vers le Pietzmoor, la lande marécageuse.

Après le pique-nique 

Lors d'une pause (au même endroit où on s'était abrité à l'aller), Margot et Martin partent dans un délire d'aller à la rencontre de scarabées. Il est vrai qu'il y en a plein. Peu de temps après, ils reviennent, et nous présentent "Jean-Claude". Le carrefour où ce scarabée a été trouvée devient logiquement le carrefour "Jean-Claude"... Il a été reposé précautionneusement dans son milieu naturel.

Le scarabée Jean-Claude
Une petite vidéo de notre périple à vélo 

Je dois, décemment, évoquer la fameuse chanson populaire "Auf der Lüneburger Heide", chantée par l'inénarrable Heino, un chanteur populaire des années 1970. Stéph, ça va te réveiller des souvenirs, quant à Philou, ne te tape pas trop fort sur les cuisses... 😉.

Auf der Lüneburger Heide, de Heino 

Enfin, nous arrivons au Pietzmoor, la lande marécageuse.

Pietzmoor, et encore une jolie libellule

Nous rentrons bien fatigués au camping à 16h. Nous déposons les pierres que nous avons ramené de Dangé-Saint-Romain, elles sont enregistrées et référencées. Corvée de lessive, douches, et à 18h15, c'est soirée barbecue au resto du camping !

Les petites maisons biscornues, le cuistot du BBQ, et le dépôt des pierres, dont nos 4 pierres de Dangé-Saint-Romain.
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Le site météo yr.no l'avait annoncé. Pluie intense toute la journée sur la Basse-Saxe. Réveillé une première fois à 5h, je me suis rendormi jusqu'à 7h, en faisant une croix sur un footing. Ça fait du bien de dormir un peu plus. Heureusement qu'il y a la visite du musée Volkswagen cet après-midi, car là, nous sommes un peu limités dans nos initiatives...

Comme on dit en allemand, "Dauerregen", une pluie durable

A 9h15, c'est le départ, sous une bonne pluie qui mouille. Le GPS nous conduit jusqu'à Wolfsburg sans passer par aucune autoroute, ce qui est un exploit en Allemagne, compte tenu du réseau autoroutier impressionnant qu'il y a dans ce pays, et a fortiori en Basse-Saxe et en Rhénanie-du-Nord. Nous traversons notamment la ville de Munster, où existe visiblement un musée du char blindé allemand (Deutsches Panzermuseum). Mais comme je tiens à garder des relations conviviales avec l'exilé islandais, je renonce aux chars... 😉. A 11h, nous arrivons à destination. Le musée a l'air assez petit, en rien comparable avec le musée Mercedes à Stuttgart. Mais la visite vaut le coup !

Musée Volkswagen à Wolfsburg. Assez petit, mais à voir. La collection de coccinelles, de combis et de golfs est remarquable.

La collection des coccinelles 

Certes, le musée a gentiment gommé quelques aspects dérangeants de son histoire. Aucune photo compromettante de Hitler à l'occasion du lancement de la marque Volkswagen (littéralement "la voiture du peuple") et de la construction (quasiment ex-nihilo) de Wolfsburg en 1938. Une brève mention de la participation à l'effort de guerre, mais sans jamais parler du IIIème Reich ou des crimes nazis. Le musée concentre son récit sur l'histoire de la marque à compter de 1946. Les usines de construction au Mexique et au Brésil sont largement mentionnés, puisque c'est dans ces pays que fut construite la Coccinelle jusque dans les années 1990.

Un amour de Coccinelle - la fameuse "Herbie" avec son numéro 53 - Bärchen pose fièrement sur l'aile !

Le modèle original de la série de films "Un amour de coccinelle" trône fièrement dans le musée. Bärchen est ravi !!!

Et pour le plaisir, un extrait du film "Un amour de coccinelle"

On poursuit avec les combis, puis les Polos et les Golfs, ainsi que la toute première Passat.

Les fabuleux Combis de VW, et une Polo et une Golf de 1976 😉

Il y a aussi quelques modèles particulièrement originaux...

Une Coccinelle en bois, une autre recouverte de vrais timbres, un modèle "noces" en fer forgé, et une miniature pour Bärchen !

- Quand partons-nous sur la Piste de l'Oregon ? demanda-t-elle brusquement. - Vous n'avez pas envie qu'on se sépare ? dit l'homme au lieu de répondre. - Non, dit-elle. - Pourquoi ? Elle alla chercher le petit tabouret en simili-cuir, elle tendit sa brosse à l'homme et s'assit en lui tournant le dos. - Parce que je suis attachée au vieux Volkswagen, dit-elle. -L'homme se mit à lui brosser les cheveux délicatement, à petits coups, comme il l'avait vue faire plusieurs fois. - Le vieux Volks peut tomber en ruine à n'importe quel moment, dit-il. - On verra, dit la fille. - Vos cheveux sont doux. Ils sont noirs comme le poêle, mais je n'en ai jamais vu d'aussi doux. - Merci. Quand est-ce qu'on part ? - Vous pensez vraiment que Théo est allé sur la Piste de l'Oregon ? demanda l'homme. - Oui, c'est ce que je pense, dit-elle.

Extrait de "Volkswagen Blues" de Jacques Poulin

A 13h, nous avons fini la visite... Que faire pour tuer l'après-midi, alors qu'il pleut toujours ? Nous n'avons pas mangé, nous décidons donc, sur les conseils de l'accueil du musée, de rejoindre le centre-ville en bus. Nous tombons sur un resto Vapiano (concept sympa, il y en a un à Lyon-Confluence), les enfants adorent, les plats sont en effet très bons. Et ensuite, une courte promenade dans la zone piétonne de Wolfsburg. Ville qui n'a vraiment aucun intérêt, c'est moche, et de toute façon, tout tourne autour de Volkswagen.

Au loin à gauche, les usines VW. Et une sculpture qui fait croire aux origines des loups (Wolfsburg = château des loups) 
Les tickets du jour...

Ah oui, l'Allemagne est en campagne électorale, c'est vrai... Il y a des affiches partout, mais la présence des différents candidats n'est pas assurée de façon égale. A Wolfsburg, essentiellement des affiches de Martin Schulz (SPD) et de Sahra Wagenknecht (DIE LINKE). Pas de portrait d'Angela Merkel... Les élections ont lieu le 24 septembre.

Deux affiches électorales. En Allemagne, toujours accrochées sur un poteau ou un arbre...

On quitte donc rapidement le centre pour rejoindre le camping-car, resté sur le parking du musée. Et comme je n'avais pas payé le camping de Wolfsburg, et qu'il n'est que 16h, on va prendre un peu d'avance sur le trajet de demain. Direction Göttingen ! A 18 km de la ville chantée par Barbara se situe un camping où il y a de la place : Seeburg. Les conditions de route sont déplorables, mais tout ce qui est déjà fait ne sera plus à faire 😀.

Bärchen très attentif, un super co-pilote... 

Comfort-Camping de Seeburg : un chouette endroit, même si le temps pluvieux ne nous permet pas vraiment d'en profiter...

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Hier soir, j'étais tellement désespéré par la pluie qui tombait de plus en plus fort, impactant de son bruit continuel le toit du camping-car, que j'avais de facto mis une croix sur un footing matinal. Et puis ce matin, je me suis réveillé à 6h45, et - ô surprise - pas de bruit ! La pluie aurait donc cessé ? Je n'hésite pas une seconde. Je me prépare, et c'est parti pour un petit tour autour du lac de Seeburg. Le ciel est bas, les nuages assez menaçants, mais il ne pleut pas ! 😁

Petit footing matinal de 8,6km

Lors du footing, je me fais accoster par un gamin de 7 ou 8 ans, qui veut savoir d'où je viens, où j'habite, et comment je fais pour ne pas me perdre. Il faut que je lui montre que j'ai une application et une carte avec un GPS, le gamin est émerveillé... ils ont Internet dans ce village ?

Après notre petit-déjeuner, que nous prenons malgré tout à l'intérieur, nous partons vers 9h30 en direction de Göttingen. Dans le dépliant récupéré à la réception du camping, il est fait référence dès les premières lignes à la chanson de Barbara. La ville de Göttingen est en effet de toute beauté, avec une ambiance très détendue et jeune (c'est une grande ville universitaire). De très belles maisons à colombage sont à voir dans chacune des rues du centre-ville historique. La ville n'a en effet quasiment pas été bombardée durant la guerre.

Maisons à colombage de Göttingen
La Lison aux oies
Des artistes d'un cirque qui déambulent dans la ville... 

Le souvenir aux victimes du nazisme est marqué de façon visible. Stèle en hommage aux résistants du quotidien, pavés en métal pour se souvenir d'une famille juive, dont deux sont morts en déportation, et deux ont pu fuir aux Etats-Unis (les Allemands n'utilisent d'ailleurs pas le verbe "mourir", mais "assassiner" pour évoquer les victimes du nazisme).

Stèle en hommage aux résistants - pavés devant une maison au sujet de la famille Katz 

Pour terminer cette belle promenade dans Göttingen, bien sûr, la magnifique chanson de Barbara :

Göttingen - Barbara 

Bien sûr, ce n'est pas la Seine, Ce n'est pas le bois de Vincennes, Mais c'est bien joli tout de même, A Göttingen, à Göttingen. Pas de quais et pas de rengaines, Qui se lamentent et qui se traînent, Mais l'amour y fleurit quand même, A Göttingen, à Göttingen. Ils savent mieux que nous, je pense, L'histoire de nos rois de France, Herman, Peter, Helga et Hans, A Göttingen. Et que personne ne s'offense, Mais les contes de notre enfance, "Il était une fois" commencent A Göttingen.

Bien sûr nous, nous avons la Seine, Et puis notre bois de Vincennes, Mais Dieu que les roses sont belles A Göttingen, à Göttingen. Nous, nous avons nos matins blêmes, Et l'âme grise de Verlaine, Eux c'est la mélancolie même, A Göttingen, à Göttingen. Quand ils ne savent rien nous dire, Ils restent là à nous sourire Mais nous les comprenons quand même, Les enfants blonds de Göttingen. Et tant pis pour ceux qui s'étonnent, Et que les autres me pardonnent, Mais les enfants ce sont les mêmes, A Paris ou à Göttingen.

O faites que jamais ne revienne, Le temps du sang et de la haine Car il y a des gens que j'aime, A Göttingen, à Göttingen. Et lorsque sonnerait l'alarme, S'il fallait reprendre les armes, Mon cœur verserait une larme Pour Göttingen, pour Göttingen. Mais c'est bien joli tout de même, A Göttingen, à Göttingen. Et lorsque sonnerait l'alarme, S'il fallait reprendre les armes, Mon cœur verserait une larme Pour Göttingen, pour Göttingen

BARBARA

Vers 13h, nous prenons la route. A la sortie de Göttingen, ça va encore (au niveau temps). Bärchen est tout heureux à un passage à niveau, puisqu'il adore regarder passer des trains.

Bärchen tout content à un passage à niveau

Mais ensuite, les conditions météo se dégradent. Et durant presque 2 heures, je dois affronter une pluie démentielle, des gerbes d'eau, les incontournables travaux autoroutiers en Allemagne. A la frontière bavaroise, au niveau de Wurtzbourg, la pluie se calme enfin. La dernière heure se passe plus facilement. Vers 18h15, nous arrivons enfin chez Markus et Sabine (et leurs enfants Louis, Henriette et Quentin), à Bietigheim-Bissingen. Markus est mon homologue, directeur de l'école partenaire de mon Collège et de mon Lycée à Untergruppenbach, la Stettenfelsschule. Nous avons réussi à mettre en place le jumelage, et après avoir accueilli Markus en mars chez nous, il nous a invité en cette fin de parcours à passer deux journées chez lui. Soirée grillade, et belles discussions sur la terrasse. Comme dit Céline, ça fait drôle au bout de 4 semaines de revenir dans une maison, même si nous dormons la nuit dans le camping-car, qui est simplement garé dans la rue en face de la maison de Markus et Sabine. Branchement électrique assuré dans le garage ! Margot écoute attentivement les échanges, elle comprend d'ailleurs quelques mots. Martin passe une bonne partie de la soirée à jouer au baby-foot avec Quentin. Louis, le fils aîné de Markus et Sabine nous montre le fonctionnement d'un petit drone qu'il a fabriqué lui-même. Une caméra est d'ailleurs embarquée sur le drone, et en chaussant une lunette virtuelle, on peut voir ce qu'enregistre la caméra. Martin et Margot adorent !

Une bonne bière Wulle - une peinture caricaturale d'Angela Merkel - un portrait de Spock... 

Demain, visite du musée Ritter-Sport, et peut-être de l'acro-branche... 22h34, nous sommes tous bien fatigués, extinction des lumières 😴.

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Au fait, petite présentation de l'installation du Rapido : garé dans une petite ruelle tranquille, cela le change des places dans les campings...

Maison de Markus et Sabine, et le Rapido garé dans la rue

Footing des proviseurs ce matin ! Debout à 6h45, nous partons faire le tour habituel de Markus autour de Bissingen. Chouette parcours de 10,5 km entre campagne et ville.

Footing des proviseurs

Après un bon petit déjeuner à l'allemande (petits pains, bretzel, charcuterie, fromage et confiture maison), nous nous apprêtons à partir avec 2 voitures pour Waldenbuch, au sud de Stuttgart, afin de découvrir le musée des chocolats Ritter Sport. On emprunte les autoroutes du coin, bien évidemment en travaux, puis on arrive dans la vallée de l'Aich, pittoresque et invitant à la randonnée.

Musée du chocolat Ritter Sport, des plaquettes et des plaquettes, et Bärchen qui pose fièrement devant le chocolat !

Le musée est très chouette, même s'il n'y a pas de parcours intégré pour voir la production. Et on débouche sur le magasin, où on a acheté plein de chocolat ! Après la visite, on grignote un morceau au café du musée. Le soleil sort généreusement, et on voit le ciel bleu poindre enfin.

Vue sur le musée Ritter Sport 

Pour en savoir plus sur Ritter Sport : c'est par .

Après cette visite, qui a bien plu à tout le monde, nous rentrons à Bietigheim-Bissingen, et nous partons à pied pour découvrir le centre historique de Bietigheim. Une belle promenade de 3 km sous le soleil nous conduit le long de la Enz jusqu'à la vieille ville de Bietigheim, où nous découvrons avec bonheur maisons à colombage et sculptures originales. Mais avant d'arriver dans la ville, nous traversons un superbe jardin, qui fut conçu pour l'exposition annuelle des jardins de 1988.

Jardin public et volatiles... 
Quelques vues de Bietigheim 

Markus et Sabine font régulièrement du géocaching... Nous ne savions pas ce que c'était, mais ils nous ont entraîné dans cette quête à travers la ville de Bietigheim. Nous nous sommes donc mis à la recherche d'indices, et ce jeu a fortement plu à Margot et Martin... Ce jeu existe quasiment partout. Plus d'information en cliquant ici.

Bärchen est bien sûr de la partie...

Les sculptures les plus impressionnantes sont les chevaux multiples qui se situent en haut de la rue piétonne.

Les chevaux... 

Après la visite, Markus et Sabine nous proposent de manger dans une "Besenwirtschaft", mot assez intraduisible, mais qui désigne un lieu de restauration en lien avec la viticulture, et qui a un caractère temporaire. Celle où nous allons n'est plus vraiment une véritable "Besenwirtschaft", mais l'esprit y est toujours. C'est excellent en tous cas. La soirée se terminera lors du retour à la maison par plusieurs ouvertures de bouteilles de vin et par la consommation d'une eau de vie de cerise...

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Grasse matinée !!! Après le schnaps à la cerise de hier soir, nous avons profondément dormi jusqu'à 8 heures ce matin. Markus est déjà parti chercher les petits pains pour le petit déjeuner. Moment vraiment super, belles discussions, mais vers 10h, on songe à se préparer à partir. Il fait beau !

rdCiel bleu limpide au dessus de Bietigheim-Bissingen

C'est une étape spéciale et particulière pour moi. Backnang, c'est la ville où j'ai passé mon enfance et la première partie de mon adolescence. C'est là où je suis allé au lycée Max-Born, jusqu'en 4ème. C'est encore à Backnang que je suis revenu en 1992/1993 pour faire mon mémoire de maîtrise, sur la période 1933-1939 du III° Reich. C'est à Backnang que ma sœur Nathalie est née. Et c'est à Backnang que nous avons nos dernières attaches familiales, avec Klaus et Brigitta, qui nous accueillent chaque fois que nous y passons. Après les retrouvailles, nous avons discuté de plein de choses, grignoté un morceau, et échangé les dernières nouvelles.

Le camping-car installé devant l'entrée, et Bärchen qui pose avec Klaus et Brigitta 

Une petite promenade dans Backnang s'imposait. Cette ville est magnifique, possédant de superbes maisons à colombage.

Quelques vues de Backnang, avec Bärchen qui pose devant la Murr 

Au cours de cette promenade, nous nous arrêtons au bar "Zur Uhr", où j'allais boire une bière tous les soirs il y a 25 ans... La patronne, grecque, est maintenant âgée (81 ans), mais travaille toujours. Le temps passe et fait son œuvre, et on ne se rend pas compte que le temps marque aussi lourdement les personnes. Bientôt, "Zur Uhr" ne sera plus qu'un souvenir. Despina, la patronne, m'apprend d'ailleurs qu'un très bon ami de cette époque bénie, Michel, est décédé. C'est un véritable choc pour moi. Mais Hubert est toujours à Backnang, et vient boire un verre tous les soirs vers 18h. Nous y serons !

Un peu d'histoire de Backnang :

Des vestiges d’habitations indiquent que des Romains se sont installés sur le territoire de Backnang. Des restes de la frontière de l’empire romain que les potentats de la province de la Germanie Supérieure tracèrent vers 200 après JC, le limes, sont d’ailleurs encore visibles à 15km à l’est de la ville. Mais il faut attendre encore environ 800 ans plus tard pour que Backnang fasse sa première apparition dans l’histoire. En 1007, « Baccananc » , une possession de la lignée de haute noblesse des Hessons est ainsi mentionnée dans un parchemin. En 1110, la localité passe, suite à un mariage, aux Margraves de Bade, qui au 13ème siècle transforment la localité en une ville. En 1300, Backnang repasse, toujours à l’issue d’un mariage, en possession des Wurtembergeois. Ville provinciale, Backnang fait alors peu parler d’elle même si les Backnangais furent, de tous temps un peuple querelleur. L’événement appelé la Guerre des Oies de Backnang, une révolte en 1610/1612, est un exemple précoce de mouvement démocratique. La fontaine aux oies sur la place de la mairie rappelle d’ailleurs cette résistance contre le pouvoir. Si, pendant la guerre de Trente Ans, la ville ne fut que détruite partiellement en 1635, les troupes françaises la ravagèrent entièrement en 1693 (avec notamment l’incendie ravageant totalement la mairie). Après la réorganisation du Wurtemberg, suite aux guerres napoléoniennes, la préfecture de Backnang s’étendait en 1800 jusqu’aux abords de Murrhardt. Le canton de Backnang fut ensuite créé en 1938, mais Backnang porte le titre de grand centre cantonal que depuis 1956. Dès la fin du siècle dernier, l’économie de Backnang fut dominée par l’industrie de la tannerie. Puis, l’industrie mécanique et textile complétèrent les activités économiques dès les années 1900. Après la guerre, c’est l’électronique et les télécommunications terrestres et spatiales, toujours fortement présentes à Backnang, qui dominent les activités économiques.


Et sur la page de la ville jumelée Annonay, un article à lire sur le 30ème marché des oies, qui fait référence à la fameuse guerre des oies de 1610/1612 : c'est à lire en cliquant ici. Annonay et Backnang fêtent d'ailleurs cette année leur 50ème anniversaire de jumelage.

En attendant, avec Klaus, nous nous rendons à Murrhardt pour nous rendre sur la tombe de mon père et de mes grand-parents.

Tombe familiale à Murrhardt

Et au retour, retrouvailles avec Hubert, autour d'une bonne bière. 25 ans après, on refait le monde, et c'est un vrai plaisir de se retrouver.

avec Klaus et Hubert, "Zur Uhr", à Backnang

Après cette belle journée chargée en émotion, un bon repas préparé par Brigitta, nous nous retirons dans le Rapido. Entre temps, Bärchen a fait connaissance avec le léopard de Klaus (qui surveille sa Mercedes...). Ils s'amusent bien, ces deux !

Bärchen et Léopard en pleine folie...
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Dernière nuit en Allemagne. La rue est assez passante et la ligne de chemin de fer à 50 mètres. Céline n'a pas bien dormi, et je me suis également réveillé un tas de fois. Peu importe, le footing à Backnang était incontournable. Mais le GPS m'a joué des tours, ce qui m'a profondément énervé. Je me suis fait arnaquer d'au moins un kilomètre. J'ai tout de même fait un petit tour très sympa de 6,5 km. Et le temps était vraiment très agréable.

Footing matinal à Backnang

Brigitta avait déjà préparé le petit déjeuner, tel qu'on peut se l'imaginer : petits pains aux céréales et au pavot, pain entier aux graines, yaourts crémeux, confiture, fromage et la succulente charcuterie allemande. Dernier petit déjeuner allemand, sniff... 😢

À 9h30, nous prenons la route. Pas de difficultés particulières sur les autoroutes allemandes, le trafic est fluide. Nous passons la frontière au niveau de Lauterbourg. Retour en France après plus de 4 semaines de périple !

Passage de frontière - retour en France

Nous faisons le plein à Brumath, avec une petite pause café. Ça fait toujours bizarre d'entendre à nouveau parler français... Et on pousse jusqu'à 13h, pour avancer le plus possible. Arrivés au niveau de Lunéville, nous nous arrêtons dans un Buffalo Grill, choix validé par les enfants à l'unanimité, car ils ont faim de viande !

Repas de midi sous le regard de Buffalo Bill...

Bon, ce n'est pas de la grande gastronomie, Buffalo Grill..., et nous avons le plaisir de retrouver les prix français 😡... A 15h, c'est reparti. Il commence à pleuvoir, une alerte météo est annoncée sur les panneaux d'information pour des orages. Chouette... A une heure de notre arrivée, on fait une dernière petite pause, pour se dégourdir les jambes, et pour permettre à Bärchen d'avoir son goûter.

Pause goûter...

A 17h30, nous arrivons au camping du lac d'orient. Nous sommes situés juste en face du lac, le cadre est vraiment impressionnant, mais le temps n'est décidément pas à la fête. Il commence à tomber des seaux lorsqu'on s'installe.

Dernier camping avant le retour au bercail pour le Rapido

Céline accompagne Martin à la piscine intérieure chauffée du camping, je reste avec Margot pour écrire ces quelques lignes. Margot arrange avec beaucoup d'application son propre petit carnet de voyage. Cela sent définitivement la fin des vacances. Nous ne resterons qu'une nuit au Lac d'Orient, et nous aurons ainsi un peu plus de temps pour ranger le camping-car, et préparer notre retour à Chazelles 😥.

Camping du Lac d'Orient : un chouette camping, 4 étoiles, avec 2 piscines, situé en face du lac, un restaurant, une supérette, mais des prix auxquels nous ne sommes plus habitués : 60€ la nuit (alors qu'en Allemagne, au Danemark et en Suède, cela variait entre 25 et 40€ maxi), un forfait d'accès au WiFi de 8€ par appareil...

Le soir, pour noyer notre chagrin de cette fin inéluctable des vacances, on se prend, Céline et moi, un bon Mojito !

Un Mojito pour fêter la fin de notre périple...

Aux abords du camping, un très bon petit resto : c'est très bien cuisiné, et le service est impeccable : "Les Voiles".

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Après une nuit pluvieuse et orageuse, le soleil a repris ses droits ce matin sur le lac d'Orient. Mais après m'être levé à 6h45, je suis tombé sur un os: le camping est complètement fermé et bouclé jusqu'à 7h45. Impossible de sortir. Ça m'a bien mis la rage 😠.

Ensuite, quand le préposé aux portes est venu enfin délivrer la demi-douzaine de personnes désireuses de sortir de cette prison, j'ai pu attaquer un joli tour de près de 12km entre le lac et les forêts de Mesnil-Saint-Père. Mon GPS a encore fait des siennes lors de la traversée de la forêt, je me suis fait gruger d'un bon demi kilomètre.

Footing au lac d'Orient

Et quel bonheur de terminer notre période de camping par un agréable petit déjeuner au soleil !

Dernier petit déjeuner "camping"

Pendant le petit déjeuner, nous assistons au joli ballet d'un oiseau sur un arbre, qui picote dans l'écorce. Tonton Jean-Pierre saura sûrement de quel oiseau il s'agit...

Oiseau bleu et beige...

Nettoyage, vidange des toilettes et des eaux usées, et à 11h, c'est parti ! Direction Dangé-Saint-Romain. Nous en avons pour environ 4h de route.

A 16h, nous arrivons à destination. Le temps est splendide, les enfants sautent immédiatement dans la piscine. Le rangement peut commencer !

Retour à Dangé-Saint-Romain. A la sortie d'autoroute, Bärchen est tout content ! 
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Et voilà, nous avons parcouru 6116 kilomètres, sans compter les distances parcourues en ferry. On peut y rajouter la bonne centaine de kilomètres de vélo, et pour moi environ 175 km de footing. L'arrière du camping-car a été enrichi de nombreux auto-collants.

Les autocollants du périple... 

Et Bärchen remercie tous les lecteurs assidus, les abonnés, les lecteurs qui ont posté des commentaires (merci Philou et Stéph 😀), et tous ceux qui ont pris du plaisir à lire ces aventures.

Merci les amis !

Nous sommes bien rentrés à notre domicile, et nous vous promettons de revenir très vite avec Bärchen pour de nouvelles aventures.

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