Carnet de voyage

#8 Malawi

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Traversée du pays du Sud au Nord
Octobre 2021
30 jours
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Publié le 21 octobre 2021

Côté zambien les formalités sont réglées en 15 minutes. Côté Malawite c'est assez rapide malgré l'absence d'un e-visa sur les quatre. Nous présentons nos tests PCR, remplissons un formulaire sanitaire. Dans le sas il y a un portique de prise de températures avec caméra, qui ne fonctionne plus (problème d'étalonnage, je suis à 39°) et qui a un bip strident à chaque fois que quelqu'un passe (de l'argent jeté par les fenêtres). Puis je rencontre le sous chef, explique ma situation et rapidement il me demande de remplir un formulaire et je paye les 50 dollars de visa. Le plus long c'est de remplir les visas manuellement, opération réalisée par les agents. Pendant ce temps je fais remplir le CPD (carnet de passage en douane) et je paye la taxe carbone (en dollars) et routière (en kwatchas). L'ambiance dans les bureaux est très bon enfant, ils ont l'air détendus dans ce pays. A cette frontière beaucoup de particuliers malawites reviennent de Zambie, les bras chargés de marchandises pour les revendre chez eux.

Ils est 15 heures quand nous prenons la route. Après une dizaines de kilomètres nous tombons sur l'ancienne frontière. Nous ne savons pas depuis quand elle a été déplacée vers la Zambie. Ce qui est frappant c'est le nombre de personnes circulant à pied ou en vélo au bord de la route. Le Malawi est un pays avec une forte densité (151 habitants au km²). Il y a des barrages de police tous les 10 km, ça promet !!!

Nous passons par "le périphérique" de Lilongwe, capitale du pays, ainsi nous évitons les embouteillages de fin de journée. Il nous reste 45 minutes de route pour rejoindre le village de Mitundu où Mathilde et Ben y habitent depuis 3 ans. Ils sont Istomiens (ils ont fait la même école d'agro-développement que moi), j'ai trouvé leurs coordonnées dans l'annuaire des anciens. Ils nous accueillent à 18h, contents d'avoir des invités tombés du ciel.

Nous passons une bonne soirée avec eux et Antonin, istomien lui aussi (ils sont que trois dans tout le pays, à Madagascar il y a près de 70 anciens istomiens). Ils s'apprêtent à quitter le pays, désabusés par l'inefficience du développement au Malawi. C'est Mathilde qui travaille et Ben est homme au foyer.

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Publié le 21 octobre 2021

Nous passons une journée paisible à Mitundu, le temps de prendre ses marques dans ce nouveau pays.

Aujourd'hui se sont les 6 ans de Stanislas, nous les laissons entrain de faire le gâteau d'anniversaire, pendant que nous partons tous les deux au marché.

 Ambre s'est amusée en prenant les photos.

Traditionnel achat d'une carte SIM. Nous faisons quelques emplettes pour le repas de midi, c'est le début de la saison des mangues, les étales en sont remplies. Au marché beaucoup d'objets sont recyclés ou issus de matériaux naturels, à l'exception des chaussures en plastique. Je vous épargne la photo de l'abattoir au milieu de la place du marché en plein dépeçage d'une vache.

Ambre donne le repas à Emile (15 mois) le fils de Mathilde et Ben, elle prend plaisir à s'occuper de lui.

C'est l'heure du gâteau pour Stanislas, sa sœur est très fière de le lui apporter. Joyeux anniversaire Stanislas, 6 ans déjà !!!

Nous passons une seconde soirée, toujours aussi sympa. Ils nous donnent quelques clés pour comprendre le Malawi et partagent les lieux qu'ils ont aimés au Malawi.

13
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Publié le 21 octobre 2021
Mitundu - Mua : 171 km 
Vue depuis notre camper 

Nous reprenons la route après l'école, une de plus sans motivation !!!

Le village de Mitundu est un carrefour de marchands de produits agricoles. Aujourd'hui c'est le marché, du coup les rues sont animées. La Malawi est un pays très agricole, il produit principalement du maïs et des pommes de terre. Les colons ont apporté des cultures de rentes telles que le café, le thé et le tabac.

 Mitundu 

A la sortie du village nous passons à côté de l'école, surchargée en élèves, par rapport à la capacité d'accueille des bâtiments de l'école. Du coup la classe se fait sous les eucalyptus, je ne les ai pas comptés mais ils sont plus d'une cinquantaine par arbre !!! Ca donne une idée de l'importance donnée à l'instruction. En saison des pluies les écoles se vident, les enfants partent travailler dans les champs.

 Ecoliers Malawites

Nous sommes à seulement une quarantaine de kilomètres de la capitale. Du coup les gens prennent leur vélo pour aller livrer du charbon et autres. Ils ont aménagés leurs vélos pour pouvoir charger jusqu'au dessus de leur tête.

La photo n'illustre pas du tout le propos du dessus 😀

C'est un pays où l'on voit beaucoup de fabricants de cercueils au bord des routes, des fois ils en ont des dizaines en cours de fabrication. Covid? Taux de mortalité élevé? Nous n'avons pas l'information.

Nous nous arrêtons dans un petit village rural pour manger la "food street" que l'on trouve partout. Le plat est unique : pommes de terre frits, une petite salade de choux, oignons, tomates et un œuf (c'est optionnel). Un monsieur vient nous saluer, savoir d'où l'on vient, etc,... c'est de la curiosité bienveillante.

 Dans le sac en plastique c'est un oeuf qui cuit à la vapeur !!!

Nous poursuivons vers Dedza où il y a une fabrique de poteries artisanales.

Sacs de maïs

Nous faisons une pause café, dans une ambiance très anglaise. La Malawi a été colonisé par les Anglais après l'établissement des comptoirs arabes au temps de l'esclavage. Ils ont été indépendants en 1964.

Nous prenons une petite route escarpée pour descendre vers le lac Malawi qui se trouve dans la faille du Rift.

Nous arrivons à la mission Mua tenue par des pères occidentaux depuis 1902. Les lieux comprennent une église, un séminaire, un dispensaire et un centre d'art et de culture, que nous irons visiter demain.

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Publié le 24 octobre 2021
Mua - Cape Maclear : 105 km

Nous visitons le centre Kongoni, composé d'un musée d'art et de culture et d'une exposition vente des scultures en bois. Il fut fondé par le père Boucher en 1976 pour faire découvrir la culture Malawite, préserver les rites et présenter le rôle de la mission Mua depuis 1902. Trois missionnaires britanniques arrivent à la fin du XIX ème siècle dont Dr Livingston (nous apprenons à cette occasion qu'il n'était pas seulement un explorateur mais aussi un missionnaire protestant) pour évangéliser, développer et éduquer la population locale. Dans un premier temps ils construisent le séminaire, puis une école et enfin pour réduire la pauvreté et diversifier les revenus ils développement l'artisanat du bois avec l'apprentissage de l'ébénisterie. Leur souhait d'évangélisation est aussi là pour contrer la pensée musulmane arrivée en même temps que l'esclavage dominé par les arabes mais avec la connivence de certaines tribus locales telles que les Tongas et les Ngonis de confession musulmane.

La première pièce représente l'histoire de la mission de Mua, en 1932 le premier prêtre malawite sort du séminaire de Mua.

La deuxième pièce présente les 4 principales ethnies du Malawi : les Chewas majoritaires aujourd'hui dont provient la langue Chichewa officielle avec l'anglais, les Lomwés, les Yaos et les Ngonis. A chaque fête: la naissance, la puberté, la mort et l'appel de la pluie, ses ethnies ont des rites et se parent de masques géants en bois, ornés de plumes, de couleurs et de bijoux. Nous ne pouvons pas les prendre en photos pour ne pas heurter l'esprit des ancêtres.

Quel idée, un pays où bonjour se dit "moni". Les enfants nous disent "moni, moni" lorsque nous passons, et bien non ils ne nous demandent pas de l'argent. Moni est le diminutif de "morning" en chichewa.

Nous mangeons dans une gargote, les traditionnelles pommes de terre frits avant de reprendre la route vers Cape Maclear.

Nous traversons des villages très étendus, entourés de petites parcelles où restent quelques pailles de maïs en attendant le début du labour à la houe. Cette opération se fait en plusieurs jours, à la fraîche au lever du jour. Il y a de gros troupeaux de zébus grâce à l'accès facile à l'eau, nous somme bloqués par l'un d'eux.

Nous arrivons à Monkey bay au bord du lac Malawi, pour faire quelques courses de fruits et légumes et le plein de gasoil. Comme en Zambie les prix sont fixés pour tout le pays. Il y a eu une augmentation de 10% des prix des carburants la semaine dernière (3 heures de travail pour un litre d'essence !!!) . La station où nous sommes n'a pas encore changé les prix, donc nous prenons le litrage affiché et multiplions par le nouveau prix !!!

Nouveau prix affiché sur un bout de papier.  

Nous cherchons à voir le lac, nous tombons sur le port dans un premier temps, demi-tour, nous nous engageons sur des pistes, rentrons dans un village où des claies sont alignées pour faire sécher de petits poissons, l'odeur est forte. Nous longeons une plage brièvement avant de prendre la direction de notre destination de ce soir, le village de pêcheurs Cape Maclear, cerné par le parc national.

La forêt brûle encore et encore 

En arrivant dans le village, nous croisons des coureurs en entrainement. Nous apprendrons plus tard qu'une femme les entraine et leur enseigne l'anglais, très peu appris au Malawi, même si elle fait partie des deux langues officielles.

Nous passons en plein milieu du village, dans de petites ruelles cabossées, pour arriver au camping situé à l'extrémité est, en bordure du parc national.

L'accueil est chaleureux, ils sont heureux de revoir des touristes après cette longue période de fermeture des frontières. Nous nous installons en bordure de plage avec vue sur le lac.

A 17h, une nuée de barques à moteur partent pêcher pour la nuit, chargées de deux à trois pirogues et d'une petite dizaine de marins.

Mauvaise surprise, les berges sont jonchés de déchets plastique, ça donne moins envie. C'est un très gros problème ici, on sent qu'il est encore utilisé et vendu à outrance, (par exemple les boites d'œufs sont dans des boites en plastique, dans les autres pays ils étaient vendus en boites en carton ou en vrac).

Ce soir un jeune couple sud-africain arrive de la frontière Zambienne, les enfants partent leur dire bonjour, discutent avec eux (en anglais), puis nous et ça fini autour d'un repas partagé et d'un verre de vin blanc. Ils ont monté un petit business de vente de longues pinces à barbecue, après avoir eu l'idée autour d'un "braii" en voyage. Ils voyagent régulièrement sur de courtes périodes. Ils partent vers le Mozambique dans deux jours pour pouvoir utiliser le même test PCR que pour le Malawi.

15
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Publié le 24 octobre 2021

Nous sommes réveillés à 5 heures par le bourdonnement des moteurs des bateaux de pêche partis hier soir. Ca dure une heure, le temps que les deux cents bateaux rentrent à leurs mouillages.

Après l'école c'est une journée d'intendance qui nous attend.

Nous louons un kayak pour que les enfants jouent avec sur la berge. Ils passent aussi un bout de temps dans la piscine.

Camping Chembe Eagle Nest 

Tous les soirs les couchers de soleil nous émerveillent.

16
oct
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Ce matin nous partons pour une excursion en bateau pour la journée avec Rodwell notre guide et Donald le chauffeur.

Après avoir franchi une passe entre la terre ferme et une île nous passons devant un aigle pêcheur qui attend son poisson frais pour faire un beau vole devant nous et saisir le poisson dans les mains du guide. Nous avions entendu parler de la technique hier et indiquons à Rodwell que nous ne voulons pas qu'il le fasse. Il comprend notre point de vue et est d'accord avec nous (mais le fait quand même pour les touristes). Le "feeding" comme on l'appelle, c'est à dire nourrir les animaux pour qu'ils viennent au plus près de nous est nocif pour l'équilibre de l'écosystème car il les rend dépendants à l'homme.

Nous arrivons sur une petite crique, souillée par les déchets laissés par les précédents visiteurs. Mais après nettoyage, l'endroit est agréable.

Nous poursuivons vers l'île de Tumbi, pour aller voir les beaux poissons d'eau douce que l'on retrouve dans les aquariums. A notre arrivée il y a déjà trois bateaux qui déposent les visiteurs pour quelques heures ou restent quelques minutes, ils nourrissent les poissons et repartent aussi vite. C'est un long week-end, du coup il y a une grosse affluence sur le site. Les gardes du parc viennent nous demander le droit d'entrée mais nous n'avons pas de sou, le guide leur donnera plus tard. Ils sont là pour soit disant prendre soin de l'île, mais une fois de plus vue le nombre de déchets ils loupent une partie de leur mission à notre sens. Ils surveillent aussi les pêcheurs qui ne doivent pas s'approcher à moins de 100 mètres du rivage.

Nous trouvons un arbuste pour nous abriter du soleil avant de nous munir de nos masques et tubas pour aller découvrir cette merveille sous-marine. Stanislas monte sur les épaules de son papa comme une tortue, même s'il est très alaise dans l'eau à présent. Une multitude de poissons sont là devant nous, des jaunes, des bleus, des violets, c'est sublime. Au début nous sommes en retrait de la zone de "feeding", c'est déjà joli, plus nous nous en rapprochons plus la densité augmente.

C'est l'heure du pique-nique. Nous prenons le temps d'observer autour de nous, les aigles pêcheurs, une loutre qui passe devant nous, un cormoran qui sèche ses ailes, les pêcheurs en pirogues.

Nous voyons facilement les poissons depuis le rive. Les tournées de bateaux s'enchainent pendant ce temps.

Nous retournons à l'eau une deuxième fois, la lumière magnifie encore plus les poissons.

Puis nous partons vers un autre coin sur le continent.

On retourne barboter dans l'eau en attendant que notre bateau vienne nous récupérer. Il faut faire attention lors de la mise à l'eau car les parois sont très glissantes. Stanislas s'amuse à sauter avec Rodwell et rejoint le granite en crawle.

C'est l'heure du départ des bateaux de pêche.

Notre canot arrive, c'est l'heure de rentrer sous les belles lumières du coucher du soleil. Le rivage est animé par les activités de la vie quotidienne.

Nous nous offrons un bon plat de poisson avec de la bonne purée faite maison au restaurant. Nous allons nous coucher tôt, nous sommes cuits.

17
oct
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Publié le 24 octobre 2021

Ce matin nous cherchons le marché pour trouver du pain, quelques légumes et des bières. Un villageois vient vers nous pour nous demander ce que nous cherchons. Il nous dirige vers l'épicerie, mais elle n'a plus de pain. Il passe le relai à un camarade alors que nous n'avons rien demandé, mais on sent que ça leur fait plaisir de nous guider. Le jeune homme, pêcheur occasionnellement, nous accompagne jusqu'au marché à 15 minutes à pied. Il fait déjà chaud, il faut trainer Stanislas et faire un maximum de parcours à l'ombre.

Les pirogues ont  une forme surprenante

Les poissons achetés par les femmes sèchent devant leur maison.

Le marché est minimaliste, quelques quincaillers, des vendeurs de légumes avec seulement trois produits (tomates, oignons et choux), des épiceries et des restaurants.

Edouard part avec notre accompagnateur pour acheter des bières. Le lieu est clos et rempli de pêcheurs alcoolisés qui finissent leur nuit de travail au bar. Au retour il souhaite nous présenter sa grand-mère, elle est assise devant sa maison, entrain de cuisiner sa pomme de terre en frites. Des enfants sont autour, se sont ses frères et sœurs d'une dizaine d'années plus jeunes, sa maman arrive. Nous saluons tous le monde, le remercions pour le temps qu'il a pris pour nous, avant de rentrer au camping.

Après-midi, pour finir de télécharger les photos, les trier (on a 3 appareils à décharger, deux appareils photos et un téléphone, le traitement des photos prend beaucoup de temps) et poursuivre le blog.

Nous finissons la journée à la piscine et à jouer à des jeux.

 Ambre s'amuse à nous prendre en photo !!!
18
oct
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Publié le 24 octobre 2021
Cape Maclear - Liwonde : 166 km 

Après l'école nous prenons la route vers Liwonde au sud. Nous retraversons le village en sens inverse.

Un panneau de l'USAID (ONG américaine très présente ici comme à Madagascar) indique qu'il y a eu un projet d'aménagement de la pêche pour maintenir la biodiversité, pourtant nous avons l'impression qu'il y a une surexploitation de la ressource. La pêche est le seul moyen de subvenir à leurs besoins, ils sèchent le poisson pour le revendre dans le pays et ce revenu leur permet d'acheter du maïs. Les terres arables disponibles autour du village ne sont pas suffisantes pour nourrir tout le monde. Quand nous avons posé la question à Rodwell, n'y a t'il pas trop de pêcheurs sur cette partie du lac? Il nous a répondu, je ne sais pas ce que l'on va manger dans dix ans. Mais quel alternative proposer? Plus de transformation, plus de valeur ajoutée sur leur produit? Mais comment? Pas facile lorsque l'on est en mono-produit et dépendant du lac de trouver des solutions alternatives pour protéger l'environnement. La première préoccupation est de manger avant prendre soin de leur environnement.

Nous arrivons à Mangochi pour l'heure du repas. Ville au bord de la rivière Shire, exutoire du lac Malawi, qui ira se jeter dans le Zambèze au Mozambique.

Nous arrivons à Liwonde en milieu d'après-midi, le GPS nous fait une blague en indiquant une route impraticable pour se rendre au camping, nous tombons sur un chemin pédestre (je n'aime vraiment pas cet outils, mais c'est vrai qu'il aide bien pour se diriger dans les villes). Demi-tour, nous nous apprêtons à franchir la voie de chemin de fer quand un train rempli de charbon arrive. Il est interminable, nous rebroussons chemin pour retourner vers la route principale. La ligne vient du Mozambique, passe par ici, puis la capitale, avant de s'arrêter net à la frontière de la Zambie (celle où nous sommes rentrés).

Nous arrivons aux deux campings possibles, le premier est bien mais pas d'ombre, pas très confortable à cette saison. Nous allons au suivant, sans ombre non plus et peu entretenu, les sanitaires sont vieillots. Dommage le cadre était sympa avec de vieux baobabs. Par moment ça prend un peu de temps de trouver le bon endroit. Nous retournons au premier, nous nous installons à côté de la structure de la cuisine (c'est à dire un évier), qui nous permet d'être à l'ombre. Nous sommes dans l'enceinte du parc, derrière les clôtures électrifiées, de l'autre côté, des lopins de terre avec des maisons dispersées.

19
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Publié le 31 octobre 2021
115 km 

Ce parc est géré par African Parc, c'est une structure privée (et non nationale) qui gère des parcs dans toute l'Afrique australe jusqu'à la République Démocratique du Congo.

Nous partons avec Gift notre guide, qui monte avec nous. Les guides sont structurés en association (seulement 10 sont formés actuellement). Le parc de Liwonde était très braconné jusqu'en 2016. Il n'y avait plus de prédateurs, les villageois les avaient tués pour sécuriser leur lieu de vie. Des guépards ont été réintroduits en 2016, des lions en 2018 et des rhinocéros.

C'est parti, nous sommes à l'affut de ces prédateurs. Gift est en contact avec un autre guide qui lui donne des infos sur ce qu'il voit. Grace à la rivière Shire qui passe dans le parc, le paysage a trois facettes : une partie humide et marécageuse où sont concentrés les animaux, une partie sèche, sans arbres, inondée le reste l'année et une autre arborée. Il y a une très grande concentration en herbivores tels que les kudus, waterbucks, phacochères, buffles et une nouvelle antilope que nous n'avions pas vue jusqu'à présent, l'antilope des sables.

Mais aussi beaucoup d'oiseaux, des beaux comme les perruches et des laids tels que les marabouts.

Nous avons été surpris pas le nombre de cadavres d'animaux qui avaient encore leur cuire ou leur squelette encore bien structuré. En général les hyènes et vautours nettoient tout ça, mais là, non.

Le téléphone de Gift ne cesse de sonner, son collègue à trouvé les lions et lui indique le chemin. Nous le retrouvons devant une lionne et ses petits, il nous mentionne qu'une lionne seule, se trouve un peu plus loin. Nous y a allons et en chemin surprise !!!

Qui est sur la photo? et où? 

Au loin nous voyons un lion, pas facile de le voir dans cette immensité et le mimétisme. Nous nous approchons de lui, il est tranquillement installé, majestueux.

Il se lève, sa force tranquille se déploie.

Il part rejoindre la lionne.

L'exaltation est à son comble dans la voiture.

Nous retournons voir la lionne et ses deux lionceaux.

Une des lionnes avait un collier émetteur. Il y a un programme de recherche depuis la réintroduction en 2018, de 3 lions et 3 lionnes, en provenance d'Afrique du Sud. L'un des trois lions a été tué par les deux autres qui sont frères (de portées différentes), les frères ne se battent jamais entre eux. Les deux lions adultes sont sur deux territoires différents, aujourd'hui ils sont déjà 17 en tout.

Toujours plus exigeants, il nous reste à trouver les guépards pour faire un carton plein. Nous prenons le chemin du retour, sans les trouver.

Pause méridienne au camping, le réveil matinal appelle la sieste. Nous avons posé la cellule hier soir, pour être plus réactifs ce matin. Notre maison fait toute petite sur ses quatre pieds.

C'est reparti pour un tour, nous faisons la boucle autour de la montagne, la végétation est dense (habitat des rhinocéros). Nous passons devant le centre de mise en quarantaine des animaux réintroduits (rhinocéros, guépards et lions). Ils restent 60 jours dans un grand enclos avant d'être lâchés dans leur nouveau territoire. Les carnivores sont nourris avec des impalas morts. Nous croisons un dick-dick, la plus petite antilope africaine, Gift en voie une pour la première fois.

Dick-dick                                             

Nous retournons vers la zone humide près de la rivière, où éléphants, hippos et antilopes se retrouvent. Les gardes du parc campent dans la savane pour lutter contre le braconnage.

Nous rentrons dans la zone où les guépards ont été vus récemment. Par chance nous croisons la voiture des chercheurs, ils viennent de voir trois guépards à 500 mètres sur la gauche. Malgré ces indications il faut avoir des yeux de lynx, ils sont là, à 30 mètres de la piste, bien camouflés grâce à leur pelage. Sans les indications nous serions sûrement passés à côté sans les voir. Après quelques minutes ils se lèvent et se dirigent vers la grande plaine dégagée. Ils se mettent en mode chasse, à pas de velours, mais les proies les voient arriver et s'écartent du danger. Finalement les guépards partent se poser un peu plus loin le temps de repérer une nouvelle victime.

Ils se sont pausés loin, difficiles à voir. 

La nuit commence à tomber, la luminosité est faible, il est temps de rentrer. Nous croisons un chacal, nous n'en avions plus vue depuis le Zimbabwe.

Nous demandons à Gift s'il est libre demain, pour refaire un tour. Nous en profitons pendant que le prix des parcs est encore accessible, nous savons déjà que les prix en Tanzanie ne le seront pas.

20
oct
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Publié le 31 octobre 2021

Réveil à 5h15 pour un départ à 5h50 et pour une fois arriver à l'ouverture du parc, ça pique un peu. Surtout que nous ne sommes plus habitués à cette "douce" sonnerie !! Malgré tout nous nous réveillons entre 6h et 7h en règle générale.

Non loin de là où nous avions quitté les guépards hier, nous trouvons une nuée de vautours sur une carcasse fraîchement chassée., mais pas de guépards à l'horizon.

Notre objectif, retourner voir les lions, nous savons où ils sont, c'est plus simple ! Ambre voit une petite tortue. Les éléphants cherchent de la nourriture, les arbres ne sont plus assez nourriciers. Ils se rabattent sur les baobabs en creusant les troncs avec leurs défenses, certains s'en remettent et cicatrisent, d'autres meurent.

Sa trompe cherche le cœur du baobab.  

Nous sommes ravis de voir que les lions sont toujours dans le secteur. En arrivant je vois une lionne partir vers les buissons mais je la perds de vue. Le lion croise notre chemin et part dans un buisson.

Ca se joue à peu de chose, tu arrives quelques minutes plus tard et il devient compliqué à trouver.

Nous partons voir la lionne dans la plaine, mais elle est loin et inactive. Donc nous retournons vers le lion, faisons le tour du buisson et nous découvrons la lionne avec lui. Cette lionne est différente de celles d'hier car elle n'a ni collier, ni petits.

Nous sommes à 5 mètres d'eux. C'est un peu effrayant, en quelques bon ils peuvent être dans la voiture. Je demande à Edouard de laisser le contact allumé pour pouvoir remonter la vitre en urgence (je ne sais pas si j'aurais la réactivité suffisante malgré tout).

Dès que l'on fait un petit bruit de frottement de vêtements par exemple, le lion qui a les yeux fermés les rouvrent immédiatement.

Ils se déplacent de l'autre côté des buissons. Gift a passé un bon bout de temps sur notre bouquin des animaux d'Afrique australe, il a l'air très captivé.

Encore un moment d'émotions.

Nous rentrons en fin de matinée. Nous n'y retournerons pas cet après-midi, car les safaris sont fatigants, réveils matinaux, attention que l'on donne à chercher les animaux et état des pistes.

Le camping a un bel espace commun et pleins de jeux de société à disposition. Nous nous lançons dans une partie de Monopoly, les enfants adhèrent et c'est une bonne façon de faire des mathématiques sans qu'ils s'en rendent compte.

Liwonde Safari camp 

Depuis deux jours nous avons l'impression d'être sur un quai de gare, le vent nous amène le son des klaxons des trains. Un train passe dans la ville de Liwonde toutes les 15 minutes nuit et jour. La ligne vient du Mozambique et remonte jusqu'à la frontière Zambienne. Ils transportent charbon et engrais.

21
oct
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oct
Publié le 31 octobre 2021
Liwonde - Zomba : 70 km 

Nous reprenons la route vers le sud, Zomba. Nous mangeons à Liwonde, nous ne restons pas longtemps au premier restaurant qui présentait bien, avec un beau parc et de beaux arbres, mais le service est inefficace. Au bout de 15 minutes la serveuse nous annonce qu'il n'y a pas de burger alors que 10 minutes plus tôt ils étaient soit disant en préparation. Nous partons vers un autre petit restaurant que nous avions repéré il y a deux jours, l'accueil est chaleureux, la commande et le service rapide. Le bosse est là, il participe, ça change la donne.

 1.80 € l'assiette

Il y a un point surprenant au Malawi, se sont les fertilisants. Liwonde a une grande plate-forme de stockage des engrais chimiques, où camions se succèdent pour charger ou décharger les engrais. Nous n'avons pas compris le flux de cette marchandise.

Le Malawi est très dépendant des engrais, c'est un gage de victoire pour un candidat aux présidentielles, d'annoncer la baisse du prix des engrais lorsqu'il sera président. Hier, nous avons rencontré un couple de sud-africains installés ici. Ils montent un projet de composte à partir de plantes aquatiques flottantes (type salade aquatique) en nombre dans le secteur. Ils font face à la réticence du gouvernement pour la délivrance des autorisations d'utilisation, car qui dit composte, dit moins d'utilisation d'engrais chimiques et donc moins d'intérêt pour le gouvernement. Nous n'avons pas trouvé lesquels. Cependant l'introduction d'engrais chimique dans l'agriculture Malawite a permis l'autosuffisance alimentaire en maïs. Cette politique coûte très cher à l'état qui subventionne les engrais (pendant ce temps l'argent du pays ne va pas ailleurs). Malgré la forte augmentation des prix des engrais de ces dernières années ça coûte mois cher que d'importer du maïs. Les semences hybrides résistentes à la sécheresse (ou OGM) fournies par Mosanto, sont aussi subventionnées. Après une forte sécheresse, Mosanto donne généreusement les semences, ensuite les agriculteurs en sont dépendants, (car ils ne peuvent pas récupérer une partie de leur récolte pour les semences de l'années suivantes). Je n'ai pas compris tous les rouages de cette histoire, car il y a peu d'articles récents sur ce sujet, mais ils m'ont l'air bien huilés.

Nous passons devant un barrage et un barrage flottant à Liwonde, qui alimente 70% des besoins en électricité du pays. Le Malawi est très peu électrifié, seuls 12% des urbains et 4 % des ruraux ont accès à l'électricité.

Photo très représentative de l'occupation des routes au Malawi. 

Nous arrivons à Zomba, ancienne capitale du pays jusqu'en 1975. C'est une ville verte, avec encore beaucoup d'arbres centenaires. Nous allons en ville pour quelques courses. Qui dit ville dit misère exacerbée, beaucoup de sollicitations : mendiants, vendeurs d'artisanat, opportunistes. L'un d'eux voulait me faire culpabiliser si je ne l'aidait pas à payer sa saisie informatique de sa lettre de motivation, car c'était le dernier jour pour envoyer sa lettre, sinon il n'aurait pas l'emploi. La période de covid a appauvrit les gens (comme ailleurs). La justice, très forte dans ce pays, avait rendu anticonstitutionnel le confinement. le confinement est impossible en Afrique, la plus part des gens gagnent leur argent au jour le jour.

Nous trouvons un backpackers avec un beau jardin arboré, les enfants ont emprunté les vélos pour s'en donner à cœur joie. Ca fait plus de 10 mois qu'ils n'en ont pas fait !!!

De jeunes overlanders Israéliens nous rejoignent sur le site. Ils retrouvent des copines en backpack ici.

22
oct
22
oct
Publié le 31 octobre 2021
 33 km

Nous partons sur les hauteurs de la ville, dans la montagne de Malosa où le mont Malumbe culmine à plus de 2000 mètres. C'est la fin ou le début selon le point de vue, de la vallée du Rift. Il y fait frais, nous voyons du vert partout, ça faisait bien longtemps.

Sur la route sinueuse pour monter, nous croisons des femmes, enfants, hommes qui descendent à pied avec des planches de bois ou des fagots sur la tête. Nous ne nous rendons pas encore compte du trajet qu'ils viennent de parcourir.

Nous arrivons sur une parcelle en cours d'abattage. Tout à l'air très bien organisé, le bois est débité sur place et descend dans la vallée en planche en camion ou à pied.

Nous allons vers la cascade Williams, la piste est abimée par les camions qui sortent le bois. L'endroit est reposant et calme. Nous pique-niquons sur place.

Heureux 

Nous partons faire une balade à pied. Nous croisons un transporteur de bois, en pleine mécanique sur son vélo. La communication est difficile car son anglais est très rudimentaire. Nous comprenons qu'il a 4 à 5 heure de marche avec son vélo pour descendre dans la vallée. Le vélo n'a plus de chaine, ni de pédale, il est juste utilisé comme porte charge. Nous retiendrons tous ces malawites croisés, courageux et travailleurs, dans les champs, sur les routes, sur les lacs... pour survivre.

Il y a des baies oranges en bord de piste, se sont des mûres, avec moins de goût que chez nous. Les forêts exploitées sont replantées en pins. Les vieux arbres avec une variété d'essences s'amenuisent. Cependant le Malawi reste moins touché que la Zambie en terme de déforestation. Nous voyons plus d'arbres, même si beaucoup de zones en sont exempts. L'une des raison serait l'absence d'électrification, leur seul moyen de chauffe pour la cuisine ou autre, reste le bois ou le charbon de bois.

Nous retrouvons la voiture avec notre vendeur de roches magmatiques tel que le quartz. Il nous dit que les temps sont durs avec le covid, etc, etc... Nous lui achetons une petite pierre, pour le soutenir comme ils disent.

Nous redescendons, en dépassant tous les moyens de transports utilisés pour descendre le bois, dont notre cycliste croisé plus haut.

Nous avons une discussion intéressante avec la propriétaire du backpack. Elle est néerlandaise et son mari anglais, biologiste universitaire à Zomba, installés au Malawi depuis 17 ans. L'ensemble des revenus de la backpack reviennent aux salariés, mais il est difficile de trouver des gens instruits pour faire tourner le lieu, pour elle (et pour nous aussi) l'éducation est la clé de réussite pour développer du pays. Préoccupation qui semble moins importante chez les dirigeants africains. Ils luttent contre la déforestation à leur manière, en rencontrant les dirigeants, pour les sensibiliser sur ce sujet. Tout un programme !!!

23
oct
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Publié le 1er novembre 2021
Zumba - Mulanje : 137 km 

Nous continuons toujours vers le sud en direction de la plus haute montage d'Afrique australe, culminant à 3000 mètres. La propriétaire du backpack nous a indiqué la route à prendre pour éviter Blantyre, deuxième ville du pays, particulièrement embouteillée le samedi.

Nous nous arrêtons manger dans un petit restaurant, avec son chef. Au menu nsima, riz et ragoût de bœuf excellent.

Sous les tôles de la terrasse surchauffée nous voyons les cyclistes passer, chargés de bois ou de longues herbes pour regarnir leurs toits avec un magnifique flamboyant fleuri.

Nous contournons la montagne pour aller à son versant sud (plus ombragé, nous sommes encore dans l'hémisphère sud !!!).

Nous nous arrêtons à Mulanje pour quelques courses. Les prix des tomates ont triplées. Les terres ne sont pas disponibles pour de la culture vivrière, elles sont occupées par les plantations de rente telles que le thé, le café, le tabac, la canne à sucre, le coton ...

Dans les plantations de thé, il y a des arbres plantés, sûrement pour favoriser la présence d'oiseaux dans les champs, qui se nourrissent d'insectes nuisibles. C'est encore possible car la récolte est manuelle.

Nous nous posons à Africa Wild Truck, au milieu des théiers. Ils ont réhabilité les logements des cadres pour faire une guesthouse. Nous sommes bien installés sous de grands arbres.

24
oct
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Publié le 1er novembre 2021
Stanislas s'interroge, qu'est ce que c'est? 

Nous partons nous balader à travers les champs de thé. Nous sommes à coté d'une plantation d'état. Le pays compte 44 plantations sur 20 000 ha et fourni 10% du PIB. Le thé est récolté à la main par des ouvriers saisonniers. C'est dimanche donc personne ne travaille dans les champs. En cette saison sèche seules les plantations irriguées sont récoltées.

Une fois dans la plantation nous marchons auprès des employés vivant sur la plantation qui reviennent du village. Ils habitent de petites maisons, où il y a un puit pour quatre maisons et un lopin de terre pour faire un potager pour chacune d'entre elles.

Les ouvriers qui s'occupent de l'irrigation travaillent aujourd'hui. Elle se fait par aspersion, les rampes sont déplacées manuellement. Cette technique est gourmande en eau mais plus simple pour les parcelles accidentées. Les enfants s'amusent à se faire arroser, sous cette chaleur c'est vrai que c'est tentant. Ils sont dans un état d'excitation pas possible, Ambre trébuche et tombe dans du charbon émietté qui constitue les pistes. Résultat ses genoux sont biens abimés et elle est noire comme une charbonnière.

25
nov
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nov
Publié le 1er novembre 2021
Mulanje - Blantyre : 114 km
Salle de classe et cour de récréation 

Nous nous arrêtons au marché de la ville de Mulanje pour manger dans une gargote locale. Nous prenons un portion de frite à 1000 kwacha soit 1€. En fonction du montant donné le vendeur nous donne la quantité équivalente. Nous testons les œufs frits dans leur marmite fixe, le voisin fait mijoter de la chèvre dans sa graisse, nous sommes moins tentés.

Nous prenons la route un peu plus longue pour se rendre à Blantyre, celle qui passe au sud par les théiers de Thyolo. Les parcelles sont plus hétérogènes, une partie est en cours de replantation, ils laissent une bande plantée de 3 mètres et arrachent 3 mètres. Sûrement pour réduire la perte de revenus sur la parcelle, ils replantent par étapes.

Nous arrivons à Blantyre en début d'après-midi pour faire des courses. Les supermarchés bien implantés au Malawi ne sont plus les chaines sud-africaines comme Spar ou Shoprite mais Chipiku tenus par des indiens. Les enfants dégustent une glace kit-kat, ils en mangent assez rarement car nous somme pas très confiants dans la chaine du froid négatif en Afrique.

Blantyre est une ville très étendue avec très peu d'immeubles. Un air de Tana, avec ses collines et ses jacarandas en fin de floraison, ses embouteillages et ses maisons en brique rouge. Nous voyons l'embouteillage qui nous attend droit devant nous, pour l'éviter nous regardons le GPS et décidons de tourner à gauche. Nous sommes toujours au pas le temps de passer la gare routière très animée.

Nous trouvons une "guesthouse" désuète qui fait aussi "camping" sur le parking. La nuit sera très bruyante avec des gardiens très causants et beaucoup de vent.

26
nov
26
nov
Publié le 1er novembre 2021
 Blantyre -Senga : 296 km

Nous avons une grosse journée de route devant nous. Les enfants ont été très efficaces à l'école, du coup nous sommes prêts à 9h30.

Il est facile de sortir de la ville aménagée de 4 voies. Les infrastructures routières sont en bon état au Malawi, petit bémol pour les bas cotés très abimés, du coup par moment la route se retrouve à une voie, mais c'est assez rare.

Un énième contrôle de police. C'est un pays très policier sur les routes. Ici ils demandent systématiquement l'assurance, nous avons toujours celle achetée en Namibie qui couvre toute l'Afrique australe et de l'est. C'est le premier pays où systématiquement les policiers viennent du côté du conducteur, ils sont plus futés qu'ailleurs. Au Mozambique, une policière avait rit aux éclats une fois qu'elle s'était rendue compte qu'elle était du côté passager.

Nous traversons des villages et de petites parcelles de maïs cultivées par les habitants. L'un d'eux vend du sable de roches différentes, c'est très beau.

Nous mangeons dans un petit village, c'est un peu compliqué de comprendre car le menu est en chewa. Un monsieur dans la rue vient spontanément nous traduire le menu et passer notre commande à notre place. Un bourré du village vient nous importuner, c'est assez fréquent au Malawi et très pénible. Il enquiquine tout le monde d'ailleurs. Point surprenant le poulet "nkhuku" est plus cher que le boeuf "nyama".

Sur la route nous croisons des vendeurs de brochettes de souris comme en Zambie. C'est une friandise pour eux, mais la Covid les a poussés à les vendre pour avoir un peu d'argent et le gouvernement incitait les malawite à en manger car une personne avec un bon système immunitaire était moins "sensible" au Covid (article du Monde).

Nous prenons une portion de route emprunté il a quinze jours. Au loin nous voyons le Cape Maclear.

Les enfants tombent de sommeil quand on est sous clim.

Champs au milieu des accacias

Nous arrivons à Salima, nous voulons retirer des sous, mais le distributeur refuse la carte. Nous achetons quelques légumes en bord de route, c'est au pluriel car nous achetons des tomates et des oignons rouges. Il y a peu de choix pour faire ses courses : tomates, oignons, pommes de terre, chou, nsima (farine de maïs), mangues, pommes et c'est tout.

Nous allons à Senga à 20 kilomètres d'ici, "village balnéaire" très sale, c'est le plus proche au bord du lac depuis la capitale.

Le premier camping est fermé pour deux jours, dommage il avait l'air sympa. Le deuxième sent l'urine, heureusement Edouard a insisté pour avoir le droit de voir le camping avant de payer. Le troisième a l'air sympa mais le camping est fermé car ils plantent du gazon, ils veulent bien que l'on se gare sur le parking, heureusement car il n'y en avait plus après et le soleil se couche déjà (17h30).

27
oct
27
oct
Publié le 1er novembre 2021

La nuit a été agitée par le vent et la pluie et par les allées et venues de voitures. Nos matelas sont trempés, car nous avions laissé les fenêtres ouvertes et le double toit n'était pas mis.

Il faut être vigilant avec les singes qui sont sur le site et à l'affut des restes.

Dommage la piscine n'est pas opérationnelle et il fait bien chaud, elle devait être opérationnelle aujourd'hui... 😉. Une petite plage est en contre bas, mais à cause de la bilharziose, maladie parasitaire, on ne s'y baigne pas.

Edouard en profite pour faire un peu de ménage et de maintenance sur le camper, resserrer des boulons et recoller les mousses des fixations des bouteilles de gaz qui commencent à avoir du jeu. Il faut admettre qu'on lui en a fait voir de toutes les couleurs.

28
nov
28
nov
Publié le 1er novembre 2021
Senga - Nkhotakota : 127 km

Nous mangeons à Salima dans un fast-food enfumé où il fait bien chaud. Nous galérons pour avoir la note au juste prix affiché. Cette fois-ci la carte bancaire fonctionne, pourtant c'est le même distributeur qu'il y a deux jours !!!

Nous traversons une zone avec de grandes cultures de canne à sucre. La route est bonne, nous mettons seulement deux heures pour rejoindre notre camping de ce soir.

Le camping est tenu par un Allemand qui a fait Le Caire - Cap Town il y a 40 ans. Il y a de supers jeux pour les enfants sur la plage (filet d'escalade, tyrolienne, balançoire,...). Il y a aussi des activités annexes, poterie, ébénisterie, mécanique, un genre de mission. Il y a un paquet de monde qui travaille ici, une vraie fourmilière.

Nous sommes les deuxièmes campeurs de l'année !!! Du coup l'emplacement est envahi par les fourmis, une vraie nuisance. André nous avait prévenu, il avait été attaqué par des fourmis dans sa tente, non loin d'ici.

29
oct
29
oct
Publié le 1er novembre 2021

Nous avons eu une nuit très ventée, jusqu'à 50 km/h. Le structure tient très bien, mais ça fait un boucan d'enfer. Ambre ne se sent pas bien, elle a l'estomac en vrac.

Pendant l'école, un monsieur m'aborde en parlant français et pour cause il est guinéen, vétérinaire et travaille pour l'USAID. Il est là pour l'organisation de la désinsectisation des maisons contre les moustiques. L'USAID ne distribue pas de moustiquaires ici car elles sont utilisées pour la pêche et c'est un désastre écologique car les mailles sont très fines et du coup tout est pêché, dont les alevins (alors que la même ONG en distribue à Madagascar, et le problème supplémentaire là-bas c'est la contamination croisée chimique des produits d'agriculture biologique avec les moustiquaires imprégnées de perméthrine) . Nous partons sur le débat des ONG au Malawi, très intéressant, à un autre moment de la journée nous aurions pu tenir des heures.

Les enfants font une initiation à la poterie, ils sont encadrés par deux potiers, l'un des deux est très bon pédagogue. Ils apprécient ce moment.

Nous migrons sous l'abri bétonné car les fourmis ça devient vraiment infernal. Nous ne pouvons pas poser les pieds au sol sans être envahi.

C'est jour de lessive et elle est bien grosse. Depuis la Zambie il faut beaucoup frotter car la latérite ça tache !!!

30
oct
30
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Publié le 7 novembre 2021
Poterie - Kachere : 150 km

Après un tour de tyrolienne nous poursuivons notre route vers le nord.

Avant de partir Edouard s'aperçoit que le pneu arrière droit est dégonflé, la valve fuit. Nous nous arrêtons au premier village pour la remplacer. Nous refaisons notre stock de pommes, le vendeur n'est pas très à l'aise pour rendre la monnaie, il faut dire que je l'ai embrouillé en donnant 2200 kwatchas pour 1200 k de pommes, il veut me rendre 800 k.

J'ai enfin réussi à prendre la photo des cimetières dans la forêt. Depuis le Zambie les cimetières sont tous "protégés" par des arbres, souvent il n'y en a plus autour, mais pour les ancêtres les arbres sont sacrés.

Sur le chemin, encore des plantations de canne à sucre et des rizières apparaissent en fond de vallée.

Nous faisons la pause déjeuner dans un petit restaurant familial, très dynamique. Le repas est excellent, l'ambiance chaleureuse. Les enfants passent en cuisine, éplucher les pommes de terre.

Nous arrivons à Kachere Castel, situé au bord du lac. L'accueil est enthousiaste, ils se démènent pour mettre un coup de propre dans les sanitaires. L'endroit est paisible et je vous avoue que nous en avons besoin. La Malawi est un pays très vivant, le bruit avec.

Malgré tout, nous sommes à côté d'un village de pêcheurs qui amène la vie, mais n'étant pas dans un endroit touristique, chacun fait la sienne.

Des enfants arrivent, après discussions avec des petites filles pour jouer au foot, Stanislas se démène.

Les douches sont en plein-air, c'est toujours un plaisir de se doucher avec vue sur le ciel et sur le lac.

31
oct
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oct
Publié le 7 novembre 2021

Dimanche paisible au bord du lac.

Les enfants font une chasse aux trésors, très bien huilée. Ils doivent trouver des indices en parchemin dans une bouteille qui les mèneront au trésor final. Ce jeu les rends joyeux, ils rient aux éclats à chaque indice récupéré. Des biscuits maison en récompense du coffre trouvé.

Les enfants jouent dans l'eau avec les enfants du village, ils y a trois garçons avec qui Stanislas s'entend bien. Puis c'est une grande partie de foot qui s'organise avec au moins vingt enfants.

En fin après-midi, je vais me promener pour voir la débarque d'un bateau de pêche. Le poisson est vendu aux enchères descendantes. Les villageoises viennent me voir par curiosité, une homme aussi, il me demande si je suis mariée (ou j'ai perdu mon alliance !!!), je lui dit que c'est trop tard j'ai déjà un mari, ça fait bien rire les dames d'à côté. Se sont les femmes qui achètent le poisson, le sèche avant de monter à la capitale pour le vendre.

Je discute avec Wilson qui est entrain de réparer ses filets. Il les a ramené d'Afrique du Sud où il y a travaillé 10 ans comme jardinier, sans jamais rentrer au pays. Je lui demande combien de personnes du village travaillent à l'étranger, la moitié des hommes me dit il, tous en Afrique du Sud. Notre guide à Cap Maclear avait lui aussi travaillé 16 ans en Afrique du Sud comme personnel de maison. La diaspora du Malawi représenterait 40% des malawites. Un revenu conséquent pour ceux restés sur place.

Wilson 

La pêche ramène principalement de petits poissons, nous en trouvons un seul un peu plus gros pour le cuisiner ce soir.

 Les sourires du Malawi

Edouard et les enfants préparent le feu pour cuire le petit poisson. Par contre se sont les enfants seuls qui s'occupent de la cuisson sur la grille.

1
nov
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nov
Publié le 7 novembre 2021

Nous restons une journée de plus pour nous ressourcer. Piscine, lecture, jeux, baignade au lac qui est à une température idéale d’ailleurs et en plus ici il n’y a pas de bilharziose.

Les enfants retrouvent leurs copains dans l’après-midi pour une éternelle partie de foot. Comme dit Stanislas c’est chacun pour sa pomme, il n’y a pas d’équipe. Puis les trois copains restent pour jouer avec Stanislas et Ambre. Ils repartent avec un ballon crevé, que nous baladons depuis trop longtemps, ils sont tout heureux d’avoir un vrai ballon de foot même s’il n’est pas 100% opérationnel.

Une fois la nuit tombée, les loupiotes des bateaux de pêche donnent l’illusion de voir la côte d’en face. Vers 20h30 une embarcation revient avec ses marins chantants, joyeux, la pêche a dû être miraculeuse pour qu’ils rentrent si tôt.

Loupiote des bateaux de pêche 
2
nov
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nov
Publié le 7 novembre 2021
 Kachere - Mzuzu : 124 km

Nous serions bien restés une journée de plus, mais nous n’avons plus rien à manger à part des pates et du riz au menu depuis déjà 3 jours. L’épicerie du village a seulement des produits de première nécessité (PPM). En arrivant samedi l’épicier qui partait faire des courses au village du bord de route, nous avait gentiment ramené du riz, car il n’en avait pas en stock.

Nous partons vers Mzuzu toujours plus vers le nord. Nous mangeons dans une gargote en bordure de route, les traditionnelles frites, œufs.

Nous passons dans une plantation d’hévéa, la sève permet d’extraire du latex pour fabriquer du caoutchouc. Les gardiens en profitent pour vendre des ballons, légers et rebondissants.

Nous quittons le lac pour bifurquer et monter en altitude vers l'ouest. Après une route sinueuse nous arrivons à Mzuzu à 1200 mètres d’altitude. Il fait très chaud en ce moment, ça nous permettra d’avoir une nuit plus fraîche que les précédentes. La ville est verte, très arborée, propre, avec de belles routes et des trottoirs.

Nous cherchons un garagiste pour faire les vidanges, recommandé sur iOverlander, mais nous ne le trouvons pas. Nous avons un numéro Whatsapp, un fois qu’Edouard arrive à le joindre, il nous informe qu’il a arrêté son activité depuis la Covid. Heureusement il nous donne le contact d’un autre garagiste en ville. Il est en face du contrôle technique national (un par grande ville en général). Edouard demande un devis et prend rendez-vous pour demain.

Nous faisons de grandes courses pour remplir les stocks en boîtes de conserves notamment, mais au niveau du frais ce n’est pas génial. Avant chaque départ d’un pays nous faisons le stock de produits connus et accessibles car nous ne savons jamais à quoi nous attendre dans le pays suivant. Une exception, nous ne l’avions pas fait au Zimbabwe, car la vie est chère là-bas.

Nous dormons dans une jolie backpack, Macando Camp, arborée et bien aménagée. Nous craquons pour les pizzas au menu du restaurant.

3
nov
3
nov
Publié le 7 novembre 2021

Matinée chez le garagiste pour Edouard, il fait faire les vidanges du moteur, du pont avant (le pont arrière a été fait il a quelques semaines à Chipata en Zambie) et de la boite de vitesse.

Nous avons eu la brillante idée de faire laver nos sacs de couchage et draps, car le prix de la machine est très abordable et ce n’était pas du luxe, les duvets n’ont pas été nettoyés depuis le Zimbabwe, il y a 3 mois !!! Petite erreur, je n’ai pas encadré l’opération, la blanchisseuse commence à laver les trois premiers à midi et continue à 14h les trois suivants. Malgré le soleil, ceux des enfants sont à peine secs le soir venu. Les nôtres seront secs que le lendemain en fin de matinée. Heureusement nous avons des couvertures spécial grand froid.

Nous allons faire les courses de frais à Shoprite cette fois-ci, beaucoup mieux achalandé que le précédent Shoprite que nous avions croisé à Zomba. Nous trouvons du yaourt fabriqué localement. Contrairement au Zimbabwe et à la Zambie très peu de produits sont fabriqués au Malawi, la majorité provient d’Afrique du Sud. Sacrée logistique. Nous n’arrivons pas à éliminer le beurre et le fromage de notre alimentation.

4
nov
4
nov
Publié le 7 novembre 2021
Mzuzu - Livingstonia :154 km 

Après l’école nous attendons la fin du séchage des duvets avant de prendre la route. Il est déjà l’heure de manger quand nous partons. Edouard avait repéré une petite gargote hier, à proximité du chez le garagiste.

Ensuite il faut trouver des dollars pour pouvoir payer nos visas à la frontière Tanzanienne, oui nous nous en rapprochons. Il est possible de faire une demande de e-visas pour accélérer le passage de la frontière, mais après notre expérience de e-visas pour le Malawi, tant que ce n’est pas obligatoire nous préférons le demander à la frontière. Après avoir fait trois banques où il faut un compte chez eux pour acheter des dollars, je m’oriente sur les bureaux de change mais deux d’entre eux n’en ont pas. Le second me donne l’adresse de celui qui en a dans la ville, le taux de change est très mauvais mais bon pas le choix. Ca nous prend tout de même 1h30 !!!

Munis de nos dollars nous poursuivons toujours vers le Nord en direction de l’Ecolodge de Mashroom farm à côté de Livingstonia.

Sortie de la ville de Mzuzu 

La route est belle et escarpée, nous croisons beaucoup de porte-conteneurs immatriculés en Tanzanie. Ils peinent à monter les côtes à fort dénivelé, beaucoup sont en panne sur le bas-côté. Nous nous croyons sur la route Tana-Tamatave à Madagascar. Après le col, le lac se déploie devant nos yeux en contre-bas, la brume efface la ligne d'horizon.

Nous descendons jusqu'au lac avant de remonter vers Livingstonia. La piste indiquée par le GPS nous surprend, devant nous elle est très abimée et escarpée. Nous voyons un panneau un peu plus loin qui nous confirme que c’est bien l’itinéraire à prendre, une dame aussi nous confirmons l’information. Nous enchaînons les virages en épingle à cheveux sur 10 kilomètres, en restent en première tout le long. Au final nous montons un dénivelé de 800 mètres. Nous croisons des motos-taxi qui descendent dans la vallée chargée de marchandises et/ou de passagers.

Une fois arrivée, la vue sur le lac est sublime, nous sommes accueillis chaleureusement. Le nord du Malawi est plus hospitalier que le sud et moins pauvre. Nous réservons une balade pour aller voir les chutes demain, dans le village à coté. Le lodge organise, mais l’ensemble du prix revient aux guides. Les enfants découvrent des toilettes sèches. Petite cession d’explications avant qu’ils veuillent les utiliser.

5
nov
5
nov
Publié le 7 novembre 2021
8.5 km 

Nous partons en balade au chutes Manchewe depuis le camping. Stanislas s’est réveillé très tôt et râle assez vite. Bon an mal an nous arrivons aux chutes après 1h30 de marche. Première escale sur le point de vue, puis nous descendons au pied d’un petit barrage, crée il y a peu par Mashroom Farm pour que les habitants aient accès à l’électricité. Les poteaux et fils électriques sont tout neufs.

Ensuite nous payons les quelques kwachas nécessaires pour accéder à la cascade. Nous allons dans une grotte sous le promontoire de la cascade. A l’époque de l’esclavage, les habitants venaient se cacher ici pour échapper aux commerçants esclavagistes. Il fait très bon sous cette roche, la clim au naturel.

Nous remontons en amont, vers des piscines, l’eau est fraiche, seuls les enfants s’y baigneront. Des garçons du village viennent se rafraichir, mais ils resteront tous distants les uns des autres.

Nous pique-niquons sur place avant de rebrousser chemin vers l’écolodge, Stanislas a retrouvé la pêche il fait même des pointes en courant. Nous nous arrêtons dans une fabrique des boucles d’oreilles et des colliers à partir de letton, les produits sont principalement exportés au États-Unis, origine du fondateur de l’écolodge.

En rentrant le lieu est animé par des jeunes du village, venus faire la fête. C’est assez bruyant, ils mettent leur musique à tue-tête. Stanislas qui était mûr pour une sieste passera à côté. Nous découvrons un nouveau jeu de société, Carcassonne, pas mal du tout. Nous n’appliquons pas toutes les règles car entre la lecture des règles en anglais de 4 pages et leur impatience, je prends l’option des règles express sur Youtube.

En fin d’après-midi nous allons voir le jardin conduit en permaculture, c’est-à-dire en circuit fermé pour les engrais organiques. Les déchets de cuisine, les excréments des poules et le lisier des cochons alimentent le composte pour le potager. Les parcelles sont toutes petites où plusieurs espèces cohabitent. Une multitude de papillons virevoltent autour de nous.

En rentrant au camper, nous glanons du bois pour le barbecue de ce soir.

Les placards sont un peu hauts pour mettre la table !!! 
6
nov
6
nov
Publié le 14 novembre 2021

Nous rattrapons la matinée d’école d’hier au restaurant du lodge pour être à l'ombre, nous n'y sommes pas trop là-haut au camper.

En fin de matinée, rédaction du blog, la connexion est capricieuse, du coup ça me prend un temps fou de charger les photos.

Les enfants squattent la cuisine et aident les cuisinières. Ils y passent la journée à faire des pâtes maison, des chapatis (pain indien). Ils dressent les assiettes, Ambre en sert même deux à des clients.

Le lodge est tenu par un jeune couple d'américains, anciens Peace corps (jeunes américains qui partent en immersion dans les pays du sud dans les domaines de la santé, de l'éducation, de l'agriculture,...). En général ils finissent leur mission en parlant parfaitement la langue du pays. Il ont choisi de reprendre cet écolodge il y a un an.

7
nov
7
nov
Publié le 14 novembre 2021
 40,2 km

Avant de partir nous rencontrons un franco-américain qui descend l'Afrique en vélo ou en kayak avec son épouse russe. Il projette de faire Malaisie-Tanzanie dans quelques mois ! Impressionnant.

La route descendante époustouflante. 
Marché hebdomadaire à Chilumba.

Nous faisons peu de kilomètres pour rejoindre la Rondavelle à Chilumba, pour rencontrer Patrick qui nous a beaucoup aidé pour nos e-visas du Malawi. Nous faisons une visite de courtoisie pour le remercier. Il s'est installé avec son épouse trois mois avant le début de la pandémie, ils ont tenu bon et sont contents que le tourisme redémarre doucement.

 Plage de la Rondavelle

Pendant l'apéro Melrose, un singe vervet recueilli jeune, nous saute de dessus et va jusqu'à nous piquer les clés de la voiture pour les amener dans le manguier. Il mordille les enfants, car il a été maltraité par eux étant jeune.

Ce midi nous mangeons au restaurant, c'était excellent. Les enfants se délectent de la mayonnaise maison servie avec des frites belges.

Après le repas nous allons installer le camper, nous cherchons désespérément de l'ombre sous ces 40°C. Nous dégotons un manguier où l'ombre se réduit de minutes en minutes. Stanislas part jouer au foot avec des enfants et Ambre part en cuisine assister Françoise.

Nous rencontrons deux cyclistes belges, ils sont à leur 24ème pays en 18 mois. Ils ont traversé le Monténégro à -8°C le jour, -15°C la nuit et le Soudan à 46°C le jour, du coup ils pédalaient la nuit de 3h à 9h du matin.

Le soir venu, nous sommes envahis par une nuée de moucherons, même la lumière rouge les attire. C'est impossible de cuisiner, du coup nous retournons manger au restaurant. Nous passons une bonne soirée avec Patrick et Françoise en discutant de leur installation au Malawi et de leurs difficultés à trouver du personnel formé (point souvent soulevé en Afrique). Françoise est épatée par le niveau de réactivité et de compréhension d'Ambre pour les tâches en cuisine (je crois qu'elle vient de trouver sa vocation).

8
nov
8
nov
Publié le 14 novembre 2021
 89,5 km

Après l'école, Stanislas part me faire visiter le potager (conduit en permaculture) et les animaux de la ferme : cailles, cochons, coqs, poules, poussins, chèvres, moutons, dick dick, lapins,...

Nous ne restons pas une seconde nuit, à cause des moucherons, ce n'était vraiment pas génial. Nous allons à Karonga, petite ville à 40 km de la frontière Tanzanienne. Nous arrivons dans une région rizicole, les stocks sont remplis de riz et non plus de maïs, la deuxième culture produite c'est le manioc.

Après le repas direction l'immigration, pour renouveler nos visa (au cas où), qui périment dans deux jours. Le renouvellement est rapide, ils nous donnent deux mois de plus !!! Nous ne passons pas la frontière aujourd'hui car il est trop tard et en Tanzanie il est déjà une heure de plus.

Nous trouvons un hôtel où pour poser le camper, sur une plate forme au bord de la plage. Les patrons sont accueillants et disponibles pour que nous soyons bien installés. Ils nous ouvrent une chambre pour que l'on puisse se brancher à l'électricité. Il fait très chaud (plus de 40°C) donc le frigo tire beaucoup sur la batterie du camper, dorénavant nous roulons avec les deux panneaux solaires branchés pour que la batterie garde une charge optimum.

Beaucoup d'enfants et d'adultes viennent nous regarder monter le camp. La plage est animée par les pêcheurs, les habitants qui viennent faire leur lessive, les enfants qui se baignent, les vaches qui s'abreuvent... Stanislas part motiver les enfants pour jouer au foot, il ne se dégonfle pas et reste 2 minutes à dire "come", "come", avant que le plus téméraire se lance à jouer avec lui et que les autres suivent. C'est la tombée de la nuit qui les arrêtera.

La musique va bon train dans le bar de l'hôtel, où les consommateurs plus ou moins alcoolisés, viennent discuter avec nous. Edouard fait même visiter le camper à un policier de la pénitentiaire, une sage-femme plus très sobre en son jour de repos, veut savoir ce que nous faisons ici. Elle voudrait aller aux Etats-Unis pour se perfectionner et avoir un meilleur revenu, elle gagne 300€ en travaillant à l'hôpital public de la ville de Karonga, soit dix fois plus que le salaire minimum. Le Malawi est l'un des pays le plus pauvre au monde avec un PIB de 600US$/hab/an.

Ambre fait un gâteau aux fruits, elle prend les œufs que nous avons acheté hier et surprise !!! Se sont des œufs durs, pas pratique pour un gâteau ! Nous ne les avons pas stockés au frigo, ne le sachant pas. Nous partons toutes les deux acheter des œufs au village, une nuée d'enfants nous suit. Au retour nous nous arrêtons là où sont emballés les petits poissons du lac en sacs de 500L pour les exporter vers la Zambie.

9
nov
9
nov
Publié le 14 novembre 2021
 Karonga - frontière : 40 km

Ecole compliquée, les enfants du village attendent pour jouer au foot avec Stanislas ce qui le déconcentre et m'énerve. Les écoliers n'ont pas école car c'est une période d'examens pour d'autres. Nous avons jamais réussi à savoir jusqu'à quel âge l'école était obligatoire, c'est de 6 ans à ...? A chaque fois on nous répond, on peut étudier jusqu'à n'importe quel âge !

Du coup nous décollons qu'à 10h45 pour rejoindre la frontière. Nous jouons avec le feu, c'est la première fois que nous faisons les tests à la frontière et non un PCR avant, que nous aurions pu faire à 100US$/test à Mzuzu, à 250 km d'ici. S'il s'avère positif pour l'un d'entre nous ça veut dire quarantaine ou je ne sais quoi (c'est déjà arrivé à d'autres voyageurs entre l'Afrique du Sud et la Namibie) !!! Et surtout nous devons retrouver mes parents à Zanzibar dans 10 jours. Nous n'avons pas vu nos parents depuis février 2019 et avril 2019. Mes parents sont venus à Madagascar (là où nous habitions avant de partir en voyage) juste avant que la pandémie se déclare et repartis quelques jours avant que le chaos mondial s'annonce et mes beaux parents eux sont restés bloqués un mois et demi à Madagascar avant de pouvoir prendre un vol de rapatriement pour la France. Madagascar vient juste de rouvrir les vols commerciaux avec l'Océan Indien et la France seulement depuis 3 jours !!!

La route nous fait penser à Mada, des plaines rizicoles, des zébus et des maisons en briques.

Plaines rizicoles et zébus

La ville frontière est encaissée dans une vallée. Nous mangeons dans un restaurant de rue, sous des bâches lacérées "embelli" par des tissus en dentelle.

Nous commençons les démarches à 13h, c'est vite bouclé et très facile, à 13h20 nous nous dirigeons vers la Tanzanie.

Songwe river, qui fait office de frontière. 

LE MALAWI

Nous sommes restés 30 jours au Malawi en parcourant 2321 km en rentrant depuis la Zambie, une boucle au Sud avant le Nord vers la Tanzanie.

Le Malawi fait partie des coups de cœurs des voyageurs traversant l'Afrique, surnommé le pays des sourires. Nous sommes un peu mitigé après ces journées passées dans ce pays, oui en effet il y a beaucoup de sourires, plus au nord qu'au sud d'ailleurs.

Peut-être que ça nous a trop rappelé Madagascar, similitude dans les paysages, les maisons en briques, la pauvreté (ce qui nous a freiné pour aller vers les gens et rester dormir chez eux). C'est compliqué selon nous d'arriver avec notre voiture, nos panneaux solaires là où ils n'ont pas grand chose. Par contre les enfants ont beaucoup joué avec les petits locaux, eux ne se sont pas du tout mis de barrières !

La langue a été un frein, le Chiwa est majoritairement parlé dans le pays. L'anglais se parle avec des personnes qui sont allées vivre des années en Afrique du Sud ou en contact avec les touristes et dans les villes. Cette barrière limite grandement les échanges.

L'accueil a toujours été bienveillant. Nous avons rencontré plusieurs personnes bien intentionnées. Petit bémol pour les bourrés présents dans chaque village.

Nous avons vu les Malwites courageux, à bécher leurs champs sous 35°C ou plus, à partir pêcher toutes les nuits pendant 12 heures, à porter des charges très lourdes telles que le bois.

Le Malawi est très vulnérable face au changement climatique : pas d'irrigation pour leurs champs, ils sont tributaires des bonnes pluies pour de bonnes récoltes et donc pour manger à leur faim. L'agriculture ne semble pas durable, elle est tournée vers les intrants chimiques. Ils valorisent peu leurs produits agricoles, très peu de transformation. Nous avons vu qu'une seule marque de yaourts fabriqués dans le pays, vendus dans les supermarchés, ainsi que les bières.

Ce pays est plein de vie, mais très bruyant, difficile d'y trouver du calme et sa chaleur ramolli au quotidien. Nous ne sommes pas déçus d'avoir découvert ce pays, qui a des paysages changeant sur de petites distances, de belles forets, le lac Malawi, poumon du pays grâce à son accès à l'eau et à ses poissons rémunérateurs mais jusqu'à quand?

Au nord un éco-tourisme responsable et durable se développe, bonne orientation pour l'avenir.


2321 km 

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