Parcourir le sentier des pêcheurs sur la côte, au sud-ouest du Portugal... Prendre le temps, profiter des paysages, écouter le bruit de l'océan... Finir par une visite de Lisbonne avec ma fille...
Du 26 mars au 9 avril 2022
15 jours
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J1 26/03 Vol Toulouse - Lisbonne + bus Lisbonne - Porto Covo

J2 27/03 Porto Covo » Vila Nova de Milfontes 20 km +/-200m 8h

J3 28/03 Vila Nova de Milfontes » Almograve 15.5 km +/-150m 5h30

J4 29/03 Almograve » Zambujeira do Mar 22 km +/-200m 7h

J5 30/03 Zambujeira do Mar » Odeceixe 18.5 km +/-300m 7h

J6 31/03 Odeceixe » Aljezur 22.5 km +/-150m 7h

J7 01/04 Aljezur » Arrifana 17,5 km +/-400m 6h

J8 02/04 Arrifana » Carrapateira 20-21.5km +/-350m 6h30-7h30

J9 03/04 Carrapateira » Vila do Bispo 16 km +/-500m 6h30

J10 04/04 Vila do Bispo » Sagres 20.5 km +/-200m 7h

J11 05/04 Sagres » Salema 19.5 km +/-600m 8h

J12 06/04 Salema » Luz » Lagos 23 km+/-700m 9h + bus Lagos-Lisbonne

J13,J14,J15 07/04-09/04 Lisbonne avec Marine


Total Rota Vicentina: 215km +/-3750m

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Départ 9h36 soit 6 minutes plus tard que prévu, mais sans stress car j'ai de la marge, à pied et au soleil. Le sac ne paraît pas trop lourd et bien équilibré. En effet il s'enregistre à 5,8kg. A 10h03 je peux me diriger vers le contrôle de sécurité.

Vol sans encombres, autant l'aéroport de Toulouse n'était pas bien plein, autant celui de Lisbonne est bondé.

Je rate un bus de 10 mètres, en pestant après le conducteur qui m'a vu courir mais m'a fermé les portes au nez. Le second est le bon, j'arrive au terminal de bus de Sete Rios et j'attends...

Quand le bus démarre, j'ai l'impression d'avoir atterri dans un autre pays, le bus est plein d'allemands ! Pas mal de randonneurs à en juger par les vêtements/sacs.

Je ne suis pas la seule à descendre à Porto Covo, un mignon village aux maisons blanches et bleues. L'océan se perd avec l'horizon, je ne verrai pas de coucher de soleil ce soir, c'est trop brumeux !


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Hier soir et ce matin, j'ai échangé quelques mots avec une dame hollandaise qui parle français, une jeune femme, un malaisien, deux autres dames, un grand gaillard. Nous allons tous dans la même direction, et nous faisons la même étape aujourd'hui.

Je pars, le soleil commence à pointer son nez et m'offre de belles vues sur le village tout blanc. Plus que 19,5 km me dit un panneau...


Au cours de ma journée je reverrai certains de mes compagnons du matin, et d'autres aussi. Le sentier est suffisamment fréquenté pour s'y sentir en sécurité, sans qu'il y ait foule non plus, ce qui me convient parfaitement.

Il est principalement en bord d'océan, sur la plage, dans les dunes ou sur les mini-falaises. Il est quasi plat, mais en grande partie dans le sable.

En me retournant, je verrai longtemps le village blanc de Porto Covo qui marque mon point de départ.

Puis je commence à voir des habitations.... J'arrive bientôt !

Je rigole en voyant le panneau 16,5 km en me disant qu'ils sont aussi fantaisistes que ceux des Pyrénées... Avant de me rendre compte qu'il me reste encore un peu de distance à faire, sans sable mais sans beaucoup d'intérêt non plus...

J'arrive à ma destination, une grande auberge de jeunesse. Je m'installe, douche, lessive et je peux enfin savourer un goûter bien mérité.

Je ne vois aucun de mes compagnons du matin, j'ai choisi l'auberge de jeunesse pour les jeunes qui viennent chiller, et à voir les sacs de mes compagnes de chambrée, elles ne sont pas ici pour marcher.

Je fais un tour dans le village, mais je ne vois pas grand chose d'ouvert ce dimanche soir. Je retourne manger à l'auberge.

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J'ai plutôt bien dormi malgré le retour en chambre vers minuit et 2h du matin pour deux de mes compagnes de chambre.

Je me lève tôt, et je prends un très bon et copieux petit déjeuner en terrasse et seule, tous les autres dorment !

Ce matin il fait gris et je prends le chemin, qui contourne la baie pour passer sur un pont avant de revenir... pile en face d'où je suis partie. Un bateau peut faire l'aller-retour et quelques randonneurs l'ont emprunté et rejoignent le chemin.

Aujourd'hui seulement 15,5 km, pas de pluie prévue donc je prends mon temps. A commencer par trainer sur la plage...


Après la plage, on monte en haut des falaises en faisant un détour par la campagne... Et on alterne falaises / dunes / champs...

J'aperçois la dame hollandaise avec un monsieur en vert. Je m'apprête à aller lui dire bonjour et je tombe sur Adam, le chinois-canadien qui arrive, et nous discutons, ainsi qu'avec une jeune italienne qui fait partie d'un groupe.

Après, la dame hollandaise est déjà repartie, et monsieur Chaussettes Vertes aussi. Nous arrivons en haut d'une plage, un escalier a été aménagé pour y descendre. Ça n'est pas le chemin exact mais ça rejoint plus loin, on tente !

Le chemin continue et la deuxième partie est très belle avec de nombreuses plages, reliefs tourmentés, et toujours plein de fleurs !



J'arrive au village en même temps que Mr Chaussettes Vertes. Adam loge au même endroit que moi. J'aperçois la dame hollandaise pendant que je fais mes courses, il n'y a pas grand chose en restau alors je préfère manger tranquillement dans notre maison partagée très cosy où notre hôtesse a fait un feu.

Soirée agréable, bavardages avec Adam, un père et sa fille russo-italiens, un couple d'allemands et deux jeunes qui font leurs études à Amsterdam.

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Départ tôt ce matin, 7h55. D'une part 22 km m'attendent, d'autre part des risques d'orages sont annoncés dans l'après-midi.

Je commence par redescendre à la plage puis remonter sur les falaises et je retrouve Adam qui a pris un raccourci depuis le village.

Une belle plage à traverser ... Puis à nouveau succession de criques et de reliefs torturés... On dirait des dragons endormis...

Le petit port de Lapas das Pombas est impressionnant. On observe le va et vient des bateaux de pêche: l'un sort, et l'autre rentre. Deux en même temps, pas question !


Cette partie du parcours est superbe, avec ses dunes orangées, ses falaises, ses criques, un petit passage en forêt, et même le soleil qui fait son apparition.

Au phare il est midi et on a fait la moitié du chemin en kilométrage. J'ai pris mon temps, c'était magnifique !


La suite est moins exceptionnelle. On longe la falaise d'abord, puis on s'en éloigne sur une longue piste de terre interminable.

Après un petit port et un petit village, j'entends les premiers coups de tonnerre au loin. Mon rythme s'accélère, curieusement, alors que je ne pensais pas pouvoir aller plus vite...

Après un coup de tonnerre plus fort que les autres (mais loin encore !), le soleil refait son apparition et le chemin revient sur la côte...

Je découvre le joli village de Zambujeira do Mar, ma maison partagée avec son toit terrasse, la très belle plage où je vais me reposer.

Pour clôturer cette belle journée, un restau et un coucher de soleil !

J'ai "perdu" mes compagnons de route. Comme il y a pas mal de choix d'hébergement dans le village, on n'est pas forcément au même endroit.

J'ai revu le père et sa fille, le papa a même pris un bain ! Moi j'ai trempé les pieds, elle n'était pas si froide mais quand même !

Je discute avec un couple de hollandais qui logent au même endroit que moi. Ils voyagent en voiture depuis 6 mois.

Je reconnais au restau le couple d'allemands de la veille. Et il me semble qu'il y a aussi Mr Chaussettes Vertes au restau. Mais je suis pas sûre parce que là il a un pantalon bleu. C'était bien lui, quand je pars il me reconnaît aussi, et me fait signe de la main.

C'est drôle, on croise qd même toujours les mêmes têtes et à force on se reconnaît, on se fait coucou !

Tous ceux avec qui j'ai parlé font 4 jours jusqu'à Odeceixe l'étape de demain. Les jeunes d'hier allaient une étape plus loin. Qui restera-t-il ensuite ?

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L'étape d'aujourd'hui est prévue pour 18,5 km. J'en ferai 3 de plus pour rejoindre Azul, petit village sur la plage d'Odeceixe, et un détour m'en fera faire au moins 2 de plus. Je dois donc être à 23-24 km aujourd'hui.

Bien que levée à la même heure qu'hier, je prends mon temps, pas d'orage qui menace aujourd'hui.

Je bavarde un peu en petit-déjeunant avec un couple qui randonne aussi, puis je pars vers 8h40, j'ai l'impression que je suis seule au monde ! Pas un chat dehors, la grande plage est déserte.

Toujours personne en vue. Le vent souffle fort. Il y a au moins trois personnes devant moi, trois empreintes de pas différentes. Je me sens seule au monde et je profite pleinement de découvrir ces plages et rochers rien que pour moi ! Je me sens tellement privilégiée !

Le chemin alterne des passages au-dessus de la mer et des passages un peu en retrait, dans les forêts de pins, d'acacias, et autres buissons.

En arrivant à la grande plage de Carvalhal, il faut descendre puis remonter de l'autre côté. Une école de surf / restau / massages est là, fermée. J'imagine qu'il y a plus de monde en été mais pour le moment je l'ai pour moi toute seule !

''''''

En montant de l'autre côté, j'aperçois André, rencontré à Porto Covo le premier jour, et Adam qui attaquent la descente vers la plage.

Moi je continue à monter et je tombe sur... un zèbre ! Puis une autruche ! J'ai été téléportée en Afrique ? Pas du tout c'est un zoo !

Je continue de plage en plage mais je commence à me faire rattraper. André d'abord, puis le couple d'allemands d'hier, puis un autre couple (hollandais ?) puis d'autres que je "connais" de vue maintenant après plusieurs jours à les croiser tous les jours....

Je suis bluffée par les nids des cigognes, toujours perchés dans des endroits improbables, mais comment ça tient avec ce vent ?

J'arrive en vue de la grande plage d'Amalia, on peut y descendre, ça ferait une chouette étape de pique-nique. Mais voilà, le chemin est barré, il faut faire un immense détour piste de terre / route sans intérêt, d'au moins 2 km, et on n'est pas censé aller à la plage pour cause de falaise fragile....


En rejoignant enfin le chemin côtier, je tombe sur Adam, la dame hollandaise, deux jeunes femmes, je me pose pour bavarder et j'enchaîne sur la pose déjeuner. Le jeune qui marchait avec Adam le premier jour nous rejoint. Ils repartent tous et je fais une mini sieste.

Allez c'est reparti, je rêve d'un café avec un pastel de Nata, depuis qu'Ekatarina nous a dit qu'elle s'arrêtait dans tous les cafés avec son père pour manger ça ! Hélas, le café-restaurant de Azehna do Mar est fermé. Mais le petit port est adorable, ça doit pas être facile en sortir/d'y rentrer dans celui là non plus !

Remontée en falaise et chemin sableux jusqu'à être en vue de la plage d'Odeceixe. Je dors dans ce mignon petit village, Azul, mais avant d'y arriver, je dois longer la rivière jusqu'au village d'Odeceixe et revenir sur l'autre rive. Environ 8 km.

Je pourrais aussi attendre que la marée descende mais je décide de marcher.

Je descends en bord de rivière, un panneau m'annonce 4 km jusqu'à Odeceixe, le reste est sur une petite route peu passante.

A Odeceixe, je fais quelques courses et une pause smoothie, sur une jolie place ensoleillée.

J'y vois arriver d'autres randonneurs. Dont Mr Chaussettes Vertes avec qui je discute un peu avant de repartir. Il va aussi jusqu'à Lagos, en prenant son temps. Donc demain il se repose et ensuite sa fille le rejoint pour marcher avec lui.

Je serais bien restée à papoter mais il me reste encore 3 km à faire, dont deux tiers sur route, heureusement peu fréquentée à ce moment-là.

Me voilà revenue à cette superbe plage, maintenant à marée basse.

Ce soir je vais manger dans l'unique restau ouvert, face au soleil couchant, qui malheureusement se cachera derrière une barre de nuages gris et je n'en verrai même pas les couleurs rosées du ciel.

Je discute avec un couple que j'ai rencontré plusieurs fois. Ils continuent jusqu'à Aljezur demain, c'est leur terminus car ils ont déjà fait Aljezur-Lagos une autre fois.

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22,5 km pour cette étape depuis Odeceixe donc 3 de moins pour moi qui suis déjà à la plage.

Et hop on commence par la plage... Il a plu un peu plus tôt, le sable est mouillé et j'ai de beaux nuages. Je pars par la plage puis je remonte rejoindre le chemin.

Il fait beau, je suis seule et j'admire toujours les constructions des cigognes.

Encore un peu de côte, j'aperçois 3-4 personnes derrière moi mais personne ne me dépasse...

Un petit détour par la campagne avant de revenir sur la côte. Un couple d'italiens me rattrappe, je les avais vus les 2-3 premiers jours.

De retour sur la côte, je sens qu'on va se faire mouiller ... Les premières gouttes tombent, je continue pendant que les italiens s'équipent en mode pluie. Je finis par sortir ma cape de pluie tout en me disant que ça n'est pas une bonne idée avec ce vent. Et effectivement, ça me gène plutôt qu'autre chose et de toutes façons il ne pleut déjà plus. J'enlève la cape.

Retour vers l'intérieur.

J'ai un coup de mou. Il fait moche. A part les italiens je n'ai vu personne. Me faire doubler et échanger qqs mots avec des têtes connues me manque. Je ne vais plus voir la mer aujourd'hui car le reste du parcours est à l'intérieur et pour le moment les pistes et routes prises manquent de charme...

Et puis j'ai faim, ce matin mon jambon et mon fromage avaient congelé dans le frigo et je n'ai pas mangé grand-chose...

Bon c'est le moment de faire une pause. Il y a un abribus avec un banc, à l'abri du vent, ça va être parfait. Une dame passe. Puis le couple de hollandais d'hier soir, sans me voir.

Je repars avec un peu de musique dans les oreilles pour le moral. Jusqu'à Rogil c'est sans intérêt mais je chante et le soleil est revenu !

En plus en arrivant à Rogil, il y a un café/restaurant ouvert et je peux prendre un café avec un pastel de Nata, très bon ! En terrasse au soleil, alors que tous les autres mangent dedans, il y a les italiens et les hollandais.

J'aperçois André qui passe devant le café sans s'arrêter. Une 5eme "tête connue" qui continue, chouette.

En repartant, je dis bonjour à deux messieurs que j'ai déjà croisés plusieurs fois. On fait un bout de chemin ensemble. Ce sont deux bruxellois, Éric et Gaston, c'est la première fois que je parle français sur ce chemin depuis que je suis partie !

J'ai repéré une petite boucle qui passe près de la mer mais en bavardant je rate l'embranchement. Quand je m'en rends compte je repars en arrière pour la faire... Je croise André qui se demande pourquoi je vais dans le mauvais sens.

Mon petit détour m'aura fait faire 7 km supplémentaires soit 26,5 km dans la journée...

Mais c'est agréable, je retrouve de jolis paysages, et puis franchement passer à côté de la Praia de Amoeira sans la voir ça aurait été dommage ! (Je croyais que ça voulait dire Amour mais ça veut dire mûre 😁)

Après la plage, il faut remonter rejoindre le sentier "normal". Je traverse de superbes champs de coquelicots.

Ça se couvre à nouveau, 3 gouttes de pluie, je continue et je commence à fatiguer.

Je calcule que je devrais arriver vers 17h30. Je fais une pause banane chocolat. C'est bon !

Je continue, 20 minutes avant le village, je vérifie mon chemin et les deux jeunes d'Amsterdam arrivent. C'est leur dernier jour de rando.

Je continue. En arrivant dans le village je tombe sur André, tout frais après sa douche, oh que je rêve d'une douche ! Bientôt, bientôt... Il poursuit avec moi jusqu'au supermarché, j'apprends du coup qu'il va aussi jusqu'à Lagos, et j'arrive enfin à ma guesthouse !

Je n'ai qu'une envie: me jeter sur le lit ! Mais vu comme je suis sale ça va être douche d'abord, et puis mon petit rituel: lessive, massage des pieds, des genoux...

Je vais manger et je tombe sur Éric et Gaston et je passe une très agréable soirée en leur compagnie. Eux s'arrêtent à Arrifana demain, enfin Éric en tous cas, Gaston a visiblement envie de profiter de la piscine de leur hôtel !

Bon c'est pas tout ça, mais il y a encore 17.5 km à faire demain !

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Petit déjeuner à 8h40 ce matin, je ne décolle pas de bonne heure. Je commence par monter au château, hier soir j'avais pas le courage après mes 26-27 km... Ça grimpe sec, j'entends quelqu'un derrière moi, c'est André, avec ses grandes jambes il m'a vite rattrappée !

Il m'apprend que ce château (pourtant en ruine !) est l'un des sept présents sur le drapeau du Portugal.

Il fait un peu gris mais je crois que ça va se lever.

Je prends un raccourci en sortie du château, et je rejoins mon chemin. Ça grimpe encore plus raide que tout à l'heure, du coup j'ai de beaux points de vue sur la vallée qui va jusqu'à la mer, sur la plage de Amoeira où j'étais hier.

Après j'ai 4-5 km de route, pas la partie la plus sympa, mais les paysages sont beaux.

Enfin un chemin de sable ! (Enfin ça c'est parce que c'est après le goudron, en réalité le sable mou, au bout d'un moment ça lasse aussi...)

J'arrive de l'autre côté de la plage d'hier, au milieu de petits buissons fleuris, j'adore les petits buissons fleuris ! C'est vraiment la meilleure saison pour ce trek, surtout quand on entend parler de neige en France, Belgique, Allemagne...

Au bout des rochers, plein de pêcheurs ! Au revoir la plage d'Amoeira, direction la prochaine !

Cette plage est magnifique ! Je respire à pleins poumons, qu'est-ce que ça fait du bien !

Un petit café / pastel de Nata après mon pique-nique, et c'est reparti !

Le sentier suit la côte ensuite, découvrant des plages préservées...

Ensuite il s'éloigne de la côte, il fait super chaud, ça monte, ça descend, ça remonte et... voilà Arrifana !

Installation à l'auberge de jeunesse, douche, lessive et je m'installe sur la terrasse. Zut je me rends compte qu'il n'y a pas de supermarché, le plus proche est à 2km et j'ai la flemme d'y aller.

André arrive et me confirme... On regarde le chemin de demain. On peut gagner quelques kilomètres si on arrive à passer une rivière. On regarde l'horaire des marées, la marée haute est à 16h08. Il faudra arriver avant, mais aucune idée de si ça passera ou pas.... On verra bien ! Il est optimiste, moi moins, mais j'ai des moins grandes jambes !

Le couple d'italiens arrive et s'installe avec nous sur la terrasse. On bavarde, ils sont tous de grands marcheurs contemplatifs et de grands voyageurs, j'adore !

Les italiens n'ont, comme moi, plus rien à manger. Ils pensent passer au supermarché demain matin. Moi je prends l'option demander des sandwiches à l'hostel, et essayer de partir tôt, vers 8h. Le petit déjeuner est à 9h, trop tard pour moi !

Repas au restaurant avec les italiens. C'est sympa !

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Partie tôt, 7h40, je dormais plus de toutes façons, et je n'avais pas envie d'attendre le petit dej de 9h.

Moins d'une heure après j'arrive à une première plage. Je petit-déjeune là.

La suite est inintéressante, de longues pistes de terre, dans la forêt et dans la campagne. J'ai même pas pris une photo....

Vers 11h40 je retrouve un chemin de sable, mes petits buissons fleuris, et je me rapproche de ma plage finale.


André arrive quand j'attaque mon sandwich. Il est 12h40, j'ai mis 5 heures (bon ok la dernière heure je l'ai fait cool !) et lui est parti vers 9h.

Repos et sieste au bord de la plage. Le village où je vais est derrière, à deux-trois km. Quand je quitte la plage, les italiens arrivent. Le supermarché leur a fait faire 5 km de plus !

L'hostel est très sympa, je partage une chambre avec André et Claire, une jeune anglaise. On va manger tous les trois, on en profite pour se rajouter 3 km. En effet, pourquoi aller au restau le plus proche ? Très chouette soirée.

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Une belle journée aujourd'hui encore, avec un soleil un peu voilé mais finalement présent tout au long de la balade.

Je prends mon petit déjeuner en compagnie d'un français qui fait Lisbonne-Faro en vélo.

Puis c'est parti vers 8h40, 16km à faire aujourd'hui, facile !

Un couple devant moi, ils n'avancent pas vite, ce sont mes amis italiens, d'habitude ils marchent plus vite, la dame a visiblement une ampoule et elle avance avec peine. Je lui propose d'essayer mes pansements anti-ampoules, je dois la convaincre un peu, mais elle est vraiment soulagée après !

Je fais un bout de chemin avec eux, jusqu'à la première plage où nous prenons un café (et un pastel de Nata pour moi !)

Je les laisse partir devant. Je ne veux pas m'imposer et j'aime bien marcher seule. Je sais que je les retrouverai ce soir !

Je quitte la dernière plage en montant par un petit chemin et je redescends vers la suivante, jolie plage avec ses rochers verts.

Et à nouveau une montée bien raide, petit passage plus loin de la côte, et descente vers une plage sublime !

Je vois André au loin qui en repart quand j'arrive, j'ai la plage pour moi toute seule, waouh ! J'en profite pour manger et me reposer. Je sais qu'après le chemin sera moins marrant...

Je pars à regret de ma plage de rêve, et me dirige tranquillement vers le village.

Le village est joli, avec ses moulins, perché au milieu des collines. On voit la mer au loin, et même le village de Sagres où je serai demain soir, j'approche en effet du cap.

Tout le monde est déjà arrivé, la maison est jolie avec une cuisine sympa, Ivan et Rachele proposent qu'on mange ensemble, et de cuisiner des pâtes. Comment refuser des pâtes faites par des italiens ?

Nous voilà tous les quatre partis faire les courses pour notre repas du soir. On ne se connaissait pas il y a 8 jours, la magie de la communauté des randonneurs.

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Nous avons décidé de faire la dernière étape ensemble, challenge pour moi qui suis la plus lente. Et nous partons tôt pour essayer d'éviter la pluie.

Nous marchons d'un bon pas, c'est chaud à suivre, surtout quand c'est André qui marque le rythme. Mais c'est gérable et c'est très sympa.

Le début de fait sur une large piste, qui monte un peu au début, puis quasiment plate !


Le soleil pointe son nez alors que nous arrivons en vue de l'océan et du phare du cabo st Vicente, le point le plus au sud de notre parcours !

Le plan était de se poser dans le café près du phare, mais tout est fermé aujourd'hui (lundi). A la place on mange "la dernière saucisse allemande avant l'Amerique", servie dans un foodtruck.

On repart à fond pour Sagres, mais la pluie finit par nous rattraper.

On se donne rdv pour le soir, chacun part à son hébergement. Le mien n'a pas l'air super confortable et j'ai besoin de confort ce soir. Je décide de changer. Dans les deux cas, je dois attendre 16h, je vais donc prendre un chocolat et un pastel de Nata.

Ma nouvelle chambre est hyper confortable. Je peux même prendre un bain et ça détend mes jambes et mes pieds fatigués.

A 19h je retrouve Raquel et Ivan. Pas d'André. On l'attend 30 minutes, on lui laisse un mot avec le restau où on va, juste à côté.

Bien sûr, on n'a ni retenu le nom de son logement, ni échangé nos numéros de téléphone. Donc on ne sait pas le joindre et lui non plus s'il a eu un souci....

On a une soirée agréable mais un peu triste, on est un peu inquiet pour lui...

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Aujourd'hui grosse étape. Excellent petit déjeuner pris à l'hôtel et c'est parti, il est 9h10.

Le temps est gris, je vais surement croiser la pluie dans la journée. Le soleil s'invite également.


Je quitte Sagres par un chemin argileux où mes chaussures collent au sol, pas facile d'avancer !

Ensuite je vais de plage en plage, à chaque fois il faut descendre puis remonter, je comprends mieux pourquoi l'étape du jour a du dénivelé...

Après cette jolie plage, où je m'arrête pour mon pique-nique, un détour me fait rentrer un peu vers l'intérieur puis la pluie arrive.

Un peu d'abord, puis plus fort avec du vent. Les descentes au bord des plages sont plus difficiles quand tout est mouillé...

J'arrive enfin au village de Salerma, l'étape "normale". Je voudrais me poser pour un chocolat chaud. Mais rien ne me tente et comme le soleil est revenu et que j'ai encore 6km à faire, je continue...

Ça se couvre derrière moi d'abord puis devant moi.... D'après Meteoblue, il ne pleut plus jusqu'à ce soir...

Ça n'en finit pas de descendre et de remonter... Chaque fois je crois que c'est la dernière montée, et chaque fois il y en a encore une....

Et il se remet à pleuvoir, je suis plus très loin, je coupe pour rejoindre la route. C'est le déluge maintenant...

Enfin j'arrive à mon hébergement, après au moins 26 km, 9h15 de marche dont 30 minutes de pause à tout casser...

Il y en a une qui va bien dormir ce soir...

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Départ 8h40, je prends mon temps dans le village, car hier avec la pluie j'étais pressée d'arriver.

Je prends un peu de hauteur ce qui me permet d'avoir une belle vue sur la côte derrière moi, jusqu'à Sagres.

Jusqu'à Luz ça reste relativement plat et sauvage.

En approchant de Luz ça devient beaucoup plus urbanisé. Je reconnais les hautes falaises après la plage (déjà vues hier mais aussi lors d'un précédent voyage en décembre... 2018 ?), je me pose quand même pour un café/pastel mais ça n'a pas la même saveur au milieu des touristes sur une plage/allée bondée que lors des précédentes pauses, sur une plage ventée et déserte à l'exception de quelques randonneurs ou surfeurs...

Allez, plus qu'une étape, Luz-Lagos, déjà fait lors du précédent voyage. Je pars à l'assaut des falaises.


Après la deuxième plage, un petit détour par la route pour éviter des propriétés privées et j'arrive en direction du phare et de la pointe "Ponta da Piedade", très découpée, avec arches et grottes naturelles.

C'est magnifique mais il y a trop de monde à mon goût ! Dont la plupart ne respectent pas les panneaux qui disent de rester sur les chemins, et quelques-uns qui prennent des poses dans des endroits escarpés... Bref le retour à la civilisation...

Passage assez rapide dans Lagos, au milieu des restaurants et magasins pour touristes... Je trouve un banc à côté du canal, puis un petit cafe-epicerie bio où je bois un bon jus de fruit en même temps que j'arrange mon sac en vue du bus.

17h,le bus part. Bye bye Lagos et la Rota Vicentina ! Même pas vu un panneau de fin... 😭