Carnet de voyage

#5 Zimbabwe

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A travers ce pays étonnant
Juin 2021
5 semaines
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C'est l'heure de passer la frontière côté Zimbabwe, il y a quinze jours nous n'y croyions pas, mais voilà nous sommes à la frontière munis de notre lettre d'invitation de l'immigration Zimbabwéenne. Officiellement les frontières terrestres sont fermées depuis décembre 2020, pour éviter que le variant Sud-africain ne rentre dans le pays pendant les fêtes de fin d'année. Beaucoup de Zimbabwéens travaillent là-bas.

Je me présente à l'immigration derrière un groupe de touristes qui sort du pays. Les voyageurs se font tamponner leurs passeports. Après de courts salamaleks, le policier me demande si je suis informée que les frontières sont fermées. Euh, non, enfin oui, mais j'ai une lettre d'invitation monsieur. Il la prend, l'examine pendant 5 minutes avant de me demander de remplir les formulaires d'entrée, puis saisit les données sur son ordinateur. Une fois qu'ils voient que nous venons de Madagascar, l'ambiance se détend et nous commençons à causer potions magique anti-covid. Ensuite nous devons nous présenter à la table du service sanitaire pour enregistrer nos résultats de tests PCR (les faux sont passibles d'arrestation et de condamnation). Vingt minutes plus tard nous avons nos visas collés sur nos passeports valides 30 jours. Nous allons voir les douaniers pour faire remplir le CPD (carnet de passage en douane) de la voiture, et payer les taxes routières. Nous sommes exempts de l'assurance car nous en avons déjà une qui nous couvre jusqu'au Kenya. Après 1h15 nous nous présentons à la barrière de sortie, mais le monsieur nous dit qu'il manque le paiement d'une taxe de 50 US $. Les policiers qui nous suivent depuis le début nous disent, pas de problème, il prennent nos justificatifs de paiement, vont avec le monsieur chez les douaniers et reviennent en disant que tout est bon. Le monsieur ne connaissait pas le système d'autorisation temporaire avec le CPD. Personne ne nous a parlé de la quarantaine comme mentionnée dans la lettre d'invitation, tant mieux.

 Un vervet veut chiper le gouter des enfants

Nous sommes toujours dans le parc national transfrontaliers des quatre pays, Namibie, Botswana, Zambie, Zimbabwe. La route en très bon état est vallonnée et nous voyons un éléphant au bord de la nationale.

Seulement 65 km nous séparent des Chutes Victoria, site naturel prisé en Afrique. C'est une petite ville au style anglais et proprette.

 17h, sortie du travail

Nous allons à Shearwater Explorers Village, nouveau lodge qui a seulement trois ans, très bien agencé. Le réceptionniste négocie les prix pour nous, auprès de sa patronne, pour que les enfants payent demi tarif. Les seuls clients sont des français, un jeune couple et deux étudiants, en 4 jours !!!

Nous sommes à deux kilomètres des chutes, nous entendons le vrombissement d'ici, avec la sensation d'être au bord de la mer, sans le ressac.

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Publié le 18 juin 2021
Nuage généré par les chutes depuis le camping

Après l'école nous partons au centre ville pour acheter une carte sim chez Econet. Les prix sont affichés en bonds (dollars zimbabwéens) mais on oeut aussi payer en dollars américains. Ils ont deux terminaux de carte bleue différents. Il active la carte sim et nous prenons des datas pour pouvoir entre autre écrire le blog et appeler nos proches. Nous cherchons le deuxième opérateur, pour avoir une couverture maximum. Au Botswana, par moment nous voyions une antenne sans avoir de réseau.

Puis nous voulons convertir nos dollars américains en monnaie locale. Ce n'est pas une mince affaire. Nous avons entendu pouvoir l'acheter à 115 pour 1 dollar, mais celui que je suis allée voir dans un centre de pari sportif, n'en a pas trouvé.

Nous allons manger une pizza, les prix ne sont pas affichés, ils convertissent les bands en dollar pour nous donner le prix. Système déroutant avec ces deux monnaies qu'ils appellent toutes les deux dollars.

Nous poursuivons notre chemin par l'office de tourisme de la ville. Pas vraiment de renseignements, mais plusieurs gars se succèdent à quelques minutes d'intervalle pour nous proposer un vol en hélicoptère et des bonds, mais toujours pas au taux de 1 pour 115.

Nous allons vers la gare pour voir si le train touristique qui traverse le pont entre la Zimbabwe et la la Zambie fonctionne, mais c'est écrit annulé, donc pas de voyage en train. A ce moment là un vendeur de souvenirs nous accoste pour nous proposer une girafe en bois. Nous le remercions gentiment à plusieurs reprise, mais rien n'y fait. Il est prêt à lâcher sa statuette pour 1US$ tellement il a faim. Ce vendeur nous pousse à rentrer au camping.

La ville est quasiment vide de touristes, mais les vendeurs semblent encore actifs. Les stocks regorgent de statues en pierre, marbre, bois,... C'est un spectacle économique désolant.

Un éléphant en pleine ville vient nous rendre visite.

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juin
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Publié le 18 juin 2021

Nous partons découvrir ces fameuses chutes que nous entendons depuis deux jours. Nous sommes au début de la saison sèche, donc le débit est encore élevé et la visibilité n'est pas optimum, mais rien que le bruit est impressionnant. Sur le parking quasiment vide et occupé à moitié par les vendeurs de souvenirs, un groupe de danseurs attendent pour lancer leur danse traditionnelle, vêtus de leur tenue folklorique.

Nous remontons en amont pour trouver le Zambèze large et paisible avant qu'il ne s'engouffre dans les chutes larges de 1700m et au plus haut de 108m.

En amont 

Un point de vu nous permet de voir la faille qui permet ce spectacle de la nature et d'avoir vue sur un bonne largeur.

Très vite nous sommes arrosés par les embruns et ensuite c'est un petit crachin breton qui nous accompagne sur quelques mètres.

Il y a des points de vue tout au long de la faille, mais certains sont dans le brouillard humide. Nous finissons tous mouillés jusqu'au slip.

A la fin de la balade apparait le pont permettant de franchir le Zambèze pour se rendre en Zambie.

Nous reprenons la voiture pour faire une petite boucle, qui ne donne pas grand chose. Elle passe devant un vieux baobab.

Pause repas au camping avant quelques courses. Le supermarché est vide en ce samedi après-midi. Pas sur que beaucoup de Zimbabwéens aient le pouvoir d'achat pour se rendre ici. Beaucoup de produits "made in Zimbabwe", mais peu de références. Cependant ça suffit amplement.

Supermarché un samedi 

Nous allons à l'hôtel de Victoria Falls, sous les conseils de Laurent venu ici il y a quelques année avec sa tendre épouse Caroline. A la barrière l'écriteau n'est pas très accueillant. Personne ne peu rentrer sans réservation de nuitée ou de repas. Le gardien nous désinfecte les pneus et ne nous demande rien. On se présente à l'entrée, idem. Un voyage dans le temps s'annonce. L'hôtel a été construit en 1904, pour les employés qui construisaient les voies ferrées, puis l'établissement a été transformé en hôtel pour les voyageurs. La vue permet de prendre du recule sur les chutes et le pont. En effet ça vaut le coup d'œil. Nous passerons sur le menu "tea" avec ses petits gâteaux. Les enfants découvrent ce musée et l'ambiance luxueuse. Ambre s'amuse de la classe des toilettes et de leurs conforts.

Le jardinier se balade avec sa carabine pour faire fuir les babouins. Il nous faut 680 bonds pour payer 4.5€ de boissons.

Un air de passé colonial flotte encore dans cet hôtel. Dernier pays de la royauté à accéder à l'indépendance en avril 1980.

Ex-colonies: Rose foncé : sud-africaines, vert : portugaises, rose clair : anglaises, jaune : belges, blanc: françaises
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juin
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Publié le 18 juin 2021

En fin d'après-midi nous allons à pied au pont construit en 1905, avec une hauteur libre de 128m. Nous prenons un laissez-passer à la douane.

Vertigineux. Les chutes se dévoilent lorsque le nuage d'embruns se dissipe.

Le train à vapeur arrive depuis la Zambie, encore un anachronisme. La frontière se trouve au milieu du pont, là où ceux partants pour des sensations fortes peuvent sauter à l'élastique depuis le pont. Personne sur ce pont à part un taxi qui fait les vas et vient entre les deux frontières et quelques vendeurs de souvenirs. L'un d'entre eux est un billet de 50 billions de l'ancienne monnaie zimbabwéenne, ce billet permettait d'acheter seulement 2 kg de pain.

Les enfants veulent rentrer en taxi mais nous arrivons à leur rajouter 2 km dans les pattes.

Ce soir nous faisons un BBQ avec les deux étudiants français en géni civil, qui finissent leur voyage de 4 mois en Afrique dont un mois à construire un château d'eau en Tanzanie. Le voyage forme la jeunesse, nous le constatons dans leurs propos.

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Publié le 28 juin 2021
 Victoria falls - ? : 199 km

Avant de partir nous cherchons à acheter notre 2ème carte sim. Cet opérateur ne prend pas les US$. La technique est d'aller sur le parking où se trouve des femmes qui prêtent leur carte bleue et leur code, puis nous les payons en US$. Elles gagnent au taux de change avec cette technique.

Puis nous prenons la route nationale qui ne cesse de monter, nous arrivons en milieu semi-montagneux.

Nous passons Hwange, ville minière de charbon où se trouve beaucoup de centrales thermiques fonctionnant au charbon.

Des baobabs clairsemés dans le paysage apparaissent. Nous passons un péage, sur route nationale, la portion concernée n'est pas identifiée. Avant de bifurquer au nord sur une route secondaire nous rajoutons 20US$ de diesel à 1,30$/L.

 Vente des fruits de baobab sur la gauche

Les petites maisons rondes sont dispersées dans la campagne, la concession est composée d'une maison principale, un grenier à grain et un à épis, parfois des maisons secondaires se rajoutent sur la parcelle clôturée de broussailles épineuses ou de barrières en bois.

Vers 16h30 le soleil rasant dore le paysage accentué par les couleurs automnales des arbres. Nous cherchons une maison accessible en voiture, mais la plus part possèdent des chemins piétons pour s'y rendre. Nous nous arrêtons devant celle de Madame Getrude (ponctuation avec un claquement de langue) Ncube pour demander l'hospitalité pour la nuit. Je lui demande si elle parle anglais, elle me répond non "Tanga". Mais c'est avec plaisir qu'elle nous accueille chez elle où elle vit avec ses deux filles. Elle était entrain d'éventer le mil avec sa maman avant de stocker le grain, elle retourne à son activité. La récolte a eue lieue en avril. La fille de Getrude, Ambition, joue aux légos et playmobiles pendant que sa maman finie de vanner le battage du jour. Une fois terminé, elle s'empresse d'aller prévenir la cheffe du quartier qu'elle a des visiteurs ce soir. La dame d'un certain âge vient nous saluer avec quelques membres de sa famille.

Ambition et Ambre

Ensuite Getrude prépare le feu pour nous montrer comment elle prépare la bouillie de mil, le swanza. Elle nous ramène une assiette de swanza accompagné avec des petits poissons cuisinés à l'huile et à la tomate. Je sors les couverts mais elle m'arrête tout de suite en me disant que ça se mange avec les mains. Nous lui faisons goûter notre repas, pates au pesto, mais elle ne trouve pas ça nourrissant et après nous avoir salué repart prendre son dîner en famille.

A 20h30 les voix perdues dans la nuit s'estompent petit à petit laissant place au calme sous un ciel étoilé.

15
juin
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Publié le 28 juin 2021

A 5h45 les enfants se chamaillent déjà. "Arrête de taper Ambre", "arrête de taper Stanislas", jusqu'à ce qu'ils comprennent que le bruit vient de l'extérieur. Getrude a déjà commencé le travail. Nous sortons et trouvons cinq femmes entrain de battre le mil.

Après le café je me lance dans l'apprentissage du battage, mais la force que je mets dans mon bout de bois ne permet pas d'entendre le coup de fouet qui assène le mil. Je me fatigue vite, les courbatures seront fatales demain. Elles ont 6 jours de travail pour venir à bout de la récolte de l'année.

Stanislas part avec Ambition pour chercher des braises dans une maison voisine pour rallumer le feu permettant de préparer le petit déjeuner.

 Dans la cuisine

Il leur faudra deux heures pour mettre fin au tas d'épis étalé ce matin. Il reste encore le vannage qui durera toute la journée. Getrude siffle pour appeler le vent permettant de séparer le son du grain. Je leur ramène du café, elles n'en avaient jamais gouté. Je leur rajoute du lait et du sucre pour qu'il soit buvable pour elles.

Pendant ce temps Ambre et Stanislas jouent au foot avec les enfants, balayent, construisent une petite maison avec une base de couveuse pour poule. Ils ont adorés cette escale.

Quelle rencontre ! Car contrairement à ce que Getrude nous a dit hier, elle parle très bien anglais et ceci nous permet d'échanger longuement. L'anglais est la langue commune utilisée dans le pays, apprise à l'école, qui est obligatoire depuis que Mugabe a pris le pouvoir en 1980, mais elle est devenue payante il y a 15 ans. Getrude paye 15 US$ par trimestre par enfant. Ne pas envoyer ses enfants à l'école est passible d'une amende.

Getrude a une énergie folle, malgré sa difficile vie de paysanne, elle n'a pas le choix me direz-vous. On sent qu'elle est leader dans sa famille élargie et résignée par son pays. Aujourd'hui l'argent ne circule pas, elle doit troquer de sa récolte pour acheter du savon, du sucre, ...Nous saluons tous le monde avant de poursuivre notre route.

Nous allons vers le lac Kariba plus au nord. Nous descendons sur 700 mètres de dénivelé en passant par une vallée assez habitée. La route se dégrade au fur et à mesure des kilomètres, pourtant elle est peu empruntée, seulement par des bus et quelques voitures particulières.

Nous faisons un détour par le village de Mlibizi, anciennement balnéaire mais désuet. Après le déjeuner nous poursuivons vers Binga. Nous trouvons une guesthouse surplombant le lac Kariba, qui permet de générer de l'électricité pour le Zimbabwe et la Zambie. Nous nous installons dans le jardin et profitons de la salle de bain et du salon extérieur. La vue est sauvage et apaisante, le seul bruit vient des cloches du bétail qui erre sur les berges.

En face se trouve la Zambie, des pêcheurs partent pour travailler cette nuit. Pendant ce temps les enfants jouent à fabriquer un enduit pour une opération de maçonnerie.

Le matin une grande famille de vervet vient tenter de chiper nos fruits.

Nous restons deux nuits supplémentaires ici, à profiter de la chaleur matinale. Les enfants jouent à pêcher "pour de faux" dans la piscine, petites balades, jeux, lecture,...

Nous achetons du poisson au pêcheur à la ligne posté depuis le matin. Pas génial, le goût de vase est un peu trop prononcé.

18
juin
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Publié le 28 juin 2021
Binga - Deka : 155 km 

Après quelques courses dans un supermarché vendant en gros nous rebroussons chemin pour retourner à Hwange.

Pour éviter de reprendre le même itinéraire, après 100 km nous bifurquons à droite pour emprunter une piste. Nous ne connaissons pas encore l'état de celles-ci au Zimbabwe car pour l'instant nous avons emprunté que des routes l'asphaltés plus ou moins occupées par des nids de poule. Il s'avère que la piste est bonne et peu empruntée. Nous sillonons à travers les rochers, les cours d'eau franchissant des ponts en excellents état.

Nous arrivons à Deka qui est au bord du Zambèze. Le débit est élevé. Étant toujours à 500 m d'altitude nous décidons de rester ici pour profiter encore des nuits aux douces températures.

Nous trouvons en centre nautique désuet lui aussi. Les habitants de Hwange viennent ici le week-end pour pêcher. Les enfants se lancent dans l'activité avec entrain, mais le courant étant fort et le niveau d'eau élevé ça mord pas trop.

Nous retrouvons les bruits des hippos dès la tombée de la nuit. Ils viennent brouter l'herbe du camping pendant la nuit. Nous n'en verrons pas mais chaque bruit de feuillage nous interpelle.

Nous sommes pas très pressés de retrouver les matins frais donc nous restons une journée de plus.

Vers 17h quand je cherche à quelle heure commence le match France-Hongrie, il ne reste plus que 5 minutes, nous écoutons la fin à la radio. Arrive le coucher du soleil où les couleurs du soir ne demandent qu'à être contemplées.

Les enfants dégustent notre premier gâteau au chocolat fait à la poêle avec Ambre. Un peu trop cuit, mais il semble excellent.

20
juin
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Publié le 28 juin 2021

Avant de partir, les enfants offrent à leur papa leurs dessins qu'ils ont commencés hier soir et finis ce matin avec complicité et de petits animaux en perles et en fils de fer fabriqués artisanalement au Botswana.

La route vers le sud est belle, sinueuse et vallonnée. Cette fois-ci nous montons plus souvent que l'inverse car nous allons à 1200 m d'altitude. Tous les 10 km nous passons devant une école. Nous croisons un projet de culture vivrière financé par la banque mondiale où des femmes s'affairent dans la parcelle.

Avant d'arriver à Hwange nous traversons un cours d'eau bleu turquoise, très beau visuellement mais ça nous laisse perplexe.

Quelques mètres plus loin le paysage est consternant, la poussière de charbon recouvre les végétaux et la route. La montagne est éventrée pour exploiter le filon du charbon, des camions se succèdent pour le transporter vers la centrale thermique à quelques kilomètres d'ici.

Nous arrivons à Hwange, ville minière et ouvrière où les maisons identiques se succèdent. Une rue est consacrée aux églises qui s'alignent sur 500 mètres.

 Hwange

Depuis une semaine le pays a renforcé ses mesures anti-covid. Les restaurants ne servent qu'à emporter. Nous trouvons un petit restaurant qui fait des burgers, des sandwichs à l'œuf, des sambos,... Nous mangeons sur le rebord de la vitrine du restaurant accompagnés par des hommes qui se restaurent aussi. Ils sont ravis de voir des touristes, curieux de notre périple. Le foot étant universel ils nous demandent si nous supportons la France pendant cette coupe d'Europe ? Evidement et vous quel pays? "L'Angleterre of course". Je suis toujours surprise que les pays anciennement colonisés supportent bien souvent le pays qui les a colonisés. Nous avions vu la même chose au Suriname il y a 9 ans où ils supportaient les Néerlandais. Nous partons faire les courses après ce moment d'échange. Les Zimbabwéens sont foncièrement aidants, curieux et bienveillants. Leur ancien président a donné une mauvaise image de ce pays, à tort.

Après cette escale nous partons pour le parc national de Hwange.

Nous sommes au sud de la ville et retombons rapidement sur des mines de charbon à ciel ouvert, encore plus grosses que ce matin. La montagne est tout autant étripée, les fumerolles s'échappent de la houille, des dépôts de soufre se forment, l'odeur est acre et désagréable. Les engins permettant l'extraction sont abandonnés sur place une fois qu'ils ont fait leurs heures. La concession est délivrée par le gouvernement à un exploitant, mais celle-ci peut être exploitée par quelqu'un d'autre, ici c'est souvent de nationalité chinoise. Nous sommes seulement à quelques kilomètres du parc, son rôle de protection de la nature prend tout son sens, sans lui l'exploitation du charbon grignoterai l'espace naturel où vivent une centaine d'espèces d'animaux sauvages.

Dès notre entrée dans le parc des éléphants apparaissent. L'un d'eux restera 20 minutes à longer la piste, nous empêchant de passer, prenant une pause très élégante lorsqu'il mange.

Nous arrivons à Sinamantella campsite où ils n'ont vu personne depuis un mois. Le temps s'est arrêté ici, les petites maisons hébergeant des touristes autrefois sont en mauvais état et vidées de tout équipement. La vue depuis notre emplacement surplombe une vallée avec une visibilité à des dizaines de kilomètres. Au camping il y a des sanitaires avec de l'eau chaude chauffée au bois, mais l'électricité a disparue ainsi que les ampoules.

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juin
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Publié le 4 juillet 2021
Sinamantella - Masuma : 28 km

Nous profitons de la vue et scrutons la vallée aux jumelles, malgré les lions que nous entendons nous voyons que quelques troupeaux d'herbivores.

Nous nous arrêtons au bureau pour réserver une nuit dans le prochain campsite, plus sauvage. Cette opération prend du temps, se fait par WhatsApp en échangeant avec l'entrée principale, l'emplacement est occupé ce soir puis en fait non il est disponible. C'est la nuit la plus chère que nous faisons depuis le début du voyage, à 103 US$, l'emplacement coute 29US$ par personne, 50% pour Ambre, gratuit pour Stanislas, plus les entrées du parc.

Beaucoup d'oiseaux nouveaux pour nous.

Un garde nous informe qu'hier il a vu une carcasse de buffle dévorée par des lions sur notre itinéraire. Ses informations sont précises, nous pourrions la trouver, avec les lions se serait encore mieux 😉.

Nous faisons un petit détour par un point d'eau chargé en hippopotames et crocodiles. Nous discutons un moment avec le garde qui reste seul 14 jours sur place avant de rentrer 14 jours chez lui. Nous ne trouverons ni la carcasse ni les lions, en bordure de route... Le "hier j'ai vu" est souvent frustrant car nous "le aujourd'hui" c'est souvent du néant 😀.

 Crocos et hippos

Le point d'eau suivant est notre site pour camper ce soir, il n'est qu'à 10 km donc nous décidons d'y aller directement pour y pique-niquer. Le garde du camping (qui comprend deux emplacements) nous accueille très professionnellement en nous demandant notre "permit". Il nous souhaite de passer un bon moment ici, qui pour lui est le meilleur endroit du parc.

En effet devant nous un abri est construit face à un grand point d'eau.

Nous décidons de ramener nos fauteuils pour rester contempler les vas et viens des animaux durant toute l'après-midi. Des girafes, des kudus, des phacohères, des éléphants se succèdent, tandis que les résidents, crocodiles et hippopotames, animent le lieu le reste du temps.

Le garde s'appelle Godfrey, il a 38 ans et a une femme et une fille de 6 ans. Il travail pour le parc depuis 16 ans. Il a passé un concours, puis a suivi une formation digne de l'armée d'après lui. Il vient régulièrement se pauser avec nous, toujours muni de son fusil à baïonnette et nous explique le fonctionnement de la vie des animaux. Nous avons évidement plein de questions puisque nous les côtoyons depuis deux mois maintenant en "self-driving" avec pas grand monde autour, pour nous répondre. C'est le point négatif de voyager ainsi.

Nous apprenons que les hippos peuvent marcher 40 km la nuit pour aller chercher des herbes à brouter. Les femelles mettent bas hors de l'eau pour que les poumons puissent se déployer et protéger leurs petits des attaques de crocodiles.

Les éléphants sont trop nombreux pour lui, il faudrait les partager avec d'autres pays africains qui n'ont pas d'éléphant. Laisser la situation telle quel engendrerait une perte de biodiversité par la destruction de l'habitat et du garde manger des autres espèces.

Les jeunes éléphants restent vulnérables, un petit arrive avec une demi trompe et sans queue. Il doit doubler de volume pour espérer survivre suite à l'attaque d'un lion dont il a fait l'objet. La trompe est le meilleur allié des éléphants pour boire et se nourrir, ça parait mal parti pour lui, mais il s'adapte déjà pour boire. Pour l'instant il allaite encore donc se nourrit correctement. Les femelles ont une gestation de deux ans et les petits allaitent pendant deux ans aussi.

En fin d'après-midi nous lui offrons une bière et continuons nos discussions. Nous élargissons les sujets.

Mugabe : le point positif c'est qu'il a mis l'accent sur l'éducation et en effet le niveau d'instruction est élevé ici. Le point négatif c'est qu'il a volé 10 milliards de dollars et n'a jamais dit où étaient ces sous alors qu'il l'avait promis. Acheter une voiture : ça coute au moins 3 fois plus cher qu'en France à titre d'exemple notre voiture en seconde main serait à 80 000 US$. Tout produit importé est multiplié par trois, ça se vérifie dans les supermarchés où les produits locaux sont accessibles, les autres non. La corruption de la police : le Zimbabwe avait mauvaise réputation concernant les arrêts incessants de la police routière, rackettant quelques dollars à chaque automobilistes. Aujourd'hui ils ne le font plus, malgré le nombre important de barrages, car ils se font virer s'ils se font prendre entrain de corrompre. Une brigade anti-corruption anonyme a été crée pour arriver à ce résultat Partir travailler à l'étranger pour échapper à la pauvreté?: non je préfère vivre pauvre que de souffrir du racisme et de l'insécurité ailleurs.

C'est toujours délicat d'aborder ces sujets, nous ne savons pas si nos questions vont choquer au pas. Lorsque que nous voyons que notre interlocuteur a une certaine ouverture d'esprit, nous essayons de poser nos questions petit à petit. Du coup Godfrey a aussi des questions qu'il n'ose pas poser lorsqu'il croise des occidentaux. Mais là il a osé et ça fait très plaisir de pouvoir y répondre. Il y va sur des œufs en espérant pas me froisser. Malin, il commence par me demander si je peux avoir plusieurs maris, puis demande à Edouard. Nous continuons la discussions sur la religion, l'homosexualité, la Chine, le Covid, la vaccination,...

Une hyène rode autour du camp sommairement grillagé. Stanislas est tout content de l'avoir repérée en premier. Ce soir nous somme bien protégés grâce à Godfrey, qui s'amuse à nous voir chercher la hyène derrière les broussailles.

Nous rentrons nous coucher, il nous remercie infiniment de l'avoir accueilli chez nous alors que nous sommes chez lui.

22
juin
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juin
Publié le 4 juillet 2021

Nous profitons un peu des lieux, les enfants font l'école distraits par les vas et vient des animaux.

Portail ajouré qui nous protégeait hier soir !!!

Nous repartons riches de cette rencontre avec Goffrey. Son rêve le plus cher (dans tous les sens du terme) est de créer sa propre agence de safari. Il lui faut économiser pour acheter une nouvelle arme avant de passer la fin de son examen de guide. En 2017 les salaires des fonctionnaires a été divisé par deux et l'inflation est galopante au Zimbabwe. Elle commence à la fin des année 90 quand le président Mugabe applique sa réforme agraire en confisquant les terres aux blancs pour les redistribuer aux noirs (ça c'était sur le papier). Goffrey constate que c'était une erreur de confisquer ces terres, d'autant que les blancs sont partis alors qu'ils étaient Zimbabwéens, les noirs ne les ont pas eu comme promis par le gouvernement car le copinage a été favorisé et le système s'est effondré. Les exportations de produits agricoles ont chutés et les devises qui rentraient dans le pays aussi. En 2008, l'hyperinflation est montée à 231 millions de % par an (wikipedia), un chiffre difficilement concevable.

Nous pique-niquons à un point d'eau vide de vie à l'exception de quelques zèbres et oiseaux. Des carcasses par-ci par-là indiquent la présence de félins dans le coin. Il y a du vent nous n'y restons pas longtemps.

Le reste de la piste sera assez monotone. Un hippo "donné pour mort" dort à l'extérieur de l'eau en cette après-midi nuageuse.

Une fois sortis du parc nous tombons sur un conservatoire de "painting dogs" (lycaons). La structure est très bien entretenue et le musée riche en explications. Au Zimbabwe l'espèce n'est pas menacée, cependant ils sont tués par les villageois lorsque ils attaquent les troupeaux. Une meute de 5 individus attendent d'être relâchés dans la nature, après avoir été capturés proche d'un village, 14 individus de la meutes ayant déjà été tués. La naissance en captivité est interdite au Zimbabwe, donc les femelles et mâles sont isolés. Autre source de décès, est le dommage collatéral du braconnage lorsqu'ils se prennent dans les pièges destinés à d'autres espèces. En ce moment le braconnage ne fait pas recette car le flux de mouvement dans le monde est trop faible, donc difficile de dissimuler l'ivoire et les cornes de rhinocéros. Voila un bénéfice du covid-19.

Nous cherchons un camping pas trop loin pour que Mathieu et Séverine puisse nous rejoindre. Ils arrivent de Victoria falls. Nous tombons sur une camping avec un gentil manager, qui nous propose une surprise. Nous montons dans sa voiture de safari, les enfants adorent, pour aller dans son lodge à proximité. Plus d'une centaine d'éléphants sont là à profiter du point d'eau.

Le lodge est très cosy et aménagé avec beaucoup de goût. Ca change des grosses structures touristiques.

Mathieu, Séverine et les enfants arrivent et le manager leur propose une surprise. Il nous dit, vous allez voir il y a mieux que tout à l'heure. En effet une centaine de buffles en plus des éléphants sont arrivés. Cohabitation plutôt rare. Il est tout excité de nous montrer ce spectacle et d'en profiter. Il ne s'en lasse jamais nous dit-il. Une piscine presque vide se trouve sur la terrasse où les éléphants viennent boire à quelques mètres de nous.

Nous étudions la suite de l'itinéraire pendant l'apéro, perchés dans une cabane. Pendant ce temps les enfants trouvent toujours de quoi s'amuser. Là ils ont trouvé une glacière géante où ils s'enferment pour partir sur la lune.

Un bon BBQ au feu de bois et le feu nous permet de nous réchauffer en même temps.

23
juin
23
juin
Publié le 4 juillet 2021
280 km 

Nous avons 280 km devant nous. Nous faisons une escale dans une petite ville en bordure de route pour manger dans un restaurant local. Au menu, poulet grillé ou boeuf en sauce, accompagné de riz ou de swaza (bouillie de mil). Stanislas se réveille de sa sieste matinale d'une humeur massacrante.

Au moins cinq barrages de police sur la route avant de rejoindre la seconde ville du pays, Bulawayo. Nous cherchons une Guest house se soir car à 1250 mètres d'altitude il fait froid la nuit. Nous en trouvons une non loin du centre ville, Beezer, où la dame nous accueille chaleureusement et nous remercie de lui rendre visite. Dormir dans une guesthouse n'est pas pratique pour nous car il faut décharger nos affaires du camper et ne rien oublier. C'est la deuxième fois que nous prenons cette option depuis quatre mois de voyage, lorsque les conditions climatiques ne sont pas favorables, comme à Lüderitz en Namibie où un vent fort soufflait. Cependant nous restons chanceux car nous n'avons eu que deux soirées pluvieuses depuis le début.

Jardin de la guesthouse avec son toboggan bien placé !!!
24
juin
24
juin
Publié le 4 juillet 2021

Ce matin nous avons deux missions : aller au garage Toyota pour faire la vidange, éventuellement changer les mâchoires des freins arrières et ouvrir un compte Ecocash sur le téléphone. Ce compte en banque lié à notre carte SIM permet d'avoir un taux de change de 1US$ à 125 bonds dans la rue, de téléphone à téléphone contre 85 bonds au distributeur au dans les bureaux de change.

Nous arrivons dans le garage Toyota où il y a déjà 15 voitures en attente. Nous patientons trente minutes avant de recevoir le devis un US$. Le prix est exorbitant 400 € pour une vidange, soit près de quatre fois plus qu'en Namibie et 600€ pour les mâchoires. Le plus surprenant dans le devis c'est le prix de la main d'œuvre, 150€ le forfait pour la vidange, sachant que le SMIC mensuel est à 170€. Bon nous avions un peu de marge avant de la faire, donc nous décidons d'attendre le Mozambique. Le seul problème c'est qu'il y a un seul garage Toyota au sud du pays, raison pour laquelle nous aurions préféré la faire au Zimbabwe.

 Vieux parcmètres 

Les restrictions Covid obligent les restaurateurs à faire de la vente à emporter. Enfin comme souvent dans ce pays les règles annoncées ne sont pas toujours suivies à la lettre. Nous mangeons dans un petit restaurant avec des jeux de société et des livres, ce qui occupe les enfants. Si la police vient, nous prévient la serveuse, vous dites que vous êtes entrain de saler et poivrer avant de partir, bon si vous voulez, un peu light l'excuse...

Après le repas je pars créer le compte Ecocash. Après 15 minutes de queue à l'extérieure, je m'enregistre alors que normalement ces comptes sont destinés aux résidents. Le Monsieur m'informe que je recevrai un texto dans la soirée.

Nous rejoignons Mathieu, Séverine et les enfants au musée d'histoires naturelles. Quelle collection, à l'image de la richesse des sous-sols du pays ainsi que de sa faune et de sa flore. Près de 15 000 échantillons de roche sont exposés, sauf les diamants où il est précisé qu'ils sont factices. Le musée est d'une autre époque, le temps s'y est arrêté. Les fonds et panneaux sont tous peints à la main, une vrai œuvre d'art.

Goûter au pied du musée avant que chacun rentre chez soi, pour une fois.

25
juin
25
juin
Publié le 10 juillet 2021
67 km 

Ce matin nous finissons de faire laver tous nos sacs de couchage (l'eau est toujours très noire !!!) et devons attendre un peu avant qu'ils ne sèchent. Du coup nous allons en ville pour retourner voir Ecocash car je n'ai toujours pas reçu le texto d'activation. Mon dossier est vite retrouvé une fois avoir identifié la personne qui m'avait reçue hier. Après 15 minutes il revient et le compte est activé.

Du coup nous nous empressons de trouver une personne dans la rue pouvant nous transférer de l'argent du marché noir, sur notre compte. Je demande à un vendeur de rue s'il rend se service, lui non, mais il va chercher quelqu'un qui le fait, quelques minutes plus tard ils reviennent. Le taux est à 115 bonds pour 1 US$ après négociation, on peut avoir mieux mais c'est pas évident de trouver.

Nous mangeons dans la voiture après avoir commandé dans un take away dans un restaurant.

Nous partons au sud de la ville pour aller à Matobo NP. Parc atypique par ses paysages, de gros blocs de granites font les équilibristes et par sa gestion. L'herbe est coupée pour faire du foin, un village se trouve à la lisière du parc et des routes circulantes le traverse. Ici se trouvent des rhinocéros blancs et noirs, mais une fois n'est pas coutume nous ne les verrons pas.

Nous rejoignons les bretons-girondins au bord d'un lac. Les enfants se lancent à pêcher avec des cannes à pêches qui ne devraient pas effrayer les poissons car c'est un bout de bois et une ficelle.

Nous finissons la soirée très proche du feu pour nous réchauffer.

26
juil
26
juil
Publié le 10 juillet 2021
 37 km

Nous profitons du site où les enfants jouent à faire des cabanes dans les rochers, ils adorent l'endroit qui les inspire beaucoup. Puis nous partons faire une balade pour rejoindre l'autre côté du lac.

Nous mangeons sur place avant de reprendre la route. Les enfants ne veulent pas partir d'ici. "C'était trop bien"

En sortant, on s'arrête à la porte du parc car nous n'avons pas eu le bon tarif. La dame nous a donné le tarif international au lieu du SDAC. Elle ne reconnaît pas son erreur et trouve de fausses excuses pour nous expliquer que nous sommes internationaux car Madagascar n'est pas dans la SDAC, en fait elle ne savait pas mais ne le reconnaît pas. C'est pas pour les 5 US$, mais par principe que je ne lâche rien et nous allons voir son chef à 3 km d'ici, car elle ne peut rien faire. Il ne peut rien pour nous non plus car nous sommes samedi et il faudrait rebrousser chemin et aller au bureau principal. Nous montrons notre mécontentement de la mauvaise fois de la dame et leur précisons que pourtant nous n'avons pas cette image de leur pays. Il est confus et nous présente ses excuses.

Nous sortons du parc et cherchons un bivouac pour la nuit. Nous trouvons une petite carrière, dégagée des hautes herbes. Nous nous réchauffons une fois de plus autour du feu de bois. Le villageois passent en nous saluant de loin.

27
juin
27
juin
Publié le 10 juillet 2021

Nous prenons plus de temps pour partir que Mathieu et Séverine car il nous faut du temps pour nous réchauffer et nous lancer pour prendre notre douche. Ce matin, record de température, 3.6°C au lever du soleil, mais en moins de 3 heures il fait déjà 30°C. Des enfants du village, situé à 30 minutes à pied d'ici, restent à nous regarder.

Nous cherchons un coin sympa pour pique-niquer en vain, nous serons au bord de la route près de la nationale.

C'est dimanche, mais les magasins sont ouverts, comme dans les précédents pays que nous avons traversés. La ville est moins animée que les autres jours et des hommes alcoolisés déambulent seuls autour de la gare routière.

Nous allons faire nos courses, je tente de payer à 7 reprises avec mon nouveau moyen de paiement dématérialisé, avant que ça fonctionne, grâce à la patience de la caissière et des clients derrière moi. J'ai failli payer en US$ et le monsieur derrière voyant le montant m'a dit, si, si, réessayez encore une fois. Cette fois-ci ça a fonctionné. Pendant ce temps sur le parking, Edouard a eu une tentative d'ouverture de portière. Le voyou a voulu ouvrir depuis l'extérieur mais les portières étant fermées il a continué de discuter avec Edouard et sa main a commencée à coulisser à l'intérieur, par dessus la fenêtre. Edouard a mis le contacte et a fermé la fenêtre. Mathieu a été averti de l'insécurité croissante dans la ville depuis que 600 détenus ont été relâchés récemment, car les prisons étaient trop pleines !!!

Bulawayo est une jolie ville, beaucoup d'architectures d'époque différentes. La ville est découpée par de grandes avenues à 4 voies aérées. Le stationnement des voitures se fait sur les côtés et au milieu, il faut être vigilant à toute sortie intempestive. Les quartiers périphériques sont occupés par de belles maisons des années 60 et les rues sont ombragées par les jacarandas. Ca doit être beau à la floraison.

Ce soir nous logeons dans le jardin d'une guesthouse trouvée par Mathieu, un jour où il était chez le garagiste et Zuka l'a invité a venir chez lui. Superbe jardin avec de vieilles carcasses de coccinelles. Il nous accueille les bras ouverts et avec enthousiasme.

Une fois de plus nous nous retrouvons avec plaisir à 3 familles voyageuses, (toujours les même). Un tour à cinq vient d'entrer au Zimbabwe. Encore une bonne soirée, ça faisait quand même 3 semaines que nous nous étions pas vus. Zuka nous rejoint pour partager un peu de son pays. Il a une pêche d'enfer.

28
juin
28
juin
Publié le 10 juillet 2021

Aujourd'hui chacun vaque à ses occupations en ville. Nous restons sur place et ne bougeons pas.

Chez Zuka 

En milieu d'après-midi les enfants se retrouvent pour jouer et manger des pops-corn pour le gouter.

Edouard a tout préparé pour que l'on puisse tous suivre le match de ce soir (France-Suisse), grâce à une appli et notre VPN. Il fait frais, les enfants sont dans leurs duvets devant la table et nous derrière. 10 devant un petit écran, avec une connexion fébrile qui hache énormément les actions, c'est pas top, du coup on loupe le premier but Suisse. La mi-temps envoie la majorité des troupes au lit, dont les enfants. Pour la seconde mi-temps il ne reste plus que Renaud, Maryline et moi. Nous trouvons le match en direct sur Facebook retransmis par un utilisateur, du coup on passe sur le téléphone, c'est encore plus petit 😀, mais au moins ça ne coupe plus et il y a de l'action. On finira dans leur camping-car pour les tirs au but.

29
juin
29
juin
Publié le 10 juillet 2021
187 km 

C'est l'heure de reprendre la route pour aller vers l'est. Nous partons assez tard car Edouard part en ville avec Zuka pour acheter des bonnets péruviens à une copine à lui et montrer où est le garage à Un tour à cinq. Ils ont un voyant allumé depuis quelques temps et personne au Botswana n'a pu trouver l'origine du problème.

Vers la fin du trajet d'aujourd'hui nous croisons des hommes à pieds rentrant chez eux, munis de pelles, de pioches et de détecteurs de métaux. Cette région est riche en minerais, dont du chrome exploité par des sociétés Chinoises et de l'or extraite par une compagnie Américaine.

Vers 17h nous cherchons notre bivouac pour ce soir, nous venons de passer la courbe de niveau des 1000 mètres, donc il devrait faire moins froid. Après avoir tourné à gauche sur une petite route, nous nous disons que nous sommes mal partis, car autour nous sommes entourés d'une forêt d'arbustes. Après 5 km la vue se dégage et nous arrivons dans un village où les maisons sont éparpillées. Nous demandons à un cycliste s'il connaîtrait quelqu'un qui pourrait nous accueillir dans sa cour. Jusqu'à présent aucune maison n'a d'entrée assez large pour pouvoir y entrer. Il nous indique que la maison du "head village" (difficile à traduire car ce n'est pas le chef du village) se trouve juste sur notre droite, en effet elle est assez grande et construite en dur. Je vais voir, j'aperçois des enfants qui partent se cacher dans la cuisine. La plus âgée, adolescente, nous indique que ses parents sont partis chercher du bois et qu'ils devraient arriver d'une minute à l'autre. Pendant ce temps le cycliste appelle le "head village". Un homme d'une cinquantaine d'années arrive avec sont épouse quelques minutes plus tard. L'accueil est très protocolaire, sa fille nous sort des chaises, il nous fait assoir, nous demande d'où nous venons, de quoi nous avons besoin,... Après 10 minutes, "ah mais il vous faut seulement un bout de terre, la terre est à tous le monde, soyez les bienvenus".

Edouard part avec lui pour trouver l'endroit idéal pour s'installer sur son terrain, se sera à côté de la cuisine. Après avoir monté le camp, ils viennent visiter le camper, très impressionnés et fiers que ce soit un Zimbabwéen qui l'ai construit. Ils partent manger et entre temps la jeune fille nous ramène une assiette de swadza avec des tripes et du foie. Hum !!! Ils ont la délicatesse de nous laisser l'assiette, j'en mange une partie dont les tripes que je n'avais jamais goûté et c'est pas mauvais, Edouard et Ambre goûtent mais ne s'emballent pas et Stanislas est en refus d'obstacle. Une partie finira tout de même dans la poubelle pour ne pas les offenser.

Tous les équipements sont sortis.

Après le repas Monsieur Jabulani Ncube revient discuter avec nous, il veut apprendre des choses sur la France. Que construisons-nous là bas? Comment sont les gens?... Il nous explique aussi quel est son rôle dans le village, c'est un peu le médiateur des villageois et avec les personnes qui veulent exploiter sur les terres du village. Il est aussi le relai de l'état.

A 21h tous le monde va se coucher.

30
juin
30
juin
Publié le 10 juillet 2021
 144 km

Nous prenons le temps de profiter de la famille qui nous a hébergé. L'école n'est pas trop motivante pour les enfants. Ils partent jouer au foot et sur le tas de sable. Dubekile la maitresse de maison prépare des beignets et nous leur offrons des biscuits secs bien moins bon.

Jabulani vient prendre le café avec Edouard et ils continuent de discuter de la vie ici où il héberge 3 neveux. Le village comprend une école avec 400 enfants, fermée pour cause de Covid et un dispensaire où l'on peut y faire les vaccins. Les Zimbabwéens sont très préoccupés par la fermeture des écoles, leur dernière richesse qui ne peut être volée, c'est l'instruction.

Dernier café et séance photos avant de prendre la route.

Nous partons vers Great Zimbabwe retrouver les bretons-girondins. Le voyage se passe sans encombre, malgré les annonces restrictives du président hier, pour lutter contre la propagation du virus delta. Il n'est plus possible de voyager en inter-régions sauf pour des motifs essentiels dont le tourismes fait parti. On a eu chaud.

 Sur la route 
1
juil
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Publié le 18 juillet 2021
185 km 

Ce matin nous allons voir le Great Zimbabwe, ville moyenâgeuse qui a donné le nom au pays. Avant la colonisation c'était l'empire du Zimbabwe. En 1895 le pays s'est appelé, la Rhodésie, administré par la British South African Company (BSAC), puis en 1901 il devient la Rhodésie du Sud, qui prend son indépendance en 1965 de façon unilatérale avec un gouvernement blanc. En 1970 la république de Rhodésie est proclamée et en 1979 le pays s'appellera le Zimbabwe-Rhodésie (seulement un an) et revient au Royaume-Uni. En 1980 le Zimbabwe est indépendant.

Great Zimbabwe est née au XIème siècle, elle a eu jusqu'à 25 000 habitants au XVème siècle. La cité était au centre du royaume du Zimbabwe construite sur une colline de granite. Le lieu était idéal car riche en eau, en animaux sauvages, en or et en cuivre. Ces habitants, les bantous, commerçaient avec la Tanzanie en échangeant l'or contre des porcelaines de chine et des marchandises d'inde. Puis le nombre d'habitants trop élevé, induit l'exode vers de nouvelles cités du royaume. Les ressources naturelles n'étaient plus suffisantes pour subvenir aux besoins de chacun. De plus la ligné du roi initial s'est éteinte et le nouveau chef n'a pas su maintenir le lieu. Lorsque les Portugais on découvert la cité au XVIème siècle, elle était vide. Différentes théories ont été avancées sur l'origine des constructions, celles-ci n'auraient pas pût être construites par des africains car trop élaborées, mais par des phéniciens ou des indiens. Les recherches scientifiques ont validé l'origine africaine de la cité.

Les ruines de la colline étaient la partie royale, avec un mur d'enceinte et des passages étroits entre les grands blocs de granite. Impressionnant.

Notre guide dont j'ai oublié son prénom 

Les ruines de l'enclos, en contre-bas de la colline, ont des murs qui font jusqu'à 5 mètres d'épaisseur et sont arrondis aux ouvertures. Une grande tour pleine, représente la fertilité.

Nous reprenons la route toujours vers l'est, en faisant le tour du lac par une petite route charmante. L'habitat est dispersé, certaines maisons possèdent de beaux jardins où poussent des orangers et des légumes.

Nous rejoignons la nationale, qui ne fait que descendre sur une centaine de kilomètres. Nous traversons cette région splendide, garnie de blocs de granites plus ou moins imposants. Dès que nous sommes sous les 1000 mètres, les baobabs réapparaissent. Les automobilistes roulent très vite, la plupart des véhicules sont des voitures collectives remplies à ras bord, jusqu'à ce que les essieux touchent presque la carrosserie.

Nous nous arrêtons dans un camping en bordure de route, avec de jolis chalets. Nous rencontrons la première personne au Zimbabwe avec qui la communication est difficile car elle ne parle pas anglais. Finalement la patronne arrive, nous négocions un peu le prix, annoncé en dollars américain au départ, comme très souvent et payons en Ecocash avec un bon taux de change. L'emplacement qu'elle nous montre dans un premier temps est à proximité d'une épave et très en pente. Finalement nous irons un peu plus loin sous un baobab effeuillé.

2
juil
2
juil
Publié le 18 juillet 2021
159 km 

Nous reprenons la route et passons à Birchenough Bridge qui porte bien son nom car un superbe pont apparaît devant nous. La vallée est cultivée avec de grandes parcelles de maraîchage.

Nous nous arrêtons au marché pour acheter des avocats et des bananes. Des enfants nous proposent des poussins fris pimentés, ce n'est pas du tout ragoûtant.

Le quincailler du coin  

Nous bifurquons vers le sud, des dizaines de baobabs sont au bord de la route, tous autant biscornus les uns que les autres.

Puis nous commençons à monter en montagne où apparaissent de grandes plantations de bananiers et d'avocatiers.

Ensuite nous arrivons dans une forêt d'eucalyptus, exploitée par une scierie sur place. L'ensemble est peu harmonieux.

Au loin nous voyons le parc national de Chimanimani, où nous n'irons pas car trop élevé (2000 m), il y fait trop froid la nuit pour rester dormir.

Nous arrivons à un col où le vent souffle fort et où patientent des vendeurs de pommes de terre. Nous pique-niquons en contrebas à l'abris du vent.

Spot pic-nique 

La descente est plus jolie, les forêts aussi. Nous bifurquons à gauche sur une piste, pour réduire la distance à parcourir, mais pas forcément le temps !!! La piste est peu empruntée, aucune trace récente. Nous passons dans quelques villages qui ont l'air abandonnés, plus aucune échoppe est ouverte. La piste se rétrécie de plus en plus, nous arrivons au pied de gorges tout en longeant la rivière.

Au moment de dépasser une charrette remplie de bois, tractée par trois ânes, l'un d'eux s'emballe en descente, nous avons vu le moment où ils allaient cabaner. Heureusement ils s'arrêtent à temps avant de se prendre le talus d'en face.

Nous rejoignons enfin la route nationale, sans le détour nous aurions pu faire que 50 km de voiture aujourd'hui !!!

Nous arrivons sur le site des sources d'eaux chaudes, qui comprend de petits chalets et un emplacement non identifié pour camper. La piscine chaude est très chouette, le reste est désuet.

3
juil
3
juil
Publié le 18 juillet 2021

Nous sommes seulement à 600 mètres d'altitude et comme vous devez commencer à le comprendre, les faibles altitudes nous conviennent mieux car il ne fait "que" 15°C le soir. Après si nous transposons, 2000 mètres d'altitude en France, en hiver, il ferait bien moins que 3°C la nuit.

Du coup nous décidons de rester une nuit de plus. Comme dit précédemment, nous avons ce luxe de ralentir ou d'accélérer au gré de nos envies.

Journée logistique traditionnelle. Depuis quelques semaines nous nous mettons à faire des gâteaux à la poêle, pour le plus grand plaisir d'Ambre qui adore cuisiner.

Nous profitons bien évidement de la piscine qui est à 30°C, le top.

 La douche est sortie
4
juil
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juil
Publié le 18 juillet 2021
Hot springs - Mutare : 94 km

Nous partons en fin de matinée vers Mutare, grande ville minière et agricole à l'est du Zimbabwe.

Nous faisons les courses et cherchons du change. Pas facile, car nos 100$ achetés au Botswana ne leur conviennent pas car ils sont verts et non bleus comme les nouveaux billets. Du coup le monsieur dans la rue tente de vouloir me faire entendre que mon billet de 2016 ne vaut que 50US$ sur le marché au noir!!! et me demande 10US$ de plus pour compenser la perte, ah, ah, ah. Tout ceci est bien incohérent ! En partant il me propose son WhatsApp pour une éventuelle prochaine opération. "Non merci, c'est bien trop compliqué avec vous".

Nous allons au camping du Golf où Mathieu et Séverine étaient hier et devraient nous rejoindre demain. C'est un 18 trous, avec 20 licenciés, "à la belle époque" ils en comptaient 160. Kévin, le gérant bénévole de 74 ans, a l'élégance "so british". Il est aux petits soins avec nous. Il prête des clubs de golf aux enfants, qui partent s'amuser avec Edouard sur le green.

Un couple d'hiboux avec leur petit nichent dans un des grands arbre du golf.

5
juil
5
juil
Publié le 18 juillet 2021
Camping du jour 

Edouard s'est embarqué dans la mission de se faire couper les cheveux grâce aux indications de Google, du coup il rentre avec les cheveux tout aussi long.

On se renseigne pour les tests PCR, la bonne nouvelle, c'est que les enfants de moins de 11 ans n'ont pas besoins de test pour entrer au Mozambique, notre prochaine destination. Ambre est aux anges.

Edouard trouve un "car wash", qui comprend un petit restaurant avec une terrasse extérieure où les gens restent manger, alors que seul le "take away" est autorisé. Ce n'est pas la première fois qu'une règle n'est pas respectée au Zimbabwe. Pour patienter je m'assois à une table pour faire les comptes, avec tous ces taux de change on en perd son latin. Deux hommes viennent prendre leur repas à côté de moi et on commence à discuter, ils sont vendeurs dans la rue. Au Zimbabwe il n'y a que 10% des travailleurs qui ont un emploi formel, les autres sont considérés comme chômeurs. Ce statut ne permet pas de vivre, donc la plupart des gens vendent tout et n'importe quoi dans la rue. La période est difficile pour eux car c'est interdit pour cause de Covid. S'ils se font attraper ils sont arrêtés ou au mieux leur marchandise est confisquée. Nous avons vu la police à l'œuvre, dans une voiture banalisée. Bref, eux vendent des chaussettes, mais nous, nous cherchons des gants. Pas de problème, 30 minutes plus tard ils reviennent avec deux paires.

En rentrant, Kévin nous annonce une bonne nouvelle, il s'est renseigné sur un garage qui pourrait nous faire la vidange et freins au Mozambique. Via ses contacts, il en a trouvé un sérieux, dans la première grande ville, Chimoio à cent kilomètres d'ici. Le devis est quatre fois moins cher que celui de Bulawayo. Donc nous décidons de ne plus aller à Maputo (capitale du Mozambique) pour faire la maintenance. Ce qui nous évite un détour de 1000 km allé/retour.

Mathieu et Séverine nous rejoignent pour partir quelques jours ensemble vers Nyanga au nord (montagnes à 2000 m d'altitude). Puis nos chemins se sépareront, eux vers la Zambie au Nord et nous le Mozambique au Sud-Est.

6
juil
6
juil
Publié le 21 juillet 2021
 198 km

Nous partons tardivement du camping après avoir attendu avec Mathieu et Séverine l'électricien qui arrive avec 2 heures de retard. Ce n'est pas pour nous mais pour eux, ils ont un voyant moteur allumé. Ils nous rejoindront si leurs réparations ne se terminent pas trop tard.

Nous mangeons en ville, dans la voiture, faisons quelques courses et chargeons notre compte Ecocash.

Plateau "take away" 

Nous allons vers le nord en direction des montagnes de Nyanga, avec un détour de 40 km n'ayant pas suivi les indications du GPS. La région est occupée par de grandes cultures de tabac, blé, maïs, ainsi que des vaches laitières.

Irrigation circulaire 

Nous grimpons sans cesse avant d'arriver dans une forêt de conifères.

Ensuite nous descendons dans une vallée à végétation tropicale humide. Des bananiers poussent partout, sur de petites parcelles ou dans les jardins. Des villageois vendent des fruits et légumes ou attendent un transport pour eux ou leurs marchandises : cannes à sucre, bananes, pommes de terre, tomates.

La vallée est enclavée mais très animée, nous passons plusieurs villages où parfois les ânes attendent leur monture qui est bistrot.

Nous reprenons de l'altitude et de petites parcelles de thé apparaissent à proximité des maisons. Puis nous tombons sur une immense plantation, morcelée en petites parcelles pentues découpées par des chemins piétons. Il est déjà 17h, les ouvriers agricoles se font ramener chez eux, dans des maisons de la plantation. En contrebas se trouve l'usine de transformation des feuilles de thé.

3 km avant d'arriver à destination, un camion chargé de gravillons coup la route, nous ne pouvons pas passer. Les ouvriers qui étaient dans le tracteur finissent leur trajet à pied pour rejoindre leur village quelques mètres plus haut.

Grâce au GPS, que je ne porte pas particulièrement dans mon cœur, nous voyons qu'une piste permet d'arriver quelques mètres au-dessus du camion. Nous rebroussons chemin, pour l'emprunter, sauf que c'est une petite falaise que nous avons devant nous à la place d'un départ de piste. Un peu plus loin il y a une entrée dans les plantations de thé où deux hommes se trouvent. Nous leur demandons si nous pouvons l'emprunter, l'un dit oui, l'autre non. Celui qui donne la réponse positive nous indique qu'il faut toujours monter et que nous arriverons à bon port. L'accès est humide, pentu et pas entretenu, Edouard passe en vitesses courtes. La piste alterne les passages dans les théiers et les forêts, nous croisons des villageois qui se rendent à une source d'eau pour remplir leurs seaux avant d'arriver au village d'ouvriers.

Nous sommes 300 mètres au-dessus du camion, à la barrière du lodge qui fait aussi camping. Le gardien nous indique qu'il est fermé sauf si nous avons une réservation, bien évidement nous n'en avons pas. Il nous informe que le manager n'est pas là et que ses instructions sont : personne ne rentre. Il nous conseille de faire demi-tour et de dormir dans la vallée. Vu l'heure et le camion qui bloque la route sa solution n'est pas envisageable. Nous lui montrons que la petite partie plate juste derrière sa barrière nous conviendrait parfaitement. C'est le chef des gardiens qui débloque la situation et accepte notre requête. Le gardien nous enregistre puis nous donne le n° de téléphone du manager que nous devons appeler, ce que nous faisons. Celui-ci s'inquiète de savoir si nous sommes bien installés et nous dit qu'il n'y a pas de problème pour rester ici cette nuit. Nous sommes en face d'une maison, le monsieur qui est mécanicien à la plantation vient gentiment nous demander si tout va bien. Nous l'avions déjà croisé au pied du camion rentrant chez lui et sur le chemin pour aller chercher de l'eau. Nous sommes aussi au bord du chemin qui relie deux villages, nous passons notre soirée à répondre aux salutations des passants.

A 19h un camion de mine apparaît pour aller tracter le semi-remorque coincé. En 30 minutes l'opération est bouclée. Stanislas ne perd pas une miette de tout se raffut.

Edouard se lève à minuit car le double toit est entrain de s'envoler. Il n'avait pas tout bien accroché, ayant l'habitude d'un climat clément. Il rentre trempé 15 minutes plus tard !!!

7
juil
7
juil
Publié le 21 juillet 2021
20 km 

Nous nous réveillons en plein brouillard à 800 mètres d'altitude. Nous prenons notre petit déjeuner et rentrons vite dans le campeur quand la pluie arrive. La vue doit être magnifique mais ce sera pour plus tard.

Les enfants jouent aux lego et bouquines pour patienter.

Après une après-midi dans la voiture hier, une arrivée à la tombée de la nuit et une matinée enfermés, l'ambiance se dégrade, il faut sortir les lions. Nous partons nous balader dans les théiers malgré le petit crachin.

Les feuilles sont récoltées avec une machine, d'où cette impression que les rangs sont tondus.

Le village ouvrier voisin 

A 12h la pluie s'arrête et le paysage se dévoile petit à petit. C'est somptueux.

Avant de replier le camp il faut attendre que la toile sèche. Nous prenons le temps de manger avant de partir sous le soleil qui apparaît. Heureusement la piste a été dégagée, car reprendre l'itinéraire bis d'hier après les pluies n'aurait pas été une mince affaire.

Nous cherchons un endroit pour dormir ce soir. Les berges du lac artificiel auraient pu être une bonne option mais elles ne sont pas à plat.

Nous retrouvons les bretons-girondins qui ont réglé leurs problèmes mécaniques. Nous sommes installés au bord d'une rivière pour la nuit. En début de soirée deux hommes bien alcoolisés nous appellent de l'autre côté de la rive, leurs propos sont incompréhensibles. Puis l'un d'eux traverse tout habillé et vient s'assoir parterre à coté nous tout sourire. Il pensait peut-être trouver un bar !!! Il repart bredouille, sans histoire, lorsque Mathieu lui demande s'il peut rentrer chez lui.

8
juil
8
juil
Publié le 21 juillet 2021
117 km 
 Bivouac

Les enfants se ruent sur la petite plage ombragée avant même le petit déjeuner, pour commencer la construction de leur port.

En face de nous les femmes et leurs enfants se succèdent pour la lessive.

Nous retournons vers les plantations de thé pour monter les beaux paysages à Mathieu, Séverine and Co. Les enfants courent dans le labyrinthe des théiers. Ils s'en donnent à cœur joie.

Nous déjeunons un peu plus loin dans la vallée au bord d'une rivière, proche d'un village. De nombreux enfants s'agglutinent pour nous regarder pendant que leurs mamans finissent la lessive.

Nous refaisons la route empruntée il y a 2 jours, sous le soleil cette fois-ci. A l'entrée de la ville de Nyanga, comme toujours, il y a un barrage de police. Le policier est surpris que nous soyons là. Avez-vous une autorisation? Un petit interrogatoire nous est offert. Il se détend lorsque nous lui disons que nous avons une lettre d'invitation de l'immigration, qu'il ne demande même pas à voir. Quelques kilomètres plus loin, un autre policier me demande mon permis de conduire. C'est la première fois depuis le début du voyage dans ce pays que l'on nous demande nos papiers.

Nous dormons dans une chambre d'hôtel ce soir, car à 1700 mètres d'altitude nous risquons de nous cailler. Le propriétaire nous donne accès à la salle de restaurant plus facile pour se regrouper sans avoir froid. Les enfants ont de l'espace pour gambader dans le grand parc, aménagé avec des jeux pour enfants et des statues d'animaux sauvages.

9
juil
9
juil
Publié le 21 juillet 2021
 63 km

Nous mettons du temps à nous décider sur le programme du jour. Que voulons-nous visiter ? Nous optons pour le Nyanga National Parc.

L'entrée est un peu longue, le temps que l'agent du parc comprenne quoi mettre sur le justificatif de paiement. Résident malgache, mais de nationalité française, avec une voiture française et le comble un numéro de téléphone zimbabwéen. Il s'est embrouillé avec toutes ces informations, plus celles de Mathieu et Séverine contradictoires.

Notre premier stop, c'est un village d'époque reconstitué, un peu à l'abandon et sans aucune explication. Une fosse se trouve au milieu des cases très basses de plafond.

Nous continuons vers une cascade avec un paysage brulé partout autour de nous, très peu de diversité dans les essences d'arbre. C'est désolant et décevant.

La cascade n'a rien d'exceptionnelle non plus. Elle est aménagée avec du ciment pour augmenter l'effet visuel de la chute, rien de naturel.

Nous mangeons sur place. Un garde du parc vient nous informer qu'il est là pour nous protéger des mauvaises personnes. Vu où nous sommes et le tempérament des Zimbabwéens nous sommes rassurés !!!

Autre point d'intérêt déclaré, une piscine naturelle. Louis se motive pour se baigner alors qu'il fait froid et l'eau est glacée. Pendant ce temps les trois autres font des constructions encore et toujours. Une grande famille de babouins passe et font les singes sur le pont.

Bon les chaussettes sont mouillées 

Nous finissons sur une note un peu plus positive, une petite balade pour se rendre à une belle cascade cette fois-ci.

Sur la route du retour nous avons même la chance d'apercevoir des zèbres et des gnous au loin, entrain de paitre sur du brulis !!!

Nous passons notre dernière soirée avec Mathieu, Séverine, Paul et Louis, après avoir passé d'excellents moments ensemble pendant ces trois mois. Notre première rencontre fût à Swakopmund en Namibie fin mars.

10
juil
10
juil
Publié le 21 juillet 2021
 50 km

La journée d'hier n'ayant pas été à la hauteur de nos espérances, nous partons faire une balade vers Troutbeck à 2000 mètres d'altitude. La dernière avant que nos chemins se séparent avec nos compagnons de route.

Le paysage est montagneux, avec des pins et des mimosas. Nous arrivons sur un petit lac aménagé pour la pêche à la truite avec des ponts en bois permettant de passer d'une rive à l'autre. Les odeurs de végétation, d'humidité, de moisissures sont ressourçantes.

En grimpant un peut nous tombons sur une maison vitrée en bois. Nous sommes unanimes, nous nous voyons bien vivre ici.

Il est l'heure de se dire au revoir, le cœur lourd et quelques larmes. A bientôt les amis !!!

Nous poursuivons vers un ferme aquacole de truites

Nous mangeons au bord d'un golf, à l'abris du vent au milieu d'une forêt de sapins.

Ce soir le restaurant est bien calme sans les cris et rires des enfants.

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Publié le 27 juillet 2021

Nous redescendons vers Mutare en faisant escale à La Rochelle !!! C'est un beau jardin botanique avec une belle demeure construite par le couple d'Européens, les Courtauld, philanthropes des années 60. Les bâtiments ont été légués au "National Trust" du Zimbabwe, qui protège les biens culturels du pays pour le bénéfice du peuple. Calme et sérénité se dégagent des lieux. Une ombrière abrite une grande collection d'orchidées.

Nous retournons camper au Golf ce soir.

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Publié le 27 juillet 2021

Aujourd'hui nous restons paisiblement au golf. Les enfants s'amusent toujours autant à taper leurs balles vers le green puis le trou, ainsi que de faire les zouaves.

Le Club House accueille une école clandestine en ces temps de Covid, les maitresses viennent sur place. Ambre montre la calligraphie des petits français, différente de l'anglo-saxonne et Stanislas fait quelques exercices de mathématiques avec les enfants de son âge. Ils s'éclatent pendant la récréation en jouant au loup glacé.

Ambre a fait une belle chambre pour sa poupée, l'imagination est débordante. 
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Publié le 27 juillet 2021

Nous nous apprêtons à faire les tests PCR pour passer la frontière demain.

Au même moment je demande à un groupe de voyageurs en famille, sur WhatsApp si nous pouvons payer les visas en carte de crédit (les dollars commencent à se faire rare et il est impossible de retirer de l'argent avec notre carte internationale), l'un d'eux nous interpelle sur la faisabilité d'avoir nos visas à la frontière. Du coup nous décidons d'aller au Consulat du Mozambique à Mutare, mais il est midi et ils ferment à midi, il faut revenir demain !!!

Deuxième chance, nous allons à la frontière à 15 km d'ici, pour demander à l'immigration du Mozambique la possibilité d'avoir le visa à la frontière (sinon il faut compter plusieurs jours pour les avoir via le consulat). Nous sommes stoppés par l'immigration du Zimbabwe qui nous indique que nous ne pouvons pas sortir du pays, d'après les nouvelles mesures annoncées.

Déroutés nous contactons le Monsieur de l'immigration qui nous avait gentiment délivré une lettre d'invitation pour venir au Zimbabwe (alors que les frontières terrestres étaient déjà fermées) pour lui demander une lettre de sortie. Il nous confirme ""His Excellence the President" a fermé toutes les frontières terrestres, prenez l'avion" !!! Par chance son bureau est à Mutare, je lui demande si nous pouvons passer le voir. Sa réponse est positive, 10 minutes plus tard nous déboulons tous les quatre dans son bureau. Les premières minutes de discussion sont sans issues, puis il appelle son chef, explique la situation. Il a l'accord oral pour nous laisser sortir, pour autant il ne veut pas nous signer de lettre, il nous indique juste que se sera bon à la frontière.

Suite de l'épisode demain concernant les visas Mozambicains.

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Publié le 27 juillet 2021
 15 km

Pour mettre toutes les chances de notre côté, afin d'obtenir rapidement les visas, je rassemble les documents qui pourraient nous être demandés au consulat. Il manque deux photos pour Stanislas et moi que nous faisons rapidement dans la rue et quelques documents à imprimer. Cette partie est plus compliquée car à deux reprises le pc des petites boutiques plante. Finalement j'arrive à en trouver un, un peu plus loin. Nous sommes garés devant un petit parc où les gens patientent pour se faire vacciner et obtenir leur certificat de vaccination.

Impression des photos d'identité en directe 

Nous arrivons à 10 h au consulat, aucun employé n'est arrivé alors qu'il ouvre à 9h ... Heureusement une dame arrive cinq minutes plus tard. Elle nous indique qu'elle peut faire les visas mais que ça prend du temps, cependant il n'y a pas de problème pour les avoir à la frontière. Elle appelle la frontière pour confirmer.

Nous allons faire les tests PCR pour Edouard et moi car les enfants sont exemptés. Deux jours plus tard la règle changera et il en faudra un pour les enfants de plus de 4 ans. Ils ont eu chaud !!! Les résultats des tests sont donnés au bout de deux heures, dans les pays précédents nous avions dû attendre minimum 24h pour les avoir.

Nous rentrons au camping pour plier toutes les affaires et dire au revoir à Kevin qui nous a si bien accueilli. Il part même chercher des clubs de golf et des balles pour les offrir aux enfants.

Kevin 
 Mutare

La route sinueuse ne cesse de descendre vers le poste de frontière, nous y dépassons une centaine de camions en attente.

Autant de camions c'est inhabituel, les violences en Afrique du Sud les font changer d'itinéraire 

Il est 14h quand nous entamons la sortie du Zimbabwe.

- Première remarque à l’entrée des bâtiments, les enfants n'ont pas de tests PCR. En effet, au Mozambique c'est à partir de 11 ans.

- Ensuite, il n'est pas possible de sortir du Zimbabwe comme indiqué hier, la policière va voir son chef, c'est bon vous pouvez sortir.

- Les douaniers mettent un peu de temps à remplir le CPD, il faut dire qu'ils ont vu 3 CPD depuis le début de l'année.

Pendant ce temps Edouard avait déambulé et était tombé sur notre futur dernier interlocuteur Zimbabwéen. Vous voulez sortir ? Mais c’est interdit !!! Oui mais nous avons l’autorisation du sous-chef de l’immigration. Peu importe, je ne dépends pas de lui, moi je rends des comptes au Président.

Tout est bon côté papiers et coups de tampons, nous nous apprêtons à sortir en passant la barrière.

Le flic imposant, habillé en civil avec sa veste en cuir, avec qui Edouard avait discuté tout à l'heure, nous arrête :

- il nous demande les tests PCR, pourquoi les enfants n'en ont pas? Même réponse que précédemment.

- Avez-vous de l'argent ? Oui, 200 dollars pour les visas au Mozambique, puis 30 autres. Il vit quelques autres billets dans mon porte-monnaie et demande "cette liasse ?" Je lui montre mes trois pauvres billets de dollars Zimbabwéens qui valent 0,40 cts d'euro en tout. Bon c'est bon.

- Puis il voit le lance pierre à l'arrière, ceci est une arme au Zimbabwe, c'est interdit. Entendu, nous prenons note, nous ne savions pas. Nul n'est censé ignorer la loi, c'est vous qui nous l'avez appris. Euh ok, nous partons sur une communication glissante. Puis nous fait signe que nous pouvons partir.

Nous nous dirigeons vers la barrière, ou finalement nous ne pouvons pas passer et nous comprenons qu'il faut se garer devant le bureau du chef. On se fait traiter de menteur par ce dernier, n'ayant pas compris sa consigne. Bref ça commence à sentir l'embrouille...

Deux autres flics en civil me demandent les papiers du véhicule. Je sors pour lui donner le numéro de châssis afin qu'il vérifient que la voiture n’est pas volée. L'un des deux m'indique que sa langue c'est l'argent avec un petit rire. Le ton est donné !!! Après avoir redémarré 3 fois le PC, me voilà rassurée, la voiture n'est pas volée.

Pendant ce temps Édouard vide le camper avec le chef, se fait confisquer son couteau, car c'est une arme...

Ensuite ils me demandent les justificatifs de naissance des enfants, le livret de famille ne suffit pas car rédigé en français, je sors les actes de naissance plurilingues....

Ils craquent au bout d'une heure, Édouard récupère son couteau et ils nous laissent partir.

Ça s'était le premier round. Un dernier contact que nous n'avions pas connu pendant ce mois au Zimbabwe, mais qui nous indique l'enfer que devait être le pays il y a encore quelques années à chaque barrage de police.

Frontière, derniers mètres au Zimbabwe ... 

Nous sommes restés 34 jours au Zimbabwe en parcourant 2629 km. Quelle découverte, ce pays est beau et riche humainement. Les gens viennent facilement parler avec vous, au camping, dans la rue, dans les restaurants, sur un trottoir, dans les parcs. C'est assez rare, car discuter avec les gens d'une autre culture s'arrête souvent à du superficiel, à de la vie quotidienne. Les Zimbabwéens sont curieux, instruits, ils ont des idées à partager, des tas de discussions à lancer, malgré la barrière culturelle. Le froid nocturne nous fait quitter ce pays que nous avons adoré. Le Zimbabwe est souvent perçu d'un mauvais œil, à tord.

Un hôtel avait comme devise "l'hospitalité est notre langue", elle pourrait être celle du pays.

 2629 km

La suite #6 Mozambique