Grandes vacances....
Janvier 2020
10 jours
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Premier spectacle... Un Juke-Box musical de Bob Dylan. Intéressant parce que je n'ai pas une vraie passion pour Bob Dylan.

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Cela me rappelle le même trajet, il y a plus de 15 ans pour aller voir Bombay Dreams. On s'était trompé de théâtre (on avait confondu l'Apollo Theatre du West End et l'Apollo Victoria) et on a fait West End - Victoria au pas de course. La maman d'Alain a terminé couchée parterre dans le hall de l'Apollo Victoria Theatre. Quinze ans plus tard cela paraît impensable de se perdre dans le centre de Londres.

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Ici, un vrai saut dans le vide... Je n'ai vraiment pas aimé le film. Bien-pensant dans le sens français du terme. Cela ne veut sans doute rien dire, mais pour moi beaucoup.

Enfin, au moins j'aurai eu un bon Cappuccino. J'adore ce théâtre, un vrai théâtre de création populaire au sens où je l'entends. Leurs "Rent" et "Big Fish", pour ne citer qu'eux, étaient sublimes. Croisons les.doigts pour ce soir.

Finalement, je n'avais pas si mal choisi ma place. Bon, ça commence?

Et bien voilà. Le type de spectacle parfait parce qu'intelligent ET accessible, moderne ET non démonstratif, où le rêve du spectateur participe à la complicité salle-scène, où le quatrième mur a fondu parce que l'on se sent dans l'histoire à chaque seconde.

Et puis un spectacle total en ce sens qu'il n'y a pas d'orchestre au sens classique du terme. Non les 12 acteurs-chanteurs-danseurs (oui ils font déjà tout ça) sont en plus l'orchestre: violons, violoncelles portables, contrebasse à roulettes, pianos, accordéons...

Sans oublier la marionnette d'Adeline enfant.

Ce qui est très impressionnant, c'est aussi le décalage anglais-français. Le fait que le spectacle soit joué en anglais mais tous jouant avec un accent français, nous emmène déjà dans un monde décalé, que l'on n'aurait pas s'il était joué en français. Un peu comme le sublime "Emotifs anonymes" du Globe d'il y a quelques années. C'est en plus second degré et jamais caricatural.

La scénographie - au sens premier du terme - est aussi prodigieuse.

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Qu'est-ce qu'on fait le matin du week-end quand on est en retard pour son premier spectacle - ah le petit-déjeuner du Copthorn - et que la Circle ET la District Line sont fermées ? On prend le 9. Le fameux et fidèle NINE!?! Toujours là, lui.

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Chaque fois que je vais voir un spectacle de cirque, je ne peux m'empêcher de penser à ce que j'appelle avec émotion "ma famille circacienne ", les Pauwels. Marquis, Nelly et le petit Sam. Qui n'est plus petit du tout. Ce que j'aime ce qu'ils sont ces trois là. J'espère que je ne vais pas être déçu et que je vais retrouver dans ce spectacle qui se veut un hommage au Golden Age du cirque, tout ce qu'est mon cirque à moi: humanité, ténacité, courage et véracité. On ne ment pas au cirque sur les choses importantes. Ou sinon on s'écrase vite. La vie est peut-être un cirque?

Waaaooooow. J'adore le cirque traditionnel. Parce qu'il implique la tradition? Parce qu'il est vraiment international en réunissant sans estomper les différences? Parce qu'il est plus vrai qu'artistique et parle donc plus à l'âme qu'à l'intelligence formatée? Je ne sais... Ce que je sais c'est que je viens de passer deux heures fabuleuses avec plus de 1.000 autres personnes.

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Traverser la Tamise....

Covent Garden, et on y est déjà... Qui dit qu'on marche à Londres?

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Je ne sais pas du tout quoi à m'attendre. Cette pièce, inspirée par la soif de pouvoir de Richard III, montre la revanche d'un jeune adolescent, Richard, handicapé moteur (hémiplégie - cf le comédien qui le joue) qui décide de devenir délégué étudiant. Il se pose la question chère à Shakespeare: "Est-il mieux d'être aidé ou craint?" On connait la réponse de Richard III. Quelle va être la réponse de Mike Lew et du metteur en scène Michael Longhurst, le nouveau directeur du Donmar (après entre autres Sam Mendes et Michael Grandage).

Et bien, ici aussi, on ne fait pas dans le consensuel! La thèse est très claire, même si elle s'installe petit à petit: l'infirmité de la personne handicapée réside bien moins dans son handicap physique que dans son exclusion - ou sa mise "à part" - de la société. Longtemps on a fait de Richard III un démon suite à son handicap physique. Mais actuellement, chaque équipe scolaire aux USA a son handicapé pour faire bien. Charité chrétienne. C'est une exclusion de plus. La pièce s'insurge contre cela et aborde tout le problème de la sexualité. L'interview du comédien dans le programme est en ce sens très "vraie" car sans aucun camouflage. Il est handicapé physique, appartenant donc à un monde virtuellement asexué mais il est aussi gay, appartenant à un monde oversexué. En moyenne, en tant que gay hémiplégique, il a donc pu faire ses expériences comme beaucoup d'adolescents.

Super spectacle donc qui pose plus de questions que n'apporte de réponses. Ce sont les plus intéressants, non?

Dernière chose. L'auteur exige que les rôles de handicapé soient tenus par des acteurs handicapés. Que cela ne fasse pas partie du jeu. Et le texte contient des variations en fonction des handicaps des artistes.

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On va passer d'un theatre de 250 places à un des plus grands de Londres avec ses plus de 2000 places. On va aussi passer à quelque chose de résolument ... pas moderne!

Au revoir le Donmar...


En passant par le nouveau Seven Dials Market tout rénové.

Que c'est beau Londres la nuit pendant les fêtes... Seven Dials

La petite place magique à quelques mètres de là, sorte de petite place de village...

Certaines façades changent, d'autres s'incrémentent simplement depuis de très très nombreuses années.

Un arrêt pour boire un café... au caramel (c'est encore un peu Noël, non?). Et puis...

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Un musical d'anthologie... Pour moi, a priori, aller voir ce genre de spectacle s'apparente à ouvrir le Lagarde & Michard et tomber sur la partie consacrée à Marivaux. Et Marivaux - à mes yeux je sais - n'est ni Shakespeare, ni Genet ni Camus. Donc...


En fait, je suis plutôt face à un Rubens: je comprends de quoi ça parle, j'admire (je n'admire pas Marivaux, shame on me!), mais je ne suis pas touché. C'est magnifiquement construit, à tous les niveaux du musical (book, lyrics, music) mais cela ne me touche pas. Je suis le seul parmi les 2000 personnes de la salle présentes pour cette closing night.

Pourtant Gershwin - y a-t-il une référence plus universelle - lui-même parlait de Irving Berlin comme du "greatest songwriter that has ever lived", et Jerome Kern disait: "Irving Berlin has no place in American music—he is American music." Voilà.

Ce que je trouve magnifique dans ce spectacle, c'est que malgré l'univers claquettes, on retrouve l'âme populaire américaine. N'oublions jamais que tous les grands compositeurs de cette époque - dont Gershwin et Berlin - ont commencé leur carrière en jouant dans la rue. Et même sils sont devenus célèbres et riches, ils n'ont jamais oublié d'où ils venaient. Ni le bon sens qui leur a alors permis de survivre. D'ailleurs, il y a dans ce spectacle plusieurs personnages qui seraient des Toinette de chez Molière. Ce que j'ai personnellement quand je vais embrasser Madame Pipi du Centre Culturel d'Uccle avant de serrer la main de son directeur.

Ce qui ralentit mon émotion est sans doute aussi mon handicap par rapport au Jazz. Et à son ancêtre le Ragtime dont Berlin est un maître. Mais plusieurs chansons sont magnifiques, dont la célébrissime "White Christmas". Et ici aussi, magnifique moment que ces 2000 personnes qui chantent à tue-tête - on n'est pas loin d'un hymne national - "White Christmas" alors qu'il neige à gros flocons dans toute la salle. De la neige froide qui fond et qui mouille. Oui oui. Moment magique. Cela doit être ça "l'entertainment". Vexé sans doute de ne pas comprendre ce que c'est techniquement que cette neige, je me retourne et regarde ces 2000 chanteurs aux cheveux bruns, blonds et ... gris, certains ont les yeux bridés, d'autres sont noirs.Il y a même derrière mois deux jeunes gays enlacés. Ils chantent tous. Ce sont 2000 enfants qui chantent la même chanson autour de la même cheminée tout en restant eux-mêmes. I love you London.


Magnifique casting aussi dont la chanteuse black a la voix d'or bronzée. Étonnant, dans le programme, en dehors de son impressionnante carrière, elle évoque longuement ses trois cancers qui l'ont longuement éloignée des scène. "White Christmas" est son return, comme dirait Norma Desmond.

Magnifique closing night, "White Christmas"... See you soon Dominion.

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Je vous passe mon trajet en 9... Mais il est rare - et c'est dit sans prétention aucune - que j'aille dans un théâtre du centre de Londres que je ne connaisse pas. En route donc vers le Peacock Theatre, qui est en fait une des salles du sublime Sadler's Wells Theatre, le temple londonien de la danse.

Austère, non?

Quand on approche, c'est un peu mieux. C'est quoi ce Globe? "C'est de l'art moderne?" dirait Moerens... Ol, lui, va voir.

Ça donnerait quoi un monde où le Sud remplaçait le Nord? Une petite chinoise en est toute "retournée".

Même si j'apprécie beaucoup, on n'est pas là pour l'art moderne, on a déjà réservé au Tate cette semaine. L'overdose menace.

C'est tout aussi strict à l'intérieur...

Et dans la salle aussi. Mais quel bonheur de voir une salle aussi grande se remplir un dimanche matin. Le.monde ne part donc pas totalement en couilles... C'est mieux que la.messe, non?

En route donc pour se spectacle qui en est à son 22ème Noël. Attention chaque fois près de deux mois. Un spectacle Jeune Public, dit-on chez nous. Moi j'appelle ça d'habitude un spectacle pour enfants. Et ici c'est vraiment pour les.enfants puisque c'est conseillé à partir de 18 mois. Que étais-je là. Dans le foyer une maman change les langes de sa fille. On a encore des langes à 18 mois. C'est pas les.2 premiers mois? Enfin, je suis serein le spectacle dure deux fois une heure avec entracte. Peut-être y a-t-il des parents qui l'ont vu il y a 20 ans et qui sont là pour partager ce qu'ils ont vécu. C'est freudien.

Ah oui, j'ai pas tout dit... C'est un spectacle de danse. Pas une parole. Le rôle principal est joué par un jeune garçon qui est en scène en permanence.

Et bien maintenant, je sais que l'on sait rester bouche-bée, sans respirer pendant une heure. Jusqu'à ce que l'entracte nous ramène à la réalité, nous fasse sortir de ce rêve poétique et émouvant. Ça sert à quoi un entracte à part montrer qu'on a un rideau de fer.

La deuxième partie est à l'image de la première... Magnifique. Tout y est simple, donc fondamental: ces bonhommes de neige de tous les pays qui se rencontrent. Cela veut dire tellement de choses. On approche de la vérité absolue, tout le reste devenant blabla superflu. Il est midi... Je vais plutôt aller à pied au Bridge Theatre, même si cela fait 4,2 km.

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On peut me dire pourquoi j'adore marcher à Londres et nulle part ailleurs ?

Peut-être parce que c'est Londres. Un peu comme on ne fait que certaines choses avec certaines personnes.

Je sais, la plage de Knokke le Zoute est plus belle. Mais il n'y a pas le Tate sur la digue à Knokke, ce bâtiment qui permet en permanence de relativiser mon auto-prétendue intelligence en lui en rappelant ses limites pourtant si évidentes.

J'avance... Plus que 2 km.

Et là, au loin ce tout nouveau théâtre - et oui à Londres il y a un terrible manque de salles de spectacle - un bâtiment imaginé et dirigé par Nicolas Hytner, l'ancien directeur du National Theatre, et consacré principalement à la création de nouveaux texte. Le "German Life" c'était ici. Et Hytner a gardé toute son ambition de ses sublimes 10 années au National: amener le grand public à apprécier ces créations exigeantes en les rendant accessibles sans aucun compromis artistique.

La fatigue de la petite grotte induite par notre bonhomme de neige du matin laisse la place à limpatience: Hytner me donne rendez-vous avec le Monde de Narnia!?! A-t-on retrouver la magie et l'intelligence de son Peter Pan d'il y a quelques années à l'Olivier Theatre? Patientons, mais patientons agréablement...

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Cela a l'air magnifique, non? Mon sentiment du moment? Cette autre photo du spectacle l'exprime parfaitement...

Mais comme j'ai été bien éduqué, on finit son très cher Capuccino et son encore plus cher "je ne sais pas comment ça s'appelle" aux cerises et on lit son programme avant de le ranger permis les 6764 autres dans mon armoire!

Durant la seconde guerre mondiale, trois vagues de "mise à la campagne" des femmes et des enfants ont été organisées par le gouvernement anglais de Churchill. Plusieurs millions de personnes ont ainsi été déplacées à l'abri des bombes et plus tard des V2, vers des proches ou dans des logements de l'état. On en apprend tous les jours! Mais une fois de plus combien Churchill et son "Je vous promets des larmes et du sang" était plus fort que le "Paris ville ouverte" et son Marechal Pétain. Ce grand spectacle familial des fêtes va nous parler de cela donc: d'engagement, de combat pour des valeurs et des idées.

Les enfants fuient donc Londres pour ce mettre à l'abri de la barbarie nazie et de ses bombes.

Mes ces enfants sont d'aujourd'hui. Sur scène le multiculturalisme règne à l'image des rues de Londres. Les quatre jeunes héros qui vont sauver le monde, et auquel le public va s'identifier, sont des anglais d'aujourd'hui, issus de l'histoire de l'Angleterre dans toute sa diversité.

Et une fois de plus, tous les arts se mélangent : théâtre, danse, chant, cirque mais on a aussi droit au talent de marionnettistes. Sans oublier sceno, costume et une lumière au servi e absolu de l'œuvre.

Un grand spectacle tout simplement. Le Bridge n'a rien à envier au National Theatre. Et à nouveau tout ces enfants que l'on initie aux arts de la scène avec de tels spectacles... Je comprends que Londres manque de théâtre.

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Je suis content après ces deux mondes poétiques, même très différentes, d'aller rigoler au nouveau spectacle des auteurs de "Les Faux British" et "Bank Robery": "Magic goes wrong". En route donc... Du Bridge au Vaudeville, 2h à pied ou 4 stations de métro. Option 2.

Pour aller au Vaudeville, passage par Covent Garden obligatoire...

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Impatient. Et anxieux: j'espère qu'ils ne vont faire une parodie de la femme coupée en deux qui s'appellerait "Ol coupé en quatre".

On retrouve les gags des autres spectacles: ici ce n'est pas Toby qui a disparu mais les lapins du magicien. Puis ses pigeons. On voit aussi un complice qui s'installe dans la salle.

Il s'agit bien de magie... même si on se rend très vite compte que ce ne "sont que" des acteurs coachés par des magiciens. Rater un tour exprès cela ne s'improvise pas plus que de le réussir. Mais le public est acquis.

Coupée en deux, en deux temps. Pas mal. J'ai souri. Bonne idée, mais il faut un entracte pour nettoyer le plateau. Le sang a giclé.

Rassurez- vous, je n'ai pas du monter sur scène avec une perruque blonde. Il s'agit de l'élégance allemande (sic).

On retrouve les piliers du Mischief Theatre avec ici Henry Lewis en mentaliste. Chaque fois qu'il prononce le mot "mind" on entend dans les baffles un écho "mind-mind-..." et l'acteur de hurler au régisseur : "Stop it!". Ce qu'il ne fait pas et permet de faire hurler de rire le public 200 fois au moins (-30% à peine).

Autre running gag, le magicien qui rate ses tours et se blesse à chaque fois. Un couteau dans la main, il revient avec un bandage. Numéro suivant: langue coupée. On ne comprendra plus ce qu'il dit jusqu'à la fin du show. Numéro suivant : il se coupe un bras. Jusqu'à la fin du spectacle il sera manchot. Tiens ce matin, dans "Snowman", il y avait aussi deux manchot, mais sur la banquise...

Dans le classique tour ci-dessus, le magicien fait rire parce qu'il rate son tour et que tout le monde comprend. Dommage. Surtout que ce spectacle semble avoir été écrit en collaboration avec deux pointures de la magie : Penn & Teller.

Et puis il y ces très longs numéros de mentalisme où les spectateurs essaient tous d'être plus malin que l'artiste en scène. Le magicien ayant dit qu'il n'aimait pas les prénoms courants comme 'John', du coup tous les spectateurs - et spectatrices - de la salle s'appelleront toujours "John". 🤮.Mais cela fait rire.

Une bonne idée : les interventions vidéo de David Coperfield ou de Derren Brown. Mais le gag est chaque fois le même : au moment du tour de magie proprement dit, la liaison internationale s'interrompt et on ne voit pas le tour. De rien Brown au deuxième essai sera plutôt manger par l'Ours qui s'était échappé du Vaudeville lors d'un tour raté de la première partie.



A oui... Il y a un moment vraiment drôle : il faut à un moment libéré un magicien plongé depuis 10 min dans un aquarium sans respirer. Un autre magicien arrive avec un énorme marteau, tape dans la vitre, le marteau rebondit et l'assomme. J'ai ri.

Mais où si on, ce qui va, rongé, cette fois, c'est le Mischief Theatre. Mais ça m'a fait plaisir de retourner dans ce petit bonbon qu'est le Vaudeville Theatre.

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Tous les deux trois ans je vais au Zoo de Londres. Ma thérapie pour les araignées, j'adore la partie dans le noir des animaux nocturnes et l'immense volière, ou la verrière des singes. Mais pas cette année. Cette fois je vais découvrir Kew Gardens. C'est une sorte de Zoo végétarien. Le lieu présentant la plus grande diversité de plantes dans le monde!

Et vous savez quoi? Le petit train qui permet de passer aisément de zone en zone dans cet immense domaine est en pause de cinq jours.... Mais vous savez quoi? J'aime marcher à Londres. Mais comme c'est dans la zone 3, Kew Gardens, je vais y aller en métro.

C'est fou comme très vite à Londres la notion d'UNDERground (le métro quoi) est toute relative. On dirait une petite gare champêtre. Et on nest qu'en zone 3. Le métro cela va jusqu'à la zone 6!!!

Mais même si on est en plein Londres, cela fait un peu campagne, ou Watermael-Boitsfort. Très vite (800m), nous voilà à Kew Gardens.

Tres vite on est plongé dans la beauté pure. Et comme c'est l'hiver, je suis seul ou presque.

Commençons par la Temperate House, la plus grande serre du monde.

Rien que cela valait la visite, mais suivons les sentiers, laissons-nous guider par les odeurs. Et oui, même en hiver.

En route vers la Great Pagode.

Rien que pour moi! On continue....

En plus le temps est magnifique. Même si la nature semble sauvage, elle a été très architecturé.

Pas deux arbres de la même espèce (est-ce comme cela qu'on dit?).

Des petits lacs. Et puis quelques arbres aux silhouettes intéressantes.

Même s'il n'y a personne ou presque il y a des lieux pour les enfants...

Et une table pour Giants. Je ne m'y suis pas assis.

Un vrai festival de couleurs. Certains arbres semblent être restés figés en automne.

Et puis on peut encore longer la Tamise, à un endroit où sa taille ne fait pas rougir La Meuse.

Au détour d'un sentier un petit panneau invite à lever les yeux... On dirait un énorme champignon... Ce que ce n'est évidemment pas.

Des arbres. Une foule d'arbres, tous différents. Chacun sa propre vie. Sa propre silhouette. Et une petite maison en bambous, mais je photographie mieux les arbres que les maisons en bambous.

Et des fleurs, le 6 janvier.

Et des centaines de banc. Pour se reposer. Admirer. Lire. Ou se souvenir...

J'ai de la chance, il fait froid mais beau. Et j'ai peut-être croisé 30 personnes en 1 heure. Nous nous sommes chaque fois spontanément dit: "Morning". Suis-je sur Terre?

En route pour le "Sackler Crossing". Quelqu'un parle anglais et peut m'expliquer?

Un magnifique pont - datant de 2006 et ayant gagné un prix d'architecture. Quand on le parcourt les parois semblent solides. Quand on le voit de profil les parois disparaissent presque. Impressionnant. Comme l'est ce magnifique arbre qui nargue avec son manteau roux ses frères qui se sont mis à nu pour l'hiver .

Je sais même faire un "panorama" avec mon GSM. Mais ça sert à quoi un panorama? C'est moche, non. Finalement ça ne sert peut-être pas à ça un paorama. Un jeune dispo pour expliquer à la vieille?

Encore quelques arbres et perspectives. Et voici la "Palm House". On s'apprête à rentrer dans la chaleur humide de la forêt tropicale.

Il s'agit de l'un des plus anciens et importants bâtiments victoriens encore existant. Construit en 4 ans (1844-1848), les lignes de cette structure métallique impressionnent l'ingénieur que je fût. La transmission des forces font de ce château d'allumettes une structure qui résiste depuis 175 ans. Le bâtiment fait quand même 110m de long sur 30m de large et 19m de haut. Tout cela à une époque où on n'imaginait même pas encore ce qu'est une machine à calculer. Alors un ordi.

La porte d'accès ne ment pas... Bienvenue dans la forêt TROPICALE. C'est beaucoup plus chaud que le bureau du Public, c'est dire.

Ici encore, on en prend plein les yeux, plein le nez. Et on est trempé tellement il fait humide. Mais à nouveau...

Comme le montre la grande porte, comment résiste tout ce métal à toute cette humidité. Finalement je suis peut-être encore ingénieur! Et bien le bâtiment a subi une première rénovation de 1955 à 1957. Puis une seconde, beaucoup plus profonde, de 1984 à 1988. Le bâtiment classé (Grade I) a été entièrement vidé puis démonté. Une nouvelle structure, cette fois en acier inoxydable, a été construite à l'identique de la précédente et le bâtiment a été complètement reconstruit.

Tiens, un escalier en colimaçon. Une petite ballade dans les cimes.

Quel plus bel endroit pour discuter avec Nele et Cécile des contrats des metteurs en scène français de "Ça n'arrive pas qu'aux autres". Ah oui, c'est lundi. Le bureau est ouvert depuis trois heures. Le Public? Un théâtre pour le plaisir.

Ressortons de la forêt tropicale... Attention au chaud-froid. En route pour le "Rose Garden". Mais Ol, c'est l'hiver, il y a pas de rose. Juste. Mais un panneau qui explique l'histoire des rosés depuis 5000 ans. On s'endormira moins bête ce soir.

La ballade continue. En route vers "The Botannical". Qu'est-ce que c'est? On va voir... C'est ça vivre une vie aventureuse.

Oooooh, un restaurant végétarien chic. C'est bizarre, dans un zoo on pourrait imaginer un resto végétarien pour ne pas manger les animaux qu'on soigne et chérit. Mais dans un jardin botanique... un restaurant végétarien... Je commence à fatiguer, me semble-t-il. Continuons vers le plus récent (inaugurépar Diana en 1987) "Princess of Wales Conservatory". Ce bâtiment a été conçu pour une optimisation optimale de l'énergie : énormes verrières plates pour récupérer un maximum d'énergie solaire, le bâtiment est enfoncé dans le sol pour limiter la déperdition de chaleur.

Une première zone est consacrée aux déserts.

Avouons-le, il y a cactus et cactus! Mais il y a d'autres surprises!

"Carnivorous", ça veut dire carnivore? Elles ont l'air sympas pourtant.

Pleins d'autres sections. Des salles de 3°C et d'autres à plus de 40°C. Et toujours des choses qui attirent le regard par des couleurs qui font s'arrêter face à une petite marre que l'on n'avait pas vue.

Ou ce que l'on pourrait qualifier de serpent végétal. Enfin c'est la définition d'un ingénieur parlant de botanique.

Dans le même lieu une section sur les plantes aquatiques et leurs habitants.

Il est temps de ressortir. On va s'habituer aux Tropiques. Des arbres ou des plantes aux couleurs étonnantes.

Ou simplement qui font naître un sourire. Je ne me comprendrai jamais totalement.

Je ne suis pas le seul à fatiguer...

😲... "The Hive". J'ai été téléporté au Tate Modern sans qu'on me prévienne?

Pas du tout de l'art moderne ou contemporain, non, il s'agit de recréer ce qu'une abeille ressent dans une ruche. J'ai déjà voulu me prendre pour un dauphin, un lion ... mais une abeille dans sa ruche. C'est indescriptible par des mots, mais c'est vrai que la vision et l'ouïe sont stimulés de manière très étonnante. A un tel point que j'ai oublié de prendre une photo de l'intérieur mais pas d'en dessous ce qui n'a aucun intérêt. Mais je l'avais prise avant de rentrer.

Ce bâtiment a en fait été conçu pour le UK Pavilion de l'Expo Universelle de Milan 2015. Et vu son succès là-bas, il a été transféré aux Kew Gardens...

Un arbre qui ressemble à mon bureau?

Il y a quelques bâtiments - des bureaux et des lieux de recherche - qui attirent aussi le regard.

Un petit Capuccino (sans photo) et en route vers la sortie. Cela fait déjà 4 heures que je suis là. En plus, la foule est arrivée...

Et pour te faire plaisir, papa, un selfie de moi. En espérant que tu arrive à lire ce journal de haute technologie pour suivre les aventures de ton fils qui s'éclate à Londres.

Le temps s'assombrit... Il est vraiment temps de rentrer...

Pfft, mes 2€ sont connus partout.

Quelle belle petite station de métro again, même sous la pluie. En route vers des PREVIEWS d'un musical qui se joue depuis 35 ans!!!!

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Nous y voilà....

Nouveau logo, nouveau slogan. C'est très bizarre d'assister à lapreview d'un spectacle qui a 35 ans comme le rappelle la façade.

En lisant cela, je me souviens de mes premiers voyages à Londres qu'Alain m'a fait découvrir. Les Miz à Londres, c'est de nombreuses fois au Palace dont sans doute avec Hans Peter Janssens. Puis le choc du transfert au Queen's Theatre. Et puis de nombreuses fois au Queen's. Et puis cette fameuse journée de 2010 où on a vu la nouvelle version au Barbican (la seule qui serait maintenant autorisée en dehors de Londres) et puis deux fois le concert des 25 ans à l'O2. Et puis aussi, il y a cinq ans, un 31 décembre en matinée, la première partie du show avec Alain et Simon. Il fallait que je prenne l'Eurostar pour faire l'accueil du réveillon au Public. Je n'imaginais pas que ce serait la dernière fois de la version 1. Ma dernière je suis parti à l'entracte.

Les Miz... pour le 21ème siècle dit la façade. Ça m'énerve un peu. Entrons donc dans la modernité...

Il faut dire que je n'entre pas au Queen's Theatre mais au Sondheim Theatre... Pas mal d'avoir un théâtre à son nom de son vivant dans le West End. La rénovation est top, il faut dire que le confort était un gros point faible du Queen.

Place donc à la version 2.0.

Dès le début, "Look Down", on est dans un bateau. Et là remonte le souvenir de 2010 au Barbican de cette nouvelle version. Les scène s'enchainent, toutes plus fortes les unes que les autres. Et là, il faut l'avouer, il y a un énorme plus. Ne soyons pas nostalgiques, les personnages sont nettement mieux ciselés, Gavroche est beaucoup plus présent et son caractère est très intelligemment amené. L'ensemble est bien plus qu'une foule, chaque individu a sa personnalité. Cela donne une énorme profondeur à l'oeuvre. Le décor - je devrais dire les décors tellement il y a de changements - crée de vrais univers contrastés. La lumière est aussi d'une intelligence rare. Je comprends que même ici à Londres on soit passé à autre chose après 35 ans.

Et le cast? Parce que quoi qu'on en dise, malgré la qualité des chansons, un cast n'en veut pas un autre.

Jean Valjean et Javert

Jean Valjean est incarné par John Robyns à la voix d'or, tant quand il chuchote que quand il envoie. Ici aussi les chanson sont beaucoup plus incarnées qu'avant. Face à lui, Bradley Jaden est un double Javert: froid, dur mais vacillant. La salle hurle de pur bonheur à la fin de chaque chanson. Je crois qu'il y a moins de touristes que d'habitude et qu'il y a des fans qui viennent voir le 2.0.

Fantine, Cosette et Eponine

En ce qui concerne les femmes, Carrie Hope Fletcher ne m'a pas bouleversé dans le rôle de Fantine. Ni Lily Kerhoas dans le rôle de Fantine. Toutes deux très bien mais sans plus. Par contre, Eponine!!! Shan Ako est époustouflante. Son "On My Own" est une vraie recréation. A la fin de la chanson les 3 autres théâtres voisins ont du arêter leurs représentations vu les hurlement du public. Et ici encore, une fois de plus, on s'en tape qu'elle soit noire. C'est la convention. Mais encore plus que d'habitude. L'Eponine-enfant n'est pas black et l'Eponine adulte l'est. Le message parle directement à l'inconscient…

Marius, Enjolras, L'Evêque de Dignes et Thénardier

Le Marius est incarné par Harry Apps dont s'est le premier rôle. Juste à tous moment. Ici encore "Empty chairs at empty tables" est beaucoup plus subtil. L'Enjolras d'Ashley Gilmour est plein d'envolées lyriques, d'espoirs en un avenir meilleur. Petit coup de coeur pour Rodney Earl Clarke qui est un Evêque de Dignes dont la foi rayonne. On se convertirait presque. Enfin, pour des raisons de santés, le Thénardier était Matt Lucas qui est coutumier du rôle (Queen et aux concerts de l'O2).

Enfin, un autre coup de coeur au petit Gavroche black qui dans le spectacle de ce soir était l'âme de cette révolte d'adultes. Les drapeaux s'envolent… "One Day More"... Entracte.

Le nouveau rideau de fer du Sondheim Theatre

Le rideau de fer descend, mon voisin qui a pris des notes pendant tout le spectacle me demande: "Did you like it?" Je réponds: "Yes. More than that". C'était un des assistants à la mise en scène. Il m'explique qu'ils sont ce soir 6 dans la salle à des endroits différents pour donner des notes croisées aux acteurs. Je vais chercher une glace (j'essaie de m'échapper) mais je fais pire que bien car il voit mon pull "My Fair Lady"... "Ooh. What did you play in My Fair Lady". 20 minutes à parler en anglais. Mais il m'explique à quel point ce n'est pas une version 2.0 mais bien 2.1 car la base est bien le Barbican 2010 mais un travail de fond a été refait sur l'interprétation avec certaine permission de sortir du carcan interprétatif de certaines chansons, dont "On My Own" ou le suicide de Javert. Super discussion.

La deuxième partie est au moins du niveau de la première. A la dernière scène, quand tout les morts viennent accueillir Valjean qui monte au ciel ("Do you hear the people sing?") Javert remercie ouvertement l'Evêque. Je présume si je ne l'avais pas vu dans mes plus de 20 visions de la version 1.0 (dont une dizaine en Flandres à l'époque de Peri) c'est que c'était nettement moins évident ou pas joué comme tel.

Quoi qu'il en soit cette nouvelle version est repartie pour 35 ans... La preuve? Les applause...

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L'exposition se déroule dans un lieu que je ne connais pas: la Saatchi Gallery. En route vers la station de métro Sloane Square, adjacente au célèbre Royal Court Theatre que je n'ai jamais fréquenté mais dont j'ai vu de nombreux spectacles lorsqu'ils étaient transférés dans le West End. Con, non?

Une petite ballade dans le quartier où il y a, une fois encore, un de ces nouveaux petits piétonniers que j'adore à Londres. Un concept qu'on aurait bien fait d'étudier à Bruxelles.

Après 45 minutes de file - que font donc ceux qui n'ont pas de ticket? - nous arrivons dans la première salle. Une projection sur un écran géant. Cela me rappelle Harry Potter.

Je ne connais pas bien l'Égypte et son histoire. Mes études greco-latines m'ont plus ouvert aux civilisations des Rome et Athènes antiques. Mais d'où l'intérêt d'une expo qui se tient à l'occasion des 100 ans de la découverte de sa tombe.


Et bien Toutânkhamon était un pharaon fort peu important. Pourquoi? Parce qu'il n'a règné qu'une petite dizaine d'années : il est mort subitement à 19 ans et sa tombe n'était pas prête (cela mettait près de 10 ans habituellement) et on l'a enterré dans le sol sans grand bâtiment apparent. En outre, ses successeurs - pour des raisons politiques - ont fait disparaître son nom de tous les documents, de tous les bâtiments, ... Ces deux raisons conjuguées ont fait que sa tombe n'a jamais vraiment été pillée et a permis une découverte incroyable en 1922.

Howard Carter était en Egypte depuis 1891 et a participé à la fouille de nombreuses tombes de pharaons. Ces "explorateurs" étaient financés par de riches argentiers car à l'époque, ceux qui découvrent des objets historiques peuvent en conserver une partie. En 1922, l'indépendance de l'Égypte rend les choses plus complexes et Carter sait qu'il en est dans les derniers mois de fouilles.


Le 22 novembre 1922, Hussein Abdel Rassoul, un tout jeune porteur d'eau qui travaille sur les chantiers de Carter décide de creuser à un nouvel endroit pour trouver de l'eau et a une certaine profondeur tombe sur quelque chose de dur: la première marche du tombeau d'un pharaon oublié, Toutânkhamon. La seule tombe non pillée d'un pharaon venait d'être découverte. La lumière se rallume. En route vers l'exposition proprement dite

Les objets sont nombreux et l'audio-guide est parfait. Dans la tombe il y avait des bateaux indispensables pour le voyage vers le "Royaume des Morts".

Tout est magnifique surtout quand on se dit que tout date d'il y a 3500 ans.

Certains sont même émouvants comme ce trône, tout petit puisqu'il a commence à régner à 9 ans (ou 5 ans selon les sources).

Ou son lit funéraire.

Le plan de la tombe montre à quel point elle était simple vu l'urgence avec laquelle il a fallut la finaliser.

Le collier que Carter avait mis au cou du petit Hussein pour la photo devant remercier le vrai découvreur.

Extrêmement émouvant, les deux "bébés" mort-nés qui étaient aussi dans la tombe. Une analyse ADN de ces dernières années a permis de montrer qu'il s'agissait bien de ses bébés. Il n'aura aucun enfant vivant.

Dernière salle avec une statue géante ...

Très très belle expo. J'aurais aimé la visiter avec aussi peu de monde qu'à Kew Gardens, mais les anglais sont bien élevés, donc très cool.

Au revoir, Saatchi Gallery.

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Retour au centre de Londres et à la National Portrait Gallery pour une expo sur les femmes qui ont profondément marqué cette période essentielle de la peinture anglaise. J'avais pas mal lu sur le sujet lors de l'étude dramaturgique de "My Fair Lady" puisque George Bernard Shaw pour son "Pygmalion" s'était largement inspiré d'une des modèles des peintres Préraphaélites: Jane Morris.

Cette expo veut rendre hommage à ces femmes sans qui les peintres préraphaélites n'auraient jamais connu la gloire.

Ces peintres, tous masculins, avaient formé la confrérie préraphaélite en 1848 pour revenir à la peinture italienne d'avant Raphaël.

Effie Gray Millais (1828-1897)

Christina Rosetti (1830-1894)

Elizabeth Siddal (1829-1862)

Annie Miller (1835-1925)

Fanny Cornford (1835-1909)

Joanna Boyce Wells (1831-1861)

Fanny Eaton (1835-1924)

Georgianna Burne-Jones (1840-1920)

Maria Zambacco (1843-1914)

Jane Morris (1839-1914)

Marie Spartali Stillman (1844-1927)

Evelyn De Morgan (1855-1919)

Super expo car elle montre le rôle essentiel de ces femmes qui a été bien au-delà d'être de simples modèles. Peut-on déjà parler de féminisme. Les suffragistes et les suffragettes ne vont plus tarder...

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Un spectacle du National Theatre transféré au Trafalgar Studio 1... Cela va être Top.

Je ressors assez perplexe de ce spectacle et de la rencontre organisée après spectacle.

Ce spectacle semble avoir marqué le monde théâtral à sa création et je veux bien le croire. On parle d'une mère célibataire qui découche, d'une fille qui tombe enceinte d'un marin black sans être mariée, d'un jeune gars homosexuel, tout cela dans une Angleterre pauvre d'après-guerre... Je peux comprendre que cela ait secoué à l'époque. Mais le jugement moral heureusement changé sur toutes ces matières de nos jours. Ce que le débat m'a fait découvrir, c'est le militantisme historique féministe de la pièce.

Il est vrai que cette pièce a pour héroïne deux femmes: Helen et sa fille Josephine. Mais bon, My Fair Lady, Blood Brothers, Sunset Boulevard, ... aussi! Ce que je trouve beaucoup plus intéressant et que j'ai appris lors de la rencontre post-show, est la personnalité et le trajet de l'auteure. Shelag Delaney. Il s'agit d'une toute jeune femme de la working-class - elle a à peine 18 ans et a quitté l'école à 15 ans - et dépensait son salaire à acheter des livres et aller aux spectacles. Après avoir vu une représentation de "En attendant Godot", elle s'est dit: "Je peux faire mieux que cela".

Shelag Delaney 

Elle a donc écrit "A taste of honey" sur sa petite machine à écrire. Toute seule dans son coin. A une époque où le théâtre anglais brille de mille feux: Beckett, Bond, Pinter, Orton, Bennett, ... Pas une femme!

Elle finit son texte en 6 semaine et l'envoie, presque en s'excusant, à la redoutable Joan Littelwood, agent à la fois tyran et magicienne- tiens, il n'y a pas de féminin à tyran!

Littelwood va être charmée et va retravailler le texte avec Shelagh Delaney. Il sera créé au Royal Theatre de Stratford (Londres) en 1958. Gros scandale et gros succès, l'un entraînant l'autre.

On est presque dans une tragédie grecque : cette jeune femmes de 18 ans, sans famille, sans éducation, sans connaissances... Harold Pinter ou Peter Hall pouvaient aller boire un verre le soir avec Tynan (le plus important critique de l'époque - on voit que je suis resté à la rencontre d'après spectacle). Samuel Beckett était pote avec Pinter. Arthur Miller avait persuadé Laurence Olivier d'oser demander à Osborne d'écrire pour lui (cela donnera "The Entertainer").

Shelagh était seule. Malgré l'aide de Joan Littelwood, elle n'a jamais pu vaincre ce que le genre et la classe sociale avaient forgé: une communauté d'hommes aisés et cultivés.


Sa deuxième pièce fût très mal accueillie et elle n'a plus écrit pour le théâtre pendant 20 ans. Elle s'est toujours insurgée quand on parlait d'elle comme une femme en colère. Elle voulait qu'on dise d'elle quelle était "restless" (agitée). Et bizarrement pleine d'optimisme. Aujourd'hui beaucoup de femmes - de toutes classes sociales - sont auteures. Delaney est vue comme "The start of possible".

J'ai envie de relire la pièce car vu qu'elle était jouée avec un lourd accent de Manchester, je comprenais une phrase sur deux. Mais je crains cependant qu'elle a heureusment fort vieilli et que le plus intéressant est l'histoire de sa création et sa place dans la littérature anglaise.

Le cast était top même si je continue à ne pas comprendre ce que lon trouve d'aussi exceptionnel à Jodie Prenger (elle avait gagné l'émission de TV désignant l'actrice qui allait jouer dans Oliver! au Drury Lane).

Et on est toujours aussi mal installé au Trafalgar Studio 1!!!!!


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Ce matin, un peu de repos. Pas de ballade seul en pleine nature, pas de rencontre de pharaon... Bon un petit dossier "Espaces Publics" pour la rue Braemt, mais cela c'est de la routine.

Treize heure, le Nine vers Picadilly Circus. Kander et Ebb m'attendent. Ils ont changé l'affichage publicitaire de Piccadilly Circus - il faut dire qu'ils ont abattu le bâtiment derrière, que de toutes façons on ne voyait pas, pour en reconstruire un autre. Ce n'est maintenant plus qu'une seule grande TV. Et le soir, il fait clair comme en plein jour. Refugeons-nous vite dans un théâtre...

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Un musical de Kander et Ebb? J'adore "Cabaret" (bien monté) et je n'aime pas "Chicago", j'apprécie "Kiss of the Spider Woman" et n'apprécie pas "The Scottsboro Boys" (après la mort de Ebb). Et le reste, comme tout le monde, je ne connais pas. En route donc pour leur dernier musical commun "Curtains". Je vais voir ... pour voir. Pour ma pseudo culture encyclopédique des musicals.

C'est un musical policier "whodunnit". Pour les non-initiés, un "Qui l'a tué?", une sorte d'Agatha Christie qui chante et danse. On sent mon à priori bariolé de perplexité?

Toit commence bien sûr par un crime. En scène, la vedette d'un show (un western sans intérêt) tombe empoisonnée à la fin des saluts de l'opening night. Tout le monde a une bonne raison de vouloir la tuer, tellement elle est mauvaise, arrogante et égocentrique.


Le soir même, la presse descend le spectacle - ils pensent faire une fête commune pour l'opening et la closing night - et debarque un inspecteur, passionné de musicals et qui rêvait de monter sur un plateau.

S'enchaînent alors d'autres tentatives de meurtres - personne ne peut quitter le théâtre pour cause d'enquête - et, comme les producteurs ont décidé de ne pas fermer le show, ils essaient de l'améliorer. Tous, y compris l'inspecteur, qui réalise ainsi un des rêves de sa vie.

Et on rit tout le temps. Une vraie grande comédie musicale qui a pour seul but de nous faire passer un bon.moment. Et c'est totalement réussi.

Les répétitions du show sont topissimes parce que l'on voit vraiment le show progresser.

En plus cela joue et danse magnifiquement (cf Alan Burkitt ci-dessus qui est époustouflant). Et sans.parler du chant. On retrouve l'efficacité de Kander et Ebb des meilleurs moments.

Une palme d'or spéciale à Rebecca Lock (Martin Guerre et beaucoup d'autres) qui est sublime, tout autre mot serait suranné. Elle joue l'une des productrices et son énergie enflamme tout le show. Elle pourrait dans quelques années jouer dans "Gypsy".


Un autre coup de cœur pour Samuel Holmes, le metteur en scène du spectacle. Cela m'en rappelle l'un ou l'autre.

Et bien sûr, l'inspecteur, Jason Manford, un artiste aux talents multiples et est connu pour ses tournées de standup.

Ce spectacle est vraiment un pur moment de plaisir. Cela fait vraiment du bien. Un spectacle de plus que j'aurai adoré au Wyndham's (comme "Red", "An Inspector calls", ...). En plus il a été aussi rénové et n'est plus serré comme des crevettes (ou des scampis en ce qui me concerne).

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Alors là... Merci la presse. Sans elle, je n'aurais pas choisi ce show. C'est l'histoire réelle d'un accident d'alpinisme. Au théâtre? Pfft... Cela va encore être du bla-bla sans fin. Comment peut-on sur scène suivre deux amis qui escaladent un des sommets des Andes en 1985 par une nouvelle voie inexplorée, qui y parviennent mais dont l'un d'eux tombe dans une crevasse lors de leur descente et est porté pour mort.

Et bien... Comme la presse le dit, ce spectacle repousse les limites du 'possible' au théâtre.

Dès l'entrée dans la salle on se trouve face à un mur. On sent que cela va grimper. Pas de rideau rouge. Un roc.

Dès l'ouverture du rideau, après avoir vu et entendu Joe hurler à l'aide du fond de sa crevasse, la pièce nous prend à la gorge. Sur scène, la sœur du disparu ne comprend pas comment on peut partir risquer sa vie à un endroit où tout sauvetage est impossible. Et elle comprend encore moins tout ceux qui, pour la consoler, lui disent qu'au moins son frère est mort en faisant quelque chose qu'il aimait. BULLSHIT.

La sublime comédienne Fiona Hampton dès les premières secondes nous emmène dans ses larmes. Elle veut comprendre et demande à ceux qui ont accompagné son frère de lui raconter.

Fiona Hampton 

Il vont commencer par lui faire comprendre et ressentir la passion de grimper. Les scènes d'escalade commencent. La lumière est essentielle pour créer l'univers. Mais aussi la musique qui par son intensité nous enveloppe ou nous pénètre suivant les moments. Les basses qui font vibrer notre cage thoracique nous mettent en contact direct avec les battements du cœur de Sarah en plein effort.

Rien que pour se rendre compte de la musique, voici la "musique de fond" qu'ils laissent à l'entracte!!!!

On suit ensuite l'ascension des deux jeunes et on les voit gagner leur pari.

Toute photo ne retranscrit en rien ce que l'on ressent en live, avec cette musique et cette lumière.

On vit la passion de ces deux gars. Et lorsque Joe tombe dans la crevasse et s'explose la jambe, il reste attaché à une corde à Simon. Ils vont rester ainsi pendant 1h30 - n'oublions pas que c'est une histoire vraie. Si Simon bouge, ils tombent tous les deux. Et quand Joe ne répond plus à Simon, ce dernier coupé la corde pour sauver sa peau.

Angus Yellowlees (Simon), avant de couper la corde...

L'a-t-il tué comme le lui hurle Sarah? Qui sait. On est dans l'extrême, très loin du quotidien. En fait Joe n'est pas mort. Et il va se battre pour s'en sortir. Avec la rage du désespoir. Et la voix de sa sœur qui l'empêche d'abandonner.

Le texte est prodigieux car on vit cet impossible combat avec eux. On ressent la douleur. Cette musique lancinante alterne avec une petite mélodie jouée à la guitare par Richard, un jeune hippie qui les avait accompagnés jusqu'au camp de base.

Patrick McNamee (Richard) 

La lutte de Joe pour sa survie alterne avec Simon qui culpabilise et brûle les vêtements de son ami, acte cathartique par excellence. Mais Joe avec écrit une lettre pour sa sœur, si jamais il lui arrivait quelque chose. La lecture de cette lettre par Sarah est un des grands moments de théâtre de ma vie. Mais elle n'accepte pas la mort de son frère ni ses excuses. Son.esprit au même moment hanté son frère qui se traîne dans les rochers. Chaque fois que son frère abandonne et lui dit: "It's over", elle lui frappe sur sa jambe cassée et on frappe avec. Lève toi mon gars.

Sarah et Joe 

De son côté, Simon craque. Il a coupé la corde. Il décide d'aller rechercher quelques dollars que Joe avait caché dans un rocher avant l'ascension finale. Richard l'accompagne.

Angus Yellowlees (Simon) 

A l'arrière de la scène une tente avec Simon et Richard. A l'avant-scène, Joe qui rampe en pleine agonie. La musique nous plonge dans cette agonie. Ils sont à quelques centaines de mètres les uns des autres.

S'il te plaît Joe, hurle à l'aide, qu'ils viennent te chercher... On a envie de monter sur scène.

Et enfin, ils vont se serrer longuement dans les bras.

Cette histoire est une histoire vraie, comme nous les rappellent les photos projetées à la fin.

Ce spectacle est inoubliable parce qu'il contourne notre intelligence, notre morale pour parler à l'âme. Ces rares moments où lon touche à l'essentiel. Ou à l'absolu , je ne sais.

Comme Girardo aux Césars ("Peut-être, je ne suis pas encore tout à fait morte") ou Meryl Streep qui doit choisir entre ses enfants dans "Holocauste".

Chapeau bas!

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Qu'est-ce qu'on fait un matin d'été... en janvier? Et si on allait faire le site Bruxellons! dans un de nos anciens bureaux, à Alain et moi? En route!


Le Nine donc. Normal, on a nos bureaux dans le centre. Descente à Aldwych. Mamma Mia fête ses 20 ans. Cela ne me rajeunit pas: j'ai à la maison le programme des 5 ans, la première fois où on l'a vu. Le show a changé deux fois de théâtre depuis.

En face, "The show must go on" (les Faux British quoi!) est toujours là. Ils sont toujours à la recherche de Toby, leur chien.

Vous voyez où on va?

Un peu plus loin, le Drury Lane est emballé.

Des rénovation pendant un an. Ils changent tout, on pourra y faire du théâtre en rond (!!!) Comme au New London. Cette toute vieille et magnifique maison est en rénovation jusqu'en octobre 2020! Le premier théâtre à cet endroit date de 1663. L'actuel date de 1812. Kean y a régné pendant de nombreuses années, Hector Berlioz a été son chef d'orchestre, ... Sur les échafaudages, une street-expo rappelle ce glorieux passé.

C'est ici que My Fait Lady a été créé en Angleterre.

Maintenant, vous voyez où on va?

On approche... Toujours pas?

Le traditionnel chanteur de Drury Lane dans l'espace réservé aux artistes de l'opéra tout proche.

La terrace du Pain Quotidien de Drury Lane. On en a fait des réunions ici! On est en janvier, et alors?

Ah bien. Mon ordi est chargé à 4%... Et mon chargeur est à l'hôtel. Pfft. Y a des hômes à Londres ?

Que faire... Traverser la rue.

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Il vient d'être totalement rénové. On rénove tout ici. Peut-être que si je restais un peu, on me renoverait aussi. Nouvelle façade, plateau tournant, ... Ne rêvons pas.

J'adore ces musées où autour d'un thème on parcourt la ligne du temps et l'on voit le quotidien des gens évoluer et être impacté.

Il y a des stations qui n'ont pas changé. Sauf les gens sur les quais. Et l'éclairage.

Quelle folie que de construire tout cela à cette époque...

Les attentats existaient déjà...

Déjà full confort...

Le cinéma a beaucoup fréquenté le métro...

De nombreuses stations ont fermé. Certaines ont été transformées, d'autres tout simplement abandonnées. On peut en visiter certaines. Faudra que je revienne à Londres.

Et puis, le 'tube' a été un abri majeur du peuple anglais pendant la WWII

Et ce que j'ignorais totalement, c'est que durant la WWII, pour certaines stations proches de la Tamise, on avait peur que suite à un bombardement, elle soient inondées par le fleuve et que cette eau se répande dans tous les réseau souterrain le rendant inutilisable, et surtout supprimant tous les abris. Les anglais ont alors conçu dans la plupart de ces stations des portes étanches, comme dans les sous-marins.

Suit une très intéressante section sur les rénovations et surtout l'avenir.

On y explique la rénovation de Black Friars, la nouvelle gare de London Bridge avec la passerelle au-dessus de Borough Market. C'est fascinant d'avoir des explications quant aux choix pris: oser mettre une gare sur un pont sur la Tamise (Black Friars) ou en l'air au-dessus d'un marché (London Bridge). Comment multiplier par 5 ainsi les capacités des trains Nord-Sud dans Londres.

Ouille. Faut que j'y aille. Mes trois spectacles vont s'enchaîner aujourd'hui. Ils ont un thème de réflexion commun: l'amour.

En route vers le premier....

Je galope mais une petite photo devant l'opéra.

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Dans Romeo & Juliet, si on laisse tomber Romeo, qu'est-ce qu'il reste? & Juliet. C'est tout le principe de ce musical en création ici à Londres au Shaftesbury. Ce théâtre n'est pas un théâtre comme les autres. Comme le Piccadilly, il a une réputation de "malédiction", une réputation d'enchaîner les flops. Juste pour le fun, voici les premier spectacles du XXIème siècle au Shaftesbury : Casper, the musical (2 mois et 2 semaines), Lautrec d'Aznavour (2 mois et 1 semaine), le magnifique Napoleon (3 mois et 2 semaines), Baddiel and Skinner: Unplanned (3 semaines !!!), Peggy Sue Got Married (1 mois et 3 semaines), Umoja: the Spirit of Togetherness (2 mois et 3 semaines), 125th Street (3 mois et 3 semaines), Calamity Jane (2 mois et 3 semaines), Thoroughly Modern Millie (8 mois et 1 semaines - presque un triomphe ... mais toujours pas rentable), Bat Boy (4 mois et 1 semaine), The Far Pavilions (5 mois), High Society (3 mois et 1 semaine), Daddy Cool (4 mois et 1 semaine), Fame (3 mois et 3 semaines). Nous sommes fin 2007 et que des flops depuis l'an 2000. Si cela n'est pas une malédiction!!! Et alors survint le miracle, Hairspray avec Michael Ball qui tint l'affiche 2 ans et 5 mois.

Avec Alain, j'ai vu Bat Boy, la semaine de fermeture. On était moins de 100 dans cette toute grande salle de 1.416 places. Et pourtant le show était vraiment pas mal! J'en ai vu un autre de flop terriblement injuste dans ce lieu: From here to Eternity (adaptation de Tant qu'il y aura des hommes) de Tim Rice qui ne tint l'affiche que 5 mois (et je l'ai vu 2 fois).

Manifestement, & Juliet ne va pas appartenir à la brochette de flops du lieu.


Je ne sait rien d'autre de ce musical qu'il se base sur l'hypothèse que Juliette ne se suicide pas quand elle se réveille et découvre Roméo mort. Super idée.

Roméo a bien disparu. Pleins de jeunes dans la salle. Dont une juste devant moi. Génial que l'école les envoie voir cela.

Vu la technique-son accrochée, cela ne va pas être de la musique de chambre, cela va envoyer. J'adore.

En fait, on est à l'époque de Shakespeare et c'est la femme de William, Anne Hathaway (de 8 ans son aînée et qu'il a épousée parce qu'elle était enceinte) qui ne voit pas pourquoi Juliette doit mourir. Mais en plus, elle ne comprend pas non plus pourquoi c'est son mari qui écrit toujours pour la troupe. Elle aimerait bien qu'on lui confie aussi la plume de temps en temps. William cède et lui laisse réécrire la fin de Romeo & Juliet.


La sublime Cassidy Janson dans le rôle de Ann, la femme de Shakespeare..

Tout est plein d'humour, très contemporain tout en restant crédible. Plein de jeux de mots, de références à Shakespeare lui-même, mais toujours en complicité avec la salle, faisant éclater le 4ème mur.

Juliette qui refuse donc de mourir se rend les yeux pleins de larmes à l'enterrement de Romeo. Mais elle est très très loin d'être la seule à le pleurer. Il avait, disons, une vie affective diversifiée.

Juliet décide donc de partir à Paris avec sa nurse et son ami May (qui est gay). Et oui, ce n'est plus Shakespeare qui écrit l'histoire mais sa femme. On a rendez-vous avec la modernité.


François (Tim Mahendran) et Juliet (Miriam-Teak Lee)

A Paris, elle rencontre François, un jeune puceau timide. Il sympathisent et ... plus. Les parents des deux enfants veulent qu'ils se marient.

Shakespeare en profite pour se moquer de sa femme qui tombe dans les mêmes schémas narratifs que lui.

Du coup Juliet va hurler sa volonté de pouvoir faire ses propres choix. Au même moment, May chante une très belle chanson "I'm not a girl, not yet a woman". Chanson très ambiguë si on en voit la gêne de certaines classes dans la salle.

Arun Blair-Mangat (May)

May et François vont se retrouver dans les toilettes du bal organisé en l'honneur de François. Il vont s'avouer leur craintes et leurs faiblesses... et s'embrasser. Le futur mari de Juliet embrassé un garçon et aime cela. Mais il est promis à Juliet...

Oliver Tompsett (Shakespeare)

Cela fait rire Shakespeare qui se demande comment sa femme va s'en sortir. Il reprendra plume pour quelques instants et ressuscite Romeo.

Jordan Luke Gage (Romeo)

Mais il a des choses à se faire pardonner.

Après de très nombreux rebondissements, Juliet décidera d'épouser Romeo, May épousera François et Shakespeare se réconciliera même avec sa femme, acceptant que sa pièce s'appelle Juliet & Romeo.


Cassidy Janson (Ann), Juliet (Miriam-Teak Lee) et Melanie La Barrie (Nurse)

Il s'agit d'un Juke-Box musical autour des tubes du compositeur suédois Max Martin. Britney Spears, Backstreet Boys, Ariana Grande, Katy Perry, Demi Lovato, Jessie J ou encore Celine Dion ont accepté que certaines de leurs chansons soient reprises et adaptées dans & Juliet. Les chansons ont ici une nouvelle vie, nous faisant souvent oublier l'originale. La sublime Cassidy Janson (Ann) propose une version magnifique du tube de Céline Dion "That's the Way It Is." On a aussi "Show Me Love" de Robyn ou un bal renaissance-electro sur "Blow" de Ke$ha.

Juliet (Miriam-Teak Lee)

La star du show est évidemment Juliet, incarnée par Miriam-Teak Lee, dont c'est seulement le troisième rôle après On the Town (Regent’s Park Open Air Theatre), avant de rejoindre le cast original de Hamilton à Londres. Beau début de carrière.

C'est sans doute l'un des meilleurs Juke-Box musicals que j'ai vu et il est fort à parier qu'il ne va pas rejoindre la (trop) longue liste des flops du Shaftesbury. La chaleur des applaudissements en est une preuve.

PS. Ici encore on envoie péter les conventions des apparences : la Juliet est Black et François est gros. Des mois devant 1400 personnes, 8 fois par semaine, cela peut peut-être changer les à priori des gens. Je dois être naïf.

Belle diversité 
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On passe à une autre conception du couple : Henry VIII et ses SIX femmes. Le musical "Six", le plus gros succès de ce petit théâtre qu'est le Arts Theatre.


C'est beaucoup moins chic que le Shaftesbury, le lustre est plus rudimentaire...

Mais c'est quand même ici que s'est créé la version anglaise de "En attendant Godot", dans une mise en scène de Peter Hall.

C'est la troisième fois que je le vois. C'est drôle, c'est efficace, ça bouge et la.musique est top. 100% féminin tant sur scène qu'à l'orchestre.

L'histoire est aussi simple que conne: nous allons participer à un concours consistant à élire la "meilleure" femme d'Henry VIII. Chacune va venir chanter une chanson et tenter de nous séduire avec son passage sur le trône. Vont dons se succéder Catherine d'Aragon (DEVORCED), Anne Boleyn (BEHEADED), Jeanne Seymour (DIED), Anne de Clèves (DIVORCED), Catherine Howard (BEHEADED) et Catherine Parr (SURVIVED). Comme le dit la chanson...

On aime ou on n'aime pas. Mais moi j'aime. Nous n'irons pas jusqu'à l'élection finale... Car s'est six femmes se posent le bonne question: "Qui est la femme de Henry V, ou de Henry VI?" Personne ne sait. Elles sont devenues célèbres parce qu'elles sont SIX. Et c'est cette unité qui importe.

Je vous avais dit que c'était con. Mais je ne suis pas le seul à aimer:

Au pas de course vers le spectacle suivant qui commence dans 11 minutes!

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Aujourd'hui on est passé du Shaftesbury (1.400 places - 2 balcons) au Arts Theatre (350 places - 1 balcon) pour finir au Trafalgar Studio 2 (100 places - pas de balcon). Pour un spectacle choc.

La pièce Coming Clean n'est pas une création, loin de là... Elle date de 1982 et la version présentée aujourd'hui au Trafalgar Studio 2 est une reprise de celle du King's Head Theatre créée à l'occasion des 35 ans de la pièce. C'était la première pièce de Kevin Elyot qui avait alors 31 ans. Cette pièce est très particulière parce qu'elle a été écrite 15 exactement après que l'homosexualité n'ait plus été un crime punissable d'emprisonnement (1967) et avant les années SIDA. On est plongé en pleines années '80:

Tony (33 ans) et Greg (38 ans) - plus des adolescents donc - vivent en couple depuis 5 ans. Greg est un auteur célèbre et Tony aimerait l'être mais n'a écrit que quelques brouillons de nouvelles. Ils sont ce que l'on pourrait appeler un couple libre et ils ont d'ailleurs installé une règle assez simple: ils peuvent découcher mais jamais deux fois avec le même homme.

Stanton Plummer-Cambridge (Greg) et Lee Knight (Tony) 

Tony adore sortir, draguer, il fait cela avec l'un de ses potes: William (36 ans), un sorteur à l'humour ... au premier degré. Tony est en manque de sexe dans son couple, comme il le confie à William: "He doesn't fuck me every night. Not after five years." Mais il l'avoue, lui-même est à la recherche de "chair fraiche".

Elliot Hadley (William) et Lee Knight (Tony)  

Il a d'ailleurs rencontré un jeune acteur (25 ans), Robert. Comme il ne joue pas beaucoup, il est aussi 'cleaner'. Et comme Greg est un écrivain à succès et pas Tony, ce dernier se sent confiné au ménage et à la cuisine, et espère que Robert va le libérer de cela. Il a donc convié Robert pour l'engager. William, gros déconneur, va foutre un peu le bordel mais on se rend vite du côté très simple, très juvénile de Robert. Il va être engagé. Et Tony va consommer sa chair fraîche.

Jonah Rzeskiewicz (Robert) 

Robert est vite impressionné par Greg, l'auteur célèbre. Il apprend que passer l'aspirateur empêche l'auteur de se concentrer et d'écrire. Ces petits faits de la vie quotidienne sont très juste et pour une fois on a de vrais gays, pas Zaza de La Cage aux folles et sa biscotte. Non, des gens qui vivent leur vie et aiment simplement des personnes du même sexe. Tiens cela me rappelle & Juliet il y a quelques heures.

Très vite Robert va s'intégrer. Il cuisine comme un Dieu. Mais Greg est vraiment centré sur son travail. Il est même assez dur avec Robert, comme il peut l'être avec Tony. Lors du repas d'anniversaire de Greg, Tony se moque du niveau des blagues de Greg, qui le prend mal. Pour calmer les choses, Tony met un disque de Mozart. Robert avoue adorer Mozart. Mais il adore aussi la lecture. Il a sans doute une profondeur plus importante qu'il n'y parait.

Stanton Plummer-Cambridge (Greg), Jonah Rzeskiewicz (Robert) et Lee Knight (Tony)  

Greg part se coucher. Tony et Greg vont parler de couple. Tony leur avoue leur notion de ce que doit être un couple et cette règle qu'ils ont installée. Il défend auprès de Robert cette 'infidélité' d'un soir qui permet de maintenir l'amour en vie. Mais Robert doute...

TONY - Well... if you believe in someone, then the odd stray fuck shouldn't be a threat. It's just sex. Gratifying the libido. And if that is a threat, then one's belief must be pretty weak to begin with. ROBERT - I wish I could think like that. I'm too possessive.

Tony termine en disant que le seul animal monogame sur Terre est le chacal! Mais William débarque. On comprend pour qui était la quatrième assiette qui était restée vide. C'est une des preuves que ce texte est très bien écrit car on ne parle jamais de la quatrième personne, mais nous dans le public on se demande pour qui elle est et en fonction de ce que nous pensons des personnages nous envisageons plusieurs possibilités. Mais William est blessé, il s'est fait tabassé dans la vie. Tony l'emmène à l'hopital à l’hôpital.

Plus tard dans la soirée, Tony, de retour à la maison, écoute seul de la musique (Cosi Fan Tutte) dans le salon et Greg revient en peignoir. Ils se souviennent de leur rencontre, de leurs premières expériences sexuelles.

Cela va vite devenir sexuel...

TONY - You must fuck me tonight. We must have an Anniversary Fuck. And you absolutely mustn't take 'no' for an answer.Beat. GREG leans down to him, TONY moves up to him, and they kiss.GREG - It's very late. And I'm very tired.

Tony se lance, mais effectivement, Greg est fatigué. Ses approches n'ont aucun effet. Tony abandonne.

TONY - Maybe you're right. It is a bit late.

Dans la scène suivante, Tony et William ont une vraie discussion sur le sexe. En fait, on se rend compte que Tony adore sortir pour se faire des mecs, mais que sexuellement il n'assume pas grand chose. A la différence de William. Les discussions crues sonnent juste car nous avons face à nous des vrais personnages. Tony confie qu'il a l'impression que Greg s'éloigne de lui. Que quelque chose est en mutation. William lui suggère d'organiser un dîner romantique le week-end mais Tony doit justement partir le week-end suivant pour un baptême en famille.

Et lors de la scène suivante, on se rend compte que Robert, en l'absence de Tony, passera le week-end auprès de Greg. Il entre nu dans la pièce et l'on comprend qu'ils ont une relation. Elle a commencé le soir d'anniversaire de Greg, lorsque Tony a emmené William à l’hôpital... Normal qu'il ait été fatigué plus tard. Greg et Robert ont une discussion très mature où Robert explique à Greg ses difficultés:ROBERT - I was having lunch with this actor, who plays the lead in the thing I'm doing. He's very nice. We get on well. Quite attractive, actually. Unfortunately, he's irredeemably straight. Anyway, he was asking me about myself, and said, did I have anybody, and I said, yes. And he asked if I lived with this person, and I said, no, and he wanted to know why not. So I told him that my lover lived with somebody else and didn't want to leave him. And he said, but if he loves you, why does he still live with this other person? And I said, because he loves him as well. And he said, but you can't love two people, and I said it would appear that you could. He was quite put out by this. He reckoned that I was getting a raw deal, and that this lover of mine was obviously a two-timing, greedy bastard. (Pause.) That's when I attempted to put up a defence on your behalf, but I wasn't very convincing. It's very difficult explaining about us. You invariably come out of it looking like a shit, and I come out of it dripping behind the ears.Greg est très clair.GREG - I am a shit.Il sourit. William sourit. But I'm not a liar. I love you, Robert. I wish I could make it easier. But I don't know how.

Greg avoue son amour pour Robert qui cohabite avec celui pour Tony. Mais Robert excite sans doute plus Greg que Tony - début de relation oblige, Tony parlerait de chair fraîche. Et Greg a envie de Robert, là maintenant.

GREG - Get one of those cushions put it on the floor. (Beat.) Kneel down. Then lie down over it. With your ass in the air. Slowly. And see what I won't do to you.

Greg s'exécute. Même si la scène est d'une crudité totale, elle est très saine car nous comprenons ce qui anime ces deux hommes, avec leurs doutes et leurs envies. Aucun voyeurisme donc et le chef de salle avait fait une annonce en début de spectacle.

Tony ouvre la porte, Il a quitté le baptême plus tôt que prévu.

Robert se rhabille et s'éclipse. La scène de ménage va être terrible parce que les deux hommes ont chacun leur vérité. Et surtout, parce que ces deux hommes s'aiment. S'aiment vraiment.

Tony demandera à Greg si il l'aime. La réponse est claire: oui. Si il aime Robert: la réponse est oui. Tony est persuadé que la raison en est que Robert baise mieux que lui. La discussion avec William lui revient sans doute à l'esprit.

TONY - Are you going to carry on seeing him? (Pause). GREG - Yes.TONY - I see. (Beat.) So that's it then.GREG - What do you mean?TONY - I mean, I'm not going to share you with that little jerk. I want you for myself.GREG - You want me for yourself?TONY - Yes.GREG. How can you say that? You've never had me for yourself, and I've never had you for myself, and I don't want that. I don't want that from anyone. We haven't been faithful to each other ever since we met, and we've both accepted that. At least, I have. So why have you suddenly decided you're not in the mood for sharing? We've shared each other around half the gay scene in London!TONY - But we haven't fallen in love with half the gay scene in London, have we? They were one-night stands, and that's different from having a four-month affair with a cleaner! You know it is.GREG - You still think it's just a case of turning a blind eye to one-night stands, don't you? You've never been able to think further than that.TONY - You seem to have changed the rules somewhere along the line. Since when has it been a case of turning a blind eye to a grubby little liaison —GREG - Changed the rules? What rules? What rules are you talking about? You want rules? You want us to make promises? Okay, we'll make promises. So we'll never sleep around again. You'd like that, wouldn't you? You'd like not to be ble to go to discos and bars with William, wouldn't you?

Je ne vais pas aller plus loin. Car la fin nous appartient à tous.

Qu'est-ce que l'amour? Qu'est-ce que le sexe? Qu'est-ce que la fidélité? Et tout cela s'imagine-t-il a deux ou à plusieurs?

Cette pièce est un choc parce qu'elle pose les questions à un moment où le SIDA n'avait pas biaisé les réponses pour des raisons médicales dans lesquelles se sont engouffrées les religions doctrinaires bien pensantes (et il n'y en a pas beaucoup qui peuvent échapper à ces qualificatifs).

Cette pièce est un choc parce qu'elle est choc. De par la nudité et par la sexualité qui est abordée sans détour. Parce qu'elle pose des questions auxquelles nous ne voulons pas avoir de réponses. Soit parce que ces réponses ne nous arrangent pas, soit parce qu'elles sont trop difficiles à appliquer, soit ...

Cette pièce est un choc parce qu'elle se passe dans le milieu gay et que rien n'y est caricatural.

Mais où monter cela en Belgique?

Ce n'est que la première pièce de cet auteur. Il a écrit un autre gros succès: My Life With Reg qui vient d'être remontée au Donmar (l'auteur n'a jamais vu cette recréation car il est mort le soir de la première, sa santé étant fragile depuis plus de 20 ans). Mais, elle, elle est en plein des années SIDA;

Je ne vais pas tarder à lire cette pièce.

Les quatre acteurs du spectacle sont fabuleux. Le Trafalgar Studio 2 est minuscule (3 rangs), plus petit que la petite salle du Public. Il n'y a aucun recul et il jouent à moins d'un mètre de nous. Nous sommes vraiment dans leur salon.

Inoubliable.

Trailer de la version de 2017 - L’acteur jouant Robert est différent. 
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High Street Kensington Station ensoleillée.

Un trajet que j'ai l'impression d'avoir fait 1000 fois et que je trouve si beau. Je suis bientôt prêt pour ma ballade quotidienne au Bois de la Cambre pour y admirer tous les jours les mêmes canards.

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C'est chouette d'aborder une pièce de Shakespeare que l'on n'a jamais vue. Enfin plusieurs pièces. Il s'agit ici d'un "condensé" des deuxième et troisième parties de Henry VI. Cela dure quand-même 3h40 avec deux entractes, il faut changer les bougies.

J'adore cet 'indoor' theatre, comme ils disent, où l'on n'utilise que la technique disponible à l'ère jacobienne (juste après le théâtre élisabéthain représenté par le Globe adjacent). Tout à la bougie donc et des instruments acoustiques. Mais cela n'empêche en rien la modernité.

Le rôle de la femme d'Henry VI, Marguerite d'Anjou, la nièce du roi de France, est joué par un homme. C'est à la fois très évident et pas évident du tout. Mais cette femme a décidé d'énormément de choses pendant tout le peigne que la sortir de ce côté 'femme du roi qui se tait et qui fait ce quon lui dit' en lui laissant une robe mais en faisant jouer le rôle par un homme est très intelligent. Surtout qu'il y a un côté très androgyne. Quand la reine crie, cest clair, on se tait.

Surtout que le roi est souvent hésitant. Et que Marguerite a été éduquée par ses parents comme une future reine qui doit asseoir son pouvoir et bénéficier de l'obéissance de tous les nobles.

Ou sinon, c'est d'une complexité politique totale. Heureusement que j'avais un peu préparé. A côté de cela, "Games of Thrones" est hyper simple. Henri VI a eu un règne long et mouvementé. Henri VI a eu un règne long et mouvementé. C'est le seul roi anglais à avoir été couronné deux fois, déposé deux fois et enterré deux fois. En plus, la nature passionnée de la reine satisfait mal de cet époux chaste et pieux.

Heureusement qu'il y a les entractes pour respirer. Et il faut dire que quand on va respirer, c'est idyllique.

Ça joue au Wanamaker Theatre...

En route pour la troisième partie... On continue à plonger dans la noirceur. Toutes les vicissitudes de la guerre civile, avec la déposition d'Henri VI, puis sa restauration, et enfin son assassinat par Richard de Gloucester (futur Richard III) dans la tour de Londres.

L'anglais de Shakespeare reste difficile pour moi, surtout quand il y a 30 personnage historique. Mais la petite dame qui était à côté de moi, et qui voulait absolument que je mange une de ses mandarines, m'a dit que cela restait parfois difficile pour eux de s'y retrouver. La preuve? Même à la lecture c'est beau mais complexe, non?

Were I a man, a duke, and next of blood,I would remove these tedious stumbling blocksAnd smooth my way upon their headless necks.

Henry VI Part 2, Act I, scene 2

C'est une des périodes les plus tourmentées de l'histoire d'Angleterre. Le programme nous l'avait bien résumé: "Une Angleterre divisée sous un leader faible passe de troubles politiques à une guerre civile totale. Les obligations de fidélité au Roi volent en éclat et les factions meurtrières se battent pour le pouvoir, mais avec une seule couronne à remporter, qui restera debout pour diriger le pays?" C'est la célèbre Guerre des Deux-Roses.

La mise en scène est magnifique, très moderne - même à la chandelle - et reste très juste.

Le cast est impeccable. Particulièrement Steffan Donnelly (dans le rôle de la Reine Margaret), Jonathan Broadbent (dans le rôle du Roi Henry VI) et Nina Bowers (Suffolk).

 Steffan Donnelly (Margaret), Jonathan Broadbent (Henry VI) et Nina Bowers (Suffolk). 

Super après-midi aux chandelles.

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Avant de se lancer... Au café de la librairie arrière du Tate.

Et puis la route aux milles lumières...

Un arrêt par la librairie du National et leurs "conseils".

Et en route vers...

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J'ai vu ici plein de spectacles adorés: Gypsy (avec Imelda Staunton), Carousel, Never Forget, Legally Blonde, ... En fait, j'ai adoré tous les spectacles vus ici. Vais-je rajouter un titre à cette belle liste?


Troisième rang au centre. Top. Les photos et vidéos ne sont pas interdites? Ah bon?!? C'est quoi ce stuut?

En fait, il y a David Hasselhoff sur scène. Donc on peut prendre des photos. Il ferait mieux pas. Sur les photos, on voit qu'il a vieilli et dans les vidéos on voit qu'il ne sait ni jouer, ni chanter, ni danser. Maintenant, il y a un fan club au ballon qui doit avoir mon âge qui hurle à chacune de ses entrées en scène. Style "Patriiiiiiiiiiiiiick" à la grande époque Bruel. En plus, le David Hassel-machin il a été formé à Paris: il joue tout face-public. Et pour les chansons, on aurait dû le mettre en coulisses, sans micro, pour être sûr qu'on ne l'entende pas tellement c'est pathétique.

Avant l'entracte, les trois féministes qui l'ont kidnappées pour changer leur entreprise - il est le chef misogyne - le suspendent au plafond. Et alors que les autres acteurs vont en coulisses pour l'entracte. Oh que c'est drôle. Mais tout le monde filme. Mais moi, c'est pour être sûr demain que je n'ai pas rêvé !!!!!

David Hasselhoff ... à l'entracte. 

Le féminisme ne mérite pas ça. Les femmes ne méritent pas ça. Cela me rappelle le discours des années '50 tellement bien décrit dans "Edward Scissorhands": "Mesdames, vous êtes libérées puisque vous ne faites plus la lessive à la main mais avec une machine à laver."

A la différence de "& Juliet" hier, ici toutes les femmes sortent de magazines de mode. Rien à voir avec ce que l'on voit dans la vraie vie. Pas un kilo en trop. Toutes top biches. Une vraie caricature.

Le spectacle est de Dolly Parton. Pendant tout le spectacle, elle intervient par vidéo pour ceux qui n'auraient pas tout compris. En plus, elle chante plusieurs chansons. On m'explique comment c'est possible avec un orchestre live. Sur la photo du programme ci-dessous, elle nous montre quelle tient la ligne et qu'elle est fan de chirurgie esthétique. Mesdames. Vous avez compris le message... Moi je préfère l'image de droite.

Un spectacle à très vite oublier, ainsi que David Hasselhoff. Qu'on le renvoie surfer.

Le seul bonheur de la soirée est la sublime Bonnie Langford. Mais elle ne peut tout sauver à elle toute seule.

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On s'approche de la fin... En route vers le National Theatre. Ici encore, un lieu totalement à part. Un lieu qui programme des spectacles d'un niveau artistique très très élevé mais avec un vrai combat pédagogique pour qu'ils soient accessibles au plus grand nombre.

D'abord la matinée à travailler au 'bureau' le foyer de l’Olivier Theatre (la plus grande des trois salles du National). Travail sur le site de Bruxellons!, version Blood Brothers.

xxx

Le spectacle que je vais voir se déroule dans la petite salle, rénovée il y a peu et qui est devenu une merveille technologique (différents dispositif de salles changeables en 30 minutes)

Dispositif de face 

Cette fois, on est dans un dispositif de théâtre élisabéthain...

Dispositif actuel 

Mais comme toujours quand je vais faire cette spectacle, je vais visiter la galerie qui a été construite dans les ateliers pour le grand public puisse venir admirer la construction des décor en cours, et puisse se rendre compte de toutes les phases nécessaires à la production d'un spectacle.

Les marionnettes...

La peinture

Et puis le fameux plateau tournant double ascenseur de l'Olivier Theatre.

Un petit verre au bar du Dorfman, avant le show...

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Quand on rentre dans cette salle, on sait souvent que l'on va vivre une expérience particulière. Cette fois, on est dans l'adaptation théâtrale d'un roman fantastique de l'écrivain britannique Neil Gaiman. Le livre a obtenu le prix Locus du meilleur roman de Fantasy 2014.

L'histoire est féerique: de retour dans la maison de sa famille pour des obsèques, un homme encore jeune, sombre et nostalgique, retrouve les lieux de son passé et des images qu'il croyait oubliées. Le suicide d'un locataire dans une voiture au bout d'un chemin, sa rencontre avec une petite voisine, Lettie, qui affirmait alors que l'étang de derrière la maison était un océan. Et les souvenirs de l'enfance, qu'il croyait enfuis, affluent alors avec une précision troublante... A partir de là, il faut accepter de suivre sans poser de question Lettie, et ainsi passer du côté du monde des contes, là où l'extraordinaire est ordinaire! Là où les enfants sauvent les parents car eux sont les seuls à voir la vérité et à ne pas se laisser bercer par les illusions!

Dès l'entrée dans la salle, on est séduit par l'univers.


Durant tout le spectacle, en dehors des comédiens, il y a huit techniciens-danseurs qui amènent en cène les meubles et accessoires. C'est réglé comme du papier à musique: un comédien s'asseyant alors que la chaise arrive juste depuis les coulisses dans un mouvement très esthétique. Il y a tout un travail magique avec des marionnettes géantes simulant des monstres ou des esprits.

Il y a un travail sur les portes qui apparaissent et disparaissent qui est d'une intelligence rare et qu'il est impossible de décrire en quelques mots.

Enfin, une fois de plus, une grande création au National...

Waitress, il va falloir assurer après ça!

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Dès l'arrivée à l'Adelphi, les choses semblent bizarres...

Il y a plein de membres de l'équipe d’accueil sr le trottoir pour accueillir les spectateurs. Le show est annulé parce qu'il y a 6 malades. Impossible d'avoir un cast complet. Mais, le cast restant va faire un concert d'une petite heure quand-même pour ceux qui veulent, pour qu'on ne soit venus pour rien. On reçoit un formulaire pour le remboursement et en route pour le concert...

Je me mets évidemment tout devant puisque le placement est libre. Étonnement tout le parterre et le premier balcon sont pleins. Beaucoup de gens sont restés.

Les chansons sont super... Pourquoi, ce n'est pas le cast de 9 to 5 hier qui a été ravagé par une épidémie?

Et puis, tout d'un coup, des dizaines de policier pénètrent en courant dans la salle, accompagnés de chiens en criant: "This is not an exercice. Evacuate! Evacuate!" Immédiatement le rideau de fer descend, et les équipes du théâtre nous font évacuer par les sorties de secours qui donnent sur la petite impasse latérale qui longe le théâtre. On est ensuite repoussé sur le Strand que la police fait complètement évacuer (théâtres, restaurants, ...). Un bordel fou avec des chiens renifleurs qui manifestement recherchent des explosifs. Très impressionnant.

Renseignements pris, la police a reçu un appel à 19:20 disant qu'une bombe allait sauter au Vaudeville Theatre (Magic goes wrong). Au même moment deux personnes sont sortis en courant du Vaudeville. La police a débarqué et fait évacuer le Vaudeville. Puis les restaurants et théâtres de la moitié du Strand. Ils avaient peur que le risque réel soit dans la rue où tout le monde stationnait après l’évacuation et que la vraie bombe se trouvait là. Quoi qu'il en soit, super impressionnant.

La presse a publié plus tard un sac avec un message à l'intérieur disant que l'illusion n'était pas où l'on croyait. Chouettes petits plaisantins...

Ce sera pour une prochaine fois.

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Travail sur le site de l'hôtel et puis en route vers la gare (pour déposer ma valise à la consigne). Je travaille au Pain Quotidien sur le site de Bruxellons! puis en route vers le Menier. Quel temps, une fois de plus. Je suis content d'avoir pris ma veste d'hiver que je n'ai pas mise une fois...

Attention, on est dans la zone des deux derniers attentats de Londres. Après hier!?!? Et voici le Menier. C'est vraiment bien plus qu'un simple lieu de représentation. Ce bâtiment est habité d'une âme.

Ici encore, j'ai vu de sublimes spectacles. Et je ne suis pas optimiste par rapport à celui d'aujourd'hui. Cette histoire se situant sur la Riviera française dans les années '20 (je vais me taper du Charleston et autres danses ringardes), un musical écrit dans les années '50...

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Il s'agit vraiment d'une histoire creuse, cul-cul-la-praline en diable: la jeune Polly Browne, fille d'un millionnaire britannique, suit des cours dans un pensionnat pour jeunes filles. Elle doit trouver un cavalier pour un bal costumé. Tony, le garçon de courses qui livre son costume est en fait le fils d'un Lord. Les deux personnages, qui tombent amoureux l'un de l'autre, essaient de se cacher leurs origines sociales respectives dans l'espoir d'être aimés pour eux-mêmes.

Le voici notre couple:

Dylan-Mason (Tony) et Amara-Okereke (Polly Browne)

Ça dans, ça chante tout le temps. Et on s'accroche à l'histoire... On rit tout le temps. Il y a une énergie endiablée dans toutes les danses...

Et il y a des scène de jeux qui sont hilarantes. Le couple anglais dont le mari est un dragueur et sa femme hyper coincée est jubilatoire. La scène où il mange une glace sur la plage est inoubliable...

Le couple anglais - Lui dégustant sa glace en regardant les jeunes filles sur la plage et sa femme au bord de l’évanouissement 

Et la scène où il drague sa propre femme qui se fait passer pour une jeune fille est un moment d'anthologie. La mise en scène semble très discrète mais a donné une vraie profondeur à tout ces personnages.

Les deux pères 

La scénographie est magnifique. En fait il y a trois lieux: le collège de jeunes filles (Acte I), la plage (Acte II) et le bal (Acte III). C'est rare un musical en trois actes. Il y a deux entractes et à chacun d'eux tout le public doit sortir et se retrouver dans le foyer, comme il en existe peu à Londres...

Les trois univers...

L'école, la plage et le bal.

C'est chouette de terminer par un spectacle où on croyait qu'on allait s'embêter et où on s'éclate.

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Car c'est vraiment comme cela que ça se termine...

Ou plutôt...

Et par compassion la STIB s'est organisée pour que mon voyage dure... Midi-Gribaumont en 52 minutes.


Allez, welcome back in Brussel!