Carnet de voyage

#9 Tanzanie

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Découverte de la Tanzanie et de Zanzibar de la frontière du Malawi à la frontière du ?
Novembre 2021
48 jours
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Publié le 21 novembre 2021
Frontière - Tukuyu 54 km

Après avoir passé la rivière Songwe qui fait office de frontière naturelle entre le Malawi et la Tanzanie, une première barrière pour entrer en Tanzanie. Le monsieur l'actionnant nous souhaite "Karibu" (bienvenu) un souriant. Un nouveau poste de frontière est en construction, nous allons vers un parking poussiéreux pour atteindre les bureaux.

A l'accueil le monsieur "application sanitaire", m'indique qu'il faut se connecter sur le site internet du ministère de la santé pour remplir le formulaire en ligne de 6 pages (x4), ça prend un certain temps. Une fois que j'ai tout rempli, le monsieur me dirige vers le service sanitaire, où deux dames m'accueillent. "Vos tests PCR, SVP", et bien je ne les ai pas. Depuis le 13 septembre c'est obligatoire d'en présenter un, en plus du test rapide à la frontière. La Tanzanie a une histoire particulière avec la Covid, le précédent président, décédé depuis (peut-être du Covid), avait décrété que ce virus n'était pas sur son territoire, c'est l'un des pays (voir le seul) à n'avoir jamais fermé ses frontières au printemps 2020. Depuis, la nouvelle présidente a resserré la vis.

La dame me montre le texte d'application et m'indique qu'il faut revenir avec des tests PCR. J'explique que je ne savais pas, j'essaye de l'amadouer avec le fait que faire 8h de route avec les enfants ce n'est pas super, elle m'indique qu'il faut que j'aille informer mon mari. Je reviens avec tout le monde et tous les tests PCR effectués depuis le début du voyage pour lui prouver ma bonne foi (qui n'est pas à son comble à ce moment là), si j'avais su je les aurais faits. Elle essaye de voir de quand date le dernier, moins de 15 jours, elle aurait acceptée. Bon au final elle nous propose de faire les tests rapides à 50 US$ / adulte (l'histoire ne dit pas combien il coûte normalement !!!). Le prélèvement est vraiment tout doux, ça n'empêche pas Ambre de fondre en larme comme à chaque fois. 10 minutes plus tard nos tests ressortent négatifs, OUF !!! Positifs ici, aurait été mal venu, surtout que nous devons rejoindre me parents à Zanzibar, dans 10 jours.

Maintenant il nous reste à faire les visas à l'immigration, faire remplir le carnet de passage en douane et payer la taxe routière. La grande blague c'est que celle-ci se paye à 1 km d'ici, en ville. Edouard suit un courtier qui va payer la sienne et il doit trouver du liquide pour payer en shillings tanzaniens. Le premier "distributeur camion" (oui c'est un camion banque, avec un conseillé et un distributeur) ne fonctionne pas, heureusement il y en a un juste à côté, mais il prend une commission de 20% !!!. Il part payer à un kiosque avant de revenir.

Avec tout ça nous décollons à 16h45, nous avons perdu une heure en passant la frontière.

Traditionnelle recherche d'une carte SIM, plus compliquée à trouver que dans les autres pays. Mais en gentil monsieur appelle une connaissance qui arrive 10 minutes plus tard. Ils ont beaucoup d'humour et de sourires.

Nous souhaitons avancer un peu pour monter en altitude afin d'avoir plus frais. Magnifique coucher de soleil sur les montagnes, autour de nous des hectares de bananiers, des théiers et de petites parcelles de maïs, déjà levé.

Nous arrivons à la tombée de la nuit au "camping" dans le village de Tukuyu (ayant reculés d'une heure le soleil se couche à 18h15 maintenant). Celui-ci est fermé lorsque nous arrivons. Je demande aux enfants autour de moi s'il y a des adultes dans le coin pour demander si l'on peut rester dormir ici (ils parlent que swahili, donc l'échange est difficile), ils me répondent que non, il n'y a pas d'adultes. Heureusement des jeunes hommes arrivent, parlant un petit peu anglais, ils me disent qu'il faut appeler. Nous n'avons pas de crédit, ils le font gentiment à notre place, mais aucun des 4 numéros fonctionnent. Ils nous disent que l'on peu dormir ici sans problème.

Nous montons le camp, préparons à manger, les enfants vont se coucher. Quelques habitants passent et nous saluent. Il y a même un monsieur qui nous a demandé si notre camper était une boutique !

A 21h30, un monsieur arrive en voiture et nous explique qu'il était le gérant du site, qui a fermé. Maintenant il travaille dans un hôtel, qui appartient au même propriétaire. Il voudrait que l'on déménage là-bas. Nous lui expliquons que ce n'est pas possible, ça nous prendrait plus d'une heure de démonter et remonter le camp. Il veut que j'explique ça au propriétaire, celui me dit que nous serions mieux installés à l'hôtel. Cela nous est égal, nous avons tout ce qu'il faut ici (un terrain). Ok, me dit t'il.

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Publié le 21 novembre 2021
 80 km

Au réveil, les enfants partent déjà à l'école, il est 6h30. Il fait frais, nous sommes à 1500 m d'altitude.

Sans enfant pour distraire les nôtres, nous faisons l'école tranquillement.

Le monsieur d'hier nous salut, il part travailler. A 9h30, il revient et nous indique qu'il faut payer. Ah oui, nous n'avions pas parlé d'argent. Edouard refuse, car il n'y a aucune structure, douche, eau, toilette et mentionne qu'il aurait dû en parler hier.

Nous prenons la route, une fois sur la nationale, la police nous arrête, mais ne vient pas nous voir. C'est le propriétaire du terrain qui voudrait savoir pourquoi nous avons refusé de payer. Nous réexpliquons la même chose que tout à l'heure, il comprend. Nous rajoutons qu'il faudrait qu'il mette un numéro de téléphone qui fonctionne, pour que les gens puissent appeler lorsqu'ils arrivent. Il nous remercie et nous souhaite bonne route.

Nous ne prenons pas la route principale pour rejoindre Mbeya, mais coupons à travers la montagne. Tout est vert et cultivé. Nous croisons des écoliers en uniforme, bordeaux pour les collégiens et bleu marine pour les écoliers, muni d'un pull aux couleurs de la Tanzanie. L'école publique est gratuite jusqu'à la fin du collège.

Nous grimpons dans la montagne arborée, avant d'arriver au col où apparaissent les cultures de maïs et de pyrèthre (marguerite insecticide). L'autre vallée que nous surplombons est beaucoup plus sèche. La deuxième partie de piste est caillouteuse et inconfortable.

Nous rejoignons la grande nationale qui vient de Zambie, très fréquentée, chargée en camions et bus en tous genres.

Village de Mbalizi  en bordure de nationale

Nous allons à Mbeya, pour retirer des sous sans commission. Nous mangeons dans un petit restaurant de rue qui fait aussi pub. Tortilla aux frites. Stanislas fait un partie de billard avec l'épicier du quartier.

Nous allons dormir à Utengule Coffee Lodge, recommandé il y a longtemps par des sud-africains, rencontrés dans le Central Kalahari au Botswana. La propriété est très bien tenue, nous sommes accueillis par Abdul et un verre de jus de pastèque et bisap (fleur d'hibiscus). Il n'y a pas beaucoup d'ombre, mais un bel acacia devrait assurer l'ombre à partir de midi. Il y a un terrain de tennis, de squash, de volley et une piscine. De quoi s'occuper !!!

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Publié le 21 novembre 2021

Nous faisons la visite avec Abdul le réceptionniste, mais pas que, il est passionné de l'histoire du café et passionnant. L'usine est à quelques kilomètres du lodge, il nous amène en voiture, marcher sous cette chaleur est assez fatiguant. La plantation a 102 ans, elle n'a pas été nationalisée, comme d'autres, dans les années 60 par le président Nyerere (1er président après l'indépendance), car elle était bien gérée et avait eu des investissements privés conséquents.

Nous commençons par l'histoire de l'origine du café arabica, il a été découvert par un berger Ethiopien, qui s'est demandé quelle plante excitait ses moutons lorsqu'ils allaient dans une zone particulière. Il a trouvé la plante, l'a bouillie et son jus lui permettait de rester éveillé plus facilement en attendant le temps des prières (il était musulman).

Il y a 4 espèces dans le monde, l'Arabica (regroupe deux espèces et pousse au dessus de 1000 m), le Robusta (se cultive du niveau de la mer jusqu'à 800 m) et le Libertica (pousse en Afrique de l'ouest et à Zanzibar) mais représente qu'un faible pourcentage du marché mondial.

Le semi des grains de café arabica prend 2 à 4 mois, il passe du stade "soldat" en 15 jours (lorsque les dicotylédones sont encore cachées sous la coque) au stade de "papillon" une fois que celles-ci se déploient. Le robusta se multiplie par bouture.

Ensuite c'est la pépinière, pour 12 à 15 mois, le temps de donner aux plants une bonne structure racinaire et de les déshabituer à l'arrosage quotidien, car une fois en plein champ, ils ne sont plus arrosés. L'Arabica peut avoir des racines de 6 mètres de profondeur tandis que le Robusta étend ses racines à la surface du sol. La terre est un mélange de sable, d'argile et de composte.

Le café a un cycle de production de 9 mois entre la fleur, à l'odeur de jasmin, et la récolte. Un café qui pousse lentement sera un bon café. Contrairement à l'Amérique latine le café africain est récolté à la main. La récolte manuelle permet de choisir les cerises de café assez mûres et donc d'avoir un café plus qualitatif que quantitatif. L'arabica est autogame, c'est à dire que les fleurs de l'arbre s'auto-pollinisent, alors que celles du robusta est allogame, elles doivent être pollinisées par croisement avec les fleurs d'un autre plan de caféier.

La récolte se déroule de juin à août, il y a deux procédés de transformation :

- un ancestral, traitement par voie sèche où les cerises sont séchées pour fermenter le sucre avant de les éplucher.

- l'autre moderne, traitement par voie humide, demande une mécanisation. Dès la récolte, les cerises sont lavées, épluchées, puis centrifugées pour décoller le sucre enveloppant le grain, puis les grains sont nettoyés avant d'être séchés 24 à 48 heures.

Dans les deux cas on obtient le produit semi-fini appelé café vert, qui est le produit majoritaire dans le commerce du marché mondial. Matière première utilisée lors de la torréfaction. Avant la torréfaction, il faut encore enlever une fine enveloppe autour du grain vert. Les A se sont les grains les plus gros, les B grains arrondis ils permettent d'avoir une meilleur torréfaction.

Gauche : de bas en haut : cerises séchées, café vert avec enveloppe, café vert, café torréfié.  Droite : grade 

Lors de la dégustation du café arabica, nous continuons à discuter avec Abdul sur son pays. Son papa est musulman et sa maman catholique, lui est musulman et son frère catholique. Il nous dit que la Tanzanie est constituée d'une centaine de tribus, pour unifier le peuple à l'indépendance, Nyerere mélange les tribus, celles des montagnes partent sur la côte pour travailler dans les usines, tandis que les côtiers vont travailler au champs dans les terres, inévitablement ceci induit une mixité dans les mariages.

Nous finissons l'après-midi autour d'une partie de squash et dans la piscine.

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Publié le 25 novembre 2021
247 km 

Traverser la ville de Mbeya prend du temps au milieu de cette effervescence de piétons, tuk-tuk, camions, bus,...

Repas dans un restaurant rapide, avec de nouvelles saveurs à goûter. Jus de fruits frais, bananes plantain, poisson papillote, chapatis (pain indien) et le traditionnel poulet frites pour ceux qui veulent.

Nous enchaînons la traversée des villages à 50 km/h, les cols, les montées avec des camions qui peinent à 5 km/h, les descentes qu'ils dévalent. Le rythme change sans cesse, nous doublons un nombre impressionnant de camions. C'est une des artères de l'Afrique qui désenclave le Malawi et la Zambie et qui relie le port de Dar Es Salam en Tanzanie. Depuis l'indépendance Dar Es Salam n'est plus la capitale, c'est Dodoma au centre du pays.

Nous peinons à faire 200 km en 4 heures. Edouard a repéré un camping sauvage pour ce soir, où nos copains Un tour à Cinq se sont arrêtés il y a 11 mois. Il faut faire 6 km après avoir quitté la nationale, puis bifurquer à gauche pour se retrouver au bord d'un petit lac. Lorsque nous tournons à l'ultime piste, les écolières rentrent chez elles, elles dévient de leur chemin pour venir nous voir. Nous nous retrouvons avec une vingtaine de fillettes autour de la table, elle rigolent, observent. Une fois de plus la communication est difficile car elles ne parlent pas anglais. Lorsque je demande "what's your name", elles répondent en cœur "my name is", s'ensuit une cacophonie de prénoms. Stanislas part jouer au foot avec quelques-unes. Leur uniforme bleu roi est multi-reprisé, elles portent un pantalon sous leur jupe et un pull car il ne fait pas chaud et le vent souffle fort.

La nuit nous sauvera, c'est leur de rentrez chez vous les filles !!!

13
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Publié le 25 novembre 2021
304.8 km 

Nous nous réveillons au milieu des hirondelles qui virevoltent et viennent boire dans le lac. Peu de visite ce matin, deux jeunes garçons passent et trois femmes viennent remplir leur arrosoir, c'est tout.

Nous partons à 10 heures, nous avons 300 km à faire aujourd'hui pour rejoindre le prochain camping et il reste 650 km avant Dar Es Salam.

Forêt de pins 

30 km après le départ, nous sommes stoppés par un embouteillage avec des policiers au loin. Les camions et bus s'accumulent pour former un énorme bouchon, un accident ? Peut-être. Nous restons une heure trente sans bouger d'un kopeck et sans voir de véhicules venir en sens inverse. Il est midi quand nous redémarrons timidement, puis d'un seul coup les deux voies se transforment en sens unique. Les bus doublent les camions à tombeau ouvert, et ça sur 5 kilomètres. Evidement au bout c'est l'entonnoir, nous arrivons sur une zone de travaux avec déviation, les véhicules s'entremêlent pour sortir du goulot d'étranglement. Nous restons à nouveau 20 minutes sans bouger le temps que la police organise la circulation et permette à ceux d'en face de passer.

Nous nous arrêtons manger dès la première ville pour laisser partir les bus en furie qui ont perdus 2 heures sur leur programme.

Premiers masaï 

Plus que 260 km !!! Comme hier, des camions, des lignes droites, des villages, des côtes, des descentes. Heureusement, la route est en très bon état, les villages sont sécurisés par des dos d'âne, minimum trois par village. Dans les montées une troisième voie permet de doubler les camions plus facilement. Nous savons que la limitation de vitesse est de 50 km/h dans les villages, mais nous n'avons toujours pas vu de panneau indiquant la limitation de vitesse sur les nationales, 80, 90, 100 km/h? Aucune idée.

La dernière partie de route est très jolie, avec des baobabs à perte de vue le long de la rivière. Le lit majeur permet de cultiver du maraîchage, les bords de route regorgent d'oignons, tomates, choux, pastèques,...

Nous franchissons une dernière montagne avant de découvrir la plaine qui s'étend jusqu'à l'Océan Indien.

Nous nous arrêtons à Mikumi dans un camping avec piscine, pour y faire une journée de pause, bien méritée.

14
nov
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Publié le 25 novembre 2021

Nous passons une journée tranquille. Les enfants jouent dans la belle et grande piscine du camping.

Nous allons faire quelques courses dans les échoppes d'à côté.

15
nov
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Publié le 25 novembre 2021
Mikumi - Morogoro : 122 km

Après l’école nous partons manger en ville dans un restaurant de rue. Un masaï se pause pour manger, il me demande la permission de prendre Stanislas en photo, je saute sur l'occasion pour lui demander si je peux en faire de même.

Puis nous reprenons la route, une étape moitié plus courte qu’avant-hier.

Nous avons la bonne surprise de traverser le parc Mikumi et d'y voir plein d'herbivores; zèbres, impalas, buffles, girafes,... Sous chaque acacia il y a deux à quatre girafes à l'abri du soleil, certaines sont couchées (c'est assez rare). Tout le long de la route une multitude d'ossements sont dispersés sur la terre aride.

Nous arrivons sur une pleine dégagée, où s'érige le massif montagneux Uluguru.

Nous rejoignons Morogoro, dans cette ville, comme depuis 800 km, les passages piétons ont une signalétique complète n'oubliant pas les piétons en situation de handicap.

Nous dormons dans un camping qui fait lodge. Il y a une petite piscine nichée dans un écrin de verdure. Au camping les emplacements viennent d'être nivelés et arrosés, il y a de la boue collante partout. Ils ont planté des végétaux endémiques et exotiques pour constituer un arboretum. Une étable avec deux vaches se trouve au milieu du parc. Les enfants se munissent des outils du jardinier pour l'aider dans le balayage des feuilles mortes.

16
nov
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Publié le 25 novembre 2021
Morogoro - Dar es Salam :   

Nous traversons une grande exploitation de sisal.

Nous enchainons les kilomètres où la vigilance doit être de mise. Les bus se donnent toutes priorités, dès qu'ils ont de la visibilité, ils doublent que ça passe ou pas, à nous de nous mettre sur le bas côté pour les laisser passer. Nous n'avons jamais autant coupé de lignes blanches pour doubler qu'en Tanzanie, elles sont dessinées en dépit du bon sens.

Nous nous arrêtons dans un village pour le déjeuner. La gargote est en bordure de route, coincée entre deux vulcanisateurs, c'est particulièrement bruyant. Souvent les cuisinières ou serveuses ne parlent pas anglais, mais il y a toujours quelqu'un pour venir faire l'interprète et s'assurer que tout se passe bien pour nous.

Les camions sont sans cesse pesés pour contrôler leur poids total en charge, pour protéger les routes et surement payer des taxes. Ceci entraine de longs temps de pause pour eux.

L'arrivée à Dar Es Salam se fait sur une belle 4 voies toute neuve, avec une allée centrale pour la circulation des transports en commun. Elle reste cependant dangereuse car des carrefours coupent cette route rapide.

Plus nous rentrons dans la ville plus la circulation est dense. Une fois arrivés au niveau des feux rouges nous nous trouvons dans les bouchons. Des échoppes se succèdent, recyclage de plastique, des ferrailleurs, des mécaniciens,... Les vendeurs ambulants animent les trottoirs, ils vendent des accessoires pour voiture, des morceaux de canne à sucre, des lunettes,...

Nous poursuivons en direction du port et empruntons un pont pour traverser une rivière, afin de se retrouver en face de Dar es Salam, au sud de la ville. Nous passons devant le terminal pétrolier où des centaines de camions attendent.

Nous nous installons dans un camping les pieds dans l'eau, les gardiens Masaïs nous accueillent. L'endroit est vraiment beau, devant une plage animée par les baigneurs et la mer animée par les bateaux en tout genre : cargos, boutres, pirogues. Ambiance vacances, nous retrouvons l'océan indien et ses cocotiers, que nous avions quitté au Mozambique il y a deux mois et demi.

Petit bémol, la musique est très forte chez les voisins. Le premier est raisonnable et arrête à 19h, tandis que le deuxième stoppe à 1h30 !!

17
nov
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nov
Publié le 25 novembre 2021
 Lever de soleil
Abrités du vent, car  sinon la vue est plus sympa de l'autre côté 

L'école est entrecoupée d'une pause où les enfants partent à la recherche de coquillages. Activité qu'ils adorent.

Nous passons la matinée à trier et empaqueter tout ce que l'on veut donner à mes parents pour s'alléger un peu. Les quelques souvenirs glanés, les livres d'école de l'année scolaire précédente, les cartes et guides déjà utilisés. Il faut sortir la totalité des affaires pour y parvenir.

Pile / Face 

La musique se remet en marche, heureusement le son est bon mais ça reste trop fort !!!

18
nov
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nov
Publié le 28 novembre 2021
 Dar es Salam

Ce matin nous chargeons nos affaires dans des sacs 'Tati', made in Madagascar. Il faut débrancher le frigo et finir les produits frais. Demain, nous prendrons le ferry pour piétons depuis Dar Es Salam pour Zanzibar, nous n'irons pas là-bas avec le camper.

Après le déjeuner il est l'heure de tout plier pour trouver un hôtel. Il y a un risque de pluie demain matin, nous ne pouvons pas prendre le risque de plier la toile de tente humide et la stocker ainsi 10 jours.

Nous longeons le port où les routes sont en construction. Les plaques sur les camions sont en cuivre, elles viennent de Zambie et sont livrées au port de Dar es Salam pour l'exportation.

 ZM : Zambie

La ville a quelques gratte-ciels avec de grandes avenues mais aussi de petites ruelles engoncées au milieu de vieux immeubles avec un certain charme. La ville grouille d'activités, de voitures, de passants, de vendeurs ambulants ou statiques sur un bout de trottoir.

Nous allons au terminus du ferry pour acheter nos billets.

La première adresse que nous avons repérée pour dormir c'est le YWCA (Young Woman Catholic Accomodation), nous rentrons dans un petit parking, les groupes électrogènes crachent leurs pots d'échappement et leurs bruits. L'hôtel est fermé pour rénovation.

Nous cherchons avec iOverlanders les autres options plus au nord, proche de là où nous laisserons la voiture en stationnement 10 jours. Nous tombons sur des embouteillages, à cause d'un rétrécissement pour passer un bras de mer. Après 40 minutes de guidage par le GPS, pour rejoindre un hôtel repéré sur l'application, nous arrivons dans une ruelle, puis un cul de sac. Il faudrait finir à pied !!! Il est 15h50 et j'ai un RDV téléphonique à 16h, le temps presse. Juste avant de tourner dans le cul de sac nous avons vu un écriteau indiquant un hôtel, nous allons voir. Les chambres sont simples avec la clim svp, les lits confortables, il y a un parking pour garer la voiture et un bout de jardin. Ca fera très bien l'affaire à 20€ que demander de plus. Le hasard fait bien les choses.

A 18h nous partons manger dans la rue, dans une gargote où nous sommes traités comme des rois. La rue est animée malgré la tombée de la nuit. Les écoliers rentrent de l'école, les travailleur sont sur le chemin de leur maison, à pied ou en moto. En rentrant les restaurants et pubs s'animent plus qu'à l'aller.

19
nov
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nov
Publié le 28 novembre 2021

Après quelques centaines de mètres à pied nous trouvons un petit restaurant plein, où les gens viennent prendre leur petit déjeuner. Au menu, chapatis, œufs, beignets, thé et l'incrédulité des personnes autour de nous.

A 9h30 nous partons vers le parking où nous allons stocker la voiture. Maryam, amie de Léo (frère d'Edouard), a une place de parking dans sa résidence, qu'elle n'utilise pas, elle nous la prête gentiment. On va y laisser le camper 10 jours le temps de notre échappée à Zanzibar.

Maryam nous a dit que le système Uber fonctionnait très bien à Dar es Salam, Edouard installe l'application. C'est bien la première fois que nous utilisons ce système. En commandant la voiture sur l'application, elle retient la mauvaise localisation, du coup le monsieur est parti là où nous avons dormi cette nuit. Il nous appelle, nous lui donnons les bonnes informations cette fois-ci. Nous sommes prêts avec nos 10 sacs bien lourds.

Nous arrivons au terminal du ferry à 11h. Encore dans la voiture, une nuée de rabatteurs gazouillent autour du taxi. Ils veulent nous vendre des billets que nous avons déjà, nous aider à porter les bagages, ...

Nous nous frayons un chemin vers la grille d'entrée, heureusement elle est seulement à quelques mètres. Nous présentons les billets et passeports à un militaire. Une fois à l'intérieur le calme revient. Nous faisons la queue pour passer les bagages au scanner, le même militaire qu'à l'entrée nous invite à passer devant tout le monde, ayant des enfants. Le calme était de courte durée, à la sortie du scanner les bagages s'amoncellent, les passagers se ruent dessus dans un joyeux bazar. Le hall est agité de clients impatients. Nous passons sur la passerelle pour rejoindre le quai avant de parvenir au bateau. Nos billets sont contrôlés 3 fois en 100 mètres.

Nous sommes confortablement installés dans nos fauteuils, lorsque que nous recevons une messages de mes parents comme quoi leurs tests PCR sont négatifs. Bonne nouvelle !!! La traversée est rapide, juste 1h30.

Nous arrivons à Zanzibar ville, où il faut remplir une fiche pour l'immigration, car Zanzibar a un statut particulier, il a une part d'autonomie avec la Tanzanie. Nous sortons du terminal, le monsieur de la chambre d'hôte n'est pas là. Il arrive quelques minutes après que nous ayons contacté la gérante. L'hôtel n'est pas très loin, mais nos bagages sont lourds, nous devons trouver un porteur avec une charrette. C'est un vieux monsieur au teint buriné qui tractera nos kilos.

Nous arrivons à Kiponda B&B, après avoir parcouru quelques ruelles à l'abri de la chaleur. Nous posons nos affaires avant de partir faire un tour en ville.

Nous allons sur la promenade en front de mer où nous prenons un jus. Ensuite nous faisons un plouf pour se rafraîchir avant de continuer la découverte de cette ville ancienne, aux airs de médina.

Nous sommes impressionnés par le nombre de touristes, dont beaucoup de français. Les groupes en voyage organisés s'enchainent, rythmés par un tempo millimétré.

Nous arpentons les ruelles, remplies de souvenirs chinois, une boutique sur dix à des souvenirs locaux. Certaines épiceries ou petit restaurants résistent à cette transformation. Hormis les touristes, la vie suit son cours, en fin de journée les ruelles se chargent en Zanzibaris, les enfants jouent au foot, les adultes discutent sur le pas de la porte ou jouent à l'awalé local.

Nous allons boire un bière désaltérante au pied du port. Stanislas part jouer au foot avec des adultes, qui l'intègrent au groupe.

Le passé arabo-persan subsiste à chaque coin de rues, dans l'architecture des maisons et des belles portes sculptées.

Nous allons diner sur l'esplanade en bord de mer, au Forodhani Food market, les échoppes se sont montées en fin d'après-midi, le crépuscule laisse apparaitre les loupiotes qui éclairent les étales de brochettes, de pizzas locales entre deux chapatis et de chawarmas. Nous faisons le tour pour découvrir l'offre, très hétérogène quant aux tarifs, nous esquivons les brochettes à 4€ l'unité. Notre stratégie, observer à quel stand vont les locaux, pour trouver le meilleur rapport qualité/prix.

20
nov
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Publié le 4 décembre 2021

Je pars avec Ambre à l'aube pour se balader dans la ville à l'aube, afin de patienter avant le petit-déjeuner.

C'est mer d'huile, les pêcheurs rentrent ou sortent selon. Les bateaux de touristes eux sont toujours au mouillage.

Il y a déjà du monde dehors, les balayeuses pour redonner une fraicheur à la ville et les sportifs hommes et femmes s'activent à la fraîche.

Nous rentrons par les ruelles, les magasins de souvenirs sont encore clos, un peintre prépare sa palette de couleurs. Sa boutique est remplie de peintures, ils sont cinq à se la partager, ils alimentent les plages en tableaux.

Nous rentrons encore trop tôt pour le petit-déjeuner servi à 7h30, il faut encore attendre 30 minutes. Les entrailles des enfants crient famine. Une fois servis, nous dégustons : beignets, céréales, fruits, pain grillé, œufs sur le plat et jus.

Mes parents arrivent à midi, ça nous laisse le temps de continuer à arpenter les ruelles. Beaucoup de bâtiments sont en restauration, dont le palais du Sultan d'Oman. Nous commençons par visiter le fort construit par les Omanais en 1699. A l'intérieur il y a un théâtre de verdure et encore des boutiques de souvenirs. L'une d'elle a de beaux masques utilisés autrefois lors des cérémonies de mariages, de naissances, de circoncisions, ... Il y a aussi un atelier de peintres.

Nous nous enfonçons un peu plus pour s'éloigner des pas de portes uniquement de souvenirs.

Nous croisons de jeunes garçons qui sortent de la madrasa, l'école coranique.

Portes 

Nous passons devant l'église catholique Saint Joseph, à l'intérieur des écolières répètent un chant. La religieuse pas très commode, se lève subitement, pour aller taper avec sa baguette, sur les doigts de trois petites filles. La majorité des Zanzibaris sont de confession musulmane.

 Eglise Saint Joseph

L'eau est apportée en charrette ou en tricycle, permettant de passer dans les ruelles étroites, pour alimenter les maisons n'ayant pas l'eau courante.

Les habitants nous saluent facilement à notre passage. Nous passons de ruelles touristiques à d'autres habitées par les locaux. Au pied des maisons, des bancs permettent aux gens de palabrer entre eux, d'attendre les clients ou d'étaler leurs fruits.

Nous rejoignons une rue avec plus d'artisanat local, des couturiers créatifs, des antiquaires, de petits restaurants, des épiceries et une mosquée.

Nous mangeons dans un petit restaurant, où le service est efficace car tout est préparé à l'avance et exposé en vitrine.

Il est l'heure de prendre un taxi pour aller à l'aéroport accueillir mes parents. Nous passons devant le stade qui vient d'accueillir la présidente de Tanzanie, Samia Suluhu Hassan, elle même née à Zanzibar. Ceci nous amène à parler de la vie politique à Zanzibar avec Mohamed, le taxi-man. Zanzibar a une autonomie politique avec la Tanzanie. Le Chama cha Mapinduzi (CCM) parti social démocrate est au pouvoir depuis l'indépendance, cependant à chaque élections à Zanzibar il est accusé de fraude par le parti Civic United Front, qui souhaite une l'indépendance avec la Tanzanie. Il a souvent des affrontements aux élections et parfois des morts.

Nous arrivons juste au moment où mes parents sortent de l'aéroport. Les retrouvailles sont chaleureuses et émues.

Nous prenons la route pour Jambiani, située au Sud-est de l'île, où mes parents ont loué une maison pour les 10 jours à venir. Un peu de repos et de sédentarité fera du bien.

21
nov
21
nov
Publié le 4 décembre 2021


Des colobes roux de Zanzibar, viennent nous rendre visite, ils ne sont pas voleurs, c'est une bonne chose. La population à Jambiani se développe depuis qu'ils ne les capturent plus pour les domestiquer ou en faire une attraction touristique.

 Colobe roux de Zanzibar

Puis c'est au tour du quadripède nommé, rat à trompe géante ou musaraigne éléphant de pointer le bout de son nez.

Nous nous délectons de la vue devant chez nous, le paysage change en fonction de la marée. Les camaïeux de bleus et de verts sont splendides. Les habitants partent pêcher, cultiver les algues ou ramasser des coquillages pour leur propre consommation.

22
nov
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nov
Publié le 4 décembre 2021
 Jambiani

Nous partons à Kizimkazi pour aller manger. Nous avons loué une voiture pour nous y rendre. Nous traversons une zone rocheuse où quelques végétaux parviennent à pousser. Nous passons par Kufile, village authentique, avant d'arriver côté ouest de l'île. Nous mangeons à Promised Land, le restaurant surplombe la mer, qui est assez loin à marée basse.

Le repas est excellent et le poisson parfaitement cuit. Ici aussi les couleurs changent en fonction de l'heure.

En rentrant on essaye d'acheter une carte SIM pour mes parents. Le problème c'est que si vous n'êtes pas résident vous ne pouvez pas avoir de carte SIM. Du coup un business s'est monté en vendant la carte 10 fois plus cher qu'elle devrait être, en enregistrant leur propre identité. Ici il demande 6€ ce qui nous parait un peu excessif, nous repartons bredouille.

Les bus sont des camionnettes aménagées, ouvertes sur les côtés avec des bancs.

Nous passons devant Jambiani pour aller à Paje à quelques kilomètres au nord, village réputé pour ses fêtes et le kite-surf. Cette fois-ci le kiosque vend la carte SIM moins cher et le monsieur parle anglais, c'est plus facile pour communiquer. Edouard me dit, on va au supermarché. N'étant pas revenus une fois que nous avons fini, nous partons à pied avec maman vers le supermarché auquel nous pensions, sur la route de Jambiani. Ce n'était pas du tout le bon, ils on dû demander au vendeur, quel numéro il nous avait attribué pour pouvoir nous appeler et nous retrouver 😀.

Ce soir nous allons avec Edouard au concert hebdomadaire de Coral Rock à deux pas de chez nous. La musique est bonne au rythme du reggae, les gens affluent au fur et à mesure de l'heure qui avance. Une soirée sans enfants, ça faisait longtemps !!!

 Pour l'instant il n'y a pas grand monde
23
nov
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Publié le 4 décembre 2021

Nous profitons des 24h de location de voiture, pour aller à Paje. Nous voulons visiter les cultures d'algues au large mais ce n'est pas possible car la marée est encore trop haute. Nous cherchons un marché au poisson, les indications des passants nous amène chez un grossiste avec un grand congélateur dans une petite maison. Il attaque un peu fort, le prix est particulièrement élevé.

Nous allons faire un tour à la plage, au retour, Edouard retourne pour acheter le poisson et arrive à diviser le prix par deux. Nous achetons quelques beignets aux villageois, avant de rentrer pour le repas.

Edouard nous prépare le poisson avec une bonne petite sauce aux champignons.

Cette après-midi c'est sieste, il fait tellement chaud et humide qu'il n'y a pas grand chose d'autre à faire. Si pardon, contempler sur une chaise longue.

Petite balade sur la plage en fin d'après-midi.

24
nov
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Publié le 4 décembre 2021

Balade matinale, nous allons nous baigner dans le chenal à marée basse

Souvent en fin d'après-midi, une fois que le fond de l'air s'est rafraichi nous partons nous balader sur la plage. Elle est animée de joueurs de foot, de beach boys massaïs, de vacanciers, de zébus...

25
nov
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Publié le 4 décembre 2021

Nous partons au restaurant en bord de mer, on y va à pied par la plage.

Nous allons à New Teddy's, un backpacker où de jeunes travailleurs nomades s'affairent à leurs tâches.

Il y a une piscine, une slackline (sangle tendue entre deux arbres), de quoi occuper les enfants en attendant le repas.

26
nov
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nov
Publié le 4 décembre 2021

Nous avons reloué la voiture pour aller au nord de l'île, qu'il faut traverser.

Nous arrivons au village de Kendwa, bien différent de Jambiani, de ceux du sud et de l'intérieur de l'île. Nous découvrons un tourisme de masse, des hôtels côte à côte en all inclusive. Les russes, polonais, français, allemands et bien d'autres nationalités viennent s'entasser sur les plages, s'exhiber en string, faire la fête à outrance,...

Le Boss Dhow est tenu par un couple franco-kenyan. Leur dhow vient du Kenya. Ils proposent un tour vers l'île de Mnemba appartenant à Bill Gates, à contre sens des tours proposé chez les concurrents. Au fur et à mesure que nous avançons la côte retrouve un visage plus sauvage.

On passe devant l'hôtel où j'étais venu il y a 18 ans. En indemnité de stage (6 mois au Kenya) j'avais eu 10 jours de vacances sur la côte kenyane et à Zanzibar, l'île a bien changée depuis !!!

Nous franchissons une passe pour se retrouver en pleine mer. Nous cherchons les dauphins et les voilà surgir devant nous, en premium. Au bout de quelques minutes, de petits bateaux remplis de touristes arrivent comme des furies, pour permettre aux passagers de nager avec les dauphins. Le spectacle est ahurissant, les marins coupent la route aux dauphins. Nous demandons à partir pour ne pas voir ça cette hystérie.

Nous nous pausons près d'un banc de sable, un peu plus loin des autres pour être au calme. L'ambiance c'est ; baffle à fond, selfie pour Instagram et vodka à volonté.

La baignade est au RDV. Un repas avec barbecue de poisson et salade de fruits au chocolat en dessert, la classe.

Vers 14h nous nous approchons de l'île pour aller voir les beaux poissons coraliens. Par chance nous avons des dauphins devant nous. Nous les suivons tranquillement, il ne reste plus que quelques bateaux aux alentours, un autre les suit avec nous. Après 15 minutes nous arrivons à être assez près d'eux pour sauter et les voir nager dans l'eau cristalline. Ambre me suit, les voit, elle est comblée.

Le récif coralien est beau avec beaucoup de poissons multicolores. Merci Mr Bill Gates de laisser les fonds marins accessibles. Stanislas s'est lancé dans l'utilisation du masque/tuba et il se débrouille comme un chef, il se repose sur nous quand il a une baisse de régime. Ambre prend plaisir à nager avec les poissons mais se fatigue assez vite, du coup elle fait plusieurs cessions en se reposant sur le bateau.

Nous repartons à la voile cette fois-ci et faisons la course avec l'autre bateau de la même compagnie. C'est agréable ce calme au rythme des flots et du vent.

On mange encore une fois et c'est plateau de fruits. Nous attendons le coucher du soleil avant de rentrer. Les marins galèrent à rouler la voile, le vent s'engouffre, il y a trop de force. Ils partent se protéger dans une petite baie avant de réussir. Ils ont failli éborgner des nageurs dans l'histoire.

C'est l'heure de rentrer après cette très belle journée. Il nous reste 1h40 de route devant nous. La voiture de location a des films teintés autocollants, ils recouvrent les fenêtres latérales et 1/3 du pare-brise, du coup la visibilité est limitée. Sans compter sur les piétons en bordure de route, les motocyclistes avec ou sans phares, les voitures aux phares mal réglés et les dos d'âne non signalés. Voilà pourquoi en règle générale nous ne roulons pas de nuit.

À 21h nous arrivons à Paje, Maman veut retirer de l'argent, elle confie sa carte à Edouard. Au premier essai le distributeur demande un code envoyé par SMS, mais maman n'a pas sa carte SIM française et ne reçoit pas ce code. Edouard réessaye sur le deuxième distributeur d'à côté, et là la carte est avalée directement. Super ! Un vendredi, dans un distributeur isolé sans banque derrière c'est foutu pour espérer la récupérer !

27
nov
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nov
Publié le 5 décembre 2021

Les singes cobos reviennent nous rentre visite.

En allant à l'épicerie d'à côté qui est bien achalandée pour acheter les légumes, nous croisons un camion citerne qui vient nous livrer l'eau tous les 3 jours. Nous sommes en fin de saison sèche, les pluies commencent à peine dans cette partie de l'île, les nappes sont vides. Un réel problème oublié lorsque nous sommes touristes, car les cuves permettent de voir couler l'eau à flot depuis nos robinets sans s'en rendre compte.

 Sur la route

Traditionnelle balade de fin de journée sur la plage pour que Stanislas aille jouer au foot, finalement ça se transforme en volley.

28
nov
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nov
Publié le 5 décembre 2021

Nous partons marcher dans le village avec maman, le côté pile est bien différent du côté face du bord de plage, mais les sourires sont bien là. Les rues sont scabreuses, des petits commerces ; épicerie, vendeurs de fruits et légumes, tailleurs,... et des déchets amoncelés par-ci, par-là.

 Village de Jambiani

Les maisons sont construite à partir de corail, elle ont toutes la même architecture.

Ils voulaient être pris en photo 

Le recyclage essaye de se mettre en place pour réduire les déchets sur la plage et j'espère aussi dans les villages. Les sacs plastiques sont interdits depuis 2 ans en Tanzanie et ça se voit. Ils ont été remplacés par des sacs en tissu importés de Chine. Par contre il reste du progrès à faire sur les bouteilles en plastique. On ne peut pas dire qu'ils aient une conscience écologique et de protection de leurs trésors maritimes.

On rentre par la plage, je fais mon petit geste de "support". C'est ce que les gens disent quand ils vendent des babioles, "support me". J'achète quelques bracelets à des masaïs itinérants, je ne sais pas si c'était une bonne chose, car les Zanzibaris sont assez exaspérés de leur présence folklorique sur l'île.

Marée basse, les étoiles de mer et les escargots sont de sortie.

29
nov
29
nov
Publié le 5 décembre 2021
 Good morning

Se réveiller avec ce lever du soleil !!! Les pêcheurs ramassent des algues avant de partir à la pêche et relever leurs casiers, elles seront mises dans les nouveaux casiers.

Nous allons manger sur un rocher coralien et faire un peu de snorkeling.

Cet oiseau porte les couleurs de Zanzibar 

Nous arrivons à Usumba Rock, il faut descendre quelques marches pour se retrouver les pieds dans l'eau turquoise, sur une paillotte sur pilotis.

Nous allons voir les poissons pendant que la marée est encore haute, il y en a quelques-uns autour des patates de corail, mais rien de folichon.

Il fait un peu frais !! 

Après le repas nous partons tous les quatre voir les poissons derrière la barrière de corail. Le tombant n'est pas abrupte, c'est une pente légère. La visibilité est bonne pour voir de gros et beaux poissons tout en barbotant. Stanislas remonte vite sur le bateau et prend les commandes pour piloter pour venir nous chercher.

La mer commence à baisser, le paysage change.

Nous rentrons tranquillement en milieu d'après-midi.

Le soir nous allons manger à Yellow card, à Jambiani. La déco est chouette et le menu aussi, par contre c'est un peu long, Ambre s'endort dans la voiture.

30
nov
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nov
Publié le 5 décembre 2021

Il est l'heure de remplir les valises et de dire au revoir à ce joli coin de paradis.

Ali nous amène à Stone Town pour nous déposer à notre hôtel de ce soir. Une pluie diluvienne s'abat sur nous à l'entrée de la ville, la saison des pluies commence avec un petit mois de retard. La ville est sous les eaux, les "trottoirs" deviennent des torrents. Les piétons jouent aux funambules pour éviter de se mouiller les pieds. L'absence de caniveaux empêche l'eau de s'écouler correctement.

Nous déchargeons les bagages sous la pluie. Une éclaircie approche, mais nous achetons quand même des parapluies. Nous avions demandé à Ali combien ils coutaient, nous les avons eu au juste prix, après une petite négociation d'Edouard, le prix a été divisé par quatre.

Dans le hall de notre hôtel 

Nous partons manger en bord de mer, la pluie cesse, les belles couleurs reviennent. Une fois le soleil rayonnant nous allons nous abriter dans les ruelles plus fraîches de Stone Town. Cette fois-ci nous nous enfonçons encore plus dans la vieille ville qu'il y a 10 jours.

À chaque carrefour c'est la surprise, de nouveaux portraits de vie.

Nous arrivons dans le quartier des tissus, tous plus beaux et colorés que les autres. Les charrettes ambulantes vendent fruits coupés, noix, jus de canne à sucre ou bien elles transportent les produits de première nécessité aux épiceries du quartier.

Nous tombons sur des sculpteurs sur plâtre qui font des merveilles. Ils sont installés dans une maison un peu délabrée en cour de restauration. Ils sont contents de montrer leur travail, les enfants sont absorbés.

Nous poursuivons vers les ruelles commerciales, pour faire un peu d'essayages non concluants.

Nous nous arrêtons à l'hôtel pour une dernière partie de Uno avec Bonne maman, avant que le taxi ne vienne récupérer mes parents pour les emmener à l'aéroport. Les au revoir sont moins gais que les retrouvailles. Nous garderons de beaux souvenirs de cette escale à Zanzibar en famille élargie. Nous partons faire un tour à la plage, le cœur lourd.

Nous ne restons pas longtemps à quatre, car ce soir nous retrouvons une famille de voyageurs qui fait le tour du monde en backpack. Pas facile de trouver des destinations ces temps-ci. Nous mangeons avec Fadoua et Riad et leurs deux enfants, au Lukmann, restaurant réputé pour ses plats traditionnels swahilis. Les filles ont le même âge et passent la soirée à échanger sur leur voyage respectif, comme nous entre adultes.

1
déc
1
déc
Publié le 5 décembre 2021

Nous allons prendre notre petit déjeuner dans un boulangerie conseillée par Fadoua, elle nous avait bien vendu les croissants avec une barre chocolatée dedans, mais pas de chance ils sortiront seulement des fourneaux cette après-midi. Au retour, nous croisons les écoliers qui partent en classe.

Nous faisons les bagages pour libérer la chambre à 11h. Faire et défaire ses valises, avoir une heure de départ imposée, être backpacker n'est pas du tout fait pour nous.

Ramassage des déchets dans la ville 

Nous allons visiter le musée de l'esclavage qui se trouve dans l'hôpital de l'église anglicane construite entre 1873 et 1880, après la fin de l'esclavage.

Le minaret est un peu caché. 

Un guide "francophone" nous est attribué, bon un peu difficile de le comprendre. Nous commençons par les geôles des esclaves qui débarquaient à Zanzibar depuis le continent. Ils restaient là 48 heures entre 50 et 75 femmes et enfants ou 50 hommes attachés par le cou et les mains, dans ce tout petit espace bas de plafond, d'une douzaine de m². Une vrai fournaise, avec un caniveau pour récolter les excréments, "lavés" lors des marées. L'enfer !

Ensuite nous allons vers une sculpture mémorial réalisée par la suédoise Clara Sörnäs, pour représenter le marché aux esclaves. Cous, pieds et mains liées avant de trouver leurs nouveaux maîtres et nouvelle destination, (Oman, Madagascar, l'île Maurice, la Réunion, ...). Les enfants n'étaient pas vendus mais donnés !!! L'islam interdit l'esclavage des musulmans, la demande grandissante de main d'œuvre dans les plantations des pays musulmans au XIX ème siècle favorise le développement de celui-ci en Afrique de l'Est.

Nous rentrons dans l'église anglicane, au centre il reste la souche de l'arbre jujuba (si mes souvenirs sont bons) où les esclaves étaient enchaînés et fouettés, pour déterminé leur prix de vente : le premier qui hurlait était vendu moins cher que le dernier à crier considéré comme plus résistant. Cet épisode a particulièrement marqué les enfants. il y a de quoi.

Puis nous allons dans le musée très documenté de texte et de photos. Les esclaves étaient capturés au Congo, Zambie, Malawi, Tanganika, Burundi, Rwanda,... avec la complicité de leurs chefs de village. Ils pouvaient mettre plusieurs mois voir plus d'un an pour rejoindre Dar Es Salaam à pied (oui n'étaient pas transportés en carrosse !) . Evidemment, la faim et les épidémies en laissaient beaucoup comme mort au bord des routes. Ils ne "voyageaient" pas à vide, beaucoup de marchandises telles que l'ivoire étaient portées par les esclaves. Le problème c'est qu'à force de vider les villages des hommes principalement, il n'y avait plus personne pour cultiver les lopins de terre, donc on faisait venir des esclaves pour travailler la terre, une hérésie !!!

En 1873 l'esclavage est aboli par les anglais, les missionnaires anglicans, dont Dr Livingstone (il est un fil rouge de notre voyage) ont été de grands défenseurs de l'abolition de l'esclavage. Il faudra attendre 1904, plus d'une génération, pour qu'il soit définitivement aboli sous cette forme. C'est au tour des négriers de se retrouver enchaînés lorsqu'ils se faisaient attraper à pratiquer la traite négrière. En 43 ans de 1830 à 1873 on estime à 700 000 esclaves qui ont transités par Zanzibar.

Zanzibar se retrouve avec beaucoup d'affranchis qu'il faut "occuper". La culture des clous de girofle permet d'utiliser cette main d'œuvre disponible.

Aujourd'hui l'esclavage "moderne" comme on l'appelle est encore une triste réalité.

Sans transition, nous retournons à l'hôtel pour rendre la chambre, stocker nos affaires dans le hall d'entrée et partir à la plage.

Les nuages menaçants arrivent, il ne faudra pas attendre longtemps pour voir une nouvelle pluie diluvienne s'abattre sur nous. Les parapluies achetés hier nous sont bien utiles.

Edouard avait repéré un petit restaurant avec de l'espace pour s'assoir. Nous y arrivons trempés de la tête aux pieds malgré les parapluies. Nous mangeons un excellent riz biryani. L'accueil est une fois de plus très chaleureuse.

Á 13h heures il pleut toujours autant, les vendeurs abrités dans leurs boutiques doivent se demander ce que l'on fabrique, ça fait 2 fois que l'on passe devant eux sous cette pluie battante.

Nous décidons de prendre un taxi pour nous rendre au port sinon tout sera trempé et nous avec. Nous arrivons à 13h45 au port pour le bateau de 14h, mais il a 30 minutes de retard, il arrive juste. Nous passons les formalités de l'immigration, l'agent tamponne nos billets mais pas nos passeports, il me dit que ce n'est pas grave malgré mon insistance, c'est le visa tanzanien qui fait foi.

 Terminal portuaire

Dans le ferry climatisé, personne ne porte de masque, alors qu'à l'aller il y en avait quelques-uns. En Tanzanie, au début de l'épidémie, vous pouviez vous retrouver en prison ou avoir une amende si vous mentionnez le nom "Coivd" ou si vous disiez que vous l'aviez attrapé. Depuis la nouvelle présidente ça c'est un peu assoupli.

Nous arrivons à Dar es salaam 1h30 plus tard. Les rabatteurs pour les taxis sont très actifs. Nous nous faisons avoir, nous pensions négocier avec un taxi-men mais en fait c'est un rabatteur. Nous allons chez Maryam, une copine de Léo, pour retrouver le camper. Elle nous héberge pour la nuit, soon ami Guerric, grand copain de Léo, vient d'arriver de Guyane pour un mois.

Etant mercredi, nous allons à l'alliance française de Dar es salaam pour voir un concert de reggae. Chaque semaine un nouveau groupe se produit avec des styles de musique différents. Stanislas est complètement cuit. Il n'a fait aucune sieste depuis 13 jours et ça se ressent. Il fini par s'endormir dans un canapé. Tandis qu'Ambre danse, la musique est vraiment excellente et le son de super qualité.

2
déc
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déc
Publié le 14 décembre 2021
Dar Es Salaam - Bagamoyo : 70 km 

Après le petit-déjeuner nous allons faire les courses pour remplir le frigo et les "placards".

Il nous faudra 2 heures pour ranger les courses, les bagages et faire de l'eau. Nous sommes en nage à la sortie de l'opération.

Nous mangeons un bon repas concocter par Guerric. Nous attendons Maryam qui rentre de ses cours, pour lui dire au revoir. Merci beaucoup pour l'hospitalité.

Nous voulons sortir de Dar es Salaam avant que les embouteillages commencent, c'est à dire en début d'après-midi. Nous faisons bien 50 km avant de ne plus avoir d'urbanisation autour de nous. Escale chez un laveur de voiture, car elle est bien poussiéreuse après ces 13 jours de stockage. Le gérant de ce "car wash" vient de la région du Kilimanjaro, nous apprendrons plus tard que les entrepreneurs du pays viennent de là. Nous discutons avec lui le temps du lavage, les investisseurs étrangers principaux en Tanzanie sont les anglais et les kenyans. L'Afrique du Sud est peu influente en Afrique de l'est contrairement à l'Afrique australe, cependant, ici, ils investissent dans les télécommunications.

Nous passons par une zone de production de noix de cajou. Les sachets sont exposés au bord de la route. Pour en acheter c'est la langue des signes qui fait foi et l'écriture pour connaître le prix. L'anglais est très peu parlé dans les campagnes, à part par les personnes de plus de 60 ans. Tout au long de la route des collecteurs de bouteilles plastiques, destinées au recyclage, j'imagine.

Arrivés à Bagamoyo, petite ville où le temps a vieilli les crépis des vieilles bâtisses de l'époque de la traite négrière et de la capitale de l'Afrique orientale allemande. Le charme de ce village de pêcheur laisse entrevoir un passé prospère.

Le premier camping où nous nous arrêtons est à proximité des sécheurs de poissons à l’odeur forte, nous ne nous voyons pas rester à côté pendant ces quelques jours. Le second est un lodge, avec un beau parc arboré de flamboyants en fleur et une pelouse toute verte. L’accueil est beaucoup plus chaleureux, nous décidons de rester ici. Un petit bungalow nous est ouvert pour que l'on puisse avoir accès aux toilettes et à la douche.

3
déc
3
déc
Publié le 14 décembre 2021

Nous reprenons l’école après quelques jours de vacances à Zanzibar.

Il y a du boulot de rédaction du blog, j’ai pris beaucoup de retard à Zanzibar, tellement la connexion était mauvaise. Ce qui prend le plus de temps dans ce cas, c’est le chargement des photos et il y en avait quelques-unes 😉.

En fin d’après-midi nous allons nous balader sur la plage vers le port. Bagamoyo se trouve en face de Zanzibar. Au loin nous voyons une fourmilière de petits bonhommes en gilet de sécurité orange. Plus nous nous en approchons plus nous découvrons la raison de ce grouillement dans le port. Des bidons d’huile de 20 litres sont déchargés un par un à la force des bras des dockers aux muscles saillants. Les boutres viennent de Zanzibar, mais autant que nous le sachons il n’y a pas de production d’huile de palme sur cette île. Nous allons voir le gardien de l’entrée du port pour savoir d’où viennent ces marchandises. Les conteneurs arrivent de Malaisie, ils sont déchargés à Zanzibar puis les marchandises chargés dans des dohws puis déchargées ici. Les bidons sont gerbés par dessus bord, canalisés par les dockers à la nage pour qu’ils viennent s’échouer sur la plage. Ensuite ils sont portés deux par deux jusqu’à de petits camions.

Dans l’autre sens se sont des planches de bois, des fruits et légumes qui remplissent les cales pour être livrés à Zanzibar. La question est : pourquoi ces conteneurs de bidons d’huile ne sont pas déchargés directement à Dar Es Salaam. Ça doit être une histoire de taxe, on ne voit pas autre chose. Nous essayons de confirmer cette hypothèse au port, mais personne ne connaît la raison ou veut nous la donner.

En rentrant au camping, nous demandons la confirmation au propriétaire, il affirme que c'est bien pour une raison de taxes douanières moins élevées à Zanzibar, il en est outré. Dans quel pays les taxes sont différentes? Dit-il (mais Zanzibar a une part d'autonomie régionale). Le propriétaire allemand, s'est installé ici il y a 23 ans après un échec d'installation en Bretagne.

4
déc
4
déc
Publié le 14 décembre 2021

Nous retournons au port pour le plaisir du spectacle et faire un petit ravitaillement en produits frais, poisson, fruits et légumes.

Ce soir c'est poisson à la plancha, avec frites achetées au port tout à l'heure.

Dimanche nous profitons de la plage animée. Les enfants veulent la décorer avec les déchets glanés.

6
déc
6
déc
Publié le 14 décembre 2021
201 km 

Notre objectif est de rejoindre le lac victoria à 1160 km d'ici. Trois trajets sont possibles dont deux par les nationales : par le nord, il faut remonter jusqu'à Arusha pour ensuite redescendre en longeant le parc Serengeti, ou par Dodoma mais ceci voudrait dire faire une partie de route déjà empruntée entre le Malawi et Dar es Salaam. Sinon il reste le chemin le plus court, par une piste qui coupe à travers les plaines Masaïs.

Bagamoyo 

Nous choisissons la troisième option. Aujourd'hui nous roulons encore sur le goudron pour rejoindre Handeni. Nous passons par une zone de production d'ananas, il y a de toutes petites parcelles devant les maisons comme des plus grandes de plusieurs ares.

Nous mangeons dans un village pour trois francs six sous. 2,5 euros pour 2 plats (ugali (bouillie/purée de maïs), des brèdes, quelques morceaux de viande pas très tendre), 2 portions de frites et 2 coca.

Nous arrivons à Handeni, il n'y a pas de camping car nous ne sommes pas dans une zone touristique. Nous faisons le plein dans une station service à la sortie de la ville.

Nous trouvons un hôtel qui veut bien que l'on campe dans son allée.

Nous allons à pied, acheter du pain avec Ambre, sur le chemin du retour, une dame nous interpelle, venez chez moi. Nous la suivons, nous échangeons quelques mots en Swahili, assises sur son canapé, elle est juste contente de nous accueillir chez elle. Quand nous nous apprêtons à partir elle nous dit, mon mari arrive il veut vous rencontrer. Son mari parle un peu anglais mais ce n'est pas suffisant pas pour avoir de grandes discussions. Une séance photo s'improvise avec leurs téléphones portables. Au début nous étions toutes les trois en repartant nous sommes une dizaine dans la pièce. Ambre a été intriguée par la petite fille qui est rentrée voilée et a ôté son voile une fois dans la maison. Je lui explique que nous étions deux femmes étrangères dans la maison, sans homme, donc elle pouvait le retirer.

7
déc
7
déc
Publié le 14 décembre 2021

Nous nous apprêtons à traverser les plaines Masaïs. C'est parti pour de longues heures de piste. Le paysage est parfois vert grâce aux quelques pluies des derniers jours, montagneux, aride.

Certains villages sont tout petits, d'autres avec quelques commerces ou restaurants. En tout cas la régions est très habitée il y a des maisons tout le long. Nous nous arrêtons dans un village pour acheter des beignets de farine de maïs, il n'y a pas de restaurant ici. La dame nous indique qu'il y en a dans la prochaine ville. Il est difficile de se faire comprendre car il y a souvent qu'une personne qui baragouine l'anglais.

Ce midi c'est frite omelette façon tortilla.

Nous poursuivons notre route vers l'ouest. Les acacias parasols apparaissent, laissant montrer un paysage de carte postale. Nous traversons plusieurs villages animés, où les Massaïs viennent vendre leurs bétails et se ravitailler au marché.

Ensuite nous traversons les plaines agricoles avec de grandes parcelles et des tracteurs pour labourer, avant d'arriver sur des terres broussailleuses où les troupeaux de chèvres et de zébus paissent. Nous passons devant un village Massaï où se trouve une école. Les hommes sont vêtus d'un tissu à carreau bleu et rouge, tandis que les femmes ont une étole mauve. Hommes et femmes portent des boucles d'oreille, des colliers et des bracelets aux bras et aux chevilles. De petites huttes bricolées en bois, recouvertes de bâches sont érigées sur les parcelles de pâturage.

Arrivés en haut d'une butte nous faisons une pause pour admirer le paysage. La piste est passante, beaucoup de motos chargées de victuailles ou de matériaux de construction, reviennent du village voisin.

Edouard en profite pour faire un tour de la voiture pour s'assurer que la taule ondulée que l'on subit depuis quelques heures n'a rien dévissé. Bingo, il manque un écrou au pare-buffle. Suite à nos soucis de fixation en Namibie, nous avions le nécessaire pour le refixer.

Nous atteignons une région avec beaucoup de troupeaux de bergers Massaïs, se sont les hommes et les enfants qui les gardent. Les pluies se font attendre en cette petite saison des pluies, il ne reste plus rien à manger sur la terre desséchée, les bêtes sont faméliques.

Plus nous avançons plus la misère apparaît, avec des campements de fortune, les maisons semblent provisoires. Sont ils déplacées climatiques par manque d'eau ailleurs?

Nous dépassons de nombreux stocks de bidons d'eau vides sur le bas côté ou des motos qui partent les remplir.

A Kigungu une citerne permet d'approvisionner les gens en eau. Mais elle semble bien petite par rapport à la population qui habite dans le coin et comment font-ils pour le bétail?

Avant d'arriver à Kibaya il y a de petits villages traditionnels Massaïs bien entretenus, les maisons ont les murs décorés et les toitures sont en torchis.

J'aurais beaucoup aimé dormir dans cette savane, mais Edouard est malade avec le ventre en vrac. Du coup nous cherchons un hôtel pour dormir sur le parking car toujours pas de camping par ici.

8
déc
8
déc
Publié le 14 décembre 2021
 200 km

L'hôtel est à côté d'une borne fontaine, les motos tricycles qui pétaradent, viennent remplir les bidons en eau. Stanislas veut absolument aider un monsieur, autour de lui les gens sont médusés et amusés en même temps.

Nous poursuivons toujours vers l'ouest en prenant des lignes droites à travers de grandes plaines.

Nous mangeons dans un village, chapatis (pain indien), riz et chou. Les Massaïs sont nombreux, ils mangent au même restaurants que nous, le même menu. Ils passent du temps à nous observer, pour eux aussi nous sommes une curiosité.

L'eau toujours le nerfs de la guerre, elle est prélevée dans les rivières asséchées à cette saison. Ils creusent des puits dans le lit des cours d'eau, la prélèvent avec des seaux ou des timbales. En Afrique Autrale, particulièrement au Mozambique, en Zambie et au Malawi les villages avaient tous des puits avec des pompes à main souvent construits par les ONG. Ici ils ont l'air délaissés, nous en avons vu que quelques uns depuis la frontière du Malawi. Il y a des points d'eau par ci par là avec des robinets souvent, mais c'est assez rare. Jusqu'à présent l'eau était saumâtre alors que nous sommes à des centaines de kilomètres de la mer.

Dans le village de Kondoa là où nous récupérons le goudron, se trouvons une de ces station d'eau. Nous profitons pour faire le plein, 100 shillings les 10 litres soit 4 cts d'euros.

Nous roulons sur une ligne de crète, à droite les plaines arides que nous venons de traverser, à gauche une végétation luxuriante et verte.

Nous arrivons à Babati, dans un camping, enfin une aire de stationnement devant le camping, mais nous ne pouvons pas y accéder en voiture. Nous sommes devant le petit restaurant, la serveuse nous annonce 20 US$ la nuit, sans eau, sans douche et sans électricité. Nous n'avons plus le choix car il est déjà tard. Heureusement la vue est très jolie devant nous.

La femme du propriétaire arrive et nous annonce que c'est 20 US$ par personne. Nous sommes coi. Elle coupe vite la discussion en disant que c'est le business de son mari. Son mari arrive 1 heure plus tard, nous lui expliquons que ce n'est pas possible d'avoir aucun service et de payer ce prix, en 1 mois en Tanzanie c'est du jamais vu. La discussion se termine en nous demandant combien nous voulons payer, nous concluons à 15€, mais c'est encore bien trop cher pour ce que c'est.

Une pluie diluvienne, non annoncée par la météo, s'abat sur nous, juste avant d'aller se coucher. Nous n'avions pas mis le double toit, du coup ça suinte un peu sur les parois de la tente.

9
déc
9
déc
Publié le 14 décembre 2021
175 km 

Aujourd'hui les Tanzaniens fêtent leur 60ème anniversaire de l'indépendance avec le Royaume-Uni.

Nous partons une fois que les matelas sont secs, sans le double toit c'est fatal. Nous faisons quelques kilomètres en ville avant de nous arrêter manger, dans un petit restaurant.

Peu de temps après être repartis, je me fais arrêter pour excès de vitesse, 56 km/h au lieu de 50 km/h, ramenés à 51 km/h. Voila notre première amende, c'est pour moi. En même temps on l'attendait, même si nous essayons d'être très vigilants, car on en a passé des villages qui se succèdent, où les zones à 50 sont interminables et parfois la fin de limitation de vitesse dure 100 m avant de revoir le panneau 50. Même les voyageurs au longs cours prudents et lents se sont fait avoir en Tanzanie, n'est ce pas Renaud !

Par contre ils ne prennent pas d'espèces, on peut seulement payer en monnaie dématérialisée par un compte sur le téléphone, que nous n'avons pas. Le policier paye pour nous via son compte et nous le payons en liquide à notre tour.

Amende et preuve de paiement. 

Depuis que nous avons quitté l'océan nous avons vu beaucoup de ruches en tronc d'arbre perchées dans les acacias ou les baobabs.

Nous arrivons à Singida, au bord d'un grand lac avec des rochers en granite tout autour. Nous logerons une fois de plus sur le parking de l'hôtel qui a une belle vue sur le lac.

Nous nous attendions à voir beaucoup plus de festivités pour ce 60 ème anniversaire d'indépendance. Contrairement à Madagascar, qui est un jour très célébré, avec des feux d'artifice notamment, nous n'avons vu aucune manifestation festive, ni de décoration.

Ambre a pris le relais d'Edouard c'est à son tour d'être malade, elle a attrapé un gros rhum qui la met patraque.

10
déc
10
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Publié le 14 décembre 2021
386 km dont 100 de piste 

La nuit fût terrible, le vent a considérablement forci pendant la nuit. Le double toit que nous n'avions pas oublié de mettre cette fois-ci, claquait sur la toile de tente à chaque rafale. Au bout d'une heure nous décidons de l'enlever car c'est impossible de dormir avec ce vacarme irrégulier.

Nous voyons que nous quittons les régions à dominance musulmanes pour rentrer dans les régions majoritairement catholiques, les petites filles voilées sont devenues très minoritaires. Ils sont beaux ces écoliers tanzaniens avec leurs pulls aux couleurs du drapeau du pays et ceci dans tout le pays.

Nous sommes sur la route pour le Burundi, le Rwanda et l'Ouganda. Nous voyons les camions citernes ou porte conteneurs du Burundi et du Rwanda, deux petits pays enclavés entre la Tanzanie et la République Démocratique du Congo. Les bus sont nombreux sur la route en ce week-end prolongé.

Camion du Rwanda 

Edouard suit un lièvre qui connaît bien les limitations dans les villages, il s'arrête dans l'un d'eux pour faire une pause, nous en profitons pour y manger.

Nous franchissons un col où les babouins attendent les déchets des camionneurs. Ils sont très velus, la fourrure laisse présager des nuits fraîches à 1700 m d'altitude.

Nous croisons un village où c'est jour de marché au bétail. Une nouvelle tribu de bergers où les hommes sont voilés et leurs femmes seins nus avec de beaux bijoux.

A présent nous avons deux options : la route nationale avec un détour de plus de 200 km et ses villages à 50 km/h tous les dix kilomètres, rappelons que les villages ont TOUS un minimum de trois dos d'âne, un à l'entrée, un au milieu et un à la sortie, donc au finale nous faisons du 50 km/h de moyenne. Ou une piste de 100 km qui coupe à travers champs. Nous prenons la deuxième option et nous sommes agréablement surpris sur la qualité de la piste, même si dans l'ensemble la Tanzanie a un très bon réseau routier, alors que c'est un pays immense (945 000 km²), un peu moins que deux fois la France.

Il fait plus chaud pas de pulls ici 

Comme vous l'avez peut-être remarqué nous suivons une ligne à très haute tension depuis Singida. L'hydroélectricité représente 60 % de la production électrique et ils sont encore entrain de construire un nouveau barrage dans le sud-est du pays. Le taux d'électrification est élevé en Tanzanie, il a augmenté de 20% en trois ans en zone rural, passant de 50% à 70%. Il reste à connecter les maisons individuellement, cependant, nous en avons déjà vu beaucoup de reliées lorsque nous traversions les villages. Nous avons toujours longé des lignes électriques pendant cette traversée de 5 jours. Il y a une vrai ambition de fournir de l'électricité à tous, source de développement, avec l'aide de la banque Mondiale et des Fonds de l'Union Européenne.

Nous retrouvons l'asphalte, après seulement 1h45 de piste. Pause pipi avec les chèvres.

Les nuages obscurcissent l'horizon et magnifient les couleurs au soleil tombant. Nous traversons des champs où le maïs a déjà levé et le riz est repiqué, les pluies sont bien arrivées ici. Il y a des hangars collectifs pour stocker les récoltes, contrairement à la Zambie ou au Malawi où chacun avait son petit silo chez lui, nous ne le retrouvons pas ici. Il y a une photo où l'on voit une gouttière de fortune, en Tanzanie il y a énormément de récupération des eaux de pluies, preuve que l'eau manque. Les habitats changent un peu dans leur construction, nous retrouvons des maisons rondes. On ne peut pas dire que l'architecture des maisons soit très variée et jolie jusque qu'à présent.

Nous arrivons à Mwanza à la pire heure, 18h le vendredi soir. La ville est très étendue avec plus d'un million d'habitants, deuxième ville du pays. Les maisons sont imbriqués entre les gros rochers granitiques plus ou moins en équilibre.

Nous avons repéré le Yacht Club de la ville qui fait camping. Il est un peu désuet, mais le terrain est grand au pied du lac. Il est 19h, nous sommes contents d'être arrivés et commandons le diner au restaurant. On a fait subir tous ces kilomètres aux enfants, ils ont été supers sages, pas facile de rester 8h assis quand ça fait déjà 4 jours que ça dure, mais ils ont beaucoup aimé les paysages.

11
déc
11
déc
Publié le 24 décembre 2021

Nous allons aux différents embarcadères de la ville pour organiser le programme des prochains jours. Nous allons en taxi de l'autre côté de la pointe.

Un premier embarcadère permet de traverser un bras du lac pour rejoindre la route de Bukoba vers l'Ouganda. Le second est celui tenu par la compagnie maritime nationale, on peut aller à Bukoba en ferry. Les départs sont les dimanches, mardis et jeudis. Il reste seulement de la place en cabine 4 lits pour mardi en huit. Il faut vite se décider. Ensuite nous allons au port, juste à côté pour se renseigner sur la prise en charge de la voiture. Nous apprenons que le ferry charge les véhicules avec une grue. Il nous rassure, tout va bien se passer, ne vous inquiétez pas ! Nous repartons pour le troisième embarcadère, à quelques kilomètres pour se renseigner pour aller sur la petite île de Ukerewe à un cinquantaine de kilomètres au nord de Mwanza. Là c'est assez simple il y a deux départs par jour, la traversée dure 2h30 et il faut se présenter 30 minutes avant le départ. Tous ces éléments vont nous permettre de nous organiser pour les jours à venir.

12
déc
12
déc
Publié le 24 décembre 2021

Dimanche 12 Décembre : Nous allons réserver le bateau pour Bukoba, pour mardi 21 décembre. Pour la voiture ils mesurent son volume, nous réservons sans payer. Les marabouts, oiseaux nettoyeurs, particulièrement moches, sont bien nombreux autour du port.

Puis intendance, la lessive prend un temps fou, car le débit de l'eau est très faible, du coup le rinçage est lent.

Lundi 13 Décembre :

Édouard est cloué au lit, avec une grippe ou ... ? Ce matin, Chris, un tanzanien vivant entre ici et l'Afrique du Sud vient discuter avec moi. J'apprends plein de choses sur le pays à travers son regard. Il est assez pro ancien président (John Magufuli). Il est là avec son fils et ses neveux, qui parlent bien anglais, ça accroche direct avec Ambre et Stanislas.

Je pars renouveler notre taxe routière en taxi, après avoir tâtonné un peu pour trouver le bon bâtiment administratif je règle la taxe en me justifiant de mon léger retard de paiement. Le document dont nous nous étions acquitté à la frontière n'était valable qu'un seul mois.

La petite troupe revient en fin d'après-midi. Ils partent jouer au foot, au golf, à la balançoire.... Ce grand terrain s'y prête bien. Ces moments sont parfaits pour eux pour pratiquer leur anglais.

14
déc
14
déc
Publié le 24 décembre 2021

Édouard va mieux mais ce n'est pas encore la grosse forme. Nous décidons de rester ici une journée de plus. Initialement nous devions partir pour l'île d'Ukerewe. Nous étudions la carte avec le mécanicien d'un bateau du club.

Nous avons la nature à contempler sur place malgré que nous soyons en ville. Les martins pêcheurs piquent du bec à une vitesse impressionnante. Les dizaines de buses virevoltent autour de nous et cherchent des branches pour construire leur nid dans un palmier. Les tourterelles roucoules, ça faisait un bout de temps que nous les avions perdues de vue. Un varan se balade régulièrement sur le terrain.

Les enfants passent leur journée en cuisine ou sur un bateau en réparation, ils aident en ponçant les pièces détachées. En récompense le mécanicien leur offre un coca-cola.


 Vue depuis notre salon

En fin d'après-midi les enfants reviennent jouer, il y en a des nouveaux aussi. C'est un lieu où les familles semblent venir fréquemment avec leurs enfants, pour le plus grand plaisir des nôtres.

15
déc
15
déc
Publié le 24 décembre 2021

Nous plions le camper à 10h30 pour aller prendre le bateau de 14h pour l'île d'Ukewere. En voulant fermer les placards de la cuisine, nous nous apercevons que les vis sont sorties et ne tiennent plus la charnière. Nous ne pouvons pas rouler ainsi il faut réparer. Les futurs kilomètres sur les pistes risquent de tout abîmer. Édouard envoi un message à André pour connaître la meilleure solution pour réparer, époxy ou ?. Il ne veut pas entreprendre une solution qui pourrait être irréversible. A 13h, André lui répond, réparation avec de l'époxy plus des rivets. La riveteuse achetée à Kasane au Botswana va nous servir et ça tombe bien Édouard a la bonne taille de rivets. Bref, c'est un faux départ, il y a un temps de séchage de 12h donc nous pourrons seulement partir demain.

Je me dis, en attendant, nous pourrions aller sur l'île en réserve naturelle en face du yacht club, nous voyons les bateaux faire des allées et venues depuis 4 jours. Sauf que les tarifs sont exorbitants, 160 $ pour une heure de bateau !!! Dès que l'on veut rentrer dans une réserve naturelle en Tanzanie, les prix flambent pour les étrangers. Tant pis pour eux et pour nous.

Nous invitons Chris à boire une bière, pendant que les enfants jouent, son cousin responsable de tous les fonctionnaires de la région nous rejoint. Nous apprenons que le précédent président mort récemment a été ministre des transports auparavant. C'est lui qui a construit le réseau routier avec des règles très strictes sur la surcharge des camions. En effet sur la roue Malawi-Zambie-Dar es Salaam il y avait des stations de pesage tous les 100 km. Le grand chantier développé lors de sa présidence a été l'électrification du pays. Le gros projet de la nouvelle présidente (ex vice-présidente), porte sur l'accessibilité à l'eau pour les citoyens. Nous comprenons aussi que les droits de l'homme sont inexistants ici et que les problèmes sont réglés à coup d'exécution ou d'emprisonnement sur du très long terme.

16
déc
16
déc
Publié le 24 décembre 2021
70 km 

Ecole, pliage de camp, plein des réservoirs. Nous avons eu une frayeur, Edouard recule et nous entendons un gros boom. Il est rentré dans un arbre. L'échelle est un peu pliée, 5 coups de marteaux et ça repart. On a enfin réussi à quitter ce camping !!!

Petit restaurant avec des plats indiens avant de partir à 13h pour prendre le ferry de 14h. Nous prenons les tickets pour nous et la voiture (30 € en tout). Le ferry se remplit de marchandises en tout genre, jusqu'à un essieu de camion et un camion plein de sodas. Les passagères et petites filles sont vêtues de belles robes en wax.

Nous partons avec 30 minutes de retard. Ne nous demandez pas pourquoi nous allons là-bas. Peut-être parce que c'est une île, parce qu'il faut prendre le ferry et ça change de notre quotidien.

La traversée s'annonce plus longue que prévue, finalement se sera 3h45 !

Les enfants vont faire un tour avec Edouard pour voir la cabine de pilotage. C'est une femme apprenti qui barre. Ils sont 6 mois en formation à l'école, 6 mois sur un bateau.

Nous arrivons à 18h15, le camping que nous avions repéré est trop loin pour faire la route avant la nuit. Même si les jours sont au plus long, il fait nuit à 19h. Sur le ferry nous avons repéré des plages où nous pourrions dormir en vérifiant l'accès sur la carte. Il y a une nuée de motos-taxi et de triporteurs comme comité d'accueil.

Nous partons en direction de l'endroit repéré à deux kilomètres de l'embarcadère. Plus nous avançons plus les chemins se rétrécissent. Nous slalomons entre les rochers, jusqu'à ce que se soit impossible d'avancer sans rouler dans un champ de manioc. Marche arrière, nous demandons aux villageois s'il est possible d'atteindre le lac en voiture, mais nous avons le sentiment qu'ils disent oui sans se rendre compte de notre gabarit. Nous tentons un deuxième chemin, mais l'issue est identique. Nous rejoignons la piste principale par des sentiers pédestres, les veaux et vaches prennent peur lorsque nous passons à côté d'eux. Nous arrivons sur un stade de foot et une école sur la gauche. La nuit tombe significativement il faut faire vite pour trouver un endroit pour dormir.

Je pars dans l'école vide de toute âme, je trouve des logements derrière, par chance la première dame à qui je m'adresse parle anglais. Elle me dit que son mari se douche mais qu'il devrait pouvoir m'aider. Pendant ce temps Stanislas fait le show dans la voiture devant une trentaine d'enfants. On avance un peu pour essayer de les disperser. Je retourne voir la famille et le monsieur est le directeur de l'école, Monsieur Maradona ! Le protocole d'accueil d'un visiteur est respecté, une chaise m'est sortie pour que je m'assoie le temps d'expliquer ma requête au directeur. Il accepte avec plaisir de nous héberger pour la nuit dans la cour de l'école. Il nous ouvre les toilettes du personnel et il fait amener un seau d'eau.

Quelques enfants restent encore jusqu'à 21h, nous regardant manger, ils restent même une fois que les enfants sont couchés.

17
déc
17
déc
Publié le 24 décembre 2021
65 km 

Au petit matin à 7h le champ est libre, aucun enfant est encore arrivé. Se sont les vacances scolaires et heureusement car ils sont très très nombreux dans cette école. Rapidement quelques têtes apparaissent derrière un mur et se cachent dès que nous les voyons. Nous arrivons à prendre le petit déjeuner tranquillement.

Nous partons avec Ambre faire une balade au bord du lac, en chemin nous passons en bordure de champs, l'endroit est très cultivé.

Patates douces, gombo, aubergine ronde 

Nous rejoignons le lac où se trouvent des pêcheurs, des enfants qui remplissent leurs seaux d'eau et des fabricants de pirogues.

En remontant vers l'école un monsieur nous invite à venir chez lui, dans sa cour, nous nous asseyons quelques minutes. Il est agriculteur et vend aussi des briques pour construire les maisons. Un enfant s'amuse avec un "oiseau en laisse" dont il a cassé les ailes, il l'a attrapé dans la maison.

En arrivant au camper, Edouard est observé par des enfants. Stanislas cherche désespérément un ballon pour jouer au foot, le sien a rendu l'âme. Nous arrivons à en trouver un, avec un enfant observateur caché derrière le camper. Ils partent jouer au terrain de foot en contre bas.

Ambre fait de la corde à sauter.

La femme du directeur dont j'ai lamentablement oublié son prénom nous propose de nous amener au lac pour y faire une balade. Avant elle souhaite que je signe le registre des visiteurs de l'école. Je rentre dans le bureau de son mari, le nombre d'enfants inscrit est affiché, 1420 pour 12 enseignants !! Quelques bâtiments sont neufs et en bon état, d'autres délabrés. La femme du directeur est elle-même institutrice sur le continent. Elle a commencé au milieu du pays et vient d'être mutée à 50 km de Mwanza, c'est déjà plus près. Elle gagne 419 000 shillings brut (161€) et 386 000 TSH net (148€) soit 9% pour les cotisations sociales et impôts. Le salaire minimum est de 250 000 TSh net.

Nous partons pour une balade, avec une horde d'enfants dernière nous. A chaque maison nous glanons quelques enfants de plus.

Nous tâtonnons un peu pour trouver le lac, car nous tombons devant un portail tenu par un gardien, il essaye de nous soutirer un peu d'argent mais nous voyant faire demi-tour il accepte d'ouvrir le portail. Il y a un an ce portail n'existait pas. Nous arrivons sur une petite plage, les enfants (même les tout-petits) sautent dans l'eau pour se baigner. Nous retenons les nôtres pour cause de bilharziose dans le lac, mais elle nous indique qu'il n'y en a pas ici. Ambre et Stanislas rejoignent les autres, fous de joie.

Femme du directeur 

Nous rentrons au camper avant de reprendre la route.

Nous nous arrêtons dans une échoppe pour acheter quelques beignets pour le goûter. Il y a un petit garçon de 2 ans qui prend ses jambes à son cou en hurlant, dès qu'il me voit !

Nous prenons la piste du nord pour rejoindre le camping à l'ouest. Nous traversons de petits villages, des rizières, des prairies, sous les belles couleurs d'un ciel menaçant. Nous croisons un monsieur, qui travaille pour une ONG d'agro-foresterie. Il est ravi de nous voir ici. Nous prenons rendez-vous ensemble pour dimanche soir à l'hôtel que nous avons repéré en ville.

Bon an mal an nous trouvons un petit restaurant dans un village où il y a principalement des tailleurs. Plus qu'ailleurs, les couturiers existent toujours.

Il nous reste quelques kilomètres avant d'atteindre notre destination finale dans une forêt nationalisée. L'activité des scieries est importante.

Sur place un gardien nous informe qu'il faut aller payer l'emplacement à 5 km d'ici. C'est 20 US$ sans eau ni électricité. Surtout que ce n'est pas très clair car le gardien chuchote avec le garde forestier, ils prétextent que le système informatique ne fonctionne donc nous ne pouvons pas avoir de reçu. Oui, oui c'est cela ! Je leur montre que je comprend leur petit manège.

Le site est dégagé avec une praire et une plage, autour une forêt de pins.

Nous sommes bien installés au calme et autour de cette nature.

18
déc
18
déc
Publié le 24 décembre 2021

Nous passons une journée paisible, à différentes occupations. Le ciel est chargé mais nous échappons à l'orage. Les prévisions météos sont très mauvaises en Tanzanie

Je suis nulle en activité créatives, mais là je suis assez contente de moi, je lance l'opération fabrication d'une guirlande de noël en coquillages. Il faut les ramasser, les percer, les peindre et les enfiler. Ca va les occuper un bon moment pendant notre séjour ici.

19
déc
19
déc
Publié le 24 décembre 2021
61 km 

Nous nous réveillons sous la pluie ! Il va falloir attendre que ça sèche.

Des organisateurs de fête arrivent assez tôt pour préparer le barbecue. Quelques heures plus tard arrivent les baffles ! Le calme c'est fini.

Nous partons après le déjeuner pour rejoindre Nansio.

Nous allons faire un tour à l'embarcadère du ferry à l'est de l'île, par curiosité.

Nous allons à l'hotêl pour dormir sur le parking, nous avons quelques rendez-vous téléphonique avec des amis. Reuben, que nous avions croisé il y a quelques jours, nous rejoint vers 20h, il ne nous a pas oublié. C'est très intéressant de discuter avec lui. Sa première mission, faire de l'éducation sexuelle dans les écoles, pour réduire le taux de natalité. Le problème qui se pose c'est la disponibilité en terre sur l'île, à chaque nouvelle génération il faut diviser un peu plus les terres arables, ce qui réduit la sécurité alimentaire de chacun.

20
déc
20
déc
Publié le 24 décembre 2021
69.4 km 

Nous mettons le réveil à 6h pour le bateau de 9h. Petit-déjeuner, pliage de camper et c'est parti. Nous arrivons à l'embarcadère à 8h05 et nous voyons le ferry partir devant nous. A l'allée on nous avait dit que les horaires étaient identiques dans les deux sens, mais en fait non, ici le bateau part à 8h et non à 9h !!! On est dégouté, heureusement il y a celui de 14h.

Nous retournons à l'hôtel pour faire l'école. Edouard commande à manger à 11h et à midi rien n'est commencé. Nous décidons de partir manger en ville. Nous trouvons un super petit restaurant, la fille de la gérante est adorable et efficace. Nous mangeons du poisson et un ragoût de bœuf.

Il nous reste un peu de temps, nous allons faire un tour au marché garni de grains, pois, fruits et légumes. A l'extérieur se trouve les poulaillers.

C'est l'heure d'embarquer, le bateau est plus petit qu'à l'aller.

La traversée est plus courte nous mettons 3h15, mais toujours pas 2h30.

Nous savons où dormir se soir, au yacht club. Surprise il y a une voiture d'Overlander, les premiers depuis que nous sommes en Tanzanie. Edouard me dit c'est une cellule française, et en effet la plaque est de chez nous.

 Gare de Mwanza

Nous passons une excellente fin de journée et soirée avec Anne et Philippe, sur les routes depuis mai. Ils ont traversé la Namibie, le Botswana, la Zambie (en 3 jours) et la Tanzanie. Très belle rencontre. On se couche à minuit et demi, ce qui nous arrive que très rarement.

21
déc
21
déc
Publié le 31 décembre 2021

La nuit fût agitée, un orage éclate à 3h, un déluge s'abat sur nous, le ciel s'illumine à chaque éclair. Ce fût bref mais intense.

Ce matin je me lance dans les demandes de e-visas pour l'Ouganda, en espérant que ce soit plus simple que pour le Malawi. Il faut réduire les photos (max 250 Mo) des documents à joindre (passeports, photos d'identité, certificats de fièvre jaune, billets d'avion retour que je remplace par une petite lettre expliquant que nous sortirons par la route), tous étaient trop volumineux. Après 2h30 de démarches, tous les dossiers sont complétés et payés.

A 13h, je pars faire le Père-Noël au marché des Massaïs. Pas évident de trouver une fenêtre pour s'échapper, sans mettre la puce à l'oreille des enfants, je prétexte devoir aller chercher des documents administratifs. Ce petit marché qui leur est destiné, est constitué d'échoppes tenues par les Massaïs, des femmes essentiellement. Elles vendent des bracelets et colliers en perles, des chaussures, des couteaux, des potions magiques, des couvertures qui font office de vêtements... Je trouve mon bonheur.

Nous disons au revoir à Anne et Philippe, que nous devrions recroiser un de ces jours, car ils ont le même itinéraire que nous dans les jours et mois à venir. Nous partons du camping à 16h, pour aller déposer la voiture à l'embarcadère, petit contre temps des voitures se sont garées devant le portail et les conducteurs sont partis à un enterrement. Il faudra 15 minutes pour trouver le propriétaire d'un des véhicules.

Arrivés au port nous payons le billet pour la voiture. Le monsieur nous annonce que les bouteilles de gaz sont interdites sur le bateau, finalement il accepte le camper. Nous laissons la voiture dans l'enceinte du port, Edouard doit négocier pour laisser les clés au commandant du bateau au dernier moment, juste avant qu'elle soit grutée et non avant.

Nous partons manger en ville, un poulet frite et des œufs enrobés de panure, avec une bonne glace en dessert.

Les passagers embarquent à 19h30 pétante comme prévu, sur le New Victoria, de 1959, beau bateau vintage bien entretenu. Les marchandises sont encore chargées dans le bateau par les dockers, une vraie fourmilière. Nous trouvons notre cabine 2nde classe bien équipée, avec 4 lits, un lavabo et 4 gilets de sauvetage.

Rapidement le bateau se remplit des passagers en 3ème classe après les 1ères et 2ndes. Les couloirs sont bondés, les femmes et enfants s'installent au sol, la circulation est limitée. Normalement ils devraient aller dans les cales où il y a des fauteuils mais c'est une vraie fournaise à l'intérieur et préfèrent rester à l'extérieur.

A 22h Edouard assiste à la levée de la voiture, elle penche à 45° en arrière, il a eu une sacrée frousse, ayant peur de voir la voiture basculer en arrière. Finalement ils ne la mettent pas dans la cale, mais sur le couvercle fermant la cale, les amarres sont larguées 30 minutes plus tard.

Le bruit ambiant n'est plus, les bébés se sont calmés et se sont endormis, la nuit est paisible.

22
déc
22
déc
Publié le 31 décembre 2021

Nous nous réveillons à 5h30, il fait encore nuit lorsque le bateau fait escale dans la petite ville de Kemondo. Nous partons faire un tour sur le pont avec les enfants. Les fêtards sirotent toujours leur bière, au son assourdissant de la musique, certains se sont endormis devant, d'autres se réveillent avec un thé fumant. Nous allons voir la voiture, juste avant que le soleil ne se lève.

Les passagers s'affairent à s'installer devant la sortie pour être les premiers sur le quai.

A 7h15 nous sommes à quai, les porteurs cherchent des clients pour décharger leurs bagages. Nous patientons le temps que le bateau se vide, pour que le grutier commence le déchargement des véhicules et marchandises. C'est très impressionnant de voir la voiture à 45 degrés, mais moins qu'hier soir car cette fois-ci nous savons qu'elle ne va pas basculer.

Une fois les sabots retirés, nous pouvons reprendre la route. À la sortie du port il y a une bascule, nous allons peser la voiture pour connaître une bonne fois pour toute son poids, nous avions déclaré 2.5 tonnes (la bascule à Mwanza étant hors-service). Edouard est stupéfait en voyant l'afficheur, nous faisons 3T5 avec les pleins d'eau et de diesel !!! Nous pensions faire moins de 3 T😉.

Il est l'heure d'aller prendre le petit déjeuner, nous trouvons un restaurant accolé à une salle de sport, improbable dans cette petite ville provinciale.

Ensuite nous partons à la recherche d'un camping pour ce soir. Les premiers repérés au bord du lac victoria sont sous l'eau. Nous poursuivons et trouvons un bel hôtel avec pelouses et de beaux arbres, mais leurs petites haies ou murets nous empêchent d'y accéder. Nous repartons vers les hauteurs de la ville mais là-haut, soit ils ne veulent pas que l'on campe, soit il n'y a pas d'ombre, soit c'est ultra bruyant. A chaque panneau gesthouse, B&B ou lodge nous bifurquons pour aller voir. Finalement nous nous arrêtons dans un B&B au pied d'une falaise à côté d'une foret de pin. C'est paisible, nous allons pouvoir faire une bonne nuit après les deux précédentes un peu courtes.

Nous repartons pour manger et faire quelques courses avant de revenir ici pour la nuit.

23
déc
23
déc
Publié le 31 décembre 2021
n

Nous nous réveillons sous la pluie et le froid, en plein vent. Nous décidons de bouger d'ici, car il n'y a pas de réseau pour faire du blog, finalement nous retournons à l'hôtel proche du lac. Bonne nouvelle nous venons de recevoir tous les e-visas pour l'Ouganda, nous devrions passer la frontière après Noël.

Nous nous installons devant la sortie de l'arrière cuisine, seul passage sans muret. Sur le terrain d'à côté il y a un événement pour noël du coup le boum boum va bon train.

En fin d'après-midi nous allons voir l'animation d'à côté, il y a pleins de bars et restaurants et des jeux gonflables pour les enfants. Ils en font une petite heure, histoire de les défouler.

24
déc
24
déc
Publié le 31 décembre 2021

Nous finissons de décorer le mini sapin synthétique glané par Ambre, je ne sais où, en rajoutant une étoile aux guirlandes en coquillage.

Nous nous prenons une bonne averse à midi, le auvent est bien utile pour se protéger.

Je suis patraque aujourd'hui, j'ai du attraper le virus d'Edouard. Un doliprane, une bonne sieste et ça repart.

Anne et Philippe passent nous faire un coucou avant de retourner sur leur bivouac trouvé ce midi. Nous devrions les rejoindre demain si le temps le permet.

Ambre a dressé une belle table comme elle aime faire chaque année. Réveillon avec une bouteille de cava espagnol et du porc à la sauce coco. Les enfants s'interrogent sur les compétences polyglottes du père-noël pour qu'il puisse déchiffrer toutes les lettres écrites par les enfants.

25
déc
25
déc
Publié le 31 décembre 2021

Stanislas se réveille très tôt, avant le soleil de 6h15. Je saute du lit pour cacher les cadeaux qui sont sous le sapin, car ils sont très peu emballés. Il doit patienter et attendre que sa sœur et son papa se réveillent, c'est longgggg ! A 7h l'ouverture des cadeaux est lancée. Ils sont ravis de trouver des cadeaux locaux, une panoplie Massaï pour Stanislas et africaine pour Ambre, dont un tablier pour cuisiner plus proprement.

Château fort de Stanisals  

Le peu d'emballage qu'il y avait c'était du papier journal écrit en coréen. Nous avions déjà trouvé ces journaux à Zanzibar pour emballer nos chapatis du matin. Ça nous interpelle, comment ces journaux arrivent à inonder la Tanzanie. Serait-ce du recyclage déguisé? Une expédition de conteneurs de journaux en provenance de Corée du Sud? C'est assez mystérieux tout de même.

Si si c'est du coréen du sud, nous avons trouvé après avoir longuement tâtonné 

Nous attendons que la toile de tente sèche après la petite pluie du matin. Nous faisons des courses en ville avant de rejoindre Anne et Philippe.

 Bukoba

Le bivouac est en haut d'une falaise, dans une étendue d'herbe, avec vue sur le lac Victoria. C'est vraiment très joli et paisible, loin des bruits de la ville. Le père-noël est aussi passé par ici !

Bon petit repas préparé par Anne, nous refaisons le monde une bonne partie de l'après-midi.

Nous partons en balade en contre bas vers un monastère, le gardien nous ouvre la portail. Nous tombons sur une jolie petite église avec une sœur en pleines prières. Le gardien essaye de l'interpeller mais rien n'y fait. Nous sommes gênés qu'il veuille la déranger pour qu'elle nous accueille, nous faisons vite demi-tour.

Nous repartons dans l'autre sens, en bas de la falaise il y a des maisons qui bordent le lac, c'est très mignon.

C'est déjà l'heure de l'apéro, nous avons encore du saucisson précieusement gardé depuis que mes parents nous en ont ramenés à Zanzibar.

Encore une belle soirée, menacée par la pluie vers 22h, mais juste trois gouttes le temps de tout mettre à l'abri. Fausse alerte, nous nous réinstallons 5 minutes plus tard pour terminer la veillée.

26
déc
26
déc
Publié le 31 décembre 2021

Il ne fait pas très beau ce matin, le ciel est couvert et quelques averses passent. Nous avons un problème de batterie depuis le bateau, elle se décharge subitement dans la nuit en seulement 30 minutes. Ce matin elle est à plat, mais cette fois-ci le frigo ne s'est pas mis en sécurité. Elle se recharge vite avec les premiers rayons du soleil qui tapent sur les panneaux solaires. Edouard cherche la panne en vain, la batterie a de fortes chance d'être morte.

Nous quittons ce bel endroit sous le soleil. Nous devons retourner à l'hôtel d'hier pour récupérer le ballon de foot que Stanislas a eu à Noël et qu'il a déjà oublié !!! Nous le retrouvons à la réception, le jardinier a dû le mettre à l'abri, merci à lui.

Nous revenons dans le petit restaurant où nous étions allés il y a quelques jours. Un nouveau cochon est livré pour se faire débiter, c'est là que nous avions acheté celui mangé au réveillon, cuisiné par Edouard.

Il y a 80 kilomètres pour la frontière, nous traversons une plaine avant d'arriver au village frontalier de Mutukula.

C'est un joyeux bazar, les camions bloquent la route, nous devons passer par des parallèles pour atteindre la frontière.

Nous sommes très surpris d'arriver directement à la frontière Ougandaise. Dès la barrière se sont des policiers Ougandais avec le drapeau sur leurs épaulettes, qui nous accueillent. C'est la première frontière où les bureaux administratifs sont réunis dans la même enceinte et c'est très pratique. Nous faisons remplir le CPD par les tanzaniens et les ougandais dans le même bureau (en général ça se fait en dernier mais pas là). Ensuite nous allons faire le test PCR, c'est l'Ouganda qui le fait à 25 US$/test. Stanislas est trop jeune (-7 ans) et Ambre est exemptée pour on ne sait quelle raison. Il faut patienter 1 heure pour avoir les résultats. Nous allons faire tamponner les passeports à l'immigration tanzanienne, par contre nous attendons les résultats avant de demander les visas côté ougandais.

Orange : frontière Tanzanie - Ouganda alignée sur le °1Sud

Rappelez-vous, Edouard a eu un coup de moins bien il y a 10 jours et moi il y a 2 jours. Les premiers à avoir les résultats sont Anne et Philippe, Philippe est positif asymptomatique et Anne négative. Pour nous c'est moi qui suis positive et Edouard négatif, nous sommes bien ! Le médecin de la frontière nous indique le protocole, aller à l'hôtel d'à côté sans parking, ni barrière, rester isolés 7 jours et refaire un test PCR, puis il disparait nous laissant seuls avec ces informations.

Nous accusons le coup et après réflexion collective, il est hors de question de rester dans cet hôtel proposé, pendant 7 jours, pour deux raisons : les véhicules seront dans la rue sans sécurité et les enfants vont nous faire devenir chèvre si nous les enfermons une semaine dans une chambre d'hôtel. Nous repérons sur iOverlander un camping avec une belle photo d'un grand jardin à 16 km d'ici. Nous allons voir l'assistante du médecin, nous lui exposons nos problèmes et solutions, elle nous dit qu'il faut attendre que le médecin revienne pour avoir son aval. N'ayant pas de nouvelles de celui-ci après une heure d'attente, nous errons dans la zone douanière pour trouver un endroit pour camper cette nuit. Un policier à la barrière de la frontière ougandaise nous demande ce que nous cherchons, nous lui indiquons notre problème et requête. Il appelle son chef à quelques mètres de là, un monsieur qui fait bon effet. Il regarde où se trouve le camping que nous proposons, indique qu'il faudrait s'y rendre en escorte policière et qu'il faut payer le taxi pour un policier, jusqu'ici tout va bien. Il appelle un deuxième chef policier (nous ne savons pas qui est tanzanien et/ou ougandais car ils sont en civil). Celui-ci porte la corruption sur lui. il attrape un soi disant taxi, et nous annonce 50 US$ pour le convoi. Nous trouvons ça un peu cher, Edouard négociateur dans l'âme essaye de baisser à 30 $ mais il n'y arrive pas, il fait tout de même comprendre que ce n'est pas un prix juste, comme le premier policier nous promettait qu'il soit. Bref nous acceptons, nous n'avons pas le choix si nous ne voulons pas finir ici pour les prochains jours.

Nous allons faire tamponner les passeports et récupérer les visas pour tous les négatifs ou supposés (les enfants). Philippe et moi laissons nos passeports dans un coffre-fort de l'immigration avec un petit papier tamponné en échange, (il en a déjà une quinzaine). L'agent nous dit qu'il y a une augmentation des cas à la frontière depuis 1 mois et en effet il y avait un test PCR sur six positif lors de la restitution de nos résultats.

Nous partons à la tombée de la nuit pour le camping côté ougandais, sous escorte.

 Barrière de sortie ougandaise.

NOTRE TANZANIE

Nous sommes restés 48 jours en Tanzanie, en parcourant 3468 km. nous sommes rentrés depuis le Malawi au sud et sortis par l'Ouganda au nord- ouest, en faisant un détour par Zanzibar. C'est le 7ème plus grand pays africain avec presque 950 000 km², autant dire que nous n'avons pas vu grand chose de cet immense pays.

La Tanzanie fera partie de nos coups de cœurs du voyage. Il réunit tous les points positifs des pays traversés précédemment, grâce à ces paysages, ça diversité de tribus, la gentillesse des gens et leur curiosité, ses plages, ses fonds marins et sa vie sauvage. Il donne envie d'y habiter.

La langue a été un frein, le Swahili est majoritairement parlé dans le pays. On peut parler anglais avec les citadins, les personnes de la classe aisée et les plus de 60 ans, autrement c'est le langage des signes. L'interlocuteur en face ne se démonte pas, il engage la discussion en swahili comme si nous le comprenions, ensuite nous passons au langage des signes ou nous écrivons les chiffres sur un papier ou sur le téléphone pour comprendre les prix.

Nous retiendrons tous les karibu (bienvenu), les bonjours de la main, les sourires, croisés sur notre chemin. La rencontre avec des gens curieux, interrogatifs, qui cherchent à comprendre comment c'est ailleurs pour pouvoir se remettre en question, se demandant s'ils peuvent faire mieux ? Les tanzaniens ne fuient pas les problèmes, mais les affrontent.

Une fois de plus la population est très exposée aux changements climatiques, par l'absence d'irrigation des cultures et la faible présence de puits pour le bétail et les humains. Nous avons vu beaucoup de systèmes de récupération des eaux de pluie. Les plaines Massaïs au centre du pays, subissait une sécheresse lorsque nous sommes passés, le bétail était famélique.

Le pays est doté de bonnes infrastructures routières et électriques. Nous avons saturé des dos d'âne et des villages successifs à 50 km/h pendant des kilomètres interminables. À la fin nous préférions les pistes bien entretenus dans l'ensemble pour éviter ça. La furie des chauffeurs de bus ne nous manquera pas non plus.

 Panneau de signalisation n'oubliant personne

L'origine des produits alimentaires est très surprenante. Jusqu'à présent les produits venaient d'Afrique du Sud. Ici ils peuvent venir de n'importe où, les amandes des Etats-Unis, le fromage de Nouvelle-Zélande, les jus de Turquie, le beurre d'Ukraine ou du Royaume-Uni, bref le bilan carbone des produits transformés est très mauvais, sauf pour le café 😉. Les supermarchés sont absents, nous en avons seulement vus à Dar es Salam. Nous avons aimé la street food, très accessible et développée bien que peu variée.

En préparant le voyage nous avions prévu de rester une quinzaine de jours dans ce pays et finalement nous avons joué les prolongations car nous nous y sentions bien.

3468 km