Carnet de voyage

Une année à l'heure chinoise

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Par Raizel
En cette année scolaire 2019 - 2020, j'ai la chance d'étudier une année complète en Chine à Nankin (南京). Évidemment, l'année sera ponctuée de nombreux voyages et visites.
Septembre 2019
50 semaines
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Publié le 7 novembre 2019

Comme vous le savez sans doute, pour la plupart des séjours hors-Europe, il faut un visa. Et dans mon cas, comme je pars étudier à l’étranger, il me faut un visa étudiant. Si je décide de parler de ça aujourd’hui alors que c’est un sujet très administratif et pas forcément marrant, c’est parce qu’il y a des choses que je désapprouve profondément dans le processus pour obtenir ce précieux visa.

Tout d’abord, pour faire un visa étudiant, il faut remplir un tas de papiers, avoir un certificat de scolarité dans une école chinoise et passer une série d’examens médicaux. Parmi ces examens médicaux, on a des radios, un ECG, et toute une batterie de prises de sang. Au départ, je me suis simplement dit « très bien, c’est pour vérifier si l’étudiant est en bonne santé, savoir s’il a des problèmes de santé, c’est intelligent ».

Et là, c’est le drame.

Parmi tous les examens sanguins que je dois faire, il y a un nombre assez conséquent de sérologies (pour détecter des MST). Je trouvais ça normal avant qu’on me dise que ces prises de sang sont nécessaires afin de faire un « certificat prouvant que vous ne faites pas partie de la communauté LGBT ». En d’autres terme : vous n’avez pas de MST ? Vous êtes hétéros, voici votre certificat le prouvant ! Vous avez une MST ? Vous êtes forcément gay, vous ne pouvez pas venir à l’université en Chine !

J’aime énormément la Chine, mais il y a certaines choses qui ne passent pas. Et ça en fait partie. Véhiculer des clichés de ce genre, ce n’est franchement pas très très malin, pour ne pas dire que c’est complétement dégueulasse.

Dans tous les cas, j’ai en ma possession un certificat prouvant que je ne fais pas partie de la communauté LGBT parce que je n’ai pas de MST (enfin je l’avais en ma possession parce que le Service des Relations Internationales l’a récupéré pour le mettre dans mon dossier).

Publié le 7 novembre 2019

Il est communément admis qu’aller en Asie est vraiment très cher. Mais figurez-vous que ça ne l’est pas autant qu’on pourrait le croire ! Parmi les astuces qu’il faut connaître pour payer son voyage moins cher, il y a la fameuse escale qui fait certes perdre un peu de temps, mais fait gagner plusieurs centaines d’euros en général.

Pour ma part, j’avais réservé un vol Paris Charles de Gaulle jusqu’à Nanjing Lukou, en faisant escale à Helsinki Vantaa c’est donc en Finlande). J’ai réservé mon billet mi-mai pour un départ le 31 août, avec la compagnie finlandaise Finnair et j’ai payé la somme modique de 300€. Oui, 300€ pour partir en Asie, c’est vraiment tout ce qu’il y a de plus raisonnable.

Je vais vous raconter ma propre expérience sur ce voyage, afin que tout le monde se fasse une petite idée.

Comme pour tous les vols internationaux, il faut arriver au minimum 3h en avance pour l’enregistrement des bagages et les contrôles à l’aéroport. Et s’il y a bien quelque chose que je veux souligner c’est que Finnair est une compagnie aérienne beaucoup moins chiante que certaines autres (coucou AirFrance). Effectivement, la réglementation sur les bagages cabine est beaucoup plus souple (après on ne fait pas ce qu’on veut quand même, mais c’est totalement normal), et ce que je préfère est le fait qu’on ait le droit à un bagage en soute de 23kg + un bagage cabine de 8kg + un sac qui peut passer sous le siège (AirFrance et American Airlines, prenez-en de la graine svp). Donc clairement, niveau bagages, même pour moi qui part une année entière, on est large !

Nous avons décollé complétement à l’heure de Paris (je pense qu’il ne vaut mieux pas être en retard vu que l’embarquement a même commencé avec 15 minutes d’avance), nous avons atterri en avance à Helsinki et à Nankin, et le décollage d’Helsinki s’est fait avec 10 minutes d’avances. Pour moi qui ait en horreur tout ce qui est en retard, c’est parfait !

Le vol Paris – Helsinki durait 3h et le repas était en supplément (supplément que nous n’avons pas pris étant donné qu’on avait le droit d’apporter et de manger ses propres sandwichs dans l’avion). En revanche, dans le vol Helsinki – Nankin, il y avait deux repas (dîner et petit déjeuner) compris ainsi que des boissons et des snacks à volonté.

Je pense que c’est tout ce que j’ai à dire pour le voyage en avion, si jamais vous avez des questions, n’hésitez pas à me contacter et j’y répondrais du mieux que je peux.

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Publié le 7 novembre 2019

Ma rentrée scolaire (comprendre le début des inscriptions) se faisait le 2 septembre et nous sommes arrivée en Chine le 1er dans la matinée.

Franchement, l’aéroport de Nankin est extrêmement bien fléché, ça fait plaisir de ne pas se paumer. Par contre, j’espère que vous n’êtes pas pressé pour avoir votre tampon sur le passeport. On a facilement dû attendre une heure à faire la queue (alors qu’il n’y avait pas beaucoup d’étranger) parce qu’il n’y avait qu’une seule personne pour tamponner et poser les questions (de toute façon, vous allez vite découvrir que l’administration chinoise est lente, très lente).

Après avoir eu le précieux tampon, il a fallu aller récupérer nos valises et trouver un taxi pour nous emmener à l’hôtel pour notre première nuit.

L’avantage des taxis en Chine, c’est que ce n’est pas cher. Pour un trajet de plus de 40km, nous avons payé 9€ à deux (on était deux par taxis avec toutes nos valises). Bien sûr, on a failli mourir 20 fois en doublant des voitures par la droite, en faisant des excès de vitesse, en klaxonnant sans arrêt, etc. mais disons que ça fait partie du folklore.

Après mille péripéties en taxi et des dizaines d’accidents évités de justesse, nous sommes arrivées saines et sauves dans la chambre d’hôtel. Techniquement, on ne pouvait avoir les clefs que dès 14h, il était 10h et nous les avons quand même eues. Tant mieux (il y a d’ailleurs le room tour de cette chambre disponible sur Instagram).

Le lendemain, c’était le jour fatidique des inscriptions ! De 8h à 17h30 nous avons fait la queue non-stop et notre inscription administrative n’était même pas encore terminée, nous avons dû revenir le lendemain (que je vous disais que l’administration était très lente, je ne plaisantais pas. Plus jamais je ne me plain de la France, c’est promis). Heureusement, nous avons quand même eu accès à notre chambre étudiante. Il faut savoir qu’en Chine, les chambres individuelles n’existent pas, il s’agit forcément de « dortoirs » de 2, 4 ou 8 personnes. Je suis avec une amie dans une chambre de 2 et franchement, elle est très bien ! Si on oublie le fait que les anciens occupants ne savaient visiblement pas faire le ménage vu l’état lamentable de la douche quand on est arrivées… Après des heures passées à frotter et à inonder l’appart de Javel, c’était à peu près propre et nous avons pu poser nos affaires.

On notera aussi que si vous aimez les lits bien moelleux, vous allez pleurer : on pose sur une planche de bois un truc qui ressemble à une couette, puis par-dessus on pose une natte en bambou !

Quand notre inscription administrative a enfin été terminée, nous avons dû nous rendre à l’hôpital pour refaire des examens médicaux, prises de sang et compagnie. On peut dire que c’était un peu une perte de temps vu que les examens avaient été faits auparavant en France.

Je vais terminer cet article en vous listant quelques « particularités » de notre logement chinois et de la vie en Chine :

-L’eau du robinet n’est pas potable : c’est le cas dans toute la Chine, peu importe la ville et le logement (même à l’hôtel l’eau n’est jamais potable). Vous êtes donc obligé d’acheter une quantité astronomique de bouteilles d’eau ou d’opter pour des bidons.

-Il est interdit de brancher des appareils électriques autre que des téléphones portables et des PC dans les chambres : exit donc les sèche-cheveux, aspirateurs et compagnie… Si vous en branchez un, l’électricité va sauter et vous allez immédiatement vous faire griller par le bureau à l’entrée du bâtiment.

-On ne peut pas inviter une personne de sexe différent dans sa chambre : nous sommes deux par chambres et, vous vous en doutez, votre roommate sera du même sexe que vous. Mais vous voulez inviter un ami d’un sexe différent pour manger des chips dans votre chambre ou vous faire une soirée série ? C’est totalement impossible, à moins d’avoir une autorisation spéciale qui n’est jamais délivrée à qui que ce soit. Et si jamais un mec frappe à votre porte même pour vous demander du sopalin, il risque d’avoir de gros problèmes…

-Vous pouvez dénoncer vos voisins : vous avez vu votre voisin inviter une fille dans sa chambre ? Votre voisine a acheté un aspirateur ? Une personne dans votre couloir agit bizarrement ? Bonne nouvelle, vous pouvez totalement aller dénoncer ces personnes au bureau de votre dortoir et grâce à vous, il auront des ennuis (sachez que dénoncer les autres est considéré comme totalement normal si ils vont à l’encontre de l’ordre public).

-Il y a un couvre-feu : oui, tout le monde ici à au moins 19 ou 20 ans mais il y a un couvre-feu. A 23h30 les portes des bâtiments se ferment automatiquement et vous vous retrouvez coincés dehors si vous n’êtes pas encore rentré. Amateurs de boîte de nuit ou de soirée, ce n’est pas pour vous.

-La reconnaissance faciale est partout : vous voulez acheter un café au distributeur ? Il va falloir passer par la reconnaissance faciale. Vous voulez entrer en cours ? Il va falloir badger avec votre carte d’étudiant avant la porte d’entrée et utiliser la reconnaissance faciale. Vous voulez prendre le métro ou le train ? Reconnaissance faciale encore. Vous voulez aller manger au Burger King ? Vous devez payer à l’aide de la reconnaissance faciale. On se croirait un peu dans le futur ou dans un film de sciences fiction mais au quotidien !!

-Tout payer avec son téléphone portable : clairement, si vous n’avez plus de batterie en Chine, vous êtes mort. Vous ne pouvez plus rien faire. Absolument rien. Ici, l’argent liquide et les cartes bancaires sont obsolètes, tout le monde utilise WeChat Pay ou Alipay. C’est bien plus rapide et dans certains magasins on ne peut payer que comme ça. Si comme moi, vous aviez quelques réticences à cette idée, croyez-moi qu’on s’y fait très rapidement. Beaucoup plus rapidement qu’on ne le croit.

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Publié le 7 novembre 2019

Comme vous le savez, je ne suis pas venue en Chine pour faire une année sabbatique ou pour m’amuser, je suis ici à l’université et donc pour travailler.

La Chine adore la technologie, alors quoi de mieux que de condamner ses élèves à devoir choisir leurs cours sur une application ?

Oui, on a dû sélectionner nos cours sur un application sauf que cette dernière ne fonctionnait clairement pas aussi bien qu’on aurait pu l’espérer. Autant dire directement que c’était même un carnage. La plateforme de sélection des cours ne fonctionnait littéralement pas et on a dû faire des pieds et des mains et se prendre pour des informaticiens pour réussir à enfin choisir nos cours (notons que certains cours sont imposés).

Nous devions donc prendre des « English-taught courses », comprendre des cours enseignés en anglais, sur des sujets en rapport avec notre filière. SAUF QUE, sur 4 des cours supposément en anglais, 3 étaient intégralement en chinois. A quel moment c’est logique s’il-vous plaît ? Je ne sais pas ce que les profs n’ont pas compris dans « English taught » parce que ça me semble quand même relativement clair à moi…

La plupart du temps, les cours ne sont pas en anglais parce que le prof ne parle tout simplement pas anglais. Oui, on demande à des profs de faire des cours en anglais alors qu’ils n’ont aucun niveau, c’est totalement logique.

Je sais que cet article n’est pas très intéressant, mais je ressentais le besoin de râler auprès de tout le monde (j’ai déjà énormément râlé à propos de ça, certains le savent bien).

Sinon, un point positif pour les cours en Chine : ils sont en général peu nombreux mais demande une grande quantité de travail personnel. Il y a des cours généralement uniquement le matin, toutes nos après-midi sont « libres » (en fait il faut les utiliser pour travailler, on ne fait pas rien), et il n’y a pas de cours le lundi. Oui, c’est donc relativement relax.

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Comme je l'ai précédemment dit, en Chine, on adore payer avec les téléphones portables et c'est même globalement le seul moyen de paiement dans la majorité des cas.

Et Alipay, une application de paiement mobile, propose des vélos en libre service (comme les Vélib' parisiens), pour un abonnement de 30¥ pour 6 mois (3,86€). Autant dire que tous le monde a cet abonnement car il y a une quantité impressionnante de vélos Alipay sur le campus pour que tout le monde puisse circuler d'un bout à l'autre.

Alors évidemment, c'est une invention géniale dont je ne vais pas me plaindre (enfin, pas trop me plaindre). Mais il y a quand même quelques points noirs :

- bah parfois les vélos sont dans un état lamentable : problème de parallélisme (ouais je me crois en voiture, c'est quoi le problème ?!), selle qui tombe (un plaisir), frein qui marche pas...

- les gens conduisent comme des merdes. Tout le monde ici fait sa vie sur la route, voitures, vélos, scooters et compagnie prennent des routes à l'envers sans aucune pression. Ca paraît normal et conduire en sécurité est un vrai parcours du combattant.

- parfois tous les vélos sont au même endroit. Vous êtes dans un dortoir un après-midi? Tous les vélos sont à la bibliothèque à l'autre bout du campus ou devant les salles de cours. C'est le weekend ? Tous les vélos sont au métro. Bref, trouver un vélo est parfois compliqué même si il y en a énormément.

Mais evidemment, il y a énormément d'avantages : c'est peu cher, plus rapide et facile à utiliser (vive les QR codes).

Mais la matinée où les vélos Alipay ont buggés et qu'aucun ne se dévérouillait ça a été la panique sur le campus, tout le monde était affolé. Comme quoi, au moindre bug, la Chine est en PLS !

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Aujourd'hui, je suis allée au mémorial du Massacre de Nankin. Oui, ce n'est pas du tout la page la plus joueuse de l'histoire de cette ville, mais ça reste un événement extrêmement important.

Pour vous situer un peu le contexte : de 1937 à 1945, la guerre sino-japonaise fait rage. L'envahisseur japonais essaie de dominer la population chinoise. Nankin est alors la capitale du pays.

De décembre 1937 à février 1938, l'armée impériale japonaise, alors présente à Nankin, perpétue ce que l'histoire a par la suite nommé "le Massacre de Nankin".

Pendant les six semaines qu'ont duré le massacre, 300 000 à 400 000 civils chinois ont été assassinés et 20 000 à 80 000 femmes et enfants ont été violés par les soldats japonais (je vous passe les détails atroces).

Le massacre de Nankin a été qualifié de crime de guerre par la communauté internationale, et reste aujourd'hui encore un point de blocage pour les relations sino-japonaises (inutile d'expliquer pourquoi les chinois ont encore de la rancune).

Bref, après ce point historique passons à la visite en elle-même.

Tout d'abord, il faut savoir que l'entrée est gratuite mais on regarde vos passeports. Fun fact (qui n'est pas forcément fun): les personnes ayant un passeport japonais n'ont pas le droit d'entrer dans le mémorial. Car oui, tout le peuple japonais est considéré comme responsable de ce massacre (notamment parce que des criminels de guerre japonais continuent d'être honorés par la population aujourd'hui encore).

Rien qu'en entrant, le ton est donné : statues squelettiques, visages déformés par la souffrance, on ne nous épargne rien. L'ambiance n'est clairement pas à la rigolade.

Pareil pour toutes les dépositions qui détaillent (trop) les événements : textes, photos, vidéos, tout y passe pour être sur que le spectateur comprends bien l'horreur et l'ampleur du massacre.

Oui, dans chaque texte explicatif les japonais sont pointés du doigt. Oui, chaque tournure de phrase est destinée à les insulter plus ou moins explicitement. Parmis tous les endroits anti-japonais que j'ai vu, celui-ci dépasse tout. On ressent l'animosité non seulement à travers chaque centimètre du mémorial mais aussi à travers chaque visiteur. Oui, les chinois sont loins d'être indifférent à cela et les sentiments de haine envers les japonais sont encore d'actualité partout en Chine mais surtout ici, à Nankin.


L'entrée de la première exposition dédiée aux victimes

Tout le long de la visite, des reconstitutions de la ville détruite et saccagée par l'armée impériale japonaise sont visibles. On se balade dans des décors de chaos et de désolation.

Nankin après le passage de l'armée japonaise

L'endroit le plus émouvant de ce mémorial est sans nul doute l'endroit où se trouvent les corps de certaines victimes.

Dans un bâtiment, vous marchez au milieu de ce qui semble être un terrain de fouilles archéologiques, jonché d'ossements. Il s'agit en vérité d'une fosse commune où l'armée japonaise jetait pêle-mêle ses victimes.

La vocation de ce mémorial est de se souvenir des victimes et de se rapeller ce que les guerres peuvent engendrer. L'ambiance est techniquement à la paix, mais c'est surtout du ressentiment qui transparaît.

Bien sûr, j'espère que ceux parmis vous qui sont de fervents admirateurs du Japon se renseigneront un peu sur le sujet. Ca ne fait pas de mal de s'instruire.

A bon entendeur,

Raizel 🌸

和平 [hépíng]
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南京大学仙林区

La cantine de l'université

Publié le 27 novembre 2019

Comme vous le savez si vous me suivez un peu, la nourriture en Chine est vraiment peu chère. Tous les repas à la cantine de la fac coûtent l'équivalent de moins de 1€ !

Et ce n'est pas des repas "de merde" comme dans nos cantines françaises (attention, je ne dis pas que toutes les cantines sont dégueues en France. Juste que ma longue expérience des cantines scolaires françaises n'a pas toujours été très positive !!).


Un exemple de repas de cantine

Evidemment j'espère que vous aimez le riz (collant) car vous allez littéralement en manger TOUS LES JOURS !

Non, ce n'est pas une légende, le riz est vraiment à la base de l'alimentation chinoise. Et donc, à chaque repas à la cantine, on vous donnera d'office un bol de riz coutant la somme modique de 0.3¥ (soir 0.03€). Oui, on ne va pas se ruiner sur le riz.

J'espère aussi que vous aimez les légumes, surtout les légumes verts, car les chinois en mangent une quantité impressionnante !

On trouve aussi pas mal de nouilles dans du bouillon, mais ce n'est clairement pas ce qui est le plus populaire.


Un autre exemple de repas

Evidemment les baguettes sont de mise ! N'espérez même pas trouver des couverts occidentaux dans les cantines : c'est paires de baguettes ou cuillères chinoises pour tout le monde!

Même si je vous montre ici des plats complets, la plupart du temps nous mangeons notre nourriture dans des assiettes séparées.

Voici à quoi ressemble la plupart de nos repas

Pour se servir, il existe différents stands de nourriture dans la cantine proposant un peu tout et n'importe quoi ! On se rend donc devant ces stands et quand ce n'est pas des plats déjà tout fait comme ceux que je vous aient montrés avant ou des nouilles qui sont dans un bol, tout est dans des bols séparés.

On trouve donc le traditionnel et inévitable riz, de la viande (j'ai ici du poulet mélange avec du soja dans une sauce piquante) et des légumes verts (ici des épinards chinois). Bien évidemment, le choix est très large et on prend ce qu'on veut !

D'ailleurs il y a tellement de choses différentes qu'il m'est impossible de vous montrer tout ce que je mange ici. Mais sachez qu'on peut tout trouver: des grillades de barbecue aux raviolis chinois en passant par les plats caractéristiques de certaines minorités ethniques en Chine.

Notre campus compte un total de 11 cantines, dont une spécialisée dans la nourriture des minorités chinoises. D'ailleurs cette cabine est l'occasion rêvée de découvrir de nouveaux plats totalement inconnus au bataillon et inexistants en France.

On a même trouvé des plats typiques coréens dans la cantine 2, on ne sait pas vraiment ce que ça foutait là mais ça y était !

Evidemment les salles des cantines sont énormes car il faut pouvoir abriter quelques milliers d'étudiants affamés 3 fois par jours.

Parlons d'ailleurs des horaires quelque peu décalés par rapport à ce dont on a l'habitude en France :

- Petit déjeuner : de 6h à 8h

- Déjeuner : de 10h30 à 12h30

- Dîner : de 17h à 18h30

Ce sont là les horaires de toutes les cantines qui correspondent aux habitudes chinoises en terme de repas.

C'est donc beaucoup plus tôt (surtout le dîner) comparé à ce qu'on fait d'habitude en Europe.

Une dernière petite chose concernant la cantine: les personnes qui débarrassent nos plateaux sont en général des enfants d'une dizaines d'années.

Oui, quand on a terminé de manger on va poser nos plateaux devant des gosses qui les débarrassent. Après une légère investigation, il se trouve que ces enfants sont les enfants du personnel de la cantine et que du coup ils "aident". Okay. De toute façon, c'est pas comme si la Chine respectait vraiment les législations en vigueur que le travail des enfants...

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Publié le 18 janvier 2020

Comme vous le savez peut-être la Chine adore les caméras de vidéo-surveillance. Et quand je dis adore, c'est vraiment à outrance. Chaque coin de rue, chaque salle de classe, chaque couloir, chaque magasin, etc. possède une ou plusieurs caméras. Notons que pour les salles de classe il y en a cinq, pour éviter toute triche des étudiants.

Mais tout va bien plus loin que ça.

Vers le mois de novembre, nous nous sommes rendues comptes que sur le plafond de notre logement se trouvaient deux détecteurs de fumées étonnement proches. Au début de l'année, nous ne nous étions pas posés plus de questions que ça, les bizarreries architecturales ça arrive partout, et encore plus en Chine. Mais après de longues discussions avec des étudiants internationaux, nous en sommes tous venus à la conclusion qu'il était très bizarre que deux détecteurs de fumées soient dans une même pièce et quasiment côte à côte.

Bien évidemment, il n'aura pas fallu très longtemps à tout le monde pour se rendre compte qu'un des détecteurs de fumée n'en est pas un. Il s'agit en fait d'une caméra de vidéo-surveillance camouflée en détecteur de fumée. Illégal? Pas du tout, en Chine tout au moins.

"Vous êtes filmés à votre insu et ça vous pose un problème? Mais quel est donc ce problème si vous n'avez rien à cacher?" a été la réponse de l'acceuil du bâtiment quand des étudiants britanniques leur ont dit qu'ils aimeraient retirer ou au moins pouvoir cachet cette caméra en plein milieu de leur chambre.

Ah et, comble de l'horreur, la caméra clignote la nuit, ce qui veut dire qu'elle est en plus infrarouge. Super.

A tous les futurs étudiants en Chine: méfiez-vous des détecteurs de fumée qui sont en fait des caméras. Après quelques recherches, on apprend qu'ils sont monnaie courante. Donc si vous n'êtes pas d'accord pour être observés H24, fuyez.

Le point positif qu'on a trouvé dans cette histoire est qu'il n'y a pas de caméras dans la salle de bain (encore heureux, mais sait-on jamais).

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Publié le 24 janvier 2020

Il est temps de parler d'un sujet grave: China Post.

Pourquoi me suis-je retrouvée en contact avec ces personnes me direz-vous. C'est bien simple, j'avais comme projet d'envoyer des cartes postales depuis Nankin à ma famille et à mes amis. De ce fait, je devais aller acheter des timbres internationaux et me rendre dans les bureaux de China Post pour que ma lettre soit envoyée par avion. Alors dit de cette manière, ça semble vraiment enfantin. C'était bien évidemment sans compter sur l'administration chinoise qui a le talent de toujours tout compliquer !

Voici donc une story time exclusive, bande de petits chanceux.

Tout commence quand moi et ma bien-aimée roommate commençons à chercher un bureau China Post Worldwide pour être sûres qu'ils prennent en charge les envois à l'étranger. Jusque là, rien de bien compliqué me direz-vous.

Il se trouve qu'il existe un bureau China Post Worldwide à environ 20 minutes de métro de notre université. Après avoir fait la route, nous arrivons dans ce bureau de poste qui est donc censé envoyer dans le monde entier. Sauf que là, la femme de l’accueil nous sort un "ah désolée, j'ai plus de timbres pour l'Europe, il faut vous rendre à l'université d'agriculture". Très étrange mais soit, parfois en Chine faut pas chercher la logique.

Nous nous rendons donc à l'université d'agriculture qui est à 5 minutes à pieds du bureau China Post. Quand on arrive, le mec qui s'occupe de ce bureau (et qui était à moitié endormi), nous dit qu'il faut aller dans un bureau de China Post Worldwide et qu'il y en a un en bas de la rue. On lui explique alors que c'est justement de là qu'on vient et que la femme de l’accueil n'a plus les timbres dont on a besoin. Le mec nous réponds qu'il a plus de timbres pour l'Europe mais qu'il en a pour les États-Unis et que ça peut peut-être fonctionner (mais bien sûr). Très très peu convaincues, on lui fait alors remarquer que ça ne va sans doute pas fonctionner vu qu'on veut envoyer en France. Il nous répond alors qu'on doit se rendre au bureau central de China Post à Zhujiang Lu si on veut d'autres timbres parce que lui, il a pour les USA et basta.

Moi et ma roommate reprenons donc le métro jusque Zhujiang Lu (soit environ 15 minutes). Après un peu de recherche, on arrive dans un bureau de poste China Post Worldwide. Déjà, le bureau en question était dans une rue flippante, complétement vide, on aurait cru qu'ils étaient en train de déménager et de faire des cartons. Dedans, il n'y avait qu'un seul gars, caché derrière une pile de dossiers. On arrive, on se présente, on et demande si il y a des timbres en vente ici pour envoyer des lettres en Europe. Le gars nous réponds instantanément "pour envoyer un colis en France c'est 245 yuans". Je lui explique alors le plus calmement possible (parce qu'on était énervées de courir dans tous les sens pour des timbres) qu'on s'en balance de ses colis de merde et qu'on veut juste envoyer des putains de lettres. Et là, devinez ce que nous dit ce mec ? "Ah mais j'ai plus aucun timbres pour l'Europe, vous devez aller au bureau central China Post de Xinjiekou". Notons au passage que Xinjiekou est sans doute LE PIRE ENDROIT DE NANKIN. Je m'explique: chaque fois qu'on y va, on se retrouve perdues parce qu'on ne peut pas traverser ces putains de rues de merde (c'est des souterrains qui passent en dessous pour traverser, il y a des barrières dans les rues pour ne pas qu'on traverse au dessus) et la station de métro est tellement énorme et mal indiquée que c'est l'horreur pour trouver la bonne sortie. Bref, Xinjiekou = enfer.

Nous reprenons une troisième fois le métro pour nous rendre à Xinjiekou. On se dirige ensuite vers le bureau de Poste (je précise qu'on avait quitté les dortoirs vers 13h et qu'il était déjà plus de 16h, ô joie). Quand on arrive devant le bâtiment, on remarque une pancarte sur la porte avec marqué "coupure d'électricité" et le bureau de poste était plongé dans le noir. Bref, on entre, et on commence à expliquer à une mamie qui bosse là qu'on veut envoyer des lettres en France. Elle nous envoie vers un autre mec qui comprenais quedal (ah, les joies de l'administration chinoise) pour qu'il nous donne des timbres. Mais quand je dis que ce gars ne comprenait rien, il ne comprenait VRAIMENT rien. Il a dû appeler une troisième personne pour qu'elle lui réexplique tout.

Cette troisième personne nous explique que c'est okay, ils ont les timbres, et maintenant il faut scanner un QR code pour les payer (en Chine, il n'y a que le paiement mobile de disponible dans énormément d'endroits). Normalement cette étape ne pose AUCUN PROBLÈME. Sauf que là, ils nous sortent un QR code tout pâle, et j'ai immédiatement compris que ça puait la merde.

On tente de le scanner. Ça marche pas. Le mec qui comprenait rien nous dit que c'est peut-être parce qu'il fait trop noir à cause de la coupure de courant, alors il braque la lumière de son téléphone sur le QR code. Ça marche pas. Le mec part dehors avec nous pour qu'on scanne à la lumière du jour. Ça marche pas. Il va dans le hall de la banque juste à côté. Ça marche pas.

Le gars était vraiment saoulé, il rentre donc dans le bureau de poste et dit à la meuf que ça marche pas et demande si ils ont pas un autre QR code, moins pâlichon. Elle lui répond que non. En désespoir de cause, le mec nous demande si on a pas du cash. Sauf que personne n'a de cash en Chine vu que les trois quarts des magasins n'en veulent pas. En essayant d'être gentilles et de trouver une solution au problème, on lui dit qu'on a une carte Union Pay. Il me réponds que leur lecteur de carte bancaire est pété. Je lui dit que dans le pire des cas, on peut faire un paiement avec Alipay. Il me réponds de China Post ne prend pas Alipay (mdr, les seules personnes de la Chine qui n'acceptent pas Alipay).

Au final, comme rien ne fonctionnait, on a fait un virement au gars de la poste pour payer.

Une fois ce problème de paiement solutionné, le gars nous sort les timbres pour l'Europe de son tiroir et aussi un putain de pot de colle dégueulasse avec un pinceau énorme dedans (on aurait dit du miel le truc) et il nous dit que c'est pour coller nos timbres. Ce n'était donc pas une légende: la Chine n'a pas encore inventé les timbres autocollants. On essaie alors de coller le plus proprement possible nos timbres avec cet énorme pinceau gluant. Ce qu'on avait pas prévu, c'était que le bureau de poste fermait à 17h et qu'il était déjà plus de 16h30. Du coup, dans un élan de gentillesse, la meuf a décidé de nous aider à coller nos timbres pour qu'on aille plus vite comme on avait plein d'enveloppes. Sauf qu'elle a foutu de la colle partout comme un porc. Je précise également qu'on a collé les timbres dans le noir avec comme seul éclairage une torche de téléphone parce que l'électricité était toujours pas revenue.

Une fois tous les timbres collés, le gars qui comprend rien fout tous les tampons sur nos enveloppes et nous sort un "ah mais il faut écrire votre adresse chinoise au dos de l'enveloppe au fait". Notre adresse chinoise fait 9 lignes, tuez-nous. On commence donc à rusher et à écrire notre adresse super mal au dos des enveloppes parce que je rappelle que la poste va bientôt fermer ses portes. Nos adresses étaient super mal écrites, et en plus le gars qui comprenais rien commençait à nous mettre la pression pour qu'on écrive plus vite alors que ce n'était pas possible. D'un seul coup la lumière revient. La meuf du guichet (cette bonne âme) prend quelque unes de nos enveloppes pour copier notre adresse (le dos de mes enveloppes est vraiment super sale, c'est un scandale).

Après avoir tout écrit comme des porcs, c'est enfin réglé. Il était 17h01, et quand on se retourne pour sortir, on voit les gardes armés qui ferment les portes de la poste. On se tape alors un sprint dans le hall et on arrive devant eux en mode "nan please nous enfermez pas dans la poste on veut rentrer chez nous". Les gardes rigolent et nous laissent sortir.

Plus jamais je n'envoie des lettres depuis la Chine.