Mon chemin du Puy à St Jacques de Compostelle

P
Par
Partir du Puy en Velay direction St Jean Pied de Port puis GR10 vers Hendaye/Irun en Espagne puis le chemin du Nord Oviedo, ensuite le Chemin Primitif jusqu'à St Jacques de Compostelle puis Fisterra.
Du 16 mai au 19 juillet 2018
65 jours

Mardi 15 mai 2018

Arrivée à 14h26 par le train depuis Dijon via Lyon à la gare SNCF du Puy en Velay. Départ prévu demain matin 7h de la cathédrale direction St Jacques de Compostelle GR65 pour 1800 km environ ... St Jean Pied Port puis j’envisage de relier Hendaye par le GR10 , ensuite le camino del Norte (chemin du nord) jusqu’à Oviedo puis le camino primitivo (chemin primitif) pour rejoindre Santiago de Compostela et enfin Fisterra au bord de l’océan au km 0 avec en tout, 75 jours estimés de randonnée si tout va bien.

Après avoir choisi mon premier gîte "Les amis de St Jacques" à 2 pas de la cathédrale , je suis accueilli par 3 Bénévoles super sympas qui m'expliquent le fonctionnement de cet hébergement en Donativo c’est à dire que vous donnez ce que vous voulez pour le couchage et le petit déjeuner et me donnent divers conseils pour le départ du lendemain matin.

La Ville du Puy en Velay  : la dentelle , les lentilles, le sirop de verveine
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Le Puy en Velay - Saint Privât d’Allier 25 km : départ à 8h15 de la Cathédrale du Puy avec 60 à 70 autres Randonneurs. Les conditions météo des jours précédents (neige importante en Haute-Loire) et la grève SNCF ont réduit le nb de départs depuis dimanche dernier et ce sont reportés ce matin . La météo du jour a été mitigée entre soleil vent et nuages mais température idéale et une arrivée à 15h au camping municipal de St Privât où j’ai sorti la tente pour la 1ère fois avec 3 autres Pelegrinos ... L’étape : Très Beaux paysages avec qq petites grimpettes avec mon sac de 18 kg... en guise d’échauffement. Demain direction Saugues avec 19 km environ. Ce soir la météo change , nous avons un peu de pluie histoire de s’amuser pour replier la tente demain matin. Plus que 1750... km ... Ouf, ça va mieux !!!

La descente devant la cathédrale et La Chapelle St Roch à Montbonnet 
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La nuit a plutôt été difficile sous tente à cause de la pluie, de l’humidité et pour finir le froid vers 4 h du matin. J’ai très peu dormi depuis mon départ... mais ça ne me gêne pas trop, je suis tellement heureux d’être là . Après avoir tout replié et mis dans des sacs plastiques tout mon matériel humide, j’ai repris le chemin à 8h de St Privât d’Allier à Saugues soit une petite vingtaine de km avec qq bons dénivelés comme à Monistrol-d’Allier . Le temps ayant été très menaçant durant toute l'étape. Je suis donc allé directement et sans traîner jusqu’à Saugues sans halte repas avec une arrivée vers 13h30 . J’ai fait le chemin avec Serge un Breton qui était au camping à St Privat avec moi. Par contre à Saugues j’ai choisi un hébergement au gîte d’étape communal (très bien) au sec alors que Serge lui allait de nouveau camper. Qui veut aller loin ménage sa ... je suis l’un des rares à vouloir aller à St Jacques donc je fais mes propres choix côté rythme , hébergement et je ne me laisse pas influencer par d'autres Pèlerins afin de ne pas m’écœurer dès les 1er jours ... Par contre pour le grand week-end qui approche avec le lundi de Pentecôte, il y a beaucoup de randonneurs et cela perturbe les possibilités de couchage en gîte pour les Pèlerins comme moi qui ne réserve pas à l'avance. Heureusement j’ai ma tente....

N’ayant pas d’appareil photo mais uniquement ma GoPro + IPad et portable, les transferts sur le blog sont difficiles d’autant plus que le Wifi est minable à cause que les murs du gite sont trop épais rien ne passe ... et Myatlas ne prend pas les vidéos. Je fais de mon mieux ...

Donc je suis dans la Margeride au pays de la bête de Gevaudan. Je voulais visiter le musée sur ce thème mais portes closes... faut attendre qu’un groupe s’inscrive. Dommage.

Merci de m’envoyer un peu de soleil, de la chaleur et moins de gadouille sur le chemin qui est toujours encombré par endroit d’arbres arrachés sous le poids de la neige des jours précédents.

Demain je marche en direction du site "Le Sauvage" ( on sera au moins deux) et plus précisément au hameau Le Rouget 25 km environ.

42,5 km au compteur ce soir Cool !!!

L’église et Tour des Anglais a Saugues en bas j’ai vu la bête de Gevaudan et le chandelier de St Jacques ...Hallucinations !!!! 
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Jeudi 18 mai 2018 : Départ 8h du gîte d’étape municipal ( très bien pour 13€) avec le brouillard. Très vite je monte sur un plateau en sous bois avec des blocs de granit un peu partout . L’étape est moins dur que la veille avec moins de dénivelés et donc je tire un peu plus sur la distance avec près de 29km. Sur le parcours je passe par Le Sauvage ancien hospital et ferme fortifiée puis par la Chapelle St Roch à Lajo classée au monument historique. J’ai réservé un lit et demi- pension dans un gîte à la ferme. Et qui je retrouve à l'arrivée ? Norbert un Pèlerin Allemand avec qui j'étais déjà dans la même chambre la veille. Renouant avec mes racines paysannes, j’ai suivi la traite des vaches à 18h30... petite ferme bio ... 50 ha donc le chemin de St Jacques est une bénédiction pour arrondir les fins de mois ... à 30€ la demi-pension / pers.

Le plateau avant Le Sauvage La Chapelle st Roch et la ferme Gîte La Croix de Plo avec de belles Montbéliardes ...
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Samedi 19 mai 2018 : Etape 29 km environ sous le beau temps avec pause à midi à Aumont - Aubrac .

A l’arrivée, je suis au km 100 depuis le départ du Puy en Velay.

Les jambes commencent à accélérer le rythme, encore qq douleurs au cou au niveau des trapèzes liées au poids du sac. Le moral est bon , j’avance...

Arrivée au lieu dit les 4 chemins , 2 gîtes : un complet et le second minable sale ... pas le choix sinon faut reprendre le chemin pour qq 8 km. Pas envie je reste là avec une Mamy 75 ans tout aussi déçue que moi et pas grand chose à manger (Un sachet de nouilles chinoises et une pomme ). Pour le régime y’a pas mieux....

Vues autour d’Aumont - Aubrac 
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Dimanche 20 mai 2018 :

Depuis le temps que je souhaitais traverser le plateau de l’Aubrac à pied: j’y suis et en plus avec un temps superbe , pas de brouillard, ciel bleu et température idéale au départ.

27 km de paysages grandioses , de verdure à perte de vue et cette étape est vraiment à la portée de tous. De plus des navettes de bus "retour" sont misent en place pour éviter de revenir sur ses pas pour ceux qui voudrait si aventurer sur quelques jours.

Au milieu de l’étape se trouve le village médiéval de Nasbinals : Très joli et à voir absolument.

A quelques kilomètres de l'arrivée , j’ai bien cru que j’allais affronter l’orage sur les hauteurs du plateau, le ciel était très noir, avec des éclairs et tonnerre ce qui m’a fait vraiment accélérer la cadence en montée mais finalement juste des averses en arrivant à Aubrac.

Paysage du plateau d'Aubrac 

Petite galère pour trouver un hébergement à Aubrac car par principe je ne réserve pas à l'avance , je veux vivre mon aventure en toute liberté et pouvoir m’arrêter selon mon état de fatigue ou selon l'attrait des lieux ou du gîte qui se présente . Par contre, je me rends compte que les week-end en cette saison, il n'y a pas que des Pèlerins sur les chemins et donc plus de place au gîte d’étape d'Aubrac car un groupe à réservé l'ensemble du gîte d'étape donc pas cool pour les Pèlerins de passage comme moi... A défaut de place au gîte d'étape, l’hôtel de la Domerie à Aubrac qui gère aussi cet hébergement, me propose la cave de leur hôtel comme ultime solution . Après visite de celle-ci, j'ai renoncé vu l'état des lieux... Ressemblerais-je déjà à un Clodo comme l’aborde Jean-Christophe Rufin (Ancien Ambassadeur de France et écrivain) auteur de Immortelle randonnée où il raconte son aventure sur le chemin avec la part de dépouillement au fil des jours ... à lire très rigolo.

Finalement je trouverai de la place au Royal Aubrac, village vacances à un kilomètre environ d'Aubrac.

Pour les jours prochains , la météo prévoit encore de la pluie mais cela n’arrêtera pas le Pèlerin en direction d’Espalion.

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Après une bonne nuit au Royal Aubrac dans une chambre à moi tout seul, dans un bon lit de 90 au chaud avec des draps propres ... pas besoin du duvet ... vous ne pouvez vous imaginer le luxe que c'est et en plus parler à un groupe de motards du 21 (Côte d'Or) et plus précisément de Semur en Auxois qui passait par là aussi : ça fait du bien ...

Aujourd’hui, j’ai tapé dur avec 32 km 9h de marche et 8h00 de bonheur car à la fin petit orage pas très méchant avec une averse. Du coup j’ai pris une journée d’avance et donc en bonus au cas où j'aurais un petit coup de mou.

Sur le chemin j’ai trouvé ce clin d’œil sympa qui m'a fait sourire même si je ne suis pas encore retraité ...

Joli nom de rue .... 


Étape très belle en Aveyron car on bascule du plateau de l’Aubrac à St Chely d’Aubrac vers la vallée du Lot à St Côme d’Olt puis Espalion c’est à dire de 1308 m d’altitude à 334m et donc une végétation qui n’a plus rien à voir. Beaucoup de descentes mais également beaucoup de grimpettes de quelques centaines de mètres de dénivelé tout au long de la journée.

Je viens de trouver un gîte super chouette à Espalion "Gîte du Vieux Pont" et comme son nom l'indique au pied du pont médiéval avec vue dessus . Je serai juste en compagnie de 2 jeunes asiatiques .

Demain direction Golinhac

Le Pont des Pèlerins à St Chely d’Aubrac et la bascule sur le Lot avec le pont miedeval d’Espalion 
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Mardi 22 mai :

Étape de 27 km très variée avec du plat mais aussi de quoi mouiller le maillot avec 7h 30 de marche

Séquence frisson : j'ai posé mon bâton de marche sur une belle couleuvre d’1,40m environ qui prenait le soleil sur le sentier ...

Au milieu de l’étape se trouve le charmant petit village médiéval d'Estaing et son beau château repris par notre ancien Président Valery Giscard d'Estaing et sa fondation .

En bas à droite Estaing 
Estaing et son château  
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Déjà une semaine de marche et quelques 200 km aux chaussures. Haute Loire, Lozère Aubrac Aveyron traversées avec mes petites gambettes : C’est incroyable lorsque je me retourne, d’imaginer ce que je viens de parcourir et il me reste encore 1600 km...

Cette étape de 22 km est facile, je dirais reposante surtout avec le beau temps. Le point d’intérêt, c’est surtout l’arrivée à Conques village et abbatiale sublimes. Ce soir je rentre d’en l’ordre ou dans les ordres je ne sais lequel des 2. Je dors et mange à l’accueil Pèlerins de l’abbaye Sainte Foy de Conques . C’est un rituel du chemin, nous sommes 91 Pélerins à dormir dans 4 dortoirs. C'est " Complet" et donc la réservation s'impose pour un tel lieu. Présentation et visite par frère Tuc ... je ne me souviens plus de son prénom mais vu sur internet celui qui joue du Johnny Haliday , Michel Polnareff ... à l’orgue. Mémorable et à voir sur YouTube.

Conques dans l’Aveyron et en bas à droite une vue du paysage entre Golinhac et Conques 

Et en parallèle des prises de photos , je filme à chaque étape quelques vues essentielles avec ma GoPro installée sur harnais . De quoi faire un beau montage ultérieurement.

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On ne peut pas faire ce chemin sans une halte à Conques et dormir à l’abbatiale , assister au spectacle ... Super. Attention, il faut penser à réserver quelques jours avant votre demi-pension.

Nouveau départ ce matin à 8h00 avec une belle montée dès la sortie de Conques avec 300 m de dénivelé + pour commencer et ensuite direction Décazeville autrefois célèbre pour ses mines de charbon et qui voit aujourd’hui tous ses commerces fermés.

Vue sur la campagne au-dessus de Conques et le Lot à l’arrivée à Livinhac le Haut 

Étape de 24 km soit 230 km en cumulé avec une météo capricieuse dans l’après-midi avec averse m’obligeant à rester en gîte à l’abri.

A 18h00 un accueil Pèlerins fut organisé en salle à Livinhac par Yvette et Angèle, deux petites Mamy "quadra" qui ont fait un gâteau et nous ont offert un verre de sirop ... Top les Mémés et cela permet d’échanger un peu d’où on vient où on va... etc ... on a refait le chemin ...

Demain je rejoins Figeac

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Fini l’ Aveyron et le Rouergue, me voici dans le Lot département 46 dans le Quercy plus précisément.

Étape de 25,5 km avec une bonne montée au départ de Livinhac puis plus calme mais je commence à ressentir un peu plus la fatigue et toujours un peu mal aux épaules avec le poids de mon sac. Ce soir massage au baume du Tigre : ça parfumera la chambre. ..

Si le changement est peu perceptible au niveau du paysage car nous sommes toujours pas loin de la vallée du Lot, c’est plus remarquable au niveau du patrimoine : on trouve les maisons , corps de ferme avec les tours et pigeonniers attenants.

Au niveau des Cheminants, beaucoup de changement depuis Conques car certains se sont arrêtés et d’autres démarrent et d’autres irréductibles continuent le chemin...

Un petit tour rapide dans Figeac qui est une ville médiévale très touristique. Je vous laisse juger sur les quelques photos prises ci-dessous. Ça vaut le détour.

Demain , j’ai choisi de faire une variante . Certains d’entre vous connaisse ma spécialité pour faire des variantes sur les randos et marcher quelques heures de plus .... jusqu’à la nuit ...

C’est marrant car en lisant le livre de JC Ruffin « Immortelle randonnée » sur son aventure sur le St Jacques, j’ai pu constater que lui aussi un spécialiste des variantes et sa femme raffole aussi... comme Isabelle ou les amis qui m'accompagnent parfois pendant mes randonnées.

La variante prévue est de quitter le GR65 donc le St Jacques pour faire le GR 651 « la vallée du Célè » et qui va me faire passer par St Cirq Lapopie l’un des plus beaux villages de France et mis à l’honneur très souvent par Stéphane Berne dans ses émissions télévisuelles et ensuite je rejoindrai le GR 65 à Cahors. Cela va donc me détacher d'autres Pèlerins avec qui je commençais à m'habituer comme Joseph, Nathalie ...

256 km aux chaussures ce soir.

En haut vues de St Jean Mirabel - Borie et Figeac 

Ma crédencial ci-dessus se remplit tout doucement. Cela consiste à faire apposer un tampon et daté chaque ville étape ou lieux pittoresques. Tous les Commerçants, Hébergeurs, sites touristiques, mairies connaîssent cette pratique et ont leur tampon sous la main . C’est presque un concours à celui qui aura le plus beau tampon.

Vous devez présenter la crédencial pour obtenir la Compostela. C' est un certificat de pèlerinage, rédigé en latin, qui est remis au pèlerin à son arrivée à Compostelle par le Bureau des pèlerinages pour attester qu'il a fait le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. Ce certificat se rattache à la tradition médiévale qui voulait qu’un pèlerin rapportât un témoignage de son arrivée au sanctuaire.

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Ce samedi comme prévu j’ai quitté le GR 65 pour le 651 à partir de Béduer.

Cette variante va me conduire jusqu’à Cahors où je retrouverai le GR 65 . Peu de monde emprunte celle-ci alors qu’elle est citée dans beaucoup de livres , forums ...

Je pensais faire étape à Espagnac mais pas de camping finalement j’ai poussé jusqu’à Brengues et arrivé vers 16h30 au camping du Vieux Moulin je constate qu'il y a seulement qu'une caravane et une tente dans ce grand camping et personne dans la piscine. Que ça fait du bien aux mollets et à l'ensemble de mon corps que de me prélasser dans l'eau. Je suis content d’être au camping après plus de 10 jours en gîtes d'étape et avoir la possibilité de me baigner dans une piscine .

Par contre après quelques heures passées dans ce camping, pas d'autres Touristes ou Pélerins ne viendront me tenir compagnie. je constate vite que cette formule m’isole des autres Pèlerins. Je suis seul et finalement ça ne me plait pas trop . Je vais y réfléchir pour les étapes suivantes.

Pour atteindre Brengues depuis Espagnac, j’ai dû monter, et monter pour être au dessus de la falaise d’où ces vues du village d’Espagnac en hauteur.

En haut milieu qq Pèlerins rencontrés ces derniers jours et vue d’Espagnac et mes gambettes ... 
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Après 3 jours sans wifi et peu de communication avec l'opérateur Orange, je reprends la mise à jour de mon blog.

Dimanche 27 mai Fête des Mères ( à ne pas louper).... Faut que j'appelle absolument ma Maman Roberte ...

Étape dominicale loin d’être reposante. A plusieurs reprises le chemin va en haut des falaises sur les plateaux puis redescend à hauteur de la rivière puis remonte redescend ... Finalement arrivée à Sauliac au 1er gîte d’étape qui se présente vers 15h30.. un tout nouveau gîte ouvert en avril dernier et construit avec des planches en bois dans un style séchoir à tabac (imposé par l’architecte des Bâtiments de France), avec une vue imprenable sur la vallée.

Beaucoup de bories et constructions en pierres sèches, je me régale...

La vallée du Célè et le gîte de Sauliac  
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Étape très longue de 37 km: Moi qui rêvait de voir St Cirq Lapopie, ce sera sous une pluie battante que j'atteindrai ce village en début d’après-midi . je n'ai pas pu apprécier la beauté des lieux et après avoir manger une salade dans une brasserie à l'abri, je continuerai mon chemin sans prendre trop de photos.

En cours de chemin, je me distrairai avec des moutons du Quercy : je les ai rassemblé à la porte du pré simplement sur quelques paroles bien à moi me rappelant ainsi ma jeunesse lorsque je rassemblais les vaches à la ferme de mon père ... ils ont une tête sympa ces moutons avec leurs yeux et oreilles noires.

J'arriverai au gîte de Pasturat vers 17h alors que j’ai commencé la journée à marcher à 7h30. Ouf !! j'en ai marre pour aujourd'hui.


vers St Cirq Lapopie 
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Étape de 22 km de transition car c’est la fin de ma variante dans la vallée du Célè.

J’ai retrouvé le GR 65 c'est à dire le chemin de St Jacques à Cahors vers le pont Valentré ainsi que quelques compagnons du chemin que j’avais quitté le dimanche précédent. Je constate que je marche beaucoup plus vite qu'eux car en prenant la vallée du Célé j'avais une journée de marche de plus que sur le GR 65.

En faisant le bilan, je suis un peu déçu de cette variante et de St Cirq Lapopie. Ça rallonge le trek d’une journée, beaucoup plus de dénivelés, de km et donc plus de fatigue ...

Je me suis payé une cure de Jouvence en étant hébergé à l’auberge de jeunesse de Cahors . Superbe structure toute récente car ouverte en 2017 et juste au pied du pont Valentré avec cuisine en libre service ou demi pension, lingerie et une superbe terrasse en toiture donnant sur le pont le tout pour 17€50 la nuit...

La fatigue commence à se faire ressentir depuis hier avec de grosses étapes. Demain j’attaque ma 3 ème semaine sans aucun repos. Je compte sur la partie Tarn et Garonne , Gers pour récupérer un peu avec moins de dénivelés ... je verrai si je dois arrêter une journée.

J’ai pris la décision d’arrêter de camper avec ma toile de tente afin d’alléger mon portage si je veux aller jusqu'à St Jacques car il me reste environ 1450 km.

Cela fait 2 semaines que je porte plus de 18 kg dans mon sac à dos de 70 litres sur plus de 350 km et sur la partie la plus difficile . Je commence à fatiguer. Tous ces efforts pour utiliser seulement 2 fois la tente dans des conditions précaires pluvieuse, humide et besoin de temps supplémentaire à chaque étape pour replier la toile trempée, du temps en journée pour faire sécher la toile, le duvet ... tout cela pour des nuits inconfortables et pas de repos réparateur.

Autre inconvénient du camping , c'est qui faut faire parfois des détours en dehors du chemin pour en trouver un d'ouvert et qu'on se coupe des autres Pélerins , de leurs ronflements , blagounnettes et vie en collectivité...

Dans une semaine Isabelle et mes Amis Bruno et Gigi vont venir me rejoindre à Lectoure pour marcher une semaine avec moi. Aussi, j'ai demandé à Isabelle de va m’apporter mon sac de 50 litres, plus léger 1,7 kg à vide au lieu des 2,7 kg avec mon sac actuel et je vais retirer ma tente, matelas, réchaud, gamelle et autres objets inutiles. Il faut que je gagne à minima 4kg à 5kg.

il faut que je tienne encore une semaine à porter tout ce poids et les douleurs qui vont avec.

Ensuite je ne compterai plus que sur les hébergement en gîtes d’étape sinon bivouac si les conditions le permettent.

En haut à gauche la statue de Gambetta natif de Cahors , le Pont Valentré et l’auberge de jeunesse 
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De retour sur le camino GR 65 à 7h30.

Avant de quitter Cahors, je voudrais simplement vous dire qu’il n’y a pas que Padirac et Rocamadour à visiter dans le Lot , il faut venir visiter cette petite ville de 22000 âmes avec beaucoup de sites à visiter.

De plus Compostelle ne m’a pas encore enlevé mes mauvaises habitudes , je m’explique : il y avait une cave à côté du gîte, aussi j’ai été acheter une bonne bouteille de Cahors , rillettes etc ... et avec Erwan mon jeune colocataire de chambrée, nous avons dégusté avec beaucoup de plaisir ce fin breuvage en terrasse avec vue sur le Pont Valentré . Pierre le gérant de l'auberge de Jeunesse est venu également partager notre table. ... et donc petite soirée sympa.

Revenons à l’étape du jour : Après une montée très raide au bout du pont Valentré avec des escaliers et marches parfois de 50 cm de haut, l’étape fût beaucoup plus agréable que les jours précédents et sans difficulté.

J'ai parcouru 22 km au total à traverser de grands plateaux. Pour les amateurs Truffiers, ça sent l’endroit propice vu les petits chênes et autres arbustes.

Le temps ce matin était parfait pour les marcheurs, pas de pluie ni orage, ce sera pour cet après midi avec une petite averse et quelques coups de tonnerre.

Arrivée vers 14h00 dans ce petit village de Lascabanes très paisible qui petit à petit voit des dizaines de randonneurs envahirent les différents gîtes tout au long de l’après-midi. C’est le miracle économique du St Jacques... maintenir une activité touristique et parfois de petits commerces de proximité.

Je suis au gîte « le nid des Anges » , c’est dans l’ancien Presbytère et bâtiment du gîte touche l’église. Peut être verrai je les Anges ronfler cette nuit ...

Demain direction Lauzerte.

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Jeudi 31 mai 2018

Dès le début de l’étape, je passe vers La Chapelle St Jean qui marque le milieu du parcours de la voie Podiensis c’est à dire mi chemin entre Le Puy en Velay et St Jean Pied de Port.

Ensuite autre endroit rendu célèbre grâce à l’émission de télévision Le Petit Rapporteur avec Jacques Martin , Pierre Prévost, Stéphane Collaro il s’agit de Montcuq ...

No comment 

Des borries

Et la montée à Lauzerte très beau village médiéval du Tarn et Garonne et oui j’ai changé de département. Allez voir sur internet ce village, ça vaut le détour.

Lauzerte (Tarn et Garonne) 

Je retrouve mon ami Joseph et nous décidons d'aller dormir au Tamba Ki.

Gîte d’étape exceptionnel Le Tamba Ki chez Ana d’origine brésilienne. Ana est une personne extraordinaire qui a beaucoup bourlingué dans le monde du cirque. Elle nous parle de sa vie avec son compagnon et nous l'écoutons passionnément avec Joseph. Sa mère , Psychanalyste lui a donné une éducation très différente de la mienne. je suis subjugué par sa façon de voir les choses. Le gîte est super à tout niveau. nous y dormirons que Joseph et moi , Ana dormant chez son compagnon ( Voir son site sur internet).

Gîte Le Tamba Ki chez Ana à Lauzerte 
Des compagnons du chemin Joseph à gauche et Jean-Marc à droite avec son chien et son proto qui le fait souffrir dans les montées..
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Fini les vaches, place maintenant à la vigne, arbres fruitiers dont les cerisiers et polyculture. Les monts du Quercy s’éloignent de plus en plus, la plaine s’étale à perte de vue devant moi et rassure mes petites gambettes.

De très beaux pigeonniers apparaissent en vue :

Pigeonnier en quittant Lauzerte à qq kilomètres  

Arrivée à Moissac après une longue et fatigante étape de 28 km environ, dépôt de mon sac à l’accueil pèlerins et visite du Cloître et abbaye. Magnifique !!!!

Ensuite je monte avec Joseph au gîte d’étape « la petite lumière » dans les hauteurs de la ville : Gîte pas top côté propreté avec des chats partout qui viennent manger sur la table notre dessert que nous venions d’acheter avec Joseph ...

Le cloître de l’abbaye de Moissac 
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J’ai passé la Garonne aujourd’hui et arrivée de l’étape à Auvillar charmant petit village médiéval dans le Tarn et Garonne entre Agen et Montauban.

C’est mon étape la plus facile depuis de début de mon périple avec 20 km environ et le long du canal « Entre deux mers » et parallèle à la Garonne.

Étape tranquille afin de récupérer de la veille et se préparer à celle de demain avec 32 km.

Demain dimanche après midi à mon arrivée à Lectoure , Isabelle Bruno et Gigi viennent me rejoindre pour marcher la semaine prochaine avec moi. Cool !!! et en plus je vais vider mon sac ... voir mes étapes précédentes...

Auvillar (Tarn et Garonne) 
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Dimanche 3 juin 2018 : Grande étape pour ce jour dominical avec plus de 32 km à parcourir sous un temps menaçant . Avec Joseph nous avons réalisé celle-ci en un peu plus de 6h00 avec toujours mon sac de 18 kg sur le dos...

Paysages vallonnés avec quelques passages dans la boue suite aux orages de la veille.

J’ai franchi le département du Gers , fini le Tarn et Garonne...

Autre événement important prévu ce dimanche : 3 nouveaux Pèlerins sont venus me rejoindre pour une semaine. Il s’agit d’Isabelle ma femme, Bruno et Gigi un couple d’amis de Rouen. La cadence va ralentir un peu à mon plus grand bonheur, mais surtout Isabelle m’apporte mon sac de 50 litres et je vais pouvoir abandonner ma tente, matelas, réchaud dans la voiture de Bruno .... et mon gros sac de grande randonnée de 70 l et passer avec un portage à 10 - 11 kg environ. Ouf enfin après 20 jours et qq 480 km de souffrance...


Étape à Lectoure jolie petite cité

Château de Flamarens à gauche 
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Lundi 4 juin

Me voici bien accompagné Isa Bruno et Gigi devant le gîte le Boudoir à Lectoure. Fini les nuits en dortoir en célibataire avec ronflements et autres bruitages humain non maîtrisés la nuit dans les draps ... en collectivité, me voici en chambre d’hôte... quel luxe !!!! Ça va pas durer ....

Petite étape sympa de 20 km dans un joli paysage avec quelques vues qui rappellent la Toscane avec de jolies fermes entourées de cyprès...

Étape dans la bonne humeur , malgré des passages sous plus de 20 cm de gadoue très glissante et qui me vaudra une chute emporté par le poids du sac malgré qu’il soit léger cette fois ci. j'ai une douleur coté droit au niveau des côtes, à surveiller.

Arrivée à La Romieu : une vue superbe sur le monastère au loin tout en traversant les plantations de pruniers et en longeant un magnifique parc .

Pas de rébellion des 3 Pèlerins accompagnateurs cette fois-ci à l’arrivée ( il n’y avait pas de variante ... ) . Ils sont prêts pour l’étape du lendemain car à l’arrivée nous allons dans une ferme auberge en demi-pension avec dégustation à volonté d’armagnac. Normal c’est un viticulteur... et il verse bien . Je vais lancer la compétition avec ma Mirabelle contre Armagnac.

Ce soir nous dormons au Couvent de La Romieu et j’ai retrouvé des Pèlerins des jours précédents. Nous avons décidé de faire repas en commun dans la cuisine en libre service du couvent.

La Romieu dans le Gers son Cloître, parc , couvent  
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Mardi 5 juin

Après une bonne nuit au couvent de La Romieu ... avec repas en commun avec quelques Pèlerins sympas rencontrés les jours et semaines précédentes, nous avons (Isabelle Gigi Bruno et moi) repris le chemin en direction de Condom puis Larressingle. Attention cette fois ci ça rigole plus nous sommes au pays des 3 Mousquetaires et d’Artagnan et de l’Armagnac Floc de Gascogne .... sans oublier les confits ....

La Tenareze dans le Gers 

Le temps n’est pas terrible, une averse le matin puis des trombes d’eau l’après midi. Nous arrivons à la ferme auberge du Tollet complètement trempés y compris l’intérieur des chaussures . Le GR est noyé, de la boue coule partout dans les champs ... mais le moral ne faiblit pas d’autant plus que nous sommes en demi-pension avec dégustation à la cave du viticulteur Alain. Au programme : Armagnac , floc de Gascogne , vins ... cool !!!

Au pays des Mousquetaires 

En haut Larressingle : Petite cité fortifiée

En bas à gauche Condom et les Mousquetaires et à droite Alain notre hébergeur viticulteur éleveur bio de la ferme du Tollet et Gigi très attentive ...

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Dur dur : les pluies diluviennes de la veille ont envahi le chemin. Le pont de Lartigue est inaccessible, pas possible de passer. Nous allons contourner une bonne partie de l’étape par les petites routes par prudence. Nous devons être à Eauze en fin d’après-midi.

Le Pont de Lartigue sur le chemin de Compostelle  


Le vignoble de Gascogne  
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Soirée étape chez Laurence notre hébergeur en chambre d’hôtes Lou Parpalou à Eauze 👍

20 km pour cette étape. Malgré la pluie qui a tombé encore cette nuit, nous décidons de reprendre le tracé du GR de Compostelle et ne plus contourner par la route. Nous allons avoir quelques passages délicats mais ça passe. Le temps se remet au beau et chaud en milieu de journée, ça change toute la vision du St Jacques : A nouveau nous retrouvons des Cheminants tout au long de l’étape.

En haut à droite Arènes de Manciet : on sent le rapprochement du pays basque  . En bas droite champs de maïs sous la boue 

Ce jeudi soir je suis à 570 km du Puy en Velay. Les Pyrénées approchent...

Demain, c'est la dernière étape pour Isa, Gigi et Bruno. Nous serons normalement à Aire sur Adour avec 28 km au programme.

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Le beau temps est revenu ... mais pour combien de temps ...

Étape de 28 km avec la fin du paysage de Gascogne et d’Armagnac. Nous descendons dans la plaine de l’Adour et ses champs de maïs et nous voici à l’arrivée de l’étape dans la région des Landes à Aire sur l’Adour.

Isabelle et Gigi ont trouvé cette étape plutôt longue mais ont bien tenu le choc malgré leurs pieds qui ont plutôt chauffés sur la fin.

A mi-étape, très belle vue sur la chaîne des Pyrénées encore enneigée.

J’espère qu’en prenant le GR10 de St Jean Pied de Port à Hendaye je n’aurai pas trop de neige .

Je constate ce soir que beaucoup de Pèlerins arrêtent à St Jean Pied de Port ou Roncevaux et nous sommes peu nombreux à continuer jusqu’à Santiago et encore moins par la voie du Nord comme j’ai choisi. Ce soir je suis rassuré car en échangeant avec Alejandro le patron du Gîte, il m’a confirmé qu’ en Espagne sur la voie du Nord et sur le chemin Primitif, j’aurai moins de monde, des accueils plus sympas en gîte que sur le chemin français , des tarifs moins élevés et de beaux paysages de montagne, mer ...

Vue au loin des Pyrénées... quelle satisfaction... 
La fin du vignoble gascon. 
En bas à gauche le gîte La maison des Pèlerins  

Arrivée à l’Aire sur l’Adour, retrouvailles dans la ville avec d’anciens compagnons du chemin: Joseph, Nathalie, Patrick, et Marie-Claude et Gilles. C’est la magie du chemin on se quitte puis on se retrouve x jours plus tard .

A table on retrouve toutes nationalités : Allemands, Belges, Américains, français et Espagnol avec Alejandro notre hébergeur .

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La journée commence avec le départ d’Isabelle Bruno et Gigi. Dur dur après 6 jours de randonnée ensemble de laisser partir sa petite chérie et amis ... Ils auront une bonne vision du St Jacques car dès la 1ère heure ils auront goûté à la boue , moustiques et ensuite pluie et pour finir jeudi et vendredi sous le soleil.

Moment des séparations avec  Bruno, Gigi Gérard (Bruxelles) et Isa devant le gîte d’Aire sur l’Adour 

La moitié de l’étape se déroulera dans la plaine de l’Adour c’est à dire au milieu des champs de culture de maïs. Je m’interroge sur les plants plus petits tous les 4 rangs : est-ce des plants mals ou femelles et les fameux « castreurs » de maïs... mes réflexions vont bon train mais sans réponse. Je constate qu’ici les agriculteurs piochent mécaniquement entre les rangs de maïs et avec apport d’engrais .

La culture du maïs de semence dans la plaine de l’Adour 

Ensuite après Miramont-Sensacq le paysage change à nouveau et devient un peu plus vallonné, tant mieux c'est moins triste .

Entre Miramont-Sensacq et Arzacq la vallée du Moulin 

La plupart des Pèlerins s’arrêteront à Pimbo afin d’avoir une étape de 24 km, je poursuivrai jusqu’à Arzacq Arraziguet après plus de 30 km afin de profiter de tous les commerces car à Pimbo c’est le désert , aucun commerce juste des gîtes en demi-pension. Ce soir je suis hébergé au gîte communal d’Arzacq en dortoir de 4 avec cuisine libre service . Fini les nuits en couple en chambre d’hôtes ... retour aux nuisances sonores nocturnes ... boules Quies.

Petit problème de randonneur : Après qq 630 km mes chaussures achetées en début d’année Au Vieux Campeur à Lyon commencent à donner des signes de faiblesse : un renfort de semelle commence à se décoller. J’ai des doutes pour la suite de l’aventure, il me reste encore 1200 km à parcourir dont la plus grande partie en montagne . J’appelle le Vieux Campeur, et cela m’irrite un peu avec « notre magasin le plus proche est à Toulouse » eh couillon j’en suis loin et j’y vais comment ??? ou alors « faudrait les faire recoller durant une nuit complète » c’est ça il y a des cordonniers tout le long du chemin ... j’envoie une photo avec explications par mail , ils doivent me rappeler avant 19h et finalement c’est moi qui rappelle à 18h45 mais là le Responsable n’est pas dispo il est avec des Clients et doit fermer le magasin ... j’ai bon insister malgré ma Carte club du Vieux Camp en vain . J’ai plus qu’à croiser les doigts que ça tienne. J’ai proposé dans mon mail un échange en poste restante par La Poste pour mon passage jeudi prochain à St Jean Pied de Port mais vu leur réactivité je crains être en Espagne et les chaussures toujours à Lyon... Sinon je rachèterai une paire à Saint Jean Pied de Port et ne prendrai pas le risque de m'aventurer avec des chaussures en mauvais état.

Vive les commandes chez les spécialistes au lieu d’internet pour le sav...

Demain dimanche, promenade de 30 km pour rejoindre Arthez de Béarn. La chaîne des Pyrénées se rapproche de jour en jour . La pluie se remet à tomber ce soir mais elle n’arrêtera pas le Pèlerin.

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Un point depuis mon départ du Puy en Velay :

- Départ le 16 mai dernier soit 26 jours de marche sans interruption .

- 656 km de parcourus soit une moyenne globale de 25,2 km / jour.

- Il me reste une centaine de km pour atteindre St Jean Pied de Port et je prévois normalement mon arrivée pour jeudi prochain dans cette ville.

Aujourd’hui dimanche, l’étape a sapé le moral de plus d’un pèlerin : j’ai eu la pluie une bonne partie de l’étape et j'ai profité d’hangars agricoles pour me mettre à l’abri et faire mes pauses.

Pour le pique-nique, je suis allé au gîte communal de Pomps me réfugier au chaud et j’ai retrouvé au surprise , Marie-Claude et Gilles un couple de Ch’timi de Lille très sympa . Le hasard fait que nous nous retrouvons très souvent pour la pause du midi.

L’étape a donc été très très boueuse par endroits. Je ne m’y habitue pas même si c’est ainsi depuis le départ . Le paysage est très vallonné, nous sommes dans le Béarn département des Pyrénées Atlantiques no 64.

Une pensée pour mes collègues gaziers: je suis à côté de l’ancien site d’extraction du gaz de Lacq. Ce site est reconverti dans la pétrochimie avec la fabrication de fibres. C’est le plus gros employeur dans la région.

Peu de photos compte tenu de la météo

À gauche le moulin de Louvigny au centre le lac d’Arzacq 

Demain je vais à Navarrenx, jolie petite bourgade médiévale mais la météo reste dégradée jusqu’à jeudi prochain ...

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Dernière et belle étape dans le Béarn avec 32 km avec un temps parfait, des éclaircies sans trop de chaleur et quelques gouttes à l’arrivée normal je suis à Navarrenx (et je prononce NavaRince).

Beaucoup de petites grimpettes tout le long du parcours pour passer d’une vallée à l’autre mais beaucoup de route et des passages dans la gadoue avec toute l’eau tombée hier soir.

Le camino et sa gadoue sur les pentes ... vive les bâtons 

Sur le parcours , on passe à côté de l’abbaye de Sauvelade

Abbaye de Sauvelade 

Les Pyrénées Atlantiques se rapprochent et semblent moins enneigés plus je me rapproche de St Jean Pied de Port.

Une cabane à café en donativo c’est à dire qu’on donne ce qu’on veut , pour faire la pause avec une multitudes d’ardoises accrochées au grillage sur lesquelles on peut lire des citations très sympa en français en anglais du genre:

Pause café du Pelegrinos et occupation méditation... 
Mes copines à biogaz  

Arrivée à Navarrenx au cœur de cette petite forteresse pour dormir au gîte communal dans l’ancien Arsenal.

Navarrenx dans les Pyrénées Atlantiques 

Demain je suis en étape de récupération avec seulement 20 km .

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Mardi 12 juin. J’ai dépassé les 700 km aux mollets 706 exactement.

Après le Béarn, me voici dans le Pays Basque et depuis ce matin, c'est sous une pluie battante et ininterrompue que j’ai marché. Malgré cette petite étape de 20 km, le moral de beaucoup de Pèlerins est bien triste. Dommage pour eux mais en ce qui me concerne, je positive et pense aux étapes d'après.

Au départ de Dijon, j’ai pris l’option de ne pas prendre mon poncho à cause du poids de mon sac mais uniquement ma veste coupe-vent Goretex et un poncho d’urgence en toile plastique genre sac à poubelle et il m’a pas mal protégé malgré sa fragilité car la plupart de ceux qui avaient des ponchos ou capes étaient trempés. Par contre mes chaussures, bien qu’en Goretex, se sont transformées en de véritables éponges et très difficiles à faire sécher. Je crains qu’elles soient encore mouillées pour partir demain matin.

Paysage de pluie ... 

Les fossés , rivières et l’eau dans les champs débordent de partout, je dois contourner certains passages du GR car c’est inondé mais pas toujours facile d’avoir les infos sur l’état du chemin auprès des habitants.

Mais si le soleil n’est pas dehors il est au gîte de la ferme Bohoteguia à l’entrée d’Aroue. Je n’avais rien réservé en partant de Navarrenx mais en arrivant à Aroue-Ithorots-Olhaïby, je suis rentré dans le 1er gîte du village , une ferme, et là grandiose : on me propose le dernier lit qui reste , la lessive et séchage du linge gratuit , la demi pension, petit déjeuné pour 35€ et si besoin il y a en vente les produits locaux de la ferme .. de quoi garder le moral. Repos tout l’après-midi et nous sommes ce soir 27 Pèlerins à table dans une très bonne ambiance.

Au cours du repas, je suis intervenu auprès de Jacques , un Belge, pour lui remonter le moral car il a lancé un défi vis à vis d’une association genre téléthon , de faire le St Jacques depuis le Puy en Velay à 70 ans , en 70 jours pour 70 € par jour reversés à cette association et là compte tenu des jours successifs entre boue et pluie il se pose beaucoup de questions pour la suite de son défi. Il a été un peu surpris par ma détermination pour repartir demain de plus belle ... vendredi il va faire beau temps et nous serons tous à gravir les Pyrénées... on ne fait pas tout ce chemin pour arrêter là à cause de la pluie.

En ce qui concerne mon problème de samedi dernier au sujet de mes chaussures qui donnent des signes de faiblesse au niveau de la semelle, j’ai réussi à convaincre le Vieux Campeur de Lyon de m’envoyer une paire à l’Office de Tourisme de St Jean Pied de Port pour échange au titre de la garantie. Ça n’a pas été tout simple y compris avec le Responsable du magasin... mais bon le colissimo est parti ... je croise les doigts .

Le gîte Bohoteguia à Aroue-Ithorots-Olhaïby - Pays Basque 
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Départ d’Aroue à 9h00 pour éviter quelques averses et j’ai eu raison d'écouter la météo par rapport à ceux qui sont partis à 7h30 et ont commencé la matinée trempé . L’état des rivières, ruisseaux, fossés m’obligent à contourner la 1ère partie du chemin en prenant les petites routes et éviter les points bas du GR.

Les rivières grossissent très vite et menacent de déborder  

Ensuite le chemin m’emmène vers La Stèle de Gibraltar: je voulais passer par ce point symbolique qui relie 3 chemins qui mènent à St Jacques en France c’est à dire la voie de Tour, la voie de Vezelay et la voie du Puy en Velay.

La Stèle de Gibraltar  

Ensuite une grande montée vers le plateau où se trouve La Chapelle de Soyartz . Dommage je suis sous la pluie , brume , nuages alors que le lieu est superbe. Arrivé à la Chapelle , je devais découvrir la chaîne des Pyrénées en vain.

Montée du chemin vers La Chapelle de Soyartz 
La Chapelle de Soyartz 
La table d’orientation  
Dommage la chaîne des Pyrénées est dans la brume 

Quelques difficultés pour trouver de la place en gîte à Ostabat-Asme, je suis avec Timo un jeune allemand d’une trentaine d’années avec qui j’ai passé qq soirées. Nous trouverons 2 chambres d’hôte avec grand lit pour le prix de lits en dortoir c’est Top . Nous sommes 4 pèlerins dans ce gîte , les propriétaires n’habitent pas sur place. Timo et moi cuisinerons et mangerons ensemble tandis que les 2 autres préfèrent manger au resto.

Le feu dans la cheminée ne réussira pas à sécher totalement nos chaussures.

Demain départ pour St Jean Pied de Port.

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Me voici arrivé à Saint Jean Pied de Port, charmante petite ville médiévale située dans les Pyrénées-Atlantiques à deux pas de la frontière Espagnole. C'est la fin de ma première partie et donc de la Voie Podiensis partant du Puy en Velay.

C’est avec une certaine émotion que j’ai franchi la porte St Jacques ce midi à St Jean Pied de Port après 755 km et 30 étapes parcourues. Le temps a passé très vite , les rencontres très enrichissantes , et beaucoup de plaisir et envie d’aller au bout.

Côté «petits bobos » : pas de blessures ampoules et autres au pied , je les cajole tous les soirs et matin à la crème Nok , une côte flottante fêlée lors de ma chute dans la boue à La Romieu il y a 10 jours . C’est douloureux lorsque je suis couché la nuit mais ne me gêne pas pour porter mon sac ni marcher sauf si je tousse ou si je saute des marches.

Côté matériel : 1 paire de chaussures hs et chaussettes et tee-shirt usés et fin du matériel de camping avec changement de sac .

Côté météo : de tout , de la neige , du beau temps, des orages, des averses et le deluge !!!

Les photos de l’étape du jour : les maisons typiques

Les maisons basques, un fronton 
Mon gîte Buen Camino chez Marie Estelle  
À différents endroits l’association Les amis du St Jacques plantent des arbres fruitiers pour les pèlerins  

Beaucoup de Pèlerins terminent leur aventure non pas à St Jean Pied de Port mais à Roncevaux. Ils profitent d’être en forme pour gravir la première étape du chemin Français en Espagne ( camino Frances). Ce sera plus facile pour eux de reprendre la prochaine fois à Roncevaux et éviter les 1300 m de dénivelé positif s’ils partaient de St Jean Pied de Port.

Si beaucoup terminent ce soir ou demain, il y a énormément de nouveaux pèlerins marcheurs qui arrivent en gare à St Jean Pied de Port pour commencer leur Pèlerinage vers St Jacques . Beaucoup de Jeunes car c'est la fin des cours en fac et explique donc cette arrivée en nombre.

Nous sommes peu nombreux à poursuivre l’aventure ( moins de 10%) jusqu'à St Jacques en une seule fois et encore moins à rejoindre Hendaye / Irun pour emprunter la voie du Nord (camino del norte) au lieu du chemin français (camino frances). Timo et Ben, 2 jeunes allemands ont choisis le même parcours que moi. Nous devrions nous revoir sur les prochaines étapes.

Ce soir , je retrouve les Compagnons de chemins rencontrés lors de cette première partie. nous allons fêter nos séparations au restaurant . C’est sympa et ce blog va permettre à chacun de suivre ma progression mais également pour ceux qui continuent, d’envoyer des commentaires et dire où ils se trouvent. Ah si nous pouvions nous retrouver ensemble à Santiago ( St Jacques) ou Fisterra ce serait génial. A suivre , c'est la magie du chemin qui nous dira !!!

Les Compagnons du Chemin ... 

Quant à St Jean Pied de Port, petite ville que je connaissais déjà , c'est toujours aussi accueillant. il y a beaucoup de touristes qui se mêlent au milieu des Pèlerins, ils nous regardent comme si nous arrivions de Mars et partions pour je ne sais où ...

Demain jeudi, je pars sur le GR 10 en direction d'Hendaye. C'est le GR qui traverse toute la chaîne des Pyrénées d'Hendaye à Banyuls sur mer dans les Pyrénées-orientales. je vais faire étape à St Etienne de Baigorry.

St Jean Pied de Port  
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Avant de commenter cette 2ème partie de mon aventure, je tenais à tous vous remercier du fond du cœur pour vos petits commentaires, messages d’encouragements et sans oublier Isabelle, ma petite femme chérie, pour sa compréhension, son soutien et surtout qu’elle gère tout le quotidien en plus de son travail pendant mon absence : les pelouses, jardins , paperasses , pannes , maisons .... j’ai cette chance que d’autres couples ne supporteraient peut être pas une absence aussi longue, j'en suis conscient et mes enfants et Petits Enfants me manquent aussi.

Continuez ainsi à m’envoyer vos commentaires... vous êtes ma dopamine...

J’ai donc attaqué la première étape de cette liaison St Jean PP - Hendaye via le GR 10 qui va d’Hendaye (Atlantique) à Banyuls dans les Pyrénées Orientales au bord de la Méditerranée . Il y a quelques années avec mes Amis Bruno et Dominique, des Normands, présents avec leurs commentaires sur mon blog, nous avions déjà randonné sur ce GR 10 de Font Romeu à Banyuls sur mer . Ainsi j’aurai fait les deux extrémités de ce GR.

Hier soir , à St Jean Pied de Port , c’était donc les séparations et ce matin je suis parti avec Timo le jeune Allemand tandis que tous les autres Pèlerins se dirigeaient vers la montée de Roncevaux. Pour moi et Timo, l’ambiance du chemin de Compostelle est retombée , nous sommes sur un chemin de randonnée classique et croisons des randonneurs et non plus des Pèlerins avec qui nous échangeons quelques paroles mais les objectifs ne sont pas les mêmes.

En 3 heures nous sommes passés du centre de St Jean Pied de Port au sommet du Munhoa à plus de 1021m d’altitude mais dans la brume . Ensuite nous avons regagné St Étienne de Baigorry vers 14h00 en traversant l’alpage du pays basque au milieu des troupeaux de moutons et vaches. Très bel alpage.



avec Timo le jeune Allemand au sommet  du Munhoa

Timo est parti seul de Munich à pied le 4 avril dernier et va à Santiago aussi.

Pas possible de télécharger et poster mes photos, le wifi est trop faible.

Demain je vais de St Étienne de Baigorry à Bidarray mais les conditions météo ne sont pas très bonnes pour les jours prochains.

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Je profite enfin d’avoir du wifi et de temps pour reprendre mon blog. Ce n'ai pas toujours évidant d'avoir du wifi de qualité et dès que je prends une ou plusieurs journées de retard , cela me demande plusieurs heures de rattrapage pour tout rédiger et télécharger les photos .

Beaucoup de changements depuis ce samedi: en raison de conditions météo défavorables et des conseils précieux des habitants du coin: j'ai décidé de ne pas prendre le GR10 pour faire l’étape St Étienne de Baigorry - Bidarray. Beaucoup de pluie et une forte brume sont au départ ce samedi matin. Prendre des risques sur cette ligne de crête très étroite pour ne rien voir, c’est bon, j'ai déjà donné. Timo et Szimon, un jeune Polonnais arrivé au gîte hier soir, feront de même . Donc je file sur une variante dite la voie « Nive » qui se trouve plus bas que le GR10 et qui m’emmène également à Bidarray. Pour mettre un peu de piment à ce changement ou à cette variante, je décide d’aller plus loin et donc à Espelette. Cela rallonge l’étape d’une dizaine de km mais je ne veux pas m’éterniser sur cette liaison. Au total, ce sera au moins 35 km de parcourus pour arriver vers 19h00 à Espelette et j'ai bien failli ne pas avoir d’hébergement car le gîte municipal est fermé pour cause de punaises de lit et donc en cours de traitement. je trouverai une solution pour moi Timo et Szimon chez un artiste peintre d'Espelette qui prend des randonneurs en pension (couchage et petit déjeuné uniquement). Très sympa et des tableaux plus beaux les un que les autres dans toute sa maison.

Le beau temps est revenu en milieu d’après-midi... 
En arrivant à Espelette avec Timo et Szimon. 
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Nouveau changement en ce dimanche matin jour de la fête des Pères...

Pluie et brume comme d’hab au levé. Je décide d’abandonner définitivement mon idée de GR10 et de filer le plus vite possible en direction Hendaye/Irun et commencer le Camino del Norte . Nous sommes trop seuls avec Timo et Szimon sur le GR 10 et l'esprit et ambiance du chemin de Compostelle me manque. En quittant le gîte à Espelette, je leur fais part de ma décision d’aller jusqu’à Irun malgré les km à parcourir. Ils décident eux de rejoindre le GR10 en faisant 2 étapes pour aller à Irun. Nous nous séparons et c’est ce blog qui va les tenir informé de ma position sur le Norte. Le mauvais temps sera comme le samedi, pluie le matin et amélioration pour l’après-midi.

Je marche toujours sur la voie « Nive » qui va de St Jean Pied de Port à Bidassoa (Hendaye) sauf qu’un Pépé du coin m’a conseillé de descendre à St Pée sur Nivelle pour rejoindre Ascain et cela va m’ajouter 5km de plus à ma journée soit entre 38 à 40km... de la folie... je râle mais sans regret. Étant seul la cadence est élevée, je pensais m’arrêter à Urrugne si la fatigue se faisait sentir sauf qu’à Urrugne il n’y a rien, je continue jusqu’à Hendaye puis Irun soyons fou !!! je franchis le Pont de la Bidassoa qui marque la frontière entre la France et l’Espagne et je vais à Irun . Grande émotion car là commence ma troisième partie de mon aventure. J’arrête une personne pour qu’elle me prenne en photo mais hélas elle ne parle pas Français et ne sait pas se servir de ma tablette ... oups!!! je deviens un étranger, mon statut change très vite, il va falloir s’adapter très vite. Un p'tit jeune Espagnol me sauvera la mise en me prenant en photo...

Ensuite je dois rejoindre une adresse pour une Albergue (auberge) il est 19h je n’ai rien réservé comme très souvent, faut pas que je traîne mais Irun c’est pas une petite ville... j’arrive des montagnes... je passe juste à côté d’une fête foraine immense avec toutes les sirènes et hurlements qui vont avec ... aïe aïe aïe, ça me casse les oreilles, je me sens un peu ermite avec mon sac à dos mes pompes encore un peu sale... finalement je trouve un couple qui comprend mon charabia franco-espagnol-english et sait me dire droite et gauche et tout droit. Je suis sauvé !!!

J’arrive à l’albergue qui fonctionne en donativo c’est à dire vous donnez ce que vous voulez en fonction de vos moyens ( il y en a beaucoup de monde sur le chemin). Je suis très bien accueilli mais personne ne parle français, pas grave, il y a un lit ouf!!! , tout va bien et j’irai même voir le match de foot , coupe du monde oblige, au bistrot du coin en mangeant un petit morceau bien mérité.

Dure journée mais je suis en Espagne, j’ai gagné encore 2 jours sur mon planning . Demain sera un autre jour et j’aviserai si je prends ou non un peu de repos.

Vue sur l’océan en bas à droite, j’approche.... 
Je change de statut, je vais être un étranger sur le Compostelle.... 
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Ce matin au réveil, les jambes vont bien , pas de douleur suite à la grande étape de la veille, c'est super, je vais faire l’étape prévue sur le camino del Norte avec passage par le mont Jaizkibel à 543m d'altitude sachant que je suis au niveau de la mer à Irun .

Et comme tous les matins, après à peine une heure de marche, pluie et brume viennent m'accompagner. Finalement je ne verrai rien de la vue prévue normalement à 360 ° lorsque les conditions sont réunies du haut du Jaizkibel (mer, Hendaye, Irun et pays basque Français et Espagnol).

Durant tout l'après-midi, ce sera des intermittences de soleil et nuages et parfois une petite pluie fine mais j’aurai aussi de très beaux passages en bord de mer au milieu des fougères.

Je passe par Pasaia où je prendrai un petit bateau ou plutôt un bac pour franchir l’estuaire . J’ai une pensée pour Patrick, Manolita et Isa car nous avons déjà visité ensemble ce village de pêcheurs. Patrick ancien Patron de pêche (chalut) venait accoster dans ce port et nous avait expliqué son métier justement à Pasaia. J’adore écouter Patrick me raconter cette vie de marins car dans notre Bourgogne Franche-Comté, nous sommes loin de ces métiers de la mer. Bisous à eux mes amis Retraités...

Arrivée à San Sebastian, ce sera la galère pour trouver un gîte car tous ne sont pas ouverts et pas d’hébergements en gîtes collectifs d'ouverts sinon que d'aller dans des hôtels. Je passerai 2 heures à chercher, monter descendre la ville et tout cela pour finir à l'auberge de jeunesse La Sirena loin du centre ville. Dommage car j'adore les petites rues du centre ville mais je ne veux pas me fatiguer à refaire un aller retour de la Siréna au centre ville car l'étape du lendemain va être soutenue aussi.

Je connais San Sebastian, son Cristo, son Aquarium, ses bars à tapas où les espagnoles jettent tous les papiers par terre . Je me souviens de ma première visite à San Sébastian Isa et moi et les enfants à l’époque : on ne comprenaient rien , on se servait, personne ne notait ce qu’on avait pris, on buvait, on avait peur de s’en tirer un max côté prix et puis non , comment faisaient-ils pour savoir ce qu'on avait pris ?

San Sébastian est une ville qui vaut une halte.

En haut le mont Jaizkibel puis Pasaia et passage en barquetta de l’autre côté et en bas San Sebastian et playa la Concha 
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Mardi 19 juin

Il y a de plus en plus de Peregrinos sur le camino del Norte : c'est rassurant.

Un léger crachin au départ et une journée sous les nuages mais pas trop chaud pour marcher. Il y aura quelques petites grimpettes au programme de la journée avec un max à 314m au dessus de Orio.

Je mène la cadence pour arriver vers 12h si possible au « Gran Camping de Zarautz » pour manger soit 23km.

Je connais ce camping pour y avoir passé une semaine lors d'une concentration Européenne de caravanes ERIBA il y a 8 ans environ. Je suis arrivé à 11h45 au resto du camping. Problème : ils sont encore dans les cafés du matin... le patron me dit 12h30 . Et moi ben non ! pas grave je vais à Zarautz ou Getaria... et là la magie espagnole surgit, no! no! une chalad! si! thon! si pour 10€ . Je réponds ok mais vine tinto - réponse Si si vino tinto. J’ai mangé non seulement la salade tomates, thon puis frites 2 escalopes de viande puis dessert puis café avec une bouteille de vin rouge ... le top.

Après ce bon repas , la descente sur la plage de Zarautz et rejoindre Getaria c’est faite tout seule . Ça change des boîtes de pâté, salades niçoise,mexicaine, des autres jours.

Très belles plages à Zarautz avec son golf.

A 14h30 je serai à l’albergue de Getaria. Les formalités classiques : carte identité, la credencial pour tampon, paiement, consignes, douche et youpi!!! y’a du wifi correct et j’ai du temps devant moi . Ça me repose un peu.

Demain je fais une petite étape de 17 km en récupération. Je préfère marcher un peu moins, plutôt que de ne rien faire.

Parfois j’ai envie de laisser tomber mon sac et courir en trail sur l’étape : est-ce pour aller plus vite ? Une envie de défouler mes jambes ? bizarre comme sensation .

À mon retour à la maison, il faudra que je passe par la case kine, osteo ... pour remettre le Pèlerin droit comme son bourdon.

J’ai basculé côté km avec plus de 900 km parcourus sur les 1800 au total. Santiago se rapproche de jour en jour.

Orio et environs et une ferme sous ma vue mais sans biogaz hélas...
Vue du chemin qui descend du camping vers la plage de Zarautz 
Zarautz 
En bas Getaria 
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Enfin un départ ce matin sous un beau ciel bleu, que du bonheur et cela me donne davantage d’énergie pour cette petite étape de 18 km en guise de récupération mais avec 620 m de dénivelé quand même.

Je traverserai de beaux paysages côtiers ainsi que la petite ville de Zumaia , petit port de pêche et de chantiers navals , puis des passages en forêt de châtaigniers ce qui rend cette étape très variée.

Deba est une petite ville de 5500 âmes qui attire beaucoup de touristes grâce à sa belle plage et milieu naturel pour les randonnées.

La vigne qui couvre le sol à 2m et paysage côtier  
Zumaia  
Iglesia de Santa Maria à Deba.  J’ai trouvé mon Saint ici (à gauche)... 

Je suis hébergé à l’albergue Geltoki au dessus de la gare de Deba. Bâtiment tout rénové et nuitée pour 5 € ... de quoi avoir de la marge pour le vino et la cerveza mais sans abus comme d’habitude.

Le nombre de Peregrinos augmente de jour en jour au fil des étapes avec beaucoup de jeunes espagnols mais également des Pélerins venus du monde entier: USA, Allemagne , Angleterre, France,République Tchèque, Canada, Corée...

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Jeudi 21 juin. Petite étape de 24 km avec pas de dénivelé : c’est la particularité du camino del Norte par rapport au camino Frances. Cette étape se déroule essentiellement à l’intérieur des terres et moins en bord de mer. Le paysage ressemble aux Alpes ou au Jura. C'est bien vert , je sais pourquoi ...

Paysage montagneux du camino del Norte.

L’exploitation du bois est très importante dans la région avec le pin qui est remplacé très souvent par de nouvelles plantations d’eucalyptus. C’est dommage à mon avis car tout est basé sur l’aspect économique et non sur l’aspect écologique et notamment de la biodiversité : l’eucalyptus pousse très vite donc plus rentable que le pin mais demande énormément d’eau ce qui fait défaut en Espagne et est très inflammable en cas d’incendie de par son essence. .. Il suffit de voir en été ce qui ce passe au Portugal et même dans certaines régions de l'Espagne.

Exploitation du bois  
Les plans d’eucalyptus à l’arrière du 4x4  seront plantés à droite après arrachage des souches

Je passerai la nuit à l’albergue du Carmel de Markina-Xemein. Ambiance stricte : fermeture des portes et lumières à 22h ce qui me vaudra d’être à la porte car je téléphonais à Isabelle et j'ai pas vu qu’il était déjà 22h15. J'ai donc tapé très fort sur la grande porte en bois pour me faire entendre et c’est Ben, un jeune américain qui viendra m’ouvrir discrètement la porte en toute discrétion pour que je puisse rentrer et aller directement me glisser dans mon lit . Ça m’a rappelé des souvenirs de pensionnat lorsqu’on faisait le « mur ». Je ne pensais pas que cette situation se reproduirait à mon âge comme quoi.

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Vendredi 22 juin.

Je choisis aujourd'hui de faire une grande étape afin de me rapprocher un maximum de la belle grande ville de Bilbao et pour y arriver dès le samedi en fin de matinée. Cela est possible car il y a un gîte à 15 km de Bilbao soit à peine 3 heures de marche à parcourir ce samedi matin. Je marcherai ainsi 41 km ce vendredi avec une succession de petits dénivelés tout au long de la journée.

Au départ je passe par le village de Bolivar mondialement connu grâce à Simon Bolivar El Libertador le Libérateur de la Bolivie, du Panama, de la Colombie, de l’Equateur, Pérou et Venezuela du joug de l’Espagne . Ensuite je traverse le Monastère de Zenarruza pour filer vers Guernica la plus grande ville de la région.

A midi, ce sera pause en ville avec "menu del dia" c'est à dire "Menu du jour" et la première mi-temps du match Brésil Costa Rica et oui c'est toujours la coupe du monde... et comme je ne suis pas trop fatigué, il est 15h30, je continue pour encore 17 km de plus sans certitude d’avoir encore une place dans l’albergue de Larrabetzu mais bon je tente car je ne réserve pas à l’avance j’avise selon les étapes,difficultés et fatigue ou simplement si j'en ai marre de marcher. J’arrive à l’albergue vers 19h00 , je ne serai pas le dernier. L'albergue est située au-dessus de la poste locale (Correos) au dernier étage sous le toit. Le bruit des avions de ligne pleins les oreilles car nous sommes dans l’axe de la piste de l’aéroport de Bilbao et ça durera jusqu'à 23h. Il n'y a ni volet, ni store aux fenêtres et comme il fait chaud et que nous sommes une trentaine à dormir , tout est ouvert aux quatre vents car les odeurs des Peregrinos, leurs chaussettes et chaussures ... renâcle un peu même si au bout de quelques semaines de camino, on est déjà habitué... Heureusement j’ai les boules quies et lunettes pour dormir .

Monastère et Collégiale de Zenarruza 
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Samedi 23 juin

Arrivée à 11h à Bilbao comme souhaité et direction l’office de Tourisme pour avoir toutes les infos sur les Albergues et leurs positions par rapport au centre ville , ce qu’il faut voir, visiter et bien entendu le musée Geggenheim .

Je choisis d’aller à l’Albergue Claret Enea à 2 minutes du centre et très bien rénovée pour 11€ la nuit avec petit déjeuner. Seul inconvénient : fermeture à 22 h des portes et des lumières... Décidément comment vivre à l’heure espagnole le week-end ... je verrai quand même dans un bar à tapas, le match Allemagne Suède et le but à la dernière minute et en filant très vite pour rejoindre le gîte et éviter d’être à la rue .

Très belle ville Bilbao : captivante et dynamique qui après la crise des années 70/80 va rebondir notamment avec le musée Geggenheim. Les photos parlent d’elles-mêmes.

Par contre concilier le chemin de St Jacques et les visites touristiques : c’est très difficile , je n’arrive plus à piétiner en visitant ça m’épuise et en plus pas de quoi s'assoir dans les musées. Je suis vidé. Finalement se coucher à 22h est plus que raisonnable, je n’ai pas la force pour faire la fiesta.

Bilbao : ses petites rues colorées  
Bilbao : le Mercado de la Ribera 
Autour du Ria de Bilbao. 
Musée Guggenheim Bilbao  couvert de titane...
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Dimanche 24 juin.

Je quitte le gîte de Bilbao à 8h. C’est le règlement pas de grasse mat' de toute façon la journée est chargée aussi, il faut sortir de Bilbao en longeant sa zone portuaire. C’est sans doute l’étape la plus pénible et la moins intéressante du Norte et pas grand chose à voir sauf des usines et sites désaffectés.

A noter quand même à la sortie du port de Bilbao, il y a Portugalete avec le Puente Colgante son pont transbordeur classé UNESCO depuis 2006. 160 m de long et 61 m c’est la hauteur de chacune des tours. C’est un élève de Gustave Eiffel , Ferdinand Joseph Arnodin qui fut le responsable technologique et Alberto Palacio l’inventeur du concept. Je l’emprunterai pour changer de rive selon le camino : sympa pour 40 centimes d'euro

Je ferai 29 km environ pour atteindre Pobena situé en bord de mer. Je m’offrirai quand même un petit plaisir avec d'autres Pèlerins en allant à la Playa piquer une tête dans les rouleaux avec Kai un jeune allemand . Beaucoup de monde normal c'est dimanche et sans doute la plage la plus proche de Bilbao.

L’albergue de Pobena est à 2 pas de la plage. Il sera complet avec un dortoir de 42 lits et animation non stop des ronfleurs toute la nuit. Merci GRDF mon sponsor pour mes bouchons d’oreilles... Je ferai rire quand même la chambrée en imitant le cri du cochon après qu’un couche tôt à peine étendu sur son lit lança le premier ronflement et du lourd pour le monsieur...


Le Puente Colgante à Portugalete 
La playa à Pobena 
L’albergue de Pobena et Ben et Monica jeunes Américains avec qui j’ai sympathisé. 
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Lundi 25 juin

En quittant Pobena j’emprunte un joli chemin côtier et j’aperçois tout au loin Castro Urdiales petite ville où je vais passer.

Le camino au départ de Pobena 

La beauté du chemin au départ ne va pas durer très longtemps car ensuite je vais longer soit l’autoroute soit une nationale... Cet autoroute A8 défigure la côte et son bruit est ahurissant. Je parviendrai à rejoindre un sentier côtier juste avant Castro Urdiales en devinant un ancien marquage.

Castro Urdiales en Cantabrie 
Iglesia de Santa Maria de la Asuncion 

La fin de l’étape se fera également sur un petit chemin côtier avec de belles vues

Chemin avant d’arriver à  Islares.

Bien entendu il n’y a pas que des vues comme celles ci sur tout le chemin, il y a beaucoup d’horreurs aussi et tout ceci à coups d’enjambées, de kilomètres et de sueur.

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Mardi 26 juin

Je suis content car aujourd’hui je rattrape le retard sur mon blog. L’absence de Wifi, ou trop faible pour l’insertion des photos ou aussi lorsque je termine mes étapes vers 18 /19 h je n’ai plus forcement assez d’énergie pour me mettre devant ma tablette ou parfois c'est l'extinction des feux qui m’en empêche.

Aujourd’hui, ce fut une étape que j'appellerai "Zig Zag" avec le contournement de l’autoroute pas très top sauf à quelques kilomètres avant d’arriver à Laredo : j'ai eu de vues superbes.

Avant le descente à Laredo 

Ensuite pour aller de Laredo à Santona, il faut prendre un petit bateau donc mini croisière de Peregrinos. Je cherche le quai pour embarquer mais non cela se passe sur la plage : c'est amusant de voir le bateau venir s'échouer légèrement sur la plage de sable et vous tendre une petite passerelle en bois pour monter avant que de repartir pour Santona.

Le bac de Laredo à Santona 
Santiago se rapproche et monument de Santona
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Mercredi 27 juin. Ça faisait longtemps que je n’avais pas marché sous la pluie... donc ce matin comme annoncé à la météo, averses orageuses au départ. Je partirai avec la cape sur le dos.

Très vite je me retrouve sur un sentier qui part de la plage de Berria et monte sous des fougères détrempées qui recrouvent le chemin : merci la cape qui m’évite d’être trempé dès le départ car elle me couvre jusqu’aux mollets. Par contre la vue malgré la brume et grisaille, est magnifique . Dès que j’atteins le sommet non seulement je vois la plage de Berria qui s’étend sur quelques kilomètres mais également la plage de Noja longue de 6,5 km que je dois suivre. J’en profiterai pour rester au plus près des vagues tout en filmant.

Plages immenses de Berria et Noja.  Seul au monde !!!

Après Noja, je passerai vers le parc naturel de Santoña Marisma de Joyel dans des marais

Parque Natural de las Marismas de Santoña  

Ensuite le balisage du camino a été modifié : bien entendu les anciennes traces de peinture n’ont pas été retirées. Je suivrai le nouveau parcours officiel qui me baladera à travers les petites routes et rallongera sérieusement mon étape mais qu’importe.

À gauche site d’Isla et à droite l’église Santa Maria de Bareyo 12ème  

Une seule albergue à Guemes avec 100 lits et gérée par le Padre Ernesto Bustio qui m’accueille à l’arrivée. Il est aidé par des bénévoles vu l’importance du site et comme il n’y a rien aux alentours, Ernesto et toutes l'équipe qui l'accompagne gèrent le repas du soir et petits déjeuners le tout en donativo.

Si vous avez la chance de rencontrer le Prêtre, le Padre Ernesto, c’est un personnage atypique, une figure du Camino del Norte. Il se trouve hors du temps tel que nous pouvons le considérer dans un monde de productivité, de consommation, d’une certaine aliénation de l’homme que nous essayons de combattre individuellement sur le Camino.

C’est en effet une chance de le rencontrer, car il n’est pas toujours présent. Il voyage beaucoup à travers le monde, notamment en Amérique du Sud (les Andes) pour porter la bonne parole et agir. Agir pour défendre le Camino del Norte dans sa spécificité, très différent du Camino Frances, le plus couru par les pèlerins. Il fait tout pour conserver ses richesses naturelles : lutte contre la déforestation, la plantation des eucalyptus à pousse rapide qui appauvrissent les sols, les constructions côtières au profit des promoteurs… Cette albergue est une étape incontournable du camino del Norteun peu comme Conques en France

Padre Ernesto devant son Albergue à Guemes 

Demain je serai à Santander capitale de la Cantabrie.

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Après une soirée étape mémorable passée à l’Albergue de Guemes "La cabane del Abuelo Peuto", je reprends mon sac et mes bâtons en direction de la ville de Santander en prenant la variante par le bord de mer . Superbe paysage en marchant au dessus des falaises ou parfois carrément les pieds dans le sable en longeant la mer jusqu’au bac de Somo. Une nouvelle fois le camino emprunte le bateau pour éviter de contourner toute la baie de Santander. Super , cette mini croisière qui va me reposer une trentaine de minutes.

Playa  de Langre et de Somo sur une quinzaine de km.

Depuis plusieurs années , lors de vacances en Espagne du Nord, je passe pas très loin de Santander mais je n'ai jamais eu l'occasion de m'y arrêter pour visiter cette ville capitale de la Cantabrie et qui compte environ 174000 habitants. Au final, je serai déçu car cette ville n'est pas très belle coté architecture hormis quelques immeubles et sa cathédrale avec son cloître . Ce n'est pas une ville ancienne comme Bilbao mais plutôt une ville contemporaine. Cela est dû à son histoire car elle a subi 2 catastrophes au cours des siècles derniers à savoir : explosion dans le port en 1893 d’un bateau à vapeur rempli de 50 tonnes de dynamite et un immense incendie en 1941 ravageant pratiquement tout le centre ville.

Par contre je garderai un souvenir très personnel lors de cette étape. Voici ce qu'il m'est arrivé : Ayant un peu de temps dans l'après-midi et mes cheveux ayant quelque peu poussés depuis mon départ de la maison, j'ai voulu aller chez le coiffeur. Je vois lors de ma visite du centre ville de Santander ,un commerce avec une enseigne mentionnant "Perruquia" et où il n'y avait personne hormis une coiffeuse et son Apprenti plus occupé tous les deux à regarder leur téléphone que d'accueillir les clients. Ni une ni deux, je rentre " Buenos dias ... et commence mon charrabia franco anglais" Please you put to cut my hair ? je n'ai même pas attendu la réponse que j'étais déjà assis sur le fauteuil recouvert d'une énorme blouse qui je pensais m'aurait bien servi de cape les jours de pluie ... et je vois la jeune coiffeuse prendre sa tondeuse à la main. Pas de panique , ma coiffeuse à coté de chez moi, fait de même parfois pour commencer ma coupe. D'un seul coup elle me met sa main sur mon front et attaqua à la tondeuse en remontant par la nuque au centre de mon crane. A peine commencé que vis-je tomber à même le sol ? une énorme touffe de cheveux. Elle avait mis un sabot 3à 4 mm à sa tondeuse et était parti pour me faire "une boule à zéro". Pris de court, ne sachant que dire, de toute façon c'était trop tard, je me suis laissé faire , comme impuissant et me demandant bien comment cela allait se terminer, quel allait être le résultat final ... Moi qui triche un peu en cachant mon dégarni avant en laissant pousser un peu plus long mes cheveux du devant pour boucher les trous, et bien tout a été nivelé en laissant apparaître mon cuir chevelu et les parties dégarnies. Ma seule consolation : elle m'a demandé que 7 euros pour la coupe, somme dont je me suis acquitté mais sans verser aucun pourboire ... Comment vais-je annoncer cela à Isabelle et que vont penser mes amis Pèlerins avec qui je fais étape depuis plusieurs jours : Pour Isabelle , ce sera par une photo envoyée en mms sans commentaire, ils viendront bien tout seul et sans tarder ... et quant à Ben and Cie , ils seront mdr (mort de rire) en me faisant des signes sur la tête ... oui ! oui ! c'est cool !!! sur le ton de la rigolade. Ben n'ira pas de suite chez le coiffeur après avoir vu ma tête , il attendra encore quelques jours et ne se fera couper que les pointes, à peine visible contrairement à moi ...

J'attendrai jusqu'à la mi-août pour retourner voir ma coiffeuse habituelle Margaret à St Apollinaire et lui raconter cette anecdote ...

La cathédrale et son cloître, le Centro Botin et la banque de Santander et ma fameuse coupe de cheveux ...
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Étape longue avec 37 km et à oublier d’ailleurs je n’ai pris aucune photo. Entre la sortie de la ville de Santander qui dure , qui dure, et un chemin qui suit 2 énormes aqueducs sur plus de 5 km et qui alimentent sans doute le site chimique Solvay de Barreda, il faudra attendre l’arrivée à Santillana del Mar pour respirer un peu. Quel contraste !!!

Je n’ai pas eu l’effet de surprise sur ce petit village médiéval de Santillana qui est très beau et aussi très mercantile, car je l’ai déjà visité 3 fois les années précédentes. Santillana del mar malgré son nom, n’est pas situé en bord de mer et reçoit énormément de visiteurs en bus venus du monde entier. C’est un point de visite incontournable dans cette région.

je logerai dans le gîte municipal pas très confortable : les lits sont serrés les uns aux autres, et 2 douches très rustiques.

Santillana del Mar 
Toutes les rues  de Santillana del Mar sont pavées  
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Samedi 30 juin.

Ce fut une étape très importante qui va se compliquer tout au long de la journée. Je devais marcher 35 km pour aller jusqu’à San Vicente de la Barquera finalement le gîte pour Pèlerins n’existe plus ou du moins est fermé, je devrai donc poursuivre mon chemin avec 7 km de plus pour trouver une autre albergue soit 42 km. Pour pimenter le parcours , j’aurai droit à des orages et averses tout l’après-midi ce qui me fera arriver vers 19h au gîte, une douche et hop Menu del dia cerveza et tout ira ... le Peregrinos sera retapé et prêt pour le lendemain.

Mes compagnons de chemins , d’étapes avec qui je partage de bons moments

A gauche Youn et Marie Aimée couple de Français  à droite Monica Espagnol vivant en Irlande et Javier Espagnol Baléares Majorque

Je passerai par Comillas où je suis déjà allé 2 ou 3 fois en vacances au camping et charmante petite ville à visiter dont la Villa El Capricho (maison Gaudi).

Notre camping favori à Isa et moi lorsqu’on passe vers Comillas   
 La vue depuis notre caravane, il y a pire non !!! 
Comillas 
La pluie , l’orage gâcheront une partie de l’étape...et des photos mais pas ma détermination  
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Dimanche 1er juillet.

Il paraît qu’il fait très chaud en France. Rassurez-vous je ne meurs pas d’insolation sous la canicule en marchant ici en Espagne car cet après-midi à nouveau un orage pendant plus d’une heure. J’ai eu droit à quelques petites frayeurs ... je me sens petits lorsque ça « gronde » au dessus de ma tête et mes pas doivent faire au moins deux mètres d’enjambées...

j’avance toujours selon mon planning même si j’ai mis la barre un peu haute en faisant succéder des grandes étapes. Je suis dans la Province des Asturies . Je commence à voir les Picos de l’Europa , très belles montagnes qui ressemblent aux Alpes et dont j’ai eu le plaisirs de faire quelques randonnées avec Isabelle il y a deux ans. Allez voir sur le net Picos de l’Europa... Dans 3 jours je vais quitter le camino del Norte pour faire le camino Primitivo et donc je vais quitter le bord de mer pour rejoindre les montagnes et l’intérieur des terres et rencontrer de nouveaux pèlerins.

Ce soir je suis à 1250km environ . Je suis content d’avancer. Demain je vais à Ribadesella.

Paysages des Asturies. Ce n’est pas le plat pays ... 
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Lundi 2 juillet.

Belle étape de 36 km avec des vues superbes sur la côte.

J’ai poursuivi la marche jusqu’à San Esteban de Leces plutôt que de rester à Ribadesella sur les conseils du responsable de l’albergue de Llanes car il n’y a pas beaucoup de choix sur cette petite ville . Je ne regrette pas ce choix car j’ai retrouvé beaucoup de jeunes et quelques moins jeunes aussi , rencontrés les jours précédents : allemands , Ukrainiennes, mexicain, italiens, anglais et espagnols... et moi le seul petit Français . Belles rencontres et ambiance dans la cuisine et à table.

Au départ de Llanes 
Isla de Almenada o de Poo 
La côte dans les Asturies  
A gauche au fond, on aperçoit les Picos de l’Europa enneigés 
les Plages
Les Horreos en bois en Asturies ( greniers) 
Sur le Norte , pierres décorées sur le thème du camino 
La  Playa de Ribadesella
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Mardi 3 juillet

Malgré les souffrances de tout un chacun : les ampoules, les courbatures dans les jambes liées au km , aux épaules avec le poids du sac, la fatigue générale tout simplement et peut être aussi psychologique pour d’autres, et bien ce qui est surprenant c’est que personne ne se plaint et tout le monde à le sourire 😊 le soir, lors des retrouvailles dans les gîtes ou lors des échanges autour d’un verre ou lors de la préparation des repas ou de la lessive quotidienne, ça bavarde dans toutes les langues ça rigole . Le lendemain vous vous retrouvez dans une autre Albergue avec d’autres personnes et c’est pareil. C’est une belle thérapie que je recommande si vous avez un moment de déprime ; prenez votre sac à dos et venez marcher une , deux semaines ou plus sur un des caminos, vous ne serez jamais seul dans les gîtes, je vous conseillerai... la magie du chemin commence à opérer ...

Aujourd’hui j’ai poussé la marche jusqu’à Villaviciosa pour être aux portes du camino primitivo . Le Chemin Primitif est la première route de pèlerinage. Elle relie Oviedo à Saint Jacques de Compostelle. Le premier roi pèlerin a été précisément le roi d’Asturias et Galice Alphonse II le Chaste qui, pendant le premier tiers du IXe siècle, a voulu voyager à Saint Jacques pour confirmer que les restes qui venaient d’être trouvés à Compostelle étaient réellement ceux de l’apôtre. Le camino primitivo représente 163 km et traverse surtout une zone montagneuse donc il y a beaucoup moins de monde que sur les autres chemins.

L’étape du jour avec 32 km et de belles vues sur la côte et l’intérieur des terres et villages de l’Asturie avec notamment de beaux Horreos en bois (greniers).

Je marcherai une partie de cette étape avec Norbert un jeune Italien rencontré sur le chemin quelques jours auparavant à la sortie de Santander. Norbert a une trentaine d'années et semble déjà un peu cabossé par la vie . Hier soir lors du repas, je lui offre le restant de mes pâtes, il hésite alors j'insiste pour qu'il les prennent sinon je les jette à la poubelle. il les prendra avec plaisir ne sachant quoi m'offrir en échange car je n'ai besoin de rien hormis le fait d'aller me coucher car il commence à se faire tard et bon nombre de Pèlerins sont déjà au lit. Quelques jours plus tard, il me remerciera en m'offrant des oranges sauvages qu'il avait récupéré sur le chemin. Je crois que je n'ai jamais mangé des oranges aussi bonnes et avec autant d'attention. Suite aux photos prises ensembles lors d'une pause en nous amusant sur le perchoir en bois en bord de plage, il me demanda si je pouvais envoyer une photo à sa famille par mail car il n'a ni portable et encore moins internet. j'ai tenu promesse en envoyant un mail à son frère en Italie en donnant des nouvelles rassurantes sur Norbert et avec une photo de lui heureux sur ce camino et bien entouré de Pèlerins très attentifs. Cela m'a coûté très peu de chose , juste quelques minutes de mon temps mais je pense tout le bien que mon mail a peut être apporté à ses Parents et à l'ensemble de sa famille. Quelques jours plus tard, je recevrai une réponse à mon message en provenance de l'Italie de la part de son frère et me remerciant pour les nouvelles et la photo. C'est cela le chemin, s'occuper un peu de son prochain, j'ai retenu la leçon du Padre Ernesto de l'Albergue de Guemes, ça ne sert à rien d'aller jusqu'à Compostelle si nous ne sommes pas attentif ni réceptif à ceux qui nous entourent et à qui nous devons tendre la main. Le chemin n'est pas un parcours sportif ou chacun fait sa course en solitaire. Compostelle n'est pas le but ultime , nous devons agir ainsi au quotidien quel que soit le chemin que nous prenons. C'est à moi de dire "Merci Norbert" en non l'inverse.

La côte en Asturies  
Norbert le Peregrinos Italien qui s’improvise Surveillant de baignade  
Les Horreos en bois typiques de l’Asturie et parfois réhabilités en logements  
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Mercredi 4 juillet

Depuis mon départ, il y a eu 1331 connexions sur mon blog pour 1336 km de parcourus . C’est cool. Un grand bravo et merci à vous tous pour vos soutiens et vos commentaires .

Aujourd’hui, j’ai failli faire la grasse mat à Villaviciosa. Nous étions deux dans une chambre de 4 et je n’ai pas entendu mon colocataire se lever, se laver, préparer son sac et partir . J’ai dû enfoncer mes bouchons d’oreilles un peu trop profondément ... Résultat : Réveil à 7h05 , petit dej à 7h45 et comme à 8h15 il s’est mis à tomber des sacs d’eau, j’ai attendu que ça se calme un peu pour prendre le chemin soit un départ à 9h00. C’est la première fois que je pars si tard mais pas de panique l’étape ne fait que 27 km. Par contre c’est sous la pluie que je marcherai durant presque toute l’étape avec ma cape sur le dos en protection.

J’ai donc quitté le camino del Norte ce matin à Casquita pour prendre le primitivo. Le trajet s’est effectué essentiellement sur un sentier étroit, pas entretenu et qui est en train de se fermer sous une végétation épaisse de fougères , arbustes qui retombent au milieu du chemin. Nous ne sommes pas nombreux sur ce chemin , cela se voit à la trace que laisse les marcheurs, et avec les averses répétées durant les derniers jours, des arbres sont tombés en travers obligeant les pèlerins à contourner comme ils peuvent les obstacles au risque de se faire mal ou de déchirer les capes , vêtements... Les espagnols n’entretiennent pas trop le camino, c’est plutôt le camino qui les entretient.

Le camino primitivo sous la brume . 

Je prendrai peu de photos pendant l’étape, j’ai plus filmé avec ma GoPro fixée en permanence sur mon harnais au niveau de mon torse . Cela m’évite d’enlever ma cape, poser mon sac, enlever la protection de pluie du sac pour prendre ma tablette et ensuite tout remettre en place avec un résultat médiocre vu les conditions météo.

Casquita : Séparation des chemins entre Nord et Primitif. 
L’albergue de Pola de Siero très bien rénovée . 

Demain je serai à Oviedo capitale de la province des Asturies.

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Jeudi 5 juillet

Départ à 7h15 ce matin pour une petite étape de 19 km environ afin de rallier Oviedo le plus vite possible et avoir le temps de visiter cette ville.

Pas de paysage ou point remarquable durant ce tronçon sachant que j'ai marché plus de 6 km en zone périurbaine d' Oviedo.

J’en ai profité pour photographier quelques Horreos , ces fameux greniers à graines et autres substances précieuses pour se nourrir . En fait ces greniers sont montés sur pilotis et en haut de chaque piliers, il y a une large pierre plate empêchant les rongeurs tels que les souris , rats ... de passer car ils ne peuvent pas s’accrocher horizontalement et l’escalier permettant l’accès au grenier, ne touche pas celui-ci, il reste 30 cm de vide entre la dernière marche et le plancher du grenier. Cette construction ne touche pas l’habitation principale afin qu’en cas d’incendie, tout ne soit pas perdu. Je vous laisse voir sur les photos ci-dessous.

J’ai déjà rencontré cette technique de Grenier en bois en Suisse lors de mon GR sur le tour du Mont-blanc et en Galice, même technique anti-rongeurs mais les horreos sont en granite d’un mètre de large et tout en longueur. J’aurai peut-être l’occasion d’en voir du côté de Santiago et de vous les présenter.

A l'albergue, avec Ben nous ferons plus ample connaissance avec Alain et Catherine, 2 amis Français mais également avec Francesco un italien qui démarre depuis Oviedo son pèlerinage pour Compostelle.

Horreo dans les Asturies 
l'escalier ne touche pas l'horreos 

Oviedo : très belle ville à visiter avec en particulier la cathédrale. Tarif spécial pour les Peregrinos 4€ au lieu de 7€ avec visite de la cathédrale, du musée, cloître et salles annexes à la cathédrale. Je ne peux que vous recommander de faire cette visite qui peut aller d’une heure à une demi-journée.

Voici la visite en photos

Oviedo Capitale des Asturies 
La Cathédrale Sancta Ovetensis d’Oviedo dédiée à San Salvador et aux douze Apôtres.  

La cathédrale d’Oviedo est le point d’origine du chemin Primitif vers St Jacques de Compostelle. Au début du VIII ème siècle, l’Espagne est occupée par les Musulmans. En 792, Alphonse II le Chaste transfert la capitale installée à Cangas de Onis à Oviedo et fit construire une église dédiée à San Salvador et qui deviendra cette cathédrale.

Dans les rues d’Oviedo... 
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Vendredi 6 juillet

Étape marathon avec Ben et Francesco pour faire Oviedo - Grado : les 25 km seront faits en 4h30 et ainsi à midi nous étions déjà à Grado malgré le dénivelé de plus de 800m +. Finalement nous poursuivrons en rallongeant l’étape de 11km pour arriver à l’alberge du Monastère de Cornellana à 16h.

Vu qu’il y a l’équipe de France de foot qui joue contre l'Uruguay, je prends vite fait ma douche pour aller avec Ben au bistrot dans le village rejoindre Alain Catherine déjà installé à une table avec Cerveza pour regarder le match.

La brume et la cadence du matin feront que je ne prendrai pas beaucoup de photos.

L’albergue de Cornellana dans un monastère  

Santiago se rapproche et n’est plus qu’à 270km...

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Samedi 7 juillet

C’est la première fois depuis mon départ du Puy en Velay que j’arriverai à la fin d’une étape avec la mine défaite et une boule au ventre ...

Après l’étape un peu speed de la veille en terme de cadence, je pars de Cornellana avec Francesco (Italien). Francesco n'est pas encore habitué au rythme du chemin , Il souffre de courbatures. C’est sa seconde journée à pied sur ce camino car juste avant, il avait réalisé le camino de la Plata en vélo.

Albert (Anglais) et Francisco (Italien) 

Nous traversons Salas, petite ville sur l’étape.

Salas  

A 12h30 Francisco souhaite qu’on s’arrête pour manger sur une table au milieu de la campagne. Je lui indique un village proche à 15 minutes où nous pourrons boire un coup et prendre un café dans un bar. Nous poursuivons le chemin jusqu’au village.

En passant vers les premières maisons, le chemin est légèrement en contrebas par rapport aux terrains des maison, il y a juste ma tête qui dépasse du chemin côté droit.

Tout à coup, J’aperçois un Pépé de 75 années environ, à genoux dans une cour. Ma curiosité me pousse à regarder ce qu’il fait là à genoux tout en continuant de marcher. Soudain, j’aperçois un autre homme allongé à même le sol et le Pépé qui lui tient le bras au milieu d’une mare de sang . Je cours , je jette mon sac tout en appelant Francesco qui était quelques dizaines de mètres en arrière et qui se demandait bien ce qu’il m’arrivait.

L’homme venait de se couper le bras avec sa tronçonneuse à bois et le Pépé lui faisait un garrot avec un morceau de ficelle qui traînait parterre pour contenir l’hémorragie.

J’appellerai de toute voix « Emergencia, Emergencia » pour attirer du monde à l’aide. Un voisin avec sa femme viendront . Je leur fais comprendre qu’ils gèrent l’appel des secours, que la femme attende les secours vers la grande route pour les conduire au plus vite vers nous. Entre temps , la grand mère viendra aussi en pleurant et hurlant...J’ai peur qu’elle tombe sous le choc... Étant secouriste, je m’aperçois que Francesco lui aussi connaît les gestes à faire. Nous contiendrons l’hémorragie comme nous pourrons. Les secours n’arrivent pas, le temps presse ... je demande au jeune homme de rappeler, rappeler ... il me fait signe qu’un hélicoptère va venir. Il faut rappeler . Cela va mettre plus de trente minutes pour voir arriver une ambulance, l’hélicoptère, un pompier. Pendant ce temps nous resterons au chevet de cet homme sans relâche et sans perdre notre sang-froid.

Avant que de reprendre le chemin, tous les voisins sont venus voir ce qu’il se passait, nous remercier, La Grand mère voulait me donner quelques pièces de monnaie ce que je refusai catégoriquement. En faite ce sont toutes les voisines qui me diront « Offerta Santiago » c’est là que je compris qu’il s’agissait d’une offrande à déposer à la cathédrale de Santiago de Compostela. J’ai promis à la Grand-mère que je déposerai celle-ci avec toutes les intentions qui vont avec.

Je vous passe les détails, mais plus d’une heure passée au secours de cet homme, il est presque 14h. La pression tombe, nous n’avons plus envie de manger , de boire . Nous reprenons nos sacs et durant tout l’après-midi, nous marcherons avec Francesco sans dire un mot, des images trop fortes dans la tête : avons-nous fait les bons gestes, la peur de voir partir cet homme dans mes bras ... C'est très dur , d'autres Pèlerins ont passé mais n'ont pas prêté attention à ce qu'il se passe entre nos mains à Francesco et moi-même.

Dans l'après-midi, Francesco me dira simplement qu’il n’a plus mal aux jambes après cet événement.

Arrivé à l’albergue de Tineo, je retrouve Alain et Catherine , couple de Français avec qui nous marchons ensemble depuis quelques jours. Alain est médecin en retraite et me rassurera en me disant que tout ce que nous avions fait avec Francesco était très bien... j'insiste auprès d'Alain sur le fait que nous avons tenu cette hémorragie à l'aide d'un garrot, que cet homme va peut être perdre son bras ? et alors me répond Alain, si nous n'avions pas été là et fait nos premiers geste de secours , cet homme serait sans doute mort dans sa cour. Qu'on se rassure.

La nuit ne sera pas très bonne. J’aimerais avoir des nouvelles de cet homme mais difficile dans le contexte où nous sommes, d'appeler car nous ne parlons pas espagnol.


A noter que j'avais parfaitement mémorisé la date, le lieu , nom du village et en point significatif , une station service REPCO à quelques centaines de mètres du lieu de l'accident ...

En septembre soit plus de 2 mois après cet événement douloureux vécu avec Francesco, j'avais toujours des images en tête de cet homme blessé et l'envie de savoir ce qu'il était devenu. Je cherchai dans Google Maps la commune et station service REPCO. Je retrouvai facilement les lieux et j'aurai même en plus le n° de téléphone de la station. je demandai à Michel un copain habitant Dijon et qui parle très bien l'espagnol, d'appeler la station REPCO pour avoir peut être des nouvelles. Au bout de quelques jours Michel me rappellera après avoir eu un contact avec le Gérant de la station qui se souvenait très bien de cet accident et de la victime en tant que voisin. L'homme en question a survécu à ses blessures, il n'a pas été amputé de son bras et devrait reprendre son activité professionnelle dans quelques jours. Quel soulagement pour moi depuis cette excellente nouvelle.


Après cet événement, je vais mettre quelques photos plus joyeuses du chemin.

Repas, pause entre Peregrinos, tout est bon à prendre pour garder le sourire 😀
Alain et Catherine et vues de Tineo  
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Dimanche 8 juillet

Nous partons Ben et moi à 7h00 pour une grande étape de montagne avec ligne de crête, beaucoup de dénivelés et 42 km au total. C'est le chemin d'origine mais compte tenu de la difficulté en terme de dénivelé , c'est devenu une variante du chemin primitif. Nous sommes fous ... mais je crois que c’est une bonne thérapie pour faire oublier la journée de la veille. Nous avons beau temps, pas trop chaud.

Francesco se lèvera une heure avant nous pour partir dès 6 heures et prendre de l’avance sur moi et Ben. Ensuite, Catherine et Alain nous suivront aussi sur cette variante permettant de rester en altitude et ligne de crête et arriver à Berducedo plutôt que de redescendre à Pola de Allande et remonter ensuite en altitude le lendemain.

Tous nous nous accordons à dire que depuis le départ sur le camino primitivo , c’est la plus belle étape même si elle est dure, mais l’entraînement est là...

Voici le détail en photo

En passant por Hospitales le chemin réel d’Alfonse II pour Santiago  
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Lundi 9 juillet

Il nous faut redescendre de nos montagnes en franchissant une autre montagne et une vallée où se trouve le lac artificiel de Grandas de Salime. Temps superbe mais ça ne devrait pas durer .

Petit parcours soutenu de 20 km environ où nous arriverons avec Ben à 12h15.

Les photos

Paysage vallonné vers Grandas de Salime  
Le barrage artificiel de Grandas de Salime  

Santiago se rapproche avec 177 km .

Avec Ben nous envisageons une arrivée pour dimanche prochain soit 6 étapes.

Ensuite je termine avec Fisterra au km 0 et Muxia au bord de l’océan.

Je commence à réfléchir au retour 🚣🏼‍♀️🎬🚴🏻‍♀️🚣🏼‍♀️🚴🏻‍♀️🚣🏼‍♀️🚋🚌🚘 ✈

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Mardi 10 juillet

Encore une étape de montagne avec une trentaine de km. Départ à 7 h00 pour éviter les fortes chaleurs de l’après midi comme la veille.

Ce sera sous une brume épaisse que je marcherai jusqu’à 11h puis plus je monte plus le soleil percera . Arrivé sur la ligne de crête apparaît subitement au-dessus de ma tête une belle lignée d’éoliennes sous un ciel bleu magnifique .

Fait important du jour : j’ai quitté la province des Asturies pour passer en Galice. Ce sera ma dernière région puisque Santiago se trouve en Galice.

Des éoliennes sur toutes les lignes de crête  

Ce soir match de la coupe du monde Francia - Belgica

A peine arrivé au gîte d'étape, j’ai de suite prévenu le serveur du bar qu’il nous prépare ce qu’il faut en Cerveza et Pincho ....

Le compte à rebours a démarré , en Galice, sur chaque balise en granit, nous avons les km restant jusqu’à Santiago. C'est pas une bonne chose car cela va devenir obsessionnel, il y a des balises tous les 200m...


Belle borne du côté Galice. 
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Mercredi 11 juillet

Belle victoire de la France en coupe du monde de football contre la Belgique. Nous avons suivi ce match de près au restaurant de l’Albergue O Pineiral. Nous étions quand 4 Pèlerins Français à table: Alain, Catherine, Valentine et moi accompagné de Ben et Francesco. D'autres personnes mangeant au restaurant auront pu vivre et ressentir notre ferveur patriotique ...

Alain , Valentine (Français) et Ben (Allemand)  en plein match ... 

Belle étape avec beaucoup de chemins et pas trop de route et pas trop chaud car j’aurai beaucoup de brume comme la veille.


Au passage en ligne de crête. 
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Jeudi 12 juillet

Quelques changements au programme : Isabelle vient me rejoindre à Santiago samedi et Ben veut être à Santiago samedi aussi. Il nous reste 3 jours donc 3 étapes pour parcourir les 122 km. Il va falloir tirer fort sur les mollets car il reste du dénivelé et de la distance surtout que nous avons fait fort les jours précédents.

Avec Ben nous partons pour faire Castroverde - As Seixas 55km puis Castroverde - Salceda 40 km et enfin Salceda - Santiago 27 km. Cela doit nous permettre de récupérer le dernier jour et ne pas arriver trop tard à Santiago.

Départ à la frontale à 6h00 du matin ( il fait encore nuit ici à cette heure là par contre la nuit vient entre 22h30 23h00). Au passage il y a Lugo à visiter car le camino traverse cette ville et en particulier sa superbe cathédrale . il faut absolument visiter cette cathédrale en passant à Lugo . Cette ville est au pk 100 (point kilométrique ) c'est à dire à 100 km de Santiago. Je cherche cette balise pour la prendre en photo, hélas elle n'existe pas, quel dommage c'est si symbolique pour des Pèlerins venant de si loin ... je trouverai la balise 99,583 ...

Je rejoindrai seul Ben à 19h30 à l’albergue Publico de Seixas avec qu’une envie: manger et dormir. Très grosse journée , je marche en zig zag sur les derniers km comme en homme saoul, dès que le bord de route penche , il m’entraîne avec lui et donc je dois utiliser en permanence mes bâtons pour corriger ma trajectoire. A l'arrivée il y a encore la lessive du jour à faire: à minima Tee-shirt, slip et trouver quelque chose à manger car je suis dans un tout petit village ou plutôt hameau avec seulement quelques habitants, aucun commerce. Je prends peur car sur mon guide Rother, c'était indiqué qu'il y avait un commerce et je n'ai pas grand chose à manger dans mon sac ... Ben ayant attendu ma voix à mon arrivée à l'accueil de l'albergue viendra vite à mon secours en m'indiquant qu'il y a à l'extérieur un distributeur automatique de boissons , barres chocolatées et salades aux pâtes, jambon fumé : ouf sauvé car j’ai les crocs après une telle journée et je n'aurai pas eu la force de poursuivre pour trouver à manger.

Petit dej sur le chemin avec Francisco, Joaquim et Valentine. 
Lugo : ses remparts qui ceinturent la vielle ville et la borne signalétique du camino à 99 ,583 km de Santiago
La cathédrale de Lugo très impressionnante  
Joaquim (Portugais) Valentine ( Française) et à droite Alain Catherine (Français)  lorsque nous faisons tamponner nos Credenciales
Sur le chemin, stèle romaine et pont romain 
Horreos en Galice 

Santiago se rapproche très vite, je ne suis plus qu’à 67 km ... et 1600 km environs de parcourus depuis mon départ sans interruption.

Ma première journée de pause va être dimanche avec la visite de la cathédrale de St Jacques et les retrouvailles avec les autres copains qui ont pris le camino Francès à St Jean Pied de Port et en plus il y a le match de la finale de foot ... Viva Francia 🇫🇷. Que d'émotions et d’événements ce week-end ...

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Vendredi 13 juillet

Nous poursuivons notre programme avec Ben avec cette étape de 40 km. Les jambes vont bien après l’exploit de la veille . Nous avons passé une très bonne nuit dans ce gîte où il n’y avait que 7 Pèlerins avec moi et Ben.

L’excitation de l’arrivée se fait sentir; Ben qui est parti à pied de Cologne en Allemagne, n’arrête pas de me répéter les km qui restent en passant devant chaque borne avec affichage du km et n’en revient toujours pas de ce qu’il a parcouru 2800 km .... il sent ses émotions monter: je le rassure en lui disant que j’ai des Kleenex pour l’arrivée... et Cerveza en arrivant à la cathédrale.

Premier fait marquant de cette étape , c’est le passage à Melide petite ville de la région connue par les Peregrinos car c'est là que le camino primitivo rejoint le camino Frances ( chemin français). Nous quittons un chemin où nous étions peu nombreux pour nous retrouver sur un chemin avec des dizaines et des dizaines de pèlerins marchant les uns derrière les autres. Quel changement !!! C’est l’autoroute de Pèlerins... normal aussi car nous approchons de Santiago et beaucoup d'Espagnol viennent marcher les 100 derniers km seulement.

Deuxième fait marquant, nous passons à Arzua à 14h et là c’est le camino del Norte qui se termine et vient rejoindre aussi le camino Frances. Nous croyons avec Ben que cela va encore être pire qu’à Melide. Et bien non, il n’y a plus personne sur le chemin , ils sont passés où? En fait, tous les marcheurs du matin ont rejoint un gîte hormis quelques irréductibles comme nous , qui marchent sous le soleil matin et après-midi. Nous commençons à appréhender vu le nombre de Pèlerins rencontrés le matin car nous n’avons rien réservé. Entre temps Francesco nous a rejoint, il parle un peu Espagnol et téléphone au gîte où nous souhaitons aller dormir pour savoir s’il y a 3 lits disponibles : complet reste un lit. Il appelle un second, c’est ok mais il faut arriver vite : nous sommes à 3 km , nous accélérons nos pas ... ouf c’est bon.

En haut à droite Melide et un bar avec qq bouteilles vides hélas !!! De l’art Espagnol

Ben , Francesco et moi sommes à l’albergue Boni à Salceda. C'est notre dernière albergue avant Santiago et peut être même dernier repas ensemble . C'est émouvant d'être si près du but après 60 jours de marche et tant de chose vécues ...

Nous ne sommes plus qu'à 27 km de Santiago. En partant vers 7h, nous devrions arriver pour manger à Santiago vers 12h 30.

Le résumé de cette étape risque d’être reporté pour cause de débordement à tous les niveaux ...

Ce soir au restaurant Francesco est content, il a trouvé un compatriote italien à gauche originaire de Trieste. 
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Samedi 14 juillet

Une arrivée à St Jacques un 14 juillet ; une date facile à se souvenir en tant que Français. Il ne reste plus que 27 km à parcourir. Ce sera presque un cortège ininterrompu de Pèlerins sur toute l’étape. Tout le monde veut arriver au plus vite à Santiago pour valider la Compostela c’est à dire recevoir le certificat papier par le Bureau des pèlerinages qui à partir des différents tampons présents sur votre crédential , atteste vos chemins et km totaux parcourus.

L’étape n’a rien d’exceptionnelle hormis le passage au Monte do Gozo, mont de la joie qui est un lieu symbolique pour les pèlerins de tous temps car de cet endroit, on peut apercevoir les tours de la cathédrale alors que nous en sommes à 4,5 km. Il y a un grand monument érigé lors de la venue des papes Jean-Paul II en 1989, François ... à Santiago. Des jeunes chantent, dansent au son de leurs guitares ... ça sent l’arrivée...

Les derniers kilomètres  
Le Monte do Gozo 
Arrivée devant la cathédrale après 60 jours et temps de souvenirs  dans la tête

A 13h00 précise, j’arrive au pied de la cathédrale au milieu d’une foule de pèlerins venus à pied , en VTT où cyclo de toute part de la planète. Moment très fort en émotion après 1676 km parcourus depuis le 16 mai c’est à dire en 60 jours sans interruption.

Je retrouve Ben pour la séquence photos souvenirs et nous irons ensemble chercher notre Compostela au bureau des Pèlerins et boire notre première bière à Santiago.

Ben et sa Compostela et la Cerveza bien méritée... 

A 16h30 , autre moment fort pour moi, je retrouve Isabelle qui arrive de Dijon via Flixbus après plus de 24 heures de voyage. Belle preuve d'amour et d'émotion après 5 semaines de séparation . Nous visitons la ville et ensuite les retrouvailles avec Joseph , Patrick ... qui étaient sur le camino Francès et pas revus depuis St Jean Pied de Port . C'est inexplicable toutes ses rencontres qui se forment ,se perdent sur les différents chemins puis on se retrouve ici à St Jacques .

Arrivée d’Isa . Il paraît que j’ai perdu qq kilos ... 
Autour de la cathédrale  
Santiago  

Autre émotion du jour : j’apprendrai dans la matinée qu’un article est paru ce 14 juillet dans le Bien Public (journal local ) sur ma petite aventure ...

Merci Karine, Fabien ... pour cette surprise. 

C’est beaucoup d’émotions pour un 14 juillet ...

Dimanche 15 juillet : première journée de repos . J’apprécie d’autant plus que je suis à Santiago . Au programme, messe à 12h00 de tous les Pèlerins à la cathédrale . Que l’on soit croyant ou pas, il ne faut pas manquer cela. Il faut arriver plus d’une heure avant pour s’assurer une place...

Je filmerai le lancé du botafumeiro dans la nef transversale de la cathédrale. Il s’agit d’un encensoir argenté d’une centaine de kilo et 1,60 m de haut, suspendu au bout d’une corde de 35m du plafond et qui est balancé par 7 personnes qui tirent sur la corde et envoient ainsi cet encensoir pratiquement au plafond tout en dégageant sa fumée d’encens. Autrefois, on l’utilisait pour pouvoir supporter les fortes odeurs corporelles des Pèlerins dans la cathédrale. Je crois qu’aujourd’hui les odeurs existent toujours ... même avec les douches .... Attention, par le passé, le botafumeiro s’est déjà décroché 2 fois et a défoncé la porte côté Praza das Praterias.

Dimanche après-midi : Nous nous donnons rendez-vous une dizaine de Peregrinos pour voir le match dans un bar de la finale de la coupe du monde de football 2018 France - Croatie .

Je crois que dans tout le bar nous étions peu nombreux à soutenir notre équipe nationale et j’étais le seul parmi tous les pays présents dans le bar, à hurler de joie et les autres hurlaient leur déception à chaque actions et buts. Dès le coup de sifflet final voir même avant , beaucoup avaient quitté les lieux... Viva Francia.... La soirée sera arrosée dignement avec un score de 4-2 pour la France. c'est notre 2ème coupe du monde de football que nous remportons et donc 2 * sur le maillot de l'équipe de France. Tout va pour le mieux ...

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Lundi 16 juillet

Et non ce n'est pas terminé; je reprends mon sac et bâtons et je poursuis avec Isa, le camino en direction de Fisterra c’est à dire rejoindre l’océan et le km 0.

Ce sera une étape de 21 km sur terrain vallonné et suffisamment dur pour Isabelle qui reprend le chemin depuis sa dernière aventure en mai sur le tronçon Lectour - Aire sur Adour (sur la voie Podiensis). Nous sommes beaucoup moins nombreux que sur les étapes avant l’arrivée à Santiago . Beaucoup terminent à Santiago, vont à l’aéroport et rentrent chez eux en faisant l'impasse sur ces 3 dernières étapes.

Fisterra est à 91 km de Santiago . Je compte faire 3 étapes et peut-être une 4ème pour Muxia. C'est cool car je cale mon rythme sur celui d'Isabelle en prenant soin qu'elle tienne jusqu'au bout.

Ponte Maceira 
Negreira  
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Mardi 17 juillet

Belle étape dans un paysage très rural et vallonné. De petits bourgs et hameaux dispersés avec des exploitations agricoles de différentes tailles tournées vers l’élevage et la production laitière et qui composent la physionomie de cette partie de la Galice. La culture ou plutôt la monoculture du maïs ainsi que l’herbe sont ensilés et la plupart des exploitations pratiquent le zéro pâturage c’est à dire que les animaux restent en stabulation. Ça embaume les bonnes odeurs du lisier dans certains endroits car en plus , nous sommes dans la période des épandages des lisiers sur les prés récemment fauchés.

Nous étions partis Isa et moi pour 33km d’après mon topo guide, en réalité ( et sans variante de ma part...) ce sera plus entre 35 à 36 km à l’arrivée et les derniers km sont longs , très longs ...

Dur !! dur !!! pour la deuxième étape pour Isa 👣🧠👅😟 . C'est pas le club Méd .... le camino ... Je suis fier d'elle car elle n'a pas d'entrainement pour parcourir une telle distance et en plus avec son sac à dos de plus de 10kg. Chapeau bas !!! Isa

A l’arrivée vers 18h , les albergues collectives sont complètes, finalement nous trouverons un super gîte dans le petit village d’Olveiroa et rien que pour nous deux...C'est une maison de village type résidence secondaire entièrement rénovée tout en granit, 2 étages.... tout confort, machine à laver le linge... le top 👍 pour faire oublier les courbatures de la journée.

Les horreos en granit à Olveiroa 
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Mercredi 18 juillet

Après une très bonne nuit au calme, ça change des dortoirs dans les albergues, nous partons à 8h en direction de Fisterra (Finisterre) .

Je suis un peu inquiet pour Isa : par rapport à l’étape de la veille, celle-ci est aussi longue avec 31,1 km annoncés sur le topo. Il va falloir être patient, serrer les freins de mes chaussures, doubler, tripler les pauses, lancer pleins de sujets de conversations pour faire oublier les douleurs, ... et tout faire pour arriver... Ce sera très dur pour elle mais aucun regret d’être là, vivre l'instant présent et terminer ensemble comme prévu il y a déjà un an, lors de la préparation de cette grande aventure.

L’étape est très belle avec essentiellement de la marche sur des chemins et peu de routes. Au départ et jusqu’à Corcubion, c’est à dire à l’arrivée du chemin au bord de l’océan , nous seront beaucoup à travers des forêts et plantations d’eucalyptus et pins.

Au bout de 5 à 6 km le chemin de scinde en deux, d’un côté Fisterra et de l’autre Muxia. Nous prenons Fisterra comme prévu.

Fisterra ou Muxia ? Le choix est fait depuis le départ c’est Fisterra pour le km 0
À droite Ermita Nuestra Senora de l’as Nieves 
Le paysage et exploitations forestières de Galice 
Ermita San Pedro Martir et sa source bénéfique pour rhumatismes, maux de pieds et verrues. Ça tombe bien !!! 
Mer en vue au bout du chemin !!! À droite tout au fond c’est le cap Finisterre : LA FIN 🤪🤩😂😊
Playa sublime et personne sauf au plongeur  (Juste avant la grande plage de Fisterra)
La playa da Langosteira s’étale sur près de 2 km.   
En haut à gauche un Van Espagnol. La petite ville de Fisterra, son port de pêche et l’aubaine économique du camino avec beaucoup d...

A l'arrivée dans le village de Fisterra, Il ne nous reste plus que 3,5 km à parcourir pour atteindre le km 0,00. Il faut attendre le soir vers 21h pour aller à ce point ultime afin de voir le coucher du soleil sur le cabo Finisterre. Ce sera pour demain jeudi en fin de journée. C’est mythique et autrefois les Pèlerins brûlaient leurs habits ,chaussures ... à cet endroit . ils ne sont plus guère nombreux ceux qui brûlent encore leur tenue dans les rochers au bord de l'océan. Demain, c’est le bout du bout après tant de km , de jours , d’heures et je tiens à marquer la fin de cette aventure.

Ensuite retour sur Santiago et retour en bus samedi. Après deux mois intenses à vivre hors de chez soi, il est fortement recommandé de rentrer doucement, ne pas se retrouver quelques heures après Fisterra, chez soi .... il faut détricoter le film ... et éviter la déprime....

Je suis content d’atteindre Fisterra mais aussi de rentrer à Varois ce qui est bon signe aussi... et préparer mon Eriba (caravane) et repartir en vacances en aout ... la vraie vie ...

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Jeudi 19 juillet. 1769 km et 63 jours de marche ...

Il est 19h00, avec Isabelle nous quittons l'albergue et partons en direction du Cap Finisterre (Cabo Fisterra). je savoure les derniers kilomètres pour atteindre le fameux kilomètre 0.00 et voir le coucher du soleil . La journée fut très calme , reposante avec farniente et bronzette à la plage. On différencie facilement sur la plage, les Pèlerins des autres touristes avec des marques de bronzage bien spécifiques au niveau des chaussettes, du short, du maillot.

Des Pèlerins mais aussi des touristes arrivent en nombre et s’assoient sur les rochers pour attendre le coucher du soleil 
Moments d’émotions, de plénitude, de joie mais aussi de soulagement , je suis arrivé au bout du chemin...
Fisterra là où se fini la terre ... 

Vendredi 20 juillet matin, nous prenons le bus directionSantiago sans aller à Muxia car il n'y a pas de navette Muxia - Santiago en fin d’après-midi. C'est pas grave, le compte est bon ... je ne veux pas manquer le retour en France prévu ce samedi.

De retour à notre hôtel à Santiago, il y a beaucoup d’animations dans les rues. En fin d'après-midi nous retrouvons Joseph pour prendre notre dernier repas ensemble. Ensuite vers 23h00, nous profiterons d'un concert de musique et de culture galicienne puis à minuit sur la place de la cathédrale un spectacle avec des illuminations thématiques comme à la fête des lumières à Lyon.

Spectacle des illustrations  sur le thème des Pèlerins 
Les Chœurs de femmes La Voz de Galicia 

Samedi 21 juillet après avoir quitté notre chambre d'hôtel dans la matinée, Isa et moi nous nous dirigeons à pied vers la gare routière de Santiago pour prendre un bus à 12h30 et rentrer à la maison. J'ai réservé sur internet les billets du retour auprès de Ouibus. Finalement, c'est la société nationale Espagnol Alsa qui affrétera un bus pour le compte de Ouibus. Nous voyageons en direction de San Sébastian. A minuit, nous changeons de bus à la gare routière et repartons aussi vite avec un nouveau bus toujours de la société ALSA et direct jusqu'à Dijon en passant par St Etienne, Lyon . Après Dijon, le bus continue jusqu'à Munich.

C’est parti pour 24h de voyage... ça va peut être nous paraître long, ai-je fait le bon choix avec ce bus ? je doute mais c'est trop tard pour changer ...

En prenant la direction de San Sébastian, je vais repasser en bus à proximité d’une bonne partie du camino del Norte . Je reconnais certains passages précis et je réalise à ce moment là, l’intensité des efforts fournis chaque jour sans avoir eu vraiment conscience de ce que J’étais en train de réaliser. J’étais dans ma bulle, j’avais l’impression d’avancer lentement même si je savais parfaitement les kilomètres parcourus chaque soir mais je n’imaginais pas que ça représentait une telle distance. C’est ce voyage en bus qui m’en a fait prendre conscience . Finalement, je ne regrette pas d'avoir choisi le bus pour rentrer, le temps passe vite ...


En résumé, malgré des conditions météo pas toujours très bonnes : neige exceptionnelle le 14 mai pour mon départ le 16 mai au Puy en Velay avec des arbres en travers du chemin, la pluie en abondance et donc la boue et son cortège de moustiques, des inondations avec des ruisseaux et rivières à traverser à gué ou à contourner, des orages et coups de tonnerre qui m’ont fait très souvent sursauter et accélérer la cadence, la brume dans les hauteurs qui me laissera juste voir le bout de mes chaussures ..., j’ai bénéficié d’une température idéale pour marcher car je n’ai jamais souffert de la chaleur.

Je retiens des moments très forts en particulier des rencontres sincères , spontanées, parfois éphémères, d’autres qui dureront plusieurs jours mais toujours sans à priori, sans jugement ni projection.

Tout au long du chemin, j'ai profité de chaque instant présent. Seul pendant plus de 60 jours, j'ai eu pour unique objectif d'atteindre St Jacques de Compostelle en prenant seul, les décisions qui me correspondaient le mieux à chaque étape, en écoutant mon corps, mon mental et en tendant la main à ceux qui en avait besoin. Combien de Pèlerins fatigués, démoralisés par les conditions météo déplorables sont venus me voir pour me demander comment je faisais pour ne pas abandonner. Jamais ce mot "Abandon" m'est venu à l'esprit .

Beaucoup de Pèlerins en France m'ont dit ne pas oser franchir la frontière et continuer en Espagne car il ne parle pas Espagnol. Quelle que soit la langue parlée, on arrive toujours à se faire comprendre, à partager. Moi-même je ne parle pas Espagnol et je n'en ai pas du tout souffert au contraire. C’était devenu un jeu que de demander quelque chose , un service à quelqu'un . Il y a une osmose naturelle, humaine et universelle entre tous les pèlerins. Bon chemin en France puis Buen camino en Espagne répétés des centaines de fois tout le long des sentiers du Puy à Santiago, est le salut de tout pèlerin qui se respecte.

Des paysages traversés à pied m’ont emmené dans des endroits que je n’aurais jamais vu autrement. Traverser le plateau de l’Aubrac dès le levé du jour jusqu’au soir au mois de mai sous un beau soleil, vous donne l’envie d’y revenir à une autre saison comme à l’automne par exemple avec d'autres couleurs. Marcher seul le long de la mer en bord de mer en suivant une falaise ou sur le sable des plages sur des kilomètres de distance, est une belle récompense.

La surprise ( agréable ou non selon le lieu) chaque soir de découvrir un nouvel hébergement, de nouveaux compagnons et de ne pas réserver mes nuitées à l’avance , me laisse un goût de liberté et de petite aventure au risque de marcher plus longtemps.

Je ne regrette pas ma préparation et le choix du tracé que j’ai retenu pour aller jusqu’à Santiago et Fisterra hormis l’erreur d’avoir pris ma toile de tente au départ. Il y a suffisamment d’hébergements et de lits tout au long du parcours pour ne pas supporter le poids de la tente, matelas, popote ... Camper vous isole des belles rencontres le soir dans les gîtes.

Au bout de 1769 km à quelques variantes près , et 63 jours de marche, je suis content de savourer la nouvelle vie qui s’ouvre à moi et prendre le camino de la vida en rentrant chez moi et retrouver toute ma famille et mes amis.

Dans quelques semaines, quelques mois ou années ..., je pourrai juger ce que ce chemin aura changé dans ma vie personnelle.

Ne pouvant vivre sans projet, je réfléchis déjà à mon prochain chemin. En Espagne, en France ou dans un autre pays d’Europe.... à suivre , mon sac est toujours pas loin de moi .

Un grand MERCI à tous ceux qui m'ont soutenu dans cette aventure à travers vos messages plus sympa les uns des autres.

J'espère vous avoir donné envie, ce serait une grande satisfaction pour moi. Je serai toujours là pour vous encourager à prendre le chemin quel qu’il soit et à partager cette expérience à tous les niveaux.

A bientôt pour de nouvelles aventures

Jean-Paul

Buen  camino ...



A Isabelle

A Géraldine et Maxime

A Eloïse et Thibaut

A Simon

A Arthur, Émilien, Jules et tous mes Petits Enfants encore à venir ....

sans oublier mon père qui m'a toujours transmis le sens de l'effort, du courage et m'a suivi de là-haut...