Carnet de voyage

Cyclot'âges Andins en Colombie

13 étapes
113 commentaires
L'action de cycloter consiste à se déplacer, à un rythme qui donne du sens au voyage et du plaisir à nos sens.
Janvier 2018
400 jours
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Le projet fait son chemin depuis trois ans.

Au départ il s'agissait simplement de tester une autre forme de vélo, et nous voilà partis avec Janine sur nos VTT pour une petite itinérance d'une semaine en Haut Minervois durant l'été 2014.

Nous terminons cette première expérience convaincus que le voyage à vélo fera partie de nos loisirs de vacances à l'avenir. Dès l'hiver 2014-2015 nous commençons à nous équiper de matériel adapté, et je décide de monter un vélo qui réponde aux critères de voyage. Cadre Surly, roues 26 pouces 36 rayons, jantes double paroi , groupe shimano déore SLX, pneus schwalbe marathon plus, selle Brooks, potence et cintre Xtream, portes bagages Tubus, sacoches Ortlieb. Fiabilité et simplicité avant tout.

Dès lors j’enchaîne les voyages, seul ou à plusieurs, en fonction du temps libre que nous laissent nos activités professionnelles.

Via verde Ojos Negros, Vélodyssée, Bretagne Nord et Sud, Saint Pé - Alès, Saint Pé - La Seu d'Urgell, Saint Pé - Madrid, Saint Pé - Delta de l'Ebre, Saint Pé - Compostelle aller et retour.

Juste enchanteur devant le Mont Saint Michel 
Bivouac au bord de l'Ebre en route pour Madrid
En route vers Alès devant la cité de Carcassonne
Bretagne cote de granit rose
Au départ de la Via verde Ojos Negros
Franchissement des Pyrénées sur le chemin de la Seu
Sur les chemins de la Vélodyssée
Le long de l'atlantique vers Compostelle
Dans les congosts de la sierra sur la route du Delta de l'Ebre
Quelques images de nos précédents voyages 

L'idée d'un long voyage après la vie active s'est imposée rapidement. Le choix de l’Amérique du Sud et plus particulièrement des Andes est apparu à la lecture de nombreux récits de voyage.

L'itinéraire choisi avec le nombre de kilomètres par pays et le nombre de jours de voyage. Un prévisionnel de 15000 km au  total.
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A J-30 il fallait le faire!

Réunir les amis kayakistes, montagnards, cyclistes, funboarders, kiters, avec lesquels je partage des moments de sport et de convivialité. Une chouette soirée avant de les quitter pour un an. Merci d'avoir répondu à mon invitation et merci aussi pour tous ces souvenirs indélébiles. Un petit mot aussi pour vous dire que je suis désolé de ne pas avoir utilisé vos propositions pour le nom du carnet de voyage. Mais ce n'est que partie remise car il est évident qu'ils seront à l'honneur au fil des étapes.

Voilà les résultats de votre fertile imagination:

Richouaïa Challenge - Inca de s'ennuyer ici - Attila Inca Roads - Au delà de la Bonida - Ritchoupichou Trip - Papy et Paulette dans les Andes - Ultima Esperanza - El camino del Canino - C'est le Pérou - Mission Ushuaia 2018 - L'aventure c'est l'aventure ! Faut pas pousser quand même - Ricardo com Carne.

Ce ne sera pas toujours facile à placer mais je vous promets d’essayer.

Pour ce qui est de vos petits mots enregistrés sur mon smartphone je me réserve la surprise au fur et à mesure du voyage.

Le plein de bonheur en bonne compagnie 
Les photos ne sont pas de grande qualité mais la soirée restera un très bon souvenir

J-15 tombera le jour de Noël que nous passons à Lanzarote avec nos enfants. Janine nous a organisé un séjour de 10 jours sur cette île volcanique réputée pour sa douceur de vivre. Le plein de bonheur en famille avant le départ. Merci Janine.

Rien de tel que 10 jours avec la tribu au complet 
Juna se régale avec les vagues 

A bientôt en Colombie.

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A vrai dire ça n'a pas vraiment bien commencé. Dès l'enregistrement des bagages de l'aéroport de Toulouse nous sommes tombés sur une hôtesse d'Air Iberia qui à réalisé la performance de détenir le plus grand concentré de bêtise et de méchanceté que nous n'avions jamais observé.

- Vous avez réservé pour les gros paquets ? (les vélos)

- Sur le site de la compagnie il disent que ce n'est pas la peine de réserver.

- C'est indispensable et ce n'est pas sur que nous puissions les prendre, c'est un petit avion.

Coup de fil :

- C'est bon vous avez de la chance, par contre il y a un supplément à payer.

-Sur le site ils disent qu'il n'y a pas de supplément pour les vols internationaux.

Coup de fil:

- Bon ça va on fait une exception mais normalement il faut payer.

- Ce bagage fait deux kilos de trop.

- Mais les autres sont en dessous, ça compense non?

- Non il faut enlever 2 kilos. Et vous restez combien de temps en Colombie?

Là on la ramène pas parce qu'on n'a pas de billet retour et on à entendu parler de cas où les personnes se sont faites refouler.

- Un mois et demi

- Vous avez les autorisations?

- Il n'y a pas besoin d'autorisations pour les séjours touristiques en dessous de deux mois.

- Bon, attendez la personne chargée des bagages spéciaux.

Voilà c'est parti, mais nous avons secrété des tonnes de zénitude pour ne pas lui dire ce que l'on pensait d'elle.

 C'est  vrai que nous avons un peu plus de bagages que le voyageur ordinaire mais nous sommes rassurés de les voir embarquer.

Finalement nos bagages sont arrivés avant nous à Santa Marta. Nous avons loupé la connexion à Bogota à cause du passage à l'immigration puis les douanes et nous avons pu récupérer le vol suivant 1h30 plus tard. Pour un voyage de 3 vols et 2 escales avec 3 vélos plus tout notre barda on s'en sort plus que bien.

23h, bien crevés mais il fallait trinquer à notre arrivée. 


Quand tu te réveilles le premier  matin et que tu vois le poissonnier devant ta porte tu comprends que t'es arrivé en Colombie.

Nous avons prévu de démarrer tranquillement et avons loué un appartement pour 5 jours à Santa Marta.

Montage des vélos et premier contact avec les locaux 

Ce que l'on peut dire c'est que le choc culturel est immédiat. Le colombien aime la vie, il est souriant, serviable et amical. Il a un klaxon à la place du cerveau écoute de la musique à fond partout où il se trouve et quelle que soit l'heure, et chante facilement. Le niveau sonore est déroutant mais sa respire la vie.

Après une journée d'acclimatation nous allons visiter Tayrona un parc naturel national dont on dit le plus grand bien. Dès notre arrivée nous comprenons que nous sommes dans une usine à touristes. Après une bonne 1/2 heure de queue devant les guichets on nous fait comprendre que le quota de personnes à l'intérieur est atteint mais que nous pouvons réserver pour le lendemain. Aussitôt l'annonce faite nous sommes abordés par des rabatteurs qui nous expliquent qu'il peuvent nous avoir des places avec quelques pesos pour les guides du parc plus une réservation sur le camping pour lequel il travaille. C'est de bonne guerre et une bonne expérience pour comprendre comment fonctionne la Colombie.


Les Ecohabitats sont bien intégrés mais ça reste une machine à touristes. De notre coté nous nous contenterons d e la tente.
Un peu de monde mais le littoral est une pure merveille 
L'équipe avec Alex et Arthur 

Une belle rencontre avec deux jeunes frères savoyards, Alex et Arthur 21 et 18 ans. Il sont partis pour un tour du monde de 11 mois. Alex vient de terminer ses études de cuisine et il profite de ce tour du monde pour faire des stages chez des grands noms de la gastronomie. Arthur vient de passer le BAC et enchaînera sur une école d'architecture au retour de son voyage. Il sont curieux de tout, entreprenants, et profitent à fond de la vie. Bon voyage à eux.

Une belle randonnée dans la forêt avec des paysages variés 

Suite à une première journée un peu "touristland" à notre goût nous décidons de sortir des sentiers battus et faire une randonnée de 4h dans la jungle. Une pure merveille et de belles surprises malgré les 30° et les 90% d'humidité un peu difficiles à supporter.

Heureusement nous trouvons un petit ravitaillement. 
Et heureusement aussi que Papy a encore des reflèxes 

Au milieu de la randonnée nous traversons Pueblito, un vrai village indigène. Quelques huttes avec des indigènes et tenue traditionnelle. Nous ne savons pas si ça fait partie du folklore mais en tout cas ils sont très discrets et personne n'a essayé de nous vendre quoi que ce soit.

Pueblito et ses habitants 

Vous avez compris que notre compteur est toujours à zéro, mais nous prenons nos montures demain pour notre première cycle direction Cartagéna où j'essaierai de vous donner de nos nouvelles.

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93

Vous aller me dire que 93 km pour aller de Santa Marta à Carthagène ça fait pas le compte, mais j'ai une bonne nouvelle à vous annoncer. Aujourd'hui j'ai pu faire 20km sur la selle pour aller visiter le centre historique de Carthagène. Vous ne comprenez pas et c'est normal, je vous raconte depuis le début.

Nous sommes partis dimanche 14 de Santa Marta avec les fourmis dans les jambes et un peu d'appréhension pour moi.

Une photo s'imposait pour garder un souvenir de cette famille pleine d'attentions 

Un grand merci à la famille Ortega qui nous accueillait dans leur Airbnb. David et Amparo étaient aux petits soins avec nous en permanence. Amparo nous préparait le café tous les matins et même un repas type colombien. David toujours "a la orden" nous a amené a "una ferreteria" en moins de deux pour acheter un écrou perdu durant le voyage.

L' excitation du départ

Bon a vrai dire l'excitation n'a pas duré longtemps pour moi, mais je m'en doutais un peu. Après quelques kilomètres à peine je faisais mon premier arrêt pipi sans vraiment pouvoir évacuer grand chose. Sur la selle la gène initiale devient douleur. A la pause de midi j'y crois encore mais je sais bien que l'infection urinaire est bien là. Au kilomètre 45, nous arrivons au début d'une bande de terre avec la mer d'un coté et des marécages de l'autre et nous savons que durant 50 km ce sera comme ça sans une seule habitation. Un débriefing et John passe à l'action. Antibiotique express et traitement pour aider l'évacuation. C'est bien d'avoir son toubib attitré, et nous décidons de faire demi tour pour trouver un hébergement.

Dans notre malheur nous avons la chance de trouver un super hébergement en bord de mer pour moins de 30€ la nuit 
De la terrasse la vue n'est pas mal non plus 

Après une nouvelle concertation en soirée nous décidons que John et Yvon rejoindront Barranquilla en vélo et moi en bus. Le lendemain, la raison l'emporte et John est formel, il faut absolument éviter la rétention urinaire totale sinon c'est la cata. Je repars en bus jusqu'à Cartagène qui se trouve à trois jours de vélo de Barranquilla. Avec les 2 jours de repos que prendront John et Yvon à leur arrivée ça fera 5 jours pour être prêt à repartir à vélo. Je vous avoue que c'est très frustrant et le ciboulot te pose plein de questions, mais c'est le meilleur choix.

Aucun problème pour transporter les vélos dans les bus colombiens 

Comme je n'ai pas grand chose à vous raconter de la route (je laisse le soin à Yvon de vous décrire ça), je vous poste quelques photos de Carthagène. C'est encore une grande ville de 950 00 habitants. Après Santa Marta 700 000 et Barranquilla 2 000 000 habitants, je vous assure que l'on commence à s'habituer à la circulation et conduite Colombiennes. Le centre historique est fortifié et de style colonial. C'est joli sans plus et beaucoup trop touristique.

Les charrettes pleines de fruits c'est le commun de la Colombie 
Beaucoup de maisons colorées et de plantes aux balcons. Cartagène soigne son tourisme. 
Le style colonial est assez présent un peu partout 
Vue des remparts 
C'est colorée aussi pour les nombreuses vendeuses de fruits 

La photo ci dessus vaut un petit commentaire pour illustrer une des facettes de la Colombie.

- Je peux prendre une photo?

- Si mi amor mais tu m'achètes un fruit.

Je prends la photo et elle me coupe une tranche de melon.

-Voilà, 10 000 pesos querido (c'est le prix d'un repas)

-Amiguita c'est pas parce que suis un gringo que je suis tonto, te burlas de mi.

-No mi amor c'est le prix.

-Tchao !

Malgré tout il faut reconnaître qu'en majorité les Colombiens sont toujours prêts à rendre service et d'une gentillesse extraordinaire.

Pour terminer ma partie, je vous poste une petite vidéo de la circulation Colombienne que vous ayez une idée. Pour simplifier, tu as le droit de tout faire à tout moment, à condition de klaxonner. Tu peux circuler à droite à gauche au milieu, doubler de tout cotés, t'arrêter au milieu de la route et repartir quand tu veux, forcer un stop personne ne t'en voudra, mais on te klaxonnera. Pas pour t'engueuler, mais pour te prévenir qu'on va te doubler, te frôler ou te forcer le passage. Et comme ça arrive tout le temps, ça produit un niveau sonore un peu déroutant pour les Européens que nous sommes.

Ce n'est pas le pire que l'on ait vu mais ça donne une idée 

Le voyage vélo by Yvon:

Richard testant le voyage en bus il faut bien aller vérifier si la trace prévue initialement est bonne.

Tout d'abord ...faire l'inverse de ce qui est prévu. Sur les conseils du gérant de l'hotel, direction bord de mer pour éviter la route qui mène à Medellin et son cortège de camions. Pas besoin de traces il n'y a qu'une route large avec une belle bande de roulement (de quoi rouler à deux de front,plutôt sympa). En cherchant un peu on peut faire l'expérience des axes secondaires, là ce sera sans revêtement, les montées se feront à la poussette, les fortes pluies ayant défoncé la route, mais on touche la Colombie profonde pauvre mais pas misérable.

Toutes les voies ne se ressemblent pas 

L' après midi après une sieste indispensable par cette chaleur, nous ferons encore une vingtaine de km sous 32° avant de pister un campement. Cette fois ci chez l'habitant, John sort toute sa connaissance linguistique et nous voilà confortablement installés sous une tonnelle. Le lendemain pareil, visiblement notre équipage surprenant et nos têtes de Frenchies rassurent. C'est ce que nous avaient dit les copains, passés par là avant nous, les Colombiens sont accueillants.

Le bon accueil Colombien 

Et là encore une découverte : pourquoi ces plages ne sont pas plus fréquentées ? Tout simple il est à peu prêt impossible de se baigner si on ne sait pas nager dans 5 noeuds de courant qui balaye la plage.

Et pour finir ...voilà Cartegena ville inscrite dans l'histoire qui doit bien attirer le touriste à voir les hôtels gigantesques 45 à 50 étages qui bordent la cote en rentrant dans l'agglomération ....l'horreur !

Demain tourisme et repos .... relatif.

KM
247

Avant tout mille mercis pour vos mots d'encouragements et commentaires. Nous les attendons avec beaucoup d’intérêt et vous ne pouvez pas vous imaginer le plaisir que nous avons à les découvrir. Je ne peux pas répondre à tous individuellement mais je vous lis avec grand intérêt.

Ça y est j'ai repris le vélo et fait 2 étapes sans aucun problème. Je suis soulagé et heureux. Nous avons finalement fait Carthagène - Santiago de Tolu en 2 étapes au lieu de 3. C'est vrai qu'il n'y a aucun dénivelé pour le moment et ça roule bien.

De grandes lignes droites sur des 2X2 voies ce n'est pas le top mais ça avance bien 

Au petit village de San Pablo nos estomacs nous rappellent qu'il est temps de s'arrêter. Deux maisons sur le bord de la route, une paillote, deux tables et une marmite qui chauffe sur les braises, c'est tout ce qu'il nous faut. Elle n'a qu'un plat évidemment c'est du Sancocho (pot au feu colombien) composé d'une soupe puis un plat de bananes plantain, igname, tuya, riz et un peu de viande. C'est délicieux et au fil du repas nous découvrons une famille exclusivement féminine de la grand mère aux petites filles. Tout ça respire le bonheur et la joie de vivre et nous prenons une belle leçon de vie.

La paillote de Vengelis qui nous a reçu comme des princes avec son sourire plein de fraîcheur.
Voici le Sancocho avec le traditionnel limon et un verre de bonne citronnade bien fraîche.  
 Vengelis et sa fille Vanesa
Et toute la tribu au complet 

Après le repas, comme Yvon commençait à s'endormir sur sa chaise, Vengelis nous propose une sieste dans son jardin sous les manguiers.

Yvon en pleine récupération 
Et pour terminer baignade dans la rivière avec les enfants avant de reprendre le vélo 

Après 75 km nous arrivons à Maria la Baja vers 15h30 où nous nous précipitons sur la bière réparatrice. La chaleur ajoutée à l'hydrométrie sont suffocants et malgré des départs vers 7h00 du matin nous soufrons pas mal. Pour le moment la consommation d'eau sur le vélo est de 6 litres par jour, sans compter les bières à l'étape. Après la bière nous partons à la recherche d'un hébergement et nous flashons sur un Appart Hotel que j'ai le plaisir de vous présenter.

La chambre à coucher. Nous avons préféré gonfler nos matelas que dormir dans les lits proposés. 
La buanderie et la cuisine salle à manger. Tout est parfait. 
Prêts pour le départ au petit matin 

Quelques scènes de la vie quotidienne entre Maria la Baja et Santiago de Tolu.

Le pèle porc façon Colombienne
Patrouille de police
Encore un qui s'est trop hydraté
Interdit de jeter des ordures
Zoomez sur la photo en bas à droite et vous comprendrez que le Colombien n'est pas traumatisé par la réglementation. 

Pour changer de la route un peu monotone nous décidons de prendre une piste qui nous conduira durant 25km jusqu'à notre point d'arrivée Santiago de Tolu. C'est tout de suite un grand soulagement de rouler sans circulation et au milieu de paysages superbes. A la pause de midi nous avons la surprise de voir passer Guillaume 23 ans cyclo voyageur Jurassien qui roule seul. Il vient de démarrer de Barranquilla et à pour objectif de rejoindre Ushuaïa comme moi. Nous finirons la route ensemble et passerons la soirée avec lui.

Bien peinards sur la piste 
Les vaches ont de la place
Arrêt repas à l'ombre des arbres ou nous rencontrons Guillaume.
Toujours aussi sympa sur la piste 

Arrivés Tolu, baignade, bière et recherche d'un couchage le train train quotidien.

Santiago de Tolu est une petite ville balnéaire bien sympa 
Baignade et bière à l'arrivée ça s'impose 

Le prochain tronçon nous amènera à Arbolètes, encore une ville de bord de mer.

KM
462

Ouf! ça y est j'ai placé le premier titre parmi ceux que vous m'avez concoctés. El camino parce qu'on y est. On sort des routes principales pour prendre des voies de traverse et des pistes, quitte à faire un peu plus de chemin.

El camino esta àqui. Nous espérons aller jusqu'au bout. Merci Marc.

Nous avançons tranquillement et n'hésitons pas à modifier nos plans si un coin nous intéresse. Les départs se font tôt le matin, chaleur oblige. Nous alternons des paysages de pâturages avec de grands arbres lorsque nous sommes dans les terres, avec les belles plages bordées de cocotiers sur le littoral.

Des paysages assez variés à l'intérieur des terres
Et un magnifique littoral
Trop souvent gâché par leur manque de respect pour leur environnement

En vélo nous faisons nos arrêts repas dans les petites gargottes de bord de route ou carrément chez l'habitant quand c'est possible, plutôt que dans les restaurants classiques. Cela nous offre de belles rencontres que nous apprécions particulièrement. Pour les nuits nous alternons hôtel et tente en fonction des opportunités.

Traversée de San Bernardo del viento
Nuit sous tente et repas chez l'habitant à Santa Lucia

Finalement nous changeons une fois encore d'itinéraire après Santa Lucia. La côte est trop tentante. Nous ne connaissons pas l'état de la piste après Moñitos mais nous tentons le coup. Bien nous en a pris Moñitos est l'endroit parfait pour profiter de la mer au calme et nous décidons immédiatement de rester deux nuits.


Notre hôtel comme on les aime, devant la mer
Ça y est nous avons la panoplie parfaite du Colombien, hamac et machette
Pour déguster el agua de coco des noix que j'ai ramassées au petit matin.

Nous voulions de la piste et nous n'avons pas été déçus. Depuis Moñitos jusqu'à Cristo Rey 56 km de piste et 800m de D+. Pour vous faire une idée prenez votre vtt mettez 40kg dessus et faites 56km de piste caillouteuse. Si la première moitié est dans un état correct, la deuxième nous a laissés sur les rotules. Piste complètement defoncee et chaleur accablante. On comprend mieux la tête des autochtones lorsqu'on leur montrait notre itinéraire.


Relativement facile au départ
La récompense est à l'arrivée de l'étape a Cristo Rey. Baignade et bivouac face à la mer.

Encore quelques images de ce que nous voyons sur la route


Le boucher du village et le transport made in Colombia
Arrêt technique pastèque.

Nous arrivons enfin à Arbolètes apres une étape facile de 51km dont 13 de piste. Nous dégotons un camp hôtel sympa recommandé par le vendeur de pastèque et ce sera une nuit sous toile sympa face à l'océan.

Le site ou nous sommes, à 4 kilomètres de Arbolètes bien au calme.
Ce soir ce sera tente ou hamac voire un peu des deux.
KM
715

Ça y est nous avons quitté la côte et sommes à Mutata au pied des premières ascensions où nous prenons une journée complete de repos avant de rentrer dans le dur. Mais nous avons encore bien profité de la mer durant ce tronçon de 4 étapes tranquilles. Côté paysages nous alternons entre les grands pâturages et des bananeraies à perte de vue. Nous sommes dans la région productrice de "bananas y platanos", à ne pas confondre, les uns sont des fruits et les autres des légumes.

Du vert que du vert mais pas encore une goutte d'eau.

La première étape nous amène à Nicocli petite ville balnéaire ou je fais la connaissance de John Colombien cycliste et roi de la débrouille. Après 2 bières et un petit repas au mercado, il nous dégote vite fait un hospedaje face à la mer à 15000 pesos par personne, moins de 5 euros tout de même.

Quelques images de Necocli

Sur la route le jeu consiste pour l'instant à repérer les noix de coco accessibles et se faire une bonne agua de coco puis manger la pulpe. Les arrêts jugo natural et comida font aussi partie du programme.

La noix de coco notre passe temps favori
Glouglou et miam miam nos préoccupations quotidiennes.

Toujours sur la route nous nous arrêtons régulièrement pour prendre des photos insolites ou qui attirent notre attention. En voici quelques unes, mais nous en loupons tellement.

Les maisons se suivent mais ne se ressemblent pas
Les colombiens sont les rois de la pédale
Le passage dans les villes toujours un moment épique.
La perle de ce tronçon. Le panneau annonce une Manucure.... tout un programme.

Pour les lieux d'hébergement, lorsque nous sommes dans une ville, il n'y a pas de problèmes pour trouver un hôtel barato ou un hospedaje. S'il n'y a pas de ville en fin d'étape, c'est un peu plus compliqué pour trouver un bivouac prendre de l'eau en quantité et s'installer dans un endroit discret. Alors nous explorons l'hospitalité chez l'habitant et ça marche. Tant qu'à faire on choisit une belle hacienda ou propriété avec une jolie pelouse, de l'ombre et de quoi mettre les hamacs.

HolàSeñor, nous sommes français et voyageons en vélo dans votre beau pays. Nous venons de faire une longue étape et cherchons un coin pour passer la nuit. Est ce que vous nous permettez d'utiliser un bout de votre jardin. Si amigo no hay problema.

C'est ainsi que Freddy nous a accueillis comme des rois dans le centre religieux pour retraites spirituelles dont il s'occupe.

Petit cabanon bien au calme pour nous tout seuls avec draps propres serviettes et eau fraîche.

Installés et chouchoutés par Freddy au grand coeur.
Le lendemain bien posés sous la tonnelle d'une hacienda.

Sur le prochain tronçon qui nous amènera à Santa Fe de Antoquia nos allons nous frotter aux premiers gros dénivelés. A suivre.

KM
888

Voilà, nous sommes à Santa Fe de Antioquia et depuis trois étapes nous avons attaqué la montagne que nous craignions tant. Presque 4000 metres de dénivelé positif en 3 étapes. Je ne dirais pas que c'est toujours facile mais au final ça passe. Il faut adapter son rythmé, prendre son temps et oublier les gamins qui viennent nous narger avec leur vélo sur la montee et nous posent mille questions.

A peine sortis de Mutata en direction de Dabeiba c'est le changement radical au niveau paysages. Nous roulons dans une jungle luxuriante où leau est omniprésente . Nous croisons des torrents avec de l'eau très claire, des cascades sur le bord de la route et nous remontons le Rio Sucio riviere à l'eau marron, tout ça sous un ciel couvert. Autant dire que nous apprécions particulièrement cette relative fraîcheur.

Petite pause paysage
De la verdure et de l'eau rien de tel pour apporter un peu de fraîcheur.

Sur cette étape nous traversons plusieurs réserves indigènes et trouvons un habitat plus que rustique fait de cabanes en planches sur pilotis avec des indiens qui ne souhaitent pas du tout communiquer.

Maisons indigènes
École indigène
Passage du bois au dessus de la rivière

La route esr correcte bien que certains tronçons ne soient pas goudronnés, et pas mal de zones effondrées sont annoncées par des panneaux surprenants. Le trafic n'est pas énorme mais les camions eux le sont. Et nous, nous ne dérogeons pas aux pauses Jugos Naturales tout au long de la route.

La pause avec 40cl de jus d'orange pressé devant moi.

Le lendemain de Dabeiba 400 metres à Cañasgordas 1300 metres c'est l'étape la plus dure avec 63km et 1600m de dénivelé. Alors je me lève à 5h pour éviter les grosses chaleurs et décide de déjeuner au village. Dans la rue il fait encore nuit mais ça grouille de monde et la plupart des boutiques sont ouvertes. Les friteuses sur les trottoirs fonctionnent à plein régime et préparent les buñuelos qu'elles servent dans des petites poches de papier immédiatement tachées de gras, aux journaliers qui partent travailler. Je me décide à les goûter avec une empanada et un croissant. C'est délicieux, une sphère parfaite avec une croûte croquante et un intérieur moelleux fait d'une pate légère et de fromage. C'est gras et fumant et je me retiens pour ne pas en prendre un deuxième. Aussitôt sorti de Debaiba ça démarre par 15km de montée et je regrette déjà de m'être laissé tenter.

En bas la route que je viens de monter. Heureusement le matin c'est souvent couvert.
Toujours en bas la route que je dois descendre et au fond la rivière avec la vallée que l'on remontera jusqu'à Cañasgordas.
En bas une rivière à kayak patfaite
Et enfin la vallée que nous remontons le long du Rio Cañasgordas.
Parfois la route est parfaite et d'autres fois destapada, entendez non goudronnée

A Cañasgordas avec l'altitude nous trouvons une douce fraîcheur parfaite pour la récupération . J'ai même pris le luxe de mettre une couverture en cours de nuit. Le lendemain nous devons passer un col à 2150 mètres, avant de plonger vers Santa Fe de Antioquia 1500 mètres plus bas.

Yvon qui a un problème avec le roulement de son moyeu avant decide au bout de trois kilomètres, tellement sa roue avant grince et le freine, de changer de monture, et embarque velo et paquetage dans un Carricoche pour monter le col.


Le Carricoche d'Yvon
La végétation est toujours aussi dense et nous trouvons même quelques sapins en prenant de l'altitude.
Au col à 2150m nous voyons la vallée où nos devons descendre
Quelques images de la descente où nous en prenons plein les yeux.

Santa Fe de Antioquia est une ville coloniale pleine de charme avec une place entourée de terrasses très animées et un parque plein de végétation. C'est un plaisir de flâner dans les rues et déguster los Jugos Naturales proposés dans de nombreuses échoppes et notamment à Jugos Budapest une adresse très recommandable. Côté hébergement nous ne nous plaignons pas non plus, nos avons trouvé un hostal avec piscine, terrasse et hamacs. A 9 euros la nuit avec petit déjeuner c'est un peu cher mais on prend quand même.

On a arrêté la bière ...et on est passé au ti punch
Installation plouf dans la piscine apéritif et repas maison.
La charmeuse Santa Fe de Antioquia
Jugos Naturales Budapest on en redemande. De la vitrine à ton verre directement.

Dernière bonne nouvelle Yvon à un moyeu neuf monté sur son ancienne jante, il va pouvoir repartir. En ce qui me concerne vous avez certainement remarqué que la présentation des deux derniers articles laissait à désirer. C'est parce que mon ordinateur est tombé en panne et l'application smartphone n'offre pas toutes les possibilités. Il est chez le réparateur et suis en attente du verdict.

Le démontage de la roue se fait dans la rue
La réparation avec un nouveau rayonnage aussi.

Nous rentrons très bientôt dans El eje cafetero avec plein de choses à raconter.

KM
1115

Dès la sortie de Santa Fe le changement de paysage est radical. Nous sommes dans la vallée du Rio Cauca et le climat est beaucoup plus sec. Nous découvrons une végétation d'arbustes et de taillis avec un massif peu boisé qui me fait penser au versant sud des Pyrénées. L'étape nous amènera à Bolombolo, une ville bien moins jolie que son nom, en remontant le Rio Cauca.

Sur ces 80km relativement plats le paysage varie peu, alors je trouve des alternatives pour passer le temps avec des rencontres de passage.

Rencontre avec une famille et échange de montures 
Mes copains cantonniers qui se demandent pourquoi je me fatigue avec cette chaleur 
 Parce que de temps en temps nous trouvons une cascade bien rafraîchissante

Extraction de sable à la Colombienne. Un contre courant ou la rivière à déposé et on remplit le camion à la pelle. C'est une vraie industrie sans aucune machine, que des bras.

Camion prêt pour le chargement 

Le lendemain nous décidons de changer notre itinéraire et de monter à Jerico une ville patrimonio dont on nous a dit beaucoup de bien. Le seul problème c'est qu'il faut se coltiner 1500 mètres de dénivelé sur 22km. J'en ferais la moitié et j'arrêterai un camion extremement compréhensif avec un papy comme moi. Une fois la haut c'est vrai que tout est magique. Le paysage avec la vallée du Cauca 1500 mètres plus bas est splendide. Nous décidons de camper sur un aire de décollage de parapente qui domine toute la vallée. Juan Carlos accepte et nous propose un vol. Tope la on fait ça de suite et c'est un grand moment. Et pour ne rien gâcher c'est vrai que Jerico est une ville adorable.

Notre belvédère où nous décidons de passer la nuit 
Une première  
Jerico comme jardin sont des villages patrimonio aux maisons colorées

Entre Jerico et Jardin c'est une étape de 55km dont 32 de piste bien caillouteuse où ça remue sévère. Le matériel et le bonhommes souffrent pas mal et on croise les chivas. Il s'agit des bus de montagne tout colorés, sans vitres et ou on embarque personnes et matériel partout où il reste de la place. Mais la récompense est à Jardin avec sa traditionnelle place entourée de terrasses où l'on peut déguster le meilleur café du monde. Milles mercis à Clara, la compagne de Carlos référence du vélo de voyage en Colombie, qui nous a guidés et conseillés pour tout ce dont nous avions besoin. Nous avons ainsi pu visiter une finca cafetera ou grace aux explications de Angela et Andres là production du café n'a plus de secret pour nous.

Quand les chivas arrivent il vaut mieux se pousser. Parfois aussi la route est effondrée et il faut changer de chiva. 
Jardin ressemble beaucoup à Jerico. 
Une branche de cafetier avec les graines rouges prêtes à être cueillies. 
Les différents stades du café de la fleur au grain prêt à être séché.  
Cueillette du café avec Andres 
Puis dégustation et explications 
En soirée Clara nous a invités à découvrir les différentes manières de déguster le café. Tout un art. 

Après ces réjouissances l'étape suivante nous amènera à Riosucio en passant par un col à 2900 mètres et sur 52km de piste.

Dans la montée avec Jardin tout en bas 
La montée est rude mais les paysages splendides 
Ça méritait bien une petite vidéo  

L'arrivée à Riosucio se fera avec quelques courbatures dans les jambes et on campera dans un parc en pleine ville, après s'être fait refouler par les pompiers qui n'ont aucune complaisance pour les vieux voyageurs.

KM
1274

Dès la sortie de Riosucio je note une circulation inhabituelle. Pourtant la route est relativement étroite, mais les camions 6 essieux se suivent en convoi. Je monte un col en me disant que tout cela n'est pas normal. Il n'y a pas de bande cyclable et lorsque deux 6 essieux se croisent dans un virage il n'y a plus de place pour un cycliste. Merci le rétro que j'ai monté, mais malgré lui je ne me sens pas du tout en sécurité et choisis, à plusieurs reprises, le bas côté au dernier moment.

En haut du col j'ai la réponse. Un cycliste me double, fait demi tour et vient me voir. C'est Yvan, un colombien passionné de vélo auquel il vaut mieux ne pas se frotter dans les montées. Il m'explique que la route principale est coupée parce qu'un pont s'est effondré alors tous les camions sont déviés par ici. Par la même occasion il me donne deux bons plans d'accueil dans sa famille et amis pour les étapes à venir. Merci Yvan.


De jolis petits monstres avec lesquels il ne faut pas jouer.
Là il vaut mieux se ranger

Initialement nous avions prévu de nous arrêter à Pereira mais Jacques à accepté de nous accueillir dans sa maison 15km après Pereira. Ça nous fera ça de plus en km et portera le dénivelé total de la journée à 1150m mais ça valait le coup. Merci le réseau warmshower. Jacques est français et marié avec Juliana qui est Colombienne. Ils habitent une petite maison en pleine nature au milieu des cafetales et des bananiers perdue dans un massif végétal. Leur accueil est plus que cordial et nous avons passé une excellente soirée que même la remontée invraisemblable de la piste le lendemain, pour accéder à la route, ne peux nous faire regretter.

Vue de la terrasse
Ti'punch de rigueur

Du coup la dernière étape pour arriver à Salento est écourtée mais le dénivelé final et les pentes en arrivant à Salento me laissent sur les rotules. Heureusement nous avons prévu de faire une pause de 3 jours à Salento, jolie petite ville du département de Quindio mais aussi la plus touristique que nous ayons vue.

Ici se croisent les fans de trek et de montagne de toutes nationalités avec un bonus pour les français. Il faut dire que nous sommes à 2000m au pied du parc national de Los nevados et surtout à côté du fameux Vallé de Cocora.

Il faut l'avouer même avec le tourisme, cette nature ne laisse pas indifférent. On a beau etre préparé les majestueux palmiers de Cocora ça frappe fort.

Du Colombien pure souche dans un café  
Esto es Colombia les touristes sur le marche pied pour accéder au Valle de Cocora

L'hostel Estrella de agua est le rendez vous de tous les baroudeurs à vélo, en bus ou autre, et au fil des rencontres nous mesurons ce qu'aventure veut vraiment dire. Josh est un jeune cycliste anglais, parti d'en haut de l'Alaska voilà 7 mois. A part pour passer du Panama en Colombie portion sans route, il n'a pas lâché le vélo. Il pense qu'avec l'argent qu'il a il peut tenir encore 7 mois. Avec le rythme qu'il a on peut parier qu'il arrivera en terre de feu sans problème.

L'hostel camping ou nous passons 3 jours
Et où tous les après midi nous avons droit au bon orage tropical.
El bosque de palmas

La prochaine pause sera à Cali que je rejoindrai en 3 ou 4 étapes et que nous avons décidé de faire chacun de notre côté. Pour répondre à vos commentaires, je vous rassure tout n'est pas toujours idillique. Les cotes nous font souffrir et ce n'est pas toujours facile de voyager à trois. Et c'est pour ces raisons que les bons moments prennent le dessus et marquent mon récit.

KM
1522

Moments de vélo :

Départ de Salento 17 février, jolie descente de 3km jusqu'à la rivière, puis une (belle) montée de 5km pour 400m de dénivelé. Je sais que ça va être dur après 3 jours de repos et sans échauffement, alors je prends les écouteurs et cale mon lecteur MP3 sur la liste Anticafard. Je monte depuis 2km à 6km heure, la transpiration ruisselle le long de mes bras et imbibe la guidoline, je prends mon mal en patience. D'un coup la pente se radoucit. C'est beaucoup moins dur et dans mes oreilles Sinatra attaque New-York New-York, un rayon de soleil encore à l'oblique vient chatouiller ma joue droite, pendant qu'un motard me double se retourne et lève le pouce. A cet instant un flot de bonheur m'envahit. Une sensation de bien être que j'ai déjà éprouvée en velo de voyage. Je suis heureux et certain d'être au bon endroit au bon moment, malgré ce que j'impose aux miens et à moi même. Mais voilà que la pente se relève fort. Il doit y avoir du 8 ou 9%. Oubliés Sinatra, le soleil, le motard et la famille. Il faut s'accrocher au guidon, serrer les dents et avoir mal aux cuisses pour hisser en haut de cette côte une Paulette de 50kg.


Une ancienne photo qui illustre bien le propos.

Une fois la côte montée ce n'est plus qu'une descente vers la plaine située entre la cordillère occidentale et centrale dans el vallé de Cauca. Nous sommes samedi et les places des villages sont pleines à craquer. Une bonne occasion pour flâner et faire des découvertes.

Le week-end los parques toujours bien animés

Côté végétation on passe, au fur et a mesure de la descente, des cafetales aux bananeraies, puis aux immenses cultures de canne à sucre. La température est bien montée et le paysage redevient tropical.

Guarapo sur le bord de route. Jus de canne avec citron et glace,, un délice

Arrivé à à La Tebaida, j'ai le temps de manger un morceau au parque avant de rejoindre mon warmshower qui m'attend.


Un excellent Tamales.

Sergio et Adriana sa maman m'accueillent dans leur belle maison pleine de plantes et fleurs. Adriana est une passionnée d'orchidées et en possède de toutes sortes.

Un bon moment de détente dans cette jolie maison.
Une partie de la collection d'orchidées de Adriana avec l'espace réservé aux plantes avant qu'elles soient en fleur..

Une famille de la classe moyenne Colombienne que je n'avais pas encore eue l'occasion de côtoyer. Adriana me parle de la religion omniprésente qui lui pèse, du système corrompu à tous les niveaux, de son union sans mariage dans un pays ultra catholique, de son goût pour la marijuana. Elle sait qu'elle ne colle pas à l'image de la Colombienne moyenne et je n'arrive pas à déterminer si elle en est fière ou si c'est un fardeau.

Sergio et Adriana merci pour votre accueil 

Maintenant pour rejoindre Cali ce sera de la plaine tout le long. Je décide de quitter la panaméricaine plus directe mais trop fréquentée, pour une plus petite route parallèle, au pied de la cordillère occidentale. En roulant je distingue parfaitement les deux cordillères.

Très souvent la route est bordée de grands arbres qui forment une voûte rafraîchissante.
Culture de papayes et surtout canne à sucre le long de la route.
On distingue sur ce panoramique la cordillère centrale à gauche et un bout de l'occidentale à droite.
Plus de 50km sans croiser un village, il est temps de s'arrêter pour manger un morceau et faire une sieste.

Pour la dernière étape avant Cali je suis hébergé à Yotoco chez Blanca et Toño un couple passionné de vélo. Blanca et Toño ouvrent leur maison et leur coeur à tous les cyclistes de passage. Une rencontre inoubliable et de grands moments. Si vous êtes cyclo et vous passez par Cali vous ne pouvez pas louper cette étape. Si bien que je resterai une journée de plus chez eux pour attendre Guillaume et profiter de leur amitié. Il y a également dans la maison Jésus un cyclo Vénézuelien à court d'argent pour poursuivre son voyage, qui aide Toño dans son petit garage de motos depuis un mois pour se refaire. Toño y Blanca gracias por vuestro cariño y todos los momentos inolvidables.

Ce couple vaut la peine d'être connu

Nous avons fait goûter à Blanca et Toño la cuisine européenne. Pâtes carbonara et pollo al ajillo. Ils en redemandent.

Une soirée à grosse ambiance
Accompagnés jusqu'à la sortie du village par nos hôtes.

Les 50km qui nous séparent de Cali avec une route truffée de camions ne resteront pas gravés dans les mémoires.


De loin on n'y croit pas mais si !

Il parait que Cali est la ville de la chirurgie esthétique et de la salsa. Pour la chirurgie on na pas vérifié mais on se dit que l'image modèle n'est pas la même qu'en Europe.


En ce qui concerne la salsa on ne pouvait pas faire autrement que d'aller voir dans un des nombreux bars de la carrera 5.

Ça envoie du gros 
Tin Tin Deo, une référence pour les amateurs de salsa.

Je voulais vous dire que j'ai commencé à écouter vos messages. Mention spéciale pour Cathy et Pierre.

Sur les prochaines étapes je roulerai avec Guillaume. Elles nous conduiront jusqu'à Popayan début de la cordillère centrale. Ensuite notre itinéraire pour sortir de Colombie n'est pas encore fixé, soit par la partie Amazone, soit par le Trampolin de la Muerte. A suivre.

KM
1817

Nous venons de passer 3 jours à Cali, avec du repos, quelques sorties et un peu d'intendance. J'ai renvoyé un paquet en France avec des vêtements et affaires que je n'utiliserais pas et enlever 2kg c'est toujours ça de gagné. Nous voyagerons ensemble avec Guillaume jusqu'à l'Equateur, et ensuite nous verrons bien.

Petits apéros maison à Cali avec Guacamole et toasts de vraie baguette française (un luxe) 

La sortie de Cali avec plus de 10km de circulation à la Colombienne, n'est pas une partie de plaisir. Nous évitons encore une fois la Panam en passant par Jamundi, Timba, puis Santander de Quilichao notre destination d'étape. Sur la route nous sommes encore surpris de la facilité avec laquelle nous rentrons en contact avec les gens. Nos vélos chargés et montés par des gringos attirent la curiosité des colombiens. Il faut reconnaitre que c'est des passionnés de vélo et le week end nous croisons autant de groupes de cyclistes que sur les routes Bigourdannes.

Le dimanche c"est sortie vélo pour tout le monde.
Une bonne route bien plate avec au fond la cordillère que nous attaquerons après Santander de Quilichao.

A Santander de Quilichao nous sommes hébergés dans la famille de John John un warmshower non cycliste. Il prend plaisir à accueillir les voyageurs pour rencontrer des étrangers, connaitre leur pays et échanger sur d'autres cultures, c'est sa manière à lui de voyager. Dans sa ville comme dans toute la Colombie c'est la frénésie du week end, tout est ouvert et tout le monde est dehors. C'est au marché que l'activité est à son comble dans des ruelles étroites où il faut se frayer un passage.

Le WE les chivas sont de sortie pour faire descendre à la ville tous los campesinos pour vendre leurs produits
Dans un quartier entier c'est une suite d'étals de fruits et légumes. 
C'est jour de marché aussi pour les vautours. 

En ce qui nous concerne nous sommes particulièrement attirés par les stands de fruits, plus beaux et meilleurs les uns que les autres et pour un prix dérisoire. En plus des classiques ananas mangues et papayes, nous raffolons des guanabana, maracuya, pitaya, lulo, tomate de arbol, carambole, granadillas, goyave.

Le plaisir des yeux et du palais 
Chez nos hôtes c'est parfois spartiate mais toujours chaleureux.
John John et sa famille sont des indigènes du peuple des Paéces.

A Popayan nous décidons de prendre du repos avant d'attaquer une nouvelle traversée de la Cordillère centrale avec le parc national du Puracé au programme. Popayan est surnommée la ville blanche, encore une ville coloniale que nous prenons beaucoup de plaisir à découvrir. La mauvaise nouvelle c'est que je viens de constater que ma jante arrière est fendue à plusieurs endroits à l'insertion des rayons. Je fais le tour des boutiques à cycles sans succès, pourtant ils ont en vitrine les tous derniers modèles de VTT. Enfin je rencontre Bernardo dans l'une d'elles, qui me dirige chez Victor. Chez lui ça ne paye pas de mine. Pas de vitrine avec les derniers modèles de VTT ni de super nana à la caisse, mais en moins de deux il me dégote la bonne jante, récupère mes rayons et les remonte aussitôt. En prime il me rajoute un 34 dents sur la cassette arrière et me fait tous les réglages. Tout ça avec la pause café obligatoire de cinq heures au bistrot d'en face et le tout en 1h30 pour 15€ pièces et main d’œuvre. Au niveau service on a encore du boulot en Europe.

La ville blanche bien agréable 
Quoi de mieux que le marché pour un bon repas pas cher 
La boutique  de Victor en plein travail avec ma roue

Les 3 prochaines étapes nous mèneront jusqu’à San Agustin en passant par Coconuco et Paletara, avec un petit bivouac prévu à 3200 mètres en plein parc National du Puracé. Une première de monter à vélo à une altitude au delà de la Bonida. La montée après Coconuco vers le Parc National est un régal pour les yeux. Le temps est splendide et les paysages nous ravissent d'autant plus que le physique me permet maintenant d'avaler le dénivelé sans souffrir. Arrivés à 3200M dans le parc national nous constatons qu'entre le Paramo et la jungle il n'y a rien de vraiment adapté pour planter la tente. Nous rebroussons chemin sur 3km et trouvons une praire parfaite avec vue sur le Puracé. Juste le temps de s'installer et manger et nous avons droit à la pluie qui s'installe toute la nuit et la journée du lendemain.

Première crevaison du voyage en sortant de Popayan
En remontant la vallée vers Coconuco 
Puis après midi sympa aux thermes 
Un peu frisquet en partant de Coconuco au petit matin
En montant nous croisons régulièrement de belles cascades mais à cette altitude nous n'avons pas besoin de nous rafraichir.
Pour monter soit on pédale......soit on resquille 
Dans l'ascension nous profitons du paysage et observons régulièrement le ruban que nous venons de monter 
A 3200 mètres nous arrivons au fameux Paramo, ce biotope de la cordillère Andine
Au bivouac l'ambiance est plutôt frisquet comme un signe de ce qui s'annonce 
Le lendemain ce sera 80km dont 40 de piste et 1000m D+ sous la pluie.
Malgré le brouillard omniprésent toute la journée on arrive à observer quelques paysages  
L'arrivée à San Agustin avec le Rio Magadalena 

On ne peut pas passer à San Agustin sans rendre une visite au parc archéologique. La région de San Agustin recèle de nombreux sites archéologiques régulièrement pillés depuis la colonisation espagnole, jusqu'à récemment, par les Guaqueros, chercheurs de trésors. Les découvertes s'étalent sur une période de 6000 ans, les dernières datant du 1er siècle de notre ère, sans vraiment savoir s'il s'agît de civilisations différentes ou bien la même à travers le temps. Le parc s'étale sur une importante surface où l'on découvre, à travers des chemins serpentant dans la jungle ou dans des clairières, de grandes pierres sculptées représentant des personnages mi hommes mi animaux symbolisant différentes scènes de la vie. Il s'agit d'une grande nécropole avec les tombes, sarcophages et sculptures servant soit de décoration soit protégeant les tombes de l'ennemi.

Pierre et fleurs un contraste de couleurs dans la jungle
Fuente de Lavapatas où l'on peut observer de nombreuses sculptures dans la roche
Détail de la fuente

Enfin avant de vous quitter je ne peux pas résister au plaisir de partager un des lieux que nous fréquentons régulièrement lorsque nous sommes dans les villes. Le mercado et plus particulièrement toutes les tiendas de fruits et légumes.

Le plaisir des yeux et du palais 
KM
2104

Vous êtes nombreux à me témoigner votre intérêt pour les images et récits que je publie et je vous en remercie. Le partage de ce voyage est un atout supplémentaire pour le vivre plus intensément. Je suis ainsi plus attentif aux paysages que je traverse ou aux détails de la vie courante afin de les immortaliser par des images ou bien de les mémoriser pour les récits. Pour l'instant je ne le vis pas comme une contrainte bien au contraire et je suis ravi que vous les appréciez. Bien sur je n'arrive pas à partager autant que je voudrais toutes ces scènes des villes et villages colombiens, si insolites pour notre monde occidental et qui nous paraissent maintenant, si l'on ne prend pas garde, presque ordinaires. Toutes les histoires et vies des voyageurs que l'on rencontre fréquemment dans les hostals ou sur la route et qui sont tellement en décalage avec notre vie de sédentaires.

Le dernier jour avant de partir de San Agustin nous avons fait la connaissance de Cristal et Fanny, deux suisses qui voyagent avec leurs enfants Esteban et James âgés de cinq ans. La sérénité et l'amour que se portent ces 4 là saute aux yeux et ne laisse pas indifférent. Les deux enfants sont décomplexés, ouverts, mais gentils et attentifs avec tous. Ils sont totalement autonomes et portent des sacs de 5 kilos chacun. Quand nous les avons croisés ils partaient naviguer une vingtaine de jours sur l'Amazone au contact des indigènes.

Cristal et Fanny prêtes à partir 
Esteban et James aussi

De San Agustin nous prenons la direction de Mocoa via Pitalito. Nous savons que sur ces 160km nous ne trouverons qu'un village mais un peu trop loin pour y passer la nuit compte tenu du profil de l'étape. Nous nous préparons donc à bivouaquer la nuit. Après 40km nous sommes au pied du col qui se trouve à 2400 mètres et que nous devons franchir dans 18km. Guillaume part devant et tombe en débouchant au col sur un poste militaire. Le temps est menaçant, la montée a été rude, il fait humide et froid, alors il demande s'il peut se mettre à l'abri de leur poste de garde pour préparer son repas. Aussitôt nous sommes leurs invités pour la nuit, logés nourris et chouchoutés aux petits oignons. Une expérience de plus que nous n'avions jamais vécu.

Bien en sécurité avec nos potes
La base avec une des antennes dont ils assurent la sécurité en plus des contrôles routiers 
Initiation aux armes de rigueur
Et une bonne soirée au cours du repas 

Le lendemain nous démarrons au petit matin, bien couverts, pour une descente de 30km. Sur les 100km qui nous séparent de Mocoa ce sera un grand bain de nature. Nous roulons dans un océan de jungle et montagnes seulement perturbé par le ruban de bitume. C'est beau et grandiose et nous nous arrêtons souvent pour en apprécier la dimension.

Une nature bien sauvage 

Sur la route nous croisons nos premiers cyclistes voyageurs et pas des moindres. Émilie et Marc voyagent avec Aubane leur petite fille de 22 mois. Un chargement impressionnant et une leçon supplémentaire.


Nous en profitons pour casser une graine ensemble et se refiler les bons tuyaux d'itinéraires et hébergements 

La ville de Mocoa n'a vraiment rien d'extraordinaire. Nous sommes à 700 mètres et il fait de nouveau bien chaud, avec de nombreuses averses qui nous préparent au temps que nous trouverons en Équateur. On ne peut pas passer à Mocoa sans aller voir La fin del mundo. Il s'agit d'un torrent qui serpente dans la jungle avec de nombreuses cascades et qui se termine par un saut de 80 mètres au dessus de la vallée. Une randonnée sympa de 3h avec baignades dans les cascades.

Chaleur et humidité pour la montée
Puis quelques passages à gué 
Après la suée de la montée une petite baignade bien rafraichissante.
Enfin la fin del mundo
La vallée avec Mocoa tout en bas

L'étape suivante doit nous amener jusqu'à Sibundoy à travers le trampolin de la muerte. C'est une route destapada (non goudronnée), très étroite, qui serpente dans la cordillère centrale sur 80km en pleine jungle sans aucun village et avec des abîmes impressionnants. Guillaume 23 ans, qui roule avec moi en ce moment l'a faite en une seule étape (au lieu de deux habituellement) de 80km pour 3200m D+ et 12h au total. Vous avez compris qu'on n'est pas au même niveau, pour ma part j'ai préféré prendre un 4X4.

Vélo bien arrimé sur le toit et c'est parti, mais les croisements avec les camions ne sont pas toujours évidents. 
Quelques images de cette route mythique que l'on a du mal à imaginer 

La vallée de Sibundoy est un haut lieu de la culture indigène. Nous avions envisagé de loger chez Cabunga Aguillon, une famille indigène et peut être tester le Yaje ou Ayahuasca. Nous ne ferons ni l'un ni l'autre, trop loin et trop peur. Le lendemain je décide de partir vers la Laguna la Cocha pendant que Guillaume récupère de son périple. L'étape ne fait que 44km mais avec une montée de 15km pour 1200m de D+, autant dire qu'il va falloir arracher Paulette à des pentes que je ne préfère pas nommer. Vent, pluie, brouillard, pente, c'est pas toujours le club med.

Le début de la montée avec la vallée de Sibundoy en bas, le temps est encore clément
Plus haut avec des pentes comme je les avais imaginées
Un nouveau paramo à 3300 mètres, malheureusement dans le brouillard
Le meilleur moment, arrêt à 3km du sommet pour  déguster la spécialité du coin le Cuy une espèce de cochon d'inde délicieux. 

En arrivant à El Encano, l'idée de départ était de camper au bord de la lagune de La Cocha mais avec 10 petits degrés et sous la pluie je change d'option pour une chambre au village. Le lendemain le soleil est de retour et je repousse le départ vers Pasto pour profiter de la lagune.

On n'est pas bien là ! 

La laguna de la Cocha et le village de El Encano sont un haut lieu touristique qui se donnent un air de station hivernale à juste titre, puisque le matin le thermomètre affichait 7 petits degrés.


Je n'ai pas trouvé de fondue au menu des restaurants mais on s'y croirait 

Pour rejoindre Pasto nous n'avons que 27km et un petit col à 3200m avec une montée facile. Au col nous profitons une dernière fois de la superbe vue sur La Cocha.

Un joli bain de nature avant de retrouver la circulation Colombienne à Pasto 

Nous voici au terme du périple Colombien. Dans 80km nous franchirons la frontière de l'Equateur et je m'aperçois que ces derniers temps nous avons trainaillé en multipliant les pauses, comme si nous voulions profiter encore un peu de ce pays qui nous à tant séduits. Au delà de la diversité de paysages que nous avons parcouru, de l'immense nature dans laquelle nous avons roulé, du bouillonnement des villes qui nous surprend toujours, c'est la chaleur, l'amabilité, la joie de vivre et la bonne humeur communicative des Colombiens que je retiendrai.

La Colombie en chiffres: 2184km, 28100m de D+, 35 étapes, 160 heures de selle, 62 jours, 1 crevaison, 0 chutes, vitesse mini 4km/h, vitesse maxi 72,72km/h, xxxxxx bières.

En Équateur il y aura un nouveau carnet de voyage pour lequel vous recevrez une invitation. Je compte sur votre fidélité qui m'est chère.