Carnet de voyage

RomainEnAmériqueDuSud

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5 mars début de mon périple en Amérique du Sud Pays à visiter : Colombie, Équateur, Pérou, Bolivie Budget : 4000€ Durée : 4 mois environ Objectif : dépenser le minimum d'argent pour les transports
Mars 2017
120 jours
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Publié le 3 mars 2017

Pour se rendre à Bogotà depuis l'Europe et tout en voulant éviter de passer en transit par les USA (les douanes américaines étant bien souvent un calvaire pour un quelconque passager...Imaginez pour moi!), y a pas 36 solutions...Il faut passer par la case Madrid. Daniela, une mexicaine de 21 ans rencontré il y a un an et demi sur les routes de la côte est Australienne, habitant toujours là bas, j'en profite pour rester 2 nuits chez sa famille. Je suis sur qu'elle saura m'encourager pour mon périple et m'enverra pleins d'énergies positives.

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Publié le 7 mars 2017

Après 10 heures de vol depuis Madrid, je prend un taxi pour me rendre a mon auberge. Le chauffeur écoute la radio et comme une évidence c'est le football et l'ambiance sud américaine qui retentit.

Le lendemain, 1er réel jour dans la troisième plus haute (2640 mètres) capitale du monde (après La Paz et Quito). Découverte à vélo avec Luis, notre guide (celui qui coupe les fruits). 15km et 5h plus tard la fatigue est bien présente mais ça en valait la peine.

Sur les 2 dernières années, La Colombie a connue de grandes avancées sociales : droit à l'avortement, mariage gai, adoption possible pour parents de même sexe ainsi que la fin des conflits avec les guerrieros. Un accord de paix a été signé avec les farcs et depuis novembre dernier ils ont même leur propre parti politique. Grace à ça la sécurité n'est clairement plus un problème majeure. Seul le groupe indépendant ENL, qu'on trouve essentiellement près des frontières perdure mais devrait devenir lui aussi un nouveau parti politique avant fin 2017. Conséquence de leur début en politique, la drogue est sur le chemin de la légalisation. Aujourd'hui il est déjà possible d'être en possession de cannabis ou cocaïne sans être inquièté par les autorités.

Une journée pendant laquelle nous aurons eu le plaisir de découvrir la météo très étrange auquel sont confrontés les rollos (habitant de Bogotá) chaque jour. On passe de l'été à l'automne en traversant le printemps en 10 minutes. Toujours avoir son kway, lunettes de soleil et crème solaire avec soi. Une superbe découverte de cette ville avec Luis, que je retrouverai peut être samedi pour explorer une autre partie de Bogotá souvent ignorer des touristes car crains : les montagnes. À suivre !

Diversité de fruits incroyable. Au milieu, Graffitis, outil de dénonciation sont devenus légaux il y a peu sont très présents. À ...
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Publié le 13 mars 2017

Demain je m'envole (ou plutôt roule) vers la région de Boyaca. C'est donc le grand départ de mon aventure où en tout cas ce que je considère comme tel. Revenons d'abord sur cette première semaine qui s'achève à Bogota.Lundi, mardi et mercredi auront été consacrés à la découverte de la ville et de son histoire à travers différents tours touristiques. Depuis jeudi je m'attache à la découvrir de mon propre ressenti. Bien sur mercredi on a assisté à la débâcle du PSG...dur d'être français à l'étranger dans ces moments là ! Je peux vous dire aussi que la vie la nuit ici est très importante, la culture de la dans est très importante. Après la découverte de la salsa et bachata, samedi soir on se rend a une soirée techno avec Angie, originaire de Bogota et mon ancienne colocataire à Melbourne ; une ambiance qui me correspond sans doute un peu plus. Malheureusement je n'ai pas pu explorer les montagnes car l'excursion a été reportée au samedi suivant.Comme je vous l'annonçais en début d'article, demain je quitte Bogota pour me rendre 222km au nord-est à Sogamoso. Et ce car je viens de trouver un "workaway" pour les 3 prochaines semaines. A partir de lundi, je travaillerai dans un lieu qui fait à la fois office de ferme, auberge de jeunesse et d'école de yoga. Je serai amené à construire une maison de Muiskas (peuple indien qui habitait la région jusqu'au XVIe siècle) et a aidé j'imagine, à d'autres tâches comme l'entretien du jardin ou d'animaux...j'en sais pas plus pour le moment mais je vous tiendrai au courant rapidement. J'ai hâte d'y aller, je pense que vivre en communauté pendant 3 semaines en pleine nature devrait être une belle expérience humaine. Apparemment il y a pleins de randonnées à faire dans les environs, chutes d'eau et pratique du yoga sont également au programme. J'ai prévu de partir dimanche matin assez tôt (tout dépendra de l'heure à laquelle je rentre samedi soir ;), prendre un bus pour sortir de la ville et ensuite faire du stop jusqu'à Sogamoso. Si j'arrive à atteindre Tunja dimanche soir, soit 70 km avant la destination finale, j'imagine que je serai déjà heureux. Je ne vous cache pas que j'appréhende quelque peu la première fois que je vais tendre mon pouce sur le bord de la route car mon espagnol n'est pas du tout au niveau ! Aller ça devrait pas être si sorcier de se faire comprendre et de les convaincre !

Les murs blanc n'existent pas 
Abilio c'est pour toi 
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Publié le 13 mars 2017

Après une dernière soirée dans la capitale a écouter de la techno jusqu'à 6h du matin, je me lance en direction de Tunja. Je quitte l'auberge à 11h et pour changer il pleut. Je crois que je n'ai jamais vu autant de pluie en si peu de temps, c'est une vraie constante ici. Je choisis l'option Uber pour m'éloigner du centre et trouver un point stratégique pour le stop. Une heure plus tard le chauffeur me laisse à une station essence et me souhaite bonne chance. De la chance je ne vais pas en avoir aujourd'hui pour le stop. Tout d'abord, je me rends compte très vite que même éloigné du centre on est toujours dans Bogota, donc la plupart des conducteurs ne se rendent que dans les alentours. Après 10 minutes je décide de prendre un taxi et de m'éloigner un peu plus...après une heure de tentative infructueuse dans une nouvelle station essence je décide de prendre un de ces mini bus locaux. Ceux que tu peux arrêter à peu près n'importe où dès que tu leur fait signe.

Le restaurant 

Je me rends donc à Tocancipà, un trajet de 40 km pour 4300 pesos soit 1€50. Je voulais quitter la ville et sa polution pour retrouver à la campagne et ses odeurs, là je suis servi. Je trouve ce petit restaurant au milieu des vaches et des montagnes. Dès mon entrée, je sens tous les regards se tourner sur moi. J'imagine que voir un rouquin, n'est pas chose commun ici. Mais le plus sympa aura été la réaction de la serveuse quand je lui dis que j'étais végétarien, j'ai cru que le ciel venait de lui tomber sur la tête. Après une courte discussion, dont je n'ai pas compris grand chose, avouons-le, j'arrive donc à commander quelque chose.

J'ai même eu des petits pois en plus 

Revigoré, je décide de retenter le stop. Cette fois pas de station essence mais le bord de la route, pouce tendu avec une feuille indiquant ma destination. 45 minutes plus tard ce n'est pas une voiture qui s'arrête mais un de ces mini bus. Le "rabatteur" m'explique qu'il va me déposé un peu plus loins et que ce sera beaucoup plus facile pour moi de trouver un chauffeur. Finalement, je me retrouve à un péage, autre point stratégique pour les autos stoppeurs (d'après ce que j'ai pu lire). Je n'y resterai que quelques minutes, dès ma descente du bus, un des vendeurs à la sauvette voit ma feuille sur laquelle indiqué TUNJA, il arrête le premier bus allant dans cette direction. Gêné, je ne me vois pas refusé, et à dire vrai il est déjà 16h, la nuit va tomber dans 2 heures et il faut impérativement que j'arrive à Tunja ce soir, seule ville où je pourrais trouver un endroit où dormir. Le bus est plus confortable que les autres, à l'européenne avec écrans et climatisation. Je profite du paysage quelques minutes et puis je tombe dans les bras de Morphée rapidement, ma courte nuit se fait ressentir.

Paysage de Boyaca depuis le bus 

J'atteins donc ma destination avant la tombée de la nuit, pas en auto stop, mais ce n'est pas le plus important pour aujourd'hui. J'étais un peu coincé par le temps cette fois. Cependant, je n'aurai pas utilisé les sentiers classiques, je crois n'avoir croisé que des locaux aujourd'hui, aucun touriste aux alentours. Une fois à Tunja je choisis le premier hôtel avec accès internet, j'ai donc ma propre chambre, salle de bain et même la télé pour 30000 pesos (10€). La ville ne m'inspire pas une confiance totale, donc je pense que je vais rester tranquillement à l'hôtel, me faire une bonne nuit de sommeil avant d'aller découvrir demain la ferme de Juan et Marta.

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Publié le 16 mars 2017

Après une bonne nuit de sommeil à Tunja, je reprends la route et les bus locaux.


Rapidement et sans encombre j'arrive devant l'entrée du domaine. Juan, qui a hérité des lieux de ses parents m'accueille. Après un rapide tour du propriétaire je dois déjà me mettre au travail. Changement de tenu et c'est parti !

Arrivée avec en tête l'idée de participer à la construction d'une maison Muiska je me retrouve cantonné à déplacer un tas de vieillerie d'un cabanon à un autre. Et faut voir tout ce qu'il s'entasse comme bordel la dedans. Deux heures après il se met à pleuvoir (la pluie semble me poursuivre), des trombes d'eau...tant pis (ou pas) je continuerai demain...On est mercredi et ce n'est toujours pas fini !

Les vaches pissent pissent pissent 

Le lieu est somptueux, entouré de montagnes, palmiers, la végétation est incroyable ; poules, lapins, oies, paon, chiens, chats gambadent...bref un vrai petit coin de paradis. Mais (fallait bien qu'il y ait un hic), c'est mort, il n'y a personne. Enfin y a quelques bipèdes mais soit ils rentrent de randonnée soit ils sont ici pour méditer. Après 3 jours passés ici, les activités sociales se comptent sur les doigts d'une main. On n'est bien loin de la vie en communauté que je m'étais imaginé. Même le yoga pratiqué est un peu spécial. Heureusement, hier et aujourd'hui j'ai pu regarder la Ligue des Champions (bravo Monaco) et Pearl, une nouvelle bénévole des Etats-Unis vient d'arriver. Quand je perçois en elle la même réaction que j'ai eu à mon premier jour, je me dis qu'on devrait bien s'entendre.Une journée à Finca San Pedro :

  • 8h-10h Yoga
  • 10h-14h Travail pour la communauté
  • 14h-15h Déjeuner
  • 15h-19h WTF ils sont où les gens ? Et en plus il pleut ! Du coup internet
  • 19h-21h Tentative de socialisation

Marta m'avait demandé de rester pour 3 semaines mais je ne me vois pas rester plus d'une. Je resterai au moins jusqu'à dimanche pour pouvoir profiter des montagnes et de l'incroyable écosystème de la région.

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Juan et Marta pratiquant le yoga tantra

Vendredi matin, j'ai eu une petite discussion avec Juan, car fatigué de déplacer des affaires d'un endroit à un autre je lui expliquais que mes attentes en mettant le pied à la Finca San Pedro étaient tout autre. Après quelques minutes d'échanges, Juan m'expliquait tous les projets qui devraient voir le jour et cela me donne envie de patienter, au moins une semaine de plus. Car, à partir de mardi 2 nouveaux volontaires arrivent pour travailler sur la fameuse maison traditionnelle Muiskas. Il s'agit en l'occurrence d'un temple shamanique, tout sera construit à l'aide de matériaux naturels, comme il y a 300 ans et des rituels avec Shamans pourront être expérimentés. Samedi, a aussi été un tournant car pour la première fois, on a commencé à construire. On s'attaque a un autre chantier, celui de différentes allées faites de dalles en pierres, la première menant à la salle de méditation. J'imagine que notre petite discussion aura porté ces fruits. Juan conclura cet échange par ces mots "La patience est la première qualité de la sagesse"...à méditer.

Thea et Léo 

Autre facteur qui me donne envie de poursuivre l'aventure, c'est cette suédoise aux yeux bleus de 23 ans. Théa est un petit rayon de soleil et disons que l'entente se passe relativement bien depuis 3 jours.

Après Dani la méxicaine, voici Théa la suédoise 

Autrement la communauté s'agrandie et se rétrécie tous les jours, une vénézuélienne a fait un passage express (dommage j'avais enfin trouvé quelqu'un pour m'appendre l'espagnol), un français, Léo a débarqué il a deux jours et Gwen quitte le navire ce matin. Hier nous avons fait la rencontre de Alba, une mama colombienne dans les rues de Sogamoso, c'est elle qui nous a abordé alors qu'on essayait de se protéger de la pluie avec Léo.

Hola Alba

Malgré la barrière de la langue on a réussit à se raconter énormément de choses, et qu'elle bonheur se fût pour elle de tomber sur des petits français. Cela lui rappelle sa fille qui vit à Toulouse et son voyage à Paris où Alba devait se trimballer dans les rues avec 2 pantalons et plusieurs pulls tellement il faisait froid. On a partagé une bière, elle nous a emmené au super marché et ramené à la maison car il pleuvait des trombes, oui encore (cela dit la météo est de mieux en mieux, j'ai même pris un coup de soleil sur l'oreille gauche !). On est même invité chez elle à diner aujourd'hui...C'est pour des rencontres comme celle-ci que les voyages vous enrichissent. J'entame mon septième jour de travail et si tout va bien demain je serai off et en profiterait pour réaliser une randonnée de 8 heures et 15 km au Paramo de Oceta.

Il est l'heure de se dégourdir les jambes pour les oies. A droite, Fussu fait le mort et Maya se demande ce qui se passe
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Publié le 23 mars 2017

Lundi, pour mon premier jour off, Pearl, Thea, Rich (un nouvel arrivant des USA) et moi avons finalement choisi de nous rendre à la deuxième plus haute cascade d'eau de Colombie, Salto de Candelas, situé à 2467 mètres d'altitude. Départ en bus, où la vue depuis la vitre est juste magnifique, entouré de panoramas somptueux. 1h30 c'est le temps qu'il nous faudra pour se rendre au point de départ de la randonnée. 1h30 c'est aussi le temps qu'il nous faudra marche dans la forêt pour accéder à la chute d'eau. C'est pas le Niagara mais on ne vas pas se plaindre. Au retour cest la première victoire de moi pouce levé sur le bord de la route. Malheureusement Arturo n'avait que deux places de disponibles dans son 4x4. Théa et moi embarquons, Pearl et Rich prendront le prochain bus.

Mardi soir, Alba nous a reçu dans sa très cosy maison. Quelle tête encore, quand Théa et moi lui avons annoncé qu'on étaient végétariens ! Elle s'en ai malgré tout très bien sorti, le dîner était royal. J'en suis sorti rassasié mais aussi très fatigué. Ce fut compliqué de suivre toutes les conversations. Première fois où mon anglais et mon français ne m'auront servis à rien.

Mercredi soir, nous nous sommes tous réunis pour dîner. Rich a mis tout son cœur dans son curry inspiré de sa maman combodgienne. C'est donc le ventre bien plein que nous avons assisté à une introduction au tantra. Juan, le propriétaire des lieux et maître tantra en rôle de professeur. Apparemment près de 98% de la population ne sait pas comment réellement avoir des rapports sexuels. La promesse : pouvoir faire l'amour à son partenaire 2-3 heures durant et lui procuré pas moins de 20 orgasmes. Le tantra se n'est évidemment pas que ça, c'est avant tout très spirituel et scientifique.

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Publié le 28 mars 2017

Jeudi dernier nous nous sommes tous levés à l'aube pour nous retrouver en haut de la montagne accompagné du chef de la communauté muiskas de Boyacá. Chacun de nous a fait une offrande, j'ai choisis une de mes boucles d'oreilles, pour demander la permission à la terre mère d'utiliser ses ressources afin de construire le temple. Chants, instruments, feuilles de coca et tabac local étaient de circonstances...Tout les matériaux qui seront utilisés seront naturels, aucun clous ne sera planté.

Ce projet demandant une main d'oeuvre conséquente, nous sommes maintenant près de 10 volontaires et on peut dire que la communauté française est bien là avec 3 représentants et un Québécois. Colombie regorge de français, ça en est presque usant.

Malheureusement, Thea a dû quitter la Finca San Pedro lundi soir. Elle s'est envolée pour le Mexique pour un mois avant de rentrer en Europe. Une nouvelle belle rencontre que j'aurai réalisée encore une fois en sillonnant les routes. On s'est promis de se revoir....Peut être en Patagonie à la fin de l'année. De mon côté, je pense faire mes valises en début de semaine prochaine pour me diriger vers le Nord et le soleil.

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Publié le 31 mars 2017

Mercredi nous avons passé notre journée à couper des arbres à l'aide de la tronçonneuse de Ricardo. "El Maestro" comme on aime l'appelé ici, référence à ses connaissances et au fait qu'il travaille pour la Finca depuis son tout jeune âge, sera le seul a avoir recours à une machine. La découpe des troncs à la hache aurait sans doute doublé le temps de construction.

El Maestro 

Pour ces raisons, mercredi soir nous nous sommes rendus chez Chiquita, le chef actuel de la communauté indigènes de Boyacà et le même qui avait dirigé la première cérémonie. Réunion autour d'une énorme marmite pour fabriquer de l'ambil et demander pardon à la terre mère d'avoir meurtri sa forêt, déranger son écosystème. On est également là pour la remercier, la remercier de nous fournir ce bois, bois qui formera le squelette de notre temple. L'ambil est une médecine issue d'un mélange d'eau et de feuilles de tabac et qui a un aspect de crème noire très collante une fois le procédé arrivé à son terme. C'est simple, faire bouillir de l'eau avec les feuilles de tabac pendant près de 8 heures puis retirer les feuilles et continuer de bouillir l'eau pour 7 heures supplémentaires. Durant la cuisson quiconque souhaite boire le liquide le peu. Ceci a pour objectif de vous purger de l'intérieur, retirer toutes les mauvaises énergies, que des bonnes vertus. Qui dit purge, dit évacuation par un moyen ou un autre. Rich, Marta et moi avons tentés l'expérience et avons donc tous vomis toutes nos mauvaises énergies avec abondance. Camilo, 22 ans étudie la communauté Muiskas depuis plus de 10 ans et a vécu à leur contact près de 6 ans, était l'hôte de la soirée. Nous avons rejoints la maison de Chiquita à 20 heures, 5 heures après le début. De 20 heures à 1 heure, Camille nous a conté l'histoire des Muiskas, la connection que représente l'ambil avec Dieu. Ceci est pour eux "un moyen de demander une nouvelle fois l'accord pour construire la Chensua. Cela est très spécial, le tabac nous réunis pour prier ensemble, c'est simple mais très puissant". Ils se servent de se moment pour réfléchir aux choses qu'ils ne font pas très bien dans la vie. Une Chensua est la maison de Dieu, l'esprit qui y vit peut les guider, la construire est une grande responsabilité. Durant ces moments, consommer de la feuille de coca, fumer du tabac (sans jamais inhaler la fumer, ceci serait une insulte au tabac), inhaler du rappe (un autre tabac se présentant sous forme de poudre) ou fumer Jamuro (marijuana) font partis du rite. Tout ceci étant très spécial et secret, on ne nous a pas laissé immortalisé le moment. Le savoir se transmet à travers la parole et se mémorise.

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Publié le 5 avril 2017

La préparation prend du temps et nous ne sommes que 3 ou 4 a travailler sur le projet de la Chensua. Nous devons décortiquer chaque tronc d'eucalyptus coupé, c'est un peu chiant et long mais l'ambiance est au beau fixe entre Camilo, Leo, Diego et moi.

Vendredi soir on s'autorise une petite soirée au théâtre de Sogamoso, un groupe local ayant décroché un Grammy award l'année dernière vient se représenter gratuitement. Nous sommes une quinzaine de touristes dans la salles et tous sont issus de la Finca San Pedro. Samedi voit l'arrivée d'une poignée de nouveaux volontaires. Finis la tranquilité et le temps où on était que 5-6 .

Dimanche pour mon troisième jour de repos, nous nous sommes rendus dans un des paramos voisin. Un paramo est un écosystème qui se trouve dans la cordialement des Andes entre la limite des forêts et des neiges éternels. C'est donc à 3800 mètres que nous avons cueillis des feuilles de faeilejon, plante sacrée pour les muiskas. Chaques feuilles récoltées sera offert à la terre, la pacha mama, pour chaque tronc utilisé à la construction de la Chensua. Sur le chemin du retour, on s'est arrêté dans un petit restaurant local et je me suis autorisé un petit écart, de la truite, un régal.

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Publié le 6 avril 2017

On pouvait sentir la tension monter depuis quelques jours et l'arrivée en masse de nombreux nouveaux volontaires. Mise en place de règles, une flexibilité de la part de Juan disparue et le clash est arrivé. Juan est un être assez contradictoire. Fait ce que je dis mais pas ce que je fais. Le matin, il nous réunis tous, dirige une petite seance de médiation, évoque le divin et le fait que nous ne formons qu'un mais a coté de ça a un caractère très impulsif, assez ingérable. On ne sait jamais vraiment a quoi s'attendre et la majorité des personnes qui le côtoient on un ressenti bizarre, comme si on sentais des énergies négatives ressortir. Marta, sa compagne depuis 4 mois pense la même chose et souhaite aussi la Finca, Mais parfois cela peut prendre du temps en amour. Deux jours de suite il a manqué de respect à Camilo ainsi qu'au reste du groupe. Camilo et Camila ayant décidé d'arreter le projet dès mardi, je ne vois plus l'intérêt pour moi de continuer la Chensua. Travailler pour un projet avec un sens spirituel au côté d'Amérindiens oui, travailler pour une personne narcissique, donneur de leçons, non. Au total 8 d'entre nous avons fait nos sacs le jour même et repris la route.

Comme bien souvent, les moments compliqués en annoncent de meilleurs. Sirata, le chef des Muiskas nous a ouvert les portes de sa magnifique propriété pour 2 nuits. Ils sont une dizaine à vivre dans cet havre de paix, et un nouvel être vient de voir le jour ici même il y a peine 2 jours. Les énergies positives font enfin leur retour. Camilo, Camilo, Diego et moi nous rendrons demain dans la Finca d'un des fils de Sirata pour aider quelques jours probablement jusqu'à dimanche. Ensuite, lundi, je reprendrais la route vers le nord accompagné de Diego avec l'ambition de tendre mon pouce à nouveau.

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Publié le 10 avril 2017

Jeudi nous avons donc pris de la hauteur, pour partager pendant deux jours la vie de paysans/indigènes Colombiens à plus de 3000 mètres d'altitude. Pour beaucoup, cette famille serait considérée comme part de la population pauvre et sous développée du monde. Pour eux, ils sont tout bonnement amoureux de la nature et jouissent de la vie simple. Ils possèdent pas moins de 27 hectares et pas grand chose d'autre. C'est encore le début de leur projet. Aujourd'hui, Sebastian, Marianna, Nia et Inuk s'entassent dans une petite cabane pour dormir en attendant que la construction de la maison avance. Tiens, ça me rappelle vaguement une autre famille, pas vous ?

Marianna et Inuk à gauche /  Inuk et Nia au milieu

Pendant notre séjour, nous avons aider a terminer le crépi de la cuisine. Quand je dis crépi, j'entends terre, paille et bouse de vache. Encore une fois, ici les matières naturelles sont de rigueurs. Les hommes vont chercher le bois et s'occupent de la maison, les femmes cuisinent et jardinent. Le soir on allume un feu et joue de la musique, admire les étoiles. On vit au rythme du soleil, c'est simple et ça fait du bien.

Samedi, le groupe se réduit, seul reste Diego et moi en direction de Paipa. Camila et Camilo prennent le bus pour la capitale. Grâce à Diego, je continue de vivre aux côtés de Colombiens et d'améliorer​ mon espagnol. J'ai progresser plus vite en 5 jours qu'en 5 semaines. Il m'emmene sur le lieu de travail d'un de ses cousins. C'est une ferme, qui compte 47 vaches laitières et quelques veaux. La traite a lieux tous le jours de 3 à 7 heures du matin. Dimanche, on fait donc l'effort de se réveiller au milieu de la nuit. Environ 40 litres/jour sont extrais de chaque vache. En comparaison, en France on est autour de 60-70 litres d'après son cousin. Pourquoi une telle différence ? Car on utilise aucun hormone dans cette ferme. Paipa et très réputé pour son fromage, on repart donc avec notre "queso" local.


Actuellement dans le 4x4 de Sebas (le cousin), on devrait arriver chez les grands-parents​ à Diego d'ici une heure. Arrêt rapide puisque dès demain on fera chemin inverse avec pour objectif la côte des Caraïbes ou l'ambiance devrait être à la fête avec les célébrations de "Semana Santa", semaine de Pâques. La plage et le nous font aussi de grands signes bien qu'il n'est plus qu'une seule fois sur les 8 derniers jours.

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Publié le 14 avril 2017

Un bref retour dans la capitale donc pour deux nuits dans une famille issue la classe sociale supérieure de la Colombie. Voyager avec Diego me permets d'avoir accès à une autre part de la population locale et de comprendre un peu plus comment se pays vit. Mardi matin, une mauvaise nouvelle tombe, le cousin de Diego supposé nous ramener dans la région de Santander a un empêchement professionnel. Pris de cours, on est obligé changer notre fusil d'épaule. On décide de prendre le bus jusqu'à Bucaramanga, un voyage de 9 heures où nous attend Katherine, une colombienne de 25 ans avec qui on a échangé via l'application Couchsurfing (personnes offrants un canapé, lit, matelas pour une nuit ou deux gratuitement aux backpackers). Elle avait déjà été reçu chez des hôtes mais c'était la première fois qu'elle ouvrait les portes de son cosy appartement. Arrivé à 19 heures, repartis à 9h, un passage express qui aura permis des échanges intéressants sur la façon dont le monde extérieur peut percevoir les backpackers. Mercredi matin, nous décidons de tenter notre chance d'arrêter une voiture. De 12h à 18h, sans succès mais non sans avoir passé une bonne après midi. Le climat a déjà changé, la chaleur monte petit à petit, le soleil est au rendez-vous, le moral suit donc malgré l'échec. On se résout donc à prendre un bus de nuit pour atteindre notre destination finale. Il est 4h30, on est à Taganga, prêt pour mon premier lever de soleil sur la plage depuis le Mexique, y a plus d'un an déjà. Comme le temps vole ! La brise du matin laisse très vite place à une chaleur étouffante, très vite le thermomètre affiche 32, 33, 34 degrés. Euh elle est où ma crème solaire ? Jeudi, jour idéal pour arriver dans cette ville remplis de backpackers et de colombiens venus fêter Semana Santa, la semaine qui précède Pâques est extrêmement populaire dans ce pays très catholiques. Bisons Futé verrait noir pour ce weekend sur les routes Colombiennes, les vas et viens sont impressionnants. Taganga est un petit village de pêcheurs, aussi réputé pour la plongé sous-marine la moins chère de Colombie (60 euros pour 2 sessions). Les pêcheurs, justement on est en contact avec eux grâce à Diego. Que c'est bon de voyager au côté d'un Colombien : tarifs préférentiels, contacts, connaissances...A priori on devrait partir en mer la semaine prochaine pour aller à la pêche au gros. Pas très végétarien tout ça ! Je m'apprête à cuisiner un filet de red snapper, fraichement pêcher hier et offert bien généreusement par une connaissance de Diego. C'est aussi la première fois en plus d'un mois qu'on doit payer pour dormir...pas photo, c'est vachement mieux quand c'est gratuit ! Mais ça vaut la peine pour se weekend, les 3-4 jours à venir s'annonce épic. Party, party, party !!

Red Snapper de 6kg à gauche 
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Publié le 20 avril 2017

Le changement est radical, voir brutal. Le thermomètre affiche maintenant jusqu'à 35 degrés, la forêt tropicale a laissé place à des montagnes désertique agrémentées de 🌵 et bourrées de serpents d'un côté et à une mer à 26 de l'autre. Le soleil y tape très fort, on cherche l'ombre de 12h à 16h qui sonne bien souvent comme l'heure de la siesta. Le leitmotiv des Caraïbéens doit être quelque chose proche de "Doucement le matin, pas trop vite le soir". Le moins que l'on puisse dire c'est qu'ils font honneur à la réputation des habitants des côtes et des îles. Un rien prend une éternité ici : commander à manger, acheter quelque chose, prendre le bus. On retrouve pour quelques jours la vie de backpackers plus classique et des auberges de jeunesse. Samedi soir, on s'est rendu à un festival local où nous avons dansé jusqu'à ce que la brise du matin vienne nous caresser le visage. Mardi, première sortie en mer avec un pêcheur. Petit bateaux à moteur et ici pas de canne à pêche car la plupart des poissons sont trop gros. Soit au harpon à soit au nylon. Pour une première on la joue soft. Nylon se sera. Le destin voudra que ce soit moi qui attrape le seul poisson de la journée. loigne encore vers la pointe au nord est. Durant cette sortie, j'avais a pris soin de bien protéger à mes épaules,, au détriment du reste de mon corps. Bien mal m'en a pris. Mercredi le réveil à été quelque peu douloureux, je suis rouge comme une écrevisse, jambes, ventre, bas du dos.

Depuis nous avons trouvé une nouvelle destination, Palomino, petit village remplis d'étrangers dans leur vingtaine. Probablement pour quelques jours seulement. En faisant mon sac, je ne peux retrouver mon enceinte portable. Un constat est sur, je n'ai pas changé, j'egards toujours autant mes possessions. La liste est déjà bien longue en 6 semaines : une enceinte, une carte bleue, 50€, 2 tee shirts, une casquette, un chapeau, une saccoche.

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Publié le 29 avril 2017

Palomino est une ville contrôlée par les paramilitaires. Cette région était auparavant à la joute des FARCS, mais depuis leur retrait en tant que milice, deux groupes paramilitaires se disputent la place. La police et les militaires sont bien présents physiquement mais ne contrôle officieusement pas grand chose ici. L'objectif est de faire table rase de toutes drogues et soirées électroniques, car Palomino est connue depuis quelques années pour être une ville de fêtes pour les jeunes backpackers. Partie pour rester seulement deux jours, nous sommes restés une semaine complète à camper ou dormir dans un hammack à Afrocaraibe : une auberge tenue par une dame originaire de Cali accompagné de sa chèvre Pepe et remplie de français. 7 jours à littéralement glander que ce soit à la plage ou à la rivière et marquée par l'adoption d'un oisillon. Zazito est un periquito qui a une hanche fracturé et à qui on a coupé une partie des ailes. Quand je suis rentré ce matin là dans ce café, je n'ai pu résister. Je suis reparti avec, en échange de 5€. En une semaine, Zazito a déjà fait de gros progrès avec sa patte droite. Nourris de fruits, riz et pain il reprend des forces petit à petit, ses ailes devraient repousser et lui permettre de s'envoler quand il sera près. Peut être que c'est toi mon frère qui devrait me rendre visite en premier finalement pour rencontrer ton neveu !

Grâce au groupe de français Diego et moi avons fait la connaissance de Gadrier, un colombien originaire de Bogotá et qui a récemment investis dans un terrain à Rio Ancho. Et c'est à bras ouvert qu'il accueille gratuitement 7 français, un allemand, un chien et un oiseau dans sa propriété acquis pour environ 3000€. Juste de quoi pour un confort rudentaire : une pièce quatre murs, quelques prises, un hammack, des matelas de sol. Ils sont 7 à dormir là dedans. Dans le jardin on retrouve les toilettes, la douche (mais l'eau ne coule pas toujours), une table et deux tentes : une pour Lysa et Alex et une pour moi. On devient'attraction de ce village d'à peine 1500 habitants mais l'objectif est d'obtenir une autorisation pour pouvoir nous rendre dans un village indigènes la semaine prochaine. Pour ça, il faut passer plusieurs coup de fils et attendre l'approbation de "El Mamo" qui dirige la Sierra Nevada. On espère partir lundi pour une semaine...Suspens !

PS : l'accès à Internet est plus compliqué ici, les nouvelles prennent donc un peu plus de temps à arriver !

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Publié le 11 mai 2017

La Sierra Nevada est la plus grande chaîne de montagnes costale au monde avec des sommets à 5700 mètres. C'est également une terre encore habitée par quatres tribus indigènes : Arhuacos, Koguis, Wiwas et Kankuamos. L'accès est évidemment très restreint pour les touristes. Après plusieurs jours d'attentes sans réponse, nous avons tenter notre chance et sommes partis à la rencontre des Arhuacos. Après 3 heures de marche sur cette terre sacrée, nous avons dû rebrousser chemin. Á peine 15 minutes nous séparait de notre objectif quand nous nous sommes retrouvés face à face avec l'un des "maestro" du pueblito. Visiblement ivre, l'homme qui parlait dans un espagnol approximatif ne souhaitait pas nous laisser passer car nous n'avions pas demander d'autorisation. Malgré les offrandes que nous portions dans nos sacs (essentiellement de la nourriture), la route nous était barrée. A moins que nous décidions de leur faire un dong d'argent. L'échange n'était pas celui que nous espérions, déçu nous avons préférés faire demi tour plutôt que de payer une somme, cette dérisoire (l'équivalent de 3€ par personne) pour avoir accès au village quelques heures. Le développement récent et massif du tourisme dans cette region de la Colombie fait des dégâts collatéraux et les premiers à en faire les frais sont le peu d'indigènes qui ont résisté aux conquistadors. Les touristes détruisent leur terres et les indigènes habitants les plus proches trainent dans les villes la journée et boivent beaucoup d'alcool. Accéder aux villages plus élevés où les membres restent entre eux est quasi mission impossible. On aura essayer. Je considère aujourd'hui d'autant plus les moments rares passés au contact du "maestro" Sirata pendant mon volontariat.

On sera tout de même rester une semaine à RioAncho avant qu'on se décide à remettre notre sac sur le dos. C'est avec un groupe amoindri que nous rejoignons Minca. Petit village de 800 habitants situé à 600 mètres d'altitudes et qui était encore contrôlé par les FARCS jusqu'à quelques années en arrière, au même titre que les villes côtières. Deux jours à respirer l'air pur de la nature (beaucoup d'odeurs de cacao par ici), observer les oiseaux (la Colombie est le pays avec le plus d'espèces au monde !) et pratiquer le cardio. Dimanche dernier, j'ai dormis dans une auberge à 1200 mètres avec un point de vue magnifique pour les couchers de soleil notamment. Mais rappelez-vous, c'est la saison des pluies...donc beaucoup de nuage et une vue qui disparait en un battement de cil. Point positif, j'en ai profité pour fabriquer une cabane à Zazito avec de la liane. Après quelques heures, la pluie avait cessé et la nouvelle maison du periquito était prête. Et je suis plutôt fier du résultat, par contre ça pèse une tonne ! Hier j'ai quitté de nouveau quitter les montagnes pour retrouver là côte. Ce matin j'ai de nouveau eu la chance de plongée jusqu'à 18 mètres sous l'eau. Un an et demi après avoir passé mon diplôme au Mexique, les automatismes sont vites revenus. On se sent comme un poisson dans l'eau, c'est incroyable. Deux sauts de 43 et 47 minutes pour la maudique somme de 50€. Au programme : crabes, homard, poisson lion, un corail à couper le souffle et beaucoup de couleurs. En revanche la mer est remplie de déchets, qui proviennent des rivières voisines. Le contraste entre la surface et les profondeurs est désolant. Pour rester sur une bonne note: les baleines arrivent en juillet pour mettre bas sur les côtés du Pacifique, j'espère avoir l'opportunité de me mêler à ce cétacé !

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Publié le 21 mai 2017

Ce matin, entouré d'un paysage de carte postale, la prose ne vient pas... L'accumulation des péripéties ou peut être la peur de la page blanche ? Tu sais celle dont les grands écrivains ont toujours eut à affronter au moins une fois dans leur vie. Pour cette fois j'opte pour la première solution. Tout à commencé la semaine dernière quand après avoir décider de rejoindre une petite plage, Costeño Beach, sur laquelle sont bâtis plusieurs petites auberges, j'ai oublié mon téléphone dans le bus taxi. Pour une fois j'avais décidé de prendre une navette plutôt que les bus locales. Grâce à ça j'ai pu retrouver la trace du van et de son chauffeur. En trois heures, tout était rentré dans l'ordre, j'étais en bord de mer et sirotais un cocktail.

Le lendemain je me levais avec la ferme intention de me rendre au deuxième parc national naturel le plus visité de Colombie : Tayrona. Lieu qui fut longtemps terre des indigènes, aujourd'hui seul quelques centaines y vivent encore. La biodiversité y reste incroyable malgré les cars de touristes qui affluent chaque jours. Mais voyager en Colombie a cette période de l'année veut dire saison des pluies...et dans cette région c'est tous les jours ou presque. N'étant pas bien équipé pour faire des randonnées sous des trombes d'eau, je prends une décision sur un coup de tête et grimpe dans un bus, en route pour Cartagènes des Indes ! Le genre de ville qui fait travailler votre imagination rien que par l'évocation de son nom. Comme le sentiment qu'on en a toujours vu/entendu parler que dans les films. Tout à coup, un sentiment de bien être profond m'envahis, non pas que je me réjouisse de ne pas fouler les pas des Kogis, mais plutôt de la sensation d'être libre, de pouvoir faire ce que tu veux quand tu le veux. Sommet parfois difficile à atteindre dans le système de notre société.

La route est longue et remplie d'embuche. Première préoccupation, Zazito. Traverser un pays accompagné d'un petit perroquet andicapé ne s'avère pas chose facile. Il a tout le temps faim, peut faire beaucoup de bruit et ne tiens pas en place. Par chance, je rencontre Sandra, une vénézuélienne, récemment exilé à Baranquilla (au vue de la situation de leur pays, on voit de plus en plus de Vénézuelliens venir travailler en Colombie et envoyer de l'argent pour aider leur famille) et qui en a cinq chez elle. Durant une grande partie du trajet elle s'en est occupée et j'en ai profité pour faire une sieste. Arrivé à Baranquilla (ville d'origine de Shakira), le bus qui avait des problèmes mécaniques depuis le début ne démarre plus, tout le monde descend. On me rend une partie de l'argent du billet et on nous laisse là sur le bord de la route. Il me faudra prendre un autre bus pour continuer. Je récupère l'oiseau et Sandra saute dans une camionnette-taxi pour rentrer chez elle. Quelques minutes plus tard, je me rends compte qu'on m'a vider mon portefeuille (100€). On a pris tous les gros billets et laissé les petits et la carte bleue. Aucune certitude sur l'auteur, Sandra, un autre passager ou même moi qui aurait pu faire tomber les billets. Fort heureusement, il me reste juste de quoi me rendre à ma destination ou je retrouve Lisa et Alex. Leur moral est au plus bas, Lisa a été piquée par un être (sans doute) volant non identifié. Le médecin regarde un peu le dos à Lisa mais pas trop, on dirait qu'il s'en fou. À l'heure du diagnostic, il évoque la fièvre jaune ou des parasites. Lisa contact son assurance voyage et est rapatrié en 24 heures. Alex, lui reste avec leur chien Berlioz en attendant de trouver un vol pour Nice.

À notre réveil jeudi, on cherche Zazito, il n'est plus dans son nid. La présence de chat dans l'auberge me fait penser au pire. Je cherche et quelques minutes plus tard je le trouve là, au sol sans vie, à quelques mètres de sa maison. Maison que j'avais pourtant enrouler de mon pancho comme chaque nuit. Le pire dans tout ça est que j'avais trouvé l'endroit parfait pour lui, un centre de réhabilitation pour oiseaux, et que je m'apprêtais à l'y emmener. Je crois que je ne suis pas prêt pour être papa. Le lendemain, je lui trouve un petit endroit au pied d'un arbre pour ça sépulture puis je me rendd quand même jusqu'à Aviario, le centre, mais je n'est pas dépassé la porte d'entrée car sur le chemin j'ai cette fois réussis à perdre mon portefeuille. Cette nouvelle péripétie me coûtera 30€ mais surtout j'ai perdu ma deuxième carte bleue sur les trois initialement rapportées. Ça commence à faire beaucoup !

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Enfin ! Enfin je découvre le visage que mon imaginaire c'était construit en pensant à la Colombie : des sourires, une bonne humeur communicative, du soleil (sans pluie) et de la musique à chaque coins de rues. Cartagènes des Indes est la seconde ville qui a été découverte par les conquistadors en 1535 (juste après Santa Marta en 1532) et on peut voir la trace qu'ils ont laissé. Le centre historique est entouré de remparts qui ont été construits pour deux raisons : protéger la ville des pirates de mer et séparer les riches des pauvres.

Aujourd'hui les superbes demeures du centre historique sont très souvent des maisons secondaires appartenant à de riches étrangers ou des commerces.

En bas à droite: la petite porte de droite pour les servants et la grande porte pour les Espagnols sur leur cheval 

Cartagène avec ses 1,2 millions d'habitants est la ville la plus touristique du pays, ce qui en fait aussi la plus chère. Les températures oscillent entre 25 et 35 degrés toute l'année avec une humidité de 80 à 90%, autrement dit on transpire constamment (jamais content ces maudits français) mais ce n'est pas grave car on peut entendre de la musique à chaque coin de rue, ça aide à faire oublier les gouttes qui dégoulinent. Les corps se déhanchent à des rythmes endiablés jusqu'au bout de la nuit : raggaeton, bachata, coumbia notamment. Mais c'est bien le "champeta" qui fait la réputation de la ville, cette dans où les femmes dansent très collés serrés avec les hommes, mimant des scènes de sexes...CALIENTE. Les gènes africaines coulent dans leur vaine !

Le son n'est pas terrible, pourtant sur mon téléphone impeccable  

Une petite semaine qui aura été entrecoupée de deux jours à Barù, l'une des nombreuses îles qui se trouvent toutes à quelques minutes en bateaux de la côte. Un petit break donc qui m'aura permis de profiter d'un délicieux couché de soleil et d'admirer la beauté des planktons. La nuit tombée, j'ai embarqué dans une barque avec une dizaine d'autres backpackers, dix minutes plus tard nous plongions avec une grande excitation dans la mer. Durant une vingtaine de minutes nous avons pu jouer dans l'eau avec l'émerveillement d'un enfant. Le simple fait de bouger dans l'eau faisait apparaitre les planktons qui brillaient de mille feu. Pour combler le tout les étoiles étaient somptueuses ce soir là...ça brillaient de tous les côtés.

Après une petite semaine, il est maintenant tant de reprendre la route et de quitter là côte des caraïbes direction Medellin. Encore une fois je décide l'option bus de nuit pour voyager et arrive à destination 15 heures plus tard.

Oeuvre de Botero, peintre et sculteur vivant le plus connu de Colombie 
Au milieu : Bocagrande, le Miami de Cartagene 
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Publié le 10 juin 2017

Je ne savais pas grand chose de Medellin avant d'y mettre les pieds mis à part les "on dit". Tous les backpackers croisés en Colombie en parlent pour une chose : y danser et y faire la fête. C'est donc avec envie et une grande hâte que je me suis rendu dans, ce qui était encore l'une des villes les plus dangereuses du monde il y a quelques années, à l'époque où Pablo Escobar dirigeait d'une main de maitre le traffic de cocaïne. Pourtant aujourd'hui, il est difficile de trouver quelconque trace de l'ancien baron et de la violence que subissaient les habitants. Depuis quelques années et l'élection de leur nouveau maire, Medellin est devenue un exemple même d'innovations sociales et environnementales. Elle a même été élue en 2012 par le Wallstreet Journal "ville la plus innovante du monde". "Comuna 13" en est l'exemple parfait. Il y a moins de 10 ans, ce quartier, situé dans les hauteurs de Medellin était encore le bastion de 3 groupes guerrilleros qui s'entretuaient et terrorisaient les habitants du quartier.

Comuna 13, tout en bas à droite les escalators en rouge 

Aujourd'hui, c'est devenue un lieu de visite pour les touristes et surtout un exemple d'avancé sociale. L'armée à d'abord investie les lieux et fait le ménage en tuants plusieurs centaines de guérrilleros en quelques jours. Depuis, un système d'escalators gratuit à été mis en place pour faciliter le déplacement des gens du quartier et leur permettre de gagner un temps précieux. En effet, monter et descendre les marches faisait partie du quotidien et cela pouvait parfois prendre plusieurs heures.

La ville que l'on surnomme souvent la ville au printemps éternelen raison de ces températures idéales tout au long de l'année est équipée du sytème de transport le plus évolué de Colombie : métro (en surface), métro cable, tram, bus, vélib local.

L'un des trois Métro Cable de Medellin  

Quand je pense que Bogota est la capitale et qu'il faut presque trois heures pour aller d'un bout à l'autre avec pour seul solution le bus alors qu'ici 3O minutes suffisent. Bien pratique quand on veut sortir le soir. On ne m'avait pas menti, le Vendredi et le Samedi c'est la folie dans les rues et ça commence dès l'après midi. Les corps des plus belles femmes de Colombie se déhanchent au rythme de la salsa et raggaeton. On retrouve énormément d'artistes de rues qui se reproduisent très souvent aux carrefours routiers. En effet, les feux rouges durent près de 2 minutes ce qui laisse le temps à certains de réaliser des prouesses extraordinaires : jongles avec des machettes, breakdance, danse de chihuahua.

On utilise même les chevaux pour se déplacer 


Une autre chose dont j'avais entendu parler avant d'arriver ici, c'était la passion extrême pour le football. Quelle chance cette semaine j'allais pouvoir assister à deux matches. Le premier jeudi pour un match de Copa Libertadores, l'équivalent de la Champions League Sud-américaine et le second Dimanche, aussi le plus important le DERBY. Medellin à la chance d'avoir deux équipes des plus titrés de Colombie : L'ATLETICO NACIONAL et L'INDEPEDIANTE MEDELLIN. Me trouvant dans le quartier de la première équipe mon choix de supporters était vite fait : l'Atlético Nacional ce sera. Imaginez, le 1er affrontant le 2ème du Championnat, deux équipes qui partagent le même stade. J'avais pris soin de trouver une auberge de jeunesse tout près du stade pour suivre l'évolution de l'atmosphère tout au long du weekend. Dès le matin, toute la ville respirait et pensait football : femmes, hommes, enfants...tout le monde prend par d'une certaine manière au match. Dès le dimanche matin on pouvait sentir une ambiance tendue dans les rues qui entouraient le stade. Finalement, après avoir acheté notre billet pour 17 euros (imaginez le prix d'un PSG-Marseille en France), nous pénétrons dans le stade vers 19h00, 30 minutes avant le coup d'envoie. Les premières minutes entourées de ces supporters aux cheveux rasés et remplies de tatouages de leur équipes étaient un peu angoissant. Après quelques minutes, on se rend compte qu'ils ne sont pas si méchants que ça c'est Colombiens, simplement très passionnés. Deux heures plus tard, on ressort du stade en se disant qu'on a vraiment vécu une expérience incroyable. De la première à la dernière seconde personnes ne s'est assis ou arrêtés de chanter et de supporter son équipe. Cocaïne, marijuana et aguardiente (alcool national) tournent dans toutes les mains, certains font des malaises obligeant la sécurité à intervenir mais cela reste globalement bon esprit. Au final, le score n'a pas beaucoup d'importance, L'ATLETICO finira par perdre 4-3 mais l'intensité des chants n'a jamais été aussi forte que quand ils perdaient. Et sur chaque but de ton équipe, toute la tribune descent d'un coup, dévale les marches quatre à quatre pour se retrouver quasiment sur la pelouse et célébrer avec les joueurs. Au finale l'un des plus beaux et plus intenses moments depuis que mon voyage a commencé.

Ces fous supporters de l'ATLETICO NACIONAL 

BON ANNIVERSAIRE CHRISTELLE AVEC UN PEU DE RETARD !

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Publié le 20 juin 2017

Après avoir passé deux semaines entouré de civilisation, je me dis is qu’il était temps pour moi de retrouver ce que j’étais venu chercher ici : un retour aux racines, être entouré de nature et d'animaux, expérimenter une vie dans un lieu éco-responsable. Je me suis donc mis en quête d'un nouveau "volontariat via mon ordinateur et grâce à la magie d'internet mon souhait a été exaucé en quelques clics. Me revoilà donc sur les routes colombiennes, direction San Gil dans la région de Santander. Endroit par lequel j'étais passé en bus pour rejoindre la côte Caraïbéenne il y a de ça deux mois déjà. Je me rappelle avoir admirer la beauté du paysage derrière ma fenêtre et avoir dit à mon compagnon de voyage, Diego, "je ne sais pas quand, mais il va falloir que je revienne ici". Et bien voilà j'y suis, une dizaine d'heures et trois bus plus tard, je me retrouve devant le portail de La Pacha. Il est fermé, pas grave, il y a un petit passage sur la droite, juste de quoi m'y faufiler, je m'engouffre et marche durant trois bonnes minutes accompagné du son assourdissant d'insectes qui sonnent comme des cigales. Je finis par arriver jusqu'à la maison des propriétaires, Justin, un anglais de 37 ans, marié à une colombienne Andréa avec qui ils ont deux enfants, est là pour m'accueillir. Il me fait un tour guidé de la Finca, c'est grand, très grand même, 35 hectares, même si une grande partie n'est pas exploité car c'est la forêt. Pas de voisin à la ronde et pour se rendre à San Gil, ville la plus proche, il faut parcourir 7 km...le bus ou le stop s'imposeront être les solutions les plus adaptés. Il me propose gentiment de m'installer tranquillement et me propose de ne commencer le travail que demain. N'ayant quasiment pas fermé l'oeil dans le bus, c'est avec soulagement que j'accepte sa proposition, je me voyais mal m'atteler à la tâche d'entré comme j'avais eu à le faire lors de ma première expérience de workaway. C'est donc un peu plus tard que je fais la connaissance de Rachel, l'unique autre volontaire. C'est une Australienne de 26 ans et qui s'avérera être un chef de cuisine redoutable.

En échange de 4 heures de travail, 6 jours par semaine, ils nous offrent le lit et le petit déj. Voilà à quoi ressemble une journée de travail classique à La Pacha :

  • réveil à 7h pour la traite des 3 chèvres (il y en a 4 en tout dont un bébé) : Menchie (l'arrière grand mère), Easy (la grand-mère) et Reggie (la maman) sans oublier de donner à manger aux deux chats et deux chiens.


Une seconde plus tard, j'ai dû tout lâché, ça tirait trop fort 


  • arrosage du jardin qui contient entre autre : haricots, concombre, salade, laitue, kale, thym, romarin, coriandre, persil, menthe, tomates, papaye...
  • préparation du petit déjeuner copieux pour les invités et les volontaires
  • s'occuper du recyclage et du composte
  • promener les chèvres pendant une heure
  • traite des chèvres vers 17 heure
  • un peu de jardinage

La Pacha est une auberge de jeunesse qui se veut éco-responsable, on retrouve des toilettes sèches (ça pue même pas), des douches à l'extérieur avec pour sol des énormes rochers et dont l'eau est chauffé grâce à l'énergie solaire (croyez-moi on peut même se bruler). Nul doute, chaque douche aura été la meilleure que j'ai eu en Colombie. Des yurts en guise de tente de luxe pour les inviter. On retrouve également un système de tri sélectif avec sept poubelles différentes, une foie le tout trié, Justin et Andréa emmène ça directement au centre de tri. en revanche pas de système de récupération des pluies, cela n'est pas nécéssaire car une source naturelle fournit l'eau tout au long de l'année aux quelques maisons de la région. Grâce au lait des chèvres, Justin et Andréa produisent du fromage et du yaourt...je vous arrête tout de suite, on est loin du bon fromage de chèvre cendré au goût bien prononcé. Ici, le processus dure à peine 48 heures, ça ressemble plus à du Chavroux qu'à autre chose. Et quand je vois la tanné que c'est pour sortir le lait de leurs mamelons, je me demande si ça vaut le coup parfois. En trois semaines de pratique, on peut dire que j'ai acquis une bonne technique, malheureusement ce n'est parfois pas suffisant. Suivant leur humeur, elles peuvent être très douce et se laisser faire ou au contraire, refuser de manger et sauter dans tous les sens...dans ces cas là j'appelle mon sauveur Justin à la rescousse. Fort heureusement les 4 jours où Rachel et moi auront eu à gérer le business de nous même (toute la famille étant partie pour un long weekend de camping), nos amis les chèvres ont été sympa. J'imagine qu'ils avaient confiance en nous pour nous laisser les clefs de la propriété et de la caisse. Après le départ de Rachel, j'aurais même la gérance à moi seul pendant 24 heures. Ces 19 jours m'auront en tout cas permis de me consolider dans l'idée qu'un jour je souhaiterai à mon tour ouvrir mon éco-auberge...avec Daniela pour associé.

Durant mon temps libre, j'en ai profité pour regarder Roland Garros (merci papa pour cette application de streaming...au top de la technologie comme d'hab) et me rappeler à mes souvenirs de l'adolescence quand je passais mes journées libres soit à regarder soit à jouer au tennis. La cuisine a également été à l'honneur, Rachel en tant que chef et Romain en sous chef, nous avons fait frémir nos papilles : pizzas, burger, pain maison, curry, lasagnes, cookies, gateau à la banane, soupe, jus de fruits...Ainsi que les sensations fortes avec des sports extrêmes : première expérience en rafting et parapente ! Les incroyables couchers de soleils et les nombreux arc-en-ciel font aussi partis de mes moments forts à la Pacha.


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Publié le 27 juin 2017

Quelques jours avant de quitter La Pacha, j'ai rencontré Sean, un mec de 44 ans originaire de Liverpool, lors d'une escapade à Curiti. Sur le chemin du retour à San Gil nous avons bien accroché et on s'est donné rendez-vous quelques jours plus tard pour se rendre à El Cocuy. Avant de faire la connaissance de cet anglais, El Cocuy sonnait comme une destination qui m'attirait mais qui me faisait un petit "peur", car très éloignée au fin fond des montagnes de Boyaca. De plus, je n'avais pu trouver que de rares informations sur ce parc national aux multiples sommets à plus de 5000 mètres. Je n'étais pas sur de tenter l'expérience seul. Cette rencontre sonnait donc comme un signe du destin, il fallait que je m'attaque à l'ascension de ce qui serait pour moi le plus haut sommet jamais gravis. Pour mettre toutes les chances de mon côté, je me suis d'abord rendu dans le centre ville de San Gil pour acheter quelques habits pour m'aider à supporter le froid et la pluie : leggings, veste de pluie, gants, chaussettes et feuille de coca (la coca est utilisé par les indigènes notamment pour lutter contre le mal des montagnes). J'ai également pris dans mon bagage le livre "127 heures" d'Aron Ralston qui raconte les exploits de ce jeune américain à travers les montagnes de l'Utah mais aussi les 127 heures de calvaire qu'il a dû endurer avec cette main droite coincée par un rocher, qu'il sera obligé de découper pour s'en sortir.

Jeudi après midi, notre périple à donc commencé par un trajet d'à peine 300 kilomètres mais de près de 15 heures...Imaginez un peu comme ça a tourné dans ce bus, heureusement personne n'a vomis. Arrivé au petit matin (5 heures), nous avons décidé de nous accordé une journée de repos et d'acclimatation dans ce petit village d'El Cocuy à 2700 mètres. Après nous avoir trouvé une chambre d'hôtel et quelques heures de sommeil nous sommes allés à la rencontre des locaux. D'ores et déjà j'étais sous le charme de cette partie retirée de la Colombie. C'est l'image typique qu'on peut se faire d'un village péruvien perché dans les hauteurs de la Cordillère des Andes sauf qu'on est bien en Colombie. Ici tout le monde porte un pancho et un chapeau, qu'on soit un homme ou une femme et comme partout ailleurs on regarde (la coupe des confédérations est sur les écrans des cafés) et on joue au football. Chacun se prépare à sa façon, Sean s'en va pour un footing de 2 heures, je choisis de me balader et trouve un cadeau pour ma future nièce ! On se rend ensuite au bureau des registrations où on collecte les informations nécessaires. Là, on apprend qu'il faut payer un droit d'entré (20 euros) et qu'on est obligé d'être accompagné d'un guide local (33 euros la journée), non pas à cause de la dangerosité des lieux mais car ces montagnes sont les propriétés des indigènes U'was, le guide est donc plus là pour s'assurer qu'on respecte bien les lieux que pour nous guider tout au long de l'ascension. Ca fait cher pour quelque chose qu'on pourrait faire de nous même mais estimons nous heureux car l'accès y avait été fermé l'année dernière car les indigènes estimaient que les touristes détruisaient leurs terres sacrées. Ce n'est qu'après plusieurs mois de négociations et de nombreuses conditions que les portes ont de nouveau été ouvertes au public.

Vendredi matin, le réveil sonne à 5h30, l'heure à laquelle le "lechero" commence sa tournée. Le lechero ou camion de lait, est le moyen le plus économique de se rendre dans les hauteurs du Nevado mais pas le plus rapide car il s'arrête à chaque propriété pour collecter le lait. Il est à la fois utilisé pour collecter le lait de toutes les vaches de la région (près de 2300 litres par jour), mais aussi comme taxis et aussi pour se faire livrer ses courses par les habitants de la région. A 9 heures, nous arrivons à La Capilla, un refuge qui sera notre camp de base pour les deux prochaines nuits. On y engloutis un petit déjeuner rapidement et on repart avec le lechero jusqu'à Guican, autre petit village de la région où l'on arrive vers 11h30. Un petit tour dans les rues, un déjeuner et on se met en route pour rejoindre notre camp de base. Trois heures de marche, (un petit échauffement comparé à ce qui nous attend demain) sous un soleil magnifique et aux milieux de paysages à couper le souffle : rivière, moutons, chevaux...De retour à La Capilla, on retrouve trois autres touristes avec qui on fera la grande ascension demain. On échange nos premières impressions autour d'un diner et on part, très tôt (20 heures) se coucher car le rendez-vous avec le guide est pris pour demain 5 heure.

Samedi matin, le grand jour est arrivé, nous commençons finalement notre marche à 5h30 à 3400 mètres. Le levé du soleil accompagne nos premiers pas, et la magie des lieux opère déjà. Notre guide Miguel m'annonce que seul 10 000 personnes se rendent chaque année dans ces montagnes, je me sens privilégié au milieu de ces fleurs "Frailejones" si caractéristique de la région de Boyaca et de leurs paramos. Les couleurs sont incroyables, bleu, vert, gris, blanc, noir, on tombe sur de petits lacs, la réflexion du soleil sur le bleu de l'eau est juste magnifique. L'ascension se passe relativement bien et lentement, on prend notre temps, le paysage est tellement beau se serait dommage d'en rater une miette. De plus le beau temps est au rendez-vous, au final je n'aurai porté mon leggings que la première heure et jamais je n'aurai eu besoin de ma veste de pluie. A 10h30 les deux filles commencent à montrer des signes de fatigues, pendant que je me sens pousser des ailes, je décide de prendre les commandes et de monter à un rythme plus soutenue. Les graines de chia avalées au petit déjeuner et les feuilles de coca doivent faire leur effet. Finalement au bout d'un bel effort, un peu moins de 6 heures et 13 kilomètres pour arriver au point le haut qui nous est autorisé (impossible de toucher la neige des glaciers) seul Sean et moi iront jusqu'à près de 4900 mètres frôler le sommet de Ritacuba Blanco, 4867 mètres pour être précis, les filles et le guide se sont arrêtés à 4700. Le chemin du retour sera tout autant apprécié. Finalement au bout d'une randonnée de 10 heures, près de 25 km et 1500 mètres d'ascension dont une heure de pause déjeuner, nous voilà de retour à notre camp de base, des souvenirs pleins la tête. Un lieu magique en somme où le temps s'est arrêté il y a presque 100 ans et où les chevaux font aujourd'hui encore office de moyen de transport principal.


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Publié le 19 juillet 2017

Tout d'abord je souhaite féliciter la petite Olivia et ses parents, tout mes voeux de bonheur à vous trois et bon courage ma nièce pour ses premières semaines : j'espère que tes jambes ne gratteront pas trop 😉. Deuxième chose, il parait que certains d'entres vous n'osent pas laisser de commentaire parce que "Romain à 25 ans, il a passé l'âge de voir les commentaires de ses oncles, tentes, parents..." au contraire ce blog est fait pour vous ma famille, du coup lâcher vous, raconter pleins de conneries si vous le souhaitez ça me fera sourire. Et troisièmement, excusez-moi de ne pas vous avoir donné beaucoup de nouvelles le mois dernier mais étant retourné à Bogota je n'avais pas grand chose à vous narrer.


Après ma randonnée dans les lointaines montagnes de Boyaca, il était temps pour Sean et moi de se dire au revoir. C'est donc le coeur remplis de souvenirs que j'ai de nouveau grimpé dans un bus pour y passer plusieurs heures, en route pour Villa de Leyva. Malheureusement, je ne pourrais pas vous dire grand chose de cette très mignonne ville car je n'y ai passé que deux nuits dont une à l'hôpital. En effet, depuis plusieurs semaines, mon estomac n'était pas à son top (j'ai vomis plusieurs fois lors de mon volontariat à La Pacha, sans pouvoir trouver une vraie explication), pris de violentes crampes je me suis fait accompagné à l'hôpital en taxi. J'ai donc douloureusement patienté dans la salle d'attente en me tordant à même le sol. Par chance, Villa de Leyva n'est pas une très grande ville, j'ai donc été pris en charge relativement rapidement par le médecin urgentiste. Grâce à mon espagnol qui s'améliore de jour en jour j'ai pu décrire mes douleurs sans difficulté "Aïe Aïe Aïe mucha dolor estomago". Rien de trop méchant en principe (juste la bouffe colombienne qui n'est vraiment pas au niveau de notre gastronomie française), une intraveineuse avec du sérum physiologique et du chlorure de sodium et roule ma poule. Revenu à mon auberge au petit matin, je reprends la route le soir même. Et là, je me pose une question "Dois-je repasser par Bogota ou non?". Bogota est sur la chemin de ma prochaine destination mais c'est aussi une grande ville...et donc il peut se passer plusieurs jours voir semaines sans qu'on s'en rende vraiment compte et sans y faire grand chose non plus. Indécis, c'est finalement un petit message d'Ibrahim (un français avec qui on s'était bien entendu lors de notre rencontre sur la côte) qui va faire pencher la balance du côté de la mégapole. Arrivé le mercredi 27 juin au soir pour y rester 2-3 nuits, je procéderai au check out à l'auberge le lundi 17 juillet soit 19 nuits plus tard ! Bravo Romain ! Comme prévu je n'y ai pas fait grand chose mis à part passé du bon temps avec un bon groupe d'amis : un mix de français, italiens, colombiens et une colombienne. Deux jours après mon retour sur la capitale, j'ai réussi à charmer une colombienne de 21 ans, prénommé Daniela (elle aussi), sur la piste de danse...un français qui emballe une colombienne grâce à son déhanché...excusez du peu. Avec ma salopette et mes pas de danse on aurait dit Will Smith dans "Le Prince de Bel Air". On a également trouvé le temps de se rendre chez le coiffeur avec Ibrahim pour se faire une journée fille. On est allé se faire mettre de la kératine, un produit chimique pour lisser les cheveux. On aura quand même passé près de 6 heures en compagnie de Rosso, un mec complètement barré avec qui on se sera bien marré. en définitive, j'aurai changé par trois fois mon billet de bus pour quitter Bogota, mais c'est bon je suis parvenu à m'en aller. Me voilà rendu à Manizales, la région du café. Promis je réécris un article dans les jours qui viennent ! Pour le moment, c'est l'heure du nouvel épisode de Games of Thrones. Bisous bisous !

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Publié le 30 juillet 2017

Je ne pouvais évidemment pas rester 6 mois en Colombie sans m'attarder sur l'une des raisons qui fait la renommé de ce pays : le café. En effet, ce n'est pas à vous, cher européen que je vais apprendre que le café colombien fait partie de la crème de la crème ! Mon gros sac à dos (il pèse de plus en plus) et moi même avons donc passé quelques jours sur "la route du café". Celle-ci s'étend sur trois villes principales (le café pousse également à d'autres endroits dans le pays) : Manizales, Pereira et Armenia, eux-mêmes situés sur trois départements différents : Caldas, Risaralda et Quindio. Le climat tempéré de cette partie de la Colombie en fait un lieu idéal pour la culture du café. Tout au long des 100 kilomètres qui séparent la première ville de la dernière, seul ou presque exclusivement des champs de plantation s'offrent à nous pour distraire nos yeux. Finalement, je décide de faire une halte de quelques nuits à Salento, petite ville à mi chemin entre Pereira et Armenia. Choix stratégique car je pourrais aussi bien aller visiter une finca de café mais aussi partir me balader dans les montagnes. Ici, plusieurs Finca proposent des tours...j'étudie les options et très vite mon choix se porte sur la Finca Cafetera Momenta. Ury est un espagnol d'environ 35 ans qui vit ici depuis deux avec son fils (un vrai petit filou) et qui cultive un café organique grâce à la permaculture. Pour faire simple, la permaculture consiste à créer un écosystème qui sera amené à fonctionner de lui même dans un futur plus ou moins proche (la nature c'est bien fait quand même). En gros, j'investi énormément de mon temps aujourd'hui pour ne rien avoir à faire d'ici quelques années, pour un avenir durable. L'idée pour Ury, c'est que d'ici 5-10 ans son écosystème soit parfait, avec une grande biodiversité de sorte à ce que son café pousse de lui même sans qu'il n'est plus à s'en occupé. Du coup dans sa finca chaque petit être, plante à sa fonction : l'avocatier permet de nourrir la terre, le bananier permet de faire de l'ombre, le goyavier donne du nitrogène à la terre...La biodiversité est l'élément le plus important, c'est ce qui va déterminer les arômes du café. Après avoir fair le tour du jardin, Ury nous a donné un petit cours de dégustation, un véritable sommelier du café ce catalan ! Arabica, robusta cela n'a plus de secret pour moi 😉. Je suis bien sur repartis avec un sachet de café qui devrait arriver à Saint Germain avant même mon retour !

Salento, c'est le café mais c'est surtout la vallée de Cocora, là où on peut tomber nez à nez avec les plus grands palmiers du MONDE !!! Là bas on en trouve de 150 à 200 ans et le plus grand mesure près de 62 mètres ! Je peux vous dire qu'on se sent tout tout tout petit à côté. En somme j'ai passé près d'une semaine dans la région du café et en terme de paysage c'est l'une des plus belles régions que j'ai visité et l'accueil des gens est simplement magique. Autant je me plaignais de l'hospitalité des habitants de la côte autant les Paisas sont adorables et ont toujours le sourire aux lèvres.

Bon ça faisait au moins une semaine que je n'avais pas pris de bus de nuit. J'ai donc remédié à ça, j'en ai enchainé deux en l'espace de 4 jours. D'abord, pour me rendre à San Agustin, où avec Alex (on s'est rencontré à Pereira) ont est allé visiter des sites archéologiques. En effet, il y a 5000 ans, les indigènes vivaient dans les vallées de la rivière Magdalena et étaient des sculpteurs hors pairs. Résultats, on a retrouvé près de 500 statues sculptées dans de la pierre volcanique, un travail remarquable qui reste encore aujourd'hui entouré de beaucoup de questions : qui étaient ces indigènes, que signifie ces sculptures...Puis pour me diriger vers la côte pacifique, à Cali.

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Me voici donc une nouvelle fois sur les routes de Colombie la nuit, en chemin pour la chaleur et les corps qui transpirent matin midi et soir au rythme de la salsa. Ce trajet restera jusqu'à présent comme le plus épique de tous : 268 kilomètres parcourus en 10 heures à rouler sur des routes qui n'en sont pas, à faire des marches arrières aux bords de falaises à 2 heures du matin. Fut un temps j'estimais nos chances de survie à moins de 10%, imaginant les gros titres des journaux le lendemain entre banalité et fatalité. Bon après coup c'est peut être moi même qui me suis mis à paniquer pour pas grand chose, car Alex lui avait dormis comme un bébé tout le long durant.

Cali donc, la grande ville la plus dangereuse de Colombie, celle où on ne peut sortir la nuit sans se faire agresser (c'est ce qu'on essaye de vous faire croire en tout cas), mais aussi une "Ciudad" où il fait chaud toute l'année (30°) et le paradis des danseurs de salsa. Ici on se déhenche dès 8 heure jusqu'au petit matin le lendemain et ce du lundi au dimanche. En gros on ne s'arrête jamais : le matin on prend ou on donne des cours (suivant votre niveau, je ne préciserai pas si j'étais l'élève ou le professeur 😉), l'aprèm on s'entraîne et le soir on met le tout en pratique en discothèque. C'est d'ailleurs dans une des boîtes les plus connus que j'y ai passé le soir de mon anniversaire à...regarder les danseurs et danseuses. En effet, dès qu'on est entré j'ai tout de suite compris, pas de place pour les amateurs, le niveau moyen est hallucinant, je faisais donc partie de la classe fermé des "voyeurs" (très peu reste assis). Finalement, après 5 jours il était temps de trouver une nouvelle destination, apprendre à danser la salsa, ce ne sera pas pour cette fois. J'imagine d'ailleurs mon frère beaucoup plus doué que moi pour ce genre de chose ! Cali m'aura tout de même permis de revoir Tifène, une des premières personnes avec qui j'avais sympathisé en arrivant à Bogota et de faire une nouvelle jolie rencontre. Elle s'appelle Rachel, à 23 ans et est (wait for it) FRANÇAISE ! J'imagine déjà ma mère toute heureuse à l'idée de pouvoir communiquer normalement avec une de ses belles filles haha. Bon on en est pas encore là quand même !

Cette autre destination, c'est la côte du Pacifique. Autre région de la Colombie où il est fortement déconseillé de se rendre (à la fois par le gouvernement colombien comme français) en raison de sa situation politique et de la mainmise des paramilitaires. Mais l'appel des baleines à bosses et l'envie de braver "l'interdit" nous démange. Premier arrêt : San Cipriano, petit village qui survit grâce à leur moyen de locomotion très imaginatif. Les rails qui ont été désertées par le 🚆, ont été remplacées par des motos wagons : original et efficace. Deuxième arrêt : Buenaventura, ville au port maritime le plus important du pays, nous sert de transit pour se rendre un peu plus au nord sur la côte. Rapidement on embarque sur un bateau à moteur qui nous projetera une heure plus tard sur les plages bien polluées de Juanchaco. Juste le temps de prendre un déjeuner, de remettre nos sacs sur nos épaules en chemin vers notre point final : La Barra. En l'espace d'une heure de marche le paysage change radicalement pour se transformer en petir coin de paradis. Durant trois jours on aura eu la chance d'observer des couchers de ☀️ comme rarement j'en ai été temoin, de profiter de la plage quasi déserte de sable noir, de se balader en barque pour observer les mangroves (un sentiment vraiment incroyable) et profiter de piscines naturelles, de déguster des plats typiques de la côte, j'ai même mangé des crevettes, un régal ! Ce qui fait le charme de la côte c'est également ses habitants, tout le monde est relax et heureux, s'appelle "mon amour" et se fait des câlins ! Il n'y a pas beaucoup d'argent mais y en a pas besoin et ça ça fait du bien.

Comme je vous le disais, la côte pacifique est réputé pour accueillir de juillet à octobre les baleines à bosses venues mettre bas après un voyage de plus de 8000 km depuis l'Antarctique. Nous avons donc embarqué accompagné d'autres touristes dans un petit bateau pour observer ces immenses mammifères, mesurant jusqu'à 18 mètres à l'âge adulte pour près de 4 tonnes. Malheureusement pour notre groupe, les baleines n'étaient pas d'humeurs à sauter et taper de la queue à ce moment là. Tant pis on aura quand même approché ces grosses bêtes de près et observé une mère, son bébé et sa nourrice pendant 30 minutes (pour 10€!). A priori, on a vraiment pas eu beaucoup de chances car tous les autres touristes rencontrés ont eu une à meilleure expérience...du coup j'en ai profité pour récupérer quelques belles photos pour que vous vous fassiez une idée de la bête !

Assurément, la côte pacifique restera comme l'une de mes régions préférées de Colombie !

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Publié le 21 août 2017

Nous voilà donc arrivés à Mocoa, dans la région de Putumayo. Cette dernière est assez peu visitée par les touristes en raison du nombre d'informations très limitées disponibles et de sa (là encore) "dangereusité". C'est une partie de la Colombie qui reste bien contrôlée par les guérilleros, notamment par les FARCS (même si on nous fait croire qu'ils n'ont plus d'arme, en réalité plus de 60% serait toujours entre leurs mains) qui y avaient détenu Ingrid Bétancourt plusieurs années durant dans la jungle. Mocoa est une ville d'un petit peu plus de 30 000 habitants et en pleine reconstruction après les pluies diluviennes qui se sont abattus au Pérou et ici même fin Mars de cette même année. Pas moins de 254 morts ont été recensés à Mocoa et une centaine de disparus. Quand je vois certaines habitations (maison en bois construit sur pilotis) je comprends rapidement comment une coulée de boue peux faire autant de ravages. En tout cas, ce qui est appréciable, c'est la bonne humeur général, même quand on aborde le sujet, tout à le monde semble déjà avoir oublié et la vie suit son cours.

On est donc à la frontière de l'Amazonie (prochaine région), la forêt est dense, les moustiques présents, les cascades d'eaux, les animaux et les shamans ! Je ne vous en avez pas parlé mais depuis quelques temps j'avais entendu parlé du yagé ! L'ayahuasca (autre non plus connu) est une plante médicinale utilisé par les shamans d'Amérique Latine depuis les temps ancestrale. C'est une liane qui après préparation est réduite sous forme liquide pour être bu et vous transporter vers un voyage spirituel, souvent accompagné de visions très puissantes (hallucinations). Pour nous occidentaux, c'est un moyen de se reconnecter avec nos racines, de là où l'on vient, à savoir la nature, la terre mère, la Pacha Mama. Un grand nombre de personnes compare une session de yagé comme aller voir un psychologue. En ce sens, il est conseillé de travailler avec cette plante plusieurs séances. Comme avec un psychologue, plus vous apprenez à le connaître, plus vous vous sentez en confiance et plus vous êtes près à lui révéler certaines choses, à vous laisser aller.

Ayant entendu tout et son contraire sur la plante je voulais m'assurer de prendre le remède accompagné d'un shaman qui m'aurait été recommandé, en qui j'aurai toute confiance. Ainsi, lors de mon volontariat, Justin, le propriétaire de la Finca, m'avait lui même recommandé un certain Taita (titre donné à un shaman) à Putumayo. Finalement, en trouvant une auberge un petit peu à l'extérieur de Mocoa, j'ai aussi trouvé le Taita. Je m'explique : Juan, est un jeune Colombien qui gère l'auberge et originaire de Bogota qui a déménagé dans la région il y a près de deux ans et dont la médecine l'accompagne depuis de manière hebdomadaire comme beaucoup de gens ici. La culture indigène est très présente dans le Putumayo (j'imagine qu'en Amazonie ça l'est encore plus), il est donc commun de voir des Colombiens (non indigènes) prendre du yagé régulièrement. Grâce à Juan, nous avons rencontré un groupe de backpackers, deux italiennes, une française et un colombien faisant du volontariat dans une finca depuis près d'un mois et ayant tous assisté à plusieurs cérémonies. Autour d'un feu et avec une quinzaine d'autres personnes du village nous avons passé une bonne partie de la nuit à chanter, écouter, échanger sur la médecine et autre. Durant la soirée, Margaux nous annonça qu'ils allaient assister à une nouvelle cérémonie le lendemain avec le Taita Miguel.

Finalement, 24 heures plus tard , nous nous retrouvons tous sur la place principale pour aller boire la médecine. Et Rachel est de la partie également, elle qui n'était pas venu pour ça mais qui comme bon nombre sens l'appel de l'esprit de la mère. On prend un taxi, puis on marche une dizaine de minutes dans les bois pour atteindre la maison du shaman. Étonnamment, c'est un jeune homme de 24 ans (pouvoir de la descendance) qui nous accueilla entouré de ses assistants (comme un médecin). Au total, nous étions 25 d'une grande mixité à nous mettre en file indienne à 22h30 pour boire une tasse de ce breuvage ancestral. Tout au long de la nuit chacun a vécu une expérience bien différente (on dit que l'esprit de la mère vous apporte ce dont vous avez besoin à ce moment précis et non ce que vous avez envie), pour certains très visuels et d'autres plus spirituels (en l'occurrence pour moi) accompagné de chanson et rituels shamaniques. Le yagé c'est comme boire de la terre, c'est très amer, vraiment ça donne pas envie d'en reboire (j'ai quand même bu une deuxième fois vers 2h du matin) et en plus ça vous fais vomir et ça vous donne la chiasse ("super le programme, pourquoi il fait ça Romain, je ne comprends pas ? 😉). Bref au final l'expérience c'est bien passé, pour moi elle n'a pas été aussi intense que pour d'autres (réaction très violentes notamment pour une personne) mais je considère cela comme une bonne introduction. En ce sens la comparaison entre le patient et son psychologue prend son sens. L'idée me tente de trouver un volontariat et de poser mes valises pour les quelques semaines qui me reste de mon visa en Colombie, afin d'apprendre grâce à la médecine. Une idée qui ne tarode pas bien longtemps mon esprit. À peine 36 heures plus tard, nous voilà tous les six Jessica, Sole, Margaux, Rachel, Miguel et moi même lancé dans un défi : rejoindre Puyo (ville en Équateur à 526km) en stop en moins de 48 heures tous ensemble !

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Publié le 30 août 2017

Il y a déjà presque trois semaines, je croisais pour la première fois une frontière terrestre, au revoir (on se reverra) la Colombie, bonjour l'Equateur. Ce passage d'un pays à l'autre fut pour le moins agréablement surprenant. Je m'attendais à attendre de manière interminable à l'immigration, à une fouille rapprochée. Au lieu de ça, un simple officier de police au milieu de la rue nous a demandé nos passeports juste avant de passer cette ligne imaginaire pour simplement en vérifier la validité, même pas de coup d'oeil sur le visa et nous voilà en Équateur. L'immigration se trouve 3km après, libre à nous de nous y rendre ou non. Évidemment nous nous y rendrons tous sauf Jessica qui était en situation irrégulière (elle etait déjà en Équateur d'un point de vue officiel), on s'offrira même le luxe de nous faire emmener par un véhicule de l'immigration pour accomplir ces 3km. Vous vous rappelez que je vous avait dit qu'on voulait se rendre au festival en stop ? Et bien on a réussi tous les 6. Un peu moins de 10 chauffeurs différents nous auront aidé dans notre course. On a passé plusieurs heures à l'arrière de camions entourés de citron et d'oranges, rentrés à 7 dans une voiture toute petite, arrêté par la police deux fois (on a échappé à l'amende à chaque fois), on s'est fait invité à dormir par des gens qu'on venait y a peine de rencontrer...Voyager à la roots vous permet de vivre une expérience humaine très différente que de vaquer d'auberges en auberges et ça ça n'a pas de prix. On passe notre temps dans les marchés, à recycler les fruits et légumes, on propose un coup de main en échange de marchandises, on vends à manger (truffes au chocolat et hamburgers) dans la rue, joue de la musique, danse. À la fin de la journée, 10€ sont plus que suffisant pour couvrir habittion, nourriture et le reste.

Après les deux jours de festival qui sont passés à vitesse folle, nous avons repris la route avec un bel enthousiasme toujours le pouce levé. Avant de poser nos bagages sur la côte, on a fait un bref arret (Deux nuits) près du volcans le plus haut du monde. Son sommet qui culmine à 6263 mètres est le plus haut du pays mais aussi le point le plus proche du soleil (devant l'Himayala) ! Au programme : randonnée au milieu des alpagas, lamas, rencontres avec des Quechuas, rodeos, discussions autour d'un feu. Grâce à un de nos chauffeurs on a même trouve un endroit où dormir gratuitement. Son oncle et sa compagne qui tiennent un "chalet" avec vu imprenable sur le volcan nous ont d'abord proposé l'option camping, puis en voyeant notre peur d'affrontée le froid (autour de 0° la nuit) l'option par terre dans le salon qu'on a accepté avec grand soulagement !


La plage était donc bien mérité. En arrivant a Montanita, nous avons achevé à 5 (Rachel étant rentre en Colombie après le festival) plus de 1000km en stop. Et à chaque fois nous n'avons pas attendus plus de 15 minutes. Ici aussi, nous avons trouvé un stratagème pour payer une auberge moins chère. Le deal, on aide le propriétaire à finir l'auberge (en cours d'ouverture) en échange dune chambre pour tous les 5 avec salle de bains à 3$ par personne (au lieu de 10). Et oui parce que finis le pesos et la vie pas chère de Colombie. Ici le dollar américain reigne et les prix s'en font ressortir mais c'est pas grave la lutte fait rage de notre côté ! Au final, le soleil n'est même pas au rendez vous, il pleut pas mal et il ne fait pas si chaud dans cette petite ville touristique. C'est pas grave la mer et l'ambiance sont là. Grâce à Emilio, le douanien de l'auberge, on passe une journée avec les enfants de la communauté. On est venus à la rencontre de plus de 50 enfants entre 4 et 10 ans pour partager, jouer de la musique et les aider à dessiner. Une expérience encore inoubliable, l'énergie des enfants est incroyable et fait un bien fou et qui me fait rendre compte qu'il est maintenant temps pour moi de faire quelque chose d'utilise, d'apprendre, d'aider. Un petit tour sur workaway et quelques clics plus tard j'ai trouvé un nouveau volontariat !

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Publié le 13 septembre 2017

Ça y est, j'ai réservé mon billet, le 13 octobre je ferai mon retour sur les terres de notre cher vieux continent...bon a priori je devrai voir une bonne partie de la famille aussi mais ne vous réjouissez pas, je n'aurai d'yeux que pour la très belle (paraît-il) Olivia ! Combien de temps je compte rester ? La vérité, je ne sais pas trop. Initialement, je n'imaginais pas plus de 2-3 semaines avant de repartir au Brésil mais maintenant j'étudie les options pour rester jusqu'à Noël (maman ne t'emballe pas trop, c'est pas encore fait).

En attendant, je suis à la CINCA depuis un peu plus de 15 jours. Je participe, accompagné d'autres volontaires à la création d'un Centre Interculturel National de Formation à l'Agroécologie. En gros, on met la main à la patte pour construire une école d'agroécologie. Ceci fait suite à une initiative de la région prise en 2012 de promouvoir une agriculture propre et en harmonie avec le reste de la nature. À l'heure ou je vous parle, il reste encore énormément de travail avant de pouvoir accueillir des élèves mais ça ne nous empêche pas d'apprendre tous les jours. Nous somme en quelques sortes les premiers étudiants de cette future école. La propriété est divisé en plusieurs parties :

- le potager qui contient notamment 3 types de patates, carottes, onions, poireaux, laitue, kale, bétraves, choux, poivrons, tomates, navets, haricots, quinoa, graines de chia...pas de fruits encore, les arbres ne sont pas très vieux.

- l'auditorium, nous terminons en ce moment la toiture

- les pièces à vivre, cuisine et différentes chambres. Chaque pièce est égal à un bâtiment différents. Chaque bâtiment à une technique de bioconstruction différente.


Nous avons le choix de travailler en bioconstruction ou au potager. En ce moment j'aide essentiellement sur la partie construction, faut soulever des troncs d'eucalyptus de 8 mètres du coup on a appelé les hommes forts haha ! La semaine prochaine j'irai donner plein d'amour au petit légumes ! Nous sommes une dizaine de volontaires (bien évidemment le contingent français est plus que bien représenté) sur le site plus 4 employés, on est donc une belle communauté à vivre sur cette propriété. Et les journées sont plutôt bien organisé :

7h30 petit déjeune tous ensemble, repas préparé par deux volontaires comme tous les autres d'ailleurs.

8h - 11h Travail

11h - 12h Snack

12h - 14h Travail

14h Déjeuner


Je pense rester jusqu'à la fin du mois, j'en suis donc à peu près à la moitié de mon expérience et je sens déjà que ce sera difficile de quitter cet endroit.

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Publié le 29 septembre 2017

Il est 11h, le ciel est azur et parsemé de quelques nuages, je viens de demander à Margoth, la maestra de la partie agriculture, si je pouvais terminer un peu plus tôt aujourd'hui... requête accepté ! Faut dire que depuis 10 jours que je suis passé de la construction au jardinage, je communie avec la terre mère de 6h à 14h (y a quand même une pause d'une heure pour le snack) ce qui équivaut à deux heures de plus que l'échange initial. Repos bien mérité, du coup j'en profite pour vous écrire avant de refaire mon sac à dos, même si je ne devrais pas reprendre la route avant lundi.

La vie à la CINCA m'aura une nouvelle fois de plus prouvée combien j'aime la vie en communauté. Manger, travailler, vivre ensemble, s'entre-aider. C'est pourtant comme ça que nous nous comportions à l'origine, alors pourquoi tout cela à évolué vers une société si individualiste ? J'ai eu la chance de faire de belles rencontres, en particulier Margoth, une équatorienne de 25 ans, qui gère sous la direction de Rémy la culture ainsi que tous les volontaires venus prêter un coup de main. Durant nos heures de jardinage nous avons beaucoup échangé, de spiritualité et croyance surtout, avec cette femme convertie à l'église adventiste. Avec cette douceur qui ne accompagne en permanence son visage, elle m'explique sa vision, je lui explique la mienne, nos avis divergent parfois mais se rejoignent bien souvent. Elle aussi est végétarienne, paraît il que c'est écrit dans la Bible ! "Et Dieu dit : je vous donne toute herbe portant de la semence et qui est à la surface de toute la terre, et tout arbre ayant en lui du fruit d'arbre et portant la semance : ce sera votre nourriture" (Genèse 1:29). Elle et ses parents vivent très modestement mais peut importe finalement car ils vivent en autosuffisance ou presque. À l'exception de quelques denrées, comme l'huile et le sucre ils cultivent de tout, ont des animaux pour la beauté de ce qu'ils produisent, oeufs, lait, excréments...et non de ce qu'ils représentent, pour beaucoup, de la viande. Cette après midi je m'apprête à retourner pour la quatrième fois chez elle et ses parents, cette fois non pas pour récolter des citrons mais pour une leçon d'anglais-espagnol. Et avec un peu de chance je serai accompagné de Baylen, la petite fille d'un voisin qui a une bouille à craquer. Cette fois la roue tourne et c'est moi qui me mue en "Père des vacances" et j'adore ça. Je m'entraîne pour être fin prêt à être l'oncle le plus cool de la terre !

Après la classe je devrai rentrer à la CINCA, on organise une petite soirée car en cette fin de semaine, cinq d'entre nous s'apprête à quitter le chantier. Une autre passe d'armes se dessine entre volontaires. Puis lundi je repartirai le pouce levé.

La maestra Margoth
Devant la future maison des poules
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Woah ! Petit à petit je reviens à moi même en ce matin du 11 octobre, cette nuit je viens d'assister à ma deuxième cérémonie de yagé, un sentiment d'allégresse me traverse tout le corps, l'esprit, une joie immense m'envahie, une envie de donner, de recevoir, de partager l'amour. Ouch je suis remplie d'amour, je rie à en pleurer, je ne sais pas si je me suis déjà sentis comme ça, avec une impression d'être remplie, d'avoir compris, que tout finalement prenait un sens dans mon parcours spirituel. Avec Juli on s'embrasse, la connexion est forte. Mais que ce fut intense ! Le voyage cette fois-ci à été une rude épreuve, remplie de fortes visions, de cris, de pleures, de messages diverses...Fort heureusement le Taita Miguel veillait et à su me calmer le moment où j'en avais besoin. Pour ceux qui souhaitent plus de détails, le mieux sera d'en parler de vive voix.


Avec Thomas nous avons quitté la CINCA lundi, il y a maintenant dix jours pour nous diriger en premier lieu vers le lagon Quilotoa, ce vieux cratère de volcans encore en activité. Paysage à en couper le souffle, une belle randonnée autour de ce lieu remplie d'énergies. L'après midi nous avons croisé une famille de Quichua qui plantait des fèves dans leur propriété. Ils nous demandent de l'aide sous forme de blague au début puis on finit par passer le reste de la journée avec eux, on les aides en échange de nourriture et d'un lit pour dormir. Une nouvelle fois, une très belle expérience humaine que j'ai la chance de vivre. On se réchauffe au coin du feu à la nuit tombé, se raconte des anecdotes puis on nous montre notre lit, il est à peine 20h00, une vie ou suivre la lumière du soleil est importante.

Le lendemain retour sur Quito, où nous rencontrons mon ami Diego, ce jeune équatorien de 23 ans qui était mon colocataire deux ans auparavant à Melbourne. On passe d'un extrême à lautre, hier avec les Quichua, personnes considèrées comme pauvre pour notre société, aujourd'hui avec une famille "riche" de Quito, avec une maison magnifique et une servante au petit soin. À le voyage, de véritables montagnes russes. Puis très vite viens le moment de traverser la frontière à nouveau, on s'y rend en stop, cette fois du côté d'Ipiales, qui accueille cette impressionnante église. Vient le moment d'empreter la fameuse route de la mort entre Sibundoy et Mocoa. J'y retourne car je vais récupérer mon ordinateur que j'avais laissé en panne il y a deux mois.. miracle il refonctionne et personne n'y a touché ! Ici nous faisons la rencontre de Juli, une femme extraordinaire. Colombienne de 32 ans, c'est une pure artiste, elle voyage depuis l'âge de 20 ans, vit de l'artisanat et de la musique, à une connaissance des plantes et de la nature impressionnante, une hippie avec qui je ressens une connexion très forte. Elle paraît 19 ans, à des dreadlocks, quelques poils, qu'est ce qu'elle est belle et en plus elle a gardé son esprit d'enfant. Sous ses conseils nous rebroussons chemin donc à Sibundoy pour aller boire le yagé avec son mentor le Taita Miguel. Le suite vous la connaissez. En Janvier je devrai retrouver Juli pour réaliser un bout de chemin ensemble. En attendant me voici au terminal de bus de Bogota ou je me sens prêt à retrouver ma famille pour un petit bout et partager avec eux cette amour qui m'envahie !

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Publié le 20 janvier 2018

Ça continue/recommence/ Otra vez!


Le bruit, les klaxons, la circulation, les accidents les sifflements, le soleil, le bitume, la nature, les couleurs, la musique, les sourires...pas de doute je suis de retour en Colombie. Déjà 48 heures que nous partagions un dernier repas surprise à Fontainebleau avec mes parents, ma mère qui comme son fils, sa bataille, avait pris une salade avait du mal à avaler signe que mon départ avait encore du mal à passer. Mais cette fois j'ai confiance je sais qu'elle est plus sereine que les précédentes, nous avons beaucoup échangé au cours des semaines passées et ça lui a permis de m'accepter, d'accepter cette situation où je m'envole à plusieurs milliers de kilomètres. Mon père de son côté à englouti comme à son habitude à une vitesse à peine croyable une cuisse de canard et deux endives, preuve que pour lui la situation a été accepté il y a déjà bien longtemps, même si la compréhension n'y est pas forcément. Mais voilà une belle preuve d'amour accepter sans chercher à comprendre. Il m'en aura fallu du temps mais j'ai maintenant assimilé ceci. Un ultime câlin et nous quittons maman, sans larme, qui retourne travailler. Je reste donc en compagnie de mon père jusqu'à l'aéroport Charles de Gaulle pour ce qui marque la première partie de mon voyage. Deux jours plus tard j'ai déjà traversé l'océan Atlantique, je me perds à regarder à travers la fenêtre le paysage des montagnes de Cali défiler au rythme de la salsa. Encore une dizaine d'heures et ne retrouverai la petite fille de la jungle. C'est un vrai bonheur de faire de nouveau parti du pays le plus joyeux du monde, comme l'intuition d'être au bon endroit au bon moment, ce sentiment qui ne me quitte plus depuis plusieurs mois, alors est-ce la Colombie où simplement moi qui m'apporte cette impression ?

Les 88 jours précédents que je viens de passer à vagabonder en Europe m'ont apporté bien plus que je n'aurai pu me l'imaginer lorsque j'ai posé le pied sur le tarmac Berlinois en ce 13 octobre 2017. J'étais venu passer du temps en famille, découvrir le visage de ma nièce Olivia, être partie prenante d'un chantier participatif, je suis repartie avec avec tout ça mais bien plus. Je suis surtout reparrie avec la FOI. Je ne vous parle pas d'ici d'une foi religieuse mais d'une foi en la vie, en l'humain, en moi, somme toute spirituelle. Je me suis toujours beaucoup posé de questions depuis ma tendre enfance, vous savez ces questions existentielles "Pourquoi somme nous ici ? Quel est notre but ? Que se passe-t-il après la mort ? Blablabla" sans jamais avoir pris le temps de trouver des réponses. Aujourd'hui je peux dire fièrement que ma quête a commencé, que je me trouve sur la bonne route, celle qui pourra répondre à toutes mes interrogations et celle qui me rendra heureux. En regardant en arrière je sais maintenant que le point de départ a été la medicina, rappelez-vous cette plante hallucinogène prise lors d'une cérémonie avec un chamane juste avant que je vous rejoigne. Une expérience intense qui a marqué une véritable prise de conscience qui m'a mis face à mes responsabilités, m'a fait me remettre en question complètement. De là à commencé mí caminó, mon chemin spirituel. Petit à petit j'ai appris énormément de choses durant ces trois mois, que ce soit durant ma fantastique épopée Berlin-Paris en stop, au chantier participatif à Uzeste, aux temples Bouddhistes à Minorque et proche du Mans, aux sessions chamaniques à Paris mais aussi avec mes relations familiales. Je vous rassure je suis loin d'être devenu un sage, la route est encore longue mais pas à pas je trace la mienne. Et qui de mieux pour m'accompagner dans cette voie que Juli, un être bien plus avancé que moi sur le chemin de l'éveil, je prends ça comme un cadeau de la vie qui m'a été apporté. Par conséquent je n'ai pas (j'essaye serai plus juste) d'attentes quand a un possible futur, je veux d'abord profiter de chaque instant qui nous sera accordé. Je crois savoir qu'une tente nous attend pour nos retrouvailles en haut de la montagne de Sibundoy. Toutefois il nous fera peut être attendre une nuit de plus car nous rencontrons quelques soucis mécaniques avec le bus, on vient de se garer sur le bas côté, personne ne soupir, au contraire tous le monde essaye de donner un coup de main pour trouver une solution. C'est ça aussi la Colombie.

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Publié le 1er février 2018

Mise en pratique

J'avais hâte de faire mon retour en Colombie non pas pour retrouver l'Amérique du Sud et ses sourires (un peu quand même) mais surtout c'était la date que je m'étais fixé pour réellement mettre en pratique tout ce que j'ai pu apprendre au cours de mes trois mois en Europe. C'est bien beau de parler, de dire qu'on a compris mais si on ne le pratique pas on ne sera pas crédible. Combien de personnes de notre entourage connaissons nous qui appliquent très bien la règle du fais ce que je dis pas ce que je fais ? Beaucoup je crois, en tout cas pour ma part. Je n'ai pas envie de faire partie de ces personnes là. Toujours est-il que la théorie s'avère encore une fois bien plus facile que la pratique. Je m'aperçois que le chemin entrepris n'est que le début d'une longue marche fait de haut et de bas, à la manière de ces trails avec des dénivelés parfois positif parfois négatif où l'épreuve se joue avant tout avec soi même et son mental. Ici aussi le mental lutte, intensément par peur de la mort. Quand on commence à vivre le moment présent, c'est à dire à appuyer sur le bouton "arrêt" de notre mental pour stopper ces pensées compulsives incessantes, celui-ci prend peur et s'active par tous les moyens par peur de la mort. Le mental ne vit jamais dans le moment, il est toujours dans le passé ou le futur, sans le temps le mental n'existe plus. Évidemment pour le mien, le changement est brutal, lui a qui on n'a jamais demandé de s'arrêter auparavant, du coup il panique, m'envoie de pensées de tout les côtes, bonnes comme mauvaises...bref c'est un peu les montagnes russes. J'essaye d'être l'observateur de tout ça, d'accepter la situation sans jugement et de lâcher prise petit à petit. Cela va prendre du temps j'en suis conscient mais je regarde devant, non plus derrière. Juli m'est d'une aide précieuse pour avancer, elle est sans aucun doute bien devant mois sur le chemin mais peut importe je sais que je lui permet aussi d'avancer. Cependant après deux semaines de relations de "couples" nous avons décidé de revenir à une relation amicale, tout ça était un peu prématuré, on s'est aperçu que finalement notre relation avait été quasi uniquement virtuelle jusque là et qu'il était préférable d'apprendre à se connaître avant d'éventuellement envisager autre chose. Notre relation est avant tout basé sur la vérité, sur ce qu'on ressent vraiment dans l'instant sans rien se cacher. C'est la première fois que je peux dire ouvertement à quelqu'un ce que j'aime et ce que je n'aime pas chez elle, ce que je ressent à l'intérieur sans aucun filtre sans avoir peur de sa réaction et ça c'est l'unique engagement que nous avons pris l'un envers l'autre. Notre amitiéé est plus fort que le reste, je sais que c'est une fille qui restera quoi qu'il arrive très proche de mois au même titre que Daniela. Nous ne voulons pas d'une relation basé sur des peurs comme la plupart de celles qui font notre monde. On a quand même decidé de rester ensemble pour s'entre-aider. Nous avons passé les deux premières nuits à mon arrivée dans la montagne chez la grand mère avec qui elle s'est liée d'amitié il y a deux mois. Puis nous sommes dessendus pour occuper depuis une maison en bois prêter par un ami Equatorien partis en balade. Elle se situe à vingt minutes en vélo de la ville Sibundoy. Nous avons le minimum mais c'est bien suffisant. Un cuiseur de riz dans lequel nous cuisinois la majorité de nos plats, si besoin d'un feu nous allons récoltés du bois aux alentours ; un lit ; la lumière ; une prise ; une toilette ; un robinet pour la douche ; un évier. Guacna, la chienne que nous devions garder en échange de la maison a terminé sa représentation terrestre et est allé rejoindre un autre monde. Il nous reste donc Shanti, la chienne adopté par Juli il y a quelques mois et Ananda que j'ai adopté il y a quinze jours. La météo est sur courant alternatif, on dit qu'il pleut quatre jours suivit de quatre jours de soleil. Croyant mon expérience on en est a deux semaines de pluie pour une de soleil. La température reste cependant toujours agréable, j'ai même pris mon premier coup de soleil y a deux jours dans le dos. Le Bunksnaté, la cérémonie du pardon, est le 12 février, c'est une grande fête indigène, j'ai hâte d'y participer, ensuite il sera surement l'heure d'aller voir d'autres horizons. En attendant on reste dans le moment présent !

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Publié le 9 février 2018

Déménagement

Voilà donc quatres semaines déjà que j'ai posé mes valises à Sibundoy. Nous avons passé les trois premières chez Biryu notre ami Equatorien, depuis une semaine nous revoilà chez la Mamita, la même chez qui nous avons passé les deux premières nuits. Juli l'a rencontré il y a de ça quelques mois, elles se sont liées d'amitié et c'est naturellement que Juli s'est installé peu à peu chez elle. La Mamita est dans une période cruciale de sa vie, après avoir été plus de vingt ans avec son mari elle a décidé de s'en séparer, de rester vivre avec son fils Christian de 20 ans dans sa maison perché au loin du vacarme de la ville. Ici nous pouvons entendre les oiseaux toutes la journée, se réveiller au son du cocorico, respirer un air pur la journée, s'émerveiller devant les couchés de soleil et s'endormir au rythme des grenouilles. Le jardin accueille grenadillas, lulos, choux, piments, haricots, plantains, ainsi que de multiples herbes et plantes où jouent poules, chiens et cochons d'Inde. Étant resté une femme au foyer la majorité de sa vie, la Mamita a donc besoin de trouver des solutions financière pour obtenir son indépendance. Juli l'accompagne dans ce processus en lui enseignant à créer des bracelets, sandales et autres types d'artisanat...Nous vivons dans une petite chambre à l'écart de la maison principale, qui fût jadis le lieu des cochons d'Inde. J'ai tenté d'y installer le courant il y a quelques jours, expérience qui a failli tourner en un brasier géant, heureusement nous avons coupé l'électricité à temps. N'est pas qui veux Bruno Delgado ! Après cette tentative j'ai préféré attendre l'aide d'un chevronné, le frère de la Mamita est donc venu nous donner un coup de main le lendemain. Aujourd'hui nous pouvons lire avant de nous endormir ; l'ampoule ne reste cependant que rarement allumée passé 21 heures.

J'ai aussi tenté une nouvelle expérience, aller cueillir des haricots, de 8h à 16h 99kg de récolte pour 17,000 pesos soit un peu moins de 5€, j'ai pris des coups de soleil, trimballer des sacs d'une trentaine de kilos, pas sur de recommencer l'expérience mais au moins on s'est bien marré avec la Mamita

Il y a quinze jours nous avons fait la connaissance de Christophe et Angelita, un couple franco-colombien qui s'installe peu à peu dans la montagne de Cólon, village situé à quelques kilomètres de Sibundoy. Deux dimanches par mois ils invitent à qui veut bien expérimenter la hutte de sudation, Inipi ou Sweet Lodge. La hutte de sudation est une cérémonie amérindienne de soins et de purifications. Elle permet de se connecter aux quatres éléments que sont la terre, l'eau, le feu et l'air. Cela fonctionne avec le même principe qu'un sauna...en beaucoup beaucoup plus chaud. On peut comparer l'intérieur de la hutte au ventre de la Terre Mère. Elle purifie ainsi le corps et l'esprit. C'est un principe de renaissance, pour cela nous entrons en tenus d'Adam et Ève pour une bonne demi heure à l'intérieur de l'Inipi. Elle est utilisée à des fins thérapeutiques et spirituelles. Cela m'a notamment appris beaucoup sur certaines de mes peurs enfouis profondément. Dernièrement j'ai également participé à une autre cérémonie d'Ayahuasca, de Kombo et purgé mon corps à deux reprises. Pratique du jeûne et de la méditation sont aussi au programme. Un cheminement de nettoyage dans le but toujours d'apprendre à mieux me connaître.

Notre relation avec Juli est au beau fixe, nous rions et jouons beaucoup comme des enfants, même si je n'ai pas besoin d'elle je suis reconnaissant à la vie de me lavoir envoyé. À ses côtés j'avance plus vite, elle sait me parler, me conseiller comme ne pas me conseiller. Sa bûche est plus grande plus chaude que la mienne, mais celle qui est mienne prend feu grâce à la sienne...avant de nous séparer ?

En cette période de Chandeleur j'ai fais quelques crêpes vegan qui ont eut un franc succès, merci à La Mère de m'avoir inspiré !

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Publié le 24 février 2018

Sibundoy et "el valle" (prononcez ballé, pour la vallée) sont le berceau des tribus Ingas et Kamsa. Les premiers sont issus de la civilisation Incas et parlent donc le Kichwa. Les seconds eux étaient nomades jusqu'à l'arrivée des Conquistadors et se déclarent aujourd'hui comme les plus anciens de la région. Les indigènes sont donc très présents dans les rues et habitent pour la plupart les villages de la même manière que les autres Colombiens. Excepté des traits physiques propres à eux, une différence notoire est à signalé dans leur mode de vie : ils sont en relations avec les plantes médicinales. Le yagé (plante que j'ai ingéré à trois reprises) se constitue au centre de leur vision du monde. Le chamane est la figure à travers laquelle la connaissance passe pour sa gestion, sa redistribution. Chaque année les Kamsas se retrouvent pour célébrer leurs ancêtres et demander pardon. Au cours de "La ceremonia del pardon" tout le monde est invité à se joindre au défilé puis aux festivités jusque tard dans la nuit. Juli armé de son tambour, sa sœur de son appareil photo et moi d'une gaita (longue flûte) avons pris part à la marche qui mène jusqu'au Cabildo pour sentir les énergies de l'intérieur. La journée commence donc avec une belle intention mais se finit en beuverie collective. En effet, l'alcool y coule à flot. La chicha, une boisson fermentée à base de maïs est la reine de la journée. Elle est distribuée à chacun gratuitement et illimitée. Refuser le verre qui se passe n'est pas une option, c'est la tradition ! Après avoir été sobre plus d'un mois, la tête n'a pas mis longtemps avant de se mettre à tourner, je suis donc rentré le premier me couché vers 19h...les filles elles ont su se montrer plus responsable.

Quelques jours plus tard, nous avons fait notre sac pour aller à la rencontre de la famille de Juli à Pasto. Avec joie nous avons à nouveau tendu nos pouces sur le bord de la route. On a attendu, attendu et attendu mais le sourire ne nous a jamais quitté et la fameuse voiture a fini par arriver. Accueilli chaleureusement par ses parents, je suis même déjà sur mes photos de famille !

À dire vrai, ma relation avec Juli est plutôt similaire de celle d'un disciple et d'un Guru. Je continue d'apprendre beaucoup à ses côtés. Gratitude, karma, énergies furent le programme des derniers jours. On a même enregistré une chanson en studio récemment. Le montage devrait être finit d'ici peu !

Pour achever ce billet j'aimerai envoyer tout mon amour à ma famille mais également à Clément et les siens...Son frère a quitté son corps physique il y a peu, pour mieux nous guider de là haut.

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Publié le 11 mars 2018

Dix jours ont passé chez les parents de Juli, puis il nous a fallu rebrousser chemin vers Sibundoy. La Mamita commençait à s'impatienter de retrouver sa fille adoptive. Ce qu'elle ne s'imaginait pas encore c'était que nous avions eu une longue discussion avec Mowgli, à la suite de laquelle elle avait décidé que le mieux pour elle était d'avoir son espace, sa maison afin de pouvoir faire ce qu'elle veut suivant ses envie sans déranger personne : inviter des amis, être seul, manger quand elle le désire...et se consacrer entièrement à sa mission de vie, soigner les personnes. Sur le chemin du retour nous nous sommes arrêtés à La Cocha, un petit village fameux pour son Lagoon et ses truites. Nous avons rencontré Carole et Andrés, amis de la maman de Juli, qui tiennent un restaurant dans le "pueblo" et cuisinent délicieusement végétarien. C'est tellement rare que nous apprécions l'instant encore et encore. Puis nous viens l'idée d'évoquer que nous recherchons une petite maison. À peine avons nous prononcer ces quelques mots que tout s'emboîte comme un puzzle. Andrés appelle un copain, il connaît deux maisons dans le coin à louer, rdv est pris pour la visite le lendemain matin. À la nuit tombée on se prend à imaginer la demeure, "il y a vue sur le lagon, un étage avec balcon, une cheminée, beaucoup de lumière, un bout de terre pour cultiver". Puis on s'endort revassant. La nuit a été froide mais peu importe c'est l'excitation qui l'emporte ce matin, il est 10 heures et Diego le copain et moto taxi arrive, nous voilà en route pour la maison de nos rêves. Tout se passe exactement comme nous l'avions pensé, c'est à peine croyable, comme si nos souhaits avait été écouté à la lettre par nos guides. L'heure est maintenant à la décision, une décision importante plus pour Juli que pour moi. En effet, cette maison c'est enfin l'opportunité pour elle de se lancer pleinement dans la guérison, évidemment cela lui fait peur mais elle sent que la est sa voix. Pour moi, cela n'implique pas autant mais me donne peur également, je vous en expliquerai les raisons sur le prochain billet.

L'heure est donc à la tristesse à la casita de la Mamita, Juli lui annonce son départ, le coup est sur à encaisser pour Maria. Elle qui s'est tant attachée à celle qui a longtemps meuné une vie de bohème. Grâce à elle, La Mamita a trouvé la force de divorcé d'un mari qui l'a trompait depuis longtemps, à rencontré un moyen de s'indépendiser financièrement, de croire en elle de nouveau. La voir partir est un crève cœur, mais cela est sans doute pour le mieux, car l'attachement était devenu fort entre elles. L'amour réel pourra ainsi naître au sein de cette relation. De plus, nous ne serons pas loin, à peine à une quarantaine de minutes en voiture, les visites seront donc régulières. Enfin, l'idée est que La Mamita rejoigne Juli d'ici 2 ou 3 mois, le temps pour elle de régler quelques affaires administratives et de trouver un toit à son fils de 20 ans, qui a du mal à quitter le cocon. Normal pouvons-nous penser quand on a été couvé de la sorte toute sa vie.

Quand a moi, j'ai passé les quinze derniers jours à me poser beaucoup de questions, à tenter de me comprendre. L'esprit tourmenter je me suis donc tourné vers la reine, l'ayahuasca. Je souhaitais ressentir l'amour, l'amour que peux sentir la terre pour ses enfants, cet amour inconditionnel dont on parle tant. Dernièrement, mon Guru m'a fait remarquer combien je me montrais égoïste, que je ne voyais pas plus loin que ma petite personne. Discours que j'ai souvent entendu de la bouche de mon propre père sans jamais y porter attention. Aujourd'hui, on me met face à mes responsabilités, pour rien ne vous cacher c'est pas facile à accepter, à entendre mais les faits sont là et si je désire changer l'évolution passe par l'acceptation. Durant cette nuit de transe ma demande a été entendu, j'ai ressenti un amour très fort, j'ai connecté avec beaucoup d'esprits, notamment papi Abel, je l'ai vu nous guider de la haut. Je suis donc monté très haut comme on dit, l'effet a été présent quelques jours puis je suis retombé encore plus bas que je ne l'étais auparavant. Dans ces conditions quelle est l'intérêt d'aller boire la médicine ? L'idée est que celle ci vous montre la voix, ce que vous devez réaliser pour arriver là où vous voulez aller, vous vous connecter une nuit durant avec votre être intérieur, votre moi pur. On ressort donc avec les idées très claires généralement puis quelques heures/jours plus tard l'ego reprend le dessus et on reprend sa vie comme si de rien n'était. C'est comme ça que cela se passe pour la plupart des gens. Une autre infime partie, écoute et met en pratique les conseils. C'est ce que j'ai fais la seconde fois que j'ai bu la médicine, cette fois il me paraît plus difficile d'écouter mais il n'est pas encore trop tard, il me reste une petite chance d'appliquer ses conseils. L'esprit du yagé m'a clairement montré qu'il fallait que je reste aux côtés de Juli pour apprendre, notamment la guérison via les mains mais mon égo me dit de partir en courant, que dans cette maison perdue au milieu de nulle part je vais m'ennuyer, qu'il y a mieux à faire, surtout à San Agustín où se prépare un Rainbow Gathering (rassemblement de hippie pour faire court). À chaque fois que j'obtiens ce que je cherche, je me mets à chercher autre chose, un éternel insatisfait. Que vais-je faire, que dois-je faire ? Il me reste une semaine pour décider.


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Publié le 23 mars 2018

La dernière fois que je vous écrivais je vous exprimais mes doutes, mes peurs, mes angoisses, mon indécision ; depuis deux semaines ont passé, le temps de la réflexion n'aura finalement pas été si long. J'ai décidé d'écoute mon instinct, hier soir j'ai donc fait mon sac et ce matin au moment où je publie ce billet je suis en route pour San Agustin. Huit heures devraient suffire pour atteindre ma prochaine destination où je m'apprête à poser mes valises pour les trois prochaines semaines au moins... même si je ne peux jamais prédire ce qu'il va arriver dans ma vie. Je vais participer pour la première fois à un Rainbow Gathering, un rassemblement de hippies qui dure vingt-huit jours.

Je regroupe toutes mes affaires, je range mon sac, l'heure est au bilan pour la première fois depuis mon retour en Colombie. Comme bien souvent dans ces moments, la nostalgie s'empare de mon esprit. Je viens de passer deux mois et demi avec une personne extraordinaire, qui m'a fait comprendre toute une panoplie de choses sur moi même, les autres, la vie dans son ensemble. Elle a accompagné mes mauvaises humeurs, mes coups de mou tout comme mes élans de joie et d'amour. Elle m'a également enseigné à fabriquer dentifrice, savon, à réaliser mes premiers bracelets et bandeaux de perles, que l'on nomme chakiras ici. Elle a pris soins de moi comme un oiseau aurait couvé son nid. Récemment l'espace commençait à se faire ressentir petit malgré cette grande maison que nous habitons, les premières querelles sont apparues, et nous avons interprété cela comme un signe, celui qu'il est maintenant temps pour moi de prendre mon envol. Je ressorts grandi de cette expérience, avec l'assurance d'en être qu'aux prémices de mon développement personnel et d'avoir fait une amie pour la vie.

Pour apaiser les tensions, nous sommes sortis danser vendredi dernier à Pasto, laissant la garde de la maison à Shanti. Cela faisait huit mois que je n'avais pas foulé une piste de danse, j'en avais presque oublié combien la musique adoucit les mœurs, et tout le bonheur qu'elle peut véhiculer. Le lendemain sommes rentrés et avons fait la connaissance de Ana et Thalyce, deux voyageuses, une américaine et une colombienne, qui sont venus éclairés notre quotidien. Depuis une semaine nous partageons la maison entre nous quatre. Je suis là entouré de trois sœurs, toutes différentes mais avec pour points commun : le sourire, l'amour, la générosité, la reconnaissance, la compassion. Le matin la propriété ressemble à un ashram, chacun dédie les premiers instants de sa journée à la connexion avec soi même et le divin. Puis nous partageons le petit déjeuner au cours duquel nous nous racontons bien souvent nos rêves de la nuit passée. Les journées sont remplies de partage, de communion, d'amour. L'ennuie n'y a pas sa place. Dimanche nous sommes descendus au village pour vendre notre artisanat et partager un peu de musique avec les touristes. Mardi j'ai obtenu la prolongation de mon visa pour trois mois supplémentaires, je suis maintenant autorisé à rester jusqu'au huit juillet sur le territoire. Pendant ce temps les filles, rebaptisées "Brubrujas" sont allées dans les bois enregistrer leur premier morceau ensemble "The medicine heals". Hier soir nous avons partagé notre dernière soirée ensemble. Ce matin me voilà orphelin de trois anges mais avec la certitude d'en croiser de nouveau prochainement.

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Publié le 17 avril 2018

Holà familia, comment vas tout le monde ? Je me suis décidé à reprendre la plume de mon stylo ou plutôt le clavier de appareil électrique pour continuer à vous compter mon histoire. Voilà trois semaines que j'ai fais mon retour à San Agustín, le centre énergétique de Colombie d'après certains, j'y avais passé deux nuits l'année dernière. Je suis assis à cette terrasse de café où je déguste un panuelos, une pâtisserie feuilletée fourré au lait sucré. Il est 7 heure ce matin, j'observe la vie prendre son cours petit à petit, le calme de la nuit laisse place comme dans beaucoup d'autres villages de ce même pays au vas et viens des engins à pétrole. La pollution augmente au rythme des décibels et le chaos quotidien joue sa partition à laquelle tout le monde semble s'être habitué. Cela fait trois nuits que je suis redescendu de la montagne et je sens qu'il est temps pour moi d'y remonter pour y retrouver mon autre famille, celle de l'Arcoiris (arc-en-ciel).

Après plusieurs années de vagabondage au différents coin du globe, j'ai finalement découvert le mouvement Rainbow Gathering (Les rassemblements Arc-en-ciel). J'en ai plusieurs fois entendu parlé sans jamais y porter trop attention, quelque part je ne devais pas être prêt pour y faire mon intégration. Mais depuis le 31 décembre 2017 je savais que cette année serait la bonne. Ce soir là avec mes amis mexicaines nous avons écris dans cet appartement à Paris les dix choses que nous aimerions réaliser en 2018. L'une d'elle était donc pour moi de participer à un rassemblement. Le 25 mars fût donc le jour de ma naissance au sein de la famille. À 15 heure le rendez-vous était pris place du marché avec une camionnette qui nous a emmené dans la montagne moi, quelques villageois et tout pleins d'autres hippies. Les villageois sont d'abord descendu un par un à leur maison respective puis est venu notre tour à nous, les rebelles. Armé de notre baluchon nous avons terminé le reste du chemin à pied, une promenade de 45 minutes pendant laquelle nous avons pu apprécié les montagnes aux formes et couleurs envoûtantes, les quelques vaches qui sont là apprécient, elles aussi profitent du soleil et du bruit des oiseaux. On traverse la rivière sur un tronc d'arbre, on s'arrête, on prend le temps de l'écouter, l'eau, cet élément vital nous souhaite la bienvenue. Puis on continue, le chemin deviens plus ardue, les gouttes de sueur dégoulinent mais on s'accroche, on sait, on sens que le jeu en vaut la chandelle. Et enfin c'est la délivrance, on vient d'arriver sur le lieu dit. Un lieu sur lequel se réunissent 29 jours toutes les personnes qui ont décidé de vivre d'une manière un peu différente de ce que propose la société. Dans cette vallée de Huila, ainsi que dans tous les autres rassemblements du monde, l'idée est de partager, d'échanger, d'aimer sans condition. Chacun trouve un endroit pour pauser son bivouac, sa tente, son hamac. Peut importe l'endroit finalement car ici tout appartient à tout le monde et à personne. Très vite les anciens accueillent les nouveaux avec des câlins sincères des bisous, on s'appelle par "ma sœur" ou "mon frère", on se connait déjà avant de s'être rencontré dans ce monde tri-dimensionnelle. Il y a feu sacré, c'est toujours à cet endroit que toute la famille se retrouve pour déguster les repas préparés par les "cosinamores" (cuistots d'amour). Deux fois par jours, avant de manger, nous formons un cercle autour du feu et célébrons la nourriture, chaque ingrédient qui a choisi d'offrir sa vie pour la transformer en source d'énergie à l'intérieur de nos temples par la voie du chant. Parfois la communion dure plus d'une demi-heure, puis nous servons et partageons ce moment sacré. Durant la journée, des petits groupes d'intérêts et atelier se forment. Pour tous c'est l'opportunité d'apprendre : musique, artisanat, cirque, cuisine, yoga, médecine énergétique...n'importe quelle connaissance à partager est la bienvenue. La transmission est très importante lors de ces rassemblements et il n'y est jamais question d'argent. Le troc peut être envisagé mais l'idée est vraiment de transmettre sans ne rien attendre en retour. Incroyable non quand on a un point de vue extérieur ! Pourtant dans ces montagnes il n'y a rien de plus normal. Le seul moment où l'argent est évoqué est lors du "sombrero mágico" (chapeau magique) qui passe après chaque repas au rythme de la musique pour collecter suffisamment pour aller au marché le lundi. On y dépose ce que l'on veut, il n'y a aucune obligation, billet, bisous, câlins, nourriture. Certains offrent plus financièrement, d'autres plus à la vie de la communauté, chacun est libre de participer à sa manière. Tu es même libre de venir et de ne rien faire si tu le souhaites.

Enfin, ce rassemblement est un peu special comparer a d'autres car celui-ci se passe en une Tierra Crystal, ce qui implique qu'une communauté permanente y a pris racine il y a quelques années. Ils vivent une vie de rebelles, en marge de la société. Ils, nous, ne sommes pas contre la société, nous ne sommes pas des révolutionnaires, on propose juste une solution alternative. N'importe qui peut venir joindre la famille et apporter sa pierre à l'édifice, plus on est de fous plus on rit. J'ai trouvé là des réponses à mes questions, mais j'en ai encore plein alors j'ai décidé de rester un peu plus longtemps. Le rassemblement s'est officiellement terminé hier mais plusieurs d'entre nous vont continuer à partager sur cette terre les semaines à venir. Il y a de quoi s'occuper. De mon côté j'ai envie de me connecter plus avec la terre, les plantes, les fleurs, le matin est souvent le meilleur moment pour cette activité. Il y a aussi un projet de fabriquer une maison en bambou qui m'intéresse. Les opportunités et le temps ne manquent pas. Il faut donc en profiter. Je pense fort à vous tous. Je vous envoie toute mes énergies d'amour. À toi ma maman qui écoute cette musique chamanique chaque matin.