Carnet de voyage

Sur les chemins de la Panaméricaine

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Nous sommes Océane et Clément, deux bretons de 24ans qui partons le 28 décembre pour un an de voyage transatlantique. Nous arrivons au Chili et avons pour objectif d'atteindre les terres canadiennes.
Décembre 2018
365 jours
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Après de nombreux mois d'attente, des questions, des doutes et considérations en tout genre, nous voilà fixés : nous partons découvrir les terres américaines, du Chili au Canada à la fin du mois de décembre 2018.

Après avoir profité des délices à la française que nous allions quitter pour de nombreux mois, de nos familles et amis, voilà que le 28 décembre a pointé le bout de son nez. Il est temps de se lancer dans ce projet fou qui nous attend : en route pour l'Amérique !

Après un train, deux avions, deux bus et un catamaran, nous voilà arrivés en terres patagoniennes, la première étape de notre voyage.

C'est accompagnés d'un petit bout de la famille que nous commençons ce périple. Nous arpenterons ensemble le circuit du trek W du Parc national Torres del Paine pendant 5 jours.

Ce parc, situé dans la province appelée "Ultima Esperanza" - "Dernier espoir", prend place dans ce qui semble être le bout du bout du monde : une étendue de nature sur des centaines de milliers d'hectares, des formations géologiques jusqu'alors inconnues, une faune et une flore sans pareil...

Nous voilà équipés pour randonner pendant ces 5 jours : tentes, polaires et chaussures de rando, nourriture déshydratée sur le dos, Torres del Paine, nous voilà !

Publié le 12 janvier 2019

Nous voilà revenus de Torres del Paine depuis maintenant une semaine. C'est depuis Los Antiguos que nous retrouvons l'accès à la wifi et un petit temps de calme pour vous conter nos aventures, tout en sirotant une cervecita et un smoothie à la cerise - liquora de cereza (ceci aura un intérêt de contextualisation, vous comprendrez).

Nous sommes rentrés le 4 janvier à Punta arenas. Fatigués et, un peu indécis quant à la suite/au commencement - eh oui...ça paraît simple mais les horizons étant tous ouverts, où aller, vers quoi se tourner ? Nous avons donc pris un peu de temps pour nous poser les bonnes questions et dessiner quelque peu la suite de l'itinéraire : contacts pris avec des Workaway, et retrouvailles programmées avec Pierre et Joanna, des amis de Paris rencontrés aux Grands Voisins - le monde est tout petit.


Nous qui n'avions pas prévu d'aller en Argentine, voilà nos plans qui prennent une nouvelle tournure : 1) pour remonter plus au Nord du Chili, il nous est beaucoup plus facile de passer par la route argentine 2) Pierre et Joanna sont actuellement dans la petite ville d'El Calafate, Argentine.

Direction la frontière ! Après une petite heure d'attente, un jeune travailleur chilien nous dépose tout près de la frontière - après avoir roulé pendant 2h à une moyenne de 140 km/h-, et nous finissons la route sur quelques kilomètres avec un couple. 2 postes frontière à passer : RAS, tout est sous contrôle, nous voici passés du Chili en Argentine, avec un nouveau tampon sur notre passeport. Depuis la frontière, c'est Doro qui nous emmène à bord de son colectivo jusqu'à la prochaine ville, Rio Turbio, petite ville dans laquelle il habite. Nous goûtons à l'accent argentin, qui finalement nous est plus compréhensible que l'accent chilien (attention, à ne pas trop répéter car très rapidement on réalise les hostilités qui existent entre ces pays voisins, et ce notamment depuis la guerre des Malouines - petite parenthèse historique : guerre entre l'Argentine et le Royaume Uni pour les îles de Malouines, où le Chili est venu en aide....au Royaume Uni). Nous sommes dimanche et Doro nous prévient que selon lui, le stop ne va pas être une mince affaire, et qu'ainsi nous avons amplement le temps de venir rencontrer ses perroquets et boire un Mate chez lui. Après plus d'une heure d'échange, tant sur la vie en Argentine, l'activité économique de la ville qui repose sur une mine de charbon, notre voyage, en passant par los chalecos amarillos - les gilets jaunes - qui passent en fond sonore à la télé argentine, voilà l'heure de repartir à l'assaut des quelques voitures vigoureuses prenant la route un dimanche après-midi. C'est le début d'une longue attente, d'autant plus que nous rejoignons un couple de chiliens déjà en place attendant depuis 2heures une voiture. Quelques timides voitures et puis le couple est pris en stop. Démarre alors notre attente....dans le grand vent frais patagonien, mais nous avons tout le loisir d'observer les installations de la mine de charbon dans laquelle travaille Doro et presque tous les hommes de la ville et ses alentours. C'est 3h30 plus tard que nous prennent en stop un couple argentin. A peine montés à bord qu'ils nous proposent déjà de boire du Mate - début d'une longue dégustation qui durera tout le trajet et de la découverte pour nous de l'univers du Mate pour les argentins : leur consommation, le matériel qu'ils transportent partout, surtout en voiture. C'est 2h plus tard que nous arrivons à la Esperanza. Il nous reste encore 163km avant d'atteindre El Calafate. Peu de voitures, mais finalement Rodrigo s'arrête et nous emmène dans son 4x4 à plus de 140 km/h direction la ville, sur des airs de folklore argentins, tout en évitant les guanacos sur le bord de la route.

C'est aux environs de 21h30 que nous sommes arrivés à El Calafate, petit village aux allures de station de ski. Nous trouvons une auberge, prenons une bonne douche chaude, planifions les jours à venir et nous couchons avec plaisir dans nos lits superposés... 😀

Nous sommes donc dimanche soir : lundi nous visiterons El Calafate et irons jusqu'au magnifique Lago Argentino, mardi nous irons jusqu'au Parque de los Glacieres, admirer l'énorme glacier du Perito Moreno et mercredi nous passerons la journée avec Pierre et Joanna, avant de repartir jeudi direction notre Workaway côté chilien.

Les récits à venir vont être la preuve que : le monde est petit ? Toutes les routes mènent à...l'Amérique du Sud ? Les chemins sont déjà tracés pour les jeunes voyageurs ? Le karma existe bel et bien ?

Nous avons donc passé 3 jours à El Calafate. Après une grasse mat' méritée, un petit déj' à base d'avocat et de "fromage" (aïe aïe aïe le manque se fait déjà ressentir tant tout ici ressemble pour le moment à de la Vache qui rit), c'est couverts de crème solaire mais tout aussi bien parés de nos doudounes et écharpes (et oui, la météo en Patagonie nous est quelque peu familière : les 4 saisons de l'année dans la même journée) que nous allons à la découverte du village, puis de ce gigantesque lac que nous avons longuement longé la veille : el Lago Argentino et ses lagunes. Longue balade baignée de soleil et bercée par le vent, nous sommes escortés tout au long du chemin par la faune locale : des oiseaux inconnus à notre répertoire, des chiens (pour le plus grand bonheur d'Océane), et à notre grande surprise, par plusieurs bans de flamands roses.

Le lendemain, à l'aube (ceux qui nous connaissent sauront ce que "tôt" signifie pour nous), nous prenons la route du Parc des Glaciers, afin d'aller admirer le célèbre Perito Moreno. Après un petit peu d'attente et des conseils avisés des locaux quant à notre emplacement de stop, nous montons à bord de la voiture de Marcello et Lorena, deux argentins de la région de Buenos Aires. Quelques arrêts photo puis nous arrivons face à la bête : 70 mètres de haut, 5 km de large, le plus grand champ de glace de l'hémisphère sud (excepté l'Antarctique bien sûr) ... du jamais vu pour nous !

Alors qu'on franchit une nouvelle passerelle, face à nous, hors des sentiers battus traverse un groupe de gens. Alors que c'est stipulé partout qu'il ne faut pas franchir les barrières, ce groupe de jeunes, français bien sûr sortent des sous-bois en s'esclaffant... Alors qu'on grogne dans notre barbe contre l'impolitesse à la française, l'un d'eux se retourne et là, là...... SURPRISE !! Ce sont des copains de Dol de Bretagne de Clément !!!! Nous voilà tous, une bande de joyeux lurons contents de se retrouver/rencontrer à l'autre bout du monde (autre petite anecdote : alors qu'il y a une montagne d'auberges de jeunesse à El Calafate, ils sont installés dans celle à laquelle appartient notre camping). Pour la suite de la balade, on se sépare pour mieux se retrouver autour d'une cerveza Calafate le soir même. On continue donc de notre côté à en prendre plein la vue, guettant à tous les recoins les morceaux de glace qui se fissurent, imitant le bruit puissant du tonnerre, puis malgré quelques loupés, les morceaux qui finissent par tomber dans l'eau. Après plusieurs heures de découverte, on se remet en place pour faire du stop (tout en apercevant un renard...pas du tout peureux car les gardes du parc le nourrissent), quand retentissent deux coups de klaxon : nos conducteurs de l'allée nous font signe de monter à bord de leur bolide pour la route du retour. 😀

Le soir nous retrouvons donc les copains dolois dans leur palace avant d'aller festoyer dans un bar local : la cantina. A la fermeture du bar, on rencontre les jeunes du coin qui nous invitent à une fin de soirée chez l'un d'entre eux. C'est avec la lumière du jour, aux alentours de 5h30 que nous quittons tout ce petit monde pour aller dormir dans notre tente.

Le lendemain, et dernier jour pour nous à El Calafate, c'est le jour des retrouvailles avec Pierre et Johanna. On profite toute la journée du soleil en terrasse, se laissant avoir par le manque de crêpes bretonnes :

C'est donc pleine de rencontres que fût notre aventure à El Calafate. L'objectif pour la suite est d'aller rejoindre la frontière avec le Chili, à Los Antiguos.

**** Cet article aurait aussi pu s'appeler "Los Antiguos - ou comment le monde est petit BIS".****

Nous revoilà partis d'El Calafate, en direction de la frontière avec le Chili. Après avoir étudié les cartes, nous décidons donc d'aller la franchir à Los Antiguos, petite bourgade frontalière, située à quelques 750 km de là (soit environ 8h de route). On sort à peine de la ville, pouce tendu que 2 suisses nous prennent en stop pour quelques dizaines de kilomètres (eux sont aussi en voyage pour quelques mois, et ont acheté une voiture avec laquelle ils parcourent l'Amérique du Sud). Nos routes se séparent assez rapidement et nous voilà seuls dans une steppe quelque peu aride, pas un chat à des kilomètres à la ronde...et du vent, du VENT, du VEEEEENT !!! Après une petite demie-heure à sauter sur place et à lever notre pouce face aux rares voitures qui passent, surgit alors de nulle part, notre futur carrosse :

Nous voilà copilotes de ce monsieur brésilien, José, pour une centaine de kilomètres. Trajet plutôt comique : 1) Notre conducteur ne parle pas un seul mot d'une autre langue que le brésilien....il s'agira donc pour Océane de mettre en place une stratégie plus ou moins efficace pour tenter de faire connaissance : articulation de mot espanglais + langue des signes + exagération des expressions 2) Il est très à la cool : son camion ne dépasse pas les 60 km/h, il s'arrête toutes les 10 minutes pour se prendre en selfie devant les magnifiques paysages que nous traversons, tout en conduisant, propose à Clément de nous concocter du Nescafé pour ne pas qu'il s'endorme tout seul à l'arrière.... Malheureusement il continue ses vacances à El Chalten alors que nous devons (avec quelques tout petits regrets) remonter vers la frontière sans perdre trop de temps (workaway oblige !).

De là s'en suivent plusieurs longues, très longues heures d'attente dans la pampa argentine. Le vent est toujours là et Clément s'occupe à nous trouver un coin un peu abrité pour manger. Océane reste sur le qui-vive pour ne surtout pas manquer une seule des rares, très rares voitures à aller dans notre direction. Le vent a presque raison de notre moral, quand avec un dernier espoir, nous supplions (la route avec José nous a permis de nous entrainer aux expressions faciales) un petit camion de s'arrêter. Hésitation, puis finalement ils freinent quelques mètres plus loin. Ils n'ont qu'une place et s'arrêtent à quelques dizaines de kilomètres de là, mais qu'à cela ne tienne, l'important c'est d'avancer. On s'installe donc tant bien que mal à bord de ce van suisse allemand, voyageurs sympathiques, qui sur ce court laps de temps nous apprennent à utiliser l'application IOverlander (carte interactive, hors ligne, qui permet de renseigner/d'être renseigné sur les différents services de l'endroit dans lequel on se trouve --> wifi, douche, camping/camping sauvage/auberge, magasins.... Chacun peut y laisser son avis/commentaire). On se sépare donc à Tres Lagos. Qu'en dire ? Village couloir, où nos seuls interlocuteurs sont les chiens errants... aïe aïe aïe que fait-on ici ??? Les seules voitures qui finissent par passer sont des locaux qui bien évidemment, n'ont pas du tout prévu de faire les 587 km qui nous séparent de Los Antiguos... On ne s'avoue pas vaincus, on range notre panneau, on tend le pouce encore et encore et finalement, une voiture s'arrête. Je cours à sa rencontre, il me demande où nous allons et lorsque je lui réponds, il me dit en souriant "C'est votre jour de chance, j'y vais aussi". S'en suivent alors 7h de trajet. Océane papote avec Marcello, très cultivé et curieux sur notre vie en France, nos voyages, la politique ; Clément tente de suivre, mais s'endort tout de même, bouche grande ouverte. On fait très peu d'arrêts car avec son métier, il est habitué à rouler pendant des heures (il travaille pour la sécurité routière). On s'arrête prendre de l'essence et il achète des sandwichs pour tout le monde...trop de gentillesse ! Au détour de nos discussions, il nous explique que nous avons beaucoup de chance car nous allons voir Los Antiguos plus vivante que jamais : c'est les 30ans de la fête de la cerise ! Youhouuu !

On s'installe au camping municipal, on dit au revoir à notre super chauffeur et on file monter notre tente dans la nuit, au doux son du reggeaton qui fait vibrer la ville, embaumés par l'odeur des barbeuc - asado des voisins.

En se réveillant le lendemain, on réalise qu'on est dans un camping très typique, très familial. Notamment quand on tombe nez à nez avec un cochon :

L'asado typique : un cochon entier à la broche, à toute occasion... 

Rassasiés par tous les fumets d'asados que l'on croise pour sortir du camping, on part se promener dans la ville, à la découverte de la fête de la cerise. Tous les habitants ont sorti des stands sur le bord de la route avec des produits artisanaux à base de cerise, et on aperçoit aussi les cerisiers qui regorgent de cerises. Miam !! Après plusieurs dégustations, on finit par atterrir dans le bar (conseillé par IOverlander) Viva el viento, qui, qui plus est, a un jardin super apprécié par ce grand soleil.

Ou comment le monde est petit : round 2. Un groupe de jeunes est assis à notre gauche. Parmi ce groupe se trouvent deux amis du groupe des amis dolois rencontrés à El Calafate ! Le monde est petit ! On s'assoit avec eux et leurs nouvelles rencontres qui s'avèrent être 3 français (dont une est en workaway dans le bar et est occupée à dénoyauter des cerises pour en faire des jus) et 2 suisses. En parlant avec eux par la suite, on réalise de nouveau que nos chemins à tous n'ont pas fini de se croiser : Eve, la française en Workaway avait rencontré le groupe dolois en voyage à Ushuaia, et sans savoir ils se sont retrouvés quelques heures avant notre arrivée dans ce bar ; et les couples français et suisse s'étaient rencontrés quelques jours auparavant en faisant du stop et ont finit par se retrouver par hasard dans ce bar (et la petite anecdote c'est qu'ils avaient aussi, sans le savoir, installés leurs tentes à côté). Contents de tous se rencontrer, on sirote du jus de cerise, puis on décide de se donner rendez-vous plus tard pour aller tous ensemble aux concerts du soir. Après quelques bières artisanales, quelques cornets de frites et choripan avalés, nous allons tous ensemble au concert de reggae. Malgré un concert de reggae ressemblant plutôt à du reggaeton, on a tout de même la chance d'assister à l'élection des ambassadrices 2019 de la fête de la cerise. Attention les yeux !!

Après avoir tapé du pied et des mains, s'être souhaité un bon voyage, c'est l'heure et nous filons tous nous abriter du vent dans nos tentes respectives. Bonne nuit !

Nous devons nous lever tôt pour passer la frontière et faire un bout de chemin, qui d'après nos copains rencontrés, n'est pas une mince affaire en stop. Nous avons deux jours pour arriver à Puerto Rio Tranquilo, lieu de notre premier Workaway.

C'est depuis le canapé du camping Lerun qu'on vous donne de nos nouvelles. C'est l'avant dernier jour de notre Workaway alors il est grand temps qu'on vous raconte nos deux semaines ici.

On a donc passé la frontière à Los Antiguos : quelques kilomètres de marche avant d'atteindre le poste argentin. RAS. On tend le pouce pour être conduits, 5km plus loin au poste chilien. Un 4x4 (voiture la plus représentée aussi bien sur les routes chiliennes qu'argentines) s'arrête et nous fait signe de monter à l'arrière. Ni une ni deux, nous voilà cheveux au vent jusqu'à la frontière :

C'est une fois la frontière chilienne passée, pouce tendu que nous rencontrons Jérôme et Xavier, deux stoppeurs français qui rejoignent notre poste de stop. On papote pouce tendu jusqu'à ce qu'un 4x4 (eh oui on vous a prévenu !) s'arrête le temps qu'on saute à l'arrière tous les 4 et nous voilà de nouveau les cheveux au vent, tentant tant bien que mal de faire connaissance malgré le vent, le bruit du moteur et l'odeur d'essence. C'est 10km plus loin, à Chile Chico que nous déposent nos conducteurs. Sur un bout de trottoir, on échange quelques conseils et les numéros. Alors qu'eux cherchent une auberge, avec Clément nous souhaitons continuer notre route. A la sortie de la ville, on tombe sur 3 groupes de stoppeurs, un peu déconfits puisqu'ils attendent déjà depuis plusieurs heures. Respectant la règle du "premier arrivé, premier servi", on décide d'aller faire quelques petites courses et de se poser dans la gare routière avant de retourner au point de stop, tout en espérant que les autres auront déjà trouvé des voitures. 2 heures plus tard, la situation n'a pas changé. On décide alors de passer la nuit à Chile Chico et de se lever tôt le lendemain pour être les premiers stoppeurs en place !

On s'installe donc dans un petit camping et Jérôme et Xavier nous donnent rendez-vous pour la soirée dans leur auberge. On va manger dans un petit restaurant local puis on les retrouve le temps d'une soirée, où l'on échange sur nos vies parisiennes respectives, la nourriture, le voyage...

Avant d'aller se coucher, on prend la décision de partir en bus le lendemain matin, direction Puerto Rio Tranquilo, et finalement on n'est pas mécontents d'avoir fait ce choix. Et pour cause, même si la route est magnifique puisqu'on longe le lac Gral Carrera d'une couleur plus turquoise que turquoise, lui-même bordé par la Cordillère enneigée en ses sommets, elle est en ripio (petits gravier et terre) du début à la fin et on se fait même quelques frayeurs. On arrive finalement en début d'après midi à Puerto Rio Tranquilo où le soleil nous souhaite la bienvenue. On décide alors d'aller pique-niquer face à cette étendue d'un bleu incroyable avant de chercher à rejoindre notre future maison pour deux semaines.

Et depuis, nous voilà en Workaway à l'Eco camping Lerun. La petite ville de Puerto Rio Tranquilo représente environ 500 habitants permanents (mais ça peut monter à environ 2500 habitants temporaires). C'est une ville quasi exclusivement tournée vers le tourisme, ce dû à la proximité avec les Capillas de Marmol (chapelles de marbre) et le glacier Exploradores. Toute la ville est en construction, notamment les routes et rues qui sont toujours des chemins de terre/pierres.

Ce camping est un "eco camping" parce que ses gérants, Carina et Pablo ont choisi de suivre le credo du "recyclage" et de construire l'image du camping comme "environment friendly", c'est à dire une philosophie tournée vers la sauvegarde de l'environnement. Les petits gestes de sauvegarde de l'environnement sont assez absents de ce que nous avons pu voir des pratiques quotidiennes locales depuis le début de notre voyage. C'est la première fois que l'on entend parler de l'environnement, et plus spécifiquement du recyclage. L'histoire du camping s'inscrit particulièrement dans l'histoire de la petite ville de Puerto Rio Tranquilo. En effet, jusqu'à début 2019, les poubelles de la ville, étaient jetées dans une décharge à ciel ouvert. Depuis, celle-ci a fermé et une solution temporaire a été mise en place : un camion d'une ville à quelques 150 km de là, Murta, passe une fois par semaine ramasser les poubelles. Afin d'avoir un impact positif et de participer à trouver une solution à ce problème de poubelles, Carina et Pablo ont décidé de réduire la taille de leur poubelle en mettant en place un système de recyclage des déchets, en s'associant avec une entreprise de Coyhaique (plus grande ville des environs, à 300 km de Tranquilo) qui recycle les déchets. C'est une solution très novatrice pour la région, et ils travaillent à associer d'autres acteurs de la ville (hôtels, campings, école...) à leur démarche. Malgré tout, c'est à nuancer et nous qui voyons l'envers du décor, nous nous posons parfois la question de leur engagement (oui oui, Clément a essayé de faire passer le message du zéro déchet "le meilleur déchet est celui que tu ne produis pas", mais l'absence d'une production agricole alimentaire locale et les liens très forts avec les Etats-Unis sont des freins quotidiens à cela... ici on fait les courses tous les jours, ce qui n'aide pas à raisonner la consommation et donc la production de déchets... mais bon on dit ça on dit rien hein !).

PS: On va essayer d'écrire un article plus technique sur ce lieu et son fonctionnement.

Ici, on divise la journée en 3 shifts/services : un pour nous, un pour Pablo et un pour Carina. C'est comme ça que sont divisées les différentes tâches de la gestion du camping (accueil des campeurs, ménages, tri des déchets...), mais aussi de la gestion de la maison. Et oui, ici c'est un peu comme l'auberge espagnole. En plus de Pablo et de Carina, il y a Ananda, 3 ans, qui est la fille de Carina, Maï qui est une amie et dort dans la "caravane" à l'entrée du camping, Indio et Rody qui occupent des tentes au fond du camping et tout un tas de copains qui passent plusieurs fois par jour. ça fait beaucoup de monde à vivre dans une seule et unique pièce, à nourrir et à abreuver de bières. Les jours de pluie on ne s’ennuie pas !

Au menu : crêpes chiliennes et manjar (dulce de leche)  

En plus des tâches générales, on s'occupe aussi à désherber les espaces, à construire et à rafistoler des choses pour le camping (gestion du compost, signalétique, décoration d'une porte en mosaïque, construction d'une table, d'un petit escalier, peinture à l'huile de vidange d'une terrasse en palettes...)... On passe beaucoup de temps avec Pablo, qui fourmille d'idées et de projets (même que ça part un peu dans tous les sens). Il nous apprend la mosaïque, mais aussi à cuisiner des gnocchis... Et il s'improvise tant bien que mal, prof d'espagnol pour Clément.

En dehors de nos heures de volontariat, on emprunte des vélos et on s'échappe à la découverte du coin et ses trésors (on veut vous faire baver avec notre île paradisiaque, parce que oui on est en maillot de bain en plein mois de janvier, mais l'eau n'a rien à voir avec celle des caraïbes et on a dû s'y reprendre à plusieurs fois pour oser mettre la tête dans cette eau glacée), et on goûte ses quelques productions locales. A vivre dans l'auberge espagnole, où le rythme est effréné, on a eu la chance d'être invités à un asado organisé par un copain de Carina : on a goûté du "cordero al palo" (agneau à la broche) qu'on a accompagné de piscola. Soirée très typique ! En retour, on a tenté de leur cuisiner, avec les moyens du bord (c'est à dire : pas de reblochon, pas de lardons, peu de crème...) une tartiflette ! On passe aussi du temps avec Ananda qui est une bonne prof d'espagnol, et à qui en retour, on apprend quelques mots de français.

Et finalement, on s'est décidés, un jour de pluie (super bien choisi le timing, c'est pas comme si on avait passé 2 semaines sur place... mais à notre décharge, Clément s'étant fait pirater sa carte bleue et la région étant quelque peu sans services, il fallait qu'on compte notre monnaie pour être sûrs de pouvoir manger après notre départ du Workaway), à aller visiter en bateau les Capillas de Marmol. Visite très mouillée mais magnifique !!


On repart de Tranquilo avec des souvenirs, de belles rencontres et quelques bonnes idées pour notre projet !



PS pour l'anecdote : Comme on dit "jamais deux sans trois" : troisième épisode du "Ou comment le monde est petit". Un soir débarque à Lerun, le couple de suisses avec qui on avait festoyé à Los Antiguos...

Et oui on le sait, on a un peu de retard, et pour cause : après avoir voyagé par petites étapes depuis Puerto Rio Tranquilo, on a peu pris le temps de se poser suffisamment pour écrire les dernières nouvelles par ici. C'est donc depuis Chaiten, soit presque 3 semaines plus tard que nous avons enfin une bonne wifi, et un camping calme pour vous écrire.


Petit retour en arrière donc : on savait que le départ de Lerun allait être compliqué si nous ne partions pas tôt, très tôt, et ce dû à la grande, très grande présence d'autostoppeurs tout au long de la journée, 7/7 jours. Étant en charge du camping depuis 24h, nos hôtes étant partis faire les courses mensuelles à la ville la plus proche, nous avons dû attendre la venue d'un de leur ami pour prendre notre place. C'est à 11h qu'il pointe finalement le bout de son nez... On est un peu impatients de s'en aller et un peu insatisfaits car il n'est pas du tout tôt, comme on l'avait prévu... On chausse nos sacs à dos, et on tombe nez à nez avec 2 campeurs qui sont en train de boucler le coffre de leur voiture et sur le point de mettre les voiles. Océane leur court après et leur demande s'ils vont vers Cerro Castillo (petit village, étape médiane entre Puerto Rio Tranquilo et Coyhaique, notre but). Après une petite hésitation, on finit par s'installer à l'arrière de leur petite voiture de location. Malgré la petite inquiétude du début, nous partageons avec Fran(cesca) et Tomas, tous les deux géologues de Santiago parlant très bien anglais (ce qui facilite l'échange pour Clément), de longues heures de voiture sur du ripio, pour le moins passionnantes. On a des milliers de questions et ils sont aussi curieux de tout. On s'arrête sur la route pour observer des volcans, des roches et tout autres merveilles de la nature pour leurs yeux de géologues. Arrivés à Cerro Castillo, on longe une ribambelle de stoppeurs... Avant de nous déposer, Fran et Tomas font le tour du pueblo, qui ne paie vraiment pas de mine, pour repérer les choses à faire et où s'arrêter. RAS (enfin en sortant du pueblo, on apercevra plus tard le grand pic Cerro Castillo qui surplombe toute la vallée, balades de 1 à 4 jours possibles). Ils décident tout de même de faire leur pause déjeuner ici. En nous voyant sortir de la voiture avec nos sacs Fran se tourne vers nous et nous dit "Vous allez où avec ces sacs ? On vous emmène jusqu'à Coyhaique !". Quelle chance ! On va donc faire de petites courses avec des choses à partager avant de pique-niquer, puis de reprendre la route direction Coyhaique, où ils vont dormir chez une amie avant de repartir pour Santiago. En arrivant à Coyhaique, Fran baraguine au téléphone, puis nous demande si nous sommes d'accord pour qu'ils nous déposent à un camping qu'ils ont repéré pour nous... On ne sait pas quoi répondre face à tant de gentillesse ! C'est ainsi qu'on atterri au camping les Ammonites, situé à 25min à pied de la ville. On échange les contacts, ils nous invitent à passer chez eux à Santiago, et demandent au dueño (propriétaire) du camping de prendre bien soin de nous... Encore une belle rencontre !

On s'installe tranquillement dans le camping, empli de couples de jeunes chiliens artistes voyageant tout en fabricant des bijoux qu'ils vendent au fur et à mesure de leur route. Après une bonne douche chaude, on marche à la rencontre de Coyhaique, et on déniche un petit restaurant végétarien, dont le menu a réveillé nos estomacs. C'est très bon et il s'avère, que Philippe, le gérant est français... aïe aïe aïe, ils sont partout ! On échange sur plein de choses et notamment sur les déchets (étonnant non ?). Philippe essaie de réduire la production de déchets de son restaurant : ils utilisent des pailles en inox réutilisables et est en train de mettre en place un système pour remplacer le papier aluminium en cuisine (avec des torchons trempés dans de la cire d'abeille, de sa voisine... affaire à suivre). On remonte sous le ciel étoilé se coucher dans notre petit chez nous, notre tente. Le lendemain est un jour pluvieux alors on traine à se lever, puis on profite de la wifi du camping et on rencontre Guillaume, français en vadrouille, avec qui on passera une partie de la soirée.

On reprend la route le lendemain matin, direction le Parc Queulat. Avant, on passe retirer de l'argent et faire quelques courses dans le grand supermercado du coin. Puis on marche environ 30min sous un soleil puissant vers la sortie de la route, avant de tendre le pouce environ 2 minutes avant d'être pris en stop par 3 argentins venus à Coyhaique pour faire la fête. Ils ne sont pas très bavards mais sont assez loufoques et rigolent tout le temps, et on passe donc 40km à bord de leur voiture. Ils nous déposent au croisement entre Puerto Aysen et Puyuhuapi (prochaine ville sur notre route, avec le parc Queulat au milieu). Ce qui semble être une situation pour le moins désagréable à venir va finalement être de nouveau l'annonce d'une belle rencontre. On s'explique : quand ils nous déposent au croisement, il se met à pleuvoir assez fort ET, disséminés le long de la route se trouvent différents groupes de stoppeurs ET, il n'y a que peu de voitures à passer... aïe aïe aïe. On décide donc de ne pas s'arrêter, de braver la pluie et de continuer encore un petit peu à pied afin de s'éloigner des autres groupes et de l'effet "tas de stoppeurs". On marche donc quelques centaines de mètres, on devient invisibles à la vue des autres groupes et la première voiture qui passe est la bonne. On saute à bord du 4x4 d'Alfredo. S'en suivent de longues, très très longues heures de voiture, qui permettent donc de faire amplement connaissance avec notre chauffeur (qui s'attelle à parler très lentement pour que Clément puisse comprendre). Il travaille dans le BTP avec son frère, qui d'ailleurs nous suit à quelques kilomètres dans sa propre voiture, et avec lequel il communique tout le long du trajet en talkie-walkie...ce qui leur donne l'occasion de blaguer et d'être un peu moins seuls. On fait de nombreuses heures sous une pluie qui est de plus en plus forte, sur une route en lacets et en ripio de chez ripio, traversant la quasi jungle. Tout ça donne une ambiance très spéciale : la brume + la pluie + la végétation très intense... on s'attend à voir débouler à tout moment des singes tout droit sortis du monde de Tarzan et Jumanji... Alors que Mapsme (application GPS hors ligne, le meilleur ami des voyageurs) annonce 2h30 de voiture pour parcourir 166km, nous avons mis environ 6h à atteindre le camping de l'entrée du parc. C'est autour de 22h qu'on s'abrite dans notre tente sous notre techo et qu'on déguste un pique-nique de fortune avant de se coucher dans cet environnement quelque peu...spécial.


à imaginer de nuit, sous la pluie battante...  

Le lendemain matin on enfile nos chaussures et notre sac à dos, et on part pour plusieurs heures de balade dans le Parque Queulat. On choisi de faire la randonnée qui monte vers le mirador duquel on peut apercevoir le glacier Ventisquero Colgante. Ce qu'on pensait être une petite balade du dimanche (étant donnée le type de visiteurs qui s'y pressent) s'avère finalement être une ascension périlleuse et sportive mais magnifique ! Et pour cause : la végétation est abondante, l'ambiance très humide, le sol n'est plus qu'un grand champ de boue et c'est 3h30 de pure montée. Après avoir donc bien transpiré tout en en ayant pris plein les mirettes, on arrive au point de vue et on a donc une fenêtre imprenable sur le glacier et sa chute d'eau se déversant dans la lagune verte ! Le jeu en valait la chandelle. Après un bref pique-nique, on redescend au petit trot pour déplanter notre tente et tenter le stop afin d'arriver à Puyuhapi pour la nuit.

Alors qu'on s'apprête à lever le pouce, un camion s'arrête juste devant nous, le chauffeur ouvre son coffre et débarque un tas de backpackers. Ni une ni deux on fait signe au couple chilien qui attendait à côté de nous de venir et on file demander au chauffeur s'il peut nous embarquer tous les 4 jusqu'à Puyuhuapi. C'est ainsi qu'on se retrouve dans le noir complet, dans la remorque d'un petit camion pour faire 30km. Un peu creepy mais plutôt rigolo. C'est ainsi qu'on arrive à Puyuhuapi en temps et en heure pour s'installer dans un petit camping (le jardin d'un couple), avant d'aller profiter de la fête du village. Se prépare une petite kermesse qui débute par un spectacle de danse traditionnelle folklorique chilienne : la Cueca. On parle avec deux jeunes chiliennes de Santiago qui nous racontent que chaque chilien sait la danser puisqu'ils l'apprennent au collège. Clément se retrouve à danser avec une des danseuses qui lui apprend que la compagnie vient de Santiago, mais que la moitié du groupe est française. Après s'être "dépensé", on fuira les autres danses où le public est invité à danser et on se réfugie dans un des rares restaurants du pueblo : on goûte le merlu, le saumon et la bière du coin ; délicieux, tout en ayant en visu les différentes épreuves des olympiades de la kermesse (sprint, course en brouette, course avec l’œuf et la cuillère...) auxquelles s'adonnent petits et grands.

On repart le lendemain, mercredi 30 janvier puisque nous avons rendez-vous le 31 en fin d'après-midi à Palena pour notre prochain Workaway, et qu'il nous reste 183 km à parcourir (et même si ça nous paraît pas être infaisable en peu de temps, on se méfie de l'état des routes du coin et des potentiels autres stoppeurs).

Suite des aventures: On se met donc en route dans la matinée depuis Puyuhuapi, direction Palena. 1ère étape de stop prévue : La Junta. 2ème étape prévue : Villa Santa Lucia. Terminus : Palena.

On marche sous le soleil jusqu'à atteindre la route 7. Et bien sûr, à notre arrivée à l'embranchement, que voit-on ? Un groupe de stoppeurs chiliens (ils tiennent un panneau avec écrit "Nous sommes chiliens") ! On décide donc de marcher plus loin [il faut savoir que Clément a développé une théorie selon laquelle les voitures préfèrent s'arrêter pour prendre des stoppeurs qui marchent], et c'est ainsi qu'on se retrouve à escalader une longue côte, puis qu'on s'installe tout transpirants en haut de celle-ci, pour une longue heure. Et pour ne pas jouer en notre faveur, un autre couple de stoppeurs s'est placé entre le groupe de stoppeurs chiliens et nous... Pas très fairplay dans le petit monde des autostoppeurs mais bon, la théorie de Clément reprend le dessus et nous voilà à marcher 4km plus loin, espérant que chaque voiture qui passe nous trouve méritants et s'arrête. Au bout de ces 4km on s'avoue vaincus et on repose nos sacs tout en tendant le pouce [Océane se permet de mettre un peu en doute la théorie de Clément]. Passe un colectivo (petit bus collectif qui s'arrête à la demande), avec à son bord le groupe de stoppeurs chiliens. Puisqu'il est encore tôt, on décide de ne pas céder à la facilité du colectivo et de lever encore un peu le pouce. Quelle bonne idée car même pas 10minutes plus tard, arrive dans un murmure vrombissant un GIGANTESQUE camion, tractant lui-même un tractopelle....et il s'arrête ! Alors que Miguel nous aide à charger nos sacs et à monter à bord de son bolide (Clément s'installe dans la couchette et Océane prend le siège passager), il nous apprend qu'il doit livrer le tractopelle à...Palena. La bonne étoile du stop a encore frappé ! [Anecdote : on rattrape, on suit puis on double le colectivo. Ahaha] On est parti pour de longues heures de route, étonnant dans cette région nous direz-vous : la route est chaotique et la conduite poids lourd si technique qu'elle nous impressionne (Miguel nous a expliqué l'intérêt de tous les boutons et ça n'avait pas l'air d'être une mince affaire !). On essaie de papoter mais l'ensemble de notre bolide fait tellement de bruit qu'on entend à peine la musique qui bat son plein dans l'habitacle (ce qui est quelque peu un soulagement car ça sera plus ou moins la même cumbia pendant tout le trajet). La route est de plus en plus difficile et on se retrouve à rouler à 20km/h dans des côtes où on serre un peu les fesses. C'est donc 6h plus tard qu'on arrivera à Palena, où des copains de Miguel nous déposent dans le centre du pueblo.

On dort donc une nuit à Palena, dans un "camping" (le jardin d'un petit papy étonné de nous trouver là à cette heure) puisque le 31 n'est que le lendemain.

On profite du soleil, on papote avec le petit monsieur du camping, on goûte jus de fruits frais et bière locale, puis on prend contact avec nos futurs hôtes pour qu'ils viennent nous chercher. Premiers échanges quelques peu incertains mais on finit par se donner rendez-vous en fin d'après-midi à la sortie de la ville. C'est dans un 4x4 rouge qu'on rencontre notre hôte qui nous emmène à travers une route en ripio vers le petit coin de paradis qui sera nôtre refuge pendant les deux semaines à venir. Pour arriver en haut du terrain, il faut le mériter tellement le dénivelé est fort ! On serre de nouveau les fesses (bien plus fort).

Klaas et Annika sont un couple Hollandais/Allemand. Ils ont deux fils, deux petites têtes blondes : Matteo, 3ans et demi et Pablo, 1an et demi, et leurs deux petits chats.

Il y a 16ans, Klaas a voyagé à cheval en Amérique du Sud et est tombé amoureux de Palena et de ses habitants. C'est ainsi que quelques années après, marié à Annika, tout deux diplômés d'études agricoles, ils décident d'acheter un terrain à Palena et de venir y installer une ferme laitière biologique. Leur terrain, c'est un champ de mines, on s'explique : pendant des années au Chili, les hommes ont volontairement mis feu aux terres afin de les déforester pour pouvoir y faire de l'agriculture et de l'élevage ; résultat, les terres sont aujourd'hui très appauvries et les arbres ont repoussé tant bien que mal mais ne sont pas solides. Ils ont donc passé de nombreux mois à "laver" leur terrain de tous ces arbres "malades", à créer un accès à l'espace qu'ils désiraient aménager pour les vaches, et pour leur maison, construisant petit à petit les installations. Vivant d'abord dans une tente, puis dans une toute petite pièce (qui sera notre chambre), puis dans une plus grande (qui est leur maison actuelle). Leur installation nécessitant beaucoup d'argent et les enfants n'allant toujours pas à l'école, ils continuent de vivre à Palena qu'une partie de l'année, de fin septembre à mai. Ils passent l'autre partie de l'année en Suisse, chacun dans une ferme différente, à garder des troupeaux de vaches.

Aujourd'hui, ils ont une triple activité, mais qui ne leur permet pas de subvenir économiquement à leurs besoins, même si elle participe à les rendre plus ou moins autonomes : ils ont un troupeau de 10 vaches, mais n'en traient qu'une à deux pour faire une petite production de fromage frais (pour leur propre consommation) ; ils ont un potager bien fourni et préparent des plants afin de démultiplier leur production sur un espace élargi d'ici à leur installation permanente ; et enfin ils construisent seuls leur future maison en éco-construction.

Nous avons pu les aider à maintenir en état le potager (désherber, arroser, récolter, planter...), à ranger du bois de chauffage, à passer du temps avec les enfants afin de leur en libérer pour qu'ils puissent avancer dans la maison. Klaas nous a montré les premiers gestes de la traite et de la gestion d'un troupeau de vaches (comment les nourrir, comment les séparer pour la traite, comment leur donner des médicaments, comment vérifier la position dans le ventre de la vache d'un veau à naître, comment les masser...). Nous avons vraiment pris part à la vie de la famille, mangeant à l'allemande, dégustant et cuisinant les produits faits maison et les produits du jardin (pain, fromage, légumes d'été, confitures, manjar, glaces maison...), se douchant au milieu du jardin en priant les rayons du soleil de chauffer l'eau du tuyau, profitant de quelques sorties familiales (on a assisté à un rodéo, on est allés se baigner dans la rivière près de chez leurs amis) et professionnelles (on a assisté à la feria agricole de Palena, où Klaas est allé se présenter en tant que futur éleveur, présenter son fromage et la machine italienne qu'il utilise pour faire ses roundballers, et on a eu la chance d'être conviés à l'asado municipal). On a aussi découvert un nouveau fruit qui n'existe qu'ici : le maki (petite baie violette sucrée et acidulée).

Un petit résumé en images de nos 15 jours, plutôt reposants dans ce coin de paradis, perdu au milieu des montagnes (et où bien évidemment le livreur UPS n'est jamais venu livrer la carte de crédit de Clément) :

Leur façon de vivre et le lieu qu'ils se sont créés nous ont inspiré sur plein de points. On a appris et noté plein de choses dans nos carnets. Cependant, il nous semble important de souligner que leur installation nous a tout de même posé beaucoup de questions : n'ayant pu investir en Europe car les terres sont trop chères, ce couple européen a décidé de s'installer au Chili un peu à la façon des pionniers. Ils parlent quasi exclusivement allemand à leurs enfants, sont venus s'installer avec un conteneur rempli de machines et technologies allemandes, vont chez le médecin et à l'hôpital en Europe... Malgré le fait que leur projet soit très intéressant et qu'ils aient réussi à installer un véritable havre de paix perdu au milieu de ces montagnes, nous ne savons quoi penser de ce choix de vie, qui dans de nombreuses situations et rapports humains nous semble questionnable. A méditer...

Publié le 27 février 2019

Après 15 jours passés dans une ambiance familiale (qui quelque fois nous dépasse un peu : faites des gosses !), nous avons hâte de reprendre la route.

Nous sommes le 14 février (oui oui on a encore du retard). On a 3 semaines de pur voyage devant nous, avant de s'installer à partir du 7 mars pour un nouveau Workaway à Valparaiso.

Après un dernier petit déjeuner de roi (qui nous manquera par la suite !!), on embarque tous les 6 pour une dernière descente bringuebalante direction Palena. Après des au revoir un peu timides, Klaas et Annika nous déposent pas loin de l'arrêt de bus, direction Chaitén. A peine une heure plus tard, nous voilà embarqués dans un petit bus cahotant, s'arrêtant tous les kilomètres pour ramasser les chiliens se rendant à la ville (eh oui dans cette région, administrativement tout se passe entre Chaitén et Puerto Montt soit entre 3h et 10h de route...pas très pratique !). Nous, on profite de la vue et rapidement on roupille jusqu'à l'arrivée. Notre plan c'est d'aller sur l'île de Chiloé, mais à être à la cool comme on l'est, on n'a pas réalisé que le weekend arrivait et que les chiliens étant en fin de vacances d'été, ils profitaient jusqu'au bout de ces destinations prisées. Résultat : on arrive à la Naviera Austral de Chaitén pour acheter nos billets pour le bateau du sur-lendemain (samedi 16 février) et bien sûr c'est complet, sans aucune négociation possible. On nous suggère donc d'acheter dès maintenant nos billets pour le mardi, direction Quellón (sud de l'île de Chiloé). Bon, raté pour cette fois mais on ne se débine pas, on part à la recherche d'un camping, on s'installe, on mange, on utilise la wifi et on décide de rester 2 jours à Chaitén, avant d'aller se balader quelques jours dans le Parque Pumalin, gigantesque réserve naturelle à plusieurs kilomètres au nord-est de la ville.

On part donc sous le soleil, à la découverte de Chaitén. En arrivant quelques heures plus tôt, la ville nous avait laissés quelque peu perplexes : très étendue, quadrillée à l'américaine par de très larges rues, ne permettant pas ainsi d'identifier un "centre ville" (comme on en a l'habitude en tant que bon français : l'église, le PMU, la boulangerie --> repères du français), mais surtout vide de ses habitants. On se demande si la ville n'a pas été repensée de par son histoire, on s'explique : la ville de Chaitén est entourée par plusieurs volcans le Michinmahuida, le Corcovado et le Chaitén.

En mai 2008, le volcan Chaitén, considéré comme éteint (puisque sa seule éruption connue jusqu'alors datait de 7400 av JC), se réveille. Le village est alors entièrement évacué et la population déplacée vers les villes les plus proches. Dans les jours qui suivent, une partie du village est rasée par les coulées de boues ; les panaches de cendres émis par le volcan atteignent les 30 kilomètres d'altitude et recouvrent toute la région (l'aéroport de Buenos Aires à plus de 1000 kilomètres de là est forcé à la fermeture pendant plusieurs jours). Le gouvernement de l'époque déclare le village "zone interdite", et prévoit la construction d'une ville nouvelle au nord.

Photos archives 

Mais à partir de 2010, bravant l'interdiction, une partie de la population de Chaitén est revenue vivre dans la ville, toujours déclarée par le gouvernement comme une ville morte. Depuis 2012, l'interdiction est levée et les habitants sont revenus progressivement, réhabilitant les maisons et infrastructures publiques.

Aujourd'hui, on peut encore voir quelques vestiges de cette histoire terrifiante :

Rue toujours marquée par la catastrophe de 2008

Bon, malgré tout, à se balader dans les rues de cette ville, en levant les yeux et en tournant sur nous même, on lui trouve quand même quelque chose de particulier, de puissant à cette ville : entourée par plusieurs sommets magnifiques, traversée par une grande rivière, bordée par la mer... Que demander de plus par un jour de soleil ? On arpente donc avec plaisir ses rues qui de temps en temps, s'animent.


Et ça c'était sans compter l'originale découverte qu'on s'apprêtait à faire : grâce à l'application IOverlander (dont on vous a déjà parlé il y a quelque lignes), on apprend qu'il y a une ancienne prison abandonnée, à quelques cuadras (coins de rue) de notre camping. Ni une ni deux, on décide d'aller s'y aventurer. Bien sûr, on choisi l'heure où le soleil commence à baisser et la lumière à se tamiser... On arrive donc face à cette ancienne prison, bâtiment empreint d'une puissante dualité : alors que ses murs sont chargés d'une histoire qu'on imagine dure et violente, la nature y a aujourd'hui repris ses droits et amène dans ces lieux d'hostile apparence une touche de poésie moderne. Témoignage en images :

Poignant non ? C'est traversé par plusieurs émotions qu'on quitte finalement cette prison, des idées plein la tête, mais le dos parcouru tout de même de quelques frissons.

Le lendemain, on décide de passer du temps à vous consacrer du temps : on rédige, on donne des nouvelles, et on prend notre temps. On sort tout de même pour aller déguster une DÉLICIEUSE tarte au chocolat dans ce concept de foodtruck (qui existe partout sur les routes depuis notre arrivée) :

Et quelques heures plus tard nous allons partager une pizza recommandée par les voyageurs et c'est là que nous rencontrons à notre table, un couple de jeunes chiliens mais surtout Rodrigo. Professeur de langue extravagant et loufoque avec qui nous allons passer la soirée à la fête de la bière de la ville de Chaitén. Après une dégustation de toutes les bières artisanales locales ça donne quelque chose comme ça :

Le lendemain, samedi, le réveil est un peu difficile et finalement on remballe tout et on se met en route en milieu de matinée direction le parc Pumalin. On fait du stop mais il n'y a que très peu de voitures à passer... On est finalement pris en stop par un colectivo vide qui nous dépose à quelques kilomètres de là, où attendent gentiment 3 autres groupes de stoppeurs... Aïe. On décide de marcher sous le soleil. 4 km plus loin, la chaleur et les taons de plus en plus insistants ont raison de nous et on s'arrête pile poil à l'entrée (géographique) du parc. 1h à attendre et zéro voiture.... Finalement passe un bus opportuniste, avec à son bord tous les groupes de stoppeurs dépassés 4 km avant, on saute à son bord et il nous emmène au départ du premier sentier de randonnée du parc Pumalin : l'ascension du Volcan Chaitén.

[Ce qu'il faut savoir du parc Pumalin c'est que c'est l'un des seuls dont l'entrée est gratuite au Chili (pour le moment) : il appartenait à l'homme d'affaire Douglas Tompkins, fondateur des marques The North Face et Esprit, philanthrope écolo, décédé il y a quelques années et dont la femme a fait don de ces quelques 3250 km² de nature au gouvernement chilien en 2005.]

Ne sachant pas encore où nous allions dormir le soir (à chaque instant suffit sa... réflexion), on décide de cacher nos sacs dans les fourrés un peu plus loin le temps de la randonnée (et 2 des stoppeurs chiliens nous emboîtent le pas pour faire de même). On se lance donc dans une ascension vertigineuse de 2h, toujours accompagnés par nos fidèles ennemis : le soleil ardent et les taons, les TAOOOONS (on croit devenir fous à force de s'envoyer mutuellement mais aussi personnellement des claques pendant 2h, tout en ne perdant pas la cadence de la marche en montée). Non sans peine, on lève la tête et on traverse tout de même des paysages à couper le souffle : des étendues d'arbres brûlés, géants aux formes spectaculaires, toujours en place et rejoints par une nouvelle génération... Vestiges de mai 2008. Et puis quand on arrive au sommet, (malgré l'omniprésence des taons qui s'invitent même sur les photos), la vue panoramique est magnifique :

On redescend en 1h puis on se trempe le plus possible dans la petite rivière glacée qui ruisselle au pied de cet énorme volcan, récompense de tous les valeureux marcheurs ayant résistés aux coups de soleil et à l'attaque des taons. Après s'être rafraichis, on saute à l'arrière d'un 4x4 en compagnie d'autres jeunes randonneurs qui vont en direction d'un camping du parc, où on passera la nuit.

Le dimanche, on se lève donc de bonne heure. On fait du stop et on monte en voiture avec un jeune couple chileno-argentin et on décide de s'arrêter au même sentier de randonnée qu'eux. Rebelote : on cache nos sacs dans les fourrés alentours et on se lance à la découvertes du sentier des Alerces : géants naturels, espèce native datant de plus de 3000 ans, dont le bois est utile pour tout type de construction, ce qui participe donc à menacer l'espèce. Il faut être 10 à se tenir la main pour encercler les plus gros spécimens répertoriés.

Et on enchaine quelques kilomètres plus loin (tout en laissant nos sacs là où ils sont pour ne pas se charger) par le sentier des Cascades cachées :

Après ces belles randos, on récupère nos sacs et on finit en stop jusqu'au bout du parc Pumalin, Caleta Gonzalo, où se situe le dernier camping.

On s'y arrête pour la nuit. On y rencontre un couple de très jeunes chiliens super sympas (qui nous sauvera avec son réchaud : on mangera enfin autre chose que des sandwich, et autre chose c'est....une soupe lyophilisée aux légumes et vermicelles ; ET SURTOUT qui nous fera découvrir les dizaines d'arbres fruitiers longeant le camping et abritant un fruit jusqu'alors inconnu : l'arandano... un déliiiiiice !!) et on retrouve la pluie, qui ne s'arrête pas une seconde de minuit jusqu'au lendemain 18h. La dernière randonnée qu'on souhaitait faire est fermée à cause du mauvais temps, la tente est trempée, il fait froid... Aïe. On trouve refuge (comme plusieurs autres) dans le centre d'information très aguicheur avec son énorme cheminée centrale, on y passe quelques heures avant d'aller grignoter dans le (cher et unique) café d'en face, avant de grimper dans un bus direction Chaitén (où on a la chance d'avoir les 2 dernières places assises, tandis que d'autres feront tout le trajet debout).

La suite (et quelle suite !) au prochain épisode...

Alors...où en étions-nous ?

Ah oui ! Dans le bus direction Chaitén. Alors comme nous le disions, ce bus étant plein à craquer, nous avons eu la chance d'être assis, mais pas à côté (l'un derrière l'autre). Au bout d'un moment, un des chiliens debout nous tend un jeu de cartes et se met à faire des tours de magie, qui font leur effet et attisent la curiosité de tous. Au bout d'un moment, la voisine d'Océane (sur laquelle elle avait déjà "louché" puisqu'elle jouait sur son portable à un jeu avec une mappemonde style "Quelle est la capitale de....") se met à commenter les tours, en français. Comme c'est (malheureusement) le plus évident , la conversation s'engage rapidement, au format le plus classique "Salut. En vacances ? Tu fais quoi dans la vie ?". Mais au lieu de s'arrêter là (comme cela arrive parfois !), il s'avère que Sophie travaille à Handicap International, qu'elle revient d'une mission de 5ans en Iraq et débat donc avec Océane sur le milieu de l'aide internationale aujourd'hui, la vie d'expat, les problématiques liées à l'urgence.... Pendant ce temps, Clément essaie de débattre tant bien que mal sur les sujets de l'écologie et de la lutte en France (avec pour exemple international du moment : los chalecos amarillos - gilets jaunes). L'heure de descendre du bus arrive, on dit au revoir au groupe de chiliens et on s'assoit pour profiter de la wifi gratuite à ce coin de rue avec Sophie (et tout plein d'autres voyageurs attroupés en grosse masse - attroupement qui permet aux nouveaux arrivants de savoir directement où obtenir de la "free wifi"). Après quelques minutes de pérégrinations online, Sophie va déposer ses affaires dans son airbnb et nous propose de venir poser nos affaires dans sa chambre (elle a réservé un airbnb dans un hostel du centre de Chaitén, à 2 pas de notre ancien camping). Et notre entente ne s'arrête pas là puisqu'on décide de manger ensemble puis d'aller faire un tour à la soirée musique organisée par la ville. Après une pizza et de nombreuses tranches de vie partagées, on se sépare quelques heures puisque nous devons trouver un lieu pour dormir. Clément penche pour aller dormir DANS la prison abandonnée (celle visitée quelques lignes plus haut), et Océane plutôt à l'EXTERIEUR de celle-ci. Sur le chemin direction la prison, on rencontre le groupe de chiliens du bus, et pour cause, eux-même cherchant un refuge pour la nuit, Clément dans le bus leur a fait la publicité de la prison. C'est donc tous ensemble qu'on franchit de nouveau les murs de la prison abandonnée, et qu'on élit domicile dans une des cours intérieures, où l'herbe est encore aplatie par les derniers occupants et les restes de feux de camp. On monte donc nos tentes, une équipe part chercher du bois pour allumer un feu (pour faire sécher les affaires des chiliens mouillées par la pluie de la nuit dernière mais aussi pour faire fuir les moustiques), d'autres partent faire des petites courses. Océane part chercher Sophie pour l'inviter, plutôt qu'à la soirée de Chaitén qui ressemble plus à une kermesse de pueblo qu'à une soirée musique live, à une soirée feu de camp dans une prison abandonnée. Nos amis chiliens sont bien équipés et on passe ainsi la soirée à faire cuire des petites galettes fait-main sur la fogatta au beau milieu d'une prison abandonnée, puis à les déguster avec de la confiture et nos arándanos ramassés dans le parc Pumalin, une bière à la main.

Le réveil du lendemain matin est quelque peu difficile, on a papoté une grande partie de la nuit et le rendez-vous à la Naviera Autral pour aller prendre le bateau est à 9h. On plie bagage donc en laissant nos compagnons et notre refuge original d'une nuit, puis on monte à bord du bateau direction Chiloé.

L'île de Chiloé est l'une des 3 îles chiliennes les plus connues (après l'île de Paques et l'île Mas a tierra de Robinson Crusoé). C'est en réalité, un archipel composé par environ 30 petites îles. L'archipel est un territoire très spécial, particulier pour le reste du pays : chargée d'une histoire et d'une identité (culture) très fortes. Une de ses particularités est son architecture : on peut trouver aujourd'hui quelques 70 églises construites tout en bois. L'autre est sa gastronomie puisqu'on peut trouver de nombreuses spécialités locales : il y a par exemple plus d'une centaine de sortes de pommes de terre produites sur l'île, l'ail chilote fait la taille d'un gros poing fermé et est plus doux, les fruits de mer et les poissons sont nombreux...

Voilà 4heures de traversée où on récupère de notre nuit (on a eu très très froid !! Mea culpa auprès de toutes les personnes qui nous avaient conseillé de ne pas partir avec notre duvet décathlon qui ne convient qu'aux températures supérieures à 15 degrés..... !!), on joue aux cartes, on regarde le film diffusé, on grignote... A notre arrivée à Quellón (sud de l'île de Chiloé), il faut dire que nos plans sont plutôt incertains. On se dirige donc vers la Free Wifi indiquée sur IOverlander (super application) pour essayer de trouver un camping pour dormir. On en profite pour contacter Luis, un copain chilien de la sœur d'Océane avec qui nous sommes en contact depuis plusieurs jours et qui est en vacances dans sa famille à Castro (Capitale de l'île). Il nous conseille de ne pas rester à Quellón qui est une ville portuaire sans grand intérêt (excepté le fait que d'après ce qu'on dit c'est là que commence/se termine la Panaméricaine, cette fameuse route qui relie Prudohe Bay en Alaska à Quellón, au Chili, ou dans l'autre sens, c'est vous qui choisissez - pour information, d'autres disent qu'elle descend jusqu'à Ushuaïa), mais d'aller plutôt dans le coin de Cucao ou de Chonchi, petits villages un peu plus au nord. L'île de Chiloé est quelque peu indépendante du reste du pays et bénéficie d'un réseau de transports en commun beaucoup plus développé et subventionné. Ainsi, pour notre plus grand repos, c'est le début de divers trajets en bus. Qu'est-ce que c'est chouette le stop, mais pouvoir roupiller la bouche ouverte et les fesses assises confortablement sur un siège de bus...ça n'a pas de prix !!! On décide donc de sauter dans le premier bus direction Cucao. Celui-ci n'allant pas au village même mais plus vers le Nord, notre repos n'est que de courte durée et on saute du bus à l'intersection qui nous emmènera à Cucao. De courte durée donc puisqu'en attendant le prochain bus, nous tendons le pouce et sommes pris en 2minutes. Nous voilà donc à monter à bord d'une voiture, mais pas n'importe laquelle : une voiture tuning (avec les phares violets, le klaxon qui fait un bruit de sifflement, les basses bien présentes dans le coffre pour la musique...) ! C'est une famille (composée par les occupants de notre voiture + ceux d'une 2ème voiture, normale celle-ci) qui se rend pour l'après-midi à Cucao, notamment pour aller voir la Muelle de las Almas (dont nous n'avons bien sûr aucune idée de ce que ça peut être !). Sur la route il y a des travaux et la famille achète aux vendeurs ambulants de quoi grignoter, et c'est ainsi qu'on goutera notre premier Milcao, grande spécialité chilienne (galette frite, de patates cuites, patates crues et viande... On n'en raffole pas mais, c'est bon !). Au lieu de nous déposer dans le "centre" de Cucao (qui n'en est pas vraiment un puisque le village est plutôt un couloir séparé en deux parties par une rivière), ils nous emmènent avec eux, quelques kilomètres de ripio plus loin, à la Muelle de las Almas (le Pont des âmes). C'est le truc attractif de Cucao : une heure de balade en forêt qui mène a une passerelle en bois. Depuis cette passerelle, les habitants de Chiloé disent qu'on peut entendre les lamentations d'âmes en peine qui déambulent dans cette zone, coincées dans ce monde sans pouvoir atteindre celui du repos éternel (et même que si on les entend, il ne faut pas essayer de leur répondre sous peine d'être frappé par la mort dans l'année). C'est sûrement très joli, mais nous sommes malheureusement restés coincés au début de la balade à cause du mauvais temps. Pour nous, la Muelle de las Almas ressemble donc plutôt à ça (petite photo de famille pour le souvenir) :

Plutôt qu'à ça :

Après ce petit raté, ils décident donc d'aller à l'autre bout du village, donc on reprend la route en ripio où on roule à 2 km/h avec la voiture tunée, direction la plage de Palihue. Après avoir traversé le village dans l'autre sens, passé un pont aux allures de bateau, on arrive sur une vaste, très vaste plage, sur laquelle les voitures peuvent même rouler. Il pleut, il fait froid mais on prend le temps de gratter le sol pour ramasser des almejas (palourdes) qui finiront emportées par la mer pendant la séance photo familiale.

Il fait nuit et on ne sait toujours pas où on va dormir, il fait froid et la famille, quoi que concernée par notre sort, finit par nous laisser dans le centre du village. Fatigués, très rafraichis, on joue l'efficacité et on se sépare : Océane part chercher des empanadas pour le repas du soir et Clément un hostel. Dans un petit boui-boui où ils vendent des empanadas, Océane fait la connaissance d'Ignacio et Valentina, un couple de jeunes originaires de Santiago qui lui donnent l'adresse de l'hospedaje (chambres d'hôte) dans lequel ils sont pour la nuit. Clément les rejoint et après un petit repas et des échanges sympathiques, on se dirige tous les 4 vers l'hospedaje. On passe une nuit au chaud (et on en profite pour faire sécher notre tente), un petit déjeuner animé par des débats avec notre hôte et Valentina et Ignacio, puis une douche chaude, on part se balader. On visite le village et ses édifices architecturaux Chilote. Puis, en cherchant un accès aux dunes donnant sur la plage (et peut-être en enjambant et traversant quelques barrières de champs....) on atterri dans le parc national de Cucao. Celui-ci permet de se promener entre forêts d'arbres natifs, dunes de sable et lagunes.

On repart le lendemain midi en tendant le pouce, direction Castro. On attend 10minutes et une famille s'arrête. Nous voilà à bord du coffre de leur 4x4. La femme prête même son écharpe à Océane pour protéger ses oreilles du vent. Et nous arrivons sans problème à Castro, où ils nous déposent avant de continuer leur long trajet jusqu'à Concepción (soit 869 km plus au nord).

En arrivant à Castro, on est toujours aussi organisés, et ne sachant pas où nous allons passer la nuit, nous décidons d'aller sur la Plaza de Armas où l'on peut trouver une wifi gratuite. On geek au moins une heure, on reprend contact avec Luis (l'ami chilien de la sœur d'Océane) qui nous donne rendez-vous pour une bière en fin d'après-midi. On reste donc sur la place à regarder les artistes de rues et pour être honnêtes, à profiter de la wifi. On va tout de même visiter la magnifique église de la place, emblème des églises de Chiloé : colorée à l'extérieur et tout en bois à l'intérieur. Puis on va retrouver Luis et son fils, sa grand-mère et un ami et sa fille. Luis nous emmène découvrir un mirador de la ville puis on va se poser pour boire une bière et partager une glace et des tortas.

Lorsqu'on se quitte en se donnant rendez-vous 2 jours plus tard pour aller à une feria de nourriture ensemble, il fait nuit et pour changer, nous ne savons toujours pas où nous allons passer la nuit. On appelle plusieurs campings qui n'ont plus de place et on décide d'aller faire la tournée des hostels pour trouver un endroit qui voudra bien de nous. On finit par trouver un petit hospedaje qu'on négocie pour 2 nuits. On est comme des petits fous : on a le droit à une chambre avec un lit double (ou "matrimonial" comme ils disent ici), une télé, une wifi super rapide... ! On en profite pour rattraper notre retard sur les nouvelles de la France, pour regarder un film ou deux...

Le lendemain, on part à la découverte des ruelles de Castro sous le soleil (eh oui il nous manquait depuis quelques jours !), puis on décide d'aller à Achao, une petite ville sur une l'île de Quinchao, conseillée par Luis. Très typique avec sa feria, son église en bois et ses chiens errants.

Le samedi (23 février pour se re-situer), on range nos affaires puis on va au rendez-vous qu'on s'est donné avec Luis à la grande feria de producteurs. Ce jour elle est particulière puisque pleins de producteurs locaux viennent vendre leurs produits. Un paradis pour Clément ! Luis nous invite à manger chez sa grand-mère et son oncle le midi, alors on achète plein de légumes, des fruits de mer... et en taxi, on se rend tous chez eux. On est accueillis comme des rois par la mamie et l'oncle, qui sont aussi ravis que nous d'avoir du monde chez eux. On cuisine tous ensemble et on se met à table pour un véritable festin !

Moment très chaleureux ! On les quitte avec regret mais on veut aller se promener encore un petit peu dans Castro avant de prendre le dernier bus pour Ancud. On attrape un colectivo et on va visiter le musée municipal (qui explique toute l'histoire de Chiloé), la feria artisanale et on retourne prendre nos sacs avant de monter à bord du bus.

A l'arrivée à Ancud, il fait déjà nuit alors on saute dans un colectivo direction le camping Bella Vista où on s'installe pour la nuit. Et quelle vue !

Le lendemain matin après la pluie, le soleil est de sortie. On se fait une grande balade vers le centre-ville, en passant par la grande plage Arena Gruesa, le fort de la ville, les bords de mer... Puis on arrive dans la ville qui nous paraît être quelque peu en pause (est-ce parce qu'on est dimanche ?). On décide d'aller goûter des spécialités (et des spécialités il y en a sur l'île !) dans un petit boui-boui du centre. On veut tout goûter alors on se fait plaisir : on commande des almejas a la parmesana (palourdes chaudes au parmesan), une paela marina (une soupe aux fruits de mer), un curanto (plat qui ressemble à une choucroute terre-mer) et du saumon grillé. On est contents mais lorsqu'il s'agit de manger...un peu moins : ce n'est pas un succès (hormis le curanto).

Après ce bouiboui certainement un peu trop barrato (cheap, pas cher) , on continue notre visite de la ville, en passant par la feria artisanale. On y rencontre Domingo ("dimanche"), petit monsieur adepte des langues et de la culture générale. Il nous parle en français et on reste avec lui débattre sur le monde d'aujourd'hui et sur l'histoire pendant une heure, avant d'aller assister au petit festival de musique sur le bord de mer.

On a froid alors on va boire une bière locale dans un bar qui est sur le chemin du retour au camping, puis on rentre se coucher dans notre tente.

Malheureusement, le calme n'est que de courte durée puisqu'Océane va être malade toute la nuit...et les 2 jours suivants ! Le lendemain ça sera donc dodo, dodo et dodo, Clément lui va tout de même acheter du coca, du riz et des bananes. Un voisin donne 20 gouttes d'huile de plantes à Océane pour guérir son estomac... Qu'ils sont gentils ces chiliens !

On aura donc passé 3 nuits dans ce camping, qui heureusement a une vue magnifique et une table à chaque emplacement, ce qui permet à Océane d'avoir toute la place nécessaire dans la tente et Clément de réparer son matelas (qui est percé depuis plusieurs nuits), de bricoler, de laver du linge... On repart le mardi 26 au soir, direction Puerto Montt. Il n'y a plus de places dans les bus (eh oui, c'est la fin des vacances pour les chiliens, alors tout le monde rentre !) donc on doit attendre 3h dans le terminal avant d'enfin monter dans un bus. Pendant le trajet, on décide de ne pas s'arrêter à Puerto Montt (qui est souvent désignée comme une ville de passage) et d'aller directement à Puerto Varas. Et on attrape de justesse le dernier bus pour passer la nuit à Puerto Varas, où on trouve rapidement un hostel, le Pistacho.

Bonne nuit !

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Infos pratiques :

Bus Quellon - Cucao : 1.300 CLP

Bus + bateau Achao : 1.800 CLP (un ticket pour les deux)

Bus Castro - Ancud : 1.800 CLP

Bus Ancud - Puerto Montt (Compagnie ETM) : 4.000 CLP

Bus Puerto Montt - Puerto Varas : 900 CLP


Muelle de las Almas : ticket entrée 1.500 CLP et parking 2.000 CLP

Parc national de Chiloé : ticket entrée 4.000 CLP (valable 2 jours)

* Cucao : Hospedaje Haide, quartier central, 20.000 CLP chambre double privée, avec petit déj

--> Adresse : près du pont et de l'église, bâtiment jaune

* Castro : Hospedaje Olguita, 10 min à pied de la Plaza de Armas, 20.000 CLP chambre double privée (négociable) --> calle Luis Espinoza, 484* Ancud : Camping Vista Hermosa : 25 min à pied de la Plaza de Armas, très belle vue, services de base, 4.000 par personne CLP

--> Adresse : Costanera Norte, 292


* Cucao : Autoservicio Oro Verde : empanadas (au saumon super bon), 1.500 CLP

* Castro : Mercado municipal de Lillo : poissons et fruits de mer (et artisanat)

Feria de Yumbel : marché artisanal local (artisanat + nourriture)

Cafe Blanco : glaces et tortas

Après une nuit bien reposante à l'hostel Pistacho, on descend au petit déj (qui pour une fois est bien bien bien fourni : pain, avoine, fromage, œufs brouillés...). Il n'y a d'ailleurs que des allemands, et on n'échange pas beaucoup vu notre niveau dans cette langue (Océane : 0 et Clément : 7ans, mais niveau 0,1). On prend un peu notre temps (eh oui on profite d'avoir un toit, une douche chaude avec de la pression...) puis on va visiter l'hyper centre de Puerto Varas. En se promenant dans la ville, qui regorge de commerces, restaurants, cafés qui sont très alléchants (eh oui la région est connue pour ses "Tortas" et "Kuchen" d'origine allemande), on tombe sur le mall (gigantesque centre commercial, dont sont très très friands les chiliens : souvent composés de plusieurs étages plein de magasins d'habits, maquillage, équipement de sport/camping, et le dernier étage consacré à la restauration avec un food-court, c'est à dire à un espace où divers "restaurants", souvent de fast-food, se partagent une seule immense et même terrasse). On décide de faire très culture locale et on y entre : nous sommes en effet à la recherche d'une cocinilla (de quoi se faire à manger: casserole fait tout + réchau, pour pouvoir être un peu autonomes) et de duvets plus chauds. On trouve donc notre bonheur à Doite (magasin canadien d'équipement pour le camping très développé ici), où une vendeuse fan du français nous fait une bonne réduction : résultat, on ressort avec une cocinilla et un duvet polaire à mettre dans le duvet pour Océane. Super visite ! On ressort de ce temple de consommation, on déambule dans les rues, on grimpe un petit escalier en céramique et on débouche dans un tiers-lieu artistique et artisan qui n'attendait que nous. Après la visite des jardins qui permettent d'avoir une belle vue dégagée sur la ville et sa baie, avec en fond un peu timide le volcan Osorno, on assiste à un cours de danse/théâtre très sympathique. On y passe quelques temps, puis on prend la direction du lac pour trouver un coin afin d'admirer le coucher de soleil. On passe par l'ancienne gare dont certains wagons semblent être aménagés en ateliers... quelle bonne idée !


Puis on redescend sur les rives du lac Llanquihue, et on arrive au bout de la baie, et quelques minutes passent avant qu'un coucher de soleil spectaculaire se présente, dans ce décor si spécial :

Le lendemain matin, on est victime d'une coupure d'eau (eh oui ici ça ne rigole pas : la proprio de l'hostel n'étant pas allée payer l'eau, un monsieur est venu couper son tuyau d'eau... Océane faisant la vaisselle se retrouve avec de la mousse plein les mains qu'on rince avec l'eau de la bouilloire, on fait avec les moyens du bord). Donc plus de douche, de toilettes... dommage car la prochaine nuit sera en camping sauvage. On doit attendre un peu avant de partir car il n'y a plus personne à l'hostel (la proprio qui s'est enfin levée est partie régler le problème de l'eau). On finit donc par partir pour Petrohue en milieu d'aprèm. Il est trop tard pour commencer une rando quand on arrive, donc on planque nos sacs, on repère un ancien camping abandonné sur les bords du lac et on décide que ça sera notre lieu de villégiature pour la nuit. On se ballade donc jusqu'à la tombée de la nuit le long du lac, en assistant toujours à un incroyable coucher de soleil, puis après être rejoints par 2 autres couples qui montent leur tente, on s'éloigne quelque peu, on essaie d'être peu visibles et on en fait de même.

Le lendemain (pour re-situer : vendredi 1er mars), on se réveille un tout petit peu moins tôt que prévu (eh oui la nuit à été fraîche, mais le duvet polaire est efficace ! Cependant le matelas de Clément se dégonfle toujours, malgré la rustine de fortune...), et quand on est au milieu du déplantage de tente, on a la visite (qu'on soupçonnait) des gardes du parc "Vous ne pouvez pas rester ici" "D'accord messieurs, on décampe" 😉. On finit donc de ranger la tente, et puis on va se faire un petit déj de fortune sur le bord du lac en attendant que la tente sèche un peu.

Puis on va s'inscrire sur le registre des gardes du parc pour partir en rando. On leur laisse nos sacs puis on se met en route pour la rando de 4h. C'est très beau, on traverse forêt, énormes tranchées creusées par les coulées de boue du volcan Osorno, plage au sable noirci par la lave...

Puis le temps se gatte alors on récupère nos sacs et on saute dans un microbus direction Puerto Varas où on décide de repasser la nuit. A l'arrivée à Puerto Varas, on croise un chilien qui nous convainc d'aller essayer un nouvel hostel, le Vermont. On finit dans une chambre matrimonial car il n'y a plus de dortoir, et qu'est-ce qu'on est heureux !!! Le lit est large et moelleux comme jamais, pour quelques pesos en plus ! Et c'est la soirée des petits plaisirs, parce qu'après une bonne douche chaude, on trouve une pizzeria puis on rentre se coucher.

Le lendemain on prend la direction de Frutillar, ville fondée par les colons allemands au milieu du 19ème siècle et communément appelée la "Bavière chilienne". C'est donc une petite ville touristique qui a conservé aujourd'hui son style germanique : on le voit à la fois dans l'architecture (un exemple : il y a une église luthérienne), dans ses choix de Tortas et Kuchen et dans ses habitants dont certains sont bel et bien blonds aux yeux bleus (on assistera à la séance photo d'un mariage de chiliens totalement issus de cette immigration ! Cf tentative de photo discrète ci-dessous). C'est aussi une ville où la musique occupe une place importante. On laisse nos sacs à l'office de tourisme pour aller se balader dans les petites rues au style très allemand de la ville au son des concerts qui ont lieu sur le bord du lac, puis on se laisse tenter par d'énormes parts de tortas :

Un peu désorganisés, on décide finalement de rester une nuit sur Frutillar et on se dégotte un camping pas très cher dans le haut de la ville (et sur le bord d'une grande route, de quoi nous bercer pour la nuit !). Mais là où on a encore de la chance c'est que le lendemain, juste en face du camping a lieu une grande feria, avec nourriture locale et danse à gogo.

On en profitera donc une bonne partie de la matinée et début d'après-midi, et on se fera remarquer puisqu'il semble qu'on soit les seuls touristes (blancs - même si je ne sais pas comment ils font pour nous différencier des descendants des colons allemands...). On en profite donc pour goûter un peu tous les plats locaux : asados (barbecue), humitas (purée de maïs, mélangée avec oignons/ail/poivrons/coriandre, le tout cuit dans les feuilles de maïs), empanadas et bien sûr des tortas et kuchen ("gâteaux" : mot allemand toujours utilisé aujourd'hui) dont il y a un sacré choix.

Et pour le plaisir des yeux et des oreilles, on assiste de nouveau à des démonstrations de Cueca (danse nationale) :

Puis on plie bagage et on se met route direction Valdivia. On tente notre chance en stop et on est pris très rapidement par un chilien qui nous dépose à l'entrée de l'autoroute. Puis on attend 5min et un carabinero (policier) s'arrête pour nous emmener quelques 20 km plus loin. Mais il nous laisse à une sortie d'autoroute et c'est franchement pas le meilleur coin pour faire du stop... On finit donc par monter dans un bus direction Osorno, où l'on prend un 2ème bus direction Valdivia, arrivant de nuit.

A Valdivia on a loué un airbnb, dans un quartier collé à un quartier craignos (dans le collectivo, drôle de première impression sur la ville : le chauffeur nous indique de fermer nos fenêtres et nos portes à clé ! Sympa !). Puis on arrive au pied de la maison de José Luis, hôte super accueillant. Après nous avoir donné toutes les indications de sécurité (alarmes, cadenas, vidéo surveillance... et oui le quartier voisin est un haut lieu de trafic de drogues, alors on n'est jamais trop prudents nous dit-il). On y restera 3 jours sans aucun problème ! Quartier résidentiel on ne peut plus calme. C'est ce qu'on connaîtra le mieux de la ville car après s'être baladés une après-midi dans le centre de la ville et être passés par ses points les plus "touristiques" (le marché aux poissons tout près duquel on peut observer les "Lobos del mar" faire la sieste, les différentes maisons héritées de la colonisation, l'exposition sur les dinosaures...Mais gros bonus grâce aux glaces qui ont sauvé notre opinion sur la ville de ce jour là, tellement les parfums étaient nouveaux et délicieux: miel/noix/amande et farine grillée), on est quelques peu restés "coincés" dans le airbnb. Et pour cause : le 2ème jour la machine a lavé a décidé de ne pas nous laisser sortir et a tout simplement commencé à déverser son eau sale dans tout l'étage puis a couler par l'ampoule de la cuisine.... Aïe aïe aïe ! Panique à bord ! Bon au moins notre linge était propre mais nous voilà pendant 3h à sécher les murs et la moquette de la maison !! Super ! Au bout de 3h, José Luis est venu nous prêter main forte (sans nous en vouloir puisque ça lui était déjà arrivé) et on est plus ou moins venus à bout de la piscine intérieure qui avait pris place dans cette petite maison pavillonnaire. Et le lendemain, jour de notre départ, une pluie diluvienne nous a, à son tour, cloués au lit, nous forçant à geeker et à jouer aux cartes toute la journée, avant d'aller prendre notre bus de nuit direction.... Valparaiso !!!

Valdivia, on t'aura décidément loupée !

Et nous voilà partis pour 12 heures de voyage de nuit !

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Infos pratiques :

* Puerto Varas : Hostel Pistacho, 10.000 CLP le lit en dortoir avec petit déj

--> Adresse : calle Walker Martinez


Hostel Vermont, 12 000 CLP le lit en dortoir avec petit déj

27 000 CLP chambre privée double avec petit déj

10 000 CLP camping avec accès services hostel

--> Adresse : pasaje Ricke

* Frutillar : tous les campings sont à 5.000 CLP et proposent les services de base. Nous sommes allés au Camping Raquel y hijas.

--> Adresse : calle Vermont

Le Camping de la playa, 15 000 CLP la tente, excentré mais propose plus de services (piscine, wifi...).

* Valdivia : nous conseillons de regarder les airbnb qui sont très bon marché.

Bus Puerto Varas - Petrohue : 2.500 CLP


Bus Puerto Varas - Frutillar : 1.200 CLP

Bus Frutillar - Osorno : 1.500 CLP

Bus Osorno - Valdivia : 3.500 CLP


Ticket Chutes de Petrohue/Saltos de Petrohue : 4.000 CLP

Publié le 20 avril 2019

Nous revoilà après quelques temps d'absence mais il se passe tellement de choses ici qu'il est difficile de prendre le temps de se poser devant le clavier de l'ordinateur pour pianoter pendant des heures afin de tout vous raconter ! Mais nous y voilà...

C'est donc après 12h de bus en semi-couchette, qu'on débarque dans l'effervescence de la ville de Valparaiso. Il fait chaud, il y a du monde partout, un trafic bruyant et omniprésent...ça nous change de tout ce qu'on a vécu depuis le début du voyage. On saute donc à bord d'un micro (petit bus d'ici) qui nous dépose aux pieds de l'Hostel Licanantay, qu'on appellera dorénavant "maison" pour deux semaines.

On est accueillis par l'administratrice, Ori(ana) et les 3 volontaires déjà présents : Nico (péruvien, volontaire depuis 4 mois), Daniel (brésilien, volontaire depuis 4 mois) et Michelle (américaine, volontaire depuis 2 semaines). On comprend très vite comment ça fonctionne ici : les volontaires sont l'âme du lieu, notamment puisqu'ils se retrouvent à gérer une bonne partie de l'hostel tout seuls. Le volontariat va être simple : chacun a 25h de travail à faire, et puisque très vite on décide de prendre en main le planning, on réussi à dégager 2/3 jours libres par semaine par personne. Plutôt cool (car souvent les volontariats ne respectent pas le volume horaire, et donc pas les jours off) ! A l'hostel, les tâches sont simples et on se répartie les différents créneaux : il y la réception, le ménage (cuisine, parties communes, salles de bain) et refaire les chambres (draps + ménage), les lessives et la fermeture. Pour renforcer l'esprit d'équipe, on met en commun l'argent qu'Ori nous donne par semaine pour la nourriture (l'équivalent de 7€ par personne) et on fait des grosses courses hebdomadaires au marché économique, local et typique ; et on dort aussi tous ensemble dans un dortoir...youhouuuu (mais ça va parce qu'heureusement, personne ne ronfle) !

Les deux semaines passent à une vitesse folle ! Entre les repas entre volontaires où on apprend à cuisiner les spécialités des pays de chacun (eh oui, on fait entre autre un riz péruvien à tomber par terre maintenant !), les après-midi découverte où on se perd dans les dédales de ruelles colorées que forment les différents cerro de la ville (cerro = quartier situé sur une colline car oui, Valpo est constituée par des dizaines de collines, chacune abritant des quartiers aussi hétérogènes les uns que les autres), les invitations aux asados par les différentes connaissances des uns et des autres, les longues heures de papote et de jeux avec les voyageurs de l'hostel, les heures passées en terrasse à apprécier une glace, une bière, des empanadas... cette ville nous conquit un peu plus chaque jour et on ne voit pas le temps passer.

C'est une ville surprenante ! A notre arrivée on nous a dit "Valpo tu l'aimes ou tu la quittes". Et en effet, les ressentis sont très divergeants, tout comme l'est sa réputation au sein du Chili. En effet, Valpo représente de forts marqueurs influençant sa structure : étant le 1er port du Chili, c'est une ville portuaire où il semble que, sociologiquement parlant, la pauvreté est plus présente et pesante, les migrations sont plus faciles... ce qui contribuerait à augmenter le taux de violence et de pauvreté ; Valpo est également la 2ème plus grande ville du pays, ce qui la rend attractive aux étudiants (notamment aussi car y sont présentes de bonnes universités et un fort esprit culturel et artistique) et transforme donc ses rues en gigantesque lieu de fête (ce qui participerait à rendre ses rues peu sûres la nuit). Quand on prend tout cela en considération, que l'on garde la tête sur les épaules et qu'on lève les yeux vers les différents cerros, on ne peut qu'être émerveillé par toutes les couleurs que dégagent ces maisons colorées, ces rues entières tapissées de street art, ces lieux alternatifs aspirants à réfléchir, changer la société, ces chiens errants qui t'accompagnent jusqu'au bout de la rue, ces vues imprenables sur la baie et sur le port industriel, ces surprises à chaque coin de rue...

C'est donc pour pouvoir en profiter un petit peu plus longtemps qu'on est finalement restés 4 jours de plus au volontariat, avant d'aller s'installer pour ce qui devait être quelques jours chez Pablo et Justine, dans une coloc super chouette (où Océane fêtera son anniversaire avec un asado en guise de gâteau, où on en profitera pour jouer pendant des heures au tarot, se dorer la pilule sur le roof-top de folie, se balader avec les vélos et se remplir la panse avec des petits plats cuisinés tous ensemble).

En effet, notre séjour s'est quelque peu allongé puisque pour l'anecdote, Clément s'est fait mordre par un chien errant la veille de notre départ, ce qui a rajouté une expérience à notre périple : nous avons donc connu les urgences puis l'hôpital chiliens. Preuve à l'appui :

Après deux injections de prévention du vaccin contre la rage (car il n'y a pas eu de cas de rage depuis très longtemps) et des antibiotiques, nous avons pu reprendre la route et quitter Valpo le cœur un petit peu lourd, après un mois au sein de cette ville qui nous a accueilli et nous a fait nous sentir chez nous.

Publié le 30 avril 2019

(On vous écrit en prenant des risques : en effet, on est dans la cuisine d'un camping où une chilienne fait frire tout un tas de trucs... sympa les odeurs dans la tente après !)

On quitte finalement Valpo le 5 avril, accompagnés par nos hôtes, Pablo et Justine qui se rendent dans la même ville à un concours d'art. Au moins les au revoir sont espacés dans le temps et l'espace. 😉

On arrive donc au terminal de San Antonio (petite bourgade à 1h au Sud de Valpo), où nous attend notre prochain hôte, Francisco. Pour la petite histoire, Francisco on ne le connaît pas du tout. C'est un monsieur avec qui avait travaillé José, un jeune chilien qu'on avait rencontré lors de notre premier volontariat à Puerto Rio Tranquilo, et dont on avait pris le contact. Et pour cause, Francisco possède une vigne en biodynamie...ce qui nous intéresse ++ ! Après avoir échangé avec lui, il nous a chaleureusement invité à venir passer quelques jours dans sa vigne (et oui, nous voulions aider pour la vendange ou tout autre coup de main possible, mais la vendange était passée d'une semaine et Francisco entendait bien nous recevoir comme des rois en vacances !). C'est ainsi que nous avons atterri à sa bodega à San Juan de Llolleo: l'Hacienda San Juan.


La vigne est en biodynamie. Les deux cépages cultivés sont le Merlot et le Syrah (deux vins rouges, mais il achète également du Chardonnay et le fait vinifier). La bodega est toujours en construction mais ne devrait plus tarder à ouvrir, ce qui permettra à Francisco de vinifier sa vendange dans sa propre bodega l'année prochaine, à la fin du mois de mars. En attendant, il la fait vinifier ailleurs, et son vin est surtout destiné à l'exportation (et notamment vers les États-Unis) : en effet, il représente une toute petite bodega (quelques hectares, qui sont minuscules par rapport aux grosses exploitations chiliennes de la vallée), ce qui ne lui permet pas d'être compétitif sur le marché chilien (car il faut savoir qu'au Chili, le vin le moins cher n'est pas comme celui qui a un goût de vinaigre en France : ici le vin pas cher est bon !).

On a eu la chance de tester de délicieux produits, accompagnés par les vins de la maison, puisque qu'après nous avoir invités au restaurant pour goûter le Merlot, nous avons eu le droit à des empanadas locales (les meilleures depuis le début du voyage !) puis à un ceviche de saumon pour goûter le Chardonnay, avant d'aller déjeuner avec toute la famille dans la maison familiale. Et ce, entre deux pauses au soleil au bord de la piscine...

On restera donc 3 jours à profiter comme des rois dans ce petit coin de paradis. Puis sonne l'heure du départ : eh oui, on doit quitter le Chili car notre visa de 90 jours touche à sa fin. On prend donc la direction de Santiago, non pas en stop malheureusement (on a essayé mais en vain) mais en bus. A Santiago, on est accueillis par Gonzalo, le petit frère du beau frère d'Océane (vous suivez toujours ?), qui nous offre une chambre dans l'appartement dans lequel lui et son coloc viennent d'aménager la veille. On est idéalement situés dans cette ville gigantesque qui change énormément de tout ce qu'on avait pu voir du Chili jusqu'à présent.

On se balade dans les nouveaux quartiers hypsters (barrio Italia), on fait l'expo Turner au Centre culturel la Moneda, on grignote à droite à gauche (on testera enfin l'ambiance...très spéciale du food court --> cf la définition dans l'article intitulé "A la découverte des anciennes colonies allemandes" pour ceux qui auraient besoin d'un rappel, ou cf photo), on monte au Cerro Santa Lucia (un parc sur une colline en plein centre ville, qui offre une belle vue sur la ville encerclée par la Cordillère des Andes), on teste le métro... Hormis la rencontre avec la famille de l'autre côté de l'océan, la capitale chilienne ne nous a que moyennement conquis sur les 3 jours que nous y avons passé (à regret nous n'avons pas eu le temps d'aller visiter les nombreux musées que détient la ville qui pourtant semblent très intéressants... le musée de la mémoire et des droits de l'homme, le musée de la solidarité, le musée d'art pré colombien...).

Nous repartons donc de Santiago le 11 avril, jour J de la date de péremption de notre visa, direction l'Argentine !

Pour la suite de notre voyage, c'est donc la direction de l'Argentine que l'on doit suivre. Nous décidons de faire le trajet Santiago - Mendoza en stop, soit 360 km. Mais comme il est difficile de sortir d'une si grande ville en tendant le pouce, on décide de prendre un bus pour (ce qu'on pensait être) un petit village à côté, à partir duquel on commencera à faire du stop direction Mendoza.

Arrivés à Los Andes sous un soleil à son point le plus haut, il nous faut également sortir de ce petit village qui est en fait une petite ville très étendue. Il nous faut donc parcourir une dizaine de kilomètres à pied, sous le cagnard pour imaginer trouver un spot de stop propice (à prononcer le plus rapidement possible 😉). Clément ne se laisse pas abattre et en plein centre ville, tout en continuant de marcher, tend le pouce. Notre bonne étoile n'étant jamais très loin, une dame s'arrête et nous emmène quelques 10km plus loin. Ouf, quelle chance ! Puis on tend le pouce pendant environ une demi heure avant d'être pris en stop par 3 jeunes mineurs (qui travaillent dans une mine de cuivre, activité très développée dans la région), Alexis, Rodolfo et Marcelo, très sympathiques qui nous déposent quelques kilomètres plus loin à la dernière station service avant la frontière. Eh oui, il faut savoir être patients et chaque kilomètre en avant nous rapproche de notre but. Donc rebelote, pouce tendu, on fait de grands sourires aux chauffeurs de camion (qui malheureusement n'ont depuis peu, plus le droit de prendre de passagers), mais c'est finalement Antonio qui s'arrête, à bord de son 4x4 rouge. Il nous emmène jusqu'à la frontière, tout en nous racontant son métier peu commun : il est technicien de téléphérique dans toute l'Amérique du Sud, pour une boîte française ! On papote alors du milieu du ski, de son développement en Argentine, et lui n'est pas peu fier de nous dire que c'est souvent ici que viennent s'entraîner les skieurs pro du monde entier (notamment pour l'altitude qui n'a de pareille en Europe !). On emprunte une route incroyable qui s'enfonce dans la montagne. Eh oui, nous devons franchir la Cordillère tout de même. Le chemin est très sinueux (ils l'appellent "la route des escargots"), emprunté par une file indienne de poids lourds...on n'aimerait pas conduire ici ! Voyez par vous même :

Photos Google  

Arrivés sains et saufs à la frontière, Antonio nous indique la voie à suivre et s'en retourne vers la petite station de ski passée quelques kilomètres avant. Chose que l'on avait que moyennement prévu : une fois le soleil couché, il fait très très froid et la nuit tombe très vite. Il est 18h30 et on enfile tant bien que mal quelques couches en attendant les voitures. Mais...personne en vue ! Oups, on se dit qu'on est pas au meilleur endroit au meilleur moment. Mais c'est à ce moment que l'unique voiture apparaît. Clément remet ses chaussures et Océane gigote le pouce tendu pour que la voiture et ses occupants s'arrêtent. Geronimo et Manuela s'arrêtent finalement sur le côté, se démènent pour ranger le mieux possible leur voiture déjà très chargée et c'est avec nous à bord qu'ils redémarrent, direction Mendoza. C'est un couple de trentenaires argentins, qui vivent à Mendoza. Lui est architecte et s'intéresse particulièrement aux éco-constructions, et elle est journaliste culinaire.... merci notre bonne étoile ! S'en suivent plusieurs heures où le volume sonore de la voiture bat son plein : on partage les mêmes points de vue, et les sujets de conversation s'enchaînent sans qu'on voit passer le temps. Enfin, celui-ci est quelque peu rythmé par les différents contrôles de police qui nous arrêtent toutes les 30minutes. Et c'est très impressionnant ! En effet, cette frontière doit faire face à tout un tas de trafic, il y a eu notamment des problèmes de traite humaine. A chaque contrôle, on est éblouis par les lampes torches des policiers qui nous somment de descendre de la voiture, nous tout seuls, et de les suivre à l'arrière du véhicule. Impressionnant et quelque peu angoissant ! On nous chuchote "ça va ? Vous avez beaucoup d'argent sur vous ?", et on ne sait quoi répondre sur le moment tellement on a entendu de choses... Finalement on comprendra par la suite que c'est davantage pour notre sécurité, pour s'assurer que Gero y Manuela ne nous ont pas pris en otage pour notre argent, nous pauvres petits européens. Au bout du 4ème on est rodés et la gentillesse de nos chauffeurs finit même par amadouer un douanier qui nous invite tous les 4 à venir passer un weekend chez lui... Du jamais vu ! Bienvenue en Argentine nous disent-ils !

Notre plan étant d'aller à Mendoza, puis de revenir sur nos pas pour essayer de trouver un parc naturel dont nous a parlé un couple rencontré à Valpo, nous leur demandons des conseils (eh oui, ce parc est très très peu connu, très peu touristique donc il est quasi impossible de trouver des infos sur internet). Il s'avère que Gero est un fan de randonnée et qu'il connaît très bien ce parc, et même qu'il a un copain qui a une petite maison tout près, à Potrerillos, qui pourrait peut être nous la prêter pour la nuit... Wahou ! ça va tellement vite qu'on n'arrive même pas à y croire ! Et ni une ni deux on se retrouve à passer la nuit dans le "jardin" d'une petite maison auto et éco construite, en terre et matériaux de récup', dont le propriétaire n'est même pas là mais nous laisse carte blanche... Le rêve ! Mais il fait nuit alors ce n'est que le lendemain qu'on découvre que cette petite maison fait partie d'un "hameau" où toutes les maisons sont en terre, paraissent être faites de bric et de broc, et sont protégées par la Cordillère tout autour qui veille sur elles !

On prend donc la route le lendemain après-midi pour le Parc Cordon del Plata. On alterne marche, puis stop jusqu'à la moitié de la montée jusqu'au premier refuge. Là on se retrouve à marcher quelques kilomètres, la lumière commence à baisser, le froid à piquer (eh oui, on est en altitude) et on trouve sur notre chemin un camping abandonné. On évalue nos différentes options et on décide d'attendre un peu pour déballer notre tente, si jamais une dernière voiture, un peu retardataire, se décidait à braver le froid et la quasi nuit jusqu'au premier refuge. Notre bonne étoile ayant pitié de nos duvets résistants à 15°C, la dernière voiture de la soirée, après un sprint effréné avec nos sacs sur le dos pour sortir du camping qui nous rend invisibles, nous emmène jusqu'au premier refuge, Vallecitos. Nous y passerons la nuit pour 3 fois rien (eh oui, on a quasi pas d'argent sur nous car on n'a pas pensé à changer les pesos chiliens en pesos argentins et ils ne prennent pas la carte bancaire), bien contents de trouver un feu de cheminée et des lits pour la nuit.

Le lendemain on se met en route pour l'un des sommets les moins compliqués, Lomas blancas, qui monte tout de même jusqu'à 4800 mètres d'altitude (sachant que le refuge est à 2500). Petits novices, on met du temps à réaliser que les maux de têtes et la difficulté à respirer sont liés à l'altitude. Mais on ne se laisse pas démonter et c'est non sans peine, mais très heureux qu'on arrive en haut de ce sommet où on pique-nique avec une vue magnifique sur les 2 vallées, avant de redescendre en même temps que la brume s'installe, boire un thé bien chaud au refuge.

Après moult réflexions, on décide de pousser un peu plus loin et d'aller camper pour la nuit au prochain campement, las Veguitas, situé à 3500 mètres d'altitude, accessible à pied en 1h de rando. C'était un peu ambitieux, on crache nos poumons et nos gambettes ont du mal à suivre, mais finalement, on arrive en même temps que la nuit au campement. Il fait très froid et le vent nous souhaite aussi la bienvenue. On monte la tente en vitesse et on n'en ressortira que le lendemain matin (à part pour une pause pipi où de petits flocons de neige viennent nous chatouiller le bout...du nez !).

Mais ça en valait la peine, parce que malgré une nuit difficile (l'altitude aura eu raison d'Océane qui a des courbatures dans toute la cage thoracique), la vue au réveil est à couper le souffle :

On prend notre temps au soleil, on se promène aux alentours puis on redescend au refuge. Après s'être réchauffés au coin du feu, on repart direction Potrerillos où la moitié de nos sacs nous attend. On descend avec un couple d'argentins, dont Roger, le monsieur, parle très bien français. Ils nous déposent chez Emi, le propriétaire de la petite maison, avant de s'en retourner vers Mendoza. Nous sommes accueillis par Emi et ses amis, qui après avoir passé la journée à presser du raisin pour faire du vin, chantent, boivent (la bière brassée par Emi), mangent (des pickles de légumes, du pain, du hummus, le tout fait maison)... petit moment de paradis !

Le lendemain matin, avant de reprendre la route pour Mendoza, on prendra le temps d'échanger avec Emi qui est un adepte du "fait main", tant pour sa maison que pour sa façon de consommer... Très inspirant !

Chargés de nouvelles idées et envies, on reprend la route, pouce tendu pour de nouvelles aventures !

Publié le 12 mai 2019

Après nos aventures "nature champêtre", on se dirige finalement vers la capitale argentine du vin : Mendoza.

On tend donc le pouce en sortant du chemin de terre qui mène à la maisonnette d'Emi et après quelques pas, nous sommes pris en stop par Fernando, qui fête ses 67 ans ce jour là même. Monsieur passionnant qui, tout en nous faisant visiter tous les lieux touristiques sur la route, nous raconte son militantisme (il a été prisonnier politique pendant 7ans et maintenant travaille dans un syndicat contre la torture...). Après un trajet très poignant, il nous dépose à un arrêt de bus qui nous mènera dans le centre de Mendoza.

On s'installe dans l'hostel Punto Urbano, où on passe 2 nuits. Choix de l'hostel : vin à volonté tous les soirs... "Eh oui - nous dit le réceptionniste - vous êtes à Mendoza". Lors de la soirée asado organisée par l'hostel, à laquelle on est conviés gratuitement (☆), on rencontre Rémi et Nico, deux français sympathiques avec lesquels on arpente les jours suivants les rues de Mendoza, ses parcs, ses bars et restaurants. Petit point économie : la monnaie de l'Argentine, le peso argentin, ne cesse d'être dévalué depuis 2011 (on en a fait l'expérience : quand on est venus une semaine en Argentine en janvier, 1€ = 42 pesos et en avril, 1€ = 51 pesos... un important changement en seulement 3/4 mois), ce qui fait que la vie ici pour nous, est vraiment bon marché, tandis que pour les argentins c'est vraiment dur (mais ils ont l'espoir qu'avec les élections présidentielles qui arrivent en octobre, l'ancienne présidente, Cristina Kirchner, qui avait - selon leurs dires- une politique plus "sociale", soit réélue).

Mendoza étant une ville touristique et européanisée, on trouve même de quoi ravir nos papilles, après les grenades du patio de l'hostel, un bon restaurant français, on craque aussi pour une soirée fondue... les vrais français quoi !

Et pour ne laisser aucune trace de ces excès alimentaires, on se rend tous ensemble aux thermes de Cacheuta pour barboter toute la journée en alternant bassins d'eau chaude, eau froide, piscine... dur dur !

Notre passage à Mendoza a surtout été marqué par les différentes retrouvailles avec Gero et Manu, nos deux chauffeurs de la frontière Chili-Argentine ! Une vraie belle rencontre ! Ils nous trainent à droite à gauche pour nous faire découvrir la vie locale.

Ils nous accompagnent même pour un bout de notre balade à vélo dans les vignes argentines. Au bout de quelques kilomètres à vélo, on mange dans un lieu super chouette : tout est fait maison, on visite même les cuisines. Le four est en terre cuite, il y a des dizaines de bocaux faits maison, tous les produits sont locaux... wahou, on salive, et on avait raison car on déguste des spécialités délicieuses !

Malgré leur excellente compagnie pour le début de cette balade, le super repas tout maison tout local, dès qu'on se lance pour de vrai dans la visite des bodegas à vélo, on déchante ! Le tourisme du vin est en pleine expansion dans la région de Mendoza, et l'oenotourisme est l'immanquable lorsque l'on vient la visiter. Les différentes agences proposent des tours des différentes bodegas, soit en bus, soit en vélo. Pour notre part, on choisira la version vélo (qu'on pense être plus authentique...). Finalement on se retrouve à pédaler sur des routes peu adaptées aux vélos (les voitures nous dépassent à toute allure...), tout est très mal indiqué et ne parlons pas des bodegas... Ce sont de grandes bodegas qui sont vendues par les agences des différents tours comme des "bodegas familiales", dans lesquelles sont déversées des centaines de touristes, qui semblent venir seulement pour consommer le plus de vin possible... et les explications des guides semblent également être calquées sur les attentes peu élevées de la majorité des touristes... On est déçus, mais peut-être que nos attentes étaient trop hautes... ça a quand même des airs de business !

On quitte Mendoza et nos nouveaux amis avec le cœur lourd. Mais on ne manque pas de se donner rendez-vous en France, où nous avons hâte de leur rendre la pareille !!!

Mais heureusement, on a rendez-vous à quelques 500 km à l'est, chez d'autres copains argentins chez qui nous allons passer une semaine, avant de rejoindre le nord de l'Argentine.

C'est en bravant la pluie (le stop à eu raison de nous, nous optons pour le bus !) que nous arrivons à Santa Rosa del Conlara, dans le quartier où vivent Andréa, Federico (un couple que nous avions rencontré à Valparaiso), Ceci (qui nous hébergera chez elle toute la semaine), Cari et ses filles, Fatima, Damon, Ezequiel, Joni... Que de nouvelles rencontres qui nous accueillent les bras ouverts dans leur quotidien.

On arrive le soir de l'anniversaire d'Andréa, et c'est donc directement qu'on est plongés dans le bain des soirées du quartier. Même si ce soir est plus festif que les autres, c'est tous les soirs de la semaine que nous aurons le plaisir de partager des bières, du Fernet (alcool de plantes très consommé en Argentine, et qui d'après Clément ressemble un peu à la Chartreuse), du maté, tout en jouant à d'interminables parties de cartes.

Pleinement baignés dans la culture argentine... eh oui, on découvrira un peu plus leur aisance, leur simplicité et leur gentillesse à toute épreuve. On peut illustrer tout cela par un jeu auquel on a dû se prêter dès notre arrivée et qui à mis, au départ, à rude épreuve notre culture et savoir être français. On vous l'explique : il s'appelle le jeu des bisous. Des matelas sont disposés collés les uns aux autres au milieu de la pièce de manière à faire un grand "ring". Tous les joueurs sont placés à genoux tout autour des matelas, excepté un joueur qui se trouve au milieu. Chacun est doté d'un numéro. La personne du milieu appel 2 joueurs : le premier numéro appelé doit s'empresser de faire un bisou sur la joue de la personne du milieu ; tandis que le deuxième numéro appelé doit faire un bisou au premier numéro appelé, avant que celui-ci n'arrive à faire un bisou au joueur du milieu. Vous suivez ? Ce jeu qui au départ nous a un peu sorti de notre zone de confort ("on ne va quand même pas faire des bisous à des gens qu'on ne connaît pas ?!"), a finalement duré pendant au moins 1h... fous rires assurés et nouvelles amitiés déclarées !

C'est une petite semaine un peu hors du temps que nous vivons chez ces amis, dans cette petite ville rurale où peu de choses se passent. D'abord parce qu'il pleut à torrent quasi tout notre séjour, puis qu'on vit tous la nuit alors les journées commencent tard, qu'on passe une bonne partie de la journée à cuisiner tous ensemble (on fera nos bretons avec un après-midi crêpes), on sort se promener dès que le soleil pointe le bout de son nez (on finira même par apercevoir au bout du 3ème jour que la cordillère est belle et bien présente mais jusqu'alors cachée par les nuages !)... On se repose en bonne compagnie !

Ils nous expliquent que c'est une région plutôt en difficultés. Pour cela, l’État subventionne dans cette région la location des maisons : par exemple, Ceci loue sa maison l'équivalent de 30€ par mois. Ce petit séjour est aussi une bonne façon pour nous de voir la différence qu'il peut y avoir entre les générations d'un pays à l'autre. Dans les rues du village, mais comme ailleurs en Argentine, et finalement le groupe d'amis est assez représentatif de cela, nous remarquons que les Argentins sont parents très tôt. Ils nous expliquent que c'est notamment dû au fait que l'avortement ne soit toujours pas légal en Argentine... Une autre différence que nous notons est le peu d'importance donné à l'âge dans les relations : ils ont entre 23 et 46ans, sont nés, ont grandi et vivent toujours ici, et multiplient les projets autant amicaux que ceux afin de développer les liens sociaux dans Santa Rosa. Leur dernier en date est la création d'un spectacle de marionnettes pour enfants, mais ils commencent également à organiser des camps de vacances pour les enfants, une feria... Malgré cela, on pouvait sentir une forme de lassitude de leur quotidien, et finalement une difficulté à mener à bien tout ce qu'ils souhaitent entreprendre.

Si nous avons été parfois surpris par leur mode de vie, qui est bien loin de tous les standards qu'on nous a toujours appris et rabâchés en France sur la notion de "travail", de "réussite", ça nous a permis de confirmer le fait qu'avoir des projets est important, afin de s'accomplir tant personnellement que comme partie prenante d'une "communauté".


C'est une fois de plus tristounets de quitter cette nouvelle famille qui semble aussi triste que nous de voir partir cette petite touche d'ailleurs qu'on a représenté pendant cette semaine, qu'on monte à bord d'un colectivo direction notre point de stop. On s'en va prendre un bus à Cordoba, direction Salta (le Nord de l'Argentine). C'est avec pas moins de 6 voitures qu'on arrivera à destination. Sur la route, quelques anecdotes : on croise au milieu de nulle part une française qui fait du stop, et qu'on avait aperçu aux thermes de Cacheuta à côté de Mendoza ; Clément craque pour des saucissons et du fromage de chèvre qui a du goût dans un petit magasin sur le bord de la route... On finit par arriver au terminal de bus de Cordoba, sous une pluie battante, après avoir eu le droit à une visite rapide de la ville, faite par notre dernier chauffeur, vraiment passionnant.

On grimpe quelques heures plus tard dans notre bus "semi-lit", le plus classe que l'on ait eu depuis le début, où on embarque pour 12h de route de nuit vers le Nord.

Bonne nuit !

[Pour se re-situer un petit peu : nous sommes le 26 avril...aïe ! Un mois de retard !]

On arrive donc de bonne heure au terminal de bus de la ville de Salta, et on se rend directement dans le petit airbnb que nous avons réservé pour une nuit (Salta étant touristique, c'est l'option la plus économique, d'autant plus qu'on souhaite davantage se reposer que faire la causette). La maison étant spacieuse et surtout dotée d'un patio, on prend le temps de se reposer de notre nuit de bus, de lire, d'écrire avant de sortir pour acheter le repas du soir dans un petit magasin argentin très typique :

Comme à la maison 

Loin d'y trouver les mêmes produits qu'en France, on fait quelques emplettes, notamment en perspective de ce qui nous attend.

En effet, on ne vous a pas tout dit mais pour 10 jours, on a décidé de passer de l'autre côté de la route : on loue une voiture à Salta, direction San Pedro de Atacama (Nord Chili).

Après avoir dégusté de bons petits plats régionaux (sans aucune pointe d'humour cette fois-ci), visité rapidement le centre de Salta, posté des covoiturages sur les différents groupes facebook (eh oui, ce réseau social est bien utile quand on voyage car il représente une véritable communauté !), on signe pour récupérer notre bolide après une 2ème nuit dans notre super airbnb.

Et le lendemain, pas peu fiers à bord de notre super bolide, nous voilà partis direction le Chili ! Et pas moins de 598km, la cordillère à franchir, et le post frontalier le plus exigeant ! En route !

Pour vous expliquer un petit peu notre choix : les régions de Salta et de San Pedro de Atacama sont très touristiques et donc sillonnées par d'innombrables voitures/bus de touristes. Des tours organisés par des agences sont proposés, mais d'abord il faut aimer faire partie d'un groupe plus ou moins grand pour lequel chaque minute de la journée est planifiée, et puis les prix sont quelque peu exorbitants (sachant qu'à San Pedro de Atacama, chaque lieu/"attraction" est payante...). Donc pour plus de liberté, pour des raisons éthiques et économiques, nous avons décidé de louer cette voiture pour parcourir ces lieux touristiques mais immanquables. De plus, la route qui sépare les deux villes est à elle seule une attraction tant elle est magnifique : on passe d'un paysage incroyable à l'autre, avec des couleurs jamais vues, si bien qu'on s'arrête toutes les 5minutes pour prendre des photos, et tout n'est que "Ooooh ! Aaaaah !".

La nuit tombe lorsqu'on est en pleine ascension de la Cordillère, après avoir pu observer de loin les couleurs de Purmamarca (qu'on prendra le temps de voir à notre retour). La nuit et le froid rendent l'expérience de conduite encore plus impressionnante ! On se sent tout petit et quelque peu perdu au milieu de cette gigantesque chaîne de montagnes.

Après avoir imaginé dormir sur le bord de la route, dans un des lacets que forme celle-ci, on se ravise et on décide de pousser un petit peu plus loin car on remarque sur iOverlander la présence d'un petit hostel à 1h de route. Ce n'est que le lendemain matin qu'on mesure où l'on a dormi : Los Tres Pozos, petit village perdu au milieu d'une zone très désertique, bâti tout en terre rouge, tout en simplicité, dans lequel vit une communauté indigène (et déjà les visages changent : ces argentins du Nord ont davantage un faciès ressemblant aux boliviens, péruviens, avec un style beaucoup beaucoup moins européen !).

Puis la route continue, toujours aussi magnifique :

On passe sans problème la frontière au Paso de Jama : et oui, on s'est empressés avant de finir fruits, légumes et fromage car il est formellement interdit de faire entrer au Chili tout produit frais et animaux (en effet, ils ont une peur bleue des bactéries : au nord le désert, au sud et à l'ouest l'océan et à l'est la cordillère, ils sont complètement enclavés). Après 1h30 de totale descente (on n'aimerait pas conduire les camions que l'on s'empresse de doubler), nous arrivons à San Pedro de Atacama. Les prix des hébergements sont exorbitants et nous choisissons donc de planter notre tente dans la cour d'un des nombreux hostels. Le petit monsieur à pitié de nous et nous prête donc à chacun une couverture pour survivre au climat peu clément.

Nous sommes en contact avec 3 français qui arrivent le jour d'après à San Pedro et souhaitent partager notre petite voiture. On décide donc de se faire une petite journée tranquille, sans aller dans les plus grosses "attractions" pour attendre de les faire avec eux. On se rend donc aux Petroglyphes de Yerbas Buenas et à Rio Grande (petit village du bout du monde, perdu au milieu des montagnes, où la route s'arrête). Sur la route, on croise nos premiers lamas et devinez quoi... on prend un monsieur en stop (grande fierté pour les autostoppeurs que nous sommes) !

On finit la journée par la Vallée del Arcoiris. Petit problème : notre voiture ne passe pas les rivières donc nous tentons notre chance en stop et montons à bord de la dernière de la journée (☆), conduite par un couple belge flamand. On arrive à la meilleure des heures, celle où la lumière baisse mais où les couleurs sont incroyables ! Et pour cause, cette vallée est aussi appelée "la vallée arc-en-ciel" puisque s'y cache des roches multicolores disposées en strates.

On rentre à San Pedro complètement émerveillés par les couleurs imprimées à jamais dans nos têtes. Après une bonne douche chaude (dans le village, les douches ne sont chaudes que le soir car elles chauffent uniquement grâce aux panneaux solaires), on sort rencontrer Ambre, Paule et Benjamin, nos futurs coéquipiers des 2 prochains jours.

DAY 2 :

Après avoir convenu ensemble d'un itinéraire, on se retrouve le matin avec grand grand plaisir à la Franchuteria : boulangerie française installée à San Pedro, qui en une bouchée ravie nos papilles et nous fait nous sentir à la maison après ces presque 5 mois de voyage !

Puis on se met en route direction : Piedras Rojas et les lagunes Miscanti et Miniques et la laguna Chaxa (réserve de flamands roses), tout en faisant connaissance. Ambre est de région parisienne, en voyage pour 6 mois ; Paule et Benjamin sont en voyage depuis 8 mois et parcourent l'Amérique du Sud avec un projet : ils vont à la rencontre d'initiatives alternatives d'éducation. Autant dire que ça matche très bien et qu'on forme une fine équipe à la découverte de ces paysages grandioses !

DAY 3 :

On a décidé de se donner rendez-vous à 4h30 pour arriver sur le site des geysers avant le lever du soleil (conseil donné par tous car les fumées se voient seulement quand l'écart de température est le plus grand). On prend donc le route de nuit, et notre petit bolide n'est que moyennement prévu pour ce genre de piste, mais on avance tout doucement et on atteint notre but ! Arrivée à 6h30, petite pause thé dans un froid glaciaaaaaal (environ -10°C), mais heureusement, on aura une récompense réconfortante quelques heures plus tard...

Sur la magnifique route du retour (qu'on découvre de jour!), on improvise une petite pause pique-nique. On fait ensuite un stop à San Pedro où on s'arrête boire un coup sur la place, avant d'aller voir le coucher de soleil au Pukara de Quitor, ancien village en ruines surplombant San Pedro de Atacama (qui permet donc de réaliser à quel point cette ville est au milieu de nulle part dans le désert) et la vallée de la Luna.

Après un dernier au revoir quelque peu tristounet (encore et encore !), chacun reprend sa route dans des directions plus ou moins différentes.

Pour nous, c'est retour sur Salta dès le lendemain matin, où nous avons encore quelques jours pour parcourir la région de Salta avant de rendre la voiture.

Publié le 30 mai 2019

(On vous prévient à l'avance, on a eu le droit à un nouveau petit joujou pendant ces 3 jours, qui est quelque peu omniprésent dans cet article...désolé 😉)

De retour à Salta, non pas sans être quelque peu fatigués de ces magnifiques longues heures de voiture, c'est heureux qu'on se couche au Gaucho Hostel pour une nuit : et pour cause, nous avons trouvé 2 nouvelles covoitureuses pour partager ces 3 prochains jours avec nous !

Le lendemain matin, on accueille donc à bord, Chloé et Clémence, et nous filons tous les 4 direction Cafayate. La route est magnifique et on s'arrête toutes les 5minutes pour prendre des photos et....des vidéos ! On croise de nombreux spécimens, tout en ayant le plaisir de se promener dans la Quebrada de las Conchas, la Garganta del diablo ("la gorge du diable").

Vous avez vu le petit accessoire des filles ? Et oui on a pu tester un drone !  

On atterri même dans un endroit qui semble hors du temps : Alemania est une ancienne gare, dernier arrêt de la ligne, héritage colonial aujourd'hui complètement désert mais quasi intacte. On y rencontre par hasard Germo et Carlos, deux amis qui viennent partager leur pause du midi dans la maison de famille. Et bien sûr... ils nous invitent à venir partager leurs empanadas et leur bière de la région (la Salta Negra), dans ce qu'on découvre être une magnifique maison de type colonial, donnant sur leur vigne !

Après un long débat politique (même qu'on a un peu honte parce qu'ils sont très au fait de la politique européenne et particulièrement de la politique française), on se remet en route. On s'arrête pour un coucher de soleil magnifique sur des montagnes colorées où on est seuls au monde, puis on arrive à Cafayate pour passer la nuit.

On reprend la route le lendemain matin, direction Cachi, par la fameuse Ruta 40 : connue pour ne pas être "asphaltée" (nouveau mot de notre vocabulaire). On va tellement lentement qu'on a bien le temps d'admirer le paysage magnifique qui change du tout au tout avec celui de la veille.

Drone ! 

Après avoir passé la nuit à Cachi, on repart pour notre dernière journée ensemble, et pas des moindres. On doit traverser le Parc de los Cardones, gigantesque réserve de cactus surplombée par de gigantesques montagnes colorées, dans laquelle on se perdra à faire des photos rigolotes avec ces milliers d'arbres aux formes si particulières ! Question à mille points : savez-vous de combien grandit un cactus chaque année ? Et la réponse est.......................... 1cm ! Et dire qu'on en a vu d'au moins 10 mètres ! (On vous laisse calculer leur âge...)

Drone ! 

En continuant la route, on finit par atteindre le col : nouvelle surprise paysagère, et ce jusqu'à notre retour à Salta. Le temps change radicalement, on conduit dans la brume, nouvelle atmosphère pour cette redescente de col, dans les lacets de la Cuesta del Obispo :

Et encore drone ! 

Une fois de retour à Salta, on est tous fatigués. Après une petite pause, on se retrouve le temps d'un dernier repas typique puisque chacun reprend une route différente le lendemain.

Pour notre part, nous devons rendre la voiture puis rejoindre notre lieu de "retraite spirituelle" à quelques 20 km de Salta, petit airbnb à la campagne que nous avons réservé pour 4 jours afin : de se reposer (eh oui le voyage ça fatigue, et la conduite encore plus !!), de rattraper notre retard d'écriture...

Direction la Calderilla !

Après 5 jours à la Calderilla, à ne absolument pas faire grand chose, à part se reposer, se promener, lire, écrire, manger... on reprend la route direction la boucle Nord de Salta.

Petit aperçu de notre lieu de retraite :

On nous avait prévenu, mais vous nous connaissez, on a quand même eu envie d'essayer : après 2h à attendre sur le bord de la route qu'une voiture nous emmène direction le nord de Salta, on finit par sauter dans un bus direction Salta, puis on continue dans notre lancée et on prend un bus direction San Salvador de Jujuy, puis un dernier pour Humahuaca. On arrive de nuit dans ce petit village très touristique puisqu'il se situe tout près de la fameuse montagnes aux 14 couleurs, l'Hornocal.

Le lendemain matin, après une petite visite du centre-ville, un passage au marché, on prend à pied la direction de l'Hornocal. La plupart des gens louent une voiture, ou contractent un chauffeur et son 4x4 pour y monter. On avait lu sur des blogs qu'on pouvait y aller en stop, c'est donc après 30min d'attente en plein soleil que s'arrête un monsieur du coin qui reconduit chez elle une jeune femme venant d'une communauté perdue dans la montagne. Ce trajet s'annonce des plus intéressants : pendant que Clément parle fromage, céréales avec elle, Océane parle développement local avec le chauffeur, qui est très cultivé et nous apprend beaucoup de choses sur les produits de la région. On est très agréablement surpris car il a été rare jusqu'ici de parler de "production locale", de "valorisation territoriale, agricole et culturelle", mais on passe 30min avec lui et il n'est question que de ça. Et pour cause, nous sommes toujours en Argentine, soit dans le Nord, mais tous les produits, tant agricoles qu'artisanaux sont importés de Bolivie (eh oui, c'est moins cher et c'est le folklore que recherchent les touristes). Il nous apprend donc qu'à Humahuaca, il ne sert à rien d'acheter de l'artisanat, de manger du lama et de consommer de la coca pour l'altitude... ces produits ne sont pas de la région !

Il nous dépose au croisement de la route allant à l'Hornocal et continue sa course. A peine quelques pas et nous sommes essoufflés : altitude + vent ! Une voiture arrive et nous sommes donc repris en stop par un couple argentin qui nous emmène au pied de l'Hornocal. C'est magnifique !

Et avec gentillesse ils nous redescendent à Humahuaca. On refait un petit tour de la ville avant de prendre un bus direction Iruya, petit village perdu au milieu de la montagne.

Monument en mémoire aux Héros de l'indépendance, à peine exagéré... 

Après plusieurs heures de bus où soit, le paysage est à couper le souffle, mais qu'est-ce qu'on sert les fesses ! Le bus est un vieux de la vieille, la route est très étroite et c'est une route très très très sinueuse ! Mais en même temps on n'arrive pas au bout du monde sans peine ! Et c'est vraiment dans un minuscule village perché à flanc de montagne que nous arrivons à la tombée de la nuit. La surprise au réveil n'en sera que plus grande ! Le temps semble être comme suspendu dans ce petit village plein de vie. On vous laisse en juger par vous même :

Le village est séparé en deux par le lit gigantesque de la rivière. On s'y engouffre pour une promenade en solo (hormis la faune locale) de plusieurs heures :

On passe deux jours dans ce petit paradis, à profiter des scènes de vies multigénérationnelles qui s'offrent à nous.

Publié le 16 juin 2019

Au départ d'Iruya, on est pris en stop par un couple de français qui viennent de passer 6 mois en tant que volontaires au Pérou dans une asso qui lutte pour la reforestation, notamment grâce à l'agroforesterie. Super rencontre qui malheureusement s'arrête 2h plus tard puisqu'on ne part pas dans le même sens. Ils nous déposent au croisement, tandis qu'eux repartent vers Humahuaca, nous attendons quelques heures au soleil qu'une voiture s'arrête... On nous avait prévenus que plus on irait au Nord, moins le stop fonctionnerait. On est rapidement rejoints par Nathalie, voyageuse hollandaise qui monte finalement avec nous dans le premier bus qui passe direction la Quiaca, ville frontalière avec la Bolivie.

[ information d'envergure : c'est sûrement en s'arrêtant à un point de vue pendant le trajet en stop que Clément a fait tomber son portable. Ciao, bonne nouvelle vie sauvage à lui ! ]

Mais Nathalie, tout comme nous, n'avons pas l'intention de passer tout de suite en terres boliviennes puisque nous avons entendu parler d'un petit village, Yavi, où il ferait bon s'arrêter quelques jours avant de quitter l'Argentine.

On est vraiment surpris en arrivant car Yavi c'est vraiment 3 rues sur 5 et tout est..... vide ! Après avoir papoté avec un des rares habitants que l'on croise, et de surcroit un monsieur aimable (le regard des gens sur nous a aussi beaucoup changé en quelques centaines de kilomètres !), on apprend que l'abandon du village est dû à des enjeux de corruption politiques tribales, mêlés à des intérêts mafieux... bref pas simple pour la petite centaine d'habitants qu'il reste dans ce pueblito désert ! On est surpris de l'accueil des gens, si bien qu'on finit dans le seul hostel où le gérant, Sergio, est un ancien voyageur et nous accueille à bras ouverts. On reste donc 2 jours à profiter des alentours et des talents culinaires de notre hôte.

On repart tous les 3 le samedi matin en stop, après de multiples fausses informations d'horaires de bus (on est quelques peu refroidis par l'amabilité des locaux...).

Un couple du coin s'arrête et nous emmène pour quelques pesos (nouveau concept du stop) jusqu'à la frontière. Laquelle nous traversons à pieds et arrivons, quelques 10 minutes plus tard, à Villazon, Bolivie. Dans les rues bondées de Villazon, boliviens et argentins se bousculent avec leurs nombreux achats (jusqu'à peu, c'étaient les argentins qui venaient côté bolivien pour faire les emplettes car celles-ci coûtaient moins cher ; tandis qu'aujourd'hui, ce sont les boliviens qui traversent afin de faire leurs courses côté argentin tellement le pesos est bas). Dans cette fourmilière, on tombe au hasard sur un couple germano-argentin que connaît Nathalie. Présentations faites, nous nous mettons en route tous les 5 directions la gare routière. Et ce, en longeant les rubalises de la course cycliste de la ville ! Escorte assurée ! On rencontre d'autres voyageurs sur la route qu'on emmène avec nous et nous composons donc tous ensemble un mini bus direction Tupiza.

Quelques heures plus tard nous arrivons à Tupiza, petite ville située à quelques 2850 m d'altitude. Après avoir dégoté un hébergement pour tout le monde, on part s'imprégner de l'ambiance de la ville qui déborde d'agitation pour un samedi après-midi. Les rues de Tupiza c'est : des enfants/adolescents en uniforme et en groupe qui papotent et jouent sur les trottoirs, des tuk-tuks customisés qui klaxonnent de tous les côté avec des passagers entassés sur la minuscule banquette arrière, des vendeurs de friandises/glaces/chips criant pour appâter le client... Et dans tout ce tumulte, on finit par débarquer au stade de sport, dans lequel se déroulent les finales de la première phase du championnat de volley masculin et féminin !


Le lendemain, munis de nos meilleures applications, on se met en route pour un trek qui sort un petit peu des sentiers battus. On va traverser le canyon del Inca : c'est parti pour 7h de rando-escalade, sans croiser âme qui vive dans ce gigantesque canyon. Une randonnée vraiment originale et magnifique ! Malgré le retour entaché des couleurs des déchets…

Tupiza est une ville depuis laquelle partent les excursions les plus prisées de Bolivie (tout comme Uyuni). Y sont sur-représentées les agences de tourisme (une bonne 10aine pour Tupiza contre environ 80 à Uyuni) qui proposent donc plusieurs formules d'excursions touristiques, toutes ayant pour but final le désert de Sel d'Uyuni. Les excursions consistent en un circuit de 3 à 5 jours qu'on arpente à bord d'un 4x4 conduit par un guide, quelques fois accompagné par une cuisinière. On peut être entre 4 et 6 passagers. Cette étape a été pour nous sujette à de nombreuses réflexions car si jusqu'à présent on avait plus ou moins réussi à sortir des circuits tout tracés très touristiques, la découverte de ces régions, le Sud Lipez et Uyuni, se fait difficilement autrement (quoique depuis on a croisés des personnes l'ayant fait à pied et en vélo....belle prouesse, mais après réflexion, nous on ne l'aurait pas fait !). On ne regrette rien car c'était absolument splendide et puis nous nous sommes très très bien entendus avec nos covoitureurs(#belote), mais bon... malgré l'incroyable beauté, c'est vraiment très (trop ?) touristique ! Depuis Tupiza on est moins sujets aux longues files de 4x4 qui se suivent pendant des heures (moins que depuis Uyuni apparemment), et puis nous avons eu la chance d'avoir un guide qui tentait de nous donner l'exclusivité sur chaque lieu, mais il n'en reste pas moins qu'on se suit un peu tous, et que malgré leur sympathie, les guides ne sont là que pour donner ce qu'attendent les touristes, le strict minimum et les photos souvenirs mythiques. On a été déçus par cela, car nous pensions tous les 4 avoir choisi une agence plus "éthique". Malgré tout, notre guide était originaire du Lipez et cela se sentait qu'il connaissait vraiment bien la région, comme quelqu'un qui y a grandit.

Donc le mardi, jour de grève à Tupiza (eh oui, quelle chance !), nous partons direction "le tour d'Uyuni". De bon matin, on rejoint Quentin et Guillaume, nos deux compères pour les 4 prochains jours, ainsi qu'Ives, notre guide/chauffeur/cuisinier. Sur ces 4 jours, il nous a été donné à voir des dizaines de lieux plus incroyables les uns que les autres... On s'est même demandé s'il y a un moment à partir duquel le cerveau n'est plus capable de s'extasier devant la beauté des paysages tellement il en voit ? On a donc la chance de voir des paysages magnifiques et tellement divers : de nombreuses montagnes, le volcan Licancabur, des lagunas blancas (sel, borax...), le désert de Dali, les eaux thermales, les geysers, la laguna verde, la laguna colorada (Océane a presque pleuré devant ce paysage tellement....inconnu), des formations rocheuses, la laguna negra, le cimetière de trains et bien entendu, le coucher et lever de soleil sur le Salar d'Uyuni. En fait, nos écrits ne sauraient vraiment vous raconter l'extraordinaire.

Place aux photos :

Et l'envers du decors :

C'est quelques peu fatigués (surtout gelés car les nuits étaient très très fraîches... -10°C environ) mais surtout impressionnés par tout ce qu'on a vu en 4 jours que nous nous quittons tous à Uyuni. Accompagnés par 2 gars, Martin et Marc, rencontrés pendant le tour (le 4x4 derrière le nôtre ;) ), nous prenons un bus direction Potosi.

Publié le 23 juin 2019

Après 4h de bus bolivien (car oui ce n'est plus le même standing qu'avant : on se demande comment certains bus peuvent encore rouler, il n'y a bien sûr pas de toilettes - même si c'est un trajet de 10h, on s'arrête toutes les 10min pour laisser monter/descendre des passagers, laps de temps pendant lesquelles de nombreuses vendeuses en profitent pour venir nous vendre tout un tas de friandises confectionnées par leurs petites mains...) nous arrivons le soir même dans cette fourmilière géante qu'est Potosi : des gens partout que nous bousculons avec nos énormes backpacks, des vendeurs de tout et n'importe quoi, des familles, des bus qui crachent une fumée noire nauséabonde et puis surtout, nos poumons qui peinent à nous emmener au centre ville qui se situe bien plus haut dans la ville. Car oui il faut savoir que Potosi se situe à 4100 m d'altitude, si bien que monter 3 marches se transforme en une véritable prouesse sportive ! On prend pour hostel un espèce d'hotel particulier en semi-travaux, mais avec une terrasse à la vue imprenable sur la ville et surtout sur la Montagne d'Or. Potosi est avant tout une étape où l'on décide de se reposer après ces semaines de tourisme. Ce qui tombe parfaitement bien car Océane est bien malade ! On visite tout de même le marché et on goûte, tout en étant un peu frileux (eh oui nos estomacs d'européens sont tellement aseptisés que l'eau et la nourriture boliviennes nous sont quelques peu difficiles à digérer !), quelques spécialités locales. L'api, boissons à base de farine de maïs violet et de cannelle retient particulièrement notre attention.

Après plusieurs jours de repos on finit tout de même par aller visiter la fameuse Montagne d'Or qui n'est autre qu'une gigantesque mine active dominant la ville. Changement total de décor : après la bulle de tourisme qu'on vient de vivre, on se retrouve quelques peu plongés dans la dure réalité d'une ville bolivienne.

Visiter la mine nous paraît être une attraction quelque peu spéciale (mais d'après le guide nous ne sommes que des français parmis tant d'autres : oui c'est éthique puisque les coopératives de mineurs touchent un gain de l'exploitation touristique et non ça ne dérange pas les mineurs qui sont fiers de leur travail ; non les conditions ne sont pas ce qu'on nous décrit : il n'y a pas de travail d'enfants, très peu de morts... ). On se laisse tenter, au moins pour l'aspect découverte de ce monde qui existe encore dans de nombreux pays dans le monde. Et on était loin d'imaginer ce qui nous attendait !

On commence par aller voir une des nombreuses usines de transformation. Les mineurs apportent ici ce qu'ils ont extrait, et sont payés selon la qualité (les petits morceaux avec le minéral précieux bien visible sont plus recherchés et donc mieux payés) et la quantité. Au final, il sort une poudre de minéraux (fer, argent, zync...) directement exportée en Chine (malheureusement), à coût assez faible, pour fabriquer de nombreux produits à plus haute valeur ajoutée. Ce qu'on découvre est assez impressionnant, cela ressemble à ce que l'on a appris sur la révolution industrielle: de très vieilles machines avec des systèmes assez basiques de conduites et de rouages, dans un environnement très sale, avec peu d'infrastructures. Alors que nous sommes assez bien protégés, les ouvriers qui travaillent ici ne portent aucune protection, ils travaillent pourtant avec un nombre incalculable de produits chimiques mélangés aux minéraux broyés dans l'eau, dans le but de séparer les minéraux précieux des déchets (principalement de la pierre).

En chemin pour la mine, on emprunte donc des routes qui sont peu pratiquées par les touristes, hormis ceux qui se rendent accompagnés à la mine. On visite le "marché des mineurs", dans lequel ceux-ci font leurs achats : nourriture, coca (plante de laquelle est extraite la cocaïne, dont les feuilles, loin de produire les effets de la célèbre drogue, sont consommées puisqu'elles permettent de se maintenir éveillé, ne pas ressentir le sentiment de faim et soif - ils se mettent environ une 100aine de feuilles une à une dans un côté de la bouche, qui forme une boule ("bolo") à l'intérieur de la joue, agrémentée de bicarbonate et poudre de patate douce ( goût sucré) qui permet de faire agir les effets plus rapidement, et gardent cette boule environ 3-4h avant de la cracher et d'en refaire une nouvelle), cigarettes (eh oui, les mineurs fument dans les galeries...), alcool (grands consommateurs d'alcool à 96 °, dont la bouteille d'1 L coûte environ 25 bolivianos, soit 3€....), dynamite (en libre accès dans la ville de Potosi, tout un chacun pouvant s'en acheter). On assiste à des scènes vraiment atypiques : des messieurs qui paraissent très âgés (mais c'est l'effet de la mine) ne tenant pas debout, affalés au milieu ou au bord de la chaussée, sortant de leurs poches des fioles d'alcool à 96°... et après la visite de la mine on réalisera l'impact de l'alcool sur cette société... On passe donc environ 2h dans la mine. Les explications de notre guide sont ponctuées par des explosions lointaines de dynamites qui surviennent des différents niveaux de galeries de la mine. On croise des mineurs qui semblent très très jeunes (pas de travail des enfants, mais certains ont 22ans et ont commencé à 15ans...), mais aussi des très très vieux, perdus dans le fin fond des galeries, à enchainer pendant des heures les brouettes, espérant être assez chanceux pour trouver une veine de minéraux leur offrant le plus d'argent et de zinc possible (sachant qu'aujourd'hui il n'y a plus d'or dans cette mine), rythmant leurs journées par la coca, l'alcool et les cigarettes. Ils ne semblent que très peu enclins à la discussion (ils parlent majoritairement Quechua et s'arrêtent à peine sans dire merci pour récupérer les "cadeaux" qu'on nous fait acheter pour leur donner : coca, jus de fruits (qui sont plus des sodas qu'autre chose!), dynamite...), ce qui est tout à fait normal, mais contredit encore une fois ce qu'on nous avait dit et donc ce qu'on veut vendre à tout prix aux touristes. On a pris quelques photos pour vous témoigner l'ambiance à l'intérieur de cette fameuse "Montagne d'Or" :

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Légende des photos :

1) Achat de feuilles de coca et d'un bâton de dynamite au marché des mineurs.

2) Futur mineur...

3)Entrée de la mine que nous avons visitée. Les sacs sont remplis de blocs de minéraux et sont stockés près de la mine en extérieur ou dans les petites maisons de stockage de chaque mineur.

4) Notre guide et un mineur qui sort une brouette de gravats et minéraux, occupation majeure du mineur quand il n'est pas en train de piocher les parois.

5) Trou escarpé dans le sol pour descendre (sans corde en général !) aux niveaux inférieurs des galeries de la mine.

6) Il faut souvent se baisser pour se déplacer dans la mine, voire se mettre à quatre pattes et ramper.

7)Statue du Dieu el Tio (mari de la PachaMama - en Quechua le son "d" n'existant pas, "dio/dieu" est devenu "tio"), qui protège les mineurs, à qui l'on fait des offrandes d'alcool pur et de cigarettes (on remarque le pénis qui marque l'interdiction des femmes dans la mine car celles-ci sont impures).

8)Vue de Potosi depuis la Montagne d'Or.

9)Petite maison juste à côté de l'entrée de la mine où vivent une femme et ses enfants. Ces femmes sont les gardiennes des "trésors" des mineurs. Elles sont toujours célibataires, souvent veuves... ce qui leur assure un revenu et un toit pour le reste de leur vie (une vie vraiment rustique, comme repentie).

10)Et l'un de ses occupants...

11)Entrée d'une autre mine. Le tuyau d'air comprimé parcourt toute la mine et sert à alimenter les marteaux-piqueurs pour les mineurs les plus riches.

Cette visite a été très intéressante mais nous a particulièrement interrogés sur la vie de ces hommes, se tuant à la tâche, ne mourant plus forcément dans les galeries mais bel et bien à cause de l'alcool, des maladies des poumons... des hommes qui vivent dans le noir et rentrent chaque jour chez eux, avant d'y retourner jour après jour, consommant un petit peu plus chaque jour... Un monde souterrain où les femmes sont interdites d'accès, et donc très marqué par le machisme. On en sort vraiment retournés !!


Quelques jours de repos seraient encore de rigueur après la visite de la mine, mais on est plus ou moins d'attaque pour prendre le bus direction Sucre la blanche, capitale économique et politique du pays (La Paz étant la capitale administrative).

Publié le 26 juin 2019

Nous arrivons à Sucre le soir et nous installons dans un hostel qui n'est pas encore officiellement ouvert mais où nous accueillent des volontaires français. Malheureusement, encore un peu de repos s'impose les 2 premiers jours. L'assignation à résidence nous permet de rencontrer nos voisins de chambrée, Coline et Rémi, un couple français avec qui nous échangeons sur tout plein de sujets : le voyage, le volontariat, le social, la cuisine, la traversée de l'océan en bateau... mais aussi avec Charline, nouvelle administratrice de l'hostel, qui travaille aussi à l'Alliance Française et qui nous invite donc à un concert. On assiste au concert d'Antiquarks, un groupe français en tournée en Amérique du Sud, complètement déjanté mais très original et d'une exceptionnelle qualité ! Super soirée ! Les jours suivants, on finit par visiter un petit peu cette belle ville, qu'on se garde pour notre prochaine venue dans quelques semaines.

En effet, grâce à Coline et Rémi, nous nous sommes dégotés un workaway à Samaïpata, petit village hippie, à l'orée du parc Amboro. Et donc après un faux départ (on a failli monter dans un bus dans des conditions quelques peu spéciales, avant de se fâcher et de retourner à pied au terminal de bus puis de monter in extremis dans le dernier bus de la journée), on s'installe dans un bus pour 10h de route. Et l'aventure continue ! Atypique : on arrive à Samaïpata à.....3h30 du matin ! Et sous la pluie ! Impossible de vous décrire notre arrivée en pleine nuit au camping El Jardin, complètement trempés, de la boue partout puisqu'on a dû s'essayer à rester sur nos 2 jambes dans les rues en terre complètement glissantes, à monter la tente tant bien que mal et à s'endormir après tant d'agitation ! Atypique !

Le lendemain on se réveille dans une ambiance très agréable : chants des oiseaux, joueurs de guitare, odeur de nourriture... Avant goût de l'ambiance particulière qui règne à Samaïpata. On file arpenter les quelques rues de ce villages, toutes emplies de stands de fruits et légumes, de produits de beauté artisanaux, de musiciens de rue... Et puis on tombe nez à nez avec le Cafe tango, café végétarien et bio... autant vous dire que Clément a fait une razzia de chocolat et cacao organicos (biologiques) !

Après 2 nuits au camping, on saute dans un taxi direction Paredones : petit village perdu dans la montagne et la forêt dense (qui ressemble un peu plus à la jungle) à quelques kilomètres de Samaïpata, où nous attendent Gaby et Rohane et leurs enfants Arandu et Tayel, nos futurs hôtes pendant au moins les 2 prochaines semaines.

Publié le 5 juillet 2019

Ainsi, le lundi 3 juin au soir, nous arrivons dans notre nouvelle demeure, après 30min de marche intensive dans la nuit noire et dans ce nouvel environnement, très différent de ce que nous avons connu jusqu'à présent. En effet, Samaïpata se situe à l'orée du parc Amboro, région qui appartient à un climat tropical.

Après les présentations (Rohane est Anglaise et Gaby Paragayen. Ils vivent ici depuis 13 ans et ont aménagé peu à peu leur terrain pentu en y construisant des terrasses. Ils ont aujourd'hui deux garçons, Arandu qui a 4 ans et Tayel qui a 1an et demi -prénoms Quechua et Guarani. Elle, donne des cours de yoga et de violon, lui est prof de sport dans l'école d'à côté et gère sur airbnb leur maison de Samaïpata.) et le partage de pain fait maison, d'avocats du jardin et du beurre baratté par les voisins, on file s'installer dans notre palace : petite maison en terre, dans laquelle ont élu domicile de nombreuses araignées (les plus grandes qu'on n'ait jamais vues......) bien installées et qui n'ont pas l'air de vouloir nous céder la place. On essaie de ne pas être trop regardants et on s'installe petit à petit, en commençant bien sûr par fixer tant bien que mal la moustiquaire, refuge de fortune. Mais le lendemain matin, tout a beaucoup plus de charme et on sent qu'on va se plaire dans ce petit coin de paradis

En effet, en sortant de notre maisonnette on peut profiter d'une vue panoramique magnifique sur les montagnes verdoyantes alentours, et quand on fait le tour du propriétaire, rapidement on ne sait plus où donner la tête : nous sommes entourés de clémentines, citrons et oranges !

Et voilà un meilleur aperçu de leur maison et de la nôtre :

Et nous vous laissons admirer le merveilleux ciel étoilé auquel nous avions le droit chaque soir, et aux phénomènes extraordinaires de la lune :

Le travail qu'on va effectuer (5 jour /7, 4h par jour) est varié : beaucoup de terrassement, de la cueillette des fleurs d'hibiscus (pour en faire de la confiture et de la tisane), du jardinage, de la préparation de plants (dans le humus préalablement ramassé dans leur bois en haut de leur terrain), de la plantation d'ail, du débroussaillage avec la machette (quel outils incroyable !), de la coupe d'arbres, des services rendus à la communauté (pose de grillage autour du terrain de foot communal et de l'école), du baby-sitting des enfants, un coup de main aux voisins (en effet, 1 mois avant notre arrivée, malgré la fin de la saison des pluies, celles-ci sont restées très puissantes et la maison des voisins à été victime d'éboulements et s'est retrouvées ensevelie par une gigantesque coulée de boue... Heureusement personne n'était à l'intérieur, mais ils ont presque tout perdu. Nous sommes donc allés les aider à récupérer les matériaux réutilisables pour reconstruire une nouvelle maison, mais aussi à creuser dans la boue alors durcie pour tenter de retrouver quelques objets. On a retrouvé des chaises, des casseroles, des pots de peinture... Très impressionnant et tellement déroutant !), du piochage de pierres mastodontes, la réparation de l'électricité de la maisonnette du bas pour les nouveaux volontaires, la réparation de la porte du poulailler... Tout cela dans un environnement très agréable malgré l'attaque permanente des moustiques, en agréable compagnie de nos extraordinaires et chaleureux hôtes :

Après le travail, gourmands comme nous sommes tous nous récoltons des montagnes de fruits du jardin, cuisinons gâteaux en tout genre, pains, sorbets de clémentines, crêpes, jus de fruits, burgers et frites... Et lors de notre dernière semaine, un couple de volontaires autrichiens nous rejoint et savent faire des croissants :

Nos jours libres, on en profite pour se balader dans les alentours, passer du temps à Samaïpata et flâner dans ses ruelles, tout en profitant de la gastronomie locale et des différentes festivités, faire un aller/retour dans la journée à Santa Cruz (grande ville à 3h de route catastrophique) pour aller renouveler nos visas, retrouver des copains rencontrés à Valparaiso, discuter pendant des heures autour du feu tous ensemble...

C'est finalement quasiment 3 semaines plus tard qu'avec le coeur lourd (une fois encore !), on quitte Gaby, Rohane et leurs deux petites têtes blondes. Ce volontariat nous a réconcilié avec les quelques expériences de workaway en demi-teinte qu'on avait vécues jusqu'à présent. Gaby et Rohane, ayant voyagés et fait du volontariat pendant de nombreuses années, ont vraiment le sens de l'accueil et on parfaitement su nous faire nous sentir comme chez nous, partie intégrante de la famille. Chaque jour avait son lot de découvertes, de partages, de débats et de réflexions sur le monde.

Nous reprenons donc de nuit, la direction de Sucre, avant de commencer un nouveau volontariat le 28 juin. En attendant, c'est parti pour 10h de bus !

Publié le 24 juillet 2019

Après une longue nuit de bus quelque peu bringuebalante, on arrive beaucoup plus tôt que prévu à Sucre (4h30 bonjour !) ; et le bus nous dépose au milieu de....nulle part ! Accompagnés d'un israélien qu'on rencontre sur ce petit bout de trottoir à la sortie du bus, on saute dans un taxi et on part à la recherche d'un hostel où il resterait 3 lits (eh oui car c'est un weekend férié !). La première tentative est un semi échec puisqu'ils n'ont pas de lits à nous proposer à cette heure là, mais nous propose d'attendre le lever du jour dans la salle de cours d'espagnol. On ne se le fait pas répéter et, allongés sur des canapés, on refait le monde jusqu'à ce que nos estomacs se réveillent et nous prient d'aller avaler quelque chose. On choisit un café, et à ce moment là se déroule l'épisode 3 de la série "Ou comment le monde est petit", puisqu'un jeune homme saute sur Océane. Il s'agit d'un copain de lycée qu'elle n'a pas vu depuis donc 8ans.... !!! Après ces retrouvailles et la prise de rendez-vous pour rattraper le temps perdu le sur-lendemain, nous profitons de ce petit déj pour entamer une discussion avec Eyal, sur le conflit israélo-palestinien, le service militaire... Vaste, complexe, ambivalent et pas toujours objectif, mais cet échange nous permet d'appréhender ce conflit avec un autre regard, en essayant d'écouter, en laissant nos connaissances et préjugés, la vision d'un jeune israélien, protégé et construit par un État tout-puissant. On passera ces quelques jours à Sucre en compagnie d'Eyal et de ses amis israéliens, hollandais et allemands. Rencontres polémiques mais enrichissantes et sympathiques.

On profitera de notre temps tous les deux pour rattraper notre retard sur le blog, goûter au fameux chocolat Para Ti, boire des jus de fruits frais au marché central, s'essayer à un cours de salsa, visiter 2 musées passionnants qui nous éclairent sur la culture et l'histoire bolivienne, retourner encore et encore au mirador pour admirer Sucre la blanche sous toutes ses coutures et lumières.

Mais plus encore, on donnera notre première réelle interview pour le projet, puisqu'on tombe sur un lieu très inspirant : le Condor Cafe. C'est un café et une agence de treks à but non lucratifs, c'est à dire que tous les bénéfices sont réinjectés dans des projets sociaux locaux. Par exemple, le restaurant est alimenté par des fermes biologiques gérées par des mères de famille de la ceinture urbaine de Sucre, formées et soutenues par la structure du Condor Café. L'agence de treks quant à elle, forment les communautés indigènes environnantes à l'éco-tourisme, à la préservation de l'environnement, et appuie leur transition et leur développement (rénovation de l'école, accès aux services...). Chapeau bas ! Autant vous dire que ça devient quelque peu notre QG et qu'on y passe de nombreuses heures, tant à grignoter qu'à travailler sur notre projet (affaire à suivre !).

C'est le jeudi 27 juin en fin d'après-midi qu'on retrouve Susana, Marcilla et Noah, notre petite famille pour les 3 prochaines semaines, et qu'on prend la direction de Yotala, pour notre nouveau volontariat.